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mardi, octobre 11 2016

TANPOPO CRISIS - Everything Flows


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Le post-Black Metal c'est du screamo, sauf que dans le screamo le gars hurle en couinant qu'il a perdu sa meuf, dans le post -black métAl, il est passé à l'étape d'après où il éventre les tripes du chat de sa voisine octogénaire en hurlant sa rage. La nuance paraît relative et pourtant elle est là. Bon j'exagère un tantinet peut-être, maiiiiiiiiiiiis je suis pas loin quand même.

Tanpopo Crisis ( putain de blaze nan?), c'est un one band de grindcore/post black metal. Et oui ça existe, c'est tout pareil que le one band de rock-garage, mais en plus provocateur dans la violence.

Niveau son on pourrait s'attendre à de la bouillie, sauf qu'avec les outils techniques actuel, le son n'est plus aussi primitif et crade que du garage rock à cambouis. C'est un petit plus qui permet par ailleurs une écoute plus attentive...Ouaie encore faut-il que la muzak se prête à cela aussi. « Everything Flows » est ce genre d’œuvre autarcique que l'on se prend à apprécier quand le pessimisme noie tout en soi. C'est à la fois un truc intérieur qui remue, et quelque chose d'assez brouillon pour être soporifique et lassant, tant cela requiert d'être englouti par l'amas de souffrance et de ferraille sonique qui vous tombe dans la tronche.

C'est même assez éreintant d'aller jusqu'au bout !


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On remarquera au passage que l'obsession du gars de Tanpopo Crisis s'achemine vers une nette préférence pour les asiatiques, car ça pullulent dans sa discographie. Y a t'il un lien à faire avec son blaze ( tanpopo fait penser à Pompoko nan ?)


lundi, août 29 2016

WRONG – Wrong


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Okay on va faire simple et direct : Wrong c’est du Helmet en moins matheux et plus explosif ! Understand ? Ok, donc ce groupe poursuit/reprend le taf à partir du " Aftertaste "des New-yorkais.

Wrong est un quartet de noise-rock-alternatif métal des 90's de Miami, avec des anciens membres de Torche, Kylesa et Capsule.

Tout chez lui fait penser à Helmet. Mélodies dissonantes, groove implacable, grosse densité rythmique, ossature en acier, épaisseur de plomb, tout, tout, tout. Et Wrong le fait super, super bien. Ainsi on est ravi d'entendre le oldschool du siècle dernier au 21me siècle. Un peu comme le 7 épisode de Star War pour cette filiation et passage de pouvoir du oldschool vers le newschool. Voilà du coup, désolé pour la référence aux Trekkies mais Helmet/Wrong me semble témoigner du même rapport.

Donc à la fin tu entends quoi ?


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Ben voilà c'est une affaire qui marche très bien.

Donc on ne parlera pas d'évolution mais de continuité envers un son, un esprit AmRep (Amphetamine Reptile Records) dont la valeur n'a pas pris une ride de nostalgie avec les ans, et prouve une fois encore de la teneur puissante et irrépressible du style musical de Page Hamilton (guitariste/chanteur d'Helmet).

Wrong est un joyau brut, right ?


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samedi, juillet 30 2016

WITCHTHROAT SERPENT – Sang dragon


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Ce trio vient de Toulouse, mené par Fredrik Bolzann (Darvulia), Lo Klav (Artemisia Absinthium) et Niko Lass (Sektarism, Habsyll, Malhkebre), il a sorti son second album "Sang dragon" via le label Deadlight Entertainment, lequel a été enregistré aux Drudenhaus Studio (Vorkreist, Soror Dolorosa). Son visuel provient du Branca Studio (King Dude, Pentagram, Swans).

Ce groupe détient la filiation doomesque d’Electric Wizard, et lui applique un parricide formel pour se singulariser. Je pense que le band doit en avoir plein le cul qu'on le rattache à ce groupe, mais bon franchement je ne vois pas comment ne pas le faire non plus. Tout comme Witchthroat Serpent dépèce Cowards et Cult of Occult dans les pires sévices soniques que l'on est en droit d'attendre dans ce genre de filiation musicale. D'ailleurs je pense que le band doit en avoir plein le cul qu'on le rattache à ce genre de commentaire, mais bon franchement je ne vois pas comment ne pas le faire non plus.

Soyons clair, j'ai vu le band au Hellfest en 2015 au petit matin blême, et les gars nous avaient copieusement anéantit de notre léthargie en nous poussant dans les ténèbres de leur set. "Sang dragon" (quel drôle de titre n'est ce pas ?) est un bloc monolithique, épais et aussi sombre que LE « Come My Fanatics…» des légendaires anglais susnommés plus haut. Il y a une très grosse dose d'ambiances occultes, lourdes et plombées, avec une lenteur venimeuse à souhait. Le son est colossal, les riffs bavent et se déplacent aussi lentement qu’une femme à orgasme vaginale/sans jambe devant Rocco Siffredi.

En ce qui concerne les références musicales du combo, disons que le groupe domine son sujet et dépasse son maître, il claque un coup de fouet magistral, puissant, capable d’engloutir par le tréfonds de ses enfers votre âme de supplicié. Donc si Witchthroat Serpent est dans la veine de Cowards, Cult of Occult et Electric Wizard pour vous donner de quoi mordre à l'hameçon c'est que dans cette mouvance musicale, il déploie ses ailes noires sans en rougir une seconde, et prend son plein envol en crachant les ténèbres. Ce groupe est un transmetteur à vénération doomesque et sludgy. Par contre ce n'est pas un sludge en état de putréfaction, celui-ci est un mélange vintage de heavy black sabbathien et de mélasse puant la poussière des seventies.

Quant à son esthétique provocatrice, elle reste rudimentaire et respectueuse des bobines sulfureuses. Puisqu'elle s'y dévoile en un rituel de magie rouge, et dans l'écrin de son voile macabre, en étant capable de posséder le pouvoir de faire parler les morts.


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samedi, juillet 23 2016

VEKTOR – Terminal Redux


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La typographie du nom fait référence à l’illustre band thrashy canadien Voivod. On pensait ne jamais trouver une autre courroie de transmission dans la galaxie Voivodienne, et bien il se trouve que le vecteur de plus de 30 piges du futuriste Voivod vient d’émettre avec un nouveau transmetteur, il se nomme Vektor.

Bon relativisons tout de même sur la familiarité, il n’est en aucun cas similaire, mais plutôt un proche, il est important de le notifier. Si le band œuvre dans l’ère contemporaine en introduisant la chape de plomb spéciale de Voivod, il y a en sus des relents de black qui viennent télescoper l’empreinte froide. La froideur ici est calorifique avec ses atmosphères, surtout si l’on compare ce métal technique thrashy à celui de Municipal Waste. On n’est pas du tout dans le même délire du même style musical. L’ouverture et la fracturation ne sont pas les mêmes. Vektor c'est du trash, du crossover et plus encore...

Vektor est black thrash, avec un côté punk de premier de la classe. Si sa technique est cossue, ses riffs forment des anicroches vraiment barrées, capables d’obscurcir les mélodies d’un écrin subliminal. Le band possède un sens très aiguisé du thrash, il foudroie comme une lame étincelante avec des titres saillants. Vektor est un progressiste, il ne se délimite pas en terme de dissonance, il est crossover pour les divers styles qu’il aborde avec un malin plaisir à les saborder. Il est transgressif pour un trip global.


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Et puis il ne faut pas omettre de dire que ce groupe véhicule à travers la galaxie : Anticipation, conspiration, science-fiction, voilà bien un triptyque cher à Vektor pour ses albums-concept, car c'est avant tout un fan de S-F et ses textes en sont gavés jusqu'à Tatooine.

I want To Believe !


dimanche, juillet 10 2016

CONAN - Revengeance


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Sachez avant toute chose que Conan mutile, Conan estropie, Conan déforme, Conan défigure, Conan écorche.

Début du disque.


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Conan ne change pas, Conan ne change rien, parce que Conan ampute, Conan coupe court à toute discussion, parce que Conan tronque, Conan contusionne, Conan casse, Conan déchire, Conan écorche.

Oui mais Conan se meurtrit aussi, mais Conan écharpe, Conan frappe, Conan amoche, seulement Conan irrite, puisque Conan se mortifie à répandre sa violence habituelle, machinale, alors Conan contrarie, Conan nuit, ennuie, et fatalement Conan divise, car Conan sectionne, Conan découpe, Conan tranche, Conan débite, Conan tronçonne de la même façon quand même.

Il advient qu’avec le temps Conan partage les esprits, puis que Conan dépèce, et même si Conan hache, Conan rase.

Pour se venger Conan décapite, Conan équarrit, jusqu'à ce que Conan pourrisse, et Conan se putréfie sur pied alors, on entend bien que Conan ronge sa destinée, que Conan rouille, que Conan ternit, que Conan flétrit, alors même si Conan conserve sa toute puissance et sa musique en l’état, Conan s’aveugle.

M'enfin Conan est avant tout un barbare et puis c’est tout, alors, CONAN MUTILE !


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Fin du disque !


dimanche, juin 19 2016

ALUK TODOLO - Voix


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Ce n’est pas vous qui devez aller vers cet album, car c’est lui qui vous transperce, fait pénétrer son impétuosité musicale.

Parfois magmanesque dans sa théâtralité, ce n’est plus tout à fait du black, c’est un truc isolé entre ses pérégrinations post-rock et son trip krautrock. Indomptable par sa singularité, cette musique sauvage est possédée, et si vous ne savez pas par quoi ? Mieux vaut ne pas trop y réfléchir au risque de faire appel aux grands esprits pour en connaître la teneur en fruit défendue.

Foudroyant par sa vigueur, herculéen par sa force centrifugeuse, le trio impose son souffre pour gratter les braises de son embrasement sonique, là où tout prend corps et s’enlace dans les flammes purificatrices.

Est-ce du free-rock ? Pourquoi pas ! Il y a une somme folle de style qui s’imbrique pour donner vie, pour prendre corps, pour immerger, pour surprendre, pour suspendre les songes telluriques, pour étourdir, et puis pour redéfinir ce goût acre et fou d’une musique libre, indomptable et provocante dans son désir de liberté.

Aluk Todolo épouse à merveille cette phrase de Charles Baudelaire : “Allons au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.”


vendredi, juin 10 2016

ULVER - ATGCLVLSSCAP


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Vous savez pas quoi ? Ulver remplace aisément la place laissée vacante par Tortoise.


Parce qu'avec cet album au titre énigmatique, Ulver a conçu une musique rêveuse pour un post-rock sélénite, et cela aura de quoi vous faire décrocher la lune.

Sinon pour revenir sur terre avec la tête dans les nuages, on peut aussi émettre une filiation généreuse avec Pink Floyd, tant les errances spatiales, planantes y sont communes.

On atteint vite à travers cet aspect cotonneux, aérien, lunaire, spleenétique, une quiétude évasive dont les sinuosités musicales en permettent l’abandon.

"ATGCLVLSSCAP" est un très beau disque de contemplation, qui fait de Ulver un groupe parfait pour les méditatifs, et un ami précieux pour les songes.


lundi, juin 6 2016

BÄLAM – Days Of Old


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Fondé en 2012 à Newport, Rhode Island, New York, Bälam est un groupe de doom, « Days Of Old » est leur premier album, il oscille entre Candlemass et Sleep. Au travers de cet album, il demeure primordial de ressentir chaque élément, d’atteindre le moment culminant où les boucles rythmiques se succèdent pour amener le morceau dans une nouvelle voie, propice à une nouvelle couleur musicale, vers une autre parure. Le groupe use en ce sens de ce processus de mouvement afin de permuter sans cesse ses compositions, et toujours avec le soin d’apporter à ce changement le temps d’égrener jusqu’au bout, sans violence, sans à-coups, cette métamorphose. C’est la qualité première que je retiens de ce band et de cet album. On peut aussi légitimement lui trouver une correspondance de ton et de saveur avec du blues-dOom-Heävy-psychedelic Shoegaze-stoner-rock desert.

Mais bon oOoui, cela ne fait cependant nul doute que ce soit du doom.


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La production très vintage vient corroborer l’empreinte oldschool de cet opus. Mais il y a notamment un truc tribal chez eux qui les différencie du reste, d’ailleurs le solo de batterie/percussion sur le titre « Bound To The Serpent » n’est pas étranger à la chose. Bälam possède aussi une faculté à la simplicité, sans aucune sophistication crâneuse, le groupe déclame ses intentions naturelles avec toute l’honnêteté et légitimité pour lesquelles il en fournit la quintessence.

C’est par ce fait d'humilité que l’on approuve en tout point cet album, et l’envoûtement est total.


samedi, mai 28 2016

 ROBERT OPENIGHTMARE – Silent Scream


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L’ultra communication dont bénéficie le genre humain permet au monde d’être connecté, cela ne signifie en rien que les paroles échangés permettent de le rendre meilleur. On pourrait même avancer que ces conversations ne sont que flatulence existentielle, avec comme seul dénominateur commun de répandre dans cette cacophonie narcissique encore plus criante, le vide existentiel de leur vie de merde. Dans le texte introductif de l'album « Silent Scream » il est fait mention d’un monde moribond après apocalypse, où ne subsiste que la sonnerie des téléphones portables vociférant dans le vide. On peut y voir une allégorie expliquée plus haut, mais d’emblée le trio Robert Openightmare nous rappelle qu’il pratique une forme de cynisme punk, et lui restitue depuis 2003 une succession d’albums, dont la déflagration sonique équivaut à une bombe à neutron.

Ce nouvel opus est l’aboutissement de toutes ces années à sculpter dans l’ombre de l‘underground des chansons punk, inusables de surtension ironique, de saveur 90’s, maniant aussi bien la fougue punk’n’roll de Danko Jones, que l’élasticité power rock d’un Therapy. Le groupe bénéficie d’un son plus rond qu’à l’accoutumé, et cela lui sied à merveille, parce que l’approche sonore en permet toute la fluidité, et le contraste. On prend toujours avec plaisir cette musicalité rêche, brut de décoffrage, enjolivée cette fois-ci par un apport mélodique vraiment cool. Ce « Silent Scream » explose, explore les lignes de styles musicaux pour un crossover vraiment fun. Les titres sont construits dans la simplicité, du coup ils claquent davantage.

Robert Openighmare a conçu son meilleur album et avec le même line-up depuis deux opus, certains parleront de maturité, je pense que l’expérience démontre que le travail de fond effectué dans l’ombre est une initiation à l’approfondissement, à l’appréciation et à la réflexion, permettant une clarté de composition très formatrice. Du coup le trio repart sur les routes pour vous en faire la meilleure des démonstrations.

ATTENTION !

Robert Oppenheimer est le papa de la bombe H.


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À titre d’information lors d’un concert de Robert Openightmare : Le Becquerel (Bq) est l’unité de mesure de la radioactivité d’un corps. Elle caractérise le nombre de désintégrations spontanées de noyaux d’atomes instables qui s’y produit par seconde. Dans le corps humain, la radioactivité est naturellement de 120 Bq/kg. La réglementation française fixe les limites de doses efficaces maximales à 1 mSv/an pour la population.

Donc à tous les non-irradié(e)s d'Openightmare, pensez à vous munir d’un Compteur Geiger.


samedi, mai 21 2016

FLOTSAM & JETSAM – Flotsam & Jetsam


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Putain, après Anthrax, on a un autre groupe de thrash qui possède l’ambition d’approfondir. Ouaie parce que le revival thrash c’est sympathoche trois albums, mais après c’est devenu l’usine à vomi.

Déjà rien qu'avec leur "Ugly Noise" de 2012 et "No Place for Disgrace" j'avais bien apprécié la montée vertigineuse, avec celui-ci on est sur la piste aux étoiles.

Flotsam a piqué Bruce Dickinson à la vierge de fer, tant son chanteur possède un organe similaire en granulométrie vocale. Eric A. 'A.K.' Knutson sait faire vibrer le heavy et ça c'est rudement cool ! Depuis fort longtemps ce groupe écharpe le thrash en le propulsant dans ses sphères progressistes que le quidam juge trop ardues. Pourtant le groupe filtre à travers des atmosphères vénéneuses, sans pour autant joindre avec le modernisme d’un Annihilator. Sur ce point Flotsam est davantage dans un heavy thrash à l’ancienne.

Ces nouvelles compositions ne manquent pas d’épaisseurs, elles regorgent de tension, de profondeur, et c’est vraiment du pur bonheur que de plonger dans cette force centrifugeuse. Il y a tout ce que le fan de musique thrashy affectionne, un heavy Overkillien, la puissance de feu d’un Slayer, l’acidité de Megadeth, l’amertume de Testament, la fission volatile de Sacred Reich, et forcément la griffe atypique d’un Voivod. Bref un condensé progressiste du thrash à sa forme la plus volubile et aventureuse. Doublement cool, foutrement fun !

Cet album applique la sauvagerie d’usage, avec l’audace d’en garantir la pleine folie avec des titres passionnants. Les morceaux sont longilignes, ils ne s’enlisent pas dans la répétition, bien au contraire, leur caractère bien trempé fusionne dans la durée pour élargir les chemins de traverse que le groupe prend sans cesse.

Parfois un album éponyme signifie de redéfinir l'empreinte d'un groupe, celui-ci aiguise les esprits !!


Un disque qui aiguise les esprits


mardi, mai 10 2016

BLACK TUSK – Pillars Of Ash


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Avec Black Tusk on lève tout simplement les bras au ciel en attendant la déferlante de la vague sludge-HxC.

Comme seul face à l’océan en colère, prêt à être englouti, transbahuté sous les roulis aqueux, à faire face aux éléments rugissants, à une nature intrépide, indestructible, et en être laminé par la déflagration avec la délectation d’en ressentir toute la pleine puissance. Et oui !

Black Tusk est revenu de la mort, il a faim, il veut vivre toute l’intensité de la vie, il veut faire revivre toute l’intensité de l’un des siens. On l’attend, on entend le fracas furibard au loin et c’est déjà impressionnant. On frémit à l'idée même, on tremble d’excitation avec toutes nos sécrétions endogènes en état d’euphorie, où dopamine, sérotonine, endorphine, adrénaline provoquent un étourdissement salvateur. On est là, parait et prêt à tout prendre, puis la vague arrive au loin. Plus immense encore qu’il y a deux minutes, on sent le frémissement de fraîcheur et le grondement tellurique, on sent que c’est tout proche et on voit l’obscurcissement qui se lève en une muraille dense, puis……La vague est là….

J’ai vu ce groupe au Hellfest et c’était…Whaouuu : I N T E N S E.

Le trio était véritablement complémentaire, il formait une osmose incroyable. Les gars étaient dans un sacré bon spirit ce jour-là parce qu’ils ont joué avec la banane, entrelaçant sans arrêt leurs boucles rythmiques hyper groovy avec comme unique point culminant de nous faire rugir d’enivrement, jusqu'à nous faire lever les bras au ciel par instinct de rendre salutation à des dieux. Ouaie c’était géant.

Puis en fait peu de temps après, le bassiste est décédé des suites de ses blessures dans un accident de moto. Je pensais qu’au vu de l’osmose il était fort probable que les gars n’étaient pas que fusionnel avec leur musique, et que Black Tusk ne pourrait faire face au décès de l’un de ses membres fondateurs. Mais honorer la mémoire d’un copain c’est persévérer à faire vivre sa musique, pour qu’elle contamine la perte encore fraîche en un souvenir à jamais éternel. Je pense que c’est une des premières déterminations avec laquelle les deux autres membres ont poursuivi l’aventure.

Donc ce nouvel album est bâti à partir des compositions de l’époque du bassiste Jonathan Athon et du coup on retrouve toute la lave sonique du combo. Un putain de groove incroyable, cette violence stoner, cette bestialité sludge, cette cruauté Hardcore, cette barbarie heavy, du concentré de Black Tusk pur jus et à l’état originel :

LA CLAQUE !

Né avec la scène de Savannah, Black Tusk s'est bien gardé de conserver la primeur volumétrique, la sauvagerie primale de ces débuts, même si Kylesa a suivi une évolution épanouissante et conséquente (ce n'est que mon avis), je vois Baroness s'enliser dans une fange à produire de la cochonaille pour Hipster.

Le nouveau bassiste de Black Tusk c'est Corey Barhorst (NICHE, ex-KYLESA), il doit soutenir, investir l'âme d'un défunt, la tache est ardu, difficile, espérons qu'il aura toute sa place et qu'il réussira à se fondre dans le moule pour s'épanouir, pour faire épanouir ce groupe instinctif.

Entre une atmosphère Mud Day et Mad Death, cet opus est un génial glissement de terrain Sludge, une ode à la terrible existence, et vous pouvez monter le volume, vous foutre devant vos enceintes, levez les bras au ciel et attendre la déferlante, avec ce sourire de nigaud qui en dira long sur vous, surtout quand il faudra expliquer aux pompiers la démence qui vous a pris, et l’état de vos oreilles en sang.


mercredi, mai 4 2016

ASSASSIN – Combat Cathedral


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Leur speed thrash est aussi cool que vétuste. Allez roulez jeunesse !

Le mood est 80's, la prod est fat, ça tape bien dans les rotules, c'est rapide, sale, c'est du speed thrash quoi !

Assassin est un des instigateurs de la vague thrash allemande, il existe depuis les 80's, premier skeud « THE UPCOMING TERROR » en 1987, le second dans la foulée de 1988 « INTERSTELLAR EXPERIENCE ». Après c'est un gros break pour repartir avec le revival thrashy en 2005 avec l'album « The Club », s'ensuit «BREAKING THE SILENCE » en 2011 avec un groupe qui essaye de recoller à la corde. Donc il connaît ses riffs sur le bout du manche, pour ce nouvel opus un changement de chanteur intronise un nouveau départ pour reverdir des compositions avec des atmosphères intéressantes. Bon ceci dit les allemands n’innovent pas pour autant, mais si vous appréciez le thrash Européen, la présence de Michael "Micha" Hoffman ex Sodom n'est pas étrangère à la forte pénétration teutonique, avec ce côté furieux, rapide et virulent.

Ce qui est certain c'est qu'en voulant revenir au goût originel du thrash des 80's, le groupe n'oublie pas un truc assez essentiel à sa musique : La pochette. Le visuel est signé par Marcelo Vasco (Slayer, Machine Head, Soulfly, Borknagar), et cette preuve de mauvais goût est indubitable pour admettre de revenir à cette décennie.

Ce disque va vous vriller la tête !


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lundi, mai 2 2016

ABYSMAL GRIEF – Strange Rites Of Evil


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Si Lux Interior était encore en vie, il serait vampire et ferait exactement le même groupe que Abysmal Grief.

Proposant une musique aussi tendu qu’un œuf de Pâques, le groupe dispose du subterfuge anticlérical pour moissonner son champ d’action...Je serais toutefois peiné d’apprendre que cette information ait eu une incidence fâcheuse sur votre sommeil réparateur.


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Les transalpins procèdent à l’incantation occulte avec les ombres de leurs frères de sang Mortuary Drape, The Black, Death SS.

Le groupe existe depuis les 90’s et se promène depuis dans un cimetière avec le triptyque : deuil, tristesse, obscurité.

Oh oui tout tourne autour du thème de la mort. Les atmosphères crépusculaires sont plus proches de la hammer que d’un giallo..Mais les émotions… restent noires.


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C’est à la fois kitch pour cette ambiance de kermesse diabolique, un brin baroque avec des chœurs sataniques (à la place des chants grégoriens) et avec la prédominence de l’orgue à Dracula. La procession est dOöminatoire, la rythmique suit le pas processionnaire de ce rituel ? Funérailles ? Sacrifice ? Ou peut-être bien carrément des trois.

Le band n’est pas un profane, car outre un rapprochement avec la musicalité de Candlemass, on pourrait l’affilié avec Dani Filth, tant l’ambiance gothique surannée est séduisante et dépravée. On pense aussi à la sécheresse de Christian Death, et à sa tragédie passionnelle.

Si religieusement blasphématoire dans les sentiments qu'il invoque, on pénètre cet album comme dans la brume sombre du Styx, convoquant les obscurités mortuaires et fantomatiques d’une musique excentrique.

Chose pour le moins équivoque dans le saugrenu, on remarquera la présence d'un clavecin sur le titre « Dressed In Black Cloaks ».

Saluons donc cette audace de ré-ouvrir le cercueil d'un instrument décédé avec la grandeur ampoulée de circonstance qu'il convient d'apporter.


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Pendant l'écoute je me disais que tout le monde a vécu une tragédie dans sa vie, qu'importe la gravité, seul importe l'influence à laquelle elle s'est gravée dans nos mémoires. Un ami d'enfance avait, tout minot, attaché son petit chat à l'arrière de sa bicyclette avec des tendeurs pour le promener. Il ne s'est rendu compte qu'assez tardivement qu'il transbahutait la carcasse d'un chaton qu'il avait étouffé.

La tragédie humaine remplit un bon nombre d'albums, et malgré la cruauté à laquelle l'homme y puise sans cesse dedans pour en ébahir son succès, j'en viens toujours à me demander si avec le poids de la raison qui est la mienne, je ne devrais pas parfois mentionner le fait que c'est outrageant d'en constater l'effroi, avec le même sarcasme que l'on en accuse le diable ?


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Voilà c'est un très bon album au demeurant dont je vous en conseille l’étude, avec un chant qui tremblote de la glotte comme les bougies d’un chandelier par le souffle d’un défunt atrabilaire. Je ne saurais cependant prétendre que la grande attractivité de ce groupe tient en tout et pour tout dans ce recueil démodé, théâtral et quasi caricatural, au point de s’en moquer parfois avec un ricanement persifleur, pour finalement satisfaire la tentation suprême d’y échoir avec félicité et croyance.

Appeler le 18 !


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mercredi, avril 20 2016

BARDUS – Stella Porta


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Bardus a échangé du cobalt contre du Cobain sonique, avec cette dose d'Eyehategod pour racler le gosier avec le papier verre d'Unsane. L'opus "Stella Porta" téléporte son abyssal chaos sonore entre la bilieuse anxiété d’Alice In Chains et le tourment sludgy des premiers albums de Kylesa. Ce qui en soit est une très bonne chose, reconnaissez-le. Il est vrai que la frontière crasseuse entre sludge et grunge est minime, et que leur souillure respective et l’impureté sonique y sont aussi désinvoltes l’une de l’autre.

Bardus défume le psychédélisme à fleur, pour y joindre les délires de Lewis Caroll dans un champ de champignons magiques à forte teneur en molécule psilocybine et psilocine. Mais un Caroll avec l’inspiration dans un champ de boue noirâtre, insalubre. L’album dans sa fulgurance délivre quelques effets psychiques avérés dans le cas de cette ingestion hallucinogène :

  • fou rire, euphorie, relaxation ;
  • chute de la concentration, invalidation des raisonnements logiques ;
  • illusions sensorielles, synesthésie ;
  • distorsions spatio-temporelles ;
  • visions autoscopiques ;
  • expérience mystique ;
  • réémergence des souvenirs oubliés ;


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  • sensation d'omniscience, d'ultra-clairvoyance ;
  • introspection ;
  • ralentissement du rythme cardiaque ;
  • dilatation des pupilles.

Bref, c’est le menu gratin de tout trip inaugural dans la sphère psychotrope en somme ! Les guitares sont lourdes, la basse profonde, le rythme volumineux, le chant criard et crasseux. Leurs compositions dégoulinent de bave sludgy, de souffre grunge, d’amertume bilieuse post-hardcore, de démence hallucinatoire.

Ben oOoui c’est un trip, c’est un cri, c’est débordant d’insalubrité, copieusement saturées d’étincelles sombres. Bardus aurait juste dû appeler son album « Magic Mushroom ».


Wake up !

BARDUS (Noise Rock/Sludge - US) a sorti son nouvel album intitulé "Stella Porta" le 1er avril aux formats CD et digital chez Solar Flare Records.


mardi, avril 12 2016

SUNN O))) - Kannon


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Le nouveau rite de Sunn O))) est fabuleux, grandiose, divin, méphistophélique ambiant, apaisant et méditatif.

Amies, amis de la spéléologie des catacombes, je vous salue ici-bas,

Aujourd’hui nous allons descendre jusqu’au centre de la terre, non pas pour faire honneur à Jules Vernes mais dans le seul but de gratter le cœur en fusion. Vous annoncez d'emblée que c’est chaud cocote est un euphémisme. Donc soyez prudent, on s’enflamme assez vite par l’aura de ce noyau.

Mais auparavant il me faut vous annoncer qu’émettre un point de vue à un disque de Sunn o))) c’est comme expliquer la limite de l’horizon. C’est abstrait. Totalement abstrait, et ceci est dépourvu de sens.

Je le répète ce groupe pratique l’épure musicale. Les codes, dogmes ont purement sauté. Plus rien n’est palpable si ce n’est une profondeur abyssale, et une vague de quiétude qui s'abat dans votre grondement intérieur. Laissez- vous emporter par et dans ces ténèbres !
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Le drone est un style conjuguant l’abstraction, la méditation, par le biais d’une transe qui décante la lave sonique vers une esquisse, la filtre, la purifie, pour qu’elle suppure une lave sonore obscurcissant tout vers le côté obscur de la force, jusqu’à que vous exécutiez une sorte de purge méditative pour clarifier votre esprit avec, et que ne subsiste après votre réveil, uniquement la sérénité des ténèbres.

Voilà grosso modo, c’est de cela qui en retourne. Ok la première fois c’est assez déstabilisant, pour ne pas dire incompréhensible. D’ailleurs ils sont fort nombreux à ne pas aller plus loin que les 5 mn réglementaire. Je rappelle que c’est dépourvu de sens, donc pour tous ceux qui n’ont pas de sens de l’orientation, accrochez-vous bien pour ne pas tomber dans le précipice.

La ligne mélodique est tellement droite, qu’il faut un temps d’adaptation pour que votre esprit en oscille la tempérance. Mais si vous parvenez à cette « état » de transe, alors, à ce moment-là, vous allez vivre une expérience intense. Chose à laquelle je puise une faculté inaliénable envers ce groupe pour en délester le poids émérite et la constante force tellurique, centrifuge… Envers cette force tranquille !

Ainsi, la descente est vertigineuse, la brûlure intense, et la commotion que votre esprit va enregistrer sera irrémédiable.

Après de nombreuses années d'études sur les vibrations de Sunn O))), j'en suis arrivé à mettre en parallèle une pratique musicale et méditative en commun avec ce groupe. De la sorte qu'il m’apparaît évident de dire que Sunn O))) pratique la magie des bols chantants.

Je sais ce que vous vous dites : «  oH putinnnnn il est reparti dans une de ses thèses à la con le Bir !!! » .

Aussi farfelu que ce soit pour vous, je vous prie de lire sans à-priori la suite.

Source de tranquillité, les bols chantants apportent l'harmonie au corps et à l'esprit. Leur son est visible. Par exemple en faisant courir un maillet sur le bord d'un bol rempli à moitié d'eau, un son doux vous parvient et commence à pulser dans votre corps. L'eau mit sous tension commence à former de minuscules gouttelettes qui sautent à la surface. Dans votre corps c'est absolument à l'identique puisque les vibrations pénètrent dans notre corps, avec l'intensité d'en provoquer un massage sonore.

EXEMPLE :



Pour Sunn O))) il en va de même, les vibrations s’infusent avec quiétude, et provoquent à l'unisson équilibre et harmonie à l'intérieur de votre corps et de votre esprit. La lumière qui se diffuse en vous éclaire vos ténèbres, et c'est bien la caractéristique première du groupe et la différence avec les bols chantants, Sun O))) agit sur le côté obscur avec des sonorités sombres.

La spiritualité musicale de ce groupe est le fondement même de son accession à ses mantras soniques. Une musique très spéciale donc, dont chaque titre apparaît comme une invocation mystique.

Le titre de l'album fait référence à une figure bouddhiste. Kannon est l’une des principales émanations de la compassion du Bouddha. Son nom est aussi traduit par « Considérant les voix du monde », « Qui considère les sons du monde », « Celui qui considère les appels ».

La religion populaire l’a parfois surnommée la déesse de la compassion. Kan signifie : observer ; on signifie le son. Kannon, c’est celle qui entend les cris du monde au Japon. En Inde, Kannon prend la forme d’un beau prince, Avalokitesvara, " Celui qui entend les supplications du monde ".

Homme ou femme, dans le tantrisme, tout bouddha ou le bodhisattva de la compassion revêt différentes formes. Kannon est compassion agissante. Elle revêt une infinité de formes ; elle est muso, non-posture, non-forme. Elle est libre de prendre toutes les formes, d’apparaître à tout moment et en tout lieu.

le Kannon Gyo est le soutra le plus répandu au Japon. Bouddha s’adresse à Mujini : " Si les êtres sensibles prononcent le nom de Kannon, en grande concentration et mushotokou, ils peuvent atteindre la parfaite liberté. " Si on se concentre sur le nom de Kannon, on peut aller au-delà de tous les périls et de tous nos démons. "

Se concentrer sur le pouvoir de Kannon, c’est alléger son esprit, abandonner l’ego, s’harmoniser avec le pouvoir cosmique.

Le nouveau rite de Sunn O))) est fabuleux, grandiose, divin, méphistophélique ambiant, tellurique, apaisant et méditatif. On doit donc à Kannon la plus grande vénération et un corps éthérique.


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vendredi, avril 8 2016

MYRKUR - M


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Sous prétexte que l'on est femme la société patriarcale exige de vous une soumission, et impose de vous abstenir de rugir. Honte à tous ces cons !

En tant qu'homme si tu dis cela devant un par-terre de mâles éduqués à la société patriarcale, ni une, ni deux, on te pose la question un brin taquine et machiste:

Mais qui est ce qui porte la culotte à la maison ?

Et bien je vais vous répondre le plus sincèrement. C’est ma femme, et je le dis sans honte, moi, je ne mets que des boxers.

Voilà, chaque fois je me sens obligé de remettre une couche sur le combat perpétuel des femmes à exister en tant qu'homme universel. Franchement c'est chiant, faites vous une raison une fois fois pour toute merdeeeeeeeee !


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Elle est blonde comme les blés de la Rhur, blanche comme la neige scandinave, douce comme la pureté des lacs baignant dans la quiétude nordique. Elle c’est Myrkur.

Nom profane et indivisible d’une femme, dont l’album de louve nous fait nous lover dans la chaleur crépusculaire et éthérée de son dessein musical. Elle est femme et immédiatement attise les regards noirs des mâles pour qui la pureté originelle de leur style musical se doit d'être interprété uniquement par des hommes purs.


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Myrkur est musicienne évoluant dans un style musical sombre. Son appel ensorcelant de sirène devenant sorcière maléfique applique sur nous les apparitions de centaure, licorne, paon gracile qui gambadent en toute insouciance jusqu’au petit lapin égorgé. L’ode endiablée de Myrkur figure un univers féerique avec cette puissance de contraste pour le vice absolue d’en dézinguer la fragilité par une beauté féroce, aussi neurasthénique qu’exaltante et tellurique à la fois.

C’est dans ce cadre bucolique que la parure paganiste redevient naturelle, qu’elle s’offre à sa vision légendaire...Et à sa noirceur.

Myrkur dispose du chant nordique du cygne noir. Elle est aussi belle que féroce. Sa fragilité est un leurre assourdissant. Je m’attendais à prendre de la neige carbonique sous un brouillard maléfique, je fais face à du grésil sous le clair-obscur d’aurores boréales musicales. Il y a dans ce moment-là une intense et apaisante sensation à toucher le Graal de la pureté nordique, et de sa magie noire incandescente.

Myrkur fait fondre la fonte des neiges pagan avec l’acier du black, vous voilà prévenue.


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J'ai poussé la réflexion avec le titre de son album « M », peut-être comme M le maudit, film de Fritz Lang. Je lui ai vu une correspondance. Myrkur est maudite pas des hommes qui se disent pur car elle leur fait peur avec ses pulsions musicales. Bref, vous vous ferez une idée sur la question si le cœur vous en dit...

L’homme a soif de sang, et il regarde le ciel quand il est repu. Mais ce que l’homme a le plus besoin dans sa vie, ce n’est pas de divin, mais de poésie, et Myrkur est une poétesse aux multiples charmes maléfiques, capable de faire battre/rompre le cœur des hommes, et de faire circuler leur sang jusqu'à les vider exsangues.

Myrkur déploie ses ailes séraphiques en baisant l’anathème virulent d’un black métäl onirique et végétal.


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mardi, mars 22 2016

ANTHRAX – For All Kings


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C'est un album dans la lignée du dernier Iron Maiden, très progressif dans son absolue de construire de l’épaisseur, il semblera même étonnant à tous ceux qui semblaient connaître le groupe. Néanmoins Anthrax vient de passer à un stade de maturité de composition dont le pari sur l’avenir me sera gagnant.


Anthrax suit son évolution musicale dans le même rythme ventripotent que son public. Si cette réflexion parait quelque peu sarcastique, elle fait œuvre de sincérité, car avec l’âge il apparaît pour le moins évident que les new-yorkais ont gagné une épaisseur de reconnaissance (le big four of thrash) ce qu’ils ont perdu en hargne. Mais Anthrax va renouveler son audience, avec cet album clash, il accompagne Metallica dans cette part de composition où le groupe fait du métal global et plus du thrash à basket.

"For All Kings" est un Album tentaculaire qui offre plein de nouvelles facettes jusqu’ici peu encourues par le groupe, voire à peine effleurées. De ce fait cet album libère une part conséquente de titres contrastés où Anthrax devient kaléidoscopique.

Les vieux fans aigris vont encore pester !


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Tant pis pour eux, après tout si ils refusent le temps présent pour n'être que figés dans un passé révolue.

Du métAl global voilà ce que le groupe vient d’atteindre. Et l’envergure de ces chansons sont ouvertes à de successives tentations progressives, aboutissant toutes à œuvrer tant en surface qu’en profondeur, à un nouvel Anthrax, plus heAvy quoi !Il me semble même débarrasser du poids conséquent des attentes des fans afin d’écarter les répétitions de son passé. Il en tuméfie les aspects les plus poussifs pour n’en conserver que le suc névralgique.

Cet album je l’attends depuis longtemps, des lunes de nuits blanches, depuis toujours en fait.

Anthrax a une importance toute particulière à mes yeux, j’ai trouvé chez lui une singularité très identifiable, c’était au début de mon adolescence. Depuis ces dernières années elle commençait à se figer en statue de cire. Maintenant, le groupe vient de sortir son meilleur album, le plus grand même, par conséquent : Ne me faites plus chier avec Faith No More.

On pourra noircir des pages et des pages d’éloges sur cet album, du chant, des riffs, thèmes employés, prod, solos, boucles rythmiques, l’envergure colossale des morceaux, leur ossature, le contraste, l’intensité, la mesure adéquate, les émotions, etc…Oui noircir et noircir des pages entières parce que dedans tout est incroyable, et qu’Anthrax signe avec la fulgurance de sa force, l’impact de sa maturité en une œuvre dense, imposante.

A vous d'en juger !


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dimanche, mars 20 2016

THE LAS VEGAS – Eat Me


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Pour vous faire simple et court, « Eat Me » est un album catchy de hard rock, teinté de poppy, grungy.

Alors ça claque sévère, tu tapes du pied, le chant est éraillé, la rythmique The hives se cale sur des riffs cools. Puis il y a un poil d’Ac-dc/Airbourne parfois avec un soupçon de Def Leppard, faut dire que c’est un gros mix de hard rock basique et c’est pour cela que ça claque autant aussi. Les intentions sont simples : te faire headbanger mec et bouger le cul de ta gonzesse, surtout avec les teintes bluesy d’Aerosmith et de leur glam hard. Les Guns & Roses ouaie aussi il y a de cela, en fait c’est un mix de tous ces groupes, avec en sus de nombreuses ballades.

La production a réussi le manifeste de reproduire un son vintage et contemporain, histoire que tout le monde y trouve son compte. Les durs à cuire au cœur tendre apprécieront le grand écart musical, les vieux reconnaîtront de belles saveurs anciennes, les jeunes fricoteront allègrement avec la sapidité sonique et l’alliance sensitive contemporaine qui sont les leurs.

Oui ce The Las Vegas est catchy avec son hard rock, teinté d’injonction poppy, grungy parfois, cool !


samedi, mars 19 2016

EGYPT - Endless Flight


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Egypt est un trio de Dakota du Nord. « Endless Flight » est un 5 piste pour 34 minutes au forceps où le bassiste / chanteur Aaron Esterby, le guitariste Neal Stein et le batteur Tchad Heille ouvrent leur chakra méphistophélique pour en libérer la teneur avec des étendues de blues heavy, et dans cette voie du stoner 70’s inspiré des riffs de Black Sabbath, ZZTop, Wo Fat, Clutch, Kyuss, Weedeater, etc…

La pilosité de leur riffs, leur tonalité groovy, l'épaisseur grasse, la densité des titres et leur approche globale sont unis par une chaleur dévorante de reproducteur (double sens = compte triple).

Les titres s’immolent eux-mêmes dans l’enracinement de la répétition hypnotique, jusqu’à s’y perdre littéralement dedans, ce qui est précisément l'idée du band.

Œuvrer à une transe de groove stoner blues heavy, avec des cymbales omniprésentes, une basse faisant ronfler le swing de la clef de fa, un surdosage wah-wah et le crépitement de riffs boisés, puis un chant guttural. Le chant fait un poil tampon, bizarrement il a le grain, le timbre, mais une rugosité qui chez moi ne convainc pas.

Pour ce genre j’en viens à penser qu’il aurait été préférable d’avoir une ligne vocale plus claire, davantage sensuelle comme pendant les seventies, avec cette chaleur spécifique des errances lubriques des chanteurs. Parce que à cette époque les chanteurs de rock ont eu des aventures avec un nombre fou de conquêtes, tellement en fait, qu’ils en ont fait le principal catalogue de leur discographie avec des chansons d’amour perdues, remplis de sentimentalisme niaiseux, épluchant tous les prénoms féminins de la terre afin d’éviter la répétition. La mélancolie qui en ressort est en fait un moyen pernicieux pour qu’ils se remémorent à l’âge gracile de la vieillesse ces instants uniques où leur sauvagerie sur autrui avait trouvé là l’expression appropriée à la mystification de leur culte. Ok, je vois que les sourcils se froncent, donc si je résume grosso modo : Le gars écrivait des chansons tendres dans le seul but de se coincer des petits culs, lesquels ne pouvaient plus chier pendant deux jours car les fesses prises dans la glue du sperme séché, suite au statut privilégié d’avoir pu coucher avec une star.

Bon dans le cas présent, il est clair que la granularité appose les fondements mêmes du stoner grassouillet avec cette virilité de métaux lourds pour en propulser la rugosité.

Morceau préféré : « Tres Madres » au GroOvë gras démentiel et catatonique dans le mood Wo Fatien de Weedeater, titre qui gifle un Dantzig en proie à la flamme satanique d’Anton LaVey.


mardi, mars 15 2016

THE NEPTUNE POWER FEDERATION – Lucifer's Universe


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Les australiens de NPF sont des musiciens vraiment sympathiques, insulaires dans l’esprit, avec cette désinvolture furieuse de n’en faire qu’à leur tête, du coup c’est du heavy frénétique avec du stoner qui envoient de bon moment de groove et de déchiquetage en règle, une pincée de glam pour noircir la vision, et le tout recouvert par de la fuzz psychée. Mais cela ne s’arrête pas là. NoOon car en fait c’est assez difficile à expliquer, tant il y a des styles et des éléments divers et variés qui se joignent les uns aux autres.

La NPF est Fuzzy, au point de remodeler son spirit NWOBHM avec une teinte de subtilité garage. Oui ce groupe est capable de faire mousser Mötley Crue et Mudhoney dans l'occulte de Coven, et puis tout s’emballe sans cesse jusqu’à revisiter le Röck sous LSD.

Mattes l’inventaire des patronymes des gaziers : Inverted CruciFox et Search & DesTroy à la guitare, Jaytanic Ritual à la basse et Mr Styx à la batterie, hey ces gars s'éclatent vraiment et cela se ressent intensément.

T'sais quoi parfois on dirait que c’est du Monster Magnet, mais moins cosmique, puisque l’on est plus souvent dans le mood heavy métAl oldschool Ozzy-esque VS Quiet Riot. Okay, ok, je préfère te prévenir car c’est dans le spirit 70’s libertaire où tout semblait possible d’enfreindre les tables de la loi, du moment que l’on y trouvait de quoi rassasier son trip dans l’euphorie. Ouaip vois-tu c’est assez curieux pour être intéressant, voire même bizarre comme confrontation, à laquelle on peut trouver des passages vraiment cools et d’autres plutôt chiants. Mais on accroche vraiment si on est fan du heavy à papa dans maman, du rock stoner 90’s et d'un enrobage psyché-pop-glam-fuzzzzzzz pour 10 hymnes impies de soap opéra.

Bon ceci dit il faut reconnaître que l’ensemble est totalement versatile, au point que l’on ne s’ennuie jamais, à se demander si c’est le même groupe où une compilation à chaque début de chanson. Le band est volage et rien ne semble enfreindre sa capacité à suspendre, qu’au final on appréciera cette folie, et ce quadruple langage Röck. On passe de Coven à 13th Floor Elevators pour atteindre Zappa et Captain Beefheart & The Magic Band.

Screaming Loz Sutch, la femelle au chant possède ce ton criard et vindicatif de la supportrice de rugby, de la hardrockeuse oldschool (heavy glam) et newschool à la fois(un envoûtement de magie rouge). Il y a aussi des hymnes caricaturales mais qu’importe cela fait partie intégral du trip. La production a eu la main lourde, où un plant de cannabis à porter de main, de ce côté-là le psychédélisme fonctionne à merveille pour entrevoir des rêves aux couleurs chatoyantes, et je vous passe les détails freudiens…

Je suis toujours étonné de trouver ce genre de groupe d'illuminés dont la folie géniale me réconforte, et me conforte dans l'animation de ma position abstraite, recluse, distincte, originale, insolite, pour retrouver un allié, et me convertir à leur musique hétéroclite.  

Le buzz autour de la NEPTUNE POWER FEDERATION fait suggérer une curiosité dont vous aurez du mal à vous départir, pour ne pas finir par baiser avec sa folie des mélanges, et sa fuzzy attitude !


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