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jeudi, juin 14 2018

TRIBULATION – Down Below


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Depuis 15 ans les Suédois de Tribulation ont rongé leur os et coutumes dans de nombreux styles musicaux, du death au thrash, prog, dark, vers cette recherche du temps perdu Proustien certainement, bref…Du côté de chez Satan, ces ‘’Children Of The Night’’ sont enfin reconnues par le peuple des ténèbres.


Dès lors, les glameux du black metAl reviennent avec la même outrecuidance qu'on leur connaît. De la sorte qu'ils prédominent dans l’art de satisfaire les désirs enfouies que l’on doit au diabolique. Ce nouvel album intitulé ‘’Down Below’’ appose des compositions vermeilles coagulantes de vice, et déverse cette teneur méphistophélique que l’on entend quand le démon a pris possession de votre corps. Il est à noter à cet effet la participation diabolique de l’organiste Anna Von Hausswolf sur le titre « Purgatorio ».

Il y a beaucoup de tension dans les attraits soniques et ténébreux de cet opus, avec parfois une légère tendance de musique électronique, de torpeur heavy seventies Ghostien, et même une face obscure obligatoire avec des mélodies accrocheuses.

La nostalgie mélancolique envers cette foi méphistophélique souligne l’art du grotesque par la sublimation de ses effets passéistes, et dans cette vérité idéale pour les sentiments propres à une pensée noire. C'est perceptible dans ce liant cher au stoïcisme comme avec le titre étincelant ‘’No tears no fears’’, et l'on peut l'entendre aussi comme une vérité crue qui dévore sans flétrir à travers le titre ‘’ No rain no flowers ‘’.

Il pousse pourtant dans cette pépinière un abîme d'images défiant avec superbe cette célébration Ô consonance Black Métal, avec une pincée du death de Opeth à ses débuts. Tout comme derrière la froideur d’un death rock inaugural se découvre un mood horrifique, il est indéniable alors d’en entendre la profondeur avec des similitudes d’atmosphères à la Tim Burton.

Relier dans cet espace-temps les perspectives de la félicité seventies heavy et le nacre lugubre du métal noir, réverbère une cohérence harmonieuse à cet album et souligne enfin que Tribulation ne cherche plus, car il s’est trouvé, enfin.


Certes, il est indéniable que d’autres groupes professent un ton plus doctement ambitieux que Tribulation, mais leur musique leur est pour ainsi dire étrangère. Ils font de la musique pour pouvoir en vivre non pour se connaître, se reconnaître ou pour se rencontrer. Alors que Tribulation est étrange et secret par l’entremise sournoise qu’il dévoile sans fard là où se cachent vilement les ténèbres.

Nous entrons en lice au milieu des cris de châtiment qui hantent les déplorations des enfers, pourtant il se cache quelque chose de plus mystérieux dans l'obscurité, on le sent, on le sait, et avec la même subtilité secrète la pochette reflète des ombres féminines vivaces dans la matière peinte. Il est certain que dans sa noirceur le groupe réussit à apporter de la lumière, certainement lunaire, et donc féminine.

Ce disque aussi bestial que sensuel mérite une plus ample écoute approfondie, il se découvre un soir de pleine lune avec l’adoration vénéneuse que porte au folklore les fétichistes des disques vinyles.


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vendredi, mai 18 2018

FU MANCHU – Clone of The Universe


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Dis le toi une bonne fois pour toute petit scarabée, fondée en 1987, la maison artisanale Fu Manchu c’est trente ans de carrière sur tatamis sonique, pour douze albums studio.

Depuis cette date, le groupe a toujours sculpté dans une matière première de qualité la noblesse d’un art musical Stoner/Rock psychédélique 70’s & 90’s, avec des vapeurs bluesy remplies de fougue vibratoire groOovy et d’énergie cosmique, pour une friture magique de Fuzz et de tempos à la gracieuse lourdeur.

Diantre t'exclames-tu tout étourdi.e ! Mais attends, plus punk que Queens Of The Stone Age, davantage heavy que Kyuss, bizarrement on ne peut pas dire pour autant que le groupe ait brillé dans le peloton de tête de la vague stoner. Pourtant les Californiens possèdent cette spécificité géographique comme apport singulier à une musique ensoleillée de torpeur et d’énergie revigorante. Apparemment ce n'était pas suffisant...

Avec le recul nécessaire sur leur discographie émérite et sur l'ensemble des sorties stoner, ce disque fait du bien pour l’épaisseur de son contraste, la dynamique transitoire qu’il apporte avec style et panache. On s’éloigne ainsi de cette symptomatique fabrication de disque similaire aux riffs usités jusqu’à en vomir d’analogie. Sans non plus être transgenre, le groupe se fait entreprenant et luxuriant, alors quoi de mieux pour poursuivre l’aventure stonique hein ? C'est vrai quoi, comme dit Baloo Il en faut peu pour être heureux. Parce que « Clone of The Universe » fait acte de mutation avec sept morceaux scindés en deux parties entre claque et caresse. Mmmmmmhhhh dude !!

Le quatuor toujours aussi marabouté de rythmique catchy utilise sa forte coloration heAvy-pünk en intensité active tout d’abord, afin de perpétuer par la suite son sens du groove rossant sans atour des solos wah-wahesque, et tout en développant des textures fuzziques à souhait. Puis les Californiens se font plus disparates et bilieux dans la seconde partie, en ralentissant le tempo de prime abord, posant la lourdeur de la basse, pour faire venir le morceau dans un bain de flanger tourmenté.

Un final de 18 minutes pour le gargantuesque instrumental « Il Mostro Atomico » avec la participation d’Alex Lifeson du groupe Rush, exonère de tout propos quant à la qualité hautement diluvienne et sonique du culte stonien que l’on voue à Fu Manchu, et qui n'a rien à voir avec la présence d'un membre de Rush, il était important de le préciser.


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jeudi, mai 10 2018

DEATHCULT – Cult Ot The Goat


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Une fratrie de Norvège est revenue des limbes depuis son unique opus dégrossi sous la ceinture à balle avec Cult of the Dragon en 2007, et une démo auto-produite Cruel Rehearsals en 2006. Pour rappel, Deathcult est un projet initié en 2006 par Thurzur et Skagg de Gaahlskag mais également par le tristement célèbre Hoest, membre fondateur de la formation norvégienne culte Taake.

Baptisé par maître cornu himself, ce "Cult of the Goat" a été enregistré au Grieghallen Studios par le légendaire Eirik “Pytten” Hundvin, il est sorti via Soulseller Records. Outre le groupe, en guest il y a Attila Csihar de Mayhem prêtant sa voix d’outre-tombe, Gjermund Fredheim, guitariste d’Orkan qui s’est afféré à la guitare/sitar/guitare baroque, Dirge Rep (ex-Gehenna, Nordjevel, Aura Noir) pour les paroles, ainsi que Carmen Boveda et Gøril Skeie Sunde pour le violoncelle.

Quarante minutes de black metäl en adoration à Satan à la manière démodée avec haine et blasphème, forcément il y a du Mercyful Fate et du Darkthrone dans ces cris stridents poussant à l'agonie. L'opus est bien charpentée dans sa robustesse, structurée dans sa puissance, cette musicalité brute pour la pureté de sa crudité rétro offre aux auditeurs modernes du metal un album varié, surprenant, sans vraiment l’être fondamentalement.

Les orchestrations apportent une réelle dimension outrecuidante à cet album, puisque la variété instrumentale déjoue la monotonie, amplifie l’approche moderne sans se départir de son côté vintage. Les atmosphères de métal noir mélodique propulsent la cadence martiale où se forment les paysages sonores des immolations soniques. On y entend la froideur gothique tout autant que la chaude bestialité du black des 90’s, le post-metAl 2.0, le psychédélisme raffinée du Hard-rock à Led Zep.

Dans cette fable sonique de la chèvre et du bouc émissaire, les cornes font feu de tout bois pour ce culte mortuaire, surtout que Deathcult est une vieille brebis galeuse qui suit avec ostentation le dicton Belge " Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne."


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lundi, avril 30 2018

IMPUREZA – La Caida De Tonatiuh


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Les gypsies Kings du Death metOl reviennent hanter les précipices deathaliques avec un album somptueux.

Formé en 2004 par Lionel Cano Muñoz (Lionelito) et après la révélation d’un premier, « La Iglesia del odio », ce second opus respecte les racines du groupe, pionner d'un genre novateur technico brutal flamencö Death.

Impureza banderille avec incantation des interludes hispanisants avec des guitares acoustiques pour contraster avec une musique autant grandiose que brutale. Côté technique froide et épique c'est Nile avec un univers grandiloquent, lourd, et foncièrement brutal. Pour le death c’est Suffocation spirit.

Le groupe a poussé sa musicalité ibérique dans la veine historique pour cet opus et l’on écoute religieusement cette narration teintée d’hémoglobine sud-américaine. On peut le mettre en liaison avec le film « Apocalypto » de Mel Gibson, tant la barbarie, la liberté primitive trouvent ici un contrepoint élégiaque à cette œuvre.

C’est très copieux, cela n’empêche nullement d’être possédé d’une fluidité extraordinaire pour y serpenter dedans, et à un transgenre sonique d’advenir en épiphénomène.

Cet album possède quelque chose d’étrange, dans le sens où il a une singularité hors norme par rapport au style musical initial et de sa référence nord-américaine, et à la fois la liberté d’exprimer un côté très hispanique qui ressort comme une nouveauté. Et c’est bien avec ce vent de fraîcheur que l’on se sait contaminé et bouleversé. Par contre musicalement on n’est pas du tout dans le crossover Brésilien de Cavalera Conspiracy. De ce point de vue-là, on est plus du côté Argentin/espagnol avec l’allégresse hispanique et son effroyable nécessité sanguinaire, et de la partie andine versus inca.

L'album a été produit et enregistré par Sylvain Biguet (Klone, Trepalium) et mastérisé par le vainqueur de trois Grammy Awards, Bob Katz qui réussit à mixer les sonorités agressives du brutal death à la beauté du flamenco traditionnel. De plus les parties growlées sont en espagnol et le soliste tel un matador exécute une maestria de solos avec une grâce absolue.


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samedi, avril 28 2018

GURA – Caligura


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Les fils prodigues des Stooges rentrent tout juste de Mercure pour vous faire rôtir les cages à miel dans l’avènement gluant de ce « Caligura » fort jouissif.

Si vous avez la préciosité mélomane de récurer au quotidien votre encéphale avec un papier de verre de qualité noisy et sludge, il ne vous saura pas anodin de vous munir d'un tulle gras de circonstance pour essuyer le salpêtre explosif de cet alboOoüm tonitruant.

Depuis 2004 à Gand,  ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l'Escaut de Frida la blonde...Gura manifeste une envie indécrottable de jouer avec la boue et la suie. Le groupe a sculpté des formes neurasthéniques de combustions dont la mue depuis 2015 avec l'arrivée d'un saxophoniste, vient à point nommer un style d'expérimentation sonique assez torride pour vous en jaser la libation.

Dès la première effraction de mesure on déboutonne son froc et laisse aérer la toison pubienne car on sait intuitivement que cette indolente errance de free-sludge accole une descente des profondeurs de doom cosmique. Diantre nous y sommes, ben oauie à la convergence de notre voie lactée, à ce point de rendez-vous de tous les fêlés de la planète qui ont cette sublimation existentialiste de vénérer l’outrage et la désinvolture, avec une violence de l'acte et la beauté du geste fou.

Tu ne vois toujours pas de quoi je parle et où je veux que tu ailles hein ? Dis toi que l'absurdité des contrastes adhère à l'hystérie collective dans ce disque. Donc forcement que ce groupe a pioché sans vergogne dans la discothèque de leur parenté ces disques dégoulinants de stupre sonique que les sixties/seventies en avaient régurgité la convection libertaire en mélangeant autant de drogue qu'il existait à cette époque précise. Ainsi la basse tombe le masque de plomb dans la lave volcanique d'un surréalisme du trouble, le saxophone dégueule des morceaux entiers de stridences saxo-cacophoniques, oui bon et ben allez Zu quoi....La batterie poignarde une marée de toms et de cymbales dadaïstes, le hurleur vomit du sang vocal dans le mélange d'une poésie de beatnik au point que l'on en perd son Fluxus !

Il est vrai que cette façon d'empiler des strates musicales en cube du vorticisme est habituelle pour le fan de Stromae !?! Mais selon la défiance universelle étrangère à sa zone de confort, je ne saurais que trop vous conseiller de suspendre vos doutes et mépris au croc de boucher de Leatheface et d'aller vagabonder dans le nectar outrecuidant de cet opus. Tant la pesanteur d'un Down sous acide y cloque d'indépendance, que les extravagances d'un Primus au haschich acétifie les thèmes progressifs, que le rock à moustache de Franck Zappa se bourre d'une toison de souffre sonique visqueuse, pour que l'acid rock frappadingue d'Amon Düül II en intensifie l'effervescence attraction.

Dans la passion fulgurante que la vie apporte à chaque écoute d'un Gråäl audacieux et jubilatoire il y a des instants de doute et de folie que l’usage de la musique réussit à adoucir quand la tempête s’immole dans la pureté d’une eau qui en éteint l’incendiaire. C’est avec ces moments de soulagement que la vie d’un mélomane se trouble à l’ordre divin de l’existence musicale, juste avant d’être à nouveau terrassé sur place par la puissance de feu d’une autre musique aussi sauvage que le plus terrifiant des orages d’été. Cet album possède la foudre bestiale d’une sauvagerie orageuse dont le rock en est le plus primitif émissaire.

Veuillez à cet effet édifier rite, statue et plus si affinité, parce que cet album foudroie avec l'impétuosité menaçante de déraciner vos idoles. Ceci fait acte de fulgurance, mais ne vous y trompez pas dans quelques temps, la coutume de son écoute altérera une routine qui en étouffera le brasier, et alors ainsi ce totem s’oubliera, comme tant d’autres. Pourtant après bien des années de silence il ressortira fétiche, s’entichant d’une aura que les nouvelles générations consentiront pour s’agenouiller à son illumination. C’est à partir de cela que cet opus peut prétendre à sa prestance avant-gardiste et rejoindre le panthéon des œuvres de méditation lumineuse, car « Caligura » est un opus comme « Metal Machine Music » et le « Fun House » traversés de fulgurance de gravitation noire schizophrénique.


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jeudi, avril 12 2018

Une Nuit En Enfer XIII


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Une Nuit En Enfer c'est le 21 Avril à St Sulpice dans le Tarn (20mn de Toulouse), salle Renée Cassin avec :

Les monstrueux MERCYLESS

Les gargantuesques RITUALIZATION

Les fantasques FALL OF SERAPHS

Les indestructibles IRON FLESH


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Catacombe sonique, putréfaction musicale, explosion de décibel, violence graphique, growl et growl et ratatam, il s'ensuivra un super moment Deathalique avec lequel par ailleurs...




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mardi, avril 10 2018

ENJOY THE VIOLENCE


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En 1990 Depeche Mode new-wavemisait l'atmosphère avec son Enjoy The Silence, un an plus tard le groupe Massacra vociférait son Enjoy The Violence, Depuis ? Un livre qui fait référence à un passé dissolue mais inoubliable à jamais...

Ah?! Hééééééé ouaie mais Depeche Mode dans tout çà ?!? Chuuuuut, Le temps mûrit toute chose ; par le temps, toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité. François Rabelais


Le livre Enjoy The Violence est une Histoire Orale des Origines de la Scène Thrash/Death en France”, écrit par Sam Guillerand (alias Nasty Samy membre de BZP, Demon vendetta, du zine EveryDay Is Like Sunday, etc...) et Jérémie Grima (Metal Bunker, Zone 52 fanzine,The Black Noodle Project) sorti chez Zone 52 Editions, avec la participation en co-édition de Metro Beach Books (Guillaume Gwardeath).

Le livre revient en détail sur un ensemble d'activistes, de groupes, et acteurs de l’époque ayant participé au microcosme thrash/death hexagonal dans la période mi 1980-mi 90. Narré sur le mode de « l’histoire orale » à travers des interviews-fleuves et inédites, l'ouvrage recueille l'originalité de ces années formatrices, sert de guide dans la profusion émancipatrice de cette perturbation sonique.

Pour en parler il faut remettre dans le contexte de l'époque, la page alors était blanche, et toutes ces personnes ont griffonné, raturé, écrit, défriché l'émergence de ce style et sous-style musical avec une franchise sans pareille, et seul contre tout/tous. Quoiqu'il en soit l'édifice est solide, la preuve on en parle encore...Ils reviennent ainsi libeller avec la même authenticité que jadis cette empreinte indélébile. Les auteurs ont laissé le soin à la liberté de parole de s'exprimer, le livre n'est donc pas une thèse, ni un matériau nostalgique que l'on brosse dans le sens du poil.

Unique livre pointu (vraiment saillant) qui traite de ce sujet précis au sein de l'hexagone, le travail est monumental, tant pour le foisonnement de parole qui s'y regroupe, pour l'archivage, le redécoupage des informations, le glanage, l'illustration de Christophe Moyen, et cet intérêt de stakhanoviste.

Faire vivre ces heures nébuleuses c'est permettre la filiation orale tel que les griots narrent à travers les ages, c'est remettre les pendules à l'heure du death/thrash oldschool aussi. Ce n'est pas figé une époque, mais lui rendre vie et corps. L'unique reproche c'est 450 pages format A4 et non 666, l'erreur de débutant c'est ballot ; )

Vous trouverez de plus amples informations si cela vous intéresse via une ITW des 2 co-auteurs sur le podcast Now It's Dark N° 67 ou Zone 52 spécial ''enjoy the violence''.


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Ainsi qu'à travers les magazines New Noise N°43, Metallian N°106, et une Itw de Jérémie Grima dans l'émission Killer On The Loose, ainsi que dans Metalnews.fr.


Un livre passionnant, fait par des passionnés pour des passionnés, et pas que...




mercredi, avril 4 2018

ECLOSS- Diluvienne


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En seulement trois titres, la lame a dégorgé une sanguinolente dépression de beauté sonique.

C'est un fait troublant mais on ne peut retenir les rênes de ce tourmenteur musical quant il terrasse la beauté du clair obscur, épouse une lente procession sonique à coup de rythmique cristalline, d'atmosphères étouffantes, de perturbations climatiques intenses, d'hurlements de peine déchirant la violence comme du papier glacé, surtout avec un sens du riffing cosmique parfait pour une texture sonore ondulante d'épique envoûtement.

Pour son premier opus le Parisien Ecloss donne vie à une vision céleste de l'obscurité.

Il se fraye un passage cafardeux et vénérien dans le corridor où l'amour et la mort échangent un baiser sulfureux sous un déluge mélancolique. Dans tous les contrastes il y a la noirceur crépusculaire en train de grouiller un expressionnisme lunaire, et une cold-ambiant aussi froide qu'un macchabée venant éclore sous la chaleur bestiale du sabbat noir.

Ce one-man band de blackgaze atmosphérique appose des climats lourds et sépulcral à sa douleur dionysiaque de confesseur misanthrope sous prozac.

C'est bercé dans l'effluve palliative des ténèbres que le nihilisme poétique de Thomas B transcende avec sa générosité pluridisciplinaire (chant, guitare, basse, orgue, piano, claviers) le chantre de la dualité, c'est en conférant la rudesse black et son pendant vaporeux dans un embrasement éblouissant qu'il enlace son impact sonique. Son exubérance enflammée charme autour de l'amour solitaire de la nuit, transit dans la beauté sauvage de l'introspection.

On s'enlave dans ces crescendos féeriques à faire vibrer votre élégant émoi, jusque dans le creux des vagues à l'âme pénétrantes. Rien n'est plus parfait que le lien magique qui tient le funambule au-dessus du vide existentiel, rien n'est plus mystérieux que la beauté Diluvienne de cet E.P. pour dur à cuire.


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dimanche, avril 1 2018

DAWN OF JUSTICE – Suicycle


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Fondé en 2008, DOJ pratique un metalcore progressif pour les fans de The Ghost Inside, This Or The Apocalypse, I The Breather, Heart In Hand.


Après un remaniement de line-up le groupe a cherché à préciser sa maturité musicale à partir de 2015 avec l’E.P « Adventears », puis avec l'E.P « Odyssea » il trouvera un univers apocalyptique-fantastique qui se perpétue ainsi avec ce nouvel album.

Rémy Brugère est le dernier membre originel, il a entièrement écrit ce space opera humaniste, douze titres dans lequel s’articulent les péripéties d’une épopée, où chaque morceau est intimement lié à l’autre. L’action se déroule en 2414 sur une Terre post-apocalyptique, transformée par les conflits successifs dû à l'exploitation suicidaire des hommes. L'apparition d'îles flottantes dans le ciel témoigne de l'instabilité du noyau terrestre. On suit l’odyssée d’un capitaine et de son équipage sur le vaisseau nommé Airship 415J qui vogue d’îles en îles afin de contrer un monstre qui menace la renaissance de la planète.

Musicalement des boucles rythmiques s'arc-boutent pour former la clé de voûte d'un alliage metalcore fortement nuancé. L'épaisseur sonique atteste d'une densité à mettre à porter de poutre metallique de groupe comme Architects, Northlane, Gojira. L'histoire permet l’implantation d' une multitude d’atmosphères et de contrastes riches, décomplexés, déniaisés et dynamités, inventant une grammaire aussi savante que sauvage avec un équilibre aussi physique que cérébral. Si Dawn Of Justice impose une histoire, un thème d'anticipation bien connu désormais des nouvelles générations, il donne une interprétation aussi forte musicalement avec de bouleversantes structures émotionnelles, qu'avec son interprétation futuriste emprunt de spiritualité et de barbarie.

Pas de signature avec de labels chez DOJ, tout est auto-produit et fait maison : des compositions originales jusqu’à la réalisation des clips, sans oublier le mixage et la création de leur site web.

Parce que cette année Dawn Of Justice célèbre ses 10 ans, et veut à cette occasion laisser une marque éternelle dans l’histoire du groupe, en finançant l’impression de son dernier album en version VINYLE, il lance une campagne participative. En échange de votre générosité, de nombreuses compensations exclusives et limitées vous seront offertes, comme des tee-shirts en édition limitée, une bière officielle et bien d’autres goodies...Pour faire face à l'immensité sonique de Suicycle.


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lundi, mars 12 2018

MYRKUR - Mareridt


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Si tu es blonde à belle gueule d'ange et que tu décides de jouer du black atmosphérique-Pagan new age, et bien tu vas en chier ta race.

C'est ce qui est arrivé à la Danoise Myrkur (signifiant ténèbres en V.O)  devant une communauté black metOl soudée à satisfaire son hégémonie phallique-nihiliste avec un mépris digne d'un taliban.

On ne sait pas vraiment ce qui a contrit l'animosité pourtant déjà naturelle des moralistes des cavernes vikings, si c'est le fait qu'elle soit femme, où l'aide des éminences Kristoffer Rygg de Ulver et Teloch de Mayhem en tant que guitariste studio pour son premier album « M » ? Sauf qu'elle ne s'est pas démontée et a vaillamment poursuivie sa voie. Nous lui en sommes gré.

« Mareridt » est un concept album dont chaque composition traduit une terreur nocturne. Dans cette sublimation où cauchemar, songe, illusion se joignent à l'émotion et l'intuition, se forme un conte.

Le conte est un voyage, une épopée apportant du sens à l'imaginaire, il est intemporel et universel, il traduit les questionnements par métaphore en créant morale et légende, tout en servant de base éducative. C'était peut-être la meilleure réponse pour éclairer les hommes à la musique de Myrkur, l’enchanteresse.

Le conte porte en lui une force émotionnelle, philosophique puissante. Son caractère hybride et polymorphe possède les caractéristiques que l'on retrouve dans cet opus. De la sorte que la musicalité traditionalisme scandinave et folklorique se joint à une hybridation sonore suffisamment gracieuse pour en être séduit après plusieurs écoutes. Dans les passages les plus vaporeux on pense à Chelsea Wolfe pour la torpeur dark, avec parfois même Elysian Fields pour l'indolence, ainsi qu'un soupçon de Tori Amos, Kate Bush, Cocteau Twins pour le côté vaporeux, féminin, opalin, avec cette légèreté des profondeurs et le sens profond pour dévoiler avec finesse.


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Quand la Valkyrie devient Hel ou Hela, la déesse des morts dans la mythologie nordique, c'est le black naturaliste et mystérieux de Wolves In The Throne Room sous un coulis de Darkthrone qui se narre. Ainsi s’ordonne la poésie des bois, le maléfice de la forêt, et on en suit la Sága, on suit cette déesse des contes et des légendes de la mythologie nordique 2.0 avec une forme de fascination, tant les mystères féminins nous semblent ( à nous les mâles) aussi mystérieux que profond depuis toujours.

Myrkur est donc Akka, un esprit féminin du chamanisme, et son culte se généralise sous forme d'incantations et de rituels en concert. Magie ancienne, fragilité de la beauté, force tellurique, on se sent ancré à une force primaire et à l'évanescence naturelle du temps. Ce qui demeure étrange, c'est que Myrkur exerce une attraction et un ennui à la fois, proche de cet esprit de la forêt qui hante et pour lequel on ne croit pas. La belle et la bête communiquent à l'unisson avec possessivité sur des compositions sombres, magiques pour ne pas dire féerique, là où résonne dans la nuit les énigmes intrigantes du il était une fois...dans un pays loin d'ici...

Suite à l'écoute de Mareridt j'ai rêvé à une sorte de ‘’terreur nocturne’’ pour le black metalleux qui a craché des pierres d'insultes et de mort sur cette femme libre et possédée par l'odeur envoûtante de l'indépendance créatrice, je vous en donne lecture :

« Il désirait une relation animale alors il violenta sa chatte avec mépris pour qu'elle devienne chienne. Seulement quand il crut possible de devenir assez bestial pour assurer sa domination, il se retrouva nez à nez avec une chienne de garde, qui lui sortit trois remarques assassines de but en blanc qui eurent pour effet dissuasif de le faire débander, et de clore tout espoir dans cette relation où il perdait d'avance le monopole de l'autorité et de la domination. Quand il partit désarçonné, elle souriait passive avec la délicatesse d'une lionne. »


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