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jeudi, février 1 2018

WOLVES IN THE THRONE ROOM - Thrice Woven


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Je n'avais jamais écouté ce groupe auparavant, mais ce Thrice Woven a su se découvrir à un moment où j'observais dans mes errances existentielles le besoin naturel de revenir à une vérité sauvage. D'entendre rugir le crépitement originel de la création dans sa simplicité, tout autant que dans sa démesure naturelle.

Du coup et comme je le fais à chaque fois que je découvre un groupe, je vais explorer sa discographie histoire de remettre l'ensemble dans son contexte. Et là surprise WITTR navigue à proue dans une multitude d'essai dont un Celestite assez trompe l’œil, enfin l'oreille plutôt, pour émettre un doute subtil sur la potentialité que se soit bien le même groupe à la réalisation d'un opus de ce calibre de superficialité new-age.

Je n'ai pas creusé davantage et j'ai écouté Thrice Wovenen en me laissant tomber à la renverse sur un sol tapis de mousse, avec le majestueux balancement des branches comme seule vision de mouvement pendant une nuit où les étoiles brillaient de mille feu dans le pâle éclairage d'une Lune opaline.

On se retrouve avec l'esprit de Myrkur pour cet amour à l'ode pastorale, et cette progression vers le chemin de traverse où l'on se fraye un passage dans les forêts de l'obscurité et de la poésie d'un naturaliste, qui affectionne de trouver une Urtica pilulifera dont l'espèce d'herbacée à feuilles velues est reconnue comme faisant partie des plantes médicinales les plus utiles et les plus efficaces, puisque ces feuilles sont couramment utilisées comme toniques, dépuratives, diurétiques, anti-inflammatoires.

Seulement si l'on fait fi de cette romance naturaliste, on flâne dans ce bois blackgaze avec une envie puissante de ressentir le flux primitif des conversations anciennes des arbres eux-mêmes. Malheureusement nous n'avons plus la capacité de telle palabre de nos jours, alors nous laissons le soin à des hurluberlu(e)s le soin de nous réapprendre l'ode de vie immémorial qui a maintenu notre planète dans un état de droit naturel et pérenne. Est ce que ce trio est composé d'hurluberlus ?

Ce trio vient d'Olympia dans l'état de Washington, à sa base les frères Weaver recueillent à proximité de l'épaisse forêt l'éblouissement séculaire pour composer des titres de post-black primitif et atmosphérique, dans un recueillement païen. 

Hanté par une beauté à l'état sauvage comme sur leur vespéral opus Celestial Lineage, le groupe prolonge la douceur de la mousse avec le froid résigné de la nuit, englobant les atours de leur album Black Cascade afin de jumeler diverses périodes et empreintes passées dans ce linceul sonique.

Comme invités il y a au chant Steve Von Till de Neurosis ainsi qu'Anna Von Hausswolff, ainsi que Zeynep Oyku à la harpe sur le morceau Mother Owl, Father Ocean. La production a su établir le mérite de faire émerger une épaisseur conséquente à la robuste primitive, sans jamais omettre d'en amoindrir l'intensité.



Vous en conviendrez amies des agglomérations, le silence de la nature la nuit vous est effrayant. Il y a dans cet album une pénombre naturelle dans laquelle la noirceur présente est une ombre dans l'ombre, et où l'on se fait tout petit pour ne pas atténuer la puissante revigorante de ne faire qu'un avec les éléments naturels les plus obscurs et mystérieux.


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dimanche, janvier 28 2018

CANNIBAL CORPSE – Red Before Black


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Une nouvelle perforation sonique de brutal death old school des maîtres en la matière est toujours reçue par une prosternation dans le WBZ. On ne prend jamais avec légèreté un opus de Cannibal Corpse et une étude complète est obligatoire.

La qualité sonore est bien présente, c'est une véritable explosion sonique qui transparaît pendant 45 mn, le travail d'Erik Rutan symbiose avec intérêt à la corrosion du son old school. Il s'en dégage des atmosphères parfaites à l'univers gore du quintet floridien, et en libère la barbarie, et je ne vous parle même pas de l’agressivité tourbillonnante qui s'impose comme un typhon et entrechoque les neurones du cerveau en compote pour bébé.

Niveau lourdeur, on est servi avec une bonne épaisseur de graisse, histoire de passer l'hiver dessus bien au chaud et rembourré avec cette matière huileuse. Les solis sont tour à tour véloces et rapides à la Slayer, ou tout aussi incisif qu'à la Deicide. Les breaks rythmiques se font amples et ouvrent les séquences morbides comme on éventre avec une tronçonneuse de précision une carcasse molle remplit de victuaille pour viandard. Le groupe et il me semble que c'est devenu tendance, est revenu à ses fondamentaux, parce que les ébats qui allongent la durée de leurs séquences d’abattages finalement tout le monde s'en branle, ce que l'on attend et entend c'est la fureur sonique venir tout écraser sur son passage (le plus étroit possible le passage bien entendu).

On ne peut pas dire que l'évolution du groupe fut exemplaire depuis leur début, Cannibal Corpse c'est un peu le AC/DC du brutal, tu sais ce que tu vas prendre dans les ratiches à l'avance et quand ça arrive enfin, tu as beau faire le fanfaron mais au lieu d'avancer vers la percussion avec la bravoure d’un légionnaire sur une chèvre tu recules tellement tu prends cher dans ta gueule.

Cannibal Corpse a toujours élevé le débat au niveau des viscères, son art visuel n'est plus à débattre depuis fort longtemps, et sa dimension musicale remplit les enceintes avec une contamination élégiaque. Si bon nombre de groupes contemporains recopient l'original avec une technicité exemplaire, jamais ils ne pourront atteindre ce rang royal que les floridiens ont atteint, très certainement parce que depuis plus de vingt ans ce groupe demeure à jamais comme celui qui a poussé le refoulement bien au-delà de la dépravation, de l’agressivité, et de la violence pure.

De l'insoutenable à l'inconcevable Cannibal Corpse en est le maître incontesté, aucune nouveauté, rien que du brut, du brutal, point final.


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mercredi, janvier 24 2018

THE BLACK DAHLIA MURDER – Nightbringers


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Dans la loge maçonnique de St Pons dans le département de l'Hérault, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, ayant pour objet la recherche de la vérité  « ésotérique », mettant l'accent sur le processus initiatique censé faire passer le membre des « ténèbres » extérieures à une « illumination » intérieure, se présente devant vous en loge blanche un compagnon 2ème grade et en chapitre du IVe ordre un Chevalier de l'Aigle. Ces deux augustes membres contemplent sous leur yeux ébahis le dernier mouvement vinylique du groupe The Black Dahlia Murder.

S'ensuit une discussion philanthropique, philosophique et progressive, ayant pour objet la recherche de la vérité  « ésotérique », mettant l'accent sur le processus initiatique censé faire passer le membre des « ténèbres » extérieures à une « illumination »intérieure.

En loge blanche le compagnon 2ème grade : Ah diable que ces solis sont exubérants de charme et de malice.

En chapitre du IVe ordre un Chevalier de l'Aigle : Oui il est vrai, il est vrai. Ceci est le résultat efficace qui marque une nouvelle étape avec le départ du guitariste Ryan Knight, son remplaçant est le prodige Brandon Ellis du groupuscule herbacé Cannabis Corpse, lequel crible de superbes solis sur cet opus démoniaque.

Ah bon ? Figurez-vous cher confrère que pas plus tard que hier j’ai visionné un reportage sur Christophe Rocancourt, ce vaurien est véritablement diabolique, profitant d’une enfance souffreteuse il a su jouer à sa guise de la compassion afin de chaparder chaque samaritain. Munit d’un culot qui en fit son charisme, cette crapule a réussi à passer sa vie à ne rien foutre si ce n'est de voler en n'ayant de cesse de vivre au dépend de la naïveté de ses contemporains. N’est-ce pas la définition du satanisme ?

Oui j’en reconnais la délicieuse interprétation.

Ce démon aura rapiné sa famille qui voyait en lui un sauveur alors qu’il n’avait en face qu’un égocentrique malicieux à la sauvagerie existentielle commune à celle d’un entrepreneur du web.

Son fonds de commerce c’est lui et lui seul en somme ?

Oui.

Voulez-vous que nous poursuivions l’écoute de ce nouvel opus de The Black Dahlia Murder en nous concentrant davantage sur les effets subtils qu'il délivre ?

Volontiers surtout que le croustillant deathalique me semble ici joindre avec une fréquence Heavy le chaînon manquant à leur discographie ?

Oui je plussoie entièrement à votre imminence grise. Il y a une lourdeur synonyme d’une épaisseur de maturité que l’on rencontre quand la bedaine prend ces centimètres de gras qui soulève le tricot de peau.

Ahahahaha, je reconnais là votre propension à satisfaire une ironie qui ne manque pas de mordant ?

Ahahahaha, et que dire de votre amour pour la gaudriole syntaxique. Elle vous mènera au purgatoire mon ami.

Ne soyez pas si miséricordieux avec mon humble personne. Par ailleurs je me demandais si vous aviez déjà surpris le diable pendant un concert de ce groupe américain ?

Oui il m’en incombe de vous en avouer la vérité. Je l’ai vu se faufiler tel un serpent entre des âmes prises dans le brasier du groupe.

Et alors ?

Et bien figurez-vous que j’en retrouve la flamme avec cet album.

Ah bon ? Pourtant Nightbringers reste connoté dans le style coutumier du band, ainsi un pléonasme sonore semble pour le moins établi dans leur discographie de la sorte qu'avec celui-ci on y entend comme une redondance ?

Mais vous n’y êtes pas du tout mon ami ! N’entendez-vous pas le crépitement divin qui surgit çà et là avec la caractéristique principale des profondeurs ténébreuses ? Comment ne pas être subjugué par la mainmise de ces compositions lapidaires, beaucoup plus perverses car spirituelles. Spirituelle dans le sens où celles-ci conjuguent à merveille et jusqu’à satiété la vigueur éperdue de rencontrer le malin.

Whaouuuu mais je n’avais pas vu cela sous cet angle, étant quelque peu distrait par l’encolure des éléments typiques que l’on rencontre dans chaque titre de l’imposant The Black Dahlia Murder. C’est étrange même que ce groupe n’ait pas été englouti dans le sac à vomi du global metOl 2.0 ?

Oui c’est assez incroyable, tant leur approche oldschool s’avère de nos jours un caillou dans une godasse en plein désert.

Pensez-vous alors que cet album sera suivi et admiré pour ce qu’il est ?

Alors là mon cher je ne peux en prétendre la vision, tant nos congénères ont la subtile manière de se vautrer dans une admiration succincte auprès d'une idylle du supermarché cathodique, et au rayon des périssables.

Que le diable les emporte.

Oui châtiment et damnation à tous ces cons



Les agapes soniques sont ici de l'ordre d'une congrégation maléfique alors ?

Certes, certes et la force attractive d'un tel opus mon ami est absolument impérieuse. Je dirais avec effronterie que l'art royal fait office de vestige devant une telle œuvre maçonnique.

Alors d'obédience death et qui se présente aujourd'hui plus souvent comme une société « discrète » que comme une société « secrète ».

C'est en cela que « Nightbringers » revêt les fonctions symboliques de maître cornu, la triangulation musicale du combo constitue un genre expressif, et inscrit les membres de cette communauté au-delà des schémas de type interpersonnel, et vise un dépassement des contraires, censé opérer un processus de transformation au sein de l’individu même.

Ahhhhh bordel de foutre à Satan vous avez entièrement raison.

33 mn de death mélodique haché menu avec un TBDM beaucoup plus offensif que lors de ses derniers opus, je dis un grand oui de satisfaction musicale, alors amitiés fraternelles et te salue par les nombres qui te sont connus. 

Je te frataccole généreusement et sereinement très cher car cet album est maléfique !

Oui, Mouahahahahahah !!


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mardi, janvier 16 2018

QUICKSAND - Interiors


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Après 22 ans d’absence, intitulé Interiors via le label Epitaph, cet album a été composé et enregistré avec le line up originel : le batteur Alan Cage, le frontman-guitariste Walter Schreifels, le bassiste Sergio Vega et le guitariste Tom Capone.

Vibrez enfants du jour de gloire, vous pouvez enfin le faire avec le retour de Quicksand.


  • La douceur bordel de merde il n'y a que ça de vrai dans ce monde absurde de méchanceté pure.

Faire de l’or à partir de choses simples. Donner un sens à l'abstraction sonique, se soumettre à l'émotion brute, pure, douce et en câliner la commotion jusqu'à en jouir. Voilà à quoi peut se définir Quicksand. Un post-hardcore à la Fugazi assaisonné de metal indie à la Helmet comme il disait dans les 90's pour classer ce groupe, alors que l'unique innovation c'est d'avoir su faire vibrer les brèches de l'emocore.

Je parle bien d'Emocore, d'un style musical à part entière, bien avant que celui-ci ne soit perverti par des masturbateurs à mèche. Et pourtant oui, c'était bien à cet endroit que ce groupe a agité sa magie sensitive, dans ce clair obscur, étrange, et si précieux, ouaie un brouillard sensitif éclairant des séquences emötives sanguinolentes de spleen, capable de vider un émöphile de son sang pour le remplir d'émotions.

On en entend ici la parenthèse avec ce don de générosité capable de donner de la lumière dans le son chaleureux des guitares, et dans ce jeu au feeling si spécifique.

On en sent les agitations internes et cela délivre la sève émotionnelle lors de structures musicales jouissives de beauté nue. C'est en cela même que les guitares forment un indestructible et vigoureux arc-boutant, la basse en booste la silhouette que le rythme en imprime le mirage.


  • On obéit souvent à une trace intérieure et Interiors est une œuvre magnétique puisant dans sa puissance l'accès direct vers le cœur, capable à lui seul de vous faire planer.


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vendredi, décembre 29 2017

ALUNAH – Solennial


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Déjà avec l'album précédent, ''Awakening The Forest", je me disais que cette vague de groupe de doom à chanteuse allait subir une fin de non-recevoir une fois que la mode serait arrivée sur le rivage. Alors si sur l'échelle de la hype je ne peux absolument pas juger étant isolé loin derrière les dunes, mais ce qu'il y a de certain c'est que ce groupe Anglais maîtrise à merveille les codes des sorcières. Il envoûte avec trois crapauds de riffs gluants, un chant de vipère venimeuse, le bouillon d'une basse baignant dans une grosse carbure rythmique.

L'ensemble de cette décoction se confection dans une marmite vintage. Si l'esthétique se marie à l'harmonisation d'une composition inspirée, c'est la mélancolie qui retient le souffle de l'amertume. Parce qu'Alunah domine la langueur lancinante et allonge à l'artefact vintage cette densité à son doom pour cloquer à outrance, mais toujours dans une délicieuse torpeur de spleen.

Alunah et les norvégiens de High Priest of Saturn malaxent fort bien cette instance léthargique, ainsi que la qualité précieuse d'insuffler une âme à sa musique.

La solennité d'un tel album mérite la plus ample bénédiction des disciples du monde souterrain, jusqu'à y consacrer votre dévotion à écouter par des écoutes/offrandes régulières, et surtout à l'abri de tout.


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lundi, décembre 4 2017

MONARCH – Never Forever


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Voici l'album qui déclenchera chez les fans inconditionnels du mur du son Bayonnais un éclairage supplémentaire à la distorsion Dröne-sludge-doOomesque et à sa majestueuse fréquence sonique épique.

Faisant foi et loyauté à sa discographie comme un Sun O))) impétueux et immuable, Monarch dégorge toutefois d’innovation tout en restant sombre et monotone dans son crépitement tellurique. Ainsi une lumière vient ourdir une trame musicale dans laquelle le groupe illumine et s'illumine vers une voie nouvelle. Il se dégage désormais une émotion que l'obscurité développée par Monarch s'était toujours abstenue d'en faire frémir la déflagration.

C'est dans cette aube naissante que le groupe fait jour avec ses nuits mélodiques, et avec une théâtralité quelque peu infatuée il est notable de le stipuler. Je préviens qu’il y aura de l'abracadabrantesque pour ceux qui souhaiteront participer à ce culte, à cette forme de rituel maléfique, dans cette chasse à la sorcière qui fait éclore à côté d'un doux précipice le rituel faisant éclore la fleur mélancolique et l'obscurité toute entière.

Never Forever est un album fondateur, un oracle bouleversant, un rêve vers un ailleurs mystique.


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Le corps de leur musique est une folie opiacée, lente et douce que les murmures, les fredonnements cajolent par le contraste bestial des hurlements déchirant le tourment. Ah oui on l'entend mugir la zolie Emilie, miauler, murmurer puis gueuler dans le lointain dans ce cri d'orfraie antique avec lequel on se sent vivre dans un autre lieu. On se perçoit ainsi plongé dans une forêt noire et épaisse où siège dans cette obscurité végétale le vaste d'un temple olympien à l’opaline couleur réfléchissante, avec l'immobilité des colonnes ioniques, doriques, corinthiennes pour unique perspective. Tout cela se passe dans la promiscuité d'un soir Luciférien où la lenteur de la musique appose une kinésie à toute gestuelle, et laisse place entière à une imagination exubérante et grotesque. Car oui on vit le moment avec l'aplomb d'une audace insoumise, sans crainte.

Cet ainsi que dans cet instant suspendu mon benjamin de fils passe et me voit en train de mimer un rituel vêtu d'un slip hellénique et d'une toge guerrière avec une serviette de bain à motif féminin et aux lignes zébrés. Son frère cadet s'immobilise à sa hauteur pendant que j'officie à allumer des bougies dans mon antre. La musique étanche la soif maléfique. Devant cette situation ubuesque sortant d’un film de Fellini sous acide, mes enfants se prêtent au rite.

Cerise sur le gâteau basque à ce disque Bayonnais il y a une cover de Kiss, « Black Diamont » rebaptisé ici en « Diamant Noir ». Fichtre mais que dire de cette reprise méconnaissable ? C'est lent, très lent, pis c’est lourd aussi, très lourd, tu vois Anvil et leur enclume ? Et bien tu rajoutes trois Black Sabbath + un Sun O))) pour la lourdeur et la profondeur, la suite c’est Monarch qui lui apporte une mélancolie vénéneuse d'une atomique splendeur implosive.

Aussi détonnant qu'étonnant, aussi maléfique qu'éthérique, Monarch ouvre une nouvelle page de son livre sibyllin.


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lundi, novembre 20 2017

DER WEG EINER FREIHEIT – Finisterre


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J'en ai marre d'entendre des gens cracher leur nausée, et encore plus du cynisme des gens en face d'eux gifler leur sûreté arrogante. Pendant un temps cela me faisait rire d'entendre les vieilles personnes dirent qu'elles préféraient dorénavant écouter de la douceur plutôt qu'une forme de violence perpétuelle. ( Hey cela ferait un super nom de groupe - Violence perpétüelle - ? )

Bon et bien je les comprends aujourd'hui. Je suis donc devenu vieux. J'en ai parfaitement conscience, j'en ai marre de ce monde oscillant dans le préfabriqué cliquant et la moisissure suppurante.

Les allemands de DWEF font partie de la moisissure suppurante, et ils vomissent sur la terre entière avec violence et douceur. Alors forcément la douceur est relative ici, vraiment. Disons que communément quand l'on crache de mépris, la violence reçue est pour le moins agressive, pourtant la salive du crachat elle-même est douce. Je ne sais vraiment pas si vous saisissez la nuance ? Mais bon passons...

Ce « Finisterre » jouxte cette forme ambivalence de barbarie ambiante et de splendeur brutale.

L'oscillation post-black fonctionne de manière coordonnée, elle est parfaite pour acclimater à tous les contrastes qu'alterne le groupe. La rage est vaporeuse, le rêve est fait de larmes, la beauté aussi brutale que la réalité sera colère dans l'oubli. La ligne atmosphérique est un horizon, la noirceur n'est que plus sombre quand elle est prise dans l'éclat d'une lumière, même nébuleuse.

Le groupe n'est jamais brouillon pour autant, il n’utilise pas son black comme un brouillard, il n'utilise pas son émotion comme un mouchoir. Il sait tordre, se sait tendre. De plus avec le temps il contrôle sa colère, en apaise la rancœur pour la joindre avec suffisamment de distance et en façonner ses compositions. Cette mesure est un équilibre précieux dans la fusion entre son acier sonique et son éther émotionnel.

Ce n'est pas un bout de chair froide que mastique DWEF, c'est le battement chaud et terrible de l'humanité, avec ces lambeaux d'existence aussi forte que fragile.

On n'est pas dans la glaciation austère, ni dans l'austérité brute du black, pas plus que dans le bouillonnement tellurique et serein du post-rock. Mais dans un intermédiaire qui tient lieu de vie.

“Me voici, être humain violent, blanc, noir, brun ou rouge, et il ne m'intéresse pas de savoir si j'ai hérité de cette violence ou si la société l'a engendré en moi : ce qu'il m'importe de savoir, c'est si je peux m'en libérer.” Jiddu Krishnamurti


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jeudi, novembre 16 2017

PROPHETS OF RAGE – Prophets Of Rage


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On nous a prédit un 21ème siècle spirituel, on peut dire que Madame Soleil a irradié les cieux de sa prédiction hautement religieuse, puisque on tue et meurt pour un dieu unique. Mais avant cela chacun renifle le cul de l’autre pour savoir si à l’odorat c’est la même obédience, alors ça cherche sa divinité sans cesse pour trouver sa protection avec les dents serrés de haine contre toutes les autres différences, quitte à se foutre les genoux en sang à force d’être à quatre-patte, où la main prise dans le bénitier à faire des signes de croix de bois-croix de fer, si je mens je vais en enfer à Clisson con…Et bin vlà les prophètes de la rage qui débarquent, un truc entre le mood rageur des 90’s de Rage Against The Machine et la prédication du tribun de la France Insoumise.

Alors est-ce une arnaque typique de l’ère contemporaine par des gars cachant leur rolex en jouxtant la cinquantaine, et en étant possédés par l’esprit jeune du publicitaire Jacques Séguéla ? Surtout que depuis le temps que l'on nous bassine avec le retour de R.A.T.M, et que c'était quand même aut'chose à not’époque où l'on savait aller au carton, soulever les masses dociles pour faire naître la colère. Pis la vraie colère celle qui piétonne les rues d’une foule unie et lance des parpaings de slogan contre l’establishment.

Mais ouaie, mais ouaie, on voit très bien où on en est aujourd'hui de la lutte du rap metOl...Linkin Quoi ?

Donc méfiance on en connait une chiée de groupe revenue de leur traversée du désert avec la formule magique pour empapaouter la populace nostalgique et la new generation qui n'a pas vécu sa révolution.

Ok mais Prophets Of Rage c'est quand même 80% de R.A.T.M, 70% Public Enemy, 20% Cypress Hill. Dans l'ordre c'est : Tom Morello – guitare (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Tim Commerford – basse  (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Brad Wilk – batterrie (Rage Against the Machine et Audioslave) ;DJ Lord – platines (Public Enemy) ; Chuck D – chant (Public Enemy) ; B-Real – chant (Cypress Hill).

Il faut reconnaître que sur l'affiche ça a de la gueule et que tout cela part d'une très bonne intention, revenir fouetter le sang impur pour qu'il remonte des limbes du siècle dernier et faire tamponner de 7 à 77 ans la fibre contestataire, félicitations. Les riffs sont là, le beat est là, les lyrics sont là. Les gars ne font pas la politique de l'Autruche, ni du populisme, et rien que ça c'est déjà énOrme. Le hic c'est le message apporté avec l'ambivalence de moyen provenant à la solde du grand capital, comme disent les rouges. Si tu te demandes la légitimité d'une telle entreprise ? C'est que tu votes à droite. Si tu te demandes l'intégrité de cette lutte ? C'est que tu votes à gauche.

Surtout que depuis le temps, les formes de lutte de la génération 2.0 ne sont pas du tout les mêmes que celle de la génération X, ni même la façon d'en proclamer la teneur (du rock au rap), tout comme les moyens de communication diffèrent, on en arrive à conclure que le rap a absorbé le rock, pour ne pas dire englouti de partout.

« Quand le rock sera mort, le monde entier explosera. Il a déjà tellement perdu son essence, il a tellement été plagié qu'il survit à peine, aujourd'hui. Ça me dégoûte. Les jeunes n'ont plus le même intérêt pour le rock que les générations précédentes. C'est devenu une revendication à la mode et une identité qu'ils utilisent pour baiser et avoir une vie sociale. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que la musique les intéresse. Ils choisiront des sons et des tonalités dans une machine de réalité virtuelle. Ils les écouteront, ressentiront les mêmes choses et... ils iront faire la fête. Cette machine sera munie d'écouteurs, on pourra discuter en écoutant de la musique virtuelle, on pourra baiser, boire... Cette machine permettra de planer. La technologie aura tellement évolué. Il y aura aussi des junkies virtuels qu'on retrouvera sur leur canapé, morts d'une overdose » dixit feu Kurt Cobain.

Ainsi parlait Zarathoustra, Madame Soleil et Jacques Séguéla en même temps quand ils pointaient au PMU leur grille du quinté plus après l’apéro au pernod-ricard, suze comprise.

Depuis cette tragédie où le rock gerbe ses relents anciens dans le caniveau tel un SDF, les altermondialistes RATM sont morts sur les barricades de leur lutte intestine, la troupe Public Enemy est devenue sentinelle face à un monde vendu au ganstarap, lequel se fait les couilles en or en tirant des punchlines à balles réelles sur la jeunesse crétine. Donc tous ceux qui attendent un reboot de Ratm c'est rappé, ici le spirit est funky, avec une désobéissance funky à la Arlette Laguiller.


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Leur mouvement social c'est le rock fusion, une espèce de Prince Cool J VS Led Zep aka Urban Dance Sabbath VS Public Funkadelic Purple. Pour les lyrics c’est du Martin Luther Chomsky Moore dans le texte...Et ce super groupe a vu le jour depuis l'élection de Donald Duck Trump Moumoute 1er de l’an UN, puisque Jésus est moins célèbre que les tweets de Donald désormais.

Au Hellfest 2017 le groupe a tout de même changé les gens en torche humaine, je sais j’y étais, donc plus besoin de kamikaze, plus besoin de pétrole, plus besoin de voyante, de dieu, il ne faut que des riffs maousse costaud, un beat ultime et Unfuck The World ! On peut se souvenir à cet effet du Indignez-vous ! qui était un essai de Stéphane Hessel publié en 2010, il défendait l'idée à 93 ans selon laquelle l'indignation est le ferment de l'« esprit de résistance ».

Alors est ce que Prophets Of Rage va réussir à faire émerger un mouvement musical ? Contestataire au point de va faire un sit-in sur les restes d'occupy Wall Street ? Faire la révolution du muguet ? Du jasmin en mai prochain en balançant des caramels mous, des autocollants just do it ? Nul ne le sait, ce qui est certain c'est que les marcheurs de la république en marche font aujourd'hui marche arrière, que Donald ne Trump plus son monde, et qu'en live les gaziers de Prphets Of Rage foutent le feu avec des titres façonnés pour faire émerger une indignation rageuse. De la sorte que langue de bois et langue de pute ne pourront désunir ces vieux gars du siècle dernier venir tendre le bras avec le poing fermé sous les feux de la rampe.

« Tout ce qui se fait dans l'ombre ne vaut rien. Ce pourvoir mystérieux doit répandre la lumière jusqu'au creux de l'obscurité. Alors il n'y aura plus la brutalité du maître, ni la perfidie de l'esclave. » Louise Michel




jeudi, octobre 19 2017

BODY COUNT – Bloodlust


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La machine est lancée et sa densité de pénétration sur les nouvelles générations risquent de provoquer une explosibilité indéniable.

Un monde qui bascule dans la ségrégation raciale, dans les inégalés des richesses, dans le clivage religieuse, le repli communautaire, il n'en fallait pas plus pour que le Bodycount se réveille et revienne de son sommeil, non pas comme une ombre, mais comme une réelle et fondatrice sédition unanime et frontale.

En 2014 le groupe lance pour son retour l'album Manslaughter, il excite et aiguise la révolte, Bloolust enfonce le clou 90's du riff métAl-HxCore d'Ernie-C motherfuckerrrrrrrrrr, et des lyrics déversant sa vindicte véritable avec la signature du grand Ice T en MC bastard. Le son est juste dopé comme un bodybuilder, la rythmique est un tonnerre tonitruant et menaçant, l'ensemble est une agression sonique pour une vendetta en bonne et due forme de Vigilante.

Désormais l'engrais fertile contemporain fertilise le champ de haine généralisée et prend racine, avec lui spoliation, aggravation, crispation, répulsion, consternation, perdition, agression... Cette matière première irascible apporte au groupe Body Count la matière première pour poser atmosphère insalubre et lourde de tension extrême comme des violences urbaines, un groOve manifeste, une accumulation de paroles agitatrices de colère et de mépris. Le justicier social Body Count est insoumis et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française et de sa propre construction, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre. Tout comme le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, son Bloodlust est en une inspiration  : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Bien entendu il s'agit ici de musique, le Ice T est formaté à la société du spectacle, il sait comment distiller sa propagande mercantile. Entre Cette machine tue les fascistes la citation figurant sur la guitare de Woody Guthrie en 1941 et le spectacle qu'engendre les engagements politiques et humanitaires de Jean Bono de U2 à la TV (moins son retournement de veste spectaculaire quand son groupe a transféré aux Pays-Bas le siège de la société U2 Limited pour moins payer d'impôts en Irlande.) il y a tout un monde, une époque, et une vision différente. Où est la supercherie ? Qui est sincère (et pendant combien de temps) ?

La frontière est mince, illusoire, mais pour le cas de Body Count, la couleur de peau fait office de vérité, sa liberté de parole est fondamentale. On ne peut lui donner tord, tant elle tord le cou en filant des courbatures, surtout au...


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Pour cet opus, il y a une cover/medley « Raining In Blood / Post Mortem » de Slayer, histoire de rendre compte de l'historique de Bodycount, et de cette scission de leur spirit & sound entre Suicidal Tendencies – Public Enemy – Slayer.

Spécial Guest on n'est pas en reste avec le chant de Max Cavalera sur « Black Hoodie », Randy Blythe (Lamb Of God) sur « Walk With Me… » et un solo heavy de Dave Mustaine (Megadeth) pour Civil War.


mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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lundi, septembre 18 2017

CRADLE OF FILTH - Cryptoriana - The Seductiveness Of Decay


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Je vous aurai prévenu : Défiez-vous des ensorcellements et des attraits diaboliques si vous en avez la grâce, sinon, c'est le gouffre et les cris démoniaques de Dani Filth qui vous attendent.

Ainsi soit-il !!

Même après toutes ces années, le crématorium du groupe brûle toujours de mille feux, soupesant le poids de la mort à chaque titre, en procédant à une inhumation musicale. Le traitement sonore est toujours aussi singulier, il reflète cette vénération pour le macabre, le surnaturel et l'élégance gothique.

Mouahahahahahahah !

Aristocrate de la musique extrême, tissant dans une discographie arachnéenne tout en dentelle, cette chaleur intérieure indispensable à offrir le mystère du cauchemar, Dani ( l'illustre grand maître de ces lieux remplis de succubes ) est le dernier immortel dans cet art sublime qui semble nous annoncer que la terre est une tombe. Il a œuvré sans cesse pour bâtir des ornementations musicales brillantes, sans jamais n'ayant à subir une fâcheuse altération des chefs-d’œuvre du passé. De la sorte que son art ne peut rendre le public indifférent à ses qualités plus hautes, plus sérieuses et plus variées, pour lesquelles on ne pourrait juger l’ensemble comme d'un décorum excessif.

Ces créations fantastiques excitent dans leur prestige immense une détresse mélancolique, dévoilant une ornementation tant littéraire que poétique, tant cinématographique que picturale. Ce groupe va téter "Le lait des tendresses humaines" de William Shakespeare dans Macbeth, pour le cracher avec mépris comme venin assourdissant à sa misanthropie.

Ce nouvel album est profondément imprégné d’horreur gothique victorienne, et par un sentimentalisme larmoyant, digne d'un poète de cette ère, ivre de sang. Le groupe réussit à filouter son art parodique jusqu'à étreindre avec envoûtement. Il y a dans cet album une lumière saisissante, c'est celle du soir qui tombe, comme une enclume, rembourre le ciel de nuages sombres et de foudres éclatantes. Cradle Of Filth chante le crépuscule avec la piété grandiloquente que la seule nuit réserve aux ténèbres.  

Ce qui caractérise cet opus c’est une fervente sensibilité, une grande prodigalité d’images, la vigueur et la beauté du style, l’adresse de la versification, le talent d'édifier une cathédrale sonique par des changements de rythme, et apporter à cette fanfare impériale, de fumer nos oreilles à toute pacifique harmonie voluptueuse, afin de caresser avec un fouet.

Dans cette ère contemporaine capable de « Réduire le langage pour réduire la pensée » que George Orwell a décrit dans son livre « 1984 », nous faisons face à ce glorieux phénomène de l'affaissement culturel par l’abus des images matérielles, par l’énergie triviale du langage, par le mépris de toute grâce et de tout raffinement, à un niveau des plus incultes.

Les Anglais de COF rehaussent le niveau. L'incontestable talent du groupe est d'évoquer des fantômes culturels, prêtant à l’éclat mortuaire du mouvement de la vie, et avec cette force illusoire dans la splendeur qui s'éteint, comme celle d’un rêve aux premiers rayons du jour.

L'on pourrait dire de cet album de Cradle Of Filth la même chose que la poétesse de l'ère Victorienne Elizabeth Barrett Browning nous adressa : «  J'aime donc cette noble France, ce poète entre toutes les nations, qui rêve et gémit à jamais, tandis que la maison tombe en ruines, poursuivant quelque bien idéal. Utopies héroïques ! ».

Si vous ne voyez que ce que vos yeux veulent bien voir, écoutez donc le craquement terrible du nouvel opus des britanniques, ainsi vous aurez les yeux ouverts toute la nuit de par son emprise dark.


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mardi, juillet 18 2017

OKKULTOKRATI – Raspberry Dawn


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Elvis White Zombie faisant de l'aquaponeys dans la rivière de lave des géhennes, cela vous branche comme trip ?

Et bien ce norvégien offre cette subtilité musicale avec la vigueur rock'n'roll de l'enfer en guise de saveur en bouche. C'est comme si on avait laissé ce gars dans le cercueil de Screamin Jay Hawkins en hibernation pendant la période glaciaire de l'hiver polaire, avec les psalmodies de chaman voodoo pour accompagner tous ses nombreux et surpuissants cauchemars. Une fois sortie on lui avait légué l'église de Satan pour qu'il prêche l'espoir maléfique en égorgeant le plus de brebis égarées.

Okkultokrati réalise un mélange d'Electric Frankenstein sous Darkthrone et la suie rock'n'roll sur de la neige black cela permet de faire de la magie noire avec de la poudre blanche. Amen !

Dans ses chevauchées fantastiques, le viking se permet d’introduire des éléments darkwave pour épaisseur la noirceur électronica de son invasion épique. Ceci apporte un réel plus à l’ambiance virile et singulière, pour ne pas dire autarcique. M’enfin ce petit côté dark altère aussi sa virilité par des caresses de synthétiseur, et une voix féminine vient à cet effet supplanter le vice masochiste avec la réverbération sonore des 80’s.

L'ensemble génère un côté foutraque et dansant qui éclot dans cet espace punkoïde des plus primitif, et laisse l’impureté mad-maxienne de fin du monde en bouche.

A cheval sur son dadaïsme musical, Okkultokrati le viking surjoue le Velvet Underground à coup de Suicide électro Alan Veganesque, et de crasse black darkwave, ce qui en fait un foutu canasson pour un disque qui swingue ! !


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jeudi, juillet 6 2017

Colour Haze – In Her Garden


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« In her Garden » est le 13ème opus de Colour Haze, groupe de stoner psyché allemand à la prestidigitation lunaire et à l'obscurité lumineuse.

Colour Haze forme ce triangle équilatéral propre au formation culte tel que Cream, The Jimi Hendrix Experience, Grand Funk Railroad, dans lequel il anoblit un heavy rock psychédélique aux influences distinctes comme allant de Led Zeppelin / Jimi Hendrix / Black Sabbath / Kyuss / Moving Targets / Cream / The Who / The Beatles / Frank Zappa / NoMeansNo / King Crimson / Humble Pie / Rolling Stones / Mudhoney / Monster magnet / Grand Funk / Calexico / Steve Cropper / Godspeed You Black Emperor / Mountain / MC 5 / Traffic / Santana / The Obsessed.

Le groupe reprend peu ou proue là où il avait les choses planer. On en retrouve la délicatesse feutrée, le botanisme musical, l'ode hippie, et une saveur Led Zeppelinesque assez hors d'age certes, mais dont les différents apesanteurs souterraines prennent leur envol intemporel dans une époque contemporaine qui recycle le vintage.

Les titres sont longs, il faut s'acclimater à cette torpeur de transe, à ce heavy blues, à ce stoner psychédélique brûlant, fiévreux, cachant dans l’interstice de son venin les atours inquiétants du sombre.

Colour Haze possède un groOve singulier, une distanciation musicale, et un sens de la rêverie bien réel. Capable de faire intervenir des cuivres pour légiférer à l'audace de son songe sonore les qualités ésotériques qui permettent de planer.

Oui Colour Haze est un groupe de doux méditatifs, aimant faire tonitruer des riffs lourds, faire s'envoler des mélodies dans les nuages et sacraliser l'ode éperdue à la passion sonique.

« In The Garden » est riche d'une flore musicale dont le terreau ancien ne fait qu’embellir la rose et ses épines.


dimanche, juin 25 2017

OBITUARY - Obituary


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Pour son album éponyme Obituary fête son 10 album studio pour 30 ans de carrière. Forcément on apprécie grandement de remuer encore et toujours ses mains dans les tripes Obituaresques, avec une frénésie qu’accordent les titres à l’influence mortelle.

Le fossoyeur de Floride est donc revenu de l’ombre de la mort avec de quoi remplir les enfers pour notre plus grand plaisir.

Un bon album de deAth se doit de faire gicler de l’hémoglobine de riffs jusqu’au plafond et de faire suppurer du pue par tous les pores soniques. Obituary a réussi haut la main à en foutre partout, avec cette saveur inégalable de joindre des pics de nervosité et de lourdeur, de vomir les viscères du style en une apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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Pour soulever les cœurs, il est a noté un côté thrashy dans la forme de certain titre qui permet au fond de remuer la mélasse, et de faire remonter à la surface une indéniable vigueur. On ne va pas tergiverser mais la nostalgie joue énormément dans ce nouvel opus, que les Floridiens exécutent en un florilège d’accomplissement.

Le groupe répartit avec brio la sève grandiloquente de son imposante singularité. On en retrouve le relent, et le fumet qui recouvre les cadavres. Obituary a toujours su manier ses effets de style, ses breaks rythmiques, ses solos saillants, son chant guttural, et un son unique, lourd, profond, venimeux, incandescent, en un mot jouissif.

À chaque titre on baigne dans une immondice de réjouissance deathalique que le groupe honore, en glorifie l’appel d’outre-tombe.On ingurgite la correction avec sadomasochisme, bienheureux une fois encore d’être toujours à ce point soumis à la terrassante envergure sonique d’Obituary, et à son apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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dimanche, mai 14 2017

THE OBSESSED – Sacred


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Ahhhhhhhhh sacré Wino ! Sérieux qui eut cru possible qu'un jour le bonhomme allait battre le fer chaud de The Obsessed ? Parce que The Obsessed est le groupe par excellence de heAvy-Röck ou de Stoner-doOom c'est selon votre age.

Wino je ne vous fait pas l'affront de présenter le gazier, c'est un mythe, un dieu de l'Olympe venu de l'Amérique souterraine (Saint Vitus / Spirit Caravan / The Hidden Hand / Shrinebuilder / Premonition 13 ), avec tout ce que cela favorise comme spirit et folie opiacée. Physiquement on dirait un vieux Hells Angels, ou un mage 2.0 détenant le secret de la magie noire et la puissance du feu sacré.

Le premier titre de cet opus « Sodden Jackal » date du premier Ep de 1983, et cette version bénéficie d'un coup de fouet. La suite ? Putain c'est un bon vieux heAvy avec des riffs et des solis du purgatoire. Pendant l'écoute Satan se lustre la barbiche avec du pento, et Wino chasse ses démons. Hyper catchy et tout aussi émotionnel, « Sacred » délivre toutes les saveurs du tréfonds et sublime l'ossature de ses compositions par son mood passéiste et finalement intemporel. Beaucoup de minutie derrière le bloc sonique, chaque titre est une perle, chaque perle aboutie à un album sacré. On en attendait tellement beaucoup qu'il n'est pas rare d'être un point déçu ou désappointé par la ligne de conduite d'un groupe qui revient de l'ombre (20 ans), là on est repu comme des ogres après un repas gargantuesque.

De la classe à l'état brut, un sens inégalable du feeling, une bonne vibration hypnotique, un putain de tremblement souterrain doom, une impétuosité punk, les titres sont puissants. De plus on rajoute à cela la cover de  « It's Only Money » de Thin Lizzy, et « Crossroader » de Mountain placée en titre bonus.

Grâce à The Obsessed le heavy rock renaît de ses cendres, celui qui est né dans le culte heavy de Black Sabbath, Blue Öyster Cult,  Motörhead et du punk de Zappa à The Stooges, il devient un totem que l'on peut nommer « Sacred ».


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mardi, avril 18 2017

ASPHYX – Incoming Death


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Okay ce groupe pratique un genre de musique en corrélation avec les cimetières, la dégradation tissulaire, le pessimisme, l'hypocondrie, neurasthénie, sinistrose, toute une gamme de tracas morose dont la gaieté en est l'antonyme par excellence. Mais il est en outre reconnu comme étant un ambassadeur- fossoyeur en terre noire du Death MétOl dark.

Ainsi en quelques minutes de pelleté musicale de ce « Incoming Death » vous voilà déjà sous-terre, reposant dans la paix funéraire de cette ode à l'épilogue. Parce qu’Asphyx célèbre le death Obituasresque avec la saveur du terrassier qui vient d’ouvrir une excavation toute fraîche.

Pour cet opus, le combo n’aura de cesse de concasser vos os dans leur inhumation mélodique, dans leur funérarium rythmique, avec chant macabre et toute la gamme mortuaire qu’il convient d’adjoindre conformément pour ce genre de cérémonial festif.

Généralement on se fait toute une histoire macabre autour du death, en plus d’un hypothétique mauvais sort maléfique, mais en fait, mais ouaieeeee on est bien au milieu des pierres tombales. Tranquille, paisible, faisant face et corps à la mélancolie deathalique qui coule au goutte à goutte dans vos veines, puis s'échappe jusqu’à corrompre vos pensées vers cette obscurité noires et bilieuses un soir où le crachin de votre existence vous demande : A quoi bon tout ça ?

De la sorte que vos pensées deviennent aussi froides que votre corps, lequel, souillé par cette vénéneuse attraction vers le délice mortuaire se détache de votre âme...

...Et quand le disque s'éteint ? Vous revoilà revenu des limbes, fiévreux d'affliction, avec vos yeux brillants de stupéfaction de voir la silhouette de la faucheuse en porte-jarretelle qui scintille de par son maléfice, et toute l'angoisse grandissante de toucher du bout doigt la porte qui mène au...GASP !


lundi, avril 10 2017

PRIMAL AGE - A Silent Wound


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Primal age est un quintette qui en 2015 a fêté ses 20 piges, il a partagé la scène avec en autre Kickback, Drowning, Right for life, Stormcore, Napalm Death, Converge, All Out War, Length of Time, Nostromo, Turmoil, Caliban, Indecision, Drowning, 25 Ta Life de Madball, Maroon, Earth, Crisis, Aborted, Benighted, Walls of Jericho, Born From Pain, Black Bomb A, etc...Joué dans des festivales tel que le Sonisphere, Paris Extreme Fest. Crazy Fest, Riip Fest, Fest’In‘Montd et au Why Not Fest, etc...sillonné l'Europe, tournée au Japon, au Brésil, bref les gars ne sont pas des novices.

Cet EP 4 titres aborde de façon frontale leur métAl HxC qui a chaudement fait ses preuves sur scène, intitulé "A Silent Wound" sur le label français Deadlight Entertainment (Oracles, Cowards , Witchthroat Serpent), enregistré et mixé au Freaky Dog Studio par Thomas Tibéri, puis masterisé par Chris "Zeuss" Harris (Rob Zombie, Hatebreed, Municipal Waste) . Il y a quelques invités tels que Julien Truchan (Benighted), Felipe Chehuhan (Confronto) & Koba (Loyal To The Grave) pour partager dans cette passion sonique les échanges explosifs.

Primal Age déclame depuis le siècle dernier avec rage en faisant crépiter les breaks, oscillant de tension et de contraste pour échauder un Hardcore véloce, densifié par des touches thrashy. Sur le titre « A Silent Wound » il n’oublie rien de ce qui a été, et adjoint dans cette blessure silencieuse de dédier son témoignage pour le titre éponyme du E.p à Mika « Bleu», un ami du groupe et ex-manager du label Customcore sur lequel était sorti l'album "A Hell Romance". Le groupe signe aussi un hommage à Mr Hanneman de Slayer dans lequel un pot pourri de riffs du grand Jeff illustre à merveille le background de Primal Age.

À L'age primaire où sommeille les consciences endolories par une sur-consommation de masse et aux abus/rebus réactionnaires, Primal Age poursuit de bousculer autour des thèmes de ses convictions, avec la cause animale, le végétarisme, l'écologie, etc...Avec la loyauté du HxC, la sauvagerie du métAl, sans faire de compromis à la vigueur initiale qui est la sienne depuis 1993, pour rentrer dans le lard en composant une musique qui affectionne la castagne.

Etttttttttttttt je peux vous assurer que si vous l'aimez saignante la castagne sonique, ettttttttttttttttt bien vous serez servi avec « A Silent Wound ».




dimanche, février 19 2017

THE BLACK ZOMBIE PROCESSION – IV : Heca-tomb


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Alors que certains se posent la sempiternelle question de savoir si l’on peut rire de tout, d’autres plus affranchis se vautrent dans les viscères avec la joie non contenu du cochon pataugeant dans la fange la plus excrémenteuse.

BZP vient de signer son œuvre la plus perverse, suppurant d’un pue sanguinolent à l’audace inventive la plus jouissive qu’il soit, pour des siècles et des siècles !


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Animés par une curiosité insatiable pour la sous-culture, les gaziers de BZP possèdent une érudition aussi importante que la passion outrecuidante qui en anime l’essor. Preuve si il en est de leur discographie imposant son hétérogénéité avec différents groupes et styles musicaux, leurs fanzines, podcast, etc…Ils ont poussé le vice jusqu’à y consacrer leur vie toute entière. Ce sont des créateurs pur-jus au même titre que Von Frankenstein, et des pur-sang Draculien mais façon cannibale.


La créativité demeure l’art culturel qui repousse les limites de l’impossible, et impulse à l’inhibition de s’ouvrir comme le boucher éventre un petit bovin tout mimi tout plein. Pour cela BZP a ébahi un six titres turgescent d’hémoglobine, il est lourd, dur, rapide, saillant, et le groupe a eu la morbidité joviale de fournir une histoire immorale qui accompagne l’album dans le carnage, écrite par Zaroff, un auteur de la série Trash éditions, dont la pestilence prose recouvre avec aisance des charniers entiers de barbaque humaine. Je ne spolierais rien sur le récit édité par Zone 52, juste que la collaboration entre l'écrivain et le groupe est aussi étroite qu’une vierge, et aussi profonde qu’une hardeuse qui vient de prendre des bites colossales dans tous les trous disponibles. Le livre est une commande et défini les influences du groupe, en cristallise l'esprit décadent, tout comme le mood et l'épaisseur horrifique.


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Ne vous y trompez pas, BZP fait dans le splatter-gore sonique, sa putréfaction musicale est aussi violente que burlesque. On saigne des oreilles dans cet amas de cruauté en même temps que sa démesure est divertissante. Tout est fait en XXL, la brutalité est barbare, la rage est un courroux au bras vengeur, la puissance de feu est en excès sur tous les fronts, la frénésie est un déchaînement de bestialité, et chaque assaut est d’une férocité malveillante.

Heca-tomb est une infection musicale capable d’une altération de l’esprit tant l’ébranlement subi est à la hauteur de l’ensevelissement ressenti. Alors ferez-vous partie de ces indignés qui accuseront cette masse d’agressivité de verser de la lave dans le brasier de la dégénérescence ? Ou bien alors de ceux qui vont savourer cette putréfaction culturelle ébranler toute leur carcasse ?


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Je l'ai déjà dit mais The Black Zombie Procession est un putain de groupe crossover par excellence !

Leur crossover est l’aboutissement digestif de la somme culturelle ingurgitée par les membres qui composent le groupe. Le malin plaisir pour eux c'est de créer des ponts entre tous les éléments culturels, et que tout s’imbrique, s'unifie dans une révolution qui tourneboule la tête tellement c'est vaste, mouvant, fluctuant, et vivifiant.

Vous voulez jouer avec eux ? Avec cet album, devinez à qui ils tendent des clins d’œil, de qui ils s’inspirent, avec qui ils parlent à l’envers pour invoquer les esprits maléfiques, etc…Pour les réponses vous pouvez écouter l'épisode #62 du podcast Now it's Dark qui revient avec des commentaires sirupeux sur ce mini album, le roman, les influences et tout le processus de création.

Vraiment passionnant et attractif c'est un bonus de fanboys que le groupe en réitère la formule, puisqu’il avait fait de même avec leur précédent album « Vol. III : The Joys of Being Black at Heart  » sur DVD en sus de l'album.


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Ici les lyrics doivent autant à Cannibal Corpse qu’à Unsane, qu’à la série littéraire Gore la plus craspec qu'aux œuvres de la Hammer et à celle grand-guignolesque de la cinéphilie populaire. Le chant d’Elie regorge de cette putridité horrifique précipitant un taux de vilenie absolument propre à la violence graphique de la pochette, dessiné par Andrei Bouzikov (Toxic Holocaust, Ghoul, Skeleton Witch, etc.) et Paskal Millet (The Meteors) pour l'illustration du livret intérieur.

Ce disque est conçu pour les vrais fans de musique.

Les riffs de Nasty Samy dégorgent du thrash et du HxC directement de la tronçonneuse à Leatherface, de la manchette à Jason, du couteau de Maniac Cop, mais oui, tous ont pris possession du guitariste, pas un seul boogeyman ne sera écarté de cette mission destructrice. La section rythmique n’est pas en reste, elle abreuve sa violence pure dans une aliénation de tapage nocturne pour que vous ne puissiez plus fermer les yeux de la nuit. C'est-à-dire que la basse ferraille de l’acier qu’elle transforme en bombe à napalm, pendant que la batterie propulse des obus à un rythme très soutenu.

Et vous pensez encore y survivre ?


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Pénétrer dans l’orifice du splatter-gore requiert une pugnacité tenace pour affronter une innommable dépravation. Ça pue, ça couine, ça suppure et ça larde du viscère lourd et sanguinolent. La déviation sonique en corrélation avec la perversion littéraire trouvent ici un épanouissement à sa mesure, à sa démesure.

L’œuvre la plus immature est en fait la plus réfléchie et spontanée du groupe, celle qui a demandée d’ajourer par différentes strates musicales pour une écoute brute et brutale, accessible et intraitable, évidente et anormale, lumineuse et sombre, divertissante et dangereuse, lucide et douteuse, obscure et singulière.

Cet aspect trashy vous pousse à des sensations animales et intuitives, et carrément au régressif.


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La version LP est proposée par Les Productions Impossible Rds, le pack (CD+Roman) est fortement conseillé et est disponible sur le site Nasty Merch.

* En concert :

22 février : BESANCON (LES PDZ) + Cadaveric Allegiance

23 février : NANCY (LA MACHINE) + Whales At The Crossroads + Sick but not dead

24 février : STRASBOURG (LA MAISON BLEUE) + Mercyless 

25 février : HERICOURT (LE CATERING CAFE) + White Butchery + The Hateful Three

27 février : PARIS (GLAZART) + Doyle (ex Misfits)


Est-ce que Bzp a poussé l’avilissement à saturation ?

Point du tout, par contre il a fait preuve d’une audace dans l’immondice cul-turel en proposant non pas la 3D, mais les 3B qui font écarquiller les yeux (Beast, Blood, Boob), et surtout avec l’obscénité bravache de savourer sa souillure discographique dans le panthéon de son œuvre avec orgueil. Oui il y a de quoi être fier dans toute cette flétrissure artistique de rendre les honneurs passionnels à tous ceux qui ont contaminé ce qui fait corps avec l’esprit de BZP : La liberté épanouissante de raconter la saleté immorale par le biais d’une pure violence assourdissante.


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vendredi, février 17 2017

SUPERJOINT – Caught Up To In The Gears Of Application


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Énième groupuscule de Jimmy Bower & Anselmo sound spirit DöwnPanterabreakdancepoum and The Illegals…etc....

Superjoint est donc le rejeton de Superjoint Ritual dissout en 2004 et recomposé à l’occasion du larron.

Les crocs ferreux qui s’entrechoquent dans ce malstrom sonique outrecuidant ont toujours la capacité de témoigner chez moi la plus ardente passion. Je prends un malin plaisir à entendre le crépitement savoureux des chairs musicales en flammes, à un point tel que ceci est quelque chose de totalement attrayant.

Superjoint est un groupe bicéphale, à tête chercheuse. Plusieurs membres en délibèrent l’étendu sonique avec comme unique cible la déforestation cérébrale, au point qu’à la fin il ne vous reste plus que les os rachidien. Le groupe terrasse dans les enfers un sludge « stonique » extrudant la matière punk heavy en la faisant dégorger à outrance.

Pour votre information : « Stonique » c’est du stoner tellurique.

Superjoint c’est entre autre, la limaille de Corrosion Of Conformity avec le punk heavy de Venom, la foudre de Slayer avec un Crowbar dans le slipbard, la froideur de Celtic Frost avec l’altérité lunatique de Voivod, la chaleur glaciale de Darkthrone avec l’affranchissement libertaire de Black Flag.

“Caught Up To In The Gears Of Application” est le genre d’opus dont le vase d’expansion intensif déborde en tous sens. Le combo enfonce la violence dans l’aliénation avec une maturité roublarde. C'est-à-dire que le groupe sait très bien manipuler ses intentions dans le but de satisfaire, et d’y rassasier ses assouvissements.

Mais là où le groupe est très très fort, c’est qu’il prend un plaisir malin à desquamer ses mélodies poreuses à leur indice le plus brut.


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Le constat final est sans appel : Superjoint fume la tête.


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