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lundi, septembre 18 2017

CRADLE OF FILTH - Cryptoriana - The Seductiveness Of Decay


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Je vous aurai prévenu : Défiez-vous des ensorcellements et des attraits diaboliques si vous en avez la grâce, sinon, c'est le gouffre et les cris démoniaques de Dani Filth qui vous attendent.

Ainsi soit-il !!

Même après toutes ces années, le crématorium du groupe brûle toujours de mille feux, soupesant le poids de la mort à chaque titre, en procédant à une inhumation musicale. Le traitement sonore est toujours aussi singulier, il reflète cette vénération pour le macabre, le surnaturel et l'élégance gothique.

Mouahahahahahahah !

Aristocrate de la musique extrême, tissant dans une discographie arachnéenne tout en dentelle, cette chaleur intérieure indispensable à offrir le mystère du cauchemar, Dani ( l'illustre grand maître de ces lieux remplis de succubes ) est le dernier immortel dans cet art sublime qui semble nous annoncer que la terre est une tombe. Il a œuvré sans cesse pour bâtir des ornementations musicales brillantes, sans jamais n'ayant à subir une fâcheuse altération des chefs-d’œuvre du passé. De la sorte que son art ne peut rendre le public indifférent à ses qualités plus hautes, plus sérieuses et plus variées, pour lesquelles on ne pourrait juger l’ensemble comme d'un décorum excessif.

Ces créations fantastiques excitent dans leur prestige immense une détresse mélancolique, dévoilant une ornementation tant littéraire que poétique, tant cinématographique que picturale. Ce groupe va téter "Le lait des tendresses humaines" de William Shakespeare dans Macbeth, pour le cracher avec mépris comme venin assourdissant à sa misanthropie.

Ce nouvel album est profondément imprégné d’horreur gothique victorienne, et par un sentimentalisme larmoyant, digne d'un poète de cette ère, ivre de sang. Le groupe réussit à filouter son art parodique jusqu'à étreindre avec envoûtement. Il y a dans cet album une lumière saisissante, c'est celle du soir qui tombe, comme une enclume, rembourre le ciel de nuages sombres et de foudres éclatantes. Cradle Of Filth chante le crépuscule avec la piété grandiloquente que la seule nuit réserve aux ténèbres.  

Ce qui caractérise cet opus c’est une fervente sensibilité, une grande prodigalité d’images, la vigueur et la beauté du style, l’adresse de la versification, le talent d'édifier une cathédrale sonique par des changements de rythme, et apporter à cette fanfare impériale, de fumer nos oreilles à toute pacifique harmonie voluptueuse, afin de caresser avec un fouet.

Dans cette ère contemporaine capable de « Réduire le langage pour réduire la pensée » que George Orwell a décrit dans son livre « 1984 », nous faisons face à ce glorieux phénomène de l'affaissement culturel par l’abus des images matérielles, par l’énergie triviale du langage, par le mépris de toute grâce et de tout raffinement, à un niveau des plus incultes.

Les Anglais de COF rehaussent le niveau. L'incontestable talent du groupe est d'évoquer des fantômes culturels, prêtant à l’éclat mortuaire du mouvement de la vie, et avec cette force illusoire dans la splendeur qui s'éteint, comme celle d’un rêve aux premiers rayons du jour.

L'on pourrait dire de cet album de Cradle Of Filth la même chose que la poétesse de l'ère Victorienne Elizabeth Barrett Browning nous adressa : «  J'aime donc cette noble France, ce poète entre toutes les nations, qui rêve et gémit à jamais, tandis que la maison tombe en ruines, poursuivant quelque bien idéal. Utopies héroïques ! ».

Si vous ne voyez que ce que vos yeux veulent bien voir, écoutez donc le craquement terrible du nouvel opus des britanniques, ainsi vous aurez les yeux ouverts toute la nuit de par son emprise dark.


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mardi, juillet 18 2017

OKKULTOKRATI – Raspberry Dawn


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Elvis White Zombie faisant de l'aquaponeys dans la rivière de lave des géhennes, cela vous branche comme trip ?

Et bien ce norvégien offre cette subtilité musicale avec la vigueur rock'n'roll de l'enfer en guise de saveur en bouche. C'est comme si on avait laissé ce gars dans le cercueil de Screamin Jay Hawkins en hibernation pendant la période glaciaire de l'hiver polaire, avec les psalmodies de chaman voodoo pour accompagner tous ses nombreux et surpuissants cauchemars. Une fois sortie on lui avait légué l'église de Satan pour qu'il prêche l'espoir maléfique en égorgeant le plus de brebis égarées.

Okkultokrati réalise un mélange d'Electric Frankenstein sous Darkthrone et la suie rock'n'roll sur de la neige black cela permet de faire de la magie noire avec de la poudre blanche. Amen !

Dans ses chevauchées fantastiques, le viking se permet d’introduire des éléments darkwave pour épaisseur la noirceur électronica de son invasion épique. Ceci apporte un réel plus à l’ambiance virile et singulière, pour ne pas dire autarcique. M’enfin ce petit côté dark altère aussi sa virilité par des caresses de synthétiseur, et une voix féminine vient à cet effet supplanter le vice masochiste avec la réverbération sonore des 80’s.

L'ensemble génère un côté foutraque et dansant qui éclot dans cet espace punkoïde des plus primitif, et laisse l’impureté mad-maxienne de fin du monde en bouche.

A cheval sur son dadaïsme musical, Okkultokrati le viking surjoue le Velvet Underground à coup de Suicide électro Alan Veganesque, et de crasse black darkwave, ce qui en fait un foutu canasson pour un disque qui swingue ! !


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jeudi, juillet 6 2017

Colour Haze – In Her Garden


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« In her Garden » est le 13ème opus de Colour Haze, groupe de stoner psyché allemand à la prestidigitation lunaire et à l'obscurité lumineuse.

Colour Haze forme ce triangle équilatéral propre au formation culte tel que Cream, The Jimi Hendrix Experience, Grand Funk Railroad, dans lequel il anoblit un heavy rock psychédélique aux influences distinctes comme allant de Led Zeppelin / Jimi Hendrix / Black Sabbath / Kyuss / Moving Targets / Cream / The Who / The Beatles / Frank Zappa / NoMeansNo / King Crimson / Humble Pie / Rolling Stones / Mudhoney / Monster magnet / Grand Funk / Calexico / Steve Cropper / Godspeed You Black Emperor / Mountain / MC 5 / Traffic / Santana / The Obsessed.

Le groupe reprend peu ou proue là où il avait les choses planer. On en retrouve la délicatesse feutrée, le botanisme musical, l'ode hippie, et une saveur Led Zeppelinesque assez hors d'age certes, mais dont les différents apesanteurs souterraines prennent leur envol intemporel dans une époque contemporaine qui recycle le vintage.

Les titres sont longs, il faut s'acclimater à cette torpeur de transe, à ce heavy blues, à ce stoner psychédélique brûlant, fiévreux, cachant dans l’interstice de son venin les atours inquiétants du sombre.

Colour Haze possède un groOve singulier, une distanciation musicale, et un sens de la rêverie bien réel. Capable de faire intervenir des cuivres pour légiférer à l'audace de son songe sonore les qualités ésotériques qui permettent de planer.

Oui Colour Haze est un groupe de doux méditatifs, aimant faire tonitruer des riffs lourds, faire s'envoler des mélodies dans les nuages et sacraliser l'ode éperdue à la passion sonique.

« In The Garden » est riche d'une flore musicale dont le terreau ancien ne fait qu’embellir la rose et ses épines.


dimanche, juin 25 2017

OBITUARY - Obituary


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Pour son album éponyme Obituary fête son 10 album studio pour 30 ans de carrière. Forcément on apprécie grandement de remuer encore et toujours ses mains dans les tripes Obituaresques, avec une frénésie qu’accordent les titres à l’influence mortelle.

Le fossoyeur de Floride est donc revenu de l’ombre de la mort avec de quoi remplir les enfers pour notre plus grand plaisir.

Un bon album de deAth se doit de faire gicler de l’hémoglobine de riffs jusqu’au plafond et de faire suppurer du pue par tous les pores soniques. Obituary a réussi haut la main à en foutre partout, avec cette saveur inégalable de joindre des pics de nervosité et de lourdeur, de vomir les viscères du style en une apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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Pour soulever les cœurs, il est a noté un côté thrashy dans la forme de certain titre qui permet au fond de remuer la mélasse, et de faire remonter à la surface une indéniable vigueur. On ne va pas tergiverser mais la nostalgie joue énormément dans ce nouvel opus, que les Floridiens exécutent en un florilège d’accomplissement.

Le groupe répartit avec brio la sève grandiloquente de son imposante singularité. On en retrouve le relent, et le fumet qui recouvre les cadavres. Obituary a toujours su manier ses effets de style, ses breaks rythmiques, ses solos saillants, son chant guttural, et un son unique, lourd, profond, venimeux, incandescent, en un mot jouissif.

À chaque titre on baigne dans une immondice de réjouissance deathalique que le groupe honore, en glorifie l’appel d’outre-tombe.On ingurgite la correction avec sadomasochisme, bienheureux une fois encore d’être toujours à ce point soumis à la terrassante envergure sonique d’Obituary, et à son apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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dimanche, mai 14 2017

THE OBSESSED – Sacred


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Ahhhhhhhhh sacré Wino ! Sérieux qui eut cru possible qu'un jour le bonhomme allait battre le fer chaud de The Obsessed ? Parce que The Obsessed est le groupe par excellence de heAvy-Röck ou de Stoner-doOom c'est selon votre age.

Wino je ne vous fait pas l'affront de présenter le gazier, c'est un mythe, un dieu de l'Olympe venu de l'Amérique souterraine (Saint Vitus / Spirit Caravan / The Hidden Hand / Shrinebuilder / Premonition 13 ), avec tout ce que cela favorise comme spirit et folie opiacée. Physiquement on dirait un vieux Hells Angels, ou un mage 2.0 détenant le secret de la magie noire et la puissance du feu sacré.

Le premier titre de cet opus « Sodden Jackal » date du premier Ep de 1983, et cette version bénéficie d'un coup de fouet. La suite ? Putain c'est un bon vieux heAvy avec des riffs et des solis du purgatoire. Pendant l'écoute Satan se lustre la barbiche avec du pento, et Wino chasse ses démons. Hyper catchy et tout aussi émotionnel, « Sacred » délivre toutes les saveurs du tréfonds et sublime l'ossature de ses compositions par son mood passéiste et finalement intemporel. Beaucoup de minutie derrière le bloc sonique, chaque titre est une perle, chaque perle aboutie à un album sacré. On en attendait tellement beaucoup qu'il n'est pas rare d'être un point déçu ou désappointé par la ligne de conduite d'un groupe qui revient de l'ombre (20 ans), là on est repu comme des ogres après un repas gargantuesque.

De la classe à l'état brut, un sens inégalable du feeling, une bonne vibration hypnotique, un putain de tremblement souterrain doom, une impétuosité punk, les titres sont puissants. De plus on rajoute à cela la cover de  « It's Only Money » de Thin Lizzy, et « Crossroader » de Mountain placée en titre bonus.

Grâce à The Obsessed le heavy rock renaît de ses cendres, celui qui est né dans le culte heavy de Black Sabbath, Blue Öyster Cult,  Motörhead et du punk de Zappa à The Stooges, il devient un totem que l'on peut nommer « Sacred ».


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mardi, avril 18 2017

ASPHYX – Incoming Death


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Okay ce groupe pratique un genre de musique en corrélation avec les cimetières, la dégradation tissulaire, le pessimisme, l'hypocondrie, neurasthénie, sinistrose, toute une gamme de tracas morose dont la gaieté en est l'antonyme par excellence. Mais il est en outre reconnu comme étant un ambassadeur- fossoyeur en terre noire du Death MétOl dark.

Ainsi en quelques minutes de pelleté musicale de ce « Incoming Death » vous voilà déjà sous-terre, reposant dans la paix funéraire de cette ode à l'épilogue. Parce qu’Asphyx célèbre le death Obituasresque avec la saveur du terrassier qui vient d’ouvrir une excavation toute fraîche.

Pour cet opus, le combo n’aura de cesse de concasser vos os dans leur inhumation mélodique, dans leur funérarium rythmique, avec chant macabre et toute la gamme mortuaire qu’il convient d’adjoindre conformément pour ce genre de cérémonial festif.

Généralement on se fait toute une histoire macabre autour du death, en plus d’un hypothétique mauvais sort maléfique, mais en fait, mais ouaieeeee on est bien au milieu des pierres tombales. Tranquille, paisible, faisant face et corps à la mélancolie deathalique qui coule au goutte à goutte dans vos veines, puis s'échappe jusqu’à corrompre vos pensées vers cette obscurité noires et bilieuses un soir où le crachin de votre existence vous demande : A quoi bon tout ça ?

De la sorte que vos pensées deviennent aussi froides que votre corps, lequel, souillé par cette vénéneuse attraction vers le délice mortuaire se détache de votre âme...

...Et quand le disque s'éteint ? Vous revoilà revenu des limbes, fiévreux d'affliction, avec vos yeux brillants de stupéfaction de voir la silhouette de la faucheuse en porte-jarretelle qui scintille de par son maléfice, et toute l'angoisse grandissante de toucher du bout doigt la porte qui mène au...GASP !


lundi, avril 10 2017

PRIMAL AGE - A Silent Wound


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Primal age est un quintette qui en 2015 a fêté ses 20 piges, il a partagé la scène avec en autre Kickback, Drowning, Right for life, Stormcore, Napalm Death, Converge, All Out War, Length of Time, Nostromo, Turmoil, Caliban, Indecision, Drowning, 25 Ta Life de Madball, Maroon, Earth, Crisis, Aborted, Benighted, Walls of Jericho, Born From Pain, Black Bomb A, etc...Joué dans des festivales tel que le Sonisphere, Paris Extreme Fest. Crazy Fest, Riip Fest, Fest’In‘Montd et au Why Not Fest, etc...sillonné l'Europe, tournée au Japon, au Brésil, bref les gars ne sont pas des novices.

Cet EP 4 titres aborde de façon frontale leur métAl HxC qui a chaudement fait ses preuves sur scène, intitulé "A Silent Wound" sur le label français Deadlight Entertainment (Oracles, Cowards , Witchthroat Serpent), enregistré et mixé au Freaky Dog Studio par Thomas Tibéri, puis masterisé par Chris "Zeuss" Harris (Rob Zombie, Hatebreed, Municipal Waste) . Il y a quelques invités tels que Julien Truchan (Benighted), Felipe Chehuhan (Confronto) & Koba (Loyal To The Grave) pour partager dans cette passion sonique les échanges explosifs.

Primal Age déclame depuis le siècle dernier avec rage en faisant crépiter les breaks, oscillant de tension et de contraste pour échauder un Hardcore véloce, densifié par des touches thrashy. Sur le titre « A Silent Wound » il n’oublie rien de ce qui a été, et adjoint dans cette blessure silencieuse de dédier son témoignage pour le titre éponyme du E.p à Mika « Bleu», un ami du groupe et ex-manager du label Customcore sur lequel était sorti l'album "A Hell Romance". Le groupe signe aussi un hommage à Mr Hanneman de Slayer dans lequel un pot pourri de riffs du grand Jeff illustre à merveille le background de Primal Age.

À L'age primaire où sommeille les consciences endolories par une sur-consommation de masse et aux abus/rebus réactionnaires, Primal Age poursuit de bousculer autour des thèmes de ses convictions, avec la cause animale, le végétarisme, l'écologie, etc...Avec la loyauté du HxC, la sauvagerie du métAl, sans faire de compromis à la vigueur initiale qui est la sienne depuis 1993, pour rentrer dans le lard en composant une musique qui affectionne la castagne.

Etttttttttttttt je peux vous assurer que si vous l'aimez saignante la castagne sonique, ettttttttttttttttt bien vous serez servi avec « A Silent Wound ».




dimanche, février 19 2017

THE BLACK ZOMBIE PROCESSION – IV : Heca-tomb


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Alors que certains se posent la sempiternelle question de savoir si l’on peut rire de tout, d’autres plus affranchis se vautrent dans les viscères avec la joie non contenu du cochon pataugeant dans la fange la plus excrémenteuse.

BZP vient de signer son œuvre la plus perverse, suppurant d’un pue sanguinolent à l’audace inventive la plus jouissive qu’il soit, pour des siècles et des siècles !


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Animés par une curiosité insatiable pour la sous-culture, les gaziers de BZP possèdent une érudition aussi importante que la passion outrecuidante qui en anime l’essor. Preuve si il en est de leur discographie imposant son hétérogénéité avec différents groupes et styles musicaux, leurs fanzines, podcast, etc…Ils ont poussé le vice jusqu’à y consacrer leur vie toute entière. Ce sont des créateurs pur-jus au même titre que Von Frankenstein, et des pur-sang Draculien mais façon cannibale.


La créativité demeure l’art culturel qui repousse les limites de l’impossible, et impulse à l’inhibition de s’ouvrir comme le boucher éventre un petit bovin tout mimi tout plein. Pour cela BZP a ébahi un six titres turgescent d’hémoglobine, il est lourd, dur, rapide, saillant, et le groupe a eu la morbidité joviale de fournir une histoire immorale qui accompagne l’album dans le carnage, écrite par Zaroff, un auteur de la série Trash éditions, dont la pestilence prose recouvre avec aisance des charniers entiers de barbaque humaine. Je ne spolierais rien sur le récit édité par Zone 52, juste que la collaboration entre l'écrivain et le groupe est aussi étroite qu’une vierge, et aussi profonde qu’une hardeuse qui vient de prendre des bites colossales dans tous les trous disponibles. Le livre est une commande et défini les influences du groupe, en cristallise l'esprit décadent, tout comme le mood et l'épaisseur horrifique.


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Ne vous y trompez pas, BZP fait dans le splatter-gore sonique, sa putréfaction musicale est aussi violente que burlesque. On saigne des oreilles dans cet amas de cruauté en même temps que sa démesure est divertissante. Tout est fait en XXL, la brutalité est barbare, la rage est un courroux au bras vengeur, la puissance de feu est en excès sur tous les fronts, la frénésie est un déchaînement de bestialité, et chaque assaut est d’une férocité malveillante.

Heca-tomb est une infection musicale capable d’une altération de l’esprit tant l’ébranlement subi est à la hauteur de l’ensevelissement ressenti. Alors ferez-vous partie de ces indignés qui accuseront cette masse d’agressivité de verser de la lave dans le brasier de la dégénérescence ? Ou bien alors de ceux qui vont savourer cette putréfaction culturelle ébranler toute leur carcasse ?


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Je l'ai déjà dit mais The Black Zombie Procession est un putain de groupe crossover par excellence !

Leur crossover est l’aboutissement digestif de la somme culturelle ingurgitée par les membres qui composent le groupe. Le malin plaisir pour eux c'est de créer des ponts entre tous les éléments culturels, et que tout s’imbrique, s'unifie dans une révolution qui tourneboule la tête tellement c'est vaste, mouvant, fluctuant, et vivifiant.

Vous voulez jouer avec eux ? Avec cet album, devinez à qui ils tendent des clins d’œil, de qui ils s’inspirent, avec qui ils parlent à l’envers pour invoquer les esprits maléfiques, etc…Pour les réponses vous pouvez écouter l'épisode #62 du podcast Now it's Dark qui revient avec des commentaires sirupeux sur ce mini album, le roman, les influences et tout le processus de création.

Vraiment passionnant et attractif c'est un bonus de fanboys que le groupe en réitère la formule, puisqu’il avait fait de même avec leur précédent album « Vol. III : The Joys of Being Black at Heart  » sur DVD en sus de l'album.


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Ici les lyrics doivent autant à Cannibal Corpse qu’à Unsane, qu’à la série littéraire Gore la plus craspec qu'aux œuvres de la Hammer et à celle grand-guignolesque de la cinéphilie populaire. Le chant d’Elie regorge de cette putridité horrifique précipitant un taux de vilenie absolument propre à la violence graphique de la pochette, dessiné par Andrei Bouzikov (Toxic Holocaust, Ghoul, Skeleton Witch, etc.) et Paskal Millet (The Meteors) pour l'illustration du livret intérieur.

Ce disque est conçu pour les vrais fans de musique.

Les riffs de Nasty Samy dégorgent du thrash et du HxC directement de la tronçonneuse à Leatherface, de la manchette à Jason, du couteau de Maniac Cop, mais oui, tous ont pris possession du guitariste, pas un seul boogeyman ne sera écarté de cette mission destructrice. La section rythmique n’est pas en reste, elle abreuve sa violence pure dans une aliénation de tapage nocturne pour que vous ne puissiez plus fermer les yeux de la nuit. C'est-à-dire que la basse ferraille de l’acier qu’elle transforme en bombe à napalm, pendant que la batterie propulse des obus à un rythme très soutenu.

Et vous pensez encore y survivre ?


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Pénétrer dans l’orifice du splatter-gore requiert une pugnacité tenace pour affronter une innommable dépravation. Ça pue, ça couine, ça suppure et ça larde du viscère lourd et sanguinolent. La déviation sonique en corrélation avec la perversion littéraire trouvent ici un épanouissement à sa mesure, à sa démesure.

L’œuvre la plus immature est en fait la plus réfléchie et spontanée du groupe, celle qui a demandée d’ajourer par différentes strates musicales pour une écoute brute et brutale, accessible et intraitable, évidente et anormale, lumineuse et sombre, divertissante et dangereuse, lucide et douteuse, obscure et singulière.

Cet aspect trashy vous pousse à des sensations animales et intuitives, et carrément au régressif.


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La version LP est proposée par Les Productions Impossible Rds, le pack (CD+Roman) est fortement conseillé et est disponible sur le site Nasty Merch.

* En concert :

22 février : BESANCON (LES PDZ) + Cadaveric Allegiance

23 février : NANCY (LA MACHINE) + Whales At The Crossroads + Sick but not dead

24 février : STRASBOURG (LA MAISON BLEUE) + Mercyless 

25 février : HERICOURT (LE CATERING CAFE) + White Butchery + The Hateful Three

27 février : PARIS (GLAZART) + Doyle (ex Misfits)


Est-ce que Bzp a poussé l’avilissement à saturation ?

Point du tout, par contre il a fait preuve d’une audace dans l’immondice cul-turel en proposant non pas la 3D, mais les 3B qui font écarquiller les yeux (Beast, Blood, Boob), et surtout avec l’obscénité bravache de savourer sa souillure discographique dans le panthéon de son œuvre avec orgueil. Oui il y a de quoi être fier dans toute cette flétrissure artistique de rendre les honneurs passionnels à tous ceux qui ont contaminé ce qui fait corps avec l’esprit de BZP : La liberté épanouissante de raconter la saleté immorale par le biais d’une pure violence assourdissante.


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vendredi, février 17 2017

SUPERJOINT – Caught Up To In The Gears Of Application


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Énième groupuscule de Jimmy Bower & Anselmo sound spirit DöwnPanterabreakdancepoum and The Illegals…etc....

Superjoint est donc le rejeton de Superjoint Ritual dissout en 2004 et recomposé à l’occasion du larron.

Les crocs ferreux qui s’entrechoquent dans ce malstrom sonique outrecuidant ont toujours la capacité de témoigner chez moi la plus ardente passion. Je prends un malin plaisir à entendre le crépitement savoureux des chairs musicales en flammes, à un point tel que ceci est quelque chose de totalement attrayant.

Superjoint est un groupe bicéphale, à tête chercheuse. Plusieurs membres en délibèrent l’étendu sonique avec comme unique cible la déforestation cérébrale, au point qu’à la fin il ne vous reste plus que les os rachidien. Le groupe terrasse dans les enfers un sludge « stonique » extrudant la matière punk heavy en la faisant dégorger à outrance.

Pour votre information : « Stonique » c’est du stoner tellurique.

Superjoint c’est entre autre, la limaille de Corrosion Of Conformity avec le punk heavy de Venom, la foudre de Slayer avec un Crowbar dans le slipbard, la froideur de Celtic Frost avec l’altérité lunatique de Voivod, la chaleur glaciale de Darkthrone avec l’affranchissement libertaire de Black Flag.

“Caught Up To In The Gears Of Application” est le genre d’opus dont le vase d’expansion intensif déborde en tous sens. Le combo enfonce la violence dans l’aliénation avec une maturité roublarde. C'est-à-dire que le groupe sait très bien manipuler ses intentions dans le but de satisfaire, et d’y rassasier ses assouvissements.

Mais là où le groupe est très très fort, c’est qu’il prend un plaisir malin à desquamer ses mélodies poreuses à leur indice le plus brut.


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Le constat final est sans appel : Superjoint fume la tête.


vendredi, février 3 2017

MORS PRINCIPIUM EST – Embers Of A Dying World


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Mors Principium Est naît en 1999 à Pori en Finlande un soir estival où l’hiver regagna son logis. Leur Death Mélodique d’inspiration Dark Tranquillity, In Flames et Soilwork, abonde de tension sombre pour des compositions complexes et des ambiances noires, assez éloignées désormais du futurisme d’un disque comme « The Unborn ».  Moins thrashy et agressif que lors de leurs derniers opus, Le groupe re-calque des structures reprises et répétées de death mélodique carrées et intenses avec l’homogénéité que cela requiert pour que le disque soit et advienne un bon melodeath.

Ce death mélodique manifeste ce brin de mélancolie essentiel à la propagation vaporeuse des superbes solos aériens, et avec ce qu’il faut d’orchestrations synthétiques pour vétiller sur des atmosphères baroques. Il y a une forte corrélation mirifique entre le contraste du doux et du rêche, du vespéral (chant death) et du séraphique (voix féminine), enfin tout ce qui fait le sel et poivre du style du death mélodique. Les titres commencent généralement calmement s’ensuit un tonnerre de riffs ou de déluge de notes mélodiques que la rythmique suit avec fracas.

La production synthétique esthétise l’ensemble par une théâtralité de pacotille mais qui ne dessert pas l’œuvre dans son ensemble, et lui apporte foncièrement le caractère conforme d’un album léché par des vampires.


dimanche, janvier 8 2017

CRYSTAL VIPER – Queen Of The Witches


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Les polonais reviennent après « Possession » en 2013 avec un album suintant la mémorable ère de l'acier dont les gens de + de 40 ans en connaissent toute la valeur intrinsèque.

Pour les matheux : Dio + Doro + Iron Saviour + Manowar = Crystal Viper. Rien de moins et pas plus. A partir de quoi vous avez une idée de la somme power métOl teutonne qui façonne ce concept album dont je vous passe les détails donjon et dragon.

Le groupe n'a pas son pareil pour être aussi miséricordieux avec la doctrine du power MétOl, tant il puise depuis ces débuts en 2007 avec « The Curse of Crystal Viper » dans la substantialité qui glorifie la fratrie du métOl et de sa flamme purificatrice. L'album est donc sans saveur, juste caricatural. Pourtant, derrière ce salpêtre se dépose le sédiment imputrescible du heavy métal le plus pur, balades incluses.


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La chanteuse Marta Gabriel fait péter les vitres avec sa puissance aiguë Maidenesque, et les titres suivent la même bravoure lors de passages médiévaux, cavalcades endiablés dans le riff turgescent, mâchicoulis rythmique, c'est heavy et épique à souhait. Trois invités spéciaux se présentent dont le cofondateur de Manowar le  guitar  héros Ross The Boss, ainsi que Jeff Dunn (alias Mantas) de Venom / Venom Inc, puis au chant Steve Bettney (Saracen).

L'album a été produit par Bart Gabriel (Cirith Ungol, Mythra), et conçu par Mariusz Pietka (Burning Starr de Jack Starr, Lonewolf). La pochette de l'album a été créée par le l'artiste allemand, Andreas Marschall (Running Wild, Blind Guardian, Obituary).


lundi, janvier 2 2017

METALLICA – Hardwired...To The Self-destruct


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Un nouvel album de Metallica mec ! Ce n’est pas rien. Le temps s’arrête, fini la pignole, OH ! C’est sérieux maintenant. Chuttttttt car les mets appliquent le principe égalitaire de répartir de façon inné chaque angle musical qui a façonné sa carrière.

Du coup s’il te semble que tu as déjà entendu un bon paquet de riff du groupe, tu seras aussi surpris de voir à quel point ce band est génial pour faire vivre la flamme éternelle de son inventivité musicale. Car les mets savent y faire en matière de composition. Leurs titres sont progressifs dans l’âme et l’entre-jambe. Les gars gardent leur ossature identitaire et te fourguent le carburant nécessaire pour t’embrasser avec la fougue de leurs contrastes, épaisseurs, distances caractéristiques, nuances, particularités, analogies, sacres, blasphèmes, parités, accords, etc…

Ok, seulement la vérité, c’est que l’on devrait oublier le passé des Mets, pour ne se focaliser uniquement que sur ce nouvel album. Pour ensuite apprécier comme il se doit la force naturelle et centrifugeuse de ce fuselage progressiste musical ascensionnel, pour qu’enfin vous puissiez être surpris de la qualité intrinsèque de cet opus.

Oui Metallica est un monument, mais arrêtons le simulacre, tout autant le mémorial du passé que vous chérissez tant jusqu’à l’orgueil, que diable, Metallica n’est pas de marbre, il le prouve une fois encore en réalisant cette sculpture sonique efficace, habile, maligne. Cela vous ennui de ce qu’ils sont devenus avec toute cette gloire, cette manigance de vendeur d’art contemporain qui ne cesse de clignoter en faisant appel d’air. Vous ne les voyez plus en honnête artisan, pourtant les mets sont des créateurs. Ils ressassent uniquement pour ceux qui n’ont que le regard tourné vers le passé. Si c’était la première fois que tu écoutais Metallica jeune primesautier, tu te dirais quoi ?

La nouveauté réside dans le fait que les Mets se sont sortis les doigts du cul pour réaliser des compositions qui tiennent la route, le jus à 100 % Oublié Death Magnetic, le film chiadé « Through the Never », Lulu avec Lou Reed, et autres facéties, Metallica vient de livrer son white album et c'est éblouissant ! Le groupe ne doit plus rien à personne désormais. Il est affranchi de toute entrave, munit d’un D.I.Y avec lequel il assemble son équipe, son label, son studio d’enregistrement, il compose et repose toutes ses attentes sur sa liberté créatrice. Le résultat est saisissant puisque le groupe ne tergiverse plus comme avant, il va là où bon lui semble. C’est un album riche en tous sens, immaculé par la sérénité dont chaque titre est compensé par son propre équilibre.

On remarquera avant tout que le heavy est revenu foudroyer les vastes compositions d’aujourd’hui, et que de ce passé fondateur dans le heavy métOl qui a fait éclore la musique de ce groupe, Metallica garde intacte cette consistance tout comme il conserve son accroche singulière avec l’efficacité de se renouveler.

Après toutes ces années à faire vivre sa marque, à pérenniser son gagne-pain, à servir de faux-semblant sur les douloureuses séparations, à se clouer au pilori des mutations musicales pour survivre à tout, jusqu’aux mensonges, Metallica est revenu du combat chaotique contre tous ses démons, enfin libre et insoumis.


jeudi, décembre 22 2016

VECTOR EQUILIBRIUM


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"Le Vector Equilibrium est le point zéro de départ pour tout événement ou non-événement qui est prêt à montrer n'importe quel action à n'importe quel public"

Oh pitin d'entrée la prise de tête !

Non mais déjà en premier point calme-toi, ce n’est pas si compliqué en fait, puis de deux respire profondément sur deux, voire trois respirations si tu en ressens le besoin, voilààààààààà. Car tu vas saisir dans quelques secondes le sens de l’événement et du non-événement, si, si.

Sollicité par deux invitations à la même date, il ne m'a fallu qu'un centième de seconde de réflexion pour éviter le repas d'entreprise soumis à tous les vices d'un speudo management permissif, pour y préférer une soirée de concert à Albi.

Pas con hein ? Hé, tu aurais fait de même toi aussi, alors mollo sur le ricanement seutplait !

Ben oui soyons clair, le traditionnel cirque du repas de fin d'année est le moment opportun à tous les suces boules de lécher le merdaillon de chef pour pallier leur omission de compétence, et dans l'ultime but de gagner les galons d'ogive permettant de régenter en digne capo par la suite. Je dois vous l'avouer avec respect mais je me fais violence tous les jours pour gagner ma croûte, alors supporter l’hypocrisie mielleuse des cadres dirigeants, et les contorsions lubriques de la force de vente dans l’espérance suprême de détrousser les femelles de l'assistance, me paraît insoutenable pendant mon temps de cerveau disponible. Ma liberté individuelle m'impose de ne point me soumettre à ce genre de génuflexion, d'autant plus que Cobra + Ta Gueule = Moment de pureté nihiliste absolue.

Je ne voyais pas comment m'en passer, surtout dans le contexte du soir, d'où ce putain de Vector Equilibrium.

Ben ouaie tout est clair désormais, alors reprends une respiration normale.


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Un concert à Albi c’est obligé que ce soit avec Pollux assos (Xtremefest), et il faut s'engouffrer dans le ventre de cette préfecture pour trouver le chemin de la base de loisir de Pratgraussals, elle-même limitrophe de la station d'épuration ?!? Si vous y voyez une quelconque relation c'est que vous avez l'esprit mal placé. J'arrive malheureusement pour la fin du set de COBRA, autant dire avec regret que je n'ai vu qu'un bout de la queue du serpent. Apparemment le groupe a joué pendant le béotien apéro-saucisson-pain au chocolat essentiel à tous les aficionados sudistes de pernaud-ricards et de chasse, pêche et tradition.

Avec ce groupe il y a un truc faramineux, car prendre des coups de hard punk par cet orchestre cela mérite amplement que l'on y accorde la plus vile arrière-pensée. Cobra est un esthète de la distraction, il fait mine de se la jouer provocation alors qu'il injecte son poison avec la désinvolture princière du malin. Le public désenchanté a pu échanger les seringues dans cette auberge de la dernière chance en maniant le glaive de Satan parce que c'était l'enfer ici. Comme toujours le public est partagé entre en rire où affiché cette moue de consternation que le métalleux autorise aux pérégrinations sauvages du punk quand il se met à jouer à sa tête de con. Cobra infecte tout avec ses spores soniques, et leurs lyrics ont très certainement refilé le VIH au premier rang, pis de toute façon Cobra crache toujours son venin avec la croix à l'envers, alors amen et glorious satanas, mouahahahahahahhhh !!!


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Tout de suite après, c’est TA GUEULE qui enchaîne sur une petite scène sur le côté. Le son est diamétralement trop fort, mais pour son leader charismatique et chanteur/guitariste El Conservator il faut vivre dangereusement, ceci n’est pas un conseil mais plutôt une recommandation, il est donc inconcevable pour lui de s'appareiller avec des bouchons de protection auditive pour un concert de rock. Et bien je ne suis pas du tout d'accord avec ce sympathique bourgmestre du rock’n’roll, puisque sans bouchon plus d'audition, plus d'audition aucun intérêt d'écouter Ta Gueule, CQFD. Pas con hein ?

Pour ce groupe de fantaisiste pur-jus, la question réside avant tout dans cette expertise situationniste : Comment exprimer des réflexions subversives en les hurlants sur de la musique punk et jouée à saturation ?

Forcément, la première réponse c’est : On « Samba les couilles » mais nannnnnnnn il ne faut pas, car sous des airs narquois, le cynisme jovial du groupe et son ironie mordante façon épagneul de Tricastin feront reluire la connerie monumentale d’un band fort singulier. Le trio a joué décontracté du gland, sans prise directe avec la fatuité désintéressée des soiffards et des bousculades de jneus sadomasochistes en demande de torgnolle. Le petit pit prenait souvent cette allure de cour d’école où on se chahute pendant que les instituteurs élaborent leur consternation réciproque sur les bons à rien qui leur servent de gagne-pain.

À l’oreille nu, le bassiste est un sacré instrumentiste avec du matériel pareil, et l’on se dit avec désinvolture que finalement leur grossièreté ne dérange pas plus que ça, et puis après tout, c'est un concert de punk tout de même, on ne pouvait pas non plus s’attendre à autre-chose, à mieux ? Non toi tu sors, de suite, allez ouste chenapan.

À la fin le groupe a promis de revenir pour la deuxième couche d’impression alors que la première dégoulinait encore dans les cerveaux.

Le public s'est alors éparpillé en un résidus microbien post-mortem que mon attention se porta soudainement sur les nombreux messages de soutien que je constatais sur des vestes patchées et autres éléments vestimentaires d’une vulgarité étourdissante, comme hellfest cult, turbojunged et autres...qui prouvent de la mobilisation pour un sujet capital, et de sa capacité à souder une communauté dans le firmament des joies communes comme le national-socialisme en son temps, la trivialité d'une loge maçonnique ou leur équivalent dans les confréries estudiantines, gustatives, gastronomiques, tel que la Confrérie des Chevaliers du Goûte-Boudin, la non moins sérieuse Confrérie de l'Académie universelle du cassoulet, ou la très célèbre Confrérie de la Prune et de la Quetsches Lorraine à Farébersviller.

Mais pourquoi avais-je tant ce besoin de reluquer des messages de soutien ? Et bien parce que cette soirée était organisée sous l’égide de Pollux Asso, qui œuvre pour la diffusion et la promotion des musiques actuelles sur Albi et le Nord du département du Tarn. Let's Zguen and Rock'N Roll ! Mais Pollux association se trouve dans l'escarcelle contemporaine du manque de moyen financier significatif pour poursuivre l'aventure. Il œuvre désormais vers cet appel caritatif en tapant des mains et des pieds par le biais du financement participatif (crowdfunding ou encore socio-financement). Cet acquittement philanthrope doit en plus sensibiliser l’ensemble des mécènes par la formation pure et simple d'un patronage lui-même sous l'égide d'un parrainage instituant les soubassements propre à maintenir l'édifice de façon pérenne. Ouaie comme les témoins de Jéhovah sauf que eux ne passeront pas le dimanche matin, ça c’est certain.

Plus prosaïquement, adhérer à l’association rejoint les attentes de former une corporation stable et constante structurant un corps social, afin de relier tous les individus de cette communauté entre eux.

Vous pouvez lire le communiqué important sur la situation de Pollux Association : Communique_Pollux_12-16.pdf

Si certains se demandent encore comment aider concrètement voici quelques solutions :

1 - Adhérer à l'association

2 - Remplir le formulaire de soutien

3 - Faire des emplettes sur le merchandising

4 - Réserver votre place pour le prochain concert.


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FIN DE LA MINUTE DE SOUTIEN

Si l’on me pose la question subsidiaire, le dilemme du soir était : Doit-on faire passer des réflexions de manière faussement sarcastique en ayant l’air de s’en foutre ? Ou bien d’être réellement sérieux de manière ironique sans jamais être prit pour un escroc ? La subtilité du message ne résistera pas à la tronçonneuse sonique de toute façon puisque SIDILARSEN tchac poum uh démontera la scène avec l’attirail ad hoc.

Le groupe appelle cela du dance floor métOl.

Heinnnnnnnnnnnnn ?

Oui c’est du Rammstein électro-rock avec des soupçons de new wave, la poésie des Gold sur des textes altermondialistes. Ce n’est pas ma came, mais je reconnais volontiers que le band lustre sa faucille à coup de marteau et de cet attrait festif propre à faire bouger les foules. Leurs textes sont assez crédules mais l’efficacité d’absorption séduit les jeunes gens en quête de changer le monde pour ne plus fleurir des tombes. Mais bon, la pleine ironie de l’histoire de l’homme, c’est qu’il ne profitera jamais de la grandeur de son narcissisme le jour où il réussira enfin à faire exploser sa planète. Je pense que cela répond amplement à la question : Jusqu’où l’homme est-il capable d’aller nan ?

Quoiqu’il en soit Sidilarsen est un rouleau compresseur à dance-floor capable d’étourdir les jeunes, cela les fait danser et fait évacuer le stress de leur avenir périssable. Simone et Jeanine ont beaucoup remué du troufion pendant le set, au point que jean-pascal était tout ému dans son slip en les voyant se trémousser de la sorte. Du téton qui pointe jusqu’aux gobelets de bière renversés sur le sol devenu très glissant dès lors, le pit était devenu ce genre de patinoire de province où l’on danse sur des rythmes martiaux à s’en taper le cul au sol.


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Après avoir raisonné sur le dilemme du soir pendant des nuits entières, il m’est apparu prudent de vous dire que la caractéristique des groupes de cette soirée c’est qu’en tant qu’entité similaire, Sidi et Mass essayent de fédérer tandis que Cobra et Ta Gueule sont dans une attitude de dissension nihiliste (Leur haine de la société est un juron fort gracieux par ailleurs).

Ce contraste permettait d’adjoindre avec la délicatesse du punker, que d’où qu’elle vienne et qu’importe par où elle passe, la façon d’absorber des informations sur de la musique amplifiée relie des êtres différents par des points de vue qui semblent convergents de prime abord, et qui pourtant se connectent à un ensemble de communauté voisine.

Oui je sais on « Samba les couilles », du coup reprise du temps pour Ta Gueule sur le côté avec un set aussi félon que le premier, m'amenant à cette sentence primesautière que Si Jello Biafra faisait une espèce de grind’n’roll il ferait la même chose que Ta Gueule, mais en moins vulgaire. Je décerne donc au groupe le grand prix spécial d’humour noir pour sa capacité à ubériser la révolution citoyenne.

On en arrive à la fin de la soirée avec MASS HYSTERIA, la tête d'affiche. Forcément le groupe tient la scène, sa scène, il a déjà tenu en laisse de grande scène de festival, alors la poignée de merdouzil d'Albi il en a fait qu'une bouchée malléable que l'on ferre à sa guise comme un gardon de rivière. Le show est rôdé et calibré pour faire rugir la jeunesse qui ne souhaite qu’exulter, et en a marre du cynisme des vieux aigris. Ouaieeeeeee ta gueule, je sais, je sais.

Parce qu’en fait la jeunesse elle veut lever le poing et combattre un truc qui fatalement est déjà inséré en elle depuis sa naissance, et qu'elle a carrément digéré sans s'en apercevoir encore, mais ça ne va pas tarder pour commencer l'aigreur (voir ta gueule).


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Mais quoi qu’on en dise ou fasse, la jeunesse a un grand besoin de festoyer à cet âge où les hormones de croissance font des siennes sans arrêt, et cette vérité était une fois encore là et était fortement palpable dans cette saturation électrique pour donner naissance à une énergie libre. Car même si la lutte ne dépassera pas la salle, la jeunesse de gauche avait besoin d’entendre autre-chose que les roucoulades envers le libéralisme, parce que l'opulence de la société de consommation a engendré dans l'obsession d'acquérir, la tentation du bonheur sans jamais parvenir à la rassasier. C'est une quête vers le vide et un appauvrissement existentiel par accumulation, les deux formant le non-sens parfait et l'ironie. La frustration naquit dans ce terreau de jalousie incurable, en même temps qu'une haine tenace et inextinguible. Au point que les hommes sont toujours prêts à tout dénaturer pour parvenir à ce graal, jusqu'à ce corrompre en étant aussi friables qu'une falaise de craie érodée par les marées des océans pour en satisfaire l'avidité.

Mass Hysteria a fait son taf, et je lui décerne le grand prix Arlette Laguiller.


{{ Aussitôt la fin du concert je prenais la fuite car depuis le décret du gouvernement sur la sanction de pénaliser les clients de la prostitution, la rose Albigeoise devrait baigner dans le silence religieux de sa cathédrale en brique sitôt le coucher du soleil. Hors, si je m’en réfère aux analystes cathodiques ainsi qu’aux oracles de la rue qui prédisent l’apocalypse dès que les discrets gourmands de péripatéticienne auront fui le macadam, il semblerait inconscient de s'aventurer le soir sous peine d'être violenté par des hommes peu scrupuleux de pouvoir refréner leurs pulsions malignes. Et bien je vais dire la chose d'une manière assez brute, mais comme je viens d'une contrée reculée de la civilisation où tout est bon pour affabuler avec des histoires rocambolesques digne d'un conte du moyen-âge sur les coutumes barbares des gens des villes, ce soir-là pourtant j'étais toutefois rassuré. Oui, pleinement, car je n'avais absolument aucun soucis d'être profané par un légionnaire en retraite résidant désormais loin des alpages où se terre des chèvres apeurées par un coït sauvage avec cet ancien troufion, tout comme d’être soumis comme un enfant de chœur insouciant face à la bestialité d’un ecclésiastique pendant l’apprentissage d’une catéchèse lubrique. Pour la simple et bonne raison que j'étais certain d'être épargné car il faisait vraiment froid. Du coup il aurait fallu un chalumeau au violeur pour que l'entrée de mon clapet fécal soit envisageable. Je ne vous cache pas non plus qu'un chalumeau reste un objet suffisamment encombrant et peut même paraître un tantinet assez intriguant à une heure avancée de la nuit, surtout pour la maréchaussée qui guette sur la moindre bizarrerie (caméra de surveillance à l'appui). Même si elle est coutumière des désordres moraux des noctambules, là tout de même, su été abusif toutefois. }}

En regagnant mon logis par la route de campagne, il devait être bon gré, mal gré l'heure idoine où mes collègues de travail gorgés de binasse se foutaient des pralines sur le parking du restaurant à propos des inégalités salariales, sous le regard affreusement dépité de leur conjointe, clôturant comme il se doit cette apothéose du repas d'entreprise traditionnel et du Vector Equilibrium.

Fine & see you !


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vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


mercredi, décembre 14 2016

TESTAMENT – Brotherhood Of The Snake


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Finie la pignolle, Testament est revenu avec une agressivité conséquente. Pour cela il explose le genre thrashy en un kaléidoscope sonique.

La carrière de ce groupe est longue de 30 ans de dur labeur et a récolté qu'un infime succès, mais n'efface en rien la qualité première de sa musique et de l'estime que les fans de métAl lui profèrent. « Brotherhood Of The Snake » en libère toute la saveur en conceptualisant sa trame narrative :

Le monde tourne dans une paranoïa impulsive qui donne la pleine disposition aux opportunistes d'y inoculer leur félonne vérité. Testament part de ce postulat pour donner libre court à une société secrète, La confrérie du serpent.

Toujours aussi progressiste dans sa volonté de tisser sa trame narrative par l'apport d'une musicalité décomplexée, le groupe écharpe avec une tension constante pour un album hargneux, combatif, qui marque au fer par sa dimension aliénante.

En Testament on y entend le maelstrom catchy des Mets, le heavy de Motörhead, l'exigence progressiste de Annihilator. On ne parlera pas de renouveau, ni d’expérimentation, pourtant le groupe ne ramollit pas avec l'age, ses solos sont purs, enivrants, ses rythmes changeants contrastent l'ensemble des titres de manière significatives, le chant de Chuck Billy est savoureux. Nous avons un disque avec de l'ampleur, et de la consistance, peut-être même un classique en lui donnant le temps de s’insérer en nous avec cette saveur que le temps n'en fait que bonifier sa splendeur équanime.

Il y a ici un remarquable travail de précision capable d'apparier les diverses variations millimétrées de texture sonore, et les entendre se dissoudre dans ce magma étanche. Cet album est une musique à l'âme sombre et sauvage, dont l'aspect brut et indomptable en façonne la sculpturale nature indocile, comme une voix lumineuse en soi.


vendredi, août 15 2014

Ride the Lightning


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REPORT XTREMEFEST 2014


A quelques encablures kilométriques de l'endroit où je réside se trouve le meilleur festival de musique amplifiée du sud, le seul et unique : XTREMEFEST.


Ce report mucho caliente sera fleurit par une odeur de jasmin, parce que cette fois-ci j'ai fait le choix de réaliser un chemin de croix inversée, pour rendre un compte-rendu écrit dans la marge du partisan.

Je vous souhaite une saine lecture, ainsi qu'un bon voyage intersidéral de l'ère du crétacé dinosaurus à celle de la crête en désordre !

Ok, j'attaque donc la quarantaine avec sérénité par une souplesse bien plus conséquente qu'auparavant, cela me permet de ne pas avoir le moindre doute sur mes intentions louables de retranscrire un reportage exclusif directement du bas de l'échelle sociale.


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Je n'avais toutefois aucune intention de me précipiter comme cette jeunesse hasardeuse, reconnaissable entre toute, et qui pour la première fois brandissait son hymen avec l'insouciance de son corps juvénile dans l'antre du nouveau site de l'Xtremefest. Et oui après une première édition réussit dans le trou du bassin carmausin, le festival a pénétré dans un nouveau lieu (Rappel : report mucha caliente), pour permettre à son essor une évolution constante et pérenne.

Le festival recommence pratiquement tout à zéro, car il n'a pas eu le temps d'installer totalement un lien par rapport à un lieu, à une ambiance, une atmosphère, à transmettre une/son identité singulière.

Le public cherche en ce premier jour sa cohésion, et cherche une incarnation identitaire à l'xtremefest. On le sent hésitant à se réapproprier les lieux encore. Il est plus dans l'inspection que dans son immolation de désir de vivre l'instant présent, en vibrant comme un sextoy spongieux. Mais ce n'était qu'une question de temps d'adaptation, de captation de ce nouveau territoire.

La première constatation visuelle c'est que le site manque d'ornementations. Alors bien sûr il dispose de quelques éléments, et Monsieur Jean de la Fontaine  (1621-1695) a bien raison : "tout vient à point à qui sait attendre".

La baudruche dinosaure gonflable est superbe, mais présente seulement le soir. Elle constitue pourtant la créature identitaire du festival, marque son emprunte décorative à elle seule. Car depuis que le grand frère Hellfest est devenu une institution, on a assimilé les différentes ornementations qui ont pérennisées la réussite de sa recette singulière, afin de réguler son identité par le biais cognitif d'une décoration unique, et d'y intégrer son indépendance visuelle.


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Un festival aujourd'hui se doit d'être global, outre la musique, le visuel a son importance, car aller à l'Xtremefest se doit d'être différent que d'aller à un festival lambda, dont le nombre pullule pendant la saison estivale partout dans l'hexagone, et dans toute l'Europe. Se démarquer du nombre a toujours vigueur primordiale pour parvenir à incarner un mythe, et j'en sais quelque chose. Je ne parle pas de prétention factice, je parle de symboliser, de figurer une singularité unique.

Hors ceci est un acte fondamental dont les festivaliers présents à Albi en ont conçus la réalité pour qu'il devienne l'unique et grand festival du sud, disposant d'une telle programmation musicale, comme de retrouver une communauté et partager ses cultures est une affirmation d'appartenance.

Tout cela n'est pas qu'une sensation évasive, on sait qu'il y a déjà dans ce festival une indépendance libertaire qui s'est créée, et avec elle une communauté spécifique, qui fait écho au Hellfest forcément on ne va pas se voiler la face. Je ne dis pas que ça y est l'Xtremfest part dans la lignée du Hellfest dès à présent, mais qu'il a la possibilité de marcher sur ses pas, ça oui c'est évident.

D'ailleurs cela serait une omission félonne que d'accomplir une telle transgression, tant le Hellfest est la fondation sine qua none pour valoriser, propager, que dans la nation de l'exception culturelle de la gastronomie et des grands crues du vin « goutu ça a du retour », il y a autre chose de bien plus intéressant et palpable pour casser les images d’Épinal que les étrangers possèdent de la France.


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Alors si pour cette seconde édition, le public reste encore coaliser dans le bassin midi-pyrénéen, il n'empêche pas que lors des prochaines instances festivalières, nos allié(e)s européens se joignent à nous pour un week-end complètement Xtrême !!!

Mais une chose est certaine, ce festival sera avant tout ce que vous en ferez.

C'est le public qui va y élever son âme, qui va propager la déflagration de son identité, qui va préserver son existence. OUI, c'est vous qui allez le façonner à votre image, sachez lui donner l'impossible et il vous ouvrira le cœur, pour qu'à jamais subsiste dans les pulsations de votre corps nostalgique, l'époque où vous avez vécu quelque chose de bouleversant, et d'essentiel pour vous construire, vous forger, vous guider à travers votre vie.

L'Xtremefest est le rassemblement de vos inhibitions respectives, on ne triche pas, on vit l'indispensable instant à travers le spectacle vivant d'un crossover musical intense, et intensif.


VENDREDI c'était 3,2,1...zéro


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C'est SEYLEN qui découvre sa musicalité au préalable (où çà ? à Albi), par un set où le combo s'effeuille timidement, donnant l'impression que le jeune combo était un peu tétanisé d'ouvrir, et d'être sur une scène aussi imposante que la X stage. Seylen faisait partie des groupes ayant gagné sa place lors d'un tremplin organiser en amont par les organisateurs. Leur place n'était pas usurpée tant leur mélange de post métal avait la djentition idoine pour croquer un public avide d'en perdre son dentier. Il est a espéré que Seylen a profité de l'instant et n'a eu aucun regret par la suite en se disant qu'il aurait fallu...Et si on avait...Auquel cas, la règle numéro en arrivant sur scène c'est de se saigner à blanc, manière de ne rien déplorer par la suite (par où ?).


La bourrasque grindesque ABORTED a levé des mains en forme de corne du diable et de corne de gazelle dans le public méditerranéen.

Le son à l'intérieur était très bon et nous a réconforté tout au long du week-end, chose qui diffère de ce que j'ai pu lire. Si tu as un son brouillon qui t'arrive au chiotte c'est normal, mais si tu es pointilleux et que tu veux avoir le meilleur son d'une salle tu te mets juste devant l'ingénieur du son CQFD.

Je réitère, mais la qualité de l'acoustique sera un des axes primordiaux pour se démarquer des autres festivals. Tout ceux qui ont trouvé le son de la salle trop fort et trop grave avaient soit de la merde dans les feuilles, soit la même audition extra-performante que Superman. Bon ceci dis, je reconnais bien volontiers qu'à mon age les fréquences ne sont plus les mêmes, et on prend l'habitude de mettre le volume sonore en toute occasion à celui du troisième age de Lemmy Killmister.

Aborted a disposé son empreinte par une grosse présence scénique. Ces gars ont écumé/scié les planches depuis des années, cela se voit, se sent. Par corrélation il y a une très bonne réactivité avec le public, qui du coup n'est pas du tout chauffé à blanc, mais chauffé à chaud par la teneur cyclonique qu'Aborted abat dans un déluge de feu sonique, et dans une profusion de testostérone primitive. Le groupe a mangé puis dévoré littéralement son public en disposant ses atmosphères putrides et de l'avalanche de ses crépitements de grind/death, qui au final nous ont susurrés dans les parois ensanglantées de nos oreilles :


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Celui qui a eu la géniale idée de mettre les pancartes d'affichages utilisées pour les élections (pièges à cons) et laisser de quoi placarder les événements à venir des festivals, concerts et autres...devant l'entrée de l'Xtremefest, devrait avoir une statue à son effigie. J'espère que cette initiative sera présente au Hellfest et qu'une affiche géante de l'Xtremefest 2015 y sera visible.

L'entraide est le nerf D.I.Y de la scène underground, son feu sacré ! Et le feu sacré est l'élément divin qui a besoin du concours de l'homme pour être entretenu.

Par contre tu trouveras toujours un assaillant pour l'éteindre avec un pull autour du cou, en te demandant si c'est normal de perpétuer ce genre d'immaturité ?


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Un vent de fraîcheur punk s'est fait jour après le souffre du grind/death d'Aborted, THE REBEL ASSHOLES en agitateur de la connerie punk rock nous a propulsé leur vitalité émotionnelle sous une ondée passagère. Le groupe a fait tonner le feu électrique avec la foudre du ciel qui promettait de s'abattre de façon plus que conséquente, tant les cieux viraient au sombre des ténèbres.

Le public était un poil mou, dans l'esprit rock'n'roll d'un petit club un jeudi soir d'automne, mais The Rebel Assholes n'en avait cure puisqu'il a joué avec cet intrépide mélo au cœur tendre qui fait battre le pouls punk, irrigue le rock, afin de déboucher les artères passionnelles. Il y a du Burning Heads chez ces gars, il y a cette folie créative d'émouvoir avec des mélodies qui tiennent autant au corps qu'à toucher le cœur. La cover des sheriff « pile ou face » était le trait d'union qui a relié petit et grand au show des montpelliérains, si celle-ci vous a plu, sachez qu'elle est disponible sur CD dans la compilation « Génération Sheriff ».

REAL DEAL est arrivé sur la plus petite scène, la "Zguen Stage", hommage au Zguen Fest, l'ancêtre novice et formateur de ce qu'est devenu l'Xtremefest. Le groupe a retourné la pression atmosphérique avec un HxC combatif, pile dans l'esprit d'urgence face aux éléments pluvieux. Les gars ont eu le mojo en érection pour éclater leur tambouille, et éclater un public en réelle demande d'explosion.


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GOJIRA était venu propager la fureur des âmes en feu à l'intérieur du gouffre de la Mainstage. La nation de l'ovalie a donc levé une ovation au groupe mondialement réputé, et pourtant Gojira n'est pas arrivé comme Godzilla avec une grande gueule, puisqu'il s'est souvenu du temps où il faisait le tour du south des festivals ( moi je me souviens surtout du Summer rock festival de 2006 à Carmaux ), des salles de concert, jusqu'aux bars bas de plafond et pizzerias, pour qu'aujourd'hui après toutes ces années d'effort, il constate humblement son cheminement parcouru devant des personnes du coin où ils sont partis (le sud-ouest de Maïté : " Mais non c'est pas gras le confit de canard qui mijote dans 1L d'huile d'olive" ).

La boucle n'est pas pour autant bouclée, car Gojira n'en a pas fini avec les rednecks, on lui prédit une nouvelle venue à Albi tant leur set fût conséquent, et aboutie.

J'étais au fin fond de la salle et Guillaume Circus de l'émission radio Joining The Circus et Gwardeath de la Gwardeath mixtape sont venus me retrouver avec l'air décontracté des gars qui ont enfin vaincu leur adolescence le week-end dernier.


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Gojira a envoyé de quoi faire trembler l'ossature de la salle, pour ouvrir des fissures aux murs par un son monumental. C'est vrai que la noirceur/froideur de Gojira répond à la même sépulture/banquise que celle de Supuration. On y entend le même écho profond.

Pour le show, les lights étaient subliminaux, on y voyait les effluves des lumières soulignant à chaque changement discographique la couleur dominante des albums. Le gros son foudroyant de cette masse d'acier a soulevé le cœur, tapé le cerveau par une succession d'atmosphères prégnantes à alourdir leur impact tribal. Il faisait chaud. Pourtant le son de l'air effraie au point de résonner dans cette salle, de ce fait on avait l'impression d'être dans les enceintes mais comme la boule de flipper..qui bouge, qui bouge de Corynne Charby. 

« Est ce que vous êtes vivants ? » dixit le chanteur. Franchement, comment en être certain en dansant sous le napalm du groupe ?


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La masse volumique que Gojira remue est aussi gigantesque que l'amplification de son aura désormais.

Il y aura une fausse fin pour foutre la frustration, le truc que je n'avais pas vu en concert depuis la sortie de James Brown sur scène à Toulouse au palais des sports début des 90's. Bien entendu le groupe revient battre le fer encore brûlant pour le coup de guillotine finale. Fin !


Ouchhhhhhhhh, dire que BZP passe juste après, cela me semble difficile, voire même quasiment impossible de juguler les esprits après cette foudre insondable de profondeur.

Nous sortons du brasier de la salle pour retourner à l'extérieur, devant la Xstage où la température est nettement plus fraîche, le groupe commence en plus sous une pluie battante. Le contraste est saisissant. On vient de s'enfiler la moiteur death 2.0 de Gojira l'éminent, pour le crépuscule du théâtre des horreurs que propose BLACK ZOMBIE PROCESSION.

Cela peu paraître démesuré comme rapport de force, mais déjà on sent le changement de mood !


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BZP est un super concept en soi, tant il engendre une pléthore de référence, de clin d'œil à la sous-culture. Mais il est à noter que c'est leur crossover musical qui est le plus intéressant, car celui-ci est véritablement une avancée en la matière. Là où la plupart des groupes ont inséré des styles à leur sauce, on en est toujours resté calfeutré dans le giron très limitrophe de ces styles.

BZP va plus loin, d'une part parce que les musiciens qui le compose sont d'incroyables croqueurs de culture, et qu'ils ont eu la capacité de jouer dans différents univers et de styles musicaux médians. Cette envie de confondre les styles pour un crossover hyper hétérogène est une réussite, d'autant plus que leur dernier opus en date « Vol. III : the Joys of Being Black at Heart » a passé le mur du son afin d'embraser le MétAl et le Röck dans le même feu de joie.

L'intitulé de leur style fait référence à leur culture du bis : Horror Core. Je n'hésite pas à l'affirmer une seconde, car j'y ai réfléchi des heures durant la tête reposée en mode geisha philosophe : Ce groupe est à l'avant-garde, ce qu'il inscrit correspond à ce que demain sera.

Le public ne connaît pas pour la plupart le groupe, dire qu'il y a des réticences est une réalité féconde qui s'anéantira par la performance de BZP. Le set débute et les appréhensions s'estompent, la pluie s'abat en même temps que la détonation BZP fait son office funèbre, et délivre toute sa force de frappe. C'est une tuerie apocalyptique. Le son est très bon, Nasty Samy est en mode commando, c'est lui qui a créé et façonné le groupe.


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Ce soir nous faisons face à un groupe unifié, prêt à se sacrifier sur l'autel de la consécration, à relever ses manches pour braver son rôle de challenger.

Des étincelles de styles se jumellent les unes aux autres, l'impact que dégage le groupe est prolixe et le public en ressent les vibrations positives, prit dans l'intensité d'éclairs fulgurants de mélodies, de breaks rythmiques, de fureur sonique. A nouveau, nous venons de subir un gros choc thermique, et enfin leur crossover est assimilé par l'assistance, chacun y trouve un écho, une résurgence, un appel, quelque chose qui l'interpelle, que ce soit un riff, un rythme, un break, BZP est un continuum musical, une boule de feu dont l'intégrité, et la loyauté à toute sa culture est une immense preuve de respect et de passion, que le public découvre, sent, entend.

Les gars ont l'air vénèrent, adoptant les codes de la survie et celui des seigneurs de la guerre dans un slasher dont nous sommes les victimes consentantes. BZP impacte son volume sonore pour une décharge d'hémoglobine, le combo est vraiment dans sa bulle, en plein dans le centre névralgique de son ébullition, chacun apporte le meilleur de lui même, Elie Bats redouble d'intensité dans son chant, l'amenant au crépuscule de la violence putride. Franz OA Wise propulse le son vers les ténèbres avec une basse hachoir qui découpe dans un amas de chair sanguinolente. Fre bat la forge de vulcain et attise le brasier d'Héphaïstos.

Nasty joue au touch guy en délivrant des tappings et autres riffs saillants de métOl-HxCore-Rock avec la rudesse de délivrer des terreurs nocturnes à tous les gratteux du pit. Oui les références sont rapides, à la vitesse des films d'action d'aujourd'hui, ton cerveau n'a plus le temps d'intégré tout à la fois, c'est normal, mais ne t'inquiètes pas, tu as tout ingéré.


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C'est dans toi maintenant, cela va t'affûter les sens, c'est subliminal, et tes prochains cauchemars reviendront perpétuellement te rappeler le nom de ce groupe d'un rouge vif.

Je trouve cependant qu'il manque vraiment un supplément visuel qui permettrait au combo de passer au pallier supérieur.

Il s'avère évident que Black Zombie Procession a dérobé les âmes du soir, que c'est le groupe qui aura marqué le plus les esprits, peut-être qu'après la commotion du week-end vous n'avez pas réalisés, que c'est encore diffus dans vos têtes, mais n'ayez aucun doute, le contrecoup sera violent, manifeste, car BZP est l'avenir. Il vous faut écouter toute la finesse, la rapidité à laquelle son dernier album en propage l'aspect le plus fécond, et le mouvement perpétuel qu'un telle missive sonique devra dans quelques années affirmer avec le culte de sa renommée, que BZP a marqué son empreinte, et vous public de l'Xtremefest vous pourrez alors témoigner de son impact scénique.

Le set se termine, il n'y a plus une goutte de pluie, juste le son continu des craquements de nuques qui se répand dans la nuit obscure. Le final retentit, l'action se termine avec la musique du film Terminator.


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SMOKE DELUXE est un groupe de Punk'n'roll un poil gras 70's, assez cool pour fluidifier de sa légèreté. Les festivaliers se sont dynamités à la réciprocité existante entre la musique de Smoke Deluxe et le malt d'une bière blonde. Je constatais que deux membres de l'orchestre de l'Opium Du Peuple font partie de cette escouade rock'n'rolienne. Je ne connaissais pas du tout ce combo, qui a réalisé une prestation bienveillante et dans le mood rock'n'roll qui nous a fait oublier un temps la température contre nature de cet été maussade. Je pense même que le physique musical du groupe a pu induire à faire mousser quelques culottes féminines au passage.


C'était au mois de mai dernier que les SHERIFF ont entamé une tournée de reformation, dont vous pouvez en lire le reportage lors de leur entame à Toulouse dans la salle du Bikini dans l'excellent WBZ. Je vous en conseille la lecture : $hériff fais moi peur ! !

Dans la fosse de la salle, le public s'est massé ( la nuque aussi ) en attendant que les vétérans leur propulse des électrochocs ascensionnels par le biais continue du parcours discographique des Montpelliérains, saturé de tubes en puissance.

Le set a débuté et je constate que le combo a changé sa set list, puisqu'il débute tambour battant par une avalanche de hits. La salle toute entière a entonné la coolitude punk 80/90's des Ramones de l'hexagone, et commença à répandre une bruine épaisse à cause d'une transpiration excessive. Je ne veux pas dire de conneries, mais à trois mètres de la scène j'ai pu constater que Geoff le gratteux des Nelly Olson et sa compagne Céline étaient capables de répandre une grosse part de cette bruine, affirmer que se soit eux uniquement me semble exagérer tant les personnes à côté d'eux étaient dans le même état de sudation.

C'était peut être trop rapide pour eux les Sheriff !


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Bon, entendons nous bien, ce groupe est une institution dans le sud, leur venue est à elle seule responsable, et je le pense sincèrement, de la moitié des billets du vendredi au moins. Les quinquagénaires ont fait des fractionnés dans le pit pendant que le groupe assurait une dynamique avec bien plus d'amplitude que lors de leur début de tournée. Preuve s'il en est que les rouages sont complètement huilés désormais.

Je ne vais pas vous énumérer tous les titres parce que putain, QUE DE TUBES !!! Joués avec le fun qui caractérise le son des Shériff, et l'esprit bouillonnant qui va avec. Un set vraiment très, très cool ! Les nouvelles générations Y et notamment les deux grands Vincent et Raph du groupe hammerton pride, ont pris le fer rouillé du punk rock en plein dans les cages à miel, en plus des émanations de chien qui pue des quinquagénaires trempés comme des soupes.


Passons au cas HAVOK, qui est juste en fait un péché véniel. Puisque il ne fait pas avancer d'un centimètre avec son revival thrash 80's mais il le fait très bien. Le groupe a rugi l'agonie d'un monde croulant sous le poids de sa défaite, et le sarcasme de ces types est un mélange de thrash malicieux et de heavy ironique. Si vous connaissez déjà ce groupe par cœur pour l'avoir entendu il y a déjà plus de 20 piges de cela avec des groupes de thrash basiques, dîtes-vous que celui-là possède une production contemporaine qui ne recule devant rien pour abattre un son écrasant.



SAMEDI c'était Condamné à brûler


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Cette année les stands sont conséquents, et il y a plus de disques que de shirt, ce qui diffère du Hellfest. J'ai pu fouiner dans la distro de Carlos le Christ (il s’appelle Christophe) de Mazamet et pas de Nazareth, ouaie le gars aux yeux de taupes que je glorifie à la fin de mon report du hellfest 2011. Présence remarquée aussi de Useless Pride Records gorgé de bacs épais, ainsi que de l'excellent disquaire d'Albi et le meilleur du Tarn : Sky Valley Shop.

Au stand Kicking Records j'ai retrouvé le boss, Mr Cu !, manager des Shériff, qui m'est apparu aussi fringuant qu'auparavant, avec le galbe d'une silhouette de marathonien Kényan et la tenue vestimentaire d'un collégien de cinquième, amateur de SK8.

Pour la petite histoire, Mr Cu ! n'est pas venu au Hellfest cette année, il est resté cloîtré dans un lit en baldaquin vêtu d'une moustiquaire à Aix-en-Provence, à cause d'une paralysie lombaire assez éprouvante, au point que que sa compagne lui a témoignée la pitié ne de pratiquer uniquement la position de la tarentule pour accomplir le devoir conjugal.


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Oui l'époque est maligne et nous déleste de sa plus odieuse vérité, Mr Cu ! n'a plus la capacité physique de jadis, fini de prétendre être le perchiste de Bamako en jouant à la sulfateuse éthiopienne.

GAME OVER !

Et un bourre-pif, un ! Heyyyyyyy, je dis pas que c'est bien...je dis que ça soulage !!

Je constatais alors cette gêne dorsale par le basculement incessant qu'il pratiquait tout en parlant, me soulignant par ce fait la mollesse des gérontes avec l'adage : " Avec l'age la raideur se déplace ".

C'est dur ! Enfin non, non, je voulais plutôt dire : C'est cruel ! Oui voilà c'est mieux et convient davantage à ce que ce saint homme traverse comme tracas existentiel, dont le lit médicalisé présent au festival en certifiait l'horrible déchéance. Enfin ce lit ressemblait davantage à un bain de soleil qui par ailleurs, devenait paillasse obstétrique selon la personne qui l'utilisait.


Réveil au cri de cochon de SMASHED d'emblée sur la scène Xstage et pas interprété avec des pieds de porc.

Les gars ont joué dans le fun des breaks & des compositions bien fournis. Ce fut une très bonne surprise. Il n'y a pas de bassiste par contre, le son est donc plus clair qu'à l'accoutumé. Smashed a apposé son grinddeath avec des références ciné tel que « Street trash ». J'ai adoré leur humour, notamment avec leur titre «  anal blood » pour les fans de sport extrême.

Ce groupe m'a fait son effet et je constate une fois de plus que le death/grind a vraiment supplanté le punk rock en matière de provocation libertaire, et Smashed en est la preuve.

« Le prochain morceau n'a pas de parole, il s'appelle : ALZHEIMERRRRRRRRRR ».

Ah putain les cons, c'était excellent, merde ça crevait les yeux !!


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Par contre je n'ai vu personne du groupe après pour assurer le service après vente de leur unique démo, shirt, gravure sur peau de cochon, mug, etc...C'est dommage.


Le HxC frontal de WOODWORK fut sympathique et cool avec des gars qui ont joués avec le sourire et loyauté au style. Le ciel était presque tout bleu, et Woodwork a ajouré les festivités de manière à frapper par son intégrité musicale face à cette génération de tatoué/percé digne rejeton du chef raoni, avec des rondelles de 20 dans les feuilles et la pilosité de Demis Roussos en 1975. D'ailleurs cette génération ne masque t'elle pas son ascendante fashionita contemporaine face à des trentenaires qui étaient encore au bar en train de refaire des solos de air guitar imbibés par une profusion d'alcool fort, et des quinquagénaires usant de mantra yogi pour amener les bonnes vibrations dans leur corps astral ? Oui, le look a une importance primordiale dans ce que véhicule les codes du rock'n'roll, c'est indéniable de son attractivité et de son unicité.

Le public du Xtremefest est looké, génial et cool !


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Woodwork a fait son job, le public n'était pas à fond dedans au début, mais après un échauffement salutaire, les karatékas de la capoeira ont commencé à ronger le tatami goudronné par un combat à la régulière, fille incluse.




Le papier carbone de SMOKE DELUXE était fonctionnel puisque le groupe a joué pour la deuxième fois du week-end suite à l'annulation de  STRAIGHTAWAY. Là il était passé sur la scène moyenne de la Xstage avec un gros rock très putassier pour faire bouger les petits culs du fest. J'ai trouvé que l'attitude altière de la part du chanteur, à apposer une éclatante vérité quand à la teneur maladroite de leur set.


La nuit des longs couteaux de BLACK KNIVES s'est avérée être de fines lames du HxC brutal.


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Ce groupe fait partie des formations en devenir. En digne outsider il a affronté la scène en la longeant de long en large pour galvaniser le combattant et impressionner un hypothétique adversaire. Black Knives a très vite pris l'ascendant, et a aligné ses knock-out totalitaires.

Il me semble que la quasi intégralité de leur album "The Thirteenth Hour" a été joué de façon à nous exploser les tympans et à nous faire ressortir les yeux des orbites. Les jeunes lionceaux ont rugi dans la fosse et leurs cadavres jonchaient les airs. Le gros son qu'a envoyé le groupe a défoncé la flore intestinale car toulousains et albigeois se rentraient dans les côtes flottantes sans discontinue. C'était la guerre et putain mais où était John Rambo ?

Black Knives a fait trembler le pit comme un ring de catch après une Diving hurricanrana, il a filé des uppercuts soniques que dans le sud on nomme de mornifles, et çà, ça fait mal.

Le wall of death qui fut pratiqué était une rentrée en mêlée impressionnante qui a permis de dessouder le public pour un set de furieux juste après. Le panel technique des combattants dans le pit était très large, et les comportements s’inspiraient des autres pratiques de combat du métAl et du HxC au sens large. L'ébullition que Black Knives a apporté dans son set, a témoigné de sa vigueur à devenir un grand maître guerrier en la matière sonique.


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L’ère moderne a introduit les règles du pit dans la boxe HxC, notamment avec des protections dentaires, le sol d'un ring souple, des rounds plus denses et des catégories de poids.

A l'xtremefest le pit c'est la loi naturelle de la fosse aux lions, les rounds sont tout aussi durs que le sol qui les accueille, il n'y a pas de protection mis à part celle de tapoter peinard du pied au fond, aucune catégorie de poids et de sexe, tout est oldschool, mais toujours dans les respect mutuel de s'éclater.

A ce jeu c'est toujours la ligue des justiciers de la Mosher Team qui gère le mieux l'affrontement. Ces guerriers ont indubitablement l'âme des glorieux combattants qui réalisent l'ossature pour que l'impact entre ce que le groupe envoie comme furie musicale, et ce que le public renvoie comme décharge passionnelle demeurent l'épicentre de la déflagration. Oui la Mosher Team est une dynamo, et elle éclaire les ténèbres du pit.

En m'entretenant avec Tristan leur leader revenant de l'Obscene Extreme Fest en Tchéquie, toujours le sourire aux lèvres et le cri guttural d'une jouissance sans commune mesure quand il se défonce les lombaires dans la fosse, il m'a rapporté une remarque judicieuse : L'Xtremefest devrait enlever les barrières de sécurité devant la scène, pour un rapprochement plus conséquent et une relation plus contiguë entre l'artiste et le public. Un changement qui lui apporterait une façon de se différencier avec un côté plus oldschool. Oui comme avant, alors je dis chiche, des concerts dans des petites salles où il y a une grosse ferveur j'en fais tous les ans et il n'y a pas de barrière.

Quid pour les photographes ? Les secours ? Le personnel du service d'ordre ? De la chatte à la voisine ? etc...

Tristan me témoigne aussi son désir d'organiser et de développer des concerts dans la région de Montpellier pour promouvoir la scène grind française, je laisse aux différents groupes le soin de le contacter si cela les branchent, sachez que cette idée est venue par l'égide des promoteurs de salles et de bars qui ont remarqués que quand La Mosher Team se déplaçait, les concerts disposaient d'une ambiance étonnamment excellente. Je pense que tout est dit rien qu'avec ça.


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AUTHORITY ZERO a fourni une très bonne énergie scénique pour un power punk mélo avec parfois des pointes de rock indé. Le chanteur performeur nous a donné une performance pendant un chant irlandais a capella au point parfois d'en faire des caisses aussi. Le groupe a disposé d'un bon esprit d'entreprendre le public par la voie de l'énergie, ce qui a engendré une détente auditive par rapport aux afflux répétitifs violents de la programmation du fest. Un souffle d'air plus cool est toujours souhaitable pour se remettre le cerveau au moins dans le sens de la marche. Le son en façade a lâché un temps relativement furtif mais a amoindri les effets du groupe toutefois. Le chanteur était le plus impressionnant, il donnait un max en allant au contact et a personnifié l'âme du punk rock émotionnel selon moi, avec cette débordante générosité, ce chant troublant d'agitation interne.

Guillaume Circus m'a annoncé par la suite que ce groupe était trop mélo, même pour lui. Hein ?!?

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La différence entre le revival thrash et le bon vieux thrash à papa c'est que l'un personnifie la surexcitation d'un style ancien au point de l'affubler d'une exaspération à son paroxysme, et l'autre la continuité carriériste de groupe pas foutu de faire autre chose que ce qu'ils sont capables de faire de mieux.

ANGELUS APATRIDA c'est du bon vieux thrash à papa, super oldschool, dans l'esprit du combo OVERKILL. Un concentré de thrash super cool, efficace et très bien interprété. Il y avait un guitariste qui nous l'a joué à l'espagnole, assis, bon ok il avait un plâtre.

Je me suis régalé, éclaté d'entendre à quel point ce style était capable de faire remuer les foules malgré son age. Le groupe a avoiné un set grandiose, sans concession. Les espagnols nous ont remués les castagnettes avec un fer à souder, UH !


La confirmation live du HxC oldschool 80's de YOUTH AVOIDERS a permis à bon nombre de personne de confirmer leur présence au kinésithérapeute le plus proche dès la première heure du lundi.

Comment ne pas rapprocher ce groupe avec le Gorilla Biscuits/Minor Threat sound ? Avec wahouuwahouu des guitares claires mec pour du HxC, cela faisait des siècles, et des morceaux qui s’enchaînent les uns après les autres cela fait toujours son effet. Un très bon set, toujours très actif, avec de la bonne énergie, et une once de modernité dans le son rock'n'roll.

La Zguen stage a branlé comme chez un célibataire endurci, qui s'aperçoit que la maladie de Parkinson réservera une inattendu bénédiction dès qu'il ira se soulager au toilette.

Un très bon moment passé avec ce groupe, vraiment, qui mérite amplement la notoriété de leur premier album éponyme, tout aussi effervescent que leur live à l'Xtremefest.


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Finalement j'ai eu le son et une prestation à la hauteur de l'étranglement fatal attendu avec SUFFOCATION. Gros coup de cœur pour ma part. De quoi remettre une oreille attentive et très urgente sur leur dernier album "Pinnacle Of Bedlam", qui m'était apparu monolithique, là c'était la guerre du feu avec des bazookas.

Le bassiste est un géant de la basse, putain il fait des solos où quoi ?? Le combo a fait bouger avec insistance des grosseurs de death qui ont éclaboussées les consciences.


A peine après avoir été pris à la gorge par Suffocation, je prend la tornade ricaine punk mélo de A WILHEM SCREAM. Mon pote Junk m'avait briefé auparavant mais je ne m'attendais pas à une telle déflagration. Les gars sont hyper pêchus, et ils ont le cool dans les veines avec une énergie capable d'éclairer en actionnant des dynamos la ville de Los Angeles pendant huit décennie au moins. Whaouuuuuu, ces types jouent en envoyant la patate chaude et le sourire avec une facilité déconcertante. Incroyable de vélocité et d'énergie communicative tout le long d'un set déroulé à 400 km/seconde. La démonstration s'est faîte dans la torpeur d'un pit en surchauffe. Des tappings à la gratte, à la basse, écœurant de maîtrise. Ce groupe joue un minimum de 150 dates/an tout de même, le boulot s'avère payant. Les nouvelles générations Y et notamment les deux grands Vincent et Raph du groupe Sonic Geek Assault ont pris le fer décapé du punk rock en plein dans les cages à miel.

Même après le punk mélo du groupe, je sentais tout de même que les punkers en avaient assez de la douche métOl dégoulinante d'hémoglobine, sang suffisait pour eux...


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...Un peu de coolitude punk rock alors, afin de panser les plaies avec JUSTIN(E) était bienvenue.

D'ailleurs les punks frenchies ont attiré la foule pour la connerie dont est capable de fédérer le punk hexagonal. La provocation du groupe a permis d'attiser par touche de sarcasme un rapprochement aux textes sombres que Justin(e) noie dans leur musique punk. L'assistance connaissait les maux et s'est laissée sombrer dans ce mélange poétique de noirceur et de connerie.


Mais une autre noirceur m'attendais. Je diverge donc de là pour CONVERGE. Toujours aussi irascible avec ses atmosphères languides et étouffantes. Il s'avère difficile d'être happé par l'hermétisme musical du groupe et de sa chape de plomb exténuante, même si la force du groupe réside dans cette centrifugeuse sonique. Car Converge est un magma ébouillanté de douleur et d'affliction chaotique. Le groupe est allé au bout de son bouleversement sonique avec ses nuances anarchiques, souvent écrasantes de profondeurs. Converge est un tortionnaire du mathcore qui en veut à notre peau, dépeçant le cuir de notre protection pour une mise à nu émotionnelle, où se bouscule l'effroi de prendre un plaisir sadomasochiste à être fouetter de la sorte.


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Juste après, sur la Xstage, le HxC mélodique de BANE a ravi par son peps cool. Le chanteur est arrivé avec la dégaine d'un routier de l'Illinois, casquette et chemise de bûcheron. Déjà c'était totalement différent de la nébulosité de Converge, alors on reprenait pour ainsi dire goût à la vie.

Leur set était tranquille, possédé par une effusion sincère pour du hardcore, mais il a manqué un truc pour que cela le fasse vraiment. Comme si le groupe n'était pas à fond dedans, où aussi que la dilution avec l'univers bilieux de Converge faisait encore masse.

Le chanteur a scandé « We are Bane from Massachussets », et le gars avé l'accent à côté de moi m'a demandé  : "Il a perdu sa chaussette con ?" Uh !


CONFUSION est monté sur les planches de la Zguen stage et a joué sa vie, sans regret, car le regret est un diamant qui fait briller l'éternel désir inassouvie de sa toute puissance. C'est dingue, le chanteur ressemble à l'acteur Michael Cera (Juno), et le bassiste en voulait à ses meilleurs potes de l'avoir enculé profond, je pense que d'emblée on partait sur de bonne base pour un HxC de furieux.

Le chanteur gesticulait en mimant un mélange de danse des canards et du hip hop des 80's. Oh pitain ces gars sont décidément trop cool ! Le combo Lillois a délivré le suc névralgique de leur adolescence par une énergie contaminante.

J'adore les gens du Nord, tous ceux que j'ai rencontré étaient chaleureux, vraiment cool, Confusion tu savais qu'ils venaient du bout du territoire, car ils avaient la peau aussi blanche que des dragées fuca dans un verre de lait.

Allez écouter Confusion, et rappelez vous surtout que c'est le trouble juvénile à son incandescence hardcore, et qu'ils sont encore plus blanc que le nouvel omo.


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NOFX ? Sérieux j'ai vu que le final, car juste avant je suis allé voir MrCu! en train de se nettoyer les bronches avec l'anesthésiant de chez pernord/ricard.

Il y avait un gars avec lui, un dénommé Kamel (oui comme le magicien). Le mec vient de Paris (oui comme les champignons). Il m'a débité avec la rapidité confuse de sa provocation capitale, le sermon du métropolitain lambda quand il termine son deuxième gobelet de jaune, dont le dosage s'aggrave au fur et à mesure de l'effet magique que cet apéritif produit en devenant un digestif, voire du plâtre quand tu parles trop. Kamel le magicien a toujours pas compris le tour à l'heure où il dégueule encore certainement. Comme c'est une lumière des tournées des Shériffs depuis 1993, Il m'a expliqué qu'il éclairait Jane Birkin chez les Prudhommes mais uniquement le premier mai, et qu'il appréciait l'état d'esprit du sud avec la détermination d'un car de supporter de croix gammés devant un marseillais. J'ai pu constater que Rachid a un cousin à Paris qui tient autant le ricard que lui le rosé pamplemousse par contre.

NOFX est le groupe qui a rameuté le plus de monde, j'ai jamais suivi sa carrière, et j'ai pas un disque chez moi, rien.

La bande son pour faire du SK8 dans mon bled de 1500 bouseux, c'était du thrash, le crossover de D.I/M.O.D & co, et le rap de Public Enemy/L.L.Cool.J.

NOFX est arrivé après cela, fini le SK8, direct la liberté motorisée d'une vroumvroum, quand je commençais à me faire sucer la bite sur Nirvana, Therapy?, Helmet ou Prong.

Selon moi, NOFX a fini son set avec cette silhouette qui dessine à merveille les formes ventripotentes conformes à l'indolente vie de patachon que le désinvolte bouffe à satiété dans la guimauve velléitaire de ses choix aléatoires.

Félicitations à toi si tu as lu cette phrase d'une traite, c'est que tu as le souffle nécessaire pour poursuivre ce report.


RED FANG ? J'aime pas ce groupe, je suis franc, je trouve qu'il existe d'autres groupes mille fois meilleurs que lui, mais j'étais satisfait d'entendre une couche de gras doom/stoner à l'xtremefest.

Le combo a fait son job, le public a remué les cervicales, c'était cool, sans être transcendant. Le disquaire d'Albi à la barbe longue, SKY VALLEY SHOP, est d'accord avec moi, il manque vraiment du doom et du stoner à ce festival. Et le public qui a plébiscité Red Fang voulait encore plus de gras, d'occultisme, et de foudre.



DIMANCHE c'était Je fonce dans le tas


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Dernier jour, on découvre le black métal languide d'OROB en osmose avec le ciel bleu gorgé d'éclair noir. C'était le seul groupe de black du week. Leur black était teinté parfois atmosphérique pour son mélange de torpeur spleenétique, d'ailleurs en accointance avec la lourdeur climatique du jour, du coup cela a pu amplifier, voire décupler les effets du groupe. C'était une bonne découverte puisque le groupe a fait office d'ovni par rapport à la programmation CoremétAlpunk.


A proximité c'est les Parigot tête de veau de JACK MOVE avec leur HxC'n'roll qui ont inauguré le jour du saigneur sur la Zguen Stage. Leçon N°1 à l'attention des jeunes groupes : Toujours valoriser l'endroit ou l'on joue et le public. Jack Move est arrivé crispé du fion, tendu comme un string brésilien, ohhhhhhhh t'es pas dans un bassin de décantation mais proche des reins du bassin Méditerranéen, alors tranquille, respire le bon air de la province, peinard. Tu vois de suite tout le monde est dans ton trip, voilà tu peux envoyer la sauce même si c'est un peu le bordel les déplacements sur la zguen minus stage. Le groupe est même étonné à la fin des applaudissements qu'il a créé. Le groupe n'a qu'une démo K7 mais déjà sold out, flûte, faut aller direct sur leur bandcamp pour retrouver leurs compos bien foutus avec un soupçon de spirit 90's.

Le crew du xtreme valorise les groupes de l'hexagone et c'est une très bonne initiative.


On a trouvé le camp retranché des légionnaires d'ALEA JACTA EST devant la Xstage, avec une cohorte prête pour le glorieux "Morituri te salutant" (ceux qui vont mourir te saluent).


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Les toulousains sont rentrés dans l'arène pour bouffer les lionceaux du pit. Gros set. Pas de quartiers surtout avec les titres de leur dernier opus "Vae Victis" .

Le public était en furie, les pouces tournés vers le bas pour être achevé avec les honneurs. Le groupe a gesticulé au quatre coin de la scène pour dynamiser un visuel en concordance avec l'énergie de leur hardcore moderne. Le bassiste est un performeur, toujours avec le sourire en rameutant les troupes, ça paye toujours ce truc parce que cela donne envie. Le combo est un perforateur et il a resserré sa formation sans cesse pour sortir sous le "Veni veci vedi" triomphateur.

J'ai adoré leur apport en bande son des dialogues de Rambo.

« Dans cette baraque où on était y'a un gosse qui c'est pointé. Ce gosse il avait une boîte pour cirer les pompes il a dit "chaussures s'vous plait, chaussures". Moi j'ai dit non, puis il a continué à demander alors Joe il a dit oui. J'suis allé chercher deux p'tites bières et la boîte est piégée, il ouvre la boîte, son corps explose en morceaux dans toute la pièce. Il est étendu il hurle à la mort j'ai des bouts de chair partout sur moi comme ça ! J'ai dû enlever les morceaux vous savez ! Ma veste était couverte des restes de mon ami ! Du sang et tout j'essaie de remettre tout en place ! Et son ventre s'ouvre et ses entrailles me tombent dessus ! Et y'avait personne pour nous aider ! J'étais perdu et il s'est mit à crier "j'veux rentrer chez moi, j'veux rentrer chez moi !" il s'arrêtait plus de crier "j'veux rentrer chez moi ! il arrivait pas à trouver ses jambes. Il arrive pas à trouver ses jambes. J'peux pas sortir ça de ma tête... »

Un vieux con disciple d'une non discipline physique vue l'embonpoint qui dépasse de son tricot de peau, prétexte au groupe son manque de rigueur oldschool typé 80's. Hey mec, mon impression pour ton ancienneté d'ancien combattant et de son simulacre je peux te la faire en latin, car Alea Jacta Est te l'a mis « Dans l'rectum ! »


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Les gars de LASTING VALUES avaient le bon mojo, et une volonté tenace pour réussir à passer l'échafaud du "petit groupe", alors on va pas pinailler sur la qualité intrinsèque de leur comportement scénique à travers leur mélopée hardcore nan ? Attends Guns & Roses à leur début ils se sont fait chier sur la tronche par des remarques assassines, t'as vu ce qu'ils sont devenus ? Des cons, ben ouaie ! Donc allez voir tous les groupes et mettez vous dans leur univers, c'est toujours agréable d'être écouter, alors si en plus avec ça vous appréciez ce ne sera que bénéfique à tout le monde...Lasting Values a joué un hardcore crépit sous le rythme de feu du binaire, c'était convenu, mais ça fait toujours du bien d'en écouter la vibration.


D'un calibre supérieur sur la Mainstage, THE GREAT DIVIDE a adoubé son HxC moderne dont les effets mélodiques se noyaient sous les feux de la rampe. Trop hype pour une assistance paysanne plus encline à savourer le fumet houblonné d'une bière agricole, le groupe ne s'est pas avoué vaincu pour autant et est allé chercher le public jusque dans les chiottes de ses préjugés. Il s'est agrippé à lui et est arrivé à le tenir par les couilles, malgré des structures dissonantes et un chant criard. Ce mélange de rancœur et de passion est arrivé à impacter sa tenue, en étant assez putassier au bout du compte pour être appréciable. Le chanteur était assez professionnel pour vendre son produit d'appel vers le merch, comme le conçoit un commercial fondamentaliste du porte à porte.

Nous n'étions pas préparés à ça nous autres de la campagne !


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DIRTY FONZY était le régional de l'étape, et il n'a jamais pédalé à s'en péter les rotules puisque pour lui aujourd'hui c'était la descente, alors il en a profité à donf !

Il a commencé avec le titre « Riot In The Pit » pour imprimer ce que sera la teneur de leur set, une émeute, mais une émeute joviale, de celle qui amène le monde aux fenêtres pour regarder défiler la foule bramer dans la rue. Le pit est la rue, et la rue veut faire la fête, elle a répondu présente aussi bien au chanteur qu'à l'organisateur du Xtremefest, en lui rendant le sourire, sa joie d'être là, de communier pour un tel événement. Très bons, très, très cools les fonzy et aussi détendus du zguen puisque ils jouaient sur la Xstage leur punk rock sans pudeur, ils ont filé le mojo pour détendre le set et foutre le rock'n'roll dans les sourires. J'ai vu ce groupe une chiée de fois, et celle là c'était la meilleure, surtout qu'avec son ep et son dernier album "Riot In The Pit" Dirty Fonzy a remué le punk rock pour aboutir à un résultat très enthousiasmant pour la suite.


Le chanteur de RAW JUSTICE est arrivé avec des gants en cuir de chantier marqué par des croix sur les mains, c'était un hommage au HxC 80's SxE.


XXX

Si vous ne connaissait pas ce gazier sachez qu'il dispose d'une distro conséquente avec son merch STRAIGHT and ALERT.



Ok Raw Justice a fait les cent pas de la panthère qui a faim dans la cage réduite de la Zguen Stage avant de débuter, déjà tu sentais qu'il allait se passer un truc sévère. Leur bassiste officie aussi dans le groupe « Regarde Les Hommes Tomber » et je l'ai vu à Toulouse au set musclé 90's de Tromatized Youth. Vous pouvez en lire le report, il s'intitule "Trauma Social".

Les 2 gratteux affichaient un look différent, hardcore rock'n'roll d'un côté jouant de dos souvent et thrashy de l'autre. Ce qui pourrait travestir leur apparence comme un groupe tape à l'œil avec ce genre de look cliché est immédiatement et complètement détruit par une bourrasque HxC des plus intègres.

Les gars ont envoyé la pâté d'emblée, ouchhhhhhhhhhh, Nantes Pride !!!

A venir de loin tu te dis que cela ne sera pas pour rien et effectivement les salauds n'y vont pas avec le dos de la cuillère pour te bazarder en intraveineuse la complainte des chevaliers cathares dans les veines, là on est dans un hardcore hargneux, typé straight edge, libérateur de frustration, dégageant le ton et dénouant la parole pour l'affirmation. Leur musique applique des riffs oldschools garant d'une énergie et d'un impact salutaire pour faire passer leur ogive. Et le vieux con disciple d'une non discipline physique vue l'embonpoint qui dépasse de son tricot de peau, n'a pas prétexté au groupe son manque de rigueur oldschool typé 80's puisque de nouveau il l'avait dans le rectum, comme avec Alea Jacta Est, ben ouaie, d'ailleurs, il est resté jusqu'au bout du set, je pense qu'il y a pris goût le pd.

Oups désolé


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Maintenant que tu as oublié ce que je viens d'écrire !


NOTA : Selon le style musical et son groupe ethnique la réalisation des formes techniques de danse pratiquées dans le pit ne sera jamais la même et restera propre à une école de combat. Dans le hardcore oldschool qui intègre la catégorie poids plume et coq Straight Edge, le rapport est beaucoup plus individualiste, avec une sorte de combat imaginaire, symptomatique d'une étrange cérémonie d'intimidation plus que d'un réel affrontement. Puisque les participants attendent à chaque nouveau titre que le maître de cérémonie ( généralement le gars qui hurle des onomatopées positives dans le micro ) lance le début de la danse.

Je me suis régalé, il n'y avait que des karatékas ceintures noires dans le pit de Raw Justice. Par contre, le groupe n'avait rien pris pour le merch, mais leur prochain album devrait arriver très bientôt, je suis déjà à l'affût d'un tel brûlot.

Le chanteur a affirmé qu'il était le seul SxE du groupe et que c'était pas important, car on était tous potes, cependant je ne peux m'empêcher de vous rapporter cette missive de sa part : « Pour tous ceux qui vont rentrer bourrés en voiture, j'espère qu'ils vont se foutre contre un arbre »

Ahhhhh pitain j'en pleure encore, merci pour ce trait d'humour noir !!!


Ce groupe m'avait revigoré les esgourdes, et la température corporelle est devenu indécente pour un pit en proie à une fièvre porcine de Death-grind quand BENIGHTED a monté la Mainstage comme Rocco Siffredi une cochonne.

Gruiiiiikkkkkkkkk !!


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Le groupe (nouvelle formule après le départ d'un gratteux et du bassiste) a mis à bas par les voies basses son nouveau-né sur scène, et il y avait de l'hémoglobine avec des bouts de placenta sonore partout. L'accouchement entre le groupe et le public était rude, à se demander même si il y avait eu une péridurale avant tant ça hurlait sans discontinue.

De toute façon personne n'a tranché le cordon ombilical ça c'est certain, tellement le public était fanatisé par cette musique extrême. Il n'y a eu aucune palabre, puisque Benighted a joué les dents serrés en poussant la fosse à des stage-diving volant au plus bas. Trop bas à mon humble avis car certains en ont chié comme des turcs. Les gens du coin amateur de charcuterie ont reconnus la sapidité de la salaison lacaunaise dans cette cochonnaille frénétique.

Ouch ! XTREMEFIST

Avec une pensée compatissante tout de même pour le vieux con disciple d'une non discipline physique vue l'embonpoint qui dépasse de son tricot de peau...

Ce comique de répétition bascule dans la folie pure maintenant !


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La taverne gaélique de THE REAL MCKENZIES s'est montrée addictive pour le fan des sardines de Patrick Sébastien. Le groupe affirme pratiquer le punk irish coffee festof, et vient du Canada ?!!! WTF ???

Si dans ma jeunesse dévergondée j'ai écouté les Pogues le temps de pisser dans les étoiles pour trouver l'ivresse du caniveau, cette convivialité musicale ne m'a jamais apporté quoique ce soit, si ce n'est de la bière renversé sur mes habits du dimanche.

C'était donc l'Xtremefête.

Le chant était faux, une catastrophe. J'ai néanmoins pu retrouver le souvenir du vomissement au fond de la glotte dans cette sarabande festive, faisant écho à l'ivrognerie réciproque des fêtes de Brassac/Bayonne. Je mets volontairement de la mauvaise foi dans ma critique, mais il était par ailleurs vulgaire de montrer son cul selon le grand amateur averti du kilt, le sieur Gwardeath. J'ai donc sa bénédiction et son immunité pour dessaouler ce groupe.


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Sinon on peut dire que j'ai vachement apprécié The Real McKenzies nan ?


THROUGH MY EYES a appliqué un HxC moderne avec des lignes évanescentes et du gros brouillard, dû par un son pas top par contre, dégageant une impression de flottement sonore et un mélange d'orage de grêle. Il y avait un gars à côté de moi qui affichait le visage expressif de MrBean quand il amuse la working-class britannique. Je ne suis pas rentré dans leur voie de garage, trop vieux pour ce modernisme chromé à dire vrai, mais le groupe a propulsé son set avec constance et détermination. A la fin le même gars affichait le visage expressif de Benny Hill quand il amusait la classe populaire française.


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Dans la supercherie de sa vie seigneuriale, l'homme est l'acteur principal d'un moment héroïque, que le publiciste Andy Warhol a proclamé comme étant son quart d'heure de gloire événementiel. Ce moment de grâce m'est apparu lorsque un jeune homme vêtu d'un t-shirt de Sepultura s'est méchamment vautré contre le stand de débit de boisson malté. Il s'est relevé avec peine, la face recouverte des mégots divers et variés que ces collègues métalleux avaient déposé en masse d'un geste flegmatique, pile à l'endroit où son corps défendant est venu s'encastrer, avec cette maladresse éthylique qui empêche à l'esprit de faire agir les muscles du corps d'une manière alerte. Connaissant la vertu ironique d'une telle situation, je ne douterais guère de revoir cette scène pittoresque sur une vidéo du net, pour le quart d'humiliation contemporaine.


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LAG WAGON a déraillé son set par un train-train très loin des chevaux de feu de sa légende.

Bon, le punk mélo moi je me suis arrêté à Motley Crüe c'est dire du retard que j'accumule...Les connaisseurs m'ont assurés avec la bouche en cul de poule que Lag Wagon a perdu de sa superbe en live. Sur album apparemment c'est cool, en live peut être que dans un club ça le ferait davantage alors ?!

N'étant pas du tout convaincu, c'est à cet instant que je suis allé manger une barquette de frites dégueulasse. Comme je suis plus con que le roi, j'ai pas voulu attendre devant le stand ou tout le monde attendait ses pommes de terres "maison", pour préférer le stand où il n'y avait personne, étonnant non ?

Les trucs avaient dû cuire dans de la vidange tout le week-end dans l'attente du roi des cons qui viendrait les bouffer : C'est moi hein le roi des cons.

Pendant cet instant de gourmet 3 étoiles chez midas, j'ai rencontré mon tatoueur toulousain arborant la tête béate que les adeptes de Krishna Vishnou possèdent quand tu leur dis que le riz au tofu est enfin cuit. Il m'a expliqué avec la douceur de l'élévation tantrique dans la voix qu'il avait mangé des champignons, visiblement c'était pas des cèpes.


Puis tagada, tagada voilà les daltons de TAGADA JONES.

Les gars ont fait de l'ombre à la rapidité de Lucky Luke, je suis resté 1mn. Perso j'aime pas mais je suis trop immature pour leur zique. Par contre les jneus à crête sont arrivés à fond de cale du camping pour s'éclater la tronche en beuglant tous les refrains par cœur. A 18 piges que tu t'éclates dessus c'est normal, mais à partir de 30 tu dois consulter.


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En rappel de la fois où je l'ai vu au concert lubrique des piquants Cannibal Mosquitos à Albi avec un problème dentaire, j'ai demandé au bassiste de SONS OF BUDDHA si il avait encore mal aux canines ? Il m'a répondu en rigolant "non, t'es con ", je lui ai dit "Ah non, là tu confonds, moi c'est Bir ".

Le groupe nous a balancé un set très très cool, en ramonant le foyer d'un punk rock'n'roll, afin de faire tomber une partie de la suie du métAl déposée pendant tout le week-end. Comme le trio possède un sens équivoque de la couillardise, il nous a demandé un wall of death puis un circle pit-toresque, et le public a répondu à cet appel tendancieux avec l'ironie de la situation.


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Le combo s'est appliqué à répandre le fluide pop punky de leur Screeching Weasel spirit à grand coup de riffs chewing-gumesques et de refrains irrésistibles. En live ils sont terribles et sur disque tout autant.

Aller faire un tour sur le site de Dirty Witch Records, dîtes que vous venez de ma part, et Lolo vous filera un autocollant du label avec votre commande.


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On oublie tout le temps que c'est SICK OF IT ALL qui a inventé le wall of death, mais c'est parce qu'il n'a pas déposé la marque en fait.

Ok leur HxC est très puissant et loyal envers l'aura et la vénération que le groupe distille à chaque concert. Si tu vois un de leur set, tu les as tous vus, mais si tu vis un set, jamais plus tu ne pourras en rater un. Donc pas surpris mais jamais déçu, la grosse bourrasque est arrivé en tsunami et elle a tout submergé avec l'esprit de sa légende.

Le boss SOIA était in da place et personne n'a trouvé à remettre en doute ce fait. Rachid est super fan, il a adoré (très rare qu'il apprécie un concert), et mon beau-frère Olivier était dans le pit en transe africaine dansant comme Johnny Clegg & Savuka au milieu des guerriers hardcoreux.

J'ai fini devant le micro de Lou Koller à hurler avec les autres, avec un gars au dessus de moi, et un autre que je piétinais.

Retour à la nature, restons tout naturel ! !


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Le public a fourni toute la panoplie de l'exutoire avec de nombreuses actions spectaculaires, notamment les techniques volantes, où les corps voltigent, parfois même comme des pantins désarticulés, en poussant des cris de contentements (certainement à se faire toucher les parties intimes par en dessous cela va s'en dire).

Le Wall Of Death fût monstrueux tant les deux blocs se sont élancés avec ferveur en se percutant tête contre tête (la fameuse Evil Goat), ainsi qu'avec les coudes, genoux et pieds. D'ailleurs je ne sais pas si vous avez remarqué mais avant le début de l'altercation et en direction de son adversaire, les bras croisés devant la poitrine, les gars du premier rideau de fer, "les béliers", se frappent trois fois de la main ouverte sur l’épaule opposée, de façon à annoncer qu’ils sont prêt au combat. Sinon il y a toujours une légère odeur de cacaprout à ce moment là aussi, car certains expriment une telle tension d'effroi qu'ils ont du mal à digérer les flageolets du jour.

Il existe plusieurs stratégies victorieuses à cette danse percutante, notamment celle assez spécifique où la rapidité et la précision en sont la clef de voûte, car l'on y attaque la partie adverse en fragilisant la périphérie avant d’attaquer le centre, pour porter de nombreux coups à la face avec des techniques volantes et de nombreuses techniques de projections suivies de percussions au sol.

Quand au Circle Pit, il fut consacrer par un cercle aussi parfait que celui que dessinait à main levé mon prof de math de troisième.


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Comme je ne connaissais pas du tout, je n'attendais rien de RAISED FIST, du coup j'étais pas déçu de leur style suédois à la Refused style.

D'après Junk mon expert en balistique punk mélodique, c'est devenu moins rapide qu'auparavant.

Je veux bien te croire sur parole mec, mais avant cela nous avions un changement climatique et de mood à gérer, et oui c'était dur de se foutre dedans après les lésions traumatiques de Sick Of It All. Ma méconnaissance m'a poussé à trouver normal ces différentes atmosphères ouatées que le groupe a libérées, alors que d'après Junk c'était carrément trop mou. J'ai trouvé leur set actif et puissant comme le chanteur, on a bien vu que le gars n'est pas le genre a abusé de la ventrèche et du boudin gras à tous les repas. Son timbre vocal se rapprochait de celui de Rob Halford quand il forçait, c'était marrant. Il a fini en prenant la pose du culturiste et assez Têtu pour la reproduire plusieurs fois d'affilé.

C'est dommage que Raised Fist ne possède pas le côté rock'n'roll de Refused, ça claque pas assez. Bon le set était flottant mais cela ne m'a pas choqué. J'ai passé un agréable moment mais leur concert ne m'a pas convaincu davantage de clore mon ignorance à leur discographie.


A ce moment là, nous attendions comme des vautours la dépouille du death métal, on voulait goûter sa chair sanguinolente en retirant tout le jus pustuleux de ses tripes.


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Rendez vous compte que Jean Louis David les voulait comme égérie, mais finalement OBITUARY n'a jamais accepté de se vendre sur le marché de la pute de luxe. Ouaie ces gars sont oldschool !!!

Les cieux se sont détournés et ont fait rentrer l'obscurité sur la Mainstage, les fans nécrophages pouvaient célébrer l'office par l'assujettissement d'une écoute imputrescible.

La cérémonie œcuménique de leur set sera plus que oldschool, puisque Obituary a déterré l'agonie d'une musicalité lourde faisant écho à l'origine du doom/death.

Je buvais dans l'eau croupie de ce bénitier putride pour me purifier, sanctifiant ce tonnerre sonique par un éclair de satisfaction qui me traversait de part en part. Les croix renversées des deux rampes d'éclairages sur les côtés faisaient écho à la crucifixion de ce groupe culte.

Obituary a glorifié son death métal et a excité les pentecôtistes de la résurrection solennelle pour cette chaude coulée.


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Le public majoritairement crossover du festival a tenu par intermittence sous le joug mortuaire des floridiens avant de lâcher la corde. Chacun ses goûts et limites c'est certain, si t'es un péteux c'est comme ça hein, on ne va pas en faire une litanie. De mon côté, je n'ai pas usurpé mon plaisir solitaire par un onanisme cérébral divin. J'étais en transe les yeux fermés en pleine osmose dans l'entrelacement obituaire de ce death. Quand j'ouvris mon regard, Olivier me regardais éberlué, voire même interloqué.

J'étais vraiment dedans, Obituary était en moi, nous pactisions dans les tréfonds où j'y laissais mon âme sans contrainte, je me livrais au mal avec le sourire du pénitent, alors que mon beau-frère me jugeait en martyr très certainement.

Il y avait un hardos à côté de moi qui secouait la tête à la façon de l'Eurocopter Tigre  EC665 (hélicoptère d'attaque franco-allemand), il devait suer du cuir chevelu car ça sentait le pétrolan pour cheveux gras et difficile.

Quand leur set pris fin, ce fut comme un rêve éveillé, et je garde les stigmates cauchemardesques de cette musicalité souterraine, pour lesquelles j'en conserve les os et coutumes depuis mon adolescente, dans cette ossuaire nostalgique où se dévore mes émotions intimes les plus caverneuses, surtout avec un tel set de déglutition de DEATH !


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J'ai remarqué qu'il y avait un public clairsemé sur la fin, traduisant l'épuisement du week-end, et que l'assemblée de ce festival n'est pas aussi extrême pour toucher la faux de la mort d'aussi prêt.

C'est ainsi que s'est refermé l'Xtremefest 2014 !


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Mais, attends il manque un bout mec !

Ok, ok on reprend la scène qui clôt le chapitre Xtremefest 2014 pour un final apocalyptique.


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La phrase qui scelle le marbre de la loyauté du spectacle populaire de tous les groupes de la voie lactée demeure : " Ce qui se passe en tournée reste en tournée."

On m'a souvent assez répété d'en respecter la tradition, car il s'agit d'une clause vertueuse inébranlable...que je ne respecte jamais, étant dans une introspection anarchiste, pour laquelle je me retrouve fréquemment face au mutisme des personnes que j'interroge par peur des représailles de relire la véracité de leurs propos et réactions.

D'ailleurs je sens déjà perlé chez certain la plus démoniaque sueur froide ruisseler le long de leur colonne vertébrale, plongeant vers une raie du cul qui sert de gouttière à l'ensemble.


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Obituary vient de terminer son set, je me faufile les oreilles bourdonnantes et le cœur ronronnant du plaisir des catacombes vers le VIP, parce que je me fais absorber dans le trou noir de cet hyperespace où regorge la décontraction testiculaire des noceurs de fin de festival, avec la réplique tentatrice suivante : " Hey payes ta mousse Bir ", et rate pour l'occaz les mammouthesques BIOHAZARD.

Je réponds par l'affirmative d'un : Ok, ok les gras, pour moi ce sera un jus d'orange comme d'hab !


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Devant faire face et abnégation à ce rite ancestral de biture, ni une, ni d'eux j'en viens à payer ma tournée en proportion du gabarit des protagonistes, et le gars que Mr.Cu ! a exploité pour tenir son stand durant tout le week-end aurait très bien pu jouer pilier dans l'équipe réserve de rugby d' Albi, il a donc eu une pinte lui, carrément. Du coup j'ai filé l'argent de poche réservé à mes gosses pour dessaler l'addition. Désolé les mouflets faudra jouer avec des cailloux le mois prochain.

Il y a autant d'excitation ici à cette heure que dans le pit, j'en suis convaincu, d'ailleurs Romain Boule le globe-trotters me salive dans le cou en me parlant le mandarin avec le regard du caméléon ( Explication : en haut, en bas, à gauche, à droite, et tout cela en même temps), j’acquiesce sans moufter à tout ce qu'il me dit avec l'esprit absorbé de Bernard Henri Levy quand il est devant les caméras du 20h00.

Gwardeath fait les cent pas devant le vieux à la platine qui passe " Les Daltons" de Joe Dassin, je lui dit que le DJ se fait appeler disco bestiau. Il ne m'a pas cru une seconde, ça aussi j'en suis convaincu.

Le bassiste de Justin(e) ne sait pas danser dessus, où a visiblement des problèmes avec son corps en tout les cas. De plus il n'arrête pas d'ouvrir la bouche comme une truite suffocant hors de l'eau en mimant la danse du muguet aveyronnaise. C'est assez cocasse.

Mr.Cu ! appose de manière impromptue et interrompue des lyrics du pmu à la façon d'un catcheur de la ligue WhatTheFuck?!, afin de discourir sur les différences fondamentales qu'il existe entre LE demi à pression et...UN demi à pression. J'ai pas tout compris à cette nuance éthylique, WTF?! Mais apparemment c'était sans importance, car il a continué dans ce sens avec la contenance du bagout que dispose un grand maître shaolin du bistrot.

L'endroit présente les caractéristiques typiques d'un début de soirée dans une discothèque de province.


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Le chanteur des Rebels Assholes faisait du va et vient en affichant le sourire niais qui caractérise une sévère fièvre des tonneaux, et pour un lendemain qui va chanter aussi durement que vingt types cognant sur des barriques de 100 litres de fioul vide.

Le posse pounk de Castres/Lameilhé a discuté avec les mains dans la bière comme au temps où il squattait devant le supermarché des Dames De France en gueulant anarchie in Mazamet, mais avec une dentition cariée, dégarnie sur le dessus et sans le nez dans la colle.

Maintenant l'espace VIP regorge de la crispation de la vessie des noceurs de fin de festival, car ça tape méchamment du pied. Il y a un jeune branché sur l'actualité discographique contemporaine à la platine qui passe "It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll » d'AC/DC, et le bassiste d'Ultra Vomit ne sait pas danser dessus, où a visiblement des problèmes avec son corps en tout les cas. De plus il n'arrête pas d'ouvrir la bouche comme une truite suffocant hors de l'eau en mimant la danse du muguet aveyronnaise. C'est assez cocasse.

COMME TOUT LE MONDE HURLE, les filles au bar de comprennent rien au commande et servent plus qu'uniquement des bières, alors que cinq minutes auparavant elles servaient des bières. ( c'est la nuance éthylique, WTF?! )

Ça pue la merde, mais grave, il y en a un qui chie mais je ne sais pas lequel en fait ? Mr.Cu ! rigole comme un con avec le regard en coin, pendant que je mémorise consciencieusement ce que ce spectacle vivant me donne à contempler pour vous le retranscrire point par point, sans aucune prise de conscience sur les événements. (ce n'est plus la peine à ce niveau de la compétition de toute façon)

Romain Boule quitte la scène avec la démarche du gars démantibulé par une insuffisance sanguine au niveau des jambes, de la sorte qu'il pouvait remplacer sans problème l'homme élastique dans l'épisode où il rentre dans une boite carré de 15 cm sur 15. Ben ouaie elle est carré.

Il fait tellement chaud que tout le monde repaye une tournée même en sachant que leur compte en banque est aussi sec que leur gosier. Là, on est bien.

Y a un gars qui parle sans arrêt, on ne comprends rien à ce qu'il dit, car en même temps il essaye de boire, on dirait qu'il se noie. Merde je sais plus si c'est le bassiste de Justin(e) ou d'Ultra Vomit, mais il ressemble à une carpe maintenant.

Les gens transpirent autant que ce qu'ils renversent de bière, on a les pieds qui baignent dans 15cm, ouaie comme la boite carré de l'homme élastique, c'est bien tu suis, et peut-être que tu commences à suer toi aussi.

Pendant que je questionne mon voisin avec contenance sur la relativité de la physique cantique en milieu hostile, voilà que l'on me parle de vessie qui va éclater si l'eau des têtards n'est pas changé dans la seconde qui suit. La rapidité à laquelle les sujets sont sabotés est effroyable, pas le temps d'approfondir que déjà nous sommes à des années lumière du sujet précédent, abordé furtivement en plus.

J'ai pas vu un mec de Raw Justice, putain de rabat-joie ces sXe, alors qu'ils auraient pu ramener les bagnoles au moins.

C'est fait, on vient tranquillement de dépasser les 105 décibels dans la discussion, à partir de maintenant plus personne ne peut plus répondre sur rien. De la sorte qu'il y en a un paquet qui danse sur OFFSPRING en simulant l'orgasme du bonobo. Je me demande où est passé l'inhibition d'une quelconque pudeur ici ?

Y a le gars d'une radio qui dévore un mélange de restant de ships/cacahuète et de fleurs en plastique car il n'a pas eu sa ration de cinq fruit et légumes par jour, depuis trois jours de frites et de pizza à la bière. Il essaye même de nous persuader que demain il va chier du petit plomb (les cacahuètes) qui sent bon (les fleurs en plastique).

L'endroit présente les caractéristiques typiques d'une fin de soirée dans une boite échangiste de province.


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L'agitation est à son comble, ce n'est plus un spectacle mais un pestacle qui plonge dans l'absurde comme un moellon de chantier sur une bouse fraîche. J'ai du mal à décoller du sol qui colle mes converses à la manière du sale ruban adhésif à mouche, à la couleur reconnaissable jaune pisse. ( le seul truc qui marche contre ces putes de volatiles d'ailleurs, tiens au fait si quelqu'un sait à quoi elles servent dans le maillon de la chaîne alimentaire je suis preneur d'une explication.)

Je m'aperçois qu'il est tard, enfin tôt plutôt que tard, et que mes heures de sommeil s'amenuisent aussi vite que les gobelets de mes voisins qui lorgnent avec le regard romantique et sans détour, sur le décolleté féminin de tout ce qui bouge à proximité de leurs yeux, à condition que cela ne passe pas trop vite pour qu'ils aient la possibilité d'assimiler l'image, bien entendu.

Les mots d'esprits de mes compatriotes relèvent à présent du mime marceau.

Je ne répond plus qu'en bougeant la tête, voire en traduisant du mieux que je peux un regard qui en dit long sur mon impuissance à traduire les différents dialectes qui me parviennent, relevant plus du malgache de la savane ou du danois des grottes. Tel que : " ghnnna fa lawrëuur qué tou rack töua binouz Hyeinnnnnnnnnn !!!"

La barman me sourit en me demandant si c'est moi qui paye la tournée étant le seul valide disponible. Je raque en vidant le fond de mes poches dans les cris d'hystéries de mes voisins qui viennent d'apercevoir la croupe d'une fille du comptoir cherchant à quatre patte un briquet au sol.

Je quitte à mon tour l'espace de se tripot ou se noie dans l'ivresse de cette dernière nuit à l'xtremefest, les naufragés de la scène punk rock hexagonale. Mais vous savez, ce spectacle était aussi visible sur le site, c'est juste que je ne connaissais pas les noms.

Bravo à David le boss de l'XtrëM, à Sid, à Pollux, et à tous les bénévoles, et merci pour le pass !!


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Rédigé par Bir, reporter local dans le WALLABIRZINE

fanzine leader dans le canton du Sidobre

& Webzine reconnu dans les bas-fonds de l'underground pour sa folie décalée.


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samedi, août 10 2013

Xtr'Em All


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REPORT XTREMEFEST 2013


Au commencement était la mine, ressource vitale et mortuaire pour une classe laborieuse hétéroclite, mais uniforme en gueule noire et dans sa lutte de survie. De là naquit une unicité, et le terreau d'une ébullition qui débuta par le réseau Tartempion, qui fut l'un des premiers réseaux rock militant de France conçu par Michel Grèzes dans « l'auberge du sanglier » de ses parents entre Albi et Castres, qui depuis est devenu une boite échangiste, "Le rouge et noir" ça ne s'invente pas.

L'avènement de l'association Transparence en 1974 légitima la programmation de théâtre, danse, mime, animations de rues, musique progressive avec Magma (qui passait dans les bals de village du Tarn aussi, trop dingue), Gong, Henry Cow, Kevin Coyne, Caravan, Art Zoyd, et il y avait même le grand Léo Ferré qui dès qu'il entamait « Les Anarchistes », la salle de Carmaux se levait d 'un seul homme avec le poing levé, et tout le personnel dirigeant de la mine sortait de la salle en courant.


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De la fonte d'une multiplicité associative éclot l'assos Rocktime en 1990 et la programmation de concerts avec à peu près tout ce que le rock français comptait comme les Bérurier Noir, Noir Désir, OTH, Les Thugs, Les Sheriff, etc....Et de l'émergence d'une contre-culture punk internationale. Ensuite il y eut l'élaboration du Summer Festival avec des éditions sur le site de Cap Découverte, ainsi que le Winter Festival, et le Spring Reggae Festival jusqu'au trépas en 2008 de Rocktime en banqueroute après 22 années.


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L'association Pollux qui organise l'Xtremefest vient de cette conflagration culturelle albigeoise et carmausine, et depuis son apparition en 2000 elle a organisé une chiée de concerts et un putain de fest susnommé de ZGUEN FEST. Elle a fait jouer : Seven Hate,Tagada Jones, Mudweisser, Vulgaires Machins, Marvin, Burning Heads, Uncommon Men From Mars, Charly Fiasco, Ultra Vomit, Justin(e), The Bellrays, Sons of Buddha, Dead Pop Club, Dirty Fonzy, Adolescents, Kevin K, Flying Donuts,The Teenage Bootlerocket/etc...


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Il m'est apparu important de débuter par la constitution de ce passé initiatique, formateur en réussite comme en échec, car en a découlé une insurrection D.I.Y fondamentale, dont le but ultime sert de fer de lance à l'éclosion de ce festival.

Ceci étant dit, j'ai souhaité au Xtremefest la pleine réussite dans cet examen de passage en mutilant une dizaine de fourmi, et en étant certain qu'il arriverait à déverser un enthousiasme salvateur, et des hectolitres de boisson malté tout au long d'un week-end festif, où il serait plus question de parler le mandarin à quatre du matin, que des déclinaisons boursières du CAC 40 pendant le crépuscule de l'apéritif.


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Saturday...Cabourdas (samedi...brutalement fou)


« Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien » Ok ça c'était un précepte du siècle dernier, aujourd'hui nous préférerons convenir  : « Saignons les angles pour être complètement Xtrême Über Alles ».





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On est parti à l'arrache de Castres à 57 km du site de Cap Découverte qui est établit au nord du département du Tarn, nous, nous sommes du sud du Tarn, on est plus exotique, d'ailleurs on se trimballe toujours un vieil arabe avec nous.

Dans la Pigeot familiale il y a Xavier l'ancien batteur de Legitime Defonce, Rachid le bassiste des Nelly Holesons, Junk le bassiste d'Hammerton Pride et guitariste des Malfrats (sinon il joue au jeu de réseau 365 jours par an, et quand il faut qu'il sorte pour s'oxygéner, il joue à un jeu de rôle en tant que viking malgré son poids plume et des lunettes), puis Olivier que je ne présente plus en tant que hard fan de Marillion, et enfin ma gueule.


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A l'arrivée, nous avons débuté les festivités à partir du grind de NOLENTIA, qui pour moi fût une bonne entame pour se mettre du blast-beat et des cris de cochon dans le groin de la tête. Plus qu'un simple groupe grindesque, Nolentia percuta la férocité de Brutal Thruth avec la fonte oppressive de Crowbar. Il y a même eu quelques consonances de groove mais de manière sporadique, du moins pas assez prégnantes à mon goût dans le dispositif irrépressible de leur set. Les gaziers ne se prennent pas le cul et envoient un set généreux, cloqué par le poids de leur poutrelle sonique et maculé d'éclat de crust.

Les gars font du gras sale, et ils le font bien, que dire de plus ?


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Le festival est posé sur le site de Cap Découverte, qui propose des divertissements en tout genre, et une chose capitale, cela change le quotidien du festivalier habituait à picoler dans sa tente, car c'est un parc d'attraction sportive et détente, avec du Ski ou snowboard sur piste synthétique, Alpine coaster (luge sur rail), Tyrolienne géante à plus de 100 km/h sur 1200 m de descente, Skate park BMX, skate, roller (INDOOR : (1 000 m2) et OUTDOOR (1 700 m2) avec bowls, méga rampe, half pipe, aire de street…), Mini karting, Baignade, plage, VTT, Vélo et Roller sur les pistes du parc. Puis Wakeboard sur câble, Paintball, Parcours aventure, Aquagliss/lagon, Dévalkart, Minigolf.

Par contre, il n'y a même pas un terrain de pétanque, non mais vraiment tout se perd dans le south profond.




A l'extrême hauteur de cette butte, il y a un truc de CERTAIN, c'est que tu peux gonfler les watts, il n'y aura personne pour te cracher au naseau que ça fait vibrer le sommier de tes gosses, comme ce fût le cas lors d'un reportage télévisuel vicelard à l'encontre du Hellfest, avec des riverains soucieux de leur sommeil bénédictin pour un week-end par an. Ici, tu n'auras même pas une réplique de Christique Boutin la bible à la main en train de vociférer des incantations d'exorcismes, car il y a très peu de peine à jouir dans le pays tarnais de Jaurès au Nord et d'Emiles Combes au sud.

Cap Découverte est une aubaine pour faire tonner la fée électrique en toute tranquillité, cela n'empêche guère que j'ai quand même entendu des critiques quant au choix de la programmation sur l'inégalité entre punk et métOl, faisant resurgir les séquelles entendues lors du Fury Fest, le petit père biologique du Hellfest.

Je rejoins néanmoins les festivaliers sur le manque d'actualité de la prog, puisque dans un département aussi agraire que le Tarn, et en pleine période de récolte, aucune présence d'un groupe de country me semble justifier en tout point cette exaspération.


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Mais avant de parler du prochain groupe, un poil d'histoire sans vous barber :

En 1977 le punk est en vente libre, la répercussion de ses séquelles libertaires à traumatiser jusqu'au confins de la brousse rurale. En 1984 on en n'avait rien à foutre du roman de George Orwell dans le 8-1 YO, parce que la jeunesse alternative battait le fer rouge de sa révolte par sa seule légitime défonce : Le punk comme radicalité de vie.

Dans la garnison de Castres pendant les années fluorescentes de la frime et du fric de la gauche caviar, nous avions les groupes Kambrones, les Malfrats et Légitime Défonce.

En 2013, le punk oldschool revient foutre des pralines pOunk dans les chicos d'une jeunesse Xtrëme, Legitime Defonce est sur scène. Nous venons de Castres alors pour nous il n'y a sûrement pas la même caisse de résonance que pour les autres, d'ailleurs Rachid fait sa groupie au premier rang, c'est si rare pour être annoter.


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Ce punk vintage passe le crible du crash test par le ton foutraque de son ironie et de son énergie à remuer les sarcasmes sociétaux avec la rudesse d'un street punk jamais mort. Nico Royo, le chanteur guitariste assure un max, et est plus connu pour être Johnny Guitare au sein des Dirty Fonzy. Je profite de l'instant pour passer une spécial dédicace à Dourel le bassiste, qui jadis était l'unique punk du CEG de Brassac, et contrastait fortement avec ses camarades de Vabres en pull en laine qui pendouillait salement sur les genoux tout en slammant les lyrics de Renaud.

Leg'Def a su faire monter la pression au fur et à mesure de son set, en braquant à l'usure un public un poil mollasson au départ. Mais il en faut plus à ces hors la loi qui ont marché dans les pas des Shériffs en flinguant tout sur le passage de leur champ de mine pOuNk !

Si le punk était à la provocation ce que la philosophie hippie était à la paix, un simple moyen factice pour certain d'accéder aux illusions de la manipulation de leurs idéaux de jeunesse pendant une époque bien définie, le punk provocateur de Legitime Defonce est un style de vie devenu une inspiration quotidienne.

Cette vérité nous a sauté à la gorge pendant leur concert.


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Pendant que je scrutais le bac à vinyle de Sky Valley Shop, il y a un gars qui est venu bourriner sa pensée d'avaricieux sur le prix exorbitant des disques. Ce à quoi le disquaire lui rétorqua avec un sens de la diplomatie tantriste la marge de manœuvre étriquée qui lui revient au final. Mais rien n'y fit véritablement, me gaussant intérieurement de la cupidité lourdingue du gars que je reconnus enfin. Car ce bonhomme apparaît sur le DVD du Hellfest 2009, lors d'une séquence où l'on consulte le festivalier en l'interrogeant sur le festival, et le brave explique avec le sens de la diplomatie paysanne qu'il est du Gers et qu'il a l'habitude de faire plein de gros festivals du style Wacken, Sonisphère, Country à Mirande, et que le Hellfest c'est PRO maintenant. Ok pour Mirande de mémoire je ne suis pas certain. J'exagère ?

J'suis du sud pardi !


Pour votre info le meilleur groupe du Gers se nomme : JUNKYARD BIRDS.


A l'espace peu fournit du merch, il y avait le stand de Kicking Records, qui par ailleurs est omniprésent sur tous les festivals cette année décidement, pire qu'un roumain (pas manger, pas dormir), avec Mr Cu ! fidèle au poste de sa renommée interstellaire en matière de Sk8, de musique amplifiée et d'observation croustillante sur la gente féminine...


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...Et qui a fait un chiffre d'affaire dans le week-end lui permettant d'acquérir cash, une piscine intérieure en marbre de Turquie de 12m de long sur 5m de large.

Puis la présence de Gwardeath qui a finalement converti son projet de magazine sur le Roller Derby vers une émission de radio sur la kicking radio, et pour ceux que cela intéressent d'en apprendre sur ce sport qui relance l’épanouissement féminin avec autre chose qu'un aspirateur qui ne perd pas d'aspiration : ACTION ! ROLLER DERBY




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Si l'Xtremefest apparaît en premier lieu en stéréotype d'un pocket Hellfest, c'est parce qu'il a son autonomie et que c'est aussi avec son public que va se créer son identité.

Pour le moment cela reste flou, il est donc facile de s'empresser de le juger en pâle copie d'un Hellfest de nécessiteux face à l'énOrme machine de Clisson qui a su ouvrir la voie, et le désir manifeste de sa fulgurante ascension.

Pour un nouveau festival tout reste à créer, et l'identité communautaire encore vierge en ce premier rendez-vous, se devra de faire exister son indépendance au bénéfice de son intrusion dans le village global des festoches du territoire, et du monde entier, quand le succès retentissant de son aura dépassera les frontières européennes.

Notons que si le conformiste actuel pour le tatouage implique que le rebelle est celui qui n'a pas de tatouage, on peut logiquement affirmer que le vrai rebelle n'est pas non plus dans les réseaux sociaux, n'a pas de téléphone portable et écoute Pierre Vassiliu en boucle sur son walkman. Je suis certain que les Xtremistes mâle et femelle ne sont pas des rebelles de ce genre de corporation asociale, et que cela ne les dérangeraient pas d'entendre la parade du grand spectacle de foire de Metallica l'an prochain par exemple. Même si pour le moment je ne sais pas dans quelle case ils appartiennent tant ils demeurent uniques, je n'en ai vu aucun avec un tatouage de dauphin ou en pantalon d'Aladdin en train de jongler toutefois.


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Bon enfin...Pour le Xtremefest la question de rébellion à l'establishment de l'entertainment se pose d'emblée, tant l'affiche demeurait chétive à promouvoir du Van Halen ou du Patrick Sébastien. Mais si vous relisez l'ITW de David dans l'inoxydable et fantasque WallaBirZine, vous trouverez la réponse à cette brillante réflexion.


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Ok, ok...La journée commençait à clore sa rotation solaire que Trepalium venait sur scène pour nous trépasser avec son mur blanc 90's, malaxé d'abats de groove et de boyaux de dissonance. Le groupe faisait face à la chaleur oppressante en serrant les dents et suant à grande eau, il en chiait sa mère mais essayait de rester dans le stuc de sa collision musicale sans émettre le moindre couinement de lamentation, jusqu'à ce qu'il nous avoua tout de même qu'en plus de jouer en plein soleil, il était parti à 8h00 pour se farder les bouchons des vacances aoûtiennes, et tout cela sans bière dans le van.

Une sorte d'examen de passage à la dureté formatrice qui se devait d'obtenir la compassion du public par une ferveur martiale, et qui métamorphosa le set de Trepalium en un vacarme chirurgical, découpant au scalpel toutes nos inhibitions dans le chaos de ses tripes soniques. Ce fût néanmoins l'unique bout de barbaque du samedi.


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A ce sujet, il est manifeste qu'un manifestant manifeste pour afficher son exaspération et la sédition grandissante qui le submerge, mais est il pour autant extrême qu'un xtremefesteur puisse pousser à l'extrême son exaspération par le manque logistique de restauration sur le site d'un festival dont l'intitulé, et je le remémore à toute fin utile, est : XTREMEFEST ?

Cette question peut surprendre et même vous interloquer sur le tempérament fondamental et inique de l'organisation d'une manifestation de cette ampleur. Alors pour garantir à votre découverte les différents aspects saugrenus que réserve les coutumes du sud, je vais vous déclarer sans détour que quand on fait la fête, nous avons une devise assez radicale il est vrai, pour ne pas dire excessive, mais qui évoque de par sa nature sensible cette passion de labour qu'est une troisième mi-temps de rugby, et son stoïcisme obstiné pour satisfaire une soif inextinguible de se foutre la tête comme un champ de betterave, par la sentence de l'haïku kamikaze suivant :

"MANGER, C'EST TRICHER".


Bien. Et le fait qu'une fois rentré dans le site toute sortie était définitive, il était probant pour tout ceux qui ne souhaitaient pas tenir compte de cette devise, et c'est tout à fait louable malgré la sentence de ne pas se mettre dans le spirit méditerranéen pour une bacchanale sonique, que cela allait avoir une répercussion assez fâcheuse sur la teneur positive de leur soirée.

Bon si nous avons à faire à des petits joueurs pour cette première édition d'emblée, il aurait été souhaitable que l'organisation soit au jus de manière à rectifier le tir. Ce qu'elle fit de toute façon en faisant preuve d'une réactivité entrepreneuriale dès le lendemain, avec l'apport d'une restauration où les mets à base de viande ont su contenter une large part des festivaliers.


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Pour les autres, la restauration de la vieille essentiellement végétarienne était opérationnelle, et malgré la diminution conséquente du choix des festivaliers pour leur pitance végé, ces commerçants affichaient un sourire radieux quand au bénéfice engendré le soir d'avant.

Enfin quand même, un unique stand végétarien pour une majorité de viandars, c'est assez truculent en soi pour imaginer la soirée avec le folklore de souffler dans un poireau pour faire danser la gigue à des métalleux mort de faim.

Je termine cet aparté façon Alain Decaux sous amphétamine, en vous annonçant qu'il y a aussi dans le coin un passé cathare conséquent, susnommé aussi d'hérétique Albigeois, et dont le refus d'alimentation carné était de mise naguère, ce qui peut expliquer en partie ce choix gastronomique héréditaire. J'exagère ?

J'suis du sud pardi !



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Mes amis ne sont pas férus de métAl, ce vendredi apparaît un poil trop métOl à leur goût, mais putain pas du mien, car le massif DYING FETUS a déchargé ses démoniaques boucles rythmiques autour de notre cortex, et mes complices étaient tout chose après le déluge. Le groupe a joué dans dans la salle de la musique structurée pour une super acoustique. Je m'attendais à du lourd, je m'attendais à du compact, je m'attendais à de la puissance, j'ai eu de l'extrême, de la force surpuissante, de l'intensif, en somme j'ai eu Dying Fetus dans une rage noire.

Écouter un set dans cette salle est un bonheur sans pareil pour un mélomane, car le son est absolument fantastique. C'est carrément le panard complet d'avoir une qualité sonore de cette envergure, du luxe en or massif, du pur joyau, la grande classe, un prestige sans commune mesure.


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Dying Fetus a abasourdi plus d'un métalleux, soit avec sa vélocité technique, soit avec le sens explosif de son impact frontal, quand ce n'était pas avec les deux à la fois. En milieu de set il était même probant de se réveiller dans un lit d'hôpital en unité de soins intensif avec la mention « état critique », mais stationnaire.

Un peu avant la fin Olivier n'a pas tenu le traumatisme, les autres étaient déjà exténués de douleur psychique assez intense pour déambuler autour du bar en quête d'une oasis de rémission. Il me semble cependant que l'on appelle clairement ce comportement de repliement, de petite bite chez les death métAlleux. De toute façon, il était entendu que c'était uniquement quand ton pouls serait au point mort que ce groupe de death arrêterait sur ton organisme son massacre rédempteur.


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Pour se remettre la tête et pas dans le sens de la nuit tombant son voile obscur, il nous fallait la clarté de BELVEDERE dont la reformation surprise est venu s'épanouir dans le cœur des aficionados du punk à roulette. Le groupe démarra dans un crépitement soudain et là, choc thermique pour ma pomme, le son brouillon de leur punk mélo 90's passe trop rapidement pour que j'ai le temps de comprendre la purée des riffs.

J'avais de mémoire apprécié ces canadiens pour leur vitesse mélodique sur disque, mais du mal à me souvenir que ce n'était pas aussi catchy par contre. Junk le geek viking est d'accord avec moi, sur disque c'est cool, sur scène ça le fait moins. D'habitude les gars envoient la poutre puis dégomment l'asphalte avec une pointe mélo dans les refrains, là c'est direct sur la rampe et vas-y que je dévale avec pirouette sur pirouette à te filer le tournis. D'ailleurs une forme pérenne de lassitude s'installe face à ces cascades. Désordonné et en dessous malgré une bonne fulgurance nostalgique, Belvedere n'aura pas transcendé son comeback, même en ne laissant pas une minute de répit à son set, et en jouant très bien.

Où alors c'est moi qui n'y étais pas tout simplement ?


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Retour à l'intérieur de la grande salle pour du Hardcore moderne. La musique d'HATEBREED est construite autour de l'unité, de la conflagration et de la confrontation, le public acquiesça avec énergie et rassembla toutes ses forces pour tout mettre dans la bataille du pit, là où la marée humaine se prend dans les filets telluriques de la bourrasque HxC. Le pit était à son xtreme combustion à chaque coup de semonce que lançait Jamey le hurleur. Le constant était cinglant, pardon sanglant, le groupe ne laissa pas retomber l'embrasement, il récidiva sans cesse avec cette hargne véloce qui coupa le souffle au plus endurant. Ça c'est mosh !


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Et tous ces jeunes en train de faire la danse du trombone, totalement oldschool dude !!




Jamey Jasta demeure un frontman capable de tordre la foule à sa guise, il sait donner des injonctions sporadiques en même temps qu'être attentionné pour garantir sans cesse une unité explosive que le groupe forme avec le public. Cela n'a l'air de rien mais dénote en tout point de la manière de faire entre ricain et françaouis. Car sur scène les groupes français se plaignent du manque de punch du public, alors que les ricains t'encouragent à te surpasser. Ce qui fatalement te booste et détermine ta résolution à subir la foudre, et même jusqu'à obtenir une sacré torsion trachéale au final.


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Hatebreed a fait son show, la température est montée, le set fini on est sorti prendre une rasade d'air avec DAGOBA, qui a fourni à son metal moderne l'efficacité d'un pilotage automatique, et sans conviction s'il vous plaît.

Le groupe vient de la planète MARS-eille et pourtant il n'y a eu personne pour gueuler « ALLEZ L'OM » ou « Bernard Tapis et le Métal même combat », c'est pathétique.

Leur session ne m'a pas laissé sur le cul en outre. D'ailleurs à 00H11, mon beau-frère Olivier et Junk essayèrent de m'expliquer avec la passion volubile des geeks, l'interaction entre l'interface de windows XP et la musique des Beasty Boys, j'ai alors compris instantanément qu'ils étaient saouls de métOl BrutAl.

J'ai retenu cette phrase du chanteur de Dagoba qui disait à peu prêt ceci en substance : " Ce festival propose une affiche éclectique, c'est cool, ensemble on est plus fort ".

Ahhhhhhh putain con, l'union de toutes les forces pour la fraternité dans le combat qui promulgue à la victoire finale. L'utopie Marseillaise quoi !

Retour à l'intérieur de la déflagration avec le HxC de COMEBACK KID, véritable corps à corps qui puise l'énergie adolescente et apporte au pit l'aspect effervescent d'un mentos dans un verre de coca bouillant.


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CBK a joué le danger avec un set tendu à l'extrême, capable de rester à la vitesse supérieur tout le long. Le tumultueux chanteur Andrew Neufeld est resté déterminant pour promouvoir l’assaut énergique, et faire monter la flamme dans le pit. Ce groupe est toujours un shoot intensif et influent comme combustion émotionnelle, et encore plus comme impact sonique.


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Et tous ces jeunes en train de faire la danse du tailleur de crayon à papier géant, totalement oldschool dude !!




Puis whaouuuu la cover furibarde de nirvana « Territorial Pissings » était monstreuse et toujours ce final apocalyptique avec « Wake The Dead » qui permet par la suite de se balader l'écume aux lèvres, ivre de choc sensoriel.


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La soirée se clôtura avec la tournée d'au revoir des UNCOMMONMENFROMMARS, pour une interprétation nickel, malgré la lOose d'interruption des cordes qui pètent sans arrêt.

Les uncos et leur punk rock faisant étinceler des mélodies percutantes, toujours en équilibres sur cette surchauffe de glisse musicale perpétuelle. C'est avec les années que l'on se rend bien compte que ce groupe a su faire émerger la mélodie au-delà de la tierce primitive du punk à clébard, a fait vibrer l'euphonie à travers un chant harmonieux, et surtout a introduit une aisance à flirter avec les consonances ricaines.

Ciao les gars et merci pour tout le bordel et cette coolitude !


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Après la fin de cette première journée, il nous a fallu une bonne demi-heure pour rassembler tout le monde, en apprenant que Rachid avait passé la soirée à fumer des cigarettes magiques et but des bières en pleine période de ramadam.


Puis on s'en est allés, peinard, Rachid a sorti le ceinturon sur un malentendu avec un toulouzin-zin que Xavier a essayé d'éviter, Junk était impatient de rentrer chez lui pour jouer en réseau, Olivier avait des douleurs lombaires et la tête qui lui disait sans cesse " Marillion reprend possession des lieux VITE".

J'ai soufflé dans le ballon d'une gendarmette, et tout le monde est rentré sain et sauf.


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Sunday Fa Calou (Dimanche de grosse chaleur)


On est parti de Castres à 57 km du site de Cap Découverte à l'arrache, avec Boule ma belle-sœur rentrant du taf (debout depuis 5h00 du mat pour elle), puis mon beau-frère Olivier que je ne présente plus en tant que fan de Marillion puisqu'en fait il écoute surtout du punk rock comme Propaghandi qu'il a vu en concert pour une before party du XtremeFest à Toulouse, et ma gueule.

En passant devant la cité épiscopale d'Albi qui est au patrimoine mondial de l'unesco, on a pu constater qu'elle perpétue sa tradition de bâtisseuse, puisqu'elle met autant de temps à construire une cathédrale en 108 ans, qu'une rocade ordinaire.

On a commencé avec la fin de NO GUTS NO GLORY, c'est con car ça avait l'air cool leur rock hXc, le chanteur dédicaça leur dernière song au faf présent pour qu'ils aillent se faire enculer.


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C'est toujours sympa cette marque de respect, et ce sous-genre de banalité sur le méTol bien entendu. D'ailleurs Slobodan le comique troupier de l'Opium Du Peuple a lui aussi fait allusion au public de droite du Xtremefest en disant qu'à Carmaux il n'avait pas du tout l'habitude de cela, mais l'humour fait partie intégrante du concept de ce groupe de rigolos. Hein ? Non je n'ai pas dit qui c'était le groupe cerise qui clôturera le festival.

Après avoir pénétré une nouvelle fois à l'accès du festival, on commence avec STRIDE AGAINST LIES pour éparpiller de sa superbe toute la vomissure hardcore métOl jusqu'au prémisse du grindesque.

C'est à cet instant même de congratulation sarcastique, que l'on pense à tous ces gens qui lèvent les yeux au ciel dès qu'on leur avoue que l'on ne connaît pas Stravinski et qu'en plus on s'en branle, alors qu'à notre age nous devrions avoir une tout autre éducation au lieu d'écouter cette musique de sauvage. Mais si comme eux, nous nous devons d'écouter ceux qui sont à la base de l'instruction musicale, à contrario nous avons fait le choix d'aller aux prémisses soniques en écoutant le premier homme qui a tapé sur un cailloux, et qui a hurlé de rage quand il s'est foutu un coup de silex sur les doigts...Quand ce n'était pas les couilles.

Sous la chaleur accablante le groupe joua à roussir le teint écarlate d'un public en ébullition, dont l'oxygénation advenait cruciale pour trouver la ressource nécessaire de se désaltérer, sous peine de finir en compost autour du trou minier. Le public n'en avait cure, et cloquait comme un vietnamien sous le napalm américouain.


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Un truc cool à chaque fois, c'est que j'ai revu Tristan de la MOSHER TEAM.

WHAT ??

Qu'est ce que c'est que ce truc Mosher Team ?

Et bien c'est un groupuscule de fada qui a créé une unité dans le pit pour agir de concert dans la survie de tous les éléments dansants d'un real mosher.

Le gars est simple à reconnaître puisque c'est celui qui saute sur tout le monde et dans tous les sens avec un t-shirt jaune poussin. Quand tu le vois faire, tu te dis qu'à son age (42 piges) il ne tiendra pas deux sets en y mettant autant d'intensité.

Tout faux, le gars est résistant dans sa matière, une longévité de 22 années dans le pit à bousculer sa carcasse dans le punch bouillonnant de sa fougue, et de la résonance musicale qu'il entend et qui le transcende. Pour lui « Le live est une discipline à part entière », alors il s'y met à fond, genre à 250 %, avec la jauge de son palpitant au max de sa fréquence cardiaque, et quand s'achève le concert, il est trempe de sueur de la tête au pied, et trimbale un sourire qui en dit long sur la nature exutoire de sa passion pour la danse friction. Je lui ai quand même demandé si il comptait rentrer à Montpellier en vélo après le festival, il a souri.

Je vous file le lien de leur escouade si vous avait envie d'en connaître davantage, d'y entrer, d'acheter leur t-shirt....

...Mais ce sont de vrais warriors, je vous préviens !


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J'ai apprécié le chanteur de DRAWERS car le gars a du coffre, rendu nécessaire à ce stoner multidisciplinaire. Le gratteux avec petite moustache, short et une paire de chaussette blanche remontée jusqu'au niveau du genou s'avère quelque chose d'assez rédhibitoire pour amputer une partie du visuel stoner de ce groupe.

Drawers était une découverte pour moi, et la propagation de boucles mélodiques, un rien précieuses permettait d'entendre la subtilité félonne de leur musique, tendu par la sauvagerie des bourrasques stoner. Leur prestation fut sympathique puisque le chanteur affichait un sourire sincère à la grandissante exaltation qui montait de la fosse au fur et à mesure de leur set. Je restais toutefois moins enthousiasme, ayant un tantinet de mal à être transporté par leur musique, mais je ne renie en rien la qualité musicale de leur prestation, en étant certain que ces gars ont le coeur sur la main.


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Les gueules noires de Carmaux ont toujours bonne mine, même sous le fouet brûlant d'un soleil estival se présentant à son zénith incandescent, qui ira même jusqu'à nous irradier de délice de sa tiédeur jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Dans le sud on préfère suer que grelotter, c'est un fait avéré et incontestable, donc une période caniculaire est un doux moment dans la vie d'un sudiste. J'ai dû flamber mon capital solaire dès l'age de 20 ans par manque de sensibilisation sur le sujet. Mais je constate avec stupéfaction que malgré les publications de prévention sur une trop forte exposition au soleil, il y en a encore un paquet qui vont anéantir leur beau tatouage en un rien de temps.

Cette négligence d'une banalité toute contemporaine est visible aussi par l'intérêt sauvage que les mots festif + sud + week-end impliquent comme absorption de liquide alcoolisé. Il faisait chaud c'est un fait, mais enfin de là à s'inonder la panse de bière me semble un tantinet abusif, surtout en plein cagnas.

Ne soyons pas rabat-joie, laissons les profitez de la life en bon épicurien


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Pas de chanson de marin pour THE DECLINE qui habite Rennes, juste du punk et du rock. Pourtant le groupe se coltine le cliché de la Bretagne celtique avec chanson à enivrer comme de la mousse sur une guinness, ce que je trouve regrettable en soi.

Le groupe a sorti un bon premier skeud, j'avais pu apprécier leur concert au Hellfest, et cette qualité scénique est similaire au Xtremefest, car leur musique a le don de rapprocher les gens par son sens fraternel, le grain vocal, l'intensité émotionnelle qui en rejaillit comme de la mousse sur une guinness, putain !

Okay, enfin le breton aurait voulu rouler sous la table pour se mettre à l'ombre ça c'est sûr, parce qu'il avait le soleil en pleine tronche (faudra faire un truc pour l'année prochaine non ?) et qu'il clignait des paupières avec la sueur qui lui perlait du front (de mer ?).

Un bon set d'envergure quoiqu'il en soit, qui a su faire baigner dans son aura chancelante et sincère, l'impulsion du real punk rock de la classe laborieuse, de celle qui boit l'écume de la vie COMME DE LA MOUSSE SUR UNE GUINNESS, Oh putain nooon, tu sors, dégages, ouste...


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Grandement attendu par une foule de thrashers en exaltation de headbangding bestial, Municipal Waste n'a sagement pas fait défaut à sa réputation. Le groupe poussa les potards jusqu'à la graduation 13, mieux que Spinal Tap et Manowar réunis, pour nous avoiner le cervelet dans la couillardise monumentale d'un set foudroyant. Il faudra peut être qu'un jour quelqu'un exprime son ressentie sur le rapprochement à faire entre Municipal Waste et le Tankard de « Zombie Attack » à leur album « The Morning After », tant par l'étroitesse d'esprit éthylique pour la Beer, que pour ce thrash oldschool.

Je l'ai fait ? Ah oui je l'ai dit, putain c'est fait, c'est vraiment dit, je vous en prie, mais c'est pire quand on y croit (à l'envers ?). Comprend qui peut...


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Le groupe n'y est pas allé de main morte pour pousser la foule dans un délire de circle pit tournant en boucle perpétuelle sur lui même, puis avec des télescopages de wall of death frontaux, et des nuques qui se fracassent. A cet effet de contusion d'ossements, quand les stomatologues et les kinésithérapeutes de la région ont vu l'affiche du Xtremefest, il parait qu'ils ont sabré le champagne en vue d'une salle d'attente gavée à donf ! Par contre quand ils se sont aperçus que la date tombait pile pendant leur congé d'été, ils ont passé un mois à essayer de remettre les bouchons comme des cons.


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Vous savez quoi ? Municipal Waste a fait mieux que ce que l'on prévoyait, et en fait il a fait carrément pire, il a lu dans les têtes la somme de cabourdise que les festivaliers du Xtremefest étaient capables de fournir dans une cérémonie sonique, et encouragea le public à se surpasser. Le combo apporta à son interprétation les crépitements nécessaires pour assujettir son métOl Oldschool désopilant et le public, sous le joug de son thrash irrépressible. C'était le genre de concert que tu n'oublies jamais, sauf si tu étais à 3,6 grammes de bière brassé dans les veines, auquel cas tu étais mort, logique.

Pour redescendre sur le macadam, il fallait bien le punk spirit 70's des STREET DOGS, parfait pour joindre à la classe ouvrière la fusion adéquate qui permet de chanter à l'unisson la propagande émotionnelle d'une punk oï initiale.

Les gars du Massachusetts portent haut en couleur l'oriflamme de leur équipe, ce qui pourrait faire état d'une similarité avec celle d'un hooligan britannique, sauf que le club des Red Sox de Boston n'est pas le genre de club pour qui tu te fous sur la gueule outre-manche. Par contre avec la cover des Clash "The Guns Of Brixton" Streets Dogs prouve son allégeance à ce rock anglais qui irOÏnise sur l'offense faite au prolétariat.

J'ai trouvé qu'il y avait une harmonie avec le passé minier dans le chœur rouge et noir de Street Dogs. Si ce n'est pas ma came musicale, et sûrement pas celle d'un trader à part si il veut narguer encore plus le travailleur pauvre, j'ai passé un agréable moment.


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Car à travers ce combat musical et de lutte prolétaire, cela a eu le don de me remémorer une sentence néolibérale de Margaret Thatcher: " les réformes sont indispensables car il n'y a pas d'alternative " et la conséquence pour Street Dogs de lever la barricade de son punk rock et imposer une sorte de pétage de plomb en exaltant la fibre séditieuse des françaouis du Xtremefest.


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Dans une société qui fait tout pour vous éviter de pensée, et vous aliène le cerveau à la moindre parcelle de disponibilité, la poésie urbaine de ce groupe est un coup fatal pour développer la fibre contestataire. Même si dans le réel quand le prolo lèvera la tête et regardera le haut de la pyramide sociale, il ne verra que des trous du cul en train de lui chiaient dessus, Street Dogs lui permet simplement de prendre du bon temps, sinon il reste toujours l'ancienne méthode révolutionnaire :


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Un gars de la presse écrivait sur sa tablette hi-tech pendant que je regardais la lune pour connaître l'heure, l'impression d'un décalage criant entre ces gens venus de la grande ville, et nous autres vieux cul-terreux de la cambrousse qui rédigeons encore sur un cahier tout pourri le report de nos délires. Faut vraiment que je grandisse nan ?

Au vue du set en caoutchouc de THE TOY DOLLS, ce n'est pas urgent.


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Ce combo bristish reste la farce à coussin péteur du punk moderne. Ça joue toujours à 400 km/h, et la cover des Surfaris était géante avec un "Wipe Out" ripant plein fer. Olga le guitariste chanteur est toujours aussi à bloc, leur show est hyper dosé, millimétré au cordeau, c'est un show à l'état pur, aucune surprise à avoir, mais c'est toujours joué à bloc et avec une immense joie d'être présent et de faire le spectacle, musical et comique. J'ai par ailleurs pu constater que l'association Pollux n'a point perdu de son humour, qui témoigne d'une réelle aptitude à cette fantaisie inoxydable, qui faisait salle comble à chaque Zguen fest. Je reconnais volontiers là un gage de plus de la pérennité de ce festival avec en contrefort, la cabourdise du sud.


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Nous pourrions aisément séparer en trois grandes catégories le public de ce week-end :

- Le punker

- le hardcoreux

- le métalleux

Le punker doit sa présence par une affiche encline à satisfaire son goût pour la mélodie sucré et salé.

Le Hardcoreux légitime sa présence par une programmation qui aura su heurter sa sensibilité féconde en matière de violence dans un pit en surchauffe.

Le métalleux est venu boire des bières pour survivre à la chaleur méridionale en écoutant le suc métallique de la musique des enfers.


Par contre, pour les doomers et stoners, ils n'avaient d'autre possibilité que de choir vers une ouverture d'esprit tridimensionnelle ou attendre le set de The Drawers.

Un gothique n'aurait pu sortir de sa sépulture qu'à partir de onze heure du soir minimum, au delà, il se serait calciné la couenne comme la peau rougeâtre d'un nordique après sa première exposition au soleil.


Pour l'ethnie TAPA ( T'as pas une clope ? T'as pas à boire ? T'as pas kek chose à grailler ? etc...) comme les travellers, teknivalistes, et autres crust....Elle se devra absolument de préférer zoner ailleurs, sous peine de ternir la bonne compatibilité fraternelle entre personne consentante et désireuse de passer un formidable week-end. Si jamais elle insiste comme d'habitude et souhaitait tout de même venir, je me dois de l'avertir qu'il y a une décharge non loin de là ( à Albi certainement), dont le fracas de ferraille et la puanteur sauront satisfaire les exigences draconiennes que cette peuplade apprécie tant, et comblera toute leur attente en terme de mélodie, et de choix plus qu'abondant en maladie infectieuse et nourriture grasse.

Nous avons le sens du ridicule et de l'hospitalité ici, faut pas croire les ragots.

J'espère que ce message n'occasionnera en rien un conciliabule de médisance à mon encontre, car j'ai bien pris soin de n'affecter personne, malgré l'utilisation de cet humour si singulier qui apparaît toujours à la limite du plus mauvais goût :

XTREMEFEST mini-moi du hellfest ? moins hard certes, et pourtant il a le X.


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SUICIDAL TENDENCIES de Venice Beach gondole toujours à 800km/h, le batteur est aussi énorme derrière sa batterie qu'avec sa masse corporelle voisinant le poids économique brut du Rwanda et du Zaïre.

Le soliste possède des doigts de fée qui créer de la magie électrique métOl-funkyyyyyyyycOre, le bassiste slape sa basse comme il fouette le cul d'une femelle en rut, et le guitariste rythmique pousse le groove à mort, c'est clair Suicidal Tendencies est un putain de groupe de musicos, propageant une grande claque de respect, d'admiration, et sachant faire le spectacle.

Il y a de l'énergie à revendre, du groove en rafale, du HxCpunkmétAl en typhon. Mike Muir reste toujours dans sa constance de pousser la hargne à son paroxysme.


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Nous nous étions placés en hauteur, et nous admirions dans cette arène cette initiative farfelu qu'un headbanger caressa en pogotant avec la bienséance que la chevalerie du pit l'exige, ses articulations contre ceux de voisins dont la corpulence faisait défaut avec la sienne, beaucoup trop frêle. Nous avions alors tout à loisir de constater les initiatives rocambolesques de survie que ce novice prenait dans la déroute de son mauvais diagnostic.

Puis il s'est hasardé en plein dans la mêlée, à cet endroit précis où son corps défendant de headbanger se devait de mourir et donner naissance à un Xtremefist-fucking de première bourre. Plus tard je reconnu dans la démarche boiteuse la surestimation ingénue que ce jeune avait osé établir, mais reconnu dans son sourire radieux, fièrement affiché, la constante réalité que désormais, il avait poussé ses limites physiques au-delà de la peur irascible de se faire mal dans le pit, en étant devenu un XTREMEFESTEUR.


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Le groupe n'a pris aucune pincette pour mettre la fréquence de sa brutalité à son niveau le plus élevé sur l'échelle de la déflagration sonore, qui demeure en tant que norme moyenne mondiale ce que mit la bombe à neutron sur Hiroshima le 6 août 1945.

Il faisait tellement chaud que des filles se trimbalaient en soutif, et les garçons torse nu. Pour l'égalité des droits entre sexe nous avons eu pendant le set de Suicidal, notre Marianne républicaine qui a fièrement nippé son soutien-gorge pour apparaître les tétons au vent, avec les bras levés en permanence pour pas qu'ils retombent façon gant de toilette.

Pour l'année prochaine le Xtremefest se sera carrément sans culotte pour un hommage à la révolution de 1789 : LE premier festival naturiste de musique amplifiée au monde, putain faut voir grand, et si un gars te dit que tout nu on est tous égaux, c'est qu'il en a une plus grosse que toi.


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Boule a passé le concert assise, car cette salle dispose d'un étage avec fauteuil, permettant aux personnes fatiguées, ainsi qu'à une population vieillissante le confort de reposer ses vieux os dans la délicatesse nacrée de passer un week-end d'une excellence divine. Rigolez jeune gens mais un jour, ouiiiiiiiiiiii un jour vous aussi vous apprécierez de vous asseoir, de toute façon vous serez obligés de le faire.



Et le groupe surprise était Ô grande cerise : l'OPIUM DU PEUPLE, qui l'eut cru pas vrai hein ?




Boule est chaos, Olivier est crevé, on décide de partir après le début de cette apothéose de comédie Punk variété, permettant un taux de cabourdise à la hauteur d'une conclusion festive. Je bosse dès la première heure le lendemain, et oui tout le monde n'est pas au RMI dans le 8-1 YO, donc fissa on redescend plus au sud, chez les rednecks qui causent avec les mains et parlent avec le cul.


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En terme d'épilogue, et bien Hey c'était complètement Extrême ce festival et j'en veux hardcore plus.

Ceci étant dit, et si il est reconduit l'année prochaine (de toute façon c'est ce que je lui souhaite en mutilant d'ores et déjà une dizaine de fourmi), je signe carrément en bas de la page avec mon sang bon sang, tout en exhortant ma gloire à Satan pour du doom, à la damnation sk8 pour du punk rock, à la foudre pour du stoner, à la mort pour du death, à la déflagration sonique pour du thrash, et au trou carmausin pour :




Merci à David le boss de l'XtrëM, à Sid, à Pollux, et à tous les bénévoles, dieu vous le rendra !

Et si il ne le fait pas...C'est que c'est vraiment un con, le salaud !


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Rédigé par Bir, reporter local dans le WALLABIRZINE

fanzine leader dans le canton du Sidobre

& Webzine reconnu dans les bas-fonds de l'underground pour sa folie décalée.

samedi, juillet 6 2013

SHOCK ME


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REPORT DU HELLFEST 2013


Très chère lectrice du WallaBirZine, je reviens d'une nouvelle campagne métallique où la folie démesurée de la jeunesse européenne a su trouver au Hellfest l'endroit idéal pour résorber le temps d'un week-end festif, le verrou social qui la cadenasse dans sa prison dorée de surconsommation et d'inactivité professionnelle. Le programme était comme à l'accoutumé éclectique et passionnant, il a donc fallu faire des choix cornéliens, n'ayant toujours pas le don d'ubiquité requis pour tout voir, et vivre. Cependant, mon ami d'enfance Olivier est venu avec moi cette année (en fait chaque fois qu'il y a KISS), il a donc pu assister à des concerts que je n'ai pu voir, il vous en livre aussi sa chronique Oï-school.

Je tiens auparavant à réveiller en vous qui allait lire ce reportage subliminal, que le délit de blasphème a été abrogé en France en 1789, et que par les couilles de Satan, je compte bien en profiter...


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VENDREDI c'était GOD OF THUNDER


La renaissance de l'église catholique depuis la démission de Benoît 16 et du couronnement de François 1er n'a absolument rien changé des habitudes superstitieuses des bigots, qui bazardent de l'eau bénite sur le site du festival avant son montage. Pour leur information, le public a copieusement baptisé le lieu depuis l'an dernier avec des litres de pisse malté, de la transpiration, des sécrétions vaginales et des résidus de matières fécales, dont on vient à peine d'en divulguer la traçabilité dans la restauration rapide et l'industrie agroalimentaire des marques de références en cette année 2013, où on s'étonne encore, malgré les prévisions de ces camés d'incas, à ce que le globe terrestre tourne avec le mépris que les hommes ont de leurs congénères.


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Quand je pénétrais dans l'antre du Hellfest, la jeunesse intrépide galopait à en perdre haleine dès l'ouverture des portes du purgatoire. Je les saluais en me figeant de respect, car je savais que ces jeunes allaient tuer leurs angoisses existentielles en se prouvant à eux-mêmes qu'ils existaient, et que cette nation de musique extrême leur tient à tout jamais au corps et au cœur comme des hyènes sur un paquet de tripes chaudes.

A mon grand étonnement la scène Warzone n'est plus sous chapiteau, mais en plein air et sous un ciel menaçant de nous tomber dessus ce premier jour qui annonce l'été, la fête de la musique, et une journée promotionnelle au rayon poissonnerie du Leclerc de Clisson.

Ok, on attaque avec les basques de BERRI TXARRAK qui ont fait le choix d'envoyer leur punk rauque sans discussion, et sans réelle chance de fédérer du peu d'interaction avec le public du coup. Et en plus le combo chantait en euskara, ce qui ne facilitera pas l'adhésion d'un public, échaudé par les premières gouttes de pluie.

En conséquence le britannique chantera « Il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille » en se foutant sur son t-shirt UFO du vinaigre balsamique qu'il a confondu avec du picrate espagnol pour faire honneur au vin français.


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Mais déjà, l'appel des plaines de la scène Valley m’appelait pour BISON BC, qui a fait pleuvoir une purée de sludge death avec un son étouffant et surtout dégueulasse. Malgré ce dernier point épineux, le groupe a su tirer profit au fur et à mesure des améliorations acoustiques, pour hanter par la pression constante d'une lourdeur instrumentale et un chant death des plus caverneux. Le bassiste fracassa son instrument à la fin du rite, sous les auspices de notre ovation posthume au legs de leur démonstration, et pour le bonheur de nos organes auditifs. Dans la fosse, nous étions ravis de notre fondu de cervelle commune, car nous nous regardions tous de la façon étrange que les moines lorsqu'ils comprennent le sens profane de leur damnation choisie.

Par contre la programmation était tout en décalage sous le chapiteau Valley, quel bordel durant tout le week-end, pfiouuuuuuuut !!!


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A mon arrivée sous le double chapiteau, je remarquais que la croix de la TEMPLE qui siégeait au dessus de la scène l'an passé, avait fait la place à un pentacle. C'est un détail qui a son importance, surtout quand on regarde le décor du Hellfest sur tout le site, et qui correspond bien à un choix identitaire de sacraliser une croyance en des icônes divines fabriqués ici-bas, jusqu'à y former une unité de diverses tribus, et en démontrer une singularité qui détonne avec les autres festivals.

Le Hellfest est devenu une véritable machine de guerre, un bulldozer de corporate heavy métOl Rock, avec sa horde de fans capable de rugir à l'unisson de ce fantasque week-end où l'étrange liberté de son parc d'attraction consacre le théâtre d'hadès, et inonde les esprit de leur routine permissive à apparaître avec beaucoup moins de retenue vestimentaire. Ainsi ne voit on pas des femelles au tissu sombre et à la dentelle légère, s'allonger frivoles pour un bain de boue revigorant l'épiderme laiteux d'un corps juvénile, qui ouvre la porte de l'érotisme aux plus jeunes et la pornographique aux plus âgés.

L'élégance féminine en somme


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Sous l'arène ALTAR, le combo HOODED MENACE avait tout misé sur la cabale lourde pour opacifier et alourdir son doom death à glacer les sangs. Mais en fait, c'était plutôt chiant de mollesse, quoique assez mystique pour être dissolu cependant. Au final, le groupe a su faire de son set un chantre de la sauvagerie démoniaque et de la perversion, ce qui me semble très positif en soi.

BLACK COBRA est un duo qui a eu grand peine à élargir la limite de sa formation. Le guitariste délivra cette tension sous-jacente de sludge pâteux, juste pour apaiser et calmer l'ironie cynique de leur lâcheté à avouer le pire : Leur incapacité à trouver l'intensité suprême qui devait nous engloutir. Tant pis....


Mais, mais, mais....Amies !! Amis ! N'entends-tu pas la corne de brume de la saxe qui pétarade déjà au loin.


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Mais oui se sont bien les anglais de SAXON qui reviennent en nos terres arables pour dévaster nos ouïes.

Un premier constat s'impose d'emblée : Biff a bouffé du beef, il déborde de cette vigueur saignante que les anciens possèdent dès qu'il suçote leur pilule bleu avant la lubricité d'un coït. Par rapport à leur dernière venu sur le sol mou clissonais, le groupe est en très grande forme, leur dernier excellent album a relancé un enthousiasme au sein de l'escouade de Byford. Les musiciens sont aguerris, le job sera efficace, et sans forcer outre mesure, le groupe impose son passé et ses nouveaux titres avec la dynamique adéquate. Un grand Saxon magnifiant son art nous donna raison de bouder Negative Approach dont le set fut apparemment fort décevant.

BLACK BREATH a apposé à son death hardcore au début bien frontal pourtant, une perte de densité en cours de route, devenu perturbatrice fatale du gros potentiel de ce groupe. Je le regrette surtout pour le chanteur qui tenait le grognement lycanthrope comme jamais entendu depuis la bobine de Gilberto Martinez Solares « Le Fossoyeur de la pleine Lune » de 1960.

DEEZ NUTS a fait breaker la foule avec le peps de son HxC hip hop. C'était sûrement pas aussi imposant et massif qu'un Madball dont la dimension se prête davantage à un festival, mais de part son flow offensif, la dynamique fun, Deez Nuts aura permis d'apprécier un HxC à la cool. La vivacité australienne percera même les nuages pour réchauffer l'ambiance à grand coup de beat hargneux et de constante pression HxC, sous la bénédiction du dieu Soleil, que je chérissais de sa bénignité.


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Le groupe a aussi pu introduire sa sulfureuse danse de la douche




Sur la MAINSTAGE 2, je me hâtais d'entendre la réminiscence que TESTAMENT allait laisser au génération future, et je ne fus pas surpris outre mesure de leur grosse force de frappe. Je ne vous fais pas l'affront de vous présenter ce groupe qui maîtrise l'art courtois du thrash métAl, et qui est assez ancien dans le circuit pour être certifié comme valeur sûre. Leur dernier album en date martèle la seigneurie à laquelle le combo appartient : Celle des preux thrashers divins.

Vraiment le sieur Éric Peterson est un guitariste talentueux, mais quelle virtuosité, quelle maestria, d'autant plus appréciable en cette journée où le son partait au gré du vent. Alors des solis traités avec révérences et minuties tiraient l'ensemble du groupe vers le haut, et le chanteur Chuck Billy était en grande forme vocale lui aussi. C'était un très bon set, sans feu d'artifice, car tout s'est passé d'une façon fort simple, avec un groupe sur scène répondant à la liesse d'une sauvagerie sonique dévastatrice. Dommage par contre de ce fond de scène totalement moche, formant une espèce de mur en pierre hideux. Ce n'était qu'un décor soit, mais bon là on avait l'esprit des Monster Of Rock de 1988, époque mérovingienne.

Le public avait l'air groggy par contre des successifs uppercuts, et déjà des problèmes aiguës de fracassement de nuque abondaient au dispensaire de secours. C'était une première pour moi de les voir, et je garde en tête la finesse de leur percussion technique redoutable, qui aura fait écho à ce que j'ai pu écouter tout au long de leur discographie, et que je vous préconise d'obtenir.

Sur l'autre Mainstage, la sono passa le "It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll)" d'AC/DC pour apporter un maximum de bonheur, comme un avant goût de l'excellent support éducatif rock'n'rollien qu'est TWISTED SISTER. Car si le temps a beau pleuvoir sa funeste destinée sur les années qui passent et la stagnation discographique de ce groupe, la musique de ces dieux demeure culte et indémodable.


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Dee Snider est le boss. Frontman incroyable qui apporte un maximum de retombées émotionnelles dont on connaît le rôle fondamental pour la cohésion. Ce type est un battant, un entremetteur d'entertainment phénoménal, un héritier de la grande démonstration ricaine pour le spectacle vivant. De James Brown à Jello Biafra, Dee Snider fait partie de ces colosses qui tiennent une scène par les couilles et la mène où bon lui semble. Il est partout, omniprésent, pratiquant le fun et la bonne humeur, sa private joke sur ses cheveux était excellente. Si on ajoute à cela les hits du crew, qui vont de "The Kids Are Back" à "I Wanna Rock" vous avez la somme d'un rock'n'roll show hyper oldschool.

Ok, il y avait les mêmes ingrédients que la fois précédente, avec même des solos un poil brouillon au début, Jay et Ojeda avaient l'air en dessous, mais jay était plus frais que la fois d'avant par contre. Puis devant la capacité de Dee à pousser la foule dans l'exutoire, l'existence a pris de suite la saveur du superbe avec un tel concert. Alors Jay et Ojeda se sont sortis les doigt du cul pour se mettre dans le même enthousiasme fédérateur.


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Oui à chaque concert de Twisted Sister la foule est en délire, quémande davantage pour la frénésie jubilatoire que ce groupe est capable d'apporter. Mais pas seulement pour la nostalgie de leur musique iconique, car comme la tignasse de Snider, on est dans le vrai, le sincère, Twisted ne fait pas qu'un show usiné depuis les années 80, il sait lui aussi que le temps joue la montre, et qu'il profite tout comme nous de cette rencontre fortuite pour créer cette confusion émotionnelle qui bouscule l'espace temps.

Le public du Hellfest aime Twisted Sister et Twisted Sister est un très grand groupe de heavy métal et de scène, qui aime son public.

En épilogue de ce constat, j'affirme que si dans l'immuable univers je ne suis rien, et qu'une minuscule poussière d'ange dans le monde oppressant des humains, je continue d'aimer y vivre, et cette passion pour la vie c'est avec des instants comme cela que l'on en poursuit l'aventure, humaine et terrestre, le sourire aux lèvres.


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KREATOR a envoyé le pâté en croûte de Germanie mais l'a étalé sous le vide d'un sandwich triangle d'autoroute. C'était vite envoyé, avec ce goût truqué du groupe absent, pourtant il y avait de quoi avec un tel thrash teutonique. L'emballage de sa renommée n'aura pas suffit à gommer un set très peu vertigineux.

AGNOSTIC FRONT débuta par une intro d'Ennio Morricone comme les Ramones le faisaient en début de leur concert avec le célèbre « Ecstasy of Gold ». Ils finiront par une cover des quatre fantastiques du punk rock, comme cela la boucle était bouclée.


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Les prolétaires new-yorkais étaient attendus à Clisson, d'une part pour finir ce qu'ils avaient à peine donner en 2010, et d'autre part pour secouer les rangers punk et les baskets HxC dans la fameuse danse de la tronçonneuse.


Vinnie Stigma nous la joua à la De Niro dans taxi Driver, et malgré le fait que le combo a su souder l'acier hardcore au public du métAl, Agnostic Front dupa par son soucis d’apparaître plus sur son côté précurseur et légendaire, plutôt qu'apporter l'usufruit de son choix musical oldschool, qui aurait pu devenir un modèle d'école de vie pour la perpétuelle nouvelle génération montante.

Un set fatalement sous-exploité, qui n'avait pas la crête escomptée pour changer l'animosité haineuse de se battre au jour le jour pour inverser la fatalité, en se faisant un shoot de punk HxC skinhead dans le cerveau, et ceci, dans l'unique but d'une délivrance...


Et puis je suis allé voir SLEEP, qui a raconté des histoires à dormir debout aux gamins de la Valley pour qu'ils puissent par la suite faire de jolies cauchemars. L'hallucinante démonstration d'intensité de ce groupe m'a remémorée leur album "Dopesmoker" sur toute sa grandeur, avec une nouvelle ascension du taux de sympathie quant à la légende de leur chaudron sonique.

On a rugi de fièvre dans notre délire somatique, avec ces refoulements inénarrables pour qu'on les taise à jamais. Le sommeil fut agité par des ecchymoses rêveuses pour que nous nous relèverions avec des courbatures sous les yeux et des oreilles en sang.

Sleep nous a donné un rite de chamanisme heavy, avec la liturgie d'un onirique sable mouvant musical qui engloba les esprits dans un moment d'exception rare.


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Ne pas confondre Led Zep avec Def Lep, c'est ce que j'avais griffonné au collège sur mon cahier de texte. Ahhhhhhhh mais putain, que j'attendais depuis toujours DEF LEPPARD, la grande britannique à l'accent américouain. J'en ai tellement des heures et des heures d'écoute de ce groupe, peut être même autant que toi fan de nü métal qui a commis sa première masturbation à l'écoute du "Three Dollar Bill, Yall$" de Limp Bizkit.



11.gif Les beach boys du hard FM nous ont offert leurs nombreux hits de concours avec la saveur professionnelle du professionnel de la profession. Joe Elliott a fait sa queen tenant les rênes, les solos de Phil Collin (ne pas confondre avec Phil Collins par contre) étaient poussifs au début, beaucoup plus présentables après quelques exercices d'assouplissements il est vrai. Hey, le Phil a 50 quilles, est taillé comme un roc, il doit pousser la fonte comme un jeune homme pour obtenir cette sculpture corporelle. Rick Allen avec un bras et deux jambes a autant de punch que tous les batteurs de la Altar.Véridique !!


Il me semble que le combo a dû jouer l'intégralité de leur album Hysteria, certainement pour poursuivre leur show hyper rôdé de Las Vegas du mois de mars dernier. Le bassiste Rick Savage était en retrait, et Campbell après sa chimio était très bon, bon retour mec.

Côté show c'était succinct, juste un immense écran derrière eux, d'où est sorti un hommage tout en émotion au guitariste Steve Clark, et de la masturbation prétentieuse en l'honneur du groupe (trop longue), censée, du moins je le suppose, nous affirmer à quel point nous étions chanceux d'avoir de telles stars devant nos yeux de gueux françaouis. Le restant, c'était des images apportant une espèce d' artifices visuels aux chansons, mais sans grand intérêt, si ce n'est le fait financier de vendre un gros show avec des prestations limitées. D'ailleurs ZZTOP a fait de même le lendemain.


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Musicalement je n'ai rien à redire, Def Leppard a fait son job, il nous a ravi de son panel discographique avec la sève de ses tubes interplanétaires, et de cette extravagance de saccharose en bouche pour que nous reprenions les refrains jusqu'à en avoir des dégoulinades de sucre jusqu'aux chevilles. C'était agréable de ré-entendre ce péché mignon, que je n'avais pas écouté depuis des lustres, il est vrai aussi. Mais un concert pas inoubliable pour autant, car il m'a manqué cet aveu de sincérité faussée que possède les grands, qui apprennent la vertu de continuer à faire rêver leur public ingénue, même si ils n'en pipent pas un traître mot dans leur for intérieur. Là c'était vraiment trop visible de voir que Def Leppard avait fait son set comme on va pointer à l'usine, avec la rigueur de sa bonne conscience professionnelle.

Pour terminer cette soirée, nous avions le choix entre Six et Sick, je suis allé voir SIX FEET UNDER au groove mou. Le spirit était là, mais les gars avaient dû forcer sur de la ganja de la mort car leur death apparaissait enfumé et amorphe. Ouaie carrément comme ces gosses qui se traînent avec les yeux globuleux en salle de mathématique avec l'élan énergique d'un gastéropode.

De ce fait je me suis expatrié sous la fonte dynamique de SICK OF IT ALL pour un set millimétré...de pose. Le true oldschool de SOIA vit sur les acquis de sa démonstration de force urbaine et fédératrice, en uniformisant de génération en génération les codes, et le même message d'unité en ses valeurs oldschool.

Le spectacle donné était de qualité, nul doute, ça hurlait et gesticulait dans tous les sens, les petits jeunes exultaient en tombant la casquette et se fracassaient les uns contre les autres avec bonheur. Au fond, les vieux tapotaient du pied en remuant péniblement une tête qui avait du mal à soulever le poids de la fatigue sur une journée quasiment entière à rester debout. Sick Of It All où pas, l'intégrité première pour moi, c'était d'être frais et dans les meilleures conditions physiques et intellectuelles pour affronter le samedi, sereinement. On n'a pas demandé notre reste quand les new-yorkais sont partis et ont clôturé cette journée.


Ok maintenant c'est à toi Olivier, pour un report Skinhead qui va raser de prêt la tignasse aux métalheads :



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Je me sépare de mon compagnon le temps des contrôles à l'entrée...ça bouchonne tous ces métalleux. On se retrouve à la Warzone pour attaquer avec les basques de Berri Txarrac et ce n'est pas une mauvais nouvelle. La diaspora « survet, nuque longue – chaussure de rando » est là, fière de venir supporter les enfants du pays. L'ikurrina (drapeau basque) vole au vent, il ne pleut pas encore. Le set est un peu court mais pêchu et enivrant, du pur rock alternatif à la sauce basquaise. Ce hellfest 2013 commence bien.

On file manger un bout chez « Roule ma poule » et ses recettes turques comme son nom l'indique, et allez hop pour digérer c'est HARDCORE SUPERSTAR sur la MAINSTAGE 1, ça envoie bien mais c'est l'heure de la digestion, petite ballade et on revient pour SAXON.

Comme d'habitude c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures marmites...Et comme d'habitude ils profitent de l'arrivée massive du public pour servir un très bon set.

Petit break pour moi.


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J'hésite pour la suite, le retour d'EUROPE et son show qui conquiert les plus pessimistes ou DEEZ NUTS. Ben tant pis pour le brushing, on va se taper du HxC, et c'est bien fait, pêchu, groovy et bien servi.

Bir va voir un truc et je me cale à l'ombre, il revient...TWISTED SISTER est avancé en dernière minute. Pas de charge direction la MAINSTAGE 1, on se cale assez prêt, beaucoup de gens n'ont pas eu l'info. On attend en écoutant le groupe d'à côté et en contemplant les déguisements de certains festivaliers.


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Twisted commence et la foule est conquise d'entrée, même sans les froufrous des 80's ça reste génial, une heure de hit, partagée entre le public et nous. Tout y passe ou presque, le public chante par cœur...C'est comme à Patrick Bruel mais en mieux. Ça y est j'ai la patate et en plus je peux tranquillement filer vers AGNOSTIC FRONT sans me préoccuper de KREATOR.

On se cale à la WARZONE, à notre place attitrée bien en face. Les concerts d'une heure c'est le minimum pour voir ce que les groupes ont dans la ventre. Le show débute, c'est blindé et ça bouge bien, la nuit tombe et tout va bien. Le set est nickel, puissant et participatif.

Finalement je ne suis pas allé voir HELLOWEEN, ni SLEEP d'ailleurs, une heure de break à la Warzone à écouter de la soul et du skinhead reggae diffusé par la sono, c'était nickel et ça a bien plus après tant de brutalité. Ça danse, tout le monde est joyeux et attend ANTIFLAG.

Enfin un groupe qui assume et qui va envoyer du gras et ça ne rate pas. Du bon punk sans chichi et la foule adhère, moi aussi. Bir me quitte pour aller voir Def Leppard..Bon courage l'ami. Antiflag se termine dans la folie, je file retrouver mon camarade mais c’est blindé, je me pose en retrait, j'y vois pas trop et le son n'est pas très bon. J’attends et...Je m'endors.

Un connard me marche dessus et me réveille. Il fait super froid et il est 1h30 !!! Je file voir SICK OF IT ALL et ça me réchauffe un peu, mais pas assez...Je file à la voiture un peu avant la fin, je suis raide.


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SAMEDI c'était CREATURES OF THE NIGHT


Au réveil, il pleut. C'est de l'eau de pluie de l'eau de là-haut mais était-elle au moins béni des dieux ? On dirait même qu'ils se vengent en pleurant toutes les larmes de leur corps divin sur le sol méphistophélique du Hellfest depuis déjà trois années de suite par offense. On nous avait pourtant prévenu , le 21ème siècle serait spirituel, et tout le monde devra s'y mettre. Il faut croire, car Satan a dit : "Vous allez tous crever." et le pire c'est que ça se vérifie au fur et à mesure tout de même !


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De toute façon, pour garantir au sol Clissonais une tenue adéquate et une météo clémente, l'amicale des supporteurs du sud de ce festival a organisé un grand référendum s'inspirant en partie de la prophétie aztèque, qui requiert d'offrir le corps d'une martyre à la faucheuse pour conjurer le maléfice pluvieux. Le vote a eu lieu et c'est Maître corbeau qui a dévoilé le nom miraculeux de Madame Boutin emportant le plus de voix, comme par un hasard assez truculent en soi.

Sainte Christine, la fille aîné de l'église catholique romaine dont on apprend cette année qu'elle fornique avec son cousin, moooooooon dieuuuu jésus marie joseph...Son arbre généalogique c'est juste un tronc avec une branche pour une seule souche arrosée par de l'eau bénite alors ?!....

Bref, elle devra donc par conséquent être sacrifiée selon la coutume Inca, pour que le dieu soleil vienne répandre le feu sacré durant tout le 3ème week-end de juin 2014. Un succès d'estime pour cette femme, qui jusqu'au bout témoignera de l'indicible lien qui existe entre elle et ce festival de musique amplifiée.


Après le ptit dej, je m'étonnes de l'acoutrement de mon camarade Olivier, avec des chaussures lourdes au pied, lui reste en mode warrior, prêt à affronter cette journée grisâtre.


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Bon et si tu nous racontais ton trip en mode Rude Boy cette fois ?



Ok. Après une bonne mais courte nuit de sommeil et une douche bien méritée (la première de la journée), on s'enfile un bon petit dej pour attaquer le deuxième jour. On est parmi les premiers même si c'est parti sur les autres scènes. On va voir JUSTIN(e) et là ces petits frenchies font ça bien propre, c'est très bon, et c'est partie pour la seconde douche de la journée.

Ma matinée n’est pas chargée, je m'abrite sous le market ou je me ballade au fil des stands. Il pleut toujours. Espérons que pour THE CASUALTIES on verra le soleil. Et bien non !! Bon show mais la pluie ça freine bien enthousiasme. C'est donc sous des poncho que nous resterons jusqu'au bout et même si le set était bien (un peu court), mais c'était pas l'enfer.

Gros break pour moi, je suis vieux et j'aime mon confort, alors je file à la caisse, au sec me reposer, la soirée sera longue. C'est donc au calme dans la voiture que je pique un roupillon...Et me réveille dans un sauna...Puisque le soleil est là...En pleine gueule. Je vais faire un tour au Leclerc constater les quantités de bière astronomiques achetées et l'ambiance toujours amusante de ce lieux pendant le Hellfest.


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Allez fini de plaisanter, il est 18h00, je file rejoindre Bir pour notre opération commando...KISS. Je le retrouve à 19h00 pour ACCEPT et notre approche méthodique de la MS1.

Accept joue du Accept, c'est plaisant et ça rappelle des souvenirs. Les teutons ont une flopée de fans qui aime bien ZZTOP aussi, rude combat. PAPA ROACH débute mais hélas ce n'est pas le même public, tant pis, on s'enfonce un peu et on est pas trop mal pour le show des barbus.

Je les avais vu plus jeune et j'avais était déçu par l'attitude. Là c'était un peu mieux, mais bon, si musicalement il n'y avait rien à redire, ils étaient vieux il y a trente ans. Ils sont donc encore plus vieux aujourd'hui.

KISS approche et c'est déjà blindé. BULLET 4 MY VALENTINE n'y change rien. On va donc devoir être finaud pour toucher le Graal. Profitant de mouvement de foule et de l'ébriété de certain, on approche discrètement. Ça y est on y est, quatrième rang fluctuant et on patiente. Il est 22h30 et on a fait 50 mètres en 3h30 et pris 4 concerts dans les feuilles, mais on est bien.

YOU WANT THE BEST- YOU'VE GOT THE BEST KISSSSSSSSSSSSSSSSSS !!!


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Le rideau tombe et c'est parti. Ça démarre en trombe, les morceaux s’enchaînent, le public de tout age connaît les paroles par cœur, les tubes comme les nouveautés. C'est du grand théâtre, les iphone et appareils photo se mélangent aux mains levées et cornes de Satan. C'est un régal, même si je trouve personnellement que ça manque de gaz par rapport à leur précédent passage au Hellfest. L'émerveillement n'est pas le même et peut-être l'âge de stars, ou mon mal au pied  Aïeuuuuuuuuuuu !!!

En tout cas, ça explose, ça fume, ça pète et ça dégouline d'hémoglobine. On aura droit à des morceaux de Monster...Promo oblige et des tubes en veux-tu en voilà. Et cette fois-ci pas de « I was made for loving you ». C'est le Hellfest pas le macumba !

La tyrolienne, les papelitos , les feux d'artifices, les fesses de Paul Stanley, tout y est. You Want The Best, You Get It ! Fin du concert.

La foule s'éparpille très lentement, au vue de la masse se l'écran géant c'était impressionnant. Une partie file à côté voir KORN, nous on gicle vers BAD RELIGION.. J'ai les pieds en feu. Ouilleuuuuuuuuu !

Là aussi c'est archi blindé, le set est très énergique et l'ambiance toujours au top .Mes pieds me lâchant, je file à la voiture à un quart d'heure de la fin pour éviter la foule et ne pas nous retarder pour rentrer dormir. On est à 8 km dans les vignes dans une caravane qu'on nous loue). J'enlève enfin mes paraboots. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!! Je rentre dans la caisse..Quand Bir arrive...Il m'a mis ¼ d'heure sur 2 km, le salaud.


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Whaouuuu mec, ça c'est du Rude Boy !!!


Pour moi, débuter ce samedi, rien de tel que JUSTINE avec un punk rock débonnaire qui dispose de la présence scénique de Fernandel, avec l'humour de Kev Adams ou d'Alexandre Viallatte (tout dépend de ta génération pour cela). Justin(e), c'est de la french Punch à la gaudriole fraîche et humide, comme une canette chaude de kronenbourg. Cela m'a procuré un bien fou toutes ces lapalissades caustiques et ce punk rock classique, et en fait : Plus con que ça, tu meurs ! Et c'est un compliment.

Moins probant et malgré le caractère mystique de SURTR, leur doom linéaire n'a pas franchement décollé les rétines. L'atmosphère était bien sépulcrale, c'était cool, mais quand on ouvrait leur linceul musical, il n'y avait plus rien du Sabbath ou du Reverend Bizarre. Un manque d'envergure scénique sûrement, et puis des soucis techniques qui sont intervenus aussi. Sur disque c'est plus prégnant par contre, faut le savoir. Un groupe a revoir tout de même, car je suis certain que ces gars, et dans une salle plus petit, sont capables d'envoyer une confession de messe doom et faire apparaître l'obscurité.

Ensuite, j'ai acheté un plat végétarien, la fille m'a servi avec les yeux tout rouge. Le set commença en même temps que je débutais mon repas. UNCLE ACID & THE DEADBEATS déposa de manière cotonneuse son atmosphère psychédélique. Mon plat végétarien avait un arrière goût dont je ne peux en définir l'origine, mais ce n'était pas mauvais du tout, juste un peu étrange en bouche. Le groupe étendait le champ de sa passionnelle musique dans le contre-champ que nous nous faisions de son délire. Le chant en stéréophonie amplifiait l'ensemble. Je me sentais très léger alors que la musique était très lourde et surtout intense. Puis elle a commencé à devenir de plus en plus légère de manière paradoxale ???!! Un léger brouillard de fumée scénique permettait de soumettre à la purée sonore une concordance parfaite. Où alors c'était peut être cette fumée opaque à l'odeur bizarre autour de moi.


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A un moment, il y a eu un gars qui s'est mis à quatre patte en pleurant de rire, et qui vraisemblablement cherchait des truffes avec son nez comme un cochon des truffes. Mais après coup, je pense qu'il recherchait sa boulette de haschisch pour plonger dans un paradis artificiel, qu'il avait sur scène de toute façon.

Le trip prenait des allures de montée d'acide, car j'avais chaud et je suais, beacoup trop. Les couleurs se sont faites plus vives, la musique plus sombre, presque impérieuse. J'avais très soif, extrêmement en fait, comme si je venais de courir un marathon dans le Sahara avec des vêtements de ski. Je me crachais bien dans les mains et ravalais ma salive pour me rafraîchir mais rien n'y fit véritablement. Ce qui est assez dingue en fait, c'est qu' Uncle Acid arrivait à faire fondre la toile de tente. Ça dégoulinait comme du sirop d'érable le long des mats. Non vraiment, ce plat végétarien était tellement excellent, que j'ai tout fini en me léchant les sourcils. L'ingé son a dû augmenter le volume sonore au delà des 105 décibels par contre car j'avais les oreilles qui giclaient du pus, c'était assez étrange mais ça m'a rafraîchi du coup, c'était surtout agréable dans le cou.


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Il faut admettre qu'Uncle Acid & The Deadbeats est un groupe vraiment incroyable, il est tout de même arrivé à suspendre la rotation de la terre et les ouvertures cosmiques qui claquent leur porte comme un ado en pleine puberté. Je le sais car cette tension était vérifiable dans l'air que l'on ressentait. C'est pas phénoménal comme truc de dingue hein, sans dec ?



Ensuite, pendant que le groupe déployait sa chaude apesanteur sonique, je me suis pissé dessus avec ravissement en même temps. Quand le set a pris fin, le groupe a quitté la scène sous mes applaudissements nourris, mais muet, et je n'ai pas très bien compris pourquoi par contre ?

Le guitariste m'a regardé hurler en verlan le poème de Verlaine "Chanson d'automne ", je pense qu'il n'a pas saisi grand chose. Puis les gens se sont dissipés comme un brouillard matinal très rapidement, et comme c'est devenu clair, je me suis envolé avec mon parapluie magique parce que j'avais de nouveau faim, mais je n'ai jamais retrouvé la fille aux yeux rouges et ce plat végétarien, très bon au demeurant. Alors en désespoir de cause j'ai acheté un jus d'orange avec un goût de citronnade amer que j'ai bu d'un trait par le nez, ça piquait un peu mais c'était bon.

Cette journée prenait l'attitude d'un téléfilm de Jean-Luc Godard des années 80 mais sans les décors futuristes de Blade Runner. Je me suis assoupi contre le mat de la tente Temple quand le groupe "Equilibrium" rugissait d'enculer Thérèse de Lisieux avec un rondin de 20 de chez Bricomarché. Dans mon sommeil le sol était revêtu de chantilly et il y avait des gens autour de moi en train de me hurler de sortir sans la clef, un nain à moustache notament. Après cette séquence d'hystérie collective, je me suis réveillé sans savoir si j'avais rêvé tout ce trip, mais il m'a vraiment fallu du temps pour redescendre du set de Uncle Acid & The Deadbeats et de leurs riffs hallucinogènes.


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Franchement après ce que je venais de vivre, j'avais du mal pour une nouvelle PROCESSION. Surtout que leur epic doom à la Saint Vitus se donnait un élan péremptoire, mais avec un manque de justesse musicale très peu compatible ici-bas.

Nétant pas encore tout a fait remis du set psychotrope d'Uncle Acid & The Deadbeat, j'ai décidé d'un commun accord avec ma santé mentale, de prendre des trombes d'eau sur la gueule pour voir des pingouins keupons faire les poulets ( un gars monte sur les épaules d'un autre pour un fight avec un autre poulet ) pendant le set de CASUALTIES. Ils ont fait une cover des Ramones comme pratiquement tous les groupes de NY, mais eux ont fait en plus « Run To The Hills » de la vierge de fer comme Sid Vicious le « Comme d'habitude » de notre défunt électricien Cloclozzzzzz-couic-.

Pour me sécher, je suis retourné sous la Valley dans laquelle la magie énochienne de WITCHCRAFT était élaborée avec la préciosité du rock psyché 70's et la pureté heavy, dont l'humilité du groupe et de leur set ont approfondi l'intensité émotionnelle avec des vivacités de breaks rythmiques d'une absolue netteté. Je kiffe ce groupe. La grande classe de ce combo a percé son éclosion devant mes yeux embués par cette pétulance musicale. J'étais très émotif devant cette beauté vintage qui n'a jamais laissé passer le teint nacré des obsessions musicales que l'on retrouve, avec tous ces groupes de stoner qui Led Zepelline à outrance des lignes Maginot de gamme pentatonique. Witchcraft est arrivé à suspendre la voûte de mon amour absolu pour la musique jusqu'au bout de son paradis perdu, avec pour seule ambition, de distiller au cœur de son concert un émoi sensible que je n'oublierais jamais.


Quand le Down d'Anselmo a pris la scène, je suis resté interloqué d'une observation édifiante : « Mais heyyyyyyyyy il a repris trois fois des paupiettes le Phil depuis la dernière fois nan ? » Ohhhhh putain le lourd il s'est même fracassé ensuite le micro contre le crane, et puis que dire de cette musique grasse comme du lard, vraiment je ne sais toujours pas ce que l'on accorde à ce type et à ce tas de pue musical. Une musique sudiste ça  Mais fichtre, cela n'a absolument rien à voir avec ce que l'on conçoit en dessous de la Loire avec Francis Cabrel ou les Gold

Par contre, si tu veux une suggestion Phil, demande à Phil des Leppard un conseil diététique. Puis si tu aimes vraiment te fracasser le crane, il y a le RC Cathare, alors là écoute attentivement une chouette leçon d'entraîneur de rugby :

Pour résumer mec, un concert, ça ne se gagne pas avec la tête, ça se gagne avec les couilles !


La leçon est à retenir et prévaut de sa véracité dans le circuit de KARMA TO BURN, qui était pourtant au début en roue libre, sans le spasme spirituel qui a fait vrombir l'épaisseur magnétique de son karma tellurique. Puis le diesel s'est mis en route pour propulser le duo dans un burn-out sonique très jouissif, dans lequel la foule s'est faite littéralement écraser comme un vulgaire hérisson. Ils n'étaient que deux et pourtant ce que Black Cobra n'était pas parvenu à saisir, c'est que l'intensité musicale est plus importante que l'invocation sonore. Karma To Burn sous ses dehors de méditation stoner, ou de yoga pour motard, est une formidable bécane de psychisme qui foudroie sur place.


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Tous les mélomanes de la planète terre connaissent l'importance des trois B allemands, que sont Brahms, Beethoven et Bach, mais avant la lettre B il y a le A d' ACCEPT. J’admets qu'Accept sait envoyer le prussien spirit avec des hits tel que Balls To The Wall, et que leur set fut cool. Mais il a fallu que l'autre buse d'Anselmo vienne foutre son groin pour le final « Fast As A Shark » en marquant sa vénération aux fritz. Il est en manque de reconnaissance ce gars ? Mais enfin ce n'est pas possible autrement ??


ZZTOP a lui proposé un set très très sobre, limite foutage de gueule. Je voulais du show, je n'ai rien eu, mis à part un écran en fond, avec de jolies poupées dont le tissu doit rebuter puisque elles en sont dépourvues à chacune de leur apparition, laissant apparaître une peau bronzée et tendue, ce qui demeure très encourageant pour mettre un bikini cet été sans rougir.

D'ailleurs on se demande si cela existe vraiment des créatures de la sorte qui sont envoutées ( surexcitées) dès que quelqu'un joue de la guitare...


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Sinon le trio a certes joué avec brio, par contre il manquait un zeste de frénésie et de féerie sudiste pour customiser le chrome blues rock des barbus. Bon, ceci dit, rien qu'avec le touché de guitare de Billy Gibbons j'étais conquis. Un réel plaisir d'écouter ce gars, mais quelle classe ! Il n'a vraiment rien perdu de son doigté...Tu m'étonnes qu'après du tas de gonzesses à moitié à oilp qu'il se traîne derrière lui.

Donc ZZTOP musicalement était top, pour le show c'était ZZFLOP on n'avait rien à se foutre sous la dent, et en plus c'était trop court. Disons que c'était décevant d'être à moitié conquis par la petite cylindrée des trois poilus. Mais il y avait le matos a installé de KISS après sur la même scène, c'est peut être pour cela le peu de spectacle et d'artifices...

En attendant les super-héros du hard rock, il y avait Bullet For My Valentine qui couinait sur la scène adjacente, la durée de leur set m'a paru démesurée et triviale.

Puis KISS.....enfin.


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Je ne sais pas comment on se d'emmerde mais on arrive vraiment à s'en sortir super bien à chaque fois, car on est au troisième rang, ouaie avec les hard fans, les vrais de la kiss army, en plein dans la première ligne du bataillon de truffions, passant toute cette journée à pester de prendre du 48 de gosses sur la tronche et à pisser dans des bouteilles d'eau minérale très minéralisé, en particulier en magnésium.

La sortie de « Sonic Boom » et surtout « Monster » a creusé un fossé entre les fans du Kiss originel et la nouvelle génération qui a assimilé Eric Singer & Tommy Thayer comme des membres à part entier. Cela sera réconforté par l'omniprésence de titre du dernier et de l'avant dernier album du groupe pendant leur set. Ce que je regrette, puisque je suis de l'ancienne génération et trouve ces albums moyens.

Pour moi Kiss en concert, c'est un film muet à lui tout seul dans la représentation du mime qu'il imprime sur leur faciès maquillé. kiss c'est l'omniprésence d'un show énOrme, qui fait péter la pyrotechnie avec panache et l'entertainment rock'n'roll.


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Merde, voilà quoi nous avions enfin un vrai SHOW. Un truc de géant qui fait ouvrir les yeux, écarquiller les oreilles avec des hymnes, mais putain que ça fait du bien ce truc des 70's de dinosaure du...


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Mec c'est KISS sur scène, Gene dégueule le sang en faisant des caisses et crache du feu, Paul est insupportable d'arrogance, Tommy, merde ce gars est invisible, il personnifie le vide intersidéral, alors que ACE FRELHEY reste une comète au firmament du ressentie lunaire qu'il incarne.

Et si Éric reste un bon batteur, il possède une cabine de guenon, Peter revient chanter « Beth » que je chiale comme un gosse.

Putain mais KISS est un mythe, un rêve éveillé de fornication rock'n'rolienne, qui usurpe ces fans avec la grandiloquence d'une théâtralité excessive. N'empêche que c'est toujours de la joie face à cette immensité, de la stupéfaction face à cette démesure.

Ok, KISS c'est aussi le castorama du merch, et au fait, est ce qu'un B-B-Q Kiss existe t-il ? Parce que je prévois de faire griller des légumes cet été, alors si ça existe j'suis fan !



Le groupe a surjoué les titres de leur « Monster »....Heyyyyy mais franchement, vous voulez vraiment nous faire gober au concept foireux de l'appropriation de Tommy et d’Éric à la place d'Ace et de Peter ??? Nooooooon, sans dec ? Je vous le dis, vous pouvez leur foutre le même maquillage, les mêmes tenues, faire chanter leur chanson (Tommy qui chante « Shock me » par exemple, franchement soyons sérieux deux secondes merdeeeee), JAMAIS, vous m'entendez jamais vous ne ferait revivre l'esprit du KISS originel, c'est fini, Game Over !



Le baiser hard de KISS est fantasque quoiqu'il en soit, mais il a brillé de façon moindre qu'en 2010, parce qu'il a omis de juter son set avec des titres rétroactifs. En préférant assurer le marketing du nouvel album « monster », il a déçu ses anciens fans, le groupe passe à autre chose, suit sa route comme toujours, alors soit tu suis leur trajectoire, soit tu restes dans la nostalgie. Pas grave j'ai revu KISS en chair et en os, j'ai hurlé sur pratiquement tous les refrains, je me suis cassé la voix comme Bruel, mais que c'était fun sous ce final crépitant et majestueux, les élevant dans les cieux sous une pluie de confettis.

J'ai retrouvé mon rire d'enfant dans celui de ma petite voisine, dont le père de famille exultait de la magnificence spectaculaire qu'il a offert à sa fille avec ce concert de KISS.


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Olivier et moi quittions la mainstage pour retrouver le giron de mon adolescence avec BAD RELIGION, je n'ai pas tenu le choc et me suis engagé vers les premiers rangs à bramer le poing levé les titres que Graffin propulsait avec une calvitie de moine bénédictin. Whaouuu mec, à chaque année tu prends un coup de vieux dans la tronche rien qu'en dépiautant de visu les groupes de ta jeunesse, ça fait sentir un avant-goût des rhumatismes, la pluie aidant...

Dans la cohue je me rend compte que depuis un mois à peine je porte des lunettes, et que si je ne veux pas les exploser, va falloir que je me replie au fond à côté des vieux qui tapotent du pied avec l'allégresse d'un fan de Dick Rivers. On m'avait prévenue qu'à partir de la quarantaine la vision baisse, bon pour ma part j'ai pris un palet de hockey dans l’œil droit qui m'a fait perdre un paquet de ligne de vision, du coup je suis astigmate, mais j'ai les oreilles aguerris pour l'émotivité punk rockienne de Bad Religion, qui transforme les douleurs intimes des révoltes sociales en punk-song truffées de punch adolescent et de maturité émotive.


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Leur set est passé à une vitesse vertigineuse, enfin merde quoi ils ont joué deux morceaux ce n'est pas possible ??! Mais que c'était cool, vraiment cool, ça a fait remonter les souvenirs à la surface de l'épiderme en une larme qui coule comme ce foutu temps qui passe et nous trépasse. Nostalgie et mélancolie vont de pair, mais rien qui doit chagriner quand tu relates cette intensité émotionnelle en quelque chose de positif. Et du positif, je n'ai vu que cela avec Bad Religion.

A l'inverse, on a tellement décrié l'avarice du néo-métal capitaliste qu'il a cramé ses bois de bête à KORN par l'excès d'animosité au sein des festivaliers présent en 2008 pour la supercherie de son annulation. De retour dans la cuvette du muscadet, les gars de Bakersfield font comme ci rien ne s'étaient produit de marquant, et le public a tout gommé comme il a gobé ce manège de MusicalTV parce que c'était le style de leur génération. Normal en somme que ce public s'exalte de la sorte, nous faisons de même pour chacun de nos groupes fétiches, la différence c'est que Korn n'a pas la même importance à mes yeux, et je ne parle pas des oreilles.



DIMANCHE c'était THE DEVIL IS ME


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Le Hellfest fait couler autant d'encre que crépiter les reportages sur son incroyable ascension au sein des grands festivals de France. Maudit par l'underground bas du front qui ne souhaite pas participer à la messe car la populace y est trop nombreuse, maudit par les adorateurs du christ tout comme les autres religions pour la causticité qui s'y dégage, il n'empêche que si les habitants de Clisson étaient hostiles au départ, ils ont bien assimilé le concept du festival et son aspect mercantile pour tirer des conclusions de partenariat, comme l'hébergement chez l'habitant ( une première pour moi, à reproduire, trop cool ), ou de devenir vendeur ambulant pour l’occasion en prestation culinaire rapide, en spiritueux, en produits locaux, tout en affichant un sourire de complaisance avec tous ces personnages habillés de noir qui brament des onomatopées canines à la gloire du heAvy métOl !

Par contre le hic c'est la présence de travellers qui arrivent autour du site et des potentialités néfastes que cette horde de charognard apporte en terme de représentation auprès de la population. Sans faire une généralité et une caricature des personnes qui squattent dans le désœuvrement pour grappiller des résidus de bières de maçon ( j'ai 10 années de carrière dans la maçonnerie, alors pense bien que je connais le velouté tropical d'une bière chaude de qualité médiocre, à un prix défiant toute concurrence ), leur profil ne manquera pas de susciter des garanties auprès des personnes « anti-inflammatoires » au monde du rock'n'roll et du heavy métOl qui veulent en ternir l'image, que le public et les organisateurs du Hellfest ont su apporter comme témoignage pérenne au développement du festival, ainsi qu'à sa poursuite dans une confiance réciproque.


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Mais je sens une certaine fatigue chez mon best friend, dis moi Olivier, j'ai l'impression que ton report va être Early Reggae cette fois nan ?

Ça y est le réveil sonne. Troisième jour, la nuit a été bonne et mes pieds vont mieux. J'enfile mes sambas puisqu'il ne doit plus pleuvoir et là tel Jésus, je marche sur l'eau, MERCI ADIDAS !

Comme d'hab, début de mâtinée à la Warzone pour THE DECLINE, et les bretons le font. Ça réveille même. Pour moi, la mâtinée, comme la plupart du fest se passe à la Warzone. Petite pause et arrive TREPONEM PAL. Son indus si particulier mais ça passe bien, puis petit tour en MS2 pour PRONG. Pas mal du tout malgré l'heure matinale.

Hélas pour moi une longue attente au sanitaire me fera rater la moitié DU BAL DES ENRAGES, quand j'arrive c'est archi blindé. Je retrouve Bir à la fin au milieu d'une foule compacte. Du bon punk rock, de la reprise aussi bien choisie qu'exécutée..En gros ils seraient resté trois heures c'était la même, avis aux organisateurs.

Il est désormais temps de faire mes petits cadeaux à mes deux trésors, et ses 2h30 ne seront pas de trop pour préparer la suite. Je file à la caisse poser les poches qui m'encombre, résiste à l'appel du macdo, puis retourne sur le site. Les pâtes Thaï commencent à faire leurs effets...Nouvelle queue aux sanitaires...


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Là tout va bien, je suis enfin prêt pour aller voir les COCKNEY REJECTS qui sont le groupe que j’attends le plus sur ce fest. Les skinhead ont débarqué, avec des psychos aussi, ce petit monde a rejoint les punks et les autres déjà présent depuis plus de temps.

Et c’est parti, ça joue plus Hxc qu'avant mais les fan's de West Ham assurent et sortent leur épingle du jeu. Je sais, je ne suis pas très objectif. Enfin on s'éclate, on fait des petites bulles...C'est déjà fini mais il y a les BUZZCOCKS à la suite et l'ambiance ne retombe pas malgré l'intermède.

Du son britich, ça fait plaisir. Passons sur l'anicroche d'un abruti apo bourré qui viendra essayer de m'expliquer la vie, je me prépare à finir mon week-end à la Warzone, quand Bir vient me dire que DANZIG et GHOST sont inversés. Bon tant pis, je me fais la moitié des TOYS DOLLS et je file à la Valley pour Danzig/The Misfits. La scène est plus petite mais ça arrache. Je sus pas fan mais c'est quand même très fort, je l'avoue. La partie avec Doyle sera ma préférée, normal je suis très conservateur en fait.


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Ben voilà, la fin approche On se dirige vers la MS1 pour voir VOLBEAT. C'est pas mal du tout, varié et ça fini bien le week-end. J'ai perdu Bir en allant me chercher une redbull et je me met face à la scène de la MS2, debout au milieu des corps assis ou couchés des métalleux fatigués. Il me verra peut être, le set de Volbeat est presque terminée et Bir me saute dessus par surprise, on va finir ensemble, mon plan a marché et c'est tant mieux ! Enfin...Il y a GHOST.

Ce groupe si spécial que tout le monde voulait voir ! (Ce qui expliquerait peut être le changement avec Danzig). Et là ça commence, atmosphère sombre, théâtrale et c'est parti. Effectivement il y a du monde. Moi j'ai tenu une minute.


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Je prend les clefs de la bagnole, j'hésite entre Napalm Death et Atari Teenage Riot. N-D j'y passe devant et je ne m'arrête pas..Ce sera la voiture où j'attendais Bir, qui arrivera très vite vu que je me suis endormi de suite. La lune est pleine, il fait pas très chaud...Enfin finalement ! Mais c'est quand même sympa tout ce bordel !


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Ooooooooooh putain mec, mais ça c'est un report ExtraSKAlactite...

Ben pour ma part, dimanche j'ai débuté par le postcore d'ERYN NON DAE qui était souffreteux mais comme il se devait de l'être, surtout en restant au diapason d'une agonie à la sincérité simulée. N'étant pas friand de ce genre de musique je me suis toutefois laissé happer par leur concert, c'est dire de la tentation que le groupe a su accomplir. En parlant de tentation, je ne peux que constater que le jneus veut s'épater, et il veut épater. Son jeune age correspond à un monde encore vierge, disposant d'une vision fiévreuse d'un futur fantasmagorique. Alors il s'est cogné contre tout ce qu'il a pu obtenir d'extrême durant le week-end, il était là pour cela. Il aura même toute sa vie pour en lubrifier le souvenir ému par la suite, même si il n'en a pas du tout conscience dès à présent.

A cet effet, on distingue plusieurs sorte de jneus. Les plus distingués sont outranciers, alors que d'autres narguent par pur esprit de domination, j'apprécie cet humour, vraiment et je les salue.


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Dans ce parc attractif d'hormones qui pétillent, il y a aussi une légion de gens bourrés ou défoncés, mais pas pire que dans une féria du sud, ou un samedi soir à Tourcoing par exemple. Là, c'est plus pénible à vivre pour moi, parce que je ne me saoule pas, et que je ne me drogue pas non plus, décidément je cumule hein...En fait, je suis comme Lucifer, qui laisse les autres se détruire sous son regard ironique. Je suis uniquement là pour assister à des concerts. Cela peut laisser pantois, mais c'est mon trip.

Mais le plus extrême du fest, ce fût ce jneus qui est resté au camping, dans une chiotte bouchée par l'épandage d'excrément liquide, à écouter en boucle la démo 3 titres de son groupe de black métOl. Complètement extrême le gars !!! D'où la haie d'honneur méritante que les outranciers et les dominateurs auraient dû lui proférer avec admiration, enfin surtout si l'on suit la logique festive à son excellence...Et ben non, rien du tout...Ah ces jneus, ils n'ont vraiment plus aucun respect de rien, quand on vous dit que ça part en couille...


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...Et vraiment je m'attendais à ce que ça parte en couille en assistant à ce concert sous le Temple, mais le chanteur de LEPROUS est resté actif avec une bonne voix, c'était apparemment le leader du groupe, que je découvrais par un appel de révélation. Leur rock progressif avec synthé m'a interpellé, et cela m'a changé carrément de ce que j'écoute habituellement, même en ayant un spectre de curiosité très vaste et éclectique. Leprous a réussi à me séduire pour la qualité de ses compositions et de son interprétation : Une découverte, enfin !

Une autre révélation avec le sol de la Warzone qui provoque une sensation bizarre car il est meuble, bien sûr on ne s'y enfonce pas jusqu'au cou, mais on sent que la semelle reste souple. La Warzone est à l'écart de toutes les autres scènes, le lieu offre un espace sans réelle identité, surtout en comparaison à la chapelle Altar et au Temple. Il me semble qu'à ce niveau d'investissement de décoration, il reste un truc à créer à cet endroit, et même dans la Valley d'ailleurs.

Car juste deux portes pour ouvrir ces lieux de frénésie et de recueil, c'est mince, et inégalitaire par rapport aux autres décorations du site.


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Quand a débuté THE DECLINE, l'ambiance a viré pub rock, et le groupe a profité de cette atmosphère joviale pour incorporer à son punk rock du punch de oï et des filigranes de cette sincérité prolétaire qui dévoile son cœur contre un coin du bistrot. Vraiment cool comme concert, j'avais kiffé leur disque, là sur scène je ne suis pas du tout déçu de constater que les gaziers méritent amplement la bonne humeur générale qu'ils ont su produire. Un groupe a revoir en club, c'est certain.


Savez-vous par ailleurs que l'on ne peut convaincre quiconque en n'ayant déjà en soi l'excitation magique et extatique de la performance ultime ?

TRUCKFIGHTERS a acquis cela tel un conquérant éveillant la foudre des enfers et la fée électrique dans un même rite, notamment par son guitariste aussi agité qu'un Angus en culotte courte, et un stoner rock remplit par un excès de fuzz et une super patate, bourrant par ailleurs la dynamique d'un set fulgurant. Ce groupe exécuta un stoner qui ne frimait pas, whaouuuuuu quel bonheur !


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Pendant ce concert sous la sélénite et capiteuse scène Valley, une grande armoire allemande tenait une minuscule brune au regard impassible de la fille qui domine son sujet pornographique sur le bout de la langue. Le schleu au physique de Dolph Lungren dans Rocky 4 dépassait tel un mirador menaçant la houle de la fosse, dont les proches fourmis alentour clignaient des paupières avec effroi. Il y eut juste un malheureux qui malencontreusement alla se percuter contre ce colosse qui ne bougea pas un cil d'un centimètre, mais dont la main d'une amplitude assez énorme décolla du sol terrestre le minable corps du pauvre énergumène apeuré. La brune par contre fit tampon entre les deux, et s'enquit auprès de son mastodonte par une grimace grotesque qui amocha sérieusement sa plastique mirobolante. Le titan apparaissait du coup bien emmerdé avec un visage devenu soudainement humain, lui aussi. Le couple partit promptement pendant que le pauvre gars se releva avec peine, et déambula un temps juste devant moi, avec un visage blafard, puis décampa en claudiquant avec une odeur de caca derrière son passage.

Bon dieu de bon dieu Marty, c'est TREPONEM PAL que je vois dans la warzone !! Et BING ! Un autre coup de vieux dans la tronche à...


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Ok cool ! Donc malgré le fait que les usines débrayent depuis le passage de l'an 2000, la musique indus des 90's revient mettre de l'huile de coude dans la rotative musicale actuelle. Le set est groovy et il y a même deux danseuses qui hypnotisent les mâles, d'ailleurs sur la cover de "Mission Impossible" elles ont allumé la mèche pour faire exploser les caleçons. Ça a juté sévère car Treponem Pal ça a super bien vieilli en fait, un poil daté dans le son, mais c'est très appréciable, surtout que les gars prennent leur panard à être là, et c'était réciproque avec le public.


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Puis il a plu des poutres métalliques car PRONG était sur scène.

Vaste tour d'horizon de leur discographie qui a marqué l'histoire, avec un fond de scène à l'effigie de "Beg To Differ" qui a pu semer la confusion à tous ceux qui espéraient entendre la quasi totalité de l'album. Je chéris ce groupe, j'étais forcément comme un gamin devant eux, le set était incroyable, avec les riffs de barbare de Tommy Victor hyper chirurgicaux.

Prong étouffa le fond de ses facultés techniques dans la sauvagerie d'un bloc granitique, il nous débarrassait des attractions futiles terrestres par sa musique libératrice à la percussion aussi titanesque que le groove qu'elle actionnait, le groupe réussissait en un tour de bras à faire exploser les inhibitions de la foule dans un délire guerrier.


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Après une telle bourrasque il m'a fallu un temps de récupération propice à la réflexion, comme celle que prouver au monde que l'on existe à travers des goûts singuliers, exige une amoralité extrême pour le grotesque afin de ne pas tomber dans la voie du ridicule. Comprenez bien que sans la compréhension générale de l'assistance pour le second degré, vous passeriez pour un âne si vous aviez une veste en jean déchiré avec des patches de Motley Crüe et un ceinturon en forme de chaîne à vélo pendant le soixante troisième colloques des obstétriciens du Morbihan. Mais pendant le raout des musiques extrêmes, que neni, vous êtes en plein dans la party ! Plus l'accoutrement est fou et plus c'est dingue, alors je ne te raconte pas avec des poils...

Sur ce, j'ai donc voulu me faire tirer la MUSTACH, mais comme cela m'a rasé de près, je suis allé assez vite au BAL DES ENRAGES qui faisait salle comble.

Ces fanatiques de la guiguette pirate ont fait un carton avec cette formule best of punk rock que tout le monde en France a vu dans une salle de province. Le concept est unificateur et demeure un bon délire en soit. Il y avait donc réciprocité d'enthousiasme sur scène comme dans le public, que je jauge à 98 % de l'hexagone, c'était la rançon du succès du jour.

Très bien interprété, le set était un mix de punk rock mais avec une grosse partie de métOl pour l'occaz, et forcément avec du Metallica et du RATM. Le punk refoula du métAl et le juke-box tournait carrément au clubbing des énervés avec point levé, slam diving à gogo. De ce fait ce spectacle vivant était une très bonne carte de visite pour donner envie d'assister à leur trois heures de show !

Oui tu as bien entendu trois heures de show, mais ils sont un paquet à investir la scène d'où le spectacle défouloir.


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GRAVEYARD lui, n'a pas pu épaisseur sa sauce stoner. Cela manquait inexorablement de coffre. Le groupe a tapissé son concert par de simples oripeaux de riffs, en entretenant ses exactions blafardes tout au long d'un set filandreux, qui poussa un nombre conséquent de hellfesteurs à choir une rancœur évidente à la qualité médiocre de leur sonorité baveuse.

Chose qui ne m’apparaissait pas du tout probant avec SPIRITUAL BEGGARS et ses qualités musicales. J'étais heureux de reconnaître que j'avais raison, tant leur set fut intense, et dans tous les sens du terme. Puisque c'était constellé du talent malgré un son dégueulasse, parfois même inaudible, et une présentation du groupe qui a duré trois plombes. Théoriquement Beggars se rapproche de Led Zep avec les fondements hippie, mais surtout, il possède un feeling redoutable avec une sonorité toute en rondeur, toute en chaleur. Les filles en transe ovulaient à l'unisson, pendant que les gars s'offraient aux spasmes spirituels dans des états différents de conscience et d'exaltation. C'était très bon Spiritual Beggars, vraiment très bon.


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Je n'ai vu aucun martien au concert de SWORD. C'était juste un groupe de heavy stoner, venant claquer leurs hits sur un public acquis à sa branchitude. Je conçois indubitablement les qualités d'interprétations, la fougue de ce combo, mais musicalement je n'ai pas ressenti la soumission absolue que l'on érige dès que l'on en essuie l'exaltation. Mais le groupe va y parvenir, et j'en reste persuader, faut juste qu'il mûrisse avec le contrepoids de leur expérience/existence.

Qu'est ce qu'elle était cool par contre la vieille tata anglaise Buzzcocks, mais déjà vu un paquet de fois pour ma part, j'ai préféré aller ailleurs. Donc il y a eu DOWN, encore, avec Phil Anselmo commençant à être bourré, et devenu en quelque sorte le régional de l'étape de ce fest. Il a exécuté un pot pourri de toutes ses formations, hormis Pantera. Le groupe a pressé sa purée du sud dans une fournaise de fans en rut. C'était pas dégue. Mais mon soucis, c'est que je me suis ramassé le pénible du festival. Le gars ivre qui venait de se faire éjecter contre un poteau et qui saignait de l'arcade comme une truie que l'on vient d'égorger. J'ai compris pourquoi on l'avait envoyé paître, quand au bout de la troisième fois il est revenu me dire en s'essuyant sur mon épaule : " Je pisse tout rougeeeeeeeeeeeee t'as vuuuuuuuuuuu !!!". Pour résumer, Anselmo était cuit sur scène a faire son lourd, et moi j'avais le même mais en sang à côté de moi.


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Au fait Anselmo a piqué le truc de Dee Snider quand il fait tomber son micro après avoir fait chanter le public et affirmer à quel point ce public là était incroyable. Vraiment, ce type est un frontman rusé, il sait faire parler de lui par son omniprésence à investir les scènes, et à la fin du week-end, le public en redemandait même, et une chose encore plus folle, ce public était en train de lui quémander par un regard de miséricorde : "Hey Phil je suis là, et je veux exister dans tes yeux, car grâce à ça, je vais exister dans les yeux des autres".

Mais franchement foutez-moi la paix avec ce genre de foutaise compassionnelle, je voulais le Hellfest, le festival de l'enfer quoi, mais pas celui-là bordel...

Par contre le véritable enfer, je l'ai eu, avec ses flammes rugissantes et tout, et tout. Mais je vais te dire quelque chose, alors écoutes bien : Tu peux vivre de poisson cru comme un real norvégien, te grimer le visage en panda en te tapant le poitrail avec le regard mauvais si cela te chante, la seule question du week-end à mon sens était :

« Qui possède la foutu clef du purgatoire ? »

QUI hein ???

C'était :


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Oui, le vieux démon, qu'on avait délocalisé sous la Valley à la place de Ghost, qui du coup héritera de la lourde tâche de fermer le ban des festivités de ce concile diabolique 2013 sur une Mainstage. Je n'en connais pas la raison, je sais juste que pour le macabre Danzig j'avais une place de choix devant l'ingé son et que l’acoustique était nickel, tout comme la vision de l'ensemble.

Donc, le cacique du bûcher était face à moi, en chair, avec son heavy mortel ! Oui mesdames, j'invoque bien cet hédoniste Danzig, en couple actuellement avec Fujiko Kano, née le 18 avril 1972 à Fukuoka, japonaise d'ascendance mongole, réputée pour ses films pornographiques incluant des sodomies. Vous avez remarqué que le Monsieur est un fin connaisseur...Putain de foutre sonique j'avais l'hercule des métaux lourds musicaux et de la passion de l'horreur, remontant les limbes de sa discographie rien que pour nous en faire expurger la lave passionnelle.


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Il a surgi comme un démon imposant son émanation diabolique, avec ce sens voltairien de la préférence dans la damnation, car il était là, puissant, impérieux et tyrannique, avec cet impact du gars qui refusera le prêtre jusqu’à sa dernière heure.

Le set s'est déroulé en deux temps, une première partie avec des titres de Danzig, énOrme, vraiment quelque chose d'envoûtant, de rare et d'unique même, tant le personnage est culte et fascinant. Il harangue de son souffle un par terre d'âmes en expiation, humant l'odeur diabolique qui se dégage de son souffle infernal.

De cette lumière ténébreuse aveuglante, on entendait dans le hurlement d'un millier de tonnerres qui se sont fait entendre, l'union entre le public et le groupe enfin consumé, comme quand le souvenir se fait flamme et l'orgasme se fait cendre.


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La deuxième partie, c'est le renfort du géant Doyle bodybuildé pour une séquence Misfits horrorifique. Mieux que ce à quoi j'imaginais le shock punk heavy rock...Les hits se sont enchaînés à nous dans une séquence de bondage qui fait ressentir la perversion à chaque coup de fouet d'une lucidité érotocomateuse.

Doyle a fracassé chacune de ces guitares pour chaque morceau, en tapant dessus comme un forcené. Danzig a fait tonitrué ce rock fifties mêlant le punk à ce double cheese burger sonique. Un très bon moment, bien cool, et assez court pour ne pas gêner juste après le final de Danzig avec ses titres et ce « Mother » incandescent. Ce concert de Danzig a fait mouvoir sa puissance tellurique, crépitant nos souvenirs dans le brasier de notre émotion/nostalgie.

Le groupe découpa la foule avec sa musique d'outre-tombe qui lui sert de tronçonneuse, il confessa sa vénération pour la colère profonde, annonciatrice des maux du tréfonds des hommes.

Il aurait été blasphématoire alors de ne point obtenir de plaisir animal après cette office bestial.


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Le soir était tombé avec la même force que les ténèbres que DANZIG venait de convoquer. La froideur de la nuit passait entre nous en ricanant de délice comme des fantômes aux caresses glaciales. On attendait que tout se réchauffe avec le Elvis métAl de VOLBEAT.

Mais oui, ouiiiiiiiii avant cela bien sûr, LORDI a fait son show de freaks avec sa musique métOl classique et son spectacle d'halloween bon enfant. J'ai assisté à cela, mais vu de l'autre côté, me plaçant par avance pour les danois. Parce que je me souviens très bien qu'en 2009 Volbeat avait donné un set en milieu d'après-midi devant une foule éparse. Quatre années après, il joue à un horaire mieux adapté à son succès, et de plus, est devenu un habitué des stades. Le groupe a foutu du rock'n'roll dans le métAl délibérément, ce groupe est plus cool et plus fun que Turbonegro. Désolé d'annoncer cette révélation aux tafioles de la turbojugend.

Michael Poulsen arriva avec la banane, il jouait le gars heureux d'être présent, ne trahissant que très peu le manque d'ardeur de la foule sur l'expression de son visage. Ce public qui semblait (mis à part les premiers rangs) accuser le coup de la fatigue du week-end. Pourtant le groupe a abattu son jeu avec ces as de hits phénoménaux, tournoyant de cette coloration caoutchouteuse un nombre impressionnant de refrains catchy.


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Rob Caggiano (Anthrax,The Damned Things : Putain ce gars se cherche vraiment !!) a misé dessus pour la production du dernier album et fait partie intégrante du groupe désormais, ce n'est pas pour rien, ce super guitariste nous assène de solos saignants, mais il lui manque cette énergie rock'n'rollesque que Thomas Bredahl (ancien guitariste de Volbeat) en faisait voler l'éclat, et donc il lui manque cette représentation scénique non négligeable.

Poulsen a marqué parfois d'une limite vocale qu'il gommait de façon tartufe en s'éloignant du micro comme l'exécute les starlettes du rock comme Bono, Jagger & co.

Volbeat a fait un travail de sape avec le public du Hellfest, mais qui ne lui rendra pas la pareille, car ce public est plus métOl que rock'n'roll. Je ne préfère même pas parler de country, souvenez vous de l'année dernière avec le show de Hank Williams 3... Exemple type : Poulsen débuta le « Ring Of Fire » de l'homme en noir (Johnny Cash) à la sèche, mais il n'y a pas de répondant, du coup il ne perd pas son temps et embraya sur « Sad man's tongue » qui fait partie d'une cover de Cash que le groupe a enregistré sur «Rock the Rebel/Metal the Devil » et que le public connaît.

Mais cela ne s'arrête pas là, quand il demandait l'attention du public, le public se taisait dans un silence mutique instantanée, qui laissait un léger rictus de ricanement au coin des lèvres du chanteur danois, qui ne s'attendait pas du tout à cela. Non il n'y avait pas une saine et réelle communion selon moi. Quelque chose clochait...Je suis un fan de la première heure de ce groupe. Les hard-fans de Volbeat étaient transit d'émerveillement bien entendu, et je comprends très bien pourquoi. Au point que leur cœur a dû s'arrêter de tourner le temps de ce set, tendu comme le sourire crispé du gars qui est pris en flag par sa femme, en train de se faire sucer la bite contre un coin du bureau par une jeune stagiaire dévergondée.

Je dirais que Volbeat a fait son job comme des professionnels, il a donné mais n'a pas reçu ce qu'il méritait amplement. Je ne sais pas si le public était impressionné par l'aura rock'n'roll de ce groupe, et s'est timidement laissé porter par les événements, où si Volbeat manquait cruellement de cette audace scénique et communicative sincère qui permet de fédérer ? J'en doute, et je suis certain de la première hypothèse, tant Poulsen et sa clique affichaient une humeur conciliante et ont tout fait pour que le triomphe soit total à leur métOl western spaghetti.


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La chaleur était passé...La nuit froide venait nous surprendre dans le spectre de notre salut Satanien à attendre l'arrivée d'une pape mobile pour cueillir dans la bénédiction sacerdotale, la pieuse ironie pontificale d'un show méphistophélique. Les ouailles étaient toutes ouïes pour recevoir le corps christique du diable, venu de la bouche des enfers. ۩

Dans la constellation étoilée d'une nuit de solstice de pleine lune, le temple de nos attentes légitimes pour rire dans l'éclat musical de GHOST semblait définir notre croyance pour la couillardise du heAvy MétOl, et une spiritualité à laquelle nous aspirions pour une utopique divinité musicale.

Les anciens du Festival s'en souviendront forcément, nous avions reçu notre baptême il y a deux ans de cela avec Ghost, c'était dans la clameur étouffante d'un sacramentum inoubliable. Aujourd'hui nous communions pour la confirmation du sacrement de ce groupe, ainsi que la nôtre, qui consiste à oindre par l'huile sonique de leur dernier album «Infestissumam » la purification des ténèbres, afin de recevoir la faveur du Saint-Esprit maléfique. Ψ


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En tant que telle, le rite de cette confirmation authentifiera l'appartenance du baptisé à l'Église de Lucifer, par l'achèvement de son baptême absolue. Les novices et les plus jeunes en age, viendront pour leur communion solennelle, ou aussi intitulé profession de foi, constituer un rite de passage marquant la sortie de leur adolescence, voire de l'enfance.

Le culte s'est ouvert par le temps de l'accueil, ou aussi nommé rite d'ouverture, incluant le rite pénitentiel qui nous fait languir sous un froid sibérien. Puis Ghost débuta son office avec une intensité et une adjuration suprême telle, qu'il n'était nul besoin de hurleя pour répandre le vice de sa monumentale couillardise (info lexicale : couille + connerie = couillardise ).

Galvaniser par l'outrage sonique devenu à son absolue, nous étions pétrifiés sur place par la douceur bouillante qui émanait de la scène. Lorsque les fidèles s'acheminaient au pied du sanctuaire, ils faisaient un trône avec leur main gauche pour recevoir la sanctification papale, ainsi que le corps du sacrement belzébuthien au plus prêt de leur âme en répondant un «  ђail Satan » libérateur.


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C'est avec soin que la lumière des ténèbres et le corps sacré des mélodies prirent acte d'une imploration bénéfique pour des refrains repris en cœur. Après avoir communié ensemble à ce culte méphistophélique, ainsi qu'à la coupe de son plasma sonique, nous nous inclinions dans l'adoration et le respect mutuel. Nous étions enfin sanctifiés dans la représentation du sang démoniaque, qui circulait maintenant dans nos veines devenues flammes. Et tandis que nos lèvres, encore humides par des larmes de ferveurs proféraient des oraisons funèbres, la grâce du groupe nous jugea digne de recevoir les grands mystères infernaux en nous béatifiant de son souvenir inexpugnable.

La bonté musicale des bénédictins instrumentistes faisait de cette messe noire une œuvre de charité rock'n'roll assez truculente, et incroyablement Magik. Les mystiques du stoner et les gnostiques du doom nomment cela l'illumination me semble t'il.


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Il faut reconnaître que ce groupe pourrait choquer les grenouilles de bénitiers de consternation pour salir leur foi avec cette façon corrosive de la bafouer, si elles en prenaient connaissance. Mais diable, elles devraient plutôt se laisser pénétrer par la chaleur démoniaque que dégage ce groupe, car ne dit on pas que la musique adoucit les mœurs ! Cela aurait permis d'éviter cette haine homophobe, et la prise en otage des usagés pendant les successives protestations contre la loi du mariage pour tous.

A la question qui vous taraude l'esprit, peut-on se servir avec sarcasme de la religion pour en faire usage avec ironie ? Je vous réponds : Bien évidement, liberté d'expression faisant foi, et ce groupe en est l'exemple type. C'est pour cela que mon reportage est ratifié d'un excès superbe dans l'occultisme du heavy métOl, qui honore cette couillardise rock'n'rollienne du spectacle outrancier, histoire de composer un circle pit métaphorique dans le pentacle romancé de ce week-end maléfique au Hellfest. Ж




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Ce qui était assez dingue aussi, c'est qu'en milieu du concert la foudre divine s'est abattu pour une mise en abîme du rite avec la perte intégrale du son. Ghost jouait alors au mime et s'était tordant ! C'était le mystère tout entier de la transsubstantiation qui prenait acte, très certainement...

Sinon j'ai adoré le show et la qualité d'interprétation, c'était un geyser de ténèbres donnant l'illusion d'un précipice. ۝

Forcément il y avait cette burne d'Anselmo sur le côté, en train de boire et d’essayer de reprendre les refrains qu'il avait l'air de ne pas connaître du tout. A cet effet, le sacrement de pénitence, qui consiste à l'infidèle de reconnaître l'indélicat péché de n'avoir pas encore d'album, ou au pire de ne pas connaître le groupe, et en demande le pardon à genou, fut pratiqué tout au long de l'office par des incultes meurtris de honte.


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Ainsi, l'excommunication pour le choix du set de Napalm Death signifiait d'obtenir la malédiction d'une mort certaine dans l'année en cours, et pour Atari Teenage Riot, c'était la mort subite d'éprouver un concert bordélique.

Une mesure disciplinaire est toujours en cours si l'excommunié est passé juste pour voir à quoi cela ressemblait et à demander à recevoir les derniers sacrements tel que la confession, l'eucharistie et l'extrême-onction en se prosternant vaincu à la foi en Ghost par la supplication suivante: « Que tous soient un, comme toi, Papa Emeritus II (c'est le chanteur du groupe), tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, et pour que le monde croie que tu m'as envoyé répandre la foudre exorciste du heavy métØl à travers le monde !! »

Car dîtes le vous bien, c'est uniquement à travers la chrismation de ce show que tout membre de la confrérie Ghostique devient un prophète, et reçoit une lueur protectrice de la royale prêtrise du démon. En recevant l'onction de la part de celui qui est démoniaque, tous les fidèles, parce qu'ils sont chrismés de signes visant à sanctifier l'entertainment heavy métAl, sont appelés à agir comme témoin conscient de cette Vérité de représentation théâtrale. Ω

Ceci s'avère fondamental pour apprécier la fantaisie de ce groupe et à cet effet, même si nous n'étions pas à Stonehenge pour fêter le passage païen de l'été avec les mouvements druidiques, sataniste moderne et wiccans, Ghost en impacta l'aspect évanescent sous l'égide lunΔire d'une pleine lune superbe, que le cameraman du Hellfest avait pris soin d'en éclairer l'éclat. Bien vu mec !


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Voilà, le Hellfest 2013 s'achevait ainsi, et il m'est dorénavant certain d’affirmer que la transhumance des bêtes à cornes fera vibrer le bitume de toute la France, et de l'Europe toute entière à coups de sabot méphistophéliques, jusque dans la prairie en flamme à Clisson en 2014. La Vendée toute entière devra une fois de plus mettre genou à terre pour protéger le cloître de la bienséance à travers de successives prières célestes, même si elles seront sans grande efficacité sur la connerie de ces jeunes gens chevelus, qui ont choisis de se foutre la tête comme un champ de fraises pendant trois jours, en montrant leur cul devant la caméra du petit journal de Yann Barthès.

La viligence reste de mise malgré le statu quo des commérages antihellfest... ۞


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Ma conclusion ? C'est que dans mes veines circulent la misanthropie du quotidien, une sorte de fils teigneux qui se gonflent de colères, mais je n'en perds jamais le contrôle, et c'est bien ma vaine. La fraternité du Hellfest perturbe la culture de cette misanthropie. En sortant de la pureté de cet halo de lumière généreuse, je m'en retourne dans mes catacombes avec un sentiment magnanime envers ces fratries autonomes de personnes qui se sont éclatées et se sont amusées sans jamais faire apparaître une quelconque animosité, c'est si rare dans cette époque de compétition individualiste que je les félicite.

Alors continuez jeunes gens à brasser l'air de cet esprit libre et foutraque, festif et insubmersible, il finira bien par contaminer les autres d'un regain de liberté !☼


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mardi, avril 23 2013

XTREMFEST ITW

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La création d'un festival pour personne alternative à l'intérieur de mon département est une très bonne chose en soi, j'en félicite la fondation par une ITW qui je l'espère saura vous convaincre d'y participer activement les 3 et 4 août 2013 sur le site de Cap Découverte ( Le Garric 81450)

David le chanteur/guitariste des Dirty Fonzy, aussi guitariste dans l'Opium Du Peuple et président de ce fest, répond à mes questions.


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Quel est le fait (ou la prise de conscience) qui a concrétisé la conception de ce festival ?

David : Pollux asso mène depuis plusieurs années une saison musiques actuelles diversifiée, Les membres fondateurs viennent tous du punk, du métal.......C'est en toute logique que cet événement soit créé par Pollux asso. Cela fait même très longtemps que le projet est dans nos têtes.

Quelles furent les premières réactions quand vous avez décidé ouvertement de le créer ?

David : La grande majorité des gens ( mise à part les 3 ou 4 fous qui ont monté le projet) ne pensait pas que cela soit réalisable.

Il semblerait que se soit l'association Pollux qui organise les festivités, est ce que cela signifie la mort prématuré du Zguen Fest, ou plutôt sa métamorphose ?

David : Le zguen fest est mis en parenthèse en 2013, pour des raisons essentiellement budgétaire. L'édition 2012 s'est soldée par une perte sèche de 15 000 euros pour l'asso. Il faut revoir la viabilité et la mise en œuvre de ce projet. Nous préparons pour fin août 2 jours de concerts gratuit dans Albi centre, Peut être déjà le retour ou la suite du zguen fest est en train de s'écrire.


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Je vous le dis tout de go, mais je m'attendais de par le nom de votre festival, à un truc recentré à mort sur le skate, voire au pire des cas à un sponsoring agressif de grande marque de sportwear pour le financer en partie.

Puis après l'annonce de votre programmation quasi complète, je ne fus pas étonné non plus de retrouver un délire de coalition punk-rock / "sport-loisir " alternatif, avec des démonstrations et contest de bmx/SK8 pour permettre des activités proche de la scène des concerts gratos. C'est quelque chose de primordial pour vous d'apporter une tribune à des pratiques alternatives ?

David : Associer les pratiques proches culturellement de notre délire est important que cela soit su sk8, du bmx, du VTT, du beer pong....car nous même nous pratiquons ses disciplines, on envisageait même un spot FMX mais ça sera pour plus tard. On peut aussi réfléchir sur la présence de tatoueur, et autres activités de la culture underground.

Comme de bifurquer vers des trucs politisés, associatifs, toujours alternatifs avec des sujets divers et variés comme l'écologie, végé, discipline tattoo, piscine à bulle et je ne sais quoi d'autres...?

David : On va pas trop bifurquer alors que la 1ere édition n'est pas réalisée, On verra si on est en vie le 05 août.

Pour une première c'est tout de même 23 groupes répartis sur trois scènes, vous avez vu grand dès le départ nan ?

David : On a juste essayé de monter le projet qui nous faisait le plus kiffer. Le même festival sans les têtes d'affiches , ce n'est pas pareil non ? Et le même festival avec que des têtes d'affiches ça nous aurait fait chier !


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Le théâtre des opérations se passait à Albi auparavant (Zguen Fest), votre mutation vers le site de Blaye correspond t'il à une demande des pouvoirs public ou du gestionnaire du parc pour exploiter le site et ses infrastructures ? Est ce dû à une opportunité financière ? ou même pourquoi pas à une nostalgie (les différents festivals d'antan) de perpétuer l'odyssée du rock alterno carmausin/albigeois, et du bassin minier ?

David : Pollux asso programme depuis quelques temps des concerts sur Cap Découverte, nous y avons même démarrer notre programmation en 2006 pour un concert de soutien à Condkoi. Pas de nostalgie dans notre démarche mais juste le choix d'un site idéal pour accueillir les groupes et le public. C'est bien mieux qu'à Pratgraussals et plus confort qu'à la MJC !

Chez Pollux on ne monte pas un projet pour une opportunité financière, c'est le meilleur moyen de se planter. On a des exemples par chez nous !

Plusieurs festivals ont eu lieu sur ce site et se sont soldés par des revers successifs de fréquentation. Comment faire disparaître globalement cette trace dans votre optimisme, et comment comptez-vous y remédier pour pérenniser votre festival ?

David : On fait confiance à notre savoir faire en programmation et à notre exigence en montage de projet.

Les derniers concerts organisés par Pollux asso sur ce site n'ont pas souffert de la fréquentation, au contraire. Le fond du projet et la proposition artistique occupent la place principale dans notre réflexion, c'est sans doute ce que certains ont oubliés depuis longtemps.

Les pouvoirs public ont apparemment légitimé votre démarche puisqu'ils apparaissent sur les sponsors, mais est ce par une confiance financière ? (Je suppose par ailleurs que la méfiance est de rigueur et réciproque avec les différents échecs des différents festivals et associations qui sont passées au crible.)

David : Notre démarche est globale. Les collectivités nous soutiennent pour le travail que nous effectuons à l'année, désormais plus d'une quinzaine d’événements sur tout le territoire du nord du Tarn, sur des esthétiques diverses ( electro, reggae, pop, rock, métal....).

Tu imagines bien que les élus on ne leur parle pas de Napalm Death ou de Propagandhi. Notre soutien institutionnel vient du long et lourd travail que nous effectuons depuis plus de 12 ans maintenant.

Nous n'avons pas de papa ou oncle au conseil général, à la mairie ou autres collectivitées. Je te parle même pas des partis politiques de tous bords qui nous courent après à l'année parce qu'on leur recouvre leur affiches ! Quelle rigolade.


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Parlons maintenant de la programmation.

Qui l'a préparé ? Pourquoi ces choix ?

David : Le comité de prog est constitué de 5 personnes issus de Pollux asso, sky valley shop et muzik addiceted, la prog devait faire globalement le tour de pas mal de style qui sont proches ( punk, métal hard core..). On y est arrivé, ensuite le choix des groupes est complètement subjectif.

Pollux organise des concerts depuis un bon bout de temps, puis les différentes formations musicales d'Albi et du coin ont permis de lier des liens avec d'autres structures et groupes. J'imagine que c'est le genre de travail perpétuel qui paye pour ce genre de réalisation au final, et aboutir à une programmation de copinage. Combien y a t'il de groupe amis sur votre prog ?

David : Nous tenons justement à ne pas faire du copinage avec les groupes, leur tourneur ne font pas de copinage avec nous ! Nous sommes une structure associative mais professionnelle. Nous tenons à garder des relations pro avec les artistes et leur agent. Si on est pote tant mieux mais ce n'est pas la base de notre travail.





Un concert n'est pas un festival et inversement, puisque, plus il y a de groupes et moins le set dure longtemps. Combien de temps vont durer les sets chez vous ?

David : Entre 45 min et 01h00 en moyenne, 01h00-01h30 pour les têtes d'affiches qui le demande, mais tu imagines bien que Comeback Kid ça joue pas 01h30, ça serait en contradiction avec l'esprit de leur zike.


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J'ai été bluffé d'entrée par l'annonce de Suicidal Tendencies car c'est déjà un gros poisson et synonyme d'un putain de concert tonitruant. Les gars ont roulé leur bosse, pris quelques kilos en trop mais ils envoient le rouleau compresseur et dévale le sk8-Park avec la même intensité qu'à leur début à Venice. A la deuxième annonce, j'ai trouvé que la façon de joindre Punk, HxC et Métal poursuit la ligne directrice des débuts du Furyfest/Hellfest. Est ce dans votre optique de mélanger des scènes et des styles à des fins d'élargir votre audience ou est ce un choix tout simplement de fans ?

David : Les 2 mon colonel !! On veut qu'il y ait une certaine unité des publics, et cela passe par un mélange de tous ces styles. Ensuite on est tous fan de métal, punk, hardcore, postrock.... donc pas de problème dans l'équipe de prog pour travailler tout ça.

Est ce que le Hellfest vous sert de référent ? (Je rappelle à cet effet que le précepte du Hellfest c'est : Un festival fait pas des fans pour des fans) :

David : Oui c'est un bel exemple. C'est d'ailleurs l'équipe du Hellfest qui nous a mis en relation avec le resurrection fest en Espagne pour que l'on puisse travailler sur certains groupes en commun.

Un des représentants du crew du Hellfest me disait dans une ITW du WallaBirZine, qu'il y avait de la place dans l'hexagone pour ce genre de festival alternatif, hétéroclite avec des choix musicaux ambitieux et généreux.

Ma question va sembler un peu précipité vu que vous débutez, mais bon, on peut ambitionner le futur avec espérance aussi, et de toute façon s'est bien la formule adéquate pour avancer dans la vie. Donc, avez-vous le secret espoir, voire l'ambition, si l'opportunité et le succès s'y engagent bien entendu, de produire un festival colossal et de passer sur l'autre partie du site créer exprès sous la nomination de "Espace grand festival" ?

David : Pas pour le moment. Je suis directeur du festival et dans le projet que j'ai écrit il y a une place réservée au confort du festivalier. Mon avis perso est que regarder et écouter un concert au milieu de 20 000 personnes dans un chant à 300 mètres de la scène, ce n'est pas super confortable.

Je travaille donc sur une formule plus petite mais peut être plus confort. Un développement du festival est envisageable mais pas sur une jauge de 10 000 personnes. Si on monte à 2500-3000 ça sera déjà pas mal !


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Est ce que dans cet avenir ambitieux, avez vous peur de franchir l'étape crucial que le Xtreme fest se doit de modifier sa programmation pour offrir une palette plus « mainstream » et moins «alternative », en changeant son fusil d'épaule pour rentabiliser et offrir des garanties pérennes à la confiance des pouvoirs publics, et des sponsors (comme c'est fort souvent le cas de figure) ?

David : A quand Micka à l'Xtreme fest ? C'est justement le genre de chose qui ne peut pas arriver quand le projet est bien préparé et les objectifs bien posés. Les collectivités, que l'on fasse Bad Religion ou Bénabar, ils s'en foutent. L'important c'est ce que l'on défend et la manière dont on le défend.

Vous devez avoir des objectifs de fréquentation pour rentabiliser le festival, ils sont de quel ordre ?

David : 1500 pers par soir ! Pas plus pas moins.

Qu'attendez-vous de votre public ? Comment le voyez vous ? D'où viendra t'il ?

David : C'est la 1ere édition donc on ne sait pas trop. On envisage un public régional, rock'n'roll, sympa, passionné, pas relou, et qui tient bien la bière.


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Un festival n'est pas qu'une question de programmation musicale.

David : C'est ce que certains oublis trop vite !!!!

Est ce que vous avez prévue des stands de merchandising pour groupes, labels, marchands ambulants ? Des trucs pour les fanzines peut-être ?

David : Oui bien sûr c'est en préparation.

Quels sont vos limites de « liberté d’expression » au sein du Xtrem fest ? ( quels styles de personnes / d'attitudes / de discours / style musicaux / ne sont pas conviés, et est ce que ce sujet vous semble t'il important d'avoir pour régler une bonne fois pour toute votre intégrité ? )

David : La liberté d'expression c'est le fait qu'il n'y ait pas de limite à s'exprimer, donc je ne vois pas quels problèmes il peut y avoir, Des manifestants anti mariage pour tous ? Ils seront reçu comme il se doit !!!

Les discours homophobe, machistes, racistes, religieux, sont bien entendus des discours et attitudes qui ne seront pas bienvenue au festival. Notre service d'ordre est là pour ça !

Avez vous fait le partie pris d'être plus qu'un simple festival, mais d'émettre et d'avoir une identité propre ? Représentative de vos idéaux ? D'un style de vie punk rock par exemple ?

David : L’activité de l'asso à l'année est la réponse la plus appropriée à ta question, le festival n'est pas notre unique centre d’intérêt.

Style de vie punk rock, ça veut dire quoi ? Pour moi ça veut dire être libre de faire ce qu'il me plaît et je m'y colle tous les jours.

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Merci pour le temps que vous m'avez accordé. ciao : )

David : Ciao et merci à toi !

Pour plus de renseignement sur ce festival : XTREMEFEST


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