WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - metOl

Fil des billets

samedi, novembre 9 2019

IN OTHER CLIMES – Ruthless


IN_OTHER_CLIMES___Ruthless.jpg

« On n'attaque pas seulement pour faire du mal à quelqu'un mais peut-être aussi pour le seul plaisir de prendre conscience de sa force. » Friedrich Nietzsche

In Other Climes a une solide réputation scénique, c'est sans atour que les sudistes bastonnent dans des sets cataclysmiques. Leur quatrième album impose cette stature.

Le groupe attise la passion thrasHxC avec des atmosphères venimeuses. C'est encore plus lourd qu'à l'accoutumé, et In Other Climes a bien décidé de sauter une succession de pallier de maturité musicale d'un bloc. Tout dans leur musique a pris de la vigueur, une résolution caractéristique d'aller plus loin, en profondeur, de s'affranchir par des contrastes malins à même la rage et le choc sonique.

Les gars sont des thrasheurs dans l'âme, leur truc c'est de péter des nuques avec les cheveux au vent. Leur esprit est calé dans la pugnacité oldschool des 80's et le gros son de Machine Head. La densité de l'album est énOrme, les breaks s'électrisent avec une hardiesse puissante, la tension est permanente et fait office d'uppercut. Ouaie on pisse du nez avec jubilation, c'est en même temps Wayne's World et Hamburger Hill (film américain réalisé par John Irvin, de 1987 qui retrace l’assaut d'une de l'armée américaine sur une position bien fortifiée de l'armée nord-vietnamienne sur la montagne « Ap Bia ». Pour prendre la position, l'armée américaine a engagé cinq bataillons d'infanterie, soit environ 1 800 hommes, et dix batteries d'artillerie. En outre, l'United States Air Force a effectué 272 sorties de soutien et déversé plus de 450 tonnes de bombes et 69 tonnes de napalm. Les 7e et 8e bataillons du 29e régiment de l'Armée populaire vietnamienne ont eu 630 morts, découverts sur et autour du champ de bataille.)

In Other Climes est trippesque dans sa façon de hacher menu des titres qui vont viscéralement vous resserrer les boyaux jusqu’au niveau de la glotte. Par contre je vous l’annonce d’emblée mais si vous détestez tripper, ne tripper pas avec eux, pas la peine de vous en foutre plein les fringues. Toutefois, si vous appréciez de voyager les tripes à l’air, alors là, je vous souhaite un très bon trip de charcuterie sonore.

Signé : Jean Bon, votre sale ami pour la vie.


Retrouvez l'ITW d'In Other Climes dans le WBZ :




lundi, octobre 28 2019

HELLBATS – How We Learn To Die


HELLBATS___How_We_Learn_To_Die.jpg

Suite graphique et musicale de leur précédent E.P « Kiss Your World Goodbye » avec une nouvelle meute autour d'Elibats : Chant/Guitare - Tom Toxic : Batterie - Franz : Basse.

Les Chauves Souris de l'enfer intensifient la noirceur bestiale de leur caractère sombre en guise de fléau. Elles vous traînent dans les entrailles grouillantes d'une hybridation -Metål/Røck-, ample, directe et imputrescible.

Dans cette forêt sombre il y a un bûcher, c'est l'énergie, le noyau de la musique des Hellbats, la sève de leur aura sonique. Autour ce n'est plus qu'obscurité.

Depuis 18 ans le trio a ressuscité toute la nourrissante subsistance culturelle qu'il a croqué à sa sauce et en a dépassé le mythe selon le crépuscule des idoles de Nietzsche.

Hellbats a suivi sa voie en fixant la pleine Lune. S'est orienté dans la nuit pour chasser ses démons, s'est offert au sacrifice de sa propre ferveur, le temps lui donne raison puisque « La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse ; la vieillesse est le temps de la pratiquer » conformément à la pensée de Jean-Jacques Rousseau.

« How We Learn To Die » en est la traduction où le corps et la langue d'Hellbats conjuguent à merveille l'errance du loup qui sommeille dans chaque homme. 4 titres distincts l'un de l'autre et indissociables dans la cohérence venimeuse de cet E.P et du précédent, avec une identité sonore contiguë, tant dans le choix graphique, tout comme leur logo, et une prolongation des séquelles, contusions soniques, dans cette écume inquiétante des atmosphères, paroles, toujours remplit par les fêlures poétiquement sombres d'Elibats,et surtout stylistiques par la beauté sombre des compositions.


hellbats.gif

Il y a dans cet EP une force ténébreuse avec de l'envergure, une épaisseur de musc et d'humus, et jamais Hellbats n'avait plongé dans de telles profondeurs intérieures face à la mort. Enregistré par Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair) sur les labels Devil Rats Records, Kicking Records et Productions Impossible Records, il faut absolument vous immerger dans cette noirceur d'encre, cet envoûtement malsain d'envergure, et, quelque part, terrifiant.

Parce que cela provient d'une grande érudition culturelle à manier l'acier du black metal jusqu'au crépuscule de la folk sombre, de la littérature de l'âme, des bobines acariâtres/mélancoliques, à cette sensibilité issue d'une brutalité sèche, débarrassée de toute ornementation pour ne garder qu'une unique texture osseuse, afin de déchirer la chair d'une musique sauvage et atrabilaire.


hellbats_1.gif

A la fin de ce disque il ne vous restera plus que la poussière cendreuse d'un goût amer et libérateur en bouche, puis faisant remonter des limbes les vapeurs d'un feu de joie que la folie des hommes et leur malédiction hurlent comme des loups depuis la nuit des temps.




lundi, octobre 14 2019

TA GUEULE - Rébus de la société


TA_GUEULE_-_Rebus_de_la_societe.jpg

Les gros-mots exprimés pendant la naïveté enfantine sont rigolos, généralement ils le sont moins par des adultes agressifs parce que l’intention apportée donne un autre sens.

Ta Gueule exprime avec violence la naïveté enfantine dans le spectre impulsif d’un adulte ironique, son intention fait sens.


La pertinence de ce trio Lyonnais abonde d’une épaisseur de gras sonique beaucoup plus active que lors de leur précédent opus. « Rébus de la société » tape dans les bas-fonds le fondement primordial à l’essence du groupe, et pas besoin d’allumette pour le joyeux brasier que cet album offre comme incendiaire. Ces éjaculateurs précoces de la composition font fi de subtilité et autres nuances harmoniques, en moins de 2mn tout est proprement dit salement. C’est du Zeke en version grind, du Motörhead speed rockin en provenance directe des zeppelins testiculaires. Ah oui ces trois salopards font rutiler le salpêtre d'un punk ouvertement brut, vulgairement superbe, hargneusement malpropre, avec une jute bien graisseuse.

Ta Gueule s’exprime dans la langue de Racine et de Châteaubriand mais de loin. On pourrait dire philosophiquement que c'est Jean Racine du mal dans une langue châtié brillante, en vrai. Il évacue ce qu’un camion de pompe à merde dégage des fosses septiques embourbées jusqu'à la gueule. Il dégaze comme un pétrolier Croate battant pavillon Singapour avec un équipage de Macédoine du Nord. Les gars sont pugnaces, irascibles et foutrement coOol.

Tu peux rire à gorge déployée, hurler de malice et d'extase nauséeuse, c'est comme glisser sur une peau de banane pour s'empaler trois étages plus bas sur les barreaux saillants d'une grille. Leur taux de pénétration sonique est redoutable, c'est au fond du fond et à gauche, de toute façon c'est leur album le plus scatologique. C'est l'album de la consécration, celui de la maturité infantile après le stade anal freudien.

Le WBZ apprécie cette fulgurance à remuer la merde avec autant d’insolence, d’aplomb et d’épaisseur de croûte de pue en même temps qu’une libération jouissive se propage instantanément. Mon dieu de bordel à foutre que c'est bon une telle branlée, et comme tarte dans la gueule ! !


Et BIM ! dans ta gueule

Tu peux retrouver une ITW de Ta Gueule dans la section vidéogame du WBZ.

Comme je suis un enculé et qu’ils apprécient le genre (si, si, ils arrêtent pas d’en parler dans leur concert) je vous donne la réponse à leur rébus : « TA GUEULE au moins c'est pas de la musique à chier de techno de PD. »

N'oubliez pas que ces mecs s’écartèlent le fion pour composer chaque titre, non mais vraiment ils ne sont pas doués pour jouer du Opeth, hin tu l'as bien compris ça ? Alors fait pas ta pute, achète leur disque, tu feras des envieux dès que tu le passeras pendant un apéritif concert dans ton entreprise de BPT, ou lors de séminaires inter-entreprise dans le secteur du tertiaire.

Si tu aimes les dessins de Philippe Vuillemin, de Reiser, la pertinence du professeur Choron, la désinvolture de Jean Yanne, le sarcasme de Pierre Desproges, le cinéma d'Emir kusturica, chier dans un bénitier, péter dans la soie, briser les burnes, avoir les dents du fond qui baignent, patauger dans la merde, avoir la tête dans le cul la balayette, et bien en conclusion Ta Gueule : " Bah ouais, c'est trop de la musique de hipster ! "


vendredi, septembre 20 2019

BARONESS – Gold & Grey


BARONESS___Gold___Grey.jpg

Il est fort probable que l’attente, l’espérance, soit ce qui nous tient le plus à cœur, et nous garde dans un désespoir sans fin par effet de liaison.

Un nouvel album de Baroness fait partie pour moi d'une attente forte.

Fruit d'une gestation de quatre an pour un cinquième opus, ce « Gold & Grey » suit les pérégrinations entamées depuis « Yellow & Green », sortie sur le propre label du groupe « Abraxan Hymns » avec un thème monochrome pour titre et l’illustration de la pochette par John Dyer Baizley, guitariste/chanteur/compositeur du groupe.

Dans cette vaste balade musicale où les tentatives soniques inhérentes aux compositions fleuries de Baroness, on trouvera de quoi suspendre la magie de la rêverie kaléidoscopique pendant de long moment de flânerie à butiner partout, et aussi vers un accès direct à l'introspection. Parce que l'on retrouve les thèmes abordées par Baizley, sa profondeur de champ, des contrastes colorés et une pigmentation sonique toujours remplit de fêlures secrètes. Il me semble même que l'on peut rapprocher la musique de Baroness avec la fulgurance et le foisonnement onirique de l'artiste Dali.

L'apport de la guitariste Gina Gleason, et la stabilité de la section basse/batterie par la paire Nick Jost et Sebastian Thomson, symbiose une assise incontestable. Il y a tant de teintes mélodiques, de chemin de traverse, d’évanescence raffinée, de réévaluation progressive que je ne comprends pas comment on ne peut apprécier ce bijou musical ?!?

Ne me faites pas chier avec la perte des débuts sludgy, et l'errance plus conventionnelle du groupe. Mon seul reproche viendra de la production qui pousse le son dans le flou. Cela nuit à l’œuvre car on a du mal à apprécier toutes les nuances dans leur ensemble. Ce qui s'avère choquant tant ici abonde un nectar de composition sinueuse.

Pour ceux et celles qui n'ont pas su apprécier ce disque : Si on traverse les méandres en suscitant des vœux, des intentions dans le seul but de nous définir, on cherche sans détour à nous malmener sans savoir véritablement par quelle essence nous sommes faits. La problématique de cette création d'embarras, ne cicatrisera jamais nos blessures profondes. Parce que tout ce qui nous a blessé.es, trahi.es, contusionné.es,  a déterminé qui nous sommes aujourd’hui, et qu’il faut l’accepter pour pouvoir mûrir. Or mûrir c’est approfondir sans fin, sans but préalable, c’est s’élever, comprendre et apprécier les contrastes, les nuances, aller au-delà de sa zone de confort pour estimer, goûter, ressentir, pénétrer, découvrir, exhaler, parfois sans saisir la totalité, mais en gardant pendant la digestion le suc névralgique qui agira, ultérieurement, en conséquence. C’est certain.

Dans toute cette quête nébuleuse, on sait tous au fond de soi ce qui est à même de nous faire tendre vers l’infini beauté à laquelle on puise sans cesse notre énergie vitale, tout ceci afin d’exister pleinement. En étant déterminé sans trop attendre de tout, et surtout en corrélation avec une infinité d’espérance on peut, on doit, apprécier un album dans toute sa complexité, non pas pour ce qu’il peut représenter comme quête, mais comme ce qu’il est à même de nous mener vers cet ailleurs où l’on doit être.  

L’apprécier pour ce qu’il est dans sa plus pure simplicité, et garder en tête que c’est dans le cœur de notre chaleur intime que se reflète la beauté que l’on perçoit dans l’instant présent de l’écoute.   On transpire avec effroi, avec colère, découragement de ne pas être à la hauteur d’exigence de ce que l’on espère, alors qu’il est si bénéfique d’être ce que l’on est, d’aimer un album avec l’ensemble de ce qui nous a édifié.es, et de mûrir suffisamment avec pour en consteller une infinité beauté intérieure.

« Gold & Grey » en définie l'essence à fleur de peau.


Heyyyyyyyyyyy mon thérapeute c'est la musique Dude !


BARONESS___Gold___Grey_1.gif


jeudi, septembre 12 2019

ASSOMPTION LITURGIQUE SLUDGY


revenir des limbes

Il y avait un bail que je n'avais pas assisté à une descente d'organe sonique en mode détente et épanouissement magique. En ce 20 Août je cherche comme chaque année le recueillement, c'est une journée particulièrement chargée d'émotion et d'ombre pour moi. Je sais que l'affiche de cette programmation organisée par l'association bienfaitrice Noiser, va me projeter entre les deux mondes. Pourquoi donc ? Parce que Dopethrone parle le langage que l'obscurité des vivants dégorge dans la félicité orgiaque, et que Eyehategod prolonge dans son rite les élongations volcaniques que les morts-vivants libèrent dans l'extase Sludge.

Tout ceci renferme un degré de mystère supplémentaire à mon trouble.

Vous attendez un nivellement par le bas, et vous avez raison gardée, ce soir-là c'était les ténèbres vrombissantes, le cachot des géhennes, avec la lourde et incommensurable puissance du tréfonds. Du lourd, de la fonte et de l'acier sur un coulis de magma épais, oui, du Sludge avec du groOove, et à chaque fois aucun palier de décompression, ni de sas d'écoutille. Juste l'alignement des planètes en phase avec le mystère du bas, dans cette incarnation d'une métempsycose musicale transcendante, qui donne le goût de la nuit crépusculaire dans l'antre du mystère lunaire aux hommes et femmes de la troisième dimension, dont certains.nes s'éclairent parfois à la bougie de la cinquième.


psyche.gif

Sans brûler les étapes, ni de cierge, c'est la première fois que j'accède au Connexion Live, l'endroit me paraît cool. Plusieurs atmosphères et ambiances sont possibles et permettent d'élargir leur audience et la fréquentation du lieu. Ce soir c'était DOPETHRONE pour ouvrir le bal. Lequel a vomi par le trou de balle de Belzébuth la fonte dégoulinante d’un sludge à l’impureté fourbu. Les Canadiens ont une discographie vraiment malfaisante, chaque disque s’inscrit dans une évolution de limace doom. Pourtant à chaque lampée ingurgitée la saveur en bouche est tenace et se lie avec une formidable attraction de groove.   Il est un peu plus de 20h30 quand Dopethrone entame les hostilités, on sent que le groupe va rendre gorge dans son brasier sonique. Effectivement le coulis éclabousse, se dilue de manière joyeuse dans l’occiput du pit jusqu’à inonder le moindre fragment de cerveau reptilien. Imbibé et désinhibé avec ce mortier fermenté, le public n’aura de cesse de batifoler. Sur scène, d’habitude en trio, il y a une chanteuse dont le visage tatoué et des dreadlock fétichise vers une émanation tribale.

D’ailleurs le suc de leur musique est gorgé avec cette teneur païenne de s’offrir à la terre mère, un peu dans le même esprit que le groupe Sleep, lequel extrapole davantage vers la S-F à Lovecraft. Dopethrone est heavy et bluesy aussi, mais sombre, gras, et lourd.


éducation
  La calcination de leur set appose une déliquescence musicale propice à sulfater de la colle en guise de trompe l’œil. Les riffs sont lourds, la rythmique par contre était en deçà du précipice escompté.

La chanteuse s’est étonnée qu’en se jetant de scène personne ne soit venue la maintenir. Hey cocotte si tu sautes pendant que les bestiaux se frottent les côtes flottantes, il y a un risque majeur que tu passes entre les mailles du filet du pit pour te vautrer la tronche. C’est exactement ce qui s’est passé. Tabernacle, je suis 33 ans et je aime baguette fromage plus tard le cuir chevelu en sang, la dame se prête volontiers à la diffraction sonique avec retenue scénique, mais pas vocale. Ce qui s'avère judicieux.

Échauffé et pas échaudé, le public se soumet à cette bouillie d’érable sans moufter, la cuisse ferme et les coudes arqués, la musique, elle, semble tomber de haut, ça dégouline lentement, très lentement, et ça pèse le poids d’un caribou trépassé. Le chant s’égosille au papier verre. Bon trip, bon set, le groupe rend les armes et les enceintes fument un épais jus de sludge, parfait contrepoids aux acouphènes pour se sortir de la mélasse !


sortir_de_la_melasse_sang.gif

 

« Music is the mediator between the spiritual and the sensual life. » Ludwig van Beethoven


***************************************************************************************


Le plat de résistance est conséquent :

EYEHATEGOD


eyehategod.gif

J'ai un lien spécifique avec ce groupe de NOLA. Je vous somme de l'écouter.

Musicalement, leur teneur sonique coïncide par fragrance à un mélange de poissonnerie et de vaseline dans des vestiaires rugbystiques. Et non cela n’a rien à voir avec les festivités estivales chez les libertins du Cap d’Adge. Même si ça pue, que ça suinte, il y a de l’épaisseur et une tension permanente, c’est solide et si c’est fluide, le choc reste dur en termes de commotion cérébrale.

La vibration sonique vous disperse une gamme de rayon sludge incompressible. La bile dégouline lentement comme du magma et lave par une épuration musicale remplit de groOove intensif.

La provocation du groupe réagit aux stimulus punks comme pourrait le suggérer cet aphorisme : « praise the lord and pass the ammunition ». Le nihilisme est omniprésent, la rage, la douleur, l'affliction, tout est fort, irascible et douloureux comme dans le grunge...Crasse punk (Crass – Negative Approch), lenteur heavy (Black Sabbath - Melvins), décadence sonore (Black Flag), blues distordu (Laughing Hyenas), southern (Lynyrd Skynyrd).

EᵪHᵪG c'est Down To Earth Motherfucken Post Amplification Blues, et au hasard de la vie...


au hasard de la vie

Les paroles sont un venin, la musique en est sa propagation venimeuse, sa liberté de propagation tient au premier amendement Américain sur la liberté d'expression.

Au niveau de l'image du combo il y a la figure de la vierge, et on peut se poser la question, cette image de la madone, est-ce une résurgence meurtrie de leur souffrance sur terre ? L'immaculée conception est-elle une figure de soumission (la Trinité chrétienne : le Père, le Fils et le saint Esprit fait preuve d'un patriarcat puissant face à la figure céleste et maternelle de la vierge Marie) comme a pu l'être les membres d'Eyehategod avec les drogues dures ?


Madonna NOLA

L'idée d'une mère restée vierge constitue un fantasme qui remue profondément notre inconscient et notre imagination, et même Freudienne (avec l'effroi que suscite chez l'enfant l'idée et l'image qu'il est né d'un coït de ses parents). Ironie d'athée ?

Le sarcasme et l’insolence d’Eyehategod est aussi spirituel que mystérieux avec ses subtilités dans son chaos...Et tout tend vers l'épuration (pénitence), l'évacuation (expiation), la libération (rédemption). Les larmes de colère ont le sentiment de la salive haineuse puis se métamorphosent en une émotion de salut.


pluie.gif

L’ossature instrumentale du groupe est recentré désormais sur une formule trio, il n’y a plus de second guitariste. Est-ce que la nature même de leur musique s’en trouve imputée ? Nan. Tout simplement parce que la cohésion basse/batterie/guitare est unie, confédérée (bim 2 points Sudiste) en une osmose sonique des plus volcanique.

Pour rappel le batteur Aaron Hill, a été agressé par 4 personnes à Guadalajara alors qu'il effectuait le trajet entre l'hôtel et la salle de concert où il devait se produire avec le groupe. Légèrement blessé à l'arme blanche et dépouillé de ses biens, le concert a été annulé. Mais il est présent à cette tournée. Le chanteur Mike Williams a une santé précaire, et il est toujours vivant, son chant se gorge d’une parure vomitive vagissante toujours aussi parfaite. C’est le venin du groupe, sa partie instrumental(e).

Le guitariste Jimmy Bower est génial. Tout en souplesse pour accroître la densité profonde de ses riffs surpuissants. Ce gars est à la coOol, munit d’une gestuelle agile et élastique en concert avec des mimiques sur son visage dont les yeux parlent la compassion exaltante de prendre son pied à jouer une musique vibratoire. La boule à Z et sans un poil, c’est Stigma Bower, une version oi HxC de la weed du Nola Sound. Quelques semaines après il arrêtera la tournée, incommodant le groupe a cherché un guitariste pour finir le tour en éclopé dans leur vide intersidéral. Ouaie c'est la déprime, et la scoumoune est avec eux ! Mais ils ne peuvent pas faire autrement en fait, c'est aussi dans leur adn toute cette merde qui leur arrive sur le coin de la tronche. Ils ont réussi à en faire battre le fer de leur musique, existence avec.


déprime

La nature est cruelle, l’homme en fait partie intégrante, pourquoi ne voulez-vous pas que l’humanité ait une part de cruauté. Eyehategod en révèle l’obscurité tapageuse par un calibre maligne de grosseur sonique, tempérée sans cesse par une électrisation de breaks salvateurs. Tout cela sent l’ecchymose ardente, la torpeur opiacée, une pleine légalisation d’émotions, de sensations ensevelies sous le déni, d’extraction sentimentale, d’évacuation cathartique. Les larsens forment la stridence du bousculement incessant de vos pensées bientôt abattu par le groove d’une musique indolente à la convulsion apaisante.

 ‘’A m'en donné’’ en pays de l’ovalie, ça fourre sévère devant le pit et la table de l'ingé son, laquelle prend un coup qui éteint l'éclairage, le gars à la console est en mode stupeur, puis vénère, le groupe continue dans l'obscurité, métaphore sublime de leur folie musicale, et de l'atmosphère générale de leur musak. Bien entendu tout est revenu à la normale.

La paire Mike Williams/Jimmy Bower seule rescapée du combo depuis 1988, se pare d’une amitié attractive en rapport avec leur synergie musicale. C'est quelque chose de prégnant dans leur regard, même les vannes sont douces entre eux.

Le dernier concert du batteur Joey Lacaze (RIP) avait lieu à Toulouse, avec Noiser, j’y étais déjà à l’époque, six ans plus tard je retrouve un groupe qui s’est retrouvé sur les bases consensuelles de la pleine réalisation vibratoire, incantatoire, sans plus de déboire que de s’offrir à nu, avec toujours la conformité d’une réalisation en live toujours aussi intense. Je me souviens qu’en rentrant chez moi, c’était la pleine Lune, et qu'à l’aurore les 2 astres Lune & Soleil apparaissaient l’un face à l’autre, c’était comme une offrande d’énergie, propice au plein accomplissement subtil.


éclipse

Quand je rentre cette fois-ci, une brume vaporeuse voile le ciel, mais j’entrevois la Lune dans son ¾ de volume, elle est orange puis le long du trajet elle passe d’ocre au blanc à l’arrivée chez oim. Il se passe toujours quelque chose de magique pendant un concert d’Eyehategod, et dîtes-vous qu’après cette vibration agit sur vous et dans l’univers. Je dis cela en passant peut-être pour fada, mais je sens au plus profond de moi que ce n’est pas ma raison que vous mettez en doute, mais l’abîme de votre unité avec l’univers, vous-même, et celle qui vous unit à Eyehategod.  

Un concert d’Eyehategod est un lieu de culte. Une intensité de recueillement bouillonnant en gestation depuis les premières blessures assassines vécues en chacun. Le groupe ne fait que bousculer la vase provenant du son de NOLA, pour que tout remonte à la surface de ces choses trop enfouies, et vous révèle avec force la teneur intime de l’être que vous êtes vraiment. Il éclot en vous par la suite une fleur de lotus si vous en faîtes rugir l’évolution en tout.  

Or, dans ce tout il n’est rien de plus vivace et sage que vous soyez en rendez-vous avec vous-même, dans cette part très réduite de ce que vous êtes au plus profond, et ouvert à l’univers tout entier.   

Ce report est dédié à ma sœur, avec tout mon amour !


sortir de sous-terre


- page 1 de 16