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Tag - metOl

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samedi, mars 28 2020

NEW HATE RISING - Miles


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Le groupe offre une horizontalité de leur discographie rock/metal/hardcore, cela permet d'entendre la versatilité musicale et surtout détendre leur hardcore mélodique avec sa part de riffs catchy, singalong, bourrasque Sick Of It All, empreinte punk.

Treize années d'activité sonique pour ces Allemands dont ce 5 opus en libère tout le consensus explosif. Leur honnêteté prime sur les atours complaisants, manque de justesse vocale, gimmick ou autres...Cette sincérité impacte davantage de manière unilatérale et positive qu'une qualité gommeuse de véritable sensation. New Hate Rising a voulu une approche très fédératrice et organique dans la sonorité globale de l'album, et cette identité sonore en centralise toute la portée émotionnelle.

Que se soit dans un show mélodique « OSOB », une pop song accoustique « A new start », du frontal fédérateur « One More Dance », du groove « Water & Wine », les contrastes sont multiples et New Hate Rising dispose d’arguments, d'intentions relatif à sa franchise et véracité pour faire en sorte que « Miles » soit à son image : sincèrement avec sa flamme.


Flamme


vendredi, février 7 2020

KLONE – Le grand Voyage


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À ces débuts en 1999 en version groove metal, Klone mute en 2015 en suivant les traces d'un Opeth pour une musique progressive beaucoup plus douce, que l'on peut voir comme un kaléidoscope intensif de la mutation musicale des Poitevins avec le chant de Yann Ligner...Où comment le groupe est passé du musc rauque à un chant atmosphérique clair et puissant, libérant une beauté mystérieuse.



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Parfois, il advient dans ta vie des jours mauvais, si intenses, si tenaces, qu'il délire en toi ce venin véritable de se convertir à l'amertume. Tu t’attestes même de la crudité d'avoir fait émotionnellement parlant le tour de ton existence. Apothéose cruelle, c'est dire si le tour de la question arrive à ta faire admettre la fin.

Tu pleures alors toute l'eau de ton corps, par vague et ça dure une éternité. 

Tu te fabriques un mur de protection et creuses ton trou, tu te laisses aller, jusqu'à toucher le fond. Enfin tout tari, tu es sec, craquelé de partout, les crevasses apparaissent et la lumière peut enfin y rentrer. Mais cela, tu l'as oublié. 

Puis ce disque arrive. 

Muet et vide, le puits sans fond se remplit, quitte son lit, son embouchure, et dérive à habiter le monde avec la curiosité de retrouver l'envie, la vie. 

« Le grand voyage » est tout cela à la fois. La musique de Klone est belle comme un jour sans fin, capricieuse par un soir de Lune entière, et si pleine d'une pureté de vérité. 

La musicalité latente et progressive remplit par une douce résonance spectrale la sagesse feutrée d'un onirisme solaire. Les atmosphères sont emmitouflées et réservent leur saveur câline. 

Il y a dans cet opus davantage de rock metal prog atmosphérique typé Katatonia, Anathéma, Cult Of Luna, avec son lot de complexité entre contraste stratosphérique et pesanteur. 

Par contre ont disparu les élans mélancoliques du précédent album « Here Comes The Sun » avec ses lignes claires de guitare spleenétique similaire à Jeff Buckley. 

« Le grand voyage » est un disque consacré à la beauté obscure, avec son intensité dramatique, il s'y joue entre la subtilité des arrangements précautionneux pour en faire évaporer la lourdeur, et la douleur prégnante, une fluidité musicale impressionniste qu'accuse une forte émotion cathartique. 

La maîtrise des arrangements, la force musicale, la puissante aura, appliquent désormais à Klone un talent manifeste, il fait écho à la magie de leur « Unplugged » de 2017, avec toujours ce charme équivoque à sublimer même si le sujet est la mort.

 « C'est ainsi que fini le monde, pas sur un boom, mais sur un murmure » T.S Elliot


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lundi, février 3 2020

FEASTEM – Graveyard Earth


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Feastem est un groupe de Fast Grindcore de Finlande de retour après 7 ans, dont l'origine active débute en 2005 et comprend des anciens membres d'Afgrund. « Graveyard Earth » est leur quatrième album, après deux Eps et deux splits avec Kill The Client et Teething.


15 titres pour 20mn de dépressurisation émotionnelle sous la forme brute et rapide du grindcore.

Derrière la violence musicale se cache du punk et la forme d'abstraction brutale d'évacuation sonique qui permet de dire tout ce qu'il y a, quand le vase déborde de façon cacophonique depuis des lustres.

On est euthanasié.es par la mise sous pression du groupe, et surtout sa façon violente de stimuler notre hypothalamus comme une cocotte minute métamorphose des légumes cru à cuit. C'est tout aussi percutant de l'idée que l'on se fait des dispositifs anthropomorphes d'essai (DAE) ou mannequins d’essai de choc, pratiquant un crash-test pour le dernier véhicule dernier cri en permettant aux ingénieurs de concevoir des véhicules plus sûrs. Ce qui est certain ici, c'est que le groupe appose des paroles en Anglais et en Finlandais.

Pour ceux et celles qui se demandent quoi c'est le grindcore. C'est un adulte conscient avec l'esprit d'un adolescent turbulent, et non un enfant prisonnier dans un corps d’adulte amnésique, c'est un style à l'innovation paraissant béotienne, alors que c'est cathartique comme contre-point.

Le contre-point c’est une projection sur un angle de vue particulier. Par exemple, je suis végétarien, mais c’est votre choix si vous prenez votre pied à dévorer des côtelettes de veau, cela ne fait pas de vous un carnivore extrémiste de la gastronomie non-écologique parce que la mère du veau, la vache donc, lâche des pets monumentaux néfastes pour la couche d'ozone. Vous n’êtes pas un saint de la protection terrestre car vous bouffez uniquement des fayots avec du tofu soyeux, parce que vous déchirez aussi la couche d’ozone à force de flatulence. Hitler était végétarien, ce n’est pas parce que vous lisez Mein Kampf afin de comprendre l'histoire que vous devenez Vegan. Claude Chabrol était un bon-vivant carnivore cela ne fait pas de vous un esthète en cinéma d’auteur racontant les Bourgeois de province non plus.

Le grindcore de Feastem est comme un groupe de punk, soit, la résultante d'un rejet sociétal, d'une amplification sonique de la violence reçue en une libération, propagation, défoulement, affranchissement.

Oui on peut faire du bruit violent en étant ironique et en rébellion constructrice tout à la fois. Cela parait bête, sale et méchant comme un bon vieux OTH, pourtant il y a bien plus de réflexion positive dans un album de grindcore, alors tant pis pour les coincé.es du fion qui ont le cul cousu et assez de temps de cerveau disponible pour les publicitaires, vous êtes ce que vous voulez être et dans le monde que vous voulez.

Ce disque bastonne la tête certes, il vous construit aussi vers un acte de constriction et d'émancipation, et il sortira sous pavillon LIXIVIAT Record, label grindcore (punk, death et affiliés) de Lyon.




mercredi, janvier 29 2020

LEPROUS - Pitfalls


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Suite à la dépression de leur chanteur et claviériste Einar Solberg, ce sixième album est une œuvre grandiloquente et intimiste à la fois.

Les norvégiens continuent leur exploration stylistique musicale entamée depuis « Malina » en 2017, en accentuant son approfondissement loin des codes et de la jurisprudence MetOl, afin d'apporter une vision globale à leur volonté et honnêteté créative.

Dans « Pitfalls » le chant est sublimé, emphatique et émotionné, il n'aurait pu être autrement de toute façon.

Même si on se pose la question : Mais comment raconter l'indicible dépression sans affect dans le chant ? Sinon cela devient ironique.

Il est vrai que cet attrait vers la pédanterie tragique et romantique de Rufus Wainwright à Jeff Buckley peut être rédhibitoire, ou too much.

En fait tout dans ce disque pourrait être trop, malgré la mesure du groupe à épurer malgré tout. Même avec les atours du rock progressif de Pain Of Salvation à Porcupine Tree jusqu'à Radiohead et Archive, au rock pop nimbé de nappes de synthés et de bienveillance de Coldplay à Thirty Seconds To Mars, de l'électro deep de Massive Attack avec lequel le groupe reprend le titre « Angel », sans omettre une faculté à faire muMUSE, Leprous convainc.

On est touché.e avec le cœur froissé dans cet enfouissement qui élève et mène au spleen, voilà tout le charme de Leprous, capable de planter un décor souffreteux et lourd de sens, et d'y amener dans le spectre d'explosion dramatique et de groove lumineux même synthétique une légèreté, une vérité.

En compraison avec leur discographie, dans ce disque il y a davantage de basse, une rythmique précise, des compositions passionnées, une production maîtrisée, une mise en scène formelle, car tout est entêtant et sublime, maniéré et affecté, Leprous conditionne cette force et vulnérabilité tout à la fois en restant imperméable.

L'inaccessible c'est la source du désir, son attrait primordial qui mène à la dépendance.


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samedi, janvier 25 2020

Mars Red Sky – The Task Eternal


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On recherche dans Mars Red Sky un trip sonore, une ivresse musicale afin d'accéder à tout l'univers par la porte de la cinquième dimension.

Le trio Bordelais possède une discographie bien singulière avec un gros rock aérien et doomesque, un chant de faussée, guitare et basse épaisse/dense, batterie pachydermique, le terrain est gras et au paradoxe astral.

Toujours en quête des profondeurs sulfureuses avec leur précédent opus « Apex III », le groupe replonge dans les abysses, et subtilité suprême, plus il descend dans les profondeurs de l'obscurité et davantage il s'illumine. Pour se faire, j'ai lu que ce disque avait été composé dans un château médiéval en Dordogne, il m’apparaît plausible que l'environnement a eu un impact plus que notable sur la direction esthétique, créationniste de la bête tricéphale. The Task Eternal est l'avènement de l'obscurité de Mars Red Sky. Sa dissolution avec les astres du bas-fond, et son élévation la plus grandiloquente.

On y entend dans les hautes strates stratosphériques du Floyd, son rêve de psychédélisme hippie et de ténèbres mélancolique avec, guitare au riff spleenétique sur des coulis de lave de wha-wha fuzzique, rythmique chaloupée et flottant dans un éther bestial, une basse qui creuse la voie lactée et vous attire dans les profondeurs d'un précipice. Cette mise en abîme musicale fait appel à votre subconscient et non à votre libre arbitre. On ne parle plus de survie, mais de délivrance subliminale.

La justesse de la densité, leur style musical, tout ici explore une épique folie créatrice et la transcende en un repère des profondeurs sur lequel on plane pendant ¾ d'heure autour de cette Öde sonique, dans cette transe doOom goulûment psychédélique/cosmique.

Ce n'est plus un rêve mais une réalité palpable dans la 5ème dimension des voies maléfiques.

« Quand les démons veulent produire les forfaits les plus noirs, ils les présentent d'abord sous des dehors célestes. » - Othello- (1604) - William Shakespeare


Triangulaire sonique


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