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vendredi, février 8 2019

VOIVOD – The Wake


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Do you speak Klingon ?


Ahhhhhhhhh ben sinon vous allez être emmerdé.e pour traduire cette chronique.

Parce que voici une nouvelle aventure intergalactique, où Dr Spock converse le Voivod avec un rabot riffique et au laser rythmique, pour un concassage cosmique de dissonance polymorphe, et d'allitération mélodique en téléportation sonique.

Ahhhhhhhhh Voivod et son futur utopique, c'est toute une discographie, que dis-je, une odyssée.

Au commencement était l'Univers-miroir sous contrôle de l'Empire Terrien, et dans cette élite le Directoire des Sciences rejetait la notion d'univers alternatifs, pourtant le Voivod arriva bel et bien, dans cette tension entre diversité et unicité d'un style unique, entêtant et inhérent à tous les space opera américain, avec pour seul objectif, non pas la Lune, mais d'explorer toujours plus loin les espaces inconnus de la musique thrash et de repousser les limites du monde civilisé.

Pour que chacun parvienne à comprendre cet univers bien plus vaste que notre seule planète où chacun a son propre dialecte de sensibilité exacerbé, il est nécessaire de se raccrocher à une langue commune, et sur la base d’une création foisonnante d’espèces et de civilisations variées. Le Jargon de Voivod ou plus posément nommé de « Technoblabla », car si il n'y a pas un minimum de jargon technique et bien c'est du Sex Pistols, ce jargon donc, dispose d’une discipline s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect d'une mathématique sonique très appliquée.


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Cette musique est l'art consistant à arranger et à ordonner sons et silences au cours du temps dont la bulle de distorsion enveloppe chaque composition et lui permet de voyager à des vitesses supraluminiques.

Depuis que Voivod a franchi la barre de l'hyper-espace temps, son bouclier occulteur entre en réaction avec la matière et l'antimatière sonique. Leur rencontre provoque une importante accumulation d'énergie, permettant de rendre une structure totalement indétectable à la Toxicité harmonique, et de convertir la sensibilité d’une personne depuis l'état de matière à celui d'énergie et inversement.

Le ciblage électromagnétique est une étape importante dans le processus du champ de confinement annulaire (parfois appelé simplement champ de confinement), propre à Voivod. Cet élément est même essentiel aux systèmes de téléportation qui génèrent des bobines primaires d'énergétisation sonique depuis le début de leur discographie. Il sert aussi à garantir la cohésion du flux de matière lors de son trajet vers son télérupteur-humanoïde. Pour cela il était impératif d'affranchir la formule Voivoïde dans le scanner paramétrique afin de reproduire un micro-vortex en phase avec la bobine de transition phasique, qui est un composant des systèmes cellulaires musicaux et en assure la distribution de l'énergie dans toutes les parties des compositions.


Je sais tu ne comprends rien à cette chronique pas plus que moi au nouvel opus de Voivod, et alors ?

C'est quand même trop bien que ce champ de dispersion de particules énergétique qui, lorsqu'il est projeté dans l’ionosphère d'une planète, provoque une hyper-ionisation de l'atmosphère capable de débloquer toutes les ondes porteuses électromagnétiques et subspatiales de la musique rétro-futuriste...


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mardi, janvier 29 2019

STORMHAVEN ITW

Ce groupe de prog death rock m'a foutu une vrai mandale avec son dernier opus ''Liquid Imagery'', il sera en concert à Toulouse le 23/02 à l'usine à musique pour interpréter l'album dans son intégralité. C'est Zach, guitariste-chanteur-compositeur qui répond à l'ITW.


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Pouvez-vous présenter le groupe, sa création en 2010, sur quelle base musicale ? Quelles sont vos envies alors ? Quel souhait aujourd'hui ? Comment apporter un regard neuf ? Se renouveler à chaque album ?

J'ai créé Stormhaven en finissant mes études en musicologie en 2010 à Toulouse. Pendant 3 ans, Régis et moi avons travaillé pour notre diplôme en jazz et, une fois cette étape passée, nous étions prêt à nous lancer dans un projet sérieux. Une fois que j'avais quelques riffs en stock, j'ai contacté un batteur (Alban) et un bassiste (Jo) qui étaient à la recherche d'un groupe.   Au début on ne savait pas exactement ce qu'on voulait. Sûrement quelque chose d'un peu technique, avec des gros riffs et des bonnes parties au clavier. Mon idéal aurait été d'avoir un chanteur/frontman type «Russell Allen» car, à l'époque, ni Régis ni moi pensions endosser ce rôle, on ne pensait pas inclure du chant guttural dans le projet.

Après quelques auditions décevantes nous avons décidé d'arrêter les recherches là et de voir ce que l'on pouvait faire nous-mêmes. Aucun de nous deux n'avait vraiment l'âme ou la personnalité du vrai frontman donc nous avons décidé de faire le job à deux, ce qui rendait la tâche bien plus atteignable.

Huit ans après la création du groupe, on est toujours en train d'écrire ,de jouer de la musique, de déconner ensemble en répète, c'est ce qu'on adore faire ! Nous sommes toujours à recherche d'endroit où nous pouvons jouer notre musique.  

Le premier EP ''Mystical Journey" date de 2014 puis l'album "Exodus" en 2016 que vous avez considéré comme le fondement de votre identité musicale pour les années à venir. Comment la définissez-vous ? (La connotation Death metal progressif semble très réductrice si l'on voulait définir votre musique). De par vos multiples influences (je suppose), mais pour épurer, Symphony X et Opeth sont est une grande influence dans votre musicalité ? Il y a du Gojira à l'intérieur de votre ADN  ?

Oui Exodus était pour nous un nouveau départ. Nous avions dû nous séparer de notre batteur (Alban) avant l'enregistrement car le niveau technique était trop élevé. C'est après quelques mois de recherches que l'on a trouvé Quentin qui ne tarda pas à enregistrer les parties sans problème. Depuis ce moment là, le line up n'a pas changé et j'espère garder l'équipe le plus longtemps possible car chacun apporte quelque chose d'unique au projet.

Pour ce qui est des influences on peut citer Symphony X, Opeth et Enslaved comme étant nos «piliers» d'inspiration. Gojira est évidemment quelque part dans notre ADN mais n'a pas une place centrale.


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Mais vous devez une grosse partie de vos fondations à Deep Purple, Cream, Hendrix et Iron Maiden ?

Oui, ce qui fédère l'équipe va être Maiden !!  On est tous fan dans le groupe. Si on a de la route à faire ou du temps à perdre avant de jouer on va se tourner vers une bonne playlist Maiden pour se motiver.   

Pendant mon adolescence j'ai écouté de nombreuses fois des lives de Deep Purple. J'ai dû acheter le fameux "Live in Japan" plusieurs fois car je le manipulais trop ! Un ami à l'époque m'avait dit que Hendrix jouait 8h de guitare par jour ! Je ne savais pas que c'était possible, j'ai admiré cette légende pour ça.  

Pour nourrir sa musique il est nécessaire de butiner le pollen d'autres groupes, d'autres musicalités ?

Evidemment ! Notre groupe est catégorisé "Death Metal Progressif" mais c'est malgré nous. On adore tellement de styles de Metal différents : le Death, le Black, le Prog (of course !), le Thrash, etc; d'autres styles aussi : Folk, Blues, rock, etc. Nous avons du mal à nous cantonner à un style d'écriture et je pense que ça ressort dans notre musique.

Est il possible pour un progressiste du metal de ne pas parler de Dream Theater et de Steven Wilson en 2018 pour définir un metal progressif complexe, profond, captivant, brillant ?

Nous avons tous écouté Dream Theater à un moment donné, les structures complexes de ce genre de groupe ont forcément forgé nos goûts, nos oreilles… Il est évident qu’un grand batteur de prog comme Portnoy a fasciné et influencé Quentin par exemple. On préfère tout de même les débuts de DT.

Steven Wilson, personnellement je l’ai découvert bien plus tard, Porcupine Tree était un peu passé à la trappe malgré moi. Mais mieux vaut tard que jamais! Je suis d’ailleurs allé voir Steven Wilson au Bikini cette semaine et le concert était grandiose et inspirant.


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Peux-tu présenter les différents membres de Stormhaven et leur passé musical ?  

(Je sais par ailleurs que tu es franco-américain, et que tu as commencé à apprendre la guitare par le blues, d’ailleurs pendant un temps dans Blue Meadows, groupe de power blues avec Quentin batteur de Stormhaven depuis 2016, dont le troisième album "Drinkin' Cheap Whiskey" est sorti en 2017.

Zack et Régis (chant/clavier/) vous vous êtes rencontrés à la fac de musique. Quelle Fac ? Qu'est ce que vous gardez de cette formation/éducation ? Est ce qu'il y a justement chez Stormhaven des éléments musicaux provenant d'autres styles que le metal/blues/folk ? (et que vous avez étudié à la fac de musique)

Régis et moi nous sommes rencontrés à la fac de musicologie Toulouse Jean Jaures où nous avons obtenus notre licence Jazz. Cela nous a appris à comprendre les structures complexes de la musique et nos donner de bonnes bases pour comprendre et composer de la musique. La musique Jazz même n’est néanmoins pas trop notre truc.

Moi j’ai également fait le conservatoire de solfège classique.

Jo n’a pris que quelques cours de basse, la passion est essentiellement son moteur. Quentin lui a fait une école privée de musique actuelle, là où j’enseigne depuis 8 ans.

Musicalement en plus du metal, du jazz et du blues il n’y a pas d’autres styles bien particuliers que nous pourrions citer précisément, les influences sont tellement diverses, on ne se pose pas vraiment cette question quand nous composons.

Vous avez la spécificité depuis « Exodus » de créer des concepts albums. D'où vous vient cette envie (cet égarement pour les non-progressistes) ?  

L'idée même d'Exodus m'est venue lorsque j'ai découvert "Crimson" de Edge Of Sanity. C'est une histoire fictive parlant d'un futur sombre et sur l'album il n'y a qu'une piste de 40 minutes. Encore une fois j'ai découvert une manière nouvelle de raconter une histoire que je ne pensais pas possible, et je trouvais ça génial. Pour entendre les riffs de fin tu es obligé d'écouter depuis le début. Avec Exodus, les autres membres du groupe ont réussi à me persuader de découper le morceau en plusieurs pistes par facilité d'écoute et de jeu live mais l'idée reste la même: il faut raconter une histoire.


  On va parler de votre nouvel album. Comment s'est passée la création ? l'enregistrement de « Liquid Imagery » ? Avec qui et où ? Êtes vous satisfaits ?  

La prochaine étape pour moi a été la découverte de "Visions" de Haken. Encore une fois un album concept où la musicalité et l'histoire se suivent à la perfection. L'un se nourrit de l'autre tout le long. Dans l'écriture de "Liquid Imagery" je voulais tout simplement produire quelque chose de similaire. Exodus a été pour moi aussi la première fois que j'enregistrais les guitares seul chez moi. Cette fois-ci j'avais un peu plus d'expérience donc j'ai su un peu mieux m'organiser. Tout d'abord nous avons enregistré les parties batterie à Dismalsound Studios.Tout les reste a été fait chez moi. Nous sommes retournés au studio pour faire le mix donc quelques mois après seulement. Le mastering a été fait par George Bokos de Grindhouse Studios à Athènes. Au final, nous sommes extrêmement fiers du résultat.


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C'est un album concept, sur les derniers instants d'un homme sur un bateau perdu en mer et qui va affronter une tempête. On pense à la nouvelle d'Ernest Hemingway « Le Vieil Homme et la Mer » et de l’homme seul face à la grandeur et la puissance de la nature, et de la condition de l’homme. Que pouvez vous en dire ? Pourquoi raconter cette histoire ?

L’histoire m’est venue au fil de l’écriture, je n’ai absolument pas cherché l’inspiration dans un livre. C’est un peu difficile d’expliquer clairement comment m’est venu ce thème. Je compose un peu à l’instinct, c’est plus en réécoutant plusieurs fois mes compos que j’arrive à me projeter quelque part et ensuite réellement construire une histoire, et bien évidemment écrire les paroles.

  Les morceaux sont moins longs que le précédent. Pourquoi ?

Avec un peu plus d’expérience j’arrive plus facilement à découper des chapitres. J’essaye aussi de me mettre à la place de l’auditeur sinon je pourrais écrire des morceaux de 15 ou 20 minutes à chaque fois, haha. C’est tout de même bien de pouvoir jouer différents morceaux et albums en live, surtout quand on a 45 minutes de set par exemple.  

Il y a du mouvement dans vos structures, les climats changent aussi, pourtant vous avez aéré tout cela comme un appel d'air. Cela me paraît crucial chez vous que votre musique ne croule pas sous le poids d'une indigestion. Pourtant vous n'avez pas l'air de vous restreindre en terme de créativité, vous étoffez sans cesse mais sans jamais asphyxier. Il y a un super dosage Stormhaven ?

Uhm...MERCI ! Quand on crée, on se projette et on espère que les auditeurs vont pouvoir se plonger facilement et intensément dans l’histoire. On fait du mieux qu’on peut en tout cas et, si la magie opère alors on est heureux.

Vous arrivez à plonger l'auditeur dans cette histoire avec une part très sombre, tout en apportant d'autres couleurs à cette noirceur, mais sans mélancolie. (Enfin pour moi du moins). A cet effet je voulais avoir votre opinion sur la façon d'apporter d'autres couleurs, est ce pour donner de l'espoir à cet homme ? Pour montrer sa lutte pour survivre ? Est ce que cette mise en abîme est une façon pour vous de donner de la voix à votre existence musicale ?

Pour moi, Stormhaven est le fait d’exploiter tout un tas d’univers musicaux, divers styles et utiliser plein d’outils. Même si une histoire se termine mal, cela ne veut pas dire qu’il faut se plonger dans une noirceur absolue, sinon on aurait peut-être fait du post black haha.

Dans Liquid, l’histoire racontée est une lutte pour survivre, il y a d’un côté une profonde envie de vivre qui est une pensée plutôt positive. D’un autre côté la fin étant inévitable, le protagoniste le sait dès le début, la fin peut donc être perçue comme une délivrance.


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Il y a de superbes solos sur ce nouvel album. Comment vous composez/construisez vos solos ? C'est inné ? Vous suivez une gamme spécifique ?

Les solos pour cet album ont été composés pendant l’enregistrement, je n’aime pas écrire des solos car je n’aime pas faire tout le temps les mêmes. Là encore c’est un peu à l’instinct selon l’humeur et le morceau.  

Vos structures progressistes sont à la fois tortueuses et délicates. Cette forme de dualité est un partie pris ? (Dualité que l'on retrouve dans le chant). Pouvez-vous l'expliquer ?

Parfois l’histoire se répète et parfois non, parfois le temps semble s’accélérer, d’autres fois être figé. L’histoire est tout en progression, la musique aussi je suppose.  

Pour le mixage et l’équilibre des compositions, quel(s) choix avez-vous fait -  ou/et concédé ?

Nous avons essayé de trouver un équilibre entre les différents instruments, ce qui n’est pas évidement. La guitare et le clavier doivent ressortir un poil plus afin de poser les ambiances. Quand on mix on écoute tellement de fois les morceaux qu’on n’est pas sûrs à 100% d’atteindre l’équilibre parfait mais on y passe énormément de temps pour que le rendu soit le mieux possible. C’est un travail d’écoute, de patience et bien entendu d’équipe, en tout cas chez Stormhaven.


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Comme vous êtes basé sur Toulouse, êtes-vous allés à la première édition du festival de Metal progressif « Very Prog Festival » le 12 et 13/10/2018 ? Si oui quel est votre meilleur concert ?

Le fait d’avoir vu des icônes telles que Portnoy, Sheehan...ça reste un moment inoubliable, l’ambiance était super pendant le concert de Sons of Apollo. Le concert de Caligula’s Horse était magique aussi.

Pour 2019 le festival se nommera Ready For Prog, vous y jouerez ?

A priori non, mais on ne lâche pas l’affaire !

Pas trop loin non plus de la ville Rose, est ce que vous connaissez le festival Rock In Opposition ? L'Xtremefest ?

Rock In Opposition ça ne me parle pas et l’Xtreme Fest oui, Quentin y a joué avec son autre groupe, Tempt Fate et nous sommes souvent festivaliers.

Je voudrais votre regard en tant que musicien progressiste sur le drone Metal dont les structures bougent à peine mais qui partage entre autre avec le metal progressiste la volumineuse durée d'un titre sans structure classique (couplet/pont/refrain) ?

Je ne connais pas assez le Drone pour t’en parler.

Quel futur pour Stormhaven ? ( C'est l'instant promotionnel)

Stormhaven sur les planches en compagnie d’Opeth ?!

Mais sinon, faire plaisir aux gens et continuer à nous faire plaisir en faisant évoluer le projet du mieux qu’on peut.

Je te remercie pour le temps que tu m'as accordé.

Un grand merci à toi.


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dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




vendredi, janvier 25 2019

BLACK TUSK – T.C.B.T


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Depuis 2005 à Savannah, Georgia U.S.A, berceau du sludge 2.0 avec Baroness, Kylesa, Black Tusk a ravagé avec un soudage de punk Sludgy foutrement érectile sur plusieurs albums. Seulement le trio a perdu en 2014 son bassiste fondateur Jonathan Athon, et a choisi de poursuivre/recommencer avec Corey Barhorst (ex-Kylesa). Il présente ce nouvel album, avec l'apport de Chris "Scary" Adams en second guitariste sur la base d'un quatuor pour les concerts.

Il y avait une alchimie rare avec le trio, sur disque c'était flagrant mais en concert c'était carrément électrique, démentiel. J'ai acheté ce disque les yeux fermés, garant du passé, en soutien avec leur identité sonique, et toute la vigueur que j'ai emmagasiné grâce au trio en concert.

Cet opus susnommé T.C.B.T pour « Taking Care of Black Tusk, on retrouve dedans tous les fondamentaux, l'altérité graisseuse, la pugnacité punk, et cette énergie vitale, mais avec une intensité réduite, et même un manque d'audace. Black Tusk réitère sa formule Swamp Metal avec l'apport supplémentaire d'orienter sa musique avec plus d’épaisseur, notamment avec des parties claviers, mais finalement cela dessert la cause, leur identité. Je trouve que cela n'apporte pas plus, même au niveau des atmosphères. Le son est bien gras, cradingue, la rondeur des compositions baigne dans la suppuration tenace du son. Par contre il manque ce mood stoner hi energy avec l'avalanche de plomb sludgy.

Peut-être que le groupe voulait passer à autre chose, d’apporter un renouveau dans sa violence musicale, tout en essayant de garder dans son ossature sa spécificité. Mais si auparavant le squelette était suffisant et essentiel pour que l’énergie vibratoire circule comme un volcan en érection, aujourd'hui le gras se détend.

Après il faut quand même retenir pour ce disque que le groupe brûle des lipides, il y a des giclées de purée sonique bien dense, la couche de graisse est pâteuse, il y a autant de violence horrifique que de haine tenace et ceci sur la plupart des titres.

Le plus étrange c'est que plus j'écoute ce disque et davantage il se teinte d'une lumière obscure, avec une nette tendance d'acier trempé, de lave incandescente. Il y a du Dead K dans le maelstrom dégoulinant de sludge et du hardcore speedé à Exciter dedans en morceau. Le truc le plus cool c’est que les gars se partagent le chant et c'est orageux, flamboyant, turbulent, rugissant.

Je t'ai dit que c'était moins puissant que les précédents ? Oublie, c'est un nouveau parpaing dans la tronche, ouaie, ouaie direct, cherche pas tu pisses déjà du tarin gamin parce que ce disque balance !


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jeudi, janvier 17 2019

SINSAENUM – Repulsion Of Humanity


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Comme un papillon de nuit se rapproche d'une bougie pour sa lumière, et s'embrasse aussitôt qu'il touche la flamme, Sinsaenum possède ce pouvoir lumineux de l'obscurité et de l'embrasement.

Richesse mélodique pour fureur démoniaque, déliquescence harmonique pour sensualité outrageusement bestiale et lunaire, cet opus mérite un rite noir.

La formation all-stars conduite par le bassiste de Dragonforce Frédéric Leclercq, bénéficie de l'apport de Stéphane Buriez de Loudblast, du batteur Joey Jordison (ex-Slipknot), du bassiste Heimoth (Seth) et des chanteurs Sean Zatorsky (Dååth) et en moindre mesure de celui d’Attila Csihar (Mayhem).

Ce projet complémentaire et déflagrateur pour la violence sonique qu'il appliqua dès son premier album datant de 2016 « Echoes Of The Tortured », apportait les racines d’un death metal pugnace et authentique. Ce second opus au sobriquet typique du death metal «  Repulsion For Humanity » est subtilement racé de froideur, sans fioriture pour asseoir sa puissante malice, délivrant ce jus de pue à base de fièvre rythmique, de riffs colossaux, de lyrics suintant la haine irascible, sur une bestialité de chant, une fois encore.

La production grassement organique de Floride et froidement Nordique, téléporte le son dans cette magie de putréfaction qui réveille les morts. Le visuel est réalisé par Travis Smith (Opeth, Suffocation, King Diamond, Sadus, Overkill, Ice Earth, Katatonia, Bloodbath, etc...)

Sinsaenum introduit à ses compositions inspirées une liberté de ton, avec un apport mélodique savamment soupesé, mais aussi à travers l'émergence de bribes de styles comme du thrash, une pointe de sludge, un poil de doom, pour que son album ne devienne jamais rébarbatif. Tant par des atmosphères ouatées, il dépose à chaque fois un glissement mélodique progressiste, une lumière, une couleur, une variété de contraste, tout en gardant son propos cohérent, son respect pour le death metal totalement légitime.

Le groupe a incorporé dans sa magie noire autant de puissance que de délicatesse et élabore une alchimie somptueuse d'oppression, et de violence sonique.


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mardi, janvier 15 2019

SPEED JESUS – The Giant Hack


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Le programme des réjouissances de ce début d'année est simple,

Pas la peine de commencer d'hypothétiques résolutions, je vous propose une bastonnade en règle pour détoxifier les cages à miel. Attention c'est de la violence musicale, c'est à dire qu'un tournevis cruciforme vient en profondeur récurer l'amas crasseux ingurgité nonchalamment depuis la naissance.

Le nom du groupe, Speed Jesus, appose de se gratter le bouc, mais ne me faites pas chier avec un hippie clouté sur une croix, je le préfère à l'envers et les clous sur une veste patchée, question de style.

Le groupe vient du coin des Burning et leur blast HxC est un pur décarottage sonique. Oui c'est impératif pour un maléfique premier album.

Ce Trio est composé d'ex-Gravity Slaves et de membres de Monde Merde pour un concentré de speed hardcore thrash, hyper bourrin, testostéroné à la rugosité 90's Evil HxC metallique, et chaotique.

Ne cherche pas la finesse, enfin si quand même, par exemple Government issue est-il un clin d’œil aux punkers de Washington DC ? Jerk as Fuck au Dead K ? « Hang'em All'' à Metallica ?

C'est frontalement 23 mn où tout est malsain, intrusif, et poutrement convaincant, Speed Jesus assoit sa suprématie en hurlant la fureur abrasive d'Unsane VS Kickback aka AWOL (A Way Of Life).

Pour hurler de la sorte c'est au moins une pointe de 150 dans chaque phalange ça, et je m'y connais en charpente. Donc viens checker cette coproduction Metro Beach / PP&M / Opposite / Black Out Prod. retrouverez une ITW de Gwardeath avec Speed Jesus sur le podcast Metro Beach.

Pour les fans de galette vinylique c'est ici.

Tiens-toi près avec une palette d'efferalgan 1000mg effervescent parce que ce disque va te vriller la tête...Hou, hou !


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dimanche, décembre 16 2018

ALICE IN CHAINS - Rainier Fog


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Le concept de noyade est toujours présent en 2018 dans la musicalité d'Alice In Chains.

La saveur lacrymale, l'immersion introspective, l'asphyxie souffreteuse, et toute cette mélancolie qui en découle personnifie le monde engloutie du groupe. Cet opus est une chimère de plus, une île qui secrète une quiétude patente, loin du tourisme existentiel, on baigne dans les eaux troublées de l'intériorisation, là où le noueux attache son amarre, où les angoisses se figent. Mais le génie du groupe est de faire reposer l'oppression en poussière filandreuse, d'aller suspendre le doute en caresse, le mal-être dans un ballet sensible d'effleurement pour en amadouer le piquant.

Si la dissonance musicale est présente elle installe une atmosphère propice à la perdition marécageuse, tout en lui conférant une vision de beauté. Parce que parmi la noirceur il y a toujours une lumière et une beauté, il suffit de lui donner corps et vie, et Alice In Chains en épouse tous les contrastes. Il est redoutable dans l'exploration des cimes ténébreuses. Son paysage sonore est toujours vallonnée de dépravation sonique, de beauté crépusculaire, de perversion insalubre, d'éclaboussure charmeuse, et s'éclaire dans cette brèche ou étincelle une myriade de couleur musicale.

Ombre et lumière, flou et clarté, brouillard et lumière, ce sixième album fait valeur de constance, d’exécution romanesque, de chaleur reposante, d'impulsion de vapeur mélodique et d'ombrage fantomatique dans la discographie du groupe, tout comme on peut lui trouver une redondance, un embarras soporifique, en fait il est lié à votre état naturel mélancolique.

Recommandation : Ce disque est à écouter au repos.


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lundi, décembre 10 2018

DEE SNIDER – For The Love Of Metal


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Dee Snider c'était le chanteur de Twisted Sister, groupe culte de heavy metal, mais aussi un animateur radio et une personnalité télévisuelle des U.S.A, notamment en animant l'émission Heavy Metal Mania sur MTV. Il fut aussi historiquement porte parole à la cause Metal lors d'un procès jubilatoire en 1985 où il est auditionné par une commission du Sénat américain dans le cadre de la proposition du Parents Music Resource Center d'étiqueter avec un sticker de prévention, afin d'alerter les parents de tous les albums de musique contenant des paroles jugées offensantes pour véhiculer des idées de suicide, de masturbation, de drogue et de satanisme. Dee a assuré sa plaidoirie éloquente avec roublardise en démolissant chaque accusation avec une verve apprêtée, contrastant avec son accoutrement de rocker débraillé.

Ceci n'est guère étonnant pour ce véritable showman au redoutable charisme de métier, je confirme en connaissance de cause pour avoir assisté à plusieurs de ses shows.

En 2003 Twisted Sister se reforme et remet en scène Snider. Suite au décès du batteur A.J Perro en 2015, le groupe réalise une tournée d'adieu. Fin de l'histoire.

Je n'ai jamais été convaincu par le stéréotype musical de ses autres groupes comme Desperado, Widowmaker, pas plus que par sa carrière solo, par contre pour « For The Love Of Metal » c'est différent parce que l'angle d'attaque n'est plus le même. Dee Snider a fini avec le heavy d'antan, ainsi la granulométrie musicale adopte une approche actuelle qui met en honneur son potentiel vocal. Même si la gageure première est heavy, les différentes injonctions soniques sont incisives et télescopent une modernité d'aplomb. Il y a une vaste gamme de fluidité mélodique et un mood ricain dans cette épaisseur catchy. L'ensemble est appuyé par une variation de styles musicaux permettant la souplesse, et une polyvalence d'action percussive.

L'album respecte l'homme, la légende, lui apporte une légitimité existentielle, d'ailleurs le titre « I am ready » en atteste, tout comme la roublardise américaine joue sur l'ironie avec « Lies are a business ». C'est l'art du contre-pied et peut-être même le maître mot de cet album qui fait passer le démodé Snider vers le 2.0 Metal bad ass ! Car derrière cette conceptualisation et une production massive il y a la malice de Jamey Jasta d'Hatebreed et un featuring conséquent pour assurer les compositions, le chant, avec Mark Morton (Lamb Of God), Alissa White-Gluz (Arch Enemy), Howard Jones (ex-Killswitch Engage), Charlie Bellmore (Kingdom Of Sorrow), Joel Grind et Nick Bellmore (Toxic Holocaust).

« For The Love Of Metal » est un album réalisé par des fans de Twisted qui a le mérite de faire briller l'étoile Dee Snider dans le confis stellaire de l'ère contemporaine, tout en élargissant son aura d'une manière brillante et solennelle, parce qu'il le vaut bien.

Bonne galette !


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lundi, décembre 3 2018

BEHEMOTH – I Loved You At Your Darkest


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Je ne sais pas si il est encore pertinent à notre époque où le topaze fluo révolutionnaire a effacé en partie et pour le moment l'ordre religieux de son vecteur de soumission, de s'agenouiller face à l'orgueil du prince noir Polonais ?

Ben oui prince noir, car Behemoth a conquis par l'usage de ses armes occultes, il a absous l'obscurantisme de la bête par le mystère satanique. Ressuscité à la porte de l'antre mortuaire, Nergal et sa troupe ont obtenu récompense depuis l'album « The Satanist », jugulant une saveur policée 2.0 à sa sève accrocheuse, jusqu'à être inculpée d'être trop idéale pour du black metal même. C'est justement avec cette musique de sang-mêlé et d'une mégalomanie expiatoire suprême qui ont triomphées des masses, surtout avec la puissance d'une esthétique très calculée pour ne plus chercher à avoir mais être attentif aux signes du malin.


god = dog

Marcel Duchamp a démontré que n'importe quoi peut devenir artistique à condition que l'artiste le décide, et que le public joue le jeu de le concevoir. Behemoth prêche sur l'anéantissement la mort dans l'âme, guette la souffrance humaine, et achève les mourants par son sermon de croque-mitaine. Behemoth est un moraliste bien malin, pas plus opportuniste que n'importe lequel provocateur, il ajuste son angle de tir progressiste selon sa suprématie créatrice. Il faut bien perpétuer une nouvelle image pour éviter la stagnation, assouvir dans le temps une reconquête permanente si l'on veut exister.

« I Loved You At Your Darkest » souffre du même mal ardent que son prédécesseur, il n'en reste pas moins pour autant dans ce crépuscule naissant où converge les tourments rageurs, un nouveau virage musical, et invariablement la présence Satanique du blasphémateur qui est toujours aussi revendicative que la célébration "Les Litanies de Satan" de Charles Baudelaire.

En plus d'être un très bon showman, Behemoth est un redoutable amplificateur et un porteur de lumière pour la société du spectacle.


lux ferre

mercredi, octobre 24 2018

GHOST – Prequelle


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Il y a deux possibilités de réaction suite à cet opus dei. Soit c'est de la diarrhée épiscopale religieusement mise en boite pour un conte à dormir debout. Soit c’est un album génial tant la valeur canonique marquera l’histoire du hard rock pour au moins trois ans.

Ghost est un groupe de pop qui fait du rock FM avec un sens commercial de sa théâtralité anti-cléricale, et dont la nouveauté réside dans le fait que dans chaque album il y a un nouveau prélat. Oui, un soit disant représentant de Lucifer sur Terre dont les baptisés reçoivent les sacrements soniques. Fort d’un enthousiasme pour sa formule trippante qui connaît un succès relatif dans notre société du spectacle, le sus nommé Papa Emeritus I, II, et III (attention à celui qui dit zéro après ce 1, 2, et 3) agit comme un Borgia, c'est à dire que sa paternité spirituelle en arrive au point que son orchestre de Nameless Ghouls précédent s'est retiré en crachant dans le bénitier. Le pontife a engagé d’autres musiciens et the show must go on...Tu connais l’histoire de KISS ? C’est pareil, tu changes le gars et remet le même maquillage pour son remplaçant et le spectacle continue.

Dans notre époque de mégalomanie Ghost représente entièrement le règne contemporain. Ainsi le Cardinal Copia dicte, dirige, érige son couronnement, dans lequel Ghost devenu un groupe de music-hall, et son Prequelle en est en quelque sorte sa comédie musicale. C'est une sorte de satire de la peste noire, de plus l'album est grand public avec une relation sacramentelle, et les textes sont sains/saints. Le groupe est tellement hype que même Paris Match en a fait un article.


En guise d’introduction nous avons une comptine maléfique chantée par des enfants, rappelant celle de Freddy Krueger et autres croque-mitaines des 80's. Ce n’est pas anodin puisque ce disque peut se concevoir comme un conte horrifique. Est ce que pour autant la soupe à la grimace a rempli le bénitier de la fortune ? Non, car au risque de se réinventer tout en gardant le fer de ses origines, la formule papale ne tourne pas en rond. Autour du délire horrifique 80's le groupe étire le délire jusqu’au ‘’rien n'est plus cool que le ringard’’. Ghost utilise à bon escient plusieurs ingrédients de la pop culture et du hard rock afin de confectionner une bouillasse progressiste en une boule à facette pour Belzébuth, et pour une adoration envers la sous-culture tout à la fois. Le mélange peut paraître indigeste, tentant, sidérant, fun, opportuniste, complaisant...

Les variations paraissent pourtant infimes car super intégrées à l’ensemble de l’œuvre, que l’on peut voir comme un concept album dans la conceptualisation de tout mettre en scène. Un morceau peut très bien intégrer du hard FM des années 80 et du hard rock progressif avec de la chantilly Queenienne. Ce rock est englouti par une orchestration poussée par la pop, car le pontife de Ghost a popifié sa musique (the pope + pop = popifié), c'est Supertramp/Abba/Scorpions/ Europe tout à la fois. Pourtant on ne ressent pas d’indigestion, du moins les premiers temps, je n’ai à l’heure actuelle pas le recul nécessaire sur cet album.

Par exemple, si tu as commencé par écouter du hard rock puis que tu es passé.e par les autres styles plus violents par la suite, alors tu comprends cet album car tu as les codes adéquats, le mûrissement culturel. Tu as chéri ce style dans les années où tu passais pour un tocard, depuis tu as acquis le fait que tu es un tocard de hardos. Donc « Prequelle » est une sorte de revanche, puisque Ghost est à la mode. Apprécier cet opus, c'est admettre un aveu de faiblesse pour tout un genre ringard, que ce soit graphique, musical. C'est se soumettre à la ringardise d'un groupe, d'un Pape pour en couronner le genre. C'est se faire flageller et aimer cela.

Cet album est une peste noire, un péché véniel, et tu as le droit d'être choqué.e/outré.e par un tel disque de Shöck- Røck !


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Dans la sonorité on est dans le datée remit au goût du jour avec la palette sonore contemporaine où l'on recycle, mélange les effluves des sous-style d’un style et d’une époque en particulier. Le son digitalisé à la Daft Punk s’intègre au son de synthétiseur synthpop et dans cette épaisseur propre au groupe My Grain. Il y a du piano et même du saxophone, on a droit à tous les clichés, et ça fonctionne plein tube, d’ailleurs il en sera question de tube, c’est catchy, millimétré pour faire un carton. Le délire de Ghost a plu avec « Meliora », désormais c’est l’age d’or du groupe, le cardinal a eu la main libre créative pour confectionner un album entier d’envoûtement au lieu de fournir un à deux titres excellents et expédier le reste en remplissage. Il y a des instrumentations dignes d'une bande originale de film d'aventure. « Prequelle » a l'affront indiscutable du Blockbuster tout en puissance et d'une vieille bobine culte toute droit sortie d'un magasin de VHS des 80's. Cette caricature du spectacle est hilarante, distrayante, et à la fois si prenante que l'on prend effet et cause à cette confrérie qui remet la notion de péché au goût du jour. Le groupe a étudié le shock rock d’Alice Cooper, Death SS, Kiss et King Diamond, visionné du ciné bis d’hémoglobine et lu des vieux bouquins de ‘’Sueurs froides’’ au roman Gore. Est-ce de l'art ou du cochon ? Dans ce projet de société du spectacle, la voie satanique joue sur l’ambiguïté de prendre les codes ecclésiastiques pour les transposer avec piété aux forces du mal.

Je vous soumets une liste d'inspiration potentielle pour cet album : «The Elder » Kiss, « Bat Out of Hell » Meat Lof , « Nazareth » Nazareth, « Sheer heart attack » Queen, « Lovedrive » Scorpions, « Melissa » Mercyful Fate, « Cultösaurus Erectus » Blue Öyster Cult, « Breakfast in america » Supertramp, « Escape from New York » John Carpenter, «Actually» Pet Shop Boys (rebaptisé Pitchou Boys dans le sud), que l'on retrouve dans les bonus covers de l'album avec ‘’It's A Sin’’ qui est horrible, l’impression d’être interprété par un orchestre de bal de village (et dans un canton très reculé de la civilisation), il y a ‘’Avalanche’’ de Leonard Cohen aussi en cover.

J'ai tout le temps la sensation tenace de me faire avoir avec ce groupe, comme si chaque disque était naïf et faisait revivre l'illusion de l'enfance à écouter du hard rock.


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Ah oui il y a aussi une autre facette pour ce groupe, car il y a plusieurs sortes de croyances pour le bénéfice de Ghost. La première à Lucifer qui ouvre vers la lumière en opposition avec la défiance obscure et cynique de l’église chrétienne...!!! Ahhhhh pitin, rien que de l’écrire j’en pleure de rire, quant à toi tu peux te faire pipi dessus, si, si, je t’y autorise.

La seconde c’est de croire à l’ensemble de leur délire, qu’il soit musical, conceptuel ou théâtral.

Pour le prochain E.P de covers, je conseille à Ghost de réaliser uniquement des duos. Avec :

King Diamond pour ‘’Dear God’’ d’XTC.

Alice Cooper pour ‘’Hallelujah’’ de Leonard Cohen avec une version musicale entre Ace Of Base et Blue Oster Cult.

Batushka pour ‘‘Devil Child’’ de Judas Priest.

Stryper pour ‘’Losing My Religion’’ de R.E.M.

Lady Gaga pour ‘’Superstition’’ de Stevie Wonder dans une version entre Abba et Mercyful Fate.

Joey Tempest du groupe Europe pour ‘’Devil Inside’’ d’INXS.

Sivert Høyem (ex-Madrugada) pour ‘’Sympathy For The Devil’’ des Rolling Stone mais dans une version acoustique.

Monseigneur Barbarin pour « Prendre un enfant par la main » d'Yves Duteil.

Une partie de la vente de cet E.P irait de manière charitable vers la construction d’une église à Lucifer, hé forcément. Ainsi lors de la tournée prochaine du groupe il y aurait une date unique pour un concert caritatif, style Live Aid, etc…

Ce n’est pas con du tout ce que je raconte heil Satan ? Bon et le plus important : Ne vous fiez jamais aux apparences...


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