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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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mardi, septembre 18 2018

MØL - Jord


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Jamais molle et prononcé muhl, le quintette du Danemark rassemble tranquillement depuis 2014 une discographie magnifique et époustouflante.

Ce premier album épouse le royaume expansif et noirci du blackgaze.

Aaaaaaaaaah ! le voilà le soucis majeur.

J'entends fort souvent que le mélange de shoegaze rêveur/éthéré et de black metal intransigeant aboutit à un rock mainstream au final. Ce qui m'oblige à argumenter avec colère sur l'aspect dictatorial que courrouce les trolls du net et les intégristes du réel dans cette uniformisation de leur moralisme à la con.

Le blackgaze est très certainement la musique favorite des mélancoliques au cœur noir. La guimauve a une saveur torturée d'hémoglobine. C'est dans ce spleen que prend corps une musique forte et évasive, avec une émotion douce et puissamment chancelante tout à la fois.

Faisant suite à leur deux premiers EP, Møl et II, Jord étire la litote stratosphérique de l'obscurité avec la luminosité délicate du son en réverbération des guitares. La légèreté cotonneuse jointe à la noirceur profonde ajourent les persiennes de Ghost Bath et de So Hideous, épousant aussi bien la torpeur profonde de Slowdive que l'anxiété cathartique de Deafheaven.

Les chansons sont plus courtes et plus concises que ce que le blackgaze a de coutume de réaliser, pourtant elles ont un impact tout aussi viscéral. Le chanteur Kim Song possède ce ton d'hurlement strident en contrepoint dévastateur et approprié à l'orchestration luxuriante d'un post-rock comme Explosions In The Sky, là où pousse le sens de la désinhibition pop de Rolo Tomassi, ainsi qu'à travers les embruns de noisy lourde, et même vers ces moments d'accalmie câline, car telle est la nature organique, émotive et déchirante de MØL.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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samedi, septembre 1 2018

NEMORENSIS – The Fae Queen


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Glorifié par une puissance intérieure, cet opus de black dépressif ensorcelle de charme, de trouble et captive par sa dépravation sonique.

En cherchant sur le bandcamp de Nemorensis il y a plusieurs EP en version K7 déjà indisponibles, reste plus qu'un foutu achat digital, puis à graver sur un CDR pour les fétichistes, c’est comme cela maintenant...Pfffffff.

Faisant fi de cela, reste cette musique profane qui se décompose avec perversion, dans ce lieu si proche de l’intimide où l’on s’étourdit d’une gamme d’émotions malsaines proche de l’abîme.

Un synthétiseur pour se noyer dans des plages vaporeuses, une guitare pour napper le brouillard, une rythmique qui sert de guide dans la nuit et des cris du tréfonds pour rendre l’âme à ses démons, à ses vertiges, et puis après, le souffle court, revitalisé au gré des absorptions souffreteuses, et face à soi, le battement incessant de la vie qui souligne l’euphorie de la tristesse, la contemplation de l’instant présent et cette simple réaction qui en dépend : Je suis libre, obscur, isolé, indépendant, comme j'étais fait pour l'être, et cet album en fait frissonner les pulsations, en narre l’édifice.

C'est en cela la beauté de cet album, il pousse à un détachement qui éloigne les turpitudes assassines de l’existence, les jugements d’autrui, tout n’est qu' inclination innocente, plus aucun germe de levain de vengeance ou de haine radicale. Cette épure musicale apporte la quiétude de sa respiration profonde comme on rêvasse dans les ténèbres.

Un contemplatif à l’âme sensible se livrera aux extases qu’excite en lui cet opus. Il sait désormais, il ne voit et ne sert rien que dans le tout, jusqu'à suspendre le sentiment des peines et des anfractuosités émotionnelles, car ce disque relie à quelque chose !


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dimanche, août 5 2018

M.O.D – Busted Broke And American


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M.O.D c'est le band de Billy Milano le chanteur des cultes S.O.D made in 80’s.

Le gars avait disparu de la circulation underground pour revenir via l'émergence du thrash oldschool début 2000 pour reformer le band suite au revival. J'ai assisté à un de leur set pendant le Hellfest et cela ne cassait pas la baraque, loin de là, les gars ont le souffle court, une énergie de joueur de pétanque, après je ne crache pas dessus, c'était quand même quelque chose le style Milano à l’époque. Un tueur sonique dans l'esprit de revanche américaine de Clint Eastwood, avec cette droiture politique et ce sens des valeurs américaines, port d'armes inclus.

Ce nouvel album est plutôt réussi, il perpétue la couillardise ricaine thrashy, et si dans la discographie de M.O.D le sarcasme a toujours été bien présent, il est avec « Busted Broke And American » beaucoup plus prégnant. Billy Milano relie la oï le HxC le punk le thrash pour un crossover typé 80's, dans le mood de S.O.D, D.R.I, D.I...Ouaie uniquement des groupes à abréviations quoi ! Mais avec des convictions politiques ancrés dans le conservatisme et le patriotisme.

Et oui, de Johnny Ramones à Alice Cooper, de Dave Mustaine à Ted Nugent les réactionnaires dans le milieu musical existent bel et bien avec des convictions bien assumées. La lutte pour la liberté est prônée par les punk conservateurs comme Michale Graves ex-chanteur des Misfits pour justifier l'American Way Of Life, et le devoir de se servir d’une arme pour se protéger.


Gloups ! Mais dis moi Billy la violence ne protège pas de la violence, c’est même tout le contraire, rappelle-toi de ce que disait le Petit Prince « C'est une folie d'haïr toutes les roses parce qu'une épine vous a piqué ».

Mais le Billy sait se moquer de lui-même aussi et c'est une des attractions fun du style du gazier. Sa déconne est assez impressionnante, a 53 ans il en a encore 15 et demi dans sa tête, alors si son corps n'est plus capable de réaliser des pirouettes de mosh, dans la tête c'est une explosion de connerie, et suffisamment de bas étage pour chier dans le politiquement correct, car Billy n'a jamais été correct, non jamais, c'est un punk réac, un contestataire provocateur. Il a toujours en lui cette rage adolescente, cette dérision catatonique, cette brutalité sonique. Les exemples ne manquent pas pour cet opus comme avec les titres "Billy Be Damned qui est une bombe à fragmentation thrash, alors que "Shattered Dreams & Broken Glass est une bombe à fragmentation de oi skinhead et de HxC moderne.

Voilà il est clair qu'avec l'arme thrashcore vintage pointé vers le twist contemporain de l'ironie, du sarcasme, le politique en prend pour son grade. C'est on ne peut plus vrai car ce disque commence par un discours d’Eisenhower et se termine par un de Kennedy, pour faire un raccord avec le point de vue politique du Billy, ce qui demeure en soi ambivalent avec l’esprit du thrash et de son corollaire crossover. La liberté de parole permet cela et c'est aussi une bonne chose un autre angle de vue qui permet de réaliser son sens critique.

Mais bon, dans notre nation de coq donneur de leçon, Michel Sardou est revenu sur la légitimité de sa carrière de réac en mentionnant le fait que ses chansons n'exprimaient qu'un discours vu du point de vue d'un réac. Ben voyons…Par contre on peut se questionner sur la légitimité du positionnement de M.O.D tant le niveau de couillardise a toujours fait partie intégrante de leur environnement musical. Pour Billy est ce du lard ou du cochon au final ?

Alors choisis ton camp, ou pas... Tu peux écouter Billy discourir sur sa vision et ne pas être d'accord avec lui mais apprécier la façon dont il tourne les choses pour essayer de te convaincre, stipulant par la même occasion cette phrase célèbre « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » de  l’Anglaise Evelyn Beatrice Hall qui, dans un livre, The Friends of Voltaire, publié en 1906 sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, utilisa la célèbre formule pour résumer la pensée voltairienne.


mercredi, août 1 2018

YOB – Our Raw Heart


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Ne jamais confondre Yob avec Yop, parce que si mon second ce boit comme du petit lait, mon premier en 1996 sous l’impulsion de Mike Scheidt (Guitare / Chant) est dans l'Oregon le berceau malsain d'un Heavy / Doom squameux.

Si en 2006 le trio a jeté l'éponge pour essayer les plâtres, il est revenu des limbes en 2009 avec un cinquième album, et depuis fait croupir sa musicalité avec fougue et mysticisme ambiant  à travers le filtre d' un doom progressif hypnotique.


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Suivants la voie ombrageuse des grondements Neurosiens, Yob téléporte son doom rugueux à la lisière du prog' par un climat lourd, pesant, suffocant, et va tout crasseux à l'orée du sludge imposer son bouillon d'incantations par des atmosphères lugubres. La lumière passe difficilement dans cet enfer fangeux, il y grouille toute sorte d'étrangetés soniques oppressantes, lourdes de sens, de cris rauques, idoines de ces saveurs diluviennes où l'on ploie sous le poids du déluge marécageux.

Mis à part le très beau Soundgarden Beauty In Falling Leaves, le tout venant restant patauge dans sa fange heavy crapuleuse avec la présence charismatique du démon, et la lassitude mortifère que l'on consent quand l'ambiance est plombée par l'ennui.


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mercredi, juillet 25 2018

BLACKWATER HOLYLIGHT – Blackwater Holylight


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Un voile éthéré s’abat tout ankylosé sur des sonorités punk/garage/rock dégoulinant de heavy-fuzz.

La suavité d’un chant choral mène la torpeur lunaire vers le doom décroissant.

Sapristi ce groupe de femelle de Portland métamorphose l’ivresse du corps à corps vers celui du cœur à cœur diaphane.

Aussi épris par ce groupe que tout autant délaissé, et je ne saurais vous en soumettre l’exacte vérité... Séduit par l’atmosphère savoureuse, sucrée par une félinité engourdie transportant chaque titre dans un trip psychédélique, ce que parfois un piano vient en affirmer le délire. On pense très souvent à un mélange The Breeders & The Doors, puis The Cure sur le Pink Floyd de Syd Barrett, de Janes Addiction avec Dead Meadow, de Bardo Pond et Chelsea Wolfe. Autant vous l’affirmer, cet opus témoigne d’un venin étourdissant. Son dard mélodique s’immisce lentement, il se propage dans une tension moite de chaleur et d’humidité vénérienne. La beauté réside dans cette indolence sauvage de grunge pop doomy.

Le quatuor façonne de manière sommaire ses atmosphères, son approche leste et lente lui confère le temps de poser pierre après pierre un bruissement aqueux, de faire crépiter une étendue de procession mélodique, de léviter ses compositions avec un envoûtement vespéral, de brumasser des bouffées de chaleur sonique jusqu’à cette ivresse fuzzique. Il est impératif de sentir le souffle de ce disque et d’en ressentir toute la persévérance fantasmagorique, son calme absolue et la nécessité d’être bouleversé par son audace adoucissante, sa sensibilité, sa vulnérabilité, ses déclinaisons de chœur toujours complétées par un fuzz profond de psychédélisme lourd, et immersif, en contraste avec un sens de la structure légère.

Le groupe se libère du segmentant couplet pont refrain, fait tourbillonner son hallucinogène sens capiteux en même temps que son shoegaze délicate, son goth obsédant, son wooziness folkie, de temps en temps, ou tout en même temps. Sans être gêné de s'éloigner, ni trop stéréotypé des méandres langoureux de la new wave, le charme opère à cœur ouvert, c’est vrai.

Les contemplatifs viendront plonger dans ce bain bouillonnant, dans cette étuve amoureuse de spleen, de caresse subtile, et de douceur absolue. Mais Blackwater Holylight déleste à lui cette façon créer de grands fragments de paysages sonores mélancoliques brumeux, et d’immenses rayons ensoleillés dans cette litanie mélancolique post-rockienne, qu’on en vient parfois à délaisser, comme par paresse.


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mercredi, juillet 4 2018

TWITCHING TONGUES - Gaining Purpose Through Passionate Hatred


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Des boursouflures Meat Loftienne dépassent du tricot de peau de ce groupe de hard-ocre, les fans sont choqués, ils ne reconnaissent plus rien de Twitching Tongues.

Heyyyyyyy faut pas exagérer les jneus, cet opus possède une approche new wave que vous ne comprenez pas.

Torturé par une noirceur outrageusement enkystée, rien n’est souple ou lisse dans ce disque, il y a des angles partout et ils sont saillants. Toi jeune, tu t'accroches à chaque contraste pour ne pas sombrer dans la lassitude, et je sais bien que tu n’as pas l’habitude de ce truc si opaque. Pour solutionner ton désespoir le paradoxe c'est qu'il va falloir te taper du Siouxie & The Banshess, des trucs froids et vipérins, et pas une compil de new wave 80’s en pensant que Enola Gay est un truc cool pour danser sur les cendres atomiques du sarcasme eighties. Ça l’est certes, mais à la base, c’est ironiquement toute l’ivresse britannique qui tient à l’intérieur comme un coussin péteur Monthy Pytonesque dans ce seul titre.

Bon allez j'ai pitié de toi, je t'explique, jeune. Twitching Tongues avait métallisé son art avec son opus précédent «  Disharmony », il adjoint en sus cette tension fiévreuse, ce truc sous-jacent colérique et orgiaque, telle une bulle de fiel arctique.

Œuvrant dans ce charme antique des sentiments exacerbés, délicats et écorchés, le groupe semble s’être adouci dans une profondeur un poil pataude. Hors il n’en est rien. Les riffs sont plus lourds qu’auparavant, c’est effectif, seulement c’est le chant qui devient le chantre des vagues mélancoliques au spleen new wave, et apporte à la lourdeur musicale cette sorte de brutalité soignée, de sécheresse féconde.

Cet opus électrise des mélodies venimeuses et torturées au souffle lourd rythmique, jusqu’à pulser les riffs à la contraction qui évite au chant les écueils de l'emphase comme de la scansion artificielle.

Il est évident pour ceux qui n’ont saisi la magie corrosive de cet album, qu’entendre les choses différemment ou entendre des choses qui perturbent n’est pas la même chose. Différemment et il y a quiproquo, ce qui s’avère cocasse et litigieux selon ce que les deux parties perçoivent autrement. Qui perturbe c’est davantage dans l’idée que l’on se fait d’un Gilbert Montagné importuné lors d’une représentation pécuniaire, en entendant le vol d’un essaim de mouches à merde autour de lui. Cet aveugle donnera ainsi l’impression assez cocasse d’essayer de les gober, avec la bouche tout le temps ouverte et de les faire fuir en tapant des mains, dodelinant par un mouvement de balancier latéral lors d’un étrange ballet aliénant.

Mais ce n’est pas un souci vital si tu ne sais si cela te perturbe le tube digestif ou bien si tu n'as rien compris au point d'affirmer avec la main sur le pubis que tu n’as pas aimé ce disque. De mon côté c'est tout juste si j’arrive à concevoir dans l’absolue le fait que tu ne pourras jamais apprécier la morsure de la beauté un soir de lune claire.

Ah oui, il y a aussi dans ce disque un slow new wave que l’empire britannique avait jadis la clef mélodique pour hébéter le françaouis, avec le support d’une orchestration dithyrambique. L’ignare peut prompt à ce genre de sarabande a déjà gommé le groupe d’un next virtuel. Le sage connaît la saveur que réserve la patiente avec la musique, surtout quand elle arrive à pénétrer dans le nœud émotionnel pour y germer de charme. Twitching Tongues a conçu un disque trop pénétrant, du moins si l’on se borne à ne percevoir en lui qu’une recette efficace et passéiste de l’émocore, et non une forte plénitude dans sa noirceur.

S’il vous vient l’envie d’écouter cet album, laissez réverbérer l’obscurité en vous.


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jeudi, juin 14 2018

TRIBULATION – Down Below


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Depuis 15 ans les Suédois de Tribulation ont rongé leur os et coutumes dans de nombreux styles musicaux, du death au thrash, prog, dark, vers cette recherche du temps perdu Proustien certainement, bref…Du côté de chez Satan, ces ‘’Children Of The Night’’ sont enfin reconnues par le peuple des ténèbres.


Dès lors, les glameux du black metAl reviennent avec la même outrecuidance qu'on leur connaît. De la sorte qu'ils prédominent dans l’art de satisfaire les désirs enfouies que l’on doit au diabolique. Ce nouvel album intitulé ‘’Down Below’’ appose des compositions vermeilles coagulantes de vice, et déverse cette teneur méphistophélique que l’on entend quand le démon a pris possession de votre corps. Il est à noter à cet effet la participation diabolique de l’organiste Anna Von Hausswolf sur le titre « Purgatorio ».

Il y a beaucoup de tension dans les attraits soniques et ténébreux de cet opus, avec parfois une légère tendance de musique électronique, de torpeur heavy seventies Ghostien, et même une face obscure obligatoire avec des mélodies accrocheuses.

La nostalgie mélancolique envers cette foi méphistophélique souligne l’art du grotesque par la sublimation de ses effets passéistes, et dans cette vérité idéale pour les sentiments propres à une pensée noire. C'est perceptible dans ce liant cher au stoïcisme comme avec le titre étincelant ‘’No tears no fears’’, et l'on peut l'entendre aussi comme une vérité crue qui dévore sans flétrir à travers le titre ‘’ No rain no flowers ‘’.

Il pousse pourtant dans cette pépinière un abîme d'images défiant avec superbe cette célébration Ô consonance Black Métal, avec une pincée du death de Opeth à ses débuts. Tout comme derrière la froideur d’un death rock inaugural se découvre un mood horrifique, il est indéniable alors d’en entendre la profondeur avec des similitudes d’atmosphères à la Tim Burton.

Relier dans cet espace-temps les perspectives de la félicité seventies heavy et le nacre lugubre du métal noir, réverbère une cohérence harmonieuse à cet album et souligne enfin que Tribulation ne cherche plus, car il s’est trouvé, enfin.


Certes, il est indéniable que d’autres groupes professent un ton plus doctement ambitieux que Tribulation, mais leur musique leur est pour ainsi dire étrangère. Ils font de la musique pour pouvoir en vivre non pour se connaître, se reconnaître ou pour se rencontrer. Alors que Tribulation est étrange et secret par l’entremise sournoise qu’il dévoile sans fard là où se cachent vilement les ténèbres.

Nous entrons en lice au milieu des cris de châtiment qui hantent les déplorations des enfers, pourtant il se cache quelque chose de plus mystérieux dans l'obscurité, on le sent, on le sait, et avec la même subtilité secrète la pochette reflète des ombres féminines vivaces dans la matière peinte. Il est certain que dans sa noirceur le groupe réussit à apporter de la lumière, certainement lunaire, et donc féminine.

Ce disque aussi bestial que sensuel mérite une plus ample écoute approfondie, il se découvre un soir de pleine lune avec l’adoration vénéneuse que porte au folklore les fétichistes des disques vinyles.


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vendredi, mai 18 2018

FU MANCHU – Clone of The Universe


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Dis le toi une bonne fois pour toute petit scarabée, fondée en 1987, la maison artisanale Fu Manchu c’est trente ans de carrière sur tatamis sonique, pour douze albums studio.

Depuis cette date, le groupe a toujours sculpté dans une matière première de qualité la noblesse d’un art musical Stoner/Rock psychédélique 70’s & 90’s, avec des vapeurs bluesy remplies de fougue vibratoire groOovy et d’énergie cosmique, pour une friture magique de Fuzz et de tempos à la gracieuse lourdeur.

Diantre t'exclames-tu tout étourdi.e ! Mais attends, plus punk que Queens Of The Stone Age, davantage heavy que Kyuss, bizarrement on ne peut pas dire pour autant que le groupe ait brillé dans le peloton de tête de la vague stoner. Pourtant les Californiens possèdent cette spécificité géographique comme apport singulier à une musique ensoleillée de torpeur et d’énergie revigorante. Apparemment ce n'était pas suffisant...

Avec le recul nécessaire sur leur discographie émérite et sur l'ensemble des sorties stoner, ce disque fait du bien pour l’épaisseur de son contraste, la dynamique transitoire qu’il apporte avec style et panache. On s’éloigne ainsi de cette symptomatique fabrication de disque similaire aux riffs usités jusqu’à en vomir d’analogie. Sans non plus être transgenre, le groupe se fait entreprenant et luxuriant, alors quoi de mieux pour poursuivre l’aventure stonique hein ? C'est vrai quoi, comme dit Baloo Il en faut peu pour être heureux. Parce que « Clone of The Universe » fait acte de mutation avec sept morceaux scindés en deux parties entre claque et caresse. Mmmmmmhhhh dude !!

Le quatuor toujours aussi marabouté de rythmique catchy utilise sa forte coloration heAvy-pünk en intensité active tout d’abord, afin de perpétuer par la suite son sens du groove rossant sans atour des solos wah-wahesque, et tout en développant des textures fuzziques à souhait. Puis les Californiens se font plus disparates et bilieux dans la seconde partie, en ralentissant le tempo de prime abord, posant la lourdeur de la basse, pour faire venir le morceau dans un bain de flanger tourmenté.

Un final de 18 minutes pour le gargantuesque instrumental « Il Mostro Atomico » avec la participation d’Alex Lifeson du groupe Rush, exonère de tout propos quant à la qualité hautement diluvienne et sonique du culte stonien que l’on voue à Fu Manchu, et qui n'a rien à voir avec la présence d'un membre de Rush, il était important de le préciser.


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jeudi, mai 10 2018

DEATHCULT – Cult Ot The Goat


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Une fratrie de Norvège est revenue des limbes depuis son unique opus dégrossi sous la ceinture à balle avec Cult of the Dragon en 2007, et une démo auto-produite Cruel Rehearsals en 2006. Pour rappel, Deathcult est un projet initié en 2006 par Thurzur et Skagg de Gaahlskag mais également par le tristement célèbre Hoest, membre fondateur de la formation norvégienne culte Taake.

Baptisé par maître cornu himself, ce "Cult of the Goat" a été enregistré au Grieghallen Studios par le légendaire Eirik “Pytten” Hundvin, il est sorti via Soulseller Records. Outre le groupe, en guest il y a Attila Csihar de Mayhem prêtant sa voix d’outre-tombe, Gjermund Fredheim, guitariste d’Orkan qui s’est afféré à la guitare/sitar/guitare baroque, Dirge Rep (ex-Gehenna, Nordjevel, Aura Noir) pour les paroles, ainsi que Carmen Boveda et Gøril Skeie Sunde pour le violoncelle.

Quarante minutes de black metäl en adoration à Satan à la manière démodée avec haine et blasphème, forcément il y a du Mercyful Fate et du Darkthrone dans ces cris stridents poussant à l'agonie. L'opus est bien charpentée dans sa robustesse, structurée dans sa puissance, cette musicalité brute pour la pureté de sa crudité rétro offre aux auditeurs modernes du metal un album varié, surprenant, sans vraiment l’être fondamentalement.

Les orchestrations apportent une réelle dimension outrecuidante à cet album, puisque la variété instrumentale déjoue la monotonie, amplifie l’approche moderne sans se départir de son côté vintage. Les atmosphères de métal noir mélodique propulsent la cadence martiale où se forment les paysages sonores des immolations soniques. On y entend la froideur gothique tout autant que la chaude bestialité du black des 90’s, le post-metAl 2.0, le psychédélisme raffinée du Hard-rock à Led Zep.

Dans cette fable sonique de la chèvre et du bouc émissaire, les cornes font feu de tout bois pour ce culte mortuaire, surtout que Deathcult est une vieille brebis galeuse qui suit avec ostentation le dicton Belge " Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne."


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lundi, avril 30 2018

IMPUREZA – La Caida De Tonatiuh


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Les gypsies Kings du Death metOl reviennent hanter les précipices deathaliques avec un album somptueux.

Formé en 2004 par Lionel Cano Muñoz (Lionelito) et après la révélation d’un premier, « La Iglesia del odio », ce second opus respecte les racines du groupe, pionner d'un genre novateur technico brutal flamencö Death.

Impureza banderille avec incantation des interludes hispanisants avec des guitares acoustiques pour contraster avec une musique autant grandiose que brutale. Côté technique froide et épique c'est Nile avec un univers grandiloquent, lourd, et foncièrement brutal. Pour le death c’est Suffocation spirit.

Le groupe a poussé sa musicalité ibérique dans la veine historique pour cet opus et l’on écoute religieusement cette narration teintée d’hémoglobine sud-américaine. On peut le mettre en liaison avec le film « Apocalypto » de Mel Gibson, tant la barbarie, la liberté primitive trouvent ici un contrepoint élégiaque à cette œuvre.

C’est très copieux, cela n’empêche nullement d’être possédé d’une fluidité extraordinaire pour y serpenter dedans, et à un transgenre sonique d’advenir en épiphénomène.

Cet album possède quelque chose d’étrange, dans le sens où il a une singularité hors norme par rapport au style musical initial et de sa référence nord-américaine, et à la fois la liberté d’exprimer un côté très hispanique qui ressort comme une nouveauté. Et c’est bien avec ce vent de fraîcheur que l’on se sait contaminé et bouleversé. Par contre musicalement on n’est pas du tout dans le crossover Brésilien de Cavalera Conspiracy. De ce point de vue-là, on est plus du côté Argentin/espagnol avec l’allégresse hispanique et son effroyable nécessité sanguinaire, et de la partie andine versus inca.

L'album a été produit et enregistré par Sylvain Biguet (Klone, Trepalium) et mastérisé par le vainqueur de trois Grammy Awards, Bob Katz qui réussit à mixer les sonorités agressives du brutal death à la beauté du flamenco traditionnel. De plus les parties growlées sont en espagnol et le soliste tel un matador exécute une maestria de solos avec une grâce absolue.


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samedi, avril 28 2018

GURA – Caligura


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Les fils prodigues des Stooges rentrent tout juste de Mercure pour vous faire rôtir les cages à miel dans l’avènement gluant de ce « Caligura » fort jouissif.

Si vous avez la préciosité mélomane de récurer au quotidien votre encéphale avec un papier de verre de qualité noisy et sludge, il ne vous saura pas anodin de vous munir d'un tulle gras de circonstance pour essuyer le salpêtre explosif de cet alboOoüm tonitruant.

Depuis 2004 à Gand,  ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l'Escaut de Frida la blonde...Gura manifeste une envie indécrottable de jouer avec la boue et la suie. Le groupe a sculpté des formes neurasthéniques de combustions dont la mue depuis 2015 avec l'arrivée d'un saxophoniste, vient à point nommer un style d'expérimentation sonique assez torride pour vous en jaser la libation.

Dès la première effraction de mesure on déboutonne son froc et laisse aérer la toison pubienne car on sait intuitivement que cette indolente errance de free-sludge accole une descente des profondeurs de doom cosmique. Diantre nous y sommes, ben oauie à la convergence de notre voie lactée, à ce point de rendez-vous de tous les fêlés de la planète qui ont cette sublimation existentialiste de vénérer l’outrage et la désinvolture, avec une violence de l'acte et la beauté du geste fou.

Tu ne vois toujours pas de quoi je parle et où je veux que tu ailles hein ? Dis toi que l'absurdité des contrastes adhère à l'hystérie collective dans ce disque. Donc forcement que ce groupe a pioché sans vergogne dans la discothèque de leur parenté ces disques dégoulinants de stupre sonique que les sixties/seventies en avaient régurgité la convection libertaire en mélangeant autant de drogue qu'il existait à cette époque précise. Ainsi la basse tombe le masque de plomb dans la lave volcanique d'un surréalisme du trouble, le saxophone dégueule des morceaux entiers de stridences saxo-cacophoniques, oui bon et ben allez Zu quoi....La batterie poignarde une marée de toms et de cymbales dadaïstes, le hurleur vomit du sang vocal dans le mélange d'une poésie de beatnik au point que l'on en perd son Fluxus !

Il est vrai que cette façon d'empiler des strates musicales en cube du vorticisme est habituelle pour le fan de Stromae !?! Mais selon la défiance universelle étrangère à sa zone de confort, je ne saurais que trop vous conseiller de suspendre vos doutes et mépris au croc de boucher de Leatheface et d'aller vagabonder dans le nectar outrecuidant de cet opus. Tant la pesanteur d'un Down sous acide y cloque d'indépendance, que les extravagances d'un Primus au haschich acétifie les thèmes progressifs, que le rock à moustache de Franck Zappa se bourre d'une toison de souffre sonique visqueuse, pour que l'acid rock frappadingue d'Amon Düül II en intensifie l'effervescence attraction.

Dans la passion fulgurante que la vie apporte à chaque écoute d'un Gråäl audacieux et jubilatoire il y a des instants de doute et de folie que l’usage de la musique réussit à adoucir quand la tempête s’immole dans la pureté d’une eau qui en éteint l’incendiaire. C’est avec ces moments de soulagement que la vie d’un mélomane se trouble à l’ordre divin de l’existence musicale, juste avant d’être à nouveau terrassé sur place par la puissance de feu d’une autre musique aussi sauvage que le plus terrifiant des orages d’été. Cet album possède la foudre bestiale d’une sauvagerie orageuse dont le rock en est le plus primitif émissaire.

Veuillez à cet effet édifier rite, statue et plus si affinité, parce que cet album foudroie avec l'impétuosité menaçante de déraciner vos idoles. Ceci fait acte de fulgurance, mais ne vous y trompez pas dans quelques temps, la coutume de son écoute altérera une routine qui en étouffera le brasier, et alors ainsi ce totem s’oubliera, comme tant d’autres. Pourtant après bien des années de silence il ressortira fétiche, s’entichant d’une aura que les nouvelles générations consentiront pour s’agenouiller à son illumination. C’est à partir de cela que cet opus peut prétendre à sa prestance avant-gardiste et rejoindre le panthéon des œuvres de méditation lumineuse, car « Caligura » est un opus comme « Metal Machine Music » et le « Fun House » traversés de fulgurance de gravitation noire schizophrénique.


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jeudi, avril 12 2018

Une Nuit En Enfer XIII


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Une Nuit En Enfer c'est le 21 Avril à St Sulpice dans le Tarn (20mn de Toulouse), salle Renée Cassin avec :

Les monstrueux MERCYLESS

Les gargantuesques RITUALIZATION

Les fantasques FALL OF SERAPHS

Les indestructibles IRON FLESH


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Catacombe sonique, putréfaction musicale, explosion de décibel, violence graphique, growl et growl et ratatam, il s'ensuivra un super moment Deathalique avec lequel par ailleurs...




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mardi, avril 10 2018

ENJOY THE VIOLENCE


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En 1990 Depeche Mode new-wavemisait l'atmosphère avec son Enjoy The Silence, un an plus tard le groupe Massacra vociférait son Enjoy The Violence, Depuis ? Un livre qui fait référence à un passé dissolue mais inoubliable à jamais...

Ah?! Hééééééé ouaie mais Depeche Mode dans tout çà ?!? Chuuuuut, Le temps mûrit toute chose ; par le temps, toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité. François Rabelais


Le livre Enjoy The Violence est une Histoire Orale des Origines de la Scène Thrash/Death en France”, écrit par Sam Guillerand (alias Nasty Samy membre de BZP, Demon vendetta, du zine EveryDay Is Like Sunday, etc...) et Jérémie Grima (Metal Bunker, Zone 52 fanzine,The Black Noodle Project) sorti chez Zone 52 Editions, avec la participation en co-édition de Metro Beach Books (Guillaume Gwardeath).

Le livre revient en détail sur un ensemble d'activistes, de groupes, et acteurs de l’époque ayant participé au microcosme thrash/death hexagonal dans la période mi 1980-mi 90. Narré sur le mode de « l’histoire orale » à travers des interviews-fleuves et inédites, l'ouvrage recueille l'originalité de ces années formatrices, sert de guide dans la profusion émancipatrice de cette perturbation sonique.

Pour en parler il faut remettre dans le contexte de l'époque, la page alors était blanche, et toutes ces personnes ont griffonné, raturé, écrit, défriché l'émergence de ce style et sous-style musical avec une franchise sans pareille, et seul contre tout/tous. Quoiqu'il en soit l'édifice est solide, la preuve on en parle encore...Ils reviennent ainsi libeller avec la même authenticité que jadis cette empreinte indélébile. Les auteurs ont laissé le soin à la liberté de parole de s'exprimer, le livre n'est donc pas une thèse, ni un matériau nostalgique que l'on brosse dans le sens du poil.

Unique livre pointu (vraiment saillant) qui traite de ce sujet précis au sein de l'hexagone, le travail est monumental, tant pour le foisonnement de parole qui s'y regroupe, pour l'archivage, le redécoupage des informations, le glanage, l'illustration de Christophe Moyen, et cet intérêt de stakhanoviste.

Faire vivre ces heures nébuleuses c'est permettre la filiation orale tel que les griots narrent à travers les ages, c'est remettre les pendules à l'heure du death/thrash oldschool aussi. Ce n'est pas figé une époque, mais lui rendre vie et corps. L'unique reproche c'est 450 pages format A4 et non 666, l'erreur de débutant c'est ballot ; )

Vous trouverez de plus amples informations si cela vous intéresse via une ITW des 2 co-auteurs sur le podcast Now It's Dark N° 67 ou Zone 52 spécial ''enjoy the violence''.


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Ainsi qu'à travers les magazines New Noise N°43, Metallian N°106, et une Itw de Jérémie Grima dans l'émission Killer On The Loose, ainsi que dans Metalnews.fr.


Un livre passionnant, fait par des passionnés pour des passionnés, et pas que...




mercredi, avril 4 2018

ECLOSS- Diluvienne


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En seulement trois titres, la lame a dégorgé une sanguinolente dépression de beauté sonique.

C'est un fait troublant mais on ne peut retenir les rênes de ce tourmenteur musical quant il terrasse la beauté du clair obscur, épouse une lente procession sonique à coup de rythmique cristalline, d'atmosphères étouffantes, de perturbations climatiques intenses, d'hurlements de peine déchirant la violence comme du papier glacé, surtout avec un sens du riffing cosmique parfait pour une texture sonore ondulante d'épique envoûtement.

Pour son premier opus le Parisien Ecloss donne vie à une vision céleste de l'obscurité.

Il se fraye un passage cafardeux et vénérien dans le corridor où l'amour et la mort échangent un baiser sulfureux sous un déluge mélancolique. Dans tous les contrastes il y a la noirceur crépusculaire en train de grouiller un expressionnisme lunaire, et une cold-ambiant aussi froide qu'un macchabée venant éclore sous la chaleur bestiale du sabbat noir.

Ce one-man band de blackgaze atmosphérique appose des climats lourds et sépulcral à sa douleur dionysiaque de confesseur misanthrope sous prozac.

C'est bercé dans l'effluve palliative des ténèbres que le nihilisme poétique de Thomas B transcende avec sa générosité pluridisciplinaire (chant, guitare, basse, orgue, piano, claviers) le chantre de la dualité, c'est en conférant la rudesse black et son pendant vaporeux dans un embrasement éblouissant qu'il enlace son impact sonique. Son exubérance enflammée charme autour de l'amour solitaire de la nuit, transit dans la beauté sauvage de l'introspection.

On s'enlave dans ces crescendos féeriques à faire vibrer votre élégant émoi, jusque dans le creux des vagues à l'âme pénétrantes. Rien n'est plus parfait que le lien magique qui tient le funambule au-dessus du vide existentiel, rien n'est plus mystérieux que la beauté Diluvienne de cet E.P. pour dur à cuire.


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dimanche, avril 1 2018

DAWN OF JUSTICE – Suicycle


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Fondé en 2008, DOJ pratique un metalcore progressif pour les fans de The Ghost Inside, This Or The Apocalypse, I The Breather, Heart In Hand.


Après un remaniement de line-up le groupe a cherché à préciser sa maturité musicale à partir de 2015 avec l’E.P « Adventears », puis avec l'E.P « Odyssea » il trouvera un univers apocalyptique-fantastique qui se perpétue ainsi avec ce nouvel album.

Rémy Brugère est le dernier membre originel, il a entièrement écrit ce space opera humaniste, douze titres dans lequel s’articulent les péripéties d’une épopée, où chaque morceau est intimement lié à l’autre. L’action se déroule en 2414 sur une Terre post-apocalyptique, transformée par les conflits successifs dû à l'exploitation suicidaire des hommes. L'apparition d'îles flottantes dans le ciel témoigne de l'instabilité du noyau terrestre. On suit l’odyssée d’un capitaine et de son équipage sur le vaisseau nommé Airship 415J qui vogue d’îles en îles afin de contrer un monstre qui menace la renaissance de la planète.

Musicalement des boucles rythmiques s'arc-boutent pour former la clé de voûte d'un alliage metalcore fortement nuancé. L'épaisseur sonique atteste d'une densité à mettre à porter de poutre metallique de groupe comme Architects, Northlane, Gojira. L'histoire permet l’implantation d' une multitude d’atmosphères et de contrastes riches, décomplexés, déniaisés et dynamités, inventant une grammaire aussi savante que sauvage avec un équilibre aussi physique que cérébral. Si Dawn Of Justice impose une histoire, un thème d'anticipation bien connu désormais des nouvelles générations, il donne une interprétation aussi forte musicalement avec de bouleversantes structures émotionnelles, qu'avec son interprétation futuriste emprunt de spiritualité et de barbarie.

Pas de signature avec de labels chez DOJ, tout est auto-produit et fait maison : des compositions originales jusqu’à la réalisation des clips, sans oublier le mixage et la création de leur site web.

Parce que cette année Dawn Of Justice célèbre ses 10 ans, et veut à cette occasion laisser une marque éternelle dans l’histoire du groupe, en finançant l’impression de son dernier album en version VINYLE, il lance une campagne participative. En échange de votre générosité, de nombreuses compensations exclusives et limitées vous seront offertes, comme des tee-shirts en édition limitée, une bière officielle et bien d’autres goodies...Pour faire face à l'immensité sonique de Suicycle.


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lundi, mars 12 2018

MYRKUR - Mareridt


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Si tu es blonde à belle gueule d'ange et que tu décides de jouer du black atmosphérique-Pagan new age, et bien tu vas en chier ta race.

C'est ce qui est arrivé à la Danoise Myrkur (signifiant ténèbres en V.O)  devant une communauté black metOl soudée à satisfaire son hégémonie phallique-nihiliste avec un mépris digne d'un taliban.

On ne sait pas vraiment ce qui a contrit l'animosité pourtant déjà naturelle des moralistes des cavernes vikings, si c'est le fait qu'elle soit femme, où l'aide des éminences Kristoffer Rygg de Ulver et Teloch de Mayhem en tant que guitariste studio pour son premier album « M » ? Sauf qu'elle ne s'est pas démontée et a vaillamment poursuivie sa voie. Nous lui en sommes gré.

« Mareridt » est un concept album dont chaque composition traduit une terreur nocturne. Dans cette sublimation où cauchemar, songe, illusion se joignent à l'émotion et l'intuition, se forme un conte.

Le conte est un voyage, une épopée apportant du sens à l'imaginaire, il est intemporel et universel, il traduit les questionnements par métaphore en créant morale et légende, tout en servant de base éducative. C'était peut-être la meilleure réponse pour éclairer les hommes à la musique de Myrkur, l’enchanteresse.

Le conte porte en lui une force émotionnelle, philosophique puissante. Son caractère hybride et polymorphe possède les caractéristiques que l'on retrouve dans cet opus. De la sorte que la musicalité traditionalisme scandinave et folklorique se joint à une hybridation sonore suffisamment gracieuse pour en être séduit après plusieurs écoutes. Dans les passages les plus vaporeux on pense à Chelsea Wolfe pour la torpeur dark, avec parfois même Elysian Fields pour l'indolence, ainsi qu'un soupçon de Tori Amos, Kate Bush, Cocteau Twins pour le côté vaporeux, féminin, opalin, avec cette légèreté des profondeurs et le sens profond pour dévoiler avec finesse.


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Quand la Valkyrie devient Hel ou Hela, la déesse des morts dans la mythologie nordique, c'est le black naturaliste et mystérieux de Wolves In The Throne Room sous un coulis de Darkthrone qui se narre. Ainsi s’ordonne la poésie des bois, le maléfice de la forêt, et on en suit la Sága, on suit cette déesse des contes et des légendes de la mythologie nordique 2.0 avec une forme de fascination, tant les mystères féminins nous semblent ( à nous les mâles) aussi mystérieux que profond depuis toujours.

Myrkur est donc Akka, un esprit féminin du chamanisme, et son culte se généralise sous forme d'incantations et de rituels en concert. Magie ancienne, fragilité de la beauté, force tellurique, on se sent ancré à une force primaire et à l'évanescence naturelle du temps. Ce qui demeure étrange, c'est que Myrkur exerce une attraction et un ennui à la fois, proche de cet esprit de la forêt qui hante et pour lequel on ne croit pas. La belle et la bête communiquent à l'unisson avec possessivité sur des compositions sombres, magiques pour ne pas dire féerique, là où résonne dans la nuit les énigmes intrigantes du il était une fois...dans un pays loin d'ici...

Suite à l'écoute de Mareridt j'ai rêvé à une sorte de ‘’terreur nocturne’’ pour le black metalleux qui a craché des pierres d'insultes et de mort sur cette femme libre et possédée par l'odeur envoûtante de l'indépendance créatrice, je vous en donne lecture :

« Il désirait une relation animale alors il violenta sa chatte avec mépris pour qu'elle devienne chienne. Seulement quand il crut possible de devenir assez bestial pour assurer sa domination, il se retrouva nez à nez avec une chienne de garde, qui lui sortit trois remarques assassines de but en blanc qui eurent pour effet dissuasif de le faire débander, et de clore tout espoir dans cette relation où il perdait d'avance le monopole de l'autorité et de la domination. Quand il partit désarçonné, elle souriait passive avec la délicatesse d'une lionne. »


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mardi, mars 6 2018

WHITE WARD – Futility Report


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La scène ukrainienne bénéficie de groupe reconnue comme Astrofaes, Nokturnal Mortum ou Drudhk, ainsi White Ward originaire d'Odessa en prolonge l’insolente stature. Après 5 ans de demos, splits et EP, voici le premier album 6 titres pour 40 minutes de post-black avant-gardiste, parce qu’avec la présence d’un saxophone au sein de ce sextet on a franchi un cap, que dis-je une péninsule.

Soyons clair et sans méprise, ce disque n’est pas un enfumage, il crée une perturbation dont le trouble se dissipe tout aussi rapidement qu’un orage estival.

Par conséquent ce n’est pas du free jazz black metal, pas du tout, car il n’y a pas de free jazz. Un groupe comme Shining ( From °Norway°) dispose du free-jazz avec sa fusion sonique, mais pas White Ward.

Le groupe explore en progressiste les méandres de l’intensité du black metål. Sa mélancolie ambiante vient du post-black. White Ward se charge de bouleverser le style vers une mutation déjà entreprise depuis que le public black s’est élargi vers d’autres sphères stylistiques. Ainsi il ne fait que poursuivre l’évolution de la post-génération en intégrant les diverses variations tant au niveau des instruments que des atmØsphères. Par ce fait il ne sera guère surprenant pour un mélomane d’attiser sa curiosité avec un tel disque. De faire télescoper la maturation qu’il a intégrée dans les connexions de sa culture.



Des empreintes jazzy, oui il y a. L’on peut introduire cet aspect comme le groupe Morphine dans les 90’s et la lave des Stooges dans les 80’s. Le saxophone se fond dans les flammes et devient cette volute chaude, inhérente à la singularité du groupe. C’est véritablement un plus, cela métamorphose leur atmosphère, la musicalité, l’élément est très bien intégré, il lave par incandescence de son volcan sonique l’âpreté froide du black vers une musicalité bouillante et surtout douce. C’est certainement cette douceur que l’on entend souvent avec les groupes atmosphériques qui ici fait office d’apaisement. Par contre c’est très propre, surement trop pour les amateurs de raw et là c’est même certain, et également pour tous ceux dont le black est une amertume en bouche. Cet ajout est parfois aussi une union entre la partie vocale et le saxophone, alors pour l’image cela rappelle Jimi Hendrix et sa guitare si vous vous imaginez le délire. Mais le sax n’ingère pas la totalité de sa seule présence, cela reste du post-black ténébreux, avec cette capiteuse curiosité ineffable il est vrai.

On baigne avec Futility Report dans cette perdition éthérée de ces dernières années où Ulver nage en toute aise, d’ailleurs il y a une cover des Norvégiens, et dans le bouillonnement du spleen de Deafheaven.


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