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lundi, décembre 10 2018

DEE SNIDER – For The Love Of Metal


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Dee Snider c'était le chanteur de Twisted Sister, groupe culte de heavy metal, mais aussi un animateur radio et une personnalité télévisuelle des U.S.A, notamment en animant l'émission Heavy Metal Mania sur MTV. Il fut aussi historiquement porte parole à la cause Metal lors d'un procès jubilatoire en 1985 où il est auditionné par une commission du Sénat américain dans le cadre de la proposition du Parents Music Resource Center d'étiqueter avec un sticker de prévention, afin d'alerter les parents de tous les albums de musique contenant des paroles jugées offensantes pour véhiculer des idées de suicide, de masturbation, de drogue et de satanisme. Dee a assuré sa plaidoirie éloquente avec roublardise en démolissant chaque accusation avec une verve apprêtée, contrastant avec son accoutrement de rocker débraillé.

Ceci n'est guère étonnant pour ce véritable showman au redoutable charisme de métier, je confirme en connaissance de cause pour avoir assisté à plusieurs de ses shows.

En 2003 Twisted Sister se reforme et remet en scène Snider. Suite au décès du batteur A.J Perro en 2015, le groupe réalise une tournée d'adieu. Fin de l'histoire.

Je n'ai jamais été convaincu par le stéréotype musical de ses autres groupes comme Desperado, Widowmaker, pas plus que par sa carrière solo, par contre pour « For The Love Of Metal » c'est différent parce que l'angle d'attaque n'est plus le même. Dee Snider a fini avec le heavy d'antan, ainsi la granulométrie musicale adopte une approche actuelle qui met en honneur son potentiel vocal. Même si la gageure première est heavy, les différentes injonctions soniques sont incisives et télescopent une modernité d'aplomb. Il y a une vaste gamme de fluidité mélodique et un mood ricain dans cette épaisseur catchy. L'ensemble est appuyé par une variation de styles musicaux permettant la souplesse, et une polyvalence d'action percussive.

L'album respecte l'homme, la légende, lui apporte une légitimité existentielle, d'ailleurs le titre « I am ready » en atteste, tout comme la roublardise américaine joue sur l'ironie avec « Lies are a business ». C'est l'art du contre-pied et peut-être même le maître mot de cet album qui fait passer le démodé Snider vers le 2.0 Metal bad ass ! Car derrière cette conceptualisation et une production massive il y a la malice de Jamey Jasta d'Hatebreed et un featuring conséquent pour assurer les compositions, le chant, avec Mark Morton (Lamb Of God), Alissa White-Gluz (Arch Enemy), Howard Jones (ex-Killswitch Engage), Charlie Bellmore (Kingdom Of Sorrow), Joel Grind et Nick Bellmore (Toxic Holocaust).

« For The Love Of Metal » est un album réalisé par des fans de Twisted qui a le mérite de faire briller l'étoile Dee Snider dans le confis stellaire de l'ère contemporaine, tout en élargissant son aura d'une manière brillante et solennelle, parce qu'il le vaut bien.

Bonne galette !


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lundi, décembre 3 2018

BEHEMOTH – I Loved You At Your Darkest


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Je ne sais pas si il est encore pertinent à notre époque où le topaze fluo révolutionnaire a effacé en partie et pour le moment l'ordre religieux de son vecteur de soumission, de s'agenouiller face à l'orgueil du prince noir Polonais ?

Ben oui prince noir, car Behemoth a conquis par l'usage de ses armes occultes, il a absous l'obscurantisme de la bête par le mystère satanique. Ressuscité à la porte de l'antre mortuaire, Nergal et sa troupe ont obtenu récompense depuis l'album « The Satanist », jugulant une saveur policée 2.0 à sa sève accrocheuse, jusqu'à être inculpée d'être trop idéale pour du black metal même. C'est justement avec cette musique de sang-mêlé et d'une mégalomanie expiatoire suprême qui ont triomphées des masses, surtout avec la puissance d'une esthétique très calculée pour ne plus chercher à avoir mais être attentif aux signes du malin.


god = dog

Marcel Duchamp a démontré que n'importe quoi peut devenir artistique à condition que l'artiste le décide, et que le public joue le jeu de le concevoir. Behemoth prêche sur l'anéantissement la mort dans l'âme, guette la souffrance humaine, et achève les mourants par son sermon de croque-mitaine. Behemoth est un moraliste bien malin, pas plus opportuniste que n'importe lequel provocateur, il ajuste son angle de tir progressiste selon sa suprématie créatrice. Il faut bien perpétuer une nouvelle image pour éviter la stagnation, assouvir dans le temps une reconquête permanente si l'on veut exister.

« I Loved You At Your Darkest » souffre du même mal ardent que son prédécesseur, il n'en reste pas moins pour autant dans ce crépuscule naissant où converge les tourments rageurs, un nouveau virage musical, et invariablement la présence Satanique du blasphémateur qui est toujours aussi revendicative que la célébration "Les Litanies de Satan" de Charles Baudelaire.

En plus d'être un très bon showman, Behemoth est un redoutable amplificateur et un porteur de lumière pour la société du spectacle.


lux ferre

mercredi, octobre 24 2018

GHOST – Prequelle


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Il y a deux possibilités de réaction suite à cet opus dei. Soit c'est de la diarrhée épiscopale religieusement mise en boite pour un conte à dormir debout. Soit c’est un album génial tant la valeur canonique marquera l’histoire du hard rock pour au moins trois ans.

Ghost est un groupe de pop qui fait du rock FM avec un sens commercial de sa théâtralité anti-cléricale, et dont la nouveauté réside dans le fait que dans chaque album il y a un nouveau prélat. Oui, un soit disant représentant de Lucifer sur Terre dont les baptisés reçoivent les sacrements soniques. Fort d’un enthousiasme pour sa formule trippante qui connaît un succès relatif dans notre société du spectacle, le sus nommé Papa Emeritus I, II, et III (attention à celui qui dit zéro après ce 1, 2, et 3) agit comme un Borgia, c'est à dire que sa paternité spirituelle en arrive au point que son orchestre de Nameless Ghouls précédent s'est retiré en crachant dans le bénitier. Le pontife a engagé d’autres musiciens et the show must go on...Tu connais l’histoire de KISS ? C’est pareil, tu changes le gars et remet le même maquillage pour son remplaçant et le spectacle continue.

Dans notre époque de mégalomanie Ghost représente entièrement le règne contemporain. Ainsi le Cardinal Copia dicte, dirige, érige son couronnement, dans lequel Ghost devenu un groupe de music-hall, et son Prequelle en est en quelque sorte sa comédie musicale. C'est une sorte de satire de la peste noire, de plus l'album est grand public avec une relation sacramentelle, et les textes sont sains/saints. Le groupe est tellement hype que même Paris Match en a fait un article.


En guise d’introduction nous avons une comptine maléfique chantée par des enfants, rappelant celle de Freddy Krueger et autres croque-mitaines des 80's. Ce n’est pas anodin puisque ce disque peut se concevoir comme un conte horrifique. Est ce que pour autant la soupe à la grimace a rempli le bénitier de la fortune ? Non, car au risque de se réinventer tout en gardant le fer de ses origines, la formule papale ne tourne pas en rond. Autour du délire horrifique 80's le groupe étire le délire jusqu’au ‘’rien n'est plus cool que le ringard’’. Ghost utilise à bon escient plusieurs ingrédients de la pop culture et du hard rock afin de confectionner une bouillasse progressiste en une boule à facette pour Belzébuth, et pour une adoration envers la sous-culture tout à la fois. Le mélange peut paraître indigeste, tentant, sidérant, fun, opportuniste, complaisant...

Les variations paraissent pourtant infimes car super intégrées à l’ensemble de l’œuvre, que l’on peut voir comme un concept album dans la conceptualisation de tout mettre en scène. Un morceau peut très bien intégrer du hard FM des années 80 et du hard rock progressif avec de la chantilly Queenienne. Ce rock est englouti par une orchestration poussée par la pop, car le pontife de Ghost a popifié sa musique (the pope + pop = popifié), c'est Supertramp/Abba/Scorpions/ Europe tout à la fois. Pourtant on ne ressent pas d’indigestion, du moins les premiers temps, je n’ai à l’heure actuelle pas le recul nécessaire sur cet album.

Par exemple, si tu as commencé par écouter du hard rock puis que tu es passé.e par les autres styles plus violents par la suite, alors tu comprends cet album car tu as les codes adéquats, le mûrissement culturel. Tu as chéri ce style dans les années où tu passais pour un tocard, depuis tu as acquis le fait que tu es un tocard de hardos. Donc « Prequelle » est une sorte de revanche, puisque Ghost est à la mode. Apprécier cet opus, c'est admettre un aveu de faiblesse pour tout un genre ringard, que ce soit graphique, musical. C'est se soumettre à la ringardise d'un groupe, d'un Pape pour en couronner le genre. C'est se faire flageller et aimer cela.

Cet album est une peste noire, un péché véniel, et tu as le droit d'être choqué.e/outré.e par un tel disque de Shöck- Røck !


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Dans la sonorité on est dans le datée remit au goût du jour avec la palette sonore contemporaine où l'on recycle, mélange les effluves des sous-style d’un style et d’une époque en particulier. Le son digitalisé à la Daft Punk s’intègre au son de synthétiseur synthpop et dans cette épaisseur propre au groupe My Grain. Il y a du piano et même du saxophone, on a droit à tous les clichés, et ça fonctionne plein tube, d’ailleurs il en sera question de tube, c’est catchy, millimétré pour faire un carton. Le délire de Ghost a plu avec « Meliora », désormais c’est l’age d’or du groupe, le cardinal a eu la main libre créative pour confectionner un album entier d’envoûtement au lieu de fournir un à deux titres excellents et expédier le reste en remplissage. Il y a des instrumentations dignes d'une bande originale de film d'aventure. « Prequelle » a l'affront indiscutable du Blockbuster tout en puissance et d'une vieille bobine culte toute droit sortie d'un magasin de VHS des 80's. Cette caricature du spectacle est hilarante, distrayante, et à la fois si prenante que l'on prend effet et cause à cette confrérie qui remet la notion de péché au goût du jour. Le groupe a étudié le shock rock d’Alice Cooper, Death SS, Kiss et King Diamond, visionné du ciné bis d’hémoglobine et lu des vieux bouquins de ‘’Sueurs froides’’ au roman Gore. Est-ce de l'art ou du cochon ? Dans ce projet de société du spectacle, la voie satanique joue sur l’ambiguïté de prendre les codes ecclésiastiques pour les transposer avec piété aux forces du mal.

Je vous soumets une liste d'inspiration potentielle pour cet album : «The Elder » Kiss, « Bat Out of Hell » Meat Lof , « Nazareth » Nazareth, « Sheer heart attack » Queen, « Lovedrive » Scorpions, « Melissa » Mercyful Fate, « Cultösaurus Erectus » Blue Öyster Cult, « Breakfast in america » Supertramp, « Escape from New York » John Carpenter, «Actually» Pet Shop Boys (rebaptisé Pitchou Boys dans le sud), que l'on retrouve dans les bonus covers de l'album avec ‘’It's A Sin’’ qui est horrible, l’impression d’être interprété par un orchestre de bal de village (et dans un canton très reculé de la civilisation), il y a ‘’Avalanche’’ de Leonard Cohen aussi en cover.

J'ai tout le temps la sensation tenace de me faire avoir avec ce groupe, comme si chaque disque était naïf et faisait revivre l'illusion de l'enfance à écouter du hard rock.


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Ah oui il y a aussi une autre facette pour ce groupe, car il y a plusieurs sortes de croyances pour le bénéfice de Ghost. La première à Lucifer qui ouvre vers la lumière en opposition avec la défiance obscure et cynique de l’église chrétienne...!!! Ahhhhh pitin, rien que de l’écrire j’en pleure de rire, quant à toi tu peux te faire pipi dessus, si, si, je t’y autorise.

La seconde c’est de croire à l’ensemble de leur délire, qu’il soit musical, conceptuel ou théâtral.

Pour le prochain E.P de covers, je conseille à Ghost de réaliser uniquement des duos. Avec :

King Diamond pour ‘’Dear God’’ d’XTC.

Alice Cooper pour ‘’Hallelujah’’ de Leonard Cohen avec une version musicale entre Ace Of Base et Blue Oster Cult.

Batushka pour ‘‘Devil Child’’ de Judas Priest.

Stryper pour ‘’Losing My Religion’’ de R.E.M.

Lady Gaga pour ‘’Superstition’’ de Stevie Wonder dans une version entre Abba et Mercyful Fate.

Joey Tempest du groupe Europe pour ‘’Devil Inside’’ d’INXS.

Sivert Høyem (ex-Madrugada) pour ‘’Sympathy For The Devil’’ des Rolling Stone mais dans une version acoustique.

Monseigneur Barbarin pour « Prendre un enfant par la main » d'Yves Duteil.

Une partie de la vente de cet E.P irait de manière charitable vers la construction d’une église à Lucifer, hé forcément. Ainsi lors de la tournée prochaine du groupe il y aurait une date unique pour un concert caritatif, style Live Aid, etc…

Ce n’est pas con du tout ce que je raconte heil Satan ? Bon et le plus important : Ne vous fiez jamais aux apparences...


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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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mardi, septembre 18 2018

MØL - Jord


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Jamais molle et prononcé muhl, le quintette du Danemark rassemble tranquillement depuis 2014 une discographie magnifique et époustouflante.

Ce premier album épouse le royaume expansif et noirci du blackgaze.

Aaaaaaaaaah ! le voilà le soucis majeur.

J'entends fort souvent que le mélange de shoegaze rêveur/éthéré et de black metal intransigeant aboutit à un rock mainstream au final. Ce qui m'oblige à argumenter avec colère sur l'aspect dictatorial que courrouce les trolls du net et les intégristes du réel dans cette uniformisation de leur moralisme à la con.

Le blackgaze est très certainement la musique favorite des mélancoliques au cœur noir. La guimauve a une saveur torturée d'hémoglobine. C'est dans ce spleen que prend corps une musique forte et évasive, avec une émotion douce et puissamment chancelante tout à la fois.

Faisant suite à leur deux premiers EP, Møl et II, Jord étire la litote stratosphérique de l'obscurité avec la luminosité délicate du son en réverbération des guitares. La légèreté cotonneuse jointe à la noirceur profonde ajourent les persiennes de Ghost Bath et de So Hideous, épousant aussi bien la torpeur profonde de Slowdive que l'anxiété cathartique de Deafheaven.

Les chansons sont plus courtes et plus concises que ce que le blackgaze a de coutume de réaliser, pourtant elles ont un impact tout aussi viscéral. Le chanteur Kim Song possède ce ton d'hurlement strident en contrepoint dévastateur et approprié à l'orchestration luxuriante d'un post-rock comme Explosions In The Sky, là où pousse le sens de la désinhibition pop de Rolo Tomassi, ainsi qu'à travers les embruns de noisy lourde, et même vers ces moments d'accalmie câline, car telle est la nature organique, émotive et déchirante de MØL.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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samedi, septembre 1 2018

NEMORENSIS – The Fae Queen


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Glorifié par une puissance intérieure, cet opus de black dépressif ensorcelle de charme, de trouble et captive par sa dépravation sonique.

En cherchant sur le bandcamp de Nemorensis il y a plusieurs EP en version K7 déjà indisponibles, reste plus qu'un foutu achat digital, puis à graver sur un CDR pour les fétichistes, c’est comme cela maintenant...Pfffffff.

Faisant fi de cela, reste cette musique profane qui se décompose avec perversion, dans ce lieu si proche de l’intimide où l’on s’étourdit d’une gamme d’émotions malsaines proche de l’abîme.

Un synthétiseur pour se noyer dans des plages vaporeuses, une guitare pour napper le brouillard, une rythmique qui sert de guide dans la nuit et des cris du tréfonds pour rendre l’âme à ses démons, à ses vertiges, et puis après, le souffle court, revitalisé au gré des absorptions souffreteuses, et face à soi, le battement incessant de la vie qui souligne l’euphorie de la tristesse, la contemplation de l’instant présent et cette simple réaction qui en dépend : Je suis libre, obscur, isolé, indépendant, comme j'étais fait pour l'être, et cet album en fait frissonner les pulsations, en narre l’édifice.

C'est en cela la beauté de cet album, il pousse à un détachement qui éloigne les turpitudes assassines de l’existence, les jugements d’autrui, tout n’est qu' inclination innocente, plus aucun germe de levain de vengeance ou de haine radicale. Cette épure musicale apporte la quiétude de sa respiration profonde comme on rêvasse dans les ténèbres.

Un contemplatif à l’âme sensible se livrera aux extases qu’excite en lui cet opus. Il sait désormais, il ne voit et ne sert rien que dans le tout, jusqu'à suspendre le sentiment des peines et des anfractuosités émotionnelles, car ce disque relie à quelque chose !


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dimanche, août 5 2018

M.O.D – Busted Broke And American


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M.O.D c'est le band de Billy Milano le chanteur des cultes S.O.D made in 80’s.

Le gars avait disparu de la circulation underground pour revenir via l'émergence du thrash oldschool début 2000 pour reformer le band suite au revival. J'ai assisté à un de leur set pendant le Hellfest et cela ne cassait pas la baraque, loin de là, les gars ont le souffle court, une énergie de joueur de pétanque, après je ne crache pas dessus, c'était quand même quelque chose le style Milano à l’époque. Un tueur sonique dans l'esprit de revanche américaine de Clint Eastwood, avec cette droiture politique et ce sens des valeurs américaines, port d'armes inclus.

Ce nouvel album est plutôt réussi, il perpétue la couillardise ricaine thrashy, et si dans la discographie de M.O.D le sarcasme a toujours été bien présent, il est avec « Busted Broke And American » beaucoup plus prégnant. Billy Milano relie la oï le HxC le punk le thrash pour un crossover typé 80's, dans le mood de S.O.D, D.R.I, D.I...Ouaie uniquement des groupes à abréviations quoi ! Mais avec des convictions politiques ancrés dans le conservatisme et le patriotisme.

Et oui, de Johnny Ramones à Alice Cooper, de Dave Mustaine à Ted Nugent les réactionnaires dans le milieu musical existent bel et bien avec des convictions bien assumées. La lutte pour la liberté est prônée par les punk conservateurs comme Michale Graves ex-chanteur des Misfits pour justifier l'American Way Of Life, et le devoir de se servir d’une arme pour se protéger.


Gloups ! Mais dis moi Billy la violence ne protège pas de la violence, c’est même tout le contraire, rappelle-toi de ce que disait le Petit Prince « C'est une folie d'haïr toutes les roses parce qu'une épine vous a piqué ».

Mais le Billy sait se moquer de lui-même aussi et c'est une des attractions fun du style du gazier. Sa déconne est assez impressionnante, a 53 ans il en a encore 15 et demi dans sa tête, alors si son corps n'est plus capable de réaliser des pirouettes de mosh, dans la tête c'est une explosion de connerie, et suffisamment de bas étage pour chier dans le politiquement correct, car Billy n'a jamais été correct, non jamais, c'est un punk réac, un contestataire provocateur. Il a toujours en lui cette rage adolescente, cette dérision catatonique, cette brutalité sonique. Les exemples ne manquent pas pour cet opus comme avec les titres "Billy Be Damned qui est une bombe à fragmentation thrash, alors que "Shattered Dreams & Broken Glass est une bombe à fragmentation de oi skinhead et de HxC moderne.

Voilà il est clair qu'avec l'arme thrashcore vintage pointé vers le twist contemporain de l'ironie, du sarcasme, le politique en prend pour son grade. C'est on ne peut plus vrai car ce disque commence par un discours d’Eisenhower et se termine par un de Kennedy, pour faire un raccord avec le point de vue politique du Billy, ce qui demeure en soi ambivalent avec l’esprit du thrash et de son corollaire crossover. La liberté de parole permet cela et c'est aussi une bonne chose un autre angle de vue qui permet de réaliser son sens critique.

Mais bon, dans notre nation de coq donneur de leçon, Michel Sardou est revenu sur la légitimité de sa carrière de réac en mentionnant le fait que ses chansons n'exprimaient qu'un discours vu du point de vue d'un réac. Ben voyons…Par contre on peut se questionner sur la légitimité du positionnement de M.O.D tant le niveau de couillardise a toujours fait partie intégrante de leur environnement musical. Pour Billy est ce du lard ou du cochon au final ?

Alors choisis ton camp, ou pas... Tu peux écouter Billy discourir sur sa vision et ne pas être d'accord avec lui mais apprécier la façon dont il tourne les choses pour essayer de te convaincre, stipulant par la même occasion cette phrase célèbre « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » de  l’Anglaise Evelyn Beatrice Hall qui, dans un livre, The Friends of Voltaire, publié en 1906 sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, utilisa la célèbre formule pour résumer la pensée voltairienne.


mercredi, août 1 2018

YOB – Our Raw Heart


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Ne jamais confondre Yob avec Yop, parce que si mon second ce boit comme du petit lait, mon premier en 1996 sous l’impulsion de Mike Scheidt (Guitare / Chant) est dans l'Oregon le berceau malsain d'un Heavy / Doom squameux.

Si en 2006 le trio a jeté l'éponge pour essayer les plâtres, il est revenu des limbes en 2009 avec un cinquième album, et depuis fait croupir sa musicalité avec fougue et mysticisme ambiant  à travers le filtre d' un doom progressif hypnotique.


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Suivants la voie ombrageuse des grondements Neurosiens, Yob téléporte son doom rugueux à la lisière du prog' par un climat lourd, pesant, suffocant, et va tout crasseux à l'orée du sludge imposer son bouillon d'incantations par des atmosphères lugubres. La lumière passe difficilement dans cet enfer fangeux, il y grouille toute sorte d'étrangetés soniques oppressantes, lourdes de sens, de cris rauques, idoines de ces saveurs diluviennes où l'on ploie sous le poids du déluge marécageux.

Mis à part le très beau Soundgarden Beauty In Falling Leaves, le tout venant restant patauge dans sa fange heavy crapuleuse avec la présence charismatique du démon, et la lassitude mortifère que l'on consent quand l'ambiance est plombée par l'ennui.


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