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mercredi, juin 12 2019

DEFEATER – Defeater


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Album éponyme pour un groupe en abyme.

Defeater est un groupe de post-hardcore mélodique qui tourne sa discographie autour d'album conceptuel concernant l'histoire fictive d'une famille américaine contusionnée, de l'après deuxième guerre mondiale avec l'angle de vue à chaque album d'un protagoniste.

Ce cinquième opus est un poison bestial qui remue le couteau dans la plaie béante d'une histoire que certain.nes trouvent déjà trop longue. Pourquoi alors tourner autour de la même histoire sans cesse ? Si ce n'est pour dénouer les fils tendus, inexpugnables des maux irréversibles et évoquer l’empreinte indélébile.



On en ressent l'effet cathartique à travers les errances oppressantes que la tourmente impose. Le chant est taillé dans les barbelés, la plainte est déchirante, les râles impétueux. Les riffs à la densité assassine allongent les soubresauts de cet hardcore mélodique avec la fluidité de la complexité musicale, en lien avec la teneur émotive de l'histoire.

Une énergie cinétique se propage dans ce disque à hauteur d'homme, et agit comme un catalyseur dans les remous insatiables du post-hardcore, ce qui vous fera dépasser la douleur de ne voir et espérer en ce groupe qu'un synonyme entre Unsane, Touché Amoré et Converge.


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jeudi, juin 6 2019

JESUS PIECE – Only Self


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Un monticule de boue possédé par la force d'un glissement de terrain herculéen, c'est la première image qui vient pendant l'écoute de cet opus de Jesus Piece.


Signé chez Southern Lord Records, les Philandelphiens écrasent tout avec une violence bravache et exténuante, voire même asphyxiante. Quel intérêt ? Se faire écraser la gueulle, pas plus, ni moins.

Masochisme ? On peut l'entendre de cette façon, pour la façon dont ce groupe démontre des qualités d'aplatir le cerveau de la dimension 3D vers la 1D, c'est à dire à plat, comme une claque dans la tronche.

École voisine de celle d'Harms Way, le groupe ne manque pas de pilonner son marteau pilon avec une lourdeur d'enc#lé de première bourre.

Vous l'avez compris, c'est un hardcore couillu, ambiance 90's, bien métallique, un poil indus, ça te fout le mental en mode mâchoire serrée fait pas chier connard.

On sent que l'assise est stable et que la hargne gagne une à une chaque cellule du corps musical.

Le fracassage est en règle et file le tournis, c'est parfait pour une séance dans une salle de sport.

Prends ta mandale pleine face jneus !


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jeudi, avril 4 2019

HUATA –  Lux Initiatrix Terrae


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Huata n'a jamais conçu le même disque.

C'est quand même assez balèze dans le doom.

Fondé dans les bas-fonds sépulcraux du post-Electric Wizard, le groupe a depuis foncièrement rebouté l'ensemble de ses disposions musicales.

Ce nouvel opus "Lux Initiatrix Terrae" possède à la fois la verticalité d'une cathédrale, l'apesanteur sonique d'une cérémonie de ventre-bleu protestante Pink Flyodienne, l’onctuosité planante de Mars Red Sky, d'une nimbée spectrale de caresse post-rock islandaise...Et même de cette douceur des profondeurs de descendre dans les profondeurs éthérées de l'obscurité de Year of No Light.

Ceux.lles qui ont cru voir le groupe comme une bande de moines bénédictins à la solde de Belzébuth ne verront dans cet album qu'un bain de clocher doOom pieusement rectiligne dans son cheminement musical, avançant pas à pas feutrés dans les délices d'une ornementation gigantesque. Mais comment ne pas voir les oripeaux fantomatiques de l'orgue et ces longues colonnes baroques, cette résurgence divine de cantiques maléfiques, jouxtant dans chaque titre le murmure du diable et de son précipice ?

Le disque grandit en vous avec cette luminosité teintée de vestige, de vertige. C'est une histoire de S-F, de conte horrifique tout à la fois...Peut-être de funéraille mélodramatique offerte comme le ravissement que les gothiques éprouvent devant un linceul capiteux.


C'est un grand disque Belzébuthien, oniriquement subliminal, cérémonieusement languide, lumineusement spectral.


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jeudi, mars 28 2019

BELZEBONG – Light The Dankness


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Dans l'arboriculture spécialisée pour plante hallucinogène et la musique psychotrope, Belzebong tient son champ de culture avec un souci démoniaque.

Fort d'une charpente rythmique à taper du sabot avec une bestialité cosmique, d'une assise doomesque à caresser les bijoux de familles de Belzébuth, le quatuor appose à sa fumigation l'indolence du trip opiacé, les ecchymoses subliminales du tellurisme doOom, la prépondérante virilité de sa puissance sonore. En 4 titres l'amplitude du vol-planer fait des trous dans la moquette, rend nigaud, donne faim, bref tous les symptômes triviaux d'un disque de Belzébong.

Il est avéré qu'avec une telle fumée heavy la luminosité des ténèbres soit réduite à une sensation aveuglante, avec laquelle on se sent ankylosé par le poids-mort du volume sonique, et la profondeur factuelle que ce sable-mouvant entraînant dirige vers les ténèbres. Le calumet de Belzebong n'est qu'un leurre, son désir de faire vivre sa flamme heavy/doom entre vision et hallucination prolonge une quête de fougue passionnelle et d'obsession. Si vous trouvez cela redondant, il vous faut cramer davantage de sauge sauvage lors de votre rituel d'écoute, c’est mon conseil.

Ces Polonais déniaisent la probité religieuse que l'on se fait de leur pays avec les effluves psychotropes d'un doom graminacée, et d'une dévotion à la musique de maître cornu, et ceci, en toute humilité. Sinon et sans fourvoyer, cela reste un disque de drogué !


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lundi, février 25 2019

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN – The Light Of September


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Shoegaze + black metal = blackgaze : musique à la bestialité lunaire et à la mélancolie sauvage.


Ce groupe allemand fructifie avec une aisance redoutable des qualités folles pour interpréter à son audace musicale une énergie vitale, sorte de feu sacré et divin, mariant dans ses abysses mélancoliques la torpeur et le souffle/souffre que l'on retrouve dans le milieu de la nuit, dans le creux des blessures et d'un feu de joie intense et sensitif.

Les violences émotionnelles que causent ce feu sonique reflètent à notre chaos intérieur une ouverture sensitive pleine de sagesse ancienne et d'éclat d'obus, on s'ouvre avec comme une fleur au printemps.

J'ai toujours aimé ce groupe pour la surface des choses qu'il émet et la sensation de pénétration sulfureuse qu'il soulève. Les contemplatifs me comprendront, ils connaissent la beauté du clair obscur, la sagesse de la fleur fanée, la perversion érotique de caresser une cicatrice, et le réconfort de trouver un écho à leur vibration intime.

« The Light Of September » est une lumière de transition éphémère, entre l'engourdissement estival et la décadence automnale, elle est une génératrice de métamorphose intérieure.

On peut en entendre la fantaisie expiatoire, la chaleur consolatrice, la liberté généreuse venir battre la folle résurgence du cœur battant. Les mélodies sont enlevées, elles choisissent d'emprunter ouvertement un pas de côté, un peu claudiquant, avec dans le creux de l'aine/haine une explosion souterraine ne demandant qu'à imploser. Il y aura toujours un goût âpre en bouche, une saveur d'enivrement, une intempérance ténébreuse à voir surgir les démoniaques oublis venir caracoler électriques et rageurs, pour nous soulever dans un bruit de fureur libératrice et de vertige.


Ce disque est sublimé par une élévation musicale dépossédée des amarres de l'amertume, avec le corps en apesanteur et la tête baignant dans le brasier des limbes du recueillement, avec un tel disque, tu écumes !


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vendredi, février 8 2019

VOIVOD – The Wake


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Do you speak Klingon ?


Ahhhhhhhhh ben sinon vous allez être emmerdé.e pour traduire cette chronique.

Parce que voici une nouvelle aventure intergalactique, où Dr Spock converse le Voivod avec un rabot riffique et au laser rythmique, pour un concassage cosmique de dissonance polymorphe, et d'allitération mélodique en téléportation sonique.

Ahhhhhhhhh Voivod et son futur utopique, c'est toute une discographie, que dis-je, une odyssée.

Au commencement était l'Univers-miroir sous contrôle de l'Empire Terrien, et dans cette élite le Directoire des Sciences rejetait la notion d'univers alternatifs, pourtant le Voivod arriva bel et bien, dans cette tension entre diversité et unicité d'un style unique, entêtant et inhérent à tous les space opera américain, avec pour seul objectif, non pas la Lune, mais d'explorer toujours plus loin les espaces inconnus de la musique thrash et de repousser les limites du monde civilisé.

Pour que chacun parvienne à comprendre cet univers bien plus vaste que notre seule planète où chacun a son propre dialecte de sensibilité exacerbé, il est nécessaire de se raccrocher à une langue commune, et sur la base d’une création foisonnante d’espèces et de civilisations variées. Le Jargon de Voivod ou plus posément nommé de « Technoblabla », car si il n'y a pas un minimum de jargon technique et bien c'est du Sex Pistols, ce jargon donc, dispose d’une discipline s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect d'une mathématique sonique très appliquée.


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Cette musique est l'art consistant à arranger et à ordonner sons et silences au cours du temps dont la bulle de distorsion enveloppe chaque composition et lui permet de voyager à des vitesses supraluminiques.

Depuis que Voivod a franchi la barre de l'hyper-espace temps, son bouclier occulteur entre en réaction avec la matière et l'antimatière sonique. Leur rencontre provoque une importante accumulation d'énergie, permettant de rendre une structure totalement indétectable à la Toxicité harmonique, et de convertir la sensibilité d’une personne depuis l'état de matière à celui d'énergie et inversement.

Le ciblage électromagnétique est une étape importante dans le processus du champ de confinement annulaire (parfois appelé simplement champ de confinement), propre à Voivod. Cet élément est même essentiel aux systèmes de téléportation qui génèrent des bobines primaires d'énergétisation sonique depuis le début de leur discographie. Il sert aussi à garantir la cohésion du flux de matière lors de son trajet vers son télérupteur-humanoïde. Pour cela il était impératif d'affranchir la formule Voivoïde dans le scanner paramétrique afin de reproduire un micro-vortex en phase avec la bobine de transition phasique, qui est un composant des systèmes cellulaires musicaux et en assure la distribution de l'énergie dans toutes les parties des compositions.


Je sais tu ne comprends rien à cette chronique pas plus que moi au nouvel opus de Voivod, et alors ?

C'est quand même trop bien que ce champ de dispersion de particules énergétique qui, lorsqu'il est projeté dans l’ionosphère d'une planète, provoque une hyper-ionisation de l'atmosphère capable de débloquer toutes les ondes porteuses électromagnétiques et subspatiales de la musique rétro-futuriste...


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mardi, janvier 29 2019

STORMHAVEN ITW

Ce groupe de prog death rock m'a foutu une vrai mandale avec son dernier opus ''Liquid Imagery'', il sera en concert à Toulouse le 23/02 à l'usine à musique pour interpréter l'album dans son intégralité. C'est Zach, guitariste-chanteur-compositeur qui répond à l'ITW.


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Pouvez-vous présenter le groupe, sa création en 2010, sur quelle base musicale ? Quelles sont vos envies alors ? Quel souhait aujourd'hui ? Comment apporter un regard neuf ? Se renouveler à chaque album ?

J'ai créé Stormhaven en finissant mes études en musicologie en 2010 à Toulouse. Pendant 3 ans, Régis et moi avons travaillé pour notre diplôme en jazz et, une fois cette étape passée, nous étions prêt à nous lancer dans un projet sérieux. Une fois que j'avais quelques riffs en stock, j'ai contacté un batteur (Alban) et un bassiste (Jo) qui étaient à la recherche d'un groupe.   Au début on ne savait pas exactement ce qu'on voulait. Sûrement quelque chose d'un peu technique, avec des gros riffs et des bonnes parties au clavier. Mon idéal aurait été d'avoir un chanteur/frontman type «Russell Allen» car, à l'époque, ni Régis ni moi pensions endosser ce rôle, on ne pensait pas inclure du chant guttural dans le projet.

Après quelques auditions décevantes nous avons décidé d'arrêter les recherches là et de voir ce que l'on pouvait faire nous-mêmes. Aucun de nous deux n'avait vraiment l'âme ou la personnalité du vrai frontman donc nous avons décidé de faire le job à deux, ce qui rendait la tâche bien plus atteignable.

Huit ans après la création du groupe, on est toujours en train d'écrire ,de jouer de la musique, de déconner ensemble en répète, c'est ce qu'on adore faire ! Nous sommes toujours à recherche d'endroit où nous pouvons jouer notre musique.  

Le premier EP ''Mystical Journey" date de 2014 puis l'album "Exodus" en 2016 que vous avez considéré comme le fondement de votre identité musicale pour les années à venir. Comment la définissez-vous ? (La connotation Death metal progressif semble très réductrice si l'on voulait définir votre musique). De par vos multiples influences (je suppose), mais pour épurer, Symphony X et Opeth sont est une grande influence dans votre musicalité ? Il y a du Gojira à l'intérieur de votre ADN  ?

Oui Exodus était pour nous un nouveau départ. Nous avions dû nous séparer de notre batteur (Alban) avant l'enregistrement car le niveau technique était trop élevé. C'est après quelques mois de recherches que l'on a trouvé Quentin qui ne tarda pas à enregistrer les parties sans problème. Depuis ce moment là, le line up n'a pas changé et j'espère garder l'équipe le plus longtemps possible car chacun apporte quelque chose d'unique au projet.

Pour ce qui est des influences on peut citer Symphony X, Opeth et Enslaved comme étant nos «piliers» d'inspiration. Gojira est évidemment quelque part dans notre ADN mais n'a pas une place centrale.


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Mais vous devez une grosse partie de vos fondations à Deep Purple, Cream, Hendrix et Iron Maiden ?

Oui, ce qui fédère l'équipe va être Maiden !!  On est tous fan dans le groupe. Si on a de la route à faire ou du temps à perdre avant de jouer on va se tourner vers une bonne playlist Maiden pour se motiver.   

Pendant mon adolescence j'ai écouté de nombreuses fois des lives de Deep Purple. J'ai dû acheter le fameux "Live in Japan" plusieurs fois car je le manipulais trop ! Un ami à l'époque m'avait dit que Hendrix jouait 8h de guitare par jour ! Je ne savais pas que c'était possible, j'ai admiré cette légende pour ça.  

Pour nourrir sa musique il est nécessaire de butiner le pollen d'autres groupes, d'autres musicalités ?

Evidemment ! Notre groupe est catégorisé "Death Metal Progressif" mais c'est malgré nous. On adore tellement de styles de Metal différents : le Death, le Black, le Prog (of course !), le Thrash, etc; d'autres styles aussi : Folk, Blues, rock, etc. Nous avons du mal à nous cantonner à un style d'écriture et je pense que ça ressort dans notre musique.

Est il possible pour un progressiste du metal de ne pas parler de Dream Theater et de Steven Wilson en 2018 pour définir un metal progressif complexe, profond, captivant, brillant ?

Nous avons tous écouté Dream Theater à un moment donné, les structures complexes de ce genre de groupe ont forcément forgé nos goûts, nos oreilles… Il est évident qu’un grand batteur de prog comme Portnoy a fasciné et influencé Quentin par exemple. On préfère tout de même les débuts de DT.

Steven Wilson, personnellement je l’ai découvert bien plus tard, Porcupine Tree était un peu passé à la trappe malgré moi. Mais mieux vaut tard que jamais! Je suis d’ailleurs allé voir Steven Wilson au Bikini cette semaine et le concert était grandiose et inspirant.


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Peux-tu présenter les différents membres de Stormhaven et leur passé musical ?  

(Je sais par ailleurs que tu es franco-américain, et que tu as commencé à apprendre la guitare par le blues, d’ailleurs pendant un temps dans Blue Meadows, groupe de power blues avec Quentin batteur de Stormhaven depuis 2016, dont le troisième album "Drinkin' Cheap Whiskey" est sorti en 2017.

Zack et Régis (chant/clavier/) vous vous êtes rencontrés à la fac de musique. Quelle Fac ? Qu'est ce que vous gardez de cette formation/éducation ? Est ce qu'il y a justement chez Stormhaven des éléments musicaux provenant d'autres styles que le metal/blues/folk ? (et que vous avez étudié à la fac de musique)

Régis et moi nous sommes rencontrés à la fac de musicologie Toulouse Jean Jaures où nous avons obtenus notre licence Jazz. Cela nous a appris à comprendre les structures complexes de la musique et nos donner de bonnes bases pour comprendre et composer de la musique. La musique Jazz même n’est néanmoins pas trop notre truc.

Moi j’ai également fait le conservatoire de solfège classique.

Jo n’a pris que quelques cours de basse, la passion est essentiellement son moteur. Quentin lui a fait une école privée de musique actuelle, là où j’enseigne depuis 8 ans.

Musicalement en plus du metal, du jazz et du blues il n’y a pas d’autres styles bien particuliers que nous pourrions citer précisément, les influences sont tellement diverses, on ne se pose pas vraiment cette question quand nous composons.

Vous avez la spécificité depuis « Exodus » de créer des concepts albums. D'où vous vient cette envie (cet égarement pour les non-progressistes) ?  

L'idée même d'Exodus m'est venue lorsque j'ai découvert "Crimson" de Edge Of Sanity. C'est une histoire fictive parlant d'un futur sombre et sur l'album il n'y a qu'une piste de 40 minutes. Encore une fois j'ai découvert une manière nouvelle de raconter une histoire que je ne pensais pas possible, et je trouvais ça génial. Pour entendre les riffs de fin tu es obligé d'écouter depuis le début. Avec Exodus, les autres membres du groupe ont réussi à me persuader de découper le morceau en plusieurs pistes par facilité d'écoute et de jeu live mais l'idée reste la même: il faut raconter une histoire.


  On va parler de votre nouvel album. Comment s'est passée la création ? l'enregistrement de « Liquid Imagery » ? Avec qui et où ? Êtes vous satisfaits ?  

La prochaine étape pour moi a été la découverte de "Visions" de Haken. Encore une fois un album concept où la musicalité et l'histoire se suivent à la perfection. L'un se nourrit de l'autre tout le long. Dans l'écriture de "Liquid Imagery" je voulais tout simplement produire quelque chose de similaire. Exodus a été pour moi aussi la première fois que j'enregistrais les guitares seul chez moi. Cette fois-ci j'avais un peu plus d'expérience donc j'ai su un peu mieux m'organiser. Tout d'abord nous avons enregistré les parties batterie à Dismalsound Studios.Tout les reste a été fait chez moi. Nous sommes retournés au studio pour faire le mix donc quelques mois après seulement. Le mastering a été fait par George Bokos de Grindhouse Studios à Athènes. Au final, nous sommes extrêmement fiers du résultat.


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C'est un album concept, sur les derniers instants d'un homme sur un bateau perdu en mer et qui va affronter une tempête. On pense à la nouvelle d'Ernest Hemingway « Le Vieil Homme et la Mer » et de l’homme seul face à la grandeur et la puissance de la nature, et de la condition de l’homme. Que pouvez vous en dire ? Pourquoi raconter cette histoire ?

L’histoire m’est venue au fil de l’écriture, je n’ai absolument pas cherché l’inspiration dans un livre. C’est un peu difficile d’expliquer clairement comment m’est venu ce thème. Je compose un peu à l’instinct, c’est plus en réécoutant plusieurs fois mes compos que j’arrive à me projeter quelque part et ensuite réellement construire une histoire, et bien évidemment écrire les paroles.

  Les morceaux sont moins longs que le précédent. Pourquoi ?

Avec un peu plus d’expérience j’arrive plus facilement à découper des chapitres. J’essaye aussi de me mettre à la place de l’auditeur sinon je pourrais écrire des morceaux de 15 ou 20 minutes à chaque fois, haha. C’est tout de même bien de pouvoir jouer différents morceaux et albums en live, surtout quand on a 45 minutes de set par exemple.  

Il y a du mouvement dans vos structures, les climats changent aussi, pourtant vous avez aéré tout cela comme un appel d'air. Cela me paraît crucial chez vous que votre musique ne croule pas sous le poids d'une indigestion. Pourtant vous n'avez pas l'air de vous restreindre en terme de créativité, vous étoffez sans cesse mais sans jamais asphyxier. Il y a un super dosage Stormhaven ?

Uhm...MERCI ! Quand on crée, on se projette et on espère que les auditeurs vont pouvoir se plonger facilement et intensément dans l’histoire. On fait du mieux qu’on peut en tout cas et, si la magie opère alors on est heureux.

Vous arrivez à plonger l'auditeur dans cette histoire avec une part très sombre, tout en apportant d'autres couleurs à cette noirceur, mais sans mélancolie. (Enfin pour moi du moins). A cet effet je voulais avoir votre opinion sur la façon d'apporter d'autres couleurs, est ce pour donner de l'espoir à cet homme ? Pour montrer sa lutte pour survivre ? Est ce que cette mise en abîme est une façon pour vous de donner de la voix à votre existence musicale ?

Pour moi, Stormhaven est le fait d’exploiter tout un tas d’univers musicaux, divers styles et utiliser plein d’outils. Même si une histoire se termine mal, cela ne veut pas dire qu’il faut se plonger dans une noirceur absolue, sinon on aurait peut-être fait du post black haha.

Dans Liquid, l’histoire racontée est une lutte pour survivre, il y a d’un côté une profonde envie de vivre qui est une pensée plutôt positive. D’un autre côté la fin étant inévitable, le protagoniste le sait dès le début, la fin peut donc être perçue comme une délivrance.


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Il y a de superbes solos sur ce nouvel album. Comment vous composez/construisez vos solos ? C'est inné ? Vous suivez une gamme spécifique ?

Les solos pour cet album ont été composés pendant l’enregistrement, je n’aime pas écrire des solos car je n’aime pas faire tout le temps les mêmes. Là encore c’est un peu à l’instinct selon l’humeur et le morceau.  

Vos structures progressistes sont à la fois tortueuses et délicates. Cette forme de dualité est un partie pris ? (Dualité que l'on retrouve dans le chant). Pouvez-vous l'expliquer ?

Parfois l’histoire se répète et parfois non, parfois le temps semble s’accélérer, d’autres fois être figé. L’histoire est tout en progression, la musique aussi je suppose.  

Pour le mixage et l’équilibre des compositions, quel(s) choix avez-vous fait -  ou/et concédé ?

Nous avons essayé de trouver un équilibre entre les différents instruments, ce qui n’est pas évidement. La guitare et le clavier doivent ressortir un poil plus afin de poser les ambiances. Quand on mix on écoute tellement de fois les morceaux qu’on n’est pas sûrs à 100% d’atteindre l’équilibre parfait mais on y passe énormément de temps pour que le rendu soit le mieux possible. C’est un travail d’écoute, de patience et bien entendu d’équipe, en tout cas chez Stormhaven.


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Comme vous êtes basé sur Toulouse, êtes-vous allés à la première édition du festival de Metal progressif « Very Prog Festival » le 12 et 13/10/2018 ? Si oui quel est votre meilleur concert ?

Le fait d’avoir vu des icônes telles que Portnoy, Sheehan...ça reste un moment inoubliable, l’ambiance était super pendant le concert de Sons of Apollo. Le concert de Caligula’s Horse était magique aussi.

Pour 2019 le festival se nommera Ready For Prog, vous y jouerez ?

A priori non, mais on ne lâche pas l’affaire !

Pas trop loin non plus de la ville Rose, est ce que vous connaissez le festival Rock In Opposition ? L'Xtremefest ?

Rock In Opposition ça ne me parle pas et l’Xtreme Fest oui, Quentin y a joué avec son autre groupe, Tempt Fate et nous sommes souvent festivaliers.

Je voudrais votre regard en tant que musicien progressiste sur le drone Metal dont les structures bougent à peine mais qui partage entre autre avec le metal progressiste la volumineuse durée d'un titre sans structure classique (couplet/pont/refrain) ?

Je ne connais pas assez le Drone pour t’en parler.

Quel futur pour Stormhaven ? ( C'est l'instant promotionnel)

Stormhaven sur les planches en compagnie d’Opeth ?!

Mais sinon, faire plaisir aux gens et continuer à nous faire plaisir en faisant évoluer le projet du mieux qu’on peut.

Je te remercie pour le temps que tu m'as accordé.

Un grand merci à toi.


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dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




vendredi, janvier 25 2019

BLACK TUSK – T.C.B.T


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Depuis 2005 à Savannah, Georgia U.S.A, berceau du sludge 2.0 avec Baroness, Kylesa, Black Tusk a ravagé avec un soudage de punk Sludgy foutrement érectile sur plusieurs albums. Seulement le trio a perdu en 2014 son bassiste fondateur Jonathan Athon, et a choisi de poursuivre/recommencer avec Corey Barhorst (ex-Kylesa). Il présente ce nouvel album, avec l'apport de Chris "Scary" Adams en second guitariste sur la base d'un quatuor pour les concerts.

Il y avait une alchimie rare avec le trio, sur disque c'était flagrant mais en concert c'était carrément électrique, démentiel. J'ai acheté ce disque les yeux fermés, garant du passé, en soutien avec leur identité sonique, et toute la vigueur que j'ai emmagasiné grâce au trio en concert.

Cet opus susnommé T.C.B.T pour « Taking Care of Black Tusk, on retrouve dedans tous les fondamentaux, l'altérité graisseuse, la pugnacité punk, et cette énergie vitale, mais avec une intensité réduite, et même un manque d'audace. Black Tusk réitère sa formule Swamp Metal avec l'apport supplémentaire d'orienter sa musique avec plus d’épaisseur, notamment avec des parties claviers, mais finalement cela dessert la cause, leur identité. Je trouve que cela n'apporte pas plus, même au niveau des atmosphères. Le son est bien gras, cradingue, la rondeur des compositions baigne dans la suppuration tenace du son. Par contre il manque ce mood stoner hi energy avec l'avalanche de plomb sludgy.

Peut-être que le groupe voulait passer à autre chose, d’apporter un renouveau dans sa violence musicale, tout en essayant de garder dans son ossature sa spécificité. Mais si auparavant le squelette était suffisant et essentiel pour que l’énergie vibratoire circule comme un volcan en érection, aujourd'hui le gras se détend.

Après il faut quand même retenir pour ce disque que le groupe brûle des lipides, il y a des giclées de purée sonique bien dense, la couche de graisse est pâteuse, il y a autant de violence horrifique que de haine tenace et ceci sur la plupart des titres.

Le plus étrange c'est que plus j'écoute ce disque et davantage il se teinte d'une lumière obscure, avec une nette tendance d'acier trempé, de lave incandescente. Il y a du Dead K dans le maelstrom dégoulinant de sludge et du hardcore speedé à Exciter dedans en morceau. Le truc le plus cool c’est que les gars se partagent le chant et c'est orageux, flamboyant, turbulent, rugissant.

Je t'ai dit que c'était moins puissant que les précédents ? Oublie, c'est un nouveau parpaing dans la tronche, ouaie, ouaie direct, cherche pas tu pisses déjà du tarin gamin parce que ce disque balance !


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jeudi, janvier 17 2019

SINSAENUM – Repulsion Of Humanity


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Comme un papillon de nuit se rapproche d'une bougie pour sa lumière, et s'embrasse aussitôt qu'il touche la flamme, Sinsaenum possède ce pouvoir lumineux de l'obscurité et de l'embrasement.

Richesse mélodique pour fureur démoniaque, déliquescence harmonique pour sensualité outrageusement bestiale et lunaire, cet opus mérite un rite noir.

La formation all-stars conduite par le bassiste de Dragonforce Frédéric Leclercq, bénéficie de l'apport de Stéphane Buriez de Loudblast, du batteur Joey Jordison (ex-Slipknot), du bassiste Heimoth (Seth) et des chanteurs Sean Zatorsky (Dååth) et en moindre mesure de celui d’Attila Csihar (Mayhem).

Ce projet complémentaire et déflagrateur pour la violence sonique qu'il appliqua dès son premier album datant de 2016 « Echoes Of The Tortured », apportait les racines d’un death metal pugnace et authentique. Ce second opus au sobriquet typique du death metal «  Repulsion For Humanity » est subtilement racé de froideur, sans fioriture pour asseoir sa puissante malice, délivrant ce jus de pue à base de fièvre rythmique, de riffs colossaux, de lyrics suintant la haine irascible, sur une bestialité de chant, une fois encore.

La production grassement organique de Floride et froidement Nordique, téléporte le son dans cette magie de putréfaction qui réveille les morts. Le visuel est réalisé par Travis Smith (Opeth, Suffocation, King Diamond, Sadus, Overkill, Ice Earth, Katatonia, Bloodbath, etc...)

Sinsaenum introduit à ses compositions inspirées une liberté de ton, avec un apport mélodique savamment soupesé, mais aussi à travers l'émergence de bribes de styles comme du thrash, une pointe de sludge, un poil de doom, pour que son album ne devienne jamais rébarbatif. Tant par des atmosphères ouatées, il dépose à chaque fois un glissement mélodique progressiste, une lumière, une couleur, une variété de contraste, tout en gardant son propos cohérent, son respect pour le death metal totalement légitime.

Le groupe a incorporé dans sa magie noire autant de puissance que de délicatesse et élabore une alchimie somptueuse d'oppression, et de violence sonique.


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