WALLABIRZINE

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Report de concert

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mercredi, mai 22 2019

SWEET & ROUGH


Marcher dans la nature m'apporte plus de satiété que l'ivresse d'achats impulsifs pour combler un vide dans une ville.

Se promener c'est végéter sa contemplation avec dynamisme. Flâner c'est vivre avec tendresse pour y cueillir des traits d'esprits.

Tout est une question de lumière et d'énergie.


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Je ne sais pas pourquoi on s'éloigne de sa véritable nature d'ailleurs ? Quel sens cela a-t-il, si ce n'est de se retrouver un beau jour fasse à soi-même et de se sourire pour s'avouer consterné.e « ah ! enfin de retour, merde, mais qu'est ce qui t'as pris ? »

L'association La Lune Derrière Les Granges s'est associée avec Les Cabrols-Ecovivial pour une soirée électronique à l'éclectisme musical. Intitulé Full MooN ExospheriC Party cela signifiait qu'à 23:11:36 soit on se changeait en loup-garou, soit on allait fusionner avec la nuit opaline l’apparence d’un charme spirituel.

Si tu habites une grande agglomération par choix de vie, tu ne vas rien comprendre à la fantaisie de verdure qui anime les Cabrols. La nature est bien faite, elle est sauvage et reconnaissante avec eux, là-bas ils.elles connaissent le goût de la terre, l'humain est un terreau, l'arbre un complice. Ils.elles butinent à l'absolu en étant dépouillé.es de cynisme. Sachant que chacun et tout constitue un élément de la nature, ils.elles ont la main verte et les yeux dans les étoiles filantes.

Ce n'est guère étonnant que La Lune Derrière Les Granges vient y dévoiler l'écueil musical. Tant il y a une corrélation de filiations entre les deux.

Cette soirée était très spéciale, comme si nous appartenions à une société secrète, où la liaison holistique était à son point culminant. Par Holistique j’entends à considérer les phénomènes d'un être ou d'ensemble comme faisant partie de la totalité dans laquelle ils s’inscrivent, comme but à atteindre.



Chacun évolue avec l'empreinte musicale qu'il a entendu. C'est comme une marque indélébile. Le.la passionné.e va pêcher autour de l’inattendu avec espérance rien que pour percevoir au loin la magie fortuite d'une nouvelle rencontre musicale. Au diable les coïncidences, elles n'existent pas, car rien n'est dû au hasard.

On reflète comme une luciole dès que le cœur s'emballe à travers les filaments précieux que la musique a tout fait vibrer à l'intérieur de soi. On connaît cette accélération que la vie témoigne quand les papillons électriques s'agitent dans le bas-ventre. Ce genre de commotion émotionnelle qui ne fait que grandir, qu’agrandir l'épaisseur molletonnée de nos secrets sensibles. Cet instant éternel a même ponctué ton existence. Cette incandescence est un instant magique, et si l'on tente toujours de revenir à cette seconde d'éternité, c’est parce que l’on respire l'air qu'une chanson a déposé par fragrance sur notre cœur. On en ressent la flamme, et jamais elle ne vacille. Après on fait appel à l'imagination, à la mélancolie afin de toujours sublimer l’intensité de cette lumière éphémère. C'est aussi beau que tragique.


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Est-ce que l'on arrive pour autant à voir à l'intérieur d'une personne à travers ses goûts musicaux ?

Si une personne vient vers toi pour partager un instant musical en particulier pour elle, c'est une fenêtre dans une dimension parallèle qui s'ouvre. C'est une brèche à travers deux personnes qui s'illuminent. Il ne faut jamais prendre cela à la légère, car au plus profond de soi il y a la traduction fondamentale de nos émotions, de nos sensations les plus pures. On est percé à vif, à nu, ne compte pas tricher, ni reculer, il te faudra te résoudre à l'évidence. Pour un mélomane c'est la traduction parfaite entre deux âmes sœurs.

Connaître une personne à travers ses goûts musicaux, c'est la virginité d'une empreinte dans la neige fraîche. Ce qui nous attire dans une chanson, un album, un groupe, c'est une infinité de choses intimes, mises bout à bout c'est le dessein de notre rayonnement sur terre et dans l'infinie. Parfois on aime un disque en silence, comme un secret. Le charme est omniprésent, sa magie enchanteresse. Puis on partage avec une personne ce secret d'alcôve (en fait on partage avec un être dans sa totalité = holistique) et c'est un fracas de douceur.

Dans ces secondes d'hésitations palpables et de révélation gracieuse, il y a cette incertitude de lâcheté dont on ne sait si c'est un venin que l'on a idéalisé et qui se retourne comme une gifle par la peur que l'autre n'apprécie avec la même intensité, où le bonheur de vivre et d'être compris, accepté, aimé à travers l’œuvre. Cet amour est une sorte de rêve à deux, une constitution l'un à l'autre du monde entier.

Il existe des liens qui unissent les êtres et les dépassent, et la musique en permet la reposante intimité affective, la recherche d’absolue.


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Des milliards de particules flottent dans l'inconnu, comme tout un chacun. On nage dans l'immensité à tâtons, nous naissons à chaque seconde de notre existence et l'on se cache de cette vérité en échafaudant toute une dramaturgie imaginative dans l'espoir de combler les vides.

L'homme ne croit que ce qu'il voit, les femmes ressentent.

On veut voir, sentir et vibrer à l'unisson de tous nos sens, être est un besoin intense de percevoir et de reconnaître. L'émotion est quelque chose d'aussi fugace que passionnel, on ne résiste pas à cette envie insatiable de flotter au diapason de notre destinée.

« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

Cette phrase du Petit Prince de St Exupéry fait indéniablement partie de mon être tout entier, j'y puise une acuité fusionnelle avec tous les messages, les signes, les énergies autour de moi. J'ai fui l'esprit cartésien pour ressentir.

Retrouver ma vraie nature, ma musique intérieure, sentir la brillance solaire de ma flamme jumelle avec le calme de l'océan.


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La musique électronique a joué à l'émergente apparition d'images subliminales et de sonorités faites pour onduler en nous, et pour que nous ayons la grâce d'en donner au corps la pleine libération. Faire danse avec soi s'est faire corps avec son être. La musique électronique est faite de chorégraphie rêveuse, une sorte de nuages ​​de souffle formés en mots rythmiques et en mélodies accrocheuses.

On rêve de beauté sonore, on songe afin de s'abandonner à ce sens sacré. On plonge avec délice et on respire sous l'eau lunaire en apnée. Le programme de la soirée était sélénite, on savait que l'on allait être bouleversé.es par les émanations fluides du trio Öly, traversé.es par les arcs en ciel ténébreux et explosifs de Bruit, et que nous allions prolonger dans la magie blanche de la pleine Lune squameuse avec l'évanescence d'une belle soirée en perspective…Elle était unique et bien au-delà, si l’on actait sa présence à l’instant présent.


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La définition d'Endorphine = Substance produite par certaines cellules du système nerveux central et ayant des propriétés analgésiques semblables à celles de la morphine.

Endorphine, c'était le premier à s'offrir sur la scène, avec comme explication dixit La Lune Derrière Les Granges :  Un set en cours de préparation qui verra l'intense lumière de la lune pour la première fois à l'occasion de notre FulL MooN.

Un set en cours de préparation c'est ce que j'ai entendu. Il y a certainement un truc derrière cette musique ambiant, mais je ne suis pas rentré dans leur trip. Cela a manqué de gestation, d’intuition, on a effleuré les sens, je pense que le duo ne s'est pas accompli, le temps à de la saveur, ce n'est donc qu'une question de pratique pour aboutir à sa propre réalisation. Patience…


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Le trip hop a eu sa séquence à l'orée des 90's jusqu'en 2000's. Grandiloquente musicalité électronique, parfait mariage de raison entre les longs travellings d'ambiant, hip hop et house/dub, une pointe de rock, de funk, de soul, et un soupçon de jazz. Quand tu disais que tu écoutais ce style de musique cela faisait classe, parce que les couleurs y étaient élégantes, précieuses, souvent oniriques, et surtout elles mettaient en relation fille et garçon. Le rythme downtempo permettait de se laisser imprégner, le chant était capiteux.


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Une fille du soleil est venue à moi pour me faire découvrir Öly et me découvrir.

« La créature à trois têtes vous emportera au cœur d’une expérience pure et immersive. »

Cette phrase énigmatique du groupe annonce en soi une vérité cristalline. Öly se définit pratiquant une pop trip hop, sensuelle et puissante à la fois, forte d'un potentiel émotionnel. Ce que l'on sent immédiatement à travers le trio c'est leur connexion issue d'une même vibration. Chacun possède sa singularité et est complémentaire des autres. Le charme est là. Il se diffuse dans sa complexité et totalité holistique, met à jour les reliefs, à nu l'émotion, ajoure les perspectives de chaque individualité musicale.

Je retrouve la migration ancienne du trip hop avec cet éclectisme, parfait dénominateur commun pour t'amener vers des images d'envie de bleu nuit et de rayon de soleil opaque.


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On fait souvent référence à une notion de rock pour le trip hop, dans ce cas précis il y a une veine pop qui l'éloigne du rock, et la rapproche du hip hop.

Le chant chaud et profond de Laura poétise comme une Beth Orton soul dans un monde imaginaire, fort et fragile à la fois. Laura possède une solide base vocale, elle est franco-britannique et une aisance à manier l'anglais. Il y a beaucoup de complicité entre eux sur scène, cette vibration se lie avec sincérité, pureté et simplicité.

Öly ne va pas dans l'obscurité, dans le dub de Massive Attack, il est aérien, avec des harmoniques soul/hip hop/jazzy et un groove inhérent à ce que tous les apports vocaux et rythmiques beatbox de Robin (ex-batteur dans B.r.e.f, groupe déjanté de rock jazz metal) apportent cette mixité hip hop World (Bumcello). Thomas au violoncelle en contamine l'empreinte par une élégante moiteur lyrique.

La mélodie est apportée par chacun tout autant que la rythmique, ce qui signifie que sur une même chanson chacun est une intonation à la ponctuation musicale, est aussi le frissonnement, la convulsion qui créer le mouvement, et c’est d'autant plus renforcé pour une formation en trio. Dans leur musicalité s'agite la drum & bass languide, le nujazz aérien, cela réverbère le punch du hip pop. C’est une unité avec laquelle on se laisser griser comme un chat par le crépuscule pâle. Les contrastes sont fluides, ils permettent un accès direct à la propagation de l'émotion, tout cela vous englobe dans une netteté de ton et de couleurs. C'est la cinématographie champ/contre-champ du trip hop, offrant plusieurs angles de vue pour une sensation panoramique sur votre sensibilité.


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Le trio est mystique, il est connecté à ses aurores boréales musicales, Björk, Sigur Ros, dans cette new age fuyante, sa chaleur atmosphérique, sa torpeur virevoltante, son énergie.

Öly est solaire. On sent que le groupe nous touche profondément avec quelque chose qui le brûle à l'intérieur, c'est beau et pur, fort et doux. Cela tient de la puissance féminine.

On se sait baigner par une chaleur bienfaitrice, que ce soit avec la folk tendre de cute et son groOove câlin, ou par « Sweet & Rough » et sa beauté polymorphe, sa tendresse déchirante, ses parties nébuleuses. C'est une chanson parfaite au magnétisme aussi puissant que le Glory Box de Portishead.

C'est avec David Mascunan que le groupe a figé son idéal/son identité sonore (Sylvain Chauveau, Encre aka Yann Tambour, Arca) dont on retrouve l'intensité capiteuse dans la réalisation de leur E.P que je vous conseille assidûment.

Öly est astre musical en devenir où surgit une pétulance unique qui tient de l'extase trip hop. C’est à savourer en concert puisque tout prend corps et sens, allez-y vous y réchauffer le cœur et l'âme en toute confiance.




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L'agitation individualiste abreuve les désirs de se montrer sous son meilleur jour à chaque instant. C'est un miroir de glace, il fige et congèle, puisque chacun y projette ses obsessions par déni de tout ce qu'il n'a pas guéri.

La vie est peut-être ailleurs, sur un autre rythme, une autre échelle et tu l’as oublié.

Cette phrase du groupe Bruit le détermine entièrement.


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Bruit est un quartet climatique débarrassé des coercitions de style musicaux. Dans son étendue sonique il y a une mobilisation d’énergie collective, de puissance tellurique. Ce n’est pas pour autant une musique si abstraite, même si le groupe étire cette notion d’espace et de temps sur les intervalles et les cycles. Il applique la synesthésie (composition florale sonique où plusieurs sens se confondent)

Le groupe est resté un bon moment dans son studio à donner vie et corps à ses prémisses, avec la recherche de manipuler une éprouvette qui transplante le cœur onirique d'ornementation de musique classique, d'odyssée post-rockienne et doomgaze, et de composantes électroniques. Le groupe embrase et embrasse dans ses filaments soniques ce genre d'ondulations instrumentales, d'atmosphères cyclothymiques et de progressions qui crescendo mène à l'absolue.

Selon ses membres fondateurs ''c'est une musique de niche instrumentale qui parle à tout le monde'‘, pourtant il n'y a pas d'images qui apparaissent mais une fluidité d'énergie.

Ce groupe parle texture sonore et de composition de son dont l'importance est fondamentale au traitement sonore, à la forme et au fond. D'ailleurs le quatuor est plus tatillon sur le son que sur le style employé. Remplir l'espace gravitationnel, par une succession de pallier, permet au mélomane de se poser la question essentielle à leur encontre : mais jusqu'où vont-ils aller ? Jusqu'à quelle hauteur explosive ? La réponse est l’infini. Le trop c'est le message politique de Bruit.

En live, il pleut des trombes d'eau purificatrice d'où émerge l'émotion d'eau salé à l'intérieur de nous, parce que l'on est traversé par l'air climatique de cette musique. Le corps devient une glaise, éponge les doutes qui ruissellent et fait apparaître la beauté charnelle d'un bruit sonique au grand jour de la nuit la plus ténébreuse.


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L’A.D.N du projet est leur EP "Monolith" sorti le 7 octobre 2018 chez Elusive Sound. (Dont le répertoire de groupe hallucinant est à l’image du label, avec entre autre Blankenberge, TRNA, Silent Whales Become A° Dream, Blank, Au Revoir…)

Leur éthique c'est Agir. Prendre conscience de chaque élément musical et lui conférer l'aboutissement tellurique, la propension mélodique, l'expansion de son intensité, le déploiement harmonique. Le long format de leur titre est un message essentiel, et même existentiel, surtout dans notre ère contemporaine où tout doit être immédiat, furtif, obéissant à une impulsivité maligne. Bruit est une ode à la contemplation, à la réflexion sensitive et tout cela mène inexorablement à agir, en soi, à faire disparaître les barrières que l'on s'est figé, à désobéir à la prédisposition inéluctable des marchands de sommeil.

Bruit est l'essence du vertige.

En concert tout est démultiplié, grand, puissant, dans l'agitation permanente du cosmos jusqu'à sa plus fine particule où tout se connecte sans fin et forme le tout, dans cette infinité de molécules soniques agissantes où l'on additionne des médiums.



Bruit remplit l'espace sonore et l'intime, le cheminement entre les deux est la chair musicale du groupe. L'infiniment grand des contrastes entre les contrastes réduit l'émotion à sa plus simple densité, de la sorte qu’elle permet d'accéder à une pureté.

Entre expérimentation mentale et impulsion électrique le groupe se définit par une démarche globale et pour des gens qui choisissent leur destinée, leur existence. Bruit distingue une différence entre la création et l'écoute, il brode les fils de son édification pour que ceux et celles qui écouteront se reconnaissance dans les structures, et cette élévation où vous êtes une ouverture à travers laquelle l'univers se regarde et s'explore.



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Cette soirée était une célébration magique, l'éclosion parfaite des énergies d’une puissance inimaginable, où l'on plonge son regard dans l'existence lunaire et solaire en même temps.


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samedi, mai 4 2019

LE DESERTEUR


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J'ai raison d'avoir tort, sincèrement, c'est mon instinct qui me fixe la limite à la raison d'être étrange et étranger à la fois.

La phrase apparaît comme énigmatique au premier coup d’œil mais comme accroche pour poursuivre votre lecture, vous avouerez que c'est efficace.

Quand j'arrive à l'intersection du café le Palmarium donnant sur la nouvelle place en granit, commune mondialement à toutes les villes désormais, un écran à l'extérieur indique que le Stade Toulousain a battu d'un point le Castres Olympique. Cette information anodine semble capitale dans les rapports humains de cette bourgade refaite à neuf, c’est pour cela que je vous l’indique. Je m'avance vers le Bar O mètre, le lieu du concert, et vers Olivier de l'asso La Lune Derrière Les Granges en train de finir une discussion téléphonique, je m’enquiers de prendre de ses nouvelles et des dernières soirées de la Lune. Nous mettons de l'espoir dans la présence du public tant il nous semble impensable de rater cette affiche.

Ahahahah ! Nous étions ces deux nigauds sur une petit place en train d'échanger de l'espérance, afin de se raccrocher à une constellation oubliée devant le vacarme d'un monde toupie branché au réseau narcissique. Il me semble même que l'on dit que c'est cocasse comme comique de situation.

Je me demande, tu vois, vu de loin, comme ça, tu ne connais pas, quand tu passes et que tu entends du punk rock, ou un truc affilié, tu ne t'es jamais demandé pourquoi ces gens hurlent à s'en péter la voix ? Pourquoi ils te semblent qu'ils font du bruit et pas la musique que t'entends à la radio ? Pourquoi dans ton bled il ne se passe rien qui passe à la télé ? Sur Internet ?

Attends, heyyyyyyyyy, qui n'a jamais entendu parler du WallaBirZine ?


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C'est bien ce qui me semblait.

Passons à la soirée proprement dite, enfin proprement...Le jeune trio *** BONELESS pratique le punk rock avec l'attitude des anciens. Ça joue à la sincérité, c'est à dire à fond comme dans le garage à répétition, avec comme unique dessein électrique d'en foutre plein les murs.



Finalement c'est devenu assez rare des jeunes pois sauteurs jouant du punk, et encore plus de s'en foutre pleinement si leur set n'a pas le niveau linéaire conforme à l'auto-Tune. Boneless en concert c'est l'insouciance de vivre vite et mourir de rire afin de profiter de chaque seconde, sans la main mise sur quoi que ce soit. Le groupe est à la fois nonchalant et bourré d'énergie juvénile.

Boneless n'a pas de style, juste l'envie, la fougue, l’énergie d'être différent. De choquer sans vraiment s'en rendre compte, un truc entre NOFX (prononcé noʊεfεks) et Sex Pistols. D'être bancal et libre de chanter à côté de la plaque. De cracher, de vitupérer, de hurler. Qu'importe l'interprétation, son côté rêche et foutraque est la marque d'une ambivalence de notre ère contemporaine où tout doit être accompli, calculé, contrôlé, dans une éradication de pureté. Boneless est dépravé, il est punk, dans sa définition de lutte, il invective comme les amateurs de fête de la musique chaque 21 juin, mais dans une ruelle sombre, et ceci toute l'année dans chaque rade qui lui prêtera de quoi salir les murs.

Leur dernier morceau a fini entre le MC5 et les Stooges dans une espèce de magma sonique gargantuesque. Tu vois il puise partout où il y a du rêche et de la révolte.

Nox le guitariste est Straight-Edge, c'est rare en Occitanie, son fanzine s'appelle Better Than A Fanzine un clin d’œil au band Better Than a Thousand de Ray Cappo (Youth Of Today, Shelter) il participe à deux organisations de concerts sur Toulouse, Caps & Dogs et La Fête Est Finie. Un bon gars quoi !


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Pourquoi je me sens isolé des autres et de leur modèle de vie, d'intérêts ?

Si chacun est libre de ses choix, on peut généreusement admettre qu'il y en a pas mal qui sont imposés, et le pire c'est que tu dois faire avec, bien souvent. Quand c'est trop souvent il faut bifurquer sinon tu te fais éventrer, bouffer tout cru. Je pense que la culture alternative est un système parallèle. De survie au départ, on en devient vite addictif, ce n'est pas le fait que l'on a réglé tous les problèmes, mais on en a déplacé assez, surtout les plus exigeants par une mesure reposante, et avec des personnes qui comprennent une bonne part de ce que tu ressens, qui tu es, et vers quoi tu tentes d'aller.

Il ne faut pas fonder toute son espérance dessus parce que l'on est pratiquement certain d'être déçu. Il n'y aura pas de miracle. Ne s'attendre à rien est un bon stratagème pour affronter sereinement la vie, mais elle devient vite monotone. Il manque ce désir que l'imagination active à travers la perception que l'on se fait, que l'on fonde pour y voir immerger la douceur, une acidité, une amertume, la violence d'une émotion que le cœur a interprétée. Même si dans la quasi-totalité des cas on se plante, qu'il est bon de se faire du bien. Parce que l'on cherche à - être bien, et par extension à être quelqu'un de bien. Personne ne souhaite être mauvais, d'ailleurs.

Je vous souhaite des désirs électriques, même enfouies, parfois même trop intime pour les divulguer parce que c’est trop fort, parce que l'on est timide, parce que trop de lumière vous aveugle. On est tous différents et on interprète tous différemment.

Quand il advient impossible de se représenter, et peut-être même d'être atteint, on ne peut atteindre personne. Les concerts sont des espaces de liberté et de rencontre commune. Il devient impératif que la jeunesse sorte de son isolement virtuel, et que les gens sortent de ce qui leur est imposé. Vous n'avez pas besoin de briller, juste d'être là et d'être qui vous êtes. De participer à votre façon, il n'y aura pas de jugement. J’ai déjà écrit ça, cela doit être du morse, une bouteille à l’amer stagnant avec les détritus plastiques polluant l’autre côté du monde.

Le concert était à prix libre, mais le public de Castres a préféré fêter la défaite, ailleurs. Je ne comprends pas comment on fait pour ne pas vibrer avec ce genre de musique, avec ces groupes humainement adorables ? La question est en suspens depuis toujours en fait. Dois-je encore plus m'isoler du jour contemporain puisque j'ai de moins en moins d'affinité avec lui ?

Le souci majeur c'est que je ressens cet éloignement comme la menace sociétale qui pèse de plus en plus sur la répulsion commune. On assiste démuni et secrètement peiné à l'avarie sans que l'on puisse interagir. Je ne peux pas, ne veux pas imposer quoi que ce soit, encore moins par une réflexion de contrainte. Il m'a toujours semblé que le dialogue était un parfait moteur d’éclaircissement, à la seule condition de trouver des interlocuteurs.rices capables de faire la part du chemin vers la réconciliation.

Je peux comprendre que l'on n'apprécie pas ce style musical, surtout dans l'hexagone, il n'a jamais bénéficié d'une réelle mise en lumière, certainement même caricaturé par une esthétique d'écorchés vifs avec canette à la main. Ce qui est assez cynique c'est que la plupart des fondements existentiels de cette communauté commencent à franchir les barrières de la normalité, mais maquillés différemment par d'autres qui ont eu la délicatesse narcissique de le prendre à leur compte, comme toujours.

Du coup on te condamne à être un rabat-joie, incapable de se connecter à la life, au game !


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Le WallaBirZine est une alcôve dans un univers parallèle, avec pour unique but de mettre une lumière sur une alternative. De là, on peut y voir l'autre monde s’enivrer de désirs matériels pour faire râler son voisin par excès de rage compétitive, constater que sa jeunesse se dématérialise parce qu'elle ne veut plus participer à la catastrophe annoncée depuis plus de vingt ans au moins. Son repli est dans le virtuel, elle communique ainsi et certains l'on très bien compris. La drogue est toujours aussi dure, remporte un maximum, et en plus elle est légale cette fois.

Je comprends que l'on ne puisse plus aimer dans ce monde, ou moins aimer. Mais rien ne peut m'empêcher d'aimer ce que j'aime. Je ne suis pas présomptueux, je sais entendre les éclairs noirs blanchir le cœur des choses enfouies à travers une musique que vous devriez apprendre à écouter. Ce que l’on perd comme insouciance, légèreté et désinvolture après la vingtaine se métamorphose en sagesse, clarté, et mélancolie.

Je ne suis pas quelque de beau, je me sais bon. Je ne sais pas séduire, je sais juste aimer. J'ai trouvé une utilité dans l'autre Galaxie alternative, si tu arrives par hasard ici je te souhaite la bienvenue, de te mettre à ton aise, et si l'on vient à croiser notre regard un jour, saches que le mien sera doux, profond et chaud, comme le Méditerranéen que je suis, et que je ne cesserais d'être. Je te dis cela si tu as besoin de quelque chose à quoi te rattraper pour me définir. Parce que j’ai l’amère sensation qu’il faut se définir désormais pour pouvoir se rapprocher les uns des autres. Montrer des intentions légitimes afin que chacun dans sa communauté respective appose la rencontre pour sortir de sa zone de confort.


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Puis la force sensible d’HEAVY HEART a pris la scène, comme mon cœur.


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J'ai toujours trouvé ce groupe touchant, il se dégage de leur musique une vulnérabilité émotive assez forte pour que vous posiez un genou à terre. Mais ceci c'est quelqu'un qui a déjà lu les romans de Raymond Carver qui vous écris cela, une personne qui est déjà tombé amoureux à plusieurs reprises rien qu'avec le flottement de cheveu derrière une nuque de fille. Je ne sais pas si on peut se comprendre, si vous pouvez être saisi par le tremblement que le corps transmet comme fragilité quand il se sait vaincu par une émotion folle.

J'en retrouve la transcription à travers la clarté dorée de la musique profonde et légère de ce groupe, aussi mélancolique et lumineuse à la fois. Cette musique ne fait pas que suggérer en moi un trouble. Elle me met en émoi face à sa beauté réelle ou imaginaire. Heavy Heart est un catalyseur émotionnel dont le besoin de s'éprendre à sa douceur, à sa force pour chaque mélomane tombé.e l'obligera de se prendre pour Indiana Jones afin de trouver un substitut musical.

Je vais même vous annoncer la terrible vérité, il n'y en a pas.

Troisième fois et troisième petite mort après leur set, je ne serais plus jamais le même après, je le sais, je revis dans la plénitude.


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Tu te rappelles du pamphlet que j’ai écrit au paragraphe précédent ? Ce n’était pas l'apitoiement du désespéré, c'était le déserteur qui te parlait.

Celles et ceux qui désirent reprendre du pouvoir sur leur vie devraient écouter THE ATTENDANTS . En matière musicale le groupe accorde la voie du post-hardcore monstrueusement bien à son incandescent album « Monster Chronicles ». Le trio est aussi coOol et pénétré en interview qu'une AG à Treillières, et ça c'est balèze.



Le groupe installe un sentimentalisme de reconnaissance nostalgique à travers les ricochets de son punk post-hardcore. Les zab ont conséquemment fait office d’ouverture chez eux, et aussi dingue c’est que dans leur musique il y a des allitérations des Burning Heads, enfin je trouve. The Attendants a interprété des titres de leur nouvel split Ep avec Heavy Heart.

Les canaris du punk rock se sont réunis autour d'un EP sans titre et d'une tournée propice à transfigurer un concentré sonique d’énergie vitale. C'est un disque de soutien aux caisses anti-répression du Grand-Ouest qui a été édité en 200 exemplaires au mois d'avril 2019, il se compose de trois titres par groupe, The Attendants dans la langue de Boris Vian en version post-HxC punk, et Heavy Heart dans le creux émotionnel intensif. Rencontre comme au temps de Michel Polac autour de ce projet généreux et combatif avant leur concert au Bar O mètre, organisé avec La Lune Derrière Les Granges.



Le trio a libéré l’axe post-punk de ses brisures soniques par un aspect que le punk rock ramène à une vérité crue. C’était frontal, savoureux, électrique, emporté.

La meilleure interprétation que l'on peut donner reste celle avec laquelle on se délaisse de tout pour en vivre intensément. C’était caractéristique du concert de The Attendants. Le groupe a joué serrer, sans retenue, avec une sincérité extraordinairement naturelle. Faisant fi de tout, si ce n’est d’être présent et donner le meilleur de lui-même.


Je sais au fond de moi que ce report ce n'est pas le genre de discours qui porte, parce que ce qui est important aujourd'hui c'est d'être là où il faut être vu. Le marché de l'économie est saturé de vice, la ligne occupée par des paroles de mots perdus au détour d'une publicité. Alors il faut que ça luise et reluire comme une barquette de frite bien grasse, parce que c'est toujours les meilleurs qui gagnent. Tu sais ce que c'est la gagne ? T'as déjà perdu alors.

Être vu ne t’empêchera pas de disparaître.

Le problème c'est que l’on n’arrive pas à vendre ce genre de soirée comme un produit accessible, à alimenter la curiosité, à donner l'envie de se déplacer. On pense que l'on est cool mais le cool est devenu une tendance de plus, un rien inutile enrobé dans un package étudié mais totalement expurgé de sa signification première, de sa pureté initiale.

Il faudrait que l'on se foute de cette situation, et que l'on continue notre délire comme on l'a toujours fait, intégré à notre mode de pensée, sans se soucier de rien, de quoi, avec qui. Aller de l'avant, avancer en ayant fait le pas de côté. Une chose est certaine rien ne se passera comme tu l'imagines. Tout arrive comme prévue, parce que quoiqu'il advienne, certaines choses doivent se produire.

Il n'y aura pas de victoire, il n'y a que le temps qui file, inexorablement, tu le sais, tu le sens, quand tu as fini de monter (grandir) c'est déjà la descente. Alors les mots se bousculent davantage pour exprimer les doutes et les regrets, les peines et l'espace restreint qui te gomme au fur et à mesure que tu te sens vieillir.

L'espoir s’assombrit uniquement si tu le souhaites, il n'y a pas de défaite, ce n'était qu'un concert de punk rock...Mais foutrement coOol. Il y en avait pour tous les goûts, mais il n'y avait pas grand monde, cette saveur est amère avec le recul, même si par l'inverse de grand monde, il n'y avait que des petits gens inconnus, il y avait nous, libre et commun, aimant sur la même vibration, pour une soirée lunaire, après la défaite de l'équipe de la ville, dans un coin du midi, loin de là où il faut être vu, mais pas entendu.



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samedi, avril 6 2019

HAPPY BIRTHDAY


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Une bien belle fête était organisée à l'Athanor dans la préfecture du Tarn pour les 15 ans du groupe Dirty Fonzy.





A 15 ans tu commences l'adolescence et encore, pour les plus précoces, mais tu sais quoi ? Je ne suis pas certain que Dirty Fonzy a véritablement franchi le cap de la puberté ? C’est toujours des jeunes chenapans qui foutent un raffut de mille millions de mille sabords de tonnerre de Brest ! Heuuuu d'Albi.


Le trio du WallaBirZine était présent avec le kit nécessaire pour filmer la célébration. Junk Cacahuète et Vince Big Gym Tonic en mode fêtard mais sXe pour ne pas être sacrifiés un peu trop librement au culte de Bacchus. Nous avions à notre disposition une pièce pour les interviews et l’aval pour placer les caméras : Junk dans le pit en kit main libre et la gestion de go-pro et Big Gym dans les hauteurs sous-plafond de la salle.

Pour ouvrir les festivités c'était avec les hardcoreux d'HypocondriaX. Ouaie il faut cela pour dessouder les cages à miel d'entrée. Ce que fit le groupe sans problème. On sentait que ça piquait au cheveu quand même, enfin, tout est relatif quand on mentionne le niveau capillaire du groupe. Il faut dire qu'il y a de la consanguinité entre les deux formations Tarnaises que sont HypocondriaX et les Dirty, et que la veille il y eut un arrosage automatique, parce que le soleil du compagnonnage avait réuni tous les proches du crew Dirty Fonzy pour se foutre la tête à l'envers. HypocondriaX portait bien son patronyme avec les maux proche d'une fièvre des barriques.

Le groupe a fait son taf, balancer sa hargne dans le pit notamment avec ces trois nouveaux titres parce que le jeune groupe de vieux hardcoreux d'Albi viennent de sortir un EP en format physique, la veille de notre rencontre ils avaient débuté allègrement l'anniversaire des Dirty Fonzy. Ils répondent donc de leur actualité avec la tapette d'un pie-vert dans la tronche.




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C’est à baba, c’est à yoyo, c’est à Bayonne que Shut Up Twist Again a débuté et non à St Tropez (pour le twist). J’ai du mal à imaginer ces gonzes en train de se foutre la tête en vrac habillés de blanc avec un foulard vert autour du cou pendant le raout vomitif des fêtes de leur cité. Bon, ils ont dû le faire plus jeune, cela n’a rien à voir avec leur musique. Pendant leur concert il y avait un fan vraiment too much des Wampas sur le devant de la scène avec un falzar zébré de l'époque d'Enfer magazine et le jeu de jambe de Dick Rivers. Attention je ne me moque pas, je suis incapable d'avoir cette prépondérante assurance. Le gazier, lui avait la même confiance que Corbier du club Dorothée et l’énergie du désespoir je pense pour s’agiter de la sorte. Quoiqu’il en soit il a fait le show.

Le groupe a exécuté un set ajusté entre la vivacité émotionnelle et le bouleversement fédérateur. C'est leur empreinte, d'ailleurs. Même après une pause de concert, et pour une reprise, Shut Up Twist Again envoie toujours la même intensité. Je suis vraiment rasséréné par la puissance que le groupe renvoie comme désir de vivre. Pourtant le public m'a semblé un brin timoré, et pourtant c'était sans compter sur la constante poussée des basques pour le faire sortir d'une forme relative de réserve à contenir sa désinhibition. C’est vrai que ce groupe est absolument tonique sur scène, et la pêche émotionnelle qu’il émet est de même acabit. Il y a de la solidité dans l’ossature musicale, une dépense d’énergie sans compter, le groupe rassemble vraiment autour de valeurs de partage, de communion, pour transmettre et partager en même temps dans un même lieu des sentiments, des centres d’intérêt, des valeurs, des opinions, des responsabilités ou des engagements divers… Il n’y a plus ici celui qui apporte et celui qui reçoit mais toutes les personnes concernées se retrouvent au sein d’une même réalité formant un tout.

Conclusion : Ce quatuor de punk rock propulse l'intensité d'une force brute avec une teneur fédératrice. En concert leur engagement est total, et dans leur auberge espagnole musicale il y a autant la patine mélodique américaine que la ferveur à fleur de peau anglaise. Ainsi ces bayonnais ont résolu l'équation d'un.e procrastinateur.rice avec la solution Shut Up Twist Again = « It's never too late to start again ». Pour en savoir davantage...




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Hey t'sais quoi ? On s'est fait avoir par le début du set des Nantais d'Heavy Heart en pensant que le groupe avait finalisé son soundcheck, et bien non il avait bel et bien commencé.

En live le groupe déploie vraiment ses ailes. C'est plus fort, plus passionnel que sur disque. C’est le constat que nous nous étions fait. Pourtant à mesure que j'écoute leurs disques il me revient une sensation avec laquelle et de façon intime s’est imposé une intuition. J'ai toujours attendu cette musique venir me caresser, et qu'elle existait en moi sous une forme encore trop vaporeuse pour en constater la beauté gracile. C'est chose faite désormais.



Un rêve chaud et humide à travers des errances émotionnelles, et puis quelque chose de doux. C'est peut-être tout simplement comme cela que je ressens l'indie punk de ces quatre jeunes hommes.

Dans le flou le plus tenace j'interroge le groupe par des images claires comme le conçoit Jean-Luc Godard.

Autre chose m'est venu bien après le concert (comme toujours), c’est au sujet de leur profondeur que je n'arrive pas à leur traduire en itw, elle a fait écho au groupe King Of Leon début 2000. Sur ce fait d'être saisi avec le cœur à vif par des jeunes gens capables d'une aisance émotive aussi intuitive qu'immédiate. Leur set était vraiment très cool. J’avais été téléporté lors de leur set à l’Xtremefest et de nouveau m’est revenu la même saveur, la même couleur, le même parfum de délicatesse et de fougue.


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En pleine puberté les Albigeois de Dirty Fonzy fêtent quinze années de punk rock et racontent la teneur de leur rocambolesque parcours, avec du fun, du fun et du fun.



Le brassage malté et le métissage musical font bon mélange chez Dirty Fonzy, et ce, depuis toujours. Quinze ans c’est l’âge du mercurochrome, à la question comment les Dirty briscards allaient négocier ce virage ? La question est simple, frontalement et avec le sourire aux lèvres. Un concert avec lequel le groupe a réalisé une rétrospective de leur discographie, et chaque changement de backdrop permettait d'évoquer une époque à travers le visuel d'un album. Il y avait pas mal de climats différents, dans le punk à rosser les enceintes, en version pub pendant la St Patrick, autour d’un feu de camp, dans une ruelle anglaise, etc…Cela aurait-il pu durer aussi longtemps que l'opéra rock de Martin Circus humblement intitulé La révolution Française ? Que nenni, puisque les Dirty ont réalisé en 100mn un set à chaleur explosive. Leur street punk est fédérateur, il aime la fête et le mélange, entre le punk celtique et le pounk furibard, c'est la déconne en tout genre, parfois même à roulette glissant sur sa cabourdise désinhibée. Les gars sont en places, les voix sont nickel, le pit est dans la parade, on ne tourne pas les serviettes pour autant.

Chez les Dirty seul le sens du partage compte et si tu calcules vite fait cela fait quinze piges, autant te dire que la cohésion en live, elle transpirait immédiatement. Vient le moment du parrainage des anciens avec le trompettiste Dirty Midier, du batteur Dadé Kool (intervenant principal pour le rafraîchissement houblonesque des gars sur scène tout au long du set) et du bassiste Fonzy. Les Albigeois terminent leur set à fond les ballons comme les Ramones. Sur scène c'est l'invasion au point qu'un jack ou une pédale de Johnny Guitare est touché.e, dans le pit Angelo Papas est descendu foutre du kérosène punk dans la meute imbibée de bière. C'est un bordel Fonzynesque et qui résume parfaitement leurs 15 ans de zguenitude punk totalement assumé.


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Entre les concerts on a pu papoter, et parce que Hey Bitches ça biche ! Retrouvez quatre drôles de dames sur le vif , elles ont formé un collectif pour rosir la brique Toulousaine dans l'organisation de concert underground. Rencontre.




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Le final c'était avec le grand orchestre Charly Fiasco.

Monsieur Boule fait du rap pendant le soundcheck, le grand orchestre Charly Fiasco était dans le 8.1 et dans la place, bro ! Avec le meilleur backdrop de toute la soirée sans conteste, malgré l'imposant référencement autobiographique du Dirty Crew. Les Toulousains finissent la soirée sans tambour ni trompette mais avec des guitares banchées sur secteur.

Le fait que le public soit resté est étonnant pour eux, alors que le groupe a quasiment la même longévité que celle des Dirty, et leurs titres sont devenus des hymnes familières à notre façon d'être.

J'adore ces gars. Je ne serais objectif pour traduire leur concert, ce qui ne signifie nullement que c'est du copinage. Si je dois leur dire quelque chose je sais que je peux le leur dire. Avec le temps et l'épaisseur de maturation nécessaire pour esbaudir un public un brin éméché vous pouvez être certain que ce groupe saura trouver les mots qu'il faut.

Les Poulidors du punk rock ont toujours le mot pour rire, la preuve ils ont une actualité secrète et des conneries éblouissantes à dire sur les Dirty Fonzy.



Le bassiste, El Roliano est le seul à avoir exécuté deux sets, et même d’affilés. Le lama du punk hexagonal n’a pas fait main basse (2 points) à sa réputation de crooner du glaviot, il a pu étendre 20 litres de salive sur scène pour que ses collègues passent en mode patinoire.

Pour être tout à fait honnête avec à vous, les charly parlent de manière répété et prolixe entre leurs morceaux uniquement pour calfeutrer un âge avancé demandant un temps de récupération de plus en plus long. A l’âge canonique des Rolling Stone un concert de Charly Fiasco durera 10H00 pour un set effectif de 50mn musical.

Que voulez-vous que je vous dise de plus, vite fait, mal fait selon le pessimisme du groupe ? Mais nannnnnnnn, c'était génial comme set avec un riffing de coupe à mulet des 80's et sa rythmique imposant l'état d'esprit de Motley Crüe pendant la période Shout At The Devil. Un chant bringuebalant des textes fins et à la limite de l'apoplexie en fin de set, surmontés par des chœurs de doo wop aussi sirupeux qu'entre les équipes de rugby du XV de Castelginest et du R.C Labarthe sur Leze reprenant l'invalide à la pine de bois a cappella en 3ème mi-temps, après un score honorable de 7 point Castelginestois contre 78. Oui, c'est effectivement cela qui s'appelle une piquette. Charly a su gagner avec le temps un taux de sympathie relationnel avec l'audace impromptue de ses capacités humaines, musicales, et d'interprètes. Ce groupe est un stimulant dans les domaines des musiques amplifiées et puis c’est tout. Partant perdant et toujours champion du monde invaincu comme étant le groupe à la cabourdise jamais égalée, et l'on oublie trop souvent de le mentionner, avec des textes ciselées et un punk rock qui accroche par son tempérament explosif et foutrement cool.


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Retrouvez toutes les ITW, les lives sur la Chåine WallaBirZine.


Remerciement à la team WBZ Junk Cacaouète & Jus d'Orange/ Vince Big Gym Tonic ; aux orchestres Dirty Fonzy, Charly Fiasco, HypocondriaX, Shut Up Twist Again, Heavy Heart, au collectif de super women Hey Bitches, tous.tes les zguen copains.ines de Pollux/Xtremefest, les Aveyronnais qui parlent super bien l’anglais, le fan des Wampas, et tout ceux.lles présent.es à cette aniv.

Je voudrais remercier tout particulièrement les deux jeunes gars qui se sont pointés devant Junk Cacahuète pour le remercier de la qualité des vidéos et l’éclairage que nous apportions à la scène underground. Ça c’est le meilleur compliment que vous pouviez nous faire, vraiment.

XXX

Bir

Report réalisé pendant l'écoute de l'album éponyme de Tempel, Teenage Bottlerocket Stay Rad, The Claypool Lennon Delirium South Of Reality.


WBZ : Le sens de la fête


dimanche, mars 10 2019

Bubblegum Dreaming


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Être vrai, c'est souvent être incompris.

Au milieu du tissu industriel de la compétition égocentrique, la vérité n'arrive pas à se faire reconnaître, à se frayer un chemin dans la broussaille éblouissante des marchands d'illusions du monde mercantile...Liant d'un même district où tout se façonne, se mélange et se juxtapose, de l’underground à la pop culture jusqu'à en avoir une overdose.

Pourtant aussi paradoxal que cela soit, la pop culture nous accompagne et nous nourrit pour nous frayer un chemin dans la nuit de l'existence.

On se nourrit de culture comme un nutriment essentiel à notre stabilité existentielle. On s'y hasarde par des plats riches et condensés que tout diffère, tant les formes, saveurs, couleurs, olfactions, sens. On rechigne parfois par vision idéaliste à notre prétention au goût subjectif, alors que celui-ci tient à notre entêtement pour une légitimité nostalgique, et à l'incompréhension de ne trouver quiconque pour partager cette intuition, afin d'y transfigurer le même ébranlement émotif. Cette destinée mélomane est une obsession/possession. On y prend goût, on ingurgite jusqu'à l'excès, on a l'appétit pour perfectionner son palais, le temps à saveur de maturité pourtant la digestion est lente, on le sait. Mais rien n'y fait véritablement, on revient toujours au premier coup de sang/cœur, vers cet électrochoc subtil. C'est une histoire secrète de sensibilité affectivité inexplicable, parfois même inavouable.


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Ainsi il en est de plus importants que d'autres, qui servent de phare, et nous permettent d’adhérer plus profondément à la vie, de s'éloigner de l'instabilité, de trouver l'équilibre à travers une énergie positive, pour ressentir la vibration qui fait battre le pouls dans le sens de notre profondeur, c'est là que l'on se sent soi, et si proche de cette vibration commune.

La pop punk s'est élevée dans la pop culture en un fragment figé d'émotions. C'est un instantané en technicolor d'un mélange que l'on a pu emmagasiner par des films, disques, nourritures, parfums, etc...Chacun a pu se projeter dans ce macrocosme culturel, tissant sa propre toile pour en faire une histoire, car il y a toujours un lien à chaque étape de notre vie.

Répandre un maximum de sucre mélodique pop punk fait partie de la fougue de LAME SHOT, composé d'adulescents survitaminés de teenage movie, de punkgum et de fun attitude. Conversation à la coöl !



À l'extérieur les discussions sur les remous du retrogaming d'arcade, jeux de rôles et le rituel des sucettes à cancer sacralisent la réflexion de Marilyn Manson dans Mémoires de l'Enfer 2000 « Si chaque cigarette que vous fumez vous enlève sept minutes de vie, chaque partie de Donjons et Dragons repousse de sept heures la perte de votre virginité »...Mais déjà LAME SHOT est dans le game. Le sourire énergique de Teenage Bottlerocket se répand instantanément pour un set à 400km/h. On prend une sacré dose de vitamine et de guimauve. Des solos exécutés à 1 doigt légitiment la création de cette bulle de pâte à mâcher que Lame Shot abreuve en trip juvénile punk.

Mais au fait, où est passée la jeunesse ? Pas en concert en tout cas. Alors c'est comme ça désormais, elle est enfermée dans l'autre monde…Le virtuel ? Elle se fabrique sa propre Geek culture ?

À force de leur marteler que tout était foutu et condamné, tout est recentré sur ce mode de décompression, loin du tumulte de la réalité. Est-ce une nouvelle échappatoire ou une prison dorée ?


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Chacun comble son vide dans la fugacité du temps qui nous échappe.

Heureusement il reste encore des punks rockers pour faire frémir une évidence avec certitude, pour discourir sur la banalité avec authenticité, pour donner une vision du réel avec ce qu'il faut de folie et de délire, et surtout le ressenti est toujours physique et émotionnel. Quand je constate le temps que passent les adolescents à regarder des blogueurs jouer dans leur délire virtuel, je n'ai qu'une chose à leur dire : Mais venez en concert vous ébouriffer et vous sortir de votre idole (talisman) internet. Ce n'est pas effrayant la vie, justement c'est exaltant d'assister à un concert de pop punk, il y a des couleurs mélodiques qui ont le même goût sucré que des lèvres timides. Il y a les rires amusés que l'on a naturellement pour (re)découvrir les premières vrais émotions. On perçoit dans ce concert le goût de la réminiscence, là où le souvenir est l'ombre de la perception savoureuse du marshmallow punky.

Lame Shot joue à bloc, s'éclate à adoucir la force tranquille de ses chansons, volubiles, élastiques, chaque titre possède le goût tenace d'une friandise avec la tonicité d'une praline en pleine tronche. L'amplitude de l'exécution est géniale, les gars sont dans un super mood, Julien à la batterie fait ronronner les toms dans une atmosphère de Chupa Chups, Romain Boule est en mode relaxation suprême, il tire la langue comme un lézard en plein soleil, les voix s'accordent à merveille, Mathieu (chant/guitare) est à balle rebondissante, c'est carrément du sucre glace...Puis tous ces Oh! Oh ! Même le doop-wop n'est pas aussi mielleux. Je pense qu'à la fin du set tous les diabétiques sont morts depuis le second titre.


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Heyyyyyy ce n'est pas que ces gars refusent de grandir, en fait ils vieillissent comme tout le monde, c'est juste qu'ils ont toujours gardé dans leur cœur les mêmes yeux que l'espièglerie de Kevin McCallister dans Maman j'ai raté l'avion. Ceci dit, la figure immature adulescente est sous-jacente, car l'épanouissement émotionnel est d'une sincérité touchante.

Je ne sais pas si vous êtes au jus mais le chewing-gum pourrait être un responsable de l’hyperactivité, c’est du moins ce que démontre une étude mettant en cause de benzoate de sodium (E 211), principal conservateur présent dans la composition de la pâte à mâcher.

Merde ce n'est pas possible autrement mais Lame Shot doit s'en enfiler par palette entière avec un set de cette explosion juvénile !


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Juste après c'était à NOT SCIENTISTS !

Ces quatre garçons en noir éclairent la noirceur d'une électrisation émotionnelle dark pop, en confectionnant des mélodies punk rock aussi sucrées que profondes.



Depuis leur second album, l'éblouissant « Golden Staples » le groupe a gagné autant en plénitude qu'en amplitude. Les voir en concert j'en trépignais depuis des mois, et je n'étais pas le seul, loin de là, la veille le groupe a joué à Toulouse à la Cave à rock organisé par le collectif Hey Bitches et c'était sold out.

Dès l'ouverture du concert le groupe se charge d'une forte électricité statique dans son intensité pour faire éclore la beauté du clair-obscur. C'est une alchimie sonique qui tout en restant trouble diffuse une lumière étincelante et pose un regard clair.

Dans les réminiscences de la puberté gommeuse et romantique il est assez facile de se raccrocher aux émanations mélodiques de celle-ci, la trace laissée est indélébile.

Le groupe sonique rugissait de ces riffs chargés de foudre cristalline. La rythmique élégiaque abondait de la même finesse d'horlogerie avec son touché intense, elle marquait chaque temps en donnant vie au cœur battant d'une musique hors d'atteinte du sentiment d'éloignement. Dans le sens où Not Scientists possède cette capacité créatrice de toucher plus rapidement aux émotivités enfouies en chacun. Dans cette furie de noirceur crépusculaire la basse donnait cette épaisseur qui met à jour la nuit en une éclipse solaire pour que dans le haut de nos rêves file les étoiles.

Guitares cristallines, basse ronflante, chant acclimaté à la cette saveur dark pop punk, whaouuuuuuuuuu...Not Scientists rayait ce ciel de craie étincelant avec l'exaltation de toucher les cimes du post-rock. C'était tout à la fois une explosion juvénile et une émotivité mélancolique ciselée par la maturité des désordres que l'existence cabosse pendant un crash test perpétuel. Un super set !!

Pour fêter leur 400ème concert un problème technique est survenu paralysant le set d'un instant impromptu, comme une sorte de clin d’œil pour le prochain groupe, Maladroit.


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Dans les compositions pop punk de MALADROIT on se retrouve immerger dans un film de John Hughes, on te projette dans un univers hyper coOol, et leur dose de fun mélodique colle mortellement sous la converse. Illustration parfaite avec cette ITW.



Bien entendu c'est la frimousse de Molly Ringwald  que l'on discerne avec cette power pop bubble-gum, et les illusions fugaces de la pop punk des Gonnies, parce que c'est l'enfance qui fait racine, et que Maladroit revient sans cesse à cet ancrage pour continuer à découvrir, à rêver. Tout en n'étant pas assez fou pour incarner Tandy de la série The Last Man on Earth .

Impressionnant, le groupe n'a jamais donné dans le spectaculaire et à aucun niveau pendant son concert, tout était brut de punk, jusqu'à être saisi par le mystère de la sensation éphémère. Sorte d’inflammation intense et état d'esprit libre comme le concevait Kurt Cobain: « Il vaut mieux brûler franchement que s'éteindre à petit feu ».

Il n'y a eu pratiquement aucun temps mort, le groupe a envoyé les titres à 450km/h, avec une super énergie. Till avec un chant corrélatif à celui d'Olivier, avec en plus le glam azuréen de ses ongles peint. Forest est toujours aussi dingue sur scène à faire une tronche pas possible, et c'est l'éclate. Parce que comme me le soulignait le batteur Chamoule (ce gars dégage énOrmément de douceur en lui) après leur set: on fait cela pour le fun .

On pourrait rajouter la phrase de Romain Gary : « la plus grande force spirituelle de l'humanité c'est la connerie ».

Hey parce que niveau couillardise, Maladroit c'est des bons ! Le moindre délire finit sur disque, et s'ensuit une tournée, les gars sont réactifs, aucun problème. Ahh si, il y a eu un léger souci de sangle d'Olivier, elle ne tenait pas. Non mais, trois fois rien quoi. Tous les 2 titres il jouait avec la guitare posée sur la cuisse, tout en gardant l'obstination de conserver musicalement une main de fer dans un gant de velours, et je vous prie de croire qu'à cloche pied dans un set de pop punk joué à 450 km/h, c'est quelque chose !

Maladroit est gauche comme un Pierre Richard dans ses œuvres. Il est aussi hyper attendrissant que lui. Dans les gênes du groupe il y a un truc asocial, puéril, fragile et vulnérable avec toujours une force de caractère dans sa puissance mélodique. Quelque chose de l’ordre d’être à moitié nerd punker/moitié pinky geeker. Le groupe ne se prend peut-être pas au sérieux mais réalise tout sérieusement, avec une franchise absolue, faisant exploser une énergie expiatrice, c'est simple et direct. Dans leur Delorean il n'y a pas de rétroviseur. C'est instinctif et fun, c'est un comburant parfait pour allumer le feu intérieur et s'élever…Loin, dans un monde peuplé d’images folles et de sensations éphémères, mais puissantes.


Grandir c'est le rêve de tous adolescent.es, mais la supercherie c'est qu'ils vont apprendre plus tard que les adultes refusent tous de vieillir. On a grandi avec les bobines de la pop culture américaine, on restera longtemps de grands enfants, pas assez mûr pour croire à l'existence d'une vie épanouie avec celle qu'on nous oblige à prendre. On préférera entendre crépiter le cœur chatouilleux de la frustration adolescente vers les vertiges de l'inconnu à l’âge adulte, parce que c'est la nécessité de témoigner de l'existence de ces phénomènes musicaux juvéniles avec lesquels nos vies n'ont plus jamais été les mêmes.


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Pour cette soirée j'ai eu la sensation que les groupes se sont tirés la bourre, pas dans le sens de compétition du terme, mais dans cette profusion d'émulation d'énergie active et positive. C'était vraiment très coOol à vivre, c'était fun, car il y avait beaucoup de complicité, de simplicité à libérer la fougue juvénile.

* Retrouvez toutes les vidéos (ITW & concert) de cette soirée via la chaîne du WBZ. *


Cimer suprême à l’organisation de La Lune Derrière Les Granges, au staff du Bar Jean-Jaurès, à Lame Shot, Not Scientist, Maladroit.

Il est à noter qu’il y avait la présence du luthier Charlélie Courtois à cette soirée, venu présenter ses dernières guitares, du très beau travail de finition.


Les concerts dans un rade avec un public qui parle autant le Bukowski au cognac que le chewbacca straith edge, c'est là que se trouve la vérité jouée par des passionné.es, de vrais fous furieux.ses qui peuvent traverser le territoire et jouer sur une sono qui hurle du feu devant 10 gugusses. Il n'y a pas d'épiphénomène à cela, c'est juste une vérité incompréhensible que tu identifies comme une bulle ‘’communautaire’’, une vibration positive, un lien vivace.

L’existence est faîte d’interprétation sensorielle, d’instinct primaire, de distance amovible, de fêlures et de pause méditative, je ne vois pas comment avec ça on peut s’en sortir indemne ? On ne peut que vivre passionné, amoureux, romantique, mélancolique.

XXX

Bir

Report réalisé pendant l'écoute des E.p de Cigarette After Sex, de l'album de Bob Mould Sunshine Rock, Public Enemy How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ?, Together To The Star An Oblivion Above.


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mercredi, février 20 2019

HARDCORE Session Albi Round 1


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L’inaudible est une frustration, une blessure.

C’est aussi un moteur, une dynamique, ayant la capacité de sublimer sa vie au-delà du schéma classique.

La bifurcation vers l'underground n'est pas un itinéraire bis, ni une voie d'exclusion. Mais pour beaucoup, il s’agit davantage d’une délivrance, une réaction épidermique, une démangeaison active, un parallèle existentiel, un choix de vie alternatif. En vivre l'intensité vous projette dans une sphère généreuse, dans un manège d’adrénaline et de vulnérabilité tout à la fois.

Il faudra toujours être inventif, réceptif, fraternel. Faire fasse à l’adversité, s'ouvrir au monde, trouver la force de puiser dans son feu intérieur à chaque pulsation musicale.

Ceci, on en entend l'existence et la déflagration dans le Hardcore.

Dans les 90's sur Albi il tonnait des concerts de punk et de hardcore, et énOrmément de gens ont vécu ces instants d'explosion sonique. Tout ceci grâce à Pollux asso, qui a depuis élargi sa gamme de styles musicaux, jusqu'à engendrer l'Xtremefest. Le festival des musiques extrême du sud de la France, qui aura lieu du 1er au 4 août 2019 pour sa septième édition.

La finalité de la programmation devrait être bientôt dévoilée, mais « Shwiiiiiiiiing » comme dirait Wayne’s et Garth. On trépigne déjà d’y être...



Les deux amis, David et Gim, les co-fondateurs de Pollux asso, ont conçu ce qui au temps de l'adolescent paraissait improbable, et si le temps est passé en un claquement de doigt, il y a toujours cette flamme intérieure avec laquelle l'enthousiasme, et une frustration vécue pendant l'adolescence à s'ennuyer dans un bled du Tarn, a poussé ces deux jeunes à façonner, à rendre réel une pléthore de concert, et de bouleversements émotionnels reçus, justement en concert.

Vivre le spectacle vivant est primordial pour partager avec d'autres. La problématique c'est qu'aujourd'hui les gens s'enferment jour après jour dans une dépendance virtuelle assez castratrice. On leur donne l'illusion de partager des émotions, alors qu'on utilise leur temps de cerveau disponible pour cerner leur attrait et diriger leur désir. Ce qui en soi est à l'opposé de l'underground. Voilà où nous en sommes.


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Le 09/02/2019 il y avait un retour des HxC sessions Albigeoise, quatre groupes avec quatre variations hardcore, organisé par Pollux Asso pour une before Xtrem Party. L'équipe du WallaBirZine était présente, avec : Junk cacahouète & jus d'orange, Vincent Big Jim tonic et oim. Un trio de choc, avec la malle pleine de matériel afin de vous apporter la révélation de cette soirée.

Quand on arrive un des gars de l’appel des tympans dégorge dans sa barbe en nous parlant à travers une petite mine de sa soirée festive de la veille. On partage avec ce duo le local à vestiaire qui deviendra le lieu des interviews avant que la soirée ne s’entame. Chacun trouvera rapidement ses marques et une très bonne entende pour la gestion du planning des interviews.

Toujours aussi belle et majestueuse, la Salle de l’Athanor et ses colonnes de briques imposent une somptueuse verticalité de basilique, longtemps appelé « Le Gymnase » et associé à l’ensemble du bâtiment qui hébergeait la Scène Nationale d’Albi et d’autres associations culturelles, l’Athanor est une salle de spectacle modulable de 221 places. À partir de sa création en 1895 en tant que gymnase elle est devenue une halle aux grains, une salle de réunion publique puis une salle de spectacles depuis 1984. Elle se situe sur la Place de l'Amitié entre les Peuples, ce qui correspond tout à fait à l’éthique de l’association Pollux.


C’est GET REAL qui entame la soirée.

Dépucelage en règle et baptême du feu avec les hardcoreux de GET REAL pour leur premier concert et première interview, l'ensemble a été réalisé lors de la before party Xtreme FEST Hardcore Session Albi du 9 février 2019 organisée par Pollux Asso.



Le groupe débute son set et contrairement à ce que l’on pourrait supposer pour une première, Get Real est décomplexé. Cela fait 6 mois que le groupe est enfermé dans son local de répétition et c’est pile le moment de lâcher la fonte en concert. C’est un euphémisme d’affirmer que Get Real vit l’instant, s’engage dans son ressenti car c’est quelque chose que l’on sent vibrer en soi. L’impact de leur hardcore est bien palpable. Ce n’est pas des novices non plus puisque Get Real est issue d’anciens membres du groupe Strides Against Lies. De ce fait les horizons musicaux et la dynamique se rapprochent de celle des 90’s, avec une forte prédominance de thème opulent, lourd, pour un riffing costaud, crépitant de débordement que je considère à la croisée de Madball aka Therapy. C’est perceptible, efficace, et le groupe parvient à libérer les corps dans le public avec une jeunesse qui commence à se foutre pas mal de pralines dans les côtes flottantes. Il y a un jeune crane rasé qui a valdingué assez loin, je le croiserais plus tard dans la soirée avec un mouchoir sur le tarin. Get Real décharge son mur du son, les structures métAl HxC fournissent le choc frontal. Les gars appuient, ils jouent « à la maison » et je pense qu’ils ont bien vécu leur première fois avec 5mn avant de monter sur scène le trouillomètre à niveau zéro.




Dès que vous sortez de votre ‘’périmètre communautaire de punker’’ vous devez faire face à Monsieur tout le monde, lequel vous oppose bien souvent la démonstration du chant contre le cri, entre le velouté vocal de la variété pop au déchirement inaudible du punk HxC. Si il ne comprend pas le contraste, différence de vue, de valeurs, distanciation, dîtes lui que les télé-crochets de la chanson triomphent de modernité lors de la victoire d'un gagnant ou d'une gagnante, car il n'y a pas de sexisme au sein de cette lutte des classes vocales, il ou elle sera de type caucasien. L’hypocrisie peut s’entendre dans le punk mais seulement pour ironiser sur la pop culture.


FIRE AT WILL électrise un subtil mélange de hargne et d'émotions pour un HxC mélodique intense. Vous retrouvez dans l'interview qui suit le groupe avec la ferveur volubile de leur conviction, de leur créativité, de leur existence à travers le hardcore PMA.



Les Toulousains de Fire At Will abondent un hardcore punk mélodique, aux textes efficaces et chargés d'émotions. C’est une musique enthousiaste portée par le fer de lance d’une intensité fédératrice sur des morceaux chantés et criés autour d’une propulsion émotionnelle, d’une communion vocale, avec un envol mélodique et une vague énergique (pour ne pas dire tsunami). L’attitude des gars est PMA. Ce n’est pas pour rien que c’est mentionné sur un de leur t-shirt. Puis positive mental attitude ce n’est pas voir le verre qu’à moitié plein, comme dans tout échec un avant-goût de la réussite à venir.

C’est une attitude respectueuse qui prend en compte beaucoup de paramètre entre les rapports humains. Être positif c’est un engagement, et j’ose dire une responsabilité même. C’est une équivalence à la politesse. Je sais que cette pratique augure un comportement de bisounours assez peu compatible avec l’esprit de rébellion que requiert le fait d’être underground. Ce qui en soi est complètement con, puisque même en ayant fait un pas de côté, tout en étant dans la marge, on reste sur le même plan, et donc quoiqu'il advienne, on reste tributaire de composer avec l’ensemble. Ainsi il apparaît plus probant d’avoir une attitude positive plutôt que réfractaire à tout, si l’on veut avancer un minimum. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut être en accord avec tout le monde et sur tout, puisque ne l’oublions pas et ceci nous façonne entièrement : L’indépendance du libre arbitre définie cette scène.

Par exemple, on peut sans dissuasion forcée te demander ta participation pendant un concert de hardcore. Il s’agit ni plus ni moins d’une interaction, de faire corps avec la musique, et avec Fire At Will se jugule en plus une exaltation émotionnelle.

Ok quand la personne possède un charisme de dominant et t’impose son commandement bien souvent le public répond à cette menace, à ce défi, à cette intimidation. Dans ce cas-là il s’agit d’un jeu dominant/dominé fort fréquent dans le HxC. Par contre si tu es trop timoré ta demande n’aura aucun répondant…De toute façon là mis à part faire du shoeagaze et se regarder les pieds dans un brouillard de fumée avec une casquette rabaissée, je ne vois pas de solution quand tu es sur scène derrière le microphone ? Si, peut-être avec du mime !

Fire At Will est un phare émotionnel, il y a dans sa musique une densité de contrastes. Dans le public c’est un mélange hétérogène de punk iroquois, de skin, de métalleux, de punker, hardcoreux, de vikings new age, et oldschool avec la descendance d’Odin, puisqu’il y avait un gars habillé de peaux de bête, tous unis dans cette soirée « oldies New school », dans le sens où elle fait revivre les sessions Albigeoises de jadis et sème celle du 21ième siècle.

Le guitariste en interview est posé, sur scène t’as carrément l’impression que c’est un jouet à pièce, une fois que t’as foutu un jeton, il s’agite telle une pile à nerf.




IN OTHER CLIMES c'est du Thrash HxC qui utilise son énergie bestiale pour faire de chaque spectacle un véritable acte messianique, en plus de te décalotter et de te foutre une grOsse mandale sonique.

En interview c'est un bordel sans nom, et c'est ça qui est bon avec ces gars en mode Megäteuf 24/24. À coté AC/DC c’est Pipo et Molo font du ski, bonne nuit les petits, un suppo et au lit, attention au vomi !



In Other Climes est un alliage de riffs thrashy violemment outrecuidants et rapides, avec une alternance de breaks ravageurs sur des plaques rythmiques lourdes. Junk a avoué s’être fait molester durant tout le set, et il a pris deux bons reculs au pied de la scène en captant le set. J’en ai pris un sur le crash barrière de l’ingé son. Mis à part les tenanciers derrière le zinc, tout le monde à ramasser, ah si, Vince Gim Tonic tout en haut des places assisses était sain et sauf à filmer peinard, le planqué.

L’arrivée sur scène se réalise avec la musique du film ‘’Irréversible’’ de Gaspar Noé, puis thrash party Hardcore de badass, c’est lourd, cossu, dense et avec un putaiiin de groove à faire suer les Jackson Five, heuuuuuuu, four ? Ou il en reste moins que ça, j’sais plus ??

Mosh part, circle pit, concours de bite (c’est le bassiste qui a la plus grosse, je le rappelle), oui c’est une tuerie sur scène, et dans le pit c’est de la charcuterie. Le groupe envoie les gros riffs qui tache comme le cubis de Tonton le dimanche en famille, les solos sont aiguisés pour molester et laisser des cicatrices vives, le chant est bien vénère, gorgé de ce fiel insidieux qui baigne dans son jus de folie, la rythmique est en acier. Oui, il faut au moins cela.

C’est la version thrasheurs de Motörhead Vs Madball aka Machine Head, et à la Niçoise, avec les vibrations primitives de Sepultura en pleine pampa. Foncièrement il y a une forte ascendance scénique, telle une véritable machine de guerre, In Other Climes a foutu une branlée, et il n’y avait pas assez de sopalin. Est-ce que tu aimeras ce groupe pendant ta phase de réveil en début d'aprem baignant dans une piscine de vomi refroidi et la tête dans l’trou des chiottes ? Ben oui, et même en dévoilant un léger rictus de joie sur la lèvre supérieure, si tu veux le savoir.

Je vois ce set comme un divertissement léger mais pertinent, porteur de concepts sous-jacents qui dénotent un engagement viscéral vis-à-vis du sujet sociétal. Le Sphincter a dit quoi ? Megateuf style mec. Ouaie c’était carrément un passage à tabac, et là je ne te parle pas des conséquences que provoque une consommation excessive de gauloises sans filtre. Je pense que chaque membre serait capable de se produire dans un match de catch colombien, c’est too much, bien au-delà du spinal tap classique du heavy metal, les gars sont carrément dans Wayne’s World, Chacun à son rôle à jouer, et donc sur scène c’est un véritable cinoche à la Clint Eastwood.




Point info sur des albums futurs. Oui parce qu’en généralement en concert on rencontre d’autres groupes et on en profite pour prendre connaissance de leur actualité…Hein ? Les réseaux sociaux de quoi ? Nannnnnn Dude, j’suis oldschool, c’est par le biais de la rencontre que je fonctionne. Donc :

Ben&Fist est en train de plancher sur leur prochain album, toujours dans leur mood déprestif, mais en plus, même si je ne peux rien dévoiler, déjà je kiffe un max l’orientation musicale comme le guitariste et compositeur m’en a évoqué le sens.

Plus véloce, j’ai vu le batteur et chanteur des hardcoreux/thrasheurs de Black Mountain Bastards et déjà ça cogne un max au pied de la Montagne Noire pour un E.P ou album en vue…Quoiqu’il en soit il y aura et ce sera foutrement cool. Les gars étaient super enthousiastes, motivés à fond de se foutre des pralines dans le local de répétition, d’ailleurs aller voir leur FB car ils ont plusieurs dates bien sympathiques, notamment une à Toulouse à l’Usine à Musique avec le crossover thrashy des Autrichiens d’Insanity Alert (Xtremefest 2018). BMB sera présent dans la déflagration de la Mosher Team pendant le MOSHFEST N°5 au Secret Place de Montpellier. Bien entendu en concert BMB ça tabasse, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Puis dans la ville rose, il y a le prochain opus d’Alea Jacta Est qui sera aussi solide et structurellement munit d’un délire cinématographique bien fun, comme leur nouveau T-shirt en distingue le délire via l'Useless Pride Records.


STINKY est un quintette de punk hardcore mélodique depuis 2010 avec Comeback Kid comme influence, ainsi que Champion et Bane.

Le groupe s'est depuis forgé sa propre identité musicale à force de concert et d'albums fracassants. Cette interview réalisée lors du Hardcore Session à Albi le 9 février 2019 organisée par Pollux Asso dans le cadre de la before party Xtreme FEST met en lumière les diverses latitudes et actions qui ont composées le groupe.



Dans le fracas du monde, dans les errances qu’il impose, on entend souvent l’agonie venir se répercuter en un cri puissant, véritable détonateur à l’exhortation. Le hardcore est un cri. Un cri de résistance rendant gorge à un désir de vivre et de vaincre face à l’agonie. C’est aussi une cellule de crise, œuvrant par principe à défendre des valeurs humanistes, au bien fondé du collectif pour une unité de combat dans le contre choc physique que cette musique incite. Dans un monde ultra-compétitif où l’on croule sous les menaces diverses et variées, et même d’extinction, où l’omniprésence du narcissisme englobe tout intérêt parce que chacun suit son personnage et l'opinion qu'il a de soi, le collectif souligne une valeur refuge que le narcissisme contemporain assassine.

Tout le monde ne peut comprendre le Hardcore, comme je ne peux comprendre de payer 40 euros un repas gastronomique avec la moitié d’une endive cuite à l’eau plate posée sur une ardoise que souligne un cercle de jus de citron et trois gouttes d’une purée d’un truc dont la saveur m’échappe encore, et que de toute façon je n’ai pas pu le constater suffisamment en bouche puisque pas assez dans l’assiette. (=Enculade de la st Valentin).

Tu vois j’ai compris qu’il faut absolument que je mastique longtemps la même saveur pour en comprendre, en savourer tous les plaisirs. D’autres fonctionnent différemment, ils sont plus réactifs, dégourdis, sagaces, brillants, mondains, compétents, mais je me sens tout aussi éveillé qu’eux. Si je ne peux saisir les nuances artistiques d’un robinet usagé contre une canne à pêche jaune dans un centre d’art contemporain, pas plus qu’y voir la lumière constructive qui s’en dégage, je sais la valeur qu’un groupe de hardcore libère en moi, ce que signifie son inépuisable robustesse de tracer pendant plus de 6h00 de route pour 40mn de set, pour y fendre le précipice d’un quotidien avec rage.

Le dernier groupe de la soirée c’était Stinky. Leur HxC dispose de nombreuses influences variées avec lesquelles le groupe marque à intervalle régulier la multiplicité de leur hardcore combatif, résolument aguerri par une forte énergie positive. Les Nantais appliquent un set efficace, ils prennent l’ascendance assez rapidement, découvrant de leurs titres percutants une irrémédiable résistance à la passion. Le groupe enregistre un clip en live avec le délire dans le pit, par cette ardeur, le public en ressent la ferveur et la puissance du collectif fait le reste. Chacun accomplie son être et donc sur scène c’est un véritable cinéma, à la Robert Redford, et une résonance au « Ain’t got no, I got life » de Nina Simone.

Les riffs percutent, la rythmique suit le chant avec une énergie revigorante, ça groove avec le corps d’une musique en osmose et l’état d’esprit du public est le même partout, filles et gars dans l’unité, sans distinction, tout simplement, naturellement.



Chacun a son hypothèse de vie, sa résistance existentielle, sa solution de survie, son repli communautaire car fatalement on revient à la source auprès de personnes en qui on ressent la même ferveur, la même passion, non pas parce que c’est rassurant, mais parce que c’est vital face au mythe, facétie, prédiction. On peut laisser le marchand de sable passer et tomber dans le déni, mais au bout du compte on sait très bien la vérité qui nous fait tonner l’existence, et à ce moment là ce n’est plus une illusion de plus vers l'obtention d'une quête, d'un but à atteindre, juste pour accomplir ce que fait n'importe quel interrupteur, s'allumer et s'éteindre tout à la fois. C’est l’essence de ce que vous êtes !

Merci à Pollux asso/au crew du Xtremefest, à Get Real, Fire At Will, In Other Climes, Stinky, et à toi public qui est la dynamo du courant alternatif underground.

Retrouvez toutes les vidéos sur la chaîne WallaBirZine.

CiaO)))

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Bir


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lundi, février 4 2019

 Little Bob Blues Bastards


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Il est de ces histoires qui s’inventent une prophétie et avec lesquelles le monde bascule autour d’une invention de rituel et de divinité. Les griots se refilent la pépite à travers un langage rythmique qui claque entre les dents un sortilège venimeux et ensorcelant. Si la terre des hommes des cavernes tourne autour du soleil avec la vitesse de rotation que les pales d'un Bell UH-1 Iroquois surnommé « Huey » chez les Viets, il en va autrement dans celle où les guitares électrisent le cœur et où le temps n'a plus la même prise...Branché sur du 220 ? 380 ? Qu’importe ! L'électrisation passe toujours.

Il existe ainsi des êtres périssables dont on garde un profond respect tant les secousses électriques que l’on a échangées demeurent l’épicentre d’un lieu de culte.

Dans la marée portuaire des cendres de la seconde guerre mondiale le petit bob a grandi avec l’artillerie lourde du rock’n’roll. Il en a rutilé la sonorité rebelle sans jamais en omettre la beauté irradiante, la caresse vipérine, la lubricité féline. Toute une vie accordée à la tumeur rock’n’rollesque avec sa trajectoire de comète Haley, de contorsion Pelvisienne, de bigoterie Chuck Berrytesque, à faire rouler la pierre angulaire d’une énergie vibratoire sans commune mesure dans celle de l’humanité.

Dans le moindre mag de rock du siècle dernier, il y avait souvent une brève sur un skeud, un concert de Little Bob, et dès ton premier concert avec le Havrais tes poils pubiens se hérissèrent comme par magie. Ne me dis pas le contraire, ça nous l’a fait à tous.tes.

Le sacre d’un tour de piste est passé au Boleg' de Castres un dimanche en fin d’aprem, avec le poivre et sel des fourrures des convives. Je m’y rencarde avec mon cadet, douze ans d’âge et l’œil affûté à fortnite.   Le groupe déboule sur scène et le petit Bob entame a cappella. Le sudiste a le sang chaud mais pour une fois il ferme sa gueule. Tu m’étonnes ! Le velours vocal de Little Bob mérite le déplacement et la vénération, du moins autant que la loyauté qu'il a voué à la culture du rock’n’roll.

Pour mettre à l’honneur ce grand petit homme, l’équipée sauvage Blues Bastards écharpe les enceintes d’une liqueur ouatée par les âges des pubs et des salles fécondes en chaleur bestiale.  

Le blues, le rock’n’roll mec, c’est un truc de contrebande. Pour les jeunes d'aujourd’hui et les évolutions musicales, c’est obsolète, c’est carrément charrié vers le rebut musical, direct. Du rock à papa juste bon à faire rougir des prothèses de hanches avec un goût nostalgique de barbe à papa d’une époque révolue à jamais. Ah les ptits cons !

Ouaip, mais n'empêche, le groupe mouline sur scène la saveur ambrée, et les gorges chaudes humides reçoivent la liqueur rock’n’rollienne à pleine lampée. On reçoit la tendresse du petit dans son regard mielleux, et cette putain de voix rocailleuse, unique vous ricoche dans le cortex en libérant le stupre vibratoire d’une musique bestiale, foncièrement issue de la classe ouvrière. Les Bastards forgent chaque titre, le font tourner comme une boule en fusion et le chant du petit le façonne, à coup de ciseau à bois, net et précis, à coup de marteau sur un chalumeau en feu. C’est dans ce mythe de l’acier que le groupe ferraille son art en bandant son set. Puis comme le petit vieux n’a plus le même jeu de jambe, la sérénité d’une ballade à cœur ouvert opère vers cette tendresse tigrée entièrement dévolue à satisfaire une humidification des parois vaginales.

Mon fils se dandine, ce ptit con vient de prendre son premier shoot, le venin est inoculé je ne doute pas des effets à venir…Il se retourne et me dit que le vieux ressemble à maître Yoda… ! Merde, ce gosse a hérité de mon humour à la con.

Le gars est une oldie à lui tout seul, certes, il sait qu'il n'a plus la vitesse, par contre il a l'intensité et l'éternité dans nos yeux pour faire reluire la brillance du rock’n’roll. Dans l'air flotte un mélange de térébenthine, d'argot de polar et de coup de grisou tout à la fois, une urgence dans un instant de bourdon et de whisky mélancolique.

Pendant que le contrebassiste frappe son instrument les riffs percutent la salle sous couvert du miaulement de l’harmonica et des roucoulades du petit Bob. Le vieux matou braise sa voix de papier verre avec les cendres fumantes du rock’n’roll, libère le feu sacré. Dans son chant il y a le vice et le sang des fantômes rebelles. Le breuvage sonique statufie ce totem mouvant où beaucoup ont perdu le sens des réalités pour vriller dans la bacchanale du rock dur qui bande mou.

On se fait darder par le cuir épais de ce blues rock millénaire, puisque il a toujours était là, dans les cœurs de pierre, dans les culottes des filles, dans le choc d’un coup de sang, dans la fièvre d’un samedi soir où le retentissement rythmique d’un moteur à explosion sur l'asphalte. Little Bob griffe, larde, explose, effleure, gifle, caresse, mord…Toujours, encore, et encore. Tu peux critiquer ce sens du boogy, ricaner de ce rock séculaire, le touché est là, c’est des effusions de blues que tes tripes ressentent quand tu connais le goût de l’effort, et la douleur qu’un chagrin d’amour a pétri fortement.

Il y a un an de cela la France du tatouage d’aigle et du deux roues a enterré un Belge avec toute la solennité d'un cérémonial pour un empereur Corse. Faudra détruire le Havre une seconde fois alors si l’on veut canoniser Little Bob !




jeudi, janvier 31 2019

Résonance Indélébile


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Longtemps le temps nous traverse et fait entendre en chacun de soi le murmure secret vers la quête de notre présence sur terre. Mais seriez-vous davantage disposer à entendre le murmure acoustique d'un jeudi soir dans la province de Castres ?

Il est vingt heures au café Jean-Jaurès, le zinc s'illumine de binouze crémeuse, d'un p’tit blanc sec qui donne le rouge aux filles. Les conversations s'allongent d'une pimpante agitation fraternelle sous l’œil hospitalier du cafetier. Personne n'a encore pour l'heure sombré dans cet état éthylique et fini avec une rythmique free jazz dans la tête.

Comme toute personne préférant regarder les autres plutôt que participer par principe à l'installation fallacieuse d'un tour de piste séducteur, je constate qu’il y a dans ce café une approche avec laquelle on trouve le luxe d'être serein. On n'y sent pas l'équanimité hypocrite d'un jugement masturbatoire, pas plus que la violence miséreuse des addictions compensatrices. En deux concerts chaque groupe m'a annoncé exactement la même constatation, ce lieu a quelque chose d'atypique et de cool, c'est parfait pour des concerts.

Je trouve que la bibliothèque offre un refuge cotonneux, que la décoration à la fois spartiate et conviviale, notamment avec les peintures africaines de Tony Chessa dispose d'une nostalgie accueillante vers cet esprit troquet, bistrot social, commune à l'échange que connaissent bien les personnes nées au 20ième siècle. La citation de Jean-Jaurès sur un mur : « C'est au fond qu'il n'y a qu'une seule race : l'humanité » semble paraphraser l'esprit de ce café avec celle du taulier.

L’unique et irremplaçable La Lune Derrière Les Granges organise cette soirée placée sous le calme de l’acoustique avec Mauvaise Pioche et Intenable, sachant qu'il y a endogamie musicale autour des membres avec le groupe Nina's School, et Intenable aussi.

La dernière fois que j'ai utilisé l'expression « Mauvaise Pioche » je suis tombé sur le pouilleux au jeu de carte, et autant te dire que ça remonte à un bail que le proprio à déserter depuis plus de vingt piges.

Mauvaise Pioche est le projet solo d'Anthony que vous connaissez certainement comme bassiste dans Guerilla Poubelle. Son approche de l'acoustique n'est pas commune à celle des sixties du Greenwich Village, et pas plus qu'à celle estivale du noceur de plage. Il est seul sur scène, dans cette mise à nu intimidante et à la fois si libératrice dans son paradoxe, parce qu'elle offre le risque de ne plus s'estomper dans un groupe, mais permet de se révéler. Jusqu'à faire disparaître cet autre que l'on a surpris à s'inventer, parce qu'il faut bien rêver à être autre-chose, que le réel et virtuel imposent la dualité contemporaine, parfois même pour définir l’image que l’on reflète par les autres, et aussi afin de satisfaire cet ego, si fort, si tenace.

L'équipe de la salle Lo Bolegason est présente pour un apéro-tapas, sur une table le merch des deux comparses séjourne, dehors c'est café clope ou clope bière, qu'importe les lézardes pourvues qu'elles fassent un minimum effet.

Anthony entame son set acoustique, je mets entre guillemet en fait car ce futé a choisi de rattacher à son chant et à sa guitare, des pré-enregistrements instrumentaux via son téléphone portable. Ainsi si visuellement il est seul sur scène, la technologie le réconforte d'un équilibre rythmique, d’atmosphères propices à une acclimatation musicale, en fonction de l'intonation des différents morceaux. L'orientation générale est typée punk rock, pop punk, rock indé...De ce mélange cosmopolite, représentatif d'un happy-end fluorescent, d'une harmonie de doute et de craquelure amère. Anthony jalonne à sa musique des mélodies de serpentins entaillés d'éclat. Un peu comme une tablette de chocolat noir avec des amandes, c'est consistant au départ, ça fond en bouche, ça craque sous la dent, et tu as la stimulation de la sérotonine contre le stress et l'anxiété. Il interprétera en majorité des titres de son album « Premier Tirage », avec deux nouveaux inédits. Sa télécaster accuse les stigmates d'un bidouillage au scotch et c'est raccord avec cet esprit bricolage indépendant. Ses pieds suivent les contorsions mouvantes de son jeu de guitare sec, de son chant et la ligne de vie musicale que libère son téléphone.

Les riffs illustrent une dramaturgie punker avec sa longue liste d'adversité et de sinuosité bravache. Son chant granuleux se gorge d'une pigmentation émotionnelle, et d'une liberté de ton proche de celle qu'enfant on jalousait au personnage de Mark Twain, Tom Sawyer. Le temps dévore le regret, ou l'amplifie, qu'importe, on retrouve de la joie dans l'agonie. Il y a cette joie enfantine à l'intérieur des doutes de l'homme, de cet homme.

Pendant que Junk cacahouète & jus d’orange filme, Delphine Gabet fige l'instant présent avec son regard unique de photographe, quelques personnes se sont avancées devant, certaines désinhibées émettent une parole que l'alcool a libéré à la faveur d'une errance nocturne. Il y a cette femme un peu pompette, elle s'adresse à Anthony sans retenue, les mots lui glissent de son esprit embué à la forme faussement prétentieuse, mais dont le fond est bienveillant. Elle s'agite sans prise à l'étourderie, sans remords, elle titube sur ses mots et vacille avec générosité et affection. C'est à la fois amusant et pathétique.

Mauvaise Pioche creuse dans les atours de son intimité profonde de quoi soulever autant le limon du punker que sa joyeuseté. Il suffit de suivre les empreintes des astres vides et des bribes de poussières pour vagabonder dans ce chemin de traverse à la segmentation épineuse, où le gars sur scène dépiaute son mal-être, sa parole, sa vision, mais toujours avec la fraîcheur d'une espièglerie attachante.



Seules les bêtes sortent la nuit. C'est à la fois une résistance à l'incarcération du quotidien, et une désobéissance félonne, une désinvolture princière. A vingt ans, on craint le ridicule mais on aime l'excès, on abhorre la solitude, mais on s'isole par son zèle. Au-delà de la trentaine l'expérience prouve que l'horizon est inaccessible. Passé quarante...Pfffffff...Laisse tomber !

L'artiste puise en lui la force de sortir ce qui lui brûle à l'intérieur, ce qui à la fois le contamine et le nourri. Il est souvent difficile de mettre les mots adéquats sur ce que tes émotions expriment, alors magnifier son art c'est lui apporter l'exacte émotion. Cette sorte de révélation que l’autre encaisse dans l’ombre d’un spot en concert, avec l’effervescence émotionnelle qui pétille dans le ventre, et jusqu’à en avoir les jambes flageolant sur du coton transparent. Il faut manier, sculpter son art seul pour en entendre tonner la sommation sensible. Mais aucun homme sur terre n’est parvenu à réaliser seul, personne, jamais. S'entourer des bonnes personnes c'est comme un bastingage quand on tient la barre du navire. Intenable est sur scène en duo, Kévin à la guitare/chant et un violoncelliste/chœurs de punk, nommé Raw Man.

Intenable est à la base un trio de punk rock dont les maux précipitent avec une justesse mélodique ce que la plaie pessimiste des mots fendille comme vase excédentaire. C'est le deuxième concert de cette tournée, entamé la veille à Toulouse grâce à l'organisation HEY Bitches (girl raw pöwer,Organisation de concerts Pâtisserie Photographie Calligraphie Organisation de mariages / Fête de... ).

Si la formule tâtonne encore, parce que l’on ne sent pas l'osmose, je suis certain qu'elle arrivera, car pour autant chacun ne s'isole pas dans sa partie. Il s'agit juste de réglage que la scène égrène au fil des concerts. Kévin tient à son art, il en porte les lésions, la cicatrisation, un faux pas et tu touches à son être. Expliquer la trame narrative des titres fait partie du processus de liaison qui relie comme une cordée, l’auteur à l’auditrice.eur, c'est important dans le cadre d'une atmosphère plus intime, où tu dois recueillir le public sous ton aile naturiste. Prendre son envol nécessite un rapport de confiance quand tu fais face au précipice. Parce que même dans le noir complet il y a toujours une fissure où la lumière pénètre, où l'on peut teindre sa douleur d'un arc en ciel de délice. Intenable joue à cela, il laisse filtrer la lumière, à toi de la voir.



La guitare folk fut une arme dans les sixties, mais depuis que la protestation est humanitaire il y a un étourdissement dans cette oppression, on ne sait plus où en est la contre-culture, si elle est cette zone à défendre bio, facile et interchangeable dans la communication du marketing 2.0, cette haie naturelle à l'art du combat et à la résistance, où ce quartier populaire qui survie face à la médiocrité populiste où marine sa récupération avec les dents serrées ?

Traduire en folk ce que l'électricité du punk rock ouvre comme brèche à défendre est un genre de nervure boisée qui offre parfois la complicité soyeuse d'une danse. C'est lors de la Cover de Nina's School en trio avec Anthony que cet échange se produisit. C'est arrivé comme cela...Les femmes dansent, souvent, tout le temps, elles n'ont pas peur du ridicule, d'ailleurs pourquoi fendre le ridicule quand les corps sculptent ce que les mots ne permettent de faire avec autant de souplesse et de grâce ? J'aime les femmes pour leur audace à s'amuser, à libérer le contraste que la tension de l'homme cogne avec son arrogante masculinité.

Intenable finit son set l'esprit tranquille. C'est dans cette résonance indélébile que le punk rock renforce l'acuité sensorielle que chacun transbahute au fond de soi, comme un appel d'air à pouvoir ressentir librement, cet ensemble, ce tout, fragile et intense, cet animal qui vit à l’intérieur de soi.

La soirée était coOol, intime, tendrement velouteuse, merci à La Lune Derrière Les Granges, au Café Jean-Jaurès, à Intenable et Mauvaise Pioche.

Quand on sort de cette bulle on retrouve l'étrange diction du noctambule qui soulève bien des errances au rabat-joie straigh-edge.


sXe

Les noceurs m'ennuient éperdument avec leur bon-vivre, leur saoulerie du vivre ensemble, la mondanité à petit canapé et apéritif festif. Rien que le mot festif me file la nausée de toute façon. Tourner les serviettes je suis contre. Surtout en fin de repas, quand les miettes, les morceaux du repas et tous les germes se répandent sur l’ensemble des convives...On atteint le summum de la festivité à ce moment-là nan ? Autant lécher directement la cuvette d'une personne atteinte de gastro-entérite si vous voulez partager le vivre ensemble microbien.

Heyyyyyyyyyy j'aime le titre « Musique » de France Gall pour encaisser son « Faisons taire les mélancoliques, avec notre propre rythmique et notre joie. », mais bon chacun son truc, si ton trip c'est la picole et la clope, le mien c'est un livre et un thé.

Il pleuviote, les manteaux épais et les écharpes douces doivent garantir protection face à la viscosité hivernale. Je rentre vers mes pénates, les lumières de la ville s'éloignent et je m'enfonce dans l'épaisse nuitée périphérique avec le satin du « Naima » de Coltrane, et j’ai même pas mal à la tête.

Retrouver les vidéos via la chaîne WBZ, les photos via la page FB WBZ.

CiaO)))

XXX

Bir


samedi, janvier 5 2019

XMAS PUNK ROCK PARTY


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Il n’y pas que les huîtres qui bénéficient d’une hutte pendant les fêtes de fin d’année.

Depuis la fin de l’automne, sur certains ronds-points de l’hexagone des agitateurs fluorescents abritent des revendications légitimes pour une meilleure redistribution des richesses. Jusqu’à ce que cela soit même devenu violemment  fort embarrassant pour le pouvoir Jupitérien en place. Ces minions tout jaune et de colères noires, sans étiquette politique, nous en croiserons le long de la route, leur capharnaüm résidentiel s’est même étoffé d’éclairages festifs pour la trêve hivernale. Je pense que le Macronisme n’a pas le cul sorti des ronces parce que ce n’est pas près d’être terminé, ils en forment une ribambelle d'apprenti.es dès le plus jeune âge désormais.


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Au fait, le logis d’une huître s’appelle la bourriche. 

Nous arriverons dans la voiture familiale de Junk cacahuète & jus d’orange en constatant que le parking est plein. Cette soirée placée sous l’égide Xmass Punk Rock Party par l’asso Pollux se matérialise dans la maison de quartier de Ranteil, aux portes d’Albi.

Une MJC (Maisons des jeunes et de la culture), mais ouaie Dude, carrément,  comme à l’époque où la diffusion culturelle était de concert avec l’unité et la complicité de la scène, la connexion et la socialisation au genre humain. Depuis, ce genre d’institution possède la même obsolescence programmée qu’une machine à laver.

Pollux a pris le bâton de relais en main, comme celui de pèlerin et à l’intérieur sa team a pris soin d’apporter sa décoration oldschool avec des affiches des prochaines soirées.

La pièce est rectangulaire et le public a répondu présent puisque c’est complet, son mode de pensée est orienté vers la vacation de fin d’année avec l'espérance d’une nouvelle année florissante au triptyque santé, bonheur et un ticket pour l'Xtremefest. Une mezzanine nous permettra d’installer le matériel en toute sécurité pour filmer les concerts. Vince Musclor Gym Tonic est au pilotage, c’est en quelque sorte son baptême de l’air, et rien ne va se passer comme il se doit, bien entendu.

Pour rappel : Dans spectacle vivant il y a un adjectif qui indique une probabilité de circonstances imprévues, aussi raffinées à vivre l’intensité qu’une embrassade gênante.


bisous

LAME SHOT est le premier punk rocker à dégommer les enceintes. L’ensemble du WallaBirZine est fan de leur dernier opus en date, nous étions donc aux aguets afin d’entendre pour notre première fois le rendu live.

Mr Moustache à la guitare rythmique est en kit main libre, puisque le désormais célèbre chanteur de Charly Fiasco est exégète dans Lame Shot, il batifole en papillonnant. Jules le batteur est lui aussi Charly et se gargarise tout le long du set d’une fluidité sans l’ombre d’un fiasco, Charly je le rappelle. Enfin, tout est relatif, il y eut un petit réglage au début avec le pied d’un tom basse qui a joué des siennes. Le bassiste est nouveau, il a dû être repérer via google map Castelginest et auditionné sur le site de rencontre qui privilégie le sucre sonique, car sa rondeur musicale s’enrobe de cassonade punky. Déjà qu’il y en a plein avec les mélodies pop punks de Lame Shot, le résultat n’est pas du tout une overdose de sucre. C’est la magie affable d’un coulis sirupeux dans des rivières de miel. Oubliez le canoë, le Kway, même si c’est glissant et humide.

On est conquis par leur prestation, par la saveur ouatée des parties vocales, la convenance mélodique et du tempo propre à ceux entendus sur disque. Mais c’est qu’ils sont bons ces cons !

Ces trentenaires crachent leurs poumons, et surtout le cœur émotif d'une musique à la vivacité attractive. Malgré une sinusite, un rhube, rien n'arrête Lame Shot d’aiguiser la lame de fond et de fondre leur mousseline punk avec fougue.

Lame Shot est un booster adulescent, une confiserie Screeching Weazelienne. Le set est envoyé pied au plancher, mû par une vitalité redoutable de coller aux besoins pimpants d'un public fringant. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera cette pop punk ultra-vitaminée, remplie par cette teneur mélodique à la sensibilité imparable au mois de Mars, sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Pas mal de connaissance croisée aussi à cette soirée, comme Delphine du collectif Hey Bitches, organisatrice de concert furibard et capiteux sur Toulouse, mais aussi photographe pour Punk Rawk...Heyyyyyyy le mag ressuscité revient pour un one shot. C'est vraiment hyper coOol de relire cette publication culte, vous pouvez l'obtenir gratuitement ou soutenir ce retour gagnant via leur site PUNK RAWK.

Je croise un Monsieur de Madame La Marquise et To Lose Punker de formation, backliner pour les coupaings, Ju la batteuse de Ben & Fist, le chanteur occitan des punkers d'Enlòc, Olivier qui n’est pas toujours dans la Lune mais toujours les pieds sur terre...Que du beau monde !


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Avant le prochain groupe je regarde s’affairer les gens de l’organisation de la soirée. Je suis admiratif de toutes ces personnes besogneuses, qui dans l’ombre œuvrent sans cesse, d’autant plus quand il s’agit d’un responsable. J’en ai déjà vu fort souvent, pour ne pas dire fréquemment, qui se repose sur leur laurier et préfère laisser les basses besognes aux sous-fifres. Sachant même que certain ont le culot de s’accaparer tout le mérite et le labeur (les lauriers), c’est consternant à constater. Généralement en gérant de cette manière, cela ne va pas loin, car ils épuisent les autres et leur égocentrisme masturbatoire fera débâcle pour motiver les troupes.

Ceci on ne le constate pas chez Pollux, ni à l’Xtremefest. Tu peux voir David le président de l’Xtremefest en train de faire les balances, décharger le matériel, et de son œil aguerri s’apercevoir et venir aimablement expliquer à un vieux punk pendant le concert de sortir fumer dehors pour respecter les non-fumeurs (en plus de la législation sur les consignes de sécurité incendie). Gim le présidant de Pollux ranger le matériel avec tous les autres, et ceci c’est tout le temps qu’ils sont sur le pont et à la barre. Ils ont la confiance des autres non pas avec des paroles de simulateurs, mais avec des actes concrets. Donc oui je suis admiratif de leur dévouement, de leur engagement et de leur humilité. C’est la force de ce groupe : une cohésion familiale.

Maintenant c’est un travail minutieux sur le long terme, il y a de l’exigence, une remise en question permanente pour un meilleur perfectionnement, avec un recul nécessaire sur chaque événement, une expérience qui aujourd‘hui leur permet d’anticiper, de connaître chaque besoin en fonction de la soirée à organiser, et d’avoir cette loyauté envers eux même et leurs partenaires, leur public, et envers toutes celles et ceux qui feront la démarche philanthropique et culturelle de perpétuer Xtremement la zguenitude Poluxienne.

Tout cela est bien entendu fort d’une éthique punk hardcore, d’un savoir-faire dans les musiques amplifiées, et d’une érudition dans les sous-cultures, contre-culture.


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INTENABLE est sur scène, ces Girondins de Montpellier (2 points) appuient en toute fin sur le starter revival pour la décoction juvénile Nina’s School, avec 2 covers ultra-speedées pour coller à l'actualité, avec la réédition de deux de leur album. L’électricité statique du fond de salle se gorge d’une explosivité à mesure que l’on progresse dans la fosse. L’échange des ‘’gnons’’ et des prototrophes récalcitrants au caractéristique protocolaire du pit (les gars au fond de la salle) forment une ménagerie joviale.  

Ndlr : Un prototrophe est un organisme vivant capable de proliférer dans un milieu de base sans nécessiter la présence de facteurs de croissance particuliers. Il synthétise lui-même les substances nécessaires à sa prolifération dans une attitude de placidité cool, et généralement avec l’aide d’une bière pour en équilibrer la posture en tapotant du pied.

Le punk d’Intenable possède cette amertume émotionnelle ajourée de surtensions électriques et de rythmique dansante. Il y a des breaks au mood vivifiant pour que chaque titre ouvre vers une teneur explosive sous-jacente, et avec son émotivité spleenétique. C’est un mélange de folie britannique et de french flair. Le public pogote sans cesse durant le set et avec sudation, les sourires sont larges de toute part.

Vince indiquera un problème de pile dont la manœuvre a nécessité un temps relatif pour en rectifier le tir, mais qui n’a pas permis d’enregistrer la totalité du concert. (correction c'est sur GxP qu'on a perdu un bout de live )

Le débutant apprend comme le sage, tous les jours. Junk cacahuète est devant pour filmer, photographier avec passion, sa belle-fille s’initie au pogo sous le regard amusé et protecteur de sa mère, habituée à corroder la fosse par sa punktitude libertaire.

Intenable fini son set dans la clameur. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera le groupe en version acoustique et avec le projet solo d'Antho intitulé Mauvaise Pioche ce 11 Janvier 2019 sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.




Les recommandations du chef de ligne effectuées par Till étant proclamées, nous vous souhaitons un bon vol...Plané avec le punk rock de GUERILLA POUBELLE.

Défouloir et guerilla dans le pit, la jeunesse s'éclate les côtes flottantes avec la franche déconne caractéristique d’une bonne soirée. On entendra le crépitement des palpitations juvéniles sur tous les titres. La basse se gorge d'une rondeur que les riffs en saccharose l’onctuosité électrique, le chant rauque brûle des filaments de pensée que les riffs ricochent d’une salve de détonation punk sur une rythmique en feu.

Pendant la chanson féminisme « Nous sommes les fils et les filles des sorcières que vous n'avez pas brûlé » dont le titre est plus long que la chanson a interprété, trois pimparelles (jeune fille en occitan) s'amusent dans la mêlée festive des gaziers à dreadlocks, à cheveux long et rasé…mais pas de près. La démocratisation des filles dans les concerts undergrounds c’est super positif, cela signifie que les mentalités ont évolué, et que se raréfie les lourdauds misogynes. J’ai l’intime conviction que sans une réelle prise de conscience du féminisme aucuns changements probables ne verront le jour (écologique, économique), tant tout est lié dans cet équilibre, dans cette égalité d’interprétation conjointe.

En vérifiant vers la mezzanine je constate qu’il n’y a plus rien sur le trépied. Quand j’arrive Vince sue autant que si il était en train de soulever de la fonte, et accuse à la pesée une surpression de 2.9 bar. Entendons-nous bien, ici le bar (symbole bar) est une unité de mesure de la pression équivalente à 100 000 pascal. Vince est sXe, il boit du jus de carotte biologique écoresponsable, hein ? Ouaie si tu veux c’est un hipster de la campagne de Saix, et ce soir-là c’est son baptême du feu. La batterie de l’appareil est vide et il ne trouve pas l’autre, qui était dans le pantalon de Junk, cqfd. Action corrective immédiate : Nous mettons en place un protocole dès l’installation du matériel, afin de vérifier que tous les éléments en échange soit ranger dans un sac dévolu, et à proximité de l’appareil.

Le final de GxP c’est avec des gars de Lame Shot pendant le titre Prévert, Kosma, Paris où Till uniquement au chant éventrera le pit avec l'aura de Moïse afin de s’ingérer au public. Après le set, le sol lissé par la bière renversée scintille avec la même lumière qu'un lac de montagne, et la chaleur d’un hammam Marocain. Le batteur en sueur s’offre en slip au selfie du public. On fait une interview succincte avec Till.



Nous procéderons aux interviews en fin de party ce qui s’avère être une mauvaise décision, car les groupes sont rincés. Il faut rameuter sans cesse étant donné que les gars sont disséminés aux quatre coins et bavardent, d’autres s’affairent derrière le merch, où commencent à ranger leur matos, Till a mangé précipitamment pour réaliser cet entretien.

Nous les remercions pour leur entière disposition et leur amabilité, nous agirons différemment c’est certain, même si nous avions proposé de remettre ultérieurement ces ITW. D’habitude nous procédons avant les concerts mais cette fois-ci pour des déconvenues de logistiques il ne nous était pas possible d’arriver plus tôt, ni d'en réaliser entre les sets des groupes. S’il faut savoir jongler avec les impondérables de la vie et les aléas du direct, ce n'est pas évident pour que tout s’emboîte.

Notre démarche est bienveillante. On fait par passion pour des passionnés, et ceci doit s’accomplir dans un confort, favorable à un entretien. Nous sommes de fervents enthousiastes avec des moyens limités. On veut bien vous ‘’divertir’’ par une traversée épique sonore et visuelle, mais surtout, on veut vous apporter la lumière de l’underground comme un fanzine oldschool, propagateur de trip, jointeur de genres/styles sous-culturel, shaker contre-culturel, avec des témoignages, des éclairages, fruit d’une expérience authentique, libérant des connaissances et un approfondissement culturel, et si possible que ce soit positif.

Nous espérons cher public que tu as dorénavant conscience de l’engagement que chacun met pour que tu puisses t’éclater dans ce genre de party avec pollux asso, et d’en relire, d’en visionner après coup la saveur en bouche avec le WBZ.

Retrouvez tous les lives, de cette soirée via la page vidéo du WallaBirZine, puis les photos via FB du WBZ.

Remerciements généreux à Pollux Asso, Lame Shot, Intenable, Guerilla Poubelle, au public.


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dimanche, décembre 30 2018

FRIDAY NIGHT LIVE 2018


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Last Friday night

Yeah I think we broke the law

Always say we're gonna stop-op

Whoa-oh

This Friday night

Do it all again

Si,si, on peut très bien citer Katy Perry pour implanter une introduction croustilleuse dans un report de punk rock.

Donc on m'a conseillé de multiple fois de faire court. En bref, je vais essayer.

Quand tu assistes à une soirée underground, en premier lieu, tu soutiens le cafetier avec une commande, il offre le cadre, l'enceinte où aura lieu l'épicentre émotif, à bien y réfléchir ce n'est pas rien.

Yep, un thé pour ma part en attendant Junk cacahuète et Vince Musclor, mes comparses de la section vidéo-game du WBZ.

Nous sommes à Castres il est 20h30 ce 21/12/2018, au café Jean Jaurès, j'avais pas foutu les pieds dedans depuis 1988. J'étais au collège juste en face et qui se nomme...Jean Jaurès. Vlan, dans le mille Émile, bennnnnnn non, Jean-Jaurès.

A l'extérieur les tumeurs les plus folles circulent dans l'air pendant que les fumeurs s'époumonent de leur sucette cancéreuse. C'est moi où il fait froid ? A l'intérieur la mixité sociale se juxtapose au préparatif de la soirée proposée par La Lune Derrière LES Granges. L’occasion de poser quelques questions à Olivier, le président du comité directoire de cette œuvre de bienfaisance culturelle du sud Tarnais.


Le café est tout en longueur, il offre plusieurs ambiances, ainsi, après le comptoir et sa faune guillerette, il y a un espace cosy avec canapé et une bibliothèque remplie de livres à emprunter. Ça pose d'emblée la compréhension de partager dans un même lieu la richesse que l'on pressent dans la diversité de la vie. C'est appréciable.

Plus loin encore, carrément au fond, un espace insoupçonné jusqu'à lors, dont la dimension est absolument parfaite pour des concerts underground. C'est la première surprise et de taille. Les groupes ont un espace nécessaire pour évoluer, le public n'est pas en reste. C'est la première soirée pour la Lune avec les nouveaux propriétaires du lieu, je ne cache pas que l'endroit est vraiment cool et que j'espère qu'il y en aura d'autres. Pendant le siècle dernier c'était une cache pour jouer de carte et d'argent.

Deuxième engagement, lui aussi d'importance, c'est le soutien aux groupes. Généralement je prends toujours un disque, c'est le minimum, surtout quand j'ai kiffé le set. Puis il y a toujours un bac de distro bien achalandé, tu papotes avec les groupes, tu crées du lien, tu fais passer ton énergie, tout le monde croise ses effluves et la magie de la vie ouvre ses pétales dans laquelle tu vas butiner allègrement...Ok, on a chié Saint-Petersbourgh parce que nous étions à l'extérieur a réalisé des ITW.

Le trio Toulousain a brisé l'épaisseur de glace extérieure moscovite avec un stoner funky, rossant la vénusté plastique de leurs mélodies chaudes. Sans pouvoir d'ubiquité ce sera pour une prochaine fois pour funker avec eux...

Pendant ce temps de cerveau disponible on a papoté dans le froid avec Gim le président de l'asso Albigeoise Pollux, chef opérateur dans le meilleur festival sudiste l'XTREMEFEST, et chanteur à cheville foulée avec Hypocondriax, il a répondu avec la coolitude qu'on lui connaît à l'actualité sonnante et trébuchante passé et à venir de la pléthore des activités énumérées plus haut.



L'abréviation SS ne correspond pas du tout à la patine mélodique de Skull Soda, groupe Toulousain du Gers (tchin 2 points), car le band appose une saccharose musicale assez peu compatible avec l'essor du troisième reich.

Sa décoction musicale est issue d'une douceur enflammée, à l'intime conviction de faire flotter dans les embruns sensibles la beauté du power rock le plus intense, et avec la fluidité du pop punk.




L’équipé épique du WBZ est saisi par le rendu en live. Le groupe est en place, le chant hyper calibré offre une harmonie de couleur vivifiante. C'est très certainement ce qu'il nous a le plus séduit. Le punk mélo sur disque c'est cool mais en concert c'est assez casse-gueule si tu n'es pas en place, et cela peut très vite engendrer un malaise à entendre. Ce qui est à trois années lumière du cas de Skull Soda. C'était chaleureux, frais et la bonne énergie du groupe a vite apporté cette chaleur au corps que l'esprit savoure dans son ivresse des cimes émotionnelles.

Je me suis régalé, Big Gim de Hypocondriax a eu raison de faire monter le son de la basse au début, puisque après ce conseil, Skull Soda avait cette rondeur adéquate au charme qu'il a diffusé, et même transplanté dans les cœurs ardents d'un public conquis. Deux E.P a leur actif seulement (pour le moment) mais chaudement recommandable, checker leur page bandcamp, leur dernier Sleep Hunt Through The Mirror est uniquement numérique, du coup le band a confectionné des petites cartes de leur artwork pour munir leur merch hyper cool.

Pas mal d'atmosphères dans leurs compositions, cela amène de la profondeur de champ, un mood délicat avec cette empreinte sensible que l'on rencontre entre Saves The Day et Trash Boat. J'espère revoir ce groupe le plus rapidement possible, ça fait chaud au cœur d'entendre et voir que l'underground sait encore illuminer ce genre de pépite.

Fabule, leur bassiste et accessoirement maître chanteur dans Ben & Fist a plaisanté avec nous après le set sur les potentielles expressions qui sied à la ville du soir, dont un dantesque Castres toi tu pues et marches à l'ombre.


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Raincheck c'est le cri du Lyon avec le froc au cheville. Sa décontraction punk'n'rollesque est tout aussi tapageuse que son hardcore est enragé. J'avais annoncé que leur set allait chier du feu et effectivement il y eu retour de flamme. Le groupe était même fourbu par sa robustesse touffe sonique. Le chanteur a fait le zazou en secouant les puces de Zeke dont il portait le t-shirt, avec la nonchalance animée d'un épileptique. Il n'y avait pas de filtre. Le groupe avait deux dates pour ce week, c'était sans prise de tête, ils ont tous un taf à côté et le groupe est un exutoire.

En fait tu peux sortir un Ep en 2016 avec cet espoir que la force soit avec toi, sans te douter une seconde que la vie va venir te biaiser son imposition d'obligation, où tu te vois obéir sans scrupule au desiderata pour torcher, boulonner un professionnalisme dont ton adolescence rebelle avait bien mentionné un refus catégorique à ce genre d'avenir. Ce week-end est une occasion de jouir sans entrave pendant cette journée internationale de l'orgasme pour libérer la jute sonique, et c'est ce que Raincheck a accompli. Un feu de joie furibard s'est répandu dans l'enceinte du café Jean-Jaurès, le groupe appuyant sur le starter et l’accélérateur les deux pieds tendus.

Un set bordélique et fantasque a propulsé cette agitation que le punk HxC offre comme acclimatation quand ta respiration s'accélère et ressent le souffle vital de ta passion prendre feu dans ses racines. Les deux gratteux nous ont offert des poses de heavy rock dantesques et des riffs capiteux, le batteur a tapé plus lourdement que ce qu'il faisait jadis dans Leptik Ficus. Est-il nécessaire de mentionner que leur nouveau bassiste portait un shirt de Freddy Mercury ? Je ne le pense pas.



Le lendemain Raincheck jouait à Toulouse chez les copains To Loose Punkers pour leur TLP Winter FEST Vol.2 à la Cave à Rock. On espère les revoir dans le coin pour une autre explosion de jouissance.

Important : Vous pouvez retrouver tous les lives de cette soirée via la page vidéo du WBZ.

Dernier conseil : Ne regarde pas le doigt du type qui te montre la Lune, vas-y.

C'est un conseil qui a son importance. Déconnecte-toi de la vie virtuelle, sors, va te confronter à la réalité, tu verras que tu ne seras pas jugé.es, emmerdé.es, importuné.es, tarabusté.es. C'est des conneries le jugement des autres, parce qu'en fait tout le monde s'en fout, il n'y a que toi qui te juge. De toute façon, on fait, on ressent comme on veut. Pour exemple, je suis souvent silencieux quand je crie à l'intérieur mon émotion. Et alors ? Pas besoin de se faire remarquer pour vivre.

Dans la vie on peut très vite être vampirisé par des personnes malveillantes dont le processus d'aliénation de vie correspond à la sentence Darwinienne : le plus fort bouffe les autres, alors que la vérité fondamentale des humains c'est que le meilleur sauve les autres, ce qui nous distingue du règne animal. La vie n'est pas faite que de fatalité, regarde la Lune, ce 21 Décembre 2018 elle était pleine, lumineuse, et ses représentants sur Terre ont une fois encore électrisé cette marée émotionnelle, dans un flux et reflux musical éclectique, dense, propulsant un joyeux bordel.

Merci au Café Jean-Jaurès, à Saint-Pétersbourg, Skull Soda, Raincheck, à Gim et sa compagne pour Pollux/Xtremefest, au public, et mile fois merci à la Lune derrière les granges.


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mardi, novembre 13 2018

Crooked Rain & Last Splash On Earth


modernité oldschool

Le modernisme du WBZ n'étant plus à prouver, il permet d'aller cueillir au plus près de l'action !

A proximité de Castres, un peu à l'écart des villages alentours, les Cabrols est une ancienne ferme appartenant à la même famille depuis plus d'un siècle. Aujourd'hui c'est une tanière roots où cohabite des personnes ayant fait le choix de réguler leur vie au diapason de la nature. L’équipée sauvage du WallaBirZine s'est retrouvée dans ce lieu pour la célébration d'une date co-organisée avec La Lune Derrière Les Granges.

Le WallaBirZine section vidéo c'est désormais Bir, Junk cacahuète & jus d’orange, puis le petit dernier Vincent bandana Gym Tonic.


Cette délocalisation était une première pour beaucoup dans le coin.

C'est une façon d'arborer la culture punk rock ailleurs que dans son intraveineuse liée au macadam. L'approche est différente parce que le lieu est différent. Il faut sortir de la ville, faire cette démarche, changer ses habitudes. C'est voir d'autres personnes, vivre quelque chose de connu mais autrement, puisque devenu différent, de par l'appréhension d'un jugement hâtif antérieur, et finalement si proche d'un ressenti commun quand on est traversé par vivre au même moment quelque chose d'intense et de similaire.

Le renforcement communautaire isole toujours un peu plus à s’asseoir dans sa zone de confort. Tant il est criant de vérité que s'entourer uniquement avec des personnes partageant la même philosophie de vie, des goûts similaires, conforte vers ce sentiment de protection, de reconnaissance.

Je trouve la démarche vraiment cool, parce que déjà la cambrousse repose de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins. Cela pousse les gens à adopter une nouvelle démarche, pique la curiosité, aiguise les sens, cette nouveauté peut se concevoir aussi comme un besoin de renouer avec un agencement universel.


« L'humanité est une suite discontinue d'hommes libres qu'isole irrémédiablement leur subjectivité. » Simone de Beauvoir


Les Cabrols – écovivial c'est une démarche agroécologique en une interaction écologique entre agriculture, agronomie, social et culturel. Les résidents ont recrée ce lieu avec l'intention légitime de partager, d’échanger, d'harmoniser. L'aménagement d'une grange en salle culturelle est symptomatique de cet état d'esprit, et la coopération avec La Lune Derrière Les Granges fait valoir des valeurs communes de manière indubitable. A noter aussi la présence d'une délégation du crew de L'Xtremefest.

Pendant que les groupes se restauraient dans la cuisine d'antan, il était évident d'obtenir un éclairage sur cette initiative et les gens des Cabrols.





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Suite à l'annulation du groupe Not Scientist, c'est LA PYRALE au pied-levée qui a débuté la soirée.

La Pyrale du buis est une espèce de lépidoptères originaire d'Extrême-Orient devenu invasive depuis les années 2000 en Europe. C'est aussi un duo qui vient de sortir un E.P éponyme 6 titres. Sur la page bandcamp du label Ascèse Records j'avais trouvé leur musique un peu maniérée, alors qu'en live je suis agréablement surpris de voir émerger et prédominer des éléments post-rock et de rock anguleux avec une ampleur déterminante. Il y avait aussi beaucoup d'extases autour de ces sensations vaporeuses entendues par cette musique charnue et même sensuelle. Une boite à rythme, des éléments de musiques électroniques et deux guitaristes. Le décor paraît sommaire, pourtant La Pyrale impose sa liberté de ton. Il en émane des atmosphères éparses, granuleuses, permettant d'apporter contraste et tension, là où se joue l'attraction, l'hypnose, et vers cet état de symbiose ambiant capable de révéler la beauté des forces naturelles.





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Déclamer de la poésie misanthropique sur des mélo-beats synthétiques bouillonnantes c'est avoir le sang froid aussi chaud qu'une verge en érection devant une femme en chaleur.

Dans la pièce à vivre de la turne des Cabrols trois barbus me font face, c'est Michel Thor (chant/guitare), Balkany Kordy (machine) et Louis De Funeste (machine) du groupe HYSTERIE. Rencontre conviviale au plus près de l'os musical d'un trio bouffé par le ver luisant de la cold indus.



Dans la grange le froid de la nuit s'est emparé de nous glacer les os, de plus c'est avec HYSTERIE que nous devons nous réchauffer.

Convoquant le spectre vipérin d'Alan Vega de Suicide et son minimalisme, la face grège du béton brut du «  seul contre tous » de Gaspar Noé, la sinueuse musicalité électro danse sous le cloître lunaire et fait vibrer les corps par des remous vibratoires répétitifs. Bestialité rythmique robotique, séquence orgiaque de bouffée de chaleur expiatoire, la chair musicale d'Hystérie résonne dans la glaciation cold indus tout autant que dans la pétulante électrowave. Des riffs de guitares sinueux et ambiant transfigurent l'ensemble. Le chant hurlé déclame, il scande dans le froid sépulcral de la grange en un cri primal, vomissant les boyaux irascibles de l’indicible.

Le public danse sur les cendres chaudes du nihilisme d'Hystérie comme Adjani dans possession le film d'Andrzej Żuławski : Tecktonic des plaques soniques.


Tecktonic

Le groupe questionne en posant sa violence cathartique. Est ce que Michel Thor est un agitateur véritable ou un personnage habité dans sa vérité ? Cette question est venue se percuter sans que j'en résolve un semblant de réponse.

Je me suis demandé si l'équation artistique de ce groupe au départ de leur existence était : sang froid électro + rap = slam-froid hystérique ?



Je pense que le proto-punk a dû jouer de courant alternatif dans son rôle de dynamo. Dans sa veine évolutive il est certain que la noirceur psychotique est devenu une transe corrosive, et qu'elle s'est engouffrée dans la brèche pour une constellation de torsion sonique et de souffre épileptique. Souvent affilié à Metal Urbain et au Béru pour la cassure musicale du premier et la protestation du second, je trouve davantage de consanguinité musicale avec le nihilisme du groupe Programme, formé en 1997 composé d'Arnaud Michniak (ex-Diabologum) (textes, musiques) et de Damien Bétous (musiques, programmations). Ainsi qu'avec le rap de Nonstop de Fredo Roman en spoken words sur des textes surréalistes et haineux et des instrumentations hip-hop agressives et bruitistes. Dont le dernier album date de 2009 et s'intitulait « J'ai Rien Compris Mais Je Suis D'Accord ».

Le dernier titre joué s'est détaché du reste de leur set en étant davantage rock dans sa composition, avec un Pink Floyd époque Syd Barret, des riffs doom en son clair, un Public Image Ltd au psychédélisme électronique catatonique.

Il n'y a pas de frénésie synthpunk chez Hystérie, il y a une violence sourde et froide, un appel névrotique à expurger le fiel et à faire trémousser les particules élémentaires.



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Connaissez-vous l'histoire d'amour entre une tronçonneuse et une plume ?

Un entretien capiteux était indispensable pour en comprendre la nature, parce que BITPART façonne une noise pop mélodique avec une musique inique ayant la banane du Velvet, le rabot à fer de Sonic Youth,  la désinvolte sophistication douceâtre de Yo La Tengo.



BITPART (2010) est un trio né des cendres de Fat Beavers (début 2009) dont le nom est une référence à la chanson des Lemonheads..

« I want a bit part in your life ; Rehearsing all the time »

« Je veux un peu de ta vie ; Répéter tout le temps »

Guitare Fender mustang, chemise à carreau, converse colorée, c'est parti pour un set rocailleux Sebadoh/Pavement sound et de douceur sucrée dans un mood à la Deerhoof. Bien cool évidement, un truc 90's, absolument pas lisse, il faut saigner de l'oreille pour ressentir le sucre mélodique, et il y en a.


« Une vie humaine paraît presque toujours incomplète. Elle est comme un fragment isolé dans un long message dont elle ne nous livre qu'une faible partie, souvent indéchiffrable. » Julien Green


La mélodie sonique de Bitpart est similaire, elle paraît incomplète, isolée, indéchiffrable, et pourtant quand elle se découvre tout devient clair. Le groupe préfère l'authenticité, la spontanéité...Tout en optant pour une recherche pondérée tant mélodique que rythmique. C'est à la fois un rock lo-fi tendu et dissonant comme Pavement/Lemonheads, et des structures mélodiques ouatées comme The Breeders. C'est une musique âpre, raboteuse, hirsute, et à la fois avec toujours l'insouciance d'une révolte permanente.

Le groupe a une discographie qui en suit la liberté, et a réalisé pas mal de collaboration avec des split E.P ( Joyride, Ghost Trap, Blanche Beach ) en fonction des opportunités et des affinités. Je vous conseille d'aller visionner la chaîne youtube de Bitpart très bien fournie avec des séquences de leurs tournées, ainsi qu'une série intitulée drawings & noises absolument magnifique.





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MARY BELL c'est une convulsion du rock alternatif dans un mood de Riot Grrl griffé par le Tigre et dans l'agitation permanente du proto-punks des Stooges. Un moyen d'extraire frustration et violence pour tout traduire en art sonique.

Rencontre spontanée dans le décor terrien de la ferme des Cabrols lors de la soirée du 26/10/2018, avec une luminosité assortie à la couleur des fauteuils et un chat qui vomit.



Pendant que les garçons repassent l'ossature rythmique avec douceur, les filles cassent la vaisselle sonique, secoue les cloisons musicales et exaltent en chipie.

Ça couine en furie un chant éraillé, la guitare libère le suc gastrique fuzzien sur des mélodies papier verre, la basse se colle aux courbes pendant que la batterie trépigne à l'ampleur du chant. Il y a de l'espièglerie dans ce retour enfantin au désordre, à manier avec liberté l’innocence et le désenchantement tout à la fois. De cette grogne sauvage de l’existence on a vu le saut éperdu d'un rock riot Grrl, avec son ersatz de venin subliminal et la même dose d'absurdité folle que les Melvins parfois, peut-être par le regard du groupe sur l'aberration du monde ? Parce que Mary Bell est en colère et à trouver le moyen d'extraire la frustration et de la traduire dans son art électrique.



Etant donné son goût pour l'esthétique ésotérique j'ai oublié de mentionner à Mary Bell l'existence du livre « Paris occulte : alchimistes de l'ombre, spirites inspirés, mages sulfureux, traqueurs de fantômes et astrologues visionnaires » de Bertrand Matot.

Rendez-vous compte qu'au milieu du XIXe siècle la fascination pour les sciences occultes prend une ampleur inédite puisque dans les salons de la bonne société on faisait danser les tables pour communiquer avec l'au-delà et les fantômes. Alors que dans notre 21ième siècle ce qui est regrettable c'est que l'on ne fait plus que tourner les serviettes.


La soirée s'est terminée sur cette bourrasque musicale et le froid automnal, cela ne nous a pas fait oublier qu'il faut toujours rester au plus prêt de son excitation enfantine, seule capable d'être toujours émerveillé par le syndrome de Peter Pan.

Merci à l’hospitalité de la ferme Les Cabrols, à l'organisation de La Lune Derrière Les Granges, à tous les groupes, et à toutes les personnes du public pour cette soirée.


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