WALLABIRZINE

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mardi, novembre 16 2021

PUMP UP THE VOLUME ON FIRE


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Yo Bro,

La seconde soirée de la Lune calling #40 a démontré l’impermanence d‘une situation et de son affluence.

La veille, lors de La génuflexion Hardcore de Jim Carrey nous démontrions une insuffisance dans le public. Ce samedi 13 novembre la soirée au Jean-Jaurès rameute une communauté Toulousaine pour le concert du soir. A l’extérieur ça tchatche, clope et picole, derrière le comptoir ça jongle avec en fond sonore de quoi mélanger de la tequila avec du houblon. L’ambiance est martelée de rouge et ‘’faucillée’’ de compagnonnage, on traverse le bar pour se rendre au fond, derrière un rideau les Albigeois de GET REAL ont investi la scène.

Ce groupe existe depuis septembre 2018, tu noteras que depuis mars 2019 c’est nuit et brouillard pour la culture, donc en très peu de temps et de lumière Get Real est parvenu à se hisser avec l’attraction d’une force centrifugeuse en guise de musique. Dès l’entame de leur set, le groupe a su capter l’attention, non pas pour contrôler les masses, mais pour apporter au public la dépendance nécessaire pour participer comme il l’entend dans le pit. Le Hardcore est une musique puissante et fédératrice, à gorge déployée le groupe a démontré sa capacité d’action, le public était en état de commotion, il  a ramassé les titres de leur EP et premier opus "Deprived of Everything" en pleine face. C’était Wall Of Jericho puissance 10 !

Au WallaBirZine nous sommes toujours impressionnés par les prestations de ce groupe, nous les suivons depuis le tout début, et nous avons pu mesurer la nette progression, pallier après pallier, sans brûler les étapes Get Real devient plus fort. Leur musique possède un taux de pénétration et une densité forte, une nouvelle fois leur set fut une branlée !

Le groupe a fait du public un origami, il l’a plié au fur et à mesure avec son intensité de jeu, toujours plus exponentielle.


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Le deuxième groupe c’était avec le quatuor ONE BURNING MATCH.

Quand tu passes après Get Real, tu te dois de te remonter les manches à coup sûr, et c’est ce que le groupe a accompli, captant lui aussi tout le public pour déverser son hardcore explosif. Les Clermontois fondent leur HxC avec le fiel sonique du stoner’n’roll, typé selon moi avec un groupe comme Black Tusk. Le chanteur guitariste avait bouffé la rage, il distillait un courant ascendant avec lequel il poussait les potards et son groupe vers la liesse générale. Grosse patate dans le foie avec ce set également, cela a transpiré d’une réelle et belle énergie, l’écume hardcore de One Burning Match est une propulsion à l’essence sanguine, il vous transperce d’une ardeur incandescente.

Leurs titres possèdent cette inclusion émancipatrice, munit d’un son transversal et avec lequel on plonge direct dans la torpeur déchaînée.

   
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On rejoint la communauté du rock alternatif, comme les tribus anciennes de la Mano, des Négresses, des Bérus, ils sont une chiée sur scène. Il y avait huit zozos, dont trois insoumis au chant munit de cagoule. KRAV BOCA est dans le bar Jean-Jaurès comme s’il était à scander directement dans la rue. La température déjà à un niveau bien au-dessus de la normale de saison, est montée d’un cran en moins de deux.

Le rap est le langage universel qui excelle et rassemble, il soulève les foules quand sa fusion musicale et ses textes en braillent le fracas fédérateur. Avec Krav Boca c’est et ce fut le cas. Le public était jeune, il abordait le set comme on saborde les rives de la convenance pour retourner le bar dans une clameur venue des luttes de la rue. Attisée par la houle du groupe, le public a donné son corps en débordant du cadre, tous solidaires pour une nuit apache. Krav Boca alimentait sa force en interaction avec le pit, à coup de canette vide aussi, mais surtout pour attiser cette revanche libératrice qui fait lever les bras et crier à l’euphorie.



La jubilation trouvait ses armes d’attaque dans la folie que répandait Krav Boca, groupe militant pour l’humanisme fédérateur. Le set s’est terminé par une dernière salutation avec la cover des Béruriers Noirs « Salut à Toi ».  

Émancipation, affranchissement ou damnation pour le punk ? Dans un concert de punk rock hardcore metal on ne te demandera pas de voter, d’éliminer quelqu’un, de te mettre en compétition, mais, juste d’être, là.

Les politiques, ou autres manias du pouvoir, avant de tuer l’autre dans leur gouvernance, ont étranglé en eux toute conscience collective, juste pour ce gain de domination instinctif du lion qui rugit à l’appel de la gloire. Les trois concerts ont eu cette générosité de l’existence qui fait passer le collectif avant l’individuel, sans jamais oublier l’individu.e.

 

Merci à La Lune derrière les Granges, au bar le Jean-Jaurès, Get Real, One Burning Match, Krav Boca, au public venu nombreux, il y avait belle lurette ( vu l'expression ça date) que l'on n'avait pas connu une telle effervescence, c’était chaud patate et vraiment coOol ; )

Retrouvez les photos de la soirée de Junk Cacahuète sur notre page FB et les vidéos sur notre page YT.


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samedi, novembre 13 2021

La génuflexion Hardcore de Jim Carrey


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Une nouvelle soirée organisée par l'asso La Lune Derrière Les Granges ce 12/11/2021, et pour cette soirée je dirais derrière le Gange...

C'est aux ateliers que les concerts ont lieu. L'équipe de ce lieu associatif fuse l'hospitalité dans le fondement de leur sociabilité fédératrice. Le lieu est toujours aussi beau, cool, le parquet toujours aussi souple, et les groupes ont eu le même brasier sonore que leur intention musicale.

SKULL SODA débute c'est sa première scène depuis 2 ans, nouveau bassiste et un guitariste avec un tympan percé pour l'occasion.

Le quatuor Toulousain-gascon entame de la plus belle des revanches, avec la fibre de sortir du gouffre des envies leur musique émotive. Leur fibre musicale varie du post-hardcore à l'emo, du punk rock mélo au power rock. Antoine Lanau, le guitariste chanteur est aussi graphiste et il a apposé sur des dessins l'essence du festival Xtremefest. Son chant parvient à développer l'empreinte sensible de leur musique. Côté chœur l'association des deux guitaristes renforcent l'épicentre de cette densité émotionnelle. J'ai toujours apprécié ce groupe, il a su trouver son identité, percé le cœur de son enrobage pour aller dans ces profondeurs de volupté où se détermine chaque parcelle de violence et de douceur. Ce contraste valorise leur palette sonore aussi. Ouaie un chouette concert, le nouveau bassiste affirme avec la rythmique une ossature déterminante, et vers ce décollage où les variations mélodiques se jugulent à de légères dissonances.

L'emocore de Skull Soda trouve toujours le chemin de toucher votre cœur, il suit les trajectoires musicales d'un Save The Day, American Football.

Quand HYPOCONDRIAX déroule son set hardcore remplit d'énergie positive, il est désormais ce quintette propulsant les valeurs fraternelles avec la vigueur originelle du HxC. Un retour aux bases, fondations, aux fondamentaux !


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Leur nouveau guitariste c'est ce vieux pote qui gravite depuis l'école élémentaire, il est muni d'un curriculum vitæ qui affiche : guitariste chanteur du groupe Dirty Fonzy. Le gazier a pris son panard a joué collé serré avec un hardcore frontal. HypocondriaX a remis les pendules à l'heure d'été, bonne humeur, énergie, bourrasque de riffs, rythmique à double propulsion, chant combatif et fédérateur. Le seul regret, c'est que cette soirée n'est pas rencontrée davantage de public. C'est comme cela...Heureusement qu'il y a les Albigeois dans le Tarn.

Tout est une question de réseau, de communauté, et de nos jours élargir sa circonférence demande une diplomatie adaptée à chaque personne, requiert très certainement un apprentissage éducatif pour apporter une curiosité aux nouvelles générations. Une explication du moins. Le rock se meurt d'être pris dans l'étau de sa temporalité, les vagues musicales passent à chaque décennie en inventant un nouveau style pour chaque génération, il est un marqueur de temps pour changer le monde, ou du moins évolue selon l'objet physique. Les années 60's font référence au 45 Tours, les 70'-80's au 33 Tours et K7, les 90's au CD, les 2000's au téléchargement pirate et à la dématérialisation de la musique, à partir de 2010 c'est le retour de l'objet mais juste pour les nostalgiques. Avec le temps on se ressource toujours avec ce qui nous a fondé.

Nous vieillissons toutes et tous, emportant le terreau de nos terres d'exil et cette nostalgie existentielle, nous voudrions partager cette lumière, mais le temps n'a pas d'attache, il creuse le sillon à réinventant une nouvelle source, une nouvelle lumière, angle de vue, comme avec chaque mouvement. Pourtant tous ces styles musicaux ont su se renouveler, et garder dans leur giron leur essence, leur élixir, philtre de jouvence...

Oui mais voilà, le constat est limpide, on se retrouve à chaque concert avec les mêmes personnes. L'équation est simple : Nous sommes de plus en plus nombreux, chacun est différent, ce qui avait valeur d'union disparaît au fur et à mesure du panel d'intérêt croissant. Cette agitation multiple divise, amplifie les ségrégations et fait crever à petit feu les restes vivaces d’un passé qui semble suranné. Et à la fois, ce qui est paradoxal, c'est que les festivals rameutent chaque année le temps d'un week-end une fraternité de réjouissance commune. Pourquoi ne pas pousser davantage avec les concerts tout au long de l'année alors ?

Ah, autre chose qui a son importance, les gens n'ont plus le temps. Ils ont a profusion des sources de divertissements, et le confort moderne les maintient dans un état végétatif. Ils lisent le résumé, le titre d'un article et la conclusion quand cela leur convient, écoute 1mn une nouvelle chanson, regarde le teaser d'un film, regarde des vidéos d'une minute sur TikTok, mais cela leur prend des heures et des heures de tout visionner. C'est un nivellement vers le bas. C'est le Lapin pressé d'Alice aux pays des merveilles.

Après je sais que depuis le 100 mots de cette chronique les 3/4 des personnes ont zappé, rien à foutre. Parce que si j'en avais quelque chose à faire il y aurait très longtemps que j'aurais stoppé. Et toutes les personnes qui font vivre le courant alternatif le font par passion.

Je pense que les jeunes auraient dû être présent pour le set du dernier groupe, DARJEELING OPIUM.

Cet inconnu au bataillon du soir, est un OVNI.


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Le genre de groupe que tu aimes détester tout autant qu'il te fascine. C'est un quatuor de Montpellier.

Musicalement il jongle avec les styles, son truc c'est la fusion. Mais pas comme tu l'entends des 90's. OK bon oui il y en a des morceaux dedans, mais c'est comme si Franck Zappa faisait une fusion de grincore.

Dès le premier morceau on se demande si le groupe a fini ses balances où est ce que le show a vraiment commencé ? Mais ouaie c'est le bordel sur scène, un chaos généreux, théâtral. Merde mais c'est quoi ce gars qui hurle sans arrêt. Oui tu as bien lu, je ne me demande pas c'est qui mais quoi. Je me dis qu'il va bien finir par gerber à force d'imiter Dani de Cradle Of Filth  et Karl Willetts de Bolt Thrower. Mais non.

Le volume sonore est exagérément trop fort, j'ai oublié les bouchons, j'en ai marre de faire des concerts en me protégeant de tout, tous. Nous allons finir habiller comme des CRS, leur ressembler, et obéir, obéir, O B E Y !

Le mec est carrément en train de me percer les tympans en gueulant. Sa tessiture vocale est magique, il passe du growl au cri suraigu

Je trouve finalement que ce groupe exhorte tout ce qu'il y en a lui, il l'expulse de manière frontale, c'est un fait, ce qui paraît décousu au début prend tout son sens quand on capte bien le groove. Car leur muzak est pétri de groOove. Ce truc lourd et dense qui fait remuer. Si le chanteur semble théâtralisé sa prestation, parfois tu as l'impression que c'est Jim Carrey qui éclate la discographie de Black Bomb A en version grind. Pareil avec le recul je pense qu'il a besoin de cette expression pour pousser la densité de sa performance au niveau de l'intensité de leur musique.

D'ailleurs le chanteur a signifié au bout de trois morceaux d'une voix fluette pour le coup : «  C'est cool vous restez, d'habitude les gens ne supportent ce que l'on fait ! »

La fuite est le premier geste de survie et de repli face à l'inconnu. Darjeeling Opium pousse les limites du genre punk hardcore vers la scission grind et la fusion libertaire, tu prends ceci dans la gueule où tu rentres chez toi voir un gars en train de chier sur le trottoir, quoique tu peux assister à cela à Castres...Si, si, c'est possible j'ai déjà vu.

Le monde est soluble dans l'instant, pourtant on en arrive à retenir des fragments de pureté que l'on chéri comme un totem intérieur. Nous n'avons pas le don d'ubiquité, vous ne pourrez pas tout voir, assister à tout, mais soutenir un lieu, des groupes, des associations qui se bougent pour faire vivre l'intensité des fragments de pureté demeurent bien plus important que des vidéos sur les réseaux sociaux. Bougez vous, sortez de votre zone de confort, venez frottez votre existence pour vous embraser !

L'embrasement c'est ce qui sort de scène à chaque concert, un feu, un braiser qui ne s'éteint pas, c'est vrai, c'est pur, intense et une fois que vous y avait goûté, la Vie n'est plus une évocation.

Retrouvez toutes les photos de junk sur notre page FB, merci à la Lune, aux Ateliers, à Skull Soda, HypocondriaX, Darjeeling Opium, aux ami.es qui ont fait le déplacement..Junk et oim nous vous informons avec nos moyens, notre passion, nous ne ferons pas votre effort de vous lever le fion par contre.


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mercredi, octobre 20 2021

Castagne, Elfe, Tourment et Cöntrebande de Miel Aveyronnais


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Bonjour,

Aujourd'hui il faut se situer par rapport à sa vie pour se faire comprendre de ses contemporains. Donc je vous annonce de but en blanc, qu'en une semaine je me suis fait bannir de facebook dont je ne connais pas la raison si ce n'est que je n'ai pas respecté une clause de leur charte. Laquelle ? M'en branle. J'ai changé de compte FB, je me suis fais bannir certainement pour une chronique underground trop riche en métaphore pour que l'algorithme ne pige pas. Lol comme ils disent...J'ai crée un compte uniquement pour afficher sur les réseaux sociaux ce que j'écris dans le webzine WallaBirZine. La page FB sert de vitrine promotionnelle, comme une affiche dans la rue, mais là précisément, reliée au monde entier de l'internet. Donc pour être lu, il faut être vu, d'abord. Suscité de l'intérêt est une autre paire de manche. D'ailleurs comme introduction, il n'y a pas pire pour faire fuir. Mais bon, disons qu'il faut bien créer une attente, c'est la base de l’Entertainment.

Le besoin inhérent de sociabilisation pousse un bon nombre de bipède occidental à aller s'opposer à la pérennité de la couverture sociale malgré les exigences draconiennes qui subsistent sur le territoire de Jean Jaurès. D'ailleurs pour cette soirée, le premier lieu de déflagration sonique se nomme ainsi. Une soirée itinérante avec 2 groupes dans 2 endroits avec la Lune derrière les granges comme orga.

Toujours selon les rigueurs gouvernementales actuelles avec le pass sanitaire pour les vaccinés et non vaccinés


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Le premier c'est le café Jean-Jaurès, un bouillon de culture à lui tout seul. Je pénètre l'antre, le concert à déjà débuté. Le bar est tout en longueur, Ouaie comme le café l'Autan à Toulouse. On longe les accoudés du comptoir pour rejoindre la horde de métalleux qui devant siège en beuglant les insanités joviales bien connues des fans du groupe Venom.

Sur scène c'est Spit The Curse, jeune groupe de Castres, dont c'est le premier concert. Sur leur page Soundcloud présentant leur titre «  La Horde » il y est noté en guise de présentation que « Dans la chaleur gluante de vos entrailles naît une onde sourde dont le crissement des cornes racle vos vertèbres, griffe l'émail torturé des dents et ronge les os d'une carcasse à l'abandon, celle de votre raison. ». Tu vis déjà le programme à travers cette introduction. Leur mélange de black et de post-metal rejoint la froideur du groupe Glaciation. Le public est habillé de noirceur avec le cœur de s'affranchir d'émotions soniques. Le groupe en dispose, c'est cool. Le pit est gavé d'ami(e)s du groupe, et Pit The Curse se libère enfin de toutes ces répétitions pour aboutir à un set opérant les contrastes de leur zique, et donner naissance à leur flamme


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Lords of kahuzan est un groupe instrumental de power metOl sympho d'Albi, ce qu'en terme de géographie ne signifie absolument rien, par contre power et metOl doit vous évoquer un monde de gnomes, farfadets, de champignons magiques dont les amateurs de donjon&dragon rafolent en se tapant la panse de cervoise, diantre. Ce n'est pas ma came, mais souvent et quand je trouve que c'est digeste je m'éclate à écouter ce délire. C'est foisonnant, il y a de la technique, des mélodies dignes d'un eurovision intergalactique.

Les lords ont débuté en 2004 sous l'appellation d'origine contrôlé No Heaven en pratiquant le thrash power de Pantera. Après la découverte de Dimmu Borgir, Childreen Of Bodom (le claviériste avait même un t-shirt à cette soirée), Craddle Of Death (yeahhhh) et autres Epica, l'orientation musicale se trouve pousser des ailes d'Heroic Fantazy. Donc quand ça sulfate des solos dans les aigües ça ferait couiner une licorne à coup sûr. Pour vous donner des exemples ce groupe a des titres comme « Along Came The Moon », « Pictures of a Derelecting Time », « When The Wicked... » Sur scène il pleut des averses de triolet symphonique, heyyyyyyyy ça joue hyper bien, c'est propre, bon allez quelques pains au levain se font entendre mais franchement, bonne régalade.

J'ai kiffé leur grain sonore, celui qui moud vers l'imaginaire et les créatures mythiques. Manque un chouia vestimentaire, époque Pretty Maids si tu vois vieux grincheux de geek ce que je veux dire si tu as été hard-rocker. Il y avait plein de couleur dans le ciel du Jean Jaurès, c'était un buvard onirique de mir color avec une volée de papillon elfique. CoOol...quand je pense que Junk cacahuète&jus d'orange a raté un band de la terre du milieu.

FIN DU PREMIER ROUND


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Direction les Ateliers pour la seconde session, l'endroit est toujours aussi coool, et la bienveillance funny du personnel au top, Black inked ocean est sur scène.

Leur metalcore souligne les usages modernes. Le set est carré, le chanteur en fait très certainement des caisses, mais bon il joue son rôle de frontman avec responsabilité, rien à redire. En survet et tennis au pied le gars déambule avec une positive attitude, good job. La chanteuse dispose d'un bon panel vocal. Le bassiste a de jolie converse neuve bleu marine, il joue sobrement, en suivant l'osmose rythmique. Le groupe a looké sa musique, ni trop peu, ni pas assez, cette exigence musicale est à mettre selon moi à leur style, il y a derrière leur façade une programmation permettant d'induire des atmosphères à leur muzak, et ça le fait. Le guitariste participe au chant crié, ses mélodies sont aussi acérées que fuyantes. D'ailleurs Dans leur registre musical, le groupe n'usine pas, même si il y a du calque avec les seigneurs du style, le groupe reste dans le mood contemporain sans faire dans la copie carbone, c'est franchement réussi. C'est le batteur qui a retenu mon attention. Il apporte réellement une dimension, il pose les bases, ajoure les nuances. Mais l'ensemble est clairement un travail d'équipe, sans l'un des membres, il n'y aurait pas le même impact. Donc osmose, et Black inked ocean assure sur scène.

On finit avec les cadors Nothing From No One.

Tu vois les gars arriver sur scène, ça pose d'emblée un bloc plein, enfin, mis à part le batteur de 60kg, le reste c'est fat. Chez eux c'est simple, la silhouette, le son, leur hardcore metAl, tout est faaaaaaaaaaaaaaat, même le rythme du batteur hein.

Le chanteur affiche un shirt des légendaires britanniques Bolt Thrower, tu comprends d'emblée la résonance que cela évoque ? Dès l'entame du set on prend trois poutres d'acier trempé, ça leste sévère. Si tu n'y est pas préparé, rentre chez toi te badigeonner de baume du tigre. D'ailleurs le chanteur quand il pulse sa voix c'est un lion qui rugit, et avec l’œil du tigre de rocky, mec. Dans le pit les coreux jubiles, ça dégouline des falzars, autant les gars que les filles. Le groupe dispose de ce genre de titre munition capable de terrasser un predator dans une jungle Birmane. Si Schwarzenegger n'a pas été foutu d'en plomber un en déchargeant le poids brut de la bataille de Guadalcanal sous le nom de code opération Watchtower, le cas de NFNO préconise de se prémunir en conséquence dans une tranchée avant de prendre une avalanche d'obus de la guerre de 14. Devant ça sent ce mélange d'hydromel et de sudation excessive qui pousse au repli. Une cover de madball plus loin, les avances soniques plombent l'espace sonore de la même intensité que Terror et juste avant Halloween. C'est dire si ces gaziers sont en avancent sur leur temps pitinnnnnnnn !

Un set qui a envoyé des pruneaux et ils n'étaient pas d'Agen ceux-là !


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FIN DU MATCH

La vie donne l'impression d'être un jeu de l'oie. On avance à coup de dé, on évite les pièges par hasard, on recule souvent, mais on avance tout de même, puis dès que l'on pense être arrivé au bout de la gagne, on tombe sur cette case qui remet tout en cause, et l'on se retrouve à la case départ. Alors on recommence. Peut-être que le jeu nous explique que si l'on arrive au bout, la partie est finie. On n'existe plus. Finalement ce que l'on prend pour une compétition n'est qu'un jeu. La vie serait donc un amusement truffé de pièges avec lesquels il faut avoir le recul nécessaire pour continuer d'avancer, partager avec les autres cet instant comme une acceptation, garder les yeux ouverts sur l'expérience accomplie, laisser les dés intuitifs décider à ta place, sans jamais rien espérer, juste vivre. Tout ce qui nous énerve au quotidien comme un gavage du jeu de l'oie n'est rien de plus que le fruit de nos pensées persistances. Pourquoi j'écris cela, pinaiseeeee j'en sais foutre rien, mais je suis sûr que d’assister à des concerts permet de ne plus subir le jeu de l'oie.

Qu'est-ce que j'aime ce brasier qui s'illumine en moi à chaque fois que j'assiste à un concert bordel !

Merci au bar le jean-jaurès, les Ateliers, La Lune Derrière Les Granges ( qui devrait se nommer la Lune Derrière Les groupes), puis Spit The Curse, Lords Of Kahuzan, Black Inked Ocean, Nothing From No One, les jneus qui ont vécu leur 1er concert, l'ancien à la veste Motörhead, les filles habillées en noir, cette communauté metOl...

Bisous


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samedi, août 7 2021

RISE ABOVE


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Quel pied, ah ouiiiiiiiiiiii, mais quel p#tain de bonheur d’avoir pu revivre de tels moments musicaux avec ce week-end rédempteur. D'ailleurs l’expression de salubrité publique « Spectacle Vivant » a pris tout son sens.

Il y avait longtemps que je n’avais pas vu autant de visages radieux, illuminés par un seul désir : l’aboutissement du brasier collectif. Mais pour ce faire, il a fallu passer des immondices.


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Vivre c’est affronter l’adversité, et pour certain cela passe par le collectif.

Ceci, l’Xtrmefest l’a toujours mis en pratique. Corporatiste pour survivre dans un monde ultralibéral, communautaire unificateur et inclusif pour exister et conserver forme humaine. Cette multitude forme une amarre, issue du même tronc commun et résulte vers une finalité, unifier le temps d'un festival toutes et tous les électrons libres en une poche de résistance, prête pour conserver les valeurs underground punk hardcore metal à leur apogée. L’Xtremefest est un manifeste, un exutoire significatif pour la rage, le chagrin et la joie, c'est un modèle positif de solidarité et d’autodétermination, c'est un exemple de désir sonique destructeur et créatif.



Une lassitude avait envahi certain esprit en un signal vers la paresse, comme l'étroitesse que l'oublie collectionne dans un quotidien usé.

Pour que l'esprit humain comprenne la valeur d'une chose, il faut l'en priver. La carence covid 19 a révélé la teneur du spectacle vivant à hauteur de cœur. L'Xtremefest en épouse fondamentalement l'essor. Les équipes ont tout mis en œuvre pour que le festival existe. Ce fut une résistance de stakhanoviste, une forme de lutte contre vent et marée, basculant dans la tempête médiatique pour finir par survivre tel le radeau de la méduse du peintre Théodore Géricault. Se prouvant dans l'épreuve que la voie du courage, de la ténacité, du positivisme trouverait la transition possible à l'aboutissement humain.

Fédérer une famille n'est pas chose aisée, tant la singularité de chacun résonne en un brouhaha existentialiste. Il faut savoir écouter, et surtout entendre chaque voix pour trouver et choisir la voie à suivre. Ainsi, garder le cap de l'inclusivité reste selon moi, un choix fort et intelligent que le festival a choisi d’honorer. C'est cet universalisme qui est le fondement de la scène underground. Les révélations médiatiques ont actionné la scission de la scène, et inaugurent une nouvelle ère. Il est regrettable que ce qui nous avait jusqu’à présent unifié soit oublié, même au plus fort de la tempête. Il y a assez de barrière partout pour n’en créer de supplémentaire. L’espérance de se retrouver toutes et tous demeure…

L’underground s'est bâti sur l'exil volontaire, vers un modèle d’activité horizontale et participative, respectueuse des personnes, et capable d’admettre chaque différence comme un atout, toutes ces idées utopiques et marginales sont le fondement et l’essence de cette communauté. Je ne connais personne n’ayant jamais commis d’erreur. Personne. Tout le monde traverse des troubles, fait face à des fantômes, des peurs, des monstres, et se retrouve toujours contre soi.

"Aucun homme ne peut trouver en ce monde de plus redoutable ennemi que lui-même." Alain

Pour s'absoudre de faute, il faut savoir se remettre en question pour avancer, et ce festival affirme sa volonté par des démarches constructives.


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Ce n’est peut-être pas assez pour certain.nes mais c’est toujours un pas de plus vers l’autre d’accompli.

La communication s’avère être décisive dans un monde ultra-connecté. Le moindre silence, le moindre mot, le moindre visuel devient une signification kaléidoscopique de sens giratoire selon son axe de vue. Il me semble qu’il est sain de faire un pas de côté pour ne plus voir uniquement ce que l’on s’est forgé comme axe, mais d’avoir une vue d’ensemble de tous les éléments.

De toute façon si tout demeure, rien n'est jamais figé, tout se métamorphose, change, évolue, mute, si nous en sommes encore là aujourd'hui, ce n'est que par des choix. La vie est définie par nos choix.

L’association Pollux qui donne vie à l’Xtremefest a fait des choix.

Bien souvent mes reportages cherchent à observer le choix des gens, leur façon de faire vivre leur destinée dans le pouls de leur incandescence. C'est aussi simple que complexe, et aussi fort que cela.

Dans le firmament sonique des musiques amplifiées, nul ne sait la trajectoire de l'Xtremefest, mais une chose est sûre, les équipes de ce festival ont réussi à mettre en place l’expérience collective et incarnée de la liberté fougueuse dans un carnaval pour agité.es !


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THE DEAD KRAZUKIES ouvre les festivités du Vendredi avec une femme comme leader.

Quelques soucis techniques (mauvais retours) gâchent l'entame du set. Le coronavirus c'est pas de concert, donc pour les groupes c'est comme le retour sur tatami de Teddy Riner au J.O, tu finis avec une médaille d'or à l'individuel et avec l'or en collectif. Ainsi le quintette de la baie des Landes fait front, il joue serrer avec leur nouveau guitariste, je trouve qu'il gagne en composition catchy à chaque album, il suit la lignée mélodique d'un Bad Religion. Le chant de Maider Gallais est de toute beauté, sa tessiture rauque permet d'amplifier l'enrobage punk mélo californien. Loin des tendances, le combo surfe à la cool son punk rock avec le vent du fun, rien n'est faux chez eux, tout est sans filtre, sincère et spontané.

Les titres de leur dernier album « Icarus » volent dans tous les sens – émotionnels – du terme, et ne galvaudent nullement sa bourrasque musicale Hossegorienne.


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Le patchwork musical de LANDMVRKS est abouti, entre pøst-hardcoreemö metAlcore-råp pour une discographie de 3 opus.

La magie de leur mosaïque sonique épouse les transgenres musicaux avec une liberté de ton et de vigueur salvatrice. Leur jeunesse fougueuse se libère du poids de l'hérédité, et commence son échappée belle dans la direction donnée par leur intuition musicale. Ce groupe Marseillais à 98% (il y a un Parisien) impose sa force de frappe, d'attraction, et ceci d'emblée. Le combo écharpe par ses sens sensitifs une énergie concomitante avec une efficacité redoutable. On a clairement changé de division. Le chanteur charismatique possède un panel de modulation vocale (chant clair et guttural, flow hip-hop) suffisamment ample pour lui donner une assurance et mainmise scénique, digne d'une rock star à la cool. Le gars est un poids plume, il bondit et investit l'espace scénique comme un showman avec les étoiles du rêve Américain, et un positivisme envers le public. Une positive mind attitude bénéfique à ce que l'impression première du public devant cette performance, ne se retourne jamais le groupe en une aversion face à ce qui pourrait se transformer comme une prestance orgueilleuse. Il s'agit bel et bien de talent, et Landmvrks délivre une musique live hyper chiadée.

C'était leur premier concert post-covid depuis 2 ans, leur set est impressionnant et révélateur pour de nombreuses personnes dont je fais partie. Je ne connaissais pas du tout.

Leur concert apporte cette sensation d'un show rôdé depuis des mois d'attentes, et délivre en pâture un show endiablé à des lion.nes en cages. Leurs compositions possèdent le sens catchy des contrastes. De ce fait les styles s'imbriquent, apposent des atmosphères disparates tout le long, tout gagne en osmose, intensité et profondeur. Un des guitariste affichait un t-shirt de 2 Pac. Le set est passé à une vitesse folle.

Le public conquis, a pratiqué le wall of death, stage-diving, circle pit, c'était comme avant, mais avec la saveur tenace de reprendre son souffle après une apnée, de ressentir une force de vie battre dans le pouls de la joie de revivre une intensité unique, d'avoir le soleil pour fondre le gel d'un réel plein d'effroi encore.

Est-ce que le chanteur est tellement sûr de lui qu'il pourrait dépasser la borne narcissique du too much glam rock ? Devenir une caricature égotique de lui-même ? Heyyyy, c'est le genre de question que les critic-rock se posent en gobant du prozac dans un verre de scotch. J'ai pu discuter un instant avec Florent le chanteur, et le garçon est vraiment hyper simple, loin de la vigueur audacieuse qu'il affiche sur les planches. Il compose la majeure partie des titres, il a de multiples aptitudes, dont celle d'avoir aussi un projet rap. C’est un gars complet.

La route est longue pour le rock'n'roll d'après AC/DC, ce qui est certain c'est que Landmvrks a toutes les clefs, le potentiel pour devenir un super groupe de renom, et que dans ce moment présent à l'Xtremefest il a brillé d'incandescence sur scène.


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L'encre noire de William Burroughs a trempé son fiel ardent dans le venin d'Alice In Chains, dans l'apocalypse punk de Treponem Pal/Prong et avec le rock'n'roll de Queen Of The Stone Age, quand 7 WEEKS a pris la scène en un acte incantatoire d'essence sombre.

« Laissons venir les choses au lieu d'aller les chercher, souvent elles ne sont pas là où nous croyons. » Mohammed Moulessehoul

De ses racines blues noires, le trio est possédé par sa descente plaintive aux enfers. Ce rock puissant étendard d'une orfèvrerie de rite et de chaleur bestiale trouve dans son humanité heavy blues les sens véritables. Son catalyseur orgasmique est un moteur explosif ascensionnel. Les compositions du groupe en énumèrent l'assise, captent le public par son venin musical, ses atmosphères sont un fix dont la dépendance devient de plus en plus obsessionnelle au fur et à mesure du concert. Cette profondeur puise sa source dans le dub punk, la noirceur, bien en-dessous de la croûte terrestre, directement dans ce noyau en feu que l'intimité de l'âme en émet la part la plus intuitive de chaque être. C'est ce côté sombre, littéraire et cinématographique qui projette des images en relation avec notre tréfonds émotif. Leurs lignes progressives musicales permettent d'aller dans cette immersion. Le set est redoutable, addictif pour un public en manque de rock, de venin, d'absolu, de rêve éphémère. Les dissonances indus de Prong tutoient un heavy rock prog à se damner les veines pour un autre shot. Sentir le sable fin d'une latitude fantasque, la morsure des rayons d'un soleil gorgé de cet ailleurs où il fait bon retenir les sens d'un trip sonique.

Les titres s'étirent après une sieste onirique, et les morceaux de leur ciné-concert « Dead Of Night » permettront en toute fin de sceller ce sens stönique du feu et de la flamme HeAvy röck.


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Comique troupier du metal ayant subi la cruauté des réseaux sociaux, le cataclysme ULTRA VOMIT a eu comme incidence de révéler la constipation de l'hexagone, avec comme épilogue la diarrhée haineuse d’un bataillon de haters capables d'alimenter chaque débat au moindre contre-feux médiatique.

Faisant profil bas, la tergiversation craintive d'UV avant de monter sur scène venait corroborer à la simple question : Peut-on rire de tout ? « Oui mais pas avec n’importe qui » a annoncé Pierre Desproges

Apparemment non si l'on en croit la fiabilité scientifique et de ce qui se répand dans tous les outils de communication permettant de faire monter l’« excrémentation » des débats animés.

Le groupe commence son set avec son sens de la plaisanterie. Est-ce que ce sont des clowns ? Oui

Est ce qu'ils font toujours le show ? Pitinnnnnn oui, et des conneries aussi grosse que les melons de Cavaillon, con !

Oui, Ultra Vomit sera toujours là où le pipi caca prout uh ! du journal Hara Kiri via la parodie de l'univers pop et metOl présentera ses hommages outrecuidant à qui de droit.

Si tu es devenu.es trop sérieux avec tes principes, ta droiture morale, ton égo, et ton point de vue limité, va chier à la vigne.

Comme la peinture « La Trahison des images » de René Magritte où il démontre une figure qui présente seulement un certain aspect de l'objet, selon un certain point de vue, d’une certaine interprétation, Ultra Vomit a pris une tempête de merde parce qu’il a eu l’opportunité de faire le con devant le chef de l’état. Pour résumer : Si tu lis Mein Kampf c'est que tu es un nazi. Tu participes à tous les idéaux, propagande établie par l'auteur, qui en plus et comme chacun sait, était un mauvais peintre. Il y en a plein le cul maintenant des extrapolations qui finissent en suppositoire pour éléphant. La vie est désireuse d’absurdité, où est passé le rire, la private joke ?


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Pour répéter : La parodie, caricature est un art qu'UV maîtrise à merveille. Dans l'absurde ils vont très loin, de Nantes à Clisson, en passant par Niort, c’est dire…

Ce groupe a pris la scène de l'Xtremefest au ci-gît 81450 Le Garric avec la même intention que celle de l'Elizée (pas Montmartre, nonnnnnnnn, là où il y a le président de la république).

Ce n'est pas donné à tout le monde de recevoir des personnalités, nous les bouseux du Tarn, nous en connaissons le prestige, alors nous avons fait la fiesta même sans l'assentiment du Duc d'Anjous. Et côté festif Ultra Vomit ce ne sont pas des moulinets de pignole en l'air. Donc le public a participé à donf, en fait comme des gosses devant guignol. Que ce soit avec une gauloiserie béotienne (va chercher la définition), où dans la chevaleresque incongruité kaamelottienne, tout sied quand Ultra Vomit dégouline sa couillardise pornawak.

Ultra Vomit c'est la société du pestacle de foire d'Aggressive Agricultor (va chercher la référence sur le net), le bestiaire de Manowar, se sont des geeks, des adulescents qui font les cons sur scène, partout, et tout le temps. C'est sale bête et méchamment couillon, et ça ne va pas chier plus loin. Si vous avez oublié votre humour franchouillard, refaite-vous une plâtrée de nanard du réalisateur Philippe Clairet avec la disco d'UV, surtout si vous êtes constipé.es.

Un concert d'Ultra Vomit c'est punk, c'est rigolo, parfois tu t'emmerdes parce que la plaisanterie dure trop longtemps, le principal c'est que le pestacle « Panzer Surprise » est une dinguerie.

PS  pour les gens sérieux : N’oubliez pas d’aller chier à la vigne, hein !


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To thrash or not to be thrash ? That is the question, enfin, ser o no ser esa es la cuestión per ANGELUS APATRIDA. Quatuor ibérique venu déclamer la vélocité thrashy avec des jeans slim, et vestes patchées.§

Leur set ? Une déclaration d'amour à Exodus, Anthrax et Municipal Waste.

Le speed dans les riffs, des smiles pour les headbanger.ses, du slam-diving pour les coreux, et un pétage de nuque sidéral.

Para resumir : Nos rompieron el culo, ahhhhhhhhh hi, Cabron



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L’équipe du WallaBirZine était au complet dès Samedi, un retour dans l’arène après des mois de diète, avec Junk Cacahuète, Big Jim puis oim afin de vous gratifier d’images, d’ITW, et captations de concerts, tout ceci est visible via la page FB officielle et sur notre chaîne WBZ


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Samedi c'est GET REAL qui fournit la première torgnole.

Le groupe anime et réanime avec un tesson hardcore la lucidité des corps, encore un poil endolorie par la fête de la veille mais revient à un haut niveau très rapidement. Les locaux creusent le sillon de leur EP « Rise » et de nouvelles compositions pour « échauffourer » le pit. Vous pouvez aider le groupe à une campagne participative pour l'aboutissement de leur premier album via Ulule.





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BLOWFUZE est le second groupe espagnol à venir piquer ses banderilles ce week-end.

Leur punk rock éperonne le son californien de NOFX. Mes camarades de jeux du WBZ prennent littéralement leur panard avec ce punk à roulette crossover, c’est leur came et pourtant ils sont sXe.

Le chanteur fusionne sa prestation survoltée avec une mine enjôleuse. Les barcelonnais se sont amusés comme des petits diables, déroulant leur musak frénétique avec la pêche ensoleillée.




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HANGMAN'S CHAIR caresse la scène d'un velouté bleu nuit

Libère ce rouge sang d'une ambiance coldwave doomy

Traîne son contraste de chaude braise et d’iceberg glacé

Le chant est magnifique, il se dépose dans l’espace comme un refuge de spleen

La batterie forge une profondeur de nacre



La densité sépulcrale de leur musique est un cimetière d'âmes emprisonnées

Le set est un précipice et un voilage de torpeur

Une emprunte de sagesse avec le trouble d'une noirceur qui éclaire avec douceur

Il n'y aura aucun mot entre les titres, il fallait ressentir les coups de fouet et laisser gagner l'abîme, puis laisser filtrer les tourments jusqu’à s’étreindre.


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La nouvelle formule du quintette BURNING HEADS appose dans son set davantage de punch. Il y a plus d'aisance vocale et mélodique. La libération d'une nouvelle énergie volubile qui amplifie tout l'ensemble de leurs titres.

Les nouveaux morceaux préfigurent un album vraiment fun, rapide, et hypra cool. Le public en a retenu une perpétuelle fougue dans le pit, et pour le reste a headbangué ou tapé du pied en mode lapin duracel. La sagesse Orléanaise puise dans son bain de jouvence punk rock les ressources inépuisables d'un changement bénéfique jusqu'à la lie.



Les Burnings ont toujours la flamme, jamais la flemme. Ils possèdent le sens du partage et de l'éclate scénique, ils subjuguent dans cet art de l'éphémère, trop fragile pour supporter d'être limité, avec toute l'intensité nécessaire pour faire tonner d'incandescence suprême.


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A présent le crépuscule de la salle est rempli par la loi du saloon. La fosse commune est gorgée de cow-boys et d'indiens qui musardent leur nervosité dans l'attente des $HERIFF.

Des punks iroquois aux chercheurs.es de pit en or, il n'y a que des sauvages, féru.es de vices et de violence, crépitant les excès de la nuit dans un set tout en déflagration épidermique. Les frissons parcourent des corps criblés de spasmes dès les premiers titres effervescents. Le western moderne du groupe est un rodéo de hit punk rock'n'roll. Le pit est un exutoire où le bétail à la forme d'un taureau qui ne sera jamais pris au lasso. Le tonnerre est impressionnant, mais c’est l’éclair qui est important. Dieu fit les hommes inégaux. Samuel Colt a rétabli l’équilibre, les $heriff aussi.

Le macadam underground apprécie ce genre de héros populaire de l'ombre qui une fois dans les lumières d'une scène chevauche le vent sonique des grandes plaines, avec le panache d'un coyote.

Leur nouveau guitariste se nomme Ritchie Buzz (depuis 2018 me semble-t-il) , il a joué de la six cordes avec des chasseurs de prime ricain, sa face New York Dolls apporte une nouvelle dynamique au groupe. Côté pile son apport en solis apporte une pièce au $heriff qui n'est plus manquante. Faites vos jeux !

Le groupe lance des signaux de fumée et dès que quelqu’un y répond, la gaieté à partager s'accumule. Les squaws du punk s'en donnent à cœur joie. En écoutant le vacarme rédempteur de leur musique, je me dis que la danse de pluie de Joe Belladonna, chanteur d'Anthrax, aurait pu être similaire à leur cover « d'antisocial » si jamais il avait pu entendre la déflagration Montpelliéraine à celle de Trust, tant la discographie des $heriff est étoffée de compositions aussi percussives. En fin de set le combo lance des couteaux de hits plein centre.

La symbiose électrique des $heriff aura su trouver les colts de la résistance punk et de ce temps qui creuse la voie lactée des cœurs remplient de joie furibarde. Dans le pit la loi du far-west stipule qu’il ne faut jamais s'accroupir si tu portes des éperons, car la horde de pogoteurs piétinent tout sur son passage comme un troupeau de bisons en furie. En fin de concert les pieds tendres ont les reins pétés.



Il existe trois sortes de personnes : celles qui apprennent en lisant, celles qui apprennent en observant, et celles qui doivent mettrent la main dans le feu pour vérifier que c’est chaud. A la chaleur des missiles les sudistes prouvent une fois encore et confirme l'adage : Il est préférable dans un esprit dionysiaque de suer plutôt que de grelotter.


Il y a eu de nombreux hommage à Daff Lepard le batteur des Uncos récemment disparu durant tout le week-end. Le fun du punk à roulette a le goût d'une nostalgie aujourd'hui.



Je tiens aussi à saluer l'âme de Dusty Hill le bassiste de ZZTOP, sans qui la barbe boogie-bluesy-pop ne passera jamais de mode.



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Une chanson est évocatrice d’une résurgence de souvenirs intenses. Tou.tes les mélomanes recherchent ce point d’ancrage nostalgique. Nous sommes faits de nos rêves, de nos insistances à un passé gorgé de suprématie.

Dans l’instant unique où nous sommes en contact avec ce qui se passe à un moment précis, sans s'inquiéter du futur, ni penser au passé, est-ce que ce nous ne serions pas dans un présent déraciné par l’immédiateté ? Où les émotions sont éphémères ? Où l’oubli protège de la douleur ?

Au bout du compte, un tel moment présent serait Alzheimer. Ce serait la conscience d’apprécier l’instantanée sans jamais y revenir. Où tout apparaîtrait en évaporation.

L’éphémère a la saveur d’une rareté, d’une virginité qui quémande une réapparition. Le soin de revenir à soi, vers ce moment unique où l’on acte une renaissance. Sans le relief du temps pour en vivifier la passion, l’existence, les fantômes, tout devient moins durable, cela revient à effacer une falaise de craie sur l’ardoise de nos émotions, avec une légère amertume en bouche.

On peut-être paumé.e par le trop-plein d’émotions que l’on a entretenu avec la nostalgie de nos errances juvéniles, pourtant c’est aussi et avec ce moment présent unique que l’on a forgé les contrecoups de nos directions contemporaines, avec l'ensemble des saveurs mélancoliques persistantes et le besoin d'y revenir profondément.


Tiens en parlant mélancolie et commémoration, Dimanche c'était BEN & FIST qui a fait l'ouvreuse.

Leur set fut actif, plein de cette honnêteté guillerette et tapageuse. Avec ce groupe on suit les tribulations intimes d'une corde sensible qui menace de se casser à tout instant, et qui trouve dans cette existence la profondeur de rire de l'absurdité avec l'émotion d'une mélancolie douce-amère.

C'est le moment où le clown se démaquille pour apparaître sans fard. Il réalise que dans sa schizophrénie il ne peut cacher ce qui remonte inexorablement à lui avec franchise, comme une rage positive s’inonde de larmes de joie d'innocence.

Sur la scène de l'Xtremefest trois gars dégorgent le fiel intimiste d'un punk rock qui comme le lotus prend racine dans la boue pour donner en surface une fleur. Le public perce sa carapace à cette dualité de contraste et de dimension musicale pour laisser échapper une contamination bienfaitrice au set de Ben&Fist.



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Le rap est le nouveau punk !

Les sulfureux DROOGS BRIGADE en hommage sulfureux à l'étrangeté d'Orange Mécanique pratiquent un rap capable de tolchoquer.

Sur scène le groupe donne l'impression de faire apparaître une myriade de personne, chacun prenant la direction d'un but commun. Des voix multiples échangent des états de fait dans la mitraille d'un ça-va-ça-vient, et pour une une libération de maux. Ils trouvent l'échappatoire d'une vindicte labiale en portant l'accent sur des punchlines et d'argot. Les mots s'agitent et répandent telle une sulfateuse la dureté de l'ivresse de la rue. Le macadam punk est taggé par l'insolence de ces rappeurs et de leur violence abrupte.

Niveau débit de paroles, c'est agile à se creuser le rassoudok, c'est beaucoup trop rapide pour moi. Comme les films d'action actuel conçu pour les générations de gamers, les images vont trop vite. J'suis totalement has been, un ringard.

La sensation d'entendre l'agitation de quelqu'un qui parle avec les mains en franglais.


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Ils sont 4 sur scène. Le plus vif c'est celui qui doit tirer à la pétanque. Rencontré après au bar du VIP, il était rond comme une pelle de cantonnier municipal et avouait être hyperactif en sirotant du jus d'alcool. Sur le parquet ses mots avaient la même castagne qu'un hockeyeur, et la nervosité du Franco Begbie de Trainspotting. Puis il y avait celui à la casquette à l'envers qui délivra comme on commande une quinzaine de pizza avec le débit d'un psychotrope fan de feuille de coca. Le troisième apparaît avec une souplesse plus cool que les autres, il affichait une surprise ravi dès que la sauce prenait de l'envergure dans l'échange avec le public. Le dernier, plus âgé, est le seul dont je comprenais la diction, même avec sa faiblesse pour le jus de canne agricole, un moloko plus plus caribéen. Il avait cette dimension de grand frère et un taux de sympathie qui prête à l'échange direct.

Le punk rock et le rap sont issus de la même ruelle où la parole des oublié.es desserre sa mâchoire pour battre avec le poing fermé la révolte des opprimé.es. On raconte différemment la même chose.



Munit d'une pensée qui traverse le goliwogh à gorge déployée, comme un passage de la sublime neuvième de Ludwig Van, Droogs Brigade a slouché un nectar argenté coulant dans une cabine spatiale pleine de satire sociale. Petit hold-up du groupe, leur rap vous affute l'esprit et vous met en train pour une bonne petite fête d'ultra violence.

Sur scène nous évitions le brame des vieux refrains poicres qui font un bastringue de "blop blop" en place du hip-hop. Visuellement le combo se détourne des rappeurs qui se serrent le zizi machiste sur scène, d'ailleurs je n'ai toujours pas compris pourquoi ils faisaient cela ? Ohhhhhhhhhh, t'es plus au primaire, si t'as si envie, va pisser, et fais pas chier à te toucher la nouille sans arrêt.

Le groupe est entreprenant, agressif, excessif, jeune, insolent, vicieux… l’idéal !




La dissonance metal noisy grungy punk de POGO CAR CHRASH CONTROL forme un patchwork chaotique que la génération montante en trouve la faveur éclatante, au point de se contorsionner les membres inférieurs avec ceux des membres supérieurs.

La bassiste exorcise ce que le batteur martèle dans la cisaille des guitares. Le chanteur énumère les élucubrations délirantes. Sa tessiture est entre Till de GxP et le chanteur de Vulcain, avec le lyrisme de Bertrand Cantat de Noir Dez, et la pointe d'aigreur du grunge. Musicalement ces jeunes poussent une technicité qui leur permet de pousser leurs compositions dans une étendue de style plus vaste. D'ailleurs la musicienne a été élue meilleure bassiste dans un concours d’envergure mondiale organisé par She Shreds, magazine musical américain qui se présente comme le seul qui soit "dédié aux femmes guitaristes et bassistes". Le défi été de se filmer à jouer un riff par jour, soi avec des compositions ou des reprises tout au long du mois de janvier 2021. Je vous conseille par ailleurs d'écouter son nouveau groupe COSSE symptomatique d'un post-rock noisy très abouti.

La manière siccative du groupe (qui fait sécher) est aussi efficace qu'un sauna scandinave. A la fin du set le public est rincé, réduit et hagard par la compression sonique du quatuor.



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Entre chaque changement de plateau ma tête marche au pas cadencé avec la fanfare germanique de Rammstein dans la sono


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J'avais très envie d'envahir la Pologne.


Hey ! J’avais oublié l'efficacité scénique de NO ONE IS INNOCENT, et franchement ce fut un beau rappel.

Le chanteur, Kemar pose sa mandale scénique avec l'énergie de l'espérance, du sens du combat ordinaire, qui ne lâche rien, et enrage de tout.

No One c'est pour résumer grossièrement aux fans de Téléphone : Trust + Noir Dez + Rage Against The Machine (d'ailleurs le groupe fera « Bullet In The head » en cover)

Le militantisme de No One égale celui de Philippe Poutou, que l'on embrasse, mais avec une hargne vraiment ooffensive. C'est munit d'un fiel ardent que leur musique devient une lutte délivrant un set fédérateur. Le groupe est un tribun à l'insoumission, à la vertu participative du collectif uni. Il applique la règle de Jello Bafra : éduquer c'est rabâcher, une idée par chanson, une poche de résistance pour chaque phrase.

Sur scène c'est "Vivre sans temps mort et jouir sans entrave". Le set est solide et résistant, antiraciste, anticapitalisme, contre les violences policière, altermondialiste, soutien à Charly Hebdo, il œuvre à remonter le social à hauteur d'homme. La peau tendu de No One Is Innocent possède le combat militant de l'internationale.

« Hasta la victoria siempre ! »


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Comme on a eu droit d'écouter la disco de Rammstein cent fois dans le week-end, pendant la mise en place du dernier groupe, Oh miracle c'était du grindcore, piiiitin quel panard !


TAGADA JONES termine le bal des enragés avec la sève adroite de leur musak de Trotskiste pour des keupons en goguette. Le groupe fait son set d'activiste à la gauche de la gauche sur les principes étendus plus tôt par No One, avec un punk rock alternatif stipulant qu'un autre monde est possible.



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Le week-end Xtremement fun prenait fin, nous repartions avec le mojo d’Austin Powers pour une version mini-me du festival…qui annonce déjà les premiers noms pour une version que nous espérons intégrale en 2022.


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Je m'étais promis d'être concis, j'en ai foutu une pleine tartine ; )

L'Xtremefest est passé comme une éclaircie, depuis, le pass sanitaire s'est rigidifiée et de nombreuses manifestations culturelles ont annulé...


Merci à Pollux Association et à l'ensemble de l'Xtreme Family !


mercredi, mars 3 2021

Rock Bandits, saké et brocoli


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L'époque est d'une tristesse insondable. On s'imagine toutes et tous reprendre une vie active, pleine de sociabilisation physique, et de jeter dans les oubliettes ce passage à vide.

Le séisme épidémique aura ravagé jusqu'à la dernière parcelle de dégoût et d'exaspération. la contagion covid 19 a ligaturé toute initiative culturelle en un état de mouroir. Ce n'est plus une séparation à l'amiable, avec une disparition entre parenthèse. Le manque est palpable, la crispation est tenace, elle inonde pour les acteurs de la culture une frustration et un schisme bien évident. La récente disposition pour les festivals 2021 et manifestations culturelles dans les musiques amplifiées ne laisse aucune tergiversation, ni arrangement, c'est dans les heures sombres que tu sauras trouver ton allié.

On connaît la chanson Thatcherienne "TINA", son refrain "there is no alternative" et son manque absolu de souplesse. Pour moins dépendre de cette confiscation culturelle et apporter de la résistance solidaire à l'alternative, pour donner un second souffle, une ligne de vie, vous pouvez compter dans le sud Tarnais sur l'enthousiasme fédérateur d'association comme La Lune Derrière Les Granges, la radio étudiante Radiom, le WallaBirZine, la disponibilité bienveillante des Ateliers.

Pour nous l'alternative guide notre évolution, notre émancipation humaine et culturelle. Elle vivifie cet élan de transmettre, de donner, de partager, de fédérer autour de la répartition. Nous étions des aiguilleurs du ciel le Samedi 27 Février 2021 à Castres, ville morte à partir du couvre-feu des 18h00, car il y avait deux groupes pour vous ouvrir les artères culturelles, coOooooool


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La soirée avait son antenne sur la planète virtuelle, unique solution afin de permettre d'enduire les cortex d'une échappatoire à Netflix, la procrastination, les substances illicites, les jeux de société, concours de cuisine, la masturbation.

A 17h00 je laisse mon fils aîné chez des amis pour la soirée et nuit, je lui indique que je laisserai mon téléphone allumé si jamais il a un problème d'asthme. 17H10 je suis dans l'enceinte des Ateliers, 22 rue Mérigonde 81100 Castres.

Nous sommes toutes et tous masqué.es, gélifié.es hydroalcooliquement, l'impression d'être dans un colloque d'orthodontiste, mais bon, la routine quoi. Je ne sais pas vous, mais j'ai de plus en plus de mal à supporter le masque, une sensation de suffocation permanente. On fait avec...Avons nous le choix ? Nan.

Hey, le seul truc que l'on va finir par choper à force d'être comprimé.es dans un repli acariâtre, ce n'est pas le covid, mais bel et bien le syndrome de Gilles de la Tourette.

17h20 Les Ateliers est un lieu unique, hyper cool, on se sent bien là-bas, entre la chaleur humaine qui y siège la même dose d'énergie positive que toutes les initiatives favorisant les circuits courts (restaurant, épicerie) et l'économie circulaire (Recyclerie), l'endroit possède une belle âme à part entière. Olivier de l'asso La Lune m’accueille et me donne le programme de la soirée en fonction de ma contribution, de ce fait la collaboration me prête à la rencontre avec Hoggins de Radiom qui est déjà avec son comparse Nico dans le feu de l'action.

Radiom est une radio étudiante de l'agglomération Castres - Mazamet, Tarn, elle commence à émettre en 2007,  son rayonnement radiophonique fonctionne par alternance entre diffusion FM et streaming Internet, autour de thématiques étudiantes.


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La transmission culturelle underground c'est cool, dense, volubile, et c'est autant de volonté que d'abnégation. Cravacher pour vous offrir le meilleur dans une soirée c'est aussi un engagement avec des principes de vie que l'on retrouve chez Radiom, tout comme La Lune Derrière Les Granges.

Je pense que pour obtenir un gramme de gratitude il faut des années d’efforts quand tu es dans une alcôve. Tu ne fais pas cela pour briller, non. Tu fais cela parce que tu te sens fécond de générer une résistance utile, tu te réalises.

18h00 Je discute avec les membres de Death Proof Bastards pendant que l'ossature scénique et le soundcheck (réglage et l'équilibrage de toutes les sources d'un concert) se mettent en place.

19h00 Arrive la première interview du soir avec Oshawa Sharks. Les gars ont passé physiquement le seuil de l’âge mûr, pourtant leur rock trame cette liberté de ton et de saveur tenace que l'orée juvénile en libère l’effervescence. On a aucun mal à imaginer que ce groupe a très certainement mordu à l’hameçon au croisement où le diable troquait au 20 siècle et appose une demande de soul crowdfunding dans le 21ème.

Leur rock est rempli de ces strates musicales où l’humain s’adonne à déchirer son cœur et son âme pour le donner en pâture à d’autres humains, et laisser éclore dans cette intense vibration que chacun ressent dans le tapage du rock’n’roll.

19h30 Après plus d'un an sans concert, quand leur set débute face caméra en live-stream, et presque seul face à eux-mêmes, les quinquagénaires grattent le pourtour de leur adolescence timide, à partir du second titre, la fluidité reprend les termes d’un concert qui n’en finira pas de s’intensifier. C’est à partir de là que j’entends enfin toute la panoplie de leur musique et de ses atours soniques.

Dans cette densité musicale saillante, une affiliation est palpable avec le punk garage des Japonais The Michelle Elephant Gun. Vous pouvez saké cette passion furibarde car c'est la même intensité que nos requins, mais pas que...Et c’est là qu’est le délice de ce groupe, cette propension à élargir leur musique. Du rock US au punk anglais, du rock garage Australien à la soul, dans tout ce firmament d’hybridation musicale, Oshawa Sharks en libelle la puissance, la vigueur, l’insouciance et la crépitation. Ils sont quatre sur scène et l’apport d’un second guitariste et claviériste apporte indubitablement de nouvelles couleurs à leur musique.

On ressent bien que les gars s’éclatent à fond. Enfiiiiiiiiiiiiiin ils peuvent faire éclater les tours de leur bolide chromé, bien vintage. Quand il passe à toute berzingue tu le prends plein fer avec délectation. On s'éclate les nageoires comme un petit squale ! (bim 13 points au scrabble)


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20h15 Le groupe agite cette vigueur rawk que draine le rock garage, je retiens surtout ce contraste permanent et intemporel que leur musique mélange avec la teinte sucrée de la soul. Oshawa Sharks aura pulvérisé les microbes covidien mais surtout soulever les cœurs.

Les membres de la Lune sont tous affairés à parfaire le concert.

L’aboutissement de toutes ces années d’apprentissage sur le vif, à se remettre en question en permanence, apporte une légitimité à La Lune Derrière Les Granges. Et ce n’est pas le genre à s’asseoir sur leurs acquis, ni à émettre une quelconque prétention. C’est des endurants, tout vient de la sueur, dans cette loyauté, fidélité, dévotion, modestie, simplicité, et les groupes qui ont participé à leurs noces, connaissent les bonnes conditions, et le gage humaniste de cette association. Et dans ce cadre-là bien précis, c’était du caviar. Avec le magnifique lieu des Ateliers et leur hospitalité, toute la lumière médiatique de Radiom avec sa puissance de feu radiophonique, le live stream pour en transmettre le direct sur les ondes virtuelles, toute cette force accouplée à toutes les compétences, c’était une réussite pour chacune et chacun de participer à une telle aventure humaine et culturelle.

Notre existence en démontre toute la valeur, le sens et la vérité, surtout en ce moment de privation, nous avons besoin d’extase, de sens commun et de sociabilisation.

Alors que la plupart de la population se terrent comme des lombrics six pieds sous terre, il se trame dans l'intervalle de la soirée, un autre groupe dont la profondeur de ton invoque maître cornu. Dois-je rappeler que nous sommes pile un soir de pleine Lune ! Rien n’est anodin, pas plus que le fruit du hasard, la magie convergera à rendre force à Death Proof Bastards.


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20h40 Le chanteur en digne maître de cérémonies terrorise de sa jugulaire endiablée un grain vocal grumeleux. Le guitariste déploie des riffs de mammouth, ce qu’amplifient la basse et la batterie par une densité d’épaisseur doomy. Le théâtre est dressé, il sera dense, compact et à la fois, il restera toujours une part de mystère, de sable psychédélique pour en fluidifier les atmosphères, les contrastes.

Le spectacle sera au rendez-vous pour désinhiber dans ce maelstrom sonique toutes les vertus cathartiques.

La résonance de leur limon sonique libère cette échappatoire où le sable stoner nous glisse des doigts pour inonder la tête de chimères, d'images spectrales et d'un égarement nocturne licencieux. L'apport pour pratiquement chaque titre d'un séquenceur permet de joindre des samples, de colorer d'atmosphères, de peintre un horizon cinématographique intense. Le set prend une épaisseur psychédélique, la trame narrative brille sur nos cauchemars comme des grains de sel dans nos bouches.

Il y a le plomb malsain d'Entombed et de Down, la brisure alcaline de Led Zeppelin et Deep Purple, le peyotl du Monster Magnet et le psyché du Mushroom River Band. De temps en temps des nuages sablonneux et un solo interstellaire donnent un répit aux contempteurs de pleine lune.

22h30 Avec davantage de concert dans les mains, il ne fera nul doute que le groupe saura élargir sa gamme, son trip sonore et visuel ainsi que sa part d’improvisation, en lui permettant de faire tourner des boucles d’atmosphères, de sensations flottantes, d’intensifier ses parties explosives, et ses nuits incantatoires. On a fini la soirée par une interview copieuse sans compteur Geiger pour éclaircir la tornade Tarantinesque Death Proof Bastards.

23h30 Je pars dans la nuit avec une feuille d'autorisation dérogatoire durant les horaires du couvre-feu, et remercie La lune, les Ateliers, Radiom et les groupes pour cette belle soirée lunaire.

Vous pouvez retrouver l'ensemble de cette soirée très cool, itw et concert sur Radiom


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Epilogue

Mon téléphone sonna à 2h45, un ami de mon aîné m'interpelle pour m'annoncer que mon fils n'est pas bien, qu’il a du mal à respirer, j'arrive sur les lieux sans feuille dérogatoire bien entendu ( fuck da police dude ! ) il est allongé sur un lit, son teint est livide.

je me dis qu'il manque d'oxygénation. Je lui prends la main, la tapote pour le stimuler, et lui demande comment il se sent. Là j'ai trois onomatopées, pas plus. Je sens que mes baskets glissent sur une matière visqueuse, il y a du vomi par terre, et sur un côté de la couette. Je me rapproche du visage de mon fils, il empeste l'alcool. Rien à voir avec de l'asthme.

Je le relève, il est complètement pété, les yeux qui roulent dans tous les sens, il a du mal à se tenir debout, il capte que dalle. Je demande à un de ces amis "qu'est ce que vous avez pris comme substances ?"

De l'alcool

combien ?

un autre copain qui ne peut rien cacher : beaucoup

c'est à dire ?

Il a bu 5 bières et trois vodka pomme...

Bon je me contente de cette réponse. Je me dis qu'en plus de la pomme de terre dans la base de la vodka si il rajoute le fruit en plus, le jour où il me présente sa petite copine, déjà ce ne sera pas une poire, et si elle s'appelle pomme, c'est la bonne.

Je le ramène (c'est toujours moi qui fait Sam, je suis sXe), le couche sur le côté en lui indiquant le côté où il y a le seau même s'il ne comprend rien. Je surveille son sommeil et continu pendant ce temps ma lecture du Damnés de Chuck Palahniuk : « Satan es-tu là, c'est moi Madison. Si je puis me permettre encore un aveu, je n’ai jamais été douée pour passer des examens. Crois-moi je ne suis pas en train de rejeter la faute sur quelqu’un d'autre, mais j'ai horreur de cette ambiance de jeu télévisé qui règne généralement lors des moments déterminants de nos existences..."»

Heyyyyyyyyy, j'espère que dans la bulle d'une soirée comme celle-ci vous avez pu sortir de votre marasme covidien, parce que moi c'est un gros oui !


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