WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Report de concert

Fil des billets

jeudi, mars 12 2020

Le marbre mélancolique et le rabot géant


4_1_.gif

Je ne sais pas pour vous ? Mais il se passe toujours un évènement important dans ma vie pendant la période de pleine Lune.

Quel qu’en soit le guide, la destinée ne repose jamais sur des acquis, suppositions, désirs, comme les hommes le font par devoir ou superstition, elle acte un passage intuitif que tu le veuilles ou non. Ce n'est donc pas un hasard si je me retrouve à 21h00 au bar le Jean Jaurès à Castres dans une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Depuis peu ma vie a pris un tournant, je suis obligé de l'évoquer car ma perception en est obligatoirement corrompue, ou animée, et ce qui fait sens dans la matière de votre Vie, c'est votre sincérité émotionnelle de l'instant.

J'arrive avec une dose mélancolique, même si j'ai passé le repas en famille chez junk cacahouète & jus d’orange, j’ai au fond de mon antre une façon étrangère de faire émerger mon comportement face à la vie, au point de la concevoir entre parenthèse parfois. J’ai le froid sur moi, j’apparais donc froid, mais je suis un être doux, alors il se dégage cet analogue contraste puissant que tous les groupes ont divulgué avec la nécessité de le transmettre sans se dévoyer, ni d’en altérer le sens aigu. C’est à partir de cette éthique de sincérité absolue que l’on est à même de donner, de créer et de s’accomplir. Quand tu façonnes une musique extrême tout cela renvoie à de multiples sens, selon la sensibilité et l’expérience de la vie de chacun à un moment donné.

Ton évolution suit ta propre musique vibratoire, celle que tu écoutes en ce moment même, et inversement.


vision sonique

Le bar le Jean-Jaurès, j'apprécie ce troquet, vraiment. On s’y sent chez soi immédiatement, sa simplicité fait corps avec son esprit familial, sa vertu intrinsèque d’apporter, autant que de joindre à l’échange social et culturel sa pleine dimension émancipatrice. Puis c'est toujours bon de retrouver les forçats de La Lune derrière les granges, toujours là pour les autres, une abnégation de chaque instant. J'avais juste 2 euros dans les poches à filer dans le béret de la quête, j'étais mal, et à la fois je sais que je donnerais davantage la prochaine fois.

Aussi rassurant c’est de revoir à peu de choses près des visages dans ces soirées concerts, c'est d’autant plus réconfortant quand tu sens chez toi un malaise. Je n’avais pas trop envie de parler, juste d’être imprégné par le goût cendreux d’une interaction musicale. Ce soir il y avait trois groupes dans un registre assez casse-gueule. Ce n’est ni trop violent, mais assez rugueux pour étriller les oreilles qui ne sont pas éduquées au rabot sonique. Je trouve courageux de proposer ce genre musical, ce n’est pas rien d'ouvrir les consciences afin d'émerveiller à l’aspérité.

On m'a toujours dit de faire simple quand j'écris sinon personne ne suit, n’essuie les plâtres. Je ne force personne à me lire, si tu le fais c’est que tu dois le savoir (haussement d’épaules). C'est pareil avec cette musique. Il y a des choses au fond de toi qui se trament, et c’est ta destinée qui les fait Vivre, t’en apporte le sens.

Au début face à l’inconnu, il est évident que la majorité hésite.

L’hésitation est un jugement de peur devant la nature de choses moins connue, alambiquée, parce que l’on n’a pas les codes pour les déchiffrer, leur donner du sens. C'est idiot de dire ça, déjà parce que vous vous fixez une limite, puis vous réduisez votre champ des possibles, et surtout, avant de donner du sens, il faudrait faire sens (sentiment, sensation, sans limite, faire corps à sang pour sang).

Je te rappelle à cet effet la maxime patriotique : « impossible n’est pas Français », c’est orgueilleux hein ? ça l’est, n’en tiens pas compte donc, ce n’est pas là qu’il te faut aller. Inutile de chercher, cela viendra à toi parce que tu y es prêt. La compréhension apparait comme un révélateur.

Parfois tu portes en toi une profondeur émotionnelle si explosive que chaque respiration contamine en toi une fatigue généralisée. Si tu rajoutes à cela le fait que la veille tu as eu un sommeil très furtif, et pour faire simple, on va dire que ce soir-là j'étais épuisé. J'avais le marbre mélancolique de celui qui saigne à travers l'impact que le monde lui apporte, quand on sait lui faire découvrir la beauté et qu'on évince son élan.


5.gif

Je fais confiance à l’univers, de ce fait quand AALBORG c'est pointé sur scène j'avais autant besoin de tempête purgatoire pour m’éloigner, que d'une épaisseur de réconfort.

Le groupe est tout nouveau, concomitant à soi des membres d’Untitled With Drums. Le quatuor symbiose un noise post-rock atmosphérique. Parfois certains débuts de chanson m'ont fait penser à Alcest, les mélodies déconstruites me rappellent le style de l'album "Remué " de Dominique A, et surtout les thématiques du guitariste Olivier Mellano.

Pour le moment il n'y a pas de possibilité d'entendre leur musique, mais un premier album est annoncé pour Automne 2020. Je ne sais pas le nom de la chanson, mais celle que le groupe a interprété en 3ème était sublime. Tout faisait corps entre chaque musicien, et la lente procession musicale prenait tout son sens, tant en profondeur qu'en rayonnement subtil. Je pense même que c'est cette intensité reçue qui a rejailli chez moi le lendemain de manière solaire, elle m’a fait penser à un instant d’harmonie totale de ma vie...Aalborg ou Ålborg (prononcé /ɔlbɔr) est aussi une ville du Danemark. Elle est le chef-lieu de la commune homonyme de la région du Jutland du Nord. Incroyable non ? Enfin merde, c’est jolie une commune qui porte le nom d’homonyme. Pour les Clermontois, l’unique procédé homonyme avec leur contraste musical est cette forme aboutie de créer adoucissement post-rock et affermissement létal noisy. Il y a de l’hypnose aussi dans leur interprétation. Je n’ai pas plus de réponse à vous apporter quant au mystère musical d’Aalborg, et je pense même qu’il en soit ainsi. Divulguer les tours de magie c’est perdre le bénéfice du charme.


magie

Le second groupe c’était UNTITLED WITH DRUMS.

Il y a peu j’ai chroniqué leur disque "Hollow", et de ce fait j’étais pour ainsi dire en contact, d’ailleurs ma présence repose avant tout sur leur présence. Tout est une question de présence de toute façon…J’ai discuté avec le claviériste sur le canapé à proximité de la scène, nous étions à l’aise comme dans une série TV pour trentenaire. J’apprends ainsi que le choix avéré d’enregistrer en Suisse avec Serge Moratel (Years Of No Light, Knut, Merzbow) était une évidence, mais que les difficultés de contrainte d'organisation auraient pu diriger le groupe vers Amaury Sauvé (Birds In Row, Totorro, Vesperine, et l’excellent premier album de Quentin Sauvé « Whatever It Takes Deluxe »), et à cet instant très précis je me demande à cet effet la tournure dont aurait pu rendre leur album « Hollow ». J’ai cela en tête quand le groupe débute son set, ce qui n’interfère en rien, puisque le groupe ‘’vient à peine de sortir son album, et qu’il est toujours de Clermont-Ferrand’’ ce sera le gimmick du bassiste chanteur entre les morceaux.

De manière souple et fielleuse les guitares apportent leur saveur de buvard vaporeux avec lequel regorge une rythmique lapidatrice de sommation. Dans ce cataclysme sonique où pourvoie un post-hardcore décousu et intense, le contraste explose le plafond de verre de la véracité conformiste. Les progressions ne sont jamais latentes, la torpeur est adroite, elle guide les atmosphères à apporter la profondeur nécessaire, notamment avec les lignes cristallines d’une des guitares, et les embruns du clavier. La soupape de décompression intervient quand la rage vient à point nommée suspendre l’ensemble, pendant l’estampe musicale qui regorge en son sein d'une propension post-Hardcore libératoire de frustration émotionnelle. Une manière noble de limer la musique sans se limiter de la polir de ses urgences illimitées. Si le rendu scénique est contrit pour y évoluer par un espace restreint, ne reste pas moins que chaque membre est habité. D’ailleurs ceci est un constat valable pour l’ensemble des groupes. Ce qui souligne à merveille cette soirée : Habité.e par quelque chose qui nous dépasse tous.tes.

Quand le set prend fin, untlited With Drums est un peu moins de Clermont-ferrand puisqu’il a été adoubé par Castres dans un fiévreux souvenir.


colorisation sonique

Dernier knock-out du soir avec le combo LAKS, signifiant ‘’Truite’’ en Norvégien.

Décidément ce soir la Scandinavie était à l’honneur, il faisait même un froid de gueux, je le sais je suis rentré à bicyclette.

Suite à l’arrêt du groupe Lindberg, deux de ses membres éviscèrent à l’aide d’un rabot noise les fêlures boisées que Metz, Hot Snakes et Fugazi ont sculpté jadis. Le trio est composé de deux guitares et d’un batteur. Le son est aiguisé à la rugosité. Les titres de l’ensemble dégorgent un côté punk très incisif, rêche et mordant. Un des guitaristes portent un t-shirt d’At The Drive In, ce n’est pas anodin en soi, puisque la bataille fait rage pendant le set. Il y a une légion d’escalades de riffs qui décochent les uppercuts, le batteur dynamise d’une frappe ultra puissante, l’acrimonie est générale, et pourtant pendant cet afflux de nervosité, il y a du catchy en filigrane et il explose par paquet.

J’ai la tête prise dans l’étau de cette compression musicale, dans tout ce trop-plein, de tous ces élans d’aspérité, de callosité riffique, de saillie vocale, d’émotions, tout s’imbrique et ce mouvement me comble, m’impose sa saturation d’hyperbole de sensations. Tout se bouscule, tout bascule dans les méandres capricieux de l’existence tout à la fois aussi, remue-méninge agile, remue-ménage fragile.


électrisation rebondissante

Il n’y aura pas de symbolique ce soir, c’était comme un baptême du feu avec comme flamme rugissante trois groupes esthètes de leur propre matière sonore, prêt à surprendre l’apothéose sonique dans le fiel contondant d’une présence habitée.

Étions nous si proches les uns des autres pour entendre le rugissant que cela à provoquer en chacun ? Je le pense encore.

Ma fatigue avait atteint sa limite, j’étais éteint et animé d’atteindre ce que les méditatifs nomment d’illumination spectrale. Parce que si vous ne l’aviez pas encore compris, le spectre sonore du soir n’avait comme unique limite, sa propre ferveur ignifugée, et une intégrité incorruptible de jouer sa subtilité, terrassante, et étrangement aussi belle que difforme.

Merci à toute l’équipe du Jean-Jaurès, sans contexte le bar le plus coOol de Castres, l’asso La Lune Derrière Les Granges, Laks, Untlited With Drums, Aalborg, les personnes présentes, et pas présentes non plus, parce que l’on pense toujours à nos fantômes naissants dans l’absolu de nos existences…


Citation
2.gif


vendredi, décembre 20 2019

Défoulement + Affranchissement = Vérité


voice_of_a_generation.jpg

Le froid ankylose salement la gaîté collective, et le/la Sudiste le sait, c’est pour cette raison qu’il/elle se réchauffe à la folie ordinaire de l’underground.

La jeunesse d’Occitanie s’est vue conviée à un week-end à Albi, où la programmation permettait de retrouver l’alacrité correspondant à une injection de musique amplifiée. Pour ce faire, l’association Pollux a créé un nouveau festival dédié sur 3 jours entièrement à la culture punk et à la scène française. Cela permettait par la même occasion somptueuse de clôturer l’année de Pollux asso avec un événement dans la belle salle de l’Athanor.

Concerts : Young Harts + Off Models + Wank For Peace + Diego Pallavas + MSS FRNCE + Nightwatchers + Circles + Short days + Vegan Piranha + Feed The Cat + Boneless + Dirty Fonzy.

Projection : documentaire Diesel, réalisé par David Basso (présent lors de la projection)

Vernissage : expo photo de Delphine Gabet ♥

Stands distro et fanzines le samedi 7 décembre

Lieux : bar le Jour de Fête, cinéma salle Arcé, salle de L’Athanor, bar Au 14.80.


********************************************************************

La rage cathartique de ne plus subir le sort d’une vie imposée, est-ce le sens d’une spiritualité subtile ? La pleine réalisation de la recevoir ou de la concevoir réellement ? Cela fait plusieurs années que je me frotte l’occiput à la question. Mais je vais vous parler avec le cœur, c’est essentiel.

Je suis certain que vous êtes nombreux.ses à ressentir cette rage cathartique en faisant partie de l’underground, parce que chacun sait qu’à tous les niveaux vous faites partie intégrante du mouvement. C’est véritablement dans cette impulsion, dans cette dynamique qui fait corps avec le D.I.Y (Do It Yourself), relative à cette forte dose d’abnégation que vous osez agir, et à ce moment-là, vous savez que vous vivez pleinement plutôt que survivre à la prestation d’un personnage. Ce n’est pas mettre de la perspective là où la vie plan-plan impose sa cadence à coup de fouet (même qu’on te rabâche à couille rabattue que c’est pour ton bien de suivre le bétail). Parce qu’il n’y a pas de but en soi, ni de reconnaissance, tout ce truc underground, c’est en vous, chacun a son rythme, la seule qui s’impose c’est d’ouvrir les vannes de sa destinée, et lâcher prise : Vous êtes et ressentez la correspondance de votre unité toute entière à quelque chose de vital pour vous.


Mouton noir

Cela n’a l’air de rien, pourtant c’est dans ce rien que vous êtes relié.e au tout, à cet ensemble qui ferme la boucle perpétuelle à votre existence. Le rock est une musique tapageuse qui a su créer du mouvement et des formes subtiles d’interprétations de l’existence.

On a longtemps fait croire que le rocker était un noctambule en prise directe avec ses addictions compensatoires, dont la seule mutinerie consistait à fuir la responsabilité d’un modèle de vie tracée, cherchant dans l’ivresse d’un shoot d’adrénaline électrique les sens oubliés de l’exaltation orgueilleuse d’être à sa place. Son rejeton punk rocker avait assimilé tout cela, mais il a su subsister à l’arrogance narcissique une géniale ferveur fraternelle. En intégrant ceci, l’underground est encore là, dans son alcôve, mêlant à sa mystification une plaisanterie à profiter sans profit de son existence, de son insistance à créer, et à composer dans l’ombre une vertu essentielle : La rage cathartique de ne plus subir le sort d’une vie imposée…par intermittence, mais jamais par inadvertance.

Peut-être que cette participation ne dure que le temps d’un concert, où pendant l’écoute d’un disque, que sais-je encore…et après il te faut bien remettre le costume d’un autre, de celui qui participe à un système global par défaut, on le fait quasiment tous.tes, qu’importe. On ne le fait jamais entièrement, parce qu’on le sait tous.tes très bien, on ne peut pas se mentir à soi-même éternellement. Le déni est le détonateur de la bombe humaine. Advient un jour où tu imploses littéralement, et ça fait très mal. On sait que la vie est un claquement de doigt dans la main d’un rocker, que la prudence rend aussi fou que l’inconscience. On a appris qu’il n’y aura jamais de terme positif à notre reddition, que nous sommes la somme de nos fêlures, de nos peurs, que nos regrets sont attachés à notre nostalgique traîtrise, et que nos perspectives sont diffus dans un futur incertain.

Mais rien, ni personne ne nous empêche de vivre chaque seconde comme si c’était la dernière, de hurler par amour de l’existence que nous sommes à chaque instant la vie même, et qu’il n’y a pas plus beau que l’incandescence de le concevoir, même quand on t’oblige à affirmer que l’underground est un faux désir, une chimère dangereuse face à la réalité concrète. Personne ne pourra changer ta pensée libertaire de ressentir que l’underground est une nuit qui fait jouir une lumière en toi. Si tu ne saisis pas cette nuance dans ta vie, alors tu resteras habité.e par un.e autre, et jamais tu ne pourras éveiller ton aura, ta vibration, cette fantastique énergie qui sommeille en toi afin d’être, présent. Ne pas tricher avec soi-même.

Tu ne seras jamais exceptionnel, mais différent.

Il n’y a rien de prétentieux à affirmer cela, c’est une vérité, parce que comme 80% des gens dépositaires, tu serais juste là pour conjuguer le verbe Avoir avec l’ironie du primate. Chacun vit sa vie, il n’y en a pas une meilleure qu’une autre pour autant. Il y a des gens bien dans leur basket qui s’aperçoivent un peu tard qu’ils sont passés à côté d’une vie, quand d’autres vivent leur vie à côté de leur pompe. Il y a une infinité de vie parce qu’il y a des choix à faire, que tu es la vie que tu décides d’être, et quand il n’y a pas de choix c’est le mystère qui fait sens.

Il y a tout de même des conséquences à cette prise de conscience désobéissante, c’est une électrisation au courant alternatif, qui continue de pulser à des personnes la réalisation de concert, manifestation, création d’objet musical, artistique, et bien d’autres choses permettant de transcender, non pas la morosité du quotidien, mais tout votre être dans son entièreté. Là où la pop culture enfile les perles et les costumes et vous fait croire à son échappatoire de spectacle vivant pour vous vendre un style de vie, ou toute autre chose de vendable, le Pvnk Rock dans son immensité de styles et de dérivations artistiques vous habite au cœur de votre existence. Le rock stimule la révolte intérieure, le punk rock repense le collectif.

« Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris. » Oscar Wilde

Bien entendu c’est très facile d’affirmer cela. En étant plus terre à terre, un groupe de punk rock c’est des ami.es qui ont trouvé la façon d’agir en conséquence de leur foi en quelque chose. La réalité est implacable, l’envers du décor c’est que le van est encombré, l’exiguïté crée les tensions, les egos exaspèrent les relations, se donner à fond pour garder la foi, même avec de très belles rencontres humaines, même si une fois sur scène le job est réalisé devant une audience relative, il y a toujours cet instant où la question « A quoi bon ? » revient imprimer sa part d’échec à sa propre désorientation personnelle, et face à toutes les compromissions de la réalité du terrain.

Pourtant il se passe toujours quelque chose d’essentiel, ces groupes dépassent le mur du son de leur existence en étant dépositaire de leur sincérité.

La création est un moyen non pas de fuir mais de s’accomplir, et chacun créer dans l’underground, à tous les niveaux et ça, tout le monde l’a compris, puisque tout existe encore, puisque cette vibration se répand, tout autant que cette énergie que des gens ont jeté de leur émoi avec une superbe incandescence. Il y aura toujours quelqu’un pour reprendre ce flambeau. C’est une revendication engagement, une nécessité intime. L’on ne compte plus tous ceux et celles qui ont jetés l’éponge aussi, et il y a toujours quelqu’un pour mettre leur ombre en valeur, donner vie à la chaleur de leur participation, on peut même parler de dévouement à une tribu, mais pas de payer ton tribut à une cause perdue.

Alors brûler dans l’enfer des cieux sonique me semble être une réponse directe à cette rage cathartique, dont l’agitation émotionnelle tient à la vie comme à une cordée d’immortalité.

Ne pas ressentir ce venin transcendant, c’est que vous n’êtes jamais parcouru par le hérissant frisson de l’existence pure.

Le punk rock c’est l’impulsion de Vivre et de möurir à chaque seconde pour renaître de ses cendres fantomatiques. On trimballe toujours avec soi celui qui nous précède, mille peaux nous contemple et interagisse en nous par le suc expérimental de notre vécu. On garde le fer de de lance de chaque expérience afin de forger sa maturité à l’inaccessible réalité des hauteurs de son aptitude. Parce que le plus important n’est pas de comment vivre, mais de Vivre.


9.gif

Pourtant on ne cesse de faire admettre aux gens qu’ils sont des bougies parfumées.

Comment ne pas être en colère permanente contre ce canular, cette forme d’hypocrisie ? Contre cette agonie que l’on ressent fortement, parce que ça empeste à vomir d’être confronter face à des gens que l’on aime, mais qui se resserre le cœur par des protections, pour ne pas affronter leur peur, leur inépuisable dissension intérieure à rugir avec courage. Aller à l’encontre de soi c’est la résignation par le déni. C’est le subterfuge de la brutalité qui roupille pour mieux éclater.

La colère est un vecteur d’énergie et d’affranchissement. Mais garder sa colère en permanence c’est comme conserver un chardon ardent, on se brûle soi-même.

Souffler dessus et la jeter dans la nuit est un acte de révolution personnelle et qui fera écho à tous ceux et celles qui en verront la lumière rejaillir en eux. Et tous les autres contre-feux ne seront plus que factices à côté. Tu constateras alors que tes semblables ont cette même résistance à la douleur colérique, et que le brasier étendra son linceul à chaque personne devenu flambeau.

Le feu a sauvé l’homme depuis la nuit des temps.

C’est un feu de joie démentiel qui t’attend, Viens brûler !


********************************************************************

Le trio BONELLESS est jeune et sa naïveté confondante reste vierge de toute théorisation. Sur scène c’est spontané. C’est leur candeur qui fait force et courage. Surtout à 18h00, devant une audience clairsemée. Ampli mal branché, corde qui pète, qu’importe, les gars ne sont pas là pour enfiler les perles de culture. L’esprit est oldschool, l’expérience scénique se réalise et s’accomplit dans l’instantanée. Le trio a faim de bouffer du bitume, des attentes de vivre intensément et surtout, la foi dans leur punk de rue.




********************************************************************

Es ce que FEED THE CAT jouera du skate punk après 40 ans ? On n’en sait foutrement rien, par contre ce que l’on peut affirmer, c’est que le groupe garde la foi au sk8 pour sa capacité à faire glisser De This is a Standoff, A Wilhelm Scream, Belvedere, Strung Out, Satanic Surfers, Millencolin, à NOFX des mélodies en cascade, passant cul par-dessus tête avec des rythmes et breaks en fusion. On entend bien leur influence autour du Skate Punk, Punk Rock, Hardcore et même k-pop. Ce crossover ne souffre d’aucune distanciation musicale, il s’effectue avec une pleine résolution d’énergie et une intrépidité de cœur, dans une ardeur musicale avec style et panache contre un automatisme prudent. Un peu quand tu te lances les yeux exorbités d’adrénaline sur une rampe de 6 mètres de hauteur avec ton planchot mal branlé offert par Mamie dans un supermarché.

Miaou & Ollie Shove-It

FEED THE CAT a, depuis 2013, basé son Sk8 punk mélodique par une empreinte de technicité, vélocité et rapidité d'exécution qui n'efface en rien tous les contrastes de sa personnalité musicale.




********************************************************************

VEGAN PIRANHA ne patauge pas sa musak dans une mare à canard. Ce groupe est un délire à lui tout seul, même Cousteau aurait surfé avec eux sans problème. En live le groupe libère sa carnassière musicalité, toujours portée autour de l’ensoleillement Californien punk, avec une sonorité surfique garage. Vegan Piranha utilise tout l’espace scénique et son chanteur distille une énergie opiniâtre à maintenir l’attention. Il y avait dans cette abstraction de vice la riposte fulgurante à une agitation permanente. Ça fonctionne donc très bien, d’autant plus que leur musique est coOol et qu’elle se transfigure d’elle-même à une forme de crossover entre Mucky Pup et The Adolescent. Les Beach Boys chantaient « Fun, Fun, Fun » pendant Vegan Piranha exultait à sabler les planches de surfcore.

Attention au drapeau rouge quand VEGAN PIRANHA est dans les vagues !

Le quatuor basque à la sauce Landaise électrocute un HxC punk ensoleillé par le crossover Californien d'Agent Orange à Adolescents avec un son entre reverb et nervosité punk. Aussi cool que carnassier dans la vie comme à la scène le groupe réplique aux questions du WBZ avec la même fusion que sa houle sonique.




********************************************************************

Le WBZ devait réaliser une itw avec le trio Lillois SHORT DAYS.

Je suis allé vers eux et j’ai rencontré des personnes intimidées, disposant d’un mal-être existentiel avec cette incompréhension d’un monde irresponsable au penchant archaïque. Si l’on se fie à l’apparence que le trio projette, maladroitement et durement on ne voit pas une timidité déguisée mais une indifférence à la porte du laxisme. Pourtant c’est faux. Si l’on constate leur timidité alors on voit cette cuirasse de protection à se sentir contre-nature, et par contraste il en ressort une insolence punk à être différent même dans l’underground. Short Days a renoncé à beaucoup, et il se confronte à la réalité contemporaine où tout doit être contaminé à l’image que l’on renvoi, et non à qui on est. Cela le met en indélicatesse avec le poids des autres, étant mal équilibré par la répartition des apparences. Short Days n’est pas dans l’engrenage du regarder et paraitre, il a abandonné en filigrane l’obtention d’une reconnaissance esthétique pour et par des initiés. Il s’est enfermé dans un cachot. Pourquoi ? Le trio est taiseux.

Le taiseux par nature se fabrique par son environnement, sa famille, son milieu social, on lui a inculqué à s’effacer devant des personnes en confiances, qui maitrisent les rouages de la communication.

Donner sa parole l’engage à se livrer, il ne peut mentir, se trahir. Il ne possède pas les codes pour sortir du cachot. Il en garde un pessimisme résigné, et une amertume vers l’oubli, le renoncement et la fatalité de l’existence.

Le groupe a réalisé sont set en 18 minutes, bon dans le nom du groupe il y a un indice même pas caché : Short

Être percutant, mordant, incisif, libérateur c'est la base musicale du groupe comme leur lignage avec Youth Avoiders. Sur scène le groupe est statique et l’unique phrase fut : « On est Short Days et c’est notre dernier morceau, merci ». Le bassiste a joué de biais au public. Il n’y a pas d’interactivité, de séduction, il y a un juste groupe dont l’unique capacité à s’exprimer dit tout dans sa musique, dans son cri hardcore. Pour moi ce n’est pas une tare, et aussi absurde et cruel que cela puisse paraître, c’est une preuve d’authenticité absolue, et même une capacité taoïste à maîtriser la non-maitrise par le cri HxC.

Dès notre venu au monde, c'est un cri qui sort.

Cela signifie que depuis nous prenons acte et conscience à travers ce cri. Être en vie c'est le hurler par un cri, primal. Il vient du plus profond de ton être, sa pulsation c’est son insistance à faire rugir ton existence. Si la douleur se manifeste par un cri, elle en est de même pour la chaleur d’aimer véritablement. On crie comme on pleure, et chaque émoi est une agitation troublante surgissant en un cri de vie.

J’ai revu ce trio au long de la soirée sans jugement, et avant de partir il s’était déridé avec confiance, puisque chacun m’a souri. La boule de feu qu’il tient dans sa musique est sa résistance au temps et à la vigueur de son existence en Vie…Loin de son cachot.   Il me semble que c'est important que même dans l'underground, et un mec comme Till de Guerilla Poubelle en fait la remarque, laissons les taiseux/timide/mal dans leur peau exister sans jugement. Ne pas se sentir exclu, aliéné, solipsiste et solitaire dans le pvnk Rock.

Short Days éclaircit son existence sonique par sa musique, et c'est libérateur pour ces pessimistes révoltés. Alors achetez leur disque, allez à leur concert, et encouragez-les !




********************************************************************

Revenu d'une tournée récente en Scandinavie, NIGHTWATCHERS appose à sa frénésie musicale les nuances boréales power pop punk qui cristallise son essence, quand l'acariâtre halé dystopique y soupèse une fougue de noirceur. Guitare claire et punk rock avec une pointe de dark, on se situe entre The Hives/Ramones et Not Scientist. Le groupe s’emploiera durant son set à développer sa dynamique régularité musicale par un synchronisme sonique. Cette stabilité d’interprétation produit son vertige et une correction franche, tant les titres électrocutent une salutaire percussion d’émotions.

Les Toulousains de NIGHTWATCHERS font osciller un punk rock dark avec leur dernier magnifique album « La Paix Ou Le Sable » qui n'est pas un leurre de froideur, au contraire ils démontrent avec fureur et délicatesse un sens du combat et de la profondeur de la composition dont son récent opus en est l'aboutissement. Confirmation lors d'une itw où le groupe a témoigné sa vision auprès du WBZ :




********************************************************************

CIRCLES ne minaude pas à faire exhorter sa musique entre post-harcore et emo. Car pour créer cette dose punkcore il faut que la frustration, la souffrance tourmentent l'obscurité de l'existence pour qu'explose tout vers la lumière, et le groupe en précise la consistance en concert par des convulsions disparates, telle la nervosité d’un tigre en cage. On est très loin de l’instinct neurovégétatif à jouer sans vraiment y penser. L’attitude est directe, et cette véracité est un aboutissement sur scène. Je pense que pour Circles leur musique se doit de rester sans condition, et cette liberté se compose d’une sincérité de ton et d’action.




********************************************************************

MSS FRNCE est un groupe à l’énergie salvatrice sur scène.

La construction musicale du groupe prend les atours vibratoires compris entre Black Flag, Circle Jerks, The Descendents, Refused, Flipper, Minor Threat, Stupeflip, et Ta Gueule.

On peut se demander d’emblée s’il n’y a pas un problème avec les voyelles dans leur patronyme ? Il me semble que le groupe a fait l'inverse du roman « La disparition » de George Perrec, en conservant uniquement le E. Un germe Oulipo absurde comme une correspondance à leur faculté tant musicale que scénique, qui consiste en l'invention et l'expérimentation sans contraintes d’expurger tout le fiel en eux.

Mss Frnce est une balle rebondissante en live. Nous avons eu sous nos yeux ébahis une splendide coordination de gestuelle impromptue par des corps hystériques. Le chanteur a une danse comportementale comprise entre Jagger et Ian Duris aka L’iguane et Lyxzén de Refused. D’ailleurs il y a pas mal d’injonction sonique dans les premiers opus des Suédois chez les Parisiens de Mss Frnce. Il y a dans leur musique beaucoup d’impulsion, d’éjecter la terminaison noueuse de tension permanente par une explosion de cynisme, et par antithèse de passion amoureuse. Ouaie, ce groupe aime autant être en étant de fibrillation passionnée par un romantisme exacerbé dans son écueil d’embrasement, que dans le zèle du mépris à châtier avec aberration un monde violent. Son instinct lui prodigue une effusion en concert très convaincante, on en ressent l’excitation tout comme l’élan à prendre son pied sur scène, et cela traduit une sorte d’ébriété sonique vraiment cathartique. Le groupe possède cette faculté maligne de déjouer son apparence de garçon pop par ses charmes de folie ambiante, et à assainir une saveur anarchique. Chez eux l’absurdité est géniale. Par exemple le titre « Tocard raciste urophile mais président » sur leur opus ‘’II’’ est plus long à dire qu'à jouer (2 secondes d’exécution) avec le mot ‘’Porc’’ comme unique parole.

Je me suis demandé toutefois si ces Parisiens avaient un souci avec le Sud. Leur titre « Bahamas et sa fin » chante Une vie de merde à Palavas et sur leur premier E.P, le bien nommé « I », il y a le titre « JPP » dont les paroles débutent par « Jean-Pierre, réactionnaire. Fasciste. Sudiste de France profonde. Dément. », alors que Jean-Pierre Pernault est natif d’Amiens.

Conclusion, non seulement Mss Frnce ne chante pas avec ses pieds mais il parle en concert avec les mains. Ces quatre garçons dans le vent du ciel de Paris sont venus tempétueusement bousculer avec un HxC punk urgent et diablement énergique. Ces gentils garçons bien apprêtés sur scène provoquent une libération urgente d'un chaos anarchique et génialement cathartique. Le contraste demandait des réponses :




********************************************************************

C’était le dernier concert de WANK FOR PEACE, non mais vraiment quoi.

Leur punk HxC a évolué avec le syndrome de Peter-pan, afin de repousser ses rêves comme une façon de développer une forme d'alternative à son existence. Parce qu’être dans la marge c'est aussi une forme d'amertume, d'empathie pour la désillusion, la souffrance des autres que tu portes comme une libération de paroles communes. Le groupe en a fait émerger l’iceberg avec une réalisation explosive et intense.

On peut se poser la question de la dernière fois une seconde ?

Comment agir quand tu sais que c’est la dernière fois que tu joues ces chansons avec tes copains de cœur ? Comment réagir à la densité d’une telle agitation émotive ? Wank For Peace a joué serrer, de manière animée pour que le point final aboutisse à distendre l’agitation vers une déflagration pérenne, dans tous ceux et celles présent pour en propager l’intensité, dans cette variable de sensation épidermique, capable de soulever le poil dru à des hauteurs vertigineuses à la base du pubis.

WANK FOR PEACE a raccroché les gants en 2016, puis il s'est laissé porter par l'engouement de son public à se retrouver afin de prolonger son histoire et la parachever, parce que la prochaine aventure a déjà germé...Que restera-t'il de tous ces moments de grâce avec Wank For Peace ? Voici des éléments de réponse :




********************************************************************

Dans cette niche underground, le novice et esthète constate à sa première analyse que cette peuplade est garnie de superbe loser (perdant), qui considère leur situation dans l’irrépressible marche abrutissante du monde libre avec cette amertume en bouche, provenant du pourrissement des racines mêmes de soi. Le voilà bien l’artiste ainsi réduit dans ce narcissisme de pacotille qui accule le poète maudit à se tordre de douleur dans l’auto-apitoiement de sa génuflexion. Bien entendu le monde est magnifique comme une publicité de lessive bio et d'un S.U.V écoresponsable. Pour réussir ta life c’est easy, tu n'as qu'à traverser la rue pour la compétition, ou bien avoir la naïveté « Fuck the world » du punk boutonneux pour replacer la positivité vers un contexte salvateur. L’esthète peut croire voir du génie incompris à l’état brut/pur, indispensable à la roue libre de l’Ôrtiste souvent limitrophe de l’écorché vif. Or la croyance est une forme de dépendance et de souffrance, puisque on ne fait que porter sa croix, sa cruci-fiction avec son imaginaire rêvé. Tu peux te couper une oreille devant autant de malédiction, rien n’y fera, et en plus tu entendras moins bien la musique.

Il est préférable de se détacher de cela, de vivre ce que tu as à vivre dans l’instant, et si possible sans trop d’égo. Mais l’ego est aussi marrant quand on en joue comme un trublion, regarde Diego Pallavas.

Ce qu'il y a de formidable c'est de hurler tes tourments en étant en vie, et dans une joie posthume à la racine du mal qui te ronge. Relis et relis cette phrase comme un mantra si tu ne comprends pas, ou bien va hurler dans un concert de punk HxC si tu oses.


********************************************************************

Pour DIEGO PALAVAS la vie est un jeu, la scène est un théâtre à ciel ouvert sur les conditions de vue et de ressenti que l'on décante, clarifie à la lumière de sa vision. On peut s’amuser d’être sur scène pour incarner délibérément un double, comme l’agitation triviale qui submerge le Joker.

En live, Batbat de Diego pallavas c'est Didier l'Embrouille, sans être fan du cowboy de Nice, LE Dick. Le groupe secoue son punk’n’roll comme à la récré par une transfiguration habile et potache. C’est joyeux et urgent à la fois. Cool et fun, avec la forme d’agitation du carnaval des détraqués et l’entremise des ombres du punk alternatif et du pvnk oldschool britannique.

Toujours en cavale rocambolesque

Le punk'n'roll de DIEGO PALLAVAS représente depuis 2004 la fantaisie de The Adicts avec le punk alternatif français et l'appel de détresse ironique des 999 britanniques. Ce groupe de ventriloque à l'ironie superbe pour le roman noir est aussi burlesque que génialement rock'n'roll, il personnifie parfaitement cette citation de Georges Simenon “Un personnage de roman, c'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même.” Le WBZ a pu rencontrer la gentillesse et l'humilité de Batbat :




********************************************************************

Le point négatif de la soirée c’est qu’il n’y avait pas trop de monde dans le public, je ne peux l’expliquer, l’affiche était vraiment très cool, le piyt n’était pas en effervescence, bon ce n’était pas un congrès de vipère hein.

Le point positif, c’est qu’il ne faut jamais tricher avec tout ce qui brûle à l’intérieur, car cela demeure essentiel quand tu lances ton cri, quand tu lances le venin de ta colère, tes tourments dans cette pulsion de vie.

Merci à la Dream Team WBZ : Junk cacahuète & jus d'orange, Big Jim. Merci à l'asso Pollux, à Boneless, Circles, Diego Pallavas, Feed The Cat, Mss Frnce, Short Days, Vegan Piranha, Wank For Peace, tous les copain.nes punkers qui soutiennent la scène indépendante.

Retrouvez tous les lives de cette soirée sur la chaîne WallaBirZine.


********************************************************************

Le Voice Of a Generation est multigénérationnel !

Surtout si l’on prend en compte le mythe du « My Generation » des Who, et de cette génération des Beatles qui s'est accomplie en ayant capté et canalisé le timing ultime pour universaliser leur musique auprès d’une génération entière née après-guerre, dont l'élan économique permettait de révolutionner le monde de ses valeurs anciennes. Les Babyboomers ont eu la mainmise sur l'histoire, sur leur adolescence, et même leur retraite, leur cri était hystérique parce que la vie ouvrait de multiple possibilité d’accélération à la consommation de masse. Ils ont fait chier leurs parents, ils emmerdent leurs enfants et petits-enfants. Ils laissent un monde en ruine, et n'en n'ont strictement rien à foutre. « Live fast die old, fuck the world » restera pour les générations suivantes l'anathème de l'héritage de leurs aïeuls.

La génération X et même la Y et Z étaient sur scène pendant le festival Voice Of A Generation à Albi, organisé par l'association Pollux. Le cri n'était pas le même que celui des babyboomers, c’était « Out Of Step ». Pour se faire il y avait ce tourment existentiel, de la colère, de la désinvolture, du sarcasme, de l'ironie, et une fougue jamais démentie par la sincérité frontale a joué pied au plancher une musique libre et cathartique, sauvage et impulsive, remplis de souffrance et d’abandon ultime.

Même si et souvent les événements mémorables ne ressemblent jamais à ce qu'on attend d'eux, c’est à chaque fois bizarre de vivre intensément un événement avec l’impression d’aspirer la vie sans le savoir, et nous la rendons ensuite transformée, sans connaître le travail d'alchimie qui s'est produit en nous à l’instant présent, mais bien après, pour finir par en nourrir le besoin et la beauté venimeuse dans les vestiges de la nostalgie.

“Les gens ont peur d’eux-mêmes, de leur propre réalité et par-dessus tout, de leurs sentiments.” Jim Morrison


mardi, novembre 19 2019

FUCKED BY LIFE


" Tout le monde peut-être quelqu'un, mais personne ne souhaite être quelque chose."


C'est difficile tant on te demande d'incarner chaque jour un ou même plusieurs personnages, parce qu'il faut t'adapter, être polyvalent, compétitif. Tu peux refuser ceci. Alors Il faut baiser la vie, sinon d'autres se chargeront à ta place de la tienne. Il n'y a qu'une voie et c'est la tienne. Plus tu t'en éloigneras et davantage tu perdras pied. Croire en soi et se laisser animer par la puissance de ton existence demeure primordial : AMEN


FUCKED_BY_LIFE_3.gif

La voie du hardcore parle de cette fréquence vibratoire et d'énergie qui te servira de combustible pour passer chaque étape de ta vie. Tordre ta vie et la façonner comme tu la sens engage aussi et avant tout un respect envers toi-même et celle des autres. C'est fondamentalement inscrit dans les gênes du HxC. La loyauté, la fraternité est l'essence de cette musique.

Toute l'intensité de cette énergie est une passerelle entre toi, ton engagement à être meilleur, et tous ceux et celles qui en partagent la flamme fédératrice et sa vérité.


FUCKED_BY_LIFE_2.gif

Nous en avons fait une fois encore le constat lors d'une soirée spéciale puisque c'était une soirée de remerciement et d'adieu à un lieu.


Le baromètre est un instrument de mesure, utilisé en physique et en météorologie, qui sert à mesurer la pression atmosphérique. Il peut, de façon secondaire, servir d'altimètre pour déterminer, de manière approximative, l'altitude. dixit Whikipédia

« Le Bar O Mètre était un instrument de mesure, qui sert à mesurer la pression du fun avec des groupes de musiques amplifiées. » dixit le WBZ

Le 16 Novembre 2019 c'était le dernier concert au Bar O mètre à Castres. Haut lieu de réjouissance électrique et libertaire.

Pour la partie vidéo du WallaBirZine tout a commencé dans ce bar. Nous tenons à remercier le responsable et toute son équipe pour son dévouement, sa complicité, son ouverture d'esprit, sa confiance: RESPECT TOTAL.

On te souhaite la pleine réalisation pour tes projets futur et au plaisir de te voir en concert, ici ou là.


Quatre groupe sont au programme, qui stipule le début à 20H30, c'est à 21H30 que TEMPT FATE a commencé.

Le groupe Toulousain a débuté en 2013 en remuant la mort avec la pratique intensive d'un Death metal (brutal HxC). Leur album de 2018 « Human trap » a pour sujet principal la névrose obsessionnelle, assujettie aux concepts de fantasme, d'angoisse et de passage à l'acte. Sujet délicat dont le groupe Unsane en parle la même langue mais sur une différente musique, mais que je vous conseille.

La mort est LE sujet de tous les groupes de Death, c'est même un pléonasme à part entière. Le groupe épouse les formes consacrées au style et propose en terme d'alternative plusieurs mélanges et varie les jonctions. C'est du death avec un soupçon de Hardcore, de groove, on sent la ferveur du metAl, l'adhérence et une union à ce style musical.

Selon l'expression «  Quand c'est mort c'est mort ! » Tempt Fate a dû en subir les désagréments, avec un ampli capricieux, un micro instable tout le long de leur set, ce qui a desservi leur musique. La première fois que j'ai assisté à un de leurs concerts c'est à l'Xtremefest en 2016 et le chanteur était plâtré et il tenait debout avec l'aide d'une béquille. Je me demande si Tempt Fate n'est pas le Charly Fiasco du death metAl hexagonal ?

Il n'y a pas de vidéo pour ce concert, l'équipe du WBZ le regrette. Le groupe a subi sa prestation, il a fait ce qu'il a pu, je ne pense pas que quelqu'un lui a tenu rigueur des problèmes techniques survenus, côté Oldschool, à Castres on fait la part des choses comme on dit et avec les moyens du bord, le plus important c'est la musique que propose le groupe, alors on espère revoir Tempt Fate dans le coin avec son death.

Si je compare la première prestation de GET REAL à Albi et celle à Castres un an après, la progression est nette. Vraiment plus à l'aise dans la discipline hardcore, avec une énergie fulgurante et fédératrice, les Albigeois ont molesté avec rigueur, panache, vigueur, et exactitude pour un public venu exprès se masser les lombaires. Les gars sont cools, leur set n'a pas suggéré, mais véritablement a révélé tout le potentiel du groupe.



NOTHING FROM NO ONE pratique le Hardcore new school, metal dans le mood de Sworn Enemy, Terror, Walls Of jericho, Merauder, Hatebreed. Il a débuté en 2013, après plusieurs E.P, il signe sur label Australien 10-54 Records en 2019 l'opus « Requiem for Mankind » pour une durée totale de 34:53mn. Les Montpelliérains nous ont tabassé.es avec un sens du groove et un volume sonore très lourd. C'était un pilonnage en règle, carré, sans répit. C'était furieux, puissant, on a pris une grosse mandale, je pense même que NFNO avait bouffé du Lionheart tout cru pour rugir comme un Terror avec la vitalité de Sworn Enemy. Heyyyyyyy c'est carrément la définition que je me suis faite de Nothnig From No One.

Après ces trois set, il est évident que le plafond du bar est à repeintre, même Spider-man laisse moins de marque au plafond. Roooooooh quel bordel, les gars et les filles ont passé la soirée à tourner en bourrique, à se monter les uns sur les autres en toute amitié, et tout cela avec le sourire du pizzaiolo qui retrouve son carton de gruyère alors qu'il a 100 pizzas en commande



BLACK MOUNTAIN BASTARDS est passé en dernier réduire le pit en état de compost humain. À la fin le public était visqueux, en débris, et puant la décomposition. Les Mazamétains ont joué près de leur ligne, de toute façon il n'était pas possible de franchir la ligne Maginot du pit. Leurs nouvelles compositions sont super-efficaces, toujours dans ce mélange HxC Thrashy qui fait crépiter du fun et la bataille générale dans le pit.

Ouchhhhhh ça l'a fait mais sévère, à l'ancienne ont dit les vieux. B.M.B a produit un set nerveux, hargneux et à la fois avec une forme d'aisance décontractée. C'est assez étonnant même si on peut ne pas le remarquer mais ce groupe applique la violence sonique avec un sens de la déconnade typique des 90's, ouaie comme avec le thrash.

Enjoy The Violence !



Merci à Junk & Big Jim du WBZ, La Lune Derrière Les Granges, à Tempt Fate, Get Real, Nothing From No One, Black Mountain Bastards, au public venu nombreux (c'est très très cool, cela fait du bien tout se soutient, ce vrai partage dans le réel, cette fraternité), et surtout à toute l'équipe du BAR O METRE pour tout ce qu'elle a apporté, on ne l'oubliera jamais, d'ailleurs de nombreuses vidéos du WBZ en atteste de l'histoire.


FUCKED_BY_LIFE_1.gif


mercredi, novembre 13 2019

THE SENSE


pluie.gif

10 Novembre 2019, on rentre dans cette phase où le jour est aussi court qu'un sourire un lundi matin. Il fait nuit à 18h00, il fait froid, tout fait chier, et pourtant il y a encore des gens pour rempiler à contre-courant et organiser des concerts de rock dans une ville de province lambda, avec ses places en granit et sa population anesthésiée à l'ordre en marche.

Qu'est-ce que qui peut pousser les gens à sortir de leur zone de confort dominicale pour fendre l'air de leur monotonie afin d'aller se déchirer la gueule sur des riffs électriques ? La folie d'échapper à l'amertume du quotidien certainement ou/et la passion de se fendre par passion à cette musique rock qui échappe à toute vertu.

Le bar Jean-Jaurès à Castres fait partie de la résistance et l'organisation La Lune Derrière Les Granges en est son escouade en mission. La radio étudiante Radiom et le WallaBirZine sont les thuriféraires de cette soirée.

Ah ouaip il y a aussi autre-chose à cette date clef, la phase lunaire est bientôt dans sa plénitude nouvelle, les astres nous montrent la voie lactée et le premier groupe LAIT FRAISE possède le sens d'une argumentation hallucinatoire pour en expurger le trip.

Au WBZ on est un trio SxE, mais côté trip tout se passe dans notre expérience du moment, c'est assez difficile à expliquer comme cela, surtout si tu es persuadé.es qu'une drogue, un palliatif, une addiction médicamenteuse, etc...Est capable de te soutenir, de te porter, de t'ouvrir des portes. Je vais te faire une confidence et tu fais bien sûr ce que tu veux de ta vie et de ton corps, mais avec les drogues tu te gourres complètement. Il n'y a que ton cœur et ton esprit qui sont capables de te réaliser. Même la souffrance affecte moins nos sens que l'imagination. Perso, la méditation est une libération plus qu'un refuge, et l'épaisseur d'existence que je puise à chaque accomplissement me rapproche davantage d'être tout entier relier à la réalité intérieure. Oui c'est étrange mais avec les yeux fermés et recentré dans soi, on ouvre les yeux sur autre-chose de moins palpable, où il y a moins d'illusion finalement. Tout ceci pour vous dire que Lait Fraise est très certainement attiré par les auvents délicieux de la musique psychotrope.

Oh pinaise DU Rock Psyché ?


oh_pinaise_rock_psyche.gif

Un usage récréatif de Lait Fraise ne vous mènera pas à votre perte, pas seulement parce que le Lait n'avait tourné vers une indigestion psychédélique, mais surtout et avant tout parce que le trio sait faire vivre le mythe d'un rock en pleine montée de sève. Le groupe se présente à nous comme à l'entrée de cette porte ascensionnelle chamanique, où l'on peut entendre l'écho de l'année 1967 avec le « The End » du roi lézard issu du premier album de The Doors, en même temps que « Lucifer Sam » des Pink Floyd sur leur premier opus The Piper at the Gates of Dawn avec Wright/Waters/Barret pour la composition.

Oui je sais cela te paraît être trop exagéré soudainement, mais reprend un shot d’ayahuasca, tu entendras le serpent de la terre mère te siffler que ta planète bleue est à l'aube de son extinction si tu ne me crois pas.

“Le sens de toute chose réside peut-être dans l'absence de sens.”

LAIT FRAISE quel nom étrange et trop modéré à côté de leur musique. Le batteur et le bassiste jouent dans le stoner band FOREST OF BEARS et cela s'entend dans les nouvelles compositions de Lait Fraise. Il y a une densité supérieure à ce que le groupe auparavant alors duo pratiquait comme granulométrie musicale. On entend vraiment une profondeur que le stoner dans son exploration psychédélique possède comme sens du blues et du trip. Lait Fraise explore le voile caché du psychédélisme dans le mood de Vanilla Fudge et des Pink Fairies, avec cette densité de buvard d'acide animé qu'un psychédélisme tantrique pratique librement. Lait Fraise inverse le sens de l’énergie cosmique des hippies, tou va vers un son de reverb et un foutoir brut. Le chanteur est habité par l'ange blond déchu Cobain, et est électrisé des spasmes de T.Y Segal. Le groupe remonte à la source du rock garage aussi, The Seeds, The Electric Prunes, Count Five, The Standells, The Kingsmen, Paul Revere and the Raiders ou The Chocolate Watchband. Link Wray, Hasil Adkins.

Oh pinaise DU Rock Garage ?


oh_putain_rock_garage.gif

Le rock garage c'est du rythm & blues joué par des blancs avides de rock'n'roll sauvage et punk dans l'âme. Pour moi Lait Fraise c'est Thee Oh Sees forniquant avec les Sonics dans le brouillard des Seeds, avec la guitare déconstruite noisy de Sonic Youth, tout en méditant sur Fu Manchu.

Lait Fraise te plonge dans cette « A Savage Journey to the Heart of the American Dream » du roman d'Hunter S. Thompson, pendant ce rêve hallucinatoire de chimie ou vers ce cri primal que le rock a fait jaillir de la source chamanique, tout dépend de là où tu te t'ouvres en temps qu'âme.


ITW LAIT FRAISE 10-11-2019 CASTRES




**************************************************************************


“ Perdre le nord pour les gens du Sud n'a pas de sens ! ”


42.gif

Pendant l'entracte, c'était DJ Sheitan Provincial, un apôtre du groupe HYSTERIE qui a projeté la marche du punk oï avec la froideur joviale d'une paire de rangers sur le macadam.

Juste avant l'anfractuosité émotionnelle de Young Harts, je voudrais signaler que le nombreux public insoumis aux vicissitudes du capitalisme mondialisé du soir, était libertaire dans son système de forces parallèles et de sens contraires. Il était disparate, cool, heureux d'être là, chacun a pu participer comme il l'entendait.

Un concert de rock est une traversée des ombres de l'intime, c'est comme un diamant perdu dans la boue que l'on recherche dans tout ce fatras d'explosion sonique. Young Harts est chargé des fêlures de l'humanité, il ressent, palpe, réinjecte ses intentions de désirs dans les charbons ardents d'une musique émotionnelle. Chez eux la mélodie est souvent plus importante que le sens qu'elle dévoile en premier lieu. Nombreux.ses sont ceux qui ont trouvés le diamant pendant leur set. Même si en vieillissant nous pervertissons le sens des vérités fondamentales qu'un enfant possède de façon innée, c'est avec le cœur ouvert que Young Harts a caressé, soulevé le public.

L'humain a soif de beauté pour l'apaiser, même si elle n'est pas la symétrie parfaite du désir publicitaire que l'on te vend pour acheter un SUV. Comme l'a souligné Arthur Rimbaud : “Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.” Le groupe va puiser dans son obscurité pour y trouver la lumière, dans cette explosion qui éclaire notre abîme de temps en temps. Leurs chansons sont faites de cette fluidité de composition, de subtilité émotionnelle que l'on retrouve dans Samiam, Hot Water Music, Against Me ! C'est rare, et cette puissante rareté est encore plus visible en concert. Il y a des groupes qui arrivent à explorer cette intériorité, et nombreux sont ceux & celles qui s’y adonnent sans savoir où, ni comment y parvenir, même par les stratagèmes des poncifs que le rock regorge jusqu’à sa caricature, ils te font y croire mais tu ressens, tu sais que c’est faux.

Souvent on se demande si le mal de vivre c'est la même chose que le mal d'aimer ? Et toute l'incompréhension que l'on porte en soi tourne autour de ce genre de doutes et de peurs, c'est normal de se sentir vulnérable, et il faut l'être, c'est impératif car la musique ne peut vous atteindre sinon. Young Harts en élucide la magie éphémère et expiatoire, sans jamais sombrer dans la fatalité du bonheur factice.

ITW YOUNG HARTS + "FIGURE OUT THIS" LIVE 10-11-2019 CASTRES



Ce n'était pas qu'un chouette concert cool, cela faisait partie de ces instants où la vie courante est absente, ou l'on ne fait plus partie du monde de farce et attrape rêve, mais de notre propre réalité existentielle à palper l'incandescence d'une vérité sensible. Le premier album des Clermontois « Thruth Fades » est très réussi, et leur bassiste joue aussi dans le groupe de new wave Octobre/Novembre, et c'est tip top comme musak cendreuse et éthérée, ça claque sévère dans un mood précieux et électrique à Ultravox.


**************************************************************************

Le jour se lève à peine en ce 11 Novembre de rite funéraire, le réveil se passe avec le picotement de mescaline de Lait Fraise dans les yeux, et le cœur ouvert par la grâce de Young Harts. Ce n'est pas que l'on s'en fout de cette tragique fin de la grande guerre où les poilus croupissent de crachats cyniques sous les oriflammes bombées d'une légion de gradés et de cravatés ministériels, on se dit bien que des hommes sont tombés sous le joug d'une aliénation mortifère, et on respire leur souffle et leur colère tout comme leur mort stupide en libérant la même vibration reçue hier soir, parce que l'on sait au fond de toi que cette sensation de vérité est la meilleure voie à suivre.


8.gif


jeudi, octobre 10 2019

REBUT DE LA SOCIÉTÉ


rien à perdre

Être un rebut de la société c’est voir la vie avec un goût d'inachevée, une amertume que la frustration renforce en une abomination existentielle face à la rigueur du solipsisme des grands prédateurs de l'ordre de la domination. Ou bien c’est de s’en foutre sans avoir l’effronterie de la revanche, ou de la commisération du désespoir. C'est à vous de voir !

Quand tu t'éloignes des métropoles, bien après les ronds-points de contestation jaune fluo, tu es en province, dans cet entre-deux bâtard où l'ennuie conjugue avec merveille une passion pour le désordre et la complétude de vivre à rebours. Tu donnes au mot désuet toute sa saveur. À deux pas de la nature son appel renforce ta capacité à être certain de ton choix de vie de loser impénitent.

Pendant que le pays est géré comme une start-up, qui selon les reportages télévisuels apporte au salarié start-upiste de miser sa vie valorisante en jouant au baby-foot afin de démontrer la valorisation à la cool de l’existence en entreprise 2.0, pendant que le prolo au RSA joue au baby-foot en misant sur le mauvais cheval au PMU ; Être un rebut de la société c'est faire le choix d'aller jouer en Province plutôt que dans un bar de métropole.

Parce que l'underground est partout, et que ouaie ‘’faut bien croûter’’ comme dirait le salarié d’un équarrissoir maculé de sang impur devant le comité associatif L214, dont le militantisme à but non lucratif sert la cause animale.

Cette soirée triolisme nichée dans l'underground s’est déroulée à Castres, ville de garnison provinciale dont le bonjour des habitants est capital afin de vanter les mérites touristiques de cette ville du sud Tarnais.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


Le premier c’est GARDEN PARTY RIOT, un groupe très récent puisque son inclusion sonique date de 2018.



Du heavy de Soundgardern, aux extrapolations de Queen Of The Stone Age, avec le groove ricain d'Audioslave, tout dans leur style musical fait référence aux sonorités mouvantes des 90’s. Le bassiste portait pour l'occaz une chemise à carreau de bûcheron, hey si ça ce n’est pas une identité marquée grungy…Le groupe n'ira pas vers le stoner pour ne pas se fermer les portes, parce que si ce trio s’est trouvé humainement et musicalement, leur formulation sonique compose à l'inspiration du moment et pas dans le mood contemporain. Rester authentique à leur acuité de composition demeure essentiel, et cela s’en ressent dans leur musique. Les textes viennent sur un mot, comme une image fugace mais qui a pour effet de stabiliser la mélodie. C'est un instantané de vécu sur la complexité de la vie, de son errance. La musique en délibère la profondeur de champ.

A la question : faut-il souffrir du mal de vivre pour jouer du grunge ? Forcément Garden Party Riot répond que « Ça peut aider », de toute façon le groupe se rapproche par le son vers l’envergure de ce style musical et de son mouvement de dépressurisation par l’apport d’un gros son et d’un heavy punk libérateur et propagateur d’angoisses. Le chanteur/guitariste ressemble à un sparte du péplum « 300 » de Zack Snyder, sorti en 2007 et tiré du roman graphique de Frank Miller et Lynn Varley, Il a même conçu une guitare conçue avec son père, dont la forme rappelle une Jazzmatser, munit d’une sonorité très chaude qui renforce la profondeur de leur musique.

Leur set est vraiment coOol, tant le trio éperonne cette excitation nostalgique tout en égrenant une sensibilité singulière, et de ce mélange sonique que le groupe Elder de Boston, dans le Massachusetts, pratique avec un sens équivoque de l’errance pour lancer des passerelles de rock. Cela ramène au temps où il y avait une épaisseur de vie dans les désordres existentiels et les maux. On accroche à leur démarche musicale, d’autant plus pour ceux et celles ayant vécu la décante 90’s.

Sans être un agaçant teenageur boutonneux copiant mal ses idoles...


agaçant teenager boutonneux

...Parce que le groupe sait étendre atmosphère et fluidité par une interprétation qui ne souffre d’aucune instabilité, pas même qu’une once de stéréotype malveillant ou pathétique.

Le groupe fait 2 covers, il reprend le classique de Nirvana « Breed », et surtout The Beatles « Helter Skelter » en y apportant un côté brit pop façon the Ash et une légère brume fuzzique shoegaze à The Jesus And Mary Chain. D’ailleurs ce côté rock psyché aux embruns Soudgardien est habile chez eux, parce qu’il apparait par intermittence.

Garden Party Riot a une américanisation musicale très forte, il n’en reste pas moins une insulaire attraction psyché Anglaise. Si les Beatles avaient été Polonais on en aurait jamais entendu parler, on est d’accord, et il est impossible de faire du rock sans une note Anglaise dedans, on est d’accord aussi.


**un couple de punk a entamé un paso-doble de punk pendant leur set, c'était soit pathétique, soit saisissant de constater qu'à part se foutre des coups dans les côtes flottantes dans une époque où l'appel téléphonique vers le 39.19 c'est enfin démocratisé, le mâle punk entretient avec SOS Femme Violence Conjugale, une attitude d'égalité libertaire assez peu compatible avec les nuances de l’hashtag ‘’me too’’. Deux adultes consentants s’étreignant de manière robuste et pataude sur une musique rock au son volumineux dans un bar de province, possède une légitime tendresse à mes yeux.**


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


Selon la sentence de l'envieux guitariste Eric Clapton "quand on joue comme un pied on finit avec les dents"...


3.gif

...Ce qui précède la mienne puisque l'on dit très souvent que Jimi Hendrix jouait de la guitare comme jamais, mais on n'a jamais su qui était ce fameux jamais, le saviez-vous ? Nan ? Cette introduction inopinée a le mérite de vous faire pénétrer dans le saugrenu et de vous fermer le clapet. TA GUEULE ouvrira la sienne à l'heure où l'Espagne dîne de soupe froide et de Serrano conçu par des bestiaux nourris à l’OGM.

Autre précipice d’absurdité contemporaine cacatoèsant une jubilation de malice d’envergure, le trio Ta Gueule dispose d’un arsenal d’ironie pure à déverser comme du napalm contemporain lors de tweet impulsif. C’est vrai, cette époque est irrésistible de connerie à l’état pur. La planète est une boule déréglée en fusion permanente, et les hommes sont des suicidaires qui en allume la mèche en étant mort de rire.


c'est le bordel

Comment après cela ne pas apprécier Ta Gueule comme un substitut à la couillardise ambiante ?

Un léger tremolo vocal à la julien Clerc dans un chant criard permet après une castration de heavy punk goulue et saillante, de faire saigner sans équivoque les oreilles d’un public punk d’une circonscription reculée, voire de jeter au sol un épileptique lors d’une crise conventionnelle. Le bassiste est un homonyme physique d’Alban Ivanof l’humouriste, et dispose de cette capacité à balancer des galéjades avec la valseuse décontraction testiculaire d’un bon pote. Le batteur distribue les taloches rythmiques dans un nanard de Terence Hill & Bud Spencer comme « Attention, on va s'fâcher ! »

À écouter, Ta Gueule c'est laisser jouer ton gosse de 6 ans souffler dans un préservatif usagé, en live c’est de s'asperger les yeux de bombe lacrymogène en mastiquant de la coca Péruvienne et du piment de Cayenne. Le sens de la vulve-garisation du spectacle vivant en tant que manifestation subliminale est ici maintenu à son niveau le plus incandescent.

Ce n'est pas qu'ils s'en branlent, c'est qu'ils n'en n'ont rien à foutre, et ce n'est pas pareil. Ce groupe est engagé, engagé à faire marrer en se désengageant d'un quelconque résultat probant en matière d’idolâtrie, même si je les suppose assez insolents pour en jouer à leur guise.


5.gif

Est-ce que ce groupe fait réfléchir pour autant en propulsant les bases consensuelles de l'ironie et en jetant en pâture des jeux de mots en guise de jeux de pistes, comme on laisse s’égarer sous les tables en françafrique des valises pleines de biftons pour piller les sols de terre rare ? Ouaie la phrase était longue, mais Ta Gueule, parce que ce groupe c'est d'abord un exutoire, l’inverse de l’anesthésie, la pensée arrive par fulgurance. C'est euphorisant d'entendre ce punk harakiri déboutonner la ceinture de chasteté d'une époque moralisatrice, tout en fonçant tête baissée à rendre gorge l'humour noir et le heavy punk en étant aussi attachiant !

Ta gueule a joué à côté d'une pièce avec une TV diffusant les résultats du monde de l'ovalie, c’est trop balèze comme sarcasme.

Ta gueule puise dans les fondements de la scatologie une partie de sa liberté d’action. Il vitupère (comme un aspic asthmatique), flagelle (par des vents ascendants), engueule & invective (avec inventivité), apostrophe (pas l’émission de Pivot hein ?), jure (en crachant avec les doigts croisés dans le dos). De plus il chante en français, on se sent comme Roger Couderc devant un match de l’équipe de France de rugby contre les Anglais.

C’est un humour sale bête et méchant comme le visuel de Topor (le poing dans la tronche et relatif à leur premier album).



Sur scène le groupe se tient, c'est-à-dire que l’on est pas dans un peep-show de Gogol 1er à G.G Alin, c'est des punkers maniant leur art musical avec bravoure et branlitude. Le groupe présente son happening décomplexé de cynisme et de coming-out ironique avec un héritage musical donnant une mastication acide et grasse du heAvy furibard rock’n’roll au punk hardcore.  Le groupe n’est pas issue de la prohibition du grind. Dans ses désordres triviaux ils s’en rapprochent certes, mais dans un abattoir échangiste de morceaux de chair avide de violence lubrique.

Ta Gueule c’est la recherche d’une vérité crue dans l’outrance laideur du réel et de la désinhibition de sa violence. Alors ça couine, hurle, dépiaute, ulcère et dégage les bronches tout autant qu’excite les muqueuses. En parlant d'humidification des muqueuses ; Hey, savez-vous comment on sait qu’une femme simule ? C’est quand elle vous regarde l’attirail pour vous annoncer toute émoustillée : « Ohhhhh mon dieu mais elle est bien trop grosse, cela ne rentrera jamais ! » alors que cela fait vingt ans que vous êtes ensemble à pratiquer des coïts réguliers.


6.gif

Donc voilà, TA GUEULE c'est tout ça à la fois et ça fait du bien !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


‘’En religion l'avenir est derrière nous, en art le présent est éternel’’ - c’est ce que je me suis dit devant le set Maroc'n'punk'ska de Zwe. Parce que oui, dès que quelque chose vient d’un pays arabe, immédiatement et sans faire d’amalgame notre premier réflexe en Occident s’est de :

1/ s’échapper

2/ se cacher

3/ Alerter

Bien entendu nous n’avons rien fait de tel, parce que la soirée s’est superposée à un épisode de strip-tease (émission TV sur FR3 dans les 90’s) et en a transfiguré l’enrobage surréaliste.

ZWM est un trio de punk’n'roll de casbah avec son métissage de débrouillardise, pour un set détendu à la Méditerranéenne.



Il y a beaucoup de répartie qui fuse entre les titres, c’est un stand-up de punker, le chanteur/guitariste y est pour beaucoup, il improvise selon sa décomplexion houblonesque. Musicalement parlant il témoigne ce croisement entre Rachid Taha et Mick Jones des Clash. Côté look il avait des chaussures méduses plastique au pied tout de même, complètement extrême comme relaxation, mais typique d’une aisance Méditerranéenne cheik this sound. Les Marocains jouent juste, et à l’arrache. C'est-à-dire qu’ils jouent bien punk. On entendait davantage le bassiste que le guitariste, c’est leur côté NOFX je pense.

Zwm est frais et fou, comme une folie ordinaire dans une province ringarde mais pas encore blasé de tout. C'est sa force principale en étant les Ramones du Maghreb, sa complétude aspiration à perpétuer avec trois rien le rock’n’roll, qui malgré les turpitudes de son immolation en stéréotype, de sa stagnation nostalgique, n’en finit plus de répandre sa provocation, son phrasé explosif, sa réinsertion loin du boogalow traditionel du Maroc comme le chaâbi. Oui il y a des punkers au Maghreb.


7.gif

Pendant l'éclosion du rock'n'roll en Occidant il n'y avait rien d'autre pour capter la jeunesse et sa fondamentale révolte d'hormones. Ce bouleversement sociétal a imposé à toute une jeunesse de se pisser dessus d'émotions, de libérer des alcôves de la convenance l'ordre du monde. Les filles hurlaient, les garçons étaient violents, chacun se jetait sur les groupes pour attraper leur aura, jusqu'à boire dans cet élixir de jouvence éternel. Aujourd'hui chaque personne se pense comme un dieu, maître d'une nimbée de followers. Ainsi il y a des personnes avec l’envie impétueuse et disproportionnée de se faire remarquer, de valoriser son narcissisme.

Tiphanie est donc montée sur scène en fin de set pour danser et chanter en faisant des vocalises à Björk, comme si elle était dans un centre aéré. Zwe a terminé son concert dans cet imbroglio musical. C’était un set foutraque, conçu pour répandre le désordre permanent qui règne pendant leur set, cette instabilité chronique à déborder du cadre, même celui pourtant relativement autonome, affranchi, émancipé du punk.

On notera parfois dans leur musique des accents vers un ska enjoué, apportant les réjouissances festives que le public attend après des hectolitres de bière tiède. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les mélodies du ska, rocksteady, soulignent cette affection pour les airs populaires dont la bonhomie est conforme au caractère affable et social que requiert ce style musical. Cependant, les reprises de groupe de ska font souvent penser à des reprises de Charlie Oleg, cet animateur organiste de l’émission TV « Tournez Manège », chantre du speed-dating avant l’avènement 2.0 du virtuel des réseaux de rencontre.


Merci à La Lune Derrière Les Granges, au Bar O mètre, Garden Party Riot, Ta Gueule, Zwe, Tiphanie, au couple punk, à Big Jim Tonic, et à tous ceux ayant assisté à cette soirée coOol et surréaliste.


8.gif

- page 1 de 7