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chronique de disques

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vendredi, février 8 2019

VOIVOD – The Wake


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Do you speak Klingon ?


Ahhhhhhhhh ben sinon vous allez être emmerdé.e pour traduire cette chronique.

Parce que voici une nouvelle aventure intergalactique, où Dr Spock converse le Voivod avec un rabot riffique et au laser rythmique, pour un concassage cosmique de dissonance polymorphe, et d'allitération mélodique en téléportation sonique.

Ahhhhhhhhh Voivod et son futur utopique, c'est toute une discographie, que dis-je, une odyssée.

Au commencement était l'Univers-miroir sous contrôle de l'Empire Terrien, et dans cette élite le Directoire des Sciences rejetait la notion d'univers alternatifs, pourtant le Voivod arriva bel et bien, dans cette tension entre diversité et unicité d'un style unique, entêtant et inhérent à tous les space opera américain, avec pour seul objectif, non pas la Lune, mais d'explorer toujours plus loin les espaces inconnus de la musique thrash et de repousser les limites du monde civilisé.

Pour que chacun parvienne à comprendre cet univers bien plus vaste que notre seule planète où chacun a son propre dialecte de sensibilité exacerbé, il est nécessaire de se raccrocher à une langue commune, et sur la base d’une création foisonnante d’espèces et de civilisations variées. Le Jargon de Voivod ou plus posément nommé de « Technoblabla », car si il n'y a pas un minimum de jargon technique et bien c'est du Sex Pistols, ce jargon donc, dispose d’une discipline s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect d'une mathématique sonique très appliquée.


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Cette musique est l'art consistant à arranger et à ordonner sons et silences au cours du temps dont la bulle de distorsion enveloppe chaque composition et lui permet de voyager à des vitesses supraluminiques.

Depuis que Voivod a franchi la barre de l'hyper-espace temps, son bouclier occulteur entre en réaction avec la matière et l'antimatière sonique. Leur rencontre provoque une importante accumulation d'énergie, permettant de rendre une structure totalement indétectable à la Toxicité harmonique, et de convertir la sensibilité d’une personne depuis l'état de matière à celui d'énergie et inversement.

Le ciblage électromagnétique est une étape importante dans le processus du champ de confinement annulaire (parfois appelé simplement champ de confinement), propre à Voivod. Cet élément est même essentiel aux systèmes de téléportation qui génèrent des bobines primaires d'énergétisation sonique depuis le début de leur discographie. Il sert aussi à garantir la cohésion du flux de matière lors de son trajet vers son télérupteur-humanoïde. Pour cela il était impératif d'affranchir la formule Voivoïde dans le scanner paramétrique afin de reproduire un micro-vortex en phase avec la bobine de transition phasique, qui est un composant des systèmes cellulaires musicaux et en assure la distribution de l'énergie dans toutes les parties des compositions.


Je sais tu ne comprends rien à cette chronique pas plus que moi au nouvel opus de Voivod, et alors ?

C'est quand même trop bien que ce champ de dispersion de particules énergétique qui, lorsqu'il est projeté dans l’ionosphère d'une planète, provoque une hyper-ionisation de l'atmosphère capable de débloquer toutes les ondes porteuses électromagnétiques et subspatiales de la musique rétro-futuriste...


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mercredi, février 6 2019

WITHOUT SKIN – Worships


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Without Skin se forme au Havre en 2012, Marco, Romain et Gabriel sortiront leur premier EP  digital en 2014, puis enregistrent leur premier album au Studio de l’école Georges Mélies d’Orly et signent chez Les Disques du Hangar 221.

Rageur devant le gouffre d'un monde cynique et irresponsable, le trio abonde de titres percutants avec une émotion tenace et frontale.

Riot punk, hardcore scream, ça dégorge une haine viscérale, avec tout ce surplus que la vingtaine abonde en désagrégation de fureur de vivre. Un exutoire d'écorché tel est ce premier opus criant de vérité. Cela provient de l'urgence du brasier intérieur qui ne réclame qu'à sortir toutes ses flammes intenables, avec l'évidence d'une structure explosive, canalisée par le trio puis projetée avec une sécheresse tranchante, tendue par une nervosité à fleur de peau.

Comeback Kid, Propagandhi, Modern Life Is War, comme sensibilité, avec une vrille de hardcore sludge à la sauce Savannah et je pense à Black Tusk, mais faudra une pilosité plus abondante si le groupe devait jouer vers cette lignée là.

Pochette sombre à l'expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, dont on retrouve la même intensité équivoque dans la musique de " Worships ", avec le broyage du réel, la démission du vivant, tout ici forme une ellipse et crépite d'une même fureur, d'une même folie, juste et brûlante.




dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




vendredi, janvier 25 2019

BLACK TUSK – T.C.B.T


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Depuis 2005 à Savannah, Georgia U.S.A, berceau du sludge 2.0 avec Baroness, Kylesa, Black Tusk a ravagé avec un soudage de punk Sludgy foutrement érectile sur plusieurs albums. Seulement le trio a perdu en 2014 son bassiste fondateur Jonathan Athon, et a choisi de poursuivre/recommencer avec Corey Barhorst (ex-Kylesa). Il présente ce nouvel album, avec l'apport de Chris "Scary" Adams en second guitariste sur la base d'un quatuor pour les concerts.

Il y avait une alchimie rare avec le trio, sur disque c'était flagrant mais en concert c'était carrément électrique, démentiel. J'ai acheté ce disque les yeux fermés, garant du passé, en soutien avec leur identité sonique, et toute la vigueur que j'ai emmagasiné grâce au trio en concert.

Cet opus susnommé T.C.B.T pour « Taking Care of Black Tusk, on retrouve dedans tous les fondamentaux, l'altérité graisseuse, la pugnacité punk, et cette énergie vitale, mais avec une intensité réduite, et même un manque d'audace. Black Tusk réitère sa formule Swamp Metal avec l'apport supplémentaire d'orienter sa musique avec plus d’épaisseur, notamment avec des parties claviers, mais finalement cela dessert la cause, leur identité. Je trouve que cela n'apporte pas plus, même au niveau des atmosphères. Le son est bien gras, cradingue, la rondeur des compositions baigne dans la suppuration tenace du son. Par contre il manque ce mood stoner hi energy avec l'avalanche de plomb sludgy.

Peut-être que le groupe voulait passer à autre chose, d’apporter un renouveau dans sa violence musicale, tout en essayant de garder dans son ossature sa spécificité. Mais si auparavant le squelette était suffisant et essentiel pour que l’énergie vibratoire circule comme un volcan en érection, aujourd'hui le gras se détend.

Après il faut quand même retenir pour ce disque que le groupe brûle des lipides, il y a des giclées de purée sonique bien dense, la couche de graisse est pâteuse, il y a autant de violence horrifique que de haine tenace et ceci sur la plupart des titres.

Le plus étrange c'est que plus j'écoute ce disque et davantage il se teinte d'une lumière obscure, avec une nette tendance d'acier trempé, de lave incandescente. Il y a du Dead K dans le maelstrom dégoulinant de sludge et du hardcore speedé à Exciter dedans en morceau. Le truc le plus cool c’est que les gars se partagent le chant et c'est orageux, flamboyant, turbulent, rugissant.

Je t'ai dit que c'était moins puissant que les précédents ? Oublie, c'est un nouveau parpaing dans la tronche, ouaie, ouaie direct, cherche pas tu pisses déjà du tarin gamin parce que ce disque balance !


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lundi, janvier 21 2019

ACE FREHLEY - Spaceman


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Le Spaceman réitère depuis 1978 une formule rock qu’il avait façonnée depuis ses débuts avec Kiss. Si l’originalité n’est pas de mise, la qualité et la vigueur d’Ace imposent l’intégrité de son statut d’étoile rock’n’roll.

Ça sent la poussière des seventies, c’est ringard, ce qui ne signifie nullement que ce soit mauvais. Il s’avère évident qu’en 2018 la musique du Spaceman est spatio-temporelle et spécifique à une époque.

Il joue sur la nostalgie à fond, Il déride avec les vieux briscards dans l’ombre tutélaire de ses heures de gloire, sur le fondement de sa signature, sur son ego de star déchu, sur le real rock’n’roll. Il joue à fond, ne triche pas, et c’est ce qui continue à faire vivre le mythe. Il y a un son de guitare Ace Frehley, un sens du riff, de la mélodie hard rock, des solos, un chant. Il n’y a qu’un Spaceman, et il n’y en aura qu’un sur Terre.

Il est impossible de parler d’Ace sans évoquer Kiss, surtout que le démon de Gene Simmons a collaboré sur ce disque avec deux titres, et que l’annonce d’une tournée finale de kiss serait propice à une dernière réunion hommage des membres historiques…Bref, les planètes pourraient s’aligner pour l’apothéose finale.

Cet album dignement intitulé « Spaceman » n’est pas le chant du cygne intergalactique d’un rock’n’roller, puisque les solos étoilés crépitent dans la stratosphérique galaxie du Spaceman, que les riffs moulinent la réminiscence d’une discographie rock saturée d’électricité new-yorkaise. Il y a même pour les plus érudits une cover d’Eddie Money de 1986, « I Wanna Go Back » qui est classique à la comète Frehley, tout comme une production oldschool datant de 1978 et de son premier album solo.

L'opus peut se concevoir comme une commémoration, il pérennise l’acte de foi d’un rock suranné, mais diablement vivace pour tous ceux qui ont le Spaceman comme bonne étoile.


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jeudi, janvier 17 2019

SINSAENUM – Repulsion Of Humanity


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Comme un papillon de nuit se rapproche d'une bougie pour sa lumière, et s'embrasse aussitôt qu'il touche la flamme, Sinsaenum possède ce pouvoir lumineux de l'obscurité et de l'embrasement.

Richesse mélodique pour fureur démoniaque, déliquescence harmonique pour sensualité outrageusement bestiale et lunaire, cet opus mérite un rite noir.

La formation all-stars conduite par le bassiste de Dragonforce Frédéric Leclercq, bénéficie de l'apport de Stéphane Buriez de Loudblast, du batteur Joey Jordison (ex-Slipknot), du bassiste Heimoth (Seth) et des chanteurs Sean Zatorsky (Dååth) et en moindre mesure de celui d’Attila Csihar (Mayhem).

Ce projet complémentaire et déflagrateur pour la violence sonique qu'il appliqua dès son premier album datant de 2016 « Echoes Of The Tortured », apportait les racines d’un death metal pugnace et authentique. Ce second opus au sobriquet typique du death metal «  Repulsion For Humanity » est subtilement racé de froideur, sans fioriture pour asseoir sa puissante malice, délivrant ce jus de pue à base de fièvre rythmique, de riffs colossaux, de lyrics suintant la haine irascible, sur une bestialité de chant, une fois encore.

La production grassement organique de Floride et froidement Nordique, téléporte le son dans cette magie de putréfaction qui réveille les morts. Le visuel est réalisé par Travis Smith (Opeth, Suffocation, King Diamond, Sadus, Overkill, Ice Earth, Katatonia, Bloodbath, etc...)

Sinsaenum introduit à ses compositions inspirées une liberté de ton, avec un apport mélodique savamment soupesé, mais aussi à travers l'émergence de bribes de styles comme du thrash, une pointe de sludge, un poil de doom, pour que son album ne devienne jamais rébarbatif. Tant par des atmosphères ouatées, il dépose à chaque fois un glissement mélodique progressiste, une lumière, une couleur, une variété de contraste, tout en gardant son propos cohérent, son respect pour le death metal totalement légitime.

Le groupe a incorporé dans sa magie noire autant de puissance que de délicatesse et élabore une alchimie somptueuse d'oppression, et de violence sonique.


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mardi, janvier 15 2019

SPEED JESUS – The Giant Hack


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Le programme des réjouissances de ce début d'année est simple,

Pas la peine de commencer d'hypothétiques résolutions, je vous propose une bastonnade en règle pour détoxifier les cages à miel. Attention c'est de la violence musicale, c'est à dire qu'un tournevis cruciforme vient en profondeur récurer l'amas crasseux ingurgité nonchalamment depuis la naissance.

Le nom du groupe, Speed Jesus, appose de se gratter le bouc, mais ne me faites pas chier avec un hippie clouté sur une croix, je le préfère à l'envers et les clous sur une veste patchée, question de style.

Le groupe vient du coin des Burning et leur blast HxC est un pur décarottage sonique. Oui c'est impératif pour un maléfique premier album.

Ce Trio est composé d'ex-Gravity Slaves et de membres de Monde Merde pour un concentré de speed hardcore thrash, hyper bourrin, testostéroné à la rugosité 90's Evil HxC metallique, et chaotique.

Ne cherche pas la finesse, enfin si quand même, par exemple Government issue est-il un clin d’œil aux punkers de Washington DC ? Jerk as Fuck au Dead K ? « Hang'em All'' à Metallica ?

C'est frontalement 23 mn où tout est malsain, intrusif, et poutrement convaincant, Speed Jesus assoit sa suprématie en hurlant la fureur abrasive d'Unsane VS Kickback aka AWOL (A Way Of Life).

Pour hurler de la sorte c'est au moins une pointe de 150 dans chaque phalange ça, et je m'y connais en charpente. Donc viens checker cette coproduction Metro Beach / PP&M / Opposite / Black Out Prod. retrouverez une ITW de Gwardeath avec Speed Jesus sur le podcast Metro Beach.

Pour les fans de galette vinylique c'est ici.

Tiens-toi près avec une palette d'efferalgan 1000mg effervescent parce que ce disque va te vriller la tête...Hou, hou !


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mercredi, janvier 9 2019

CAT POWER – Wanderer


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Charlyn Marie Marshall est une compositrice/musicienne américaine autodidacte de folk indie.

Six années après son album électronique « Sun » de 2012 pendant lesquelles elle a fui l’arène existentielle dont elle fut cette écorchée vive sur les piques addictives de la dépression, jusqu'à être mise à mort par Matador, son label depuis le début de sa carrière, elle revient avec l'opus « Wanderer ».

Consumée d'être chat noir, elle retrouve vie avec son nouveau label Domino qui lui offre l'opportunité de jouer ses ballades à la fragilité mélancolique.

Dès l'introduction a cappella du titre "Wanderer", le chat dans la gorge de Chan Marshall aka Cat Power  retrouve l'âme de son jardin secret, porteur d'une vérité spirituelle. S'ensuit une folk tendre et évasive au spleen tenace, alternant guitare et piano minimaliste vers ce sentiment spirituel de sensualité.

Cat Power donne à son pacte diabolique la fiévreuse beauté câline.

La belle chante, et tout résonne à l'intérieur. L'émotion mise à nue se débarrasse de ses démons. C'est épuré, puissant et doux à la fois.

Elle déchire le ruban de ses blessures incisives, l'on se détache doucement avec elle de tout entrave, de toutes peurs, seules les cicatrices sont encore visibles, comme un écho invraisemblable.

C’est une œuvre que l'on pressent chargée de sens avec d'étranges harmonies vocales se jumelant à un registre sombre, car Cat Power connaît la noirceur de l'addiction.

Si l'homme en noir a payé Cash ses démons, Cat Power a peut-être sept vie de rédemption, et aussi parce que la féline est une femme assagie depuis qu'elle est mère.

Elle dégaine sa rengaine tristounette pour y dévoiler la clarté de la rédemption. C'est triste, fort, sombre et le timbre de sa voix à la robe soyeuse est toujours aussi grave.


On trouve énOrmément de personnes sur le net qui reprennent dans leur chambre des chansons pop afin de les transfigurer d'une version dépouillée. La cover de « Stay » de Rihanna est Cat Powerisée par une patte de velours en une chatterie musicale. Tout aussi charmeuse en duo avec Lana del Rey sur le titre « Woman », sa tendresse possède la caresse introspective où filtrent une poésie intimiste et des impressions émotionnelles. L'unique titre le plus bankable est « Horizon » avec de l'auto-Tune dégueulasse, absolument à proscrire de cet album.


Le crépuscule a déjà consommé l'outrageuse nuitée que l'aube dévoile l'espérance d'une lumière nouvelle. Cat Power est retombée sur ses pattes. Alors chavourez !


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samedi, décembre 29 2018

REGULATE - In The Promise Of Another Tomorrow


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En 2016 leur E.P « Years of Rage » s'était fait une solide réputation, la troupe straight edge de NYHC, déboule avec « In the Promise of Another Tomorrow », disque qui s'est imposé à moi pour sa palpitation instantanée et profonde à l'admiration au NYHC classique, la permutation au straight edge crossover de Shelter et à l'ouverture contemporaine de Turnstile. Mais aussi par sa fracture bien rythmée à coup d’accélération et d'un beat toujours grassouillet, munit de riffs tendus et intenses.

L'album frappe HxC en joignant Outburst, Killing Time, Breakdown et épouse des contrastes à travers sa gamme explosive de rage mélodique, de diversité de ton et de saveur évidente par sa liberté de teinte.

Regulate contourne les écueils du sXe (optimiste, indépendance, rejet du pouvoir, se libérer des dépendances) pour une forme de lyrics plus poétiques, vivifiant de vécu (notamment autour du racisme), sur l'existence que l'on t'impose, qui tu es, ce que tu veux, ce que tu ressens, déviant d'un pessimiste vers une réaction combative.


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jeudi, décembre 20 2018

EMMA RUTH RUNDLE – On Dark Horses


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Emma est bien mimi avec sa voix chaleureuse, un peu comme une réapparition spectrale d'Alanis Morissette, elle est cependant davantage connue au sein du groupe Marriages, pourtant Emma a conquis en solo par sa douceur lunaire décroissante.


La sensibilité cotonneuse dont parfois elle semble faire flotter sa musique à la surface du dark joue de son errance subtile, surtout pour déposer des cendres rock sur de la dentelle mélodique. Avec un écrin à fleur de peau, et même avec toute ce que l'on avait pris soin d'enterrer auparavant, on est saisi.

Ainsi c'est jolie, charmant, mais on sent la finesse de la broderie latente malgré tout, pourtant on lui pardonne.

Sur cette disculpation, tu dois connaître parfois cet ennui secret qui advient quand tu attends d'être à nouveau touché en plein cœur par cet artiste qui avait su émouvoir jusqu'à remuer en toi l'indicible beauté crépusculaire, et qui n'arrive pas toujours à le reproduire malgré le fait d'enjoliver l'ensemble pour te replonger dans cette même sapidité.

Il se passe un peu cela avec ce disque. Alors il me faudra attendre et laisser filer avant d'être envahi par la romance vespérale de ce « On Dark Horses », et même d'aller agiter la magie noire de PJ Harvey, de Nick Cave, de Siouxie pour parvenir à percer les arcanes mélancoliques et fiévreuses de cet opus altérable.

Même si le crépis mural de la maison s'effondre on sait qu'en dessous furète l'envoûtement cold wave/post-rockien d'Emma et de son velouté cuprique. Tout comme on entendra en écho intime son ivresse mélancolique et la douce vénusté emprunt de fumerolle féerique de Tori Amos.

La charmeuse Emma envoûte dans le secret d'alcôve de sa musique lunaire, en étant la dépositaire de cette communauté de l'ombre qui de King Dude à Chelsea Wolfe crie pour l'introduction de la louve dans les bois maléfiques afin de perpétuer l'alchimie du rêve ténébreux.


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