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chronique de disques

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jeudi, octobre 19 2017

BODY COUNT – Bloodlust


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La machine est lancée et sa densité de pénétration sur les nouvelles générations risquent de provoquer une explosibilité indéniable.

Un monde qui bascule dans la ségrégation raciale, dans les inégalés des richesses, dans le clivage religieuse, le repli communautaire, il n'en fallait pas plus pour que le Bodycount se réveille et revienne de son sommeil, non pas comme une ombre, mais comme une réelle et fondatrice sédition unanime et frontale.

En 2014 le groupe lance pour son retour l'album Manslaughter, il excite et aiguise la révolte, Bloolust enfonce le clou 90's du riff métAl-HxCore d'Ernie-C motherfuckerrrrrrrrrr, et des lyrics déversant sa vindicte véritable avec la signature du grand Ice T en MC bastard. Le son est juste dopé comme un bodybuilder, la rythmique est un tonnerre tonitruant et menaçant, l'ensemble est une agression sonique pour une vendetta en bonne et due forme de Vigilante.

Désormais l'engrais fertile contemporain fertilise le champ de haine généralisée et prend racine, avec lui spoliation, aggravation, crispation, répulsion, consternation, perdition, agression... Cette matière première irascible apporte au groupe Body Count la matière première pour poser atmosphère insalubre et lourde de tension extrême comme des violences urbaines, un groOve manifeste, une accumulation de paroles agitatrices de colère et de mépris. Le justicier social Body Count est insoumis et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française et de sa propre construction, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre. Tout comme le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, son Bloodlust est en une inspiration  : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Bien entendu il s'agit ici de musique, le Ice T est formaté à la société du spectacle, il sait comment distiller sa propagande mercantile. Entre Cette machine tue les fascistes la citation figurant sur la guitare de Woody Guthrie en 1941 et le spectacle qu'engendre les engagements politiques et humanitaires de Jean Bono de U2 à la TV (moins son retournement de veste spectaculaire quand son groupe a transféré aux Pays-Bas le siège de la société U2 Limited pour moins payer d'impôts en Irlande.) il y a tout un monde, une époque, et une vision différente. Où est la supercherie ? Qui est sincère (et pendant combien de temps) ?

La frontière est mince, illusoire, mais pour le cas de Body Count, la couleur de peau fait office de vérité, sa liberté de parole est fondamentale. On ne peut lui donner tord, tant elle tord le cou en filant des courbatures, surtout au...


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Pour cet opus, il y a une cover/medley « Raining In Blood / Post Mortem » de Slayer, histoire de rendre compte de l'historique de Bodycount, et de cette scission de leur spirit & sound entre Suicidal Tendencies – Public Enemy – Slayer.

Spécial Guest on n'est pas en reste avec le chant de Max Cavalera sur « Black Hoodie », Randy Blythe (Lamb Of God) sur « Walk With Me… » et un solo heavy de Dave Mustaine (Megadeth) pour Civil War.


jeudi, octobre 12 2017

SLOWDIVE – Slowdive


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Le retour feutré du shoegaze de Slowdive fait partie des correspondances que l'on cajole.

La luminosité de leur musique s'ouvre telle l’Épervière frutiqueuse au tout début de l'aurore et en tout fin de journée crépusculaire avec l'Hipomée pourpre. Comme le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes, Slowdive réalise une prouesse identique avec nos émotions enfouies. Sa faculté musicale est emprunt d'une délicatesse d'orfèvre, avec ce quatrième album le temps se dilate et referme avec lui , le doux parfum capiteux des réminiscences et celui de vivre le plein instant.

Slowdive c'était il y a longtemps, vingt deux ans en arrière, dans une autre vie maintenant. Ce groupe était un point lumineux dans la noirceur de l'inconnu. À la mode Shoegaze dans la première moitié des 90's, le jeune groupe est insouciant avec la tête plongée vers le sol, sans pomper l'air. Il jouait avec détachement des embruns soniques, émanation superbe et incandescente que la dream pop en fera fructifier le penchant acidulé en un temps suspendu. Puis le glas est survenu avec l'emblématique britpop et dissipa en un coup de vent médiatique les nuages shoegaziens pour la grisaille arrogante du royaume britannique.

Dans l'ère contemporaine Slowdive est une influence fertile, post-rock & blackgaze lui doivent leur co-existence. Depuis un appel d'air nostalgique qui empile le retour des Pixies, Blur, les Stone Roses, Ride, Lush, My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chains, en 2014 le groupe remet son art sur scène, puis apparaît cet album. Le band joue ses effluves mélodiques indolentes dans une torpeur ténébreuse, avec ce spleen émotif, pudique, dans une époque qui a toujours du mal à se détacher de sa dépression. On émiette chaque titre en s'enracinant à cet opus éponyme à chaque écoute. Le groupe y injecte une tristesse tranquille, et sa mélancolie écumeuse dépose sur chaque ressac émotionnel reçu une infinie quiétude.

Il y a une lumière incomparable sur cet album, celle d'une maturité que l'existence féconde avec lenteur. La brume sonique n'est plus ce parfait isolant thermique à nos anxiétés-souffrances que le groupe a édifié en un mur blanc shoegazien. C'est désormais une cachette onirique, où perle des puits de jour. Ce retour attendu délivre un engourdissement nécessaire à l'ébullition ardente que le monde presse dans sa dynamique clinquante de boule à facette. Si il te semble que c'est trop propre et fade, écoute sans rien attendre, alors le vide en toi se remplira de lumière.

Les amoureux de l'air libre apprécieront cette dépressurisation perpétuelle des anglais de Newcastle. Parce que leur cœur s’ouvre à cette voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant la bise blonde de l'aurore ! Slowdive est un bien-aimé qui sèche les pleurs, rassure la tendresse avec ses mélodies d’autrefois, et permet que l'on se verse dans sa coupe, pour voguer dans l’ivresse ! Sous sa brise légère le cœur frémit d'amour et de compassion. Le cœur s’ouvre à sa voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant le baiser noir du crépuscule !

Slowdive revient et avec lui la douceur.


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mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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mardi, septembre 26 2017

BLOODCLOT – Up In The Arms


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La profondeur sonique d'un Danzig, le rawk'n'roll de Motörhead, la vélocité hargneuse de Minor Threat, du NYHC de Bad Brains et du crossover Cro-mags, ouaie c'est tout cela à la fois la nouvelle mouture Bloodclot.

Après l'embrouille au sein de Cro-mags, Jon Joseph refonde son premier band Bloodclot avec des membres de Biohazard, Merauder et Pro Pain, pour un album intitulé Burn Babylon Burn et très clairement typé HxC métal. Voici la suite expurgée de tout surplus gros cube, pour une lésion HxC 80's, munit d'une énergie virale, d'un vrombissement rock'n'roll et d'un héritage manifeste.

«  Up In The Arms » est l'album d'une bande de vétéran, avec John Joseph (Cro-Mags, Worlds Apart), le guitariste Todd Youth (Murphy's Law, Danzig, Warzone, Ace Frehley), l'ossature rythmique est maintenue par le contrefort du batteur Joey Castillo (Queens of the Stone Age, Wasted Youth), et du bassiste Nick Oliveri (Queens of the Stone Age, BL'AST!). Maousse costaud l'équipée sauvage de bastards nan ?

La dream team est efficace, elle soulève la fonte HxC et ne peine jamais à la tâche. Jon Joseph saupoudre ses lyrics d'évocations Krishnacore et tanträ-sXe, ainsi que d'une veine protestataire avec un tremolo vocal digne du sieur Jello Biafra. Les titres sont accrocheurs, le groupe y délivre un véritable punch, avec crochet et uppercut, l'énergie est là, c'est punk, ça va droit à l'essentiel et en 30mn c'est torché.

L'efficacité d'expression HxC promulgue une vigueur incontestable à l'ensemble. Le registre est brut et sans fioriture. Cette robustesse de vieux briscards en pleine possession de leur moyen contusionne une liberté de ton et de franchise, qui tient lieu de détonateur et de déflagration puissante.

La base de ce nouveau départ est une prise de position sur la situation du monde et de son injustice exponentielle, suivi par une vivacité d'engagement par la sentence suivante : Ne fais pas ta salope, change-le !

Bloodclot est un élément de revanche, Up In The Arms est son catalyseur et déjà un album culte.


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Alors vous voulez le changer ce putain de monde oui ou merde ?


dimanche, septembre 24 2017

DENIGRE – DéniGre


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Dénigré : Attaquer la réputation de quelqu'un, chercher à le rabaisser ; discréditer, décrier quelque chose, parler avec malveillance de quelque chose ou de quelqu'un ; calomnier : Dénigrer ses concurrents.

Dans le règne de Macron 1er le temps de cerveau disponible est saturé de propagande néolibérale, avec pour sujets principaux la concurrence et la compétitivité entrepreneuriale, le capital de la force de travail, le chevauchement des temps de vie et de travail, etc... Il n'en fallait pas plus à un groupe de Lyonnais pour créer une nouvelle force de rationalité entrepreneuriale. Ainsi DéniGre est né d'un speed-dating asocial entre Kris (Opium du Peuple, Ta Gueule), d'Aksel (Le Réparateur) et KiK (Tasmaniac).

Créer un groupe musical et attaquer de la sorte avec malveillance n'est pas anodin. La violence reçue, subie, ressortira obligatoirement sous quelque forme que ce soit chez un humain. Bien souvent l'art sert de catharsis, et l'on en trouve l'explosibilité dans le punK. Ce qui rejoint le cas de DeniGré, dont la violence est expulsée avec une féconde outrecuidance.

De son tropisme marginal le trio en a fait son pavé qu'il jette à la gueule du troupeau prompt à la servitude volontaire, à l’hégémonie d'un système apocalyptique, et à toutes ces sortes de maux qui contusionnent blessures profondes, balafres et une profusion de douleur à vie. Les textes sont très bien écrits, exubérant de justesse par un vocabulaire riche et précis, dont la poésie remplie de cynisme, de sarcasme, de désespoir et de noirceur, exhorte à la pensée avec son appel libertaire et anarchiste.

L'on peut avancer que DeniGré est un enragé dégagé, mais pas désengagé. Il sature l'espace sonique d'une folie contestataire en dix compositions. Il fait avec le punk ce que Proudhon a proclamé sur la pensée bourgeoise.

Irascible comme le screamo, hargneux comme le punk, sale comme un épais rock grunge, la bile est au niveau du gosier. La scission sonore de ce groupe jusqu’au-boutiste (qui va jusqu'au bout de ses idées sans s'occuper des conséquences) est l'antithèse de l'uniformisation marchande du monde. Ainsi ubériser sa musique pour la lustrer d'un polish poppy cela semble antinomique avec la pertinence du groupe et de la dysharmonie de son rock acerbe, surtout quand celui-ci croise les effluves soniques pour répandre le lisier de sa misanthropie avec malice. Par conséquent ce groupe vomit sous une peau de hérisson.

Musicalement ce n'est pas une épaisseur de couille supplémentaire par rapport au groupe Ta Gueule, mais une couche de noirceur, bilieuse et pessimiste, ouvertement compatible avec les lyrics sarcastiques du susmentionné Ta Gueule, mais en plus sombre.

DéniGre est une entité musicale destructrice qui vous force à réfléchir, ce qui est très ennuyeux dans une époque où l'on réduit le langage pour restreindre la pensée afin d'y introduire une novlangue pernicieuse, destinée elle même à rendre vraisemblable les mensonges, et à donner de l'apparence et de la solidité à ce qui n'est que vent.

Donc forcément DéniGre n'est pas un groupe de pop prompt à vendre du shampoing extra doux au lait d’ânesse, ce n'est pas son action. Il ne détourne pas l'attention, il l'a libère de l'oppression avec des messages subliminaux.


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lundi, septembre 18 2017

CRADLE OF FILTH - Cryptoriana - The Seductiveness Of Decay


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Je vous aurai prévenu : Défiez-vous des ensorcellements et des attraits diaboliques si vous en avez la grâce, sinon, c'est le gouffre et les cris démoniaques de Dani Filth qui vous attendent.

Ainsi soit-il !!

Même après toutes ces années, le crématorium du groupe brûle toujours de mille feux, soupesant le poids de la mort à chaque titre, en procédant à une inhumation musicale. Le traitement sonore est toujours aussi singulier, il reflète cette vénération pour le macabre, le surnaturel et l'élégance gothique.

Mouahahahahahahah !

Aristocrate de la musique extrême, tissant dans une discographie arachnéenne tout en dentelle, cette chaleur intérieure indispensable à offrir le mystère du cauchemar, Dani ( l'illustre grand maître de ces lieux remplis de succubes ) est le dernier immortel dans cet art sublime qui semble nous annoncer que la terre est une tombe. Il a œuvré sans cesse pour bâtir des ornementations musicales brillantes, sans jamais n'ayant à subir une fâcheuse altération des chefs-d’œuvre du passé. De la sorte que son art ne peut rendre le public indifférent à ses qualités plus hautes, plus sérieuses et plus variées, pour lesquelles on ne pourrait juger l’ensemble comme d'un décorum excessif.

Ces créations fantastiques excitent dans leur prestige immense une détresse mélancolique, dévoilant une ornementation tant littéraire que poétique, tant cinématographique que picturale. Ce groupe va téter "Le lait des tendresses humaines" de William Shakespeare dans Macbeth, pour le cracher avec mépris comme venin assourdissant à sa misanthropie.

Ce nouvel album est profondément imprégné d’horreur gothique victorienne, et par un sentimentalisme larmoyant, digne d'un poète de cette ère, ivre de sang. Le groupe réussit à filouter son art parodique jusqu'à étreindre avec envoûtement. Il y a dans cet album une lumière saisissante, c'est celle du soir qui tombe, comme une enclume, rembourre le ciel de nuages sombres et de foudres éclatantes. Cradle Of Filth chante le crépuscule avec la piété grandiloquente que la seule nuit réserve aux ténèbres.  

Ce qui caractérise cet opus c’est une fervente sensibilité, une grande prodigalité d’images, la vigueur et la beauté du style, l’adresse de la versification, le talent d'édifier une cathédrale sonique par des changements de rythme, et apporter à cette fanfare impériale, de fumer nos oreilles à toute pacifique harmonie voluptueuse, afin de caresser avec un fouet.

Dans cette ère contemporaine capable de « Réduire le langage pour réduire la pensée » que George Orwell a décrit dans son livre « 1984 », nous faisons face à ce glorieux phénomène de l'affaissement culturel par l’abus des images matérielles, par l’énergie triviale du langage, par le mépris de toute grâce et de tout raffinement, à un niveau des plus incultes.

Les Anglais de COF rehaussent le niveau. L'incontestable talent du groupe est d'évoquer des fantômes culturels, prêtant à l’éclat mortuaire du mouvement de la vie, et avec cette force illusoire dans la splendeur qui s'éteint, comme celle d’un rêve aux premiers rayons du jour.

L'on pourrait dire de cet album de Cradle Of Filth la même chose que la poétesse de l'ère Victorienne Elizabeth Barrett Browning nous adressa : «  J'aime donc cette noble France, ce poète entre toutes les nations, qui rêve et gémit à jamais, tandis que la maison tombe en ruines, poursuivant quelque bien idéal. Utopies héroïques ! ».

Si vous ne voyez que ce que vos yeux veulent bien voir, écoutez donc le craquement terrible du nouvel opus des britanniques, ainsi vous aurez les yeux ouverts toute la nuit de par son emprise dark.


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mardi, septembre 12 2017

RED EYE BALL – Another Plan


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Depuis Gamer Rider six titres précédent de Red Eye Ball, on attendait patiemment d'être secoué par ce groupe de Périgueux, propulsant l'harmonisation d'un power rock qui en contraste les sens par son aspect rêche. Ce trio d'écorchés dépèce le rock pour contrebalancer par la suite avec la fureur élégiaque d'une explosion sonique. Leur musäk est tachetée du rock garage des Sonics à la sauvagerie bucolique de Fogerty du Creedence Clearwater Revival, jusqu'à un rock australien éprit de sa liberté insulaire...Mais par quel Saints se vouer alors ?

R.E.B est un groupe de passionnés du rock, au sens large du terme et des influences.

Quand tu as de la bouteille et la maturité nécessaire pour assimiler l'ensemble, la merveille de toutes ces années d'apprentissage c'est la magie de l'assimilation. C’est un long phénomène laborieux, sorte d'alchimie qui arrive par la force de vivre, et surtout par la densité d'en faire naître la déflagration sonique, la beauté sonore, la fragilité musicale. Digérer ce qui vous a nourri prend bien souvent l'aspect d'un calque flou et maladroit, tant l'empressement prend le pas sur tout. Mais il arrive parfois que certain dépasse le cadre, le sublime, et c'est dans ces bouleversements uniques que l'art évacue ces tensions, repousse ses limites.

C'est le cas avec Red Eye Ball qui en électrocute le courant alternatif avec des coups de fouet claquant comme le blues sombre de Nick Cave, avec des contusions de couleur bleu/mauve dans l'âme, et cette rage jamais éteinte, empreinte de la vie entre errance, délire et dérapage. C'est un monde sans soleil où le rock ténébreux du Velvet hurle au Lou, avec un brin de Sugar pendant le tea time de Bob Mould.

Oui ce groupe s'améliore, se bonifie avec l'age, et c'est rare.

L'album sort sur le label indépendant Some Produkt, Fred Norguet est à la production de cet ouvrage, on retrouve son travail sur les albums d'Ez3kiel, Spicy Box, Lofofora, Les Hurlements d’Leo, Burning Heads, Sleeppers, Seven Hate, Dead Pop Club, Cercueil, Bananas At The Audience, etc...La pochette du dessinateur Poup est en 3D, le pack vinyl est constitué du 33t, CD, lunettes 3D.

Plus fort que la nostalgie en étrenne les filaments perdus, et plus loin que le melting-pot référentiel contemporain, cet album intimiste et tordu, est une crachoteuse punk toujours à la mods, et ouverte au bruit sourd de la ville la nuit. R.E.B est aussi par son aspect grungy, rouge comme la braise et noir comme le désespoir.

Parfois dans la vie c'est Simple Plan, puis de temps à autre, c'est Another Plan, voilà tout. Bonne écoute à vous tordre de plaisir !


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dimanche, septembre 10 2017

GRANDADDY – Last Place


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Grandaddy est un vieux groupe revenu des limbes avec une émotivité innée, capable d'enjoliver une mélancolie douceâtre vers la lumière et l'expectative. Toutefois son caractère musical quelque peu intimiste risque de contraster dans une époque de zapping en tout genre, où la quête de l'émotion rapide est en tout point antagoniste avec cet album, laissant une saveur de générosité musicale, d'expérimentation douceâtre, d'apaisement rêveur.

Onze ans plus tard, voici le come-back inspiré des atours Grandaddyesques pour que les fans nostalgiques claquent des clins d’œil en signe de reconnaissance à chaque titre. En faisant preuve d'un sens plus objectif face à ce retour, je trouve et pense que c'est jolie, oui c'est cool d'entendre encore un groupe comme Grandaddy aujourd'hui, célébrant envolée harmonique pour jouissance mélodique, variation électronique pour inspiration sans limite. Oui sans limite, cela ne m’apparaît pas du tout présomptueux d'écrire cela. Ce groupe agit avec magie, dans la légèreté, élégance, bienveillance à élaborer avec méticulosité des chansons trottant avec euphorie et bonheur dans la tête.

Cette musique se déleste avec désinvolture pour distraire, elle confine dans une atmosphère amniotique, fragile, disposant d'une ambiant tout en apesanteur dans ses gènes pour vous emmitoufler d'amour, d'hésitation à voir un monde, à vous découvrir dans l'épaisseur cotonneuse de sa joliesse, et tout autant dans ses tourments sombres. Parce que dans cette mélancolie on se sent éveillé, comme épanoui à recevoir la rémission musicale tant les arrangements sont somptueux, et c'est un doux euphémisme pour argumenter sur la délicatesse du compositeur Jason Lytle, avec lequel on se sent complice de l'isolement à comprendre un monde de plus en plus artificiel, technologique, synthétique.

Cet opus capte la lumière solaire avec la sensibilité d'un enfant, enrobe avec le côté pop pastel à Weezer, la crème planante de Philip Glass, les rotations soniques et lunaires de Flotation Toy Warning, dans une sorte de space rock pop au bidouillage électro et à l'orchestration sophistiquée.

Une fois de plus Grandaddy sort un disque spleenétique unique pour les dreamers.


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mercredi, septembre 6 2017

ABSTRACT VOID – Into The Blue


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Abstract Void est le projet solo d'un gars de la planète terre qui a conçu une musique électronique triste qui fait danser. « Into The blue » est son premier opus dans lequel la synthwave y côtoie le bläck atmosphérique, où le shoegaze mélancolique révèle sa lumière au post-Rock, où la musique électro-Dark ambient pénètre sa ténébreuse torpeur au blackgaze, où le retrowave étourdie la dream Pop et manifeste le Shoegaze.

Les ambiances, harmonies, mélodies sont très bien traitées. Il y a une force centrifugeuse mélancolique à l'intérieur et sa puissance de rotation fait tourner la tête, d'autant plus que le gazier est assez malicieux pour amplifier avec des effets d'élévation. C'est vrai aussi que l'on en retrouve les atours dans pas mal de production désormais. Vous savez cette sensation de flottement, de mélodie éthérée qui vous emporte dans le confins nuageux, là où douceur et sensation de béatitude vous baignent dans sa légèreté amniotique.

Bien entendu pour cette retrowave on pense à Perturbator avec son spirit de tremolo tremens 80's, quoique son dernier opus New Model souhaite ériger une cathédrale et fini par se ramasser par son errance.

Bon ce qu'il y a de vraiment abouti et d'intéressant avec Abstract Void c'est que le beat danse sous les nappes synthétiques, que les couleurs nous apparaissent phosphorescentes, et que la dépression de contraste entre la noirceur du blackgaze et la synthwave s'accouplent merveilleusement bien.

J'ai l'impression que l'isolement des hommes entraîne cette introspection musicale qui implose littéralement en chacun de nous dans cette vie contemporaine, et de ce fait il me semble désormais que nous sommes dans le règne éphémère des contemplatifs, enfin !


mardi, juillet 18 2017

OKKULTOKRATI – Raspberry Dawn


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Elvis White Zombie faisant de l'aquaponeys dans la rivière de lave des géhennes, cela vous branche comme trip ?

Et bien ce norvégien offre cette subtilité musicale avec la vigueur rock'n'roll de l'enfer en guise de saveur en bouche. C'est comme si on avait laissé ce gars dans le cercueil de Screamin Jay Hawkins en hibernation pendant la période glaciaire de l'hiver polaire, avec les psalmodies de chaman voodoo pour accompagner tous ses nombreux et surpuissants cauchemars. Une fois sortie on lui avait légué l'église de Satan pour qu'il prêche l'espoir maléfique en égorgeant le plus de brebis égarées.

Okkultokrati réalise un mélange d'Electric Frankenstein sous Darkthrone et la suie rock'n'roll sur de la neige black cela permet de faire de la magie noire avec de la poudre blanche. Amen !

Dans ses chevauchées fantastiques, le viking se permet d’introduire des éléments darkwave pour épaisseur la noirceur électronica de son invasion épique. Ceci apporte un réel plus à l’ambiance virile et singulière, pour ne pas dire autarcique. M’enfin ce petit côté dark altère aussi sa virilité par des caresses de synthétiseur, et une voix féminine vient à cet effet supplanter le vice masochiste avec la réverbération sonore des 80’s.

L'ensemble génère un côté foutraque et dansant qui éclot dans cet espace punkoïde des plus primitif, et laisse l’impureté mad-maxienne de fin du monde en bouche.

A cheval sur son dadaïsme musical, Okkultokrati le viking surjoue le Velvet Underground à coup de Suicide électro Alan Veganesque, et de crasse black darkwave, ce qui en fait un foutu canasson pour un disque qui swingue ! !


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jeudi, juillet 6 2017

Colour Haze – In Her Garden


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« In her Garden » est le 13ème opus de Colour Haze, groupe de stoner psyché allemand à la prestidigitation lunaire et à l'obscurité lumineuse.

Colour Haze forme ce triangle équilatéral propre au formation culte tel que Cream, The Jimi Hendrix Experience, Grand Funk Railroad, dans lequel il anoblit un heavy rock psychédélique aux influences distinctes comme allant de Led Zeppelin / Jimi Hendrix / Black Sabbath / Kyuss / Moving Targets / Cream / The Who / The Beatles / Frank Zappa / NoMeansNo / King Crimson / Humble Pie / Rolling Stones / Mudhoney / Monster magnet / Grand Funk / Calexico / Steve Cropper / Godspeed You Black Emperor / Mountain / MC 5 / Traffic / Santana / The Obsessed.

Le groupe reprend peu ou proue là où il avait les choses planer. On en retrouve la délicatesse feutrée, le botanisme musical, l'ode hippie, et une saveur Led Zeppelinesque assez hors d'age certes, mais dont les différents apesanteurs souterraines prennent leur envol intemporel dans une époque contemporaine qui recycle le vintage.

Les titres sont longs, il faut s'acclimater à cette torpeur de transe, à ce heavy blues, à ce stoner psychédélique brûlant, fiévreux, cachant dans l’interstice de son venin les atours inquiétants du sombre.

Colour Haze possède un groOve singulier, une distanciation musicale, et un sens de la rêverie bien réel. Capable de faire intervenir des cuivres pour légiférer à l'audace de son songe sonore les qualités ésotériques qui permettent de planer.

Oui Colour Haze est un groupe de doux méditatifs, aimant faire tonitruer des riffs lourds, faire s'envoler des mélodies dans les nuages et sacraliser l'ode éperdue à la passion sonique.

« In The Garden » est riche d'une flore musicale dont le terreau ancien ne fait qu’embellir la rose et ses épines.


dimanche, juin 25 2017

OBITUARY - Obituary


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Pour son album éponyme Obituary fête son 10 album studio pour 30 ans de carrière. Forcément on apprécie grandement de remuer encore et toujours ses mains dans les tripes Obituaresques, avec une frénésie qu’accordent les titres à l’influence mortelle.

Le fossoyeur de Floride est donc revenu de l’ombre de la mort avec de quoi remplir les enfers pour notre plus grand plaisir.

Un bon album de deAth se doit de faire gicler de l’hémoglobine de riffs jusqu’au plafond et de faire suppurer du pue par tous les pores soniques. Obituary a réussi haut la main à en foutre partout, avec cette saveur inégalable de joindre des pics de nervosité et de lourdeur, de vomir les viscères du style en une apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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Pour soulever les cœurs, il est a noté un côté thrashy dans la forme de certain titre qui permet au fond de remuer la mélasse, et de faire remonter à la surface une indéniable vigueur. On ne va pas tergiverser mais la nostalgie joue énormément dans ce nouvel opus, que les Floridiens exécutent en un florilège d’accomplissement.

Le groupe répartit avec brio la sève grandiloquente de son imposante singularité. On en retrouve le relent, et le fumet qui recouvre les cadavres. Obituary a toujours su manier ses effets de style, ses breaks rythmiques, ses solos saillants, son chant guttural, et un son unique, lourd, profond, venimeux, incandescent, en un mot jouissif.

À chaque titre on baigne dans une immondice de réjouissance deathalique que le groupe honore, en glorifie l’appel d’outre-tombe.On ingurgite la correction avec sadomasochisme, bienheureux une fois encore d’être toujours à ce point soumis à la terrassante envergure sonique d’Obituary, et à son apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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vendredi, juin 16 2017

NYCTALGIA – A Hint Of Eternity


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Je ne sais comment ?? mais je n’avais jamais entendu ce groupe. J’engage ici-bas que je vais remédier à cette carence en approfondissant leur discographie, même si je redoute toutefois une redondance…

Basé sur du post-rock, cet album de Nyctalgia caracole dans les nuages du septième ciel avec un ensemble d’instrument à corde, chœurs angélique féminin, ainsi qu’un piano, en plus des guitares cristallines. Il cajole par sa grâce spleenétique, par le précipice qu’il accorde à la mélancolie d’en recevoir le chagrin.

Aux trémolos violonistes répond l’affliction lacrymale et sa luminosité lunaire, confinant à un recueillement contemplatif, si cher à mon cœur. Ce post-rock instrumental et orchestral possède une immense profondeur de champ et cette caresse subtile d’effleurer par sa douceur vaporeuse l’apesanteur céleste. Il y a quelque chose ici qui tient de la beauté que l’on accorde à la nature sauvage, et qui émeut par l’harmonie somptueuse qu’elle détient. Et cet opus m’a aussi remémoré le band Islandais Sigur Rós avec cette errance délicate et indomptée. On en ressort tout étourdi, avec le cœur léger, et les joues humides parce que c’est beau à en chialer.

Parfois il est préférable de n’écouter qu’un seul album d’un groupe. Parce que maintenir avec lui cet instant précis où l’on se rencontre, demeure un moment unique avec lequel on reviendra sublimer son souvenir.

Celui-ci a agité l’émoi, et sa conservation en un temps précis où j’en ressentais le besoin a inauguré un souvenir qui ne cessera d’être une évocation d’importance désormais.

Alors que si l’on franchissait le pas d’écouter un autre album à ce moment précis, il y aura toujours ce doute inextinguible qui planera avec hésitation et obstination, jusqu’à concevoir que d’entendre ne serait-ce qu’un soupçon de rabâchage serait capable à lui seul d’atténuer toute la beauté grandiloquente absorbée la première fois en un état de félicité absolue, et que l’on nomme : Révélation.

Fatalement la curiosité apparaît comme une garce qui fait luire le verbe croire à la commissure de ses lèvres désireuses et capricieuses.

Oserai-je me dévoiler plus encore, et d’être agréablement surpris si je me penchais sur la discographie de ce groupe ? Pour le moment je laisse le doute planer, même si au fond de moi je sais déjà que mes lèvres se rapprochent toujours un peu plus du désir d’entendre la caresse musicale du groupe m’enivrer une fois encore, et d'en bouleverser les strates rêveuses.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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samedi, juin 10 2017

CJ RAMONE – American Beauty


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Hey petit, oui toi qui te colle un shirt des Ramones de H&M sur le poitrail, sais-tu que CJ Ramone vient de sortir un nouvel album ? Nann ?!? Et bien ma couille il est temps pour toi de te lubrifier l’occiput avec cette gomme punk’n’roll, parce que tu constateras que ta vie changera dans ta tête du tout au tout de manière limpide, et qu’à la place de l’apparence de tes fringues tu auras le fond nécessaire pour être cool.

Bref, quel est le changement opéré chez CJ pour cet opus ?

Nada, du moins pas grand-chose. Le gars balance son punk ramonesque, mais avec tout ce qu’il faut de nécessaire, l’envie, l’intensité, la collitude et l’énergie conforme pour en être TOTALEMENT SOUS LE CHARME !!! Là est l’essentiel, parce que l’on va à l’essence même de la composition simple, efficace, qui file direct, parce que ce sont des mélodies qui apportent du baume au cœur, et celui du Tigre dans la culotte.

La pop punk, le punk à roulette, la guimauve poppy, bref tous les bombecs des 30 dernières années n’auront jamais cette souplesse chewing-gumesque dont les fondations remontent aux sixties, et qui demeurent le point d’ancrage de CJ Ramone, et de sa quête à pérenniser l’œuvre élastique des Ramones, Johnny Spirit.

Pour ce qui concerne la légère variation, il y a donc un melting-pot punk rock americana, allant des Ramones à R.E.M, mais aussi un hommage à Tommy Ramone, un duo avec Kate Eldridge de Big Eyes, et pour l’épauler il y a le bassiste et le guitariste Steve Soto Dan Root de The Adolescents et le batteur Pete Sosa des Street Dogs. Autant te dire que ça file dans toute la beauté Américouaine.

Un grand merci à l’Xtremefest pour l’avoir programmé dans l’édition de 2016, c’était aussi fun que cool en live, vraiment.


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lundi, mai 29 2017

BURNING HEADS – KXLU LIVE 1999


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Après la sortie en 1999 sur le label Epitah ( label mythique du punk rock américouain) de leur cinquième brûlot « Escape » enregistré à Seattle par Jack Endino, les orléanais enregistrent un live pied au plancher dans les studios de la radio KXLU pendant l 'émission Music For Nimrods du DJ Reverend Dan.

Il sort enfin en 2017 par le biais du label Nineteen Something.

Si vous n'avez jamais éjaculés/mouillées la culotte et vous défoncer la nuque en même temps, dîtes-vous bien que vous avez la possibilité d'accomplir ce rite de passage en découvrant ce live bordeline.

C'est joué par le plus grand frère rock de l'hexagone pendant le sacre de son age d'or à 200 km/heure, avec cette hargne caractéristique et un angle d'attaque inébranlable. L'exécution du live est aussi bravache que devant un peloton de la mort.

Le groupe a jeté à la gueule de la jeunesse ricaine l'éclat de son inexpugnable hardcore-punk et la vertigineuse urgence de sa criante vérité : Burning Heads joue vite, fort, avec un putain de crossover räw-punck'n'ReaggaeCore bastards.

Un disque qui va vous dépoussiérer la gorge jusqu'à vos poils du cul, oOoOoouchhhhhhhhhhhhh !


jeudi, mai 25 2017

THE NOODLES - S.T


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Un rock ténébreux à l'épaisseur psychodramatique proche d'un post-punk exsangue. Sécheresse d'un son brut, un chant aérien qui plane dans le couloir de la mort en hypnose, des guitares distordues qui se plantent comme des épines aux venins absolues, une rythmique obsessionnelle de délice de transe, il est une évidence urgente, c'est celle de re-découvrir The Noodles.


Maintenant je souhaite parler aux écorchés de la vie, aux amoureux de la petite mort subliminale que le rock idéalise, comme dans cette époque bancale des 80's où le gouffre de la nuit ouvrait les veines d'un rock hirsute et génialement souverain. Les angevins de The Noodles contusionnaient alors les sens soniques avec la verve et le goût du sang à pleine bouche. Œuvrant à satisfaire les songes cruels en se jetant à corps perdus dans la fournaise. Donnant l'aspiration nécessaire pour y faire vivre le feu ultime d'un rock brûlant les lèvres hédonistes, afin de faire planer la froideur mélancolique.

Le groupe provoque un idéal, un rock idéaliste pour le plus australien des groupes de rock français, qui renaît ici-bas par le biais de l'excellent, pluridisciplinaire label Nineteen Something.


Cet album retrace la discographie de The Noodles avec le 45t « Dead For Nothnings, le 33T « Dirty Soul » paru à l'époque chez Gougnaf Mouvement (le label des Thugs, Parabellum, Sheriff, Les Rats...), les titres éparpillés sur des compilations, ainsi qu'un titre à la mémoire de leur bassiste décédé.

Épris par une richesse non contenue et d'une remarquable singularité musicale, The Noodles demeure une faction indispensable à tous rockers dans l'âme s’escrimants dans les sous-sol, garages à ciel ouvert, catacombes du désir perpétuel, afin de faire hurler les cœurs tendres et la cendre chaude.


lundi, mai 22 2017

GRAUSS BOUTIQUE – Grauss Boutique



Grauss Boutique was es ist ? Et bienc'est un capharnaüm de style i|C))nstrü-Mental. C'est un trio proposant une musique amphibienne à géométrie variable qui s'adapte à tous les personnes avides d'environnements soniques mobiles.

GRAUSS BOUTIQUE (trio math rock noise instrumental avec des membre de EZ3kiel, Ultra Panda et Quatuor Oban) sort son premier album éponyme ce 1er juin, produit par Grauss Boutique et Alexis Berthelot. Vous le trouverez chez chanmax records.

C'est onze titres capitalisant une euphorie jubilatoire pour croiser les effluves soniques jusqu’à faire tonitruer un enthousiasme fédérateur et totalement fou. Les mélodies sont surabondantes d'exaltations, ici on ne calcule pas sa géométrie rock, on lui laisse le champ libre vers de multiples voies pour s'épanouir, et Grauss Boutique est sujet à l'accomplissement libertaire le plus cocasse, déroutant,  fantasque, insolite, loufoque, paradoxal, saugrenu, troublant, truculent, zinzin.

Extatique dans sa pleine réalisation, cet album a une puissance d'éclosion intérieure capable de vous embraser par sa Grauss kultur pléthörique. Après une telle déferlante de rythmes, mélodies et autres pirouettes expressives, tout devient paisible parce que la folie vous est passée dessus comme un tramway nommé désir.

Grass Boutique est absurde, bizarre, délirant, étonnant, excentrique, singulier, aliéné, unique, et c'est totalement fou nan comme mélange des genres ?


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vendredi, mai 19 2017

ARNO DE CEA & The CLOCKWORK WIZARDS - Flash Freezing The Sun


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Aloha,

Arno De Cea & The clockwork Wizards est un groupe de surf music formé en 2008 sur la French West Coast par des musiciens issus de formations Surf, Noise et Garage (The Irradiates, Stef & Arno, The Taikonauts, Antena Tres, Shunatao, Les Complications…).

Avec trois albums, « Bug Terminal », « Surf It Up », « Aloha From Cestas » (c'est l'album solo du guitariste Arno De Cea en 2003 ), un 45 tours « Bronco Royal 7" » et une Split K7 avec Demon Vendetta à leur actif pour les labels Productions de L’Impossible, Calico Records et Slime Records, on retrouve également le groupe sur les compilations “Monsters of Surf” (Ding Dong Records, USA) et “L’Appel de la Musique Surf” (Productions de L’Impossible).

L'agitateur et créateur du groupe c'est Arno, et il y a du génie chez cet homme de l’Atlantique, ainsi qu'une grandeur océanique a terrassé les fonds musicaux.

Étrillant le rêche pour lisser sa planche de salut avant de se suspendre au-dessus du vide, il descend le mur du son à coup de mélodies sauvages. Arno de Cea est une créature surfique, qui a secrété une surf-music comme l'ossature d'un squelette calcaire arborescent, susnommé de pointes traîtresses du corail par Cousteau, et qui sert de scalpel musical pour  le 4nd album du combo de la côte d'argent.

« Flash Freezing The Sun » est un disque venu d'ailleurs, et l'on cherche dans cet OVNI musical les spéculations folles permettant d'en traduire l'emportement.

Alors est-ce que l'envahisseur a été crée par la main de l'homme ? Son courroux robotique a t-il diligenté une expropriation des codes terrestres par le biais de son expansion ? Parce que les compositions élaborent ce que pourrait être le futur de la surf, jusqu'à envisager l'hypothèse d'une mutation nouvelle ou différente, inaugurant une évolution à cette anticipation.


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Arno puise son inspiration dans le réel noisy/post-röck-Punk Hardcore le plus vaste afin de faire télescoper l'ensemble, formant une caractéristique considérable de la Surf-fiction.

Le mode de narration de la Surf-fiction permet de dégager des traits majeurs pour se reconnaître dans le genre :

- L’expansion de la pensée parasitaire qui va se représenter dans notre esprit: Dès que cela commence une question inaugurale prend tout son sens : « Mais bordel que se passe-t-il ? » Cette fiction spéculative présente une situation brutale que les idées maîtresses de la composition en bâtissent le genre.

- La distanciation : nous devons être soumis à l'incertitude face à une œuvre de Surf-fiction, c’est une perte de repères afin de pénétrer dans un monde inhabituel que nous percevons mal.

- La compréhension : nous avons à reconstruire ce monde imaginaire à partir des indices donnés par son créateur tels que les spéculations surfiques portés sous un angle différent et frontalement assourdissant de délice sonique.

- La référence à une culture commune : le vocabulaire et les thèmes de la Surf-fiction forgent une culture familière et reconnaissable pour créer un lien d’intimité avec le surfeur venu d'horizon distinct.

Tout ceci formant un Incredible Söund !


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Ainsi le vintage est noyé dans les fréquences souterraines, le guitariste brutalise l'orthodoxie et décharge une noise assourdissante. La si féline ExoOotica se désaltère la croupe dans le brasier bestial que le trio fulmine sans cesse. Cette surf music franchit la vague ultime, glisse sur un tsunami d'hédonisme sonique à une vitesse vertigineuse de satisfaction et de sensation fulgurante. Avec les potards à fond la caisse, le disque casse les codes, brise les ossuaires musicaux et emplâtre les gueules cassées de l'île de pâques.

Avis aux automates ! Ce disque totalement paranormal parlera à tous les autonomes de la société civile pour qui la brutalité surfique a des nuances que ce groupe déchaîne avec contraste.

GOOD TRIP !


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dimanche, mai 14 2017

THE OBSESSED – Sacred


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Ahhhhhhhhh sacré Wino ! Sérieux qui eut cru possible qu'un jour le bonhomme allait battre le fer chaud de The Obsessed ? Parce que The Obsessed est le groupe par excellence de heAvy-Röck ou de Stoner-doOom c'est selon votre age.

Wino je ne vous fait pas l'affront de présenter le gazier, c'est un mythe, un dieu de l'Olympe venu de l'Amérique souterraine (Saint Vitus / Spirit Caravan / The Hidden Hand / Shrinebuilder / Premonition 13 ), avec tout ce que cela favorise comme spirit et folie opiacée. Physiquement on dirait un vieux Hells Angels, ou un mage 2.0 détenant le secret de la magie noire et la puissance du feu sacré.

Le premier titre de cet opus « Sodden Jackal » date du premier Ep de 1983, et cette version bénéficie d'un coup de fouet. La suite ? Putain c'est un bon vieux heAvy avec des riffs et des solis du purgatoire. Pendant l'écoute Satan se lustre la barbiche avec du pento, et Wino chasse ses démons. Hyper catchy et tout aussi émotionnel, « Sacred » délivre toutes les saveurs du tréfonds et sublime l'ossature de ses compositions par son mood passéiste et finalement intemporel. Beaucoup de minutie derrière le bloc sonique, chaque titre est une perle, chaque perle aboutie à un album sacré. On en attendait tellement beaucoup qu'il n'est pas rare d'être un point déçu ou désappointé par la ligne de conduite d'un groupe qui revient de l'ombre (20 ans), là on est repu comme des ogres après un repas gargantuesque.

De la classe à l'état brut, un sens inégalable du feeling, une bonne vibration hypnotique, un putain de tremblement souterrain doom, une impétuosité punk, les titres sont puissants. De plus on rajoute à cela la cover de  « It's Only Money » de Thin Lizzy, et « Crossroader » de Mountain placée en titre bonus.

Grâce à The Obsessed le heavy rock renaît de ses cendres, celui qui est né dans le culte heavy de Black Sabbath, Blue Öyster Cult,  Motörhead et du punk de Zappa à The Stooges, il devient un totem que l'on peut nommer « Sacred ».


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