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chronique de disques

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lundi, octobre 14 2019

TA GUEULE - Rébus de la société


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Les gros-mots exprimés pendant la naïveté enfantine sont rigolos, généralement ils le sont moins par des adultes agressifs parce que l’intention apportée donne un autre sens.

Ta Gueule exprime avec violence la naïveté enfantine dans le spectre impulsif d’un adulte ironique, son intention fait sens.


La pertinence de ce trio Lyonnais abonde d’une épaisseur de gras sonique beaucoup plus active que lors de leur précédent opus. « Rébus de la société » tape dans les bas-fonds le fondement primordial à l’essence du groupe, et pas besoin d’allumette pour le joyeux brasier que cet album offre comme incendiaire. Ces éjaculateurs précoces de la composition font fi de subtilité et autres nuances harmoniques, en moins de 2mn tout est proprement dit salement. C’est du Zeke en version grind, du Motörhead speed rockin en provenance directe des zeppelins testiculaires. Ah oui ces trois salopards font rutiler le salpêtre d'un punk ouvertement brut, vulgairement superbe, hargneusement malpropre, avec une jute bien graisseuse.

Ta Gueule s’exprime dans la langue de Racine et de Châteaubriand mais de loin. On pourrait dire philosophiquement que c'est Jean Racine du mal dans une langue châtié brillante, en vrai. Il évacue ce qu’un camion de pompe à merde dégage des fosses septiques embourbées jusqu'à la gueule. Il dégaze comme un pétrolier Croate battant pavillon Singapour avec un équipage de Macédoine du Nord. Les gars sont pugnaces, irascibles et foutrement coOol.

Tu peux rire à gorge déployée, hurler de malice et d'extase nauséeuse, c'est comme glisser sur une peau de banane pour s'empaler trois étages plus bas sur les barreaux saillants d'une grille. Leur taux de pénétration sonique est redoutable, c'est au fond du fond et à gauche, de toute façon c'est leur album le plus scatologique. C'est l'album de la consécration, celui de la maturité infantile après le stade anal freudien.

Le WBZ apprécie cette fulgurance à remuer la merde avec autant d’insolence, d’aplomb et d’épaisseur de croûte de pue en même temps qu’une libération jouissive se propage instantanément. Mon dieu de bordel à foutre que c'est bon une telle branlée, et comme tarte dans la gueule ! !


Et BIM ! dans ta gueule

Tu peux retrouver une ITW de Ta Gueule dans la section vidéogame du WBZ.

Comme je suis un enculé et qu’ils apprécient le genre (si, si, ils arrêtent pas d’en parler dans leur concert) je vous donne la réponse à leur rébus : « TA GUEULE au moins c'est pas de la musique à chier de techno de PD. »

N'oubliez pas que ces mecs s’écartèlent le fion pour composer chaque titre, non mais vraiment ils ne sont pas doués pour jouer du Opeth, hin tu l'as bien compris ça ? Alors fait pas ta pute, achète leur disque, tu feras des envieux dès que tu le passeras pendant un apéritif concert dans ton entreprise de BPT, ou lors de séminaires inter-entreprise dans le secteur du tertiaire.

Si tu aimes les dessins de Philippe Vuillemin, de Reiser, la pertinence du professeur Choron, la désinvolture de Jean Yanne, le sarcasme de Pierre Desproges, le cinéma d'Emir kusturica, chier dans un bénitier, péter dans la soie, briser les burnes, avoir les dents du fond qui baignent, patauger dans la merde, avoir la tête dans le cul la balayette, et bien en conclusion Ta Gueule : " Bah ouais, c'est trop de la musique de hipster ! "


dimanche, octobre 6 2019

YOUNG HARTS – Truth Fades


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Young Harts devait passer à Castres en 2019, et puis les circonstances ont invalidé la date, on espère que ce n'est que partie remise. (Normalement en Novembre...)


Olivier le gazier de l'asso, La lune derrière les granges m'avait parlé de manière dithyrambique de leur joliesse musicale, puis en me renseignement je me suis aperçu que je connaissais le chanteur qui officiait dans The Elderberries, groupe formé en 2002 par 3 Anglais à Clermont-Ferrand ( mais putain 12 finales perdues Dude WTF ???) dans un style de dur à cuire entre Led Zep et ACDC, puis vers une transgression power rock.

Le grain vocal de Chris possède cette aspérité tenace que l'on trouve plus communément dans le hard rock. Un bel organe vocal qui permet d'apporter du musc et de la douceur à des compositions grattant au punk indie de Samiam et d'Against Me!, tout autant qu'au contorsion pop des Strokes.

Dans ce disque on sent une lecture souple et ample de rockers très à l'aise pour produire des électrochocs puissants et capiteux.

Leurs compositions sont acérées et élégantes dans leur sauvagerie. Il y a un enrobage de rock dur et de ce mélange mélodique Springsteenien. Cela corrobore à mon sens à une forme de délicatesse et de profondeur musicale. Il y a des aspérités, une âpreté délibérée, mais c'est délayé avec finesse. C'est étrange parce que l'on rentre directement dans cet album, comme si cet opus réunissait une large gamme de style, de référence assumée et valorisée, avec une passion et une envie d'aller au plus simple, vers un sens racé du rock qui parlera aussi aux punkers. "Truth Fades" est labellisé chez Eternalis Records.

Le rock est un rêve éveillé pendant une insomnie où ton corps sécrète un concentré d'adrénaline pure et de sauvagerie primitive. Young Harts en est son éveil paradoxal à cause de l'activité cérébrale intense et lumineuse qu'il applique.


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mercredi, octobre 2 2019

THE CLAYPOOL LENNON DELIRIUM – South Of Reality


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Rien qu'avec le nom du groupe et déjà on est dans un trip.

1/ Présentation

Les Clayppol = thuriféraire de la guitare basse. Il en maîtrise l'instrument avec prestige, peut-être même trop parfois dans le groupe Primus, ainsi qu'avec son redoutable Colonel dans le groupe Les Claypool's Fearless Flying Frog Brigade, sorte de suite progressiste et élastique dans lequel l'historien mélomane recherche les causes et effets du rock entre le Corporal Clegg des Pink Floyd et le Sergeant Pepper's des Beatles.

Sean Taro Ono Lennon (japonais : Tarō Ono (小野 太郎 Ono Tarō) = Musicien du peace and love engendré par Yoko Ono et John Lennon. Outre son projet solo, c'est avec The Ghost Of A Saber Tooth Tiger, le groupe qu'il partage avec sa compagne Charlotte Kemp Muhl  qu'il rencontre une écoute plus attentive pour son délire folk rock spatio-temporel pop psychédélique de toute beauté.

The Claypool Lennon Deliruim est la rencontre de Les et de Sean.

Le premier choc est d'entendre à la fois l'annotation stylistique de la basse à Claytool et le grain vocal qui est le même que celui du père Lenon, ce qui en soi demeure assez magique, voire surnaturel.

Du coup c'est Alice au pays des merveilles de Lovecraft. C'est étrangement beau et irréel. La musicalité est élastique et rêveuse. On se laisse naviguer vers cet ailleurs remplie de poésie, de folie douce. Les deux multi-instrumentistes dégainent d'ingéniosité pour vous emmener dans une autre voie lactée. Non mais vraiment quoi !

C'est très abordable à écouter, on n'est pas dans le délire Yoko expérimental, ni dans la pataphysique Claypoolienne, on reste dans un trip psychédélique de pop et de rock arty, c'est très coOol, et pas chiant du tout. D'ailleurs au fil des écoutes on s'ébahit à entendre d'autres éléments qui changent la physionomie du morceau, c'est dire de la puissance magique de cet album.

La pire chose à dire à un rêveur : '' Ne te fais pas d'illusion."... et qui est totalement inutile. Laissez vous surprendre par l'audace de cette fantaisie bucolique.


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jeudi, septembre 26 2019

VOLBEAT – Rewind Replay Rebound


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Volbeat a su trouver dans son mix de röckabmetAl une recette efficace et catchy. Surfant depuis leur début sur cette autoroute, les Danois prouvent avec cet opus qu'ils font de la soupe en sachet rock FM pop, mais qu'ils la font super bien.

La patte Volbeat est reconnaissable entre mille, jusqu'à longtemps le groupe avait cette capacité de capter le rock'n'roll rupestre avec l'épaisseur du heavy, le rockab de contre-bande avec le musc du metOl. Puis au fur et à mesure du succès, a commencé à fendre de moins en moins de bois, pour gominer son bordel vers quelque chose de plus accessible, de radio friendly quoi ! Mais toujours sans trop vouloir l'admettre.


Avec "Rewind Replay Rebound" c'est toujours aussi Cash, ça Presley les coconuts avec le vent de la saturation rock metäl derrière, mais avec ce disque, l'avancé c'est le coming-out poppy qui est fait.

Et ben là, quand c'est assumé de la sorte, qu'il n'y a plus d’embarras relatif, c'est sacrément bien foutu. C'est catchy, aussi lisse qu'une chatte 2.0, ça turlutte sévère de la pop jusqu'à la crème. Ah oui ! Je dis Bravo à Volbeat.



Toutes leurs chansons sont des trucs ricains à fredonner partout, dans la cuisine en préparant un ragoût de topinambour au tofu, en sifflant devant un écrou et une clef à pipe, sous la douche en tenant le pommeau comme si c'était le micro du chanteur/guitariste et leader Michael Poulsen. À la salle de sport c'est pas mal aussi. En fait c'est le genre de chanson indispensable pour satisfaire son quotidien et qui te met de bonne humeur. Heureusement que cela existe des groupes que cela, on est d'accord. Ce groupe en fluidifie l'existence avec la sagesse de vous occuper l'occiput tout simplement.

C'est du réchauffé que l'on sent arriver de loin, mais avec lequel on tape du pied sans moufter. Un truc de stadiste aussi c'est clair. Les U2 du metOl ? Nan pas quand même.

Il y a toujours eu du featuring dans un album de Volbeat, celui-ci ne déroge pas à la règle, avec Gary Holt (Exodus, Slayer) pour Cheapside Sloggers et Neil Fallon de Clutch avec le titre Die To Live.

Oui cet album est cool, c'est une joliesse musicale, simple, belle de part sa résonance hors de portée des emmerdes. Puis les solos de Rob Caggiano (ex Anthrax) sont très très efficaces, géniaux même avec juste ce qu'il faut. Le son est gigantesque, heyyyyy il y a des remontées financières derrière le bordel Volbeat vous pouvez en être certain.

C'est tellement opérationnel, agissant. Ce disque est un moteur à explosion en même temps qu'un Jukebox à tubes.

Volbeat fait de la soupe en sachet, et c'est les meilleurs à faire cette merde, assurément !




vendredi, septembre 20 2019

BARONESS – Gold & Grey


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Il est fort probable que l’attente, l’espérance, soit ce qui nous tient le plus à cœur, et nous garde dans un désespoir sans fin par effet de liaison.

Un nouvel album de Baroness fait partie pour moi d'une attente forte.

Fruit d'une gestation de quatre an pour un cinquième opus, ce « Gold & Grey » suit les pérégrinations entamées depuis « Yellow & Green », sortie sur le propre label du groupe « Abraxan Hymns » avec un thème monochrome pour titre et l’illustration de la pochette par John Dyer Baizley, guitariste/chanteur/compositeur du groupe.

Dans cette vaste balade musicale où les tentatives soniques inhérentes aux compositions fleuries de Baroness, on trouvera de quoi suspendre la magie de la rêverie kaléidoscopique pendant de long moment de flânerie à butiner partout, et aussi vers un accès direct à l'introspection. Parce que l'on retrouve les thèmes abordées par Baizley, sa profondeur de champ, des contrastes colorés et une pigmentation sonique toujours remplit de fêlures secrètes. Il me semble même que l'on peut rapprocher la musique de Baroness avec la fulgurance et le foisonnement onirique de l'artiste Dali.

L'apport de la guitariste Gina Gleason, et la stabilité de la section basse/batterie par la paire Nick Jost et Sebastian Thomson, symbiose une assise incontestable. Il y a tant de teintes mélodiques, de chemin de traverse, d’évanescence raffinée, de réévaluation progressive que je ne comprends pas comment on ne peut apprécier ce bijou musical ?!?

Ne me faites pas chier avec la perte des débuts sludgy, et l'errance plus conventionnelle du groupe. Mon seul reproche viendra de la production qui pousse le son dans le flou. Cela nuit à l’œuvre car on a du mal à apprécier toutes les nuances dans leur ensemble. Ce qui s'avère choquant tant ici abonde un nectar de composition sinueuse.

Pour ceux et celles qui n'ont pas su apprécier ce disque : Si on traverse les méandres en suscitant des vœux, des intentions dans le seul but de nous définir, on cherche sans détour à nous malmener sans savoir véritablement par quelle essence nous sommes faits. La problématique de cette création d'embarras, ne cicatrisera jamais nos blessures profondes. Parce que tout ce qui nous a blessé.es, trahi.es, contusionné.es,  a déterminé qui nous sommes aujourd’hui, et qu’il faut l’accepter pour pouvoir mûrir. Or mûrir c’est approfondir sans fin, sans but préalable, c’est s’élever, comprendre et apprécier les contrastes, les nuances, aller au-delà de sa zone de confort pour estimer, goûter, ressentir, pénétrer, découvrir, exhaler, parfois sans saisir la totalité, mais en gardant pendant la digestion le suc névralgique qui agira, ultérieurement, en conséquence. C’est certain.

Dans toute cette quête nébuleuse, on sait tous au fond de soi ce qui est à même de nous faire tendre vers l’infini beauté à laquelle on puise sans cesse notre énergie vitale, tout ceci afin d’exister pleinement. En étant déterminé sans trop attendre de tout, et surtout en corrélation avec une infinité d’espérance on peut, on doit, apprécier un album dans toute sa complexité, non pas pour ce qu’il peut représenter comme quête, mais comme ce qu’il est à même de nous mener vers cet ailleurs où l’on doit être.  

L’apprécier pour ce qu’il est dans sa plus pure simplicité, et garder en tête que c’est dans le cœur de notre chaleur intime que se reflète la beauté que l’on perçoit dans l’instant présent de l’écoute.   On transpire avec effroi, avec colère, découragement de ne pas être à la hauteur d’exigence de ce que l’on espère, alors qu’il est si bénéfique d’être ce que l’on est, d’aimer un album avec l’ensemble de ce qui nous a édifié.es, et de mûrir suffisamment avec pour en consteller une infinité beauté intérieure.

« Gold & Grey » en définie l'essence à fleur de peau.


Heyyyyyyyyyyy mon thérapeute c'est la musique Dude !


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