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chronique de disques

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jeudi, décembre 12 2019

JAGGER HOLLY - It's Christmas Somewhere


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Que s'est il passé le 25 Décembre 498 ?

C'était le baptême de Clovis à Reims mais personne ne s'en rappelle, pourquoi ? Parce que le 25/12 c'est l'estomac qui pense à se gaver comme une oie du Périgord.

Douze titres originaux pour fêter Noël à la sauce pvnk rock'n'roll à la crème pop punk pour une descente tout schuss avec bûche Ramonesque. C'est ce que propose Jagger Holly, un ricain de l'Ohio qui a migré vers l'Autriche. Das Rawk !

Le groupe se compose en trio avec Jagger J. Holly à la basse et au chant, Lennon Lee Roth pour la partie guitare et chant, soutenu à la rythmique par Ringo Moon. Vous comprenez que les gars ont de humour au vue des patronymes, et que le fun est partout dans leur compos.

Du style de blague à part comme avec celle d'une chorale qui répète pour la messe de minuit du 24 décembre, et où le curé décèle quelque chose d'anormal. Pour en avoir le cœur net, il demande à chacun des membres de chanter seul. Vient le tour de Patrick. Celui-ci y entonne bruyamment :

- Léon ! Léon !

- Bordel de bon-dieu de merde Patrick ! Arrête ! fait le prêtre, tu tiens ton livre de chant à l'envers. Les paroles c'est «noel, noel».

L’album est sorti sur le label Monster Records, et il est vraiment plus coOol que celui des Bad Religion, parce qu'il sait faire la part des choses pour offrir de la féerie avec un sens de l'ironie et de la mélodie aussi douce que le satin de la petite culotte de la mère Noël.

Ici aucune raison de subir la frustration du déballage des cadeaux avec la mention piles non fournies sur l'emballage à se mordre les boules. La fluidité mélodique est simple et efficace, elle prolonge les instants de tendresse harmonique, avec des refrains chamallow à mâcher de la punk-gum, surtout avec le featuring vocal de Lucy Spazzy ( du groupe Australien The Spazzys) sur le titre « All Alone In Christmas » hyper classe.

Un opus qui sublime la magie de Noël sans sentir le sapin, fallait le faire nan ?


Mère Noël


dimanche, décembre 8 2019

EARTH – Full Upon Her Burning Lips


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Earth est un groupe de drone doom et rock expérimental américain, originaire d'Olympia, dans l'État de Washington. Formé en 1989 avec une pause entre 1997 et 2001. Le groupe a engendré une évolution à sa musicalité (certains goguenards diront que ce n'est pas flagrant), notamment au niveau du son, et subi aussi de nombreux changement de personnel. Aujourd'hui, le leader/compositeur et guitariste Dylan Carlson seul membre d'origine, est désormais en duo avec la batteuse Adrienne Davies.

Riche d'une discographie ayant suspendu au-dessus du vide des particules élémentaires de flottaison sonique en équilibre, il faut se donner le temps de l’écouter, il faut donner le temps à cette musique de s’infuser. Une simplicité narrative se fait jour une fois que vous aurez enlevé toute attente.

Ainsi « Full Upon Her Burning Lips » coulera en vous, naturellement.

C'est comme un ruisseau en retrait, un monde à part, calme, et pourtant la vie s'écoule à l'intérieur, douce, âpre, sa puissance est terrienne, son art de l'invisible souligne les errances et les multitudes que le temps polie. C'est la variation imaginative dans la fluctuation du drone, et le tâtonnement de l'expérimentation indolente.

La lenteur de Earth bat au rythme du cœur d'une musique contemplative.

Les grindcoreux thrasheurs et speeders du metOl, même munit d'un humour transcendant ne tiendront pas 2 mn face à cette musique de faux-fuyant, et je ne me trompe guère en admettant que beaucoup trouveront dans ce disque les agitations de l'expectative, de l'embarras, du décalage et de la réticence à s'y offrir. C'est regrettable, même si dans sa longueur, c’est vrai, on peut s'emmerder.

À pas feutrer le disque déroule sa psalmodie douceâtre, leste d'une transe, on la sent s'offrir au vent, au charme de la nature. Un contraste est ici un mouvement de feuille automnale flottant en ralenti jusqu'au sol. Il y a de la méditation derrière, où tout s'égrène en apesanteur.

Face à cette musique instrumentale, une pensée fugace mais toujours subtile dans ce méandre de tonalité contemplative surgit de nulle part, et en bouleverse l'émotion reçue. Tout cela tient juste à votre offrande à ressentir la magie de Earth, ce sablier naturel, intemporel !


Sablier naturel


mercredi, novembre 27 2019

The Irradiates / Beware The Dangers Of A Ghost Scorpion - S.T


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Voici un split E.P de surf instrumentale produit par l'inoxydable label Les Productions de l'impossible avec deux figures incontournables du style.

Tout d'abord avec The Irradiates ( Besançon ).

Le premier titre « Continent Plastique » est tout en hybridation surfique, typique au groupe, dans cette mouvante contorsion élastique et spatiale issue des expérimentations soniques propres aux Bisontins.

Le titre subliminal « Innerself Forgotten Chips » est une véritable perle. Il y a là tous les ingrédients manifeste pour errer dans une transe amniotique. Dans cette symbiose chaude et attractive dont votre imagination devrait y trouver la pleine libération de vos sens les plus aiguisés. Pour y puiser à outrance les entrelacs mélodiques et sauvages que The Irradiates répand, pour que vous retrouviez cette exaltation primitive que votre instinct en connaît l'affranchissement, si, si.

Puis avec The Dangers Of A Ghost Scorpion (Boston, USA) pour une surf plus classique avec « A Grim Wager » et son fun d'exotica, mais teintée par une esthétique de son jazzy macabre pour « She's Howlin' ».

L'originalité de cet E.P confirme une fois encore de la pleine évolution de la surf music et de son rayonnement cosmique, océanique et même en eau douce.


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samedi, novembre 23 2019

CHARLY FIASCO - Rien


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Les mains vides, la tête pleine d'histoires, le cœur en confetti qui s'essaye au braille, la trentaine est l'étape de la désillusion.

Quand Trust a chanté « L'élite » il y avait encore l'espoir d'un lendemain qui chante, avec Charly Fiasco c'est la tristesse de reconnaître qu'il n'y en aura pas, et que la bouteille est à moitié vide. Tu me diras que Charly Fiasco a toujours été du côté des perdants, mais en tant que loser invaincu et avec la fiévreuse décontraction d'un punk rock fédérateur faudrait-il rajouter.

L'état d'esprit de ce disque est au poing levé, à la marche bravache avec des banderoles et des slogans ciselés pour le piquet de grève. Bon il y a des exceptions, par exemple le titre « Nuit Carrelage » n'a rien à voir avec du travail au noir, il vire dans cette manière de régler une situation perdue dans les déboires éthyliques.

Sinon c'est socialement une lutte de tous les instants.

« Ambroise » montre du doigt la parole du domaine de la lutte, alors soit tu regardes le doigt qui pointe la direction, soit tu vises en profondeur à reconnaître le combat et les hommes et les femmes qui le mènent.

« Rose » un autre constat de la part du groupe pointant la gentrification des villes qui pousse à la ségrégation du lien social hétéroclite. Et oui jadis dans un même immeuble des familles avec un niveau de vie différent cohabitaient ensemble.

« Rallumer l'incendie » syndicalise le passé fumant d'une forme de protection et d'une union encore plausible, surtout si l'on retrouve le détachement nécessaire face à l’individualise pour celui beaucoup plus pérenne de la fraternité, et de l'entraide.

Pourtant il n'y a pas de résignation dans ce « Rien », il y a les fêlures, la segmentation d'appartenance à une communauté de cœur, la force de dire les choses que tu portes par ton regard sur la vie du salariat, de toutes ces luttes pour faire entendre la souffrance de la classe moyenne, du sous-prolétariat, des sans-dents, sans amertume, sans épandage cynique.

Les compositions punk rock apportent une mélancolie générale, avec le chant ( Romain Boule est un vrai chanteur) et des chœurs qui en rendent pleinement la chaleur pour cet E.P sorti chez le label Guerilla Asso.

Le groupe a bien entendu mûri, sa musique en ressent la profondeur de ton, les contrastes sont tout aussi intelligibles et efficaces. La production en libelle la sapidité.

Sans haine, sans contrepartie, sans omettre plus que ce que le prolétariat pense, sans se trahir, c'est un « Rien » qui dit et fait tout à la fois.


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vendredi, novembre 15 2019

VvvV - The Wreck


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Confectionner comme une cathédrale de sons électronique, dont la procession sombre fera écho à votre noirceur céleste, l'ardeur de ce duo fait de l'obscurité une lumière dans le crépuscule.

Composé de Bardou-Jacquet et du Mage, ils en constellent le mythe par des mélopées pour un sous genre musical s'intitulant le Front Wave. Ceci se cristallise avec du verre pillé, de l’huile et autour d’une arcane, comme ce qu'un martyr en flagelle le désir secret et inexpugnable. Dans leur arachnéenne toile picturale s’entremêle la rugueuse Indus, Krautrock épais, Dub monacal, New-Wäve altière et fragile tout à la fois, post-punk spartiate, Cold-Wave dominatrice, Shoegaze au psychédélisme tranchant, Space Raw cosmique pour une divulgation électronique messianique.

L’édifice n’est pas hautain d’enrobage présomptueux. Il est tout en relief. C’est sa force, sa densité de pénétration, la musique électronique en permet l’usufruit. Elle libère des frontières des genres, elle est cette bulle de feu toujours créatrice d’un nouveau monde, pionnière de sa propre exégèse musicale dont le sens, la portée sont obscurs.

Paysage sombre sans employer un seul trompe l'oeil !


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Impact de légèreté fractale et de désir de grandiloquence, le duo joue sur des synthés analogiques branchés sur des amplificateurs puissants. VvvV est un groupe de rock novateur, il agite dans sa tourmente un concentré de nébuleuse musicalité en joignant dans sa culture XXL les profondeurs soniques de la musique électronique avec un angle de vue à 360°. L’inconnu n’est pas un gouffre, c’est une voie d’indépendance.

Signé la main dans le sang avec les labels Metro Beach records / A tant rêver du Roi Records, « The Wreck » donne sa part de magie pour un prodigieux équilibre, avec son incantation phénoménale qui en confère l’ensorcellement autour de ses paysages clairs sans employer un seul artifice !


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