WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

chronique de disques

Fil des billets

jeudi, mai 25 2023

ALCONAUT – Endless Skies


ALCONAUT___Endless_Skies.jpg

Alconaut est un groupe de stoner formé en 2016 à Bastia en Corse, composé de Marini Antoine-Joseph à la Batterie, Agostini Georges aux Guitares/Chant/Harmonica et Albertini Kevin à la Basse. Le groupe a commencé à repriser les gammes des groupes comme Sleep, Fu Manchu, The Sword, Mars Red Sky etc...Nous en ressentons la filiation à travers son premier album « Sand Turns to Tide » en 2019, suivi par les singles « Slugs » « Ascending I : The Departure » en 2022 et « Gelmir's Path » en 2023 que l’on retrouve sur ce nouvel album.

Les titres allongent les abysses mouvantes d’un stoner psychédélique, avec l’impression d’une americana à la profondeur de ton intense, et la présence significative (parfois) d’un harmonica. Dans cette somme mélodieuse fantomatique et spectrale Alconaut gravite dans plusieurs atmosphères, le desert rock enlace, le stoner foudroie, le sludge enlise. Les titres composent une alchimie vagabonde pour un trip sonique à la vision psychédélique. Le trio parvient à raconter à travers ses différentes pistes, un égarement, une surexcitation, des mirages, une fureur, des digressions sonores, un envoutement psychotrope.

« Endless Skies » a été enregistré, mixé et masterisé par Vincenzu Lota à Atom Studio en Corse, c’est un voyage heureux, texturé, il ouvre d’immenses crevasses desquelles surgit l’éruption explosive. Une effusion sonique se répand sans cesse de ce corridor hallucinogène, et se détache de ce grand désert de légères caresses et d’épais nuages sonore qui apposent de lentes élévations. Le chant est râpeux, son grain épais, la mescaline rythmique inonde avec la basse un groove solide et capiteux. Des nappes d’arpèges bluesy et les solos divinatoires complètent une harmonie de couleur et de contraste parmi le brouillard riffique venu des limbes doom/sludgy. Le disque semble nous chuchoter que ce que nous appelons péché, il le nomme grand esprit d'amour qui prend mille formes. Bienvenue dans ce trip cosmique !




mardi, mai 23 2023

KILL THE PRINCESS - Bitter Smile


KILL_THE_PRINCESS_-_Bitter_Smile.jpg

Formé en 2019 Kill The Princess est un quintette normo-francilien de rock avec des musiciennes nées à la croisée des années 80-90, qui sort son premier album auto-produit.

Composé au chant et guitare rythmique (Paroles): Ornella Roccia , Guitare lead et synthé : Emilie Poncheele, Basse et programmation : Céline Vannier, Batterie : Eva Heinrich, leur musique navigue dans les eaux tumultueuses de Paramore, Guano Apes, Alanis Morissette. C'est un rock chargé d’électricité, dense et d’une profondeur racée.

Le groupe aborde le harcèlement (Inanimate toy, Snakes), les stéréotypes de genre (Playing dolls), la masculinité toxique (To the grave, Lies), des sujets introspectifs tels que la charge mentale et la combativité (Running after time), les traumatismes d'enfance (Nightmare), la lutte pour la défense de l'art et des artistes (Dreamer knight, The weak man), la détermination des activistes féministes dans l'interlude Changemakers.

L’on retrouve dans « Bitter Smile » un rock tenace et mélodique, avec des teintes très ricaine, des intonations un peu plus envolées parfois au chant comme dans « To The Grave », des acclimations progressives dans le style de Muse. Kill The Princess est un papillon qui “comme une fleur dont on coupa les racines va de parfums en parfums chercher la terre de sa naissance.”

Si les femmes endurent encore le grief tourment de la phallocratie, elles devraient écouter « Bitter Smile » pour prendre cette bonne énergie et la faire circuler chaudement.




vendredi, mai 19 2023

MARTINE - La mort t'a donné tort


Created with GIMP

Derrière se cache Marie-Claude MARTINE, petite fille mignonne, jolie, docile qui vivait à la campagne, repliée dans les normes patriarcales de sa famille et de la société. Mais elle en a marre de sourire à ses vieux tontons qui matent sa culotte, marre de ce monde capitaliste qui détruit les rêves et les corps. Martine a grandi. Martine est vénère. Martine fait danser. Martine fait du rock.

Le groupe incarne la révolte de Martine à l’âge adulte. Voila le pitch. Clarinettiste de formation, Marie-Claude Martine a mis entre parenthèses le jazz et le classique quand elle a découvert le rock. Ses influences sont Nine inch nails, PJ Harvey, Björk ou Placebo. Autrice, compositrice, interprète et multi-instrumentiste (basse, batterie, guitare, machines), elle joue dans des groupes tels que SheWolf ou Tricksterland. Elle est accompagnée de Dagulard Jean-Louis à la batterie et Thomas Robin à la basse et aux chœurs. C'est une sorte de France Cartigny 2.0.

Martine fait tourner le libre arbitre du punk dans les souillures du rock indus, et nourrit à son féminisme la clef à molette de doléances libertaires.




mercredi, mai 17 2023

GOZU – Remedy


GOZU___Remedy.jpg

Gozu est un groupe de rock américain badass. Un semi-remorque de riff lourds, pachydermiques et groovy parsemés de refrains entêtants avec le venin d’Alice In Chains.

Le cinquième album « Remedy » via Metal Blade Records / Blacklight Media Records, c’est 9 titres d’une épaisseur grungy, avec ce rock trippy psyché des 70’s et le désespoir du rock heavy des 90’s, lourd, sale, spleenétique. L’opus a été mixé et masterisé par Dean Baltulonis (Death Ray Vision, The Hope Conspiracy) aux Wild Arctic Studios (Portsmouth, New Hampshire).

Le quatuor de Boston dispose de compositions compulsives, héritage d’un désert de plomb où les archanges ont déposé le feu. Leur épaisseur démontre une peau d’un crocodile, ses mâchoires et ses ailes celle d’un dragon psychotrope. Dans cette pluie cendreuse le groupe nous fait patauger dans la boue épidémique du groupe Twitching Tongues. Une saveur de sang, de tourbe, de mélancolie, de souffre sonore, et toute une poésie sonore dans une lente descente vers le psychédélisme heavy.

“Un jour, un sage a dit “le rock est humain, le roll est divin et Remedy doit toujours s’écouter très fort. »” (GOZU)





lundi, mai 15 2023

THERAPY? - Hard Cold Fire


THERAPY_-_Hard_Cold_Fire.jpg

Déflagration en Europe, le trio Irlandais THERAPY? a sorti son nouvel album studio « Hard Cold Fire » le 5 mai 2023 via Marshall Records.

Therapy? est un groupe de metal alternatif, originaire de Larne, en Irlande du Nord, il s’est formé au début des années 1990 par Andy Cairns, Fyfe Ewing et Michael McKeegan, leur musique de caractère est un crossover 90’s de férocité grunge revigoré, de rock poppy alambiqué sous la tutelle d’un songwriting avant-gardiste et un mélange en spirale de mélodie hypnotique.

La plupart des gens apprécient l’énergie musicale et la vibration d’un groupe à un moment opportun de leur existence dont ils n’ont parfois conscience, c’est après qu’ils drainent cet ensemble en nostalgie. Therapy? navigue depuis 3 décennies dans les eaux troubles d’une musique singulière et des différentes mutations du paysage sonore, le trio a puisé dans la résilience et la survie pour se forger son culte et son aura.

Je vous conseille la saine lecture « Tout ça pour 30 ans de Therapy? », la biographie autorisée de THERAPY? Via Kicking book.

Taillé dans le basalte du comté d'Antrim, ce seizième album met un accent renouvelé sur la catharsis et la guérison. "Lorsque nous avons commencé à répéter les chansons, nous avons réalisé qu'elles avaient une qualité empathique. Nous voulions faire quelque chose qui soit un peu plus accessible, moins distant et claustrophobe - ce dont nous avons une histoire, et ça se trouve par endroits - mais nous voulions faire quelque chose de plus accessible et ouvert.’’ Selon Andy Cairns, guitariste et chanteur.

Le riffing est toujours aussi génial chez Therapy? et son sens des mises en abimes qu’il parvient à promulguer est tout aussi farfelu qu’inventif. Il se traduit en permanence par une mélodie hantée conjuguant stoïcisme et élasticité, un contraste révélateur de la conjugaison prolixe du trio et des rythmes propulsifs. Le groupe lamine la rumeur d’un son contemporain que le temps déliera de toute façon, il irrigue sans cesse des terrains multiples et fertiles, distillant à travers des morceaux variés un goût pour les transhumances sonores, et le cool de créer des hymnes d’un rock alternatif tapageur. Dans cette masse le groupe sculpte avec une aisance unique des chansons saccadées, en trompe l’œil, dont le jaillissement final est cohérent.

Décidément après toutes ces années de psychanalyse rock metal l’on ne viendra pas au bout de la Therapy?

Le titre « Joy » a commencé avec un terme de ‘'Waiting for Godot'’, de Samuel Beckett", confesse Cairns "cette phrase merveilleuse : 'l'habitude est un grand amortisseur'. J'adore ce mot, 'mort-en-er'. C'est un mot étonnant. Les gens prennent ces habitudes, et la prochaine chose que vous savez, leur vie est terminée et ils n'ont vécu que dans un très petit cercle d'expérience, souvent par choix, ce qui est effrayant.




- page 1 de 14