WALLABIRZINE

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chronique de disques

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mardi, janvier 16 2018

QUICKSAND - Interiors


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Après 22 ans d’absence, intitulé Interiors via le label Epitaph, cet album a été composé et enregistré avec le line up originel : le batteur Alan Cage, le frontman-guitariste Walter Schreifels, le bassiste Sergio Vega et le guitariste Tom Capone.

Vibrez enfants du jour de gloire, vous pouvez enfin le faire avec le retour de Quicksand.


  • La douceur bordel de merde il n'y a que ça de vrai dans ce monde absurde de méchanceté pure.

Faire de l’or à partir de choses simples. Donner un sens à l'abstraction sonique, se soumettre à l'émotion brute, pure, douce et en câliner la commotion jusqu'à en jouir. Voilà à quoi peut se définir Quicksand. Un post-hardcore à la Fugazi assaisonné de metal indie à la Helmet comme il disait dans les 90's pour classer ce groupe, alors que l'unique innovation c'est d'avoir su faire vibrer les brèches de l'emocore.

Je parle bien d'Emocore, d'un style musical à part entière, bien avant que celui-ci ne soit perverti par des masturbateurs à mèche. Et pourtant oui, c'était bien à cet endroit que ce groupe a agité sa magie sensitive, dans ce clair obscur, étrange, et si précieux, ouaie un brouillard sensitif éclairant des séquences emötives sanguinolentes de spleen, capable de vider un émöphile de son sang pour le remplir d'émotions.

On en entend ici la parenthèse avec ce don de générosité capable de donner de la lumière dans le son chaleureux des guitares, et dans ce jeu au feeling si spécifique.

On en sent les agitations internes et cela délivre la sève émotionnelle lors de structures musicales jouissives de beauté nue. C'est en cela même que les guitares forment un indestructible et vigoureux arc-boutant, la basse en booste la silhouette que le rythme en imprime le mirage.


  • On obéit souvent à une trace intérieure et Interiors est une œuvre magnétique puisant dans sa puissance l'accès direct vers le cœur, capable à lui seul de vous faire planer.


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mardi, janvier 9 2018

TEENAGE BOTTLEROCKET – Stealing The Covers


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Après le décès de leur batteur et frère d'armes sonique, le quintette décide de continuer, mais avant cela il fallait tracer la symbolique d'un trait sur l'avant et l'après.

Stealing The Covers est un album qui reprise des nuggets rapides de punky fun de groupe underground. 14 chansons par des groupes méconnus que le groupe de punk rock du Wyoming a découvert au cours des 15 dernières années passées en tournée. Des groupes comme Varsity Weirdos et Onion Floured Rings peuvent être énormes dans leurs scènes locales, mais pas en dehors des limites de leur ville, et même le web est impuissant.

L'album est un fourre tout, de punk raw, de pop gum, de Ramones-core chargé d'harmonies et de chœurs. Cela fonctionne parce que Teenage Bottlerocket a un son spécifique. C'est rapide, amusant, stable et facilement reconnaissable, alors même que ces chansons ont été rédigées par une douzaine d'autres personnes, ils semblent tous être venus de ce groupe et c'est assez dingue cette réappropriation.

Les chansons ne sont pas des plaisirs superficiels dont l'espérance de vie ne dépasse quelques jours. Ces chansons résistent à l'épreuve du temps.

La liste des titres et de leur groupe originel donne :

The Way I Know - Varsity Weirdos

Back and Forth - Hollywood Blondes

College Town - Jüke

Don't Go -The Scutches

RoboCop Is a Halfbreed Sellout - Sprocket Nova

No Hugging No Learning - Head

Shit Fuck God Damn - Artimus Maximus

Gay Parade - The Gullibles

It Came From the Radio - The Blendours

Alien Motion Technology - The Mugwumps

Hat Nerd -The Four Eyes

My Very Best - The 20Belows

I Kill Butterflies- Onion Flavored Rings

Why The Big Pause - The Punchlines


vendredi, janvier 5 2018

UFOMAMMUT – 8


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On commence l'année par un disque de 2017 c'est dire si le WBZ est de son temps...

Nouvel ovni des transalpins qui restent dans la même mouvance magmatique-slüdge pour invoquer la symbolique de l'infini avec 8.

L'écoute d'un album d'Ufomammut est toujours un plongeon dans les abysses soniques. L'aqueuse méditation qu'engendre une telle musique est souvent constellée par une myriade d'effets psychotropes avec laquelle d'étranges images subliminales apparaissent.

Lors des derniers opus le chant est devenu une matière sonore prépondérante à la stabulation sonique du groupe. On en retrouve les psalmodies ésotériques se répandant dans tous les interstices des nouvelles compositions, elles apportent un éclat supplémentaire, ainsi qu'une spécificité propre à la spongieuse capacité évocatoire que le groupe diffuse avec mystification.

Force et intensité forment depuis toujours une dualité au spectre sonore d'Ufomammut, souvent noyé dans un maelstrom fangeux dont on a peine à s'extraire, tant la linéarité se métamorphose en transe, et souvent quand on se laisse envahir par une extase puissamment flottante.

Le trio a toujours su maîtriser ses atmosphères psychotropes, lui donner de quoi fantasmer. On en retrouve toute l'ampleur et l'élévation avec ce 8, ainsi que ces illuminations soniques paranormales. Comme de coutume il y a des titres ronflants, toujours aussi longs, interminables, mais dégageant une telle intensité qu'une fois encore on se fait baiser à écouter cet utopique liant magique aux anticipations des films de S-F, approfondissant une sauce épaisse à l'amertume divinatoire.

Ce 8 est une bouillie parcourue par le corps magnétique de Monster Magnet, le space cake d'Hawkwind, révélant apparition de strate harmonique, suspension temporelle, lestage tellurique, hallucination contemplative.

Si dans l'espace personne ne vous entendra hurler, dans celui d'Ufomammut la pression est  éreintante, effrayante, intrigante et solidement incandescente.


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vendredi, décembre 29 2017

ALUNAH – Solennial


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Déjà avec l'album précédent, ''Awakening The Forest", je me disais que cette vague de groupe de doom à chanteuse allait subir une fin de non-recevoir une fois que la mode serait arrivée sur le rivage. Alors si sur l'échelle de la hype je ne peux absolument pas juger étant isolé loin derrière les dunes, mais ce qu'il y a de certain c'est que ce groupe Anglais maîtrise à merveille les codes des sorcières. Il envoûte avec trois crapauds de riffs gluants, un chant de vipère venimeuse, le bouillon d'une basse baignant dans une grosse carbure rythmique.

L'ensemble de cette décoction se confection dans une marmite vintage. Si l'esthétique se marie à l'harmonisation d'une composition inspirée, c'est la mélancolie qui retient le souffle de l'amertume. Parce qu'Alunah domine la langueur lancinante et allonge à l'artefact vintage cette densité à son doom pour cloquer à outrance, mais toujours dans une délicieuse torpeur de spleen.

Alunah et les norvégiens de High Priest of Saturn malaxent fort bien cette instance léthargique, ainsi que la qualité précieuse d'insuffler une âme à sa musique.

La solennité d'un tel album mérite la plus ample bénédiction des disciples du monde souterrain, jusqu'à y consacrer votre dévotion à écouter par des écoutes/offrandes régulières, et surtout à l'abri de tout.


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lundi, décembre 18 2017

HERON – You Are Here Now


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Émergeant des paysages ruraux du nord-ouest de la Pennsylvanie, le premier opus d'Heron est une œuvre maîtresse capiteuse qui englobe presque tous les éléments du post-rock et stimule le succès du genre sous sa forme moderne.

Pourtant la construction des titres est basique. Elle se forme à la mesure d'une introduction minimaliste et planante, puis donne jour à une atmosphère ambiante, douce et discrète, laquelle égrène son chemin jusqu'à ce que le crescendo ascensionnel vers l'épique offre une vue panoramique sur tous les espaces sonores. De plus, ce post-rock atmosphérique est capable de pénétrer le silence fantastiquement minimaliste par le biais d'une écriture de morceaux intenses et sauvages.

Souvent c'est l'émergence d'une câlinerie allongeant son pas de feutrine sombre, pour prendre son envol au fur et à mesure vers l'éther de la dream pop et du shoegaze, là où les performances hypnotiques rendent corps à la puissance émotive. Alors transcendance et résonance forment à travers une vaste gamme d'harmonique tout un pan du sublime. On plonge et replonge dans le nectar de la simplicité, donnant une qualité fantastique et rêveuse, en y intégrant une véritable force émotive à la musique. Ainsi les images apparaissent. La douceur d'une plage abandonnée, la caresse d'un vent chaud, la sérénité d'une montagne, la beauté sauvage d'une forêt, la pureté du rire d'enfants, le sourire de l'amour, la sensation de quiétude...Votre côté lunaire dessinera alors votre promenade rêveuse.

C'est une musique que l'on pourrait traduire comme évanescente, pourtant sa douceur est un réconfort, ainsi qu'une expérience qui brille à jamais comme un océan de quiétude post-rock lumineuse.


jeudi, décembre 14 2017

CHELSEA WOLFE – Hiss Spun


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Même blottie dans un coin d'une pièce claire la louve Chelsea Wolfe est de retour dans les vastes plaines moroses de l'obscur et de l'expérimentation acariâtre.

Son"drone-metal-art-folk" est caractérisé par un jeu de guitare expérimental, des chants éthérés et des sonorités surréalistes, allant de Björk à Nine Inch Nails, de Nick Cave à Tori Amos, de Siouxsie Sioux à Suicide, de Kate Bush à Pharmakon, de PJ Harvey à Aphex Twin...Ce 7ème album appose une mouvance opaline pour un charme vénéneux.


Mais si ! Parce que la louve s'avance à travers des atmosphères profondes et brumeuses et qu'elle fait apparaître pour se dévoiler. Elle s'offre ainsi à nue aux ténèbres, poursuit dans l'antre de variation baroque, au contour de la noirceur gothique et de son venin, puis retourne sans cesse à la fragilité de l'évanescence, et toujours avec la puissance de la sauvagerie. On a toujours la sensation qu'elle est insaisissable. Alors elle croque, triture les sons, défricheuse dans le bois dormant de son anxiété, elle se jette dans les cauchemars, et c'est là qu'elle mord.

On touche le sublime dans les moments d'orchestrations de musique contemporaine et sur des mélodies douces, mélancoliquement flottantes, avec lesquelles on ne peut qu’assister impuissant à la décadence plus intimiste du spectre émotionnel de la belle.


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Au comble de l’épuisement suit toujours l'apaisement, ondulant entre ambient et léthargie pour augmenter la tension de manière graduelle, et écraser l’auditeur dans une nouvelle bourrasque d’une musique déchaînée, et aussi décharnée dans sa violence sourde que purement jouissive. Elle émerveille et effraye, calme et épuise. C’est l'art de semer le trouble pour faire apparaître la noirceur.

La californienne sort du tréfonds une hypnose musicale avec un côté rêche, âpre, squameux. D'ailleurs elle dénude ses compositions et en contraste l'arborescence avec l'apport du gonflement doOom de la guitare de Troy Van Leeuwen (Failure, Queens Of The Stone Age), le chant d'Aaron Turner (Sumac, Mamiffer) sur le titre Vex et la production de Kurt Ballou (Converge).

Son monde n'est pas hermétique, mais on y entend les peurs enfantines, les blessures de l'amour, les affres telluriques de l'indicible, un univers schizophrénique correspondant aux multiples facettes de cette femme intrigante qui affole les sens, de cette ardente femme qui plaît au cœur ; l'une est un bijou, l'autre un trésor, parce que Chelsea Wolfe est un cristal noir.


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mercredi, décembre 6 2017

WIDOWSPEAK – Except The Best


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On avait laissé Widowspeak avec leur troisième album All Yours en 2015, produit par Jarvis Tarveniere membre du groupe Woods, le duo maternait sa dream-pop avec un shoegaze intimiste et nostalgique, ténue dans le spectre musical des 90's.

Cet album a été écrit lorsque la chanteuse Molly Hamilton s'est retrouvée à la dérive dans une période ambivalente de sa vie, là où les bouleversements entre passé/présent/futur trouvent l'épicentre d'une déflagration existentielle. Autocritique, doute, incertitude, errance, tergiversation, vague à l'âme, recherche vers le temps perdu Proustien...Dans le nœud insoluble de cette errance la beauté diaphane de Widowspeak tutoie les nuages de la mélancolie.

oOOOooOOOooOOOooOOOooh !

Et oui. La voix douce et délicate de Molly Hamilton fait résonance à celle d'Hope Sandoval de Mazzy Star avec lequel le groupe partage la symbiose hypnotique des reverbs de guitare cristalline, et même cette lenteur flottante qui donne la sensation que le temps s'arrête tout net.

Hors le temps ne stoppe jamais sa marche, et quand les choses vous échappent, que l'anxiété s'immisce en vous, cela donne les compositions du quatrième opus du duo de Brooklyn, avec son mélange de twee Pop allant de Black Tambourine à Heavenly, un peu du zeste du Velvet Underground, la fragilité de Blonde Redhead, la folk voluptueuse de Cat Power, la romance mélancolique de Nada Surf avec celle de Landscape. On en retourve le nectar dans des titres comme Dog, Good Sport, The Dream qui retiennent dans les songes, et la chanson Fly On The Wall aussi, oui comme le titre d'un album médiocre d'ACDC.

Produit par Kevin MacMahon (Swans, Real Estate), Molly Hamilton et Robert Earl Thomas ont recruté de nouvelles têtes avec notamment Willy Muse à la basse et James Jano à la batterie, et cela s'entend. Des volutes oniriques de regret, des saveurs enfouies venant flotter dans chaque commissure des compositions, une flânerie rêveuse matelassée des mots que l'on susurre la nuit de pleine lune, des instants flottants de trouble, des attentes en suspension au dessus du vide, des gestes qui réchauffent, et d'autres qui étouffent par leur incertitude, le bruissement des illusions, l'ajournement des fuites en avant, les envies initiales, les perspectives de lutte contre l'oubli, l'ébranlement des convictions, la pause en attendant l'embellie.

Oui Widowspeak partage le même doute que la vie, et c'est en cela que son album touche par sa fragilité.


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lundi, décembre 4 2017

MONARCH – Never Forever


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Voici l'album qui déclenchera chez les fans inconditionnels du mur du son Bayonnais un éclairage supplémentaire à la distorsion Dröne-sludge-doOomesque et à sa majestueuse fréquence sonique épique.

Faisant foi et loyauté à sa discographie comme un Sun O))) impétueux et immuable, Monarch dégorge toutefois d’innovation tout en restant sombre et monotone dans son crépitement tellurique. Ainsi une lumière vient ourdir une trame musicale dans laquelle le groupe illumine et s'illumine vers une voie nouvelle. Il se dégage désormais une émotion que l'obscurité développée par Monarch s'était toujours abstenue d'en faire frémir la déflagration.

C'est dans cette aube naissante que le groupe fait jour avec ses nuits mélodiques, et avec une théâtralité quelque peu infatuée il est notable de le stipuler. Je préviens qu’il y aura de l'abracadabrantesque pour ceux qui souhaiteront participer à ce culte, à cette forme de rituel maléfique, dans cette chasse à la sorcière qui fait éclore à côté d'un doux précipice le rituel faisant éclore la fleur mélancolique et l'obscurité toute entière.

Never Forever est un album fondateur, un oracle bouleversant, un rêve vers un ailleurs mystique.


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Le corps de leur musique est une folie opiacée, lente et douce que les murmures, les fredonnements cajolent par le contraste bestial des hurlements déchirant le tourment. Ah oui on l'entend mugir la zolie Emilie, miauler, murmurer puis gueuler dans le lointain dans ce cri d'orfraie antique avec lequel on se sent vivre dans un autre lieu. On se perçoit ainsi plongé dans une forêt noire et épaisse où siège dans cette obscurité végétale le vaste d'un temple olympien à l’opaline couleur réfléchissante, avec l'immobilité des colonnes ioniques, doriques, corinthiennes pour unique perspective. Tout cela se passe dans la promiscuité d'un soir Luciférien où la lenteur de la musique appose une kinésie à toute gestuelle, et laisse place entière à une imagination exubérante et grotesque. Car oui on vit le moment avec l'aplomb d'une audace insoumise, sans crainte.

Cet ainsi que dans cet instant suspendu mon benjamin de fils passe et me voit en train de mimer un rituel vêtu d'un slip hellénique et d'une toge guerrière avec une serviette de bain à motif féminin et aux lignes zébrés. Son frère cadet s'immobilise à sa hauteur pendant que j'officie à allumer des bougies dans mon antre. La musique étanche la soif maléfique. Devant cette situation ubuesque sortant d’un film de Fellini sous acide, mes enfants se prêtent au rite.

Cerise sur le gâteau basque à ce disque Bayonnais il y a une cover de Kiss, « Black Diamont » rebaptisé ici en « Diamant Noir ». Fichtre mais que dire de cette reprise méconnaissable ? C'est lent, très lent, pis c’est lourd aussi, très lourd, tu vois Anvil et leur enclume ? Et bien tu rajoutes trois Black Sabbath + un Sun O))) pour la lourdeur et la profondeur, la suite c’est Monarch qui lui apporte une mélancolie vénéneuse d'une atomique splendeur implosive.

Aussi détonnant qu'étonnant, aussi maléfique qu'éthérique, Monarch ouvre une nouvelle page de son livre sibyllin.


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samedi, décembre 2 2017

LEPROUS – Malina


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Leprous est un groupe Norvégien, ce cinquième album rappelle la marque du band pour son rock progressif modéré contemporain, et de ses lentes complaintes pour un son léché. L'alternance musicale de Leprous fonctionne de par le compromis qu'il génère dans sa mutation sonique transgenre.

Bâtir une cathédrale d'art dramatique et féerique n'est pas chose commune. Les sables mouvants Leprousiens permettent de s'enfoncer dans la mélancolie avec ravissement, tout autant que prendre l'envol pendant la colère d'un orage. Le groupe essaye de garder une cohésion malgré des fluctuations de line-up conséquentes depuis sa bonne dynamique depuis l'abum Coal en 2013. Pourtant on sent que le groupe s'est assagi, il y a moins d'instabilité musicale mais tout autant de bouleversement émotionnel. L'amplitude de l'ensemble se promène dans une atmosphère hautement mélanco-mélo-émo.

Le groupe est passé du prog à la pop avec de subtile ambiance ouatée, un peu comme Depeche Mode vers une accroche polyrythmique oppressante, une manière d'ébranler chaque secousse, qu'elle soit émotionnelle ou provoquer par des variations musicales, l'ensemble de ces montagnes russes oscille de la sobriété intimiste à la déflagration emphatique. Pourtant il épouse merveilleusement les expressions mélodiques qui permettent de donner du relief, il donne vie et corps à ces compositions en apportant de l'épaisseur, il donne du sens à son émotivité et apporte ce grain d'émotivité passionnelle qui renforce ou fragilise à bon escient. La force de Leprous c'est ce contraste mesuré et permanent, menant au chavirement, tout autant qu'à des longueurs un peu too much.

Le point culminant du groupe reste son chant. D'ailleurs autre vedette norvégienne, Morten Harket le chanteur de Aha partage la tessiture qu'Einar Solberg le chanteur de Leprous. Ce chant angélique dit Haute-contre, épousant l'éther, l'on en retrouve l'orientation vers les œuvres religieuses et les opéras des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. D'ailleurs la pièce musicale « The Last Milestone » en démontre toute la noblesse avec son instrumentation à base uniquement de violons et de violoncelles.

Fragile et incandescent par son contraste, « Malina » est un opus maniéré de qualité, exécuté avec l'art et la manière donc.


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mardi, novembre 28 2017

SOROR DOLOROSA – Apollo


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Gravitant autour de l'émancipation, Soror Dolorosa gifle avec exubérance un troisième opus sobrement lumineux.

Servile d'une attache sombre, l'encre noire a coulé sous les eaux saumâtres depuis l'antiquité discographique du groupe. Jadis effleurant l'albâtre sombre avec Severance (2009) et Blind Scenes (2011) tout aussi emprunt de noirceur divine, que d'abîme opaque qu'exhale leur soupir final, Soror Dolorosa avait étendu lymphatique des mélodies à la tristesse profonde, tout en s'exhibant dans la mélancolie Baudelairienne.

Pourtant tout a commencé par : "Vierges qui, au coin de chaque rue, ouvrent les bras du fond d'une niche, parmi des cires et des roses sous un globe, qu'on dirait des fleurs mortes dans un cercueil de verre. Oui, il secouerait le joug mauvais! Il se repentait. Il avait été le défroqué de la douleur. Mais il ferait pénitence. Il redeviendrait ce qu'il fut. Déjà il recommençait à être pareil à la ville. Il se retrouvait le frère en silence et en mélancolie de cette Bruges douloureuse, soror dolorosa. Ah! comme il avait bien fait d'y venir au temps de son grand deuil! Muettes analogies ! Pénétration réciproque de l'âme et des choses! Nous entrons en elles, tandis qu'elles pénètrent en nous." - Bruges-la-Morte, 1892 - Georges Rodenbach

Sans jamais renier ses racines cold Wave / Post Punk, la basse n'est plus cette héroïnomane sombre que les guitares cristallines projetaient dans les veines musicales du combo, défroissant la mousseline gothique, exhumant une sonorité coldwave aux différentes blessures, à défaut d'être cicatricielle.

Il me semble que désormais le groupe a dévêtu de manière préventive et non curative son apparence gothique.

Voilà, l’expression est lâchée, et elle invoque une resucée de stéréotype avec laquelle Soror Dolorosa s'en détache à peine les chaînes, s'émancipe de cette chrysalide, et lui permet de prendre réellement son envol. Leur précédent album No More Heroes (2013) était déjà marqué de cette métamorphose entre The Cure, Sister Of Mercy et David Bowie. Cette saignée se confirme désormais vers une empreinte ambiant, post-rock-shoegazienne, comme avec le sculptural titre Yata. Sauf qu'ici c'est l'ensemble de l’œuvre qui en est constellée, comme la pop brumeuse versus le trio norvégien AHA avec Another Life ou celle de Depeche Mode avec That Run .

Accentuant les vertiges mélancoliques vers l'évanescence instrumentale, opérant à cœur ouvert dans les abysses shoegaze, le groupe a beaucoup appris de l'évacuation sensible que l'on remue entre ciel et terre en concert, que l'on convoque près d'un précipice épousant le vertige quand il est temps de se dénuder entièrement. Leur tournée avec Alcest et une gestation de quatre ans auront eu mille fois raison d'offrir le nectar créatif de sa phase instinctive, pour cet album exalté par cette trempe de cygne noir Bauhausien, et dans ce brouillard anglais de Joy Division.

Le groupe « rencontre les écumes sulfureuses et nitreuses, les marie, et par un art subtil les réduit, adustes et cuites, en grains noirs » selon le Paradis perdu de John Milton.

Le spectre baroque est séminal, la lumière de ce kaléidoscope sonique est toujours aussi fataliste dans le chant tragique d'Andy Julia, et il est formellement spleenétique musicalement. Apollo respire l'essence même de la vie ténébreuse, romantique, romanesque, il sécrète de son essaim angélique la splendeur et la beauté fatale, son air est dangereux et fatal, il convole son offrande lumineuse dans un rock noir qui rend triste et chagrin, absolue d'ivresse, de froideur lunaire, d'éclipse solaire, et de chérissement cotonneux.

Capable d’aimer comme aimerait un ange, d'embraser comme s'enflamme la passion, de papillonner loin du péché véniel, la beauté est partout dans cet opus au baiser vermeil  !


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dimanche, novembre 26 2017

HOT WATER MUSIC – Light It Up


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Une lumière dans le haut brouillard existentiel, un phare dans les nuits hasardeuses de moiteur angoissante, un réflecteur à intensité sonique, un projecteur à particule fine émotionnelle qui s'immisce en vous pour y consumer la flamme du punk rock. Hot Water Music est le nom d'une nouvelle de Charles Bukowski et surtout un groupe primordial, capable de vous faire aimer l'agonie terrestre, avec sa chaleur mélancolique, son émouvante beauté, son amour inconditionnel pour la tragédie humaine, son opposition à la politique manipulatrice, et tout le temps sur une musicalité qui va direct au cœur, sombre, puissante, épaississante comme la douceur maternelle, chauffante comme l’estime paternelle, c'est un choc et une source intarissable de félicité.

Puisant à la racine de leur début discographique pour ce disque, le groupe déploie un punk rock catchy, efficace, émotionnel, avec son lot de condensation, de surtension, et d'embellie revigorante. Car c’est revigorant de se rechercher avec ces vieux punkers. On y trouve la nostalgie et ce que l’on est à présent. Empruntant la voie punk de Bad Religion et post-HxC de Fugazi, de l'emocore de Jawbreaker à Miltown, ce Light It Up est criblé de compositions de hautes qualités.

Des d'hymnes rageuses post-HxC des débuts ne subsistent finalement que la rage d'exister à travers une émotion brute et libératrice. L’album est plus abrasif que son prédécesseur Exister, il fait une belle part dans sa filiation à être garant du flambeau discographique du groupe, à savoir passionné et intègre.

Le chant éraillé de Chuck Ragan, remplit de cette virilité musquée des bois et de ce mood Hemingwayien de l’écrivain. La sincérité combative du combo est représentative de son énergie, de sa maîtrise du songwriting, de sa maturité de mélange d'essence sonique afin de créer la combustion nécessaire à l'embrasement émotionnel...Se juxtapose ainsi à l’aboutissement de leur pochette, leur maison brûle et notre corps à cœur avec eux aussi !

Tous ceux qui aujourd'hui font la moue en écoutant ce disque avec un bof, bof comme réaction de jugement hâtif, dans quelques années les mêmes lanceront guilleret sur ce même album : putain c'était la belle époque , j'en suis certain, j'ai déjà vécu ce passage à maintes reprises...


mercredi, novembre 22 2017

DYING GIANTS – Tales Of Giants


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Il y a dans ce premier E.P du trio Toulousain Dying Giants (since in 2015) l’ensorcelante beauté venimeuse que le groupe a cannibalisé dans la vase d'Eyehategod, dans la boue sanguinolente de Conan, et dans les ténèbres rugissantes d'Acid King.

Il y a du grain dans la production, une recherche vers le brut de décoffrage, dans cette dualité du bien et du mal qui dégorge sans cesse une sobriété musicale, et lentement elle va s'éprendre en vous tel un ophidien. Le groupe déploie une belle gamme de transition, sachant acclimater ses climats et contrebalancer avec le souffle d'une densité tellurique suppurante de gröOöve.

Leur cd D.I.Y est entièrement auto produit et sans label de distribution. D'après leur bio les titres font tous références à des légendes de créatures gigantesques. Ainsi le premier titre renvoi au volcan Etna, culminant à 3 330 mètres d'altitude, il est le plus haut volcan actif d'Europe et l'un des plus actifs du monde avec presque cent éruptions au cours du xxe siècle. Le second titre fait référence à la Nébuleuse d'Orion ou bien au groupe de stoner Nebula fondé par deux anciens de Fu Manchu. Le troisième évoque me semble t'il ce passage de la mythologie grecque, entre Pasiphaé épouse de Minos (roi de Crète), dans lequel jalouse des infidélités répétées de son mari, elle lui jette un sort, le condamnant à éjaculer des bêtes venimeuses s'il couche avec d'autres femmes, provoquant ainsi leur mort. Le quatrième invoque le mont Atlas, cône volcanique éteint au nord-est du mont Pleiones dans les Pléiades, Terre Victoria, Antarctique.

Mais je peux totalement me gaufrer hein !

Dying Giants possède la particularité de joindre une transe rythmique en un mantra incandescent, et on en ressent instantanément les effets sauvages, tout comme avec parcimonie les effluves psychédéliques qui s’immiscent dans le flux ininterrompu de ce doOom Sludge instrumental. Espaçant ses atomes crochus avec maître cornu pour faire apparaître des arcs électriques de doom dans l'obscurité de leurs ténèbres, « Tales Of Giants » fait vibrer le sol par une terreuse incarnation où le festin sonique sera épais et les nappes lourdes.

Voilà bien un groupe au gros potentiel sonique que j'aimerais volontiers voir/entendre crépiter à l'Xtremefest 2018 !


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lundi, novembre 20 2017

DER WEG EINER FREIHEIT – Finisterre


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J'en ai marre d'entendre des gens cracher leur nausée, et encore plus du cynisme des gens en face d'eux gifler leur sûreté arrogante. Pendant un temps cela me faisait rire d'entendre les vieilles personnes dirent qu'elles préféraient dorénavant écouter de la douceur plutôt qu'une forme de violence perpétuelle. ( Hey cela ferait un super nom de groupe - Violence perpétüelle - ? )

Bon et bien je les comprends aujourd'hui. Je suis donc devenu vieux. J'en ai parfaitement conscience, j'en ai marre de ce monde oscillant dans le préfabriqué cliquant et la moisissure suppurante.

Les allemands de DWEF font partie de la moisissure suppurante, et ils vomissent sur la terre entière avec violence et douceur. Alors forcément la douceur est relative ici, vraiment. Disons que communément quand l'on crache de mépris, la violence reçue est pour le moins agressive, pourtant la salive du crachat elle-même est douce. Je ne sais vraiment pas si vous saisissez la nuance ? Mais bon passons...

Ce « Finisterre » jouxte cette forme ambivalence de barbarie ambiante et de splendeur brutale.

L'oscillation post-black fonctionne de manière coordonnée, elle est parfaite pour acclimater à tous les contrastes qu'alterne le groupe. La rage est vaporeuse, le rêve est fait de larmes, la beauté aussi brutale que la réalité sera colère dans l'oubli. La ligne atmosphérique est un horizon, la noirceur n'est que plus sombre quand elle est prise dans l'éclat d'une lumière, même nébuleuse.

Le groupe n'est jamais brouillon pour autant, il n’utilise pas son black comme un brouillard, il n'utilise pas son émotion comme un mouchoir. Il sait tordre, se sait tendre. De plus avec le temps il contrôle sa colère, en apaise la rancœur pour la joindre avec suffisamment de distance et en façonner ses compositions. Cette mesure est un équilibre précieux dans la fusion entre son acier sonique et son éther émotionnel.

Ce n'est pas un bout de chair froide que mastique DWEF, c'est le battement chaud et terrible de l'humanité, avec ces lambeaux d'existence aussi forte que fragile.

On n'est pas dans la glaciation austère, ni dans l'austérité brute du black, pas plus que dans le bouillonnement tellurique et serein du post-rock. Mais dans un intermédiaire qui tient lieu de vie.

“Me voici, être humain violent, blanc, noir, brun ou rouge, et il ne m'intéresse pas de savoir si j'ai hérité de cette violence ou si la société l'a engendré en moi : ce qu'il m'importe de savoir, c'est si je peux m'en libérer.” Jiddu Krishnamurti


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jeudi, novembre 16 2017

PROPHETS OF RAGE – Prophets Of Rage


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On nous a prédit un 21ème siècle spirituel, on peut dire que Madame Soleil a irradié les cieux de sa prédiction hautement religieuse, puisque on tue et meurt pour un dieu unique. Mais avant cela chacun renifle le cul de l’autre pour savoir si à l’odorat c’est la même obédience, alors ça cherche sa divinité sans cesse pour trouver sa protection avec les dents serrés de haine contre toutes les autres différences, quitte à se foutre les genoux en sang à force d’être à quatre-patte, où la main prise dans le bénitier à faire des signes de croix de bois-croix de fer, si je mens je vais en enfer à Clisson con…Et bin vlà les prophètes de la rage qui débarquent, un truc entre le mood rageur des 90’s de Rage Against The Machine et la prédication du tribun de la France Insoumise.

Alors est-ce une arnaque typique de l’ère contemporaine par des gars cachant leur rolex en jouxtant la cinquantaine, et en étant possédés par l’esprit jeune du publicitaire Jacques Séguéla ? Surtout que depuis le temps que l'on nous bassine avec le retour de R.A.T.M, et que c'était quand même aut'chose à not’époque où l'on savait aller au carton, soulever les masses dociles pour faire naître la colère. Pis la vraie colère celle qui piétonne les rues d’une foule unie et lance des parpaings de slogan contre l’establishment.

Mais ouaie, mais ouaie, on voit très bien où on en est aujourd'hui de la lutte du rap metOl...Linkin Quoi ?

Donc méfiance on en connait une chiée de groupe revenue de leur traversée du désert avec la formule magique pour empapaouter la populace nostalgique et la new generation qui n'a pas vécu sa révolution.

Ok mais Prophets Of Rage c'est quand même 80% de R.A.T.M, 70% Public Enemy, 20% Cypress Hill. Dans l'ordre c'est : Tom Morello – guitare (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Tim Commerford – basse  (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Brad Wilk – batterrie (Rage Against the Machine et Audioslave) ;DJ Lord – platines (Public Enemy) ; Chuck D – chant (Public Enemy) ; B-Real – chant (Cypress Hill).

Il faut reconnaître que sur l'affiche ça a de la gueule et que tout cela part d'une très bonne intention, revenir fouetter le sang impur pour qu'il remonte des limbes du siècle dernier et faire tamponner de 7 à 77 ans la fibre contestataire, félicitations. Les riffs sont là, le beat est là, les lyrics sont là. Les gars ne font pas la politique de l'Autruche, ni du populisme, et rien que ça c'est déjà énOrme. Le hic c'est le message apporté avec l'ambivalence de moyen provenant à la solde du grand capital, comme disent les rouges. Si tu te demandes la légitimité d'une telle entreprise ? C'est que tu votes à droite. Si tu te demandes l'intégrité de cette lutte ? C'est que tu votes à gauche.

Surtout que depuis le temps, les formes de lutte de la génération 2.0 ne sont pas du tout les mêmes que celle de la génération X, ni même la façon d'en proclamer la teneur (du rock au rap), tout comme les moyens de communication diffèrent, on en arrive à conclure que le rap a absorbé le rock, pour ne pas dire englouti de partout.

« Quand le rock sera mort, le monde entier explosera. Il a déjà tellement perdu son essence, il a tellement été plagié qu'il survit à peine, aujourd'hui. Ça me dégoûte. Les jeunes n'ont plus le même intérêt pour le rock que les générations précédentes. C'est devenu une revendication à la mode et une identité qu'ils utilisent pour baiser et avoir une vie sociale. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que la musique les intéresse. Ils choisiront des sons et des tonalités dans une machine de réalité virtuelle. Ils les écouteront, ressentiront les mêmes choses et... ils iront faire la fête. Cette machine sera munie d'écouteurs, on pourra discuter en écoutant de la musique virtuelle, on pourra baiser, boire... Cette machine permettra de planer. La technologie aura tellement évolué. Il y aura aussi des junkies virtuels qu'on retrouvera sur leur canapé, morts d'une overdose » dixit feu Kurt Cobain.

Ainsi parlait Zarathoustra, Madame Soleil et Jacques Séguéla en même temps quand ils pointaient au PMU leur grille du quinté plus après l’apéro au pernod-ricard, suze comprise.

Depuis cette tragédie où le rock gerbe ses relents anciens dans le caniveau tel un SDF, les altermondialistes RATM sont morts sur les barricades de leur lutte intestine, la troupe Public Enemy est devenue sentinelle face à un monde vendu au ganstarap, lequel se fait les couilles en or en tirant des punchlines à balles réelles sur la jeunesse crétine. Donc tous ceux qui attendent un reboot de Ratm c'est rappé, ici le spirit est funky, avec une désobéissance funky à la Arlette Laguiller.


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Leur mouvement social c'est le rock fusion, une espèce de Prince Cool J VS Led Zep aka Urban Dance Sabbath VS Public Funkadelic Purple. Pour les lyrics c’est du Martin Luther Chomsky Moore dans le texte...Et ce super groupe a vu le jour depuis l'élection de Donald Duck Trump Moumoute 1er de l’an UN, puisque Jésus est moins célèbre que les tweets de Donald désormais.

Au Hellfest 2017 le groupe a tout de même changé les gens en torche humaine, je sais j’y étais, donc plus besoin de kamikaze, plus besoin de pétrole, plus besoin de voyante, de dieu, il ne faut que des riffs maousse costaud, un beat ultime et Unfuck The World ! On peut se souvenir à cet effet du Indignez-vous ! qui était un essai de Stéphane Hessel publié en 2010, il défendait l'idée à 93 ans selon laquelle l'indignation est le ferment de l'« esprit de résistance ».

Alors est ce que Prophets Of Rage va réussir à faire émerger un mouvement musical ? Contestataire au point de va faire un sit-in sur les restes d'occupy Wall Street ? Faire la révolution du muguet ? Du jasmin en mai prochain en balançant des caramels mous, des autocollants just do it ? Nul ne le sait, ce qui est certain c'est que les marcheurs de la république en marche font aujourd'hui marche arrière, que Donald ne Trump plus son monde, et qu'en live les gaziers de Prphets Of Rage foutent le feu avec des titres façonnés pour faire émerger une indignation rageuse. De la sorte que langue de bois et langue de pute ne pourront désunir ces vieux gars du siècle dernier venir tendre le bras avec le poing fermé sous les feux de la rampe.

« Tout ce qui se fait dans l'ombre ne vaut rien. Ce pourvoir mystérieux doit répandre la lumière jusqu'au creux de l'obscurité. Alors il n'y aura plus la brutalité du maître, ni la perfidie de l'esclave. » Louise Michel




dimanche, novembre 12 2017

MOGWAI – Every Country's Sun


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Longtemps je garderais dans mon être les mélopées câlines de Mogwai.

La première fois on attend la fin de ces longs préludes musicaux, sans admettre que le classique couplet/pont/refrain n'existera pas sur les terres écossaises. Bien entendu c'était il y a longtemps, le post-rock n'en était qu'à ses balbutiements. L'initiation se fera opaque, l'intronisation se réalise par petite touche d'infiltration dans la beauté aqueuse que distille le groupe. Le clair obscur prend différente teinte quand enfin l'assimilation devient légèreté, ainsi la révélation poétique se fait jour, et plus rien ne sera plus comme avant. Non plus rien. La perception musicale se pare d'un filtre anti-age, à l'addiction contemplative intemporelle. Mogwai est instrumental, votre imagination fera le reste. Parle si tu as des mots plus fort que le silence.

La discographie d'un groupe est jonchée de collaboration, de maturité de langage, de choix distinct, d'une époque, d'une identification, et que sais-je encore...Sur le fil du rasoir Mogwai a jalonné sa carrière d'instant suspendu. Les mélomanes funambules apprécient de prendre de la hauteur, d'épouser leur regard musical sur de vaste paysage fuyant vers des perspectives et des horizons lointains. Plus c’est haut, moins il y a d’oxygène, et plus la perte de l’équilibre est violente.

Ce neuvième album Every Country's Sun en contraste l'étendue avec un panorama post-rockien vaste, lent, capiteux, doucereux. L'apesanteur du flottement est doux, se sentir léger dans cet intermède sonique ramène à un état de sérénité libérateur. Mogwai remplit le vide, moule, coule, fond son acier avec de la plume, des perles de pluie avec des lames de feu, nuance de puissance et de profondeur, de couleur et d'élévation. Un chant vient parfois suspendre le temps, nous déraciner du cosmos de Mogwai.

Le groupe surnage dans son ouragan de sensibilité et de sensualité comme un big bang tellurique intérieur, là où la plénitude des sens est une explosion des émotions, sensations. Tout ne fait pas corps pourtant, des fêlures, des craquements, une fragmentation de la tectonique des plaques soniques depuis le départ du guitariste John Cummings, le groupe est un quatuor. Un déséquilibre que l'on entend. Même si dans la formation de Glasgow tout semble éphémère, elle folâtre dans l'ambiant mélancolique, se dépouille de tension rock cataclysmique, évapore la dream pop grisâtre, suspend le shoegaze luminescent, tout dans ces ambiances atmosphériques et cette violence sonique se dilate, se métamorphose, tout est transitoire, vulnérable, indécis. Étions-nous dans l'expérimentation ? Dans le progressisme ? Dans le diffus ? Dans le néant ? Le groupe tisse ses filaments arachnéens musicaux, il défie avec l'arme des guitares, tire des larmes et la vie flotte sans cesse avec sa force et sa fragilité. C'est peut-être en cela que Mogwai renforce sa capacité inoubliable, faire bruisser la vie dans chacune de ses pièces musicales.


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samedi, novembre 4 2017

ALL FOR NOTHING- Minds Awake/ Hearts Alive


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All For Nothing a toujours tapé dru dans la tête, là il frappe en plus dans le cœur.

La progression est nette et flagrante, les Hollandais ont un son, une épaisseur de puissance sonique, et surtout un sens mélodique indéniable désormais.

Les titres sont accrocheurs, ils gardent leur intensité initiale et propre à la puissance du HxC, ils fédèrent par l'impact vindicatif des punchlines qu'ils appliquent, si tout ceci est conventionnel, la progression provient du travail de composition et du son. Le premier est finalement un long travail d'haleine qui abouti désormais à ce que All For Nothing fournit, outre des breakdowns bien lourds, il élabore des mélodies entêtantes, capables de groover avec puissance et d'embraser. Le second est une application franche à valoriser le songwriting par un son beaucoup plus net. La sensibilité prend tout son sens car les instruments gagnent en lisibilité, la mélodie est une intensité suffisante, pas besoin de saturer l'ensemble. Les refrains sont à l'unisson collégiale du hardcore brut oldschool, l'énergie dégagée depuis toutes ces années est condensée par une approche mélodique newschool.

A4N se libère ardemment et prend pleinement possession de sa maturité, Minds Awake/ Hearts Alive se révèle comme un cinquième opus aussi offensif qu'idéaliste.


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vendredi, octobre 27 2017

OUR CEASING VOICE – Free Like Tonight


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Le cœur peut battre, mais il a battu retraite à l'endroit où les fausses étapes et les impasses le conduisent.


C'est avec cette citation que l'on définit le méconnu trio autrichien Our Ceasing Voice, qui pousse avec son troisième album l'incandescence passion du gouffre dark et de la volupté angélique.

Depuis leur premier opus When The Headline Hit Home en 2011, le groupe jalonne à pas gourd une merveille musicale purificatoire, capable de délester le souffle court du poids de l'existence par une lumière secrète enivrante. Véritable diamant brut habité par une belle âme qui ne cache pas ses faiblesses That Day Last November leur second album avait ce désir capiteux en lui. Une force acérée par des atmosphères et des mélodies incantatoires de post-rock. Mais il manquait une épaisseur, une gravité certaine, avec Free Like Tonight tout prend acte et existence. C'est un accomplissement légitime après toutes les étapes de la musicalité du groupe, car il y a véritablement un souffle supérieur.

Leur post-rock est sépulcral et leur shoegaze ambiant est baroque, c'est à la fois émotionnel et mélancolique par les fréquences de beauté dark que ce rock fouette en une caresse de plume, et de cire chaude pour faire frémir en contraste avec des courants d'air glacial. Le chant crépusculaire du nouveau membre Dominik Dörfler ajoute une atmosphère de profondeur et d'affliction vraiment très sombre. C'est littéralement un atout majeur dans la nouvelle approche sensitive à la teinte noire du groupe.

Leurs chansons convoquent les passions dans des ruines, elles ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un cœur qui bat. On en jouit, on peut même en peindre la silhouette éclore du bout des songes. Ces chansons sont comme une rose en floraison dans notre fort intérieur buisson ardent. Il y a des épines partout tout autour et il est impossible d'en forcer l'éclosion. Malgré le fait d'en être absolument épris du regard, il faut en être contaminé corps et âme.

Ainsi lorsque la rose s'épanouira en vous, alors seulement vous pourrez la contempler, ressentir son pollen et finalement la connaître. Son doux venin est précieux, cette beauté pure ne doit pas être prise avec légèreté. Il y a une telle profondeur dans cette remontée des limbes qu'elle dévoile une vérité jusque là insondable. Ce n'est pas un décorum dark comme on a l'habitude de nous en vendre la pâte poussiéreuse.


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Ce disque hante par sa morsure dans les blessures assassines. On pourrait craindre la douleur de sa brûlure, il n'en est rien. C'est comme quand on touche brièvement la flamme d'une chandelle, nous ne ressentons aucune douleur. Ce n'est pas de la magie, les flammes jaunes dansent au dessus alors que le bleu du feu est la combustion, la partie la plus chaude de la flamme se trouve à la lisière entre ces deux zones. Our Ceasing Voice est la bougie éclairante, pas la flamme dans le mouroir de l'âme impure.

Écouter une musique élégiaque fait fleurir une sensation de tourment, de souffrance, d'affliction. Les personnes mélancoliques perçoivent dans ce retrait naturel un besoin automnal de faner, pour mieux se renouveler avec une vivacité printanière. Un cycle introspectif empreint de sobriété et de recueillement afin d'écouler le trop plein, se délester de l'accumulation de la souffrance, de l'anxiété, de toute cette incertitude.

Mon sang coule dans le feu de mon existence, mon cœur bat sans limite, mais si l'amour se consume pour ne plus devenir que cendre, alors la douleur sera en moi. Les larmes que l'on ne pleure pas chutent toutes en gouttelettes avec tristesse, elles viennent percer le cœur à vif et martèlent la pensée de toutes les larmes à verser. L'album est sombre et poétique, dramatique et remplit de même attachement du lierre sur les pierres, avec un sens raffiné des longueurs ouatées, d'une densité lugubre, d'atmosphères pénétrantes, atmosphériques, intimistes, de mélodies accrocheuses, où les braises crépitantes de l'enfer s'éteignent sous la pluie dépressive saturée de désespoir.

Ce disque plonge dans le même état comateux que le sublime Industrial Silence des nørvégiëns de Madrugada. Our Ceasing Voice érode, fait frémir dans ce cimetière à cœur ouvert la beauté mélancolique de son post-rock spleenétique.


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jeudi, octobre 19 2017

BODY COUNT – Bloodlust


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La machine est lancée et sa densité de pénétration sur les nouvelles générations risquent de provoquer une explosibilité indéniable.

Un monde qui bascule dans la ségrégation raciale, dans les inégalés des richesses, dans le clivage religieuse, le repli communautaire, il n'en fallait pas plus pour que le Bodycount se réveille et revienne de son sommeil, non pas comme une ombre, mais comme une réelle et fondatrice sédition unanime et frontale.

En 2014 le groupe lance pour son retour l'album Manslaughter, il excite et aiguise la révolte, Bloolust enfonce le clou 90's du riff métAl-HxCore d'Ernie-C motherfuckerrrrrrrrrr, et des lyrics déversant sa vindicte véritable avec la signature du grand Ice T en MC bastard. Le son est juste dopé comme un bodybuilder, la rythmique est un tonnerre tonitruant et menaçant, l'ensemble est une agression sonique pour une vendetta en bonne et due forme de Vigilante.

Désormais l'engrais fertile contemporain fertilise le champ de haine généralisée et prend racine, avec lui spoliation, aggravation, crispation, répulsion, consternation, perdition, agression... Cette matière première irascible apporte au groupe Body Count la matière première pour poser atmosphère insalubre et lourde de tension extrême comme des violences urbaines, un groOve manifeste, une accumulation de paroles agitatrices de colère et de mépris. Le justicier social Body Count est insoumis et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française et de sa propre construction, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre. Tout comme le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, son Bloodlust est en une inspiration  : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Bien entendu il s'agit ici de musique, le Ice T est formaté à la société du spectacle, il sait comment distiller sa propagande mercantile. Entre Cette machine tue les fascistes la citation figurant sur la guitare de Woody Guthrie en 1941 et le spectacle qu'engendre les engagements politiques et humanitaires de Jean Bono de U2 à la TV (moins son retournement de veste spectaculaire quand son groupe a transféré aux Pays-Bas le siège de la société U2 Limited pour moins payer d'impôts en Irlande.) il y a tout un monde, une époque, et une vision différente. Où est la supercherie ? Qui est sincère (et pendant combien de temps) ?

La frontière est mince, illusoire, mais pour le cas de Body Count, la couleur de peau fait office de vérité, sa liberté de parole est fondamentale. On ne peut lui donner tord, tant elle tord le cou en filant des courbatures, surtout au...


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Pour cet opus, il y a une cover/medley « Raining In Blood / Post Mortem » de Slayer, histoire de rendre compte de l'historique de Bodycount, et de cette scission de leur spirit & sound entre Suicidal Tendencies – Public Enemy – Slayer.

Spécial Guest on n'est pas en reste avec le chant de Max Cavalera sur « Black Hoodie », Randy Blythe (Lamb Of God) sur « Walk With Me… » et un solo heavy de Dave Mustaine (Megadeth) pour Civil War.


jeudi, octobre 12 2017

SLOWDIVE – Slowdive


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Le retour feutré du shoegaze de Slowdive fait partie des correspondances que l'on cajole.

La luminosité de leur musique s'ouvre telle l’Épervière frutiqueuse au tout début de l'aurore et en tout fin de journée crépusculaire avec l'Hipomée pourpre. Comme le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes, Slowdive réalise une prouesse identique avec nos émotions enfouies. Sa faculté musicale est empreint d'une délicatesse d'orfèvre, avec ce quatrième album le temps se dilate et referme avec lui , le doux parfum capiteux des réminiscences et celui de vivre le plein instant.

Slowdive c'était il y a longtemps, vingt deux ans en arrière, dans une autre vie maintenant. Ce groupe était un point lumineux dans la noirceur de l'inconnu. À la mode Shoegaze dans la première moitié des 90's, le jeune groupe est insouciant avec la tête plongée vers le sol, sans pomper l'air. Il jouait avec détachement des embruns soniques, émanation superbe et incandescente que la dream pop en fera fructifier le penchant acidulé en un temps suspendu. Puis le glas est survenu avec l'emblématique britpop et dissipa en un coup de vent médiatique les nuages shoegaziens pour la grisaille arrogante du royaume britannique.

Dans l'ère contemporaine Slowdive est une influence fertile, post-rock & blackgaze lui doivent leur co-existence. Depuis un appel d'air nostalgique qui empile le retour des Pixies, Blur, les Stone Roses, Ride, Lush, My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chains, en 2014 le groupe remet son art sur scène, puis apparaît cet album. Le band joue ses effluves mélodiques indolentes dans une torpeur ténébreuse, avec ce spleen émotif, pudique, dans une époque qui a toujours du mal à se détacher de sa dépression. On émiette chaque titre en s'enracinant à cet opus éponyme à chaque écoute. Le groupe y injecte une tristesse tranquille, et sa mélancolie écumeuse dépose sur chaque ressac émotionnel reçu une infinie quiétude.

Il y a une lumière incomparable sur cet album, celle d'une maturité que l'existence féconde avec lenteur. La brume sonique n'est plus ce parfait isolant thermique à nos anxiétés-souffrances que le groupe a édifié en un mur blanc shoegazien. C'est désormais une cachette onirique, où perle des puits de jour. Ce retour attendu délivre un engourdissement nécessaire à l'ébullition ardente que le monde presse dans sa dynamique clinquante de boule à facette. Si il te semble que c'est trop propre et fade, écoute sans rien attendre, alors le vide en toi se remplira de lumière.

Les amoureux de l'air libre apprécieront cette dépressurisation perpétuelle des anglais de Newcastle. Parce que leur cœur s’ouvre à cette voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant la bise blonde de l'aurore ! Slowdive est un bien-aimé qui sèche les pleurs, rassure la tendresse avec ses mélodies d’autrefois, et permet que l'on se verse dans sa coupe, pour voguer dans l’ivresse ! Sous sa brise légère le cœur frémit d'amour et de compassion. Le cœur s’ouvre à sa voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant le baiser noir du crépuscule !

Slowdive revient et avec lui la douceur.


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mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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