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chronique de disques

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vendredi, juin 22 2018

MONSTER MAGNET - Mindfucker


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Avec Monster Magnet une multitude de questions primordiales affluent sans cesse : Est-ce que ce groupe se colle au réfrigérateur comme n'importe quel de magnet ? Y a t-il un monstre sous le capot depuis la stagnation satellitaire du groupe ? Est-ce que Dave Wyndorf a fini ses ablutions de voix réclamant avec ironie la légalisation des drogues dures ?

Mais faisons fi de toutes ces considérations légitimes car dès le premier titre cela commence par « Oh my God », Bigrëeeeeeeeee du coup est ce que le chanteur fait vœux de repentance ?

Et bien si le gars du New-Jersey fait amende honorable, il ne peut tout de même pas se détacher de ses racines de peyotl qu’il a inhalé en mâchant avec un whisky coca, sinon les fans ne comprendraient pas à quoi cela servirait d’écouter les élucubrations du Monster Magnet si derrière il n’y avait pas une histoire de soupape en drogue ?

Parce que Monster Magnet pour le définir musicalement, c’est un gang motorisé de MC5 Stoogissant sur l’asphalte intergalactique un space rock où Hawkwind rêve de nuit torride avec Black Sabbath, et sous l’œil narquois de la caméra Warholienne du Velvet underground. Grosso mode quoi !

Du grunge ? Nan, du rock des seventies avec l’alliage spatio-temporel des 90’s plutôt. L’ère moderne ne figure nullement, mais comme c’est un trip spatial, tu peux tout imaginer. D’ailleurs je t’en conseille l’escalade ébullition.

Avec son sens du riffing emprunté à Ace Frelhey, de ces abracadantesques histoires de songes, et toujours cette brumeuse atmosphère fuzzienne de garageux psychédélique bravant le fiel hallucinatoire d’un Sky Saxon (The Seeds), Monster Magnet délire dans son cosmos en paix avec ses démons. Ainsi son transbordement sonique évoque bien des délires musicaux.

L’on sait la ligne qu’il suit, elle pique un peu aux narines, et on peut même calculer sa trajectoire de météorite solaire, parce que le vieux capitaine erre dans l’espace lunaire sans autre but que de dériver sans cesse vers cet ailleurs hallucinatoire dont il recherche l’ivresse, et la quête depuis le commencement de son big-bang musical.

Dave Wyndorf rayonne donc toujours, car c’est une personne éclairée ayant reçu la lumière et la beauté tout en étant en mesure de la transmettre. Son groupe en reçoit la bénédiction saturnienne, précipitant des sensations suprêmes d’essence sonique, de matrice à l’énigme immense, comme un langage qui ne dit rien et qui dit tout de la tectonique des plaques soniques. Ses sonorités punk sont salies avec de la poussière d’étoiles sablonneuses. C’est en cela que Monster Magnet appose sa spiritualité à travers tout le cosmos telle une supernova.

Mais peut-être qu’elle est déjà morte, et le temps que l’extinction de sa luminosité nous parvienne, on voit encore l’étincellement qui équivaut au même temps que le refroidissement du canon du fusil, c'est-à-dire un certain temps, et dans ce jet d’incertitude, autant coller votre attraction terrestre dans les astres électriques de Monster Magnet...En attendant.


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jeudi, juin 14 2018

TRIBULATION – Down Below


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Depuis 15 ans les Suédois de Tribulation ont rongé leur os et coutumes dans de nombreux styles musicaux, du death au thrash, prog, dark, vers cette recherche du temps perdu Proustien certainement, bref…Du côté de chez Satan, ces ‘’Children Of The Night’’ sont enfin reconnues par le peuple des ténèbres.


Dès lors, les glameux du black metAl reviennent avec la même outrecuidance qu'on leur connaît. De la sorte qu'ils prédominent dans l’art de satisfaire les désirs enfouies que l’on doit au diabolique. Ce nouvel album intitulé ‘’Down Below’’ appose des compositions vermeilles coagulantes de vice, et déverse cette teneur méphistophélique que l’on entend quand le démon a pris possession de votre corps. Il est à noter à cet effet la participation diabolique de l’organiste Anna Von Hausswolf sur le titre « Purgatorio ».

Il y a beaucoup de tension dans les attraits soniques et ténébreux de cet opus, avec parfois une légère tendance de musique électronique, de torpeur heavy seventies Ghostien, et même une face obscure obligatoire avec des mélodies accrocheuses.

La nostalgie mélancolique envers cette foi méphistophélique souligne l’art du grotesque par la sublimation de ses effets passéistes, et dans cette vérité idéale pour les sentiments propres à une pensée noire. C'est perceptible dans ce liant cher au stoïcisme comme avec le titre étincelant ‘’No tears no fears’’, et l'on peut l'entendre aussi comme une vérité crue qui dévore sans flétrir à travers le titre ‘’ No rain no flowers ‘’.

Il pousse pourtant dans cette pépinière un abîme d'images défiant avec superbe cette célébration Ô consonance Black Métal, avec une pincée du death de Opeth à ses débuts. Tout comme derrière la froideur d’un death rock inaugural se découvre un mood horrifique, il est indéniable alors d’en entendre la profondeur avec des similitudes d’atmosphères à la Tim Burton.

Relier dans cet espace-temps les perspectives de la félicité seventies heavy et le nacre lugubre du métal noir, réverbère une cohérence harmonieuse à cet album et souligne enfin que Tribulation ne cherche plus, car il s’est trouvé, enfin.


Certes, il est indéniable que d’autres groupes professent un ton plus doctement ambitieux que Tribulation, mais leur musique leur est pour ainsi dire étrangère. Ils font de la musique pour pouvoir en vivre non pour se connaître, se reconnaître ou pour se rencontrer. Alors que Tribulation est étrange et secret par l’entremise sournoise qu’il dévoile sans fard là où se cachent vilement les ténèbres.

Nous entrons en lice au milieu des cris de châtiment qui hantent les déplorations des enfers, pourtant il se cache quelque chose de plus mystérieux dans l'obscurité, on le sent, on le sait, et avec la même subtilité secrète la pochette reflète des ombres féminines vivaces dans la matière peinte. Il est certain que dans sa noirceur le groupe réussit à apporter de la lumière, certainement lunaire, et donc féminine.

Ce disque aussi bestial que sensuel mérite une plus ample écoute approfondie, il se découvre un soir de pleine lune avec l’adoration vénéneuse que porte au folklore les fétichistes des disques vinyles.


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mardi, juin 12 2018

CHRISTOPHE SOURICE – La Crise


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Christophe, chanteur et batteur au sein de la fratrie Sourice, laquelle est l'entité paternelle des Thugs plus commune pour les amertumiens de musique amplifiée, revient avec un 7 pouces, soit 18 cm de plaisir audacieusement sonique.

En 2001 il avait sorti sous le speudo Droom Mix un album éponyme chez le label Bordelais Vicious Circle, suite à la séparation du trio angevin. Suite à un désistement en 2015 indépendant de la volonté de l'auteur Thugsien, le 45 « La crise » n'avait pu sortir, le label Slow Death répare la fuite avec l'apport du jeune label Nineteen Something.

« Le mot de trop » et « La crise » baignent dans le power rock avec une acrimonie contenue, teintée d'un cynisme nonchalant. On retrouve le charme du mur du son Thugsien, ce ton pastel pop, le punk rock mélancolique, la dureté rageuse désinvolte, l'explosion sonique, le sens de l'accroche d'un songwriting aux mélodies imparables.

« Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante » disait Friedrich Nietzsche, et Christophe Sourice a bien saisi la nuance avec son 2 titres de comète bouleversante.


lundi, juin 4 2018

TWO TONE CLUB – Don’t Look Back


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The Two Tone Club est un club de qualité, très select au niveau de ses choix musicaux, il est ouvert à toutes et à tous, et c'est le meilleur club, assurément !!

TTC débute sa carrière en 1999 à Montbéliard sur les cendres des ex-Gangsters All Star. Munit d’un spirit 60’s early reggae rocksteady beat des Skatalites, du mood 80’s two tone avec le brassage de The Selecters, l’union de The Specials, le cocktail de The Beat, et avec le sens groOvy et l’élégance racée de The Aggrolites. Il a dans ses hanches des concerts à travers toute l’Europe, avec les meilleurs du genre, et fait que TTC est depuis un pilier en la matière.

Un changement de line up en 2016 propulse un nouveau chemin des possibles. Dix ans après l’excellent « Now Is The Time » produit par l’ex-Aggrolites Brian Dixon, et toujours édité par le label des Productions Impossible Records, avec son titre à la Oasis, « Don’t Look Back » produit par Tony Platt, connu pour ses collaborations variées avec Bob Marley, Aswad,   AC/DC, Motörhead, Gary Moore ou Buddy Guy, affranchit littéralement le groupe. Les guitares sont saillantes ou prompte à vous enlacer de groove, les cuivres satinés par une patine de couleurs luxuriantes, les claviers passionnés par un sens pointilleux de la chaleur, et la rythmique est carrément magnétique. TTC est un orchestre à skanker 14 compositions variées, prêtes pour Clasher une attitude fédératrice punk, avec ce truc si Specials de Coventry.

La musicalité de TTC c’est aussi un sirop doux, fin, pour un raffinement sonore Motownisé. Parfois c’est sec et expurgé au point d’assimilé la classe de Stax avec. C’est dans tous les cas une osmose entre le son original et sa plasticité sonore, l'exigence contemporaine avec le marbre ancien. Avec sa musicalité de mutation eighties, sur le long terme, Two Tone Club est parvenu à se libérer de son admiration pour sublimer sa propre esthétique musicale. On le perçoit finement avec les chorus de sax ou de trompette toujours justes, minimalistes et clinquant d’une patte gracieuse. La justesse et un équilibre des forces mélodiques, harmoniques, pondèrent la frénésie qui se cache derrière. Ce constant est flagrant dans l’intégralité de ce joyau.

On retrouve l'ensemble du mood de TTC, avec une distinction de stabilité et de plénitude dans chaque titre, bénéficiant de succulents instrumentaux, et même northern soul sur « I’m Not Safe With Your Love » le 7’ bonus dans la version vinyle.

The Two Tone Club est un club de qualité, très select au niveau de ses choix musicaux, ouvert à toutes et à tous, et c'est définitivement le meilleur club munit d'un swing phénoménal !!


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lundi, mai 28 2018

LANE – TEACHING NO TO PRAY


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Juste avant que l'an 2000 puisse étourdir religieusement les fidèles en manquent de repère vers la détonation de leur extrémisme, les Thugs avaient fait acte de cessation sur le compte à rebours de leur destinée. Si le mythique groupe était à l'abstraction musicale ce que la peinture de Pollock et Rothko fut en terme de vertige, un manque flagrant de spiritualité sonique s'est fait audible dans le bruit de fond du début du 21ème siècle.

On a souvent considéré dans l'underground les fans des Thugs comme des étudiants proprets, appréciant la fluidité progressive d'un shoegaze/noisy. Pas assez sale, pas assez rock'n'roll, pas assez venimeux, le mur blanc d'élévation musicale semblait trop haut certainement pour les rockers bas du front.

Depuis Seattle sur invitation de Sub Pop en 2008 puis par le Non-Reform Tour, la re-formation des Thugs aura permis de faire découvrir le groupe le temps de quelques dates aux nouvelles générations. Les frères Sourice, Eric (guitare/chant) et Pierre-Yves (basse) se joignent à un autre Sourice, Félix de son prénom et fiston de ce dernier, avec les frères Belin, Étienne et Camille pour la formation de LANE. Twenty Something le label qui réédite les groupes d'hier aura permis de ressouder cet alliage des métaux lourds émotifs, puisque les Thugs (Sourice) et Daria (Belin) fusionnent désormais en Love And Noise Experiment. Le label Nineteen Something naît de cette distinction.

TEACHING NO TO PRAY est direct, empli d'une sincère émotion, d'une authenticité intacte. Entre constat de puissance et volonté d'agir dans une tenace mélancolie sonique et une noise touchante, la musique rageuse et explosive pénètre avec force. C'est un EP 4 titres de speed pop shoegaze transpercé de riffs de guitares lourdes, dopés au cocktail d'ambiances appuyées par moments, et plus légères à d'autres, mais toujours avec un son brut de décoffrage, qui ondule entre un rock poignant emplit d'incursions pop fréquentes et de hautes giclées blanches avec le "pied au plancher".

TEACHING NO TO PRAY érige son mur du son d'Angers comme il suspend des larmes de sang musicale, et ce, jusqu'à ce que son émo-rageuse devienne foudre sonique.


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mardi, mai 22 2018

Encycløpédie Müsicåle, Tw comme...

Twist : Musique à l'initiative du métier de kinésithérapeute, causé par la dislocation consécutive des hanches et des genoux des participants à sa danse éponyme.


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vendredi, mai 18 2018

FU MANCHU – Clone of The Universe


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Dis le toi une bonne fois pour toute petit scarabée, fondée en 1987, la maison artisanale Fu Manchu c’est trente ans de carrière sur tatamis sonique, pour douze albums studio.

Depuis cette date, le groupe a toujours sculpté dans une matière première de qualité la noblesse d’un art musical Stoner/Rock psychédélique 70’s & 90’s, avec des vapeurs bluesy remplies de fougue vibratoire groOovy et d’énergie cosmique, pour une friture magique de Fuzz et de tempos à la gracieuse lourdeur.

Diantre t'exclames-tu tout étourdi.e ! Mais attends, plus punk que Queens Of The Stone Age, davantage heavy que Kyuss, bizarrement on ne peut pas dire pour autant que le groupe ait brillé dans le peloton de tête de la vague stoner. Pourtant les Californiens possèdent cette spécificité géographique comme apport singulier à une musique ensoleillée de torpeur et d’énergie revigorante. Apparemment ce n'était pas suffisant...

Avec le recul nécessaire sur leur discographie émérite et sur l'ensemble des sorties stoner, ce disque fait du bien pour l’épaisseur de son contraste, la dynamique transitoire qu’il apporte avec style et panache. On s’éloigne ainsi de cette symptomatique fabrication de disque similaire aux riffs usités jusqu’à en vomir d’analogie. Sans non plus être transgenre, le groupe se fait entreprenant et luxuriant, alors quoi de mieux pour poursuivre l’aventure stonique hein ? C'est vrai quoi, comme dit Baloo Il en faut peu pour être heureux. Parce que « Clone of The Universe » fait acte de mutation avec sept morceaux scindés en deux parties entre claque et caresse. Mmmmmmhhhh dude !!

Le quatuor toujours aussi marabouté de rythmique catchy utilise sa forte coloration heAvy-pünk en intensité active tout d’abord, afin de perpétuer par la suite son sens du groove rossant sans atour des solos wah-wahesque, et tout en développant des textures fuzziques à souhait. Puis les Californiens se font plus disparates et bilieux dans la seconde partie, en ralentissant le tempo de prime abord, posant la lourdeur de la basse, pour faire venir le morceau dans un bain de flanger tourmenté.

Un final de 18 minutes pour le gargantuesque instrumental « Il Mostro Atomico » avec la participation d’Alex Lifeson du groupe Rush, exonère de tout propos quant à la qualité hautement diluvienne et sonique du culte stonien que l’on voue à Fu Manchu, et qui n'a rien à voir avec la présence d'un membre de Rush, il était important de le préciser.


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jeudi, mai 10 2018

DEATHCULT – Cult Ot The Goat


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Une fratrie de Norvège est revenue des limbes depuis son unique opus dégrossi sous la ceinture à balle avec Cult of the Dragon en 2007, et une démo auto-produite Cruel Rehearsals en 2006. Pour rappel, Deathcult est un projet initié en 2006 par Thurzur et Skagg de Gaahlskag mais également par le tristement célèbre Hoest, membre fondateur de la formation norvégienne culte Taake.

Baptisé par maître cornu himself, ce "Cult of the Goat" a été enregistré au Grieghallen Studios par le légendaire Eirik “Pytten” Hundvin, il est sorti via Soulseller Records. Outre le groupe, en guest il y a Attila Csihar de Mayhem prêtant sa voix d’outre-tombe, Gjermund Fredheim, guitariste d’Orkan qui s’est afféré à la guitare/sitar/guitare baroque, Dirge Rep (ex-Gehenna, Nordjevel, Aura Noir) pour les paroles, ainsi que Carmen Boveda et Gøril Skeie Sunde pour le violoncelle.

Quarante minutes de black metäl en adoration à Satan à la manière démodée avec haine et blasphème, forcément il y a du Mercyful Fate et du Darkthrone dans ces cris stridents poussant à l'agonie. L'opus est bien charpentée dans sa robustesse, structurée dans sa puissance, cette musicalité brute pour la pureté de sa crudité rétro offre aux auditeurs modernes du metal un album varié, surprenant, sans vraiment l’être fondamentalement.

Les orchestrations apportent une réelle dimension outrecuidante à cet album, puisque la variété instrumentale déjoue la monotonie, amplifie l’approche moderne sans se départir de son côté vintage. Les atmosphères de métal noir mélodique propulsent la cadence martiale où se forment les paysages sonores des immolations soniques. On y entend la froideur gothique tout autant que la chaude bestialité du black des 90’s, le post-metAl 2.0, le psychédélisme raffinée du Hard-rock à Led Zep.

Dans cette fable sonique de la chèvre et du bouc émissaire, les cornes font feu de tout bois pour ce culte mortuaire, surtout que Deathcult est une vieille brebis galeuse qui suit avec ostentation le dicton Belge " Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne."


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mardi, mai 8 2018

KING KONG BLUES – Make Rock'n'Roll Great Again


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Ils s'appellent King Kong Blues et font du rock'n'roll. Un batteur, deux guitaristes, point.

Un bassiste ? Un claviériste ? Ou pire un saxophoniste ? Mais naaaaaaaaaaan ! T'es pas fada, ça grille du riff comme on écrase un clope avec énervement. Il y a une électrisation rock'n'roll chez ce trio très forte, capable de venir catapulter le blues cradingue avec effervescence contre l'ivresse sombre d'un Bashung même parfois. C'est d'autant plus rare si ces temps-ci, alors c'est vraiment cool de ressentir le fumet du rocker Strasbourgeois, surtout avec cette ambivalence sèche, ce goût de pizza...

Y a aussi un lien prolétaire à parler le langage de la rue sans mépris, et avec une once d'insolence à la Trust, ce qui ne fait qu'ajouter de la vigueur à l'ensemble. D'ailleurs parfois aussi on est pas loin du hard rock. En fait on est dans un mélange qui fout un coup de starter dans le carburateur, dans cet aqueduc sonique fleshtonien qui dégorge les tripes et se soigne chez Dr Feelgood.

Ce qui est certain c'est que c'est pas du boogie-woogie, c'est trop sec et turgescent même pour se tripatouiller la nouille pépère. Non vraiment ça pègue au corps comme si The Jerry Spider Gang et l'agitation élancée du Jon Spencer Blues Explosion avaient pris bloc. Mélodiquement on sent une urgence idolâtre à manier le rock Hi-energy dans le limon bluesy raw'n'roll.

Gilou le batteur et Gino un des guitaristes jouaient dans Orange Macadam, puis Alex qui avait fait ses armes dans les Caraks ( du punk-rock très marqué Clash et Ramones) a scellé le trio. Make Rock'n'Roll Great Again est leur premier opus produit par Martin Guevara (Capsula) dans son studio de Bilbao, le groupe a par ailleurs un premier E.P éponyme 6 titres à son actif.

On sent de suite la transpiration sur les amplis, forcément KKB est une bête en concert et tourne depuis 2015 dans l'hexagone et en Espagne, Belgique/Hollande, il a ouvert pour les Fleshtones, Powersolo, Météors, Black Diamond Heavies, les Wampas. Le chant est en français, anglais, espagnol, ouaie encore un truc de mélange, ça te file la gueule de bois, et sans ce goût frelaté qui toise un style avec caricature. C'est grisant, car cela vient très certainement du rock alternatif des 80's tout cela, et de Chuck Berry leurs influences...Alors forcément à la fin on voit décoller des Soucoupes Violentes, ou apparaître le King Kong, the Beast.


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Si le nombrilisme ethnocentrique de la variété française est le gaz moutarde permanent qui n’admet pas la propagation du rock dans l’hexagone, KKB tout en venant de racine très classiques, fait un truc à part, complètement revisité pour une interprétation bariolée.

King Kong Blues caresse le rock comme le King Kong de 1933 la blonde Ann Darrow (l'actrice Fay Wray), ou pour user de la métaphore rockienne, c'est comme si Bob Log III avait chopé une Cramps en regardant Johnny Thunders, alors ce trio fracasse : « Je vous dis qu'il y a quelque chose derrière ce mur que l'homme blanc n'a jamais vu… »




dimanche, mai 6 2018

TURNSTILE – Time & Space


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Turnstile est reconnu pour sa fusion hardcore des nineties dans le microcosme du HxC, depuis son éclosion et sa signature dans l'émulation musicale du groupe Universal, Roadrunner Records espère un retour sur investissement correspondant à un taux de progression de 2,5%. Est ce que le groupe va tromper pour autant son monde dans la volubilité musicale ?

En guise de réponse concise les amerloques turnstilisent leurs nouvelles compositions d'une robe 90's, ainsi les couleurs chamarrées ondoient sous le charme coloré du pessimisme grungien et du punk indé.

Passionnant pour sa qualité polymorphe, les coreux vont encore détester ce groupe qui crossovise pour fixer des compositions kaléidoscopiques sur le mur des lamentations orthodoxes, et en libérer l’interaction passionnelle. De ce fait il y a une diversité du sens des ellipses soniques, un choquant sens de la contorsion.

Les kids de Baltimore jouent à saute mouton noir avec l'énergie de Bad Brains, l'émotion de Snapcase et concocte un HxC hybride avec des sons plus variés, une prise de risques plus marquée et une musique plusaudible.

Du relief et de l'éclat, de l'éclatement multiforme, protéiforme même, branché dans la prise de Beck aka The Breeders en saine Jane's Addiction, brossé dans le sens du poil déjantée de Blur, il n'y a aucune cohérence artistique, aucune cohésion, tout va dans tous les sens sans jamais se prendre au sérieux.

On se connecte à une basse tout en groOve, dévoyant la part mélodique de son gouffre à émotion, tout à une rythmique lourde déposant des variations et des breaks mid-tempo. Les vocaux débridés alternent souplesse et rugosité, et si le riffing est basique, il est sous-couvert d'une approche reverbétique et maelstromesque. Cette élasticité pop distille électricité cheap pour repeindre la tête à l'acide.

Ici pas de fioritures, juste de l’énergie brute, et juste ce qu’il faut de sens mélodique pour que ce soit bien plus puissant que n’importe quel brûlot punk. C'est un album de rockcore lourd et efficace avec lequel on n'a pas fini d'ébouriffer le cyclone à délire avec cette surdose de désinvolture décalée.

Ce deuxième album mouve un précaire de contrastes stylistiques avec un sens de l'économie du langage que son aspect brut confine à une ascèse trippante. De tels arguments m’avaient ébranlé sans m’avoir jamais convaincu en première écoute. Je ne trouvais de réponse tout en sachant qu’il devait y en avoir une pour répondre à mon cœur. Mais à partir de la seconde écoute, là mes enfants ça a twisté sévère de la saccharose lourde et acide, diligemment digéré par la Génération Y dans sa nutrition fourre-tout discographique.

Un disque qui sans t'en douter une seconde, jeune, va te péter à la gueule, mais oui ce groupe est fun !


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lundi, avril 30 2018

IMPUREZA – La Caida De Tonatiuh


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Les gypsies Kings du Death metOl reviennent hanter les précipices deathaliques avec un album somptueux.

Formé en 2004 par Lionel Cano Muñoz (Lionelito) et après la révélation d’un premier, « La Iglesia del odio », ce second opus respecte les racines du groupe, pionner d'un genre novateur technico brutal flamencö Death.

Impureza banderille avec incantation des interludes hispanisants avec des guitares acoustiques pour contraster avec une musique autant grandiose que brutale. Côté technique froide et épique c'est Nile avec un univers grandiloquent, lourd, et foncièrement brutal. Pour le death c’est Suffocation spirit.

Le groupe a poussé sa musicalité ibérique dans la veine historique pour cet opus et l’on écoute religieusement cette narration teintée d’hémoglobine sud-américaine. On peut le mettre en liaison avec le film « Apocalypto » de Mel Gibson, tant la barbarie, la liberté primitive trouvent ici un contrepoint élégiaque à cette œuvre.

C’est très copieux, cela n’empêche nullement d’être possédé d’une fluidité extraordinaire pour y serpenter dedans, et à un transgenre sonique d’advenir en épiphénomène.

Cet album possède quelque chose d’étrange, dans le sens où il a une singularité hors norme par rapport au style musical initial et de sa référence nord-américaine, et à la fois la liberté d’exprimer un côté très hispanique qui ressort comme une nouveauté. Et c’est bien avec ce vent de fraîcheur que l’on se sait contaminé et bouleversé. Par contre musicalement on n’est pas du tout dans le crossover Brésilien de Cavalera Conspiracy. De ce point de vue-là, on est plus du côté Argentin/espagnol avec l’allégresse hispanique et son effroyable nécessité sanguinaire, et de la partie andine versus inca.

L'album a été produit et enregistré par Sylvain Biguet (Klone, Trepalium) et mastérisé par le vainqueur de trois Grammy Awards, Bob Katz qui réussit à mixer les sonorités agressives du brutal death à la beauté du flamenco traditionnel. De plus les parties growlées sont en espagnol et le soliste tel un matador exécute une maestria de solos avec une grâce absolue.


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samedi, avril 28 2018

GURA – Caligura


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Les fils prodigues des Stooges rentrent tout juste de Mercure pour vous faire rôtir les cages à miel dans l’avènement gluant de ce « Caligura » fort jouissif.

Si vous avez la préciosité mélomane de récurer au quotidien votre encéphale avec un papier de verre de qualité noisy et sludge, il ne vous saura pas anodin de vous munir d'un tulle gras de circonstance pour essuyer le salpêtre explosif de cet alboOoüm tonitruant.

Depuis 2004 à Gand,  ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l'Escaut de Frida la blonde...Gura manifeste une envie indécrottable de jouer avec la boue et la suie. Le groupe a sculpté des formes neurasthéniques de combustions dont la mue depuis 2015 avec l'arrivée d'un saxophoniste, vient à point nommer un style d'expérimentation sonique assez torride pour vous en jaser la libation.

Dès la première effraction de mesure on déboutonne son froc et laisse aérer la toison pubienne car on sait intuitivement que cette indolente errance de free-sludge accole une descente des profondeurs de doom cosmique. Diantre nous y sommes, ben oauie à la convergence de notre voie lactée, à ce point de rendez-vous de tous les fêlés de la planète qui ont cette sublimation existentialiste de vénérer l’outrage et la désinvolture, avec une violence de l'acte et la beauté du geste fou.

Tu ne vois toujours pas de quoi je parle et où je veux que tu ailles hein ? Dis toi que l'absurdité des contrastes adhère à l'hystérie collective dans ce disque. Donc forcement que ce groupe a pioché sans vergogne dans la discothèque de leur parenté ces disques dégoulinants de stupre sonique que les sixties/seventies en avaient régurgité la convection libertaire en mélangeant autant de drogue qu'il existait à cette époque précise. Ainsi la basse tombe le masque de plomb dans la lave volcanique d'un surréalisme du trouble, le saxophone dégueule des morceaux entiers de stridences saxo-cacophoniques, oui bon et ben allez Zu quoi....La batterie poignarde une marée de toms et de cymbales dadaïstes, le hurleur vomit du sang vocal dans le mélange d'une poésie de beatnik au point que l'on en perd son Fluxus !

Il est vrai que cette façon d'empiler des strates musicales en cube du vorticisme est habituelle pour le fan de Stromae !?! Mais selon la défiance universelle étrangère à sa zone de confort, je ne saurais que trop vous conseiller de suspendre vos doutes et mépris au croc de boucher de Leatheface et d'aller vagabonder dans le nectar outrecuidant de cet opus. Tant la pesanteur d'un Down sous acide y cloque d'indépendance, que les extravagances d'un Primus au haschich acétifie les thèmes progressifs, que le rock à moustache de Franck Zappa se bourre d'une toison de souffre sonique visqueuse, pour que l'acid rock frappadingue d'Amon Düül II en intensifie l'effervescence attraction.

Dans la passion fulgurante que la vie apporte à chaque écoute d'un Gråäl audacieux et jubilatoire il y a des instants de doute et de folie que l’usage de la musique réussit à adoucir quand la tempête s’immole dans la pureté d’une eau qui en éteint l’incendiaire. C’est avec ces moments de soulagement que la vie d’un mélomane se trouble à l’ordre divin de l’existence musicale, juste avant d’être à nouveau terrassé sur place par la puissance de feu d’une autre musique aussi sauvage que le plus terrifiant des orages d’été. Cet album possède la foudre bestiale d’une sauvagerie orageuse dont le rock en est le plus primitif émissaire.

Veuillez à cet effet édifier rite, statue et plus si affinité, parce que cet album foudroie avec l'impétuosité menaçante de déraciner vos idoles. Ceci fait acte de fulgurance, mais ne vous y trompez pas dans quelques temps, la coutume de son écoute altérera une routine qui en étouffera le brasier, et alors ainsi ce totem s’oubliera, comme tant d’autres. Pourtant après bien des années de silence il ressortira fétiche, s’entichant d’une aura que les nouvelles générations consentiront pour s’agenouiller à son illumination. C’est à partir de cela que cet opus peut prétendre à sa prestance avant-gardiste et rejoindre le panthéon des œuvres de méditation lumineuse, car « Caligura » est un opus comme « Metal Machine Music » et le « Fun House » traversés de fulgurance de gravitation noire schizophrénique.


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dimanche, avril 15 2018

HARM'S WAY – Posthuman


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Le bruit de fond que Harm's Way est parvenu à inoculer dans la lourdeur de son irrépressible HxC metål-indüs lors de ses albums antérieurs est désormais magnifier dans l'incandescent « Posthuman ».

Mais revenons d'abord au hardcore, style musical intransigeant, au point d'avoir affilié une cohorte de sous-genre et d'épineuse remise en question sociétale, alimentaire, et plus si votre loyauté est assez assujettie au gourou faisant office d'éveilleur de conscience. Depuis les 80's il a fallu avoir l'estomac d'aplomb pour digérer tout le panel exhaustif qui définit le HxC et le redéfinit sans cesse jusqu’à sa parodie. Pourtant l'intégrité incorruptible y règne avec droiture tant dans la posture que dans l'attitude. Ce qui fait foi et acte c'est les lyrics, la musique est l'énergie qui va canaliser l'ensemble, transporter l'énergie à tous les chakras-core disponibles.

Le hardcore a toujours eu un besoin irrépressible de leader, de type au charisme de sergent instructeur, de groupe ayant une influence primordiale au point de muter une vie vers la loyauté HxC.

Sans atteindre encore l'excellence, l'ascension mesurée d'Harm's Way est fulgurante et lui confère un taux suffisamment élevé  «d’alphaness»  pour parfaire sa domination.

Harm's Way a pris le poids fondamental pour ne plus être un rookie, il sait où il va, il a des valeurs solides, il connaît ses limites, sa force, et depuis il la renforce, il l'utilise à bon escient car il sait se dominer lui-même. Il met autant que possible sa personnalité en avant et ne fera pas le moindre effort pour paraître ce qu’il n’est pas. Il a compris qui il était depuis longtemps, et il a appris à tirer avantage de sa personnalité, ainsi il ne fait jamais semblant. Il possède cette aptitude à remodeler sans cesse sa musique, même si il a un sens du beatdown et des breakdowns conforment à la légion contemporaine.

D'ailleurs on en entend encore ce genre de structure leste à proprement dite sur ce disque, mais la lourdeur est différente, moins claustrophobe que leur antérieur opus « Rust », même si les chicagoans réitèrent les tournures électroniques du précédent opus, la variété structurelle abonde d'une évolution, d'une méthodologie pleine de rigueur brutale, aussi pessimiste dans la férocité guerrière 2.0 de sa guérilla froide.

Chaque titre épouse son contraste dans une sinuosité qui pousse à l'exaltation, augmente l'abrasion afin de bâtir un mur du son brut de décoffrage. À coup de hache raw il sculpte avec la flamme de sa radicalité chaque composition en une compression inaugurale de noirceur, emplissant l'espace sonique de toute son extension.

Posthuman n'est pas clivant, il cible comme un véritable réceptacle vers le transhumanisme HxC le plus explosif.


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dimanche, avril 8 2018

SOLUS – Satya Yuga


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Le rose vaporeux Floydien, le bleu hindou, l’orange de Led Zep, et toute une multitude de couleur psychédélique chère au seventies, voici ce qui ondoie dans cet ensemble de stonër-rOck flottant.

Depuis le temps que le stoner tourne autour du psychédélisme et de son stimulus Peace & Love, cela devait advenir, et bien s’est enfin réalisé, avec en sus une orientation vers la conviction védique.

C’est tout un accomplissement, et ce groupe dont la matière sonore épouse les formes de l’hindouisme et de son corollaire mystique en fabrique le macramé. L’apport d’instruments et d’instrumentations relatives à l’Inde est omniprésent et offre un envol lointain. Surtout avec des solos aériens sur une musique floue chère à Pink Floyd.


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Pour le côté mystique du stoner c’est sur la branche Led Zep que l’on en trouve la sarabande élégiaque. L’album dans son intégralité est vraiment bien construit, inspiré par des atmosphères sereines, empreint d’une aura illuminée sur des mélodies méditées et hypnotiques.

Le trio Solus rejoint cette cohorte de groupe ambiant/planant tel que Monkey 3, My Sleeping Karma c’est parfait pour une écoute en lotus.

Alors enivrez-vous d’effluves d’encens, pénétrez votre karma & enjoy your trip !


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mercredi, avril 4 2018

ECLOSS- Diluvienne


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En seulement trois titres, la lame a dégorgé une sanguinolente dépression de beauté sonique.

C'est un fait troublant mais on ne peut retenir les rênes de ce tourmenteur musical quant il terrasse la beauté du clair obscur, épouse une lente procession sonique à coup de rythmique cristalline, d'atmosphères étouffantes, de perturbations climatiques intenses, d'hurlements de peine déchirant la violence comme du papier glacé, surtout avec un sens du riffing cosmique parfait pour une texture sonore ondulante d'épique envoûtement.

Pour son premier opus le Parisien Ecloss donne vie à une vision céleste de l'obscurité.

Il se fraye un passage cafardeux et vénérien dans le corridor où l'amour et la mort échangent un baiser sulfureux sous un déluge mélancolique. Dans tous les contrastes il y a la noirceur crépusculaire en train de grouiller un expressionnisme lunaire, et une cold-ambiant aussi froide qu'un macchabée venant éclore sous la chaleur bestiale du sabbat noir.

Ce one-man band de blackgaze atmosphérique appose des climats lourds et sépulcral à sa douleur dionysiaque de confesseur misanthrope sous prozac.

C'est bercé dans l'effluve palliative des ténèbres que le nihilisme poétique de Thomas B transcende avec sa générosité pluridisciplinaire (chant, guitare, basse, orgue, piano, claviers) le chantre de la dualité, c'est en conférant la rudesse black et son pendant vaporeux dans un embrasement éblouissant qu'il enlace son impact sonique. Son exubérance enflammée charme autour de l'amour solitaire de la nuit, transit dans la beauté sauvage de l'introspection.

On s'enlave dans ces crescendos féeriques à faire vibrer votre élégant émoi, jusque dans le creux des vagues à l'âme pénétrantes. Rien n'est plus parfait que le lien magique qui tient le funambule au-dessus du vide existentiel, rien n'est plus mystérieux que la beauté Diluvienne de cet E.P. pour dur à cuire.


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dimanche, avril 1 2018

DAWN OF JUSTICE – Suicycle


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Fondé en 2008, DOJ pratique un metalcore progressif pour les fans de The Ghost Inside, This Or The Apocalypse, I The Breather, Heart In Hand.


Après un remaniement de line-up le groupe a cherché à préciser sa maturité musicale à partir de 2015 avec l’E.P « Adventears », puis avec l'E.P « Odyssea » il trouvera un univers apocalyptique-fantastique qui se perpétue ainsi avec ce nouvel album.

Rémy Brugère est le dernier membre originel, il a entièrement écrit ce space opera humaniste, douze titres dans lequel s’articulent les péripéties d’une épopée, où chaque morceau est intimement lié à l’autre. L’action se déroule en 2414 sur une Terre post-apocalyptique, transformée par les conflits successifs dû à l'exploitation suicidaire des hommes. L'apparition d'îles flottantes dans le ciel témoigne de l'instabilité du noyau terrestre. On suit l’odyssée d’un capitaine et de son équipage sur le vaisseau nommé Airship 415J qui vogue d’îles en îles afin de contrer un monstre qui menace la renaissance de la planète.

Musicalement des boucles rythmiques s'arc-boutent pour former la clé de voûte d'un alliage metalcore fortement nuancé. L'épaisseur sonique atteste d'une densité à mettre à porter de poutre metallique de groupe comme Architects, Northlane, Gojira. L'histoire permet l’implantation d' une multitude d’atmosphères et de contrastes riches, décomplexés, déniaisés et dynamités, inventant une grammaire aussi savante que sauvage avec un équilibre aussi physique que cérébral. Si Dawn Of Justice impose une histoire, un thème d'anticipation bien connu désormais des nouvelles générations, il donne une interprétation aussi forte musicalement avec de bouleversantes structures émotionnelles, qu'avec son interprétation futuriste emprunt de spiritualité et de barbarie.

Pas de signature avec de labels chez DOJ, tout est auto-produit et fait maison : des compositions originales jusqu’à la réalisation des clips, sans oublier le mixage et la création de leur site web.

Parce que cette année Dawn Of Justice célèbre ses 10 ans, et veut à cette occasion laisser une marque éternelle dans l’histoire du groupe, en finançant l’impression de son dernier album en version VINYLE, il lance une campagne participative. En échange de votre générosité, de nombreuses compensations exclusives et limitées vous seront offertes, comme des tee-shirts en édition limitée, une bière officielle et bien d’autres goodies...Pour faire face à l'immensité sonique de Suicycle.


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mercredi, mars 28 2018

LAME SHOT – Try Again


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Sans prétendre détenir les capacités visionnaires d’un Gilbert Montagné, je peux néanmoins annoncer que le meilleur album de pop punk américain en 2018 sera français.

Ouaie carrément, et vous pouvez gesticuler comme un poulet élevé en plein air avec les coudes repliés contre les côtes flottantes tout en effectuant un mouvement de bas en haut à coup de cocoricocoboy, mais c’est Lame Shot qui remporte le sac de grain.

Depuis « Nice Try », croustillant premier album caractéristique d’un potentiel punky, on n’avait plus eu de nouvelle de ce groupe récréatif, composé avec le cul dans la Garonne et la tête infusée dans une party de beer pong. Puis le temps passa et une révélation ? Une évolution ? Que sais-je....Enfin il y a eu une détonation qui a apportée cet exécutoire divinatoire permettant de sortir du comptoir des compositions laissées sous tiroir.

Toujours sous licence pop punk, Lame Shot revient avec le sens de la maturité mélodique qui survient quand on a passé plus de temps à sucer de la réglisse devant un concert de The Bottlerocket plutôt que des fraises devant Tagada Jones.

Lame Shot pratique le pop punk avec l'insouciance juvénile de son enthousiasme, de son honnêteté émotive, et le graal de ce style musical est divertissant tant il distille dans son ivresse les maux doux que l’on peine à traduire quand on a la tête prise dans l’effervescence.

Les mélodies sont jouissives, fraîches, irrésolues au pessimisme, et tout le temps la fulgurance de leur énergie sucrée apporte une inépuisable félicité de bonheur, dont on ne peut jamais en faire baisser l’intensité, si ce n’est à force d’écoute abusive pour laquelle on régurgite du sirop de pop punk par les cages à miel.

Maintenant il ne fait nul doute que le visuel sportif de leur pochette soit une franchise à part entière, et déjà on suppute dans les milieux autorisés que le curling, où la pétanque, et peut-être même la nage synchronisée symbolisera le choix figuratif potentiel du prochain opus...déjà tant attendu (avec un titre aussi lapidaire que les précédents).

Avec cet opus le groupe Toulousain a lancé sa pépite ascensionnelle en remplissant tout le cahier des charges normatives au pop punk. Là où pâle copie s’enlise dans la répétition, Lame Shot impulse sa capacité évocatoire avec la spontanéité tourbillonnante de point omettre le reflet de leur agitation légitime.

Le résultat est une sucrerie de pop-gum chiadée au possible. Ça claque dans tous les sens, c’est du catchy pur-jus ultra-vitaminé. Pas un titre de remplissage, pas une anicroche, tout glisse avec suavité, fini la crise de la puberté, ouaie comme au flipper après une extra-ball « Try Again ».


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dimanche, mars 25 2018

MORRISSEY – Low In High School


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Toujours très heureux de retrouve le Moz, tant le charme de sa voix, de son élégance mélodique demeurent une attache ineffable et réconfortante.

Le légendaire Mancunien Morrissey en est à son onzième album solo, depuis ce grand retour en 2000, l’anglais appose un raffinement musical fort précieux. Ainsi on se saupoudre avec une vaste gamme de galanterie musicale opiacée par des zestes de musique électro, de la sorte que cet album aurait pu sortir au début des années 2000. Enregistré à la Fabrique de Saint Rémi de Provence et à Rome dans les studios d'Ennio Morricone, il dispose d’une production mélodramatique et d’un son grassouillet pour apporter de l’épaisseur.

Pourtant ce sont des poussières d’étoiles mélodiques qui viennent orner l’ossature de ‘’Low In High School’’ dont sa majesté le Moz en vient à en consteller l’enrobage avec son chant, toujours au-dessus vocalement sur la composition.

La voix de crooner est toujours là, précieuse, presque érotique, une chaleur comme nulle autre, une couverture de survie dans l’univers carcéral du quotidien pour les plus malheureux.ses d’entre vous.

Installé en L.A, la jeunesse hispanique est devenue accro à sa douceur, au point que la police devrait équiper des haut-parleurs pour diffuser la discographie complète de Morrissey afin d’éradiquer les bandes mafieuses de chicanos qui sévissent en Californie.

Toujours aussi politisé, avec une bienveillance à l’égard de la souffrance, le Moz trimballe son regard teinté par moins de cynisme qu’auparavant, le charming man révoque avec une mansuétude musicale. Cherchant la lucidité dans l’amour, et dans cette lueur d’espérance qui fait avancer.

Enfin quoique avec « The Girl From Tel-Aviv Who Wouldn't Kneel » évoquant l'intérêt des politiques dans le pétrole, ou le titre Israel entendre Isra-hell, le meilleur lanceur de glaïeuls sur scène au monde en a fouetté plus d’un avec ses punchlines. Mais bon les années passent, mais la dévotion reste autour du thème de la solitude. Le moz est comme notre Cantona une grande gueule au cœur généreux et à la tendresse infinie pour l'humanité. Son songwriting est généreux, doux, charmant, somptueux. Ce disque est une perle de plus dans l’océan passionnel des fans du Moz, pareille à une beauté belle à en chialer avec des compositions surannées, ringardes, aux charmes capiteux.

Le divin Moz a religieusement exhumé ses prières compassionnelles, il est venu sur terre pour nous illuminer par un trip cheepos, dégoulinant de synthés années 80, dans une sorte de piano bar super ringard où Paso-doble, ritournelle latine, americana, rockab-power rock dévoilent une élégance sensible qu’égrène la volupté, et le velouté épuré d’un quinquagénaire magnifique dans la douceur qu’il met pour nous réchauffer de toute sa passion, de tout son amour. Cela s’entend partout, c’est une torpeur, de la gravité, des brins de légèreté, un lien avec le cœur des choses, un canevas de pureté, et puis une avalanche de douceur, toujours. Vous savez la douceur c’est ce qui amène au calme, à la compassion, à l’amour, et avec cet opus vous serez combler d’amour.

Une haute dose de sucre c’est vrai dans les mélodies, mais pour une fois que l’on vous conseille de dévorer une sucrerie, allez-y à fond, parce que ce sucre-là n’est pas nocif, c’est vraiment un pur délice !

De vilaines critiquent issue de la E-generation aspergent avec son venin masturbatoire de troll cet opus. Les nouvelles générations goinfrées par des écoutes lapidaires en format zapping grâce au téléchargement ont la patience d'un McEnroe dans un tie-break (jeu décisif), il n'est point étonnant que celles-ci se gargarisent devant un tel album ayant la mémoire courte. Mais il n'y a aucune raison de désespérer. Ceux qui pourraient se sentir tentés de se livrer au découragement devraient se rappeler que rien de ce qui s'accomplit dans ce monde ne peut être inutile, que la confusion, l'erreur et l'obscurité ne peuvent jouir que d'un triomphe trompeur et purement éphémère, que toute sorte de déséquilibre partiel et transitoire doit nécessairement contribuer au grand équilibre du tout, et que rien ne peut finalement prévaloir contre la puissance de la vérité ; ils devraient prendre pour devise celle qui fut adoptée en d'autres temps par certaines organisations initiatiques en Occident : Vincit omnia Veritas. (la Vérité triomphe de tout).

Toute la différence est là, présente et palpable, le vieux crooner est un tendre, et la tendresse c’est absolument vital.


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dimanche, mars 18 2018

THE IRRADIATES - Lost transmissions from the remote outpost


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On savait que ce groupe pouvait franchir le mur du son, parler des dialectes musicaux d'autres planètes que celle de la surf-music, compter jusqu'à l'infini dans le Van (et deux fois de suite même parfois), enjamber le garage à papa vers la voie lactée en deux temps et trois mouvements de punch, verser des staccatos fiévreux dans du psychédélisme astral, rejoindre l’apesanteur aquatique, surfer dessus/dedans/dessous à la fois, oui surfer sans fin, là où personne ne va, ne s'y risque, par peur de l'inconnu, par peur de croiser les effluves des genres.

The Irradiates est muonique, c'est un électron dense qui étudie au télescope astronomique son scientific surf rock avec comme seul but un trip intersidéral. Parce qu'il extrait de sa matière chaude une modulation des rayonnements célestes une analyse de la lumière sous diverses extrapolations musicales.


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Sorte d'expériences sonores nucléides, analogiques ou numériques, Lost transmissions from the remote outpost propose face B, raretés, inédits, live (avec un featuring de Mike Palm d'Agent Orange), bonus de disque de la première décennie d'existence du groupe. Le département de recherche scientifique de Surf Rock Bisontin a ouvert sa base de données pour une plongée exclusive dans une multitude de sons spatio-temporel, de télescopage de particules subatomiques que seul le travail de laboratoire entérine dans la chambre noire. Plusieurs coryphées tel que Steve Albini, Jim Monroe, Lo Spider ont eu la possibilité de faire vibrer la galaxie solaire, car comme chacun sait The Irradiates rayonne en Nucléon-Surfique.

Il a déjà un malaise le peignoir ? Alors ouvre tes oreilles Spock, parce que ce disque est garni à l’intérieur de riffs supra-métalliquement aqueux, paraissant décrire dans l’espace une cycloïde allongée (spinning wave). Il émet l’hypothèse qu’un processus de superposition de deux unités cycloïdales fortement excitées s’accompagne d’une croissance d’énergie cinétique, que l’orientation musicale du mouvement infléchit d’une façon prononcée. C'est dans ce mouvement cycloïdal allongé que se transforme progressivement les unités luminescentes, que la noise se désagrège dans un raw'k'roll-surfique reliant en une passerelle tel le Bifröst (« chemin scintillant ») de la mythologie nordique de Thor, parce qu'il y aura toujours un fan de comics chez les amateurs de surf music, et oui.


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C’est précisément pendant cette phase du processus que la matière en combustion musicale émerge du mouvement de deux ou plusieurs unités d’énergies mélodiques superposées. Appliquant aux corps surfiques son hypothèse de relation fonctionnelle entre les mouvements d’énergie primordiale aquatique et la matière en feu. Nous pouvons estimer qu’elle est de nature à expliquer de manière plausible pourquoi ceux-ci progressent dans un mouvement de spirale, pourquoi The Irradiates est solaire et ténèbres rugissante, parce que cet ensemble se déplace dans un même plan, dans la même direction, réunis dans l’espace en un groupe cohérent de corps tournoyants, et d’énergie d'attraction gravitationnelle. Le mouvement parfois pulsatoire et ondoyant téléporte vers plusieurs champs énergétiques en action qui excitent réciproquement leur luminescence écliptique.


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Tout matériau sonique de cet opus agit en attirant et en absorbant une transmutation sonique, il est inutile de le repousser, son sens réfléchissant magnétise les supraconducteurs noise rock excitable, comme le garage surf compressible, doté d’un pouvoir d'expansion et de contraction.

Je sais qu'à ce stade de la chronique, les protoplasmes irrités de la génération spontanée lisant cette chronique ont déjà lâché des yeux, ne reste normalement plus que les passionnés de l'élucubration sonique avec lesquels nous avons l'indicible foi argumentative pour transformer l'existence en passion ardente.

Oui captain James Tiberius Kirk il y a tout le temps ce mouvement saltatoire et philosophiquement aware qui plonge dans les abysses surfiques avec cette exigence tourbillonnante que les bisontins extrapolent dans chacun des dix titres...Que vous trouverez chez Les Productions De l'Impossible.

Donc mes ami.es de l'aquation sonique sachez que les compositions des Irradiates ondulent d'une manière cyclique comme les marées par l'effet lunaire et l'énergie cosmique.


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Donc tous à poil et à la flotte illico presto !!


lundi, mars 12 2018

MYRKUR - Mareridt


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Si tu es blonde à belle gueule d'ange et que tu décides de jouer du black atmosphérique-Pagan new age, et bien tu vas en chier ta race.

C'est ce qui est arrivé à la Danoise Myrkur (signifiant ténèbres en V.O)  devant une communauté black metOl soudée à satisfaire son hégémonie phallique-nihiliste avec un mépris digne d'un taliban.

On ne sait pas vraiment ce qui a contrit l'animosité pourtant déjà naturelle des moralistes des cavernes vikings, si c'est le fait qu'elle soit femme, où l'aide des éminences Kristoffer Rygg de Ulver et Teloch de Mayhem en tant que guitariste studio pour son premier album « M » ? Sauf qu'elle ne s'est pas démontée et a vaillamment poursuivie sa voie. Nous lui en sommes gré.

« Mareridt » est un concept album dont chaque composition traduit une terreur nocturne. Dans cette sublimation où cauchemar, songe, illusion se joignent à l'émotion et l'intuition, se forme un conte.

Le conte est un voyage, une épopée apportant du sens à l'imaginaire, il est intemporel et universel, il traduit les questionnements par métaphore en créant morale et légende, tout en servant de base éducative. C'était peut-être la meilleure réponse pour éclairer les hommes à la musique de Myrkur, l’enchanteresse.

Le conte porte en lui une force émotionnelle, philosophique puissante. Son caractère hybride et polymorphe possède les caractéristiques que l'on retrouve dans cet opus. De la sorte que la musicalité traditionalisme scandinave et folklorique se joint à une hybridation sonore suffisamment gracieuse pour en être séduit après plusieurs écoutes. Dans les passages les plus vaporeux on pense à Chelsea Wolfe pour la torpeur dark, avec parfois même Elysian Fields pour l'indolence, ainsi qu'un soupçon de Tori Amos, Kate Bush, Cocteau Twins pour le côté vaporeux, féminin, opalin, avec cette légèreté des profondeurs et le sens profond pour dévoiler avec finesse.


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Quand la Valkyrie devient Hel ou Hela, la déesse des morts dans la mythologie nordique, c'est le black naturaliste et mystérieux de Wolves In The Throne Room sous un coulis de Darkthrone qui se narre. Ainsi s’ordonne la poésie des bois, le maléfice de la forêt, et on en suit la Sága, on suit cette déesse des contes et des légendes de la mythologie nordique 2.0 avec une forme de fascination, tant les mystères féminins nous semblent ( à nous les mâles) aussi mystérieux que profond depuis toujours.

Myrkur est donc Akka, un esprit féminin du chamanisme, et son culte se généralise sous forme d'incantations et de rituels en concert. Magie ancienne, fragilité de la beauté, force tellurique, on se sent ancré à une force primaire et à l'évanescence naturelle du temps. Ce qui demeure étrange, c'est que Myrkur exerce une attraction et un ennui à la fois, proche de cet esprit de la forêt qui hante et pour lequel on ne croit pas. La belle et la bête communiquent à l'unisson avec possessivité sur des compositions sombres, magiques pour ne pas dire féerique, là où résonne dans la nuit les énigmes intrigantes du il était une fois...dans un pays loin d'ici...

Suite à l'écoute de Mareridt j'ai rêvé à une sorte de ‘’terreur nocturne’’ pour le black metalleux qui a craché des pierres d'insultes et de mort sur cette femme libre et possédée par l'odeur envoûtante de l'indépendance créatrice, je vous en donne lecture :

« Il désirait une relation animale alors il violenta sa chatte avec mépris pour qu'elle devienne chienne. Seulement quand il crut possible de devenir assez bestial pour assurer sa domination, il se retrouva nez à nez avec une chienne de garde, qui lui sortit trois remarques assassines de but en blanc qui eurent pour effet dissuasif de le faire débander, et de clore tout espoir dans cette relation où il perdait d'avance le monopole de l'autorité et de la domination. Quand il partit désarçonné, elle souriait passive avec la délicatesse d'une lionne. »


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