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chronique de disques

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mardi, août 20 2019

CLOWNS – Nature / Nurture


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Le groupe a créé son propre label, Damage Records Co. Hell, et même sa propre marque de sauce piquante, avec ce quatrième opus il impose une stature de solide outsider.

Stevie Williams – chant

Jake Laderman – batterie

Jarrod Goon – Guitare

William Robinson – Guitare

Hanny J – Basse/chant

Les Australiens passent un palier supplémentaire, la production est meilleure et épouse la sophistication d'un punk psyché avec un large spectre sonique, et pour un trip hallucinogène du chaos entre le punk hardcore furibard de Black Flag, l’urgence du garage rock cendreux de The Shrine, la robotisation catchy des Hives, le raw'n'roll ensoleillé du groupe The Bronx, et le bouillonnement fiévreux post-Nirvana.

Les riffs sont laminés par un bouillon mélodique brut de décoffrage, et l'équilibre furibard de distorsion sonique bouillonnante et d'amplification raw est maintenu par le duo vocal. Le groupe de Melbourne a pris le parti de faire parler sa force de frappe, c'est puissant, captivant car jamais la même chanson ne vient assombrir l'impulsivité sauvage de cet opus d'insurgés. C'est démesurément ardent, déluré et catchy. Le final c'est le titre « Nurture » avec un sitar, comment ne pas adorer cet album, mais comment ?!?

Clowns n'applique qu'une et même psychologie active :


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lundi, août 12 2019

PELICAN – Nighttime Stories


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J'ai eu des difficultés récurrentes émotionnellement parlant devant la musique de cet opus de Pelican.

Heyyy j'ai écouté l'album de long en large, et en travers, tu vois j'ai fait l'effort mais pour moi c'est un foutoir d'inertie. Le groupe s'est étiolé dans la mise en abyme de ses prétentions artistiques post-hardcore, avec un mélange de post-rock atrabilaire, de prog metOl , de jazz indé pessimiste teinté par un gros son à l’avenant d’une prétention représentative de sa parade masturbatoire.

C'est touffu, dense, mais amphigourique, on cherche le sens, une lumière et on patauge dans le pédiluve, alors qu'on ne souhaite que plonger dans un gros bouillon. Bon ok j'exagère, parce que Pelican n'est pas né de la dernière pluie, il existe depuis 2001, va très certainement au bout de ses ambitions artistiques, en colportant une approche ardue à son travail de déchiffrage. Il écrase souvent avec un son pachydermique. Pourtant il y a des atmosphères, des contrastes, je pense qu'il me faut plus de temps pour en digérer la teneur, parce que pour le moment Pelican oblitère dans une lande qui n'offre comme unique perspective vers un tourment musical.

Peut-être que Pelican applique cette citation de Leonard Cohen : « Nous ne sommes pas fous. Nous sommes humains. Nous voulons aimer, et quelqu'un doit nous pardonner pour les chemins que nous empruntons pour aimer, car les chemins sont nombreux et sombres, et nous sommes ardents et cruels dans notre voyage. »

Vous allez quand même ramer avec ce disque.


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mercredi, juillet 31 2019

Sunn O))) – Life Metal


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Élucider un album de Sunn O))) c'est expliquer l'épure, le sens inné de la purification mystique.

Donc Ouaie, ce n'est pas si évident que cela.

Mon premier conseil pour ce disque : Observez un tableau de Mark Rotko dans un état méditatif pendant un bon quart d'heure, puis diffusez de l'encens, fermez les volets pour rentrer dans la pénombre. À partir de ce moment-là, vous pouvez écouter « Life Metal ».

Ainsi avec l'image abstraite du Rotko en tête et tout le barnum adéquat, la densité et l'intensité musicale diffusent ces subtilités de sons de guitares, effets, amplis en corrélation avec vos images. Après le groupe reste égal à lui-même. Les riffs sont toujours aussi majestueux et les harmonies de leads ramènent une épaisseur aérienne aux guitares pachydermiques. Les magmas de maelstrom tellurique aux vertigineux feedback répondent à une incandescence de chaleur démoniaque (indécence suprême). C'est le titre « Novae » qui clôture l'opus avec le violoncelle de l’islandaise Hildur Guðnadóttir de la plus belle magie.

Sunn O))) est fidèle à sa religion sonique dans laquelle il appose un drone puissant. Style musical qui est un parfait gros mot d'impureté et de fumigation indéchiffrable pour la grande majorité. Mais il existe une autre dimension dans laquelle ce voile vaporeux distille une intensité telle qu'elle remue les remous agissants et trop souvent inatteignables des choses enfouies en nous. Sunn O))) demeure, pour moi, une origine mystique, que j'ai en moi depuis toujours, ce lien est inoxydable, je comprends que l'on ne puisse pas être touché.es par leur musique. Il en va tout autrement pour moi.


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Ce groupe est un véritable réceptacle à la méditation transcendantale obscure. Cet opus met en partie à jour une représentation sonore tel qu’elle est en concert, dans cette expérience sonique à vivre physiquement. C'est un véritable rituel dans ce qu'il a y de plus magistral, on peut même y distinguer son esthétique dans cet opus, tout comme la grandeur ténébreuse, puisque que l'on est isolé.e de toute distraction externe. C'est là, avec cette atmosphère et cette alchimie sonique que Steve Albini (Big Black, Rapeman, Shellac) a su en retranscrire la quintessence, avec une exigence puissante et lourde, et dans une tonalité remplit de lumière. D'ailleurs l’abstraction picturale de Samantha Keely Smith souligne aussi cette lumière sur la pochette.

Je sais aussi que pour beaucoup la vision hybride de Sunn O))) est une supercherie d'art contemporain, pourtant je ne peux vous en clamer l'absolue dissolution sonique sans évoquer l'importance mystique que l'on peut entendre, sentir, ressentir, résonner à l'intérieur. C'est toujours avec cette révélation, cette foi que l'on peut s'agenouiller et laisser vibrer cette foi inébranlable à cet appel prophétique, couvert d'opacité nébuleuse suffisante pour être magnétisé par elle.

« Life Metal » reste énigmatique, impénétrable et incompréhensible pour celui et celle qui reste à hauteur d'homme, le disque oblige à l'élévation insondable. L’athée contrôle sa vie, les mystiques font confiance à la vie. C'est un passage obligé pour atteindre les profondeurs de l'abstraction, l'ouverture ésotérique conceptuelle, la clairvoyance sonique malsaine, la teinte d'une spiritualité mystérieuse.

Rappelle-toi cette vérité imputrescible : C'est dans l'obscurité que tu discerneras le mieux le plus minuscule léger filet de lumière, et ainsi le guide spirituel de ta propre lumière...Et pour toi aussi.

- Sunn O))) est solaire -


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vendredi, juillet 26 2019

TEENAGE BOTTLEROCKET – Stay Rad


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La date stellaire de cet opus sert de référence temporelle pour la galaxie et tient compte de la dilatation du temps due à la relativité, aux déplacements plus rapides que la vitesse de la lumière ou d'autres particularités des voyages interstellaires. Pourquoi ? Mais merde c'est le nouvel album des Teenage Bottlerocket tout simplement...

L'ensemble du disque claque comme la meilleure punk-gum à mâcher, c'est de l'espièglerie plein fer, une romance de guimauve pop punk, l'effervescence ultime de l'adulescent, la joliesse furibarde juvénile, c'est un album des Teeenage Bottlerocket, sa saveur est grumelée par une bourrasque Ramonesque, de fureur endiablée salement catchy entre Bouncing Souls et les Misfits, d'enrobage sucré post Buddy Holly après le brassage punk Green Day VS Screeching Weasel, et d'une légèreté omniprésente.

Le groupe est revenu des limbes, il est dans une forme créative olympique, on retrouve l'incandescence et le suc d'une pop punk enjouée, mélancolique, et munit d'une intense libération sonique. Ouaieeee c'est trop coOol, surtout que les titres sont assez différents pour éviter la redondance, les contrastes ont légion, on passe du punk rock à un rock indie catchy, la teneur explosive est intacte, les filaments vocaux du duo sont brossés dans le sens du poil ardent, les mélodies caoutchouteuses apposent douceur, câlin et un rutilant ensoleillement, en plus d'une castagne sonore, et d'être un propagateur d'énergie. Les Wyomingais poursuivent le monochrome pour leur pochette, celle-ci est blanche comme le ‘’White Album’’ des Beatles et Weezer. 

Vite consommée, 33 mn au compteur cette punk-gum à mâcher garde toute saveur même après plusieurs écoutes.

Ainsi pour une soirée réussie :


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Parce que l'on a souvent besoin de ce genre de réconfort, facilement consommable pour combler les vides, et on retrouve toute l'énergie et une positivité accrue avec « Stay Rad », parce que c'est frais, pur, simple, juvénile, coOol & fun !



jeudi, juillet 18 2019

JOHN GARCIA - John Garcia & The Band Of Gold


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John Garcia n'est pas le fils du Sergent Garcia. C'est une voix hors pair pour sculpter le stoner. Le garçon a joué dans KYUSS, VISTA CHINO, UNIDA, HERMANO, SLO BURN. Voilà, normalement pour les adeptes vous savez très bien de quoi il en retourne.

Pour les autres, John Garcia fait partie de la légende du désert rock de Palm Desert, mais bizarrement n'a pas pris la hype de ses anciens acolytes de Kyuss. Il bénéficie d'une intégrité de mise de ce fait puisqu'il peut être considéré comme un second couteau, pourtant c'est un putain de schlass qui n'en finit plus de tailler dans le vif du stoner rock. Armé de musiciens du crew de John, cet opus en balafre la constance même si il est moins grassouillet et plus rock stoner que stoner raw. Comme c’est lui le boss, il chante beaucoup, disons que musicalement c'est moins charnu et cela s'en ressent.

C'est coOol d'entendre toujours John, mais il manque le venin musical fuzzien/psyché-stonien. Il y en a, pas de soucis, mais de moindre apport. Ce disque est aussi un tour d'horizon de toute sa carrière avec plusieurs atmosphères et sensibilité, ce qui en soi est vraiment fun pour entendre l'étendu musicale du bonhomme (un putain de groOove le Dude). Juste avant ce disque il avait fourni un album acoustique en demi-teinte, là il rebranche sur secteur et c'est vraiment mieux, avec une pointe de déception tout de même, puisqu'il y a redondance.

Mais si l'on se recentre sur les galères du gars, le cynisme d'anciens collègues (notamment du rouquin), la saveur du chant, l'aplomb de sa carrière, alors oui, ce disque est coOol puisqu'il est le seul à faire ce qu'il fait avec les moyens du bord et toujours avec une certaine classe.



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