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chronique de disques

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lundi, novembre 20 2017

DER WEG EINER FREIHEIT – Finisterre


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J'en ai marre d'entendre des gens cracher leur nausée, et encore plus du cynisme des gens en face d'eux gifler leur sûreté arrogante. Pendant un temps cela me faisait rire d'entendre les vieilles personnes dirent qu'elles préféraient dorénavant écouter de la douceur plutôt qu'une forme de violence perpétuelle. ( Hey cela ferait un super nom de groupe - Violence perpétüelle - ? )

Bon et bien je les comprends aujourd'hui. Je suis donc devenu vieux. J'en ai parfaitement conscience, j'en ai marre de ce monde oscillant dans le préfabriqué cliquant et la moisissure suppurante.

Les allemands de DWEF font partie de la moisissure suppurante, et ils vomissent sur la terre entière avec violence et douceur. Alors forcément la douceur est relative ici, vraiment. Disons que communément quand l'on crache de mépris, la violence reçue est pour le moins agressive, pourtant la salive du crachat elle-même est douce. Je ne sais vraiment pas si vous saisissez la nuance ? Mais bon passons...

Ce « Finisterre » jouxte cette forme ambivalence de barbarie ambiante et de splendeur brutale.

L'oscillation post-black fonctionne de manière coordonnée, elle est parfaite pour acclimater à tous les contrastes qu'alterne le groupe. La rage est vaporeuse, le rêve est fait de larmes, la beauté aussi brutale que la réalité sera colère dans l'oubli. La ligne atmosphérique est un horizon, la noirceur n'est que plus sombre quand elle est prise dans l'éclat d'une lumière, même nébuleuse.

Le groupe n'est jamais brouillon pour autant, il n’utilise pas son black comme un brouillard, il n'utilise pas son émotion comme un mouchoir. Il sait tordre, se sait tendre. De plus avec le temps il contrôle sa colère, en apaise la rancœur pour la joindre avec suffisamment de distance et en façonner ses compositions. Cette mesure est un équilibre précieux dans la fusion entre son acier sonique et son éther émotionnel.

Ce n'est pas un bout de chair froide que mastique DWEF, c'est le battement chaud et terrible de l'humanité, avec ces lambeaux d'existence aussi forte que fragile.

On n'est pas dans la glaciation austère, ni dans l'austérité brute du black, pas plus que dans le bouillonnement tellurique et serein du post-rock. Mais dans un intermédiaire qui tient lieu de vie.

“Me voici, être humain violent, blanc, noir, brun ou rouge, et il ne m'intéresse pas de savoir si j'ai hérité de cette violence ou si la société l'a engendré en moi : ce qu'il m'importe de savoir, c'est si je peux m'en libérer.” Jiddu Krishnamurti


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jeudi, novembre 16 2017

PROPHETS OF RAGE – Prophets Of Rage


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On nous a prédit un 21ème siècle spirituel, on peut dire que Madame Soleil a irradié les cieux de sa prédiction hautement religieuse, puisque on tue et meurt pour un dieu unique. Mais avant cela chacun renifle le cul de l’autre pour savoir si à l’odorat c’est la même obédience, alors ça cherche sa divinité sans cesse pour trouver sa protection avec les dents serrés de haine contre toutes les autres différences, quitte à se foutre les genoux en sang à force d’être à quatre-patte, où la main prise dans le bénitier à faire des signes de croix de bois-croix de fer, si je mens je vais en enfer à Clisson con…Et bin vlà les prophètes de la rage qui débarquent, un truc entre le mood rageur des 90’s de Rage Against The Machine et la prédication du tribun de la France Insoumise.

Alors est-ce une arnaque typique de l’ère contemporaine par des gars cachant leur rolex en jouxtant la cinquantaine, et en étant possédés par l’esprit jeune du publicitaire Jacques Séguéla ? Surtout que depuis le temps que l'on nous bassine avec le retour de R.A.T.M, et que c'était quand même aut'chose à not’époque où l'on savait aller au carton, soulever les masses dociles pour faire naître la colère. Pis la vraie colère celle qui piétonne les rues d’une foule unie et lance des parpaings de slogan contre l’establishment.

Mais ouaie, mais ouaie, on voit très bien où on en est aujourd'hui de la lutte du rap metOl...Linkin Quoi ?

Donc méfiance on en connait une chiée de groupe revenue de leur traversée du désert avec la formule magique pour empapaouter la populace nostalgique et la new generation qui n'a pas vécu sa révolution.

Ok mais Prophets Of Rage c'est quand même 80% de R.A.T.M, 70% Public Enemy, 20% Cypress Hill. Dans l'ordre c'est : Tom Morello – guitare (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Tim Commerford – basse  (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Brad Wilk – batterrie (Rage Against the Machine et Audioslave) ;DJ Lord – platines (Public Enemy) ; Chuck D – chant (Public Enemy) ; B-Real – chant (Cypress Hill).

Il faut reconnaître que sur l'affiche ça a de la gueule et que tout cela part d'une très bonne intention, revenir fouetter le sang impur pour qu'il remonte des limbes du siècle dernier et faire tamponner de 7 à 77 ans la fibre contestataire, félicitations. Les riffs sont là, le beat est là, les lyrics sont là. Les gars ne font pas la politique de l'Autruche, ni du populisme, et rien que ça c'est déjà énOrme. Le hic c'est le message apporté avec l'ambivalence de moyen provenant à la solde du grand capital, comme disent les rouges. Si tu te demandes la légitimité d'une telle entreprise ? C'est que tu votes à droite. Si tu te demandes l'intégrité de cette lutte ? C'est que tu votes à gauche.

Surtout que depuis le temps, les formes de lutte de la génération 2.0 ne sont pas du tout les mêmes que celle de la génération X, ni même la façon d'en proclamer la teneur (du rock au rap), tout comme les moyens de communication diffèrent, on en arrive à conclure que le rap a absorbé le rock, pour ne pas dire englouti de partout.

« Quand le rock sera mort, le monde entier explosera. Il a déjà tellement perdu son essence, il a tellement été plagié qu'il survit à peine, aujourd'hui. Ça me dégoûte. Les jeunes n'ont plus le même intérêt pour le rock que les générations précédentes. C'est devenu une revendication à la mode et une identité qu'ils utilisent pour baiser et avoir une vie sociale. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que la musique les intéresse. Ils choisiront des sons et des tonalités dans une machine de réalité virtuelle. Ils les écouteront, ressentiront les mêmes choses et... ils iront faire la fête. Cette machine sera munie d'écouteurs, on pourra discuter en écoutant de la musique virtuelle, on pourra baiser, boire... Cette machine permettra de planer. La technologie aura tellement évolué. Il y aura aussi des junkies virtuels qu'on retrouvera sur leur canapé, morts d'une overdose » dixit feu Kurt Cobain.

Ainsi parlait Zarathoustra, Madame Soleil et Jacques Séguéla en même temps quand ils pointaient au PMU leur grille du quinté plus après l’apéro au pernod-ricard, suze comprise.

Depuis cette tragédie où le rock gerbe ses relents anciens dans le caniveau tel un SDF, les altermondialistes RATM sont morts sur les barricades de leur lutte intestine, la troupe Public Enemy est devenue sentinelle face à un monde vendu au ganstarap, lequel se fait les couilles en or en tirant des punchlines à balles réelles sur la jeunesse crétine. Donc tous ceux qui attendent un reboot de Ratm c'est rappé, ici le spirit est funky, avec une désobéissance funky à la Arlette Laguiller.


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Leur mouvement social c'est le rock fusion, une espèce de Prince Cool J VS Led Zep aka Urban Dance Sabbath VS Public Funkadelic Purple. Pour les lyrics c’est du Martin Luther Chomsky Moore dans le texte...Et ce super groupe a vu le jour depuis l'élection de Donald Duck Trump Moumoute 1er de l’an UN, puisque Jésus est moins célèbre que les tweets de Donald désormais.

Au Hellfest 2017 le groupe a tout de même changé les gens en torche humaine, je sais j’y étais, donc plus besoin de kamikaze, plus besoin de pétrole, plus besoin de voyante, de dieu, il ne faut que des riffs maousse costaud, un beat ultime et Unfuck The World ! On peut se souvenir à cet effet du Indignez-vous ! qui était un essai de Stéphane Hessel publié en 2010, il défendait l'idée à 93 ans selon laquelle l'indignation est le ferment de l'« esprit de résistance ».

Alors est ce que Prophets Of Rage va réussir à faire émerger un mouvement musical ? Contestataire au point de va faire un sit-in sur les restes d'occupy Wall Street ? Faire la révolution du muguet ? Du jasmin en mai prochain en balançant des caramels mous, des autocollants just do it ? Nul ne le sait, ce qui est certain c'est que les marcheurs de la république en marche font aujourd'hui marche arrière, que Donald ne Trump plus son monde, et qu'en live les gaziers de Prphets Of Rage foutent le feu avec des titres façonnés pour faire émerger une indignation rageuse. De la sorte que langue de bois et langue de pute ne pourront désunir ces vieux gars du siècle dernier venir tendre le bras avec le poing fermé sous les feux de la rampe.

« Tout ce qui se fait dans l'ombre ne vaut rien. Ce pourvoir mystérieux doit répandre la lumière jusqu'au creux de l'obscurité. Alors il n'y aura plus la brutalité du maître, ni la perfidie de l'esclave. » Louise Michel




dimanche, novembre 12 2017

MOGWAI – Every Country's Sun


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Longtemps je garderais dans mon être les mélopées câlines de Mogwai.

La première fois on attend la fin de ces longs préludes musicaux, sans admettre que le classique couplet/pont/refrain n'existera pas sur les terres écossaises. Bien entendu c'était il y a longtemps, le post-rock n'en était qu'à ses balbutiements. L'initiation se fera opaque, l'intronisation se réalise par petite touche d'infiltration dans la beauté aqueuse que distille le groupe. Le clair obscur prend différente teinte quand enfin l'assimilation devient légèreté, ainsi la révélation poétique se fait jour, et plus rien ne sera plus comme avant. Non plus rien. La perception musicale se pare d'un filtre anti-age, à l'addiction contemplative intemporelle. Mogwai est instrumental, votre imagination fera le reste. Parle si tu as des mots plus fort que le silence.

La discographie d'un groupe est jonchée de collaboration, de maturité de langage, de choix distinct, d'une époque, d'une identification, et que sais-je encore...Sur le fil du rasoir Mogwai a jalonné sa carrière d'instant suspendu. Les mélomanes funambules apprécient de prendre de la hauteur, d'épouser leur regard musical sur de vaste paysage fuyant vers des perspectives et des horizons lointains. Plus c’est haut, moins il y a d’oxygène, et plus la perte de l’équilibre est violente.

Ce neuvième album Every Country's Sun en contraste l'étendue avec un panorama post-rockien vaste, lent, capiteux, doucereux. L'apesanteur du flottement est doux, se sentir léger dans cet intermède sonique ramène à un état de sérénité libérateur. Mogwai remplit le vide, moule, coule, fond son acier avec de la plume, des perles de pluie avec des lames de feu, nuance de puissance et de profondeur, de couleur et d'élévation. Un chant vient parfois suspendre le temps, nous déraciner du cosmos de Mogwai.

Le groupe surnage dans son ouragan de sensibilité et de sensualité comme un big bang tellurique intérieur, là où la plénitude des sens est une explosion des émotions, sensations. Tout ne fait pas corps pourtant, des fêlures, des craquements, une fragmentation de la tectonique des plaques soniques depuis le départ du guitariste John Cummings, le groupe est un quatuor. Un déséquilibre que l'on entend. Même si dans la formation de Glasgow tout semble éphémère, elle folâtre dans l'ambiant mélancolique, se dépouille de tension rock cataclysmique, évapore la dream pop grisâtre, suspend le shoegaze luminescent, tout dans ces ambiances atmosphériques et cette violence sonique se dilate, se métamorphose, tout est transitoire, vulnérable, indécis. Étions-nous dans l'expérimentation ? Dans le progressisme ? Dans le diffus ? Dans le néant ? Le groupe tisse ses filaments arachnéens musicaux, il défie avec l'arme des guitares, tire des larmes et la vie flotte sans cesse avec sa force et sa fragilité. C'est peut-être en cela que Mogwai renforce sa capacité inoubliable, faire bruisser la vie dans chacune de ses pièces musicales.


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samedi, novembre 4 2017

ALL FOR NOTHING- Minds Awake/ Hearts Alive


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All For Nothing a toujours tapé dru dans la tête, là il frappe en plus dans le cœur.

La progression est nette et flagrante, les Hollandais ont un son, une épaisseur de puissance sonique, et surtout un sens mélodique indéniable désormais.

Les titres sont accrocheurs, ils gardent leur intensité initiale et propre à la puissance du HxC, ils fédèrent par l'impact vindicatif des punchlines qu'ils appliquent, si tout ceci est conventionnel, la progression provient du travail de composition et du son. Le premier est finalement un long travail d'haleine qui abouti désormais à ce que All For Nothing fournit, outre des breakdowns bien lourds, il élabore des mélodies entêtantes, capables de groover avec puissance et d'embraser. Le second est une application franche à valoriser le songwriting par un son beaucoup plus net. La sensibilité prend tout son sens car les instruments gagnent en lisibilité, la mélodie est une intensité suffisante, pas besoin de saturer l'ensemble. Les refrains sont à l'unisson collégiale du hardcore brut oldschool, l'énergie dégagée depuis toutes ces années est condensée par une approche mélodique newschool.

A4N se libère ardemment et prend pleinement possession de sa maturité, Minds Awake/ Hearts Alive se révèle comme un cinquième opus aussi offensif qu'idéaliste.


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vendredi, octobre 27 2017

OUR CEASING VOICE – Free Like Tonight


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Le cœur peut battre, mais il a battu retraite à l'endroit où les fausses étapes et les impasses le conduisent.


C'est avec cette citation que l'on définit le méconnu trio autrichien Our Ceasing Voice, qui pousse avec son troisième album l'incandescence passion du gouffre dark et de la volupté angélique.

Depuis leur premier opus When The Headline Hit Home en 2011, le groupe jalonne à pas gourd une merveille musicale purificatoire, capable de délester le souffle court du poids de l'existence par une lumière secrète enivrante. Véritable diamant brut habité par une belle âme qui ne cache pas ses faiblesses That Day Last November leur second album avait ce désir capiteux en lui. Une force acérée par des atmosphères et des mélodies incantatoires de post-rock. Mais il manquait une épaisseur, une gravité certaine, avec Free Like Tonight tout prend acte et existence. C'est un accomplissement légitime après toutes les étapes de la musicalité du groupe, car il y a véritablement un souffle supérieur.

Leur post-rock est sépulcral et leur shoegaze ambiant est baroque, c'est à la fois émotionnel et mélancolique par les fréquences de beauté dark que ce rock fouette en une caresse de plume, et de cire chaude pour faire frémir en contraste avec des courants d'air glacial. Le chant crépusculaire du nouveau membre Dominik Dörfler ajoute une atmosphère de profondeur et d'affliction vraiment très sombre. C'est littéralement un atout majeur dans la nouvelle approche sensitive à la teinte noire du groupe.

Leurs chansons convoquent les passions dans des ruines, elles ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un cœur qui bat. On en jouit, on peut même en peindre la silhouette éclore du bout des songes. Ces chansons sont comme une rose en floraison dans notre fort intérieur buisson ardent. Il y a des épines partout tout autour et il est impossible d'en forcer l'éclosion. Malgré le fait d'en être absolument épris du regard, il faut en être contaminé corps et âme.

Ainsi lorsque la rose s'épanouira en vous, alors seulement vous pourrez la contempler, ressentir son pollen et finalement la connaître. Son doux venin est précieux, cette beauté pure ne doit pas être prise avec légèreté. Il y a une telle profondeur dans cette remontée des limbes qu'elle dévoile une vérité jusque là insondable. Ce n'est pas un décorum dark comme on a l'habitude de nous en vendre la pâte poussiéreuse.


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Ce disque hante par sa morsure dans les blessures assassines. On pourrait craindre la douleur de sa brûlure, il n'en est rien. C'est comme quand on touche brièvement la flamme d'une chandelle, nous ne ressentons aucune douleur. Ce n'est pas de la magie, les flammes jaunes dansent au dessus alors que le bleu du feu est la combustion, la partie la plus chaude de la flamme se trouve à la lisière entre ces deux zones. Our Ceasing Voice est la bougie éclairante, pas la flamme dans le mouroir de l'âme impure.

Écouter une musique élégiaque fait fleurir une sensation de tourment, de souffrance, d'affliction. Les personnes mélancoliques perçoivent dans ce retrait naturel un besoin automnal de faner, pour mieux se renouveler avec une vivacité printanière. Un cycle introspectif empreint de sobriété et de recueillement afin d'écouler le trop plein, se délester de l'accumulation de la souffrance, de l'anxiété, de toute cette incertitude.

Mon sang coule dans le feu de mon existence, mon cœur bat sans limite, mais si l'amour se consume pour ne plus devenir que cendre, alors la douleur sera en moi. Les larmes que l'on ne pleure pas chutent toutes en gouttelettes avec tristesse, elles viennent percer le cœur à vif et martèlent la pensée de toutes les larmes à verser. L'album est sombre et poétique, dramatique et remplit de même attachement du lierre sur les pierres, avec un sens raffiné des longueurs ouatées, d'une densité lugubre, d'atmosphères pénétrantes, atmosphériques, intimistes, de mélodies accrocheuses, où les braises crépitantes de l'enfer s'éteignent sous la pluie dépressive saturée de désespoir.

Ce disque plonge dans le même état comateux que le sublime Industrial Silence des nørvégiëns de Madrugada. Our Ceasing Voice érode, fait frémir dans ce cimetière à cœur ouvert la beauté mélancolique de son post-rock spleenétique.


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jeudi, octobre 19 2017

BODY COUNT – Bloodlust


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La machine est lancée et sa densité de pénétration sur les nouvelles générations risquent de provoquer une explosibilité indéniable.

Un monde qui bascule dans la ségrégation raciale, dans les inégalés des richesses, dans le clivage religieuse, le repli communautaire, il n'en fallait pas plus pour que le Bodycount se réveille et revienne de son sommeil, non pas comme une ombre, mais comme une réelle et fondatrice sédition unanime et frontale.

En 2014 le groupe lance pour son retour l'album Manslaughter, il excite et aiguise la révolte, Bloolust enfonce le clou 90's du riff métAl-HxCore d'Ernie-C motherfuckerrrrrrrrrr, et des lyrics déversant sa vindicte véritable avec la signature du grand Ice T en MC bastard. Le son est juste dopé comme un bodybuilder, la rythmique est un tonnerre tonitruant et menaçant, l'ensemble est une agression sonique pour une vendetta en bonne et due forme de Vigilante.

Désormais l'engrais fertile contemporain fertilise le champ de haine généralisée et prend racine, avec lui spoliation, aggravation, crispation, répulsion, consternation, perdition, agression... Cette matière première irascible apporte au groupe Body Count la matière première pour poser atmosphère insalubre et lourde de tension extrême comme des violences urbaines, un groOve manifeste, une accumulation de paroles agitatrices de colère et de mépris. Le justicier social Body Count est insoumis et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française et de sa propre construction, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre. Tout comme le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, son Bloodlust est en une inspiration  : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Bien entendu il s'agit ici de musique, le Ice T est formaté à la société du spectacle, il sait comment distiller sa propagande mercantile. Entre Cette machine tue les fascistes la citation figurant sur la guitare de Woody Guthrie en 1941 et le spectacle qu'engendre les engagements politiques et humanitaires de Jean Bono de U2 à la TV (moins son retournement de veste spectaculaire quand son groupe a transféré aux Pays-Bas le siège de la société U2 Limited pour moins payer d'impôts en Irlande.) il y a tout un monde, une époque, et une vision différente. Où est la supercherie ? Qui est sincère (et pendant combien de temps) ?

La frontière est mince, illusoire, mais pour le cas de Body Count, la couleur de peau fait office de vérité, sa liberté de parole est fondamentale. On ne peut lui donner tord, tant elle tord le cou en filant des courbatures, surtout au...


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Pour cet opus, il y a une cover/medley « Raining In Blood / Post Mortem » de Slayer, histoire de rendre compte de l'historique de Bodycount, et de cette scission de leur spirit & sound entre Suicidal Tendencies – Public Enemy – Slayer.

Spécial Guest on n'est pas en reste avec le chant de Max Cavalera sur « Black Hoodie », Randy Blythe (Lamb Of God) sur « Walk With Me… » et un solo heavy de Dave Mustaine (Megadeth) pour Civil War.


jeudi, octobre 12 2017

SLOWDIVE – Slowdive


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Le retour feutré du shoegaze de Slowdive fait partie des correspondances que l'on cajole.

La luminosité de leur musique s'ouvre telle l’Épervière frutiqueuse au tout début de l'aurore et en tout fin de journée crépusculaire avec l'Hipomée pourpre. Comme le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes, Slowdive réalise une prouesse identique avec nos émotions enfouies. Sa faculté musicale est empreint d'une délicatesse d'orfèvre, avec ce quatrième album le temps se dilate et referme avec lui , le doux parfum capiteux des réminiscences et celui de vivre le plein instant.

Slowdive c'était il y a longtemps, vingt deux ans en arrière, dans une autre vie maintenant. Ce groupe était un point lumineux dans la noirceur de l'inconnu. À la mode Shoegaze dans la première moitié des 90's, le jeune groupe est insouciant avec la tête plongée vers le sol, sans pomper l'air. Il jouait avec détachement des embruns soniques, émanation superbe et incandescente que la dream pop en fera fructifier le penchant acidulé en un temps suspendu. Puis le glas est survenu avec l'emblématique britpop et dissipa en un coup de vent médiatique les nuages shoegaziens pour la grisaille arrogante du royaume britannique.

Dans l'ère contemporaine Slowdive est une influence fertile, post-rock & blackgaze lui doivent leur co-existence. Depuis un appel d'air nostalgique qui empile le retour des Pixies, Blur, les Stone Roses, Ride, Lush, My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chains, en 2014 le groupe remet son art sur scène, puis apparaît cet album. Le band joue ses effluves mélodiques indolentes dans une torpeur ténébreuse, avec ce spleen émotif, pudique, dans une époque qui a toujours du mal à se détacher de sa dépression. On émiette chaque titre en s'enracinant à cet opus éponyme à chaque écoute. Le groupe y injecte une tristesse tranquille, et sa mélancolie écumeuse dépose sur chaque ressac émotionnel reçu une infinie quiétude.

Il y a une lumière incomparable sur cet album, celle d'une maturité que l'existence féconde avec lenteur. La brume sonique n'est plus ce parfait isolant thermique à nos anxiétés-souffrances que le groupe a édifié en un mur blanc shoegazien. C'est désormais une cachette onirique, où perle des puits de jour. Ce retour attendu délivre un engourdissement nécessaire à l'ébullition ardente que le monde presse dans sa dynamique clinquante de boule à facette. Si il te semble que c'est trop propre et fade, écoute sans rien attendre, alors le vide en toi se remplira de lumière.

Les amoureux de l'air libre apprécieront cette dépressurisation perpétuelle des anglais de Newcastle. Parce que leur cœur s’ouvre à cette voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant la bise blonde de l'aurore ! Slowdive est un bien-aimé qui sèche les pleurs, rassure la tendresse avec ses mélodies d’autrefois, et permet que l'on se verse dans sa coupe, pour voguer dans l’ivresse ! Sous sa brise légère le cœur frémit d'amour et de compassion. Le cœur s’ouvre à sa voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant le baiser noir du crépuscule !

Slowdive revient et avec lui la douceur.


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mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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mardi, septembre 26 2017

BLOODCLOT – Up In The Arms


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La profondeur sonique d'un Danzig, le rawk'n'roll de Motörhead, la vélocité hargneuse de Minor Threat, du NYHC de Bad Brains et du crossover Cro-mags, ouaie c'est tout cela à la fois la nouvelle mouture Bloodclot.

Après l'embrouille au sein de Cro-mags, Jon Joseph refonde son premier band Bloodclot avec des membres de Biohazard, Merauder et Pro Pain, pour un album intitulé Burn Babylon Burn et très clairement typé HxC métal. Voici la suite expurgée de tout surplus gros cube, pour une lésion HxC 80's, munit d'une énergie virale, d'un vrombissement rock'n'roll et d'un héritage manifeste.

«  Up In The Arms » est l'album d'une bande de vétéran, avec John Joseph (Cro-Mags, Worlds Apart), le guitariste Todd Youth (Murphy's Law, Danzig, Warzone, Ace Frehley), l'ossature rythmique est maintenue par le contrefort du batteur Joey Castillo (Queens of the Stone Age, Wasted Youth), et du bassiste Nick Oliveri (Queens of the Stone Age, BL'AST!). Maousse costaud l'équipée sauvage de bastards nan ?

La dream team est efficace, elle soulève la fonte HxC et ne peine jamais à la tâche. Jon Joseph saupoudre ses lyrics d'évocations Krishnacore et tanträ-sXe, ainsi que d'une veine protestataire avec un tremolo vocal digne du sieur Jello Biafra. Les titres sont accrocheurs, le groupe y délivre un véritable punch, avec crochet et uppercut, l'énergie est là, c'est punk, ça va droit à l'essentiel et en 30mn c'est torché.

L'efficacité d'expression HxC promulgue une vigueur incontestable à l'ensemble. Le registre est brut et sans fioriture. Cette robustesse de vieux briscards en pleine possession de leur moyen contusionne une liberté de ton et de franchise, qui tient lieu de détonateur et de déflagration puissante.

La base de ce nouveau départ est une prise de position sur la situation du monde et de son injustice exponentielle, suivi par une vivacité d'engagement par la sentence suivante : Ne fais pas ta salope, change-le !

Bloodclot est un élément de revanche, Up In The Arms est son catalyseur et déjà un album culte.


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Alors vous voulez le changer ce putain de monde oui ou merde ?


dimanche, septembre 24 2017

DENIGRE – DéniGre


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Dénigré : Attaquer la réputation de quelqu'un, chercher à le rabaisser ; discréditer, décrier quelque chose, parler avec malveillance de quelque chose ou de quelqu'un ; calomnier : Dénigrer ses concurrents.

Dans le règne de Macron 1er le temps de cerveau disponible est saturé de propagande néolibérale, avec pour sujets principaux la concurrence et la compétitivité entrepreneuriale, le capital de la force de travail, le chevauchement des temps de vie et de travail, etc... Il n'en fallait pas plus à un groupe de Lyonnais pour créer une nouvelle force de rationalité entrepreneuriale. Ainsi DéniGre est né d'un speed-dating asocial entre Kris (Opium du Peuple, Ta Gueule), d'Aksel (Le Réparateur) et KiK (Tasmaniac).

Créer un groupe musical et attaquer de la sorte avec malveillance n'est pas anodin. La violence reçue, subie, ressortira obligatoirement sous quelque forme que ce soit chez un humain. Bien souvent l'art sert de catharsis, et l'on en trouve l'explosibilité dans le punK. Ce qui rejoint le cas de DeniGré, dont la violence est expulsée avec une féconde outrecuidance.

De son tropisme marginal le trio en a fait son pavé qu'il jette à la gueule du troupeau prompt à la servitude volontaire, à l’hégémonie d'un système apocalyptique, et à toutes ces sortes de maux qui contusionnent blessures profondes, balafres et une profusion de douleur à vie. Les textes sont très bien écrits, exubérant de justesse par un vocabulaire riche et précis, dont la poésie remplie de cynisme, de sarcasme, de désespoir et de noirceur, exhorte à la pensée avec son appel libertaire et anarchiste.

L'on peut avancer que DeniGré est un enragé dégagé, mais pas désengagé. Il sature l'espace sonique d'une folie contestataire en dix compositions. Il fait avec le punk ce que Proudhon a proclamé sur la pensée bourgeoise.

Irascible comme le screamo, hargneux comme le punk, sale comme un épais rock grunge, la bile est au niveau du gosier. La scission sonore de ce groupe jusqu’au-boutiste (qui va jusqu'au bout de ses idées sans s'occuper des conséquences) est l'antithèse de l'uniformisation marchande du monde. Ainsi ubériser sa musique pour la lustrer d'un polish poppy cela semble antinomique avec la pertinence du groupe et de la dysharmonie de son rock acerbe, surtout quand celui-ci croise les effluves soniques pour répandre le lisier de sa misanthropie avec malice. Par conséquent ce groupe vomit sous une peau de hérisson.

Musicalement ce n'est pas une épaisseur de couille supplémentaire par rapport au groupe Ta Gueule, mais une couche de noirceur, bilieuse et pessimiste, ouvertement compatible avec les lyrics sarcastiques du susmentionné Ta Gueule, mais en plus sombre.

DéniGre est une entité musicale destructrice qui vous force à réfléchir, ce qui est très ennuyeux dans une époque où l'on réduit le langage pour restreindre la pensée afin d'y introduire une novlangue pernicieuse, destinée elle même à rendre vraisemblable les mensonges, et à donner de l'apparence et de la solidité à ce qui n'est que vent.

Donc forcément DéniGre n'est pas un groupe de pop prompt à vendre du shampoing extra doux au lait d’ânesse, ce n'est pas son action. Il ne détourne pas l'attention, il l'a libère de l'oppression avec des messages subliminaux.


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lundi, septembre 18 2017

CRADLE OF FILTH - Cryptoriana - The Seductiveness Of Decay


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Je vous aurai prévenu : Défiez-vous des ensorcellements et des attraits diaboliques si vous en avez la grâce, sinon, c'est le gouffre et les cris démoniaques de Dani Filth qui vous attendent.

Ainsi soit-il !!

Même après toutes ces années, le crématorium du groupe brûle toujours de mille feux, soupesant le poids de la mort à chaque titre, en procédant à une inhumation musicale. Le traitement sonore est toujours aussi singulier, il reflète cette vénération pour le macabre, le surnaturel et l'élégance gothique.

Mouahahahahahahah !

Aristocrate de la musique extrême, tissant dans une discographie arachnéenne tout en dentelle, cette chaleur intérieure indispensable à offrir le mystère du cauchemar, Dani ( l'illustre grand maître de ces lieux remplis de succubes ) est le dernier immortel dans cet art sublime qui semble nous annoncer que la terre est une tombe. Il a œuvré sans cesse pour bâtir des ornementations musicales brillantes, sans jamais n'ayant à subir une fâcheuse altération des chefs-d’œuvre du passé. De la sorte que son art ne peut rendre le public indifférent à ses qualités plus hautes, plus sérieuses et plus variées, pour lesquelles on ne pourrait juger l’ensemble comme d'un décorum excessif.

Ces créations fantastiques excitent dans leur prestige immense une détresse mélancolique, dévoilant une ornementation tant littéraire que poétique, tant cinématographique que picturale. Ce groupe va téter "Le lait des tendresses humaines" de William Shakespeare dans Macbeth, pour le cracher avec mépris comme venin assourdissant à sa misanthropie.

Ce nouvel album est profondément imprégné d’horreur gothique victorienne, et par un sentimentalisme larmoyant, digne d'un poète de cette ère, ivre de sang. Le groupe réussit à filouter son art parodique jusqu'à étreindre avec envoûtement. Il y a dans cet album une lumière saisissante, c'est celle du soir qui tombe, comme une enclume, rembourre le ciel de nuages sombres et de foudres éclatantes. Cradle Of Filth chante le crépuscule avec la piété grandiloquente que la seule nuit réserve aux ténèbres.  

Ce qui caractérise cet opus c’est une fervente sensibilité, une grande prodigalité d’images, la vigueur et la beauté du style, l’adresse de la versification, le talent d'édifier une cathédrale sonique par des changements de rythme, et apporter à cette fanfare impériale, de fumer nos oreilles à toute pacifique harmonie voluptueuse, afin de caresser avec un fouet.

Dans cette ère contemporaine capable de « Réduire le langage pour réduire la pensée » que George Orwell a décrit dans son livre « 1984 », nous faisons face à ce glorieux phénomène de l'affaissement culturel par l’abus des images matérielles, par l’énergie triviale du langage, par le mépris de toute grâce et de tout raffinement, à un niveau des plus incultes.

Les Anglais de COF rehaussent le niveau. L'incontestable talent du groupe est d'évoquer des fantômes culturels, prêtant à l’éclat mortuaire du mouvement de la vie, et avec cette force illusoire dans la splendeur qui s'éteint, comme celle d’un rêve aux premiers rayons du jour.

L'on pourrait dire de cet album de Cradle Of Filth la même chose que la poétesse de l'ère Victorienne Elizabeth Barrett Browning nous adressa : «  J'aime donc cette noble France, ce poète entre toutes les nations, qui rêve et gémit à jamais, tandis que la maison tombe en ruines, poursuivant quelque bien idéal. Utopies héroïques ! ».

Si vous ne voyez que ce que vos yeux veulent bien voir, écoutez donc le craquement terrible du nouvel opus des britanniques, ainsi vous aurez les yeux ouverts toute la nuit de par son emprise dark.


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mardi, septembre 12 2017

RED EYE BALL – Another Plan


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Depuis Gamer Rider six titres précédent de Red Eye Ball, on attendait patiemment d'être secoué par ce groupe de Périgueux, propulsant l'harmonisation d'un power rock qui en contraste les sens par son aspect rêche. Ce trio d'écorchés dépèce le rock pour contrebalancer par la suite avec la fureur élégiaque d'une explosion sonique. Leur musäk est tachetée du rock garage des Sonics à la sauvagerie bucolique de Fogerty du Creedence Clearwater Revival, jusqu'à un rock australien éprit de sa liberté insulaire...Mais par quel Saints se vouer alors ?

R.E.B est un groupe de passionnés du rock, au sens large du terme et des influences.

Quand tu as de la bouteille et la maturité nécessaire pour assimiler l'ensemble, la merveille de toutes ces années d'apprentissage c'est la magie de l'assimilation. C’est un long phénomène laborieux, sorte d'alchimie qui arrive par la force de vivre, et surtout par la densité d'en faire naître la déflagration sonique, la beauté sonore, la fragilité musicale. Digérer ce qui vous a nourri prend bien souvent l'aspect d'un calque flou et maladroit, tant l'empressement prend le pas sur tout. Mais il arrive parfois que certain dépasse le cadre, le sublime, et c'est dans ces bouleversements uniques que l'art évacue ces tensions, repousse ses limites.

C'est le cas avec Red Eye Ball qui en électrocute le courant alternatif avec des coups de fouet claquant comme le blues sombre de Nick Cave, avec des contusions de couleur bleu/mauve dans l'âme, et cette rage jamais éteinte, empreinte de la vie entre errance, délire et dérapage. C'est un monde sans soleil où le rock ténébreux du Velvet hurle au Lou, avec un brin de Sugar pendant le tea time de Bob Mould.

Oui ce groupe s'améliore, se bonifie avec l'age, et c'est rare.

L'album sort sur le label indépendant Some Produkt, Fred Norguet est à la production de cet ouvrage, on retrouve son travail sur les albums d'Ez3kiel, Spicy Box, Lofofora, Les Hurlements d’Leo, Burning Heads, Sleeppers, Seven Hate, Dead Pop Club, Cercueil, Bananas At The Audience, etc...La pochette du dessinateur Poup est en 3D, le pack vinyl est constitué du 33t, CD, lunettes 3D.

Plus fort que la nostalgie en étrenne les filaments perdus, et plus loin que le melting-pot référentiel contemporain, cet album intimiste et tordu, est une crachoteuse punk toujours à la mods, et ouverte au bruit sourd de la ville la nuit. R.E.B est aussi par son aspect grungy, rouge comme la braise et noir comme le désespoir.

Parfois dans la vie c'est Simple Plan, puis de temps à autre, c'est Another Plan, voilà tout. Bonne écoute à vous tordre de plaisir !


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dimanche, septembre 10 2017

GRANDADDY – Last Place


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Grandaddy est un vieux groupe revenu des limbes avec une émotivité innée, capable d'enjoliver une mélancolie douceâtre vers la lumière et l'expectative. Toutefois son caractère musical quelque peu intimiste risque de contraster dans une époque de zapping en tout genre, où la quête de l'émotion rapide est en tout point antagoniste avec cet album, laissant une saveur de générosité musicale, d'expérimentation douceâtre, d'apaisement rêveur.

Onze ans plus tard, voici le come-back inspiré des atours Grandaddyesques pour que les fans nostalgiques claquent des clins d’œil en signe de reconnaissance à chaque titre. En faisant preuve d'un sens plus objectif face à ce retour, je trouve et pense que c'est jolie, oui c'est cool d'entendre encore un groupe comme Grandaddy aujourd'hui, célébrant envolée harmonique pour jouissance mélodique, variation électronique pour inspiration sans limite. Oui sans limite, cela ne m’apparaît pas du tout présomptueux d'écrire cela. Ce groupe agit avec magie, dans la légèreté, élégance, bienveillance à élaborer avec méticulosité des chansons trottant avec euphorie et bonheur dans la tête.

Cette musique se déleste avec désinvolture pour distraire, elle confine dans une atmosphère amniotique, fragile, disposant d'une ambiant tout en apesanteur dans ses gènes pour vous emmitoufler d'amour, d'hésitation à voir un monde, à vous découvrir dans l'épaisseur cotonneuse de sa joliesse, et tout autant dans ses tourments sombres. Parce que dans cette mélancolie on se sent éveillé, comme épanoui à recevoir la rémission musicale tant les arrangements sont somptueux, et c'est un doux euphémisme pour argumenter sur la délicatesse du compositeur Jason Lytle, avec lequel on se sent complice de l'isolement à comprendre un monde de plus en plus artificiel, technologique, synthétique.

Cet opus capte la lumière solaire avec la sensibilité d'un enfant, enrobe avec le côté pop pastel à Weezer, la crème planante de Philip Glass, les rotations soniques et lunaires de Flotation Toy Warning, dans une sorte de space rock pop au bidouillage électro et à l'orchestration sophistiquée.

Une fois de plus Grandaddy sort un disque spleenétique unique pour les dreamers.


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mercredi, septembre 6 2017

ABSTRACT VOID – Into The Blue


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Abstract Void est le projet solo d'un gars de la planète terre qui a conçu une musique électronique triste qui fait danser. « Into The blue » est son premier opus dans lequel la synthwave y côtoie le bläck atmosphérique, où le shoegaze mélancolique révèle sa lumière au post-Rock, où la musique électro-Dark ambient pénètre sa ténébreuse torpeur au blackgaze, où le retrowave étourdie la dream Pop et manifeste le Shoegaze.

Les ambiances, harmonies, mélodies sont très bien traitées. Il y a une force centrifugeuse mélancolique à l'intérieur et sa puissance de rotation fait tourner la tête, d'autant plus que le gazier est assez malicieux pour amplifier avec des effets d'élévation. C'est vrai aussi que l'on en retrouve les atours dans pas mal de production désormais. Vous savez cette sensation de flottement, de mélodie éthérée qui vous emporte dans le confins nuageux, là où douceur et sensation de béatitude vous baignent dans sa légèreté amniotique.

Bien entendu pour cette retrowave on pense à Perturbator avec son spirit de tremolo tremens 80's, quoique son dernier opus New Model souhaite ériger une cathédrale et fini par se ramasser par son errance.

Bon ce qu'il y a de vraiment abouti et d'intéressant avec Abstract Void c'est que le beat danse sous les nappes synthétiques, que les couleurs nous apparaissent phosphorescentes, et que la dépression de contraste entre la noirceur du blackgaze et la synthwave s'accouplent merveilleusement bien.

J'ai l'impression que l'isolement des hommes entraîne cette introspection musicale qui implose littéralement en chacun de nous dans cette vie contemporaine, et de ce fait il me semble désormais que nous sommes dans le règne éphémère des contemplatifs, enfin !


mardi, juillet 18 2017

OKKULTOKRATI – Raspberry Dawn


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Elvis White Zombie faisant de l'aquaponeys dans la rivière de lave des géhennes, cela vous branche comme trip ?

Et bien ce norvégien offre cette subtilité musicale avec la vigueur rock'n'roll de l'enfer en guise de saveur en bouche. C'est comme si on avait laissé ce gars dans le cercueil de Screamin Jay Hawkins en hibernation pendant la période glaciaire de l'hiver polaire, avec les psalmodies de chaman voodoo pour accompagner tous ses nombreux et surpuissants cauchemars. Une fois sortie on lui avait légué l'église de Satan pour qu'il prêche l'espoir maléfique en égorgeant le plus de brebis égarées.

Okkultokrati réalise un mélange d'Electric Frankenstein sous Darkthrone et la suie rock'n'roll sur de la neige black cela permet de faire de la magie noire avec de la poudre blanche. Amen !

Dans ses chevauchées fantastiques, le viking se permet d’introduire des éléments darkwave pour épaisseur la noirceur électronica de son invasion épique. Ceci apporte un réel plus à l’ambiance virile et singulière, pour ne pas dire autarcique. M’enfin ce petit côté dark altère aussi sa virilité par des caresses de synthétiseur, et une voix féminine vient à cet effet supplanter le vice masochiste avec la réverbération sonore des 80’s.

L'ensemble génère un côté foutraque et dansant qui éclot dans cet espace punkoïde des plus primitif, et laisse l’impureté mad-maxienne de fin du monde en bouche.

A cheval sur son dadaïsme musical, Okkultokrati le viking surjoue le Velvet Underground à coup de Suicide électro Alan Veganesque, et de crasse black darkwave, ce qui en fait un foutu canasson pour un disque qui swingue ! !


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jeudi, juillet 6 2017

Colour Haze – In Her Garden


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« In her Garden » est le 13ème opus de Colour Haze, groupe de stoner psyché allemand à la prestidigitation lunaire et à l'obscurité lumineuse.

Colour Haze forme ce triangle équilatéral propre au formation culte tel que Cream, The Jimi Hendrix Experience, Grand Funk Railroad, dans lequel il anoblit un heavy rock psychédélique aux influences distinctes comme allant de Led Zeppelin / Jimi Hendrix / Black Sabbath / Kyuss / Moving Targets / Cream / The Who / The Beatles / Frank Zappa / NoMeansNo / King Crimson / Humble Pie / Rolling Stones / Mudhoney / Monster magnet / Grand Funk / Calexico / Steve Cropper / Godspeed You Black Emperor / Mountain / MC 5 / Traffic / Santana / The Obsessed.

Le groupe reprend peu ou proue là où il avait les choses planer. On en retrouve la délicatesse feutrée, le botanisme musical, l'ode hippie, et une saveur Led Zeppelinesque assez hors d'age certes, mais dont les différents apesanteurs souterraines prennent leur envol intemporel dans une époque contemporaine qui recycle le vintage.

Les titres sont longs, il faut s'acclimater à cette torpeur de transe, à ce heavy blues, à ce stoner psychédélique brûlant, fiévreux, cachant dans l’interstice de son venin les atours inquiétants du sombre.

Colour Haze possède un groOve singulier, une distanciation musicale, et un sens de la rêverie bien réel. Capable de faire intervenir des cuivres pour légiférer à l'audace de son songe sonore les qualités ésotériques qui permettent de planer.

Oui Colour Haze est un groupe de doux méditatifs, aimant faire tonitruer des riffs lourds, faire s'envoler des mélodies dans les nuages et sacraliser l'ode éperdue à la passion sonique.

« In The Garden » est riche d'une flore musicale dont le terreau ancien ne fait qu’embellir la rose et ses épines.


dimanche, juin 25 2017

OBITUARY - Obituary


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Pour son album éponyme Obituary fête son 10 album studio pour 30 ans de carrière. Forcément on apprécie grandement de remuer encore et toujours ses mains dans les tripes Obituaresques, avec une frénésie qu’accordent les titres à l’influence mortelle.

Le fossoyeur de Floride est donc revenu de l’ombre de la mort avec de quoi remplir les enfers pour notre plus grand plaisir.

Un bon album de deAth se doit de faire gicler de l’hémoglobine de riffs jusqu’au plafond et de faire suppurer du pue par tous les pores soniques. Obituary a réussi haut la main à en foutre partout, avec cette saveur inégalable de joindre des pics de nervosité et de lourdeur, de vomir les viscères du style en une apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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Pour soulever les cœurs, il est a noté un côté thrashy dans la forme de certain titre qui permet au fond de remuer la mélasse, et de faire remonter à la surface une indéniable vigueur. On ne va pas tergiverser mais la nostalgie joue énormément dans ce nouvel opus, que les Floridiens exécutent en un florilège d’accomplissement.

Le groupe répartit avec brio la sève grandiloquente de son imposante singularité. On en retrouve le relent, et le fumet qui recouvre les cadavres. Obituary a toujours su manier ses effets de style, ses breaks rythmiques, ses solos saillants, son chant guttural, et un son unique, lourd, profond, venimeux, incandescent, en un mot jouissif.

À chaque titre on baigne dans une immondice de réjouissance deathalique que le groupe honore, en glorifie l’appel d’outre-tombe.On ingurgite la correction avec sadomasochisme, bienheureux une fois encore d’être toujours à ce point soumis à la terrassante envergure sonique d’Obituary, et à son apothéose de disque sanglant de barbarie sonore.


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vendredi, juin 16 2017

NYCTALGIA – A Hint Of Eternity


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Je ne sais comment ?? mais je n’avais jamais entendu ce groupe. J’engage ici-bas que je vais remédier à cette carence en approfondissant leur discographie, même si je redoute toutefois une redondance…

Basé sur du post-rock, cet album de Nyctalgia caracole dans les nuages du septième ciel avec un ensemble d’instrument à corde, chœurs angélique féminin, ainsi qu’un piano, en plus des guitares cristallines. Il cajole par sa grâce spleenétique, par le précipice qu’il accorde à la mélancolie d’en recevoir le chagrin.

Aux trémolos violonistes répond l’affliction lacrymale et sa luminosité lunaire, confinant à un recueillement contemplatif, si cher à mon cœur. Ce post-rock instrumental et orchestral possède une immense profondeur de champ et cette caresse subtile d’effleurer par sa douceur vaporeuse l’apesanteur céleste. Il y a quelque chose ici qui tient de la beauté que l’on accorde à la nature sauvage, et qui émeut par l’harmonie somptueuse qu’elle détient. Et cet opus m’a aussi remémoré le band Islandais Sigur Rós avec cette errance délicate et indomptée. On en ressort tout étourdi, avec le cœur léger, et les joues humides parce que c’est beau à en chialer.

Parfois il est préférable de n’écouter qu’un seul album d’un groupe. Parce que maintenir avec lui cet instant précis où l’on se rencontre, demeure un moment unique avec lequel on reviendra sublimer son souvenir.

Celui-ci a agité l’émoi, et sa conservation en un temps précis où j’en ressentais le besoin a inauguré un souvenir qui ne cessera d’être une évocation d’importance désormais.

Alors que si l’on franchissait le pas d’écouter un autre album à ce moment précis, il y aura toujours ce doute inextinguible qui planera avec hésitation et obstination, jusqu’à concevoir que d’entendre ne serait-ce qu’un soupçon de rabâchage serait capable à lui seul d’atténuer toute la beauté grandiloquente absorbée la première fois en un état de félicité absolue, et que l’on nomme : Révélation.

Fatalement la curiosité apparaît comme une garce qui fait luire le verbe croire à la commissure de ses lèvres désireuses et capricieuses.

Oserai-je me dévoiler plus encore, et d’être agréablement surpris si je me penchais sur la discographie de ce groupe ? Pour le moment je laisse le doute planer, même si au fond de moi je sais déjà que mes lèvres se rapprochent toujours un peu plus du désir d’entendre la caresse musicale du groupe m’enivrer une fois encore, et d'en bouleverser les strates rêveuses.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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samedi, juin 10 2017

CJ RAMONE – American Beauty


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Hey petit, oui toi qui te colle un shirt des Ramones de H&M sur le poitrail, sais-tu que CJ Ramone vient de sortir un nouvel album ? Nann ?!? Et bien ma couille il est temps pour toi de te lubrifier l’occiput avec cette gomme punk’n’roll, parce que tu constateras que ta vie changera dans ta tête du tout au tout de manière limpide, et qu’à la place de l’apparence de tes fringues tu auras le fond nécessaire pour être cool.

Bref, quel est le changement opéré chez CJ pour cet opus ?

Nada, du moins pas grand-chose. Le gars balance son punk ramonesque, mais avec tout ce qu’il faut de nécessaire, l’envie, l’intensité, la collitude et l’énergie conforme pour en être TOTALEMENT SOUS LE CHARME !!! Là est l’essentiel, parce que l’on va à l’essence même de la composition simple, efficace, qui file direct, parce que ce sont des mélodies qui apportent du baume au cœur, et celui du Tigre dans la culotte.

La pop punk, le punk à roulette, la guimauve poppy, bref tous les bombecs des 30 dernières années n’auront jamais cette souplesse chewing-gumesque dont les fondations remontent aux sixties, et qui demeurent le point d’ancrage de CJ Ramone, et de sa quête à pérenniser l’œuvre élastique des Ramones, Johnny Spirit.

Pour ce qui concerne la légère variation, il y a donc un melting-pot punk rock americana, allant des Ramones à R.E.M, mais aussi un hommage à Tommy Ramone, un duo avec Kate Eldridge de Big Eyes, et pour l’épauler il y a le bassiste et le guitariste Steve Soto Dan Root de The Adolescents et le batteur Pete Sosa des Street Dogs. Autant te dire que ça file dans toute la beauté Américouaine.

Un grand merci à l’Xtremefest pour l’avoir programmé dans l’édition de 2016, c’était aussi fun que cool en live, vraiment.


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