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chronique de disques

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mardi, avril 23 2019

THE YOOHOOS – Up Goes The Rocket


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Immensément ricain dans son style musical avec sa plasticité, agilité, vivacité, légèreté, facilité naturelle, pour qu'à la fois Teenage Bottlerocket, Chixdiggit et Groovie Ghoulies résonnent dans leurs compositions folles, pour un album hyper catchy de Pop-Punk.

Le power trio The Yoohoos est composé de Eggnog Yoohoo au chant et à la gratte, de Vanilla Yoohoo au chant additionnel et à la basse, puis de Koko B. Yoohoo à la batterie et aux chœurs. Le début date de 2005, pour une discographie gruyère avec un Ep sans titre en 2007, puis « Heart Attacks » 2013, et des titres dans des compilations comme « Batshit Crazy » en 2012 et « Different Voices, Same Goal »" , « Tastes Like Bat Guano" en 2011, « Up Goes The Rocket » est leur premier long format.

L'album est vraiment très cool avec toutes ces sucreries mélodiques bubblegum. Il y a le même goût pour la S-F de The Lillingtons avec des sonorités vintage «Space Boy », un sens inné de l'accroche musicale sur la totalité des titres, une coolitude très douce. The Yoohoos c'est aussi le titre « Little Alien » et son rockab-punk-surfique style, pompé sur le « Wipe Out » des Surfaris, et du « Sheena Is A Punk Rocker » des Ramones. Produit par le label Monster Zero, de Kevin Apers thrashers punkers dans Insanity Alert.

Ne demandez pas la Lune à The Yoohhoos, ils y sont déjà, et en plus vous allez décoller avec eux de manière supersonique !


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vendredi, avril 19 2019

THE HANGUPS – No Expectations


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Aussi sarcastique que galvanisant, le quatuor Suédois de Malmö appose 4 titres de punk-gum ensoleillée dans le mood de Screeching Weasel avec de la pop punk nordique ultra-vitaminée.

C'est frais, c'est fun, c'est du chamallow-punk insouciant. Il y a une profusion de sonorités craquantes de charme et pour une prise rapide sur le vif, produisant des effets instantanés, crépitants et éclatants de fun. Par exemple on prend la Delorean pour « Bigger Brain » évoquant du Green Day époque " Kerplunk !". Tout aussi élastique avec le titre « Stupid World » qui entame les festivités avec cet esprit de détachement du groupe The Queers. Les breaks Ramonesques de « Out Of Order » symbiose la touche Teenage Bottlerocket à fond. Puis « Done With You » distille la nervosité garage du groupe Marked men et son émotivité enflammée.

Quand le band n'est pas sur la route pour assouplir la connerie des punkers en concert, il fait du skate sous la neige et décharge son adrénaline dans son local en créant du sucre glace musical. Du moins c'est comme cela que l'imagine un méditerranéen. Leur premier E.p sans titre date de 2018 chez Monster Zero Records le label de Kevin Apers, suivi par le titre “Danny Says” en téléchargement sur leur bandcamp. « No Expectations » est leur second E.p, toujours chez Monster Zero, il confirme tout le potentiel d'un groupe vraiment hyper cool et affûté. Attention, le vinyle est limité à 300 copies, ce qui signifie que le disque va partir vite fait.


Même si le monde est stupide, The Hangups lui apporte tout le fun pour le supporter, au point de s'en foutre pour passer du bon temps à glisser sur la surface des choses, et ne garder que le suc émotionnel le plus coOol, le plus intense, dans cette énergie juvénile éternelle de déflagration d'électricité punker !


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lundi, avril 15 2019

THE RATCLIFFS – Hell Mental


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À Innsbruck en Autriche The Rattcliffs glisse son punk rawk issue des familles Hard-Ons, Ramones, Queers, avec une décontraction accrocheuse.

Le groupe débute en 2005 sous l'impulsion de Paul Coyote qui s'accoquine avec deux Mugwumps, l’alchimie est instantanée, puisque que le band n'en démord pas après plusieurs EP, l'album « Bubblegum Warfare » en 2016, « Hell Mental » est leur second long, produit par le chanteur d'Insanity Alert pour le label Monster Zero

Dans le cœur du Tyrol ils ne font pas que pisser de la bière en se malaxant les aisselles avec de la choucroute, la preuve avec ce trio électrisant des harmonies roucoulantes, des riffs qui envoient la purée Ramonesque, une rythmique à propulseur ou bien à ressort.

C'est rêche et collant, c'est punk pour la salissure frappadingue et pop punk pour la friandise sucrée. Ça file droit sur des rails, et à la fois c'est caoutchouteux comme The Toy Dolls. Il y a une grosse base de fun, la souplesse élastique des quatre fantastiques New-Yorkais pour cette musicalité insouciante et joviale.

Le côté pop, frais, mélodique prend vite le dessus pour un déferlement sonique à la fois entraînant et compact, totalement cartoonesque, jamais ennuyeux, ultra fun !


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jeudi, avril 11 2019

MLADA FRONTA – No Trepassing


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J'ai connu Mlada Fronta avec le label de musique Parametric nous n'étions pas encore à l'an 2000. C'était beaucoup plus indus, rêche musicalement dans l'esprit, et carrément avant-gardiste, notamment l'album « Dioxydes » en 2005. S'en est suivi une lente gestation musicale jusqu'à 2014. Je me souviens que comme lui, M83 était de Cannes, et qu'il y avait chez les deux une vénéneuse mélancolique, mais plus froide chez Mlada Fronta.

Je ne vous cache pas que j'avais perdu de vue ce groupe, enfin il est tout seul au commande, Rémy. Il a pris un virage synthwave/darksynth et le résultat est d'une fluidité vraiment cool. Cet album est un hommage au slasher movie des 80's.

''No Trepassing'' conjugue à merveille là ou beaucoup de french-toucheur font de l’esbroufe en y plaçant un visuel occulte. Rémy a vingt pige de maîtrise, d'expérimentation et une culture pour en découdre. C'est ce qu'il magnifie depuis l'orée de 2014 avec l'opus Night Run .

Je ne sais pas pourquoi j'apprécie cette musique électronique avec autant de facilité, je la sens plus limpide et libre. Ce qui semble un peu fou c'est que pas mal de personnes du black metAl écoutent de la synthwave, et si vous vous posez la question, il y a dans cette musicalité les versants euphoriques de la mélancolie et de la dangerosité du dark. N'oublions pas que la génération X a vécu l'origine de la musique électronique et même du rap. Culturellement elle a grandi dans la vision fantasmée de l'an 2000, et dans les 80's fluorescentes. C'est en nous et pour toujours. Ce disque est pourtant intergénérationnel, il fait un appel d'air nostalgique et filial. Bourré d'une énergie rythmique et de mélodie aussi fiévreuse que trépidante, l'album est et demeure vraiment aussi cool à consommer que profond à consumer.

Vous trouverez des CD de Mlada Fronta par le biais de Music Fear Satan, et trouverez la musique du futur des 80's versus 2.0.


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jeudi, avril 4 2019

HUATA –  Lux Initiatrix Terrae


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Huata n'a jamais conçu le même disque.

C'est quand même assez balèze dans le doom.

Fondé dans les bas-fonds sépulcral du post-Electric Wizard, le groupe a depuis foncièrement rebouté l'ensemble de ses disposions musicales.

Ce nouvel opus "Lux Initiatrix Terrae" possède à la fois la verticalité d'une cathédrale, l'apesanteur sonique d'une cérémonie de ventre-bleu protestante Pink Flyodienne, l’onctuosité planante de Mars Red Sky, d'une nimbée spectrale de caresse post-rock islandaise...Et même de cette douceur des profondeurs de descendre dans les profondeurs éthérées de l'obscurité de Year of No Light.

Ceux.lles qui ont cru voir le groupe comme une bande de moines bénédictins à la solde de Belzébuth ne verront dans cet album qu'un bain de clocher doOom pieusement rectiligne dans son cheminement musical, avançant pas à pas feutrés dans les délices d'une ornementation gigantesque. Mais comment ne pas voir les oripeaux fantomatiques de l'orgue et ces longues colonnes baroques, cette résurgence divine de cantiques maléfiques, jouxtant dans chaque titre le murmure du diable et de son précipice ?

Le disque grandit en vous avec cette luminosité teintée de vestige, de vertige. C'est une histoire de S-F, de conte horrifique tout à la fois...Peut-être de funéraille mélodramatique offerte comme le ravissement que les gothiques éprouvent devant un linceul capiteux.


C'est un grand disque Belzébuthien, oniriquement subliminal, cérémonieusement languide, lumineusement spectral.


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jeudi, mars 28 2019

BELZEBONG – Light The Dankness


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Dans l'arboriculture spécialisée pour plante hallucinogène et la musique psychotrope, Belzebong tient son champ de culture avec un souci démoniaque.

Fort d'une charpente rythmique à taper du sabot avec une bestialité cosmique, d'une assise doomesque à caresser les bijoux de familles de Belzébuth, le quatuor appose à sa fumigation l'indolence du trip opiacé, les ecchymoses subliminales du tellurisme doOom, la prépondérante virilité de sa puissance sonore. En 4 titres l'amplitude du vol-planer fait des trous dans la moquette, rend nigaud, donne faim, bref tous les symptômes triviaux d'un disque de Belzébong.

Il est avéré qu'avec une telle fumée heavy la luminosité des ténèbres soit réduite à une sensation aveuglante, avec laquelle on se sent ankylosé par le poids-mort du volume sonique, et la profondeur factuelle que ce sable-mouvant entraînant dirige vers les ténèbres. Le calumet de Belzebong n'est qu'un leurre, son désir de faire vivre sa flamme heavy/doom entre vision et hallucination prolonge une quête de fougue passionnelle et d'obsession. Si vous trouvez cela redondant, il vous faut cramer davantage de sauge sauvage lors de votre rituel d'écoute, c’est mon conseil.

Ces Polonais déniaisent la probité religieuse que l'on se fait de leur pays avec les effluves psychotropes d'un doom graminacée, et d'une dévotion à la musique de maître cornu, et ceci, en toute humilité. Sinon et sans fourvoyer, cela reste un disque de drogué !


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dimanche, mars 17 2019

KINK DUDE – Music To Make War To


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" Hey Dude, don't make it bad, Take a sad song and make it better, Remember to let her into your heart, Then you can start to make it better. Hey Dude, don't be afraid, You were made to go out and get her, The minute you let her under your skin, Then you begin to make it better, And anytime you feel the pain, hey Jude, Don't carry the world upon your shoulders..."


King Dude aka Thomas Jefferson Cowgill. a débuté à Seattle entre le Black Metal (Book Of Black Earth) et le Hardcore (Teen Cthulhu), puis a déposé les armes pour fonder son projet Néo Folk en 2006. On pourrait dire que King Dude est descendu du manège ascensionnel Helter Skelter, il a fui pour finir par se tailler une solide réputation de songwriter dans les veines boisées du folk rock ténébreux. Il signe un premier album Love en 2011 chez Van Records suivi de près par Burning Daylight en 2012.

Dans les denses forêts noires de l'Etheral Wave, Blues occulte et röck gothique, le Dude terrasse dans la noirceur. C'est licencieux, alangui par de subtile perversion goutteuse. Il continue avec des splits et des albums Songs Of Flesh & Blood - In The Key Of Light 2015, " Sex " 2016, avec le passé et l'avenir qui se frottent leur épaisse amertume dans des mélodies qui retentissement en nous et éclairent soudainement notre obscurité. Ainsi se libère des désirs tyranniques, faits de colère et de regret insatiable. Le king nourrit sa plainte, aiguise sa faux et consume son bûcher, il est son propre bourreau vengeur.

Ce nouvel opus, un vaste obscur objet du désir, est une nouvelle façon de faire ressusciter dans le fiel de la blessure existentielle la douceur ténébreuse du lichen mélancolique. Le chant est mâle et sombre dans le spleen. La musique vient sourdre l'obscurité jusqu'à lui donner l'apparat d'une beauté gracile. La profondeur de champ est aussi vertigineuse qu'un ciel étoilé. On ferme les paupières et laisse rentrer le désordre harmonieux du spleen.

« Music To Make War To » est un opus beaucoup plus venimeux, il temporise la danse macabre du dark rock, et parfois même la lascivité euphorique qui nous prend quand on plonge dans le crépitement des enfers.


Il ne faut jamais rien garder en momies, mais parfois on succombe vers cette certitude amoureuse qui respirait l’éternité...


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mercredi, mars 6 2019

SOFT ANIMALS – Soft Animals


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Le premier album de Soft Animals vient déposer la substance secrète émotionnelle qui dit tout en un fragment.


J'ai découvert ce groupe par le biais de ma lecture du Fanzine Cafzic de Yan, qui a lui même était mis au jus par Frank Violence Frejnik de Punk Rawk.

Ces anciens Slice Of Life, Karman et Over The Stars ont su immédiatement me séduire. C'est une instantanéité qui ne s'explique pas, plus. C'est fulgurant, intense car la digestion de cet excellent album n'a besoin d'aucune maturité, il comble le vide.

On est au cœur de cet entrelacement subtil entre la joliesse capricieuse, les tourments obséquieux, la brisure affective, l'impétuosité à fleur de peau, l'entière exaltation mélodique, dans cette fréquence de rock indé oscillant dans l'intimité du punk rock.

Pénétrant dans la chaleur d'une impulsion rageuse d'émotions, dans laquelle on retrouve l'effusion tourbillonnante de Polar Bear Club, peut-être aussi parce que le quatuor de Lille a bien digéré les mouvances emo des 90's, de Jawbreaker, Second Rate, jusqu'à offrir une palette de nuance d'Embrace à Fugazi.

Il s’échappe de cet album une fluidité intuitive, des désirs qui nous échappent, des ambiances déjà vécues, des errances rêveuses, une cicatrisation indélébile, tout ceci relie à une intériorité bouillonnante ne demandant qu'à imploser pour y être consumer, et renaître à chaque titre, en une vibration intense, comme un rayon de lumière existentielle sur l'écume des choses.


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« La blessure est l'endroit où la lumière rentre en vous » Rümi (poète persan)


jeudi, février 28 2019

LANE – A Shiny Day


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L'enrobage cotonneux d'un shoegaze, la prophétie mélodique qui flotte dans les rêves éveillés, une falaise sonique pour vous étourdir...Heyyyyyy depuis son E.p 4 titres, Lane suit sa trajectoire météorite lunaire.

Vous retrouvez cet album sur le label Nineteen Something !

Ce magma de rock sophistiqué est un album dense et complet. Il est imparable car il épouse la résonance d'une noisy brumeuse à fendre l'air ambiant de Fugazi, les flâneries grungy à la noirceur élégiaque. Dans ce groupe la consanguinité est une osmose créatrice, une intemporalité sonique propice à l'émergence d'une collision au rock alternatif 90's/2.0's, avec le sens mélodique de Bob Mould. C'est dire !!

Les mélodies mélancoliques sont en perpétuelles impulsions, prises dans le plâtre d'une résonance émotive subtile, dans ce seuil de stridulation sombre et d'instabilité sur faille sismique. Les contrastes y sont nombreux, l'intensité est prégnante, et la chaleur omniprésente.

Lane a dépassé le caractère nostalgique de son bastion angevin, sa force de frappe et sa beauté émotive épousent toutes les formes soniques que les passionné.es de mélåncölie puissante honoreront en faisant un vœux solaire devant cette météorite lunaire.


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lundi, février 25 2019

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN – The Light Of September


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Shoegaze + black metal = blackgaze : musique à la bestialité lunaire et à la mélancolie sauvage.


Ce groupe allemand fructifie avec une aisance redoutable des qualités folles pour interpréter à son audace musicale une énergie vitale, sorte de feu sacré et divin, mariant dans ses abysses mélancoliques la torpeur et le souffle/souffre que l'on retrouve dans le milieu de la nuit, dans le creux des blessures et d'un feu de joie intense et sensitif.

Les violences émotionnelles que causent ce feu sonique reflètent à notre chaos intérieur une ouverture sensitive pleine de sagesse ancienne et d'éclat d'obus, on s'ouvre avec comme une fleur au printemps.

J'ai toujours aimé ce groupe pour la surface des choses qu'il émet et la sensation de pénétration sulfureuse qu'il soulève. Les contemplatifs me comprendront, ils connaissent la beauté du clair obscur, la sagesse de la fleur fanée, la perversion érotique de caresser une cicatrice, et le réconfort de trouver un écho à leur vibration intime.

« The Light Of September » est une lumière de transition éphémère, entre l'engourdissement estival et la décadence automnale, elle est une génératrice de métamorphose intérieure.

On peut en entendre la fantaisie expiatoire, la chaleur consolatrice, la liberté généreuse venir battre la folle résurgence du cœur battant. Les mélodies sont enlevées, elles choisissent d'emprunter ouvertement un pas de côté, un peu claudiquant, avec dans le creux de l'aine/haine une explosion souterraine ne demandant qu'à imploser. Il y aura toujours un goût âpre en bouche, une saveur d'enivrement, une intempérance ténébreuse à voir surgir les démoniaques oublis venir caracoler électriques et rageurs, pour nous soulever dans un bruit de fureur libératrice et de vertige.


Ce disque est sublimé par une élévation musicale dépossédée des amarres de l'amertume, avec le corps en apesanteur et la tête baignant dans le brasier des limbes du recueillement, avec un tel disque, tu écumes !


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