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chronique de disques

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lundi, décembre 10 2018

DEE SNIDER – For The Love Of Metal


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Dee Snider c'était le chanteur de Twisted Sister, groupe culte de heavy metal, mais aussi un animateur radio et une personnalité télévisuelle des U.S.A, notamment en animant l'émission Heavy Metal Mania sur MTV. Il fut aussi historiquement porte parole à la cause Metal lors d'un procès jubilatoire en 1985 où il est auditionné par une commission du Sénat américain dans le cadre de la proposition du Parents Music Resource Center d'étiqueter avec un sticker de prévention, afin d'alerter les parents de tous les albums de musique contenant des paroles jugées offensantes pour véhiculer des idées de suicide, de masturbation, de drogue et de satanisme. Dee a assuré sa plaidoirie éloquente avec roublardise en démolissant chaque accusation avec une verve apprêtée, contrastant avec son accoutrement de rocker débraillé.

Ceci n'est guère étonnant pour ce véritable showman au redoutable charisme de métier, je confirme en connaissance de cause pour avoir assisté à plusieurs de ses shows.

En 2003 Twisted Sister se reforme et remet en scène Snider. Suite au décès du batteur A.J Perro en 2015, le groupe réalise une tournée d'adieu. Fin de l'histoire.

Je n'ai jamais été convaincu par le stéréotype musical de ses autres groupes comme Desperado, Widowmaker, pas plus que par sa carrière solo, par contre pour « For The Love Of Metal » c'est différent parce que l'angle d'attaque n'est plus le même. Dee Snider a fini avec le heavy d'antan, ainsi la granulométrie musicale adopte une approche actuelle qui met en honneur son potentiel vocal. Même si la gageure première est heavy, les différentes injonctions soniques sont incisives et télescopent une modernité d'aplomb. Il y a une vaste gamme de fluidité mélodique et un mood ricain dans cette épaisseur catchy. L'ensemble est appuyé par une variation de styles musicaux permettant la souplesse, et une polyvalence d'action percussive.

L'album respecte l'homme, la légende, lui apporte une légitimité existentielle, d'ailleurs le titre « I am ready » en atteste, tout comme la roublardise américaine joue sur l'ironie avec « Lies are a business ». C'est l'art du contre-pied et peut-être même le maître mot de cet album qui fait passer le démodé Snider vers le 2.0 Metal bad ass ! Car derrière cette conceptualisation et une production massive il y a la malice de Jamey Jasta d'Hatebreed et un featuring conséquent pour assurer les compositions, le chant, avec Mark Morton (Lamb Of God), Alissa White-Gluz (Arch Enemy), Howard Jones (ex-Killswitch Engage), Charlie Bellmore (Kingdom Of Sorrow), Joel Grind et Nick Bellmore (Toxic Holocaust).

« For The Love Of Metal » est un album réalisé par des fans de Twisted qui a le mérite de faire briller l'étoile Dee Snider dans le confis stellaire de l'ère contemporaine, tout en élargissant son aura d'une manière brillante et solennelle, parce qu'il le vaut bien.

Bonne galette !


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mercredi, décembre 5 2018

CANNIBAL MOSQUITOS – Vroom Vroom


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On nous a promis le goudron et les plumes si l'on poursuit à croire à la liberté de la bagnole, Cannibal Mosquitos dégomme son Vroom Vroom avec comme transition écologique une autoroute surfique...enfin même, ou plutôt une glisse autoroutière, car le trafic est dense et il n'y aura pas d'itinéraire bis.

On cloque toujours autant de plaisir à se faire darder par la surf music de ces drôles de moustiques, d’autant plus que cette fois-ci le moteur à explosion de leur composition pique sans cesse. C’est ni plus ni moins qu’un road movie sonique qui laisse des marques indélébiles sur l'asphalte.

‘’ Vroom Vroom ‘’ tient toutes ces promesses. C’est du stock-car de formule 1 avec attelé à l'arrière une caravane. C'est à dire que la conduite est aussi folle que burlesque.

La Carlingue est solide et part sur des chapeaux de roues, elle déboule à vive allure et chaque virage est pris à la corde, avec parfois tête-à-queue et autres pirouettes à la limite de la sortie de route. Pied au plancher, le groupe ne montera jamais sur les freins même avec 250 hippocampes sous le capot (et oui c’est de la surf music).

L’attention des moustiques n’est pas au point mort. Carrefour, bifurcation, chemin de traverse, le groupe prend tout à contre-sens dans cette audace libertaire d'user jusqu'à la couenne pour tracer sa route.

Selon le dicton provincial “La voiture est le troisième testicule de l'homme moderne”, cet opus est donc couillu à appuyer sur le champignon de la sorte, et mérite toute votre considération.


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Ils ont dit de "Vroom Vroom" :

Nikki Lauda : « Putain c’est chaud. »’

Renaud : « Boire ou conduire il faut choisir. Géraaaaaaaaaaard un ricaaaaaaaaaaard. »

Ayrton Senna : « Dans une course automobile le faible ne va nulle part. Je suis taillé pour gagner et être sans cesse mis à l'épreuve, parce que je…CrashBoumHue, Pim pom, Pim pom, Pim pom…»

Michael Schumacher : « Tout est dans le planté de bâton chez eux. »

Alain Prost : « Ce groupe de fêlé a du nez, comme le mien. »

Jean Alesi : « À fond, à fond, à fond...Aaaaaaaah...flûte...dans le gravier. »


Acheter ce disque imputrescible & aqueux via le label Savage Cannibalism Records, ou Monster zero records.


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lundi, décembre 3 2018

BEHEMOTH – I Loved You At Your Darkest


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Je ne sais pas si il est encore pertinent à notre époque où le topaze fluo révolutionnaire a effacé en partie et pour le moment l'ordre religieux de son vecteur de soumission, de s'agenouiller face à l'orgueil du prince noir Polonais ?

Ben oui prince noir, car Behemoth a conquis par l'usage de ses armes occultes, il a absous l'obscurantisme de la bête par le mystère satanique. Ressuscité à la porte de l'antre mortuaire, Nergal et sa troupe ont obtenu récompense depuis l'album « The Satanist », jugulant une saveur policée 2.0 à sa sève accrocheuse, jusqu'à être inculpée d'être trop idéale pour du black metal même. C'est justement avec cette musique de sang-mêlé et d'une mégalomanie expiatoire suprême qui ont triomphées des masses, surtout avec la puissance d'une esthétique très calculée pour ne plus chercher à avoir mais être attentif aux signes du malin.


god = dog

Marcel Duchamp a démontré que n'importe quoi peut devenir artistique à condition que l'artiste le décide, et que le public joue le jeu de le concevoir. Behemoth prêche sur l'anéantissement la mort dans l'âme, guette la souffrance humaine, et achève les mourants par son sermon de croque-mitaine. Behemoth est un moraliste bien malin, pas plus opportuniste que n'importe lequel provocateur, il ajuste son angle de tir progressiste selon sa suprématie créatrice. Il faut bien perpétuer une nouvelle image pour éviter la stagnation, assouvir dans le temps une reconquête permanente si l'on veut exister.

« I Loved You At Your Darkest » souffre du même mal ardent que son prédécesseur, il n'en reste pas moins pour autant dans ce crépuscule naissant où converge les tourments rageurs, un nouveau virage musical, et invariablement la présence Satanique du blasphémateur qui est toujours aussi revendicative que la célébration "Les Litanies de Satan" de Charles Baudelaire.

En plus d'être un très bon showman, Behemoth est un redoutable amplificateur et un porteur de lumière pour la société du spectacle.


lux ferre

samedi, décembre 1 2018

BOBBY SINGER – Casse


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En trois titres, Olivier qui officie/a officié au sein de Mr Godson will be the last one to survive, Murdhock, Drapeau Noir...a élaboré un projet solo 100% DIY (tout a été joué, enregistré et mixé par ses soins), il se nomme Bobby Singer et ça s’écoute ici.

Il existe des êtres doués d'une magie, capable de transformer ce que l'on a cru comprendre vers quelque chose de diamétralement différent. C'est ce que je me suis dit après l'écoute de Casse.

Je ne suis pas hautain, ni méprisant, mais il m'est pénible, et fort souvent même d'entendre gémir les blessures assassines que le pecnot occidental s'inflige en se flagellant les roustons pour sa croyance à l'amour, à la réussite, au regard de l'autre...Un trait de travers souvent narcissique qui échoit dans un screamo assourdissant de pessimisme candide.

Screamo il y a ici, mais sa vigueur musicale possède une épaisseur requise pour que la mesure pessimiste soit directe et la bourrasque émotionnelle indubitable. C'est à dire qu'il n'y a point de flagellation, il y a cette fulgurance épineuse de tension sonique venant se percuter en éclat. C'est brillant de noirceur multicolore, d'exaltation sensible. Si Bobby pouvait poursuivre sur un album entier je pense qu'il clouerait le bec à Birds In Row sans problème. Parce que Bobby Singer est un oiseau libre !


dimanche, novembre 25 2018

VODUN - Ascend


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Un premier EP « Eat Up the Sun » en 2013 en préliminaire, un album « Possession » en 2016 pour étourdir, un set au Hellfest 2017 me permettait de constater que « Vodun y prêchait la musique noire pour chapelle blanche avec un mood The Bellrays aka Slo Burn VS Captain Beefheart. Dans ce concert de haute volée la formation en trio permettait d'étendre son punch, surtout avec le duo de griot grrrl en la personne d'une batteuse pugnace, et d'une chanteuse possédée par un grain vocal gospellien et d'un sens instinctif des percussions. La chaleur d'Afrique subsaharienne rendait le culte vaudou en corrélation avec un mélange d'insolation et de bestialité. L'ensemble a su trouver le ruisseau de feu qui mène le cortex à célébrer l’inattendu brasier qu’offrait un tel set démoniaque, jusqu'à ce croisement maudit où le diable marchande l'âme du voyageur mélomane avec cette eau de feu sonique. » Ouaie je me cite, carrément, mû et imbu par une expertise à la Delon, Nasty Samy & co.

1/ Présentation de la tribu

Derrière le doux patronyme de guerrière Ogoun coexiste la batteuse qui fait office de mentor, enfin plutôt de gourou, la possession de son jeu à la rythmique traditionnelle africaine et à la frappe ancrée à la terre des ténèbres lui confèrent cette assisse folle à la Ginger Baker du trio Cream.

The Marassa cache sous un nom féminin le seul gars de la troupe, il officie à la gratte, avec des nuances libertaires au rituel africa jungle stoner.

Vodun sacralise la tradition du shock rock, de sa théâtralité à son jeu d'interprète, on s'immerge totalement dans leur univers, porté par le chant d'Oya, tigresse de velours toutes griffes dehors attenant à la puissance féline de la Queen Beyoncé avec la moiteur exotique pop et un tribalisme funk stonien.

2/ Rapport d'expertise abracadabrante

Le métissage endiablé apporte au trio londonien de Vodun cette singularité d'ébène et d'ivoire, de fièvre capiteuse faisant ronronner le voodoo child sur fond de heavy rock, tout en lui conférant une posture de missionnaire où Fela Kuti jouerait avec Uncle Acid & the Deadbeats.

Ce sens du métissage ethnique se prévaut d'une production soignée, permettant de joindre au Stoner créole, africanisme doomesque, heavy pop, soul funkadélique un contraste de couleur musicale progressiste. Ainsi par cet enlacement de sorcellerie Vodun invoque le feu de la terre mère pour conjurer les foudres du père stellaire dans un ritualisme vaudou cosmique, et ceci jusqu'au psychédélisme sonique.

Notez dans vos Iphone-smartphone que le titre « New Doom » se distingue par la présence caractéristique au chant de Chris Georgiadis de Turbowolf, dont on retrouve la réciprocité vocale sur l'album « The Free Life » de Turbowolf avec la chanson Very Bad et la présence de Chantal Brown ( aka Oya ).

En guise de mixité contemporaine, avec son grain davantage pop räwk cet opus mêle Sly And The Family Stone aka The Destiny Child !


Un disque de sauvage


samedi, novembre 17 2018

PAUL McCARTNEY – Egypt Station


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Y a t'il un intérêt quelconque à écouter un nouvel album de Macca en 2018 ?

Pour moi oui.


Paul est resté ouvert au monde, je ne sais pas si il donne à entendre ce que l'on attend de lui, en fait je m'en fous. Je sais qu'il est sincère, rien ne me le justifie, à part mon intuition et surtout mon cœur. Il parle à mon cœur plus qu'à ma tête, et ceci est une preuve irréfutable de sa force.

Macca est un compositeur génial, il a derrière lui une carrière longue pour en attester de la stature et en façonner la cyclothymie. Des Beatles au Wings, Paul est un père fondateur, une divinité créatrice, l'impérissable Macca est un artiste solaire à l'euphorie légère, sa pop vacille dans la complaisance mélancolique quand la saveur du soir se cache vers le crépuscule lunaire étincelant. Il pianote une élégance démodée par le givre d'une époque austère et fait apparaître les fantômes de l'amour dans chaque soupir. Pour les érudits chaque titre offre une relecture de toute sa discographie, la production applique avec justesse la saveur de chaque élément qui le compose. L'artwork est superbe, c'est même lui qui en a conçu une grosse partie. C'est aussi enfantin que les collages de Manu Chao dans ces albums solo.

Acteur principal d'un lyrisme rock et d'une pop pacifique, ce velouté musical n'est pas une soupe en sachet pour vieux hippie et jeune hipster. La magie musicale fait partie du charme mélodique, parce que ce mélodiste funambule au dessus du vide existentiel vous ramène les pieds sur terre avec le repos de l'âme torturée, et les yeux clos.

On a les yeux fermés parce que l'on baigne dans la confiance, la sérénité, et qu'il ne nous arrivera rien de mal avec lui. C'est un instant de quiétude, de pause sur l'agitation permanente d'un monde fou, illusoire. Il y a du beau chez Macca. Il caresse avec prévenance et le cœur libre est engourdi de gratitude. On découvre une atmosphère particulière, reposante, câline, le raffinement est une poésie et non une politesse cynique.


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Dès le début un titre comme « I Don't Know » donne dans cet écrin de sensibilité unique et superbe, un brin suranné mais absolument reconnaissable de l'empreinte Mc Cartney, et donc vers cette stature intemporelle. C'est la magie de Macca, même démodé on traverse l'espace temps avec sa musique. L'orchestration de chaque titre est un univers à lui tout seul. Le mood change avec délicatesse, car tout se fait en douceur. Chaque élément est une harmonie, il y a cette recherche pointilleuse pour exprimer avec simplicité le cœur des choses enfouies. Il épouse les formes d'une musicalité trendy car le bonhomme a une oreille musicale qui fleure l'air du temps sans en gommer l'héritage permanent, ni en déteindre le fond par une superficialité.

Macca est et reste un enfant dans l'âme, il joue avec beauté, mélodise avec clarté, harmonise en douceur.

Je pourrais en parler pendant des heures tellement cet homme m'émeut, mais à quoi bon parler, il est préférable de l'écouter, puis de respirer son existence avec prévenance et béatitude.

Voilà c'est tout.

Oui c'est tout ce qu'il vous faut en fait, pas plus. « Egypt Station » est une futilité fleurit d'amour tout le reste devient grossier. Selon l'écrivain Okakura Kakuzō Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal. Il comprit l'utilité de l'inutile.




lundi, octobre 29 2018

2 SISTERS – Run Baby Run


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T'as déjà bu du morito à paname ?

Nan j'suis encore au pernod, mon coco.


De nos jours l'adolescent décroche dès l'introduction, mais toi, j'sais pas...Je sens que t'as la persévérance curieuse de connaître la fin de cette chronique.


Le rade avait cette ambiance propre au roman de gare à forain et au sous-bois pour cacher un cadavre. Le gazier est arrivé avec dans les cages à miel le dernier E.P d'un groupe qui joue avec la braguette ouverte, et ce style de rock hirsute et salement sauvage que les aïeux avec des rouflaquettes se remémorent avec le grain vocal d'une gitane maïs dans le trémolo nostalgique.

Jeannot lui a gueulé dessus pour savoir ce qu'il prenait. Le gamin a pris un picon bière, ouaie à l'ancienne mon vieux. Puis quand Jeannot est descendu dans sa cave pour siroter en loucedé son ptit blanc, ben il en a profité pour l'enfermer dans sa turne et bazarder la crème sonique dans tout le troquet en trafiquant l'internet j'sais pas quoi. On s'est regardé avec nos regard vitreux et l'haleine de poneys qui nous caractérise en reconnaissant que cette musique animale allait nous posséder.

Il nous a juste dit que cela s’appelait 2 Sisters puis il s’est barré. On raconte qu'il a fait la même chose dans tout Paris. J'sais pas si t'as déjà entendu le bordel que fout le vrombissement d'un B52 en train de vibrer dans une culotte de fille, mais la pouliche elle remue sans cesse du croupion et couine comme pas deux. Les nanas dans le bistrot elles rugissaient avec le diable au corps. Nous on en est resté le cul par terre. J'avais pas entendu ce genre de rock garage depuis que mon cousin René a foutu sa bécane contre un châtaignier au bord de la D66.

Un rock réfractaire, ça susurre pas, ça suture. C'est jouissif immédiatement et irrépressiblement teigneux, ça fout des Cramps dans tout le corps électrique, c’est aussi sec qu'un Iggy pop fumé. T'as l’œil du tigre du Bengale après, tu sens que ton sang arrive à la verge. Il y a un côté frénétique, totalement wild, ébouriffé de partout.

Pffffffffffiou ben mon vieux avec ce raffut les rombières de la catéchèse d'en face elles ont ouvert leur volet pour nous aboyer de baisser le boxon comme si on était dans un bar à tapas à Argeles sur mer.

On a écouté la bande son des enfers en boucle en bramant des onomatopées comme des loups/louves déguisé.es dans une porcherie. On s'est gavé le larynx directement dans le bec de la tireuse à mousse jusqu'à ce que les condés rappliquent. Le sol était aussi gras que les enceintes. Play It Loud !

On s'en souviendra de 2 Sisters, c'est certain. Il se figure que ces quatre fantastiques allongent leurs kick sonique jusqu'à ce que tes tripes dégueulent de ton estomac en concert.

Hey, tu crois qu'il en joue en spandex au moins ?

Ta gueule et dégustes dugland. Ça défouraille la bestialité primitive de tout leur EP et démo ici : 2 Sisters Bancamp.

Pis tu mates là sans oublier le Sopalin® : 2 Sisters Vimeo.

Se frotter à leur zique c'est piquant mais éteindre le brasier sonore de 2 Sisters c'est chaud, faut du coffre et une gorge profonde mecton !


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mercredi, octobre 24 2018

GHOST – Prequelle


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Il y a deux possibilités de réaction suite à cet opus dei. Soit c'est de la diarrhée épiscopale religieusement mise en boite pour un conte à dormir debout. Soit c’est un album génial tant la valeur canonique marquera l’histoire du hard rock pour au moins trois ans.

Ghost est un groupe de pop qui fait du rock FM avec un sens commercial de sa théâtralité anti-cléricale, et dont la nouveauté réside dans le fait que dans chaque album il y a un nouveau prélat. Oui, un soit disant représentant de Lucifer sur Terre dont les baptisés reçoivent les sacrements soniques. Fort d’un enthousiasme pour sa formule trippante qui connaît un succès relatif dans notre société du spectacle, le sus nommé Papa Emeritus I, II, et III (attention à celui qui dit zéro après ce 1, 2, et 3) agit comme un Borgia, c'est à dire que sa paternité spirituelle en arrive au point que son orchestre de Nameless Ghouls précédent s'est retiré en crachant dans le bénitier. Le pontife a engagé d’autres musiciens et the show must go on...Tu connais l’histoire de KISS ? C’est pareil, tu changes le gars et remet le même maquillage pour son remplaçant et le spectacle continue.

Dans notre époque de mégalomanie Ghost représente entièrement le règne contemporain. Ainsi le Cardinal Copia dicte, dirige, érige son couronnement, dans lequel Ghost devenu un groupe de music-hall, et son Prequelle en est en quelque sorte sa comédie musicale. C'est une sorte de satire de la peste noire, de plus l'album est grand public avec une relation sacramentelle, et les textes sont sains/saints. Le groupe est tellement hype que même Paris Match en a fait un article.


En guise d’introduction nous avons une comptine maléfique chantée par des enfants, rappelant celle de Freddy Krueger et autres croque-mitaines des 80's. Ce n’est pas anodin puisque ce disque peut se concevoir comme un conte horrifique. Est ce que pour autant la soupe à la grimace a rempli le bénitier de la fortune ? Non, car au risque de se réinventer tout en gardant le fer de ses origines, la formule papale ne tourne pas en rond. Autour du délire horrifique 80's le groupe étire le délire jusqu’au ‘’rien n'est plus cool que le ringard’’. Ghost utilise à bon escient plusieurs ingrédients de la pop culture et du hard rock afin de confectionner une bouillasse progressiste en une boule à facette pour Belzébuth, et pour une adoration envers la sous-culture tout à la fois. Le mélange peut paraître indigeste, tentant, sidérant, fun, opportuniste, complaisant...

Les variations paraissent pourtant infimes car super intégrées à l’ensemble de l’œuvre, que l’on peut voir comme un concept album dans la conceptualisation de tout mettre en scène. Un morceau peut très bien intégrer du hard FM des années 80 et du hard rock progressif avec de la chantilly Queenienne. Ce rock est englouti par une orchestration poussée par la pop, car le pontife de Ghost a popifié sa musique (the pope + pop = popifié), c'est Supertramp/Abba/Scorpions/ Europe tout à la fois. Pourtant on ne ressent pas d’indigestion, du moins les premiers temps, je n’ai à l’heure actuelle pas le recul nécessaire sur cet album.

Par exemple, si tu as commencé par écouter du hard rock puis que tu es passé.e par les autres styles plus violents par la suite, alors tu comprends cet album car tu as les codes adéquats, le mûrissement culturel. Tu as chéri ce style dans les années où tu passais pour un tocard, depuis tu as acquis le fait que tu es un tocard de hardos. Donc « Prequelle » est une sorte de revanche, puisque Ghost est à la mode. Apprécier cet opus, c'est admettre un aveu de faiblesse pour tout un genre ringard, que ce soit graphique, musical. C'est se soumettre à la ringardise d'un groupe, d'un Pape pour en couronner le genre. C'est se faire flageller et aimer cela.

Cet album est une peste noire, un péché véniel, et tu as le droit d'être choqué.e/outré.e par un tel disque de Shöck- Røck !


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Dans la sonorité on est dans le datée remit au goût du jour avec la palette sonore contemporaine où l'on recycle, mélange les effluves des sous-style d’un style et d’une époque en particulier. Le son digitalisé à la Daft Punk s’intègre au son de synthétiseur synthpop et dans cette épaisseur propre au groupe My Grain. Il y a du piano et même du saxophone, on a droit à tous les clichés, et ça fonctionne plein tube, d’ailleurs il en sera question de tube, c’est catchy, millimétré pour faire un carton. Le délire de Ghost a plu avec « Meliora », désormais c’est l’age d’or du groupe, le cardinal a eu la main libre créative pour confectionner un album entier d’envoûtement au lieu de fournir un à deux titres excellents et expédier le reste en remplissage. Il y a des instrumentations dignes d'une bande originale de film d'aventure. « Prequelle » a l'affront indiscutable du Blockbuster tout en puissance et d'une vieille bobine culte toute droit sortie d'un magasin de VHS des 80's. Cette caricature du spectacle est hilarante, distrayante, et à la fois si prenante que l'on prend effet et cause à cette confrérie qui remet la notion de péché au goût du jour. Le groupe a étudié le shock rock d’Alice Cooper, Death SS, Kiss et King Diamond, visionné du ciné bis d’hémoglobine et lu des vieux bouquins de ‘’Sueurs froides’’ au roman Gore. Est-ce de l'art ou du cochon ? Dans ce projet de société du spectacle, la voie satanique joue sur l’ambiguïté de prendre les codes ecclésiastiques pour les transposer avec piété aux forces du mal.

Je vous soumets une liste d'inspiration potentielle pour cet album : «The Elder » Kiss, « Bat Out of Hell » Meat Lof , « Nazareth » Nazareth, « Sheer heart attack » Queen, « Lovedrive » Scorpions, « Melissa » Mercyful Fate, « Cultösaurus Erectus » Blue Öyster Cult, « Breakfast in america » Supertramp, « Escape from New York » John Carpenter, «Actually» Pet Shop Boys (rebaptisé Pitchou Boys dans le sud), que l'on retrouve dans les bonus covers de l'album avec ‘’It's A Sin’’ qui est horrible, l’impression d’être interprété par un orchestre de bal de village (et dans un canton très reculé de la civilisation), il y a ‘’Avalanche’’ de Leonard Cohen aussi en cover.

J'ai tout le temps la sensation tenace de me faire avoir avec ce groupe, comme si chaque disque était naïf et faisait revivre l'illusion de l'enfance à écouter du hard rock.


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Ah oui il y a aussi une autre facette pour ce groupe, car il y a plusieurs sortes de croyances pour le bénéfice de Ghost. La première à Lucifer qui ouvre vers la lumière en opposition avec la défiance obscure et cynique de l’église chrétienne...!!! Ahhhhh pitin, rien que de l’écrire j’en pleure de rire, quant à toi tu peux te faire pipi dessus, si, si, je t’y autorise.

La seconde c’est de croire à l’ensemble de leur délire, qu’il soit musical, conceptuel ou théâtral.

Pour le prochain E.P de covers, je conseille à Ghost de réaliser uniquement des duos. Avec :

King Diamond pour ‘’Dear God’’ d’XTC.

Alice Cooper pour ‘’Hallelujah’’ de Leonard Cohen avec une version musicale entre Ace Of Base et Blue Oster Cult.

Batushka pour ‘‘Devil Child’’ de Judas Priest.

Stryper pour ‘’Losing My Religion’’ de R.E.M.

Lady Gaga pour ‘’Superstition’’ de Stevie Wonder dans une version entre Abba et Mercyful Fate.

Joey Tempest du groupe Europe pour ‘’Devil Inside’’ d’INXS.

Sivert Høyem (ex-Madrugada) pour ‘’Sympathy For The Devil’’ des Rolling Stone mais dans une version acoustique.

Monseigneur Barbarin pour « Prendre un enfant par la main » d'Yves Duteil.

Une partie de la vente de cet E.P irait de manière charitable vers la construction d’une église à Lucifer, hé forcément. Ainsi lors de la tournée prochaine du groupe il y aurait une date unique pour un concert caritatif, style Live Aid, etc…

Ce n’est pas con du tout ce que je raconte heil Satan ? Bon et le plus important : Ne vous fiez jamais aux apparences...


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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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jeudi, octobre 4 2018

YOUTH AVOIDERS - Relentless


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Vous savez à quoi cela tient un super album ?

Déjà par le fait que l'on va y revenir dessus comme par un effet d'addiction, aussi que le disque relie ce qui vous a construit, affirmé, et qu'enfin vous y trouverez la nécessité absolue de vous y reconnaître.

Après des E.P et un album éponyme, ce second album « Relentless » est sorti sur Destructure Records. On retrouve toute l'explosibilité essentielle de Youth Avoiders libérant toute son énergie, sa puissance, sa fougue inébranlable, sa sonorité claire et abrasive.

Cet opus est décisif, il attise un sens mélodique en parfaite harmonie avec son impétuosité, son chant raw cogne à la rage, la guitare volcanique est du cristal, elle donne l'impression d'être mille tant elle mouline le fiel et l'exigence souveraine d'approfondir et de nuancer le propos. La rythmique suit la dynamique, l'emballement orgiaque et impulsif où tout se déchaîne, s'échauffe, exalte. Pourtant dans cette fureur il y a la simplicité d'une épure HxC. C'est fou et doux. Surtout que la production est vraiment meilleure que leur premier opus, moins étouffée, elle est clinquante dans le sens où elle fait ressortir la vigueur, son étoffe bouillonnante.

J'ai assisté une fois à un set de Youth Avoiders et c'était envoyé vite fait, bien fait, comme il se devait rien à redire, c'était tout aussi violent, émotif, mélodique, fougueux que sur disque. C'était cohérent avec ce qu'il dégageait, une dynamique punk HxC mélo hyper speed et juvénile à la Minor Threat, avec la justesse d'être catchy. J'espère vraiment même et d'une manière désirable que ce groupe sera à l'affiche du prochain Xtremefest 2019.

Je conseille cet album à 200%, pour son sens du combat, de la révolte et de l'épure, puisque en deux minutes par titre tout est dit. La purée corrosive est intense et vous avez une simplicité d'action et d’effusion. C'est rapide, fort et voluptueux à la fois. Il y a une vivace émotivité d'action parce que le groupe balance ses tripes avec tout son cœur dans sa résolution sonique. Il y a une telle spontanéité que c'est indocile parce que c'est impulsif, c'est émouvant parce que c'est passionné.


On ne peut qu'être avec « Relentless ».


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