WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - XTREME FEST

Fil des billets

mercredi, février 20 2019

HARDCORE Session Albi Round 1


flyer_soiree.jpg

L’inaudible est une frustration, une blessure.

C’est aussi un moteur, une dynamique, ayant la capacité de sublimer sa vie au-delà du schéma classique.

La bifurcation vers l'underground n'est pas un itinéraire bis, ni une voie d'exclusion. Mais pour beaucoup, il s’agit davantage d’une délivrance, une réaction épidermique, une démangeaison active, un parallèle existentiel, un choix de vie alternatif. En vivre l'intensité vous projette dans une sphère généreuse, dans un manège d’adrénaline et de vulnérabilité tout à la fois.

Il faudra toujours être inventif, réceptif, fraternel. Faire fasse à l’adversité, s'ouvrir au monde, trouver la force de puiser dans son feu intérieur à chaque pulsation musicale.

Ceci, on en entend l'existence et la déflagration dans le Hardcore.

Dans les 90's sur Albi il tonnait des concerts de punk et de hardcore, et énOrmément de gens ont vécu ces instants d'explosion sonique. Tout ceci grâce à Pollux asso, qui a depuis élargi sa gamme de styles musicaux, jusqu'à engendrer l'Xtremefest. Le festival des musiques extrême du sud de la France, qui aura lieu du 1er au 4 août 2019 pour sa septième édition.

La finalité de la programmation devrait être bientôt dévoilée, mais « Shwiiiiiiiiing » comme dirait Wayne’s et Garth. On trépigne déjà d’y être...



Les deux amis, David et Gim, les co-fondateurs de Pollux asso, ont conçu ce qui au temps de l'adolescent paraissait improbable, et si le temps est passé en un claquement de doigt, il y a toujours cette flamme intérieure avec laquelle l'enthousiasme, et une frustration vécue pendant l'adolescence à s'ennuyer dans un bled du Tarn, a poussé ces deux jeunes à façonner, à rendre réel une pléthore de concert, et de bouleversements émotionnels reçus, justement en concert.

Vivre le spectacle vivant est primordial pour partager avec d'autres. La problématique c'est qu'aujourd'hui les gens s'enferment jour après jour dans une dépendance virtuelle assez castratrice. On leur donne l'illusion de partager des émotions, alors qu'on utilise leur temps de cerveau disponible pour cerner leur attrait et diriger leur désir. Ce qui en soi est à l'opposé de l'underground. Voilà où nous en sommes.


applause.gif

Le 09/02/2019 il y avait un retour des HxC sessions Albigeoise, quatre groupes avec quatre variations hardcore, organisé par Pollux Asso pour une before Xtrem Party. L'équipe du WallaBirZine était présente, avec : Junk cacahouète & jus d'orange, Vincent Big Jim tonic et oim. Un trio de choc, avec la malle pleine de matériel afin de vous apporter la révélation de cette soirée.

Quand on arrive un des gars de l’appel des tympans dégorge dans sa barbe en nous parlant à travers une petite mine de sa soirée festive de la veille. On partage avec ce duo le local à vestiaire qui deviendra le lieu des interviews avant que la soirée ne s’entame. Chacun trouvera rapidement ses marques et une très bonne entende pour la gestion du planning des interviews.

Toujours aussi belle et majestueuse, la Salle de l’Athanor et ses colonnes de briques imposent une somptueuse verticalité de basilique, longtemps appelé « Le Gymnase » et associé à l’ensemble du bâtiment qui hébergeait la Scène Nationale d’Albi et d’autres associations culturelles, l’Athanor est une salle de spectacle modulable de 221 places. À partir de sa création en 1895 en tant que gymnase elle est devenue une halle aux grains, une salle de réunion publique puis une salle de spectacles depuis 1984. Elle se situe sur la Place de l'Amitié entre les Peuples, ce qui correspond tout à fait à l’éthique de l’association Pollux.


C’est GET REAL qui entame la soirée.

Dépucelage en règle et baptême du feu avec les hardcoreux de GET REAL pour leur premier concert et première interview, l'ensemble a été réalisé lors de la before party Xtreme FEST Hardcore Session Albi du 9 février 2019 organisée par Pollux Asso.



Le groupe débute son set et contrairement à ce que l’on pourrait supposer pour une première, Get Real est décomplexé. Cela fait 6 mois que le groupe est enfermé dans son local de répétition et c’est pile le moment de lâcher la fonte en concert. C’est un euphémisme d’affirmer que Get Real vit l’instant, s’engage dans son ressenti car c’est quelque chose que l’on sent vibrer en soi. L’impact de leur hardcore est bien palpable. Ce n’est pas des novices non plus puisque Get Real est issue d’anciens membres du groupe Strides Against Lies. De ce fait les horizons musicaux et la dynamique se rapprochent de celle des 90’s, avec une forte prédominance de thème opulent, lourd, pour un riffing costaud, crépitant de débordement que je considère à la croisée de Madball aka Therapy. C’est perceptible, efficace, et le groupe parvient à libérer les corps dans le public avec une jeunesse qui commence à se foutre pas mal de pralines dans les côtes flottantes. Il y a un jeune crane rasé qui a valdingué assez loin, je le croiserais plus tard dans la soirée avec un mouchoir sur le tarin. Get Real décharge son mur du son, les structures métAl HxC fournissent le choc frontal. Les gars appuient, ils jouent « à la maison » et je pense qu’ils ont bien vécu leur première fois avec 5mn avant de monter sur scène le trouillomètre à niveau zéro.




Dès que vous sortez de votre ‘’périmètre communautaire de punker’’ vous devez faire face à Monsieur tout le monde, lequel vous oppose bien souvent la démonstration du chant contre le cri, entre le velouté vocal de la variété pop au déchirement inaudible du punk HxC. Si il ne comprend pas le contraste, différence de vue, de valeurs, distanciation, dîtes lui que les télé-crochets de la chanson triomphent de modernité lors de la victoire d'un gagnant ou d'une gagnante, car il n'y a pas de sexisme au sein de cette lutte des classes vocales, il ou elle sera de type caucasien. L’hypocrisie peut s’entendre dans le punk mais seulement pour ironiser sur la pop culture.


FIRE AT WILL électrise un subtil mélange de hargne et d'émotions pour un HxC mélodique intense. Vous retrouvez dans l'interview qui suit le groupe avec la ferveur volubile de leur conviction, de leur créativité, de leur existence à travers le hardcore PMA.



Les Toulousains de Fire At Will abondent un hardcore punk mélodique, aux textes efficaces et chargés d'émotions. C’est une musique enthousiaste portée par le fer de lance d’une intensité fédératrice sur des morceaux chantés et criés autour d’une propulsion émotionnelle, d’une communion vocale, avec un envol mélodique et une vague énergique (pour ne pas dire tsunami). L’attitude des gars est PMA. Ce n’est pas pour rien que c’est mentionné sur un de leur t-shirt. Puis positive mental attitude ce n’est pas voir le verre qu’à moitié plein, comme dans tout échec un avant-goût de la réussite à venir.

C’est une attitude respectueuse qui prend en compte beaucoup de paramètre entre les rapports humains. Être positif c’est un engagement, et j’ose dire une responsabilité même. C’est une équivalence à la politesse. Je sais que cette pratique augure un comportement de bisounours assez peu compatible avec l’esprit de rébellion que requiert le fait d’être underground. Ce qui en soi est complètement con, puisque même en ayant fait un pas de côté, tout en étant dans la marge, on reste sur le même plan, et donc quoiqu'il advienne, on reste tributaire de composer avec l’ensemble. Ainsi il apparaît plus probant d’avoir une attitude positive plutôt que réfractaire à tout, si l’on veut avancer un minimum. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut être en accord avec tout le monde et sur tout, puisque ne l’oublions pas et ceci nous façonne entièrement : L’indépendance du libre arbitre définie cette scène.

Par exemple, on peut sans dissuasion forcée te demander ta participation pendant un concert de hardcore. Il s’agit ni plus ni moins d’une interaction, de faire corps avec la musique, et avec Fire At Will se jugule en plus une exaltation émotionnelle.

Ok quand la personne possède un charisme de dominant et t’impose son commandement bien souvent le public répond à cette menace, à ce défi, à cette intimidation. Dans ce cas-là il s’agit d’un jeu dominant/dominé fort fréquent dans le HxC. Par contre si tu es trop timoré ta demande n’aura aucun répondant…De toute façon là mis à part faire du shoeagaze et se regarder les pieds dans un brouillard de fumée avec une casquette rabaissée, je ne vois pas de solution quand tu es sur scène derrière le microphone ? Si, peut-être avec du mime !

Fire At Will est un phare émotionnel, il y a dans sa musique une densité de contrastes. Dans le public c’est un mélange hétérogène de punk iroquois, de skin, de métalleux, de punker, hardcoreux, de vikings new age, et oldschool avec la descendance d’Odin, puisqu’il y avait un gars habillé de peaux de bête, tous unis dans cette soirée « oldies New school », dans le sens où elle fait revivre les sessions Albigeoises de jadis et sème celle du 21ième siècle.

Le guitariste en interview est posé, sur scène t’as carrément l’impression que c’est un jouet à pièce, une fois que t’as foutu un jeton, il s’agite telle une pile à nerf.




IN OTHER CLIMES c'est du Thrash HxC qui utilise son énergie bestiale pour faire de chaque spectacle un véritable acte messianique, en plus de te décalotter et de te foutre une grOsse mandale sonique.

En interview c'est un bordel sans nom, et c'est ça qui est bon avec ces gars en mode Megäteuf 24/24. À coté AC/DC c’est Pipo et Molo font du ski, bonne nuit les petits, un suppo et au lit, attention au vomi !



In Other Climes est un alliage de riffs thrashy violemment outrecuidants et rapides, avec une alternance de breaks ravageurs sur des plaques rythmiques lourdes. Junk a avoué s’être fait molester durant tout le set, et il a pris deux bons reculs au pied de la scène en captant le set. J’en ai pris un sur le crash barrière de l’ingé son. Mis à part les tenanciers derrière le zinc, tout le monde à ramasser, ah si, Vince Gim Tonic tout en haut des places assisses était sain et sauf à filmer peinard, le planqué.

L’arrivée sur scène se réalise avec la musique du film ‘’Irréversible’’ de Gaspar Noé, puis thrash party Hardcore de badass, c’est lourd, cossu, dense et avec un putaiiin de groove à faire suer les Jackson Five, heuuuuuuu, four ? Ou il en reste moins que ça, j’sais plus ??

Mosh part, circle pit, concours de bite (c’est le bassiste qui a la plus grosse, je le rappelle), oui c’est une tuerie sur scène, et dans le pit c’est de la charcuterie. Le groupe envoie les gros riffs qui tache comme le cubis de Tonton le dimanche en famille, les solos sont aiguisés pour molester et laisser des cicatrices vives, le chant est bien vénère, gorgé de ce fiel insidieux qui baigne dans son jus de folie, la rythmique est en acier. Oui, il faut au moins cela.

C’est la version thrasheurs de Motörhead Vs Madball aka Machine Head, et à la Niçoise, avec les vibrations primitives de Sepultura en pleine pampa. Foncièrement il y a une forte ascendance scénique, telle une véritable machine de guerre, In Other Climes a foutu une branlée, et il n’y avait pas assez de sopalin. Est-ce que tu aimeras ce groupe pendant ta phase de réveil en début d'aprem baignant dans une piscine de vomi refroidi et la tête dans l’trou des chiottes ? Ben oui, et même en dévoilant un léger rictus de joie sur la lèvre supérieure, si tu veux le savoir.

Je vois ce set comme un divertissement léger mais pertinent, porteur de concepts sous-jacents qui dénotent un engagement viscéral vis-à-vis du sujet sociétal. Le Sphincter a dit quoi ? Megateuf style mec. Ouaie c’était carrément un passage à tabac, et là je ne te parle pas des conséquences que provoque une consommation excessive de gauloises sans filtre. Je pense que chaque membre serait capable de se produire dans un match de catch colombien, c’est too much, bien au-delà du spinal tap classique du heavy metal, les gars sont carrément dans Wayne’s World, Chacun à son rôle à jouer, et donc sur scène c’est un véritable cinoche à la Clint Eastwood.




Point info sur des albums futurs. Oui parce qu’en généralement en concert on rencontre d’autres groupes et on en profite pour prendre connaissance de leur actualité…Hein ? Les réseaux sociaux de quoi ? Nannnnnn Dude, j’suis oldschool, c’est par le biais de la rencontre que je fonctionne. Donc :

Ben&Fist est en train de plancher sur leur prochain album, toujours dans leur mood déprestif, mais en plus, même si je ne peux rien dévoiler, déjà je kiffe un max l’orientation musicale comme le guitariste et compositeur m’en a évoqué le sens.

Plus véloce, j’ai vu le batteur et chanteur des hardcoreux/thrasheurs de Black Mountain Bastards et déjà ça cogne un max au pied de la Montagne Noire pour un E.P ou album en vue…Quoiqu’il en soit il y aura et ce sera foutrement cool. Les gars étaient super enthousiastes, motivés à fond de se foutre des pralines dans le local de répétition, d’ailleurs aller voir leur FB car ils ont plusieurs dates bien sympathiques, notamment une à Toulouse à l’Usine à Musique avec le crossover thrashy des Autrichiens d’Insanity Alert (Xtremefest 2018). BMB sera présent dans la déflagration de la Mosher Team pendant le MOSHFEST N°5 au Secret Place de Montpellier. Bien entendu en concert BMB ça tabasse, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Puis dans la ville rose, il y a le prochain opus d’Alea Jacta Est qui sera aussi solide et structurellement munit d’un délire cinématographique bien fun, comme leur nouveau T-shirt en distingue le délire via l'Useless Pride Records.


STINKY est un quintette de punk hardcore mélodique depuis 2010 avec Comeback Kid comme influence, ainsi que Champion et Bane.

Le groupe s'est depuis forgé sa propre identité musicale à force de concert et d'albums fracassants. Cette interview réalisée lors du Hardcore Session à Albi le 9 février 2019 organisée par Pollux Asso dans le cadre de la before party Xtreme FEST met en lumière les diverses latitudes et actions qui ont composées le groupe.



Dans le fracas du monde, dans les errances qu’il impose, on entend souvent l’agonie venir se répercuter en un cri puissant, véritable détonateur à l’exhortation. Le hardcore est un cri. Un cri de résistance rendant gorge à un désir de vivre et de vaincre face à l’agonie. C’est aussi une cellule de crise, œuvrant par principe à défendre des valeurs humanistes, au bien fondé du collectif pour une unité de combat dans le contre choc physique que cette musique incite. Dans un monde ultra-compétitif où l’on croule sous les menaces diverses et variées, et même d’extinction, où l’omniprésence du narcissisme englobe tout intérêt parce que chacun suit son personnage et l'opinion qu'il a de soi, le collectif souligne une valeur refuge que le narcissisme contemporain assassine.

Tout le monde ne peut comprendre le Hardcore, comme je ne peux comprendre de payer 40 euros un repas gastronomique avec la moitié d’une endive cuite à l’eau plate posée sur une ardoise que souligne un cercle de jus de citron et trois gouttes d’une purée d’un truc dont la saveur m’échappe encore, et que de toute façon je n’ai pas pu le constater suffisamment en bouche puisque pas assez dans l’assiette. (=Enculade de la st Valentin).

Tu vois j’ai compris qu’il faut absolument que je mastique longtemps la même saveur pour en comprendre, en savourer tous les plaisirs. D’autres fonctionnent différemment, ils sont plus réactifs, dégourdis, sagaces, brillants, mondains, compétents, mais je me sens tout aussi éveillé qu’eux. Si je ne peux saisir les nuances artistiques d’un robinet usagé contre une canne à pêche jaune dans un centre d’art contemporain, pas plus qu’y voir la lumière constructive qui s’en dégage, je sais la valeur qu’un groupe de hardcore libère en moi, ce que signifie son inépuisable robustesse de tracer pendant plus de 6h00 de route pour 40mn de set, pour y fendre le précipice d’un quotidien avec rage.

Le dernier groupe de la soirée c’était Stinky. Leur HxC dispose de nombreuses influences variées avec lesquelles le groupe marque à intervalle régulier la multiplicité de leur hardcore combatif, résolument aguerri par une forte énergie positive. Les Nantais appliquent un set efficace, ils prennent l’ascendance assez rapidement, découvrant de leurs titres percutants une irrémédiable résistance à la passion. Le groupe enregistre un clip en live avec le délire dans le pit, par cette ardeur, le public en ressent la ferveur et la puissance du collectif fait le reste. Chacun accomplie son être et donc sur scène c’est un véritable cinéma, à la Robert Redford, et une résonance au « Ain’t got no, I got life » de Nina Simone.

Les riffs percutent, la rythmique suit le chant avec une énergie revigorante, ça groove avec le corps d’une musique en osmose et l’état d’esprit du public est le même partout, filles et gars dans l’unité, sans distinction, tout simplement, naturellement.



Chacun a son hypothèse de vie, sa résistance existentielle, sa solution de survie, son repli communautaire car fatalement on revient à la source auprès de personnes en qui on ressent la même ferveur, la même passion, non pas parce que c’est rassurant, mais parce que c’est vital face au mythe, facétie, prédiction. On peut laisser le marchand de sable passer et tomber dans le déni, mais au bout du compte on sait très bien la vérité qui nous fait tonner l’existence, et à ce moment là ce n’est plus une illusion de plus vers l'obtention d'une quête, d'un but à atteindre, juste pour accomplir ce que fait n'importe quel interrupteur, s'allumer et s'éteindre tout à la fois. C’est l’essence de ce que vous êtes !

Merci à Pollux asso/au crew du Xtremefest, à Get Real, Fire At Will, In Other Climes, Stinky, et à toi public qui est la dynamo du courant alternatif underground.

Retrouvez toutes les vidéos sur la chaîne WallaBirZine.

CiaO)))

XXX

Bir


30.gif


samedi, janvier 5 2019

XMAS PUNK ROCK PARTY


Xmass_flyer.jpg

Il n’y pas que les huîtres qui bénéficient d’une hutte pendant les fêtes de fin d’année.

Depuis la fin de l’automne, sur certains ronds-points de l’hexagone des agitateurs fluorescents abritent des revendications légitimes pour une meilleure redistribution des richesses. Jusqu’à ce que cela soit même devenu violemment  fort embarrassant pour le pouvoir Jupitérien en place. Ces minions tout jaune et de colères noires, sans étiquette politique, nous en croiserons le long de la route, leur capharnaüm résidentiel s’est même étoffé d’éclairages festifs pour la trêve hivernale. Je pense que le Macronisme n’a pas le cul sorti des ronces parce que ce n’est pas près d’être terminé, ils en forment une ribambelle d'apprenti.es dès le plus jeune âge désormais.


gilet_jaune_2.jpg

Au fait, le logis d’une huître s’appelle la bourriche. 

Nous arriverons dans la voiture familiale de Junk cacahuète & jus d’orange en constatant que le parking est plein. Cette soirée placée sous l’égide Xmass Punk Rock Party par l’asso Pollux se matérialise dans la maison de quartier de Ranteil, aux portes d’Albi.

Une MJC (Maisons des jeunes et de la culture), mais ouaie Dude, carrément,  comme à l’époque où la diffusion culturelle était de concert avec l’unité et la complicité de la scène, la connexion et la socialisation au genre humain. Depuis, ce genre d’institution possède la même obsolescence programmée qu’une machine à laver.

Pollux a pris le bâton de relais en main, comme celui de pèlerin et à l’intérieur sa team a pris soin d’apporter sa décoration oldschool avec des affiches des prochaines soirées.

La pièce est rectangulaire et le public a répondu présent puisque c’est complet, son mode de pensée est orienté vers la vacation de fin d’année avec l'espérance d’une nouvelle année florissante au triptyque santé, bonheur et un ticket pour l'Xtremefest. Une mezzanine nous permettra d’installer le matériel en toute sécurité pour filmer les concerts. Vince Musclor Gym Tonic est au pilotage, c’est en quelque sorte son baptême de l’air, et rien ne va se passer comme il se doit, bien entendu.

Pour rappel : Dans spectacle vivant il y a un adjectif qui indique une probabilité de circonstances imprévues, aussi raffinées à vivre l’intensité qu’une embrassade gênante.


bisous

LAME SHOT est le premier punk rocker à dégommer les enceintes. L’ensemble du WallaBirZine est fan de leur dernier opus en date, nous étions donc aux aguets afin d’entendre pour notre première fois le rendu live.

Mr Moustache à la guitare rythmique est en kit main libre, puisque le désormais célèbre chanteur de Charly Fiasco est exégète dans Lame Shot, il batifole en papillonnant. Jules le batteur est lui aussi Charly et se gargarise tout le long du set d’une fluidité sans l’ombre d’un fiasco, Charly je le rappelle. Enfin, tout est relatif, il y eut un petit réglage au début avec le pied d’un tom basse qui a joué des siennes. Le bassiste est nouveau, il a dû être repérer via google map Castelginest et auditionné sur le site de rencontre qui privilégie le sucre sonique, car sa rondeur musicale s’enrobe de cassonade punky. Déjà qu’il y en a plein avec les mélodies pop punks de Lame Shot, le résultat n’est pas du tout une overdose de sucre. C’est la magie affable d’un coulis sirupeux dans des rivières de miel. Oubliez le canoë, le Kway, même si c’est glissant et humide.

On est conquis par leur prestation, par la saveur ouatée des parties vocales, la convenance mélodique et du tempo propre à ceux entendus sur disque. Mais c’est qu’ils sont bons ces cons !

Ces trentenaires crachent leurs poumons, et surtout le cœur émotif d'une musique à la vivacité attractive. Malgré une sinusite, un rhube, rien n'arrête Lame Shot d’aiguiser la lame de fond et de fondre leur mousseline punk avec fougue.

Lame Shot est un booster adulescent, une confiserie Screeching Weazelienne. Le set est envoyé pied au plancher, mû par une vitalité redoutable de coller aux besoins pimpants d'un public fringant. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera cette pop punk ultra-vitaminée, remplie par cette teneur mélodique à la sensibilité imparable au mois de Mars, sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Pas mal de connaissance croisée aussi à cette soirée, comme Delphine du collectif Hey Bitches, organisatrice de concert furibard et capiteux sur Toulouse, mais aussi photographe pour Punk Rawk...Heyyyyyyy le mag ressuscité revient pour un one shot. C'est vraiment hyper coOol de relire cette publication culte, vous pouvez l'obtenir gratuitement ou soutenir ce retour gagnant via leur site PUNK RAWK.

Je croise un Monsieur de Madame La Marquise et To Lose Punker de formation, backliner pour les coupaings, Ju la batteuse de Ben & Fist, le chanteur occitan des punkers d'Enlòc, Olivier qui n’est pas toujours dans la Lune mais toujours les pieds sur terre...Que du beau monde !


3.gif

Avant le prochain groupe je regarde s’affairer les gens de l’organisation de la soirée. Je suis admiratif de toutes ces personnes besogneuses, qui dans l’ombre œuvrent sans cesse, d’autant plus quand il s’agit d’un responsable. J’en ai déjà vu fort souvent, pour ne pas dire fréquemment, qui se repose sur leur laurier et préfère laisser les basses besognes aux sous-fifres. Sachant même que certain ont le culot de s’accaparer tout le mérite et le labeur (les lauriers), c’est consternant à constater. Généralement en gérant de cette manière, cela ne va pas loin, car ils épuisent les autres et leur égocentrisme masturbatoire fera débâcle pour motiver les troupes.

Ceci on ne le constate pas chez Pollux, ni à l’Xtremefest. Tu peux voir David le président de l’Xtremefest en train de faire les balances, décharger le matériel, et de son œil aguerri s’apercevoir et venir aimablement expliquer à un vieux punk pendant le concert de sortir fumer dehors pour respecter les non-fumeurs (en plus de la législation sur les consignes de sécurité incendie). Gim le présidant de Pollux ranger le matériel avec tous les autres, et ceci c’est tout le temps qu’ils sont sur le pont et à la barre. Ils ont la confiance des autres non pas avec des paroles de simulateurs, mais avec des actes concrets. Donc oui je suis admiratif de leur dévouement, de leur engagement et de leur humilité. C’est la force de ce groupe : une cohésion familiale.

Maintenant c’est un travail minutieux sur le long terme, il y a de l’exigence, une remise en question permanente pour un meilleur perfectionnement, avec un recul nécessaire sur chaque événement, une expérience qui aujourd‘hui leur permet d’anticiper, de connaître chaque besoin en fonction de la soirée à organiser, et d’avoir cette loyauté envers eux même et leurs partenaires, leur public, et envers toutes celles et ceux qui feront la démarche philanthropique et culturelle de perpétuer Xtremement la zguenitude Poluxienne.

Tout cela est bien entendu fort d’une éthique punk hardcore, d’un savoir-faire dans les musiques amplifiées, et d’une érudition dans les sous-cultures, contre-culture.


2.gif

INTENABLE est sur scène, ces Girondins de Montpellier (2 points) appuient en toute fin sur le starter revival pour la décoction juvénile Nina’s School, avec 2 covers ultra-speedées pour coller à l'actualité, avec la réédition de deux de leur album. L’électricité statique du fond de salle se gorge d’une explosivité à mesure que l’on progresse dans la fosse. L’échange des ‘’gnons’’ et des prototrophes récalcitrants au caractéristique protocolaire du pit (les gars au fond de la salle) forment une ménagerie joviale.  

Ndlr : Un prototrophe est un organisme vivant capable de proliférer dans un milieu de base sans nécessiter la présence de facteurs de croissance particuliers. Il synthétise lui-même les substances nécessaires à sa prolifération dans une attitude de placidité cool, et généralement avec l’aide d’une bière pour en équilibrer la posture en tapotant du pied.

Le punk d’Intenable possède cette amertume émotionnelle ajourée de surtensions électriques et de rythmique dansante. Il y a des breaks au mood vivifiant pour que chaque titre ouvre vers une teneur explosive sous-jacente, et avec son émotivité spleenétique. C’est un mélange de folie britannique et de french flair. Le public pogote sans cesse durant le set et avec sudation, les sourires sont larges de toute part.

Vince indiquera un problème de pile dont la manœuvre a nécessité un temps relatif pour en rectifier le tir, mais qui n’a pas permis d’enregistrer la totalité du concert. (correction c'est sur GxP qu'on a perdu un bout de live )

Le débutant apprend comme le sage, tous les jours. Junk cacahuète est devant pour filmer, photographier avec passion, sa belle-fille s’initie au pogo sous le regard amusé et protecteur de sa mère, habituée à corroder la fosse par sa punktitude libertaire.

Intenable fini son set dans la clameur. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera le groupe en version acoustique et avec le projet solo d'Antho intitulé Mauvaise Pioche ce 11 Janvier 2019 sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.




Les recommandations du chef de ligne effectuées par Till étant proclamées, nous vous souhaitons un bon vol...Plané avec le punk rock de GUERILLA POUBELLE.

Défouloir et guerilla dans le pit, la jeunesse s'éclate les côtes flottantes avec la franche déconne caractéristique d’une bonne soirée. On entendra le crépitement des palpitations juvéniles sur tous les titres. La basse se gorge d'une rondeur que les riffs en saccharose l’onctuosité électrique, le chant rauque brûle des filaments de pensée que les riffs ricochent d’une salve de détonation punk sur une rythmique en feu.

Pendant la chanson féminisme « Nous sommes les fils et les filles des sorcières que vous n'avez pas brûlé » dont le titre est plus long que la chanson a interprété, trois pimparelles (jeune fille en occitan) s'amusent dans la mêlée festive des gaziers à dreadlocks, à cheveux long et rasé…mais pas de près. La démocratisation des filles dans les concerts undergrounds c’est super positif, cela signifie que les mentalités ont évolué, et que se raréfie les lourdauds misogynes. J’ai l’intime conviction que sans une réelle prise de conscience du féminisme aucuns changements probables ne verront le jour (écologique, économique), tant tout est lié dans cet équilibre, dans cette égalité d’interprétation conjointe.

En vérifiant vers la mezzanine je constate qu’il n’y a plus rien sur le trépied. Quand j’arrive Vince sue autant que si il était en train de soulever de la fonte, et accuse à la pesée une surpression de 2.9 bar. Entendons-nous bien, ici le bar (symbole bar) est une unité de mesure de la pression équivalente à 100 000 pascal. Vince est sXe, il boit du jus de carotte biologique écoresponsable, hein ? Ouaie si tu veux c’est un hipster de la campagne de Saix, et ce soir-là c’est son baptême du feu. La batterie de l’appareil est vide et il ne trouve pas l’autre, qui était dans le pantalon de Junk, cqfd. Action corrective immédiate : Nous mettons en place un protocole dès l’installation du matériel, afin de vérifier que tous les éléments en échange soit ranger dans un sac dévolu, et à proximité de l’appareil.

Le final de GxP c’est avec des gars de Lame Shot pendant le titre Prévert, Kosma, Paris où Till uniquement au chant éventrera le pit avec l'aura de Moïse afin de s’ingérer au public. Après le set, le sol lissé par la bière renversée scintille avec la même lumière qu'un lac de montagne, et la chaleur d’un hammam Marocain. Le batteur en sueur s’offre en slip au selfie du public. On fait une interview succincte avec Till.



Nous procéderons aux interviews en fin de party ce qui s’avère être une mauvaise décision, car les groupes sont rincés. Il faut rameuter sans cesse étant donné que les gars sont disséminés aux quatre coins et bavardent, d’autres s’affairent derrière le merch, où commencent à ranger leur matos, Till a mangé précipitamment pour réaliser cet entretien.

Nous les remercions pour leur entière disposition et leur amabilité, nous agirons différemment c’est certain, même si nous avions proposé de remettre ultérieurement ces ITW. D’habitude nous procédons avant les concerts mais cette fois-ci pour des déconvenues de logistiques il ne nous était pas possible d’arriver plus tôt, ni d'en réaliser entre les sets des groupes. S’il faut savoir jongler avec les impondérables de la vie et les aléas du direct, ce n'est pas évident pour que tout s’emboîte.

Notre démarche est bienveillante. On fait par passion pour des passionnés, et ceci doit s’accomplir dans un confort, favorable à un entretien. Nous sommes de fervents enthousiastes avec des moyens limités. On veut bien vous ‘’divertir’’ par une traversée épique sonore et visuelle, mais surtout, on veut vous apporter la lumière de l’underground comme un fanzine oldschool, propagateur de trip, jointeur de genres/styles sous-culturel, shaker contre-culturel, avec des témoignages, des éclairages, fruit d’une expérience authentique, libérant des connaissances et un approfondissement culturel, et si possible que ce soit positif.

Nous espérons cher public que tu as dorénavant conscience de l’engagement que chacun met pour que tu puisses t’éclater dans ce genre de party avec pollux asso, et d’en relire, d’en visionner après coup la saveur en bouche avec le WBZ.

Retrouvez tous les lives, de cette soirée via la page vidéo du WallaBirZine, puis les photos via FB du WBZ.

Remerciements généreux à Pollux Asso, Lame Shot, Intenable, Guerilla Poubelle, au public.


19.gif


jeudi, août 23 2018

Pointless Teenage Anthem


logo.png


REPORT XTREMEFEST 2018 


Longtemps après leur passage bouleversant, les exigences de passion expriment quand elles parlent aussi bien à notre cœur un tumulte si impétueux, que l’homme dans la puissante révélation de son effroi superbe souhaite en garder la trace depuis la nuit des temps. Qu'elle soit dessinée, écrite, chantée, parlée, par un objet, un totem, un fétiche, une amulette, un dieu même, la révélation se devra d’être conservée et perpétuée à la valeur de cette passion divine, universelle.

Pourquoi écrire cela en préambule ? Quant à la fin du dernier concert de l’édition 2018, les festivaliers décrochent les affiches de l’Xtremefest un peu partout sur le site, c’est qu’il s’est passé quelque chose d’unique et de si fort qu’il leur était impossible de n’en conserver une trace, une façon de préserver en eux le choc, et d’en soutenir la flamme avec fierté.


johnny_ramones.gif


La meilleure édition de l’Xtremefest s’est déroulée comme un rêve éveillé, c’était rapide, intense et tout simplement parfait. 

Cette année était aussi spéciale pour le WallaBirZine puisque à défaut de vous transcrire mon report, vous avez un suivi vidéo et plusieurs interviews à suivre (incessamment sous peu) sur la chaîne WallaBirZine. Par contre on ne peut pas être partout à la fois, et donc on n'a pas pu assister à tous les concerts.

La Warm-up The Zguen c'était Jeudi.


WARM_UP.jpg

Au milieu des ptits fours et du vin d''honneur de Gaillac lors de la cérémonie d'ouverture officielle en présence des Happy few, des instances privées et publiques, le discours des différents intervenants était teinté de cette diplomatie de formulation qui stipule la reconnaissance, et dont l'enrobage de...Hein ? Ah ok, passons à autre chose de plus direct.

Heyyyyyyyyyyy ma couille tu n’sais pas mais l'Xtremefest avait rajouté une journée, ainsi les festivaliers arrivant le jeudi ont pu profiter d'une soirée gratuite avec quatre groupe. Cette soirée étape permettait aussi d'ouvrir la programmation à la population voisine du site, histoire de croiser les effluves, les moods entre festivaliers et autochtones Tarnais, plus précisément du bassin Carmausin.

À coups d'échange de bière et de connerie en tout genre, et pour tout âge, la sauce a été engloutie aussi vite qu'un ciment à prise rapide. Pour cela, en kilt et munit d'un esprit punk, la troupe de percussion HOUBA a joué tambour battant, rappelant tambours du Bronx, Kodō asiatique, batucada brésilienne et banda Gersoise. D'ailleurs entre chaque set, la troupe de rue investissait le lieu pour tambouriner sans temps mort, un peu comme un mec imbibé de weed et de binouze typée maître kanter le fait avec un djembé sur le camping du festival de 3 à 5H00 du mat, mais multiplié par 20. Le public du voisinage était émerveillé par cet étrange ballet de percussions et par des zouaves pounk se contorsionnant devant le bordel. Pour d’autres dix minutes de ce bordel était largement suffisant.

Au camping ? Hey Dude c'est déjà la folie rien que pour le feu de camp.


la_folie_du_camping.gif

Après cela il n'y avait plus que des groupes en THE. Ainsi The Money Makers avec son swing bluesy rockab a pu enduire élégance et venin alors que The Booze Brothers, les cousins irlandais des Blues Brothers très certainement étaient parfait pour faire festoyer le public. Il y a un fan de Marillion (ben ouaie ça existe encore) qui a supputé que le chanteur était professeur d’anglais dans un collège à Villefranche de Rouergue. En fait le chanteur a une origine paternelle Irlandaise, et le reste du groupe apprécie la bière brune, c'est tout con, de plus je ne suis même pas certain qu’il y a un collège dans ce coin de l'Aveyron par ailleurs ?

Qui dit musak celtique, dit cornemuse, pipeau, chant anglais, sous-couvert gaélique et là transformé pour l’occaz en occitan sur un titre. Autant vous dire que bras dessus, bras dessous et bien forcément il y avait de la bière partout. Le dernier et pas des moindres, puisque The Nashville Pussy a graissé son cornet de riffs avec le tesson pillé d'un bourbon heavy Hi energy hautement électrique. Transformé en bar à strip-tease redneck la saveur sonique avait le goût du hard'n'roll et de l'intemporel hard'bluesy d'AC/DC.


NASHVILLE_PUSSY.jpg

Ruyter Suys, la sauvage guitariste assure toujours un max et Blaine Cartwright ressemble toujours à un routier Portugais pendant le festival country de Réalmont.

Cette soirée a été très appréciée autant par le public que par la population Tarnaise, chacun ayant trouvé l'autre aussi chaleureux que sympathique, et les concerts à géométrie variable tout aussi fun pour débuter les prédispositions festives.


la_biereeeee.gif



**********************************************************************

VENDREDI c'était Balboa Fun Zone



Quand une cigale chante, invariablement les autres suivent la même complainte, c'est pareil avec le réseau social, cet amplificateur de décharge virtuelle aux récriminations douteuses et à l'égocentrisme masturbatoire. Les rapports internet sont froids, hypocrites, d’un professionnalisme robotique, surtout pendant le money time ou on ne se parle plus qu’avec les mains, rien à voir avec la chaleur humaine que tu rencontres à un concert, là il y a de la valeur ajoutée. L'Xtremefest c'est carrément dans le mood d'un concert, plutôt que de la concentration de bétail à festoche.

Faudra un jour coupé court d'un coup de schlass à ce truc de social.com et de son concours de popularité narcissique, pour revenir à un outil de communication moins polluant. Tiens justement en parlant de couteau, utile transition, non mais tu as vu le métier !


Black Knives manie bien le côté tranchant

Tout en aiguisant le cortex reptilien avec un Hardcore metAl de brute, BLACK KNIVES est toujours un groupe aussi incisif et percutant. En concert ces ex-8 CONTROL poutrent l'ossature de leurs titres en plus de faire disjoncter les décibels avec le canif de Rambo. Car oui si tu n'es pas assez armé contre les chocs, ce n'est pas un parpaing que tu prends dans le buffet mais un building. Avec cette abondance de riffs à hachoir, de boucles rythmiques touffues et saillantes dans le pit, c'est machette et sabre pour progresser dans le tumulte du pit, en plus le chanteur provoque les warriors en leur demandant d'accorder leur énergie sur celle de la scène, autant vous dire que cela a fini dans un bain de 100% d’adhésion à Black Knives. C'est marrant parce que les cigales se sont tuent dans les pins parasols, ce n'est pas étonnant car quand tu fais face à cette bourrasque, tu fermes ta gueule, tu encaisses, et après tu peux parler du choc éprouvé si tu n'as pas laissé un morceau de ta langue sur le dance-floor.


BLACK_KNIVES.jpg

Ce groupe est venu en 2014 pour la deuxième édition et c'était à Albi dans une autre configuration, il avait déjà foutu une branlée, en 2018 Black Knives a tranché dans le vif du sujet son hardcore, et les karatékas du pit avaient déjà des ecchymoses à cette heure nitescence ou Bruce Lee est encore à l’entraînement.

Diii quoi ?..Bruce Lee est mort, mais depuis quand merdeee ?



**********************************************************************

Pour rester dans le domaine de la fraîcheur...mortuaire (J'apprends à l'instant la mort de Bruce Lee) il n'y avait pas de post-black metal cette année à l'Xtremefest, je trouve que cela manquait cet humour noir, et surtout cette mélancolie foudroyante. Ouaie je sais que la majorité est présente pour s’amuser, passer du bon temps, sans se prendre la tête, mais il y a des dreamers à l’Xtremefest aussi.

Pendant que les headbangers.es se sont foutu.es des bières dans le cornet, d’une manière straight, Junk cacahuète était au jus d'orange, moi au thé chaud, et SPIRITS à l’eau plate.


SPIRITS.jpg

La Zguen Stage a bénéficié d'un ensoleillement pendant tout le week-end, et à Boston, là d'où vient Spirits, les températures hivernales se rapprochent de celle de Cap Découverte, mais de l'autre côté du zéro. Spirits a joué ventre à terre tout en cherchant de l'air pendant la dissection d'un HxC au groove profond et au fastcore sXe. Les titres sont envoyés à 300km/h, il fait au bas mot 38 ° à l'ombre, (ceci dit en passant j'espère pour toi que tu as fait le plein de vitamine D pour l'hiver tout de même), en attendant le public pogotte à tout va et le groupe lui piétine dessus une rasade d'énergie solaire Straigh Edge, c'est hardcore quoi ! Sur le shirt du groupe il y a la sentence no homophobia, fascism, sexism, racism, hate, résumant parfaitement l'état d'esprit d'un groupe oldschool, agressif dans sa musique et avec un humanisme bienveillant, alliant la puissance émotive avec la vitesse mélodique.

Unrest leur dernier album paru en septembre 2017 est vraiment bien cool, et le groupe nous en a livré une bonne partie, vous pouvez le trouver chez USELESS PRIDE RECORDS.



**********************************************************************


Tête-à-queue avec POGO CRASH CAR CONTROL


POGO_CRASH_CAR_CONTROL.jpg

Des jeunes pois sauteurs sur scène distordent le rock avec un mélange de punk noisy, sorte d'appel d'air de la génération montante.

Ce jeune groupe sanguin est affranchi, désinvolte, insouciant, libérant dans son énergie la rage de vivre, de convaincre, et de vaincre tout à la fois. Sublimant ce nectar juvénile avec désinvolture, sans calcul, avec la précipitation naturelle qu'il convient quand on cherche son équilibre sur le fil fragile de l'existence. Autour de moi le groupe a fait une grosse impression, tout le monde trouve le set explosif, et la bassiste hyper mignonne avec son apparence commune aux filles de son âge, et en contraste avec la folie qu'elle propage sur scène. Je reconnais qu'il se passe quelque chose, qu'il y a une force dans ce groupe qui libère ceux qui le regardent, mais leur avoue que musicalement cela ne me fait pas grand-chose. Je n'ai plus cette innocence, peut-être et très certainement que j'en ai perdu une bonne partie en chemin, je suis trop souvent dans l'analyse, pourtant je sais ce que représente l'instant présent.

Même si parfois on a l'impression que seuls les autres comblent le vide de leur existence par un mouvement perpétuel, alors que l'on se sent inerte en comparaison, la maturité fait comprendre qu’en étant immobile on est serein dans son équilibre. En fait c'est le plus dur à tenir au milieu de l'agitation constante, mais cette immobilité est la plus jouissive finalement. Alors que l'on perd l'équilibre et tombe uniquement par impatience et nervosité.

Sans pouvoir définir concrètement la particularité de Pogo Crash Car Control, la majorité du public a kiffé cette libération énergique, et c'est l'essentiel. J'ai bien une nébuleuse synthèse à vous soumettre par rapport à cette particularité d'impression que provoque ce groupe. Il y a à cela plusieurs éléments qui rentrent en jeu.

D'abord on a annoncé à la génération Y la fin du monde sans détour, sans espoir, dont la précédente, la génération X a déjà été crucifiée par les mêmes baby-boomers au pouvoir, coupables de cette situation finale. On noie cette digital natives dans le monde virtuel pour qu'elle s'accapare son nouveau monde à elle, et puisse faire fonctionner son instinct de vie et de mort à travers des jeux de survie. En l'éloignant le plus possible de la réalité on réduit son espace vital, toujours sous contrôle permanent et liberticide, où toutes les mesures en vigueur ne sont effectives que pour la protéger du danger extérieur et d'elle-même.


jeunesse_eperdue.gif

Une chose capitale c'est que l'on est passé de l'universalisme vers la classification communautaire. Tout ceci est une chose spécifique des teens movies actuels de S-F de style Divergente, Hunger Games, Le Labyrinthe, The Darkest Minds. Le débat se concentre sur une critique constructive du fonctionnement actuel de notre société, dont la jeunesse émergente est soumise et tente de se libérer du fardeau de la vieille génération, de l'ancien monde. Il y a désormais toujours une héroïne au centre de l'action, fini les John Wayne, Schwarzi et Sly. Les survivants sont parqués dans des camps, ou dans un espace concentrationnaire (un monde virtuel) car ils constituent une menace pour l'élite dirigeante. Ils sont classés par couleur en fonction du danger qu’ils représentent pour la société, ou par différence d'aptitude.

Ceci fait écho au caractéristique du communautarisme, où il n’est plus question d’avoir droit à la différence, mais de s’affirmer en minorité d'appartenance ethnique, religieuse, sociale, sexuelle, et qui respecte les codes en vigueur que chaque communauté revendique à travers des droits propres, spécifiques, et différents de ceux des autres communautés. La cohésion sociale est devenu une pression sociale qui refuse le droit de s'émanciper de sa condition d’origine, d’être autre chose. La discrimination positive est le mode d'intégration du cynisme, et là où chacun trouve une révolte à la hauteur de sa spécificité communautaire, le vivre ensemble multiculturel communautaire est devenu un ghetto dans le ghetto. La ségrégation fonctionne dans les deux sens. Tu es mis de côté et campes fièrement dans ton coin à part.

L'adolescence c'est aussi avoir le choix et de ne pas savoir se décider !


l__adolescence_c__est_avoir_le_choix.gif

La jeunesse c'est la vitesse de la vie qui pulse, elle pousse la vieillesse vers la résignation du mouroir. Dans cette peur de la mort, le pouvoir des vieux est régenté de pourrir la vie des jeunes par la peur. Ancré dans la génération Y (la moyenne d’âge du groupe c’est en dessous des 20 piges), le groupe possède cette distinction de penser à court terme, possède un look passe-partout, les jeunes peuvent s’identifier à ce band très facilement. Pogo Crash Control apparaît aussi comme un phénix, libre de voler de ses propres ailes, sans trop de filiation, juste une appartenance communautaire au monde du rock. Il symbolise ce moment de révélation qu'est l'idée de la jeunesse éternelle, l’innocence, la vie, d'où cette impression d'énergie qui circule.


pogo_crash_car_control_1.gif

Et j'écris cela sans aucune drogue, alcool, artifice et subterfuge, si tu as un doute, relis à tête reposée sinon.



**********************************************************************

La limitation de vitesse en France est passée à 80 km, THE BRIEFS est bloqué sur le 77.


THE_BRIEFS.jpg

De pedigree punk'n'roll mélodique et power rock ricain, issus de cette génération qui a connue les débordements du rock'n'roll à outrance des seventies, The Briefs débute pourtant en 2000 avec des titres courts, percutants, moelleux, et à l'esprit goguenard. Le groupe a contesté l’administration Bush, ainsi que la politique de la peur, on peut imaginer sans peine avec l'autre fada de Trump ce qui pourrait arriver comme disque, mais bizarrement depuis 2005 il n'y a rien eu de plus comme album. Là mec on peut dire que tu vis sur tes acquis.

Je m’attendais à un set un peu plus épileptique, du coup c'était assez statique, et même un peu trop par moment, mais avec la chaleur il faut avouer que ce n'est pas évident à gérer non plus. Le set est pourtant caractéristique de la maestria américaine pour le côté mélodique et émotionnel, de nervosité et de coolitude, et même avec des jets de riffs anglais venant ricocher avec effronterie punk à la Damned. Il y a un côté garageux aussi et rock'n'roll qui me fait dire que The Briefs ressemble à nos Hatepinks. Puis les gars sont hyper lookés, même si dorénavant elles ne sont plus quatre blondasses peroxydées. Ils gardent ce concept romantique de l'art vu, comme un moyen d'expression original et authentique. Cela reste une bonne esthétique de gars élancés soucieux d'une vision punk rock avec tout ce que cela implique comme éthique derrière.


the_briefs_1.gif

The Briefs catapulte, sali, glamourise dans le sens Johnny Thunders du terme un punk endiablé, dans le même esprit que Ricky Rat et Kevin K, avec la morgue britannique en plus du cheewing-punk américain.

Le quatuor n'a rien d'un gang de poseur, et le public a passé un agréable moment de fun, surtout Maiden un gars originaire de Castres qui vit à Boston et chante dans The Killmisters, remember headbangers !




**********************************************************************


Changement de plateau avec du revival thräshy.

INSANITY ALERT a un lourd programme pour les mosher.ses, et ce sera pit et praline, avec en sus une grosse déconne de thrashcore avec ce que cela implique comme énergie et délire foutraque. Le backdrop est totalement geek avec la tronche de Alf, parce que le groupe est totalement geek kultur.


INSANITY_ALERT.jpg

Le chanteur a un shirt du french band de punk HxC Gasmack Terrör. Le guitariste ressemble à Dan Lilker de Nuclear Assault ou de S.O.D c'est comme tu préfères, je dis ça mais j'étais au fond de la salle avec des lunettes de soleil, donc il est probable que je me sois chié un peu sur la vision exacte, en plus avec l’âge je vois de moins en moins et surtout je galère après à relire tout ce que je griffonne.

Ce qui est plus important c'est que Insanity Alert a propulsé un set tendu, pile poil pour que la jeunesse imberbe se frictionnent les canines et les cages à miel dans le sens du poil. C'est con elle est imberbe je te le rappelle. Mais ce qu'elle fit, rien à foutre, et avec une cabourdise à niveau égal avec la folie thrashy des Autrichiens (si tu le dis à voix haute c'est rigolo). Si les gars balancent la purée c'est avec un sens pointu du riffing et des éclaboussures thrash. Côté couillonade on peut avancer que le combo en possède une bonne paire. Dans la salle le bon son et la température fraîche par rapport à l'extérieur caniculaire projettent l’ensemble dans le fracassage en règle. Les jeunes se trémoussent à loisir en dansant une mosh party de dingue, et le groupe en redemande. Forcément à ce jeu-là on sait qu'à l'xtremefest il n'en faut pas plus pour soulever ce public dans les airs. Bingo et bang ! De circle pit en circle pit qui font tourner en bourrique le set prend fin que déjà on se demande encore comment Insanity Alert a joué si vite son Moshburger, que l'on a encore la dalle ?!?


ALF.gif



**********************************************************************

Franchement je pensais que le groupe ne viendrait pas suite au décès de leur bassiste emblématique Steve Soto, fondateur du groupe. L'Xtremefest lui dédie par ailleurs son édition 2018. Pourtant THE ADOLESCENTS est bien présent et envoie un set à 400km/h.


the_adolescents.jpg

Ouaie une véritable tornade de punk hardcore toujours aussi puissante, généreuse, géniale et totalement folle. Ce groupe porte formidablement bien son patronyme, avec sa fougue à jamais éternelle comme l’énergie positive de sa musique.

Le public est à balle, ça saute de partout, mais c'est quoiiiiiiiii cette folie ?

Heyyyyyyyyyy déjà il vient de la scène, car le chanteur Tony Reflex est à bloc avec son mélange d'adulescent foutraque, persiflant la rage punk à laquelle les mélodies caoutchouteuses et véloces dégoulinent des enceintes. On s'attendait à un truc particulier parce que le mood est inhabituel. Il se joue la trame exceptionnelle où l'émotion vivace du décès empoigne de ne rien lâcher, de s’agripper à ce à quoi il est tangible de donner sa vie. Le public le sait, le groupe lâche les chiens, leur punk décolle avec la rage hardcore cette envie de dégommer son cortex, de faire vivre l'ombre vivace d'un ex-agent orange venu sur terre pour faire roussir la mélodie punk.

Il ne faut pas oublier que le groupe vient de sortir Cropduster à la pochette symbolique, mais je pense que l'on retiendra un backdrop épuré et significatif à Soto, un set de feu, puis le titre « Amoeba » joué avec les yeux qui brillent de partout.



**********************************************************************


RISE OF THE NORTHSTAR est-il le casse-brique des karatekacores ?


castagne core

En tous les cas si ce manga/geek assault HxC passe pour des poseurs, et ce qu'ils sont par ailleurs, toutefois, oui ne t’énerves pas attends la suite jeune impulsif…Toutefois, comme ils sont certains de la singularité de leur bordel, on ne peut pas leur en tenir rigueur. Ben oui, les gars font leur truc, référencé dans un mood qui relie plusieurs univers entre BD, film et musique, comme n'importe quel truc affilié metAl en somme. On ne va pas cracher dans la soupe sous prétexte que Rise Of The Northstar se la pète et que leur symbolique provient en grande partie de la culture asiatique. D’ailleurs ils ne sont pas cons, vu que la population asiatique est la plus nombreuse.

Leur musique est aussi rêche que mastoc et côté filiation, le groupe fédère à sa communauté de cœur l’équivalence de Suicidal Tendencies en son temps. Les plus anciens adoptent la vigueur et cet héritage filial que le groupe répand avec l'expression 90's rap metOl Body Countien. Les plus jeunes sont à fond dedans, c’est le renouveau en somme. Après le set une bande de jneus encore tout excitée exécute des pas devant le merch officiel du festival, ces jeunes viennent de vivre un truc original, authentique, anticonformiste à leur quotidien, chacun essaye d'imiter celui qui sait danser tout en faisant lever des yeux les plus anciens avec exaspération. On ne peut pas tenir rigueur de cette découverte alors que l’on sait très bien pour l’avoir vécu que cela va ouvrir des portes vers d’autres trucs encore plus puissants. Bref il y a un gros engouement autour du groupe, et ça pue le jeune qui sue plus que de raison parce que cela a tapé grave.


Frappe directe

Devant le pit c'était l'émeute, après ça tu es le genre de type qui est capable de boire un bidon d'essence pour pisser et éteindre un feu au camping !

Rap + guitare rasoir à la Pantera (pour reprendre l'expression d'un vieux gars de l'ombre) + HxC Suicidal Tendencies + violence mangacore = Rise Of The Northstar. Une formule sonique qui en 2018 est opérationnelle auprès d'un échantillon représentatif de la population underground et de la jeunesse dorée à point par un soleil généreux.



**********************************************************************

Après c'était le tour des datés de THE ADICTS.


THE_ADICTS.jpg

Tout de blanc vêtu comme Faith No More au Hellfest 2015. Attention daté est en comparaison avec le manga style précédent, il n'y a rien de dédaigneux à ma remarque. The Adicts vient des années 80's, avec un lien vestimentaire très étroit avec le célèbre film « Orange Mecanique », d'où le blanc hein, Faith No More s'est pour la déconne, rien à voir. Dès le début du concert on se fait vite rattraper par la fraîcheur burlesque du groupe, surtout avec leur absurdité Monthy Pytonnesque et la poésie punk à angle vif unique des anglais. Je connais même un gars qui a un lapin crétin en Adicts tatoué sur un bras dans le même délire !

Le set était parfait pour faire la fête. La foule en osmose avec le côté loufoque et prolétaire c'est laissée porter. Oui c'était chaleureux, une clownerie de grand enfant vivace, un spectacle vivant avec le guiness spirit, hooligan partage, parfait pour fédérer l'ensemble des générations.


the_adicts_1.gif

Cétait splendeur et splendosité fait de chair. C'était comme un oiseau tissé en fil de paradis. Comme un nectar argenté coulant dans une cabine spatiale, et la pesanteur devenue une simple plaisanterie.'' Le groupe vieillissant n'est plus aussi entreprenant, agressif, excessif, jeune, insolent, vicieux...comme son idéal des 80's, pourtant il n'a rien de poicreux. Il a pour lui la saveur ancienne et la puissance de son passé. On retiendra que les vieux punks anglais sont joyeux et qu'ils ont partagé avec les grenouilles un moment cocasse et folâtre de ça-va-ça-vient comme avec une pauvre petite devotchka fraîche levée.


the_adicts_2.gif



**********************************************************************

Les ricains très pro d'HATEBREED sont une valeur sûre en concert, surtout pour la gestion parfaite du timing, un set calibré, pas une anicroche, et ça bastonne plein fer.


HATEBREED.jpg

Jamey Jasta, bandana vissé sur le front rugit, ça claque du riff bestial et le beat mitraille. Une collision pluvieuse de particules électriques brisent les eaux de l'amer avec une fascination orageuse, elle s'abat sans que l'on trouve un atoll de survie,...no aloha, oh, the treats saw it on the wall...et la tempête des amplis continue l'ivresse jusqu'à faire monter le niveau de sueur jusqu'à l'œsophage. On dégorge avec les yeux embués toute l'énergie que donne la folie quand elle passe en coup de vent rafraîchir les consciences et endolorie le temps d'une sous-couche de démence, car le set ne relâche pas, c'est mosh pit et circle pit dans la plus pure tradition d’un concert de hardcore, et je me permets de te le dire, Hatebreed...


tumblr_o1z7kfkX8d1url7zxo1_500.gif


**********************************************************************
**********************************************************************


SAMEDI c'était le bal masqué...

...puisque le crew du Xtremefest avait proposé une journée costumée. Junk cacahouète avait un costume bien rembourré absolument parfait pour la température caniculaire, il sentait par moment ce vieux fromage de montagne ariégeoise que les scandinaves oublient dans la malle de leur vieux camping-car oldschool, et qu’ils transpirent de fièvre pendant la digestion, peu habitués qu’ils sont par la robustesse de cette pâte de lait coagulé.



**********************************************************************

Quand HYPOCONDRIAX arrive sur scène pour cette deuxième journée je ne reconnais pas du tout Jim le chanteur. Le groupe est affublé de costume propre au secteur hospitalier, de la sorte que Jim est infirmière, blonde, et adopte une posture scénique provoquante à la Hole.


HYPOCONDRIAX.jpg

Comme Gart dans Wayne's World qui demande à Wayne si il trouve sexy Bugs Bunny quand il est déguisé en fille, je me pose la même question ambiguë. La veille il s'est fracassé la cheville, donc il fournira un gentil sur place avec béquille. Ce qui aurait pu être un inconvénient mais là avec de tel accoutrement ne semble pas si choquant.

Le bassiste Fonzy est en plein soleil mais fait fi en souffrant sans se plaindre. Jean mi est concentré sur la rythmique, et le groupe envoie son set sans fioriture. L'affluence est moindre en ce début de journée mais arrive par parquet au fur et à mesure, Hypocondriax ne se laisse pas perturber et poursuit son concert avec un punk hardcore oldschool qui a fait ces preuves de lutte et de feu. Les titres s’enchaînent et se déchaînent en soin palliatif, avec pour la piqûre de rappel leur démo joué comme Morsüre sa démo éponyme, cela signifie que le groupe joue vite et bien.


HYPOCONDRIAX_2.jpg

Badbach le guitariste dont c’est l'anniversaire est à balle, ses riffs sont interprétés au scalpel, un sourire très large domine son faciès et cela s'en ressent autour du groupe puisque une très bonne vibe contamine tout le monde.

Un show dont le band était loin de s'imaginer réaliser dans de telle condition, avec un chanteur avec béquille, en plein cagnas (canicule) et déguisé qui plus est. C'est toujours très cool d'assister à un set d'Hypocondriax, à la base musicalement c'est carton Oldschool, en plus quand il joue à la maison c'est Zguen à mort et over the top !



**********************************************************************

J'ai aperçu le début du set de BLACK MOUNTAIN BASTARDS puisque après nous étions en ITW, les échos du public sont positifs, et je n'en doute pas une seconde tant ce groupe de hardcoreux/thrasheurs possède un truc vraiment fun, agressif, bon esprit et qu'il le réalise avec sérieux, loyauté et sincérité.

Donc on ne peut qu'adhérer à cet ensemble.



**********************************************************************

La squadra punk de la Roma de GIUDA a donné un concert qui a rockisé avec superbe du punk-pub rock foutrement classe.


giuda.jpg

Libérant cette saveur seventies de glitter rock en plus d'un super son. Le sens racé du transalpin avec la morgue Britannique cela fait rutiler cet aspect de Mods et de sonorité prolétaire, c'est sensiblement hyper fédérateur, surtout joué à fond et quasiment sans arrêt. Le public s'éclate d'autant plus que ce sera le seul groupe de cette trempe de tout le week. Leur discographie est passée au crible, je vous conseille la totalité car chaque album possède un mood particulier et le groupe en plus de perdurer avec caractère et passion, distille un aspect très chaleureux.

Je pense que le groupe a passé un agréable moment en balançant leurs hymnes, il a fait vite parce que même habitué à des températures chaudes, c'est une épreuve de feu tout de même, d'ailleurs le crew a arrosé le public à coup de jet d'eau. Du coup c'était glissant Giuda, sorte de glam Sladien pour l'Xtremefest. Le groupe a joué son emblématique titre « Bonehead Waltz » et vous savez quoi ? L’humour noir est intolérable pour les nationalistes de la race blanche, mais le pire pour ces gens-là c’est encore d’être daltonien.



**********************************************************************


A l'xtremefest un caramel ce n'est pas une friandise, et pour te péter les dents cette année il y avait BROKEN TEETH.


BROKEN_TEETH.jpg

Gros crépitement de mosh part, rythmique caillouteuse, il pleut des grêlons de mornifles sur le dance floor et le moins que l'on puisse dire c'est que cela ne rafraîchie pas la vigueur du groupe. Bien au contraire, je dirais même que l'odeur du sang décuple son intention pour marquer les esprits et tuméfier les tronches. Ce qui est certain c’est qu'il y en a certains qui ont dû bouffer liquide pendant un mois suite à ce set. Le chanteur dynamique en mode touch guy a prévenu à plusieurs reprises : « Show No Mercy », si tu avais un doute quelconque le bassiste avait un shirt de Possessed. Un bon HxC avec des structures metal, des solos saillants et bien nerveux, et même de la profondeur, et puis assez pour rentrer un cadavre, donc oui à vue d'œil du tigre la recette est basique, et en concert elle fait son effet kisscool, bref side to side et two-step structurent le pit.


broken_teeth_1.jpg

Le groupe aboie son hardcore avec une férocité cerbère, usant de cette rhétorique conservatrice qui ne ploie jamais sous l’inconfort d’asseoir sa suprématie. Dans l’incongruité de la bagarre du pit une femelle semblait pourtant survivre de la meute avec un visage angélique de femme-enfant, si il le faut c'était la bassite de Pogo Car Crash Control, j'en doute, mais bon elle donnait l'impression de n'avoir rien à foutre là, si ce n’est de divulguer une antinomie absolue avec l’œuvre dansante de ces chiens fous toutes canines dehors, s’écharpant les lyrics du groupe entre leur croc sanglant. Hit The Pit !


broken_teeth_2.gif



**********************************************************************

Depuis que le mur de l'est est tombé les plombiers Polonais raccommodent les chaudières Anglaises, pendant que tous les torturés de Poutine expurgent leur fiel avec un punk revanchard comme SVETLANAS.


SEVTLANAS_3.jpg

Le backdrop c'est le drapeau de la tronche à Vladimir Poutine premier avec le maquillage de Gene Simmons. Whaoua déjà un bon point ma petite matriochka. Je pense que pas grand monde ne connaissait ce groupe. On se souvient des punkettes Pussy Riot, c'est peut-être un point de départ de ce groupe, qui vient et vous l'avez certainement compris de Russie.

On ne va pas tourner autour du pot, l'attention se pose presque uniquement sur la chanteuse. Filiforme bout de femme d'1m60, ses expressions du visage son explicite, du genre de celles d’un méchant dans un film muet. Cette Jello Biafra au féminin remue-ménage et cuisine son punk sans faire de repassage burlesque, on a dit que pour le partage des tâches ménagères les hommes devaient faire des efforts nan ? Tant et si bien que c'est encore la femelle qui s'y colle.


etrange_Sevtlanas.gif

L'orchestre à ses côtés souligne le propos énervé de la hurleuse, dont l'accent russe exagéré est chez nous généralement typique du méchant dans un film de Steven Seagal. Niveau présence soit tu trouves cela fascinant, soit caricatural. Après il faut savoir entendre ce style de souffrance et de fureur rageuse, et comme c'est assez rare et atypique, la première fois on ne sait pas trop comment réagir face à cet aspect brut. La russkof possède le charisme de Tony Montana dit Scarface, on sait qu'il ne faut pas l'emmerder et que c'est elle qui va choisir le diamètre du godemichet qu'elle va t'enfiler dans le rectum. Heuuuuuu pour info le titre c'est “Sacrifice Your Orifice”.

Musicalement c’est brut comme un immeuble soviétique. Leur volumétrie sonique est lourde, rapide et furieuse. C'est à la fois froid, similaire, solide. Pourtant il y a un truc à la Dead Kennedy's et Sex Pistols, quelque chose de foutraque, de rêche, avec des lyrics méchamment contestataires pour son opposition marquée à l'oppression gouvernementale, sexuelle (la vidéo de «Go Fuck You Self») et forcément politique. La nénette débarque et bouscule les interdits patriarcaux du rock'n'roll de Johnny à Charles Bronson, en passant par le gars qui gueule à poil dès qu'une nana se pointe sur scène. Il y a aussi des titres plus frais pour se foutre la tête à l'envers, et oublier la satire, car côté picole le Russe apprécie l'alcool fort et même l'after-shave comme chacun sait.

Leur album « This Is Moscow Not LA » a été enregistré aux célèbres studios Pink Duck de Josh Homme (QOTSA), y a même la poutre Nick Oliveri (Queens of the Stone Age, The Dwarves) qui a été invité à enregistrer des morceaux de basse. Biafra a revendiqué son attachement politique au groupe.

On se demande tout de même si elle joue un rôle uniquement pour la scène ou si effectivement c'est à ce moment-là qu'elle dégueule ce qu'elle ressent dans ses tripes, de ce fait cela répond à la question de la présence scénique. En son temps Bob Marley chantait get up for your right, Svetlanas hurle Fuck Your Self, c'est une autre façon de parler de la même chose mais différemment selon l’époque.

Pour l’ironie, Svetlanas se fait passer pour des agents du KGB.



**********************************************************************


TERROR ne va-t-il pas foutre la trouille dans le pit à semer des terreurs nocturnes de hardcore frontal ?


TERROR.jpg

Bon Terror fait du Terror et il le fait très bien. C'est lourd, dense, metallique et la collision brutale est 100% HxC. Testostéroné à la fonte et à grosse couille, c'est du lourd.

Le public participe, de toute façon quand les gars débarquent sur scène en patron, le superviseur au chant donne ses directives et ça file droit. Get up here et autres façons de se sortir les doigts du cul pour se rentrer dans le groin, au point que quand Scott Vogel demande de monter sur scène, le public est acteur du show et comme avec Suicidal Tendencies en 2013 à l'Xtremefest, il investit toute la scène.

J'aperçois dans la zone de free fight sonique le patron Tristan de la mosher team, ouchhhhh y a du lourd dans le pit'O'mètre ce soir aussi. Dans la fosse aux lions les hommes affichent un regard lourd de pénétration qui se tend comme un arc quand il faut sortir de la tranchée et mourir au combat.


terror.gif

Le HxC fulgurant de Terror est une guerre où de nombreux soldats capitulèrent dans la torsion belliqueuse. A l'arrière de la ligne de front, on headbange à l'abri des missiles aériens des slammeurs. Terror tranche à vif et muscle son set, poutre après poutre ça rugit d'une puissance de feu capable d'allumer la nuit et ceci jusqu'en Chine. Quand le concert se termine les bouchons de protection auditive ont fondu.



**********************************************************************

"Ce qu’il y a de mieux avec la variété française c’est qu’après écoute, tu apprécies encore davantage le rock’n’roll." Hervé Villard dans un karaoké de Carcassonne.


Comme d’habitude dans ce genre de festival, OPIUM DU PEUPLE a été hors sujet, hors cadre, sans complexe, des génies quoi !


OPIUM_DU_PEUPLE.jpg

Le concept du groupe est simple, adapter un répertoire de variété en version bête, sale et méchant, pour un spectacle pur punk, munit d'un humour pitoyable de vin de table. En fait c'est plus punk que le punk, plus ringard qu'un show de variété chez Guy Lux interior. C'est même plus con que les Charlots dirigés par Jean Yanne et aussi mal interprété qu'un Max Pécas avec des dialogues du Professeur Choron. Autant vous dire qu'avec tous ces détails dithyrambiques vous seriez vraiment des incultes pour ne pas adorer ces 7 Salopard.es.

Nannnnnnnnn on dit salope, y a deux salopes et cinq salopettes dans cet orchestre de chambre.

Tu te dis que franchement il n'y a que des Françaouis pour proposer autant de cabourdise à la fois. C'est vrai quoi, les amerloques ont le fun, le sens de la conquête commerciale et du rêve américain, nous on a la couillardise avec une touffe de poil pubien entre les dents pour s'esclaffer de notre connerie, plus con, tu meurs.

T'es pas mort ? Ben faut mourir maintenant. Arrrrrrrrrrrrrg ! Voilà c'est mieux.

C'était un show à l'américaine, oui, mais du Tarn ! On pouvait y constater tout le déclin de l'exception culturelle Française, de son héritage vaudevillesque jusqu'à sa caricature. Comme toujours on ne sait s’il y a un double langage, si c’est en V.O, ou si on nous prend pour des cons tout à la fois ? C'est bien entendu la troisième proposition, car Opium du peuple est là pour te casser les couilles, et est ce qu'il te les casse ? Et bien pas qu'un peu, c'est du génie comme la lessive, ça nettoie les esgourdes et détoxifie le conduit fécal. Tu passes un super moment, tu tapes du pied, enfin faut suivre les délires du batteur Machine (head?) tout de même.


MACHINE_opium.gif

Il y a eu des plantages mémorables, et pourtant ce show burlesque, cette revue de cabaret de village a été supervisé dans une résidence de type SMAC bisous, et surtout dans un PMU de province, je pense chez jean-mi à Giroussens même. Opium du peuple a sorti son dernier opus qui est en fait la B.O de leur film, oui parce qu'en plus de voir grand autant taper haut, je rappelle le dicton c'est plus c'est gros plus ça passe, si, si, avec un bon lubrifiant et le poing levé comme à la fistinière.

L'absurde est toujours voisin du désir et l'on peut supputer contre un coin de table de camping que c'était le show du week-end de l'Xtremefest pour des siècles et des siècles, sans nul doute...


opium_du_peuple_1.gif



**********************************************************************

Leur shirt avec Trump se foutant une balle dans le cornet est partie en 3 temps 3 mouvement. MUNICIPAL WASTE est dans le pit !


MUNICIPAL_WASTE.jpg

Revival thrash début 2000, cela tient encore pour cette décharge, avec un set à balle, hypra fun. On ressent une tension devant cette attente, au point de penser à mettre les corps en position latérale de sécurité au cas où...Le set débute et les corps exultent dans un fracas d'os brisé, le groupe poursuit son exténuante démonstration de violence pendant que les premiers corps cabossés nous parviennent à l'arrière des lignes de front. Nous taperons incessamment du pied pendant que les jeunes se taperont un mosh pit d'enfer.

Du ballon au requin en plastique qui flotte en même temps que les corps, ça crépite dans tous les sens du terme. Des riffs de feu parfois un grain de heAvy, ben ouaie les gars, à la base le thrash part du heavy metOl quand même, pas que du punk. Municipal Waste c'est toujours diaboliquement punk et sauvage, parce que le plan marshall est simple, monter les potards dans le 13 maléfique et espérer que maître cornu en personne consente d’apposer son obscurcissement à un tel barouf, ou suspende ce qui reste à un croc de boucherie chevaline.

En fait c’était les deux, ouaie c'était les deux à l'Xtremefest sans nul doute.


delicatessen_Municipal_Waste.gif



**********************************************************************


Le groupe mythique DEAD KENNEDYS sans Jello, et alors ? On se passe de tout pluriel, seul le sujet principal est conservé.


DEAD_KENNEDYS.jpg

La bile toujours près des babines, le punk, souvent connoté comme une crise rebelle de la puberté avec son Je ne sais pas ce que je veux mais je sais comment l’obtenir est toutefois une négation de la norme, et doté d'un sens critique. Depuis la mondialisation pop, le punk c’est fondu dans le paysage ordinaire des sociétés modernes pour son côté pittoresque et authentique. Depuis son origine le symbolisme de sa rébellion a été détourné, expurgé de sa philosophie, broyé dans la rotative du cynisme et de l’ironie avec lesquelles pourtant il faisait office de catalyseur, « tel est pris qui croyait prendre » selon Lafontaine.

Un groupe de musique s'est aussi un business et même celui qui a fondé sa critique sur la base de l'économie libérale s'est retrouvé emmêlé dans un déchirement financier entre ses membres. Je fais fi de cela face à ce groupe.

Acerbe et foutraque les Dead K jouent près de l'os. Le son de guitare clair et garageux de East Bay Ray rappelle ses débuts dans le rockab, la basse de Klaus Flouride ronfle sur les braises de l'assise ravageuse de la rythmique, réglée sur l'horloge d'un papier à musique. Ron « Skip » Greer le chanteur évoque le personnage Biafra et fait revivre à sa façon le mythe d'un groupe culte.

Il est vrai qu'en comparaison quand tu assistes à un set de Jello qui s'est entouré de jeune fou, les Dead K s'est mou, on sent la fatigue, seul le batteur D.H. Peligro  maintient l'édifice. Pourtant j'ai du mal à être aussi critique devant l'emblématique groupe, dont la virulence cathartique était pionnière en son genre. Leur retour début 2000 est ce lieu commun qui ressuscite les gloires passées dans un revival de survie, et qui permet aux nouvelles générations de revivre un pan culturel de la rébellion du siècle passé.


rebellion_du_siecle_passe.gif

Autour de moi les critiques étaient vives après leur set, maugréant sur la mollesse musicale, le manque absolu de mordant, la caricature du chanteur, le manque de folie générale. Comme je l'ai dit plus haut je suis vraiment moins critique parce que ce punk est daté par l'histoire, il remue encore la queue vivace de son ironie, car il y a de quoi rire à gorge déployé aujourd'hui avec tous ces croquignolesques politicards du pire, et la victoire à plate couture de l'économie sur l'humain, sur le monde. Les Dead K ironisaient dessus il y a pratiquement quarante ans de cela. Depuis ce temps Jello radote, et l'ironie de l'histoire c'est que Trump lui apporte une lisibilité sarcastique intelligible sur le fond et la forme de son prêche de dissident. C'est pareil pour les Dead K.

Le venin inoculé dans les 80's par le groupe est aussi fou que ce monde est malade et violent, si ils surfent encore avec ironie dessus (et cela fonctionne à double sens cette phrase hein!), le groupe a joué avec la proche soixantaine, en s'éclatant comme des papis qui ont connu l’âge d'or et veulent en faire vibrer leurs descendance, leur dissidence légitime. Ça en plus je l'ai déjà dit, je radote comme Jello quoi !

Y a t'il une honte à faire revivre une époque ? Non, les Dead Kennedys ont toujours l’âge de raison, et le persiflage punk d'émettre une fraternité de combat avec tous ceux qui ont validé jadis leur singularité de désobéissance, où qui le font aujourd'hui. De ce fait, cela faisait du bien de laisser couler l'épave de ce monde ultra-libéral, de toute façon à ce niveau sous les mers, même Cousteau ne viendra plus remonter le bordel, alors Too Drunk Too Fuck et Viva la Revolution comme The Adicts avait promis la veille. Jello président !



**********************************************************************

PUNISH YOURSELF Mad Max Sound party et travellers core, outillage de Bricomarché à base de disqueuse, indus punk, cela n'a jamais été ma came, je laisse le soin à ceux qui apprécient la pugnacité de faire un report conséquent.


punish_yourself_3.gif



**********************************************************************

Au VIP c'est détente et dancing queen, Junk cacahuète s'amuse avec son café et le délire autour de lui. Plus habitué par le bordel ambiant je bois un thé chaud en toute décontraction que Rooliano (bassiste chez Charly Fiasco, chanteur et feux de bar en solo acoustique) a pesté à servir, plus habitué qu'il est aux binouzes et autres artifices alcoolisés familiers à cette heure propice du déhanchement funkadélique. D'ailleurs Gwardeath a même fait du hip hop sur le dance-floor, si un enchaînement de 6 steps et windmill, là c'était plus dur, et ouaie c'est la crise de la quarantaine, et le démon de l'anis chez Mott de Ben & Fist.

Ah au fait, si tu penses une seule seconde que j’écris avec prétention tu peux te toucher la prostate, je suis un fantaisiste pur-jus et un putiiiiiiiin de ringard. Allez buonanotte !




**********************************************************************


**********************************************************************


DIMANCHE c'était Thunderblast !


Le levé du drapeau se fera tôt puisque nous sommes sur place dès 11H00. Sur le camping flotte un mélange de somnolence et de préparatif. Sevtlanas va jouer dans la X Cage et pas mal de monde est présent pour ce set. Cette cage à gogo est une particularité du festival, ce n'est pas un truc de gogo dancer, c'est davantage dans l'esprit de Mad Max. Le public est acteur de l’événement, il s’accapare l'environnement comme un skateur. C'est un symbole fort de l'Xtremefest et de son unicité, cela contribue à son ADN.


CAGE_2.jpg

Il fait très chaud, cela signifie que nous sommes inclut dans le plan canicule, dont grosso modo bénéficie pas mal de région. La cage est plantée au milieu, plein soleil, le groupe commence et déjà les hommes se jettent sur le fer brûlant. Il y a le Gaulois, un fringuant quinquagénaire, enfin très proche de la soixantaine, qui bondit partout, monte sur la cage, passe derrière le groupe, lui je sais que la chaleur il y est habitué, maçon de métier. Le groupe joue à fond, Svetlana hurle sa rage, répand la révolte dans le même mood que hier soir. Il chie autant du feu des enceintes que des cieux. Leurs titres ricochent comme le public et tout ce beau monde se renvoie la politesse punk au visage. Quand le set se termine, le batteur, Diste qui est Italien et bassiste à la base, sort écarlate, la veine de sa tempe doit bien faire deux centimètres et on la voit taper, le reste du groupe est aussi rincé. La cage est un lieu atypique, complètement barré, s'y produire est un sacré défi en soi, d'autant plus avec des conditions climatiques si intense.

SVETLANAS a joué le jeu, c'était aussi courageux qu'intense et fou, un vrai choc pour tout le monde.

On en profite pour discuter avec un commerçant, lequel nous donne son impression très positive sur l'organisation du Xtremefest et de son public. Habitué de faire des festivals il valide à 100%, pour lui c'est la formule idéale pour s'amuser, se cultiver, échanger, vivre sa passion punk/HxC. Durant tout le week-end ce qui revient inexorablement à travers les questions posées c'est l'esprit de famille, la convivialité, la taille humaine du site qui permet les rencontres bienveillantes et le délire total. Bien entendu la programmation générale y est pour beaucoup, l’hospitalité des bénévoles et du service d'ordre encore plus, l'engouement que l'Xtremefest reçoit est légitimé par toutes ces années de travail acharnées et par une équipe qui ne relâche jamais son ambition de progresser. Deux soirs à guichet fermé et un dernier à 80 places près, on peut entériner la validation d'un public pour le festival comme rendez-vous incontournable. C'est quelque chose qui cette année faisait extrêmement plaisir à constater, et on ne remerciera jamais assez toutes les personnes qui participent à la pérennité de cet événement unique.


jouer_au_jneus.gif

Le crew a repensé sa programmation avec le cœur et cela lui a donné raison, rappelant la célèbre phrase de Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »

Criswell a joué à la cool à proximité du plan d'eau de Cap Découverte, c'était la première année que l'Xtremefest a pu organiser un concert à cet endroit, où les headbanger.ses se prélassent avec ostentations, et se restaurent avec gourmandises.

Autre chose d’importance, la testostérone bodybuildée des groupes de Hardcore avec leurs poses viriles n’a pas caché, et un peu comme on pourrait le penser de l’arbre la forêt, l’égalité d’esprit qui siège au Xtremefest. Je veux dire par là (par où ?), que tu sois homme ou femme, peu importe, ta présence justifie une éthique où les valeurs d’égalité sont primordiales. Chacun bénéficie de la même valeur d’accueil et de bienveillance parce que chacun participe à sa façon à l’ensemble du week-end. Chacun est un élément positif, s’intégrant dans l’harmonie globale, amenant sa pierre à l’édifice. Tout le monde est important, chacun à sa place et est responsable de ses actions, de ses mots. L’xtremefest précise que les attitudes racistes, xénophobes, sexistes ne sont pas admises sur le site, cet état est primordial et indivisible de l’éthique du punk hardcore metal.


hardcore.gif

Quand tu es sur scène c’est ta musique, ton charisme, mais pas ton physique qui prime, quand tu es dans le pit ce n’est pas la démonstration de ta vigueur au combat, mais ce que tu lâches comme émotion ressentie. Chacun est libre de vivre comme il le souhaite ses concerts, l’Xtremefest est un moment de partage, un témoin lisible de ce que tu es véritablement et à travers quoi tu t’affirmes. Ton unique engagement est une présence conforme aux idéaux d’égalité, de fraternité et de liberté propre à la déclaration des droits de l’homme, propre à l’éthique de la culture underground, où chacun puise sa force dans le sens commun de la pérennité de la scène et de ses idéaux d’actions, de pensées, de philosophie, d’éthiques.

Le festivalier qui vient pour s’éclater le temps d’un week-end et faire subir l’excès de ses avidités à travers un comportement inadéquat trouvera le temps long, car il se retrouvera bien seul. L’Xtremefest est en cela bien plus qu’un festival de week-end, il le prouve tout au long de l’année à travers l’asso Pollux, il draine à lui le concret d’un réseau (La Lune Derrière les Granges, ToLoose Punkers, Noiser, La Cave à Rock, etc...) et avec des liens d’amitiés qui ne sont pas virtuels.


public_3.jpg

Son aspect fun & cool répond au critère d’une éthique liée à la sphère underground, à la sous-culture et contre-culture. Son apparence de fonctionnement à l’ancienne, façon oldschool, est avant tout établi sur la même éthique. Tu n'es pas perdu dans la masse, tu existes et fais sens avec l'entourage, comme dans un concert, comme dans un bar concert, on retrouve la même osmose, il y a aussi l'accès au merch avec la présence des groupes avec qui on peut discuter, cette même relation d'échange, tu vois le truc quoi ! Choses concrètes (merch) et choses vraies (concert).

Il y a un contraste saisissant entre un passionné de musique et un consommateur de musique, tout comme avec celui émouvant d'un musicien underground se battant jusqu'à son dernier souffle du côté des perdants superbes, des rêveurs déçus, devant un touriste de festival, pourtant chacun est libre de ne rien comprendre des motivations de l'autre tout en participant à la même aventure. Mais il y a une différence notable d'éthique et de rapport. L’Xtremefest est un festival où le professionnalisme n’est pas un but lucratif mais un perfectionnement de bien-être à travers son éthique. Cela a du sens et fait sens, en effet ce mouvement positif se traduit aujourd’hui par le bénéfice d’une participation accrue, et par un respect déontologique à toute la culture underground.



**********************************************************************


Grosse affluence de groupe Canadien cette année, je ne sais pas si il y avait des réductions de tarif prioritaire pour traverser l’Atlantique pour les groupes, mais c'est coOol de voir/revoir les cousins !

C'est le cas avec THIS IS A STANDOFF.


THIS_IS_A_STANDOFF.jpg

... et leur punk mélodique qui claque un max, le batteur est énorme, le chant très juste. C'est toujours le souci avec ce style musical. Sur disque c'est de la balle et après en live si les gars ne sont pas hyper carrés, et surtout au niveau du chant, c'est aussi brouillon qu'un set de black metAl. Steve Rawles du groupe Belvedere officie comme guitariste et vocaliste mélodique dans cette filiation sk8-émo punk. La précision était présente, le son californien de ces Québécois fluidifie une imprévisibilité douce à l'ensemble de leur concert. Rapide, parfois disposant de partie complexe, le groupe libère les bonnes vibrations funny, et dans cette symbiose où les rayons solaires drainent de la chaleur des corps vers les cœurs ouverts à un moment de simplicité. La musique est une connexion universelle qui n'a pas besoin de mot, elle fait appel à notre sensibilité, réveille notre vécu et le fait résonner avec une subtilité sans égal. Ouaie c'était bien cool.



**********************************************************************

On a pas vu grand chose de MALEVOLENCE, on était en ITW. J'ai vu juste la fin. Mais c'était pur, violent, cool, puissant, hargneux, du moins d'après les dires des gars de l'infirmerie.



**********************************************************************

Il ne faudrait jamais chercher à comprendre d'où provient notre désir musical. C'est le cas avec MUTE et son super concert.


MUTE.jpg

Cet autre groupe Canadien a délicatement réveillé ce désir. Je ne sais pas vous mais moi à 45 piges j'ai besoin de baiser la vie et de l'entendre jouir. Mute va puiser dans cette sensibilité qui fait réfléchir jusqu'à atteindre l'endroit émotif qui parfois nous déchire. Le chant est très juste, le set est impressionnant de concision instrumentale et sa technicité impressionne. Le guitariste soliste a dû connaître la révélation de son instrument devant le tapping d'Eddie Van Halen sur « Eruption ». Émotionnellement le concert pulse un rendu vraiment très fort et puissant.

“On dit que dans les moments d'émotion intense, une fraction de seconde équivaut à une éternité...” Jonathan Coe.

Le groupe mêle à sa tension émo/mélo une coolitude Canadienne, avec des refrains hyper catchy, un grain de Bryan Adams, tu vois le sirop d'érable sirupeux et la vigueur d'un bûcheron, hein ? Mais nan ce n'est pas gay.

Le groupe mélodise, relie la terre sonique aux étoiles immortelles et c'est un très gros set, chatoyant dans les esgourdes un miaulement propre à exciter une minette adepte des poses félines, et à rendre fous les vieux matous du punk rock.

Mute nous offre cette contemplation virginale devant la mélodie, et dans les fils soyeux de cette aurore mélodique on tisse une étoffe légère qui viendra nous caresser bien des jours après avec une réminiscence de douceur, parce qu'un concert inoubliable est une ombre qui brille jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit sur le livre de notre destinée, et qu'on ne cesse d'entendre.



**********************************************************************


Avec RISK IT tu t'es éclaté et tu as bien fait jeune fada.


RISK_IT.jpg

Cette décharge cathartique de hardcore était un set de sport de combat rugbystique, ferraillant dans chaque maul sonique à coup de pénétration explosive.

Une troupe d'excès de sébum à casquette a pratiqué cette danse de percussion, là où certains regards ont l'équivalence des marrons. Les bonnes pratiques dans le milieu des musiques amplifiées possèdent des codes d’honneur pour lesquelles il n’est point anodin d’en satisfaire les uns et coutumes afin d’intégrer la corporation initiatique. On retrouve à l'Xtremefest certain passage obligatoire. Je mentionnerais tout d'abord la bienveillance dans le pit. Alors oui les pralines pleuvent mais dans le respect de la camaraderie virile. Pour le Wall Of Death, là tu es certain qu'il y en a dans le tas qui annonce : « Bon les gars, en face c'est que des cons, alors au premier choc il faut qu'ils discutent avec les taupes"

Risk It est le concert le plus brut du week, et même avec ces défauts musicaux ce que l'on retient en premier c'est l'intensité brute, cette impureté jamais polie, et encore plus granuleuse et difforme, voire râpeuse. Le groupe en répand toute l'abnégation virile et unique, pour ne pas dire virginale. En sortant du concert je croise le guitariste de Ben & Fist qui me fait penser à cette tirade de David Lee Roth, chanteur de Van Halen datant de 1979 : « J'ai essayé le jogging, mais ça faisait tomber les glaçons de mon verre »



**********************************************************************

Les femelles de BAD COP BAD COP me font penser à un croisement entre The Distillers en version pop et The Runaways en punk. J'ai juste vu le début pour cause d’ITW, et c'était frais et pinky.

Gwardeath a adoré, et on peut faire confiance à ce gentleman sans aucun bénéfice de doute.



**********************************************************************


GET THE SHOT c'était énOrme, une nouvelle claque.


get_the_shot.jpg

Le groupe monte le public les uns sur les autres. Le chanteur va chercher le public dans ses moindres retranchements et maintient le niveau relationnel à son plus haut niveau, et avec ce sens de la communication qui rappelle qu'une langue les gars, ça ne sert pas qu'à lécher des chattes ! Il démontre tout au long du concert les valeurs du HxC et qu'un groupe phare, c'est quelqu'un qui est là pour éclairer, pas pour éblouir.

Partout c'est une effusion de violence fédératrice. Les titres s’enchaînent et déchaînent le public, c'est tendu à ce moment-là au point que si tu arrivais à foutre une olive dans le cul d'un gazier il pressait trois litres d'huile. Si l’agressivité est dans chacun, la catharsis culturelle permet d'extraire l'épure de cette violence et de la changer en quelque chose de positif. On ne doit pas se contenter de peu. Le peu c’est pour après, une fois mort. Quand on est vivant il faut tout faire très fort. Si Walter Spanghero avait connu la saveur Hardcore de ce set, il aurait dit : « On prend goût aux courbatures que le pit provoque. Un pit qui ne fait pas mal est un concert raté. ».

A la sortie les torses nus affichent les hématomes, est ce que ce festival est sponsorisé par Synthol, mercurochrome, et l'homéopathie..en suppositoire Monsieur Punk sur la photo ?


public_4.jpg

Au fait, GTS est un groupe Canadien, et oui encore un. Heyyyyyyy il n’y a pas eu un cousin avec une chemise de bûcheron, bon tu me diras qu’il n’y avait pas un gugusse de la Macronie brandissant une baguette non plus, finalement on est parvenu à tordre les clichés tout en gardant l’accent sur notre identité.

Whouuuuuuuuuu là c’est extra-balle avec cette histoire d’accent (NDLR : du midi et québécois), et finalement cela va dans le sens de la représentation à Opium du Peuple en fait, et bing re-extra-balle.

Diantre cette partie ne finira jamais alors ?



**********************************************************************

Autre question pour le concert suivant : Retrouvera-t-on un Yul Brynner en Sta Prest pour le show de BOOZE & GLORY ?


skinhead.gif

Oi oi oi plus loin, pas vu un seul. Des vieux punks oui, de ceux qui ont connu la rue et l'usine, le coup de grisou anglais et sa brique sur le coin de la tronche, ceux-là ont répondu présent au folklore britannique, c'est facile c’est les seuls qui reprennent les refrains. Pour le reste ce côté hooliganisme est culturellement peut-être un peu trop prononcé, et la réputation sulfureuse des skinheads par la télévision appose le veto que les clichés ont la vie dure.

D'ascendance Sham 69 à Cock Sparrer, de style musical Oi ! et de street punk, le groupe produit un set rempli de ferveur fraternelle propre à un pub.

Pour information, le mouvement skinhead est une subculture marginale aux multiples tendances qui naît dans les années 60 en Angleterre, autour de la culture des Mods (jeunesse ouvrière = working class) et des "Rude boys" jamaïcains. C'est leur crâne tondu qui leur a valu le nom de SKIN HEAD (tête de peau) qu'ils se rasaient pour éviter de se faire attraper par les policiers lors des manifestations. Ils sont fiers d'appartenir à la classe ouvrière, et s'opposent aux hippies, symboles d’une bourgeoisie décadente qui échappe à la réalité du quotidien à laquelle les skins, eux, doivent faire face. Dans les années 70, le mouvement punk se développe, le sous-genre musical de la Oi! apparaît. Dans les années 80 l'influence du National Front et du British National Party dans l’Angleterre de Thatcher pousse certains prolétaires et des skins à se ranger dans le camp de l'extrême droite, en faisant des immigrés les responsables de la misère de la classe ouvrière anglaise, et ceci sera suivi par le reste de L'Europe. Face à cette dérive du mouvement naît le SHARP (Skin Head Against Racial Préjudice) : le non-racisme radical est un refus aux skin racistes, les BONEHEADS (tête d'os, néonazis). Dans l'Occitanie en 1984 il y avait le SCALP (section carrément anti-lepen), devenu plus tard le réseau No Pasaran.

Le mouvement skin se scinde donc en deux, opposition distincte d'éthique mais indivisible pour la similarité du look. Il existe toutefois des apolitiques, issus de la même mouvance, qui réfutent les attaches politiques avec pour principe de base la violence, football, et bière. On reste dans la caricature. Ils s'estiment les vrais détenteurs du spirit of 69.

«Oi» est l’abréviation de «Oh You !», un cri que vous aurez beaucoup de chances d’entendre dans les ruelles de l’est de Londres dès qu'un pilier de comptoir en sort.

Sinon il y a aussi d'autre skin head, les Straigt Edge, abréviation sXe, issue du HxC et originaire des U.S.A, ils s'éloignent de la défonce autodestructrice du punk en prônant un refus à l'alcool, drogue, pour un comportement positif et un esprit clair. Le sXe est un puissant antidote sans dope à la liberté de conscience.


Une bonne leçon d'histoire

Voilà pour la petite histoire, et pour de plus amples informations, vous demandez Rachid au premier couillon qui passe sur Castres.



**********************************************************************


Pendant que je me restaure avec une barquette de frite, un gars bon prince paye le repas à une douce jouvencelle qu'il ne connaît pas, laquelle accepte le repas gratuit d'un sourire lapidaire qui en dit long sur l’ingratitude avec laquelle elle va le lâcher, avant de lui signaler avec politesse : « Oh c'est sympatOche mais il ne fallait pas. ». L’impétueux l'a regarde droit dans les yeux : « Quand on aime on ne compte pas. » Oh putain la formule gagnante des éjaculateurs précoces.


Présent en 2014 à Albi pour la seconde édition, CONVERGE nous revient avec ce sentiment d'évidence de retrouvaille impromptue ou bien trop longtemps différée, sans faire état d'une attente qui déçoit.


light my fire

Dire que le groupe est depuis sorti de sa zone de confort ce serait osé. Mais autant sur disque, qu'en concert il y a un changement à cette musique qui dérange le quotidien. Puisque ce bloc de souffrance froide expurge de son agonie incandescente une violence post-hardcore trop extrême pour le mosher, et avec trop d'exigence chaotique pour le punker, mais c'est toujours une expérience pleine d'implosion intérieure. Car face à cette déferlante d’introspection rageuse, et même brutale, le set compulsif est de haute tension radicale. Converge appose son hermétisme sonore, son malaise sonique, son atrophie explosive, et le temps musical est incertain quand cela tourne à l'orage mélodique avec quelque chose d'électrique dans l'air.

Pour ce concert les hurlements foudroient, les riffs fustigent, la rythmique terrasse cette intensité sculpturale. Tous ceux présents avoueront avoir été meurtris d’envoûtement bien au-delà des attentes, surtout les dreamers.

La singularité musicale de Converge a conservé tout son fiel, sa pertinente authenticité, le tranchant de ses contrastes, tant dans les moments d'apoplexie que dans les passages plus hypnotiques. La cohésion du groupe, son écriture moderne, la qualité de l'interprétation, sa sobriété, relie la même absence de complaisance, et converge (bing extraballe) vers cette humanité sensible jusque dans l’effroi émouvant d’être dépassé par ce qu’on a écrit/joué.

Il n’est pas de meilleur ressenti pour un artiste, ni de preuve plus tangible d’une nécessité.

Pour tous ceux dont le chaos est énigmatique : « Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le » John Cage.



**********************************************************************

Les suédois de MILLENCOLIN ont fondu le pit en auto-tamponneuse avec leur punk mélodique à la sauce revival 90's.


millecolin.jpg

Mais il a fallu attendre la quasi fin du set pour bénéficier des titres les plus catchy et connus. J'ai un vague souvenir de leur album à succès, mes camarades (Junk Cacahuète, Raph - anaérobie aérobie c'est quoi ? et Vince Big Jim) sont beaucoup plus expansifs, le groupe était attendu, il a réalisé un set nostalgique qui en a laissé plus d'un ravi de les avoir vu au moins une fois.



**********************************************************************


COMEBACK KID = Fureur de vivre


CBK_1.jpg

Le groupe est venu en 2013, 2015, et il reste une valeur sûre. Le set est envoyé avec maestria, dextérité, rien ne manque, de plus c’est le dernier concert du festival, les bénévoles et tout le crew commencent à relâcher, il y a du monde autour de la scène, les refrains sont repris en chœur, le côté fédérateur est plus que palpable, c'est un groupe qui coalise de par sa musique punk hardcore mélodique un fort capital sympathie et il est un modèle.

Le jeune qui entend à longueur de journée que sa génération n'est qu'un ramassis de branleurs et qu'il faut lui mâcher la bouffe pour qu'il n'ait pas de mal à la chier, se libère de cette nasse en prenant la positivité inébranlable de CBK. Le public contemple avec impatience la vigueur se réfléchissant dans leurs esprits comme une preuve de sidération. CBK redonne du désir, du souffle, comme une poussée dans les reins, un élan de jeunesse et d'appétit retrouvés.

Leur dernier opus « Outsider » ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, lui trouvant une forme de redondance et une facilité de gimmick, en live le groupe balance ses punchlines et la dynamique prend une admiration dévotionnelle. On finit très bien cette sixième édition.



**********************************************************************


Merci au crew pour son eXtrême application et à ses bénévoles pour l'ensemble du travail accompli pendant ce week-end d'extase, c'était parfait.


tumblr_nm8yjwkHft1tk9bkko1_500.gif


Même avec les moyens actuels de communication, et les structures, la tâche est aussi ardu qu'au début des 80's pour réaliser un festival de cette trempe. La région Occitanie est une des plus grandes, mais derrière le bouillonnement du Xtremefest c'est toujours le milieu associatif, le bénévolat qui font office de pilier, il y a une forme de lutte et de rêve dans cet ensemble pour élaborer un tel événement, ça tient à peu de choses pour revenir l'année d'après. Enfin tant qu'il y a encore des personnes hypra motivés pour tirer les choses vers le haut, capables de fédérer un mouvement alternatif, libre, dont l’autonomie semble dérisoire, mais dont la puissance contribue à la pérennité du mouvement underground.

Tout cela passe et prend racine parce que le festival établit des liens durables, des contacts permanents. Puis qu'il y a une ambiance particulière, pas du tout nombriliste, mais carrément spontanée et chaleureuse. N'oubliez pas de soutenir la scène, sur disque, en concert, vibrez, vivez.

Il y a un côté sacré à faire partie intégrante d'une telle aventure humaine, c'est cela l'Xtremefest !


tumblr_p21m58Q8JL1uocsx1o1_540.gif


jeudi, juin 28 2018

L'Xtreme castagne Ô mètre de la Lune !


terror_shark_fin_1.gif

En l'an de grâce 2018, un 16 juin anodin pendant la marche mondiale éco-responsable des vendeurs de voitures d'occasion, l'association Castraise La Lune Derrière Les Granges entame les dernières manifestations de sa semaine chamboule tout. Ce soir-là c'était une Xtreme before party co-organisé avec Pollux, cela se passait au Bar O mètre, lieu incontournable des concerts de la ville championne de France de rugby en top 14. Yessssss papa !!

Avec Junk et oim on est arrivé devant le rade, frais comme des gardons. À tous ceux qui n'ont jamais vu la queue d'un requin dans la Méditerranée, au WallaBirZine on a vu arriver un aileron à Castres et réalisé une ITW sur le vif. Il se nomme Terror Shark, vient de Montpellier et il est vraiment très fun !



Mais c'est quand même les Albigeois de HypocondriaX qui ont ouvert le ban.

Les mecs étaient venus avec la décontraction princière du manège à Pollux, plus communément réputé dans le nord du Tarn par le terme savant de Zguenitude. Le quatuor a fourni un set caractéristique de leur syndrome HxC punk, avec une libération excessive et manifeste de symptôme contondant. Les gaziers nous ont assénés une piqûre de rappel de tous les antidotes qui font rugir le pit. Presque sans temps mort, HypocondriaX a posé son rythme de combat, intègre, sincère, spontané.



C'est toujours un coOol moment ce groupe en live, si vous avez la possibilité d'aller les voir, n'hésitez plus, leur sauce punk 90's/HxC oldschool vaut le coup de coude dans les côtes flottantes. D'ailleurs les jeunes ont pris une baffe !


hypocondriax_-_les_jeunes_ont_pris_une_baffe.gif

Vous pouvez, si ce n’est déjà fait, en apprendre davantage sur ce groupe via l’itw visible sur la chaîne WallaBirZine.

Puis ce fut le tour de force des Mazamétains de Black Mountain Bastards.

C’est que là mes agneaux, le mood avait changé pour un mélange de hardcore thrashy pour fans de Municipal Waste et Terror. Cela signifie que la force obscure de la Montagne noire coule dans les compositions du groupe, et a renversé le pit dans une collusion de corps. Pendant que le groupe envoyait le fer et le bois avec l'acier et les métaux lourds de son super mélange, le public dansait uniquement en parlant avec les mains, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Je fais un aparté, oui je préviens, je digresse. Donc, d'habitude quand je vais dans une agglomération conséquente pour assister à un concert dans un rade, le public semble blasé/rassasié par la multitude d'offres proposées. De plus son attitude n'est pas encline à désobéir au code en vigueur pour briller en société du paraître. Heyyyy ce n’est pas une critique, c’est juste une constatation. Si tu pousses vers la cambrousse, tu devrais rencontrer un public beaucoup plus timoré face à l'audace. Il est tangible et notable que les paysans sont des taiseux, assujettis à dissimuler leur émotion. Mais parfois dans certaine province reculée de la civilisation citadine il en est autrement, et l’on n’a pas encore l’explication ?!?

Parfois donc, il semblerait que les codes ont disparu, et que les taciturnes n'en sont pas, puisqu'ils deviennent émancipés au point d'éprouver une totale liberté pour faire mouvoir leur corps élastique, ou pas d'ailleurs. Enfin, on ne voit pas autant d'indépendance désinvolte, de sauvagerie effrontée, et d'anarchique liberté que dans ce genre de lieu ou le terme de blasé ne convient guère. C'est assez amusant et finalement rare pour être mentionné. Hors à Castres et cela fait déjà plusieurs fois que je m'en rends compte, le public de paysans compte très souvent ce genre de fadas prêt et prompt à savourer le temps présent jusqu'à la dernière goutte. Bien entendu et j'en fais partie, il y en a pour tous les goûts, et les gentils taciturnes qui tapotent du pied existent. Mais devant la bousculade et les contorsions corporelles de la Saturday night fever Castraise, tout cela ne dénoterait nullement pendant un spectacle de danse contemporaine.

Black Mountain Bastards a débroussaillé le pit, lui donnant cet aspect brut, viril et copieux, un peu pareil qu'en ovalie, mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).



Le fait d'armes du soir : (et ce qui ne veut pas dire qu'il y en a de la sorte à chaque fois de cet acabit)

Au début, il est dû à un véhicule imposant qui s’est octroyé la possibilité de pousser la jeunesse punk HxC disposée entre le parking et le devant du trottoir du bar. Un homme d’âge mûr est sorti du véhicule et apposa avec toupet son point de vue en sortant des remontrances de goujat. Un gamin encore tout retourné par le fait d'avoir pu être écrasé lui a rétorqué son imprudence, le grossier personnage l’a de suite bousculé, à partir de quoi la situation dégénéra quelque peu avec un langage dont je ne peux en inventorier la teneur par pure pudibonderie.

Le monsieur est un polynésien ou un autochtone de Nouvelle-Calédonie (désolé mais je confonds les 2) de 130 kg, en face c'est un poids super-légers de 20 piges, Gnnééééééééééé ! Un rapport de force que la maréchaussée n'a pas jugé bon d'interpréter à bon escient en embarquant le gamin pour une déposition en bonne et due forme. Gnnééééééééééé ! Quoiqu'il en soi et contre toute attente, le gamin a balancé une praline sur le tarin et péter un verre sur la nuque du gros, lequel n'a pas bronché, sans émettre une goutte de sang, rien, nada, prout, un véritable châtaigner le gonze. À toi on te fait cela et tu pisses rouge jusqu'à remplir les caves vigneronnes de la coopérative de St Chinian.

Que peut-on dire de l’impertinence de cet incident fortuit : Tout d’abord que c’est un fait rare, et puis que c’est désolant, car il fait subir au chef de l’établissement du bar ainsi qu'aux associations organisatrices de concert, une image écornée de l'ambiance fun & coOol qu'elles essayent avec abnégation d'apporter. Connaissant votre esprit affranchi et la vigueur de votre intelligence bienveillante, je ne doute pas un instant que lors d'un prochain raout à Castres, cette anecdote insolite n'aura plus lieu d'être, ou si ce n’est comme un étrange et mauvais souvenir.

Ce qui sans transition nous amène au bord de l'eau de Palavas les flots.


terror_shark_1.gif

"Interdire la baignade ? Mais, vous n'y pensez pas ! Nous sommes en pleine saison touristique..." 

On ne dira jamais qu'un set de Terror Shark est bon enfant. Premièrement les enfants sont déjà couchés quand il joue, et que secondo si tu fous ton gosse à la flotte du pit il va avoir besoin de Cousteau pour aller le remonter du fin fond des eaux troubles.

Le squale terrifiant est un trio adoubé par un fun crossover à la trinité abréviatrice S.O.D / M.O.D / D.R.I. Si tu connais alors tu as pigé dans quel foutoir sans nom la baignade du soir a fini avec fessé hardcore, poilade thrashy, et un crossover à la camaraderie effrontée, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Même si à Montpellier ces derniers temps ils ont du mal à cicatriser encore avec la vaseline qui dégouline le long des cuisses depuis la finale. Ouchhhhhhhhhhhh !!!

Quoiqu'il en soi Terror Shark avait la dentition affûtée et le cuir épais, comme quand il a joué au festival de l'Xtremefest en 2017, et par deux fois même, dont une dans la fameuse The X Cage, répondant à la réplique de Hooper dans le classique ‘’Les Dents de la Mer’’: "Le requin va mettre votre cage en bouillie".

Ébouriffant concert pour les uns, voire les Huns même, tant on ne sut réellement dans quel heurt soniques nous étions tombés. Ce qui est certain c'est que ce fut un joyeux bordel. Si le public s'est écharpé, c'était dans le respect du pit conforme à la Mosher Team des garrigues, et pour un set à la Beach Boys « Fun, Fun, Fun ! » aka le grand requin blanc « Gniak Gniak Gniak ! »


terror_shark_2.gif

Merci à l'équipe (rincée après toute une semaine et une année de travail) de La Lune Derrière Les Granges, à la Pollux society pour le Zguen-style Xtremement festif, à Hyponcondriax, B.M.B, Terror Shark pour les concerts, et aux ami.es du sud tarnais pour l'ambiance, comme la sosie de Mado la niçoise, mais avec la tchache d’une paybassolle de Narbonne, Vincent Big Jim qui a encore pris du volume musculaire, Raph et ses mains qui sentent le lait pour bébé, Rachid et son perfecto de biker pour Vespa, le tatoueur qui aime Shelter (tu avais raison « The Purpose, the Passion » est un excellent album), Chris l’autre tatoueur qui est parti avec Sharky le requin gonflable de Terror Shark, et puis le réalisateur/monteur/technicien/créateur de la partie Vidéo du WBZ, le majestueux Junk cacahuète & jus d'orange !

CiaO))) & bisous de la montagne noire.


bmb_2.gif


dimanche, mars 4 2018

XTREMEFEST 2018 ANNONCE FINALE


28514460_993211780830330_344707320065830313_o-717x1024.jpg

Toujours sur le site de Cap Découverte et avec plein de nouvelles améliorations comme le festival en zguentensifie la donne et ne cesse d'en agrémenter la teneur à chaque édition, ça commencera dès le jeudi pour une soirée Warm Up gratuite, yesssssssssss papa !

Vendredi c'est chaud coco, Samedi c'est Carnaväl et Dimanche le jour du saigneur tu seras sur les rotules à baver d'extase.


HxC_oldschool.gif

On ne le répétera jamais assez mais une fois encore l'affiche est hypra coOol & fun, reliant la sève de la torgnole sonique pour un week-end d'éclate pure, de décontraction, de plaisir, de fête, la définition de l'excellent crossover qu'est l'Xtremefest.

C'est définitif, si tu rates ce week on peut déjà dire que tu auras chié ton été, alors n'hésites pas une seconde, prend ton ticket et viens dans le sud.


live-in-the-now.gif


- page 1 de 3