WALLABIRZINE

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dimanche, novembre 4 2018

ITW ARNO DE CEA

La plage accueillait dans sa virginité matinale la plénitude surpuissante de son étrange aurore.


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Certains éléments naturels sont à même de vous révéler une volcanique nouvelle vision d'un style musical que l'on eut cru éroder par l'amer et coagulé en une coquille lisse. Au début ce n'est que le murmure d'un rugissement lointain, à peine une amulette de sorcier subaquatique, mais bien vite l'amplitude devient un vacarme tellurique. Quand il culmine au-dessus des eaux troubles et fuse à nager à contre-courant surfique sur des mélodies endiablées, la coalescence des genres ultra-sonique téléporte vers Atlantide et son Rétrø-Futürisme.

Tu te demandes avec un filet de bave sur ton laptop qu'est ce que c'est que toute cette théorisation romanesque ? La réponse c'est une Big ITW, parce qu'il savoir humer l'air maritime vivifiant, entendre le tonnerre impétueux de l'océan, et laisser s’abattre sur soi une vague de deux mètres pour ressentir l'extase du Brutal surf d'Arno De Cea.

SURF IT UP !


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Aloha  Arno, tu habites près de l'océan, Cestas, Côte d'Argent, en Aquitaine , surfes-tu ? 

Arno : Hélas non. Si j'avais assez de temps pour faire tout ce dont j'ai envie, la pratique du Surf serait au programme. J'ai pas mal fait de skate dans le passé  mais j’ai arrêté il y a quelques années. Le bitume ça ne pardonne pas quand tu tombes, et vu mes activités et mon taff,  je n'ai pas envie de me retrouver avec un bras dans le plâtre ou autre chose dans le genre. Néanmoins, je conserve un intérêt pour les sports de glisse et la culture qui va avec. 


Quel rapport entretiens-tu avec la nature ? Et les éléments océaniques en particulier ?

J'accorde plus d'importance aux "lois de la Nature" qu'à celles des hommes. Je ne suis pas pour autant un hippie, c'est juste que je trouve que la société humaine a tendance à être très liberticide par rapport aux individus qui la composent alors que la nature, même si la loi du plus fort est prédominante pour y survivre, ne l'est pas à mon sens.

De ce fait, une bonne partie des morceaux chantés des Clockwork Wizards ont des textes qui  y font souvent référence. Il y est souvent question du peu d'importance qu'on y accorde alors que ça devrait être l'élément sur lequel repose nos vies, et l'élaboration de la société humaine.

La nature nous offre tant de choses gratuitement, sans rien demander en retour, et nous tout ce qu'on trouve à faire c'est prendre, abuser sans aucun respect.

Concernant l'Océan, il m'inspire encore plus d'humilité à cause de sa force imperturbable et cyclique. Les californiens de Pollo del Mar avaient sorti un disque de Surf qui s'intitulait " The Ocean is not for coward " (L'océan n'est pas pour les poules mouillées) et bien c'est exactement le cas.


Es-tu un être mystique ? Cartésien ? 

Je pense que ta question fait peut-être référence à la pochette du dernier disque des Clockwork Wizards. Mais comme il se trouve que la plupart des symboles qui sont dessus font référence aux mathématiques et à la connaissance, le mysticisme n'est pas vraiment le propos ici.

Après, est ce que avoir une "vie intérieure" très intense où se mêlent la réflexion et l'imagination fait de toi un être mystique ?? C'est certainement le cas aux yeux de n'importe quel individu lambda. Pour ma part, c'est ma façon de fonctionner depuis longtemps, et je n'y vois rien de mystique, c'est juste un refuge pour se protéger d'une société mal en point, et qui repose sur des valeurs qui ne sont pas vraiment les miennes.

Je m’imagine tout le temps des trucs rocambolesques, c’est mon imagination, comme si ta musique avait le pouvoir de précipiter à travers son tube musical un mysticisme émotionnel, un refuge intime en connexion avec tous ceux qui en ressentent la même vibration.


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As-tu une connexion avec la Lune ? Le soleil ? Les 2 ? 

Nous avons tous une connexion avec ces astres, sans eux il n'y a pas de vie, c'est aussi simple que ça. On a tendance à l'oublier et à se focaliser sur nos existences qui sont insignifiantes à cause de notre orgueil.

L'album précédent des Clockwork Wizards, "Flash freezing the sun", est la B.O d'un film fictif  de Science-Fiction qui raconte l'histoire de robots qui développent une arme capable de congeler le soleil, et ainsi arrêter toute possibilité de vie organique dans l'univers. Ce "concept" exprimait simplement toute l'importance du soleil et de son pouvoir énergétique, qui est à mon sens sous-employé et sous-exploité.

J'ai eu la chance d'aller dans le Nevada aux Etats Unis il y a quelque temps, et j'étais effaré de voir que dans une ville comme Las Vegas qui bénéficie d'un ensoleillement important, pas une seule maison n'était équipée de panneaux solaires...Par contre ils ont tous la climatisation qui marche à fond ! On n’est pas sorti de l'auberge...

Ni le cul des ronces…


Crois-tu en quelque chose ? (à une divinité, au pouvoir des fleurs, à la poésie, etc...)

Je suis comme Saint Thomas je ne crois que ce que je vois.

Le contraire de Ray Charles quoi !


Pourquoi avoir choisi le style musical de la surf music pour t'exprimer ? 

Quand j'ai découvert ce style  il y a de cela presque 25 ans maintenant, j'ai eu comme l'impression de découvrir un trésor bien caché, de par la richesse de cette scène, et le fait que ce soit si impopulaire. Du coup, je me suis plongé là-dedans à corps perdu. J'ai commencé par me faire une "discothèque", la plus variée possible, en fonction de mes moyens, et à décortiquer le son et le jeu de guitare inhérent au style.

Cela m'a permis de m'apercevoir que même si certaines règles ou clichés revenaient régulièrement, certains groupes faisaient également preuve d'inventivité par rapport à tout ça et avaient au final beaucoup de liberté, notamment grâce à l'absence du chant qui a tendance à réduire les musiciens au simple rôle d'accompagnateur.

Tu vas me dire qu'on peut retrouver ça dans le Jazz également, ce qui est vrai, mais je lui préfère l'urgence et le côté primaire du Rock.

Pour résumer, quand composer est ce que tu préfères faire en matière de pratique musicale, la Surf Music t'offre un terrain de jeu des plus intéressants. De plus, si tu veux sortir un peu de ses clichés, c'est "open bar", et à part une bande de vieux grincheux qui vivent encore comme en 1963, il n'y a pas grand monde qui va venir t'expliquer comment il faut s'y prendre.


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Penses-tu qu'il y a une corrélation entre les ondes de surface aqueuse (les vagues) et les ondes d'acoustique surfique (surf music) ?

Oui dans le sens où le son de la guitare Surf avec sa réverbération me procure une sensation de liberté, au même titre que la vue de l'Océan qui parait être sans fin.

Après la Surf Music c'est clairement LA musique d'un sport nautique qui était à la base essentiellement pratiqué par des ados et des jeunes adultes. En ce sens c'est la bande son de leur frénésie sur les vagues, de leur insouciance mais aussi de leur dévouement pour une pratique qui a pour terrain de jeu l'Océan.


Peux-tu faire une présentation de ton parcours musical, d'où tu viens, avec quoi tu t'es nourri, ce qui a fait germer ton désir de divulguer qui tu es, là où tu veux aller ? Et d'expliquer la façon que tu as de faire muter le genre musical de la surf music ? Pourquoi ce style te permet ce genre de contorsion, de mutation, de métamorphose musicale ?

J’ai commencé la guitare à 11 ans sous l'influence de mon frère, âgé de 5 ans de plus que moi, il m'a fait découvrir le Hard Rock via Iron Maiden, WASP, Metallica et bien d'autres trois ans auparavant.

J'ai eu la chance d'avoir un prof de guitare qui était très branché Jazz, ce qui m'a permis de m'ouvrir au fur et à mesure à d'autres styles que le Rock, et surtout à me forger un bagage théorique et harmonique qui m'aide pour composer, et m'a influencé.

Il m'a fallu patienter jusqu'au lycée pour pouvoir commencer à jouer dans des groupes évoluant dans le Noise Rock comme Oharu, avec lequel j'ai fait mes premiers concerts dans les bars Bordelais à l'âge de 16 ans.

C'était une époque vraiment chouette au niveau de la scène musicale Girondine, avec des bons clubs pour jouer où passait le gratin de la scène Indé internationale, ce qui m'a permis de me prendre plein de bonnes claques en voyant des groupes comme Unsane, Come, Jesus Lizard, Neurosis, Man or Astroman?, Today is the Day, No Means No ou Satan's Pilgrims...

Cette scène a eu un impact sur ma façon de voir le rock. Je me suis dit qu'on pouvait jouer quelque chose d'intense et efficace tout en utilisant son cerveau pour élever l'urgence Punk dont est issu ce style, et vers quelque chose de plus évoluer musicalement.

Je pense que j'ai conservé cette idée lorsque j'aborde un style comme la Surf Music, qui pour moi fait partie de cette grande famille qu'est la scène Indé, que ce soit dans le domaine de la composition, ou de sa restitution en concert.

En ce qui concerne la Surf Music, c'est vers mes 18 ans que j'ai découvert ça. C'était encore grâce à mon frère. À cette époque il animait une émission de radio locale, et un jour il est rentré à la maison avec un disque de Man Or Astroman? que lui avait prêté le gars qui programmait les concerts au Jimmy pour faire la promo d'un de leur nombreux passage sur Bordeaux.

Il m'a fallu trois ans pour trouver ne serait-ce qu’un batteur pour pouvoir jouer de la Surf, et c'était Stef avec qui on a fondé le duo guitare/ batterie Stef & Arno, faute d'avoir pu trouver un bassiste pour jouer ce genre de musique. C'était en 1998 et ça a duré quatre ans. J'ai enchainé direct avec Antena Tres en 2002, dont le but était de jouer une sorte de musique de film d'Espionnage. Du coup la Surf rencontrait la Bossa Nova, des climats Jazz inquiétants et des rythmiques plus Funky parfois. Ça a pris fin en 2008 et on a enchainé direct avec Seb, le batteur d'Antena Tres, sur les Clockwork Wizards.

La formation de ce groupe était due au fait de pouvoir  jouer Live les morceaux d'un album solo que j'avais sorti quelques années auparavant. Mais j'ai vite commencé à composer de nouveaux morceaux pour que le groupe puisse avoir son propre répertoire, avec une identité et un son bien défini.

En 2012 j'ai rejoint The Irradiates, formation Surf basée à Besançon avec des anciens membres d'Hawaii Samurai, groupe avec qui on avait eu l'occasion de jouer du temps de Stef & Arno.

Parallèlement à tout ceci, j'ai joué plus ponctuellement à la guitare ou à la basse pour la scène ou du studio avec des groupes aussi variés que Pudgy (Pop), Tormenta (Math Metal), TGM (Punk Rock), Le Havre (Electro Rock), ou plus récement Demon Vendetta (Surf Crossover).


réglage sonique au max


Dans la création, es-tu un chercheur, un aventurier, un explorateur, un passionné, un défricheur, un peu tout cela, tout à la fois ? 

Le moteur est avant tout la passion de la musique et je cherche donc à me faire plaisir grâce à la création. Mais mon principe de base est de mettre en pratique l'adage de Lavoisier " Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme". Je cherche donc à me faire plaisir sans avoir d'interdits, ni de limites, tout en gardant un œil sur certains fondamentaux qui caractérisent la Surf Music.

Depuis que j'écoute de la musique, je me suis toujours intéressé aux groupes qu'on pourrait qualifier de "Outsiders" dans leurs styles respectifs, comme par exemple Voivod dans le Metal, Sun Ra dans le Jazz, Chrome dans le Punk ou Captain Beefheart dans le Rock. Du coup c’est ce genre de démarche que j'ai envie de suivre quand j'aborde la composition. Il est question ici de trouver un équilibre entre avoir quelque chose de musical, et une vision de la musique qui sort des sentiers battus. J'adhère complètement à cet état d'esprit.


Est-ce que dans ton ou tes dispositif(s) créatif(s) il y a un processus particulier qui te permet d'accéder à une autre dimension ?

Le processus créatif doit  combiner ton imagination, ton savoir-faire musical et ta culture. Tu peux être un très bon instrumentiste et ne pas être foutu de composer un morceau. En tout cas, cela demande beaucoup de concentration et d'énergie mentale, mais quand tu commences à y voir plus clair, c'est une grande satisfaction.

Je ne fais rien de particulier, je veux dire par là que je ne prends pas de drogues ou quoi que ce soit du genre, je n'essaye pas de créer une ambiance particulière, ça peut se passer la journée ou la nuit...Le plus important c'est d'avoir ma guitare entre les mains et dès que me vient une idée, à ce moment-là les choses peuvent aller très vite car une idée en appelle une autre si tu te sers des trois éléments que j'ai évoqués au début.

Il m'est également arrivé d'avoir des idées sans mon instrument en allant courir dans la forêt par exemple. Le plus important à mon avis est de ne pas être distrait ou dérangé par qui, ou quoi que ce soit dans les moments où tu essayes d'établir une sorte de communication entre tes émotions et ton imagination. La musique constituant le langage propre à cette communication.




Faire de la surf music et créer un tube sonique est-ce un impératif ?

Ça fait partie de l'ADN de la Surf Music effectivement. La mélodie étant un des éléments prédominants dans ce style, c'est un terrain propice. Encore faut-il trouver le bon équilibre entre l'énergie de la rythmique, un joli thème qui suscite des émotions chez l'auditeur, et une bonne dynamique pour donner du relief au morceau. Tout cela reste assez complexe à mettre en œuvre.

Même si tu croises les effluves des genres, tu gardes par confession à l'orthodoxie sonore de la Surf la même réverbération musicale à travers une gamme d'effets sonores bien particulière. On peut innover sans toutefois dénaturer. C'est à dire qu'avant on surfait avec des bouts de bois et que maintenant on peut le faire avec des nouvelles matières mais c'est toujours du surf ?   Oui c'est ça , quand tu abordes un style musical il est primordial de connaitre dans son ensemble ses origines, son histoire mais aussi ce qu'il se fait dans le genre de nos jours, d'être ouvert d'esprit et ne pas avoir de limites pour disposer d’une démarche nouvelle, sincère et fidèle à ce que tu es comme individu. Je n'ai pas envie de voir la Surf évoluer comme le Blues qui, à de rares exceptions, n'arrive pas à aller dans le bon sens car les gens qui pratiquent ce style sont trop respectueux de ses codes, de ses gimmicks et donc trop frileux pour lui donner un second souffle. Comme si c'était une œuvre d'art dans un musée à laquelle on ne doit surtout pas toucher.

Chaque style a besoin de se régénérer pour continuer à exister et avoir un peu d'impact sur les plus jeunes générations qui commencent à se passionner pour la musique. Cela peut faire grincer des dents certains mais les sarcasmes s'oublient et la musique reste.


fluidité de la musique nautique


Le surf regroupe une multitude de disciplines, si tu devais trouver une équivalence musicale, par exemple le longboard ce serait quel style/groupe ?

Même question avec le Bodyboard, le Kneeboard, le Skimboard, le Bodysurf, le Paddleboard, leSurfing canoë, le Surf tracté (Tow-In), le Stand Up Paddle, le Surf Tandem ?

Le Longboard c'est du Surf assez tranquille, je verrais bien quelque chose comme The Huntington Cads, assez mélancolique et doux.

Le Bodyboard, c'est bien marqué années 90 comme truc et assez remuant, ça irait bien avec The Galaxy Trio.

Le Kneeboard ? Il n'y a pas grand-chose de "rebelle"  là-dedans, je vois ça plutôt comme un truc de nouveaux riches qui souhaitent se donner des sensations. Il faut quand même rappeler que les sports de glisse dont tu parles, font partie d'une "contreculture" animée par un "esprit de rébellion", ce qui est également valable pour la Surf Music. Je pense que ça irait très bien à une vague de groupes issus de la scène Garage récente qui, à un moment donné, s'est mise à se proclamer et à s’affilier au rock Psyché ainsi qu’à la Surf, alors qu'ils étaient pour la plupart complètement hors sujet par rapport à ces deux styles. Ils étaient plus intéressés par l'imagerie et les clichetons qu’évoquent ces deux courants musicaux, que par le fait de les jouer avec l'esprit qui les caractérise vraiment. Pour résumer : c'est de la merde pour les bobos et les hipsters.

Le Skimboard c'est de la glisse sans trop se mouiller, donc on peut faire un parallèle avec un son de guitare Surf avec pratiquement pas de Reverb comme a pu le faire The Ventures sur certains disques.

Pour le Bodysurf, c'est plutôt brutal et sans artifice, ça irait bien à un groupe comme The Trashmen avec leur côté Garage.

Pour moi le Paddleboard et le Stand Up Paddle c'est exactement la même chose et ça peut aussi bien se pratiquer sur un lac ou à l'Océan. Donc ça pourrait le faire avec un groupe comme Los Straitjackets qui peut plaire aux papys, et se montrer plus rugueux pour les jeunes rockers.

Le Surfing Canoë est inspiré des pirogues polynésiennes, donc ça irait bien avec des groupes qui ajoutent des touches d'Exotica à leur Surf Music comme The Tiki Tones ou The Blue Hawaiians.

Le Surf tracté c'est le truc ultime pour les casse-cous. Daikaiju ferait très bien l'affaire dans ce cas-là.

Pour finir le Surf Tandem c'est le sport que tu as envie de pratiquer avec ta moitié, je vois un truc de lover. Pour le coup ça m'évoque une reprise Surf instrumentale de " Summer kisses Winter tears " d'Elvis qui pourrait être très à propos. Je ne me souviens plus si ça a déjà était fait mais ça irait de pair.


Est-ce que tu considères le film « Point Break » comme une vaste blague ? Que dois-je penser alors de ton impression sur « Brice de Nice » ?

J'aime bien ce film (on parle bien du premier avec Keanu Reeves et Patrick Swayze et pas le remake qui a l'air dégueulasse).

Oui bien entendu.

Il est intéressant dans la mesure où le personnage qu'incarne Patrick Swayze est inspiré d'un Surfer légendaire du nom de Micky Dora, surnommé Da Cat. Donc, il y a une part d'authenticité par rapport à la culture Surf et certains de ses personnages sulfureux.

Quant à " Brice de Nice " je n'ai pas eu trop envie de le voir pour dire vrai. Mais les quelques extraits que j'en ai vu m'ont fait penser à des vacances que j'avais passé du côté de Lacanau avec des potes après le bac. Tous les clichés sur  les minets qui font du Surf pour frimer, et qui en même temps jouent aux " mystiques" étaient réunis (je me souviens d'un gars dans un bar qui m'avait serré la main  en me disant " vas-y mec, serres fort il faut que je sente ton fluide", ah la bonne blague !!!).

S’il faut ce mec avait grandement besoin d’un peu de mojo rock’n’roll pour exister ?

Démonstration avec Austiiiiiiiiiiiiiiiiiin


mojo ?


Le nouvel album se nomme « Retro Futurisme Volume I » est-ce-que cela signifie-t-il qu'il va y avoir un volume II ? Doit-on supputer qu'une trilogie soit possible ?

Oui il va y avoir un deuxième volume. Le premier disque traite du temps et de son impact sur nos vies, le prochain sera dédié à l'espace. J'ai commencé à rassembler quelques idées déjà et j'espère que courant 2019, ce nouveau disque sera composé et enregistré. Par contre, il est un peu tôt pour dire s’il y aura une trilogie.

C'est important d'avoir une vision à long terme quand tu fais de la musique, ça permet d'avoir des buts à atteindre et de rester dans une dynamique, mais je pense qu'après le "Rétro Futurisme volume II ", on repassera par un disque de Brutal Surf Music (dont j'ai le titre et le concept déjà en tête) avec notre famille de robots pour illustrer la pochette.


Qu'est-ce que tu peux raconter sur la genèse, la réalisation et la tournée de cet album ?

J'ai composé ce disque sur une période étalée de mai à début aout 2017 comme je le fais d'habitude en enregistrant des démos des morceaux où je joue tous les instruments, ce qui permet à Thierry et Maarten de les bosser chez eux.

On a ensuite répété les morceaux pendant 3/4 jours puis nous sommes allés les enregistrer dans la foulée au studio Amanita à Anglet dans le Pays Basque, avec Stephan Krieger début Septembre. L'enregistrement a duré une semaine avec des prises live basse, batterie, guitare des morceaux les trois premiers jours, puis après arrive le marathon pour moi où je double la guitare, enregistre les voix quand il y en a, les claviers ainsi que les percussions avec Maarten.

On a ensuite mixé le disque avec Stephan, qui a effectué tout le boulot technique en suivant nos indications par rapport aux arrangements propres à chaque morceau.

Nous avons réalisé une tournée de deux semaines en avril 2018 pour la sortie du disque, qui nous a amenée à jouer en France, Italie, Serbie, Hongrie, République Tchèque, Allemagne et Suisse. Dans l'ensemble ça c'est très bien passé. On a rencontré des gens formidables, vu du pays et les concerts étaient plutôt cools dans l'ensemble. On a juste eu deux plans loose : nôtre batteur n'avait pas de passeport donc on a dû annuler une date en Croatie car nous étions coincés à la frontière à 13 kms du club.

Le lendemain matin on a eu un passeport d'urgence au consulat belge en Slovénie en moins d'une demi-heure. Timing parfait pour pouvoir aller jouer en Serbie le soir même.

L'autre plan foireux ça a été à Budapest en Hongrie où la personne qui devait nous loger après le concert n'a pas réussi à taper le code pour rentrer dans son immeuble. On a dû dormir dans le camion et le moins qu’on puisse dire c'est qu’on a passé une nuit de merde, et qu'on l'avait mauvaise sur le coup.

Mais bon, après tu relativises et ne gardes que les choses positives.

Par la suite on a fait quelques dates en France sur des week-ends avant l’été, essentiellement dans l'Ouest. Nous avions d'autres week-ends prévues à la rentrée mais on a dû annuler car Maarten s'est fracturé l'épaule gauche en randonnée en Aout, du coup plus de batterie jusqu'à la fin de l'année.


La musicale instrumentale est omniprésente dans ta discographie, et il y a plusieurs raisons à cela, peux-tu indiquer lesquelles ?

Le pouvoir évocateur de la musique par rapport aux diverses émotions que l’on peut ressentir dans la vie est très fort, et peut facilement se passer de voix et de texte à mon sens. 

Dans le cadre d'un morceau chanté, il faut bien évidement écrire un texte et je dois dire que je me sens vraiment plus à l'aise avec des notes qu'avec des mots. Ecrire un texte c'est souvent pour moi une corvée, même si je n'ai pas non plus l'intention de laisser quelqu'un d'autre le faire à ma place.

Enfin, sur un plan simplement émotionnel, je sais exactement les sentiments qu’évoquent chez moi certaines mélodies que j'ai composées sans que l'auditeur ne sache quel en est le propos, alors qu'un texte donne un sens et une explication qui englobe la musique qui va avec. Il y a davantage de mystère avec la musique instrumentale, et ça laisse encore plus de liberté et d'autonomie à l'auditeur pour se l'approprier, et la relier aux émotions qu'il souhaite.

C'est clair, la surf music va jusqu’au bout.


une surf qui va jusqu'au bout


Sur cet album pourtant il y a une chanson qui bénéficie d'un chant et c'est l'unique, il s'agit de « For those who don't care about time » cover des Byrds apparaissant sur une b-side de leur second album « Turn, turn, turn » datant de 1965. Pourquoi choisir cette chanson en particulier ? The Byrds  est un groupe qui a une résonance particulière ? J'ai envie de te demander quelle relation entretiens-tu avec The Beach Boys alors ?

Bon là je dois dire que tu t'égares un peu. Ce n'est pas du tout une cover des Byrds (je ne connaissais pas ce morceau avant que tu m'en parles) et si tu écoutes les deux morceaux à la suite tu t'apercevras qu’ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Avec les Clockwork Wizards, nous n’avons pas enregistré de reprises depuis notre premier album. 

Et pour enfoncer le clou je dois avouer que je ne suis pas très familier avec la musique des Byrds à part des titres comme "Turn, turn, turn" justement.

Je me suis fourvoyé mec, tout faux. Parfois il faut oser aller chercher une information au-delà de la sphère conventionnelle. C’est vrai que c’est différent de l’originale, mais vois-tu, comme je te sais capable de tordre la musique dans ton essoreuse créatrice, rien ne me semble de l’ordre de l’impossible.

Par contre, j'adore The Beach Boys et surtout l'album "Pet Sounds" qui est un véritable chef d'œuvre tant les mélodies sont imparables et les arrangements incroyables. 

Aaaaaaaaaaaaaaah, ça j’en étais certain. Tiens je te rends ton clou. D’ailleurs comment passer à côté de la douceur inventive de Brain Wilson, de son orchestration minutieuse, et même carrément obsédante. Mes gosses adorent les Beach Boys, j’ai toujours au moins un CD dans la voiture pour écouter, c’est un groupe universel.  

Je me suis demandé aussi si le titre « Trompe la mort » faisait référence à l'album des Pixies « Trompe Le Monde » ? 

Non pas vraiment, mais les Pixies font partie de mes groupes préférés. Ils ont su faire des tubes avec beaucoup d'intelligence et d'originalité.

Okay, refiles-moi le clou alors. 

Cet album possède véritablement une aura mystique mais je ne saurai la définir, ni dire d'où elle provient exactement. Quel est ce secret, cette force ?

Pas mal de changements importants sont parvenus dans ma vie avant que je commence à composer ce disque, et ils m'ont permis de me sentir mieux, d'être plus poser et en phase avec moi-même. Du coup la musique sur ce disque respire plus, il y a moins ce côté "hyper actif" qui était plus présent sur pas mal de morceaux des albums précédents.

Le fait que le "fil conducteur" de ce disque soit le temps a eu de l'impact sur sa composition. Quand tu penses au temps qui passe, tu ne peux pas t'empêcher de te remémorer certains faits importants de ta vie, et les émotions qui y sont liées. Aussi j'ai pris en considération ces paramètres quand il a fallu composer ces morceaux en donnant plus d'importance, et d'espace à la section rythmique par rapport aux disques précédents par exemple.


On peut dire qu'à travers tes influences et ta musique tu fais partie intégrante de l'underground, j'entends par là la sphère punk rocker et l'ensemble des sous-cultures, et que dans cette mouvance le libre arbitre est un choix contre-culture mûrement réfléchie, ainsi il y a une éthique et des valeurs communes. Penses-tu qu'un jour il existera un groupe de surf music straight-edge (surf X core) ? Et qu'il y aurait une utilité artistique, politique et autre à son existence ?  

Ce monde de l'indé est vraiment bizarre : tu parles de libre arbitre et c'est effectivement le cas, mais à contrario c'est un microcosme qui reflète également notre société. Il y a aussi des gens carriéristes qui se servent de ce réseau pour faire des dates, et sortir des disques, alors que ce qu’ils font ne tient pas la route. Mais comme on est dans la scène Indé on va être plus "permissif" car il faut que tout le monde s'exprime...Je ne prétends pas, par-là, que la musique doit être jouée que par des virtuoses, car il y a plein d'artistes que j'adore, qui au lieu d'avoir une technique infaillible font preuve d'autres qualités qui leur permettent de jouer quelque chose de brillant, et dans ce cas là aussi, il y a du travail. Ce ne sont pas juste des branleurs avec des grandes gueules qui vont chercher à s'imposer par n'importe quel moyen.   Je n'oublie pas non plus que l'Indé est quand même fait en majeur partie par des gens passionnés et passionnants qui s'investissent à fond, juste pour l'amour de la musique. Seulement avec des années de pratique, j'ai une vision des choses un peu moins idyllique qu'au début. 

Pour en revenir à ta question, je n'aime pas trop qu'on range les groupes dans tels styles, tels catégories...Pour moi c'est du marketing qui sert à proposer aux acheteurs potentiels un produit plus facilement identifiable, qu'on soit dans l'indé ou pas. Je n'apprécie pas non plus le fait que les gens s'habillent en fonction du style de musique qu'ils écoutent, qu’ils aient tel mode de vie ou de pensé qui soit en corrélation avec un genre musical...L'être humain est plus complexe que cela, et il est très réducteur d’identifier une personne comme étant un simple Straight Edge, un Crust ou un Surfer...Si les individus veulent eux-mêmes se ranger dans une catégorie bien précise, ça les regarde. Mais pour ma part je ne le ferai jamais.

Donc en faisant ce constat, je ne verrai pas d'un très bon œil l'avènement d'un groupe Surf Straight Edge. Ça pourrait apporter de la violence et de la tension aux concerts, ce qui arrive très souvent quand tu vas voir des groupes de Hard Core et me fait vraiment chier.

Et même si le côté Vegan et le sans alcool fonctionne très bien avec la Surf culture à mon sens, c'est souvent accompagné d'un discours moralisateur et extrémiste qui ne me plait pas, même si moi-même je ne bois pas et suis végétarien.

 
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Je te considère comme un digne guru surfique, en tant qu’attribut de ce postulat quel est le premier conseil que tu donnerais à un débutant aquaplanchiste de la surf music ?

Pour un groupe qui démarre dans ce style, il est important de passer par l'étape des reprises de standards du genre. Mais par pitié, faites en sorte que cette étape soit brève. J'en ai plus que marre de devoir entendre les titres "Pipeline" ou "Misirlou" joués de manière scolaire pour la centième fois quand je vais voir un concert de Surf Music. Composez VOTRE musique !

Vous avez la possibilité et la liberté d'exprimer ce que vous êtes de par l'improvisation ou la composition, alors faites en usage au lieu de recracher la soupe des autres.  

Je te laisse le mot de la fin pour exprimer, revendiquer, annoncer, promulguer ce que tu veux, désires, dire...à travers tes activités présentes et futures...

Tout d'abord je tiens à te remercier pour ton intérêt.

C'est un peu l'instant "auto promo" donc je vais en profiter aussi pour dire qu'on va sortir un split 45 tours avec les Israéliens de The Orions pour le début de l'année prochaine sur Emergence Records / Crapoulet Records / Creepozoid Records et Calico Records. On va également repartir sur la route avec les Clockwork Wizards début 2019.

Ah et tant que j'y suis il y a également un split 45tours The Irradiates/Beware the Dangers of a Ghost Scorpion (Surf US) qui va sortir chez Les Productions de L'Impossible records pour début 2019.

Merci ARNO DE CEA.


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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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samedi, septembre 29 2018

Interview de JP de GET THE SHOT


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“La passion de la musique est en elle-même un aveu. Nous en savons plus long sur un inconnu qui s'y adonne que sur quelqu'un qui y est insensible et que nous approchons tous les jours.” Emil Michel Cioran.

Avant de commencer j'ai fait part au chanteur de Get The Shot, Jean-Philipe Lagacé que la phonétique de son nom était prédestinée pour qu'il incarne « l'homme révolté » d'Albert Camus, livre que je lui ai offert.

Hey les kids, cette interview réalisée à l'Xtremefest, est une mise au clair du HxC et sa tentation d'exister par un professeur de philosophie. La rhétorique est aussi véloce que du hardcore, c'est très intéressant car rare à entendre. Voilà pourquoi Get The Shot est positif et balance une énergie cathartique.




jeudi, septembre 27 2018

Interview MUTE

Rencontrer un groupe passionné est passionnant en soi, mais avoir la possibilité de découvrir à travers une interview que son dernier disque « Remember Death » est aussi puissant émotionnellement et artistiquement, qu'il le fut en terme de création, demeure un privilège dont on vous fait partager le témoignage avec le groupe MUTE.




dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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mardi, septembre 11 2018

ITW Black Mountain Bastards


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Black Mountain Bastards c'est la déflagration de Sick Of It All et de Municipal Waste au pied de la montagne noire Mazamétaine.

Cette ITW réalisée à l'Xtremefest permet de faire retentir l'humilité touchante d'un groupe underground, avec comme unique ambition la sentence « la meilleure manière de savoir c'est de la faire. »




jeudi, juin 7 2018

Le Manège enchanté de Pollux


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▲ Pollux/Xtremefest

Comme dans le cinéma où tout le monde remercie Claude Berri, en Occitanie, tous ceux intéressé.es par les musiques amplifiées remercie Pollux. Pas le clébard hein, les fadas albigeois avec au menu de cette ITW, High Voltage & Let's zguen !



La soirée avait lieu dans la belle salle de l'Athanor, où jadis les successives vagues de concert de punk sont venues éduquer dans le tumulte de leur ressac passionnel et respectif une kyrielle de personne. On a zguené ( tiens, mon ordi me conseille guenon à la place de zguené, c'est quoi cette singerie syntaxique mon ami ? ).

Bref, oOouaie on a zguené à tous les rythmes, par tous les temps que la multitude punk rockienne du soir abondait en déversant des litres et des litres d'énergie, de propulsion rageuse, de désinhibition festive, de mélancolie combative, et de toute cette sorte de pulsion et de sensation généreuse avec laquelle l'accoutumance fait corps à cœur. Les groupes ayant cet esprit similaire aux Beatles, enfants de la classe moyenne ayant connu les difficultés de leur condition sociale au point de fédérer vers le plus grand nombre l'attention nécessaire pour émouvoir avec simplicité et compassion, avec toutefois en plus il est vrai, la résolution de cracher à outrance sur toute sorte de sujet épineux, mais Ô combien réfutable pour recomposer le monde pendant le linceul d'une nuit d'interprétation audacieuse d'après concert. Mais si, mais si, tu sais, c'est le genre de soirée qui fixe une ligne Maginot au milieu du cortex cérébral. Ah ?! On me dit dans l'oreillette qu'il est possible que se soit davantage dû à l'alcool, je vous laisse juge, promis juré craché.

Transition subtile pour vous parler coutume punk, puisque vous savez forcément que l'on postillonne plus qu'on n'articule en concert. Il faut dire que le tumulte général oblige à interpréter chaque titre avec perte et fracas auditif. On crache ainsi sur le mépris de la hiérarchie et des divinités, afin d'éliminer la distance et même la distinction entre les musiciens et le public, un thème central de l'éthique du punk. Ceci dans une atmosphère de provocation réciproque qui génère parfois des réactions intenses. Si en 77 il était de coutume de cracher sur les artistes punk, désormais il y a plus de glaviot dans le public de vieux de la tournée des idoles d'âge Tendre que de crachat de jeunes dans un concert de punk, non mais vraiment quelle époque hein ? Sauf que le 11 mai 2018 à Albi dans le Tarn, sur scène nous avons eu droit a une débauche de voltige de mollards telle, que même un dromadaire avec une dysfonction des glandes salivaires n'obtient que trop rarement quand une touriste 2.0 fait un Xème selfie sur son dos à Ourzazate.

Serge Lama n'aurait pas fait mieux, promis, juré, craché !!


▲Justin(e) (punk rock / Treillieres)

De la méthode globale à la méthode inclusive Justin(e) est de toutes les campagnes et surtout celle de Treillières située dans la vallée du Gesvres, affluent de l'Erdre, à 14 km au nord de Nantes. Pour cette ITW il fallait être aussi compréhensible pour nos internautes agriculteurs de Lozère que succinct avec les questions. L'évidence pourtant c'est qu'on questionne Justin(e) en pesant ses mots, même si selon eux le langage ne traduit pas la pensée, il m'apparaissait essentiel de parvenir à traduire au mieux l'enveloppe globale du groupe. Et encore nous n'avons pas évoqué le Rhinocéros d'Eugène Ionesco, La Métamorphose de Franz Kafka Ibrahim, pas plus que le psychiatre et essayiste Frantz Fanon. Si tu ne piges rien, achète toi un dictionnaire, ou bien demande à maître Capello une explication de texte en appelant le "06 72 43 58 15".



On ne retiendra pas uniquement que cela parce que ce serait con, et que ces gars tendres sont punk, mais il arrive parfois que l'incongru d'une situation déborde et persiste jusqu'à vous coller au gâteau basque comme le sparadrap du professeur Tournesol dans Vol 714 pour Sydney. Olivier le guitariste de Justin(e) en a fait les frais, et aura passé une soirée inoubliable à coup sûr. On peut annoncer avec exactitude maintenant qu'il sait ce que cela signifie être roué de malchance.

Alors que les frères d'armes Charly Fiasco avait promis comme à l'accoutumé un set dont ils ont le génie de la mise en scène impromptue, et bien comme Gérard Depardiuuuuuu dans la Chèvre est convaincu que son compère Pierre Richard sera le poissard que choisira le garde pour le passer à tabac, ce soir là c'est le Gégé de Justin(e) qui s'est payé la tuile, enfin les tuiles plutôt, et même carrément le toit quoi, soyons honnête ! Nous le remercions très sincèrement pour ce superbe moment cocasse, d'ailleurs, on pouvait l'entendre crisser des dents, et pourtant le niveau sonore moyen à l'intérieur de l'établissement était conformément à 105 dB (A) et le niveau de crête à 12 cm.

Je pense très sincèrement que j'apprécie le set des punkers françaouis pour ce genre de fiasco suprême (Charly je le rappelle). Nous nous souviendrons aussi de ce concert pour la prestation fougueuse que le quatuor a imposée, peut-être pour essayer un peu d'inverser la fatalité (accident n°7), avec une prestance mêlant énergie, passion et exaltation qui déborde de partout, peuplée par une insurrection géniale. Chez Justin(e) si la fougue de leur propos demeure anarchiquement libertaire, ça joue carré avec la rigueur du pas militaire. Mais cela reste un joyeux bordel avec au final les copains qui montent sur scène pour faire la chenille, et il y avait le feu partout, c'était la fête des fous ; Laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï...

Forcément on est absolument partisan de cette impertinence nous éloignant de cette "bonne grosse vie de merde", alors merci et bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao, Quest'è il fiore del partigiano, Morto per la libertà !


▲Charly Fiasco (Punk Rock et Savoir Vivre / Castelginest)

La caricature de ce groupe c'est d'essayer de faire au mieux et d'arriver souvent au pire ne tient pas une seconde quand on pratique en concert la décontraction Charly Fiasco. Le savoir vivre de ces punkers est légendaire, d'ailleurs leur discographie en atteste le propos avec brio. Alors si vous souhaitez un petit excès de folie ordinaire plongez dans cette discussion, vous aurez des réponses réjouissantes à la vie au pluriel, au bruit du silence, à la diagonale du vide, et vous apprendrez avec regret aussi que Black Pigeon n'a plus de plume.



Un concert de Charly Fiasco est tout le temps différent, parce que ce groupe est extraordinairement dans la réalité de la folie ordinaire. Romain Boule ne porte plus de bandana mais la moustache, ce n'est jamais le même bassiste, il se passe toujours un inattendu à ce cet exutoire pour névrosé, il y a autant d'agitation burlesque que d'énergie positive, et ce qu'il y a de certain, c'est que le bonheur communicatif que le groupe libère est réciproque avec cette profondeur d'ajuster avec sagesse une désinvolture tout en exprimant une contestation franche. Outre Charly Fiasco j'en ai profité pour évoquer le groupe Lame Shot dans lequel plusieurs protagonistes de Charly jouent, mais nous n'avons pas évoqué les refrains de pop punk qui ont la coutume d'être uniquement à base de voyelle, notamment le O, mais jamais, Ô grand jamais le Y, pas plus que le U.

Avec le recul je pense que j'aurais dû leur demander si lors d'une composition prochaine ils leur sembleraient raisonnable de conjurer le sort avec uniquement des consommes ?


▲The Decline (Punk Folk Rock / Rennes)

La classe prolétaire colle dans leurs compositions comme la bière un lendemain de fête. The Decline joue du punk/pub rock avec des cicatrices indélébiles et met tout son cœur à l'ouvrage pour que tu reprennes en chœur la chaleur humaine de leur musique. C'est avec ces embruns fraternels que cette ITW dévoile un groupe parlant le langage de la rue et qui largue les amarres.



Un concert c'est un instant de vérité pour communier à travers l’émergence émotionnelle spontanée, on peut bien en parler après, seul le moment vécu demeure indélébile dans le feu passionnel de notre émoi. The Decline a souqué ferme à travers la houle du pit afin de lever ses hymnes prolétaires dans les yeux brillants d'un public chavirant.

On va regretter ce groupe, vraiment.


▲The HypocondriaX (Ségala Hardcore / Cagnac les mines)

On ne rencontre pas le noyau dur du Ségala avec désinvolture, parce que derrière ces gaziers plus de 20 ans de punk dégorge du corrosif. Leur premier E.P est suffisamment explicite pour être une nouvelle véritable explosion sonique dans laquelle le quatuor prend un plaisir à manier le punk HxC. Est ce que ces vétérans devenus enfin adultes écoutent du jazz qui craque  ? Gim le hurleur a t'il un lien de parenté avec Maître Gims ? HypocondriaX est ce que c'est contagieux ?



Leur esprit HxC représente leur influence street & punk rock, à savoir, une exigence brute pour une coolitude scénique. Le groupe envoie ces titres sans filtre, il n'y a pas un chargé de com pour leur dire comment se placer et quoi dire, les 4 coupiiiiiiiiiins transpirent sur scène la même sueur, et leur set injecte une franchise indéniable, forcément c'est l'essence du HxC.

HypocondriaX n'est pas un malade imaginaire, ce serait davantage le docteur qui va te frictionner de ta léthargie.


▲Ben & Fist (Socialement en deçà / Festivement au dessus)

Le WBZ a déjà dialogué avec Ben & Fist il y a peu, toutefois ce trio facétieux qui avance avec indifférence et joie, mérite amplement un deuxième aparté pour une itw deprestivement parfaite pour remuer les zygomatiques !



On était en train de réaliser une itw avec des membres de Pollux quand on a entendu Ben & Fist qui commençait à jouer, et Junk et moi on s'est regardés en une seconde pour lire dans les yeux de l'autre que nous n'aurions pas la possibilité de filmer comme on le souhaitait le set de ces excellents garnements. Mais pendant que je rentrais le matériel dans la pièce, je ne savais pas que Junk était en train de filmer, ce mec devrait avoir une statue au musée Grévin.

Je n'ai vu que la fin, j'espère que vous vous êtes bien éclaté veinard.es !


▲Rooliano & Shak (Acoustic & Love / Kraken Paradise)

Le cocon que partage un chanteur de folk est une indiscrétion émotive, souvent développée par des thèmes liées à des blessures profondes et des bonheurs éphémères toujours mémorables. La communion de deux folkeux permet de doubler la mise, et pour deux garnements qui jouent dans Charly Fiasco, Bias, Dirty Fonzy, c'est aussi la délicatesse d'épouser la chaleur de la folk avec un esprit de punk rocker afin de rapprocher l'intime avec le partage. Rooliano & Shak en expliquent la démarche avec une belle complicité.



Le duo a joué entre les sets sur scène, juste à côté du bar sur une petite scène, au milieu des soiffards, du malt et de la biguine acoustique. Rooliano & Shak ont l'habitude de ce zouk, et ils adoptent leur set en fonction du lieu et de l'atmosphère. Quand ils jouent dans un salon avec une ambiance plus cosy l'interprétation n'est pas la même par exemple.

Donc là dans la mêlée albigeoise c'était plus gras que d'hab et foutrement plus punk rock, pile dans le mood du soir, heyyyy cool !!!



Le bilan pour l'aventure vidéo du WBZ est positif, j'ai eu du mal à me relire en ITW en m'apercevant après la dernière que je n'avais pas mis mes lunettes de vue, tellement prit dans la conversation et l'envie de pouvoir faire ressortir pour chaque groupe la caractéristique singulière de chacun. On s'est foutu quand même la rate au court-bouillon avec 7 ITW dans la même soirée, donc impossible de filmer la totalité de tous les concerts, on le regrette mais ne n'avons pas le don d'ubiquité. Junk a assuré à bête et vous pouvez le féliciter dès que vous le verrez.

Suivez la chaîne WallaBirZine, il y a tous les concerts de cette soirée, et en plus on vous promet de faire mieux, voire pire la prochaine fois !


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jeudi, avril 3 2014

XTREMEFEST ITW 2014


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Il y a un an l'Extremefest apparaissait dans la vigueur ingénue de son enthousiasme naissant avec le sursis d'un horizon incertain. Or la première édition fut un succès d'effusion punk HxC thrashy pendant un week-end caniculaire, et la deuxième semble poindre vers un résultat analogue tant la programmation érectile y est préalablement excitante.



Néanmoins est ce un sursis de plus ? L'intronisation d'un festival qui va ne cesse de grandir ? Mais au fait c'est quoi l'extremefest et jusqu'où veut-il aller ?

C'est David le président du XTREMEFEST qui s'y colle...


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Quels sont les conclusions, bilans, séquelles, coup de cœur, coup de sang de la première édition ?

David : Un super bilan pour cette 1ere édition, nous avons fait complet sur les 2 soirées. Le budget est équilibré, c'est presque un miracle pour une première édition et avec un soutien très limité des collectivités. Le bilan humain et d'organisation est très positif aussi. Les bénévoles ont grave assuré ! Coup de cœur : Comeback kid et Municipal Waste, c'était 2 super show et des gars adorables à accueillir.

Quelles sont les améliorations à apporter ? Les choses à conserver ? Les nouvelles en devenir ?

David : Les points qui ont moins bien fonctionné (restauration, camping éloigné, sortie définitive...) ont été soulevé et nous ferons en sorte que tout cela soit amélioré en 2014. Il faut garder l'énergie, la passion. La programmation est l'élément clef de réussite d'un tel évènement.

La première édition du Xtremefest s'est déroulée sur le site de Cap Découverte, cette seconde s’établit au parc des expositions à Albi, pourquoi ?

David : Nous étions dans l'obligation d'agrandir la jauge du festival pour continuer à fonctionner. Le site de cap découverte ne proposait aucun solution viable au niveau financier pour faire évoluer le festival comme nous le souhaitions. Le parc des expo à Albi est beaucoup moins couteux et beaucoup plus fonctionnel pour l'organisation et pour le public qui trouvera sur place tout ce dont il a besoin : camping à 400metres du fest, restauration diverse et variée, distributeur de billet, hôtel, gare à 1km, supermarché à 500 mètres,  autoroute à 300 mètres...


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Le site de Cap Découverte possède une salle spécialement adaptée pour les concerts, et son rendu sonore est majestueusement superbe pour un mélomane averti ( le gros plus de la première édition selon moi ). Est ce que nous aurons la même équivalence acoustique ?

David : Nous ferons en sorte que la qualité du son sur la scène intérieure et la scène extérieure soit la meilleure possible. Notre prestataire son et les techniciens qui travaillent dessus sont très compétents et nous leur faisons 100% confiance. La salle est celle du zénith, elle a subi pas mal d’aménagement ces dernières années et notamment un traitement acoustique.

Oui c'est indispensable me semble t'il !!



Le site de Cap Découverte possède aussi des infrastructures privilégiant la détente, le loisir, le sport. Y aura t'il quelque chose pendant la journée pour divertir les festivaliers qui ont connu les infrastructures de l'an dernier ?

David : La journée les concerts sur site vont démarré à 14h00, donc le public aura de quoi faire dès le début de l'après midi. Cette année pas de lac ni de skate park, mais si cette nouvelle édition fonctionne bien nous travaillerons sur de nouvelles activités pour 2015.

Quels sont vos arguments essentiels qui justifient l'achat d'un billet pour le Xtremefest ?

David : Aimer la programmation et aimer écouter, partager en live ces styles de musiques. Au delà de la programmation, l'ambiance du festival sera très conviviale, et puis ce genre de festival dans le sud , c'est unique !


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Êtes vous toujours en collaboration avec le Resurrection fest ?

David : Oui nous travaillons ensemble sur la programmation et pour 2015 nous préparons un programme d'échange de groupes locaux....

Pouvez vous démontrer en décrivant chaque groupe pourquoi votre programmation est juste gigantesque ?

David : Impossible, nous n'avons pas la prétention d'avoir une prog gigantesque. Le Hellfest en a une.

Quelles sont vos attentes pour cette seconde édition ?

David : Que tout ce déroule bien, que les concerts soient de qualité,  que les artistes et le public apprécient notre organisation et bien sûr que le budget soit équilibré.

Et si cette deuxième fonctionne plein fer, la troisième sera t'elle encore plus grande, sur un autre site ? Avec encore plus de scènes, encore plus de groupes ?

David : Nous resterons sur ce site quoi qu'il arrive, donc pas de gros changements si ce n'est peut être une scène de plus et des activités nouvelles.... on peut, il faut rêver ! merci à toi et à bientôt...


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Non, non, c'est le 1,2,3 Août 2014 à ALBI et il va faire + 1000° !!!


mardi, avril 23 2013

XTREMFEST ITW

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La création d'un festival pour personne alternative à l'intérieur de mon département est une très bonne chose en soi, j'en félicite la fondation par une ITW qui je l'espère saura vous convaincre d'y participer activement les 3 et 4 août 2013 sur le site de Cap Découverte ( Le Garric 81450)

David le chanteur/guitariste des Dirty Fonzy, aussi guitariste dans l'Opium Du Peuple et président de ce fest, répond à mes questions.


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Quel est le fait (ou la prise de conscience) qui a concrétisé la conception de ce festival ?

David : Pollux asso mène depuis plusieurs années une saison musiques actuelles diversifiée, Les membres fondateurs viennent tous du punk, du métal.......C'est en toute logique que cet événement soit créé par Pollux asso. Cela fait même très longtemps que le projet est dans nos têtes.

Quelles furent les premières réactions quand vous avez décidé ouvertement de le créer ?

David : La grande majorité des gens ( mise à part les 3 ou 4 fous qui ont monté le projet) ne pensait pas que cela soit réalisable.

Il semblerait que se soit l'association Pollux qui organise les festivités, est ce que cela signifie la mort prématuré du Zguen Fest, ou plutôt sa métamorphose ?

David : Le zguen fest est mis en parenthèse en 2013, pour des raisons essentiellement budgétaire. L'édition 2012 s'est soldée par une perte sèche de 15 000 euros pour l'asso. Il faut revoir la viabilité et la mise en œuvre de ce projet. Nous préparons pour fin août 2 jours de concerts gratuit dans Albi centre, Peut être déjà le retour ou la suite du zguen fest est en train de s'écrire.


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Je vous le dis tout de go, mais je m'attendais de par le nom de votre festival, à un truc recentré à mort sur le skate, voire au pire des cas à un sponsoring agressif de grande marque de sportwear pour le financer en partie.

Puis après l'annonce de votre programmation quasi complète, je ne fus pas étonné non plus de retrouver un délire de coalition punk-rock / "sport-loisir " alternatif, avec des démonstrations et contest de bmx/SK8 pour permettre des activités proche de la scène des concerts gratos. C'est quelque chose de primordial pour vous d'apporter une tribune à des pratiques alternatives ?

David : Associer les pratiques proches culturellement de notre délire est important que cela soit su sk8, du bmx, du VTT, du beer pong....car nous même nous pratiquons ses disciplines, on envisageait même un spot FMX mais ça sera pour plus tard. On peut aussi réfléchir sur la présence de tatoueur, et autres activités de la culture underground.

Comme de bifurquer vers des trucs politisés, associatifs, toujours alternatifs avec des sujets divers et variés comme l'écologie, végé, discipline tattoo, piscine à bulle et je ne sais quoi d'autres...?

David : On va pas trop bifurquer alors que la 1ere édition n'est pas réalisée, On verra si on est en vie le 05 août.

Pour une première c'est tout de même 23 groupes répartis sur trois scènes, vous avez vu grand dès le départ nan ?

David : On a juste essayé de monter le projet qui nous faisait le plus kiffer. Le même festival sans les têtes d'affiches , ce n'est pas pareil non ? Et le même festival avec que des têtes d'affiches ça nous aurait fait chier !


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Le théâtre des opérations se passait à Albi auparavant (Zguen Fest), votre mutation vers le site de Blaye correspond t'il à une demande des pouvoirs public ou du gestionnaire du parc pour exploiter le site et ses infrastructures ? Est ce dû à une opportunité financière ? ou même pourquoi pas à une nostalgie (les différents festivals d'antan) de perpétuer l'odyssée du rock alterno carmausin/albigeois, et du bassin minier ?

David : Pollux asso programme depuis quelques temps des concerts sur Cap Découverte, nous y avons même démarrer notre programmation en 2006 pour un concert de soutien à Condkoi. Pas de nostalgie dans notre démarche mais juste le choix d'un site idéal pour accueillir les groupes et le public. C'est bien mieux qu'à Pratgraussals et plus confort qu'à la MJC !

Chez Pollux on ne monte pas un projet pour une opportunité financière, c'est le meilleur moyen de se planter. On a des exemples par chez nous !

Plusieurs festivals ont eu lieu sur ce site et se sont soldés par des revers successifs de fréquentation. Comment faire disparaître globalement cette trace dans votre optimisme, et comment comptez-vous y remédier pour pérenniser votre festival ?

David : On fait confiance à notre savoir faire en programmation et à notre exigence en montage de projet.

Les derniers concerts organisés par Pollux asso sur ce site n'ont pas souffert de la fréquentation, au contraire. Le fond du projet et la proposition artistique occupent la place principale dans notre réflexion, c'est sans doute ce que certains ont oubliés depuis longtemps.

Les pouvoirs public ont apparemment légitimé votre démarche puisqu'ils apparaissent sur les sponsors, mais est ce par une confiance financière ? (Je suppose par ailleurs que la méfiance est de rigueur et réciproque avec les différents échecs des différents festivals et associations qui sont passées au crible.)

David : Notre démarche est globale. Les collectivités nous soutiennent pour le travail que nous effectuons à l'année, désormais plus d'une quinzaine d’événements sur tout le territoire du nord du Tarn, sur des esthétiques diverses ( electro, reggae, pop, rock, métal....).

Tu imagines bien que les élus on ne leur parle pas de Napalm Death ou de Propagandhi. Notre soutien institutionnel vient du long et lourd travail que nous effectuons depuis plus de 12 ans maintenant.

Nous n'avons pas de papa ou oncle au conseil général, à la mairie ou autres collectivitées. Je te parle même pas des partis politiques de tous bords qui nous courent après à l'année parce qu'on leur recouvre leur affiches ! Quelle rigolade.


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Parlons maintenant de la programmation.

Qui l'a préparé ? Pourquoi ces choix ?

David : Le comité de prog est constitué de 5 personnes issus de Pollux asso, sky valley shop et muzik addiceted, la prog devait faire globalement le tour de pas mal de style qui sont proches ( punk, métal hard core..). On y est arrivé, ensuite le choix des groupes est complètement subjectif.

Pollux organise des concerts depuis un bon bout de temps, puis les différentes formations musicales d'Albi et du coin ont permis de lier des liens avec d'autres structures et groupes. J'imagine que c'est le genre de travail perpétuel qui paye pour ce genre de réalisation au final, et aboutir à une programmation de copinage. Combien y a t'il de groupe amis sur votre prog ?

David : Nous tenons justement à ne pas faire du copinage avec les groupes, leur tourneur ne font pas de copinage avec nous ! Nous sommes une structure associative mais professionnelle. Nous tenons à garder des relations pro avec les artistes et leur agent. Si on est pote tant mieux mais ce n'est pas la base de notre travail.





Un concert n'est pas un festival et inversement, puisque, plus il y a de groupes et moins le set dure longtemps. Combien de temps vont durer les sets chez vous ?

David : Entre 45 min et 01h00 en moyenne, 01h00-01h30 pour les têtes d'affiches qui le demande, mais tu imagines bien que Comeback Kid ça joue pas 01h30, ça serait en contradiction avec l'esprit de leur zike.


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J'ai été bluffé d'entrée par l'annonce de Suicidal Tendencies car c'est déjà un gros poisson et synonyme d'un putain de concert tonitruant. Les gars ont roulé leur bosse, pris quelques kilos en trop mais ils envoient le rouleau compresseur et dévale le sk8-Park avec la même intensité qu'à leur début à Venice. A la deuxième annonce, j'ai trouvé que la façon de joindre Punk, HxC et Métal poursuit la ligne directrice des débuts du Furyfest/Hellfest. Est ce dans votre optique de mélanger des scènes et des styles à des fins d'élargir votre audience ou est ce un choix tout simplement de fans ?

David : Les 2 mon colonel !! On veut qu'il y ait une certaine unité des publics, et cela passe par un mélange de tous ces styles. Ensuite on est tous fan de métal, punk, hardcore, postrock.... donc pas de problème dans l'équipe de prog pour travailler tout ça.

Est ce que le Hellfest vous sert de référent ? (Je rappelle à cet effet que le précepte du Hellfest c'est : Un festival fait pas des fans pour des fans) :

David : Oui c'est un bel exemple. C'est d'ailleurs l'équipe du Hellfest qui nous a mis en relation avec le resurrection fest en Espagne pour que l'on puisse travailler sur certains groupes en commun.

Un des représentants du crew du Hellfest me disait dans une ITW du WallaBirZine, qu'il y avait de la place dans l'hexagone pour ce genre de festival alternatif, hétéroclite avec des choix musicaux ambitieux et généreux.

Ma question va sembler un peu précipité vu que vous débutez, mais bon, on peut ambitionner le futur avec espérance aussi, et de toute façon s'est bien la formule adéquate pour avancer dans la vie. Donc, avez-vous le secret espoir, voire l'ambition, si l'opportunité et le succès s'y engagent bien entendu, de produire un festival colossal et de passer sur l'autre partie du site créer exprès sous la nomination de "Espace grand festival" ?

David : Pas pour le moment. Je suis directeur du festival et dans le projet que j'ai écrit il y a une place réservée au confort du festivalier. Mon avis perso est que regarder et écouter un concert au milieu de 20 000 personnes dans un chant à 300 mètres de la scène, ce n'est pas super confortable.

Je travaille donc sur une formule plus petite mais peut être plus confort. Un développement du festival est envisageable mais pas sur une jauge de 10 000 personnes. Si on monte à 2500-3000 ça sera déjà pas mal !


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Est ce que dans cet avenir ambitieux, avez vous peur de franchir l'étape crucial que le Xtreme fest se doit de modifier sa programmation pour offrir une palette plus « mainstream » et moins «alternative », en changeant son fusil d'épaule pour rentabiliser et offrir des garanties pérennes à la confiance des pouvoirs publics, et des sponsors (comme c'est fort souvent le cas de figure) ?

David : A quand Micka à l'Xtreme fest ? C'est justement le genre de chose qui ne peut pas arriver quand le projet est bien préparé et les objectifs bien posés. Les collectivités, que l'on fasse Bad Religion ou Bénabar, ils s'en foutent. L'important c'est ce que l'on défend et la manière dont on le défend.

Vous devez avoir des objectifs de fréquentation pour rentabiliser le festival, ils sont de quel ordre ?

David : 1500 pers par soir ! Pas plus pas moins.

Qu'attendez-vous de votre public ? Comment le voyez vous ? D'où viendra t'il ?

David : C'est la 1ere édition donc on ne sait pas trop. On envisage un public régional, rock'n'roll, sympa, passionné, pas relou, et qui tient bien la bière.


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Un festival n'est pas qu'une question de programmation musicale.

David : C'est ce que certains oublis trop vite !!!!

Est ce que vous avez prévue des stands de merchandising pour groupes, labels, marchands ambulants ? Des trucs pour les fanzines peut-être ?

David : Oui bien sûr c'est en préparation.

Quels sont vos limites de « liberté d’expression » au sein du Xtrem fest ? ( quels styles de personnes / d'attitudes / de discours / style musicaux / ne sont pas conviés, et est ce que ce sujet vous semble t'il important d'avoir pour régler une bonne fois pour toute votre intégrité ? )

David : La liberté d'expression c'est le fait qu'il n'y ait pas de limite à s'exprimer, donc je ne vois pas quels problèmes il peut y avoir, Des manifestants anti mariage pour tous ? Ils seront reçu comme il se doit !!!

Les discours homophobe, machistes, racistes, religieux, sont bien entendus des discours et attitudes qui ne seront pas bienvenue au festival. Notre service d'ordre est là pour ça !

Avez vous fait le partie pris d'être plus qu'un simple festival, mais d'émettre et d'avoir une identité propre ? Représentative de vos idéaux ? D'un style de vie punk rock par exemple ?

David : L’activité de l'asso à l'année est la réponse la plus appropriée à ta question, le festival n'est pas notre unique centre d’intérêt.

Style de vie punk rock, ça veut dire quoi ? Pour moi ça veut dire être libre de faire ce qu'il me plaît et je m'y colle tous les jours.

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Merci pour le temps que vous m'avez accordé. ciao : )

David : Ciao et merci à toi !

Pour plus de renseignement sur ce festival : XTREMEFEST


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