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Tag - Rock bourrut

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jeudi, avril 9 2020

LAKS – Laks


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Rabot de lumière sombre à la sciure noisy rock, le trio Laks sort son premier E.P éponyme.

C’est dans une plongée de climats versatiles et pourtant équivalent à chaque action percussive que le groupe propulse ses représentations nerveuses dans le rock noisy et indie. Épicentre combustible d’un trouble musical permanent, l’apport d’une commotion de tous les instants est prégnant dans cette idylle que Laks parvient à joindre en soudant les intensités fiévreuses de ses émulations sensibles.

C’est bel et bien dans ce saisissement instantanée que la fracture des éclipses émotives se suggèrent à eux-mêmes, avec de fines mélodies cachées dans la trachée noisy, et dans l'intensité de son ébranlement électrique.

La production met en ombre et lumière tous les contrastes, et le son souligne la force centrifugeuse du trio de manière efficace.

Laks submerge par attirance et déboussole à la fois, son sens de l’orientation est poussé à l’est de la noise, du côté de Metz. Le groupe ne cherche pas des Idles et autres sororités actuelles, il trouve un angle singulier propre à créer ses débordements encéphaliques à la joie corporelle de sa musique atonale.


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jeudi, mars 12 2020

Le marbre mélancolique et le rabot géant


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Je ne sais pas pour vous ? Mais il se passe toujours un évènement important dans ma vie pendant la période de pleine Lune.

Quel qu’en soit le guide, la destinée ne repose jamais sur des acquis, suppositions, désirs, comme les hommes le font par devoir ou superstition, elle acte un passage intuitif que tu le veuilles ou non. Ce n'est donc pas un hasard si je me retrouve à 21h00 au bar le Jean Jaurès à Castres dans une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Depuis peu ma vie a pris un tournant, je suis obligé de l'évoquer car ma perception en est obligatoirement corrompue, ou animée, et ce qui fait sens dans la matière de votre Vie, c'est votre sincérité émotionnelle de l'instant.

J'arrive avec une dose mélancolique, même si j'ai passé le repas en famille chez junk cacahouète & jus d’orange, j’ai au fond de mon antre une façon étrangère de faire émerger mon comportement face à la vie, au point de la concevoir entre parenthèse parfois. J’ai le froid sur moi, j’apparais donc froid, mais je suis un être doux, alors il se dégage cet analogue contraste puissant que tous les groupes ont divulgué avec la nécessité de le transmettre sans se dévoyer, ni d’en altérer le sens aigu. C’est à partir de cette éthique de sincérité absolue que l’on est à même de donner, de créer et de s’accomplir. Quand tu façonnes une musique extrême tout cela renvoie à de multiples sens, selon la sensibilité et l’expérience de la vie de chacun à un moment donné.

Ton évolution suit ta propre musique vibratoire, celle que tu écoutes en ce moment même, et inversement.


vision sonique

Le bar le Jean-Jaurès, j'apprécie ce troquet, vraiment. On s’y sent chez soi immédiatement, sa simplicité fait corps avec son esprit familial, sa vertu intrinsèque d’apporter, autant que de joindre à l’échange social et culturel sa pleine dimension émancipatrice. Puis c'est toujours bon de retrouver les forçats de La Lune derrière les granges, toujours là pour les autres, une abnégation de chaque instant. J'avais juste 2 euros dans les poches à filer dans le béret de la quête, j'étais mal, et à la fois je sais que je donnerais davantage la prochaine fois.

Aussi rassurant c’est de revoir à peu de choses près des visages dans ces soirées concerts, c'est d’autant plus réconfortant quand tu sens chez toi un malaise. Je n’avais pas trop envie de parler, juste d’être imprégné par le goût cendreux d’une interaction musicale. Ce soir il y avait trois groupes dans un registre assez casse-gueule. Ce n’est ni trop violent, mais assez rugueux pour étriller les oreilles qui ne sont pas éduquées au rabot sonique. Je trouve courageux de proposer ce genre musical, ce n’est pas rien d'ouvrir les consciences afin d'émerveiller à l’aspérité.

On m'a toujours dit de faire simple quand j'écris sinon personne ne suit, n’essuie les plâtres. Je ne force personne à me lire, si tu le fais c’est que tu dois le savoir (haussement d’épaules). C'est pareil avec cette musique. Il y a des choses au fond de toi qui se trament, et c’est ta destinée qui les fait Vivre, t’en apporte le sens.

Au début face à l’inconnu, il est évident que la majorité hésite.

L’hésitation est un jugement de peur devant la nature de choses moins connue, alambiquée, parce que l’on n’a pas les codes pour les déchiffrer, leur donner du sens. C'est idiot de dire ça, déjà parce que vous vous fixez une limite, puis vous réduisez votre champ des possibles, et surtout, avant de donner du sens, il faudrait faire sens (sentiment, sensation, sans limite, faire corps à sang pour sang).

Je te rappelle à cet effet la maxime patriotique : « impossible n’est pas Français », c’est orgueilleux hein ? ça l’est, n’en tiens pas compte donc, ce n’est pas là qu’il te faut aller. Inutile de chercher, cela viendra à toi parce que tu y es prêt. La compréhension apparait comme un révélateur.

Parfois tu portes en toi une profondeur émotionnelle si explosive que chaque respiration contamine en toi une fatigue généralisée. Si tu rajoutes à cela le fait que la veille tu as eu un sommeil très furtif, et pour faire simple, on va dire que ce soir-là j'étais épuisé. J'avais le marbre mélancolique de celui qui saigne à travers l'impact que le monde lui apporte, quand on sait lui faire découvrir la beauté et qu'on évince son élan.


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Je fais confiance à l’univers, de ce fait quand AALBORG c'est pointé sur scène j'avais autant besoin de tempête purgatoire pour m’éloigner, que d'une épaisseur de réconfort.

Le groupe est tout nouveau, concomitant à soi des membres d’Untitled With Drums. Le quatuor symbiose un noise post-rock atmosphérique. Parfois certains débuts de chanson m'ont fait penser à Alcest, les mélodies déconstruites me rappellent le style de l'album "Remué " de Dominique A, et surtout les thématiques du guitariste Olivier Mellano.

Pour le moment il n'y a pas de possibilité d'entendre leur musique, mais un premier album est annoncé pour Automne 2020. Je ne sais pas le nom de la chanson, mais celle que le groupe a interprété en 3ème était sublime. Tout faisait corps entre chaque musicien, et la lente procession musicale prenait tout son sens, tant en profondeur qu'en rayonnement subtil. Je pense même que c'est cette intensité reçue qui a rejailli chez moi le lendemain de manière solaire, elle m’a fait penser à un instant d’harmonie totale de ma vie...Aalborg ou Ålborg (prononcé /ɔlbɔr) est aussi une ville du Danemark. Elle est le chef-lieu de la commune homonyme de la région du Jutland du Nord. Incroyable non ? Enfin merde, c’est jolie une commune qui porte le nom d’homonyme. Pour les Clermontois, l’unique procédé homonyme avec leur contraste musical est cette forme aboutie de créer adoucissement post-rock et affermissement létal noisy. Il y a de l’hypnose aussi dans leur interprétation. Je n’ai pas plus de réponse à vous apporter quant au mystère musical d’Aalborg, et je pense même qu’il en soit ainsi. Divulguer les tours de magie c’est perdre le bénéfice du charme.


magie

Le second groupe c’était UNTITLED WITH DRUMS.

Il y a peu j’ai chroniqué leur disque "Hollow", et de ce fait j’étais pour ainsi dire en contact, d’ailleurs ma présence repose avant tout sur leur présence. Tout est une question de présence de toute façon…J’ai discuté avec le claviériste sur le canapé à proximité de la scène, nous étions à l’aise comme dans une série TV pour trentenaire. J’apprends ainsi que le choix avéré d’enregistrer en Suisse avec Serge Moratel (Years Of No Light, Knut, Merzbow) était une évidence, mais que les difficultés de contrainte d'organisation auraient pu diriger le groupe vers Amaury Sauvé (Birds In Row, Totorro, Vesperine, et l’excellent premier album de Quentin Sauvé « Whatever It Takes Deluxe »), et à cet instant très précis je me demande à cet effet la tournure dont aurait pu rendre leur album « Hollow ». J’ai cela en tête quand le groupe débute son set, ce qui n’interfère en rien, puisque le groupe ‘’vient à peine de sortir son album, et qu’il est toujours de Clermont-Ferrand’’ ce sera le gimmick du bassiste chanteur entre les morceaux.

De manière souple et fielleuse les guitares apportent leur saveur de buvard vaporeux avec lequel regorge une rythmique lapidatrice de sommation. Dans ce cataclysme sonique où pourvoie un post-hardcore décousu et intense, le contraste explose le plafond de verre de la véracité conformiste. Les progressions ne sont jamais latentes, la torpeur est adroite, elle guide les atmosphères à apporter la profondeur nécessaire, notamment avec les lignes cristallines d’une des guitares, et les embruns du clavier. La soupape de décompression intervient quand la rage vient à point nommée suspendre l’ensemble, pendant l’estampe musicale qui regorge en son sein d'une propension post-Hardcore libératoire de frustration émotionnelle. Une manière noble de limer la musique sans se limiter de la polir de ses urgences illimitées. Si le rendu scénique est contrit pour y évoluer par un espace restreint, ne reste pas moins que chaque membre est habité. D’ailleurs ceci est un constat valable pour l’ensemble des groupes. Ce qui souligne à merveille cette soirée : Habité.e par quelque chose qui nous dépasse tous.tes.

Quand le set prend fin, untlited With Drums est un peu moins de Clermont-ferrand puisqu’il a été adoubé par Castres dans un fiévreux souvenir.


colorisation sonique

Dernier knock-out du soir avec le combo LAKS, signifiant ‘’Truite’’ en Norvégien.

Décidément ce soir la Scandinavie était à l’honneur, il faisait même un froid de gueux, je le sais je suis rentré à bicyclette.

Suite à l’arrêt du groupe Lindberg, deux de ses membres éviscèrent à l’aide d’un rabot noise les fêlures boisées que Metz, Hot Snakes et Fugazi ont sculpté jadis. Le trio est composé de deux guitares et d’un batteur. Le son est aiguisé à la rugosité. Les titres de l’ensemble dégorgent un côté punk très incisif, rêche et mordant. Un des guitaristes portent un t-shirt d’At The Drive In, ce n’est pas anodin en soi, puisque la bataille fait rage pendant le set. Il y a une légion d’escalades de riffs qui décochent les uppercuts, le batteur dynamise d’une frappe ultra puissante, l’acrimonie est générale, et pourtant pendant cet afflux de nervosité, il y a du catchy en filigrane et il explose par paquet.

J’ai la tête prise dans l’étau de cette compression musicale, dans tout ce trop-plein, de tous ces élans d’aspérité, de callosité riffique, de saillie vocale, d’émotions, tout s’imbrique et ce mouvement me comble, m’impose sa saturation d’hyperbole de sensations. Tout se bouscule, tout bascule dans les méandres capricieux de l’existence tout à la fois aussi, remue-méninge agile, remue-ménage fragile.


électrisation rebondissante

Il n’y aura pas de symbolique ce soir, c’était comme un baptême du feu avec comme flamme rugissante trois groupes esthètes de leur propre matière sonore, prêt à surprendre l’apothéose sonique dans le fiel contondant d’une présence habitée.

Étions nous si proches les uns des autres pour entendre le rugissant que cela à provoquer en chacun ? Je le pense encore.

Ma fatigue avait atteint sa limite, j’étais éteint et animé d’atteindre ce que les méditatifs nomment d’illumination spectrale. Parce que si vous ne l’aviez pas encore compris, le spectre sonore du soir n’avait comme unique limite, sa propre ferveur ignifugée, et une intégrité incorruptible de jouer sa subtilité, terrassante, et étrangement aussi belle que difforme.

Merci à toute l’équipe du Jean-Jaurès, sans contexte le bar le plus coOol de Castres, l’asso La Lune Derrière Les Granges, Laks, Untlited With Drums, Aalborg, les personnes présentes, et pas présentes non plus, parce que l’on pense toujours à nos fantômes naissants dans l’absolu de nos existences…


Citation
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lundi, mars 2 2020

UNTITLED WITH DRUMS - Hollow


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Quintette de Clermont-Ferrand élaboré en 2014, avec un style de gros rock, susnommé de grunge dans les 90's, puis de post-Grunge, metal-rock alternatif, aujourd'hui il est convenu de dire que c'est du gros rock emplit par la même fréquence de vérité que dans les 90's, avec davantage de profondeur et de corps musicaux.

« Hollow » est une progression latente de mélancolie 90's, d'explosion post-rockienne, de saturation émotionnelle, entre amplitude et atmosphère, contraste et profondeur, le groupe joue sur plusieurs pallier d'intention. Il émane dans chacune de leur composition une orfèvrerie de graduation sonore, déjà parce que Untitled With Drums est un groupe à la recherche permanente de ses désirs musicaux subtils, et qu'il en trouve la pleine disposition dans ses compositions, et qu'en plus ce disque a été enregistré à Genève par Serge Morattel (Knut, Ventura, Year of No Light, Impure Wilhelmina…).

Rêche, brut, moderne, l'album souligne la voie de Cult Of Luna, Failure, Slint, froisse la colorisation sonique du basalte noir mélancolique avec le contraste du bleu profond océanique du rock indie, le vert intense des pâturages post-rock cohabite avec les éclats multicolores des massifs floraux rock noisy.

Untitled With Drums est cet îlot musical intemporel, émergeant des açores du rock indie et dans cette zone tempérée qui confère un climat doux par des variations de progression musicale, oscillant dans la beauté profonde et obscure, sale et mélodieuse.

« Hollow » sortira le 6 mars 2020, chez Seeing Red Records (USA), Araki Records (FR), Brigante Records (IT) et Atypeek Music (distribution digitale), et Untitled With Drums sera en concert à Castres au café Jean Jaurès organisé par La Lune Derrière Les Granges le 7 mars 2020.


dimanche, février 23 2020

L7 – Scatter The Rats


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Ah les chipies ! Vous les aviez cru enterrées sous des croûtes de pue des laisser pour compte. TOUT FAUX.

Retour en grâce ? J'en sais foutre rien mais cela fait un bien fou d'entendre autre chose que des midinettes à franche psalmodier des âneries, et faire passer la femme pour une douceur sucrée au miel rose bonbon. Avec leur look de vieille goudou au cuir élimé, les Californiennes ont contaminé un paquet de gazier à leur musak sauvage avec une conscience féministe sur la vie à l'appui.


L7 est un groupe de femelle qui donne au punk une fessée heAvy. Dans la vague grunge des 90's le groupe a eu sa renommée, puis pshiiiiiit l'industrie de la musique est passée à autre-chose + la révolution numérique + l'omniprésence du rap + la zique électronique + le retour du rock à papa bien coiffé, L7 s'est retrouvée sans label, sans manager, seule, esseulée, elle poussera le mythe avec un superbe opus « Slap-Happy », mais mal distribué le disque se vend très peu, friction dans le groupe après toutes ces années à se donner à fond, le frigo est vide, remise en question, le sort en est jeté = traversée du désert de Gobi.

Reformation pour des concerts en 2014 avec l'intérêt suscité par le documentaire « Pretend We’re Dead » sur le groupe, le temps rehausse alors sur celles et ceux qui ont vécu le groupe et celles et ceux qui veulent voir la légende en vrai roussir les amplifications. L7 c'est des burnes sur scène, toujours aussi foutraques et bancales, mais franchement rien à foutre, que c'est bon d'entendre crépiter cette salve grungy, cette furie outrancière.

On en arrive à ce 7 ème album, « Scatter The Rats », lequel donne aux fans ce ton désabusé, une hargne véloce et un sens leste de la mélodie et du son. CoOol, je ne dirais pas que les cheveux repoussent pour autant mais que la nuque se balance allègrement dans la sauvagerie riot grrl.

Groupe majeur des 90's, L7 est la plus belle bande de salope sur terre. Ce nouvel album en délibère la beauté heavy punk. Les riffs sont puissants et l'ensemble est lourd, gorgé par la portée de son aura 90's et de sa résistance à joindre une musique salement bestiale.

L7 possède un feeling monstrueux, cathartique, le groupe est revenu avec sa superbe énergie, et le râle de jouissance qu'une chatte ronronne avec les griffes dehors.


L7 non mais allo quoi !


mardi, février 11 2020

REFUSED – War Music


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La guitare du hobo Woodie Guthrie était dès les 60's une arme tuant les fascistes, ce disque de Refused ne tuera point, cependant il interpellera en dénonçant un vieux système vicié par essence, et par sa positivité poussera peut-être vers un changement dans la personne qui en accueillera l'évidence.

« Le capitalisme et le patriarcat sont un cancer » Refused


Pour les Suédois l'art est une violence nécessaire pour insuffler votre propre révolution face au monde capitaliste. Ce n'est pas un discours radical mais une pensée sage que Refused peut se permettre tant depuis les 90's et avec 3 albums cultes “This Just Might Be... the Truth”, “Songs to Fan the Flames of Discontent” et “The Shape of Punk to Come”, il a su retenir une urgence musicale punk tout en contraste rock, avec une oraison subtile, intelligible.

Le groupe est revenu après une séparation en 1998 avec leur opus “Freedom” en 2015 aboutissant à cette maturité de composition et d'analyse, qui aujourd'hui avec « War Music » touche le cœur de la discographie du groupe, et élargi son panel stylistique pour toucher le plus grand nombre.

Refused a toujours eu cette capacité explosive en concert, capable de soulever la foule tel un tribun, comme de remuer les consciences par la beauté révolutionnaire de son aura sonique. Cet album a été conçu dans cet esprit du live, dans cet afflux nerveux que le sang répond aux pulsations du cœur.

Le groove est omniprésent, les riffs sont acérés autour d'une résurgence rageuse, il y a une forte générosité de ton et de saveur, avec des salves de contractions et d'évolutions permanente, pour in fine, une surtension d'énergie positive, libérant par contraste une tension puissante et des contrastes de douceur.

Refused résiste au temps, au cynisme, mieux, il se bonifie et ne perd aucunement sa hargne, en plus de gagner en efficacité, fluidité, « War Music » était la meilleure conflagration positive de 2019, comme un souffle géant d'air sonique pur.


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