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Tag - Rock bourrut

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jeudi, juillet 18 2019

JOHN GARCIA - John Garcia & The Band Of Gold


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John Garcia n'est pas le fils du Sergent Garcia. C'est une voix hors pair pour sculpter le stoner. Le garçon a joué dans KYUSS, VISTA CHINO, UNIDA, HERMANO, SLO BURN. Voilà, normalement pour les adeptes vous savez très bien de quoi il en retourne.

Pour les autres, John Garcia fait partie de la légende du désert rock de Palm Desert, mais bizarrement n'a pas pris la hype de ses anciens acolytes de Kyuss. Il bénéficie d'une intégrité de mise de ce fait puisqu'il peut être considéré comme un second couteau, pourtant c'est un putain de schlass qui n'en finit plus de tailler dans le vif du stoner rock. Armé de musiciens du crew de John, cet opus en balafre la constance même si il est moins grassouillet et plus rock stoner que stoner raw. Comme c’est lui le boss, il chante beaucoup, disons que musicalement c'est moins charnu et cela s'en ressent.

C'est coOol d'entendre toujours John, mais il manque le venin musical fuzzien/psyché-stonien. Il y en a, pas de soucis, mais de moindre apport. Ce disque est aussi un tour d'horizon de toute sa carrière avec plusieurs atmosphères et sensibilité, ce qui en soi est vraiment fun pour entendre l'étendu musicale du bonhomme (un putain de groOove le Dude). Juste avant ce disque il avait fourni un album acoustique en demi-teinte, là il rebranche sur secteur et c'est vraiment mieux, avec une pointe de déception tout de même, puisqu'il y a redondance.

Mais si l'on se recentre sur les galères du gars, le cynisme d'anciens collègues (notamment du rouquin), la saveur du chant, l'aplomb de sa carrière, alors oui, ce disque est coOol puisqu'il est le seul à faire ce qu'il fait avec les moyens du bord et toujours avec une certaine classe.



dimanche, juin 23 2019

FOGGY BOTTOM – Une Histoire à L'envers


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Tout paraît asphyxiant et paralysant parfois, au point de rêver vers un ailleurs au goût de liberté pendant tout ce temps de furie tempétueuse, comme une compensation à un passage de frustration. Puis le vent se calme, et l'on retourne à son ancienne vie sans que l'on discerne un éclat de lassitude, comme par sagesse, comme par lâcheté, et en fait on ne le saura jamais vraiment.

En 1997, Foggy Bottom vient éclore de sa chrysalide existentielle avec le mur du son des Thugs à celui de My Bloody Valentine, l’âpreté élastique du punk power pop d'Hüsker Dü à celui de Sugar. Il y a la douceur enfantine de la twee pop mélangée à celle cotonneuse du shoegazing pour un chant en douceur, un genre de délicatesse nacrée, un opiacé superbe et incandescent pour une pop faussement ingénue, transmission à celle d'Elie & Jacno, Étienne Daho, au groupe Aline. Le trio se compose d'ex-DAVY JONES LOCKER (grunge noise), ex-PORE (metal indus), ex-BEESWAX (heavy noise), ex-CRASHROBOTS (sonic noise) avec Sophie V – basse , Christophe V – batterie, David V - guitare / chant.

Discographie :

• Columbia 300 (Démo 4 titres, 1998)

• Foggy Bottom / Paneeni (Split 45tours, 1998)

• Six Song About This Famous Andrew (CD 6 titres, Autoproduit, 2001)

• Parler à Une Fille Comme Toi (Démo 5 titres, 2003)

• Foggy Bottom (CD autoproduit, 2004)

• Sur le Fil (CD Autoproduit, 2017)

• Caravelle (CD Single, Autoproduit, 2018)

• Une Histoire à L’Envers (CD 7 Titres, Twenty Something, 2019)

Dégingandée par cette powerpop revigorante, par ce mur du son de guitare saturé, de ces mélodies ciselées pour la gourmandise en apesanteur, on se laisse percer à jour par ce contraste spleenétique à fleur de peau noisy, car parfois il y a du calme même dans toute tempête intérieure. Le groupe fait émerger le reflux de la brume shoegaze lascive, une dose de liberté de ton alternative 90’s, et dans cette veine nostalgique et émotive qu’une époque a consignée (Swervedriver, Truly).

Le band en libelle la saveur lointaine sans regret, parce que la jeunesse c'est de tout désirer avec légèreté, vieillir c'est vivre de la vie des jeunes gens et d'épouser leurs passions. On sent bien la teneur mélancolique des embruns et cette joliesse émotive pleine d’énergie et de candeur, même si le trio n’a plus la même désinvolture, il reste tout ce spleen et cette insouciance à braver la turpitude pour aller à l’essentiel, au nécessaire, à l’indispensable.

Faire fi du surplus, des méandres, circonvolutions et autres détours. Le groupe s’immole dans un entrelacement jointif pour pleinement conserver le suc, la pleine âme de ses envies soniques.

Tout se lie à cette osmose essentielle de faire apparaître et réapparaître à la fois les spectres passés et ceux que l’on entend dans la même plasticité de contraste, de ton, de couleurs contemporaines.

On trahit toujours quelque chose quand on a le courage d'aller vers son destin, « srevne'l à eriotsiH enu » n'en est pas une.




mardi, juin 18 2019

CATALOGUE - High Grey Effective


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Le deuxième opus du trio Catalogue fait passer un examen de la prostate avec des faux-ongles, et même jusqu'à aller éperonner la substantielle moelle épinière de la no wave.

Cette musique à l'univers blanc, très rock, sortie conjointement sur le label indépendant marseillais Crapoulet Records et Hell Vice I Vicious Records, pose une structuration de déséquilibre avec sa propre identité. Les amateurs.trices. de sculpture au burin et au rabot sonique connaissent l’envergure musicale de ce trio, tout comme son sens du riffing en dissonance.

Le groupe dégauchit à la serpe la frénésie rythmique d'une boîte à rythmes oldschool sur des guitares incisives et d’une basse efflanquée. Le chant appose comme la musique une tension permanente, avec ces atours d’angle droit noisy et d’un rock abrasif. Tout se lacère dans un nuancier tendu de gris brut de décoffrage.

C’est un nihilisme de purgatoire, il tient vers ces maux de l'esprit où il n'y a plus de règle préétablie. Sorte de Michel Houellebecq prenant du 220 V post-punk avec la morgue et la nonchalance punk pour toute vacuité en guise d’étendard. Tout cela dans un maintien de bande son d'un livre de Virginie Despentes, toutes griffes rentrées à celle du trio de riot Grrl Le Tigre, mais avec la beauté voilée de Lydia Lunch, et la hargne du trio Sloy pour cette déstructuration dadaïste.

C’est avec la même élasticité que Wire, de The Fall et son côté rêche, la face dansante et robotique electro-punk de Prvada, et toujours dans l'urgence du punk, que se génèrent les climats bilieux et suffocant de froideur Bauhausienne. Mais il y a des espaces pour reprendre son souffle avec un quadruple pontage mélodique avec des ersatz pop du « Dirty » des Sonic Youth. Le son transpire la musique amplifiée bruitiste de Band Of Susan avec une enveloppe d’hypnose robotique pour syncope lancinante.

Le matériau se peaufine au papier verre pour une découpe ambitieuse, n'empêche que derrière le stuc il y a le Styx qui se révèle, haletant de vision avec son relief rompu à la percussion auditive, à la beauté de la fracturation, et dans cette une énergie à laquelle la vibration incantatoire devrait convenir à la novöVision du critique post-punk Yves Adrien et de sa devise : « Être dissident de tout, y compris, et surtout, de soi-même. »

Cet opus peut rendre timbré.e, le ménager & la ménagère en attente du catalogue des 3 Suisses et qui reçoivent ce "High Grey Effective" en guise de sex-toy raboteux.


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vendredi, juin 14 2019

THE REBEL ASSHOLES - (Headed for) dysphoria


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Finalement, Jean Rem le chanteur/guitariste est de retour au bercail. Fin de l'aparté.

Si ces gaziers de Besançon sont sortis du skate park depuis qu'ils se sont branchés sur le courant alternatif, c'est que la progression de leur punk rock est en constante évolution. Désormais avec davantage de sagesse, cette sonique expression d'indie punker accole à leur musicalité une souplesse d'intensité vraiment plus élaborée.

Les titres gagnent en maturité, en sensation, l'empreinte n'est plus la même, l'accroche se fait catchy avec l'amplitude d'une épaisseur d'expérience notable. Le son de leur musique a lui aussi pris une autre dimension. Disons le clairement et sans flagornerie, The Rebel Assholes n'est plus exactement le même, il y a une efficacité indéniable, une attraction nouvelle dans cet EP 5 titres, qui tient une maîtrise d'énergie punker, d'effervescence mélancolique, d'intégrité passionnelle à offrir la quintessence explosive et immersive de ce que le cœur tangue à exprimer comme sensation ultime. Saupoudrez du Hot Water Music et du Anti Flag dans un excipient où baigne Burning Heads, Red Gloves et Cab Drivers Stories et vous obtiendrez « (Headed for) dysphoria », qui a été enregistré en janvier 2019 par Yann Morel & Sebastien Descamps au Cube Studio, sur le label Indie Or Die Music (la structure du bassiste) avec le soutien inconditionnel de l’asso Mighty Worm. Le titre « A New World In Our Hearts » bénéficie de la présence au chant de Dani Llamas.

The Rebel Assholes libère une forme de punk implosif et de spleen indie pour un Véritable coup d'éclair sönique !


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mercredi, juin 12 2019

DEFEATER – Defeater


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Album éponyme pour un groupe en abyme.

Defeater est un groupe de post-hardcore mélodique qui tourne sa discographie autour d'album conceptuel concernant l'histoire fictive d'une famille américaine contusionnée, de l'après deuxième guerre mondiale avec l'angle de vue à chaque album d'un protagoniste.

Ce cinquième opus est un poison bestial qui remue le couteau dans la plaie béante d'une histoire que certain.nes trouvent déjà trop longue. Pourquoi alors tourner autour de la même histoire sans cesse ? Si ce n'est pour dénouer les fils tendus, inexpugnables des maux irréversibles et évoquer l’empreinte indélébile.



On en ressent l'effet cathartique à travers les errances oppressantes que la tourmente impose. Le chant est taillé dans les barbelés, la plainte est déchirante, les râles impétueux. Les riffs à la densité assassine allongent les soubresauts de cet hardcore mélodique avec la fluidité de la complexité musicale, en lien avec la teneur émotive de l'histoire.

Une énergie cinétique se propage dans ce disque à hauteur d'homme, et agit comme un catalyseur dans les remous insatiables du post-hardcore, ce qui vous fera dépasser la douleur de ne voir et espérer en ce groupe qu'un synonyme entre Unsane, Touché Amoré et Converge.


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