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Tag - post-hardcore

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mercredi, novembre 24 2021

THÅRN – Collisions


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THÅRN est un groupe de post-metal/sludge/Doom/post-hardcore, nouveau prétendant de la florissante scène britannique. Formé juste avant la pandémie, le duo basé à Londres aurait pu facilement arrêter là, mais a persévéré pour écrire et enregistrer leur premier album percutant COLLISIONS.

Leur musique est assaillie de texture sludge metal, post-hardcore enflammé et d'atmosphères noircies. THÅRN est un buvard de nuance cérébrale, instantanée, émotive.

Le duo Luke Booth (We Never Learned To Live, ex-Human Future) et Jérôme Barré (Finis Omnivm, Screensaver) réussit à suspendre dans son obscurité les tourments en quatre titres apocalyptiques. Comme la marée au clair de lune s'immole dans un vacarme, nous allons avec cette « Collisions » au bout de nous comme dans une île déserte.

Le producteur Joe Clayton (Pijn, Leeched) a capturé l'angoisse explosive de THÅRN dans ses détails sonores, sur un disque dynamique qui vous frappe avec une performance physique, lourde et volatile. Enregistré au No Studio à Manchester et masterisé par Will Killingsworth (des légendes américaines du screamo Orchid).

Il y a dans ce disque l’étendue du ciel au-delà de la brume menant aux voies insondables vers le recueillement. Il y a l'existence de nos mues qui nous martèle notre temps de poussière parsemés d’étoiles filantes à travers le crépuscule. Il y a cette danse lente parcourant l'incertitude des chants invisibles, courroucées des lointains ensauvagés.

Leur premier long format est déjà très attendu et atterrira juste à temps pour foutre en l'air votre liste d'album de l'année 2021, car THÅRN peut être aussi brutal qu'écrasant, aussi endurant dans ses atmosphères et textures sonores afin de créer un opus à la densité importante.


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Mon souhait en 2022 c'est de voir en concert Thårn dans le département du Tarn.


lundi, novembre 22 2021

SEEYOUSPACECOWBOY - The Romance Of Affliction


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Les fans de The Fall Of Troy, The Dillinger Escape Plan, Every Time I Die comprendront la démarche du groupe de San Diego SeeYouSpaceCowboy, car toute la gamme post-hardcore, metalcore et mathcore est employée.

Leur deuxième long format est une expérience vertigineuse. Des titres alambiqués avec un riffing sur une dynamique mathcore trépidante, et une descente en rappel stylistique du Emo des 00’s. Même avec des refrains sucrés pop emo dans ce milieu de carnage soniquev, c’est l’intensité de collision entre brutalité technique et mélodie asymétrique qui ressort.

Les paroles de cet album plongent profondément dans les réactions autodestructrices aux tourments existentiels. C'est la sonorité de l'effondrement total, de l'obscurité qui semble se refermer (par la drogue, par la mort, etc…), avec la tentative d’échapper à l'adversité ( et aux horreurs de l'existence) tout en essayant de trouver la beauté dans ce combat et l'espoir de triompher. La sauvagerie de la performance vocale de la chanteuse Connie Sgarbossa saigne la catharsis directement dans vos oreilles. Il y a cette manière de ne pas romancer la dépression d'un toxicomane, c’est irascible et encore davantage avec un surdosage de fureur post-hardcore où le drame prend tout son sens. Cette façon autobiographique de se mettre en scène ce n’est pas de l’immaturité, c’est de la fidélité à soi, et de soi à celui qui écoutera ce disque. Sans son sens de l’automutilation sonique, l’écriture traumatique du groupe ne pourrait exister, c’est leur opus le plus sombre, en tout cas le plus mélodramatique.

Des rythmes décalés, des riffs erratiques, des breakdowns multiples sur coup de fouet tonal, c’est l’accroche de SeeYouSpaceCowboy. Ce fouillis de jazzcore sporadique est violent et vicieux, c'est aussi un mélange complexe et convaincant de genres, même si le groupe s’est autoproclamé "Sasscore", il développe ses éléments les plus sombres pour tisser son ADN. Cette honnêteté brutale et sans faille n'est pas seulement transmise par les paroles intensément personnelles de Connie, mais par les chansons intensément viscérales qui donnent vie à ces émotions brutes, de breakdowns metalcore avec des cris sur des guitares désaccordées. L’opus profite amplement aussi de l’invitation de Keith Buckley de Every Time I Die et Aaron Gillespie d'Underøath, et de la production du guitariste de Knocked Loose Isaac Hale.

L’album est une manifestation physique du bras de fer existentiel entre la poussée et la traction entre l'existence et la non-existence, le tourment de la perte, la précipitation et l'euphorie, la dévastation autodestructrice de la dépendance et sa lutte pour se sauver d’elle.

L'urgence désespérée et suppurante de chaque chanson met en évidence l’imprévisible chaotique à travers l'obscurité et la douleur. Le disque regorge du tourment de l’amour, de la dépendance, d'obsession et de rédemption, il est un mélange parfait de musicalité chaotique et conflictuelle.


vendredi, novembre 19 2021

À TERRE – Notre Ciel Noir


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Ce quintette se nomme « à terre », dès l'entame du premier titre, c'est « Tous aux abris!  » que l'on se dit. Diantre, il y avait longtemps que je n'avais ressenti une telle érection sonique survoler l'ensemble de tout ce que je peux écouter. Et pour tout vous avouer, j'ingurgite pas mal, tous styles confondus.

C'est Yan du fanzine le Cafzic » qui m'a filé le tuyau, le groupe est des Landes, oui comme Gojira. Si les volcans ont crevé en Auvergne, c'est dans la densité forestière des Landes qu'il se passe un trouble fondamental avec l'assisse terrestre. Un ancrage dans les tréfonds pour asseoir une telle vigueur tellurique. Ce groupe en exprime tout le potentiel dans son premier E.P, judicieusement intitulé « Notre Ciel Noir », sa lourdeur jointe celle des Bordelais de Year Of No Light, sa torpeur jouxte celle des Belges d'Amenra, et le fiel se superpose à celui des Américains de Converge. Quand tu affiches les stigmates d'un tel trio, tu ressens un magma fiévreux, explosif, chargé d'une lave d'obscurité à la capacité de se répandre en un venin expiatoire.

Ce disque vient planter ses crocs dans la plaie de nos doutes, peurs, hésitations, échecs, désert existentiel, abandon, comme si les cinq blessures de l'âme étaient résumé en 3 titres distincts, instinctifs, capable de nous faire expirer tout le fiel de l'intimité.

On se laisse suspendre à l’orée de cette forêt dense où les plantes referment derrière vous leur ombre courroucée, on avance pas à pas dans la noirceur de l'âme avec ce post-hardcore qui se fond en nous comme dans une nuit qui étire son feu à travers des cris, et à l'unisson de notre propre abandon.


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lundi, novembre 15 2021

CALLING ALL CAPTAINS - Slowly Getting Better


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Le quintette Américain de pop-punk/post-hardcore Calling All Captains, dispose pour son premier album, "Slowly Getting Better" via les labels Rude Records/EVR de 11 titres convenables.

C’est du punk gentil, popisé par un style vocal semi-agressif typé pinky, où du post-hardcore charmeur. Il n’y a pas de redondances, Calling All Captains a une dynamique fluide où chaque membre est un atout pour le groupe. Luc Gauthier (chant) et Connor Dawkins (guitare/chant) sont les principaux auteurs-compositeurs. Brad Bremner (guitare/chœurs) se concentre sur les éléments techniques. Tim Wilson (batterie) se centralise sur le rythme et Nick Malychuk (basse) imagine comment les chansons seront interprétées en live et quels aspects techniques attireront les foules. Selon Luc, cette collaboration " permet à leur chanson d'être fictionnelle et personnalisée pour chaque membre du groupe".

Les thèmes abordés permettent à l'auditeur d’un âge similaire cette reconnaissance existentielle dans l’autre.  

"Tailspin", le premier single sorti de l’album, est un morceau énergique et émotionnel qui met parfaitement en évidence les différents contrastes dont le groupe est capable, en plus de la technique et de la profondeur. Car sous ces aspects juvénile, le disque sécrète une épaisseur de Vie et de ton bien plus épaisse qu’il n’en laisse paraitre. Car la pop punk, le post-hardcore, l’emo, sont des styles très souvent semblable, ou du moins avec lesquels on peut faire un parallèle : L’inclusion de la pop en délimite l’impression par une notion de paraitre. Or il n’en est rien. Ce sont des musiciens qui expriment un ressenti, une émotion souvent tenace et indélébile de leur vécu, ils ne calfeutrent nullement leur difficulté, et restent loyaux avec leur façon de l’exprimer. La différence tient dans ce qu’il semble être pris comme un enrobage, alors que ceci se juxtapose à une différence d’époque.

Calling All Captains parle de son époque avec la musique de son temps, tout simplement.


lundi, octobre 11 2021

QUICKSAND - Distant Populations


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L’instigateur de Quicksand c’est Walter Schreifels. Il a débuté dans le hardcore Youth crew avec Youth of Today et Gorilla Biscuits en tant que guitariste et compositeur. Il formera par la suite le groupe Moondog avec de nouvelles orientations musicales qui mutera sous l’appellation Quicksand en 1990. En plein cœur de l’implosion grunge et post-hardcore les albums « Slip » et « Manic Compression » font figure de culte et exerceront une influence notable sur le post-hardcore.

Fatigué de ne pas aboutir à des projets qui décollent, et maintenu par la pression constante comme le souhaitaient ses labels, le groupe ne parvient pas à se populariser et Quicksand se saborde, Walter formera Rival Schools, groupe indie-rock. Après une reformation et un album envoutant, c’est en 2017 sous la forme d’un trio que Walter Schreifels, Alan Cage et Sergio Vega inaugurent une nouvelle ère pour Quicksand.

Walter Schreifels demeure l’un des auteurs-compositeurs les plus sous-estimés de sa génération.

Ce renouveau Quicksand marque une orientation progressive de sa musique, avec un suc mélodique gracieux. Il faut un filtre à pop pour accéder aux allitérations. La face abrupte gomme le lissage pour pénétrer dans une brèche rêche, et saillante, mais une fois à l’intérieur pourtant, c’est doux.

C’est le côté mordant et capiteux d’un Jane’s Addiction avec la tendresse du groupe Filter. Cette sinuosité musicale est en proie à une intention cérébrale capable d’appliquer dans le corps musical des ondulations rêveuses, vénéneuses, troublantes et disparates. Comme le choc d’un rock indie hardcore à la fois contemplatif et tourmenté, magnifiant ce qu’un groupe comme Embrace pris sous le feu d’une électrisation à Hüsker Dü pourrait accomplir. Peut-être que ces références ne vous parle guère, si c’est le cas, veuillez procéder à un revival 90’s.

Ce nouvel album typé post-grunge a ici une corrélation plus prégnante que l’était leur troisième album « Interiors » en 2017. « Distant Polulations » est produit par Will Yip (Nothing, Code Orange, Circa Survive, Caspian, La Dispute, Turnstile...) mixé par Josh Wilbur (A Day to Remember, Parkway Drive, Lamb of God, Megadeth, Hatebreed…). Si à la première écoute on s’y emmerde parfois, à chaque nouvelle écoute, c’est une vague différente que l’on prend dans un océan de béatitude.

Le groupe offre les harmonies de Nada Surf avec la vase incandescente de nirvana sur le coulis de Jawbox, et c’est remarquable pour qui sait prendre le temps de laisser venir cette musique abordable et indomptable.