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Tag - PuNk RoCk

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mercredi, mars 6 2019

SOFT ANIMALS – Soft Animals


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Le premier album de Soft Animals vient déposer la substance secrète émotionnelle qui dit tout en un fragment.


J'ai découvert ce groupe par le biais de ma lecture du Fanzine Cafzic de Yan, qui a lui même était mis au jus par Frank Violence Frejnik de Punk Rawk.

Ces anciens Slice Of Life, Karman et Over The Stars ont su immédiatement me séduire. C'est une instantanéité qui ne s'explique pas, plus. C'est fulgurant, intense car la digestion de cet excellent album n'a besoin d'aucune maturité, il comble le vide.

On est au cœur de cet entrelacement subtil entre la joliesse capricieuse, les tourments obséquieux, la brisure affective, l'impétuosité à fleur de peau, l'entière exaltation mélodique, dans cette fréquence de rock indé oscillant dans l'intimité du punk rock.

Pénétrant dans la chaleur d'une impulsion rageuse d'émotions, dans laquelle on retrouve l'effusion tourbillonnante de Polar Bear Club, peut-être aussi parce que le quatuor de Lille a bien digéré les mouvances emo des 90's, de Jawbreaker, Second Rate, jusqu'à offrir une palette de nuance d'Embrace à Fugazi.

Il s’échappe de cet album une fluidité intuitive, des désirs qui nous échappent, des ambiances déjà vécues, des errances rêveuses, une cicatrisation indélébile, tout ceci relie à une intériorité bouillonnante ne demandant qu'à imploser pour y être consumer, et renaître à chaque titre, en une vibration intense, comme un rayon de lumière existentielle sur l'écume des choses.


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« La blessure est l'endroit où la lumière rentre en vous » Rümi (poète persan)


mardi, février 12 2019

Interview avec Thierry de la maison d'éditions Rytrut


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Rytrut éditions a traduit des œuvres passionnantes, et élabore une succession de livres dans le domaine musical qui doit tout autant à une curiosité culturelle qu'à s'affranchir des codes. Le gars est loquace, passionné, pointilleux, et c'est à l'image de l'énOrme travail que cette maison d'éditions façonne.



Bonjour Thierry aka ladzi Galaï,

Peux-tu te présenter, qui es-tu ? D'où viens-tu ? Il y a quoi dans ton imaginaire ?


Ladzi Galai en 1985

Ladzi : Je suis le fondateur et factotum de Rytrut. Partout et nulle-part à la fois. C'est pas d'où qu'on vient mais ce qu'on fait qui importe. Je ne suis pas plus nationaliste que régionaliste. Et j'aime pas raconter ma vie, sauf si on me force ! J'ai arrêté de rêver d'illusoire et essaye de m'activer avec ce qui est à ma portée. J'ai aussi sacrifié la musique en laissant de côté des projets inachevés, pour le bon plaisir ou la douleur de nos lecteurs, car l'humain est ambivalent.

Tu as joué dans des groupes (si,si) ? C'était quoi le style ? Le délire ?

Ladzi : J'ai commencé la musique à sept ans avec le piano classique puis la trompette, et un peu plus tard, après l'explosion punk, la basse tout seul en écoutant des disques, puis la guitare même veine basique sans cours ni conservatoire. Ensuite y a eu plusieurs groupes, dans les styles rock, psychobilly, post-punk, tendance expérimental, un peu d'indus à un moment, punk-rock avec quelques touches reggae, puis électro-punk. Et pour finir grève illimitée de la musique ! Par contre je me consacre énormément à en écouter, dénicher ou découvrir, de toutes époques et de styles variés.

Pour toi c'est quoi le punk ? Qu'est-ce qu'il représente ? La culture punk est-elle morte ?

Ladzi : Alors que j'avais été initié au rock à douze ans par mes oncles et cousins, j'ai entendu parlé du punk l'année suivante, en 1977, et demandé à l'un d'entre eux ce que c'était. Il m'a fait écouter les deux premiers singles des Sex Pistols qu'il avait acheté chez Arthaud. Et c'était parti ! C'était ce qu'il me fallait pour affirmer ma différence par rapport aux conventions que cette société semblait vouloir nous inculquer. Chacun y va de sa propre définition du punk suivant le contexte et la manière dont il l'a vécu ou interprété. Pour moi, cela représente une certaine éthique, avoir de l'équité, de l'ouverture d'esprit, des musiques nées de multiples influences des générations précédentes, inspirées par le rock décadent, garage punk, prog rock, art rock, voir autres styles inclassables. Expressions diverses mais pimentées, contestataires, festives ou intellectuelles. C'est plus tard qu'on découvre le pré-punk quand on a aimé le punk rock, puis le post-punk, la new wave, et les musiques personnifiées qui en découlent. C'est un style d'expression qui n'a jamais cessé d'être vivant. C'est devenu une culture ancrée pour certains mais qui fut finalement peu accessible ou comprise par beaucoup. Essayer uniquement de reproduire à l'identique ou se cantonner à des critères pré-conçus peut n'avoir de punk que des apparences. Les clichés de clichés sont sans doute les moins évident à dépasser, mais ils peuvent aussi servir de références et d'identification. Créativité et authenticité restent à mes yeux des critères importants. Certains disent qu'il n'y a pas vraiment eu de genre musical novateur depuis les années 1970... que tout ce qui a suivi avait déjà été inventé. Il y a du vrai, basiquement, mais les formes évoluent au fils du temps, ayant une accroche nouvelle, apportant un autre intérêt. Je m'attacherais à la multitude de groupes intéressants disséminés dans l'histoire de la musique, plus ou moins inconnus, que l'on peut découvrir actuellement, et dont les perles insoupçonnées sont un ravissement de curiosité et d'émotion.


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Tu as participé à des fanzines graphiques, peux-tu en parler ?

Ladzi : Après avoir participé à un zine de potes qui a vu plusieurs numéros entre 1983 et 1985, un fourre-tout ronéotypé puis photocopié, j'ai monté un tape label avec ma copine de l'époque, et à l'occasion de compilations K7 à thème, concocté deux graphzines noir et blanc en invitant des contacts qu'on a eu dans le réseau du mail-art. Intitulé Disco Totem et Le Foliegraph illustré, Rythme & Rut les as sortis en 1988. Et les autres K7 albums étaient parfois accompagnées de livrets... ça date. Plus tard, à l'occasion d'un recueil d'aphorismes personnels paru chez un éditeur abusif – il faut un début à tout – j'ai invité une poignée de graphistes de ma connaissances à les illustrer. Le bouquin des paroles de Jello Biafra que sortira Rytrut suivra finalement un procédé de zine graphique.

Comment es tu arrivé à la création des éditions Rytrut ? Pourquoi ce nom ?

Rytrut est-ce une association ? Combien vous êtes ?

Ladzi : Ça provient du label qui avait sorti une série de K7 de musique alternative, appelé R.R.Products, d'abord pour Réseau Rapetou puis Rythm & Rut. Il y a eu une trentaine de K7 dont des compiles de groupes actifs dans le réseau du mail-art. Le nom de l'édition en découle. Une association de loi 1901 depuis 2003 pour la sortie du premier bouquin (La Philosophie du Punk de Craig O'Hara), à la suite de Rythm & Rut qui avait été déclarée en 1988 au départ plus pour le suivi de mes activités musicales. Nous sommes très peu, c'est une microstructure qui ne peut ni ne souhaite faire concurrence à d'autres mafias mieux organisées ou plus en vogue. C'est pour cette raison que je me considère comme un factotum. L'asso a une présidente et un secrétaire qui agit au niveau informatique sur le site et la boutique. Et le factotum contacte les éditeurs anglophones, les auteurs, traduit, met en page, promeut un peu, empaquette et expédie. Donc trois membres à la base, mais l'asso a aussi recours à d'autres talents pour la traduction, les relectures, le graphisme, l'infographie et diverses rémoulades.

En moyenne à combien éditez-vous chaque livre ? Et vous en vendez combien ? Est-ce suffisant pour les coûts d'impression ?

Ladzi : En fait, ça coûte plus cher d'éditer des traductions que si on nous fournissait le texte en français prêt à l'emploi. Nous signons souvent des contrats avec des éditeurs étrangers, leur payons des avances de royalties, des années avant la sortie d'un livre, car ce boulot demande beaucoup de temps, et donc sans même savoir si on va retomber sur nos pattes. Il y a une prise de risque certaine. Le fait que la 1re édition de La Philosophie du Punk se soit vendue à deux mille exemplaires en un an m'a encouragé à continuer. La seconde édition a passé les trois mille, mais c'est notre best seller ! Pour les autres, à part Going Underground qui a été tiré à deux mille, aucun ne dépasse les mille, la tendance de ces dernières années est passé à cinq cents, et maintenant on fait des tirage à deux cents qui peuvent être réimprimés si besoin. S'il n'y avait que les coûts d'impression, il y a aussi ces avances de royalties avec parfois des droits supplémentaires pour les photos. Une fois tous les frais déduits, remises librairies comprises, il ne reste plus grand chose. Il faut donc avouer que cette activité est plus utile pour la postérité que pour se faire du blé, malgré ce que certains doivent penser. Une part des dépenses de l'asso est couverte par la vente des livres, mais j'ai dû prendre un petit boulot à côté, en garderie scolaire, depuis quelques années. Travailler avec des mômes n'est pas ce qu'il y a de pire. Ça vous donne la pêche et vous ramène à la réalité.


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Je suppose que tu es polyvalent, autodidacte, souple, déterminé, réactif, professionnel, disponible à 300% afin de pallier à tous les corps de métier nécessaire à la pérennité de Rytrut. Qu'est ce que tu fais concrètement ? En quoi cela consiste-il ? Tant dans le domaine de l'édition que de la traduction ?

Ladzi : Bien occupé en effet. Quand tu as des projets ou des ambitions en parallèle, tu te demandes si tu arriveras à les réaliser. Sans fausse modestie, je peux me targuer de tous ces attributs, avec tout de même un petit bémol sur la disponibilité ! Quand je suis sur une traduction, je vérifie si possible tout ce qui est avancé, et, vu que ce sont des livres spécialisés sur la musique, j'écoute tous les titres des groupes dont il est question afin de coller au plus près des descriptions. Procédant également ainsi pour les relectures de traduction, vérifiant les noms et les références diverses, à la littérature, l'histoire, etc., ajoutant des notes, écrivant mêmes des passages complémentaires si besoin. Par conséquent, nos livres sont souvent des versions améliorées des éditons originales. Au départ, j'étais le traducteur principal, puis d'autres s'étant joint à l'aventure, je suis donc passé relecteur ou co-traducteur. Ce n'est pas moi qui m'en suis chargé sur les deux premiers livres, mais j'ai dû apprendre la mise en page professionnelle. Pour des raisons pécuniaires dans un premier temps, puis j'ai trouvé ça plaisant ; ce n'est pas aussi simple que cela ne paraît. Un de mes autres pseudo, Cripure, est conservé pour les signer, ça vient d'un surnom et du nom de mon projet musical mail-artistique du milieu des années 1980, encore utilisé. Ensuite, le bouquet final est le deal pour l'impression, qui s'avère parfois périlleux quand au résultat qualitatif. Quand on est obligé de faire du tri sur un tirage, ça fait grincer des dents ! Voir un boulot de plusieurs années sapé en un tour de main peut être assez décourageant. Imprimer des livres a un coût conséquent quand on est un petit éditeur qui n'imprime pas en Chine à des milliers d'exemplaires pour un coût moindre. C'est la seule chose que nous ne faisons pas nous-même et il s'agit du produit fini que le lecteur aura entre les mains, c'est très important. Je m'occupe aussi, secondé par le webmaster, de l'actualisation du site et de la boutique Rytrut, puis de l'envoi des commandes. Il y a du plaisir mais aussi du turbin.

Comment tu choisis les auteurs avec qui tu travailles ? Comment les as-tu rencontrés ? C'était quoi le deal ?

Ladzi : En 2001, quand j'ai commencé à traduire La Philosophie du Punk, j'ai contacté Craig O'Hara par e-mail, en passant par l'intermédiaire d'un ancien pote, qui participera à la relecture et à la mise en page. On a aussi ajouté à celles de l'auteur des photos qu'il avait prises quand il avait été jardinier au pair à San Francisco. Guillaume Dumoulin avait un petit label et une distro appelé Spock Prod à Grenoble dans les années 1990. Je n'avais pas encore Internet, que j'ai pris en 2003, un peu avant la sortie du livre. Craig était partant, on a donc fait un deal oral avec AK Press, éditeur avec qui il bossait. Quant à l'illustration de couverture, je l'ai proposé à Sapiens, rencontré au Squat de « Le 13 » à Paris, alors que j'y avais joué en solo en avril 2002. Ça tombait bien, il y avait une expo de peintures de Karen et Sapiens, j'ai adoré, et ça collait parfaitement.


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Ladzi : Pour le second, Chansons d'Amour de Crass, j'ai écrit à Penny Rimbaud, qui a gentiment répondu à mes cent questions concernant le texte, et m'a mis en contact avec Pomona, l'éditeur qui venait de publier Love Songs, le recueil des paroles de Crass en anglais. C'est tombé au même moment. Nous n'avons donc pas choisi le titre. Il n'y a pas eu de contrat écrit, pas d'avance, mais un pourcentage un peu trop conséquent nous était demandé de la part de cet éditeur, car on s'était basé sur leur mise en pages ; disons que ça faisait un intermédiaire de plus à rincer, alors ça faisait lourd sur la balance. Deux albums du collectif ayant déjà été traduits par Anne-Claude Lemeur – ses traductions étaient insérées dans les vinyles originaux – je l'ai contactée pour avoir l'autorisation de publier ses traductions, sur lesquelles j'ai pu effectuer un petit rafraîchissement, après avoir carburé sur les autres albums. Vu qu'on nous demande encore ce livre, il sera peut-être plus tard envisagé une seconde édition, mais à condition que toutes les personnes qui l'ont lu achètent et lisent L'histoire de Crass de George Berger ! Sinon, ça sert à quoi de se décarcasser !

Le troisième était un recueil des paroles intégrales de Cor Gout, chanteur du groupe underground néerlandais Trespassers W, un ami de longue date, depuis sa participation à deux compilation de R.R.Products en 1987. On s'est rencontré plusieurs fois, avons aussi enregistré quelques titres ensemble et j'ai composé la musique d'une chanson de TW. Nous avons eu une correspondance postale régulière pendant des années. C'est un auteur doué en langues, il a aussi participé à la traduction, pour ses textes en néerlandais bien entendu mais aussi sur ceux en anglais (ma mère, une institutrice retraitée qui compte aussi parmi nos relectrices, parle le néerlandais mais pas moi). Par ailleurs, Cor Gout est un philosophe et programmateur d’émissions radiophonique et de télévision aux Pays-Bas, et même (il ne voulait pas que je le dise quand on a sorti le livre) footballeur professionnel pendant un an dans un club d'Amsterdam avant que celui-ci ne fusionne avec deux autres clubs de la ville. Ce livre fut illustré par Ronnie Krepel, un musicien polyvalent de TW qui dessina une multitude de crobars, complétant cet ouvrage avec un charme particulier.

Le quatrième, Going Underground de George Hurchalla, sur la scène punk américaine en particulier mais pas uniquement, m'a été conseillé par Craig O'Hara, car ce livre portait un regard nouveau sur le punk et le rock alternatif sans nombrilisme ni complaisance à la violence qui a pu se développer à une période dans la scène hardcore. En plus, l'auteur a interviewé un grand nombres de musiciens des groupes évoqués, ce qui procure une bonne tranche d'histoire réaliste et bien épicée. De plus, il est vaillamment illustré par de nombreuses photos rares. Going Underground est en deuxième position en terme de ventes. J'ai aussi bien communiqué avec Hurchalla au cours du processus, c'est un mec sympa et sportif. C'est par ailleurs un artisan du bois et un fan de punk bien évidemment, qui a eu plus jeune l'expérience de chanter dans un groupe.


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Ladzi : Ensuite seront lancés le projet de traduction des paroles de Jello Birafa et de la bio de Joey Keithley. Mais avant leur finalité, sortira notre cinquième livre, la biographie sur la chanteuse Pink, du journaliste musical et auteur Paul Lester, que j'ai décidé de signer suite à la proposition d'Omnibus Press. Nous allions toucher un autre public et nous attirer les foudres de la clique sectaire et conservatrice du « punk », mais tans pis. C'est une copine punk française d'origine autrichienne, aussi fan de Bowie, qui m'avait fait découvrir cette chanteuse. Moins enthousiasmé au début par son premier album R&B, bien qu'ayant un certain charme, peut-être un peu trop sophistiqué, j'ai plus apprécié les albums suivants. C'est de la pop/rock grand public de qualité, puis ses convictions et engagements méritent autrement de respect que la glandouille de tout un tas de branleurs. Si en France elle n'a pas marché tant que ça – peut-être dû au rictus bien connu des médias élitistes traditionnels – c'est que la barrière de la langue ne touche pas autant les gens, rien à voir avec la popularité que Pink a acquis en Australie. Pour son côté punk, elle a quand même fait un album avec Tim Armstrong de Rancid, qui reste mon préféré, avec celui composé avec Linda Perry, que je connaissais puisse que je l'avais vue jouer dans un pub de Londres en 1996. C'était après les 4-Non Blondes, Linda avait un groupe de mecs sur scène. Ce fut un concert époustouflant, un blues-rock puissant. À la fin du set, je lui ai dit en personne avoir été ému par sa prestation et, avec son débardeur et ses tatouages, elle m'a remercié avec un sourire à tomber par terre.

La bio de Joey Keithley m'a été suggéré par Raf DIY, un guitariste punk et activiste de Limoges, du groupe Attentat Sonore et plus tard du label Guerilla Vinyl. J'avais vu DOA en 1985 la première fois à Grenoble, concert qui avait fini en bagarre (après, j'étais déjà parti) en raison de pseudo-skins, réputés pour venir foutre la merde à des concerts punk à cette période. Keith en dit deux lignes dans son livre. Je l'avais déjà lu en anglais. J'ai contacté Keith et nous l'avons signé avec son éditeur canadien, Arsenal Pulp. Je lui ai ensuite posé quelques questions concernant des passage du texte. Au départ nous devions le traduire à deux, mais Raf manquant de disponibilité, je me suis pratiquement tout tapé, mais il a pu quand même participer à la traduction du prélude et de deux chapitres, et effectuer une relecture. Au cours du boulot, j'ai revu DOA au Mistral Palace à Valence en 2009, et donc rencontré Keithley pour la première fois. Après la sortie de son livre, je lui en ai apporté un certain nombre d'exemplaires à Montpellier – en guise de participation au paiement des droits d'auteur. DOA a joué au Secret Place en 2012, l'occasion de me rendre dans ce lieu mythique. Joey a aussi eu droit à un exemplaire du bouquin de Jello Biafra fraîchement sorti. J'ai ensuite revu DOA à l'Usine de Genève. Ils sont arrivés tard en raison d'un bouchon dans le tunnel du Mont-Blanc, venant d'Italie. Du coup, j'ai donné un coup de main pour décharger le van. Joey Keithley est un punk de la première heure, il apparaît d'ailleurs en couverture du magazine de Vancouver, le Georgia Straight spécial punk rock, sortie en octobre 1977. Celle-ci est incluse dans sa bio, le sixième livre de Rytrut, dans lequel Joe raconte l'épopée de ces pionniers du punk, au sens premier du terme : DOA est le premier groupe à avoir porté le punk rock dans des contrées d'Amérique du Nord toutes aussi paumées les unes que les autres.


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Ladzi : Un regard sur la pochette intérieur de mon vinyle de In God We Trust Inc. des Dead Kennedys, m'a incité à lancer ce projet de livre des paroles de Biafra. J'y avais posé une traduction puérile en français, en 1981. Je me suis donc lancé, début 2005, dans la traduction des paroles du premier album, puis j'ai contacté Jello à Alternative Tentacles pour l'autorisation. Il ne m'a pas directement répondu, mais son publiciste a donné leur accord. Ce fut là encore un contrat oral et j'ai poursuivis sur les autres albums. Puis j'ai eu la proposition du dessinateur français Melvin de faire des illustrations. Il a réalisé douze dessins, un par album. Voulant avoir son accord de vive voix, j'ai pris un billet de concert et d'avion pour assister à une lecture publique de Jello à Bristol en 2007. Après laquelle j'ai pu lui parler dix minutes dans la loge et lui montrer les dessins de Melvin, qui lui ont plu. Suite à quoi il a été décidé d'inviter plein d'autres graphistes pour illustrer toutes ses paroles de chansons. Entre-temps est sorti à Paris un livret contenant seize chansons illustrées des DK, en anglais et en français. Sorti sans concertation avec l'intéressé, celui-ci court-circuitait peut-être un peu notre projet, mais deux traducteurs de ce livret, qui ont tenus a rester anonymes, m'ont proposé de participer à la relecture de notre traduction. Avant la sortie du livre, j'ai vu les Guantanamo School Of Medicine en concert à La Tannerie de Bourg-en-Bresse en 2009, et plus tard lors d'un gros festival à Genève ; je crois que le groupe avait été ajouté à l'affiche car il était programmé dans une petite salle de la région. Puis aux Abattoirs de Bourgoin-Jallieu en 2017, ce fut leur meilleur concert, le son était monstrueux. Il y a donc eu beaucoup d'échanges, dont avec les graphistes, pour arriver à ce pavé gargantuesque.

Ensuite sortira la biographie officielle des Ramones, concoctée par leur tour-manager, chauffeur et homme à tout faire, le légendaire Monte A. Melnick et son acolyte Frank Meyer, journaliste, auteur et chanteur des Streetwalkin' Cheetahs. On peut dire que Monte avait joué en tant que bassiste avant de s'occuper des Ramones : fin des années soixante, dans Triad avec Tommy (future) Ramone et dans Thirty Days Out. J'avais lu l'édition américaine puis Omnibus nous l'a proposé, je n'ai pas hésité un instant. J'ai eu un échange avec eux et posé quelques questions à Monte, qui n'aura de cesse de dire que c'est la meilleure bio des Ramones jamais sortie. Son intérêt, hormis l'aspect beaux-livre bien illustré en quadri, est qu'elle provient du cœur de la machine et se lit comme s'écoute une chanson du groupe, pleine d'anecdotes présentées somme une suite de petits entretiens au franc parlé avec de nombreux musiciens les ayant connus et des techniciens ayant accompagné le groupe.


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Ladzi : Suivra la biographie des Slits, le premier travail de Zoë Howe (ex « Street » Howe), qui reflète par certains côtés une vision féminine du punk. Un groupe qui a élargi le champ d'expérience du style, et motivé pas mal de combo à se monter dans la période post-punk, inspirant un certain nombre de riot grrrls. Mais leur musique se caractérisa ensuite plus dans le reggae et l'improvisation. Ce livre nous a aussi été proposé par Omnibus. Durant le processus, j'ai été un peu en contact avec l'auteure, mais surtout avec Tessa Pollitt, la bassiste des Slits qui est extrêmement sympa. Malgré sa renommé internationale, ce groupe ne s'est jamais fait de pognon et ses musiciennes ont vécu dans la précarité. Nos ouvrages sont souvent des améliorations des éditions originales (je le redis). Pour celui-ci, nous avons disséminées les photos en pleine page (plutôt que regroupées en feuillets) et avons acheté des droits à un agence pour des photos supplémentaires. Tessa nous a aussi envoyé quelques photos de sa collection personnelle, ainsi que des badges à offrir aux personnes qui commandent le livre sur notre boutique. La dernière formation des Slits était bien partie en 2009, avec la sortie du superbe album Trapped Animal, incluant Hollie Cook au claviers et chœurs, la fille de l'Illustre Paul Cook, notamment batteur des Sex Pistols et des Professionnals. Mais le cancer ayant frappé, sans Ari Up, plus de Slits ! Elle décédera l'année suivante, pas longtemps après l'édition originale de leur bio. Pour la première édition du livre, Tessa m'ayant envoyé un article paru dans le numéro de Sounds de 1978, j'ai contacté le photographe Chalkie Davies et il a retrouvé cette photo inédite dans les archives du magazine. Pour la seconde édition révisée, je me suis adressé à Pennie Smith – la photographe qui a pris le fameux cliché de la pochette du London Calling des Clash – et nous avons négocié la photo de couverture (aussi utilisée sur l'édition anglaise), ainsi que ses autres clichés apparaissant à l'intérieur. Ce livre nous a coûté bien cher au final et les ventes ne sont pas suffisantes pour couvrir les dépenses.

Pour l'édition de la biographie de Nirvana de Gillian G. Gaar, c'est notre acolyte de Rytrut, Cyrille Lannez, fan de longue date du groupe, qui souhaitait sortir un travail sur eux. Nous avons d'abord eu la proposition d'un livre retraçant un travail en studio du groupe, mais on le trouvait trop technique, cherchant quelque chose de plus viscéral. Puis Cyrille a contacté Gillian pour traduire Entertain Us, l'Ascension de Nirvana qui s'est avéré être une tranche intéressante et en partie inédite du parcours du groupe, décrivant ses tous débuts au sein de la scène grunge. Nous avons payés des droits à son éditeur anglais, qui ne lui ont apparemment pas été rétribués. Mais c'est une autre histoire et nous n'en sommes pas responsables.

Concernant Burning Britain, le premier livre de Ian Glasper édité en français, je l'avais en anglais depuis un moment, mais je trouvais le texte un eu serré et ne l'ai finalement lu qu'en travaillant dessus. Ian m'a mis en contact avec Cherry Red Books et nous l'avons signé. Il s'est avéré qu'en parallèle une seconde édition anglaise était en préparation chez PM Press, la nouvelle maison d'édition de Craig O'Hara, aux États-Unis. Glasper était en tain de rédiger des ajouts, que nous avons donc aussi eu à traduire, ce qui explique en partie la sortie plus tardive de l'édition française. L'autre raison étant que – toujours soucieux d'amélioration – nous y avons ajouté beaucoup de photos (grâce au fichier bien fourni de Cherry Red) attachant un soin particulier à la mise en pages, afin d'obtenir une agréable lisibilité. J'ai proposé à plusieurs traducteurs de se partager la tâche : Frédéric Jalabert, un de nos relecteurs, notamment animateur de l'émission Lost In Space sur Radio Active à Toulon, promoteur de F.J Ossang et du label de feu Éric Chabert, Underground Productions. C'est un ami de longue date, rencontré en 1989, alors qu'il était étudiant à Grenoble. Il venait aux répètes et concerts de mon groupe de l'époque, No No No ; Nico Poisson, guitariste/chanteur et cofondateur du label SK Records, que l'ai rencontré la première fois alors qu'il donnait un concert avec Ned au Crocoléüs, la saison ou j'ai participé à l'activité du squat, en 2004/2005. Quant à David Mourey, le batteur de Chicken's Call, je l'ai côtoyé dans la scène punk grenobloise de ces deux dernières décennies, notamment au 102 et au Lokal Autogéré. Pour peaufiner le texte, j'ai moi-même travaillé sur une relecture de traduction assidue afin d'assurer la cohérence de l'ensemble, fais des mises à jour et parfois ajouté des passages complémentaires, et un index : l'auteur ne m'en voudra pas, bien au contraire ! Rytrut est fier d'avoir édité ce monument sur la scène punk britannique ! Parler de « seconde vague » est un peu généraliste car certains groupes proviennent directement de l'explosion punk.


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Ladzi : Pour terminer, L'histoire de Crass nous a été suggéré par Christophe Mora, guitariste/chanteur d'une série de groupes hardcore punk et du label toulousain Stonehenge Records. J'ai ensuite contacté l'auteur anglais George Berger et signé son livre avec Omnibus. II utilise ce pseudo pour son métier d'auteur et de journaliste. Il est aussi chanteur du groupe anarcho-punk underground Flowers In The Dustbins. Son travail sur la bio de Crass est impressionnant. Ce n'est pas seulement un descriptif de l'évolution du groupe, car le récit remonte aux sources, dans les années soixante, et George s'est entretenu avec tous les membres du collectif (sauf un). II s'agit du livre le plus pointu que nous ayons eu à traduire. Christophe s'y est collé avec discernement et j'ai fait ma part de relecteur et co-traducteur. Il se vend étonnamment moins que ne s'est vendu celui des paroles de Crass, alors qu'en plus d'être complémentaire, c'est un livre essentiel qui intervient dans le sujet anarcho-punk et retrace le contexte social, culturel et politique de l'époque, témoignant de son impact sur les générations alternatives passés et futures.

As-tu des sollicitations par des auteurs ? Des groupes ?

Ladzi : Nous avons eu quelques propositions de sujets liés à la musique ou sociétal, mais au vu de nos possibilités limitées, l'asso ne peut se développer davantage en signant des livres dont elle ne pourra pas assurer le suivi ni le financement, et se contente de poursuivre les quelques ouvrages en cours. Il est vrai que notre ligne éditoriale se limite aux groupes anglophones. Nous ne fonctionnons pas comme une grande maison d'édition qui reçoit des tonnes de manuscrits, mais comme une petite micro-structure qui travaille sur un livre comme on pourrait le faire sur un disque enregistré à la maison. Les livres de Rytrut ne représentent qu'une infime partie des groupes et des musiques qui nous tiendraient à cœur de raconter. Mais on ne peut pas tout faire dans une vie, il faut faire des choix, le temps nous est compté ! On n'est pas des dinosaures, ça fait longtemps qu'il sont ensevelis. Continuons de déterrer leurs squelettes ! Nos livres demandent beaucoup de travail, il ne s'agit pas de poser des traductions aléatoires vite fait sans vérifier les tenants et les aboutissants. Si certains s'imaginent que c'est simple et qu'on fait ça pour se faire du blé, il se fourvoient. On le fait avant tout car ça découle d'une passion et c'est comme un cadeau fait aux lecteurs, même s'ils doivent acheter les livres, sans quoi nous ne pourrions pas les éditer bien évidemment. Nous ne sommes pas subventionnés par des vendeurs d'armes. Il s'agit de promouvoir une certaine culture avec un état d'esprit particulier.

Peux-tu faire une présentation de chaque livre ? Et notamment des deux derniers livres ?

Ladzi : En plus des infos que j'ai données concernant les auteurs et traducteurs, les résumés des lires se trouvent facilement sur le site web de Rytrut. Quand aux deux derniers, la bio de Nirvana est la seconde édition de l'ouvrage de Gillan Gaar, Entetain Us, L'Acension de Nirvana, sur laquelle nous avons studieusement retravaillé le texte, supprimé quelques coquilles (il arrive que l'on s'empresse pour des raisons de timing, mais nous tachons d'éviter cela), assuré une meilleure impression et changé de couverture afin de spécifier qu'il s'agit d'une édition bien différente de la première. La photo en couverture a été prise par Kevin Estrada lors du même concert que celle apparaissant sur l'édition anglaise. Il a touché ses droits comme Martyn Goodacre pour celle de la quatrième de couverture. Malgré mon intérêt depuis les premières années du punk pour une multitude de groupes et de styles, j'ai toujours gardé un attrait particulier pour Nirvana. J'avais découvert leur premier album, Bleach, en le commandant par hasard, comme je le faisais alors, par intuition ou simple curiosité, ou après avoir lu un commentaire, directement au (catalogue du) COUPER label californien Subterranean Records, dont je recevais régulièrement le catalogue distro. Ce label a aussi été un petit disquaire à San Francisco entre 1984 et 1988. Au passage, je ferai remarquer que l'attitude punk est aussi de soutenir les indépendants en leur commandant directement leurs productions, au lieu de passer par des multinationales qui se rincent au passage, même si toute diffusion participe aussi à soutenir les indépendants... les librairies et les distro sont importantes pour pallier au phénomène de vampirisation. Plus tard, à la sortie de Nervermind, ça m'a fait drôle de voir l'ampleur du succès de Nirvana. J'ai préféré acheter Incesticide d'aiilleurs. Nous aimions écouter des musiques underground, censées ne pas toucher le grand public ou ne le toucher que relativement, et paf ! Nirvana défraie la chronique, merde, qu'est-ce qui se passe ? C'est le monde à l'envers ! Après In Utero, Nirvana joue à Grenoble et invite les Buzzocks en ouverture en plus. Y a pas photo, il fallait y aller, et quel concert ce fut, monstrueux à tout point de vue, musique au top, Pat Smear à la seconde gratte, éclairage scénique impressionnant et son nickel, ce qui n'était pas gagné d'avance dans cette salle.

Ce label a aussi été un petit disquaire à San Francisco entre 1984 et 1988. Au passage, je ferai remarquer que l'attitude punk est aussi de soutenir les indépendants en leur commandant directement leurs productions, au lieu de passer par des multinationales qui se rincent au passage, même si toute diffusion participe aussi à soutenir les indépendants... les librairies et les distro sont importantes pour pallier au phénomène de vampirisation. Plus tard, à la sortie de Nervermind, ça m'a fait drôle de voir l'ampleur du succès de Nirvana. J'ai préféré acheter Incesticide d'aiilleurs. Nous aimions écouter des musiques underground, censées ne pas toucher le grand public ou ne le toucher que relativement, et paf ! Nirvana défraie la chronique, merde, qu'est-ce qui se passe ? C'est le monde à l'envers ! Après In Utero, Nirvana joue à Grenoble et invite les Buzzocks en ouverture en plus. Y a pas photo, il fallait y aller, et quel concert ce fut, monstrueux à tout point de vue, musique au top, Pat Smear à la seconde gratte, éclairage scénique impressionnant et son nickel, ce qui n'était pas gagné d'avance dans cette salle.


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Ladzi : Pour terminer, le clou de l'année 2018 : The Who by Numbers, L'histoire des Who à travers leur musique. Il ne s'agit pas d'un hommage à l'album des Who portant ce titre, mais bien à leur entière discographie, et ce chanson par chanson. Ce n'est pas une biographie dans le sens précis du terme, mais le livre inclut la biographie du groupe au fur et à mesure qu'il décrypte et analyse ses chansons, ses opéras-rock, ses vidéos, ses films, etc.. The Who by Numbers, donc, littéralement Les « Who par les chiffres », on aurait même pu l'intituler en français, pourquoi pas ? Ce qui évoque bien sûr le point par point, une chronologie ainsi que la classification qui est faite de leurs disques dans les classements britanniques et étasuniens. Mais « Numbers » évoque aussi une catégorie chez les mods. Plusieurs années de boulot de traduction, d'écoutes approfondies de leur musique, de visionnages des films les concernant nous donne une version française bien plus complète que l'édition originale. Sa mise en page est aussi nettement plus attrayante. Pourquoi j'ai choisi les Who ? À moitié par hasard. Je l'ai d'abord commandé pour moi sans arrière pensée. Puis j'ai trouvé que ce serait intéressant de remonter dans le temps aux origines du punk. En plus, le batteur des Stiff Little Fingers, Steve Grantley était dans le coup, et le journaliste Alan Parker a travaillé avec les Monty Python ! Personnellement, j'avais connu la musique des Who à la même période où je découvris le punk, lors de son explosion. C'est un oncle qui avait été guitariste dans un groupe de lycée à Grenoble dans les années soixante, qui m'avait donné son double LP des Who. C'était l'édition française de 1974 de leur 3e album, The Who Sell Out, qui contenait en fait aussi le second album, A Quick One (ce que j'apprendrai des années après !) La pochette avec des boîtes de conserves. J'étais un jeune ado et j'adorais le côte loufoque de ce double-vinyle, que je préférais à leur premier opus, écouté plus tard et qui était plus proche du rock classique. Il faut dire que nous étions alors davantage inspirés par le Your Generation de Generation X ! Et nous apprendrons bien longtemps après que dernière cette ironie générationnelle se cachait un engouement de nombreux groupes punk pour les groupes de leurs grand-frères les ayant inspiré, notamment le prog rock underground. J'avais 14 ans, donc en 1978, la mère de mon pote d'enfance du quartier nous dépose devant un cinéma, où nous avons assistés, tous seuls, comme des grands, à la projection de Tommy. Watcha ! Tout est dit.

Quel est le prochain projet (en vue)  ? En plus du punk, allez-vous vous orienter vers le Hardcore ? Vers des nouvelles ?

Ladzi : Nous avons déjà sorti un livre essentiel traitant de la scène hardcore originelle, Going Undergound. qui est toujours disponible. On ne pense pas couvrir des périodes plus récentes, non pas par manque de curiosité ou d'ambition, mais toujours en raison de nos possibilités limitées. Pour l'anecdote, quand j'ai débuté en traduction, pour me faire la main, vers le milieu des années 1990, j'ai bossé sur le pamphlet d'Henry Rollins Bodybag Dans l'idée, c'est vrai, de peut-être travailler sur ses écrits à l'avenir. C'étaient les premiers petits livres qu'il publiait. Puis il a commencé a être vraiment trop prolifique, alors j'ai vite pensé que je ne pourrais pas suivre, à moins de me concentrer uniquement à cela. Ce qui m'était bien sûr impossible. En plus, j'étais encore bien actif au niveau musique à l'époque. Nous avons en fait trois nouveaux livre sur le feu, il y a encore beaucoup de travail. Mais je ne ne vendrais pas la peau du cul avant de l'avoir pelée ! Puis une ou deux petites rééditions. Et après, s'il y a un après, nous aviserons.


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Les livres sont disponibles en librairie, as tu un réseau ? Sur le net existe-il une version dématérialisée ?

Ladzi : Économiquement, pour nous comme pour de nombreux petits producteurs, les conditions sont devenues encore plus difficiles ces dernières années. Les coup de fabrication augmentant et l'augmentation successives des tarifs postaux ne faisant qu'accroître notre déficit, nous avons dû augmenter les remises. Le prix des livres n'augmente pas chaque année, lui ! La privatisation de La Poste était une grave erreur, qui a nuit à une multitude de micro-entreprises et continue de participer à la catastrophe économique en France.

Il est certain que si nous avons instauré un site de VPC c'est dans le but de limiter les pertes et d'encourager les gens à nous soutenir en nous commandant les livres directement : il n'y a pas plus punk en matière de marché ! Je le redis. Ils soutiennent la possibilité d'imprimer le livre suivant. Pour les personnes refusant le paiement par carte, il est toujours possible de nous envoyer un chèque. Rytrut est aussi son propre diffuseur. Nous avons eu des propositions en ce sens, mais ça ne fonctionnerai pas dans notre cas, ce serait travailler à perte ; il nous faut un minimum entrer dans les frais. Il y a bien quelques librairies qui nous commandent des livres pour les avoir en rayon, mais la plupart du temps ce sont des commandes ponctuelles de leurs clients, ce qui est bien aussi. Cela représente quand même le plus gros pourcentage de nos ventes. Il y a aussi quelques distros qui nous sont restées fidèles depuis le début et c'est cool !

La question du livre numérique a récemment été remise sur le tapis, en raison des nouvelles possibilité qui nous permettraient de rester indépendants sur la diffusion. Ce fut un choix jusqu'à maintenant de ne faire que de l'édition papier, notamment parce que nous refusions de passer par les plate-formes obligatoires contre lesquelles nous luttons. Et nous continuons de résister à notre niveau, on ne baisse toujours pas les bras ! Même si les gens les plus susceptibles de nous soutenir ne le font pas forcément ; où ne le peuvent tout simplement pas car leurs priorités sont ailleurs. Nous connaissons aussi la précarité.

L'éventualité du livre numérique a donc été soulevée, mais étant donné que la plupart de nos livres ont vu des contrats d'édition pour des livres papier, il nous faudra négocier des avenants avec les éditeurs concernés mentionnant cette nouvelle close, et bien sûr leur proposer un pourcentage.Tout cela sera étudié en temps voulu, mais si nous le faisons, ces versions contiendront des mise en pages simples, avec juste le texte sans photos où illustrations (ce qui, par ailleurs, nécessiterait également un paiement de droits supplémentaires). Je suis désolé de saouler avec l'aspect économique du sujet, mais on ne peut pas bosser plus gratuitement que nous le faisons déjà. Et pour les gens qui veulent le vrai livre, le beau livre, ce sera toujours sur papier !


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La lecture est une réponse à l'ignorance selon toi ? Est-ce un modèle de lutte amoureuse ?

Ladzi : N'est ignorant que Steve! Plus on en sait moins on apprend. Oui, mais il ne s'agit pas de lire recroquevillé dans sa bulle sans jamais en sortir, ni rien faire d'autre, sinon ça peut avoir l'effet inverse. Tout ce qu'on peut vivre ou ne pas faire peut contribuer à l'éveil de toute une chacune. Est-ce que lire c'est agir ? C'est en tout cas certainement plus positif que les tartes dans la gueule... même si on en rêve ! Ah Ah !

Merci pour tes réponses.

CiaO))) XXX Bir


FINE


jeudi, janvier 31 2019

Résonance Indélébile


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Longtemps le temps nous traverse et fait entendre en chacun de soi le murmure secret vers la quête de notre présence sur terre. Mais seriez-vous davantage disposer à entendre le murmure acoustique d'un jeudi soir dans la province de Castres ?

Il est vingt heures au café Jean-Jaurès, le zinc s'illumine de binouze crémeuse, d'un p’tit blanc sec qui donne le rouge aux filles. Les conversations s'allongent d'une pimpante agitation fraternelle sous l’œil hospitalier du cafetier. Personne n'a encore pour l'heure sombré dans cet état éthylique et fini avec une rythmique free jazz dans la tête.

Comme toute personne préférant regarder les autres plutôt que participer par principe à l'installation fallacieuse d'un tour de piste séducteur, je constate qu’il y a dans ce café une approche avec laquelle on trouve le luxe d'être serein. On n'y sent pas l'équanimité hypocrite d'un jugement masturbatoire, pas plus que la violence miséreuse des addictions compensatrices. En deux concerts chaque groupe m'a annoncé exactement la même constatation, ce lieu a quelque chose d'atypique et de cool, c'est parfait pour des concerts.

Je trouve que la bibliothèque offre un refuge cotonneux, que la décoration à la fois spartiate et conviviale, notamment avec les peintures africaines de Tony Chessa dispose d'une nostalgie accueillante vers cet esprit troquet, bistrot social, commune à l'échange que connaissent bien les personnes nées au 20ième siècle. La citation de Jean-Jaurès sur un mur : « C'est au fond qu'il n'y a qu'une seule race : l'humanité » semble paraphraser l'esprit de ce café avec celle du taulier.

L’unique et irremplaçable La Lune Derrière Les Granges organise cette soirée placée sous le calme de l’acoustique avec Mauvaise Pioche et Intenable, sachant qu'il y a endogamie musicale autour des membres avec le groupe Nina's School, et Intenable aussi.

La dernière fois que j'ai utilisé l'expression « Mauvaise Pioche » je suis tombé sur le pouilleux au jeu de carte, et autant te dire que ça remonte à un bail que le proprio à déserter depuis plus de vingt piges.

Mauvaise Pioche est le projet solo d'Anthony que vous connaissez certainement comme bassiste dans Guerilla Poubelle. Son approche de l'acoustique n'est pas commune à celle des sixties du Greenwich Village, et pas plus qu'à celle estivale du noceur de plage. Il est seul sur scène, dans cette mise à nu intimidante et à la fois si libératrice dans son paradoxe, parce qu'elle offre le risque de ne plus s'estomper dans un groupe, mais permet de se révéler. Jusqu'à faire disparaître cet autre que l'on a surpris à s'inventer, parce qu'il faut bien rêver à être autre-chose, que le réel et virtuel imposent la dualité contemporaine, parfois même pour définir l’image que l’on reflète par les autres, et aussi afin de satisfaire cet ego, si fort, si tenace.

L'équipe de la salle Lo Bolegason est présente pour un apéro-tapas, sur une table le merch des deux comparses séjourne, dehors c'est café clope ou clope bière, qu'importe les lézardes pourvues qu'elles fassent un minimum effet.

Anthony entame son set acoustique, je mets entre guillemet en fait car ce futé a choisi de rattacher à son chant et à sa guitare, des pré-enregistrements instrumentaux via son téléphone portable. Ainsi si visuellement il est seul sur scène, la technologie le réconforte d'un équilibre rythmique, d’atmosphères propices à une acclimatation musicale, en fonction de l'intonation des différents morceaux. L'orientation générale est typée punk rock, pop punk, rock indé...De ce mélange cosmopolite, représentatif d'un happy-end fluorescent, d'une harmonie de doute et de craquelure amère. Anthony jalonne à sa musique des mélodies de serpentins entaillés d'éclat. Un peu comme une tablette de chocolat noir avec des amandes, c'est consistant au départ, ça fond en bouche, ça craque sous la dent, et tu as la stimulation de la sérotonine contre le stress et l'anxiété. Il interprétera en majorité des titres de son album « Premier Tirage », avec deux nouveaux inédits. Sa télécaster accuse les stigmates d'un bidouillage au scotch et c'est raccord avec cet esprit bricolage indépendant. Ses pieds suivent les contorsions mouvantes de son jeu de guitare sec, de son chant et la ligne de vie musicale que libère son téléphone.

Les riffs illustrent une dramaturgie punker avec sa longue liste d'adversité et de sinuosité bravache. Son chant granuleux se gorge d'une pigmentation émotionnelle, et d'une liberté de ton proche de celle qu'enfant on jalousait au personnage de Mark Twain, Tom Sawyer. Le temps dévore le regret, ou l'amplifie, qu'importe, on retrouve de la joie dans l'agonie. Il y a cette joie enfantine à l'intérieur des doutes de l'homme, de cet homme.

Pendant que Junk cacahouète & jus d’orange filme, Delphine Gabet fige l'instant présent avec son regard unique de photographe, quelques personnes se sont avancées devant, certaines désinhibées émettent une parole que l'alcool a libéré à la faveur d'une errance nocturne. Il y a cette femme un peu pompette, elle s'adresse à Anthony sans retenue, les mots lui glissent de son esprit embué à la forme faussement prétentieuse, mais dont le fond est bienveillant. Elle s'agite sans prise à l'étourderie, sans remords, elle titube sur ses mots et vacille avec générosité et affection. C'est à la fois amusant et pathétique.

Mauvaise Pioche creuse dans les atours de son intimité profonde de quoi soulever autant le limon du punker que sa joyeuseté. Il suffit de suivre les empreintes des astres vides et des bribes de poussières pour vagabonder dans ce chemin de traverse à la segmentation épineuse, où le gars sur scène dépiaute son mal-être, sa parole, sa vision, mais toujours avec la fraîcheur d'une espièglerie attachante.



Seules les bêtes sortent la nuit. C'est à la fois une résistance à l'incarcération du quotidien, et une désobéissance félonne, une désinvolture princière. A vingt ans, on craint le ridicule mais on aime l'excès, on abhorre la solitude, mais on s'isole par son zèle. Au-delà de la trentaine l'expérience prouve que l'horizon est inaccessible. Passé quarante...Pfffffff...Laisse tomber !

L'artiste puise en lui la force de sortir ce qui lui brûle à l'intérieur, ce qui à la fois le contamine et le nourri. Il est souvent difficile de mettre les mots adéquats sur ce que tes émotions expriment, alors magnifier son art c'est lui apporter l'exacte émotion. Cette sorte de révélation que l’autre encaisse dans l’ombre d’un spot en concert, avec l’effervescence émotionnelle qui pétille dans le ventre, et jusqu’à en avoir les jambes flageolant sur du coton transparent. Il faut manier, sculpter son art seul pour en entendre tonner la sommation sensible. Mais aucun homme sur terre n’est parvenu à réaliser seul, personne, jamais. S'entourer des bonnes personnes c'est comme un bastingage quand on tient la barre du navire. Intenable est sur scène en duo, Kévin à la guitare/chant et un violoncelliste/chœurs de punk, nommé Raw Man.

Intenable est à la base un trio de punk rock dont les maux précipitent avec une justesse mélodique ce que la plaie pessimiste des mots fendille comme vase excédentaire. C'est le deuxième concert de cette tournée, entamé la veille à Toulouse grâce à l'organisation HEY Bitches (girl raw pöwer,Organisation de concerts Pâtisserie Photographie Calligraphie Organisation de mariages / Fête de... ).

Si la formule tâtonne encore, parce que l’on ne sent pas l'osmose, je suis certain qu'elle arrivera, car pour autant chacun ne s'isole pas dans sa partie. Il s'agit juste de réglage que la scène égrène au fil des concerts. Kévin tient à son art, il en porte les lésions, la cicatrisation, un faux pas et tu touches à son être. Expliquer la trame narrative des titres fait partie du processus de liaison qui relie comme une cordée, l’auteur à l’auditrice.eur, c'est important dans le cadre d'une atmosphère plus intime, où tu dois recueillir le public sous ton aile naturiste. Prendre son envol nécessite un rapport de confiance quand tu fais face au précipice. Parce que même dans le noir complet il y a toujours une fissure où la lumière pénètre, où l'on peut teindre sa douleur d'un arc en ciel de délice. Intenable joue à cela, il laisse filtrer la lumière, à toi de la voir.



La guitare folk fut une arme dans les sixties, mais depuis que la protestation est humanitaire il y a un étourdissement dans cette oppression, on ne sait plus où en est la contre-culture, si elle est cette zone à défendre bio, facile et interchangeable dans la communication du marketing 2.0, cette haie naturelle à l'art du combat et à la résistance, où ce quartier populaire qui survie face à la médiocrité populiste où marine sa récupération avec les dents serrées ?

Traduire en folk ce que l'électricité du punk rock ouvre comme brèche à défendre est un genre de nervure boisée qui offre parfois la complicité soyeuse d'une danse. C'est lors de la Cover de Nina's School en trio avec Anthony que cet échange se produisit. C'est arrivé comme cela...Les femmes dansent, souvent, tout le temps, elles n'ont pas peur du ridicule, d'ailleurs pourquoi fendre le ridicule quand les corps sculptent ce que les mots ne permettent de faire avec autant de souplesse et de grâce ? J'aime les femmes pour leur audace à s'amuser, à libérer le contraste que la tension de l'homme cogne avec son arrogante masculinité.

Intenable finit son set l'esprit tranquille. C'est dans cette résonance indélébile que le punk rock renforce l'acuité sensorielle que chacun transbahute au fond de soi, comme un appel d'air à pouvoir ressentir librement, cet ensemble, ce tout, fragile et intense, cet animal qui vit à l’intérieur de soi.

La soirée était coOol, intime, tendrement velouteuse, merci à La Lune Derrière Les Granges, au Café Jean-Jaurès, à Intenable et Mauvaise Pioche.

Quand on sort de cette bulle on retrouve l'étrange diction du noctambule qui soulève bien des errances au rabat-joie straigh-edge.


sXe

Les noceurs m'ennuient éperdument avec leur bon-vivre, leur saoulerie du vivre ensemble, la mondanité à petit canapé et apéritif festif. Rien que le mot festif me file la nausée de toute façon. Tourner les serviettes je suis contre. Surtout en fin de repas, quand les miettes, les morceaux du repas et tous les germes se répandent sur l’ensemble des convives...On atteint le summum de la festivité à ce moment-là nan ? Autant lécher directement la cuvette d'une personne atteinte de gastro-entérite si vous voulez partager le vivre ensemble microbien.

Heyyyyyyyyyy j'aime le titre « Musique » de France Gall pour encaisser son « Faisons taire les mélancoliques, avec notre propre rythmique et notre joie. », mais bon chacun son truc, si ton trip c'est la picole et la clope, le mien c'est un livre et un thé.

Il pleuviote, les manteaux épais et les écharpes douces doivent garantir protection face à la viscosité hivernale. Je rentre vers mes pénates, les lumières de la ville s'éloignent et je m'enfonce dans l'épaisse nuitée périphérique avec le satin du « Naima » de Coltrane, et j’ai même pas mal à la tête.

Retrouver les vidéos via la chaîne WBZ, les photos via la page FB WBZ.

CiaO)))

XXX

Bir


vendredi, janvier 11 2019

CAFZIC N°75


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Yan est un landais stakhanoviste. Il gère une émission de radio « Electric Trouble », des concerts sur Mont-De-Marssan avec l'asso Electric Troubles Productions, notamment au Royal Electric, au Café Music, et un fanzine le Cafzic. Il œuvre toujours à parfaire une discipline philanthropique qui depuis 75 numéros file le tournis, des bouffées de chaleur et un trou à la banque. A chaque fois je suis ses empreintes avec des chroniques teintées de fougue, de clin d’œil érudit, d'altruisme, une honnêteté bienveillante, un regard pointilleux, et à chaque fois je vais sur les sites des groupes, achète leur disque.



Yan est un passeur passionné, un connaisseur généreux, un bienfaiteur de la culture underground. Quand tu as un gars de cette trempe dans ton coin, tu peux être certain qu'il va te faire remuer le bordel comme une toupie. C'est un défricheur et à cet effet le fanzine c'est un paquet d'itw, de chronique de disques en tout genre, donc beaucoup de découvertes, et souvent excellentes. Il en parle avec un amusement érudit, avec une sincérité émotionnelle, gage d'honnêteté. Des dessins croqués pour ce « Spécial Rock et couture » apportent dérision punk pour humour pounk, le bestiaire est fringant et fait planer comme un avion sans ailes, pour battre à plate couture tous les Charlélie au poil long et à la barbe fine.

Retrouver toutes les interview via la page FB du Cafzic, ainsi que la bande son de ce numéro 75, vous pouvez aussi consulter ce numéro, c'est toujours très cool à lire et intéressant.


yan


lundi, janvier 7 2019

PARCE QUE CA NOUS PLAIT – 20 Nouvelles Électriques Autour d'OTH


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Ce livre est un hommage littéraire, une fabuleuse radiographie fictive qui tient compte de l’environnement social, de l’urgence primitive du punk, et surtout, last but not least, du legs qu’OTH a électrisé dans le langage commun propre à tous les Arapahos du macadam, les iroquois des années cannibales.

Une relecture des albums des mythiques Montpelliérains est disponible depuis que la maison Kicking Records en a réédité (sacralisé) les objets (les totems).

J’en profite aussi pour à nouveau communiquer sur une accointance vinylique avec la maison Nineteen Something, avec le choix de réactualiser la discographie de groupe devenu depuis inaccessible, tel que les Rats, Les Soucoupes Violentes, Les Thugs, City Kids, Scuba Driveers, Garlic Frog Diet, Sixpack, etc....Ce label est géré par Eric Sourice des Thugs et Franck ‘’Violence’’ Frejnick du fanzine Slow Death, du mag Punk Rawk, lequel a réalisé la pochette de ce livre.

Pour les jeunes du 21ième siècle n’ayant connu la période alternative, OTH est une abréviation de plus, alors que pour les personnes du siècle dernier, il en sera tout autrement.   Ce livre s’inscrit dans une démarche à laquelle on peut se demander si c’est pour ressusciter, ranimer, rajeunir, bouleverser, rétablir ? Ou plus subtilement peut-être, faire muer la jeunesse 2.0 en rapetou et guérir les plaies ouvertes des vieux jeunes.

Dans les 80 ‘s, le peuple de la rue était punk alternatif, ce n’était pas une vague musicale pour acheter du tissu, ni quelque chose de vague comme genre à une vie d’errance. Dès qu’OTH était inscrit au marqueur sur les sacs U.S kaki du collège au lycée vous saviez à quel punk vous aviez affaire.

Le groupe originaire du sud est cette communarde distillant la clameur des problèmes sociaux caractéristiques des villes du pourtour méditerranéen. Même avec un bleu azuréen, la banlieue grise émiettait dans la vérole de l’ennuie cette façon de s’extirper dans le maquis explosif d’OTH, et chaque inadapté y voyait le conglomérat d'un cri de révolte partout où il se trouvait.

J’ai trouvé pertinent de demander à un camarade de lutte alternative la place qu’occupe OTH ? Sachant qu’à trois heures de la capitale du Languedoc-Roussillon de l’humoriste  et accessoirement député trépassé George Frêche, tarnais de naissance, on est à Castres, ville où le bastion de punk a eu son rôle de dynamo pendant le brasier sonore des 80's/90's. C’est Xavier qui en parle avec les réminiscences d’une Légitime Défonce.



Les bouquins biographiques sur le rock foisonnent, ceux avec un langage similaire au punk sont rares. On retrouve cette créativité fulgurante opiacée par l’ivresse de son insurrection dans ce livre. Il n'est pas un truc recyclé/lessivé de toute substance marginale. Que ce soit en mode anticipation, passé rétroactif, les textes expurgent des expressions soniques et nucléaires qui ne tombent jamais en électricité statique.

C’est édité par le manager des Sheriff sur Kicking Book, il y a Metro Beach de Gwardeath pour la promo qui laisse son poinçon littéraire sur une nouvelle, et que vous pouvez retrouver toutes les aventures sur son podcast, chaudement recommandable.  

Avec ce livre on revoit danser les squelettes mordorés d’un monde hors-la-loi, en se demandant mais où est le danger aujourd’hui dans la musique ? Parce que la détonation sonique de cette époque phare avait ce goût de sang à force de serrer la mâchoire, et fonctionnait comme une lumière dans la nuit.

On y parle le margoulin dans une surimpression émotive sur l’art primitif des Montpelliérains, en insufflant une éjaculation d’adrénaline dans ces périphériques péripéties. C’est nerveux, frontal et sanguin, normal ça vient du midi.

En loucedé chaque rédacteur imprime sa griffe littéraire, son mordant capiteux, qu’ils viennent de la presse musicale, du polar, du booking, fanzinat, etc…Tous ont dans les veines l’hémoglobine qui torpille pour l’intraveineuse du punk d’OTH, et on ne voit, ne sent que cela, partout, tout le temps. Dans chaque fréquence électrique, dans chaque souvenir tendu, et tu auras beau émettre un doute quant à la réelle signification de cet hommage. S’adonner au rite de passage préhistorique d’une écriture mordue par le venin du rock, dans ces excursions plumitives en désertion factice, il résonne dans chaque nouvelle l’épicentre cendreux d’une époque qui apparaît aujourd’hui sulfureusement libertaire.

Alors pourquoi une série de nouvelles pour un dépôt de gerbe à OTH ?

« Parce que ça nous plaît » en est la plus intense déclaration instantanée, qui colle comme un larsen  aux amplis que le groupe à cramer.




samedi, janvier 5 2019

XMAS PUNK ROCK PARTY


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Il n’y pas que les huîtres qui bénéficient d’une hutte pendant les fêtes de fin d’année.

Depuis la fin de l’automne, sur certains ronds-points de l’hexagone des agitateurs fluorescents abritent des revendications légitimes pour une meilleure redistribution des richesses. Jusqu’à ce que cela soit même devenu violemment  fort embarrassant pour le pouvoir Jupitérien en place. Ces minions tout jaune et de colères noires, sans étiquette politique, nous en croiserons le long de la route, leur capharnaüm résidentiel s’est même étoffé d’éclairages festifs pour la trêve hivernale. Je pense que le Macronisme n’a pas le cul sorti des ronces parce que ce n’est pas près d’être terminé, ils en forment une ribambelle d'apprenti.es dès le plus jeune âge désormais.


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Au fait, le logis d’une huître s’appelle la bourriche. 

Nous arriverons dans la voiture familiale de Junk cacahuète & jus d’orange en constatant que le parking est plein. Cette soirée placée sous l’égide Xmass Punk Rock Party par l’asso Pollux se matérialise dans la maison de quartier de Ranteil, aux portes d’Albi.

Une MJC (Maisons des jeunes et de la culture), mais ouaie Dude, carrément,  comme à l’époque où la diffusion culturelle était de concert avec l’unité et la complicité de la scène, la connexion et la socialisation au genre humain. Depuis, ce genre d’institution possède la même obsolescence programmée qu’une machine à laver.

Pollux a pris le bâton de relais en main, comme celui de pèlerin et à l’intérieur sa team a pris soin d’apporter sa décoration oldschool avec des affiches des prochaines soirées.

La pièce est rectangulaire et le public a répondu présent puisque c’est complet, son mode de pensée est orienté vers la vacation de fin d’année avec l'espérance d’une nouvelle année florissante au triptyque santé, bonheur et un ticket pour l'Xtremefest. Une mezzanine nous permettra d’installer le matériel en toute sécurité pour filmer les concerts. Vince Musclor Gym Tonic est au pilotage, c’est en quelque sorte son baptême de l’air, et rien ne va se passer comme il se doit, bien entendu.

Pour rappel : Dans spectacle vivant il y a un adjectif qui indique une probabilité de circonstances imprévues, aussi raffinées à vivre l’intensité qu’une embrassade gênante.


bisous

LAME SHOT est le premier punk rocker à dégommer les enceintes. L’ensemble du WallaBirZine est fan de leur dernier opus en date, nous étions donc aux aguets afin d’entendre pour notre première fois le rendu live.

Mr Moustache à la guitare rythmique est en kit main libre, puisque le désormais célèbre chanteur de Charly Fiasco est exégète dans Lame Shot, il batifole en papillonnant. Jules le batteur est lui aussi Charly et se gargarise tout le long du set d’une fluidité sans l’ombre d’un fiasco, Charly je le rappelle. Enfin, tout est relatif, il y eut un petit réglage au début avec le pied d’un tom basse qui a joué des siennes. Le bassiste est nouveau, il a dû être repérer via google map Castelginest et auditionné sur le site de rencontre qui privilégie le sucre sonique, car sa rondeur musicale s’enrobe de cassonade punky. Déjà qu’il y en a plein avec les mélodies pop punks de Lame Shot, le résultat n’est pas du tout une overdose de sucre. C’est la magie affable d’un coulis sirupeux dans des rivières de miel. Oubliez le canoë, le Kway, même si c’est glissant et humide.

On est conquis par leur prestation, par la saveur ouatée des parties vocales, la convenance mélodique et du tempo propre à ceux entendus sur disque. Mais c’est qu’ils sont bons ces cons !

Ces trentenaires crachent leurs poumons, et surtout le cœur émotif d'une musique à la vivacité attractive. Malgré une sinusite, un rhube, rien n'arrête Lame Shot d’aiguiser la lame de fond et de fondre leur mousseline punk avec fougue.

Lame Shot est un booster adulescent, une confiserie Screeching Weazelienne. Le set est envoyé pied au plancher, mû par une vitalité redoutable de coller aux besoins pimpants d'un public fringant. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera cette pop punk ultra-vitaminée, remplie par cette teneur mélodique à la sensibilité imparable au mois de Mars, sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Pas mal de connaissance croisée aussi à cette soirée, comme Delphine du collectif Hey Bitches, organisatrice de concert furibard et capiteux sur Toulouse, mais aussi photographe pour Punk Rawk...Heyyyyyyy le mag ressuscité revient pour un one shot. C'est vraiment hyper coOol de relire cette publication culte, vous pouvez l'obtenir gratuitement ou soutenir ce retour gagnant via leur site PUNK RAWK.

Je croise un Monsieur de Madame La Marquise et To Lose Punker de formation, backliner pour les coupaings, Ju la batteuse de Ben & Fist, le chanteur occitan des punkers d'Enlòc, Olivier qui n’est pas toujours dans la Lune mais toujours les pieds sur terre...Que du beau monde !


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Avant le prochain groupe je regarde s’affairer les gens de l’organisation de la soirée. Je suis admiratif de toutes ces personnes besogneuses, qui dans l’ombre œuvrent sans cesse, d’autant plus quand il s’agit d’un responsable. J’en ai déjà vu fort souvent, pour ne pas dire fréquemment, qui se repose sur leur laurier et préfère laisser les basses besognes aux sous-fifres. Sachant même que certain ont le culot de s’accaparer tout le mérite et le labeur (les lauriers), c’est consternant à constater. Généralement en gérant de cette manière, cela ne va pas loin, car ils épuisent les autres et leur égocentrisme masturbatoire fera débâcle pour motiver les troupes.

Ceci on ne le constate pas chez Pollux, ni à l’Xtremefest. Tu peux voir David le président de l’Xtremefest en train de faire les balances, décharger le matériel, et de son œil aguerri s’apercevoir et venir aimablement expliquer à un vieux punk pendant le concert de sortir fumer dehors pour respecter les non-fumeurs (en plus de la législation sur les consignes de sécurité incendie). Gim le présidant de Pollux ranger le matériel avec tous les autres, et ceci c’est tout le temps qu’ils sont sur le pont et à la barre. Ils ont la confiance des autres non pas avec des paroles de simulateurs, mais avec des actes concrets. Donc oui je suis admiratif de leur dévouement, de leur engagement et de leur humilité. C’est la force de ce groupe : une cohésion familiale.

Maintenant c’est un travail minutieux sur le long terme, il y a de l’exigence, une remise en question permanente pour un meilleur perfectionnement, avec un recul nécessaire sur chaque événement, une expérience qui aujourd‘hui leur permet d’anticiper, de connaître chaque besoin en fonction de la soirée à organiser, et d’avoir cette loyauté envers eux même et leurs partenaires, leur public, et envers toutes celles et ceux qui feront la démarche philanthropique et culturelle de perpétuer Xtremement la zguenitude Poluxienne.

Tout cela est bien entendu fort d’une éthique punk hardcore, d’un savoir-faire dans les musiques amplifiées, et d’une érudition dans les sous-cultures, contre-culture.


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INTENABLE est sur scène, ces Girondins de Montpellier (2 points) appuient en toute fin sur le starter revival pour la décoction juvénile Nina’s School, avec 2 covers ultra-speedées pour coller à l'actualité, avec la réédition de deux de leur album. L’électricité statique du fond de salle se gorge d’une explosivité à mesure que l’on progresse dans la fosse. L’échange des ‘’gnons’’ et des prototrophes récalcitrants au caractéristique protocolaire du pit (les gars au fond de la salle) forment une ménagerie joviale.  

Ndlr : Un prototrophe est un organisme vivant capable de proliférer dans un milieu de base sans nécessiter la présence de facteurs de croissance particuliers. Il synthétise lui-même les substances nécessaires à sa prolifération dans une attitude de placidité cool, et généralement avec l’aide d’une bière pour en équilibrer la posture en tapotant du pied.

Le punk d’Intenable possède cette amertume émotionnelle ajourée de surtensions électriques et de rythmique dansante. Il y a des breaks au mood vivifiant pour que chaque titre ouvre vers une teneur explosive sous-jacente, et avec son émotivité spleenétique. C’est un mélange de folie britannique et de french flair. Le public pogote sans cesse durant le set et avec sudation, les sourires sont larges de toute part.

Vince indiquera un problème de pile dont la manœuvre a nécessité un temps relatif pour en rectifier le tir, mais qui n’a pas permis d’enregistrer la totalité du concert. (correction c'est sur GxP qu'on a perdu un bout de live )

Le débutant apprend comme le sage, tous les jours. Junk cacahuète est devant pour filmer, photographier avec passion, sa belle-fille s’initie au pogo sous le regard amusé et protecteur de sa mère, habituée à corroder la fosse par sa punktitude libertaire.

Intenable fini son set dans la clameur. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera le groupe en version acoustique et avec le projet solo d'Antho intitulé Mauvaise Pioche ce 11 Janvier 2019 sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.




Les recommandations du chef de ligne effectuées par Till étant proclamées, nous vous souhaitons un bon vol...Plané avec le punk rock de GUERILLA POUBELLE.

Défouloir et guerilla dans le pit, la jeunesse s'éclate les côtes flottantes avec la franche déconne caractéristique d’une bonne soirée. On entendra le crépitement des palpitations juvéniles sur tous les titres. La basse se gorge d'une rondeur que les riffs en saccharose l’onctuosité électrique, le chant rauque brûle des filaments de pensée que les riffs ricochent d’une salve de détonation punk sur une rythmique en feu.

Pendant la chanson féminisme « Nous sommes les fils et les filles des sorcières que vous n'avez pas brûlé » dont le titre est plus long que la chanson a interprété, trois pimparelles (jeune fille en occitan) s'amusent dans la mêlée festive des gaziers à dreadlocks, à cheveux long et rasé…mais pas de près. La démocratisation des filles dans les concerts undergrounds c’est super positif, cela signifie que les mentalités ont évolué, et que se raréfie les lourdauds misogynes. J’ai l’intime conviction que sans une réelle prise de conscience du féminisme aucuns changements probables ne verront le jour (écologique, économique), tant tout est lié dans cet équilibre, dans cette égalité d’interprétation conjointe.

En vérifiant vers la mezzanine je constate qu’il n’y a plus rien sur le trépied. Quand j’arrive Vince sue autant que si il était en train de soulever de la fonte, et accuse à la pesée une surpression de 2.9 bar. Entendons-nous bien, ici le bar (symbole bar) est une unité de mesure de la pression équivalente à 100 000 pascal. Vince est sXe, il boit du jus de carotte biologique écoresponsable, hein ? Ouaie si tu veux c’est un hipster de la campagne de Saix, et ce soir-là c’est son baptême du feu. La batterie de l’appareil est vide et il ne trouve pas l’autre, qui était dans le pantalon de Junk, cqfd. Action corrective immédiate : Nous mettons en place un protocole dès l’installation du matériel, afin de vérifier que tous les éléments en échange soit ranger dans un sac dévolu, et à proximité de l’appareil.

Le final de GxP c’est avec des gars de Lame Shot pendant le titre Prévert, Kosma, Paris où Till uniquement au chant éventrera le pit avec l'aura de Moïse afin de s’ingérer au public. Après le set, le sol lissé par la bière renversée scintille avec la même lumière qu'un lac de montagne, et la chaleur d’un hammam Marocain. Le batteur en sueur s’offre en slip au selfie du public. On fait une interview succincte avec Till.



Nous procéderons aux interviews en fin de party ce qui s’avère être une mauvaise décision, car les groupes sont rincés. Il faut rameuter sans cesse étant donné que les gars sont disséminés aux quatre coins et bavardent, d’autres s’affairent derrière le merch, où commencent à ranger leur matos, Till a mangé précipitamment pour réaliser cet entretien.

Nous les remercions pour leur entière disposition et leur amabilité, nous agirons différemment c’est certain, même si nous avions proposé de remettre ultérieurement ces ITW. D’habitude nous procédons avant les concerts mais cette fois-ci pour des déconvenues de logistiques il ne nous était pas possible d’arriver plus tôt, ni d'en réaliser entre les sets des groupes. S’il faut savoir jongler avec les impondérables de la vie et les aléas du direct, ce n'est pas évident pour que tout s’emboîte.

Notre démarche est bienveillante. On fait par passion pour des passionnés, et ceci doit s’accomplir dans un confort, favorable à un entretien. Nous sommes de fervents enthousiastes avec des moyens limités. On veut bien vous ‘’divertir’’ par une traversée épique sonore et visuelle, mais surtout, on veut vous apporter la lumière de l’underground comme un fanzine oldschool, propagateur de trip, jointeur de genres/styles sous-culturel, shaker contre-culturel, avec des témoignages, des éclairages, fruit d’une expérience authentique, libérant des connaissances et un approfondissement culturel, et si possible que ce soit positif.

Nous espérons cher public que tu as dorénavant conscience de l’engagement que chacun met pour que tu puisses t’éclater dans ce genre de party avec pollux asso, et d’en relire, d’en visionner après coup la saveur en bouche avec le WBZ.

Retrouvez tous les lives, de cette soirée via la page vidéo du WallaBirZine, puis les photos via FB du WBZ.

Remerciements généreux à Pollux Asso, Lame Shot, Intenable, Guerilla Poubelle, au public.


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dimanche, décembre 30 2018

FRIDAY NIGHT LIVE 2018


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Last Friday night

Yeah I think we broke the law

Always say we're gonna stop-op

Whoa-oh

This Friday night

Do it all again

Si,si, on peut très bien citer Katy Perry pour implanter une introduction croustilleuse dans un report de punk rock.

Donc on m'a conseillé de multiple fois de faire court. En bref, je vais essayer.

Quand tu assistes à une soirée underground, en premier lieu, tu soutiens le cafetier avec une commande, il offre le cadre, l'enceinte où aura lieu l'épicentre émotif, à bien y réfléchir ce n'est pas rien.

Yep, un thé pour ma part en attendant Junk cacahuète et Vince Musclor, mes comparses de la section vidéo-game du WBZ.

Nous sommes à Castres il est 20h30 ce 21/12/2018, au café Jean Jaurès, j'avais pas foutu les pieds dedans depuis 1988. J'étais au collège juste en face et qui se nomme...Jean Jaurès. Vlan, dans le mille Émile, bennnnnnn non, Jean-Jaurès.

A l'extérieur les tumeurs les plus folles circulent dans l'air pendant que les fumeurs s'époumonent de leur sucette cancéreuse. C'est moi où il fait froid ? A l'intérieur la mixité sociale se juxtapose au préparatif de la soirée proposée par La Lune Derrière LES Granges. L’occasion de poser quelques questions à Olivier, le président du comité directoire de cette œuvre de bienfaisance culturelle du sud Tarnais.


Le café est tout en longueur, il offre plusieurs ambiances, ainsi, après le comptoir et sa faune guillerette, il y a un espace cosy avec canapé et une bibliothèque remplie de livres à emprunter. Ça pose d'emblée la compréhension de partager dans un même lieu la richesse que l'on pressent dans la diversité de la vie. C'est appréciable.

Plus loin encore, carrément au fond, un espace insoupçonné jusqu'à lors, dont la dimension est absolument parfaite pour des concerts underground. C'est la première surprise et de taille. Les groupes ont un espace nécessaire pour évoluer, le public n'est pas en reste. C'est la première soirée pour la Lune avec les nouveaux propriétaires du lieu, je ne cache pas que l'endroit est vraiment cool et que j'espère qu'il y en aura d'autres. Pendant le siècle dernier c'était une cache pour jouer de carte et d'argent.

Deuxième engagement, lui aussi d'importance, c'est le soutien aux groupes. Généralement je prends toujours un disque, c'est le minimum, surtout quand j'ai kiffé le set. Puis il y a toujours un bac de distro bien achalandé, tu papotes avec les groupes, tu crées du lien, tu fais passer ton énergie, tout le monde croise ses effluves et la magie de la vie ouvre ses pétales dans laquelle tu vas butiner allègrement...Ok, on a chié Saint-Petersbourgh parce que nous étions à l'extérieur a réalisé des ITW.

Le trio Toulousain a brisé l'épaisseur de glace extérieure moscovite avec un stoner funky, rossant la vénusté plastique de leurs mélodies chaudes. Sans pouvoir d'ubiquité ce sera pour une prochaine fois pour funker avec eux...

Pendant ce temps de cerveau disponible on a papoté dans le froid avec Gim le président de l'asso Albigeoise Pollux, chef opérateur dans le meilleur festival sudiste l'XTREMEFEST, et chanteur à cheville foulée avec Hypocondriax, il a répondu avec la coolitude qu'on lui connaît à l'actualité sonnante et trébuchante passé et à venir de la pléthore des activités énumérées plus haut.



L'abréviation SS ne correspond pas du tout à la patine mélodique de Skull Soda, groupe Toulousain du Gers (tchin 2 points), car le band appose une saccharose musicale assez peu compatible avec l'essor du troisième reich.

Sa décoction musicale est issue d'une douceur enflammée, à l'intime conviction de faire flotter dans les embruns sensibles la beauté du power rock le plus intense, et avec la fluidité du pop punk.




L’équipé épique du WBZ est saisi par le rendu en live. Le groupe est en place, le chant hyper calibré offre une harmonie de couleur vivifiante. C'est très certainement ce qu'il nous a le plus séduit. Le punk mélo sur disque c'est cool mais en concert c'est assez casse-gueule si tu n'es pas en place, et cela peut très vite engendrer un malaise à entendre. Ce qui est à trois années lumière du cas de Skull Soda. C'était chaleureux, frais et la bonne énergie du groupe a vite apporté cette chaleur au corps que l'esprit savoure dans son ivresse des cimes émotionnelles.

Je me suis régalé, Big Gim de Hypocondriax a eu raison de faire monter le son de la basse au début, puisque après ce conseil, Skull Soda avait cette rondeur adéquate au charme qu'il a diffusé, et même transplanté dans les cœurs ardents d'un public conquis. Deux E.P a leur actif seulement (pour le moment) mais chaudement recommandable, checker leur page bandcamp, leur dernier Sleep Hunt Through The Mirror est uniquement numérique, du coup le band a confectionné des petites cartes de leur artwork pour munir leur merch hyper cool.

Pas mal d'atmosphères dans leurs compositions, cela amène de la profondeur de champ, un mood délicat avec cette empreinte sensible que l'on rencontre entre Saves The Day et Trash Boat. J'espère revoir ce groupe le plus rapidement possible, ça fait chaud au cœur d'entendre et voir que l'underground sait encore illuminer ce genre de pépite.

Fabule, leur bassiste et accessoirement maître chanteur dans Ben & Fist a plaisanté avec nous après le set sur les potentielles expressions qui sied à la ville du soir, dont un dantesque Castres toi tu pues et marches à l'ombre.


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Raincheck c'est le cri du Lyon avec le froc au cheville. Sa décontraction punk'n'rollesque est tout aussi tapageuse que son hardcore est enragé. J'avais annoncé que leur set allait chier du feu et effectivement il y eu retour de flamme. Le groupe était même fourbu par sa robustesse touffe sonique. Le chanteur a fait le zazou en secouant les puces de Zeke dont il portait le t-shirt, avec la nonchalance animée d'un épileptique. Il n'y avait pas de filtre. Le groupe avait deux dates pour ce week, c'était sans prise de tête, ils ont tous un taf à côté et le groupe est un exutoire.

En fait tu peux sortir un Ep en 2016 avec cet espoir que la force soit avec toi, sans te douter une seconde que la vie va venir te biaiser son imposition d'obligation, où tu te vois obéir sans scrupule au desiderata pour torcher, boulonner un professionnalisme dont ton adolescence rebelle avait bien mentionné un refus catégorique à ce genre d'avenir. Ce week-end est une occasion de jouir sans entrave pendant cette journée internationale de l'orgasme pour libérer la jute sonique, et c'est ce que Raincheck a accompli. Un feu de joie furibard s'est répandu dans l'enceinte du café Jean-Jaurès, le groupe appuyant sur le starter et l’accélérateur les deux pieds tendus.

Un set bordélique et fantasque a propulsé cette agitation que le punk HxC offre comme acclimatation quand ta respiration s'accélère et ressent le souffle vital de ta passion prendre feu dans ses racines. Les deux gratteux nous ont offert des poses de heavy rock dantesques et des riffs capiteux, le batteur a tapé plus lourdement que ce qu'il faisait jadis dans Leptik Ficus. Est-il nécessaire de mentionner que leur nouveau bassiste portait un shirt de Freddy Mercury ? Je ne le pense pas.



Le lendemain Raincheck jouait à Toulouse chez les copains To Loose Punkers pour leur TLP Winter FEST Vol.2 à la Cave à Rock. On espère les revoir dans le coin pour une autre explosion de jouissance.

Important : Vous pouvez retrouver tous les lives de cette soirée via la page vidéo du WBZ.

Dernier conseil : Ne regarde pas le doigt du type qui te montre la Lune, vas-y.

C'est un conseil qui a son importance. Déconnecte-toi de la vie virtuelle, sors, va te confronter à la réalité, tu verras que tu ne seras pas jugé.es, emmerdé.es, importuné.es, tarabusté.es. C'est des conneries le jugement des autres, parce qu'en fait tout le monde s'en fout, il n'y a que toi qui te juge. De toute façon, on fait, on ressent comme on veut. Pour exemple, je suis souvent silencieux quand je crie à l'intérieur mon émotion. Et alors ? Pas besoin de se faire remarquer pour vivre.

Dans la vie on peut très vite être vampirisé par des personnes malveillantes dont le processus d'aliénation de vie correspond à la sentence Darwinienne : le plus fort bouffe les autres, alors que la vérité fondamentale des humains c'est que le meilleur sauve les autres, ce qui nous distingue du règne animal. La vie n'est pas faite que de fatalité, regarde la Lune, ce 21 Décembre 2018 elle était pleine, lumineuse, et ses représentants sur Terre ont une fois encore électrisé cette marée émotionnelle, dans un flux et reflux musical éclectique, dense, propulsant un joyeux bordel.

Merci au Café Jean-Jaurès, à Saint-Pétersbourg, Skull Soda, Raincheck, à Gim et sa compagne pour Pollux/Xtremefest, au public, et mile fois merci à la Lune derrière les granges.


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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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mercredi, septembre 5 2018

NOTHING MORE - Game Of Truth


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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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