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Tag - PuNk RoCk

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vendredi, janvier 11 2019

CAFZIC N°75


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Yan est un landais stakhanoviste. Il gère une émission de radio « Electric Trouble », des concerts sur Mont-De-Marssan avec l'asso Electric Troubles Productions, notamment au Royal Electric, au Café Music, et un fanzine le Cafzic. Il œuvre toujours à parfaire une discipline philanthropique qui depuis 75 numéros file le tournis, des bouffées de chaleur et un trou à la banque. A chaque fois je suis ses empreintes avec des chroniques teintées de fougue, de clin d’œil érudit, d'altruisme, une honnêteté bienveillante, un regard pointilleux, et à chaque fois je vais sur les sites des groupes, achète leur disque.



Yan est un passeur passionné, un connaisseur généreux, un bienfaiteur de la culture underground. Quand tu as un gars de cette trempe dans ton coin, tu peux être certain qu'il va te faire remuer le bordel comme une toupie. C'est un défricheur et à cet effet le fanzine c'est un paquet d'itw, de chronique de disques en tout genre, donc beaucoup de découvertes, et souvent excellentes. Il en parle avec un amusement érudit, avec une sincérité émotionnelle, gage d'honnêteté. Des dessins croqués pour ce « Spécial Rock et couture » apportent dérision punk pour humour pounk, le bestiaire est fringant et fait planer comme un avion sans ailes, pour battre à plate couture tous les Charlélie au poil long et à la barbe fine.

Retrouver toutes les interview via la page FB du Cafzic, ainsi que la bande son de ce numéro 75, vous pouvez aussi consulter ce numéro, c'est toujours très cool à lire et intéressant.


yan


lundi, janvier 7 2019

PARCE QUE CA NOUS PLAIT – 20 Nouvelles Électriques Autour d'OTH


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Ce livre est un hommage littéraire, une fabuleuse radiographie fictive qui tient compte de l’environnement social, de l’urgence primitive du punk, et surtout, last but not least, du legs qu’OTH a électrisé dans le langage commun propre à tous les Arapahos du macadam, les iroquois des années cannibales.

Une relecture des albums des mythiques Montpelliérains est disponible depuis que la maison Kicking Records en a réédité (sacralisé) les objets (les totems).

J’en profite aussi pour à nouveau communiquer sur une accointance vinylique avec la maison Nineteen Something, avec le choix de réactualiser la discographie de groupe devenu depuis inaccessible, tel que les Rats, Les Soucoupes Violentes, Les Thugs, City Kids, Scuba Driveers, Garlic Frog Diet, Sixpack, etc....Ce label est géré par Eric Sourice des Thugs et Franck ‘’Violence’’ Frejnick du fanzine Slow Death, du mag Punk Rawk, lequel a réalisé la pochette de ce livre.

Pour les jeunes du 21ième siècle n’ayant connu la période alternative, OTH est une abréviation de plus, alors que pour les personnes du siècle dernier, il en sera tout autrement.   Ce livre s’inscrit dans une démarche à laquelle on peut se demander si c’est pour ressusciter, ranimer, rajeunir, bouleverser, rétablir ? Ou plus subtilement peut-être, faire muer la jeunesse 2.0 en rapetou et guérir les plaies ouvertes des vieux jeunes.

Dans les 80 ‘s, le peuple de la rue était punk alternatif, ce n’était pas une vague musicale pour acheter du tissu, ni quelque chose de vague comme genre à une vie d’errance. Dès qu’OTH était inscrit au marqueur sur les sacs U.S kaki du collège au lycée vous saviez à quel punk vous aviez affaire.

Le groupe originaire du sud est cette communarde distillant la clameur des problèmes sociaux caractéristiques des villes du pourtour méditerranéen. Même avec un bleu azuréen, la banlieue grise émiettait dans la vérole de l’ennuie cette façon de s’extirper dans le maquis explosif d’OTH, et chaque inadapté y voyait le conglomérat d'un cri de révolte partout où il se trouvait.

J’ai trouvé pertinent de demander à un camarade de lutte alternative la place qu’occupe OTH ? Sachant qu’à trois heures de la capitale du Languedoc-Roussillon de l’humoriste  et accessoirement député trépassé George Frêche, tarnais de naissance, on est à Castres, ville où le bastion de punk a eu son rôle de dynamo pendant le brasier sonore des 80's/90's. C’est Xavier qui en parle avec les réminiscences d’une Légitime Défonce.



Les bouquins biographiques sur le rock foisonnent, ceux avec un langage similaire au punk sont rares. On retrouve cette créativité fulgurante opiacée par l’ivresse de son insurrection dans ce livre. Il n'est pas un truc recyclé/lessivé de toute substance marginale. Que ce soit en mode anticipation, passé rétroactif, les textes expurgent des expressions soniques et nucléaires qui ne tombent jamais en électricité statique.

C’est édité par le manager des Sheriff sur Kicking Book, il y a Metro Beach de Gwardeath pour la promo qui laisse son poinçon littéraire sur une nouvelle, et que vous pouvez retrouver toutes les aventures sur son podcast, chaudement recommandable.  

Avec ce livre on revoit danser les squelettes mordorés d’un monde hors-la-loi, en se demandant mais où est le danger aujourd’hui dans la musique ? Parce que la détonation sonique de cette époque phare avait ce goût de sang à force de serrer la mâchoire, et fonctionnait comme une lumière dans la nuit.

On y parle le margoulin dans une surimpression émotive sur l’art primitif des Montpelliérains, en insufflant une éjaculation d’adrénaline dans ces périphériques péripéties. C’est nerveux, frontal et sanguin, normal ça vient du midi.

En loucedé chaque rédacteur imprime sa griffe littéraire, son mordant capiteux, qu’ils viennent de la presse musicale, du polar, du booking, fanzinat, etc…Tous ont dans les veines l’hémoglobine qui torpille pour l’intraveineuse du punk d’OTH, et on ne voit, ne sent que cela, partout, tout le temps. Dans chaque fréquence électrique, dans chaque souvenir tendu, et tu auras beau émettre un doute quant à la réelle signification de cet hommage. S’adonner au rite de passage préhistorique d’une écriture mordue par le venin du rock, dans ces excursions plumitives en désertion factice, il résonne dans chaque nouvelle l’épicentre cendreux d’une époque qui apparaît aujourd’hui sulfureusement libertaire.

Alors pourquoi une série de nouvelles pour un dépôt de gerbe à OTH ?

« Parce que ça nous plaît » en est la plus intense déclaration instantanée, qui colle comme un larsen  aux amplis que le groupe à cramer.




samedi, janvier 5 2019

XMAS PUNK ROCK PARTY


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Il n’y pas que les huîtres qui bénéficient d’une hutte pendant les fêtes de fin d’année.

Depuis la fin de l’automne, sur certains ronds-points de l’hexagone des agitateurs fluorescents abritent des revendications légitimes pour une meilleure redistribution des richesses. Jusqu’à ce que cela soit même devenu violemment  fort embarrassant pour le pouvoir Jupitérien en place. Ces minions tout jaune et de colères noires, sans étiquette politique, nous en croiserons le long de la route, leur capharnaüm résidentiel s’est même étoffé d’éclairages festifs pour la trêve hivernale. Je pense que le Macronisme n’a pas le cul sorti des ronces parce que ce n’est pas près d’être terminé, ils en forment une ribambelle d'apprenti.es dès le plus jeune âge désormais.


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Au fait, le logis d’une huître s’appelle la bourriche. 

Nous arriverons dans la voiture familiale de Junk cacahuète & jus d’orange en constatant que le parking est plein. Cette soirée placée sous l’égide Xmass Punk Rock Party par l’asso Pollux se matérialise dans la maison de quartier de Ranteil, aux portes d’Albi.

Une MJC (Maisons des jeunes et de la culture), mais ouaie Dude, carrément,  comme à l’époque où la diffusion culturelle était de concert avec l’unité et la complicité de la scène, la connexion et la socialisation au genre humain. Depuis, ce genre d’institution possède la même obsolescence programmée qu’une machine à laver.

Pollux a pris le bâton de relais en main, comme celui de pèlerin et à l’intérieur sa team a pris soin d’apporter sa décoration oldschool avec des affiches des prochaines soirées.

La pièce est rectangulaire et le public a répondu présent puisque c’est complet, son mode de pensée est orienté vers la vacation de fin d’année avec l'espérance d’une nouvelle année florissante au triptyque santé, bonheur et un ticket pour l'Xtremefest. Une mezzanine nous permettra d’installer le matériel en toute sécurité pour filmer les concerts. Vince Musclor Gym Tonic est au pilotage, c’est en quelque sorte son baptême de l’air, et rien ne va se passer comme il se doit, bien entendu.

Pour rappel : Dans spectacle vivant il y a un adjectif qui indique une probabilité de circonstances imprévues, aussi raffinées à vivre l’intensité qu’une embrassade gênante.


bisous

LAME SHOT est le premier punk rocker à dégommer les enceintes. L’ensemble du WallaBirZine est fan de leur dernier opus en date, nous étions donc aux aguets afin d’entendre pour notre première fois le rendu live.

Mr Moustache à la guitare rythmique est en kit main libre, puisque le désormais célèbre chanteur de Charly Fiasco est exégète dans Lame Shot, il batifole en papillonnant. Jules le batteur est lui aussi Charly et se gargarise tout le long du set d’une fluidité sans l’ombre d’un fiasco, Charly je le rappelle. Enfin, tout est relatif, il y eut un petit réglage au début avec le pied d’un tom basse qui a joué des siennes. Le bassiste est nouveau, il a dû être repérer via google map Castelginest et auditionné sur le site de rencontre qui privilégie le sucre sonique, car sa rondeur musicale s’enrobe de cassonade punky. Déjà qu’il y en a plein avec les mélodies pop punks de Lame Shot, le résultat n’est pas du tout une overdose de sucre. C’est la magie affable d’un coulis sirupeux dans des rivières de miel. Oubliez le canoë, le Kway, même si c’est glissant et humide.

On est conquis par leur prestation, par la saveur ouatée des parties vocales, la convenance mélodique et du tempo propre à ceux entendus sur disque. Mais c’est qu’ils sont bons ces cons !

Ces trentenaires crachent leurs poumons, et surtout le cœur émotif d'une musique à la vivacité attractive. Malgré une sinusite, un rhube, rien n'arrête Lame Shot d’aiguiser la lame de fond et de fondre leur mousseline punk avec fougue.

Lame Shot est un booster adulescent, une confiserie Screeching Weazelienne. Le set est envoyé pied au plancher, mû par une vitalité redoutable de coller aux besoins pimpants d'un public fringant. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera cette pop punk ultra-vitaminée, remplie par cette teneur mélodique à la sensibilité imparable au mois de Mars, sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Pas mal de connaissance croisée aussi à cette soirée, comme Delphine du collectif Hey Bitches, organisatrice de concert furibard et capiteux sur Toulouse, mais aussi photographe pour Punk Rawk...Heyyyyyyy le mag ressuscité revient pour un one shot. C'est vraiment hyper coOol de relire cette publication culte, vous pouvez l'obtenir gratuitement ou soutenir ce retour gagnant via leur site PUNK RAWK.

Je croise un Monsieur de Madame La Marquise et To Lose Punker de formation, backliner pour les coupaings, Ju la batteuse de Ben & Fist, le chanteur occitan des punkers d'Enlòc, Olivier qui n’est pas toujours dans la Lune mais toujours les pieds sur terre...Que du beau monde !


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Avant le prochain groupe je regarde s’affairer les gens de l’organisation de la soirée. Je suis admiratif de toutes ces personnes besogneuses, qui dans l’ombre œuvrent sans cesse, d’autant plus quand il s’agit d’un responsable. J’en ai déjà vu fort souvent, pour ne pas dire fréquemment, qui se repose sur leur laurier et préfère laisser les basses besognes aux sous-fifres. Sachant même que certain ont le culot de s’accaparer tout le mérite et le labeur (les lauriers), c’est consternant à constater. Généralement en gérant de cette manière, cela ne va pas loin, car ils épuisent les autres et leur égocentrisme masturbatoire fera débâcle pour motiver les troupes.

Ceci on ne le constate pas chez Pollux, ni à l’Xtremefest. Tu peux voir David le président de l’Xtremefest en train de faire les balances, décharger le matériel, et de son œil aguerri s’apercevoir et venir aimablement expliquer à un vieux punk pendant le concert de sortir fumer dehors pour respecter les non-fumeurs (en plus de la législation sur les consignes de sécurité incendie). Gim le présidant de Pollux ranger le matériel avec tous les autres, et ceci c’est tout le temps qu’ils sont sur le pont et à la barre. Ils ont la confiance des autres non pas avec des paroles de simulateurs, mais avec des actes concrets. Donc oui je suis admiratif de leur dévouement, de leur engagement et de leur humilité. C’est la force de ce groupe : une cohésion familiale.

Maintenant c’est un travail minutieux sur le long terme, il y a de l’exigence, une remise en question permanente pour un meilleur perfectionnement, avec un recul nécessaire sur chaque événement, une expérience qui aujourd‘hui leur permet d’anticiper, de connaître chaque besoin en fonction de la soirée à organiser, et d’avoir cette loyauté envers eux même et leurs partenaires, leur public, et envers toutes celles et ceux qui feront la démarche philanthropique et culturelle de perpétuer Xtremement la zguenitude Poluxienne.

Tout cela est bien entendu fort d’une éthique punk hardcore, d’un savoir-faire dans les musiques amplifiées, et d’une érudition dans les sous-cultures, contre-culture.


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INTENABLE est sur scène, ces Girondins de Montpellier (2 points) appuient en toute fin sur le starter revival pour la décoction juvénile Nina’s School, avec 2 covers ultra-speedées pour coller à l'actualité, avec la réédition de deux de leur album. L’électricité statique du fond de salle se gorge d’une explosivité à mesure que l’on progresse dans la fosse. L’échange des ‘’gnons’’ et des prototrophes récalcitrants au caractéristique protocolaire du pit (les gars au fond de la salle) forment une ménagerie joviale.  

Ndlr : Un prototrophe est un organisme vivant capable de proliférer dans un milieu de base sans nécessiter la présence de facteurs de croissance particuliers. Il synthétise lui-même les substances nécessaires à sa prolifération dans une attitude de placidité cool, et généralement avec l’aide d’une bière pour en équilibrer la posture en tapotant du pied.

Le punk d’Intenable possède cette amertume émotionnelle ajourée de surtensions électriques et de rythmique dansante. Il y a des breaks au mood vivifiant pour que chaque titre ouvre vers une teneur explosive sous-jacente, et avec son émotivité spleenétique. C’est un mélange de folie britannique et de french flair. Le public pogote sans cesse durant le set et avec sudation, les sourires sont larges de toute part.

Vince indiquera un problème de pile dont la manœuvre a nécessité un temps relatif pour en rectifier le tir, mais qui n’a pas permis d’enregistrer la totalité du concert. (correction c'est sur GxP qu'on a perdu un bout de live )

Le débutant apprend comme le sage, tous les jours. Junk cacahuète est devant pour filmer, photographier avec passion, sa belle-fille s’initie au pogo sous le regard amusé et protecteur de sa mère, habituée à corroder la fosse par sa punktitude libertaire.

Intenable fini son set dans la clameur. Ce qui est encore plus coOol, c’est qu’on retrouvera le groupe en version acoustique et avec le projet solo d'Antho intitulé Mauvaise Pioche ce 11 Janvier 2019 sur Castres, pour une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.




Les recommandations du chef de ligne effectuées par Till étant proclamées, nous vous souhaitons un bon vol...Plané avec le punk rock de GUERILLA POUBELLE.

Défouloir et guerilla dans le pit, la jeunesse s'éclate les côtes flottantes avec la franche déconne caractéristique d’une bonne soirée. On entendra le crépitement des palpitations juvéniles sur tous les titres. La basse se gorge d'une rondeur que les riffs en saccharose l’onctuosité électrique, le chant rauque brûle des filaments de pensée que les riffs ricochent d’une salve de détonation punk sur une rythmique en feu.

Pendant la chanson féminisme « Nous sommes les fils et les filles des sorcières que vous n'avez pas brûlé » dont le titre est plus long que la chanson a interprété, trois pimparelles (jeune fille en occitan) s'amusent dans la mêlée festive des gaziers à dreadlocks, à cheveux long et rasé…mais pas de près. La démocratisation des filles dans les concerts undergrounds c’est super positif, cela signifie que les mentalités ont évolué, et que se raréfie les lourdauds misogynes. J’ai l’intime conviction que sans une réelle prise de conscience du féminisme aucuns changements probables ne verront le jour (écologique, économique), tant tout est lié dans cet équilibre, dans cette égalité d’interprétation conjointe.

En vérifiant vers la mezzanine je constate qu’il n’y a plus rien sur le trépied. Quand j’arrive Vince sue autant que si il était en train de soulever de la fonte, et accuse à la pesée une surpression de 2.9 bar. Entendons-nous bien, ici le bar (symbole bar) est une unité de mesure de la pression équivalente à 100 000 pascal. Vince est sXe, il boit du jus de carotte biologique écoresponsable, hein ? Ouaie si tu veux c’est un hipster de la campagne de Saix, et ce soir-là c’est son baptême du feu. La batterie de l’appareil est vide et il ne trouve pas l’autre, qui était dans le pantalon de Junk, cqfd. Action corrective immédiate : Nous mettons en place un protocole dès l’installation du matériel, afin de vérifier que tous les éléments en échange soit ranger dans un sac dévolu, et à proximité de l’appareil.

Le final de GxP c’est avec des gars de Lame Shot pendant le titre Prévert, Kosma, Paris où Till uniquement au chant éventrera le pit avec l'aura de Moïse afin de s’ingérer au public. Après le set, le sol lissé par la bière renversée scintille avec la même lumière qu'un lac de montagne, et la chaleur d’un hammam Marocain. Le batteur en sueur s’offre en slip au selfie du public. On fait une interview succincte avec Till.



Nous procéderons aux interviews en fin de party ce qui s’avère être une mauvaise décision, car les groupes sont rincés. Il faut rameuter sans cesse étant donné que les gars sont disséminés aux quatre coins et bavardent, d’autres s’affairent derrière le merch, où commencent à ranger leur matos, Till a mangé précipitamment pour réaliser cet entretien.

Nous les remercions pour leur entière disposition et leur amabilité, nous agirons différemment c’est certain, même si nous avions proposé de remettre ultérieurement ces ITW. D’habitude nous procédons avant les concerts mais cette fois-ci pour des déconvenues de logistiques il ne nous était pas possible d’arriver plus tôt, ni d'en réaliser entre les sets des groupes. S’il faut savoir jongler avec les impondérables de la vie et les aléas du direct, ce n'est pas évident pour que tout s’emboîte.

Notre démarche est bienveillante. On fait par passion pour des passionnés, et ceci doit s’accomplir dans un confort, favorable à un entretien. Nous sommes de fervents enthousiastes avec des moyens limités. On veut bien vous ‘’divertir’’ par une traversée épique sonore et visuelle, mais surtout, on veut vous apporter la lumière de l’underground comme un fanzine oldschool, propagateur de trip, jointeur de genres/styles sous-culturel, shaker contre-culturel, avec des témoignages, des éclairages, fruit d’une expérience authentique, libérant des connaissances et un approfondissement culturel, et si possible que ce soit positif.

Nous espérons cher public que tu as dorénavant conscience de l’engagement que chacun met pour que tu puisses t’éclater dans ce genre de party avec pollux asso, et d’en relire, d’en visionner après coup la saveur en bouche avec le WBZ.

Retrouvez tous les lives, de cette soirée via la page vidéo du WallaBirZine, puis les photos via FB du WBZ.

Remerciements généreux à Pollux Asso, Lame Shot, Intenable, Guerilla Poubelle, au public.


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dimanche, décembre 30 2018

FRIDAY NIGHT LIVE 2018


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Last Friday night

Yeah I think we broke the law

Always say we're gonna stop-op

Whoa-oh

This Friday night

Do it all again

Si,si, on peut très bien citer Katy Perry pour implanter une introduction croustilleuse dans un report de punk rock.

Donc on m'a conseillé de multiple fois de faire court. En bref, je vais essayer.

Quand tu assistes à une soirée underground, en premier lieu, tu soutiens le cafetier avec une commande, il offre le cadre, l'enceinte où aura lieu l'épicentre émotif, à bien y réfléchir ce n'est pas rien.

Yep, un thé pour ma part en attendant Junk cacahuète et Vince Musclor, mes comparses de la section vidéo-game du WBZ.

Nous sommes à Castres il est 20h30 ce 21/12/2018, au café Jean Jaurès, j'avais pas foutu les pieds dedans depuis 1988. J'étais au collège juste en face et qui se nomme...Jean Jaurès. Vlan, dans le mille Émile, bennnnnnn non, Jean-Jaurès.

A l'extérieur les tumeurs les plus folles circulent dans l'air pendant que les fumeurs s'époumonent de leur sucette cancéreuse. C'est moi où il fait froid ? A l'intérieur la mixité sociale se juxtapose au préparatif de la soirée proposée par La Lune Derrière LES Granges. L’occasion de poser quelques questions à Olivier, le président du comité directoire de cette œuvre de bienfaisance culturelle du sud Tarnais.


Le café est tout en longueur, il offre plusieurs ambiances, ainsi, après le comptoir et sa faune guillerette, il y a un espace cosy avec canapé et une bibliothèque remplie de livres à emprunter. Ça pose d'emblée la compréhension de partager dans un même lieu la richesse que l'on pressent dans la diversité de la vie. C'est appréciable.

Plus loin encore, carrément au fond, un espace insoupçonné jusqu'à lors, dont la dimension est absolument parfaite pour des concerts underground. C'est la première surprise et de taille. Les groupes ont un espace nécessaire pour évoluer, le public n'est pas en reste. C'est la première soirée pour la Lune avec les nouveaux propriétaires du lieu, je ne cache pas que l'endroit est vraiment cool et que j'espère qu'il y en aura d'autres. Pendant le siècle dernier c'était une cache pour jouer de carte et d'argent.

Deuxième engagement, lui aussi d'importance, c'est le soutien aux groupes. Généralement je prends toujours un disque, c'est le minimum, surtout quand j'ai kiffé le set. Puis il y a toujours un bac de distro bien achalandé, tu papotes avec les groupes, tu crées du lien, tu fais passer ton énergie, tout le monde croise ses effluves et la magie de la vie ouvre ses pétales dans laquelle tu vas butiner allègrement...Ok, on a chié Saint-Petersbourgh parce que nous étions à l'extérieur a réalisé des ITW.

Le trio Toulousain a brisé l'épaisseur de glace extérieure moscovite avec un stoner funky, rossant la vénusté plastique de leurs mélodies chaudes. Sans pouvoir d'ubiquité ce sera pour une prochaine fois pour funker avec eux...

Pendant ce temps de cerveau disponible on a papoté dans le froid avec Gim le président de l'asso Albigeoise Pollux, chef opérateur dans le meilleur festival sudiste l'XTREMEFEST, et chanteur à cheville foulée avec Hypocondriax, il a répondu avec la coolitude qu'on lui connaît à l'actualité sonnante et trébuchante passé et à venir de la pléthore des activités énumérées plus haut.



L'abréviation SS ne correspond pas du tout à la patine mélodique de Skull Soda, groupe Toulousain du Gers (tchin 2 points), car le band appose une saccharose musicale assez peu compatible avec l'essor du troisième reich.

Sa décoction musicale est issue d'une douceur enflammée, à l'intime conviction de faire flotter dans les embruns sensibles la beauté du power rock le plus intense, et avec la fluidité du pop punk.




L’équipé épique du WBZ est saisi par le rendu en live. Le groupe est en place, le chant hyper calibré offre une harmonie de couleur vivifiante. C'est très certainement ce qu'il nous a le plus séduit. Le punk mélo sur disque c'est cool mais en concert c'est assez casse-gueule si tu n'es pas en place, et cela peut très vite engendrer un malaise à entendre. Ce qui est à trois années lumière du cas de Skull Soda. C'était chaleureux, frais et la bonne énergie du groupe a vite apporté cette chaleur au corps que l'esprit savoure dans son ivresse des cimes émotionnelles.

Je me suis régalé, Big Gim de Hypocondriax a eu raison de faire monter le son de la basse au début, puisque après ce conseil, Skull Soda avait cette rondeur adéquate au charme qu'il a diffusé, et même transplanté dans les cœurs ardents d'un public conquis. Deux E.P a leur actif seulement (pour le moment) mais chaudement recommandable, checker leur page bandcamp, leur dernier Sleep Hunt Through The Mirror est uniquement numérique, du coup le band a confectionné des petites cartes de leur artwork pour munir leur merch hyper cool.

Pas mal d'atmosphères dans leurs compositions, cela amène de la profondeur de champ, un mood délicat avec cette empreinte sensible que l'on rencontre entre Saves The Day et Trash Boat. J'espère revoir ce groupe le plus rapidement possible, ça fait chaud au cœur d'entendre et voir que l'underground sait encore illuminer ce genre de pépite.

Fabule, leur bassiste et accessoirement maître chanteur dans Ben & Fist a plaisanté avec nous après le set sur les potentielles expressions qui sied à la ville du soir, dont un dantesque Castres toi tu pues et marches à l'ombre.


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Raincheck c'est le cri du Lyon avec le froc au cheville. Sa décontraction punk'n'rollesque est tout aussi tapageuse que son hardcore est enragé. J'avais annoncé que leur set allait chier du feu et effectivement il y eu retour de flamme. Le groupe était même fourbu par sa robustesse touffe sonique. Le chanteur a fait le zazou en secouant les puces de Zeke dont il portait le t-shirt, avec la nonchalance animée d'un épileptique. Il n'y avait pas de filtre. Le groupe avait deux dates pour ce week, c'était sans prise de tête, ils ont tous un taf à côté et le groupe est un exutoire.

En fait tu peux sortir un Ep en 2016 avec cet espoir que la force soit avec toi, sans te douter une seconde que la vie va venir te biaiser son imposition d'obligation, où tu te vois obéir sans scrupule au desiderata pour torcher, boulonner un professionnalisme dont ton adolescence rebelle avait bien mentionné un refus catégorique à ce genre d'avenir. Ce week-end est une occasion de jouir sans entrave pendant cette journée internationale de l'orgasme pour libérer la jute sonique, et c'est ce que Raincheck a accompli. Un feu de joie furibard s'est répandu dans l'enceinte du café Jean-Jaurès, le groupe appuyant sur le starter et l’accélérateur les deux pieds tendus.

Un set bordélique et fantasque a propulsé cette agitation que le punk HxC offre comme acclimatation quand ta respiration s'accélère et ressent le souffle vital de ta passion prendre feu dans ses racines. Les deux gratteux nous ont offert des poses de heavy rock dantesques et des riffs capiteux, le batteur a tapé plus lourdement que ce qu'il faisait jadis dans Leptik Ficus. Est-il nécessaire de mentionner que leur nouveau bassiste portait un shirt de Freddy Mercury ? Je ne le pense pas.



Le lendemain Raincheck jouait à Toulouse chez les copains To Loose Punkers pour leur TLP Winter FEST Vol.2 à la Cave à Rock. On espère les revoir dans le coin pour une autre explosion de jouissance.

Important : Vous pouvez retrouver tous les lives de cette soirée via la page vidéo du WBZ.

Dernier conseil : Ne regarde pas le doigt du type qui te montre la Lune, vas-y.

C'est un conseil qui a son importance. Déconnecte-toi de la vie virtuelle, sors, va te confronter à la réalité, tu verras que tu ne seras pas jugé.es, emmerdé.es, importuné.es, tarabusté.es. C'est des conneries le jugement des autres, parce qu'en fait tout le monde s'en fout, il n'y a que toi qui te juge. De toute façon, on fait, on ressent comme on veut. Pour exemple, je suis souvent silencieux quand je crie à l'intérieur mon émotion. Et alors ? Pas besoin de se faire remarquer pour vivre.

Dans la vie on peut très vite être vampirisé par des personnes malveillantes dont le processus d'aliénation de vie correspond à la sentence Darwinienne : le plus fort bouffe les autres, alors que la vérité fondamentale des humains c'est que le meilleur sauve les autres, ce qui nous distingue du règne animal. La vie n'est pas faite que de fatalité, regarde la Lune, ce 21 Décembre 2018 elle était pleine, lumineuse, et ses représentants sur Terre ont une fois encore électrisé cette marée émotionnelle, dans un flux et reflux musical éclectique, dense, propulsant un joyeux bordel.

Merci au Café Jean-Jaurès, à Saint-Pétersbourg, Skull Soda, Raincheck, à Gim et sa compagne pour Pollux/Xtremefest, au public, et mile fois merci à la Lune derrière les granges.


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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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mercredi, septembre 5 2018

NOTHING MORE - Game Of Truth


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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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mardi, juin 26 2018

HOT SNAKES – Jericho Sirens


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Chaque année on cherche derechef ce putain d'album qui sera à même de nous faire frisonner tout le corps. On sait qu'il existe quelque part. Même si on s'y prépare, le jour J on en tremble encore bien des jours après. Il arrive parfois que l'on en vienne à s'en réveiller la nuit, parcouru dans l'échine par une vibration qui sera inscrit au plus profond de notre indivisible être de chair et de sang.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

À San Diego Hot Snakes a dégauchi son punk rock rêche avec le rabot de la spontanéité garage, là où des riffs écorchés empestaient la poudre à ébullition. Tout avait l'air d'advenir de cet art du rafistolage et du culte au rock and roll fougueux.

John Reis (guitare) et Rick Froberg (chant et guitare) ayant formé auparavant Pitchfork, puis Drive Like Jehu, avec en parallèle à cette même époque, Reis avait même fondé Rocket From The Crypt tout de même.

Je sais bien, oui je sais. Plein cul de la pop qui lisse tout sur son passage. Il te faut l'essence primaire du rock and roll, son énergie, sa puissance sa fureur. Un truc fracassant qui n’hésitera jamais au grabuge et à la force de la désinvolture. Cette chose bancale et mal foutu qui te glisse entre les doigts pour te pénétrer dans la tête comme un coup qui t’éteint d'un coup d'un seul, et sera capable à la fois de te réanimer à jamais de ta torpeur avec cette sensation de survie.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

« Jericho Sirens  est le quatrième opus en 14 années. Le vécu est là, palpable et sensible. Sub Pop, le fameux label de Seattle a signé le band.

Heyyyyyyy tu veux entendre quoi de plus pour cet album ?

Ok ! C'est comme un instantané Stoogien à dégorger du raw avec la plasticité physique d'un corps musical élastique, tout est électrifié par des riffs de foudre sur des mélopées martiennes, et riffing au mercurochrome. La pulsion virile d'une rythmique vibre de toutes ses peaux de bête primitive. Les vétérans saignent leurs compositions dans un flot ininterrompu de guitares ravageuses à la foudre électrique, et tout se contamine dans ce rock de convulsion d'Iguane raide et dénudé, criblé d'écorces teigneuses de vocaux intempestifs. C'est dans l’ivresse de la saturation que la propulsion d'un tempo saccadé, et un son lancinant, vrillent les tympans dans ce fiel intensif et menaçant.

Put#n mais tu vas entendre l'excitation frénétique de ces putains de trompettes maintenant ?


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mardi, janvier 9 2018

TEENAGE BOTTLEROCKET – Stealing The Covers


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Après le décès de leur batteur et frère d'armes sonique, le quintette décide de continuer, mais avant cela il fallait tracer la symbolique d'un trait sur l'avant et l'après.

Stealing The Covers est un album qui reprise des nuggets rapides de punky fun de groupe underground. 14 chansons par des groupes méconnus que le groupe de punk rock du Wyoming a découvert au cours des 15 dernières années passées en tournée. Des groupes comme Varsity Weirdos et Onion Floured Rings peuvent être énormes dans leurs scènes locales, mais pas en dehors des limites de leur ville, et même le web est impuissant.

L'album est un fourre tout, de punk raw, de pop gum, de Ramones-core chargé d'harmonies et de chœurs. Cela fonctionne parce que Teenage Bottlerocket a un son spécifique. C'est rapide, amusant, stable et facilement reconnaissable, alors même que ces chansons ont été rédigées par une douzaine d'autres personnes, ils semblent tous être venus de ce groupe et c'est assez dingue cette réappropriation.

Les chansons ne sont pas des plaisirs superficiels dont l'espérance de vie ne dépasse quelques jours. Ces chansons résistent à l'épreuve du temps.

La liste des titres et de leur groupe originel donne :

The Way I Know - Varsity Weirdos

Back and Forth - Hollywood Blondes

College Town - Jüke

Don't Go -The Scutches

RoboCop Is a Halfbreed Sellout - Sprocket Nova

No Hugging No Learning - Head

Shit Fuck God Damn - Artimus Maximus

Gay Parade - The Gullibles

It Came From the Radio - The Blendours

Alien Motion Technology - The Mugwumps

Hat Nerd -The Four Eyes

My Very Best - The 20Belows

I Kill Butterflies- Onion Flavored Rings

Why The Big Pause - The Punchlines


dimanche, novembre 26 2017

HOT WATER MUSIC – Light It Up


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Une lumière dans le haut brouillard existentiel, un phare dans les nuits hasardeuses de moiteur angoissante, un réflecteur à intensité sonique, un projecteur à particule fine émotionnelle qui s'immisce en vous pour y consumer la flamme du punk rock. Hot Water Music est le nom d'une nouvelle de Charles Bukowski et surtout un groupe primordial, capable de vous faire aimer l'agonie terrestre, avec sa chaleur mélancolique, son émouvante beauté, son amour inconditionnel pour la tragédie humaine, son opposition à la politique manipulatrice, et tout le temps sur une musicalité qui va direct au cœur, sombre, puissante, épaississante comme la douceur maternelle, chauffante comme l’estime paternelle, c'est un choc et une source intarissable de félicité.

Puisant à la racine de leur début discographique pour ce disque, le groupe déploie un punk rock catchy, efficace, émotionnel, avec son lot de condensation, de surtension, et d'embellie revigorante. Car c’est revigorant de se rechercher avec ces vieux punkers. On y trouve la nostalgie et ce que l’on est à présent. Empruntant la voie punk de Bad Religion et post-HxC de Fugazi, de l'emocore de Jawbreaker à Miltown, ce Light It Up est criblé de compositions de hautes qualités.

Des d'hymnes rageuses post-HxC des débuts ne subsistent finalement que la rage d'exister à travers une émotion brute et libératrice. L’album est plus abrasif que son prédécesseur Exister, il fait une belle part dans sa filiation à être garant du flambeau discographique du groupe, à savoir passionné et intègre.

Le chant éraillé de Chuck Ragan, remplit de cette virilité musquée des bois et de ce mood Hemingwayien de l’écrivain. La sincérité combative du combo est représentative de son énergie, de sa maîtrise du songwriting, de sa maturité de mélange d'essence sonique afin de créer la combustion nécessaire à l'embrasement émotionnel...Se juxtapose ainsi à l’aboutissement de leur pochette, leur maison brûle et notre corps à cœur avec eux aussi !

Tous ceux qui aujourd'hui font la moue en écoutant ce disque avec un bof, bof comme réaction de jugement hâtif, dans quelques années les mêmes lanceront guilleret sur ce même album : putain c'était la belle époque , j'en suis certain, j'ai déjà vécu ce passage à maintes reprises...


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