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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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mercredi, septembre 5 2018

NOTHING MORE - Game Of Truth


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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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mardi, juin 26 2018

HOT SNAKES – Jericho Sirens


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Chaque année on cherche derechef ce putain d'album qui sera à même de nous faire frisonner tout le corps. On sait qu'il existe quelque part. Même si on s'y prépare, le jour J on en tremble encore bien des jours après. Il arrive parfois que l'on en vienne à s'en réveiller la nuit, parcouru dans l'échine par une vibration qui sera inscrit au plus profond de notre indivisible être de chair et de sang.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

À San Diego Hot Snakes a dégauchi son punk rock rêche avec le rabot de la spontanéité garage, là où des riffs écorchés empestaient la poudre à ébullition. Tout avait l'air d'advenir de cet art du rafistolage et du culte au rock and roll fougueux.

John Reis (guitare) et Rick Froberg (chant et guitare) ayant formé auparavant Pitchfork, puis Drive Like Jehu, avec en parallèle à cette même époque, Reis avait même fondé Rocket From The Crypt tout de même.

Je sais bien, oui je sais. Plein cul de la pop qui lisse tout sur son passage. Il te faut l'essence primaire du rock and roll, son énergie, sa puissance sa fureur. Un truc fracassant qui n’hésitera jamais au grabuge et à la force de la désinvolture. Cette chose bancale et mal foutu qui te glisse entre les doigts pour te pénétrer dans la tête comme un coup qui t’éteint d'un coup d'un seul, et sera capable à la fois de te réanimer à jamais de ta torpeur avec cette sensation de survie.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

« Jericho Sirens  est le quatrième opus en 14 années. Le vécu est là, palpable et sensible. Sub Pop, le fameux label de Seattle a signé le band.

Heyyyyyyy tu veux entendre quoi de plus pour cet album ?

Ok ! C'est comme un instantané Stoogien à dégorger du raw avec la plasticité physique d'un corps musical élastique, tout est électrifié par des riffs de foudre sur des mélopées martiennes, et riffing au mercurochrome. La pulsion virile d'une rythmique vibre de toutes ses peaux de bête primitive. Les vétérans saignent leurs compositions dans un flot ininterrompu de guitares ravageuses à la foudre électrique, et tout se contamine dans ce rock de convulsion d'Iguane raide et dénudé, criblé d'écorces teigneuses de vocaux intempestifs. C'est dans l’ivresse de la saturation que la propulsion d'un tempo saccadé, et un son lancinant, vrillent les tympans dans ce fiel intensif et menaçant.

Put#n mais tu vas entendre l'excitation frénétique de ces putains de trompettes maintenant ?


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mardi, janvier 9 2018

TEENAGE BOTTLEROCKET – Stealing The Covers


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Après le décès de leur batteur et frère d'armes sonique, le quintette décide de continuer, mais avant cela il fallait tracer la symbolique d'un trait sur l'avant et l'après.

Stealing The Covers est un album qui reprise des nuggets rapides de punky fun de groupe underground. 14 chansons par des groupes méconnus que le groupe de punk rock du Wyoming a découvert au cours des 15 dernières années passées en tournée. Des groupes comme Varsity Weirdos et Onion Floured Rings peuvent être énormes dans leurs scènes locales, mais pas en dehors des limites de leur ville, et même le web est impuissant.

L'album est un fourre tout, de punk raw, de pop gum, de Ramones-core chargé d'harmonies et de chœurs. Cela fonctionne parce que Teenage Bottlerocket a un son spécifique. C'est rapide, amusant, stable et facilement reconnaissable, alors même que ces chansons ont été rédigées par une douzaine d'autres personnes, ils semblent tous être venus de ce groupe et c'est assez dingue cette réappropriation.

Les chansons ne sont pas des plaisirs superficiels dont l'espérance de vie ne dépasse quelques jours. Ces chansons résistent à l'épreuve du temps.

La liste des titres et de leur groupe originel donne :

The Way I Know - Varsity Weirdos

Back and Forth - Hollywood Blondes

College Town - Jüke

Don't Go -The Scutches

RoboCop Is a Halfbreed Sellout - Sprocket Nova

No Hugging No Learning - Head

Shit Fuck God Damn - Artimus Maximus

Gay Parade - The Gullibles

It Came From the Radio - The Blendours

Alien Motion Technology - The Mugwumps

Hat Nerd -The Four Eyes

My Very Best - The 20Belows

I Kill Butterflies- Onion Flavored Rings

Why The Big Pause - The Punchlines


dimanche, novembre 26 2017

HOT WATER MUSIC – Light It Up


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Une lumière dans le haut brouillard existentiel, un phare dans les nuits hasardeuses de moiteur angoissante, un réflecteur à intensité sonique, un projecteur à particule fine émotionnelle qui s'immisce en vous pour y consumer la flamme du punk rock. Hot Water Music est le nom d'une nouvelle de Charles Bukowski et surtout un groupe primordial, capable de vous faire aimer l'agonie terrestre, avec sa chaleur mélancolique, son émouvante beauté, son amour inconditionnel pour la tragédie humaine, son opposition à la politique manipulatrice, et tout le temps sur une musicalité qui va direct au cœur, sombre, puissante, épaississante comme la douceur maternelle, chauffante comme l’estime paternelle, c'est un choc et une source intarissable de félicité.

Puisant à la racine de leur début discographique pour ce disque, le groupe déploie un punk rock catchy, efficace, émotionnel, avec son lot de condensation, de surtension, et d'embellie revigorante. Car c’est revigorant de se rechercher avec ces vieux punkers. On y trouve la nostalgie et ce que l’on est à présent. Empruntant la voie punk de Bad Religion et post-HxC de Fugazi, de l'emocore de Jawbreaker à Miltown, ce Light It Up est criblé de compositions de hautes qualités.

Des d'hymnes rageuses post-HxC des débuts ne subsistent finalement que la rage d'exister à travers une émotion brute et libératrice. L’album est plus abrasif que son prédécesseur Exister, il fait une belle part dans sa filiation à être garant du flambeau discographique du groupe, à savoir passionné et intègre.

Le chant éraillé de Chuck Ragan, remplit de cette virilité musquée des bois et de ce mood Hemingwayien de l’écrivain. La sincérité combative du combo est représentative de son énergie, de sa maîtrise du songwriting, de sa maturité de mélange d'essence sonique afin de créer la combustion nécessaire à l'embrasement émotionnel...Se juxtapose ainsi à l’aboutissement de leur pochette, leur maison brûle et notre corps à cœur avec eux aussi !

Tous ceux qui aujourd'hui font la moue en écoutant ce disque avec un bof, bof comme réaction de jugement hâtif, dans quelques années les mêmes lanceront guilleret sur ce même album : putain c'était la belle époque , j'en suis certain, j'ai déjà vécu ce passage à maintes reprises...


dimanche, octobre 8 2017

OUTROSPECTION

On finissait à peine de rôtir d'un été caniculaire que le trouble automnal est arrivé cette année 2017 comme un coup de vent qui fait tournailler les feuilles dans sa farandole pessimiste.


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Ben ouaie c'est comme cela, on glisse dans ce mois pluvieux de Septembre où tout fourmille à nouveau, les préparatifs d'une nouvelle année scolaire et leur planification, et de tout un tas de truc pour préparer l'année en cours...P#tain que ça fout le cafard tout ce fatras, tout ce gris, alors que l'on a encore le bleu du ciel estival dans nos rêves de nuits chaudes.

C'était trop brusque en fait, c'est même difficile pour certain de s'acclimater à cette variation de température si soudaine. Les gorges sont prises, les nez coulent, ça fait la tronche, ça klaxonne, l'impatience et la frustration sont revenues. Les vacances sont déjà loin, noyées dans cette solution de flexibilité économique, de menaces terroristes, de compétitions sportives, et de tout ce chantage du nouvel ordre mondial, de toute cette inquiétude en un avenir morose, parfait pour exciter des terminaisons nerveuses en panique et ne faire fonctionner que le cerveau reptilien.

L'été les gens excités s'emmerdent à mourir, à la rentrée ils reviennent avec l'orgueilleuse appropriation de leur supériorité venimeuse pour harceler sur la conviction de leur réussite sociale. Comme si on en avait quelque chose à foutre.

On appelle cela le retour à la réalité après la parenthèse des congés.


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Dans la Ville de Castres un concert de punk rock est aussi rare qu'un concert de Hardcore, voire même d'un concert métAl, de stoner, de doom, de heavy, d'etc...Dans cette ville de province du sud le seul truc vraiment caractéristique c'est l'ennui qui prédomine. C'est un endroit où tu passes à côté de ta vie sans vraiment t'en rendre compte, mais comme un peu partout aussi si on y réfléchit bien.

Il s'est passé une scène dans les 80's avec des groupes de punk (Légitime Défonce, Les Malfrats, Kambrones...) et depuis cet acquis l'underground a croupi dans la désillusion de son passé. Il y a une salle subventionnée à la programmation hétéroclite mais chiante, comme partout. Cela fait des plombes que je vais sur Toulouse, pourtant dans l'ombre ça remue encore.

L'association la lune derrière la grange a proposé une soirée punk rock dans un bar où à l'adolescence j'allais sécher les cours du lycée professionnel. C'est étrange quand tu rentres dans ce genre d'endroit c'est pareil et différent. Le Bar Ô Mètre qui s’appelle maintenant, j'ai connu La Taverne, on y mangeait parfois aussi. J'étais accompagné de mon pote Junk, il avait son matériel pour figer l'instant avec des photos vraiment coOol. J'ai commandé un thé et lui un pastis, le barman était choqué comme disent les jneus.

Le président de la lune derrière la grange a dans la quarantaine, les yeux lourds de fatigue mais le regard désinvolte de celui qui a décidé d'agir plutôt que croupir. J'ai un immense respect pour ces gars de l'ombre, jamais avare à la tâche, soucieux de rêver dans l'accomplissement d'offrir à l'art sa plus belle offrande. Cela fait dix ans que cette troupe ferraille en tout sens pour faire partager, pour faire voyager. Des concerts, du théâtre, pour tout le monde, pour tous les goûts. L'éclectisme fait valeur de socle. Ce gars me fait penser à l'état d'esprit des Clash et à cette faculté de mélanger les genres pour une même lutte. Bravo et merci pour l'éclairage lunaire !


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Pendant que les enceintes du bar passe du Creedence Clearwater Revival, le boogy rock répand sa sauce americana et les vieux s'ébahissent en tapant du pied, la jeunesse picole, consulte son écran tactile, prise dans sa bulle hermétique et un semblant de relation sociale. On ne sait pas si elle s'en branle ou si c'est par timidité ? Les vieux du siècle dernier sont aussi seuls que cette jeunesse désinvolte, c'est spécial les relations sociales aujourd'hui, les codes se font par écran interposé, j'y pige rien, et en plus, j'en ai rien à foutre. Le cousin de Junk arrive et remet de l'anis dans sa gorge, Chris est un nouveau tatoueur dans la ville, le gars trimballe un physique de nounours et une trogne sympathique. Puis on est rejoint par Vincent, punker, sXe, végétalien, qui a commencé à pousser la fonte en Avril dernier pour épaissir un physique longiligne. Depuis les résultats sont là, la confiance aussi, le corps et l'esprit fonctionnent ensemble.

C'est le groupe MR GODSON qui commence à brancher les guitares pour un punk rock bipolaire. C'est vrai que l'humeur de leurs compositions est changeante, entre The Bushmen comme eux de Limoges et le punk de Circle Jerks et Dead K, tu vois ce mood distordu des 80's, assez rêche, raw, qui part dans les voies de garage, les ruelles mal famées. Le son est bizarre, les guitares faiblardes, le public participent, surtout Alex. Ça se trémousse gentiment mais sans plus. Godson claque sa zique, contourne, oblique, dérive, disperse, biaise, frictionne plusieurs entités punk. Des jeunes militaires jouent au billard dans un autre coin du bar un peu à l'écart. Avant il y avait des tables à cet endroit et un flipper, je me souviens qu'une fois dans ce bar pendant que je réglais mon repas, un groupe de fille attendait de faire de même et l'une d'elle avait une beauté qui m'a coupé le souffle. Je suis resté littéralement bouche bée, le temps s'était suspendu tout net dans ma tête, mais je ne pourrais dire combien de temps ? Ouaie c'était une beauté fatale, une belle gifle, cela je l'ai vécu une autre fois en Corse avec une italienne, je travaillais pour gagner 4 ronds dans une pizzeria pendant la saison estivale dans un camping. J'étais dans le speed du service et elle a débarqué devant moi en baragouinant un truc, j'ai rien compris, elle a continué calmement à me parler, mais je n'entendais plus rien, la sensualité de ses lèvres et ses yeux me faisaient chavirer le cœur. Puis le patron est arrivé en rigolant devant ma stupéfaction béate. Le lendemain après-midi, elle est venue avec une copine me commander une glace, un magnum à la vanille qu'elle a sucé lentement en me fixant, et je ne l'ai plus jamais revue, mais je m'en souviens encore.

Parfois il y a des instants de beauté qui te figent, c'est que tu vis/ressens l'instant présent comme nul autre. Avec le temps, la maturité on prend conscience de l'importance du moment présent, et plus que tout.

Un des guitariste de Mr Godson ressemble à Romain Boule, mais en plus jeune, et il a parfois un peu le même humour. Non pas de merde, qui a dit ça ?

Le groupe cadence son set par une amplitude sinusoïdale, mais il manque un truc. Un des bidasses vient parfois s'agiter devant la scène par saccade, les autres ne mouftent pas de leur partie de billard. Lui il vient hyper à l'aise et affiche tout le temps un large sourire, et se trémousse, puis repart. Le groupe fait son set. Il finit avec une cover d'Agnostic Front parce qu'il nous avait proposé ça et un titre de Fugazi, et qu'un gars a gueulé plus fort pour le choix des new-yorkais. Je ne sais pas si on est 50 dans ce foutu bar ? Je dirais que l'on a eu du mal a rentré dans leur univers, pas que ce soit hermétique, plutôt élastique et rêche à la fois. Comme il manquait un truc le set est passé rapidement avec cette impression de frustration.


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On papote vite fait entre nous, puis peu après c'est BEN & FIST.

Le trio prend la scène et de part sa mélancolie punk ce band à du Vulgaires Machins dans son pessimisme, du Charly Fiasco pour la déconne, et pour la filiation aussi certainement.

Dès que j'ai entendu ce groupe j'ai su qu'il allait m’accompagner, j'ai aimé à la première seconde ce détachement, cette mélancolie furibarde, cette insurrection velléitaire, et très certainement ce mélange de clairvoyance et de désespoir. Cette essence qui donne une vérité pour foutre le feu à l'intérieur.

Même si la guitare est sous-mixée, le groupe met la gomme et ça le fait. Les compositions sont bonnes, le rendu scénique est conforme au tournis du disque, c'est coOol ! À un moment le chanteur bassiste demande si l'on a des Vélibs à Castres, un gars du comptoir lui répond par la négative en rétorquant qu'ici on est des paysans. Enfin il y a le tout à l'égout quand même merde...

Deux hommes de la cinquantaine et une femme quadragénaire débarquent éméchés dans le rade. La nana se secoue le cul pour humecter le regard vicelard d'un des gars. Le groupe poursuit son set mais se regarde d'un air interloqué sur le manège en cours. La nana n'hésite pas à se frotter contre le chanteur, à occuper l'espace scénique. Elle reproduira la séquence éperdument. C'est dingue comme certaine personne arrive à s’approprier un espace afin de faire remarquer leur mal-être existentiel. Je ne peux pas dire si c'est navrant ou si c'est agaçant ? Ce que je suis certain c'est que l'alcool noie l'inhibition et dévoile la caricature parfaite de ce que la personne ressent, souhaite témoigner, mais dans la confusion, et souvent dans le ridicule. Ben & Fist continue à nous propulser son tourment punk rockien, nous on est venu exprès pour ça, Junk prend des photos un peu partout le poing levé en reprenant les refrains. TroOop dingue, j'adore ce gars, il est unique, pétri de talent, c'est un punker passionné (oxymore = 2 points) que la vie grignote de l'intérieur alors il extériorise le reflux. Il est là à prendre des photos, capter des vidéos, faire entendre l'underground pendant que Ben & Fist assure un max et casse la baraque !


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Dans le bar c'est la brume d'un lundi matin à Rouen. Les fumeurs ont trouvé la parade, ils vapotent désormais du E-liquide, du coup ça pue des arômes chimiques de pistache au goudron, de vanille à l’ammoniaque et de canard WC tout à la fois. Ils vapoteraient par le cul que l'odeur serait la même. On peut même pas les frapper de nous empester, de nous empoisonner avec leur merde, ils porteraient plainte les cons. Le génie de l'homme moderne c'est de savoir enculer son prochain, qu'importe la façon ou la manière, le but c'est d'être le premier à faire chier.

Hey un autre truc que j'ai pas encore parler de Ben & Fist c'est le chouia d’autocritique cynique parfois dans les lyrics, c'est trois fois rien, c'est surtout pas assez caustique pour être corrosif, c'est toujours sans rancœur, sans mépris, et tout juste avec ce qu'il faut pour être touchant. Le groupe manie cela avec simplicité, la musique suit cette introspection solaire comme une ombre, on en sent la douceur, la force, la mélancolie, c'est touchant parce que c'est vrai, sans parade, sans emphase, sans filtre, c'est simple parce que c'est fidèle à des punkers lunaires, pour qui le détachement est salutaire.


La vidéo est de Junk !!


Le trio balance sa sauce punk et la mayo prend. Elle s’exprime et sa remue dans tous les sens. Pour le titre Ultrafestifs il y a même eu une chenille réalisée par le public, ouaie comme dans un concert d'Ultra Vomit. Le set est à l’instinct et ça fouette l’intérieur, ça secoue avec allégresse. C'est un joyeux foutoir bordélique, même si ça mord, même si c’est explosif, ça tapote, ça tripote dans tous les sens. C’est un concert de punk rock qui révèle le feu du sang.

Le punk est un crétin déprimé qui a compris que jamais il ne pourra tricher. Sa pureté est risible dans un monde ridicule et hostile. Sa tendresse est une provocation, sa colère est son excitant. Il y en a qui ne voit la bouteille qu'à moitié pleine, d'autre à moitié vide, certain qui picole tout pour ne rien voir. Nous sommes des passagers d'un univers que nous construisons mentalement, nous sommes des solitaires que la nuit éparpillent et que la vie sublime. Ben & Fist a joué dans un rade à Castres, ville du vide ordinaire mondial, c'était sincère, direct et sans fioriture.

Dans le mélange d'un anniversaire, de désir de rencontre, de soif de tuer l'ennui, d'oublier les soucis, d'être bordeline, détaché, incompris, c'était génial d'entendre ce joyeux bordel mélancolique, cette pétarade de feux de Bengale émotionnelle crépitant dans ce mois de Septembre maussade.


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Merci à Mr Godson, Ben & Fist, le bar ô mètre, à La Lune Derrière La Grange, à Vincent, à Junk d'être ce qu'ils sont.


La vidéo est de Junk !!



dimanche, septembre 24 2017

DENIGRE – DéniGre


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Dénigré : Attaquer la réputation de quelqu'un, chercher à le rabaisser ; discréditer, décrier quelque chose, parler avec malveillance de quelque chose ou de quelqu'un ; calomnier : Dénigrer ses concurrents.

Dans le règne de Macron 1er le temps de cerveau disponible est saturé de propagande néolibérale, avec pour sujets principaux la concurrence et la compétitivité entrepreneuriale, le capital de la force de travail, le chevauchement des temps de vie et de travail, etc... Il n'en fallait pas plus à un groupe de Lyonnais pour créer une nouvelle force de rationalité entrepreneuriale. Ainsi DéniGre est né d'un speed-dating asocial entre Kris (Opium du Peuple, Ta Gueule), d'Aksel (Le Réparateur) et KiK (Tasmaniac).

Créer un groupe musical et attaquer de la sorte avec malveillance n'est pas anodin. La violence reçue, subie, ressortira obligatoirement sous quelque forme que ce soit chez un humain. Bien souvent l'art sert de catharsis, et l'on en trouve l'explosibilité dans le punK. Ce qui rejoint le cas de DeniGré, dont la violence est expulsée avec une féconde outrecuidance.

De son tropisme marginal le trio en a fait son pavé qu'il jette à la gueule du troupeau prompt à la servitude volontaire, à l’hégémonie d'un système apocalyptique, et à toutes ces sortes de maux qui contusionnent blessures profondes, balafres et une profusion de douleur à vie. Les textes sont très bien écrits, exubérant de justesse par un vocabulaire riche et précis, dont la poésie remplie de cynisme, de sarcasme, de désespoir et de noirceur, exhorte à la pensée avec son appel libertaire et anarchiste.

L'on peut avancer que DeniGré est un enragé dégagé, mais pas désengagé. Il sature l'espace sonique d'une folie contestataire en dix compositions. Il fait avec le punk ce que Proudhon a proclamé sur la pensée bourgeoise.

Irascible comme le screamo, hargneux comme le punk, sale comme un épais rock grunge, la bile est au niveau du gosier. La scission sonore de ce groupe jusqu’au-boutiste (qui va jusqu'au bout de ses idées sans s'occuper des conséquences) est l'antithèse de l'uniformisation marchande du monde. Ainsi ubériser sa musique pour la lustrer d'un polish poppy cela semble antinomique avec la pertinence du groupe et de la dysharmonie de son rock acerbe, surtout quand celui-ci croise les effluves soniques pour répandre le lisier de sa misanthropie avec malice. Par conséquent ce groupe vomit sous une peau de hérisson.

Musicalement ce n'est pas une épaisseur de couille supplémentaire par rapport au groupe Ta Gueule, mais une couche de noirceur, bilieuse et pessimiste, ouvertement compatible avec les lyrics sarcastiques du susmentionné Ta Gueule, mais en plus sombre.

DéniGre est une entité musicale destructrice qui vous force à réfléchir, ce qui est très ennuyeux dans une époque où l'on réduit le langage pour restreindre la pensée afin d'y introduire une novlangue pernicieuse, destinée elle même à rendre vraisemblable les mensonges, et à donner de l'apparence et de la solidité à ce qui n'est que vent.

Donc forcément DéniGre n'est pas un groupe de pop prompt à vendre du shampoing extra doux au lait d’ânesse, ce n'est pas son action. Il ne détourne pas l'attention, il l'a libère de l'oppression avec des messages subliminaux.


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lundi, mai 29 2017

BURNING HEADS – KXLU LIVE 1999


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Après la sortie en 1999 sur le label Epitah ( label mythique du punk rock américouain) de leur cinquième brûlot « Escape » enregistré à Seattle par Jack Endino, les orléanais enregistrent un live pied au plancher dans les studios de la radio KXLU pendant l 'émission Music For Nimrods du DJ Reverend Dan.

Il sort enfin en 2017 par le biais du label Nineteen Something.

Si vous n'avez jamais éjaculés/mouillées la culotte et vous défoncer la nuque en même temps, dîtes-vous bien que vous avez la possibilité d'accomplir ce rite de passage en découvrant ce live bordeline.

C'est joué par le plus grand frère rock de l'hexagone pendant le sacre de son age d'or à 200 km/heure, avec cette hargne caractéristique et un angle d'attaque inébranlable. L'exécution du live est aussi bravache que devant un peloton de la mort.

Le groupe a jeté à la gueule de la jeunesse ricaine l'éclat de son inexpugnable hardcore-punk et la vertigineuse urgence de sa criante vérité : Burning Heads joue vite, fort, avec un putain de crossover räw-punck'n'ReaggaeCore bastards.

Un disque qui va vous dépoussiérer la gorge jusqu'à vos poils du cul, oOoOoouchhhhhhhhhhhhh !


vendredi, mai 5 2017

Flippin'Heck - Cursed Tour EP


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Salement punk, bordéliquement punk, sauvagement punk, tout chez les toulousains de Flippin'heck est punk.

Since 2009 en tant que band, le projet débute pour être plus précis en 2007 à 2, à répéter des vieux standards du punk dans la cuisine d'Eric le guitariste rythmique pour se refaire la main sur les guitares.

Leur EP « Cursed Tour » en écharpe le penchant avec la désinvolture du majeur en l'air. Munit de paroles aussi crétines que les Ramones et d'une souplesse Philippe Poutounesque, le groupe a un jeu de jambe riffique basique et une technicité portée dans son plus simple appareil. Le chant est bancal et rappe sur un gosier aussi caillouteux qu'un chemin de randonnée en montagne. Bref, Flippin'Heck est l’antithèse du groupe qui élabore une tactique d'avenir, et lui préfère le choc frontal rudimentaire du punk Hardcore et de son intégrité rebelle pounk. Ce band n'a plus rien à voir avec son époque lisse et Macronesque.

En exemple, et bien c'est même assez poilant de retrouver ce genre de clin d’œil goguenard à la Jello Biafra avec le titre « Kamikaze », qui commence avec la mélodie de « Enola Gay » le single phare d'Orchestral Manoeuvres in the Dark datant de 1980, afin de corréler avec le problème des OGM tout aussi dévastateur que la bombe A larguée le 6 août 1945 sur Hiroshima. C'est très certainement ce qui éloigne ce groupe des musiciens à frange, geek 2.0, car leur franchise punk roots fait plus qu'égratigner, et l'éloigne tout aussi bien des cagoulés fanatiques vivants en reclus en se faisant tourner la tête sur le même disque dur.

Flippin'Heck c'est combat rock, leur punk est raboteux, ouvertement sale, il ne vient pas du caniveau mais il joue sur les terrasses des cafés concerts et "Cursed Tour EP" est un véritable disque de garnement.


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