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Tag - rock brut

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jeudi, mai 11 2017

ROCK'N'STOCK 2017

Le festival ROCK'N'STOCK 2017 aura lieu du 30 juin au 2 juillet à Preignan in Gers


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nota : Le superbe artwork est de Tiguilup Rétrographiste.


PROGRAMMATION :

Vendredi 30 JUIN

NEVILLE STAPLE BAND (Royaume-­‐Uni) Ska 2Tone

Neville Staple, aka « The Original Rude Boy », ancien membre du légendaire groupe anglais du ska Two Tone : The Specials ! Depuis 2004 il officie dans « Neville Staple Band », son dernier album « Return of Judge Roughneck » est sorti en février 2017 et mélange airs de reggae classique jamaïcain, rythmes ska 2Tone et Bluebeat mixé au style Trojan.

LIE DETECTORS (Espagne) Rock’n’Roll/Garage/Punk

Du rawck'n'roll ibérique madredédios ! !

THE MERCENARIES (France) Punk Ska Rocksteady

Formé en 2014 dans la banlieue Est Parisienne sous l'influence notable de The Clash, The Specials, Rancid et The Distillers.

UGO SHAKE & THE GOGO’S (France) Soul/Rhythm’n’blues

Ugo Shake musicien dans la TSF se lance en solo pour matinée avec une black music américaine et jamaïcaine.

HORAIRES :18h00 : Ouverture du Site -­‐ 21h00 : Concerts

Ooooooooooooui mais il y a aussi le CASSE BOUTEILLE SOUND SYSTEM du 30/06 et 01/07 (après-­‐midi, inter-­‐plateaux et after), avec DJ LORD MONKEY (un sacré singe celui-là), NUMBER 9 (mais promis l'an prochain il jouera numéro 10), FRED LOST SOUL (il fait gagner le rythm & blues), BRANLARIANS SOUND SYSTEM (ohhhhhhhhhh pitin), TATA WELLENE (une fois), JORDI FARTWEST (le dj du western moderne), ALEXANDRE (le bienheureux ?), DJ PENTO (le plus gras)…

C'est gratos et il n'y a pas d'enfumage !!!


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Samedi 01 JUILLET

THE READY MADES (France) Soul & Beat

Un véritable Orchestre sauvage et hyper groOovy formé dans les faubourgs parisiens en 2015, groovy, le groupe est influencé par la musique noire américaine des origines, le beat de la perfide Albion et l’underground 60’s français, HOT HOT HOT !!!!!!

PRINCE BUSTER MEMORIAL (Espagne) by The Cabrians & friends – Ska/Rocksteady

La scène catalane (Cabrians, des Thorpedians, des Kinky Coo Coo’s) rend son tribute au légendaire et mythique Cecil Bustamente Campbell, mondialement connu sous son nom de scène Prince Buster, précurseur du ska. Les aficionados du ska/rocksteady vont se tordent les hanches avec un tel band.

THE CABRIANS (Espagne) Ska

Né à Mataro dans le début des années 2000, The Cabrians est un groupe influencé par Skatalites, Judge Dread et Prince Buster. Ces espagnols sont mucho caliente et leur style « Boss Porn Ska » déclenchera à coup sûr une humidité propice au frottement de la danse la plus lascive et festive possible.

THE GENTLEMEN’S AGREEMENTS (France) Mod Freakbeat

Un quintette urgent et terrible avec la classe racé italienne, le style moderne anglais, un mood sixties frenchies, pour tous les amateurs de rythms&blues groovy et les admiratrices de soul aux yeux collés.

HORAIRES : 12h00 : Ouverture des Portes -­‐ Dès 14h00 avec Rock’n’stock Radio Show, Pétanque, Manège le Schmilblick Club, animations diverses -­‐ 19h00 : Repas (sur réservation) ‐ 21h00 : Concerts

DIMANCHE 2 JUILLET

HORAIRES : 12h30 : Guinguette - Schmilblick Club -­‐ Sound System

Dès 13h00 : DHEAD SHAKER (France) folk rock one man band

Chanteur, compositeur et interprète, et naaaaann il ne fait pas comme Rémi Bricka, parce que Dhead Shaker est tout seul pour adoucir les mœurs. A venir écouter à 19h le samedi et le dimanche à 13h.

Pour rappel : ROCK'N'STOCK est un FESTIVAL GRATUIT !!!


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dimanche, avril 2 2017

GOAT - Requiem


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Goat est une créature rock venue de l’univers hippy sound, munit de cet esprit foutraque et libertaire lui apportant le pelage sonore d’un animal fou à poil laineux, à poil laineux, à poil laineux, à POILLLL !!!

La première écoute est assez désopilante, tant le disque apparait dans son aspect le plus extravagant, cependant, en grattant on constate avec une certaine passion folle, que ce groupe d’hurluberlus aussi fantasque soit-il, fait concevoir la primauté d’une innocence, assez caractéristique d’une désinvolture assez habile pour ne plus les voir comme un simple one shot divertissant.

(rire gras) AhAhAhA….(puis rire jaune)…ahahahah…(débridé quoi)…ahahahah…(jusqu’à ce consternant)…Ah bon ?

Et oui !

Goat inscrit dans le marbre de votre discernement virgule, que l’on peut être aliéné dans son œuvre, vivre à tambour battant dans sa camisole, et être en tout point accepté en tant que bizarrerie. Et pourtant, et pourtant comme le rappelle Charles Aznavour dans sa chanson phare ‘’Et pourtant’’ : «  Il faudra bien que je retrouve ma raison ; Mon insouciance, et mes élans de joie ; Que je parte à jamais pour échapper à toi ; Et pourtant. Et pourtant. »

Parce que au-delà de l’effet incongrue de leur étrangeté, leur singularité naissante n’est en fait qu’une somme diluvienne des attraits sonores du funk, du rock psychédélique, de l’afrobeat, du tribalisme sonique.

Et oui ! Si Goat est terriblement attractif, Goat est aussi malin que l’esprit de la bête qu’il fait ressurgir à ce carrefour où le diable avait confondu Robert Johnson avec James Brown, ou Fela Kuti je ne sais plus… Parce que ce groupe possède une façon de ritualiser le sens de la fête avec la naïveté d’un hippie qui se réveille d’une nuitée intense de trip en tout genre, et qui ne voit seulement la réverbération des paillettes en train de clignoter devant ses yeux dans un cimetière vaudou taché de sang liturgique à base de tomate concassée (certifiée bio et issue de l’économie durable).

Goat est un groupuscule pacifiste de Suède émanant de cette constellation d’illuminés qui préfère se vouer à l’amour plutôt que de soumettre au pugilat le plus béotien. C’est avec cette tolérance que le disque se promet corps et âme à l’incantation variétale et tribale afin de former une nouvelle ethnie de freaks. S’ensuit une musicalité qui tient lieu à la dévotion d’afficher sa ferveur, avec la vivacité d’enivrement que l’ivresse de l’adoration comble en offrande aux divinités de l’extase. La communion devient un étourdissement d’effusion sonore, et le groupe n’en finit plus de sa libéralité musicale avec une succession d’offrandes mélodiques, afin de rassasier son totémisme musical.

La diversité des instruments se jumelle au transfuge des styles musicaux du monde libre de la world music, avec l’ébriété de flûte indienne au sortilège aztèque à l’africanisme Fela Kutinien, jusqu’à ressouder les plaques tectoniques en une terre arable où la communion des cultures sera un nouveau monde d’espoir.

Goat est donc un entrelacement festif d’une ode à l’hallucination pure par son incantation.

Son trip est une douce folie qui n’engendre aucune aliénation et accoutumance, mais offre cependant la liberté de danser avec pureté et impudicité à l’humanité toute entière.


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lundi, mars 13 2017

8°6 CREW – Working Class Reggae


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« Working Class Hero » chantait le grand blond avec des bottines pailletées pendant les seventies, mais depuis la mondialisation, les Patrick Bateman sacralisent l’époque bling-bling et l’avidité de la réussite économique. Alors de sans culottes à sans couilles, il s'est passé le temps d'une publicité de lessive qui a assoupli les esprits. De supplicié à tortionnaire, les écrous de sûreté ont sauté avec le même principe fondateur pour tout remettre dans l'ordre pyramidal. Chaque jour il y a la plèbe qui se fait lyncher sur la place publique. La populace jalouse a détourné son regard sans honte pour que le sang coule sans interruption de programme, et coagule avec une jalousie haineuse comme unique monnaie de survie. De ce fait, la working Class est au chomdu, remplacée par la déshumanisation du tertiaire.


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Mais alors, à qui s’adresse ce disque ?

8°6 Crew débute en quatuor au milieu des années 90 en banlieue Parisienne avec de la oi, puis vers le ska & co…En 1999 sort leur premier album « Bad Bad Reggae » publié par les Allemands de Mad Butcher Records, en 2001 c’est le maxi-ep « Ménil’ Express » sorti sur Big 8 Records. S’ensuit une période de latence pendant laquelle les divers membres en profitent pour s’exprimer dans d’autres groupes comme Ya Basta, Happy Kolo, Acapulco Gold, Upten. Après un gig à Genève en 2008 l’équipe se retrouve et leur second album, « Old Reggae Friends », sort en 2010 sur le label nantais UVPR (Une Vie Pour Rien) et sur Mass Prod. Le troisième album « Working Class Reggae » (chez UVPR), bénéficiera en plus d’une édition allemande chez Grover Records (cd et vinyle + cd).

À qui s’adresse ce disque ? À tous ceux qui aiment danser sous la chaleur du Ska, Two Tone, Rocksteady, et vas-y que ça caracole dans la tête et secoue les hanches, et ouaie il n’y a pas à dire cet album est constellé de titres catchy. Le groupe a relevé son niveau, en tout point. Tout est hyper bien travaillé, chaque idée retenue calibre comme il se doit les nouvelles compositions vers la cime. Sans faire étalage d’une démonstration ronflante, 8.6 Crew parvient à nous en foutre plein la vue, et tout ceci est dû à l’art minutieux de la simplicité. Voilà en quoi le groupe a gagné comme maturité essentielle, et cela va droit au cœur et à la tête, car la musique danse sur les mots et les chansons restent en tête à danser sans cesse.

Ce n’est pas de la magie, c’est un sens inégalable de l’équilibre des forces. C’est un disque de grand frère munit d’une indicible mélancolie, génératrice de relier les générations entre-elles, pour les reconnecter au réel, au combat de rue, avec cette faculté et cette maîtrise d’allier au plaisir mélodique la beauté éducative de raconter simplement une chanson avec la ferveur de l’érudit, avec la flamme du passionné, avec la décontraction de l’insolent, avec le béguin du sentimental.

Captivant, passionnant, frénétique, enthousiasmant, attachant, sympathique, boxant, stimulant, anachronique, gagnant cet aspect mélodramatique de la vie en un point névralgique que tend à merveille toute bonne chanson. Munit de référence basique et d’une éthique prolétaire qui fait vivre le ballon, cette clique donne douze titres qui critique et éloigne le chimérique, décortique tout un pan esthétique de la culture à damier sur l’échiquier politique par son constat de désillusion.

La pratique polyphonique des cuivres fait reluire une douce saveur que propulse la rythmique. Le chant a lui aussi gagné en assurance, et légitime l’aboutissement dithyrambique qui en résulte.

8.6 Crew vient de sortir cet album indispensable et fédérateur que le rock réalisait quand le métissage n’était pas galvaudé comme pilleur, mais plutôt comme repère et dynamo du courant alternatif, au point d’incarner le jalon des LSD, The Clash, The Spécials, etc…Il est à noter qu’il y a en toute fin une relecture dub de certain titre.

Après « Bad Bad Reggae » et « Old Reggae Friends », « Working Class Reggae » possède une cohésion et influence qui lui confère une véritable harmonie, identifiable comme faisant partie intégrante des albums qui comptent dans une vie, et pour les générations qui suivent.


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mercredi, février 22 2017

Half Hearted Hero - Isn't Real


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Ces gars-là auront beau jouer de charme pour affirmer leur trouble face au comportement subtil et déconcertant de la gent féminine, il n’en reste pas moins qu’ils savent y faire pour perpétuer le désarroi masculin avec la douceur de Weezer et le sucre lent de Save The Day.

Mais tout d’abord parlons du style musical propre à cet ouvrage. L’émorock possède cette particularité essentielle de frictionner avec délicatesse le puit sans fond de l’émotion, pour en faire remonter l’aqueux bouleversement sensitif. Leurs mélodies possèdent cette simplicité désarmante, cette beauté diaphane, capable avec sa spontanéité d’ouvrir les veines du teenage spirit en moins de deux.

Ce qui m’amène à un premier enseignement à tremper dans la solution de votre discernement, puisque : On veut bien aller étudier les textes sacrés d'Aristote, ou bien d’autres philosophes ayant traduit à leur gré la certitude qui est la leur, mais la seule vérité qui existe en ce bas monde se trouve dans les yeux éperdument amoureux d'une femme. C’est une chose puissamment poétique avec laquelle l’émorock en impose la constance.

Par ce fait, le troisième long d'Half Hearted Hero est saturé de soin poppy, avec mid-tempo pour masser et prendre soin du visage de leur titre, lissage parfait entre le couplet/pont/refrain, un maquillage simple et naturel pour la production, et l’ensemble est catchy.

Le rock a permis à des gars disgracieux de draguer plus facilement des filles, avec cet album Half Hearted Hero va en niquer un plein wagon. Puisque et la chose est primordiale pour notre époque transgenre, pas d’émo qui pleurniche, pas d’indie qui se la raconte, pas de punk qui vomit. Ici tout est poli, poncé, encaustiqué, tamponné, adouci, satiné, peaufiné, léché, c’est amoureusement émöpop !


dimanche, février 12 2017

KING DUDE – Sex


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Thomas Jefferson Cowgill a débuté son art par la noirceur du black metal avec Book of Black Earth et le hardcore de Teen Cthulhu, sans jamais trouver la formule adéquate pour dégorger son éducation. Car voilà un gars atypique issue d’un divorce, élevé au spiritisme par une mère lunaire pratiquant les incantations païennes, et par un père priant les cieux en buvant jusqu’à la lie le sang du Christ en bon chrétien américouain. Tout sera affaire d’astres pour ce dandy gothique qu’est King Dude qui enfantera comme par magie noire à un mystique « Apocalyptic Folk », un sous-genre de Johnny Cash chez les gothiques, brûlant dans l’essence de Nick Cave les restes de Death In June sous le regard fantomatique de Buddy Holly et la bienveillance de Bob Dylan.

King Dude est un projet né d’un coup de bluff, une esquisse rageuse envers une colère sourde, reposant sur une rédemption luciférienne qui épouse le charme des balades vespérales innocentes pour mieux nous crucifier à son autel caverneux. On s’accorde dans ces méandres musicaux à puiser un esprit sein à téter pour trouver l'obscurité dans l'étincelle de ce folk, et y crever de ce poids mort existentiel pour ne plus être mauvais.

Mourir c’est renaître après, et King Dude applique ce genre d’illumination remplit d’amour et de lumière que les coups tordus de la vie changent en désespoir et amertume. Sa formule de politesse pour signer son acte de pensée est tout aussi clairvoyante : “With the Love, Light and Glory of Lucifer upon us all! “- King Dude

Une fois encore le Dude nous confie les passages sombres de sa genèse avec « Sex », dont la famille Manson cristallise l'horreur satanique. Il en est question ici.

Avançant dans la pénombre blafarde, le disque déroule sa funèbre torpeur musicale avec l’aspect cadavérique du dark-rock. L’ombre de Sister Of Mercy plane dans les atours funestes de l’américain et aussi celle de Tom Waits, qui supplante même tout, et de loin. Car King Dude sait parfois faire retentir un blues lugubre, faire rutiler un vieux truc lointain qui vient de l’âme, et dans ce genre d’amertume émotionnelle qui en délivre toute la portée sépulcrale. Le côté bancal de son approche sonore (pour ne pas dire lo-fi), apporte une dimension atrabilaire, permettant d’intensifier à bon escient la face éplorée et mortifère. Maiiiis tout n’est pas tout noir dans « Sex », car cet homme sombre a la bonne idée de remettre du punk dans les esgourdes pour fluidifier la gravité de certain de ses titres. Alors il en profite pour sulfater avec un esprit bordélique de garage rock punk, et ça refout un coup de peps bienvenu ici-bas.

J’ai énormément apprécié au Hellfest 2016 sa prestation, en un instant de plénitude noire, contrastant avec la théâtralité excessive de la majorité des groupes du Hellfest. D’autant plus que j’avais moins accroché à son album « Songs of Flesh & Blood - In The Key of Light », il me manquait une épaisseur à la fois sombre et cotonneuse qui en faisait tout le charme et l’épaisseur lors du concert. Chose que je retrouve avec cet opus, bien plus fourni, malléable avec ses atmosphères que l’étaient les précédent opus. Il y a aussi un côté robotique punk à la Devo en filigrane et puis une face new wave pour apporter de la profondeur de ton à l’ensemble.

Oui King Dude a pour ainsi dire fait acte de modifier sa messe, et ceci n’est pas pour me déplaire.

Voilà un album vraiment cool, tant il regorge de différent moods, tout en restant dans la cohérence. Je pense qu’il a voulu court-circuiter cet aspect trop macabre, trop sérieux et souffreteux. Par ce fait de multiple alternance il apparaît encore plus humain avec cette diversité, tout en restant dans ce pathos qui en a fait son sceau dès que le ton s’aggrave vers les ténèbres intérieures. C’est un contrat maléfique très justement admis par la forte acuité sensitive du mal qui touche à l’émotion pure ici, car cela fait mouvoir un envoûtement de méditation et d’occultisme à la fois que l’on ressent comme une brûlure intense et pérenne à son écho.

Mon conseil : « Sex » est un disque à écouter en lisant « California Girls » de Simon Liberati.


lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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mercredi, janvier 4 2017

WHISKEY MYERS – Mud


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En écoutant « Mud » je me suis dit qu’« On dirait le sud », ce sud que je reconnais alors que je suis à l’ouest de l’éden, perdu dans les affres existentiels d’un cadastre sans foi, ni loi.

Chaque personne ici-bas cherche une boussole de survie. C’est une quête souvent longue et épineuse, avec laquelle la proposition des chemins de traverse à prendre est nombreuse, et l’incertitude de se tromper fait que l’on passe son temps à marcher à côté de ses pompes pour finir par passer à côté de sa vie. La prise de risque confine souvent à ne rien faire, les plus valeureux réussiront par le vice de leur certitude par mordre la queue du serpent qui les mènera de la gloire à leur propre perte.

La vie est un voyage temporaire qui glisse sur le même rythme qu’une ballade, et les émotions que l’on découvre vous mettent à nu et vous façonnent. Durant cet accomplissement on cherche hagard quelque chose qui souvent ne viendra pas. On voudrait sans cesse retenir la nuit magique et calmer les douleurs que le temps n’efface jamais. On se subtilise à outrance pour s’accomplir en une destinée alors que l’on ne voit plus que ce que l’on veut bien voir. Ainsi on s’isole en pensant que l’on est aussi seul au monde que dans cette carcasse corporelle qui fait corps avec l’esprit, et vaille que vaille l’on continue à chercher un signe. On trace des points pour segmenter sa vie pour ne plus se perdre, et à chaque fois on revient à son point de départ, en se laissant guider par la lumière familiale qui indique tout le temps d’où l’on vient.

Il arrive fréquemment que la boue mélancolique s’immisce dans chaque commissure et vous inonde jusqu’à l’asphyxie, au point de sombrer dans cet état lamentable que la médecine occidentale la caractérise par le terme de dépression.

La boue de Whiskey Miers n’a rien à voir avec un état dépressif. Sa mélancolie est un endroit nostalgique où la tradition est un sanctuaire. Boire jusqu’à la lie à cette fontaine de jouvence vous fera sortir de cet état confédéré à bâfrer ce que l’on vous refile à becqueter comme junkfood musicale, pour préférer la légende du son sudiste.

Tu sais le sud, cet endroit éloigné du monde que le temps ne parvient pas à effacer la sauvagerie. Là-bas la vie a ce goût imputrescible d’une rivière claire qui coule le long du sablier mortel des habitants qui la peuple. Il s’y passe ce que la vie veut bien vous apporter, pas plus, ni moins.

Ce band vient du Texas et il perpétue la tradition du Country Southern Rock& Folk, « Mud », leur 4ème album studio, est produit par Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons…) avec deux titres qui sont co-signés avec Rich Robinson (guitariste des Black Crowes).

Whiskey Miers œuvre en tous sens dans cette qualité sudiste de faire perdurer ce mythe musical, de sa tranquillité traditionnelle jusqu’à son honnêteté à retranscrire la beauté simple d’une vie modeste, d’ouvrir son cœur avec la romance naturelle des hommes de caractère, de puiser sans fin dans le puits sans fond de la passion du sud éternel, d’établir un toit sur chaque titre, de mettre du bois dans le foyer des mélodies pour réchauffer les émotions. C'est toute l'Americana de ZZ Top, The Allman Brothers,  Creedence Clearwater Revival,  The Georgia Satellites,Lynyrd Skynyrd, Hank Williams Jr, Waylon Jennings...

Avec « Mud » une voix chaude vous ranime l’âme et vous parle avec sincérité, c’est un repère certain dans la brume sombre et froide qui enserre la vie. Chaque sentence résonnera en vous dans cette beauté sauvage que les hommes conservent pour affilier à chaque génération la saveur d’avoir accompli ce labeur qui tend à la raison, qui relate encore et toujours que les choses les plus simples se découvrent à soi, avec la douce sauvagerie d’être revenu de tout, et de retrouver la douceur enfantine des joies simples et réconfortantes du Home Sweet Home !



Message à la Lune :

Stéphanie, ma sœur, tu me manques tu ne peux pas savoir à quel point depuis ta disparition. J’ai tout le temps la peur au ventre de perdre ton visage à chacune de mes courtes nuits, d’oublier tout simplement d’être le dépositaire de ton existence. Cet album d’hérédité musicale et de sagesse indomptée m’a remémoré notre enfance, ta force de vivre, qui par malheur t’a quittée un soir de 19 Août 2005.

Je regarde à chaque fois la pleine lune pendant quelque instant car je suis certain que tu te caches dedans, je sais que tu fais tout pour me protéger sur terre, mais je souffre éperdument et constamment de ton absence. Tu es et restera ma boue, mon eau claire qui me lave chaque jour d’être ton petit frère.


lundi, novembre 28 2016

HELMET – Dead To The World


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Nous avons tous une part de nostalgie en nous nous reliant sans cesse à l'amertume du passé, et à ses fragrances émotionnelles qui ont façonnées ce que nous sommes devenus. Un groupe comme Helmet fait partie pour les 90's d'un instigateur principal de cette évolution.

Au lieu de reproduire une époque révolue, Helmet s'oppose à éconduire ses intentions musicales pour orienter ses compositions vers un renouvellement.

Helmet réalise une sorte de « White album » tout comme les Beatles à leur époque, un ersatz de chansons évolutives qui ne cesse de se contorsionner en nous, pour nous libérer du passé trompe l’œil que nous nous étions fabriqués pour le groupe. Helmet a cette élégance subtile de déjouer les plans opportun de relancer sa carrière par un album sinueux, et pas du tout comme celui que les vieux aigris espèrent, ou que les nouvelles générations pourraient encenser pour légitimer le retour du son raboteux, volumineux d'Helmet aka 90's, et d'y vivre l'intensité de l'époque phare du groupe comme si ils y étaient.

Les dissonances sont ici tenues par un rock indé, ce qui signifie que nous n'avons plus cette épaisseur écrasante de jadis, ni sa phase « jazz » à double tiroir. Nous perdons en nuance ce que nous gagnons en fragilité, Helmet n'est plus ce colosse monumental, il a la délicatesse d'altérer sa musique avec ce qui convient le mieux à ses choix musicaux.

Il y a de tout dans « Dead To The World », et peut-être plus encore quand nous l'aurons digéré, et puis il y a surtout ce monde qui prend fin, et qui nous dicte avec prévenance qu'il est temps pour nous de nous détourner de cette façon de faire revivre le passé, pour vivre enfin.


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vendredi, octobre 7 2016

BLOOD CEREMONY – Lord Of Misrule


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Un parfum de ringardise pour certain, une ode éperdue pour d’autres, Blood Ceremony est un archéologue musical, maudit.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ici ça sent le salpêtre heavy occulte, l’encens périmé, le hippie crasseux, mais libre de toute entrave.

Blood Ceremony évoque une musique du passé que l’on ingurgite tel une soupe de sorcière. Conjurant le mauvais sort d’une discographie majestueuse mais boudée, ce « Lord Of Misrule » suit la bave de crapaud heavy avec le sortilège de faire du rock-doom avec ses fragrances poppy.

Bon si c’est encore un peu concis, il y a des variations de swing pop, de rock garage, de psychédélisme qui amènent une relative évolution. Ceci dit Blood Ceremony ne sort pas non plus de son bois dormant, et la mousse de son rock occulte et le lierre de son heavy rock se sont infusés consciencieusement, de la sorte que le groupe refait encore et toujours avec la fascination qu’il a pour Jethro Tull, Led Zep, Jefferson Airplane, Black Sabbath, Coven.

Ghost a su conquérir les foules par les embruns méphistophéliques de sa pop culture, ce qui n’est pas le cas de Blood Ceremony, qui est dans une posture d’ermite en comparaison. Si vous appréciez le passé alors chaque incantation sera un pur maléfice, sinon, vous trouverez cela désuet.

Je trouve du charme à ce groupe, une rémanence subtile et une saveur archaïque qui en font tout l’envoûtement aussi. Mais cela ne signifie en rien que ce soit éteint.

Le côté rétrograde ne me gêne absolument pas, je suis convaincu par son effet caduc et je trouve que la vétusté des sonorités épousent les formes révolues, comme si ce disque avait vu le jour il y a vingt ans. Alors pourquoi aujourd’hui un tel disque voit le jour ? Peut-être que la rétention que le passé dispose demeure un ancrage plus fort qu’un avenir incertain. Toutefois le groupe détrempe et désinhibe par une forte sensation de résurrection. Peut-être qu'en réincarnant des idoles du passé, il s’envoûte d’une parure plus contemporaine dans son revival, afin de repriser les habits de fortune comme Ghost & co ont su en populariser avec une réussite conséquente.

Ce qui est avéré aussi, c’est que le groupe assume totalement son aspect démodé, et j’apprécie cette folie de ne point usurper ses intentions. Du fait, cela fait très certainement de moi un plouc, et franchement je m’en branle absur-dément. J’aime cette fantaisie hippie, la fraîcheur de son ton bucolique, tout comme la joliesse nacrée de ses ténèbres, son psychédélisme 70’s pastel, son swinging rock occulte, sa folk ésotérique des 60’s et le bleu de sa romance rupestre. Alors oui Blood Ceremony a une fois encore réalisé un album que la chaleur des flammes purificatrices anciennes en concocte toute la primauté.


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lundi, octobre 3 2016

LES SOUCOUPES VIOLENTES – Dans Ta Bouche...


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Il y a quelques lunes de cela, un duo d'homme trié sur le volet à jeter l’opprobre sur la disparition de pépites musicales datant de l'ère du fluo.

Nineteen Something naquit de cette folle envie de faire resurgir des œuvres du passé pour finalement pérenniser une époque, et fatalement surligner au fluo l'histoire de groupe de musique.

On sait tous que les bonus des DVD ne valent que pour l'entremise sournoise qu'il diffuse en prétextant de louange sur la qualité indéniable de l’œuvre, et quant à votre intelligence d'esprit d'avoir acheté un tel ouvrage culturelle, Ô combien singulier et unique en son genre. Ce qui détone de la réflexion lapidaire et du ton persifleur de votre concubine et de son œil inquisiteur critique, vous rétorquant au bout de 20 secondes de visionnage : " Mais tu n'en as pas marre de regarder ces merdes ? " Commentaire sobre pour lequel je me dois de vous prévenir en toute humilité altruiste, qu'il est inutile à ce moment là de se fourvoyer dans un argumentaire détaillé, et finir par sombrer dans la controverse, surtout pour se voir priver d'un coït, apaisant la tension de ce genre de film de merde au demeurant.

Avec Les Soucoupes Violentes on ne parlera jamais d’œuvre de merde, mais bien au contraire de musique de sauvage, et carrément d'œuvre initiatique entre le rymth&blues, le rawk'n'roll, le punk rock garage, et un truc de ricain imitant les anglais avec une désinvolture frenchie.

Les Soucoupes Violentes est un vieux coucou de groupe.


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Si vous ne connaissez pas, alors Les Soucoupes violentes vont vous faire décoller du plancher des vaches avec une musique sèche et nerveuse, rutilante de chrome, capable de faire un barouf de tous les diables avec ce rock'n'roll primitif qui enfonce la tête directement dans la cloison en placoplatre, tellement elle décharge des vagues, et des vagues d'énergie intensive. Ce groupe appose un Rock munit d'une solide contagion à sa déflagration sonique, surtout avec une orgue faisant rejaillir des mélodies incisives avec cette fièvre qui te cloue au lit...

...Pour la simple raison que Les Soucoupes violentes est un vieux coucou de groupe qui fonctionne plein fer encore !


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Depuis que j'ai 6 ans j'entends avec sarcasme que la langue française est incompatible avec le rock'n'roll d'origine anglophone, alors qu'il y a des gens formidables qui ont modelés les deux avec subtilité, ferveur et passion. Ce groupe chante en anglais et français, et c'est tout simplement la classe internationale. Un titre comme « L'indifférent » est absolument inusable, je dis bien I N U S A B L E.

Ici sont réunis le premier opus datant de 1987 « Dans Ta Bouche » des Soucoupes Violentes, ainsi que leur E.P éponyme de 1984, et la face A du 45T « Rester Au Lit » de 1988. Outre de superbes compositions avec un rock humide à la fébrilité bestiale, saturant l'espace sonore de sa décontraction à manier avec urgence et une liberté sans faille le real rock'n'roll de la rue, il y a 2 covers somptueuses, « Teach me how shimmy » des coasters, « Twistin postamn » des Marvelettes, le tout secouer par des décharges de teenage-kick.

Le label Nineteen Something mérite un soutien absolument démentiel pour faire remonter à la surface terrestre ce genre d'album introuvable jusqu'à présent, fleuron essentiel du made in D.I.Y hexagonal.

La force indéniable de ce groupe c'est d'écrire des titres uppercut avec l'approche très anglo-saxonne de faire jouir la mélodie des mots jusqu'à ce que l'ensemble jute en un orgasme sonique.

Cette sortie est un événement à ne rater pour rien au monde, vous avez une seconde chance pour dégoter un tel brûlot, alors c'est maintenant, et à 8 euros le cd, franchement allez vous faire foutre si vous l'achetez pas celui-là !

Les Soucoupes violentes : I want to believe !


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vendredi, septembre 16 2016

CLASSE MANNEQUIN - ST


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Quand vous chercher sur le net le groupe Classe Mannequin vous tombez immanquablement sur une photo de Vanessa Demouy ou bien de la blonde Cachou, de son vrai nom Anne-Charlotte Pontabry. Est ce dû au hasard pernicieux de l'immense mémoire active du net, ou bien y a t'il un lien direct ou indirect ?

Heyyyyy j'en sais rien. Classe Mannequin c'est la somme algébrique du math rock fougueux, du cancre noisy pop et du rock indé libertaire-solaire. Munit des membres de Tiny Scalp, Bantam Lyons, Moskou et Fairy Tales in Yoghourt, tout ce petit monde vient de Nantes, le band déclenche un premier alBoum sans titre, implosif (improbable + explosif = implosif).

Dix compositions instables, agitées du bulbe à en secouer la pulpe pour en faire remonter une volatilité chronique. Errance, égarement, déséquilibre, un triptyque en tout point frappadingue, et qui permet au groupe de faire ressurgir Talking Heads sur la route de Honey For Petzi roulant en Polvo. C'est la condensation röck indé rigoureusement mise en tension permanente, pour une désinvolture royale à manier la pop avec l'esprit insulaire des anglais. Classe Mannequin est un libertaire en puissance, capable de jongler avec des mélodies aussi douces que foldingues. Le groupe gratte avec égarement l'épicentre des terminaisons nerveuses mélodiques, jusqu'à faire craquer ses titres en une constellation de dissonance pop indé. On distingue dans le sacre de leur titre toute l'impétuosité de cette jeunesse qui semble dire happy fuck off avec la perfidie de reproduire au mot près ce qu’elle a envie de vivre. C’est vrai qu’à leur âge doré on est facilement influençable par la beauté de son insouciance, impressionnable de la puissance de son aura, alors que les vieux sont moins enclins à être empapaoutés, et parlent avec la sagesse du connard aigri et de son ennui existentiel.

Aucun lassitude ici, cet album fait défiler sa douce folie, sans amertume, avec juste la saveur faussement catchy d'induire une luminosité flottante, surtout quand votre esprit glane dessus avec ravissement l'appel de ces petites pépites mélodiques et de son tourbillon sonique.

Ce disque fortement jouissif est disponible chez le label Montpelliérain HEAD RECORDS.


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mardi, juin 28 2016

BOB MOULD – Patch The Sky


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Ben que veux-tu que je te dise, le vieux revient et fout une branlée à tout le monde.

L'album dans son intégralité fait la part belle à de la power pop mélancolique, fruitée au punk, les mélodies sont inusables, toujours empreint d’une beauté diaphane avec laquelle il faut sans cesse s’enrouler dedans pour qu’elle diffuse tous ses arômes.

Bob Mould, c'est le band Hüsker Dü pour le punk et le band Sugar pour la power pop. Depuis 1996 Bob trace en solo, si vous voulez en connaître davantage sur le grand bonhomme vous trouverez tous les éléments lors d'une saine lecture avec son autobiographie : « SEE A LITTLE LIGHT - Un parcours de rage et d'harmonie ».

Si je vous dis que l'on tutoie les anges avec «Patch The Sky » cela suffira t'il à ce que vous achetiez cet excellent album ? Franchement vous pouvez y aller les yeux fermés, Bob y donne le meilleur de son art, et faut savoir qu'il excelle à composer des titres qui remuent ciel et terre, tripe et cœur.

Depuis 2012 et « Silver Age », suivi par « Beauty & Ruins » en 2014, il clôt une trilogie émotionnelle au firmament des œuvres qui comptent double quand on se retrouve à gratter l'écorce sensitive de nos errances existentielles.


jeudi, juin 16 2016

VODUN – Possession


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Ceux qui se souviennent du choc que The Bellrays a eu sur leur effervescence intérieure sauront reconnaître en Vodun la turbulence excitatrice ad hoc.

Sa formule en trio va logiquement à l’essentiel, et Vodun fait très forte impression d’emblée, et la suite de son album inflige une correction régénératrice. Puisque ce disque est une boule de feu, et ça force de caractère débride l'attraction qu'elle attise jusqu'à son ébullition sensorielle, voilà ce qui caractérise en premier lieu « Possession ». La suite est une formidable propagation de feu de joie.

Leur gros rock bluesy, ou stoner heavy, comme il vous plaira, agite à coups de mouvements agiles cette agitation éruptive tentatrice. Mais ce groupe a l’étrangeté sculpturale d’offrir un mélange abouti à chacune de ses compositions. Comme si Bobby Wowack faisait une jam avec Unsane, Jimi Hendrick avec Fu Manchu, Fela Kuti avec Saint Vitus, Franck Zappa avec The Bellrays, et on peut continuer ad vitaem eternam avec ça. Oui Vodun arrive avec un mur du son blanc et la puissance d’un black power à faire rugir les décibels et l’étincelle originelle du rock. Le tumulte fait jour par l’embrasement nerveux d’éléments cataclysmiques, tel bruitiste, grungy, et toujours progressifs. Tout prend corps et feu dans cet embrassement tellurique, où l’on retrouve la folie The Bellrays des débuts avec son côté punk incandescent à la Black Flag et son stupre soul heavy rock, oOoui mais pas que...

Déterminé à saturer l’espace sonore par un exotisme divin remplit de distorsion foudroyante, de la soul funky avec du hardcore punk, du heavy stoner doom au prog noisy, du white noise au black sound, de l’indé chamanique au garage psyché, les styles musicaux sont englobés et digérés à bon escient par le filtre de compositions qui en ressortent toutes grandies. Des passages vaporeux et délicats permettent par la suite de détendre la ceinture, d’être dans cette fièvre capiteuse que la soul convulse dans ses sécrétions sexuelles, dans cette offrande charnelle à la rémission des corps. Il y a une putain de patate dans ce choc que l’insolite apparaît comme en symbiose avec l’ensemble. De la sorte que l'expérimental peut éventuellement s’appliquer ici, mais uniquement pour les mélomanes qui écoutent moins de 4h00 de musique par jour.

Je préviens, cela n’est jamais trop car les effets sont mesurés, il y a une justesse qui s’adapte à sa puissance de feu, à son approche de la transe, car ce disque est envoûtant, et agite une étrangeté voodoo indubitable. La séduction maligne est un écho à la beauté saline qui nous éperonne tout le corps. Sa convulsion, son émulsion sonique dardent un venin dont vous aurez peine à trouver un breuvage à sa contamination.

Il y a de la sorcellerie sur ses lèvres, des tentacules rythmiques qui vous agrippent, des mélodies avec une odeur de soufre sonique inaugural. C’est en soi une très forte, puissante et magnifique « Possession » excessivement recommandable par le magnétisme qu'elle applique.

Racheter votre karma voodoo avec Vodun !


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lundi, mai 30 2016

SAVAGES – Adore Life


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Voilà un groupe qui fait bouger !!

Le combo fait pénétrer insidieusement son venin par l’ensemble d’un rock mouvant, où du post-rock jusqu’au heavy post-punk.

Une veine mélancolique, une énergie juvénile, la splendeur désinvolte, la sincérité émotionnelle, Savages agite par contraste ses effets jouissifs par une musique vénéneuse, active, pétulante, sémillante, libérée, épanouie, rayonnante, espiègle, et nuancée par de légère strate ombragé, langoureuse, nostalgique, sensuelle.

Une pointe de folie Pixies, un zeste d’espièglerie Warpaint, un soupçon de prestance Pretenders, de brouillard sonic Youthien, d’instabilité robotique Talking Heads, d’insouciance Pavement, de frivolité mélancolique à Kate Bush, d’effronterie Siouxie & The Banshes, c’est en somme les 80’s et les 90’s qui se télescopent pour vivifier le passage 2000’s de l’art pop et du rock arty.

La rétention émotive ne peut rester calme bien longtemps face à l’afflux ténébreux et nerveux du quatuor anglais. Ces femmes crèvent littéralement leur musique à coup de tension épileptique Joy Division, et la flamboyance agitée du chant de Beth n’en finit plus d’haranguer par une succession de phrases répétitives un mantra sec et tendu jusqu’à l’os, rendu émotionnel par la succession exponentielle d’une tension. Pourtant l’album en lui-même est tempéré, aussi sensitif, primitif, explosif, qu’intense, Savages lui apporte la densité rythmique sombre, une guitare noisy, un chant envoûtant, pour une constellation obscure et profonde à chevaucher les désordres de la nuit, et les désirs du jour.


Savages post punk frénétique


dimanche, mai 22 2016

NO SINNER – Old Habits Die Hard


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Le chant éraillé par le souffle tendre de la soul, l'harmonie sauvage du rock'n'roll, l'incandescence sombre et mélancolique du blues, No Sinner revient hanter notre esprit avec un deuxième album étincelant.

Révélé en 2014 avec l'opus « Boo Hoo Hoo » le band canadien avait boisé un blues rock typé et racé. Nous découvrions à ce propos Colleen Rennison la chanteuse, et le charme fou de cette Janis Joplin ayant poussé dans le terreau de Robert Plant nous avait littéralement happé.

C'est donc avec beaucoup d'attente que se second se découvre dans une veine plus poppy venant corroborer à un aspect plus contemporain, et un mélange olschool et newschool qui s’imprègnent l'un dans l'autre, mmmmmmmmmmmmmh ! On retrouve bien évidement des compositions câlines de douleur sauvage, cette expiation instinctive de plonger dans la perversion, cette douceur trouble dans la clameur de leur blues rock, avec parfois, Ouchhhhhhhhh du sacré rock'n'roll avec « Saturday Night », un truc à s'en faire péter les reins, et puis aussi du slow avec « Lines On The Highway ».

Le rock'n'roll n'est pas une légende, c'est un mode de survie qui rend l'existence exaltante, et donne à son lot de malheur, de bonheur, la rédemption de traverser la vie en léchant les flammes de l'enfer, avec le sourire d'un ange.

Colleen Rennison en est la plus sauvage représentation terrestre. Avec «Old Habits Die Hard », No Sinner exalte le prêche classique du blues rock dans sa toute puissance à bercer, à percer le cœur émotif de la sensation la plus primitive : L'essence de brûler du rock'n'roll !


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Ah ouaie putain qu'il est bien cool ce disque, il donne envie de taper du pied le con !


dimanche, avril 24 2016

ACE FREHLEY - Origins Vol. 1


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Et un qui est toujours dans la life c'est Ace !!

A 9 ans j’écoutais du hard-rock et j’étais déjà un putain de ringard, depuis je me suis habitué à être démodé en étant juste ce que je suis. Je n’ai pas de préférence de style musical, pour moi tout son est musique. Alors tu parles avec le temps, aujourd’hui j'suis toujours un putain de ringard, je ne suis même pas foutu de te dire le groupe à la mode, et puis d’ailleurs cela n’a pas d’importance. Tu sais pourquoi ? J’en ai rien à foutre.

Ace est un oldie, un vieux de la vieille, un ex-du groupe KISS, un mec qui foudroie avec ses doigts des solos heavy-blues, fait crépiter des riffs à l’ancienne, bref, oldschool le gars. Pour beaucoup il sera dépassé, mais pour d’autres il demeure un vecteur de pulsation sonique, une sorte de comète à multiple éclair.

Ace redessine à la comète Frelhey des covers de Rawk’n’Roll !

Ouaie un album de cover, comme pépé Danzig. On retrouve la saveur de la poussière avec des vieux de la vieille, d'ailleurs la voie étoilée de Paul Stanley sur « Fire and Water » c'est quelque chose...D'autant plus qu'avec le temps et les tensions commerciales les deux n'avaient plus enregistrés depuis des lustres.

En feat il y a le gratteux John 5, McCreedy, Slash, la coquine Lita Ford. La production a eu la main lourde, c’est hyper fat. Le chant de Ace est parfois moins rocailleux et cette douceur est à mettre au compte d’une tendresse infinie pour le respect qu’il voue aux personnes dont il reprend les chansons.

On a tous des personnes qui servent de guide, de liant, de référence, d’exemple, de boussole, de modèle, d’accompagnateur, on a tous des chansons qui nous trottent et reviennent sans cesse dans nos mémoires, il se peut que celles-là soient et servent de catalyseur à Ace Frehley.

Vous savez fort bien que les illustres finissent leur tour de chant en picorant dans le stupre ancestral des hymnes pour rappeler d’où l’on vient, par quoi on est constitué, par qui on s’est définit. Frehley s’est amusé comme un petit diable avec cet album de reprise, et ce plaisir est discernable à satiété tant les compositions sont revisitées avec une générosité, et même si l’égo d’Ace ne lâche pas la bride. Ace est devant mais avec l’ambition de remettre une commotion de shock-Röck, et la pureté nostalgique d’en propager la flamme éternelle.

1. White Room (original by Cream)

2. Street Fighting Man (original by The Rolling Stones)

3. Spanish Castle Magic (original by Jimi Hendrix, feat. John 5 guitariste de Rob Zombie )

4. Fire and Water (original by Free, feat. Paul Stanley)

5. Emerald (original by Thin Lizzy, feat. Slash)

6. Bring It On Home (original by Led Zeppelin)

7. Wild Thing (original by The Troggs, feat. Lita Ford)

8. Parasite (Kiss, feat. John 5)

9. Magic Carpet Ride (original by Steppenwolf) 

10. Cold Gin (Kiss, feat. Mike McCreedy guitariste de Pearl Jam's)

11. Till The End Of The Day (original by The Kinks)

12. Rock N Roll Hell (Kiss)


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vendredi, avril 15 2016

DRIVE BLIND


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Il y a 20 piges sortait une des pièces maîtresses de la discographie de Drive Blind : « Be A Vegetable » : Un condensé d’énergie noisy et de rage grunge pour un mélange abouti de condensation 90's.

Ce disque bénéficie d'une nouvelle sortie début juin et pour la première fois en vinyle, distribué par la Baleine.

Dans ce double vinyle, vous trouverez donc, en plus de la chanson fantôme de l’époque où les membres du groupe ont échangé leurs instruments, un titre rare qui n’était sorti que sur un mini CD offert pour l’achat du disque à l’époque.

Quand la fureur et la nonchalance de 95/96 dépassent le mur du son il se passe un big-bang orgasmique et "Be A Vegetable" y fera dégouliner le fruit des plaisirs défendus.


jeudi, mars 31 2016

WITCHCRAFT - Nucleus


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Très heureux de retrouver ce groupe, tant sa musique génère en moi une multitude de sensations aussi profondes que telluriques. Et je dois dire que ce nouvel opus regorge de plusieurs mood dont l’ivresse et l’étonnement y divulguent avec perspicacité inspirée et pertinence réfléchie une œuvre ample, passionnante.

Avec "The Outcast", "Malstroem", deux titres qui détonnent de l’ensemble, nous sommes dans un mood séculaire, du Jethro Thrull spirit, le côté psyché 70’s ressort sa patine, les chansons s’étirent (même un peu trop dans le cas de « Nucleus » avec sa fin dispensable et poussive, lui aussi dans ce spirit 70's). La présence d’une flûte et ce sédiment occulte font ressortir une atmosphère vintage très chargée en consonance kitch, ( spirit à la Blood Ceremony). Je pense que ceci sera assez rédhibitoire pour de nombreux fans de la première heure, sans nul doute. Il faut dire que la première partie de l’album fait la part belle à des compositions exceptionnelles, mouvantes et charnelles, disposant à la fois d’une puissance mélodique et d’une épaisseur bienfaitrice à entendre. On peut même parler de titres catchy. Chez Witchcraft il y a toujours ce mélange de son désuet, d’une construction de morceau démodé, d’une saveur surannée, d’une mélancolie passagère, et puis une véritable tradition pour l’occultisme, le côté sombre, et cet album en honore tous les attributs du style.

Le chant de Magnus Pelander ressemble toujours à un mélange de Jim Morrison des Doors et de Jeffrey Lee Pierce du Gun Club, et puis un petit côté Bertrand Cantat dans certaines intonations, d'ailleurs " Nucleus", le titre qui donne son nom à l'album, fait penser à la fin au morceau de Noir Dez « Le zen émoi ».

Écoute après écoute, « Nucleus » n’en finit plus de divulguer son onctuosité, sa maturité, son expression type de la noirceur, une sensibilité particulière, et de l’émotion à profusion, Witchcraft maîtrise amplement son sujet, mieux il en libère la contenance en créant à sa magie sonore l’effet que produit une fable à traverser les époques pour devenir un mythe.

Ce disque deviendra mythique pour toute une génération, car c'est un disque ésotérique avec plein de messages cachés. J’en fais l’offrande au dieu des enfers !


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mardi, mars 29 2016

RED GLOVES – Night Gap


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Avec cet album Red Gloves tutoie les cimes et l’orgasme est continu. Pas un déchet, mention très bien avec les félicitations du jury, la palme d'or avec l'excellence, hey wahouuuuu j'en ai encore les poils pubiens tous retournés dîtes-donc.

Le groupe a sorti deux 45 "Twelve Headaches" ; "Lucky You !" qui faisaient déjà apparaître un énorme potentiel avec des membres de Jack and the bearded Fishermen et The Irradiates.


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Red Gloces c’est du super Emörock, fluide et tendu à la fois, œuvrant à satisfaire cette brûlure intérieure qui ne demande qu’à s’enflammer. Juvénile ? Bon hey c'est bon maintenant, les émotions n'ont pas d'age, alors basta. On peut vivre intensément à tout age, faire rissoler son cœur au rythme impulsif de pulsations émotionnelles gigantesques.

D'ailleurs le cœur de leur titre est en émoi en permanence, les réminiscences musicales que le groupe diffuse s’intègrent parfaitement à la singularité de Red Gloves. Les compositions atteignent cette plénitude que nos pensées absorbent sereinement. Ce disque est un ami et on le sait. Ce disque est un alter-égo et on le sent, et cela ne fait nul doute qu’il va devenir un refuge précieux. Parce que l’intensité reçue est une ressource inépuisable de chaleur bienfaitrice, avec laquelle on accorde l’importance capitale de s’y retrouver en toute sécurité. Cet album est rempli avec des mélodies pour lesquelles on tombe amoureux. Et le brin de mélancolie à l'intérieur de son sucre fondant nous témoigne d'une humilité qui nous rend joyeux.

Safe. Happy. Love.

On dirait un truc de hippie, et pourtant rien qu'avec ça ta vie prendra une tournure bien plus élévatrice. Red Gloves dispose de titres efficaces, hyper mélodiques, d’une saveur inégalée et inégalable. Cet album renferme en son sein tout ce que les mélomanes recherchent éperdument dans les bacs : L’existence d’écouter la vie filtrée à travers les émotions d’une pureté immortelle. Nouant des atmosphères attractives et mouvantes avec une capacité d'émouvoir instantanée, munit d'un petit côté écorché dont les épines musicales sont d’avantages mélancoliques que aigres-douce.

Il y a une évidence qui te prend aux tripes, parce que dans cette amertume de dissonances qui parfois viennent télescoper les frustrations existentielles et autres questionnements, demeure la trame névralgique des mélodies.

« Night Gap » est passé entre les mains de Brian McTernan (Converge, Cave In, Hot Water Music) et le mixage s'est serti d'une épaisseur notable. Le titre « Secret Dream » bénéficie du chant de Sylvain Bombled du groupe Cab Driver Stories, dont la récente tournée commune a dû électriser les foules, dont on imagine très bien la réverbération.

Ce que vous savez être la seule vérité absolue de votre fragile existence s’entend sur chaque titre.


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dimanche, mars 20 2016

THE LAS VEGAS – Eat Me


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Pour vous faire simple et court, « Eat Me » est un album catchy de hard rock, teinté de poppy, grungy.

Alors ça claque sévère, tu tapes du pied, le chant est éraillé, la rythmique The hives se cale sur des riffs cools. Puis il y a un poil d’Ac-dc/Airbourne parfois avec un soupçon de Def Leppard, faut dire que c’est un gros mix de hard rock basique et c’est pour cela que ça claque autant aussi. Les intentions sont simples : te faire headbanger mec et bouger le cul de ta gonzesse, surtout avec les teintes bluesy d’Aerosmith et de leur glam hard. Les Guns & Roses ouaie aussi il y a de cela, en fait c’est un mix de tous ces groupes, avec en sus de nombreuses ballades.

La production a réussi le manifeste de reproduire un son vintage et contemporain, histoire que tout le monde y trouve son compte. Les durs à cuire au cœur tendre apprécieront le grand écart musical, les vieux reconnaîtront de belles saveurs anciennes, les jeunes fricoteront allègrement avec la sapidité sonique et l’alliance sensitive contemporaine qui sont les leurs.

Oui ce The Las Vegas est catchy avec son hard rock, teinté d’injonction poppy, grungy parfois, cool !


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