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Tag - rock brut

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lundi, mars 2 2020

UNTITLED WITH DRUMS - Hollow


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Quintette de Clermont-Ferrand élaboré en 2014, avec un style de gros rock, susnommé de grunge dans les 90's, puis de post-Grunge, metal-rock alternatif, aujourd'hui il est convenu de dire que c'est du gros rock emplit par la même fréquence de vérité que dans les 90's, avec davantage de profondeur et de corps musicaux.

« Hollow » est une progression latente de mélancolie 90's, d'explosion post-rockienne, de saturation émotionnelle, entre amplitude et atmosphère, contraste et profondeur, le groupe joue sur plusieurs pallier d'intention. Il émane dans chacune de leur composition une orfèvrerie de graduation sonore, déjà parce que Untitled With Drums est un groupe à la recherche permanente de ses désirs musicaux subtils, et qu'il en trouve la pleine disposition dans ses compositions, et qu'en plus ce disque a été enregistré à Genève par Serge Morattel (Knut, Ventura, Year of No Light, Impure Wilhelmina…).

Rêche, brut, moderne, l'album souligne la voie de Cult Of Luna, Failure, Slint, froisse la colorisation sonique du basalte noir mélancolique avec le contraste du bleu profond océanique du rock indie, le vert intense des pâturages post-rock cohabite avec les éclats multicolores des massifs floraux rock noisy.

Untitled With Drums est cet îlot musical intemporel, émergeant des açores du rock indie et dans cette zone tempérée qui confère un climat doux par des variations de progression musicale, oscillant dans la beauté profonde et obscure, sale et mélodieuse.

« Hollow » sortira le 6 mars 2020, chez Seeing Red Records (USA), Araki Records (FR), Brigante Records (IT) et Atypeek Music (distribution digitale), et Untitled With Drums sera en concert à Castres au café Jean Jaurès organisé par La Lune Derrière Les Granges le 7 mars 2020.


dimanche, février 23 2020

L7 – Scatter The Rats


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Ah les chipies ! Vous les aviez cru enterrées sous des croûtes de pue des laisser pour compte. TOUT FAUX.

Retour en grâce ? J'en sais foutre rien mais cela fait un bien fou d'entendre autre chose que des midinettes à franche psalmodier des âneries, et faire passer la femme pour une douceur sucrée au miel rose bonbon. Avec leur look de vieille goudou au cuir élimé, les Californiennes ont contaminé un paquet de gazier à leur musak sauvage avec une conscience féministe sur la vie à l'appui.


L7 est un groupe de femelle qui donne au punk une fessée heAvy. Dans la vague grunge des 90's le groupe a eu sa renommée, puis pshiiiiiit l'industrie de la musique est passée à autre-chose + la révolution numérique + l'omniprésence du rap + la zique électronique + le retour du rock à papa bien coiffé, L7 s'est retrouvée sans label, sans manager, seule, esseulée, elle poussera le mythe avec un superbe opus « Slap-Happy », mais mal distribué le disque se vend très peu, friction dans le groupe après toutes ces années à se donner à fond, le frigo est vide, remise en question, le sort en est jeté = traversée du désert de Gobi.

Reformation pour des concerts en 2014 avec l'intérêt suscité par le documentaire « Pretend We’re Dead » sur le groupe, le temps rehausse alors sur celles et ceux qui ont vécu le groupe et celles et ceux qui veulent voir la légende en vrai roussir les amplifications. L7 c'est des burnes sur scène, toujours aussi foutraques et bancales, mais franchement rien à foutre, que c'est bon d'entendre crépiter cette salve grungy, cette furie outrancière.

On en arrive à ce 7 ème album, « Scatter The Rats », lequel donne aux fans ce ton désabusé, une hargne véloce et un sens leste de la mélodie et du son. CoOol, je ne dirais pas que les cheveux repoussent pour autant mais que la nuque se balance allègrement dans la sauvagerie riot grrl.

Groupe majeur des 90's, L7 est la plus belle bande de salope sur terre. Ce nouvel album en délibère la beauté heavy punk. Les riffs sont puissants et l'ensemble est lourd, gorgé par la portée de son aura 90's et de sa résistance à joindre une musique salement bestiale.

L7 possède un feeling monstrueux, cathartique, le groupe est revenu avec sa superbe énergie, et le râle de jouissance qu'une chatte ronronne avec les griffes dehors.


L7 non mais allo quoi !


mercredi, janvier 29 2020

LEPROUS - Pitfalls


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Suite à la dépression de leur chanteur et claviériste Einar Solberg, ce sixième album est une œuvre grandiloquente et intimiste à la fois.

Les norvégiens continuent leur exploration stylistique musicale entamée depuis « Malina » en 2017, en accentuant son approfondissement loin des codes et de la jurisprudence MetOl, afin d'apporter une vision globale à leur volonté et honnêteté créative.

Dans « Pitfalls » le chant est sublimé, emphatique et émotionné, il n'aurait pu être autrement de toute façon.

Même si on se pose la question : Mais comment raconter l'indicible dépression sans affect dans le chant ? Sinon cela devient ironique.

Il est vrai que cet attrait vers la pédanterie tragique et romantique de Rufus Wainwright à Jeff Buckley peut être rédhibitoire, ou too much.

En fait tout dans ce disque pourrait être trop, malgré la mesure du groupe à épurer malgré tout. Même avec les atours du rock progressif de Pain Of Salvation à Porcupine Tree jusqu'à Radiohead et Archive, au rock pop nimbé de nappes de synthés et de bienveillance de Coldplay à Thirty Seconds To Mars, de l'électro deep de Massive Attack avec lequel le groupe reprend le titre « Angel », sans omettre une faculté à faire muMUSE, Leprous convainc.

On est touché.e avec le cœur froissé dans cet enfouissement qui élève et mène au spleen, voilà tout le charme de Leprous, capable de planter un décor souffreteux et lourd de sens, et d'y amener dans le spectre d'explosion dramatique et de groove lumineux même synthétique une légèreté, une vérité.

En compraison avec leur discographie, dans ce disque il y a davantage de basse, une rythmique précise, des compositions passionnées, une production maîtrisée, une mise en scène formelle, car tout est entêtant et sublime, maniéré et affecté, Leprous conditionne cette force et vulnérabilité tout à la fois en restant imperméable.

L'inaccessible c'est la source du désir, son attrait primordial qui mène à la dépendance.


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jeudi, janvier 9 2020

CALABRESE – Flee The Light


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Prince du horror punk, le trio Calabrese de New-York revient hanter nos nuits avec un album cousu dans l'écrin satiné des Misfits, The Cult, Bauhaus.

Comme les Ramones, Bobby Calabrese, Jimmy Calabrese, et Davey Calabrese ont le goût du savoir-faire punk-gum autour du culte de la représentation. Le groupe met en perspective toute la parodie Horror punk par une vision du show. Le real rock'n'roll n'est jamais loin d'eux non plus, et capable de vous foutre des Cramps.

Paranormal, vampirisme, et autres joyeusetés macabres, Calabrese est le genre de groupe qui fête Halloween toute l'année et à ciel ouvert. L'ambiance musicale est maligne et regorge de son aspect propre au cinoche de série B à Z, tout en étant davantage accès vers la Hammer Film Productions (société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934).

« Fell The Light » est catchy en soi, bien entendu, les titres claquent, toutefois il s'en dégage une atmosphère gothique bien particulière. C'est drôlement bien foutu, l'impression de prendre le train fantôme, c'est à la fois cool et saisissant de charme surannée.

Sans en faire des caisses, ce nouvel album est caractéristique de la saveur pur jus de Calabrese, avec une morsure plus venimeuse qu'à l'accoutumée pour sa faculté romantique de la mort, de sa luxure rock'n'roll, et de sa claque punk en rossant des fesses rougies d’extase gothique.


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lundi, décembre 16 2019

BRUTUS - Nest


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Brutus est un trio. Brutus a sorti 2 albums, ce « Nest » est en tout point son meilleur. Brutus possède (ou est possédé par) Stefanie Mannaerts à la batterie et qui en chante en plus. Brutus est musicalement dans ce contre-jour superbe qui permet d'allonger les lignes de fuite incandescentes avec une torpeur ascensionnelle, et la grâce dans sa fascination du monde sonique post-hardcore-metal-rock.

Le groupe s'est formé en 2014, les Belges passent avec cet album vers une vibration plus intense, enrobant dans leur accoutumance racée une joliesse brute de mélodie lunaire, rocheuse. La nature de leur musique est puissante, féminine, vers cet état d'amour, de passion et de violence commune à l’envoûtement émotionnel persistant. C’est un trip à cœur ouvert dans un voyage intérieur et extérieur, où le chant se gorge de l'emphase magique et aérienne de Björk. Les atours musicaux se chargent en électricité pour parfaire à un contraste de saveur, de ton, de fréquence, tout en apportant une atmosphère entre l'éther et la chute, un saut/vol plané dans le vide.

L'attraction se forme d'une abstraction à y être absorbé avec fureur et plénitude. On touche parfois au sublime.

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