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Tag - rock brut

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mardi, septembre 12 2017

RED EYE BALL – Another Plan


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Depuis Gamer Rider six titres précédent de Red Eye Ball, on attendait patiemment d'être secoué par ce groupe de Périgueux, propulsant l'harmonisation d'un power rock qui en contraste les sens par son aspect rêche. Ce trio d'écorchés dépèce le rock pour contrebalancer par la suite avec la fureur élégiaque d'une explosion sonique. Leur musäk est tachetée du rock garage des Sonics à la sauvagerie bucolique de Fogerty du Creedence Clearwater Revival, jusqu'à un rock australien éprit de sa liberté insulaire...Mais par quel Saints se vouer alors ?

R.E.B est un groupe de passionnés du rock, au sens large du terme et des influences.

Quand tu as de la bouteille et la maturité nécessaire pour assimiler l'ensemble, la merveille de toutes ces années d'apprentissage c'est la magie de l'assimilation. C’est un long phénomène laborieux, sorte d'alchimie qui arrive par la force de vivre, et surtout par la densité d'en faire naître la déflagration sonique, la beauté sonore, la fragilité musicale. Digérer ce qui vous a nourri prend bien souvent l'aspect d'un calque flou et maladroit, tant l'empressement prend le pas sur tout. Mais il arrive parfois que certain dépasse le cadre, le sublime, et c'est dans ces bouleversements uniques que l'art évacue ces tensions, repousse ses limites.

C'est le cas avec Red Eye Ball qui en électrocute le courant alternatif avec des coups de fouet claquant comme le blues sombre de Nick Cave, avec des contusions de couleur bleu/mauve dans l'âme, et cette rage jamais éteinte, empreinte de la vie entre errance, délire et dérapage. C'est un monde sans soleil où le rock ténébreux du Velvet hurle au Lou, avec un brin de Sugar pendant le tea time de Bob Mould.

Oui ce groupe s'améliore, se bonifie avec l'age, et c'est rare.

L'album sort sur le label indépendant Some Produkt, Fred Norguet est à la production de cet ouvrage, on retrouve son travail sur les albums d'Ez3kiel, Spicy Box, Lofofora, Les Hurlements d’Leo, Burning Heads, Sleeppers, Seven Hate, Dead Pop Club, Cercueil, Bananas At The Audience, etc...La pochette du dessinateur Poup est en 3D, le pack vinyl est constitué du 33t, CD, lunettes 3D.

Plus fort que la nostalgie en étrenne les filaments perdus, et plus loin que le melting-pot référentiel contemporain, cet album intimiste et tordu, est une crachoteuse punk toujours à la mods, et ouverte au bruit sourd de la ville la nuit. R.E.B est aussi par son aspect grungy, rouge comme la braise et noir comme le désespoir.

Parfois dans la vie c'est Simple Plan, puis de temps à autre, c'est Another Plan, voilà tout. Bonne écoute à vous tordre de plaisir !


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samedi, juin 10 2017

CJ RAMONE – American Beauty


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Hey petit, oui toi qui te colle un shirt des Ramones de H&M sur le poitrail, sais-tu que CJ Ramone vient de sortir un nouvel album ? Nann ?!? Et bien ma couille il est temps pour toi de te lubrifier l’occiput avec cette gomme punk’n’roll, parce que tu constateras que ta vie changera dans ta tête du tout au tout de manière limpide, et qu’à la place de l’apparence de tes fringues tu auras le fond nécessaire pour être cool.

Bref, quel est le changement opéré chez CJ pour cet opus ?

Nada, du moins pas grand-chose. Le gars balance son punk ramonesque, mais avec tout ce qu’il faut de nécessaire, l’envie, l’intensité, la collitude et l’énergie conforme pour en être TOTALEMENT SOUS LE CHARME !!! Là est l’essentiel, parce que l’on va à l’essence même de la composition simple, efficace, qui file direct, parce que ce sont des mélodies qui apportent du baume au cœur, et celui du Tigre dans la culotte.

La pop punk, le punk à roulette, la guimauve poppy, bref tous les bombecs des 30 dernières années n’auront jamais cette souplesse chewing-gumesque dont les fondations remontent aux sixties, et qui demeurent le point d’ancrage de CJ Ramone, et de sa quête à pérenniser l’œuvre élastique des Ramones, Johnny Spirit.

Pour ce qui concerne la légère variation, il y a donc un melting-pot punk rock americana, allant des Ramones à R.E.M, mais aussi un hommage à Tommy Ramone, un duo avec Kate Eldridge de Big Eyes, et pour l’épauler il y a le bassiste et le guitariste Steve Soto Dan Root de The Adolescents et le batteur Pete Sosa des Street Dogs. Autant te dire que ça file dans toute la beauté Américouaine.

Un grand merci à l’Xtremefest pour l’avoir programmé dans l’édition de 2016, c’était aussi fun que cool en live, vraiment.


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jeudi, mai 25 2017

THE NOODLES - S.T


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Un rock ténébreux à l'épaisseur psychodramatique proche d'un post-punk exsangue. Sécheresse d'un son brut, un chant aérien qui plane dans le couloir de la mort en hypnose, des guitares distordues qui se plantent comme des épines aux venins absolues, une rythmique obsessionnelle de délice de transe, il est une évidence urgente, c'est celle de re-découvrir The Noodles.


Maintenant je souhaite parler aux écorchés de la vie, aux amoureux de la petite mort subliminale que le rock idéalise, comme dans cette époque bancale des 80's où le gouffre de la nuit ouvrait les veines d'un rock hirsute et génialement souverain. Les angevins de The Noodles contusionnaient alors les sens soniques avec la verve et le goût du sang à pleine bouche. Œuvrant à satisfaire les songes cruels en se jetant à corps perdus dans la fournaise. Donnant l'aspiration nécessaire pour y faire vivre le feu ultime d'un rock brûlant les lèvres hédonistes, afin de faire planer la froideur mélancolique.

Le groupe provoque un idéal, un rock idéaliste pour le plus australien des groupes de rock français, qui renaît ici-bas par le biais de l'excellent, pluridisciplinaire label Nineteen Something.


Cet album retrace la discographie de The Noodles avec le 45t « Dead For Nothnings, le 33T « Dirty Soul » paru à l'époque chez Gougnaf Mouvement (le label des Thugs, Parabellum, Sheriff, Les Rats...), les titres éparpillés sur des compilations, ainsi qu'un titre à la mémoire de leur bassiste décédé.

Épris par une richesse non contenue et d'une remarquable singularité musicale, The Noodles demeure une faction indispensable à tous rockers dans l'âme s’escrimants dans les sous-sol, garages à ciel ouvert, catacombes du désir perpétuel, afin de faire hurler les cœurs tendres et la cendre chaude.


jeudi, mai 11 2017

ROCK'N'STOCK 2017

Le festival ROCK'N'STOCK 2017 aura lieu du 30 juin au 2 juillet à Preignan in Gers


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nota : Le superbe artwork est de Tiguilup Rétrographiste.


PROGRAMMATION :

Vendredi 30 JUIN

NEVILLE STAPLE BAND (Royaume-­‐Uni) Ska 2Tone

Neville Staple, aka « The Original Rude Boy », ancien membre du légendaire groupe anglais du ska Two Tone : The Specials ! Depuis 2004 il officie dans « Neville Staple Band », son dernier album « Return of Judge Roughneck » est sorti en février 2017 et mélange airs de reggae classique jamaïcain, rythmes ska 2Tone et Bluebeat mixé au style Trojan.

LIE DETECTORS (Espagne) Rock’n’Roll/Garage/Punk

Du rawck'n'roll ibérique madredédios ! !

THE MERCENARIES (France) Punk Ska Rocksteady

Formé en 2014 dans la banlieue Est Parisienne sous l'influence notable de The Clash, The Specials, Rancid et The Distillers.

UGO SHAKE & THE GOGO’S (France) Soul/Rhythm’n’blues

Ugo Shake musicien dans la TSF se lance en solo pour matinée avec une black music américaine et jamaïcaine.

HORAIRES :18h00 : Ouverture du Site -­‐ 21h00 : Concerts

Ooooooooooooui mais il y a aussi le CASSE BOUTEILLE SOUND SYSTEM du 30/06 et 01/07 (après-­‐midi, inter-­‐plateaux et after), avec DJ LORD MONKEY (un sacré singe celui-là), NUMBER 9 (mais promis l'an prochain il jouera numéro 10), FRED LOST SOUL (il fait gagner le rythm & blues), BRANLARIANS SOUND SYSTEM (ohhhhhhhhhh pitin), TATA WELLENE (une fois), JORDI FARTWEST (le dj du western moderne), ALEXANDRE (le bienheureux ?), DJ PENTO (le plus gras)…

C'est gratos et il n'y a pas d'enfumage !!!


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Samedi 01 JUILLET

THE READY MADES (France) Soul & Beat

Un véritable Orchestre sauvage et hyper groOovy formé dans les faubourgs parisiens en 2015, groovy, le groupe est influencé par la musique noire américaine des origines, le beat de la perfide Albion et l’underground 60’s français, HOT HOT HOT !!!!!!

PRINCE BUSTER MEMORIAL (Espagne) by The Cabrians & friends – Ska/Rocksteady

La scène catalane (Cabrians, des Thorpedians, des Kinky Coo Coo’s) rend son tribute au légendaire et mythique Cecil Bustamente Campbell, mondialement connu sous son nom de scène Prince Buster, précurseur du ska. Les aficionados du ska/rocksteady vont se tordent les hanches avec un tel band.

THE CABRIANS (Espagne) Ska

Né à Mataro dans le début des années 2000, The Cabrians est un groupe influencé par Skatalites, Judge Dread et Prince Buster. Ces espagnols sont mucho caliente et leur style « Boss Porn Ska » déclenchera à coup sûr une humidité propice au frottement de la danse la plus lascive et festive possible.

THE GENTLEMEN’S AGREEMENTS (France) Mod Freakbeat

Un quintette urgent et terrible avec la classe racé italienne, le style moderne anglais, un mood sixties frenchies, pour tous les amateurs de rythms&blues groovy et les admiratrices de soul aux yeux collés.

HORAIRES : 12h00 : Ouverture des Portes -­‐ Dès 14h00 avec Rock’n’stock Radio Show, Pétanque, Manège le Schmilblick Club, animations diverses -­‐ 19h00 : Repas (sur réservation) ‐ 21h00 : Concerts

DIMANCHE 2 JUILLET

HORAIRES : 12h30 : Guinguette - Schmilblick Club -­‐ Sound System

Dès 13h00 : DHEAD SHAKER (France) folk rock one man band

Chanteur, compositeur et interprète, et naaaaann il ne fait pas comme Rémi Bricka, parce que Dhead Shaker est tout seul pour adoucir les mœurs. A venir écouter à 19h le samedi et le dimanche à 13h.

Pour rappel : ROCK'N'STOCK est un FESTIVAL GRATUIT !!!


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dimanche, avril 2 2017

GOAT - Requiem


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Goat est une créature rock venue de l’univers hippy sound, munit de cet esprit foutraque et libertaire lui apportant le pelage sonore d’un animal fou à poil laineux, à poil laineux, à poil laineux, à POILLLL !!!

La première écoute est assez désopilante, tant le disque apparait dans son aspect le plus extravagant, cependant, en grattant on constate avec une certaine passion folle, que ce groupe d’hurluberlus aussi fantasque soit-il, fait concevoir la primauté d’une innocence, assez caractéristique d’une désinvolture assez habile pour ne plus les voir comme un simple one shot divertissant.

(rire gras) AhAhAhA….(puis rire jaune)…ahahahah…(débridé quoi)…ahahahah…(jusqu’à ce consternant)…Ah bon ?

Et oui !

Goat inscrit dans le marbre de votre discernement virgule, que l’on peut être aliéné dans son œuvre, vivre à tambour battant dans sa camisole, et être en tout point accepté en tant que bizarrerie. Et pourtant, et pourtant comme le rappelle Charles Aznavour dans sa chanson phare ‘’Et pourtant’’ : «  Il faudra bien que je retrouve ma raison ; Mon insouciance, et mes élans de joie ; Que je parte à jamais pour échapper à toi ; Et pourtant. Et pourtant. »

Parce que au-delà de l’effet incongrue de leur étrangeté, leur singularité naissante n’est en fait qu’une somme diluvienne des attraits sonores du funk, du rock psychédélique, de l’afrobeat, du tribalisme sonique.

Et oui ! Si Goat est terriblement attractif, Goat est aussi malin que l’esprit de la bête qu’il fait ressurgir à ce carrefour où le diable avait confondu Robert Johnson avec James Brown, ou Fela Kuti je ne sais plus… Parce que ce groupe possède une façon de ritualiser le sens de la fête avec la naïveté d’un hippie qui se réveille d’une nuitée intense de trip en tout genre, et qui ne voit seulement la réverbération des paillettes en train de clignoter devant ses yeux dans un cimetière vaudou taché de sang liturgique à base de tomate concassée (certifiée bio et issue de l’économie durable).

Goat est un groupuscule pacifiste de Suède émanant de cette constellation d’illuminés qui préfère se vouer à l’amour plutôt que de soumettre au pugilat le plus béotien. C’est avec cette tolérance que le disque se promet corps et âme à l’incantation variétale et tribale afin de former une nouvelle ethnie de freaks. S’ensuit une musicalité qui tient lieu à la dévotion d’afficher sa ferveur, avec la vivacité d’enivrement que l’ivresse de l’adoration comble en offrande aux divinités de l’extase. La communion devient un étourdissement d’effusion sonore, et le groupe n’en finit plus de sa libéralité musicale avec une succession d’offrandes mélodiques, afin de rassasier son totémisme musical.

La diversité des instruments se jumelle au transfuge des styles musicaux du monde libre de la world music, avec l’ébriété de flûte indienne au sortilège aztèque à l’africanisme Fela Kutinien, jusqu’à ressouder les plaques tectoniques en une terre arable où la communion des cultures sera un nouveau monde d’espoir.

Goat est donc un entrelacement festif d’une ode à l’hallucination pure par son incantation.

Son trip est une douce folie qui n’engendre aucune aliénation et accoutumance, mais offre cependant la liberté de danser avec pureté et impudicité à l’humanité toute entière.


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lundi, mars 13 2017

8°6 CREW – Working Class Reggae


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« Working Class Hero » chantait le grand blond avec des bottines pailletées pendant les seventies, mais depuis la mondialisation, les Patrick Bateman sacralisent l’époque bling-bling et l’avidité de la réussite économique. Alors de sans culottes à sans couilles, il s'est passé le temps d'une publicité de lessive qui a assoupli les esprits. De supplicié à tortionnaire, les écrous de sûreté ont sauté avec le même principe fondateur pour tout remettre dans l'ordre pyramidal. Chaque jour il y a la plèbe qui se fait lyncher sur la place publique. La populace jalouse a détourné son regard sans honte pour que le sang coule sans interruption de programme, et coagule avec une jalousie haineuse comme unique monnaie de survie. De ce fait, la working Class est au chomdu, remplacée par la déshumanisation du tertiaire.


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Mais alors, à qui s’adresse ce disque ?

8°6 Crew débute en quatuor au milieu des années 90 en banlieue Parisienne avec de la oi, puis vers le ska & co…En 1999 sort leur premier album « Bad Bad Reggae » publié par les Allemands de Mad Butcher Records, en 2001 c’est le maxi-ep « Ménil’ Express » sorti sur Big 8 Records. S’ensuit une période de latence pendant laquelle les divers membres en profitent pour s’exprimer dans d’autres groupes comme Ya Basta, Happy Kolo, Acapulco Gold, Upten. Après un gig à Genève en 2008 l’équipe se retrouve et leur second album, « Old Reggae Friends », sort en 2010 sur le label nantais UVPR (Une Vie Pour Rien) et sur Mass Prod. Le troisième album « Working Class Reggae » (chez UVPR), bénéficiera en plus d’une édition allemande chez Grover Records (cd et vinyle + cd).

À qui s’adresse ce disque ? À tous ceux qui aiment danser sous la chaleur du Ska, Two Tone, Rocksteady, et vas-y que ça caracole dans la tête et secoue les hanches, et ouaie il n’y a pas à dire cet album est constellé de titres catchy. Le groupe a relevé son niveau, en tout point. Tout est hyper bien travaillé, chaque idée retenue calibre comme il se doit les nouvelles compositions vers la cime. Sans faire étalage d’une démonstration ronflante, 8.6 Crew parvient à nous en foutre plein la vue, et tout ceci est dû à l’art minutieux de la simplicité. Voilà en quoi le groupe a gagné comme maturité essentielle, et cela va droit au cœur et à la tête, car la musique danse sur les mots et les chansons restent en tête à danser sans cesse.

Ce n’est pas de la magie, c’est un sens inégalable de l’équilibre des forces. C’est un disque de grand frère munit d’une indicible mélancolie, génératrice de relier les générations entre-elles, pour les reconnecter au réel, au combat de rue, avec cette faculté et cette maîtrise d’allier au plaisir mélodique la beauté éducative de raconter simplement une chanson avec la ferveur de l’érudit, avec la flamme du passionné, avec la décontraction de l’insolent, avec le béguin du sentimental.

Captivant, passionnant, frénétique, enthousiasmant, attachant, sympathique, boxant, stimulant, anachronique, gagnant cet aspect mélodramatique de la vie en un point névralgique que tend à merveille toute bonne chanson. Munit de référence basique et d’une éthique prolétaire qui fait vivre le ballon, cette clique donne douze titres qui critique et éloigne le chimérique, décortique tout un pan esthétique de la culture à damier sur l’échiquier politique par son constat de désillusion.

La pratique polyphonique des cuivres fait reluire une douce saveur que propulse la rythmique. Le chant a lui aussi gagné en assurance, et légitime l’aboutissement dithyrambique qui en résulte.

8.6 Crew vient de sortir cet album indispensable et fédérateur que le rock réalisait quand le métissage n’était pas galvaudé comme pilleur, mais plutôt comme repère et dynamo du courant alternatif, au point d’incarner le jalon des LSD, The Clash, The Spécials, etc…Il est à noter qu’il y a en toute fin une relecture dub de certain titre.

Après « Bad Bad Reggae » et « Old Reggae Friends », « Working Class Reggae » possède une cohésion et influence qui lui confère une véritable harmonie, identifiable comme faisant partie intégrante des albums qui comptent dans une vie, et pour les générations qui suivent.


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mercredi, février 22 2017

Half Hearted Hero - Isn't Real


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Ces gars-là auront beau jouer de charme pour affirmer leur trouble face au comportement subtil et déconcertant de la gent féminine, il n’en reste pas moins qu’ils savent y faire pour perpétuer le désarroi masculin avec la douceur de Weezer et le sucre lent de Save The Day.

Mais tout d’abord parlons du style musical propre à cet ouvrage. L’émorock possède cette particularité essentielle de frictionner avec délicatesse le puit sans fond de l’émotion, pour en faire remonter l’aqueux bouleversement sensitif. Leurs mélodies possèdent cette simplicité désarmante, cette beauté diaphane, capable avec sa spontanéité d’ouvrir les veines du teenage spirit en moins de deux.

Ce qui m’amène à un premier enseignement à tremper dans la solution de votre discernement, puisque : On veut bien aller étudier les textes sacrés d'Aristote, ou bien d’autres philosophes ayant traduit à leur gré la certitude qui est la leur, mais la seule vérité qui existe en ce bas monde se trouve dans les yeux éperdument amoureux d'une femme. C’est une chose puissamment poétique avec laquelle l’émorock en impose la constance.

Par ce fait, le troisième long d'Half Hearted Hero est saturé de soin poppy, avec mid-tempo pour masser et prendre soin du visage de leur titre, lissage parfait entre le couplet/pont/refrain, un maquillage simple et naturel pour la production, et l’ensemble est catchy.

Le rock a permis à des gars disgracieux de draguer plus facilement des filles, avec cet album Half Hearted Hero va en niquer un plein wagon. Puisque et la chose est primordiale pour notre époque transgenre, pas d’émo qui pleurniche, pas d’indie qui se la raconte, pas de punk qui vomit. Ici tout est poli, poncé, encaustiqué, tamponné, adouci, satiné, peaufiné, léché, c’est amoureusement émöpop !


dimanche, février 12 2017

KING DUDE – Sex


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Thomas Jefferson Cowgill a débuté son art par la noirceur du black metal avec Book of Black Earth et le hardcore de Teen Cthulhu, sans jamais trouver la formule adéquate pour dégorger son éducation. Car voilà un gars atypique issue d’un divorce, élevé au spiritisme par une mère lunaire pratiquant les incantations païennes, et par un père priant les cieux en buvant jusqu’à la lie le sang du Christ en bon chrétien américouain. Tout sera affaire d’astres pour ce dandy gothique qu’est King Dude qui enfantera comme par magie noire à un mystique « Apocalyptic Folk », un sous-genre de Johnny Cash chez les gothiques, brûlant dans l’essence de Nick Cave les restes de Death In June sous le regard fantomatique de Buddy Holly et la bienveillance de Bob Dylan.

King Dude est un projet né d’un coup de bluff, une esquisse rageuse envers une colère sourde, reposant sur une rédemption luciférienne qui épouse le charme des balades vespérales innocentes pour mieux nous crucifier à son autel caverneux. On s’accorde dans ces méandres musicaux à puiser un esprit sein à téter pour trouver l'obscurité dans l'étincelle de ce folk, et y crever de ce poids mort existentiel pour ne plus être mauvais.

Mourir c’est renaître après, et King Dude applique ce genre d’illumination remplit d’amour et de lumière que les coups tordus de la vie changent en désespoir et amertume. Sa formule de politesse pour signer son acte de pensée est tout aussi clairvoyante : “With the Love, Light and Glory of Lucifer upon us all! “- King Dude

Une fois encore le Dude nous confie les passages sombres de sa genèse avec « Sex », dont la famille Manson cristallise l'horreur satanique. Il en est question ici.

Avançant dans la pénombre blafarde, le disque déroule sa funèbre torpeur musicale avec l’aspect cadavérique du dark-rock. L’ombre de Sister Of Mercy plane dans les atours funestes de l’américain et aussi celle de Tom Waits, qui supplante même tout, et de loin. Car King Dude sait parfois faire retentir un blues lugubre, faire rutiler un vieux truc lointain qui vient de l’âme, et dans ce genre d’amertume émotionnelle qui en délivre toute la portée sépulcrale. Le côté bancal de son approche sonore (pour ne pas dire lo-fi), apporte une dimension atrabilaire, permettant d’intensifier à bon escient la face éplorée et mortifère. Maiiiis tout n’est pas tout noir dans « Sex », car cet homme sombre a la bonne idée de remettre du punk dans les esgourdes pour fluidifier la gravité de certain de ses titres. Alors il en profite pour sulfater avec un esprit bordélique de garage rock punk, et ça refout un coup de peps bienvenu ici-bas.

J’ai énormément apprécié au Hellfest 2016 sa prestation, en un instant de plénitude noire, contrastant avec la théâtralité excessive de la majorité des groupes du Hellfest. D’autant plus que j’avais moins accroché à son album « Songs of Flesh & Blood - In The Key of Light », il me manquait une épaisseur à la fois sombre et cotonneuse qui en faisait tout le charme et l’épaisseur lors du concert. Chose que je retrouve avec cet opus, bien plus fourni, malléable avec ses atmosphères que l’étaient les précédent opus. Il y a aussi un côté robotique punk à la Devo en filigrane et puis une face new wave pour apporter de la profondeur de ton à l’ensemble.

Oui King Dude a pour ainsi dire fait acte de modifier sa messe, et ceci n’est pas pour me déplaire.

Voilà un album vraiment cool, tant il regorge de différent moods, tout en restant dans la cohérence. Je pense qu’il a voulu court-circuiter cet aspect trop macabre, trop sérieux et souffreteux. Par ce fait de multiple alternance il apparaît encore plus humain avec cette diversité, tout en restant dans ce pathos qui en a fait son sceau dès que le ton s’aggrave vers les ténèbres intérieures. C’est un contrat maléfique très justement admis par la forte acuité sensitive du mal qui touche à l’émotion pure ici, car cela fait mouvoir un envoûtement de méditation et d’occultisme à la fois que l’on ressent comme une brûlure intense et pérenne à son écho.

Mon conseil : « Sex » est un disque à écouter en lisant « California Girls » de Simon Liberati.


lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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mercredi, janvier 4 2017

WHISKEY MYERS – Mud


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En écoutant « Mud » je me suis dit qu’« On dirait le sud », ce sud que je reconnais alors que je suis à l’ouest de l’éden, perdu dans les affres existentiels d’un cadastre sans foi, ni loi.

Chaque personne ici-bas cherche une boussole de survie. C’est une quête souvent longue et épineuse, avec laquelle la proposition des chemins de traverse à prendre est nombreuse, et l’incertitude de se tromper fait que l’on passe son temps à marcher à côté de ses pompes pour finir par passer à côté de sa vie. La prise de risque confine souvent à ne rien faire, les plus valeureux réussiront par le vice de leur certitude par mordre la queue du serpent qui les mènera de la gloire à leur propre perte.

La vie est un voyage temporaire qui glisse sur le même rythme qu’une ballade, et les émotions que l’on découvre vous mettent à nu et vous façonnent. Durant cet accomplissement on cherche hagard quelque chose qui souvent ne viendra pas. On voudrait sans cesse retenir la nuit magique et calmer les douleurs que le temps n’efface jamais. On se subtilise à outrance pour s’accomplir en une destinée alors que l’on ne voit plus que ce que l’on veut bien voir. Ainsi on s’isole en pensant que l’on est aussi seul au monde que dans cette carcasse corporelle qui fait corps avec l’esprit, et vaille que vaille l’on continue à chercher un signe. On trace des points pour segmenter sa vie pour ne plus se perdre, et à chaque fois on revient à son point de départ, en se laissant guider par la lumière familiale qui indique tout le temps d’où l’on vient.

Il arrive fréquemment que la boue mélancolique s’immisce dans chaque commissure et vous inonde jusqu’à l’asphyxie, au point de sombrer dans cet état lamentable que la médecine occidentale la caractérise par le terme de dépression.

La boue de Whiskey Miers n’a rien à voir avec un état dépressif. Sa mélancolie est un endroit nostalgique où la tradition est un sanctuaire. Boire jusqu’à la lie à cette fontaine de jouvence vous fera sortir de cet état confédéré à bâfrer ce que l’on vous refile à becqueter comme junkfood musicale, pour préférer la légende du son sudiste.

Tu sais le sud, cet endroit éloigné du monde que le temps ne parvient pas à effacer la sauvagerie. Là-bas la vie a ce goût imputrescible d’une rivière claire qui coule le long du sablier mortel des habitants qui la peuple. Il s’y passe ce que la vie veut bien vous apporter, pas plus, ni moins.

Ce band vient du Texas et il perpétue la tradition du Country Southern Rock& Folk, « Mud », leur 4ème album studio, est produit par Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons…) avec deux titres qui sont co-signés avec Rich Robinson (guitariste des Black Crowes).

Whiskey Miers œuvre en tous sens dans cette qualité sudiste de faire perdurer ce mythe musical, de sa tranquillité traditionnelle jusqu’à son honnêteté à retranscrire la beauté simple d’une vie modeste, d’ouvrir son cœur avec la romance naturelle des hommes de caractère, de puiser sans fin dans le puits sans fond de la passion du sud éternel, d’établir un toit sur chaque titre, de mettre du bois dans le foyer des mélodies pour réchauffer les émotions. C'est toute l'Americana de ZZ Top, The Allman Brothers,  Creedence Clearwater Revival,  The Georgia Satellites,Lynyrd Skynyrd, Hank Williams Jr, Waylon Jennings...

Avec « Mud » une voix chaude vous ranime l’âme et vous parle avec sincérité, c’est un repère certain dans la brume sombre et froide qui enserre la vie. Chaque sentence résonnera en vous dans cette beauté sauvage que les hommes conservent pour affilier à chaque génération la saveur d’avoir accompli ce labeur qui tend à la raison, qui relate encore et toujours que les choses les plus simples se découvrent à soi, avec la douce sauvagerie d’être revenu de tout, et de retrouver la douceur enfantine des joies simples et réconfortantes du Home Sweet Home !



Message à la Lune :

Stéphanie, ma sœur, tu me manques tu ne peux pas savoir à quel point depuis ta disparition. J’ai tout le temps la peur au ventre de perdre ton visage à chacune de mes courtes nuits, d’oublier tout simplement d’être le dépositaire de ton existence. Cet album d’hérédité musicale et de sagesse indomptée m’a remémoré notre enfance, ta force de vivre, qui par malheur t’a quittée un soir de 19 Août 2005.

Je regarde à chaque fois la pleine lune pendant quelque instant car je suis certain que tu te caches dedans, je sais que tu fais tout pour me protéger sur terre, mais je souffre éperdument et constamment de ton absence. Tu es et restera ma boue, mon eau claire qui me lave chaque jour d’être ton petit frère.