WALLABIRZINE

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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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mercredi, octobre 17 2018

Happy Edge Day


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samedi, octobre 13 2018

Encycløpédie Müsicåle, S comme...

...Sodom : Tourmenteur thrashy qui provoque une inflammation soudaine sur l'érythème fessier et dans le conduit fécal.



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lundi, octobre 8 2018

Anna Sage ITW


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Le chaos possède ceci d'étrange qu'il fait souvent écho à ce qui se trame dans notre face cachée intérieure. On peut difficilement l'identifier mais on peut insidieusement le ressentir. Entendre dans le bris de glace sonique d'Anna Sage la psyché se casser comme une vitre, demeure une intense sensation en provenance de ce chaos intérieur.





Je sais qu'au bord des commissures de tes lèvres le souffle qui y parvient demande sans cesse à en connaître davantage sur ce groupe. J’exauce ton désir de curiosité, puisque voici les réponses de Sébastien, ancien guitariste/co-fondateur et actuel bassiste d’Anna Sage.



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Le nom du groupe a t-il un rapport avec Anna Sage, de son vrai nom Anna Cumpănaș, surnommée Woman in Red, qui était une prostituée roumaine d'origine austro-hongroise et propriétaire d'un bordel dans les villes américaines de Chicago et de Gary. Elle est surtout connue pour avoir aidé le Federal Bureau of Investigation à traquer le gangster John Dillinger ?

- Anna Sage : C’est exactement cette référence là. Un nom de groupe c’est rarement une évidence. Ça remonte à quelques années déjà mais à l’époque on cherchait quelque chose d’évocateur. L’histoire de cette femme, entre prostitution, amour et trahison avait un potentiel tragique qui collait assez bien avec ce qu’on voulait exprimer dans le contenu de notre musique.


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Vous avez la capacité épidermique de toucher le cœur des choses enfouies par une agression instantanée sombre et viscérale, mais au lieu d'éprouver une réaction de recul avec un instinct de survie dès que l'on fait face à cette effraction de violence, on ressent la chaleur bienfaitrice que ce heurt sonique nous ramène dans une intériorisation de nos ténèbres. Pouvez vous en expliquer l'attrait ? De quoi est il composé ? Comment lui apportez vous ces différents aspects, cette teneur ? Ce que cela projette, préfigure, sensibilise ? Comment se passe la création ? Dans quel état êtes-vous en concert pour en délivrer tout le suc névralgique ?

- Pour commencer dans un premier temps c’est une satisfaction de voir qu’on arrive à toucher quelques personnes de cette façon là. L’essence même du projet était l’intensité. Mais on ne voulait pas tomber dans une intensité maladroite non plus, et on souhaitait avoir une écriture soignée quand même. Donc c’était un peu le pari de ce grand écart : réussir à écrire des morceaux agressifs, mais pas uniquement.

Réussir à avoir un peu de profondeur sans perdre en spontanéité. Si je devais faire une image je dirais qu’on essaye de faire une musique à fleur de peau, dont le côté colérique est authentique, tout en travaillant la forme. Mais je pense que c’est l’authenticité des morceaux qui fait qu’ils ont pu te toucher comme tu le décris.

Cette authenticité rend également leur interprétation en concert très intense et immersive pour Anna Sage.


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La formation du groupe date de 2012, le line-up de départ c'était Jonathan au chant, Alex et Seb aux guitares, Brice à la basse et Pierre à la batterie. Le 1er EP du groupe The Fourth Wall est sorti le 11 février 2014, composé de 6 titres originaux autour d'une veine d'agression sonique pour un malaxage introspectif chaotique. Je schématise vite fait les grandes lignes afin que tu m'expliques l'aboutissement du contraste musical à l’époque.

- Initialement Anna Sage s’est construit autour d’Alex et moi, qui avions beaucoup de choses à exprimer et qui avons écrit 95% de la musique du groupe. Le groupe s’est construit dans un premier temps autour des musiciens que tu évoquais dans ta question, pour aboutir au premier EP « The Fourth Wall ». Cet EP était déjà dans une démarche d’intensité, de nervosité. Le chanteur de l’époque, Jonathan, avait beaucoup de choses à exprimer à l’époque ce qui donne une écriture très introspective et une exécution très sincère.


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Quel est ton regard avec le recul sur cet apprentissage ? Sur le disque en lui même, sur les concerts qui ont suivis ? Quel est le positif et le négatif, en conclusion le bilan.

- Avec le recul, et sans auto-suffisance, je reste à titre personnel satisfait de ce qu’est cet EP, malgré ses nombreuses imperfections. Il y aurait beaucoup à redire sur la qualité des prises de son notamment. Mais pour moi c’est une captation de ce que Anna Sage était à cette époque. Après c’est un EP avec lequel on a pas mal tourné, en France, en Europe, et qu’on a beaucoup interprété en concert. La scène est clairement l’endroit ou les morceaux que l’on écrit prennent leur sens. On a d’ailleurs hâte de retrouver les salles de concerts pour la sortie de notre nouvel EP.


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On sent déjà une force vitale et une forte conviction musicale avec The Fourth Wall. Pourtant après il y a eu un changement de line up en 2017 conférant une nouvelle approche musicale et la réalisation d'un nouvel EP "DOWNWARD MOTION", plus ambiant et écorché que le précédent. Peux tu m'en dire davantage ?

- Comme tu le dis il y a eu quelques changements de line up, ce qui explique notre discrétion depuis quelques temps. En fait, on avait même arrêté pendant un moment. De la formation originelle il reste Pierre, à la batterie et moi même, à la basse. Malgré ces quelques modifications tu peux retrouver dans Anna Sage l’intensité et la nervosité qu’il y avait dans notre premier EP. On essaye juste de mettre la forme au service de cette intensité, pour gagner un peu en efficacité. Peut être que notre musique est un peu moins confuse que sur le premier EP. On se permet également plus de passages plus mid-tempo, afin de pouvoir développer plus de couleurs différentes dans nos morceaux. Mais on voulait pas perdre notre intensité la dedans non plus. Au chant, Xavier est dans une démarche très personnelle et introspective dans l’écriture et l’interprétation, c’est ce que l’on recherchait avant tout lorsque l’on a commencé a bosser avec lui sur ce projet.


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Le choix de l'enregistrement dans le Studio Sainte Marthe avec Francis Caste (Kickback, Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Hellbats, Crossing The Rubicon, Regarde Les Hommes Tomber, Celeste....) en 2018 était une évidence ? Que vous a t'il apporté ? Quel est votre vécu sur cette expérience ?

- Alors oui le choix de collaborer avec Francis était envisagé depuis longtemps. Nous l’avions déjà contacté il y a deux ans avant de finalement faire une pause dans le projet. Donc, quand on s’est remis à bosser et qu’il a fallu enregistrer, c’est assez naturellement que nous avons recontacté Francis. Pour ma part j’étais admiratif de son travail avec plusieurs groupes que tu as cité dans ta question, particulièrement et comme beaucoup de monde sur le « No Surrender » de Kickback. C’était donc une expérience assez forte que ces quelques jours passés au studio Ste Marthe. Francis a vraiment compris comment on voulait sonner sur cet EP, et a pris le temps de nous aider a parvenir à ce rendu là. On aurait assurément pas réussi le même EP sans son travail.


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Je trouve qu'il y a de la spiritualité dans votre art, dans cette nécessité d'aller triturer le tréfonds pour trouver la lumière. De torturer l'indicible vérité pour marcher au plus près de soi, vers son état naturel. Est ce que cela te parle comme réflexion  ?

- Ça me parle complètement. Et c’est une victoire que ne serait ce qu’une personne parvienne à capter ce qu’on essaye de faire passer dans nos morceaux. On a toujours voulu être le plus sincères possible dans ce qu’on écrivait et son interprétation. L’introspection a toujours été au centre de notre démarche d’écriture.


Merci pour la confiance et le respect que tu témoignes au WallaBirZine pour une critique de ton art et le temps accordé.


Le 1er Décembre sortira le E.P "DOWNWARD MOTION", en pré-vente fin novembre via le bandcamp d'Anna Sage, et les différents labels ayant participé au projet comme Dingleberry, En Veux Tu En V’la, Itawak et Vox Project. 6 titres qui témoignent et établissent l'intime conviction bouleversante que le post-hardcore d'Anna Sage décolle la rétine en profondeur et ouvre sur de nouvelles perspectives soniques colorées.


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jeudi, octobre 4 2018

YOUTH AVOIDERS - Relentless


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Vous savez à quoi cela tient un super album ?

Déjà par le fait que l'on va y revenir dessus comme par un effet d'addiction, aussi que le disque relie ce qui vous a construit, affirmé, et qu'enfin vous y trouverez la nécessité absolue de vous y reconnaître.

Après des E.P et un album éponyme, ce second album « Relentless » est sorti sur Destructure Records. On retrouve toute l'explosibilité essentielle de Youth Avoiders libérant toute son énergie, sa puissance, sa fougue inébranlable, sa sonorité claire et abrasive.

Cet opus est décisif, il attise un sens mélodique en parfaite harmonie avec son impétuosité, son chant raw cogne à la rage, la guitare volcanique est du cristal, elle donne l'impression d'être mille tant elle mouline le fiel et l'exigence souveraine d'approfondir et de nuancer le propos. La rythmique suit la dynamique, l'emballement orgiaque et impulsif où tout se déchaîne, s'échauffe, exalte. Pourtant dans cette fureur il y a la simplicité d'une épure HxC. C'est fou et doux. Surtout que la production est vraiment meilleure que leur premier opus, moins étouffée, elle est clinquante dans le sens où elle fait ressortir la vigueur, son étoffe bouillonnante.

J'ai assisté une fois à un set de Youth Avoiders et c'était envoyé vite fait, bien fait, comme il se devait rien à redire, c'était tout aussi violent, émotif, mélodique, fougueux que sur disque. C'était cohérent avec ce qu'il dégageait, une dynamique punk HxC mélo hyper speed et juvénile à la Minor Threat, avec la justesse d'être catchy. J'espère vraiment même et d'une manière désirable que ce groupe sera à l'affiche du prochain Xtremefest 2019.

Je conseille cet album à 200%, pour son sens du combat, de la révolte et de l'épure, puisque en deux minutes par titre tout est dit. La purée corrosive est intense et vous avez une simplicité d'action et d’effusion. C'est rapide, fort et voluptueux à la fois. Il y a une vivace émotivité d'action parce que le groupe balance ses tripes avec tout son cœur dans sa résolution sonique. Il y a une telle spontanéité que c'est indocile parce que c'est impulsif, c'est émouvant parce que c'est passionné.


On ne peut qu'être avec « Relentless ».


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dimanche, septembre 30 2018

WESS MEETS WEST – A Light Within The Fracture


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L'essentiel du rêve éveillé se situe dans le creux de cet album de post-rock aux textures électroniques.

Chaque détail paraît secondaire et pourtant il renforce chaque émotion dans un sentiment d'ouverture à l'autre, un acte compatissant de pondération pour l'équilibre des forces, de fluidité énergétique, d'amour que le groupe déploie à travers toute la gamme de son exploration sensible.

Wess Meets West est un quatuor instrumental/expérimental de New Haven dans le Connecticut, dont le troisième album studio, A Light Within The Fracture chez Hassle Records demeure une superbe pièce atmosphérique. Avec sa lumière intérieure cet album poursuit la tradition câline pour combiner des paysages sonores basés sur l'électronique, avec des éléments de rock progressif et post-rock.

Il y a un bel équilibre des courbes volubiles musicales notamment entre une texture atmosphérique soigneusement conçue et un suivi concis, bien que les éléments rock du paysage sonore semblent être incorporés dans une mesure d'amplification émotive servant à renforcer les textures au centre de l'album. Le travail de guitare en sous-couches éveille l'émotion des mélodies et des atmosphères, surtout avec la ponctuation raffinée de la musique électronique, et oui encore.

« A Light Within the Fracture » est façonné comme si sa raison d'être était d'introduire un auditeur de rock aux atmosphères électroniques d'une manière douce et naturelle.

Une construction progressive d'ajout de textures et une approche minimaliste de l'harmonie créer une atmosphère de maelstrom doux, avec le contraste évident d'émettre de l'espoir même dans les endroits/moments les plus sombres. Le liant sensitif d'apporter de la couleur et de l'émotion dans la musique par de petites subtilités musicales et le sens du petit détail anodin, mais qui à force d'écoute se découvre comme des errances orgasmiques, et habite l'écoute d'une dimension bienveillante et intime.


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samedi, septembre 29 2018

Interview de JP de GET THE SHOT


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“La passion de la musique est en elle-même un aveu. Nous en savons plus long sur un inconnu qui s'y adonne que sur quelqu'un qui y est insensible et que nous approchons tous les jours.” Emil Michel Cioran.

Avant de commencer j'ai fait part au chanteur de Get The Shot, Jean-Philipe Lagacé que la phonétique de son nom était prédestinée pour qu'il incarne « l'homme révolté » d'Albert Camus, livre que je lui ai offert.

Hey les kids, cette interview réalisée à l'Xtremefest, est une mise au clair du HxC et sa tentation d'exister par un professeur de philosophie. La rhétorique est aussi véloce que du hardcore, c'est très intéressant car rare à entendre. Voilà pourquoi Get The Shot est positif et balance une énergie cathartique.




jeudi, septembre 27 2018

Interview MUTE

Rencontrer un groupe passionné est passionnant en soi, mais avoir la possibilité de découvrir à travers une interview que son dernier disque « Remember Death » est aussi puissant émotionnellement et artistiquement, qu'il le fut en terme de création, demeure un privilège dont on vous fait partager le témoignage avec le groupe MUTE.




dimanche, septembre 23 2018

C'est l'été indien...puis



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...l'Automne, bientôt...


vendredi, septembre 21 2018

ARNO DE CEA & THE CLOCKWORK WIZARDS - Retro Futurisme Volume 1


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Depuis l'aube rugissante océanique l'homme glisse avec une prétention assourdissante en terrain conquis, à la recherche d'une échappatoire à son insatisfaction au monde moderne.

Hors un disque vient subitement de perforer avec audace cela, intitulé « Retro Futurisme Volume I ». Mais qu'est-ce donc ?

Oui qu'est ce que le rétro-futurisme ? Déjà cela ne se mange pas. C'est une dissipation et une évolution tout à la fois, qui intègre deux tendances qui se caracolent et que l'on peut condenser ainsi : « l'avenir tel qu'on le voit dans le passé » et « le passé tel qu'on le voit du futur ». Sorte de retour vers le futur musical, intégrant ici les aspects de la surf exotica dans le prisme fusionnel contemporain du post-noisy surfique, téléportant son trip dans les confins interstellaire sensitif. Ce disque est absolument parfait pour des adultes émotionnellement instables.


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D'Arno De Cea j'en conte mon émerveillement à chaque disque qu'il sort, et à chaque fois je nage tel un océanographe dans ce récif corallien avec l'apaisement de Jacques Mailhol sous vingt mille lieux sous les mers.

« Retro Futurisme Volume I » est un disque dystopique à l'ambition rêveuse, il vient chatouiller en tout sens plusieurs formes stylistiques et pas une fois nous vient l'envie d'en freiner le relief. L'architecture des morceaux est construite autour d'une inspiration Googie, c'est à dire qu'elle se définie (enfin je le conçois tel quel) selon le style architectural futuriste du milieu du xxe siècle des USA (de 1940 jusqu'à 1968), puisant son inspiration dans l'âge atomique et la conquête spatiale. Empreint de qualités métaphoriques propre à l'insolite, le disque pourra être tenu subtilement de déroutant et d'exubérant, puisque « L'espèce humaine a quitté l'obscurité des cavernes et, à force de travail et d’ingéniosité, a bâti un monde moderne et merveilleux. Dans sa lancée, l'espèce humaine finira par surmonter les derniers obstacles et colonisera le reste de la galaxie, sans toutefois perdre le lien sacré avec l'authenticité de la nature ». C'est cela le retro-futurisme un rêve éveillé, un objectif lunaire, une métaphore animée.

Ainsi les éléments naturels de la surf doivent avoir une forme abstraite, les thèmes doivent être multiples, la gravité doit être abolie comme suspendu dans les airs, et l'inclusion est à préférer au minimalisme. On ne s'ennuie pas quoi ! L'album n'a rien à voir avec une musique d'ascenseur, de casserole en inox vintage que l'on tambourine dans l'électronica, on reste dans un idiome surf music mais moderne et à la fois révolu. C'est le fameux « l'avenir tel qu'on le voit dans le passé » et « le passé tel qu'on le voit du futur ».


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Sur ce, sachez que la musique instrumentale est une forme de langage suprême qui se substitue aux mots impuissants, je vous souhaite un bon voyage, live long & prosper.

Arno De Cea : Guitare , orgue , claviers analogiques et voix. 

THE CLOCKWORK WIZARDS :

Maarten Schepers : Batterie et Percussions. 

Thierry Causera : Basse 

Enregistré par Stephan Krieger au Studio Amanita à Anglet , Côte Basque du 03 au 08 Septembre 2017. Mixé et masterisé par Stephan Krieger. 

Le disque est somptueux dans sa couleur turquoise que vous pouvez obtenir via les Productions de l'Impossible, vous trouverez aussi d'autres bizarreries surfiques & exotiques chez Calico Records.

Le temps de la relativité surfique est suspendu avec ce Rétrø-Futürisme !


La perspective de l'illusion de la surf music


mardi, septembre 18 2018

MØL - Jord


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Jamais molle et prononcé muhl, le quintette du Danemark rassemble tranquillement depuis 2014 une discographie magnifique et époustouflante.

Ce premier album épouse le royaume expansif et noirci du blackgaze.

Aaaaaaaaaah ! le voilà le soucis majeur.

J'entends fort souvent que le mélange de shoegaze rêveur/éthéré et de black metal intransigeant aboutit à un rock mainstream au final. Ce qui m'oblige à argumenter avec colère sur l'aspect dictatorial que courrouce les trolls du net et les intégristes du réel dans cette uniformisation de leur moralisme à la con.

Le blackgaze est très certainement la musique favorite des mélancoliques au cœur noir. La guimauve a une saveur torturée d'hémoglobine. C'est dans ce spleen que prend corps une musique forte et évasive, avec une émotion douce et puissamment chancelante tout à la fois.

Faisant suite à leur deux premiers EP, Møl et II, Jord étire la litote stratosphérique de l'obscurité avec la luminosité délicate du son en réverbération des guitares. La légèreté cotonneuse jointe à la noirceur profonde ajourent les persiennes de Ghost Bath et de So Hideous, épousant aussi bien la torpeur profonde de Slowdive que l'anxiété cathartique de Deafheaven.

Les chansons sont plus courtes et plus concises que ce que le blackgaze a de coutume de réaliser, pourtant elles ont un impact tout aussi viscéral. Le chanteur Kim Song possède ce ton d'hurlement strident en contrepoint dévastateur et approprié à l'orchestration luxuriante d'un post-rock comme Explosions In The Sky, là où pousse le sens de la désinhibition pop de Rolo Tomassi, ainsi qu'à travers les embruns de noisy lourde, et même vers ces moments d'accalmie câline, car telle est la nature organique, émotive et déchirante de MØL.


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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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vendredi, septembre 14 2018

Encycløpédie Müsicåle, C comme...

Charly Fiasco : Grand Orchestre Toulousain malaxant avec superbe la cabourdise du punker au diapason de sa couillardise émotionnelle. Acteur studio à la mi-temps/punk rocker à plein temps !




mercredi, septembre 12 2018

Cheikh This Sound orientÄl


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Né en 1958 près de Oran, Rachid Taha s'est envolé vers la casbah éternelle après que son cœur a lâché prise ce 12/09/2018.

Il a raï-é son métissage sur une platine de rocker pour en faire sa sauce punk chaâbi. Il reste aujourd'hui une carte de séjour datant de 1980 et dix albums de brassage culturel chaudement oriental rock.


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Quand la douce France consent 1, 2 et 3 zéro plus loin à reconnaître l'existence du black blanc beur en 1998, Taha a joué à la marelle variétoche d'Universal avec 1,2,3 Soleil, composé de Khaled Supertramp sur sa femme, et le petit Faudel, la raï du cul sarkoziste du Maghreb. C'était la reconnaissance populaire pour un job alimentaire.

Le plus important c'est que le grain vocal éraillé de ce bourlingueur a sablé de l'arabe, français à l'anglais une luminescence mélodique aussi douce qu’envoûtante, et a gagné la reconnaissance d'éminent rocker comme Mick Jones, Justin Adams, Rodolphe Burger, Steve Hillage, Brian Eno, Patti Smith.

Rachid Taha était un punk rocker Méditerranéen !


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Du rock à l'électro, du raï à la folk, Rachid aimait le mélange, quand en Janvier 2014 il est venu à Castres en arrivant à 17h00 pour aller au bistrot et est réapparu sur scène à 21h00, il ajouta à son ivresse une décoction de métissage musical qui fait la richesse de l'humanité, parce que Rachid Taha laisse à travers son œuvre un esprit de liberté, de fraternité égal à l'humanité.

Choukran & CiaO))) l'ami !




mardi, septembre 11 2018

ITW Black Mountain Bastards


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Black Mountain Bastards c'est la déflagration de Sick Of It All et de Municipal Waste au pied de la montagne noire Mazamétaine.

Cette ITW réalisée à l'Xtremefest permet de faire retentir l'humilité touchante d'un groupe underground, avec comme unique ambition la sentence « la meilleure manière de savoir c'est de la faire. »




dimanche, septembre 9 2018

WALLABIRZINE N°33


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La culture mod c’est d’abord un super look. Un look intemporel qui ne cesse de s’étendre. C’est une manière d’observer les choses, de s’adapter au monde qui nous entoure, ainsi qu’une sorte de philosophie moderne. Mais le style mod est aussi ancré dans la psyché anglaise, il fait partie de notre ADN, ce qui explique que la culture mod existe encore. Que l’on en ait conscience ou pas, elle est toujours vivace, depuis son émergence, il y a 60 ans. Elle est issue de la génération des gamins de l’après-guerre, à la fin des années 50, des gosses qui voulaient en finir avec l’ancien monde, celui de l’avant-guerre, dont ils se sentaient étrangers, et qui voulaient embrasser tout ce qui était nouveau à l’époque, que ce soit en terme de mode, d’identité, de musique, d’art, de films, à tous les niveaux en fait. C’est venu de tout cela. Le terme « mods » vient de « modernistes », lui-même issu des fans de jazz, par comparaison aux fans de jazz traditionnel, car le jazz proposait à l’époque la musique la plus futuriste, et ils s’en sont emparés car c’était nouveau. Tout est parti de ça. Puis ça a été repris, adapté dans les décennies qui ont suivi. Même si je ne fais pas du jazz mais de la pop, ces principes modernistes perdurent vraiment en moi, dans ma volonté de faire une musique du XXIe siècle, et j’aime l’idée d’incorporer ces principes à ma musique. Paul Weller


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Je suis pour l'augmentation du goût de la vie. disait Jacques Dutronc alors lis-le :

WALLABIRZINE_N_33.pdf



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mercredi, septembre 5 2018

NOTHING MORE - Game Of Truth


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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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lundi, septembre 3 2018

C'est la rentrée 2018


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samedi, septembre 1 2018

NEMORENSIS – The Fae Queen


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Glorifié par une puissance intérieure, cet opus de black dépressif ensorcelle de charme, de trouble et captive par sa dépravation sonique.

En cherchant sur le bandcamp de Nemorensis il y a plusieurs EP en version K7 déjà indisponibles, reste plus qu'un foutu achat digital, puis à graver sur un CDR pour les fétichistes, c’est comme cela maintenant...Pfffffff.

Faisant fi de cela, reste cette musique profane qui se décompose avec perversion, dans ce lieu si proche de l’intimide où l’on s’étourdit d’une gamme d’émotions malsaines proche de l’abîme.

Un synthétiseur pour se noyer dans des plages vaporeuses, une guitare pour napper le brouillard, une rythmique qui sert de guide dans la nuit et des cris du tréfonds pour rendre l’âme à ses démons, à ses vertiges, et puis après, le souffle court, revitalisé au gré des absorptions souffreteuses, et face à soi, le battement incessant de la vie qui souligne l’euphorie de la tristesse, la contemplation de l’instant présent et cette simple réaction qui en dépend : Je suis libre, obscur, isolé, indépendant, comme j'étais fait pour l'être, et cet album en fait frissonner les pulsations, en narre l’édifice.

C'est en cela la beauté de cet album, il pousse à un détachement qui éloigne les turpitudes assassines de l’existence, les jugements d’autrui, tout n’est qu' inclination innocente, plus aucun germe de levain de vengeance ou de haine radicale. Cette épure musicale apporte la quiétude de sa respiration profonde comme on rêvasse dans les ténèbres.

Un contemplatif à l’âme sensible se livrera aux extases qu’excite en lui cet opus. Il sait désormais, il ne voit et ne sert rien que dans le tout, jusqu'à suspendre le sentiment des peines et des anfractuosités émotionnelles, car ce disque relie à quelque chose !


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mercredi, août 29 2018

C'est la fin de l'été


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