Après les couples mythiques du rock'n'roll, Jon & Christina Spencer, Lux Interior & Poison Ivy, voici Samy & Erin Nasty.

L'histoire de ces deux là est séduisante, au point même qu'elle pourrait se narrer si un talentueux scénariste/réalisateur avait l'aplomb d'en confectionner un film dansant, dont tout Bollywood très certainement vénèrerait la bobine. Quoiqu'il en soit, en ayant préalablement écouté cet album, je vais en émettre une chronique romanesque. Si,si.
Erin, la séduisante immigrée américaine est originaire de Pascagoula dans l'état du Mississippi , un endroit particulier car il s'est passé des choses bien étranges là-bas.
En tout cas, je ne sais pas si elle s'est lassée de la créature de Roswell ou d'E.T en premier, mais elle a choisi la région de Morteau pour vivre avec son époux, qui ne jure, lui, que par la terre de la bannière étoilée, tant il y puise une grande partie de sa culture.
Il n'y a pas eu de choc des cultures, mais plutôt climatique, car Morteau est à Pascagoula ce que la congère suisse est au dattier marocain. C'est à dire une énOrme différence. Mais fi de tout cela ici, puisque l'on en a cure.
Il était donc logique que ces deux là, traversent l'océan atlantique pour vivre l'espace de 6 mois dans la patrie de l'oncle Sam, en tout bien tout honneur.
Si monsieur est musicien, il aurait très bien pu devenir routier, tant la conduite lui prodigue un plaisir que j'ai peine à comprendre la satisfaction. En terme de comparaison, pour moi, 2 heures de volant équivaut à 20 heures d'écoute en boucle d'un album quelconque de Michel Fugain. C'est assez consternant comme réflexion, et je ne le vous fait pas dire.

La traversée de tout le pays en voiture ne demeurait pas un exercice difficile pour eux, et même plutôt comme une lune de miel pour laquelle ils avaient préparé une partie de l'enregistrement et le mixage de cet album en sus.
Alors les voilà en Amérique. OUI, l' Amérique, « l'Amérique je veux l'avoir et je l'aurais », celle là même que chantait le célèbre humoriste Joe Dassin dans les 70's. C'est ce qui arrive, à Nasty Samy de manière conséquente (6 mois tout de même cette fois-ci) qui, et on se l'imagine très bien, s'est fantasmé ce voyage depuis l'orée de sa descente de testicules.
La question que je me suis posé c'était, et je m'en souviens fort bien : N'auront ils pas une vision trop dénaturée, presque « touristique » de ce qu'ils vont percevoir au final ?
La question mérite que l'on s'y penche tant elle n'est point dépourvu d'un réel sens de la perversion. Héhé 

Devenu avec le temps presque une apatride dans son propre pays, du fait de l'éloignement, Erin découvre presque sa nation d'origine dans ce voyage.
Par rapport à ma question postérieure (et oui nous y venons), elle y répond de la meilleure des façons puisque l'on s'aperçoit qu'elle possède suffisamment de recul et de maturité pour ne pas tomber dans les travers de stéréotypes malveillants. C'est de par cet élément sensible que repose les lyrics de Madame, et qu'ils comblent l'espace de sa mélancolie teintée de power rock sublime, amenant l'ensemble dans cette vision panoramique de l'Amérique chère au teenage spirit que l'on resent à travers ses yeux et dans son cœur. On y sent la vision d'une jeune femme libre et épanouie, avec un spleen tout contemporain remplie de fêlures.
Il est admirable de constater aussi qu'elle honore celui qu'elle avait chérie lors du précédent album, ce père tutélaire décédé depuis, le cinéaste John Hugues avec la chanson intitulée sobrement « John Hugues Blues ».
Sa voix a pris une assurance évidente, avec toujours cette texture vocale fort séduisante et maintenant si irrésistible, surtout augmentée par ce petit plus de nuances qui jusqu'à lors n'étaient que trop peu discernables.

Sans pour autant tomber dans le badinage, sachez qu'un couple se vit à deux. Pour « Continental Divide » si chacun s'affaire à faire son job, il saute aux yeux que tous deux ont su accomplir la jonction afin d'obtenir l'équilibre d'une parité conforme. Je ne sais pas si au niveau des tâches ménagères il en va de même, mais ce respect commun est révélateur.

L'album contient 14 titres dont 3 covers, à cet effet le titre des Descendents «We » est particulièrement superbe.
Toujours dans cette brèche teenage, le couple laisse au coin de son road trip, l'essence de son vécu tout au long d'un album où transparaît l'épanouissement. La famille Nasty s'est totalement décomplexée musicalement et a poussé la surexcitation jusqu'à produire un album digne du wall of sound de Phil Spector.
En s'aiguillant les cages à miel dans cet album délicieux de rock américain, on en vient au fil des écoutes à chercher les petits cailloux que Monsieur a caché comme un petit poucet malicieux, car on connait sa griffe dans ce genre d'exercice. Mais comme ce serait raconter la fin d'un thriller et gâcher le plaisir de la découverte, je ne dirais rien, absolument que dalle, et même sous la torture.

Alors que si l'on reconnaît de suite la patte mélodique des riffs de Nasty Samy, on constate qu'il a su davantage ouvrir les écluses pour incorporer des éléments musicaux bien distincts : Crossover. Certes il pratiquait la chose depuis toujours, mais pas avec autant d'envergure. De ce fait, dans chaque titre il insère des petits éléments qui font mouche à chaque coup. Ce coup-ci il nous la joue Weezer style ! Et le kif est total et séduisant avec ce cocktail explosif, qui te fait autant mouiller le slip que crépiter les neurones, tout en te faisant taper le cœur dans une farandole d'émotions.
Il est agréable de constater que les titres prennent un sérieux coup de relief, en adéquation avec le panorama de ce road trip américouain, vécu et enregistré presque instantanément. D'ailleurs, je me demande si aujourd'hui, que ce road trip est bien digéré, qu'elle serait leur point de vue sur eux et l'Amérique ? Question à laquelle je ne manquerai pas de leur poser dès leur tournée prochaine, assurément.
C'est sans contexte l'album le plus réussit du couple, et nous ne pouvons qu'espérer qu'il retourne en voyage sillonner leurs état d'âme-érique pour nous sublimer de ce power rock si intense.
Je ne voudrais absolument pas minimiser la valeur de cet album que je trouve vraiment excellent et superbe, surtout à travers mes couillonades pour cette chronique qui vous change de l'ordinaire cependant.
Vous pouvez donc acheter cet album les yeux fermées.
Il y aura même le carnet de route de Monsieur qui va suivre...
Je vous fait la bande annonce ricaine vite-fait à la Kermitt :

ANNNNNNNNNNNNNNNND NOW, LADYES & GENTLEMEN, THE GREATEST ALBUM OF THE NEW YEAR 2012,
CONTINENTALLL DIVIDEEEEEEEEE.
AWESOME, INCREDIBLE, FANTASTIC, SUPER POWER ROCK OF TEENAGE RENEGADE

OUT NOooooooooooooooooW !!! AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH !!!!