WALLABIRZINE

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lundi, janvier 20 2020

BREAKING TAG – Debut E.P


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Ce trio de Corrèze indie punk rock applique pour son premier E.P les arguments du macadam à Rancid pour la granulométrie rêche, la force tranquille d'un Social Distorsion, une évidence mélodique avec les Montpelliérains de Quitters, et la ferveur fédératrice de Shut Up Twist Again.

Le groupe Breaking Tag a suivi un peu la trajectoire de Bob Dylan pour un début de folkeux afin de rejoindre la foudre électrique, avec laquelle il fait tonner une ligne d'électrisation souvent enjouée, et surtout chaleureuse.

C'est dans ce corps musical de 5 titres que le groupe atteste de son humanité et de sa sincérité à célébrer sa fidélité à son rapport émotionnel, et à l'intensité musicale qui en ressort. Ici le feu est passionnel à l'enrobage direct que la formule trio applique. La simplicité d'action ne s'empourpre d'aucun subterfuge, on est dans le cœur, le suc névralgique d'un punk indie rock.


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vendredi, janvier 17 2020

HAMMOCK – Universalis


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Il y a beaucoup d'amour dans cet « Universalis ».

Le 11ème album du duo de Nashville introduit une ligne de démarcation entre le rock indie et les atmosphères expérimentales allant de l'Ambient-Post-rock au Shoegaze. Hammock fait suite à « Mysterium » de 2017, qui explorait les thèmes de la mort et du chagrin, « Universalis » entame un mouvement vertical ascendant vers la lumière.

L'album arrive à son apogée par des crescendos tissés autour de l'ambiant et du slowcore. On se laisse perdre dans les méandres cotonneux, dans ces couches sonores, tout en embrassant la beauté dans son ouverture brute et même la nécessité de son silence. Les teintes de pause mélancolique à la guitare transforment le spleen en lumière douce, et gardent sur le même plan horizontal son inclinaison néoclassique.« Universalis » tourne aussi dans la constellation de Brian Eno et les stridences light de Robert Fripp,

On prémédite trop souvent au goût de l'imagination son futur, pour y être confronté par surprise en un présent désenchanté, source intarissable de mélancolie passée. Mais il y a davantage encore, nous sommes conçus pour donner un sens à l’abstraction, échafauder des concepts, même trouver des réponses dans le chaos. Lorsque nous sommes confronté.es à la nature nébuleuse d'une musique instrumentale, surtout ambiante, constituée d'échappatoire de rêve en peinture minimaliste, un seul son peut devenir un mot, une image, et prête à toutes les interprétations, même par inadvertance.

La vie est à sens unique, malgré son errance, son opportunité des possibles, sa transmutation perpétuelle, on confesse à la sérénité. Il est impossible de passer sous silence cet album qui fait écho à la quiétude subliminale.

On peut remercier Hammock de faire exister ce désir anonyme de quiétude, cette césure dans l'immensité de la mélopée, car « L'amour consiste à aider l'autre à relâcher ses tensions » Swâni Prajnänpad


Le Zen émoi


lundi, janvier 13 2020

WHITE WARD – Love Exchange Failure


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J'ai été décontenancé par la musique de White Ward dès leur premier E.P 6 titres « Futility Report » , tant cette métaphore subliminale de l'obscurité, entre post-black metAl et jazz adipeux, avait su trouver les voies de fait avec une certaine fluidité digeste, où comment contraindre les forces ténébreuses à vous plaquer au sol, et à vous élever vers les cieux dans une brume dense.

Pourtant on patauge au début avec ce second.

Il semble que l'on soit dans un polar de troisième zone, embourbé.e dans les caricatures d'indignation d'amertume. Les Ukrainiens d'Одесса dépressurisent ardemment une acrimonie avec « Love Exchange Failure », avec laquelle il faut patienter sur plusieurs écoutes pour permettre à cet album de froideur absolue, de dévitaliser par la grâce de sa chaleur punk Stoogienne.

À ce moment-là, et uniquement, vous êtes prêt, et c'est vrai que l'on retrouve le maelstrom sonore du début, ce manifeste d'aborder les rivages brûlants du post-black déchirant la nuit, avec dans sa forme d'élévation spectrale, les errances d'un saxophone pour en répandre la flamme.

On se dit que cette acrasie est écrasante, et qu'il va falloir ouvrir une brèche par la serpe et la hache pour être transpercé.es par un filament de lumière. Hors il n'en est rien. Dans cette impureté stylistique où les éléments de gravitation mélodique se reproduisent en captivité, on fonce tranquillement vers cet abysse de douceur et de chaîne S/M à s'embrasser black metalliquement par contusion des forces soniques, et pour l'éminence gravitation des altitudes post-black.

L'affliction textuelle renforce l’impact nauséeux de l'étrange variation émotionnelle, et de sa fluidité corporelle vers un état de lumière brumeuse.

Dans ce vaste monde impur aux caprices de l'érosion sonique : « Personne ne sortira vivant d'ici » Jim Morrison


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jeudi, janvier 9 2020

CALABRESE – Flee The Light


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Prince du horror punk, le trio Calabrese de New-York revient hanter nos nuits avec un album cousu dans l'écrin satiné des Misfits, The Cult, Bauhaus.

Comme les Ramones, Bobby Calabrese, Jimmy Calabrese, et Davey Calabrese ont le goût du savoir-faire punk-gum autour du culte de la représentation. Le groupe met en perspective toute la parodie Horror punk par une vision du show. Le real rock'n'roll n'est jamais loin d'eux non plus, et capable de vous foutre des Cramps.

Paranormal, vampirisme, et autres joyeusetés macabres, Calabrese est le genre de groupe qui fête Halloween toute l'année et à ciel ouvert. L'ambiance musicale est maligne et regorge de son aspect propre au cinoche de série B à Z, tout en étant davantage accès vers la Hammer Film Productions (société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934).

« Fell The Light » est catchy en soi, bien entendu, les titres claquent, toutefois il s'en dégage une atmosphère gothique bien particulière. C'est drôlement bien foutu, l'impression de prendre le train fantôme, c'est à la fois cool et saisissant de charme surannée.

Sans en faire des caisses, ce nouvel album est caractéristique de la saveur pur jus de Calabrese, avec une morsure plus venimeuse qu'à l'accoutumée pour sa faculté romantique de la mort, de sa luxure rock'n'roll, et de sa claque punk en rossant des fesses rougies d’extase gothique.


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dimanche, janvier 5 2020

SIGUR RóS – Liminal Sleep


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Ce disque est un passage vers l’introspection, du moins je le vois de la sorte.

Mais tout d'abord, avez-vous envie de prendre soin de votre bien-être de façon préventive, holistique et autonome ?

Si oui, je vous dois une explication pour remettre ce disque dans un contexte spirituel.

Dans les seventies, le New age a été le précurseur vers une forme de libération du corps et de l'esprit, et carrément à une reconnexion spirituelle.


New Age

Malheureusement la drogue a servi de catalyseur, jusqu'à tout détruire et fondamentalement écarter de son essence le message premier vers l’hypocrisie et le cynisme pour ceux dont l'ego a tout enrayé. Comme d'habitude !

Ce disque issu du new age, se compose de plage vaporeuse ambiant essentiellement, un peu comme quand vous êtes en immersion dans une nature esseulée avec le bruissement du vent uniquement. C'est élancé, tout s'étire, et se rejoint. On peut même s'avancer à dire que « Liminal Sleep » est au niveau du seuil de perception, il est tout juste perceptible. C'est un espace de ressourcement axé sur le bien-être de la personne et de l'environnement autour, avec l’attitude que l’on porte sur notre environnement et les actes que l’on pose (ou pas) sur la nature. C'est un instant d'éveil, pour (se) découvrir ou (se) redécouvrir.

Le temps et l’espace sont essentiels et indispensables. Paisible, serein, pacifique, cet espace recherché inconsciemment par chacun est rare, en ce sens, ce disque peut vous l'offrir. Ceci inclue l’espace vital pour penser, (re)sentir, chercher, définir, décider, afin que vous puissiez vous déployer dans toute votre vérité et grandeur.

Face au New-age, l’époque contemporaine regorge d’une spiritualité Now-äge, en quête de réponse évasive autour des tarots, lithothérapie, chamanique, médecine alternative, la drogue est cette fois une préparation/accoutumance à un monde magique et dans une croyance/dépendance.

C'est en soi un disque Now-äge afin de vivre la lumière alternative d’un moment de magie, mais surtout ouvert sur la vibration du monde naturel, en quête de quiétude.

Si la majorité d'entre-vous va trouver ce disque très chiant, pourtant il s’avérera parfait, tout au moins pendant votre sieste digestive dominicale.


Now äge


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