
Présenté par un historien, cette célébration dans l'antique ville de Nîmes et de son arène fut autant riche d'enseignement que spectaculaire.
Afin de promouvoir la culture gallo-romaine par la reproduction du spectacle des jeux romain, de nombreux passionnés ont depuis quelques années pris les choses en main avec la passion qui les caractérise. Une passion sous l'égide de la pédagogie bien sûr avec de nombreuses manifestations qui avaient lieu dans la ville, permettant à un public familial, de revivre sous l'ère antique les 28 et 29 avril 2012 dernier.
Le liant éducatif permettait d'assister à la confection de poterie, de tissu, et de nombreux autres artisanats tout autour des arènes, et de sillonner le centre de Nîmes en constatant que la ville était toute refaite, et que c'était assez hallucinant de constater sa beauté aujourd'hui. Bordeaux a accompli ce pari de jouvence avec la réussite de rentrer au patrimoine mondial de l'Unesco.
Mais ce n'est uniquement valable que pour le centre ville, puisque le restant ressemble plus à du tout venant, mis bout à bout dans des lotissements de concentration, et uniquement pour la populace désireuse de vivre à proximité de l'ébullition de l'agglomération, sans pour autant ennuyer le calme citadin des bourgeois après le couvre-feu.
C'est ainsi que ma petite famille et moi même étions en quête de cette culture antique qui fait partie de notre culture méditerranéenne, dont les vestiges sont encore visibles, encore fallait se donner la peine d'aller en connaître les aspects les plus divers et variés en marchant. Chose qu'il m'a paru peu concevable pour les personnes dont le désintérêt affichée étaient visibles dans l'attention qu'elles portaient pour leur téléphone portable.
Point de rock'n'roll cette fois-ci, mis à part quelques bardes celtiques dont les tatouages paganistes étaient bien visibles, et quelques t-shirt de groupe de métOl dans l'assistance, il n'y avait rien de notable. Nîmes n'a jamais brillé pour une scène rock aussi, mais plus pour son amour de la mauresque.
Les légions de Rome étaient venues nombreuses, que se soit de la ville d'Arles, ou des pays limitrophes tel que la Suisse, et d'Italie bien entendu.
Des celtes de Bretagne avaient eux aussi fait le déplacement, mais il n'y avait pas le célèbre Obélix, qui devait très certainement être occupé à bouffer du sanglier dans un coin d'Armorique en attendant le Hellfest.
Cette troisième éditions avait cette année un ton ironique qui a favorisé ma misanthropie sélective sur le terreau bestial des bipèdes, étant donné de l'actualité anti-européenne, du repli communautaire, des élections présidentielles et du ton de cette campagne pour la lutte du pouvoir suprême dont chacun des participants a pris soin de pousser les pulsions à son plus haut niveau d'incandescence. Parfait donc pour des jeux romains qui seront enthousiasmant de réalisme.
Il y avait en préambule une nouveauté, une transgression même, et qui portait dans la transcription du fait historique de la bataille du cheval de Troie.
Oui, il y avait des grecs, mais joués par des espagnols déguisés en grec antique : Le comble du marasme anti-européen. Je me marre.
Houuuuuuuuuuuuuuuuu des grecs, quelle horreur pour des peuples européens si soudés pour faire passer le commerce depuis la nuit des temps, en principe fondateur pour la prospérité des nantis, et qui prennent le temps de cracher de mépris actuellement pour la gestion désastreuse des gouvernements successifs des helléniques, alors qu'ils ont eux même érigés les mêmes modèles avec les mêmes dirigeants.
Ironie, donc d'une subtilité sans faille dans laquelle je constatai une fois de plus que depuis cet ère d'avant la venue du messie christique, la civilisation piétine plus que de raison dans des modèles d'une cocasserie hallucinante.
Mais tout de même, les troyens et les spartes pour de vrais, c'était bluffant à voir. Il y avait même un sparte particulièrement body-builder dont on connaissait déjà le film de chevet préféré.
Puis l'histoire du cheval de Troie reconstitué et retracé simplement, c'était vraiment admirable pour les enfants. D'ailleurs, j'avais peur d'entendre cette intonation dogmatique que les historiens prennent pour relater des évènements, je fus soulager de constater que le ton était loin d'être pédant, mais soucieux de relater la véracité avec altruisme, et en facilité l'accès pour les marmots.
Mais voyez-vous ce genre de manifestation peut vite tourner à la mascarade, notamment si elle se trouve privatiser par des industriels, et de tous secteurs entrepreneurials, dont les garanties spéculatives et financières permettent de ressortir avec des dividendes effectifs pour l'achat de yatch, garantissant de se faire sucer la bite au large de St Tropez par des anorexiques russes et imberbes de tout poil pubien.
Nous aurions très bien pu voir alors, des stagiaires d'école de commerce déguisés en romain en train de démarcher sur les bien fait de la téléphonie mobile, pendant qu'un chanteur de télé crochet aurait fait tonner de colère la mythologie grecque, avec une de ces chansons dont la traduction du fait historique de la bataille du cheval de Troie, aurait eu les effets similaires avec les expérimentions psychiatriques perpétuer par des nazis sur des cobayes judaïques non consentants.
Mais ouf ! Cela n'est point arriver, justement parce que des historiens ont pu anéantir cet esprit mercantile pour un spectacle riche d'enseignement. C'est tout au moins un aspect que je préfère et que je cautionne, au risque d'excéder les umpistes du gard, dont le chagrin du second tour fait monter les eaux d'Aigues-Mortes.
Le soin que les participants ont apporté à cette reconstruction historique était palpable, surtout dans une époque qui commence sérieusement à s'étourdir d'un manque de culture assez significatif, avec l'amalgame radical que certain instrumentalise à leur compte, et le paradoxe de nos sociétés dîtes humanistes.
Ce fut par ailleurs flagrant lorsque le combat des gladiateurs est arrivé et que le public a dû décider du sort du vaincu. Si à l'époque des romains « le pain et les jeux » étaient l'unique défouloir, il était important de constater à quel point le sang versé avait une importance capitale dans cette société.
Par un effet de corrélation je prends en exemple les arènes de Nîmes (hors il n'y en a qu'une et je ne sais toujours pas pourquoi on dit les arènes d'ailleurs), qui se vantent avec délectation du spectacle sanguinaire de la tauromachie. Il est vrai que cette tradition perpétue le rôle de « sang versé » qui avait lieu dans l'ère antique. Mais comme notre société a évolué vers l'humanisme des lumières, aujourd'hui tout cela n'a plus lieu d'être, du moins pour des hommes dont le sacrifice d'un taureau paraît barbare, comme moi.
Donc quand on nous a demandé si le vaincu devait vivre ou mourir, le public décidait tout le temps pour la vie. Et oui là ce n'est plus un animal, c'est un homme, et on a l'habitude de s'identifier, enfin pas tout le temps non plus, là il était blanc donc pour un public de blanc, il y avait identification. C'eut été un maure, mort il y aurait eu sans aucun doute.
Pourtant le présentateur historien a essayé de nous expliquer que nous étions issus de la classe des notables qui avaient vouée allégeance au sénateur romain, et que donc nous étions parti pris pour la gloire romaine, friant de sang versé. Rien n'y fit. Enfin vers la fin quand même, l'assistance commençait à noter des signes de contagion pour la cruauté et à demander la mort, comme le vice de voir accéder lors du prochain quinquennat les idées vomitives du FN avec bonhomie.
D'ailleurs il est soucieux de remarquer que dans notre époque de repli communautaire, les celtes présent lors de cette manifestation eurent à plaisir de jouer à la résistance contre l'envahisseur romain, et à sortir vainqueur dans le cœur des aficionados cocardier/chauvin/régionaliste des gradins.
Nouvelle ironie indubitable dont mon rire sardonique a transformé mon contentement en explosion de joie, tant se lisait dans le désespoir du maitre de cérémonie la désillusion que devait vivre le sénateur romain présent des siècles plus tôt, en admirant la vilénie d'asservissement de ses ouilles rassasiés par l'odeur du sang d'esclave et d'un crouton de pain uniquement.
Enfin, pour être plus précis envers la gauloiserie nationale, le cavalier celtique qui enchantait tant le public, démontrait des prouesses équestres indéniables, et sa taille réduite permettait peut être une identification à un héros de BD hexagonale, voire à un ancien président de la république pour les plus sadomasochistes.
Mais ce n'est pas fini, parce que quand le gladiateur de Nîmes a combattu contre celui de la ville voisine d'Arles, et qu'il s'est vautré lamentablement dans un combat mettant en valeur son manque flagrant d'endurance sportive, j'ai entendu juste derrière moi, un commentaire féminin dont il n'était même pas la peine de se retourner pour constater les désastres physiques d'une telle remarque : « Et nimois t'as pas assez bu de pastis où quoi ? ». A ce moment là nous touchions la quintessence de l'abrutissement de masse, et de son absolu soumission à la drogue du peuple, voire à son opium anisé.
Si les jeux romains ont permis de tenir le peuple dans la dépendance du spectacle, après des siècles et des siècles de ce même procédé mais avec d'autres jeux, nous pouvions constater que la parade des soldats, le sang versé par l'esclave, l'aumône d'un spectacle, d'un pain donné par le puissant vers la classe d'en dessous, permet depuis toujours la garantie d'obtenir de divertir pour une obéissance passive.
Je vous avez bien dit que c'était didactique et culturel nan ?
Cette reproduction historique pour petits et grands, est admirable et tout le monde en ressort ravis. Pas avec les mêmes conclusions c'est évident.
De plus, les enfants peuvent s'initier au technique de combat gauloise et romaine avant le spectacle et pourront en constater l'efficacité réelle lors de la manifestation grandeur nature avec les participants des différentes légions, qui se battront contre les gaulois qui perdront, habitués qu'ils seront plus tard à perdre en finale de la coupe du monde de football.
Je conseille pour les parents cette sortie culturelle dans un département riche en vestige gallo-romain, malgré la teneur xénophobe qui s'en dégage dû au vote massif pour le FN.
Je note toutefois, que si cette région exhorte à la liberté des pratiques séculaires tel que la tauromachie, la chasse, le braconnage, etc...et pousse aux pulsions primitives par le réquisitoire de l'envahissement des indigènes d'Afrique du Nord au sein de leur terroir, je m'étonnes tout autant qu'il n'y est pas plus de gens mécontents lors de cette manifestation qui respecte les pratiques ancestrales , puisque aucun lion n'a bouffé de chrétien.
Décidément, on est vraiment plus chez nous, à ça non !