WALLABIRZINE

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dimanche, novembre 11 2018

100 ans après les Sentiers de la gloire...


allez à l'abbatoir, pfiouuuuuuuuuuuuut

...L'horreur des charniers reste en putréfaction dans toutes les mémoires familiales.


Le chemin des Dames où repose la barbarie meurt une fois encore sous le dépôt de gerbe des cravatés, très certainement les arrières-arrières petits fils de planqué venant faire les paons patriotes afin de préserver leur ricanement d'hypocrite devant le monument aux morts, correspondant à 9,7 millions de morts militaires, clapou, clapou...

...Sans compter les 8,9 millions de civils morts, hip, hip, hip, hourra !! Alors que ne devrait résonner que les voix dissidentes, les mêmes qui se sont fait entendre dans la longue tradition de la chanson sociale, qui des sans-culottes aux canuts et à la Commune, de la Carmagnole (1792) à L’Internationale (1871) en passant par le Temps des Cerises (1866).

Un des hérauts de cette chanson contestataire de l’époque est Gaston Montéhus, qui chante le refus des soldats du 17ème régiment d’infanterie de marcher contre les vignerons du Languedoc en révolte, en 1907 :

"Gloire au 17è (Montéhus, 1907)"

Légitim’ était votre colère,

Le refus était un grand devoir.

On ne doit pas tuer ses père et mère,

Pour les grands qui sont au pouvoir.

Soldats, votre conscience est nette :

On n’se tue pas entre Français ;

Refusant d’rougir vos baïonnettes

Petit soldats, oui, vous avez bien fait !


Contre cette dissidence la réponse de l'autorité comme toujours fut une répression violente pour que le sang impur abreuve nos sillons pom, pom, pom.


Les fusillés pour l'exemple


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...Et l'horreur des charniers reste en putréfaction dans toutes les mémoires familiales.



jeudi, novembre 8 2018

Encycløpédie Müsicåle, A comme..


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...Autoradio : Accessoire indispensable pour la conduite quotidienne vers la perpétuité salariale, et exceptionnelle pendant les trajets des congés payés, permettant de s'enfermer dans une bulle musicale hermétique, qui éloigne de l'écrasement pessimiste d'une vie d'aliénation, du vacarme des gosses et des non-dits du couple.



dimanche, novembre 4 2018

ITW ARNO DE CEA

La plage accueillait dans sa virginité matinale la plénitude surpuissante de son étrange aurore.


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Certains éléments naturels sont à même de vous révéler une volcanique nouvelle vision d'un style musical que l'on eut cru éroder par l'amer et coagulé en une coquille lisse. Au début ce n'est que le murmure d'un rugissement lointain, à peine une amulette de sorcier subaquatique, mais bien vite l'amplitude devient un vacarme tellurique. Quand il culmine au-dessus des eaux troubles et fuse à nager à contre-courant surfique sur des mélodies endiablées, la coalescence des genres ultra-sonique téléporte vers Atlantide et son Rétrø-Futürisme.

Tu te demandes avec un filet de bave sur ton laptop qu'est ce que c'est que toute cette théorisation romanesque ? La réponse c'est une Big ITW, parce qu'il savoir humer l'air maritime vivifiant, entendre le tonnerre impétueux de l'océan, et laisser s’abattre sur soi une vague de deux mètres pour ressentir l'extase du Brutal surf d'Arno De Cea.

SURF IT UP !


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Aloha  Arno, tu habites près de l'océan, Cestas, Côte d'Argent, en Aquitaine , surfes-tu ? 

Arno : Hélas non. Si j'avais assez de temps pour faire tout ce dont j'ai envie, la pratique du Surf serait au programme. J'ai pas mal fait de skate dans le passé  mais j’ai arrêté il y a quelques années. Le bitume ça ne pardonne pas quand tu tombes, et vu mes activités et mon taff,  je n'ai pas envie de me retrouver avec un bras dans le plâtre ou autre chose dans le genre. Néanmoins, je conserve un intérêt pour les sports de glisse et la culture qui va avec. 


Quel rapport entretiens-tu avec la nature ? Et les éléments océaniques en particulier ?

J'accorde plus d'importance aux "lois de la Nature" qu'à celles des hommes. Je ne suis pas pour autant un hippie, c'est juste que je trouve que la société humaine a tendance à être très liberticide par rapport aux individus qui la composent alors que la nature, même si la loi du plus fort est prédominante pour y survivre, ne l'est pas à mon sens.

De ce fait, une bonne partie des morceaux chantés des Clockwork Wizards ont des textes qui  y font souvent référence. Il y est souvent question du peu d'importance qu'on y accorde alors que ça devrait être l'élément sur lequel repose nos vies, et l'élaboration de la société humaine.

La nature nous offre tant de choses gratuitement, sans rien demander en retour, et nous tout ce qu'on trouve à faire c'est prendre, abuser sans aucun respect.

Concernant l'Océan, il m'inspire encore plus d'humilité à cause de sa force imperturbable et cyclique. Les californiens de Pollo del Mar avaient sorti un disque de Surf qui s'intitulait " The Ocean is not for coward " (L'océan n'est pas pour les poules mouillées) et bien c'est exactement le cas.


Es-tu un être mystique ? Cartésien ? 

Je pense que ta question fait peut-être référence à la pochette du dernier disque des Clockwork Wizards. Mais comme il se trouve que la plupart des symboles qui sont dessus font référence aux mathématiques et à la connaissance, le mysticisme n'est pas vraiment le propos ici.

Après, est ce que avoir une "vie intérieure" très intense où se mêlent la réflexion et l'imagination fait de toi un être mystique ?? C'est certainement le cas aux yeux de n'importe quel individu lambda. Pour ma part, c'est ma façon de fonctionner depuis longtemps, et je n'y vois rien de mystique, c'est juste un refuge pour se protéger d'une société mal en point, et qui repose sur des valeurs qui ne sont pas vraiment les miennes.

Je m’imagine tout le temps des trucs rocambolesques, c’est mon imagination, comme si ta musique avait le pouvoir de précipiter à travers son tube musical un mysticisme émotionnel, un refuge intime en connexion avec tous ceux qui en ressentent la même vibration.


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As-tu une connexion avec la Lune ? Le soleil ? Les 2 ? 

Nous avons tous une connexion avec ces astres, sans eux il n'y a pas de vie, c'est aussi simple que ça. On a tendance à l'oublier et à se focaliser sur nos existences qui sont insignifiantes à cause de notre orgueil.

L'album précédent des Clockwork Wizards, "Flash freezing the sun", est la B.O d'un film fictif  de Science-Fiction qui raconte l'histoire de robots qui développent une arme capable de congeler le soleil, et ainsi arrêter toute possibilité de vie organique dans l'univers. Ce "concept" exprimait simplement toute l'importance du soleil et de son pouvoir énergétique, qui est à mon sens sous-employé et sous-exploité.

J'ai eu la chance d'aller dans le Nevada aux Etats Unis il y a quelque temps, et j'étais effaré de voir que dans une ville comme Las Vegas qui bénéficie d'un ensoleillement important, pas une seule maison n'était équipée de panneaux solaires...Par contre ils ont tous la climatisation qui marche à fond ! On n’est pas sorti de l'auberge...

Ni le cul des ronces…


Crois-tu en quelque chose ? (à une divinité, au pouvoir des fleurs, à la poésie, etc...)

Je suis comme Saint Thomas je ne crois que ce que je vois.

Le contraire de Ray Charles quoi !


Pourquoi avoir choisi le style musical de la surf music pour t'exprimer ? 

Quand j'ai découvert ce style  il y a de cela presque 25 ans maintenant, j'ai eu comme l'impression de découvrir un trésor bien caché, de par la richesse de cette scène, et le fait que ce soit si impopulaire. Du coup, je me suis plongé là-dedans à corps perdu. J'ai commencé par me faire une "discothèque", la plus variée possible, en fonction de mes moyens, et à décortiquer le son et le jeu de guitare inhérent au style.

Cela m'a permis de m'apercevoir que même si certaines règles ou clichés revenaient régulièrement, certains groupes faisaient également preuve d'inventivité par rapport à tout ça et avaient au final beaucoup de liberté, notamment grâce à l'absence du chant qui a tendance à réduire les musiciens au simple rôle d'accompagnateur.

Tu vas me dire qu'on peut retrouver ça dans le Jazz également, ce qui est vrai, mais je lui préfère l'urgence et le côté primaire du Rock.

Pour résumer, quand composer est ce que tu préfères faire en matière de pratique musicale, la Surf Music t'offre un terrain de jeu des plus intéressants. De plus, si tu veux sortir un peu de ses clichés, c'est "open bar", et à part une bande de vieux grincheux qui vivent encore comme en 1963, il n'y a pas grand monde qui va venir t'expliquer comment il faut s'y prendre.


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Penses-tu qu'il y a une corrélation entre les ondes de surface aqueuse (les vagues) et les ondes d'acoustique surfique (surf music) ?

Oui dans le sens où le son de la guitare Surf avec sa réverbération me procure une sensation de liberté, au même titre que la vue de l'Océan qui parait être sans fin.

Après la Surf Music c'est clairement LA musique d'un sport nautique qui était à la base essentiellement pratiqué par des ados et des jeunes adultes. En ce sens c'est la bande son de leur frénésie sur les vagues, de leur insouciance mais aussi de leur dévouement pour une pratique qui a pour terrain de jeu l'Océan.


Peux-tu faire une présentation de ton parcours musical, d'où tu viens, avec quoi tu t'es nourri, ce qui a fait germer ton désir de divulguer qui tu es, là où tu veux aller ? Et d'expliquer la façon que tu as de faire muter le genre musical de la surf music ? Pourquoi ce style te permet ce genre de contorsion, de mutation, de métamorphose musicale ?

J’ai commencé la guitare à 11 ans sous l'influence de mon frère, âgé de 5 ans de plus que moi, il m'a fait découvrir le Hard Rock via Iron Maiden, WASP, Metallica et bien d'autres trois ans auparavant.

J'ai eu la chance d'avoir un prof de guitare qui était très branché Jazz, ce qui m'a permis de m'ouvrir au fur et à mesure à d'autres styles que le Rock, et surtout à me forger un bagage théorique et harmonique qui m'aide pour composer, et m'a influencé.

Il m'a fallu patienter jusqu'au lycée pour pouvoir commencer à jouer dans des groupes évoluant dans le Noise Rock comme Oharu, avec lequel j'ai fait mes premiers concerts dans les bars Bordelais à l'âge de 16 ans.

C'était une époque vraiment chouette au niveau de la scène musicale Girondine, avec des bons clubs pour jouer où passait le gratin de la scène Indé internationale, ce qui m'a permis de me prendre plein de bonnes claques en voyant des groupes comme Unsane, Come, Jesus Lizard, Neurosis, Man or Astroman?, Today is the Day, No Means No ou Satan's Pilgrims...

Cette scène a eu un impact sur ma façon de voir le rock. Je me suis dit qu'on pouvait jouer quelque chose d'intense et efficace tout en utilisant son cerveau pour élever l'urgence Punk dont est issu ce style, et vers quelque chose de plus évoluer musicalement.

Je pense que j'ai conservé cette idée lorsque j'aborde un style comme la Surf Music, qui pour moi fait partie de cette grande famille qu'est la scène Indé, que ce soit dans le domaine de la composition, ou de sa restitution en concert.

En ce qui concerne la Surf Music, c'est vers mes 18 ans que j'ai découvert ça. C'était encore grâce à mon frère. À cette époque il animait une émission de radio locale, et un jour il est rentré à la maison avec un disque de Man Or Astroman? que lui avait prêté le gars qui programmait les concerts au Jimmy pour faire la promo d'un de leur nombreux passage sur Bordeaux.

Il m'a fallu trois ans pour trouver ne serait-ce qu’un batteur pour pouvoir jouer de la Surf, et c'était Stef avec qui on a fondé le duo guitare/ batterie Stef & Arno, faute d'avoir pu trouver un bassiste pour jouer ce genre de musique. C'était en 1998 et ça a duré quatre ans. J'ai enchainé direct avec Antena Tres en 2002, dont le but était de jouer une sorte de musique de film d'Espionnage. Du coup la Surf rencontrait la Bossa Nova, des climats Jazz inquiétants et des rythmiques plus Funky parfois. Ça a pris fin en 2008 et on a enchainé direct avec Seb, le batteur d'Antena Tres, sur les Clockwork Wizards.

La formation de ce groupe était due au fait de pouvoir  jouer Live les morceaux d'un album solo que j'avais sorti quelques années auparavant. Mais j'ai vite commencé à composer de nouveaux morceaux pour que le groupe puisse avoir son propre répertoire, avec une identité et un son bien défini.

En 2012 j'ai rejoint The Irradiates, formation Surf basée à Besançon avec des anciens membres d'Hawaii Samurai, groupe avec qui on avait eu l'occasion de jouer du temps de Stef & Arno.

Parallèlement à tout ceci, j'ai joué plus ponctuellement à la guitare ou à la basse pour la scène ou du studio avec des groupes aussi variés que Pudgy (Pop), Tormenta (Math Metal), TGM (Punk Rock), Le Havre (Electro Rock), ou plus récement Demon Vendetta (Surf Crossover).


réglage sonique au max


Dans la création, es-tu un chercheur, un aventurier, un explorateur, un passionné, un défricheur, un peu tout cela, tout à la fois ? 

Le moteur est avant tout la passion de la musique et je cherche donc à me faire plaisir grâce à la création. Mais mon principe de base est de mettre en pratique l'adage de Lavoisier " Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme". Je cherche donc à me faire plaisir sans avoir d'interdits, ni de limites, tout en gardant un œil sur certains fondamentaux qui caractérisent la Surf Music.

Depuis que j'écoute de la musique, je me suis toujours intéressé aux groupes qu'on pourrait qualifier de "Outsiders" dans leurs styles respectifs, comme par exemple Voivod dans le Metal, Sun Ra dans le Jazz, Chrome dans le Punk ou Captain Beefheart dans le Rock. Du coup c’est ce genre de démarche que j'ai envie de suivre quand j'aborde la composition. Il est question ici de trouver un équilibre entre avoir quelque chose de musical, et une vision de la musique qui sort des sentiers battus. J'adhère complètement à cet état d'esprit.


Est-ce que dans ton ou tes dispositif(s) créatif(s) il y a un processus particulier qui te permet d'accéder à une autre dimension ?

Le processus créatif doit  combiner ton imagination, ton savoir-faire musical et ta culture. Tu peux être un très bon instrumentiste et ne pas être foutu de composer un morceau. En tout cas, cela demande beaucoup de concentration et d'énergie mentale, mais quand tu commences à y voir plus clair, c'est une grande satisfaction.

Je ne fais rien de particulier, je veux dire par là que je ne prends pas de drogues ou quoi que ce soit du genre, je n'essaye pas de créer une ambiance particulière, ça peut se passer la journée ou la nuit...Le plus important c'est d'avoir ma guitare entre les mains et dès que me vient une idée, à ce moment-là les choses peuvent aller très vite car une idée en appelle une autre si tu te sers des trois éléments que j'ai évoqués au début.

Il m'est également arrivé d'avoir des idées sans mon instrument en allant courir dans la forêt par exemple. Le plus important à mon avis est de ne pas être distrait ou dérangé par qui, ou quoi que ce soit dans les moments où tu essayes d'établir une sorte de communication entre tes émotions et ton imagination. La musique constituant le langage propre à cette communication.




Faire de la surf music et créer un tube sonique est-ce un impératif ?

Ça fait partie de l'ADN de la Surf Music effectivement. La mélodie étant un des éléments prédominants dans ce style, c'est un terrain propice. Encore faut-il trouver le bon équilibre entre l'énergie de la rythmique, un joli thème qui suscite des émotions chez l'auditeur, et une bonne dynamique pour donner du relief au morceau. Tout cela reste assez complexe à mettre en œuvre.

Même si tu croises les effluves des genres, tu gardes par confession à l'orthodoxie sonore de la Surf la même réverbération musicale à travers une gamme d'effets sonores bien particulière. On peut innover sans toutefois dénaturer. C'est à dire qu'avant on surfait avec des bouts de bois et que maintenant on peut le faire avec des nouvelles matières mais c'est toujours du surf ?   Oui c'est ça , quand tu abordes un style musical il est primordial de connaitre dans son ensemble ses origines, son histoire mais aussi ce qu'il se fait dans le genre de nos jours, d'être ouvert d'esprit et ne pas avoir de limites pour disposer d’une démarche nouvelle, sincère et fidèle à ce que tu es comme individu. Je n'ai pas envie de voir la Surf évoluer comme le Blues qui, à de rares exceptions, n'arrive pas à aller dans le bon sens car les gens qui pratiquent ce style sont trop respectueux de ses codes, de ses gimmicks et donc trop frileux pour lui donner un second souffle. Comme si c'était une œuvre d'art dans un musée à laquelle on ne doit surtout pas toucher.

Chaque style a besoin de se régénérer pour continuer à exister et avoir un peu d'impact sur les plus jeunes générations qui commencent à se passionner pour la musique. Cela peut faire grincer des dents certains mais les sarcasmes s'oublient et la musique reste.


fluidité de la musique nautique


Le surf regroupe une multitude de disciplines, si tu devais trouver une équivalence musicale, par exemple le longboard ce serait quel style/groupe ?

Même question avec le Bodyboard, le Kneeboard, le Skimboard, le Bodysurf, le Paddleboard, leSurfing canoë, le Surf tracté (Tow-In), le Stand Up Paddle, le Surf Tandem ?

Le Longboard c'est du Surf assez tranquille, je verrais bien quelque chose comme The Huntington Cads, assez mélancolique et doux.

Le Bodyboard, c'est bien marqué années 90 comme truc et assez remuant, ça irait bien avec The Galaxy Trio.

Le Kneeboard ? Il n'y a pas grand-chose de "rebelle"  là-dedans, je vois ça plutôt comme un truc de nouveaux riches qui souhaitent se donner des sensations. Il faut quand même rappeler que les sports de glisse dont tu parles, font partie d'une "contreculture" animée par un "esprit de rébellion", ce qui est également valable pour la Surf Music. Je pense que ça irait très bien à une vague de groupes issus de la scène Garage récente qui, à un moment donné, s'est mise à se proclamer et à s’affilier au rock Psyché ainsi qu’à la Surf, alors qu'ils étaient pour la plupart complètement hors sujet par rapport à ces deux styles. Ils étaient plus intéressés par l'imagerie et les clichetons qu’évoquent ces deux courants musicaux, que par le fait de les jouer avec l'esprit qui les caractérise vraiment. Pour résumer : c'est de la merde pour les bobos et les hipsters.

Le Skimboard c'est de la glisse sans trop se mouiller, donc on peut faire un parallèle avec un son de guitare Surf avec pratiquement pas de Reverb comme a pu le faire The Ventures sur certains disques.

Pour le Bodysurf, c'est plutôt brutal et sans artifice, ça irait bien à un groupe comme The Trashmen avec leur côté Garage.

Pour moi le Paddleboard et le Stand Up Paddle c'est exactement la même chose et ça peut aussi bien se pratiquer sur un lac ou à l'Océan. Donc ça pourrait le faire avec un groupe comme Los Straitjackets qui peut plaire aux papys, et se montrer plus rugueux pour les jeunes rockers.

Le Surfing Canoë est inspiré des pirogues polynésiennes, donc ça irait bien avec des groupes qui ajoutent des touches d'Exotica à leur Surf Music comme The Tiki Tones ou The Blue Hawaiians.

Le Surf tracté c'est le truc ultime pour les casse-cous. Daikaiju ferait très bien l'affaire dans ce cas-là.

Pour finir le Surf Tandem c'est le sport que tu as envie de pratiquer avec ta moitié, je vois un truc de lover. Pour le coup ça m'évoque une reprise Surf instrumentale de " Summer kisses Winter tears " d'Elvis qui pourrait être très à propos. Je ne me souviens plus si ça a déjà était fait mais ça irait de pair.


Est-ce que tu considères le film « Point Break » comme une vaste blague ? Que dois-je penser alors de ton impression sur « Brice de Nice » ?

J'aime bien ce film (on parle bien du premier avec Keanu Reeves et Patrick Swayze et pas le remake qui a l'air dégueulasse).

Oui bien entendu.

Il est intéressant dans la mesure où le personnage qu'incarne Patrick Swayze est inspiré d'un Surfer légendaire du nom de Micky Dora, surnommé Da Cat. Donc, il y a une part d'authenticité par rapport à la culture Surf et certains de ses personnages sulfureux.

Quant à " Brice de Nice " je n'ai pas eu trop envie de le voir pour dire vrai. Mais les quelques extraits que j'en ai vu m'ont fait penser à des vacances que j'avais passé du côté de Lacanau avec des potes après le bac. Tous les clichés sur  les minets qui font du Surf pour frimer, et qui en même temps jouent aux " mystiques" étaient réunis (je me souviens d'un gars dans un bar qui m'avait serré la main  en me disant " vas-y mec, serres fort il faut que je sente ton fluide", ah la bonne blague !!!).

S’il faut ce mec avait grandement besoin d’un peu de mojo rock’n’roll pour exister ?

Démonstration avec Austiiiiiiiiiiiiiiiiiin


mojo ?


Le nouvel album se nomme « Retro Futurisme Volume I » est-ce-que cela signifie-t-il qu'il va y avoir un volume II ? Doit-on supputer qu'une trilogie soit possible ?

Oui il va y avoir un deuxième volume. Le premier disque traite du temps et de son impact sur nos vies, le prochain sera dédié à l'espace. J'ai commencé à rassembler quelques idées déjà et j'espère que courant 2019, ce nouveau disque sera composé et enregistré. Par contre, il est un peu tôt pour dire s’il y aura une trilogie.

C'est important d'avoir une vision à long terme quand tu fais de la musique, ça permet d'avoir des buts à atteindre et de rester dans une dynamique, mais je pense qu'après le "Rétro Futurisme volume II ", on repassera par un disque de Brutal Surf Music (dont j'ai le titre et le concept déjà en tête) avec notre famille de robots pour illustrer la pochette.


Qu'est-ce que tu peux raconter sur la genèse, la réalisation et la tournée de cet album ?

J'ai composé ce disque sur une période étalée de mai à début aout 2017 comme je le fais d'habitude en enregistrant des démos des morceaux où je joue tous les instruments, ce qui permet à Thierry et Maarten de les bosser chez eux.

On a ensuite répété les morceaux pendant 3/4 jours puis nous sommes allés les enregistrer dans la foulée au studio Amanita à Anglet dans le Pays Basque, avec Stephan Krieger début Septembre. L'enregistrement a duré une semaine avec des prises live basse, batterie, guitare des morceaux les trois premiers jours, puis après arrive le marathon pour moi où je double la guitare, enregistre les voix quand il y en a, les claviers ainsi que les percussions avec Maarten.

On a ensuite mixé le disque avec Stephan, qui a effectué tout le boulot technique en suivant nos indications par rapport aux arrangements propres à chaque morceau.

Nous avons réalisé une tournée de deux semaines en avril 2018 pour la sortie du disque, qui nous a amenée à jouer en France, Italie, Serbie, Hongrie, République Tchèque, Allemagne et Suisse. Dans l'ensemble ça c'est très bien passé. On a rencontré des gens formidables, vu du pays et les concerts étaient plutôt cools dans l'ensemble. On a juste eu deux plans loose : nôtre batteur n'avait pas de passeport donc on a dû annuler une date en Croatie car nous étions coincés à la frontière à 13 kms du club.

Le lendemain matin on a eu un passeport d'urgence au consulat belge en Slovénie en moins d'une demi-heure. Timing parfait pour pouvoir aller jouer en Serbie le soir même.

L'autre plan foireux ça a été à Budapest en Hongrie où la personne qui devait nous loger après le concert n'a pas réussi à taper le code pour rentrer dans son immeuble. On a dû dormir dans le camion et le moins qu’on puisse dire c'est qu’on a passé une nuit de merde, et qu'on l'avait mauvaise sur le coup.

Mais bon, après tu relativises et ne gardes que les choses positives.

Par la suite on a fait quelques dates en France sur des week-ends avant l’été, essentiellement dans l'Ouest. Nous avions d'autres week-ends prévues à la rentrée mais on a dû annuler car Maarten s'est fracturé l'épaule gauche en randonnée en Aout, du coup plus de batterie jusqu'à la fin de l'année.


La musicale instrumentale est omniprésente dans ta discographie, et il y a plusieurs raisons à cela, peux-tu indiquer lesquelles ?

Le pouvoir évocateur de la musique par rapport aux diverses émotions que l’on peut ressentir dans la vie est très fort, et peut facilement se passer de voix et de texte à mon sens. 

Dans le cadre d'un morceau chanté, il faut bien évidement écrire un texte et je dois dire que je me sens vraiment plus à l'aise avec des notes qu'avec des mots. Ecrire un texte c'est souvent pour moi une corvée, même si je n'ai pas non plus l'intention de laisser quelqu'un d'autre le faire à ma place.

Enfin, sur un plan simplement émotionnel, je sais exactement les sentiments qu’évoquent chez moi certaines mélodies que j'ai composées sans que l'auditeur ne sache quel en est le propos, alors qu'un texte donne un sens et une explication qui englobe la musique qui va avec. Il y a davantage de mystère avec la musique instrumentale, et ça laisse encore plus de liberté et d'autonomie à l'auditeur pour se l'approprier, et la relier aux émotions qu'il souhaite.

C'est clair, la surf music va jusqu’au bout.


une surf qui va jusqu'au bout


Sur cet album pourtant il y a une chanson qui bénéficie d'un chant et c'est l'unique, il s'agit de « For those who don't care about time » cover des Byrds apparaissant sur une b-side de leur second album « Turn, turn, turn » datant de 1965. Pourquoi choisir cette chanson en particulier ? The Byrds  est un groupe qui a une résonance particulière ? J'ai envie de te demander quelle relation entretiens-tu avec The Beach Boys alors ?

Bon là je dois dire que tu t'égares un peu. Ce n'est pas du tout une cover des Byrds (je ne connaissais pas ce morceau avant que tu m'en parles) et si tu écoutes les deux morceaux à la suite tu t'apercevras qu’ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Avec les Clockwork Wizards, nous n’avons pas enregistré de reprises depuis notre premier album. 

Et pour enfoncer le clou je dois avouer que je ne suis pas très familier avec la musique des Byrds à part des titres comme "Turn, turn, turn" justement.

Je me suis fourvoyé mec, tout faux. Parfois il faut oser aller chercher une information au-delà de la sphère conventionnelle. C’est vrai que c’est différent de l’originale, mais vois-tu, comme je te sais capable de tordre la musique dans ton essoreuse créatrice, rien ne me semble de l’ordre de l’impossible.

Par contre, j'adore The Beach Boys et surtout l'album "Pet Sounds" qui est un véritable chef d'œuvre tant les mélodies sont imparables et les arrangements incroyables. 

Aaaaaaaaaaaaaaah, ça j’en étais certain. Tiens je te rends ton clou. D’ailleurs comment passer à côté de la douceur inventive de Brain Wilson, de son orchestration minutieuse, et même carrément obsédante. Mes gosses adorent les Beach Boys, j’ai toujours au moins un CD dans la voiture pour écouter, c’est un groupe universel.  

Je me suis demandé aussi si le titre « Trompe la mort » faisait référence à l'album des Pixies « Trompe Le Monde » ? 

Non pas vraiment, mais les Pixies font partie de mes groupes préférés. Ils ont su faire des tubes avec beaucoup d'intelligence et d'originalité.

Okay, refiles-moi le clou alors. 

Cet album possède véritablement une aura mystique mais je ne saurai la définir, ni dire d'où elle provient exactement. Quel est ce secret, cette force ?

Pas mal de changements importants sont parvenus dans ma vie avant que je commence à composer ce disque, et ils m'ont permis de me sentir mieux, d'être plus poser et en phase avec moi-même. Du coup la musique sur ce disque respire plus, il y a moins ce côté "hyper actif" qui était plus présent sur pas mal de morceaux des albums précédents.

Le fait que le "fil conducteur" de ce disque soit le temps a eu de l'impact sur sa composition. Quand tu penses au temps qui passe, tu ne peux pas t'empêcher de te remémorer certains faits importants de ta vie, et les émotions qui y sont liées. Aussi j'ai pris en considération ces paramètres quand il a fallu composer ces morceaux en donnant plus d'importance, et d'espace à la section rythmique par rapport aux disques précédents par exemple.


On peut dire qu'à travers tes influences et ta musique tu fais partie intégrante de l'underground, j'entends par là la sphère punk rocker et l'ensemble des sous-cultures, et que dans cette mouvance le libre arbitre est un choix contre-culture mûrement réfléchie, ainsi il y a une éthique et des valeurs communes. Penses-tu qu'un jour il existera un groupe de surf music straight-edge (surf X core) ? Et qu'il y aurait une utilité artistique, politique et autre à son existence ?  

Ce monde de l'indé est vraiment bizarre : tu parles de libre arbitre et c'est effectivement le cas, mais à contrario c'est un microcosme qui reflète également notre société. Il y a aussi des gens carriéristes qui se servent de ce réseau pour faire des dates, et sortir des disques, alors que ce qu’ils font ne tient pas la route. Mais comme on est dans la scène Indé on va être plus "permissif" car il faut que tout le monde s'exprime...Je ne prétends pas, par-là, que la musique doit être jouée que par des virtuoses, car il y a plein d'artistes que j'adore, qui au lieu d'avoir une technique infaillible font preuve d'autres qualités qui leur permettent de jouer quelque chose de brillant, et dans ce cas là aussi, il y a du travail. Ce ne sont pas juste des branleurs avec des grandes gueules qui vont chercher à s'imposer par n'importe quel moyen.   Je n'oublie pas non plus que l'Indé est quand même fait en majeur partie par des gens passionnés et passionnants qui s'investissent à fond, juste pour l'amour de la musique. Seulement avec des années de pratique, j'ai une vision des choses un peu moins idyllique qu'au début. 

Pour en revenir à ta question, je n'aime pas trop qu'on range les groupes dans tels styles, tels catégories...Pour moi c'est du marketing qui sert à proposer aux acheteurs potentiels un produit plus facilement identifiable, qu'on soit dans l'indé ou pas. Je n'apprécie pas non plus le fait que les gens s'habillent en fonction du style de musique qu'ils écoutent, qu’ils aient tel mode de vie ou de pensé qui soit en corrélation avec un genre musical...L'être humain est plus complexe que cela, et il est très réducteur d’identifier une personne comme étant un simple Straight Edge, un Crust ou un Surfer...Si les individus veulent eux-mêmes se ranger dans une catégorie bien précise, ça les regarde. Mais pour ma part je ne le ferai jamais.

Donc en faisant ce constat, je ne verrai pas d'un très bon œil l'avènement d'un groupe Surf Straight Edge. Ça pourrait apporter de la violence et de la tension aux concerts, ce qui arrive très souvent quand tu vas voir des groupes de Hard Core et me fait vraiment chier.

Et même si le côté Vegan et le sans alcool fonctionne très bien avec la Surf culture à mon sens, c'est souvent accompagné d'un discours moralisateur et extrémiste qui ne me plait pas, même si moi-même je ne bois pas et suis végétarien.

 
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Je te considère comme un digne guru surfique, en tant qu’attribut de ce postulat quel est le premier conseil que tu donnerais à un débutant aquaplanchiste de la surf music ?

Pour un groupe qui démarre dans ce style, il est important de passer par l'étape des reprises de standards du genre. Mais par pitié, faites en sorte que cette étape soit brève. J'en ai plus que marre de devoir entendre les titres "Pipeline" ou "Misirlou" joués de manière scolaire pour la centième fois quand je vais voir un concert de Surf Music. Composez VOTRE musique !

Vous avez la possibilité et la liberté d'exprimer ce que vous êtes de par l'improvisation ou la composition, alors faites en usage au lieu de recracher la soupe des autres.  

Je te laisse le mot de la fin pour exprimer, revendiquer, annoncer, promulguer ce que tu veux, désires, dire...à travers tes activités présentes et futures...

Tout d'abord je tiens à te remercier pour ton intérêt.

C'est un peu l'instant "auto promo" donc je vais en profiter aussi pour dire qu'on va sortir un split 45 tours avec les Israéliens de The Orions pour le début de l'année prochaine sur Emergence Records / Crapoulet Records / Creepozoid Records et Calico Records. On va également repartir sur la route avec les Clockwork Wizards début 2019.

Ah et tant que j'y suis il y a également un split 45tours The Irradiates/Beware the Dangers of a Ghost Scorpion (Surf US) qui va sortir chez Les Productions de L'Impossible records pour début 2019.

Merci ARNO DE CEA.


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jeudi, novembre 1 2018

Bonne fête les morts




Happy dead 2018


mercredi, octobre 31 2018

Halloween 2018


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lundi, octobre 29 2018

2 SISTERS – Run Baby Run


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T'as déjà bu du morito à paname ?

Nan j'suis encore au pernod, mon coco.


De nos jours l'adolescent décroche dès l'introduction, mais toi, j'sais pas...Je sens que t'as la persévérance curieuse de connaître la fin de cette chronique.


Le rade avait cette ambiance propre au roman de gare à forain et au sous-bois pour cacher un cadavre. Le gazier est arrivé avec dans les cages à miel le dernier E.P d'un groupe qui joue avec la braguette ouverte, et ce style de rock hirsute et salement sauvage que les aïeux avec des rouflaquettes se remémorent avec le grain vocal d'une gitane maïs dans le trémolo nostalgique.

Jeannot lui a gueulé dessus pour savoir ce qu'il prenait. Le gamin a pris un picon bière, ouaie à l'ancienne mon vieux. Puis quand Jeannot est descendu dans sa cave pour siroter en loucedé son ptit blanc, ben il en a profité pour l'enfermer dans sa turne et bazarder la crème sonique dans tout le troquet en trafiquant l'internet j'sais pas quoi. On s'est regardé avec nos regard vitreux et l'haleine de poneys qui nous caractérise en reconnaissant que cette musique animale allait nous posséder.

Il nous a juste dit que cela s’appelait 2 Sisters puis il s’est barré. On raconte qu'il a fait la même chose dans tout Paris. J'sais pas si t'as déjà entendu le bordel que fout le vrombissement d'un B52 en train de vibrer dans une culotte de fille, mais la pouliche elle remue sans cesse du croupion et couine comme pas deux. Les nanas dans le bistrot elles rugissaient avec le diable au corps. Nous on en est resté le cul par terre. J'avais pas entendu ce genre de rock garage depuis que mon cousin René a foutu sa bécane contre un châtaignier au bord de la D66.

Un rock réfractaire, ça susurre pas, ça suture. C'est jouissif immédiatement et irrépressiblement teigneux, ça fout des Cramps dans tout le corps électrique, c’est aussi sec qu'un Iggy pop fumé. T'as l’œil du tigre du Bengale après, tu sens que ton sang arrive à la verge. Il y a un côté frénétique, totalement wild, ébouriffé de partout.

Pffffffffffiou ben mon vieux avec ce raffut les rombières de la catéchèse d'en face elles ont ouvert leur volet pour nous aboyer de baisser le boxon comme si on était dans un bar à tapas à Argeles sur mer.

On a écouté la bande son des enfers en boucle en bramant des onomatopées comme des loups/louves déguisé.es dans une porcherie. On s'est gavé le larynx directement dans le bec de la tireuse à mousse jusqu'à ce que les condés rappliquent. Le sol était aussi gras que les enceintes. Play It Loud !

On s'en souviendra de 2 Sisters, c'est certain. Il se figure que ces quatre fantastiques allongent leurs kick sonique jusqu'à ce que tes tripes dégueulent de ton estomac en concert.

Hey, tu crois qu'il en joue en spandex au moins ?

Ta gueule et dégustes dugland. Ça défouraille la bestialité primitive de tout leur EP et démo ici : 2 Sisters Bancamp.

Pis tu mates là sans oublier le Sopalin® : 2 Sisters Vimeo.

Se frotter à leur zique c'est piquant mais éteindre le brasier sonore de 2 Sisters c'est chaud, faut du coffre et une gorge profonde mecton !


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mercredi, octobre 24 2018

GHOST – Prequelle


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Il y a deux possibilités de réaction suite à cet opus dei. Soit c'est de la diarrhée épiscopale religieusement mise en boite pour un conte à dormir debout. Soit c’est un album génial tant la valeur canonique marquera l’histoire du hard rock pour au moins trois ans.

Ghost est un groupe de pop qui fait du rock FM avec un sens commercial de sa théâtralité anti-cléricale, et dont la nouveauté réside dans le fait que dans chaque album il y a un nouveau prélat. Oui, un soit disant représentant de Lucifer sur Terre dont les baptisés reçoivent les sacrements soniques. Fort d’un enthousiasme pour sa formule trippante qui connaît un succès relatif dans notre société du spectacle, le sus nommé Papa Emeritus I, II, et III (attention à celui qui dit zéro après ce 1, 2, et 3) agit comme un Borgia, c'est à dire que sa paternité spirituelle en arrive au point que son orchestre de Nameless Ghouls précédent s'est retiré en crachant dans le bénitier. Le pontife a engagé d’autres musiciens et the show must go on...Tu connais l’histoire de KISS ? C’est pareil, tu changes le gars et remet le même maquillage pour son remplaçant et le spectacle continue.

Dans notre époque de mégalomanie Ghost représente entièrement le règne contemporain. Ainsi le Cardinal Copia dicte, dirige, érige son couronnement, dans lequel Ghost devenu un groupe de music-hall, et son Prequelle en est en quelque sorte sa comédie musicale. C'est une sorte de satire de la peste noire, de plus l'album est grand public avec une relation sacramentelle, et les textes sont sains/saints. Le groupe est tellement hype que même Paris Match en a fait un article.


En guise d’introduction nous avons une comptine maléfique chantée par des enfants, rappelant celle de Freddy Krueger et autres croque-mitaines des 80's. Ce n’est pas anodin puisque ce disque peut se concevoir comme un conte horrifique. Est ce que pour autant la soupe à la grimace a rempli le bénitier de la fortune ? Non, car au risque de se réinventer tout en gardant le fer de ses origines, la formule papale ne tourne pas en rond. Autour du délire horrifique 80's le groupe étire le délire jusqu’au ‘’rien n'est plus cool que le ringard’’. Ghost utilise à bon escient plusieurs ingrédients de la pop culture et du hard rock afin de confectionner une bouillasse progressiste en une boule à facette pour Belzébuth, et pour une adoration envers la sous-culture tout à la fois. Le mélange peut paraître indigeste, tentant, sidérant, fun, opportuniste, complaisant...

Les variations paraissent pourtant infimes car super intégrées à l’ensemble de l’œuvre, que l’on peut voir comme un concept album dans la conceptualisation de tout mettre en scène. Un morceau peut très bien intégrer du hard FM des années 80 et du hard rock progressif avec de la chantilly Queenienne. Ce rock est englouti par une orchestration poussée par la pop, car le pontife de Ghost a popifié sa musique (the pope + pop = popifié), c'est Supertramp/Abba/Scorpions/ Europe tout à la fois. Pourtant on ne ressent pas d’indigestion, du moins les premiers temps, je n’ai à l’heure actuelle pas le recul nécessaire sur cet album.

Par exemple, si tu as commencé par écouter du hard rock puis que tu es passé.e par les autres styles plus violents par la suite, alors tu comprends cet album car tu as les codes adéquats, le mûrissement culturel. Tu as chéri ce style dans les années où tu passais pour un tocard, depuis tu as acquis le fait que tu es un tocard de hardos. Donc « Prequelle » est une sorte de revanche, puisque Ghost est à la mode. Apprécier cet opus, c'est admettre un aveu de faiblesse pour tout un genre ringard, que ce soit graphique, musical. C'est se soumettre à la ringardise d'un groupe, d'un Pape pour en couronner le genre. C'est se faire flageller et aimer cela.

Cet album est une peste noire, un péché véniel, et tu as le droit d'être choqué.e/outré.e par un tel disque de Shöck- Røck !


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Dans la sonorité on est dans le datée remit au goût du jour avec la palette sonore contemporaine où l'on recycle, mélange les effluves des sous-style d’un style et d’une époque en particulier. Le son digitalisé à la Daft Punk s’intègre au son de synthétiseur synthpop et dans cette épaisseur propre au groupe My Grain. Il y a du piano et même du saxophone, on a droit à tous les clichés, et ça fonctionne plein tube, d’ailleurs il en sera question de tube, c’est catchy, millimétré pour faire un carton. Le délire de Ghost a plu avec « Meliora », désormais c’est l’age d’or du groupe, le cardinal a eu la main libre créative pour confectionner un album entier d’envoûtement au lieu de fournir un à deux titres excellents et expédier le reste en remplissage. Il y a des instrumentations dignes d'une bande originale de film d'aventure. « Prequelle » a l'affront indiscutable du Blockbuster tout en puissance et d'une vieille bobine culte toute droit sortie d'un magasin de VHS des 80's. Cette caricature du spectacle est hilarante, distrayante, et à la fois si prenante que l'on prend effet et cause à cette confrérie qui remet la notion de péché au goût du jour. Le groupe a étudié le shock rock d’Alice Cooper, Death SS, Kiss et King Diamond, visionné du ciné bis d’hémoglobine et lu des vieux bouquins de ‘’Sueurs froides’’ au roman Gore. Est-ce de l'art ou du cochon ? Dans ce projet de société du spectacle, la voie satanique joue sur l’ambiguïté de prendre les codes ecclésiastiques pour les transposer avec piété aux forces du mal.

Je vous soumets une liste d'inspiration potentielle pour cet album : «The Elder » Kiss, « Bat Out of Hell » Meat Lof , « Nazareth » Nazareth, « Sheer heart attack » Queen, « Lovedrive » Scorpions, « Melissa » Mercyful Fate, « Cultösaurus Erectus » Blue Öyster Cult, « Breakfast in america » Supertramp, « Escape from New York » John Carpenter, «Actually» Pet Shop Boys (rebaptisé Pitchou Boys dans le sud), que l'on retrouve dans les bonus covers de l'album avec ‘’It's A Sin’’ qui est horrible, l’impression d’être interprété par un orchestre de bal de village (et dans un canton très reculé de la civilisation), il y a ‘’Avalanche’’ de Leonard Cohen aussi en cover.

J'ai tout le temps la sensation tenace de me faire avoir avec ce groupe, comme si chaque disque était naïf et faisait revivre l'illusion de l'enfance à écouter du hard rock.


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Ah oui il y a aussi une autre facette pour ce groupe, car il y a plusieurs sortes de croyances pour le bénéfice de Ghost. La première à Lucifer qui ouvre vers la lumière en opposition avec la défiance obscure et cynique de l’église chrétienne...!!! Ahhhhh pitin, rien que de l’écrire j’en pleure de rire, quant à toi tu peux te faire pipi dessus, si, si, je t’y autorise.

La seconde c’est de croire à l’ensemble de leur délire, qu’il soit musical, conceptuel ou théâtral.

Pour le prochain E.P de covers, je conseille à Ghost de réaliser uniquement des duos. Avec :

King Diamond pour ‘’Dear God’’ d’XTC.

Alice Cooper pour ‘’Hallelujah’’ de Leonard Cohen avec une version musicale entre Ace Of Base et Blue Oster Cult.

Batushka pour ‘‘Devil Child’’ de Judas Priest.

Stryper pour ‘’Losing My Religion’’ de R.E.M.

Lady Gaga pour ‘’Superstition’’ de Stevie Wonder dans une version entre Abba et Mercyful Fate.

Joey Tempest du groupe Europe pour ‘’Devil Inside’’ d’INXS.

Sivert Høyem (ex-Madrugada) pour ‘’Sympathy For The Devil’’ des Rolling Stone mais dans une version acoustique.

Monseigneur Barbarin pour « Prendre un enfant par la main » d'Yves Duteil.

Une partie de la vente de cet E.P irait de manière charitable vers la construction d’une église à Lucifer, hé forcément. Ainsi lors de la tournée prochaine du groupe il y aurait une date unique pour un concert caritatif, style Live Aid, etc…

Ce n’est pas con du tout ce que je raconte heil Satan ? Bon et le plus important : Ne vous fiez jamais aux apparences...


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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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mercredi, octobre 17 2018

Happy Edge Day


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samedi, octobre 13 2018

Encycløpédie Müsicåle, S comme...

...Sodom : Tourmenteur thrashy qui provoque une inflammation soudaine sur l'érythème fessier et dans le conduit fécal.



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