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Tag - rock lunaire

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dimanche, mai 26 2019

HEAVY HEART – Love Against Capture


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Faut il avoir un cœur d’artichaut pour apprécier Heavy Heart ?

Je ne sais pas. Chacun est différent, ce que je vois et que tout le monde peut voir sera perçu/vécu différemment.

Pourtant il me semble impératif de ne pas nuancer cet apport essentiel que l'on ressent fortement à l'écoute de cet album. Puisque les (nos) choses enfouies tremblent à l'intérieur en une résonance subtile et profonde.

C'est une harmonie de couleur douce, une chaleur mélancolique, une grenadine sur le cœur, c'est certain. Mais comment ces quatre jeunes hommes ont réussit à varier ces variations émotives en une musique fiévreuse, intense ? Qu'importe comment tu nommes, pop punk, punk rock, emo, là n'est pas l'importance, puisque c'est une explosion de caramel. Dur et tendre.

Introspection, ferveur, intensité, tout est harmonie autour de mélodies parfaites, c'est troublant de lésions et de fissures, la lumière y pénètre, elle s'imprègne mélancolique et revient virevolter, légère, insoumise. Il n'y a rien de trop, tout est mesuré avec fluidité, simplicité, sa teneur est bouleversante car d'une netteté naturelle.

Le monde manque de joie, de douceur, de sensations, « Love Against Capture » en exsude la joliesse mélodique, vaporisant une harmonie capiteuse, en sécrète la magie par une pureté impétueuse.

Heavy Heart est un coup d'éclair sonique, il fait vibrer longtemps à l'intérieur, tout ressort débordant de vie, et relie à l'essentiel.


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mercredi, mai 22 2019

SWEET & ROUGH


Marcher dans la nature m'apporte plus de satiété que l'ivresse d'achats impulsifs pour combler un vide dans une ville.

Se promener c'est végéter sa contemplation avec dynamisme. Flâner c'est vivre avec tendresse pour y cueillir des traits d'esprits.

Tout est une question de lumière et d'énergie.


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Je ne sais pas pourquoi on s'éloigne de sa véritable nature d'ailleurs ? Quel sens cela a-t-il, si ce n'est de se retrouver un beau jour fasse à soi-même et de se sourire pour s'avouer consterné.e « ah ! enfin de retour, merde, mais qu'est ce qui t'as pris ? »

L'association La Lune Derrière Les Granges s'est associée avec Les Cabrols-Ecovivial pour une soirée électronique à l'éclectisme musical. Intitulé Full MooN ExospheriC Party cela signifiait qu'à 23:11:36 soit on se changeait en loup-garou, soit on allait fusionner avec la nuit opaline l’apparence d’un charme spirituel.

Si tu habites une grande agglomération par choix de vie, tu ne vas rien comprendre à la fantaisie de verdure qui anime les Cabrols. La nature est bien faite, elle est sauvage et reconnaissante avec eux, là-bas ils.elles connaissent le goût de la terre, l'humain est un terreau, l'arbre un complice. Ils.elles butinent à l'absolu en étant dépouillé.es de cynisme. Sachant que chacun et tout constitue un élément de la nature, ils.elles ont la main verte et les yeux dans les étoiles filantes.

Ce n'est guère étonnant que La Lune Derrière Les Granges vient y dévoiler l'écueil musical. Tant il y a une corrélation de filiations entre les deux.

Cette soirée était très spéciale, comme si nous appartenions à une société secrète, où la liaison holistique était à son point culminant. Par Holistique j’entends à considérer les phénomènes d'un être ou d'ensemble comme faisant partie de la totalité dans laquelle ils s’inscrivent, comme but à atteindre.



Chacun évolue avec l'empreinte musicale qu'il a entendu. C'est comme une marque indélébile. Le.la passionné.e va pêcher autour de l’inattendu avec espérance rien que pour percevoir au loin la magie fortuite d'une nouvelle rencontre musicale. Au diable les coïncidences, elles n'existent pas, car rien n'est dû au hasard.

On reflète comme une luciole dès que le cœur s'emballe à travers les filaments précieux que la musique a tout fait vibrer à l'intérieur de soi. On connaît cette accélération que la vie témoigne quand les papillons électriques s'agitent dans le bas-ventre. Ce genre de commotion émotionnelle qui ne fait que grandir, qu’agrandir l'épaisseur molletonnée de nos secrets sensibles. Cet instant éternel a même ponctué ton existence. Cette incandescence est un instant magique, et si l'on tente toujours de revenir à cette seconde d'éternité, c’est parce que l’on respire l'air qu'une chanson a déposé par fragrance sur notre cœur. On en ressent la flamme, et jamais elle ne vacille. Après on fait appel à l'imagination, à la mélancolie afin de toujours sublimer l’intensité de cette lumière éphémère. C'est aussi beau que tragique.


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Est-ce que l'on arrive pour autant à voir à l'intérieur d'une personne à travers ses goûts musicaux ?

Si une personne vient vers toi pour partager un instant musical en particulier pour elle, c'est une fenêtre dans une dimension parallèle qui s'ouvre. C'est une brèche à travers deux personnes qui s'illuminent. Il ne faut jamais prendre cela à la légère, car au plus profond de soi il y a la traduction fondamentale de nos émotions, de nos sensations les plus pures. On est percé à vif, à nu, ne compte pas tricher, ni reculer, il te faudra te résoudre à l'évidence. Pour un mélomane c'est la traduction parfaite entre deux âmes sœurs.

Connaître une personne à travers ses goûts musicaux, c'est la virginité d'une empreinte dans la neige fraîche. Ce qui nous attire dans une chanson, un album, un groupe, c'est une infinité de choses intimes, mises bout à bout c'est le dessein de notre rayonnement sur terre et dans l'infinie. Parfois on aime un disque en silence, comme un secret. Le charme est omniprésent, sa magie enchanteresse. Puis on partage avec une personne ce secret d'alcôve (en fait on partage avec un être dans sa totalité = holistique) et c'est un fracas de douceur.

Dans ces secondes d'hésitations palpables et de révélation gracieuse, il y a cette incertitude de lâcheté dont on ne sait si c'est un venin que l'on a idéalisé et qui se retourne comme une gifle par la peur que l'autre n'apprécie avec la même intensité, où le bonheur de vivre et d'être compris, accepté, aimé à travers l’œuvre. Cet amour est une sorte de rêve à deux, une constitution l'un à l'autre du monde entier.

Il existe des liens qui unissent les êtres et les dépassent, et la musique en permet la reposante intimité affective, la recherche d’absolue.


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Des milliards de particules flottent dans l'inconnu, comme tout un chacun. On nage dans l'immensité à tâtons, nous naissons à chaque seconde de notre existence et l'on se cache de cette vérité en échafaudant toute une dramaturgie imaginative dans l'espoir de combler les vides.

L'homme ne croit que ce qu'il voit, les femmes ressentent.

On veut voir, sentir et vibrer à l'unisson de tous nos sens, être est un besoin intense de percevoir et de reconnaître. L'émotion est quelque chose d'aussi fugace que passionnel, on ne résiste pas à cette envie insatiable de flotter au diapason de notre destinée.

« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

Cette phrase du Petit Prince de St Exupéry fait indéniablement partie de mon être tout entier, j'y puise une acuité fusionnelle avec tous les messages, les signes, les énergies autour de moi. J'ai fui l'esprit cartésien pour ressentir.

Retrouver ma vraie nature, ma musique intérieure, sentir la brillance solaire de ma flamme jumelle avec le calme de l'océan.


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La musique électronique a joué à l'émergente apparition d'images subliminales et de sonorités faites pour onduler en nous, et pour que nous ayons la grâce d'en donner au corps la pleine libération. Faire danse avec soi s'est faire corps avec son être. La musique électronique est faite de chorégraphie rêveuse, une sorte de nuages ​​de souffle formés en mots rythmiques et en mélodies accrocheuses.

On rêve de beauté sonore, on songe afin de s'abandonner à ce sens sacré. On plonge avec délice et on respire sous l'eau lunaire en apnée. Le programme de la soirée était sélénite, on savait que l'on allait être bouleversé.es par les émanations fluides du trio Öly, traversé.es par les arcs en ciel ténébreux et explosifs de Bruit, et que nous allions prolonger dans la magie blanche de la pleine Lune squameuse avec l'évanescence d'une belle soirée en perspective…Elle était unique et bien au-delà, si l’on actait sa présence à l’instant présent.


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La définition d'Endorphine = Substance produite par certaines cellules du système nerveux central et ayant des propriétés analgésiques semblables à celles de la morphine.

Endorphine, c'était le premier à s'offrir sur la scène, avec comme explication dixit La Lune Derrière Les Granges :  Un set en cours de préparation qui verra l'intense lumière de la lune pour la première fois à l'occasion de notre FulL MooN.

Un set en cours de préparation c'est ce que j'ai entendu. Il y a certainement un truc derrière cette musique ambiant, mais je ne suis pas rentré dans leur trip. Cela a manqué de gestation, d’intuition, on a effleuré les sens, je pense que le duo ne s'est pas accompli, le temps à de la saveur, ce n'est donc qu'une question de pratique pour aboutir à sa propre réalisation. Patience…


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Le trip hop a eu sa séquence à l'orée des 90's jusqu'en 2000's. Grandiloquente musicalité électronique, parfait mariage de raison entre les longs travellings d'ambiant, hip hop et house/dub, une pointe de rock, de funk, de soul, et un soupçon de jazz. Quand tu disais que tu écoutais ce style de musique cela faisait classe, parce que les couleurs y étaient élégantes, précieuses, souvent oniriques, et surtout elles mettaient en relation fille et garçon. Le rythme downtempo permettait de se laisser imprégner, le chant était capiteux.


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Une fille du soleil est venue à moi pour me faire découvrir Öly et me découvrir.

« La créature à trois têtes vous emportera au cœur d’une expérience pure et immersive. »

Cette phrase énigmatique du groupe annonce en soi une vérité cristalline. Öly se définit pratiquant une pop trip hop, sensuelle et puissante à la fois, forte d'un potentiel émotionnel. Ce que l'on sent immédiatement à travers le trio c'est leur connexion issue d'une même vibration. Chacun possède sa singularité et est complémentaire des autres. Le charme est là. Il se diffuse dans sa complexité et totalité holistique, met à jour les reliefs, à nu l'émotion, ajoure les perspectives de chaque individualité musicale.

Je retrouve la migration ancienne du trip hop avec cet éclectisme, parfait dénominateur commun pour t'amener vers des images d'envie de bleu nuit et de rayon de soleil opaque.


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On fait souvent référence à une notion de rock pour le trip hop, dans ce cas précis il y a une veine pop qui l'éloigne du rock, et la rapproche du hip hop.

Le chant chaud et profond de Laura poétise comme une Beth Orton soul dans un monde imaginaire, fort et fragile à la fois. Laura possède une solide base vocale, elle est franco-britannique et une aisance à manier l'anglais. Il y a beaucoup de complicité entre eux sur scène, cette vibration se lie avec sincérité, pureté et simplicité.

Öly ne va pas dans l'obscurité, dans le dub de Massive Attack, il est aérien, avec des harmoniques soul/hip hop/jazzy et un groove inhérent à ce que tous les apports vocaux et rythmiques beatbox de Robin (ex-batteur dans B.r.e.f, groupe déjanté de rock jazz metal) apportent cette mixité hip hop World (Bumcello). Thomas au violoncelle en contamine l'empreinte par une élégante moiteur lyrique.

La mélodie est apportée par chacun tout autant que la rythmique, ce qui signifie que sur une même chanson chacun est une intonation à la ponctuation musicale, est aussi le frissonnement, la convulsion qui créer le mouvement, et c’est d'autant plus renforcé pour une formation en trio. Dans leur musicalité s'agite la drum & bass languide, le nujazz aérien, cela réverbère le punch du hip pop. C’est une unité avec laquelle on se laisser griser comme un chat par le crépuscule pâle. Les contrastes sont fluides, ils permettent un accès direct à la propagation de l'émotion, tout cela vous englobe dans une netteté de ton et de couleurs. C'est la cinématographie champ/contre-champ du trip hop, offrant plusieurs angles de vue pour une sensation panoramique sur votre sensibilité.


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Le trio est mystique, il est connecté à ses aurores boréales musicales, Björk, Sigur Ros, dans cette new age fuyante, sa chaleur atmosphérique, sa torpeur virevoltante, son énergie.

Öly est solaire. On sent que le groupe nous touche profondément avec quelque chose qui le brûle à l'intérieur, c'est beau et pur, fort et doux. Cela tient de la puissance féminine.

On se sait baigner par une chaleur bienfaitrice, que ce soit avec la folk tendre de cute et son groOove câlin, ou par « Sweet & Rough » et sa beauté polymorphe, sa tendresse déchirante, ses parties nébuleuses. C'est une chanson parfaite au magnétisme aussi puissant que le Glory Box de Portishead.

C'est avec David Mascunan que le groupe a figé son idéal/son identité sonore (Sylvain Chauveau, Encre aka Yann Tambour, Arca) dont on retrouve l'intensité capiteuse dans la réalisation de leur E.P que je vous conseille assidûment.

Öly est astre musical en devenir où surgit une pétulance unique qui tient de l'extase trip hop. C’est à savourer en concert puisque tout prend corps et sens, allez-y vous y réchauffer le cœur et l'âme en toute confiance.




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L'agitation individualiste abreuve les désirs de se montrer sous son meilleur jour à chaque instant. C'est un miroir de glace, il fige et congèle, puisque chacun y projette ses obsessions par déni de tout ce qu'il n'a pas guéri.

La vie est peut-être ailleurs, sur un autre rythme, une autre échelle et tu l’as oublié.

Cette phrase du groupe Bruit le détermine entièrement.


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Bruit est un quartet climatique débarrassé des coercitions de style musicaux. Dans son étendue sonique il y a une mobilisation d’énergie collective, de puissance tellurique. Ce n’est pas pour autant une musique si abstraite, même si le groupe étire cette notion d’espace et de temps sur les intervalles et les cycles. Il applique la synesthésie (composition florale sonique où plusieurs sens se confondent)

Le groupe est resté un bon moment dans son studio à donner vie et corps à ses prémisses, avec la recherche de manipuler une éprouvette qui transplante le cœur onirique d'ornementation de musique classique, d'odyssée post-rockienne et doomgaze, et de composantes électroniques. Le groupe embrase et embrasse dans ses filaments soniques ce genre d'ondulations instrumentales, d'atmosphères cyclothymiques et de progressions qui crescendo mène à l'absolue.

Selon ses membres fondateurs ''c'est une musique de niche instrumentale qui parle à tout le monde'‘, pourtant il n'y a pas d'images qui apparaissent mais une fluidité d'énergie.

Ce groupe parle texture sonore et de composition de son dont l'importance est fondamentale au traitement sonore, à la forme et au fond. D'ailleurs le quatuor est plus tatillon sur le son que sur le style employé. Remplir l'espace gravitationnel, par une succession de pallier, permet au mélomane de se poser la question essentielle à leur encontre : mais jusqu'où vont-ils aller ? Jusqu'à quelle hauteur explosive ? La réponse est l’infini. Le trop c'est le message politique de Bruit.

En live, il pleut des trombes d'eau purificatrice d'où émerge l'émotion d'eau salé à l'intérieur de nous, parce que l'on est traversé par l'air climatique de cette musique. Le corps devient une glaise, éponge les doutes qui ruissellent et fait apparaître la beauté charnelle d'un bruit sonique au grand jour de la nuit la plus ténébreuse.


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L’A.D.N du projet est leur EP "Monolith" sorti le 7 octobre 2018 chez Elusive Sound. (Dont le répertoire de groupe hallucinant est à l’image du label, avec entre autre Blankenberge, TRNA, Silent Whales Become A° Dream, Blank, Au Revoir…)

Leur éthique c'est Agir. Prendre conscience de chaque élément musical et lui conférer l'aboutissement tellurique, la propension mélodique, l'expansion de son intensité, le déploiement harmonique. Le long format de leur titre est un message essentiel, et même existentiel, surtout dans notre ère contemporaine où tout doit être immédiat, furtif, obéissant à une impulsivité maligne. Bruit est une ode à la contemplation, à la réflexion sensitive et tout cela mène inexorablement à agir, en soi, à faire disparaître les barrières que l'on s'est figé, à désobéir à la prédisposition inéluctable des marchands de sommeil.

Bruit est l'essence du vertige.

En concert tout est démultiplié, grand, puissant, dans l'agitation permanente du cosmos jusqu'à sa plus fine particule où tout se connecte sans fin et forme le tout, dans cette infinité de molécules soniques agissantes où l'on additionne des médiums.



Bruit remplit l'espace sonore et l'intime, le cheminement entre les deux est la chair musicale du groupe. L'infiniment grand des contrastes entre les contrastes réduit l'émotion à sa plus simple densité, de la sorte qu’elle permet d'accéder à une pureté.

Entre expérimentation mentale et impulsion électrique le groupe se définit par une démarche globale et pour des gens qui choisissent leur destinée, leur existence. Bruit distingue une différence entre la création et l'écoute, il brode les fils de son édification pour que ceux et celles qui écouteront se reconnaissance dans les structures, et cette élévation où vous êtes une ouverture à travers laquelle l'univers se regarde et s'explore.



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Cette soirée était une célébration magique, l'éclosion parfaite des énergies d’une puissance inimaginable, où l'on plonge son regard dans l'existence lunaire et solaire en même temps.


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mardi, mai 7 2019

FOU DE JOIE – Fou De Joie


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Fou de Joie est un groupe choral formé en 2015 à Clermont Ferrand avec comme accointance les groupes Midwest Emo, math-rock et post-rock. Leur précédent projet se nommait One Second Drive.

Après quelques singles, cet opus éponyme est leur premier long format, parvenu après un financement participatif. Chaque titre raconte une histoire, une projection autour d'une mise en fiction/friction permanente des relations humaines. De générer de façon transversale l'apparition d'émotions tourbillonnantes et de faire jonction entre celle des personnages et de la musique. Cela permet de joindre toute l'épaisseur des contrastes. Entre post-rock et math rock la complexité se nuance dans chaque thème guidé par l'émotion, par un feeling que l'on sent spontané.

Le joyau est travaillé, il apparaît souvent onirique, capricieux, doux, bouillant, exhortant un surplus de fêlures, un horizon hors d'atteinte, quelque chose de fiévreux et de doux, et peut-être même comme une éclipse.


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jeudi, avril 4 2019

HUATA –  Lux Initiatrix Terrae


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Huata n'a jamais conçu le même disque.

C'est quand même assez balèze dans le doom.

Fondé dans les bas-fonds sépulcraux du post-Electric Wizard, le groupe a depuis foncièrement rebouté l'ensemble de ses disposions musicales.

Ce nouvel opus "Lux Initiatrix Terrae" possède à la fois la verticalité d'une cathédrale, l'apesanteur sonique d'une cérémonie de ventre-bleu protestante Pink Flyodienne, l’onctuosité planante de Mars Red Sky, d'une nimbée spectrale de caresse post-rock islandaise...Et même de cette douceur des profondeurs de descendre dans les profondeurs éthérées de l'obscurité de Year of No Light.

Ceux.lles qui ont cru voir le groupe comme une bande de moines bénédictins à la solde de Belzébuth ne verront dans cet album qu'un bain de clocher doOom pieusement rectiligne dans son cheminement musical, avançant pas à pas feutrés dans les délices d'une ornementation gigantesque. Mais comment ne pas voir les oripeaux fantomatiques de l'orgue et ces longues colonnes baroques, cette résurgence divine de cantiques maléfiques, jouxtant dans chaque titre le murmure du diable et de son précipice ?

Le disque grandit en vous avec cette luminosité teintée de vestige, de vertige. C'est une histoire de S-F, de conte horrifique tout à la fois...Peut-être de funéraille mélodramatique offerte comme le ravissement que les gothiques éprouvent devant un linceul capiteux.


C'est un grand disque Belzébuthien, oniriquement subliminal, cérémonieusement languide, lumineusement spectral.


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dimanche, mars 17 2019

KINK DUDE – Music To Make War To


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" Hey Dude, don't make it bad, Take a sad song and make it better, Remember to let her into your heart, Then you can start to make it better. Hey Dude, don't be afraid, You were made to go out and get her, The minute you let her under your skin, Then you begin to make it better, And anytime you feel the pain, hey Jude, Don't carry the world upon your shoulders..."


King Dude aka Thomas Jefferson Cowgill. a débuté à Seattle entre le Black Metal (Book Of Black Earth) et le Hardcore (Teen Cthulhu), puis a déposé les armes pour fonder son projet Néo Folk en 2006. On pourrait dire que King Dude est descendu du manège ascensionnel Helter Skelter, il a fui pour finir par se tailler une solide réputation de songwriter dans les veines boisées du folk rock ténébreux. Il signe un premier album Love en 2011 chez Van Records suivi de près par Burning Daylight en 2012.

Dans les denses forêts noires de l'Etheral Wave, Blues occulte et röck gothique, le Dude terrasse dans la noirceur. C'est licencieux, alangui par de subtile perversion goutteuse. Il continue avec des splits et des albums Songs Of Flesh & Blood - In The Key Of Light 2015, " Sex " 2016, avec le passé et l'avenir qui se frottent leur épaisse amertume dans des mélodies qui retentissement en nous et éclairent soudainement notre obscurité. Ainsi se libère des désirs tyranniques, faits de colère et de regret insatiable. Le king nourrit sa plainte, aiguise sa faux et consume son bûcher, il est son propre bourreau vengeur.

Ce nouvel opus, un vaste obscur objet du désir, est une nouvelle façon de faire ressusciter dans le fiel de la blessure existentielle la douceur ténébreuse du lichen mélancolique. Le chant est mâle et sombre dans le spleen. La musique vient sourdre l'obscurité jusqu'à lui donner l'apparat d'une beauté gracile. La profondeur de champ est aussi vertigineuse qu'un ciel étoilé. On ferme les paupières et laisse rentrer le désordre harmonieux du spleen.

« Music To Make War To » est un opus beaucoup plus venimeux, il temporise la danse macabre du dark rock, et parfois même la lascivité euphorique qui nous prend quand on plonge dans le crépitement des enfers.


Il ne faut jamais rien garder en momies, mais parfois on succombe vers cette certitude amoureuse qui respirait l’éternité...


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jeudi, février 28 2019

LANE – A Shiny Day


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L'enrobage cotonneux d'un shoegaze, la prophétie mélodique qui flotte dans les rêves éveillés, une falaise sonique pour vous étourdir...Heyyyyyy depuis son E.p 4 titres, Lane suit sa trajectoire météorite lunaire.

Vous retrouvez cet album sur le label Nineteen Something !

Ce magma de rock sophistiqué est un album dense et complet. Il est imparable car il épouse la résonance d'une noisy brumeuse à fendre l'air ambiant de Fugazi, les flâneries grungy à la noirceur élégiaque. Dans ce groupe la consanguinité est une osmose créatrice, une intemporalité sonique propice à l'émergence d'une collision au rock alternatif 90's/2.0's, avec le sens mélodique de Bob Mould. C'est dire !!

Les mélodies mélancoliques sont en perpétuelles impulsions, prises dans le plâtre d'une résonance émotive subtile, dans ce seuil de stridulation sombre et d'instabilité sur faille sismique. Les contrastes y sont nombreux, l'intensité est prégnante, et la chaleur omniprésente.

Lane a dépassé le caractère nostalgique de son bastion angevin, sa force de frappe et sa beauté émotive épousent toutes les formes soniques que les passionné.es de mélåncölie puissante honoreront en faisant un vœux solaire devant cette météorite lunaire.


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lundi, février 25 2019

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN – The Light Of September


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Shoegaze + black metal = blackgaze : musique à la bestialité lunaire et à la mélancolie sauvage.


Ce groupe allemand fructifie avec une aisance redoutable des qualités folles pour interpréter à son audace musicale une énergie vitale, sorte de feu sacré et divin, mariant dans ses abysses mélancoliques la torpeur et le souffle/souffre que l'on retrouve dans le milieu de la nuit, dans le creux des blessures et d'un feu de joie intense et sensitif.

Les violences émotionnelles que causent ce feu sonique reflètent à notre chaos intérieur une ouverture sensitive pleine de sagesse ancienne et d'éclat d'obus, on s'ouvre avec comme une fleur au printemps.

J'ai toujours aimé ce groupe pour la surface des choses qu'il émet et la sensation de pénétration sulfureuse qu'il soulève. Les contemplatifs me comprendront, ils connaissent la beauté du clair obscur, la sagesse de la fleur fanée, la perversion érotique de caresser une cicatrice, et le réconfort de trouver un écho à leur vibration intime.

« The Light Of September » est une lumière de transition éphémère, entre l'engourdissement estival et la décadence automnale, elle est une génératrice de métamorphose intérieure.

On peut en entendre la fantaisie expiatoire, la chaleur consolatrice, la liberté généreuse venir battre la folle résurgence du cœur battant. Les mélodies sont enlevées, elles choisissent d'emprunter ouvertement un pas de côté, un peu claudiquant, avec dans le creux de l'aine/haine une explosion souterraine ne demandant qu'à imploser. Il y aura toujours un goût âpre en bouche, une saveur d'enivrement, une intempérance ténébreuse à voir surgir les démoniaques oublis venir caracoler électriques et rageurs, pour nous soulever dans un bruit de fureur libératrice et de vertige.


Ce disque est sublimé par une élévation musicale dépossédée des amarres de l'amertume, avec le corps en apesanteur et la tête baignant dans le brasier des limbes du recueillement, avec un tel disque, tu écumes !


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dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




mercredi, janvier 9 2019

CAT POWER – Wanderer


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Charlyn Marie Marshall est une compositrice/musicienne américaine autodidacte de folk indie.

Six années après son album électronique « Sun » de 2012 pendant lesquelles elle a fui l’arène existentielle dont elle fut cette écorchée vive sur les piques addictives de la dépression, jusqu'à être mise à mort par Matador, son label depuis le début de sa carrière, elle revient avec l'opus « Wanderer ».

Consumée d'être chat noir, elle retrouve vie avec son nouveau label Domino qui lui offre l'opportunité de jouer ses ballades à la fragilité mélancolique.

Dès l'introduction a cappella du titre "Wanderer", le chat dans la gorge de Chan Marshall aka Cat Power  retrouve l'âme de son jardin secret, porteur d'une vérité spirituelle. S'ensuit une folk tendre et évasive au spleen tenace, alternant guitare et piano minimaliste vers ce sentiment spirituel de sensualité.

Cat Power donne à son pacte diabolique la fiévreuse beauté câline.

La belle chante, et tout résonne à l'intérieur. L'émotion mise à nue se débarrasse de ses démons. C'est épuré, puissant et doux à la fois.

Elle déchire le ruban de ses blessures incisives, l'on se détache doucement avec elle de tout entrave, de toutes peurs, seules les cicatrices sont encore visibles, comme un écho invraisemblable.

C’est une œuvre que l'on pressent chargée de sens avec d'étranges harmonies vocales se jumelant à un registre sombre, car Cat Power connaît la noirceur de l'addiction.

Si l'homme en noir a payé Cash ses démons, Cat Power a peut-être sept vie de rédemption, et aussi parce que la féline est une femme assagie depuis qu'elle est mère.

Elle dégaine sa rengaine tristounette pour y dévoiler la clarté de la rédemption. C'est triste, fort, sombre et le timbre de sa voix à la robe soyeuse est toujours aussi grave.


On trouve énOrmément de personnes sur le net qui reprennent dans leur chambre des chansons pop afin de les transfigurer d'une version dépouillée. La cover de « Stay » de Rihanna est Cat Powerisée par une patte de velours en une chatterie musicale. Tout aussi charmeuse en duo avec Lana del Rey sur le titre « Woman », sa tendresse possède la caresse introspective où filtrent une poésie intimiste et des impressions émotionnelles. L'unique titre le plus bankable est « Horizon » avec de l'auto-Tune dégueulasse, absolument à proscrire de cet album.


Le crépuscule a déjà consommé l'outrageuse nuitée que l'aube dévoile l'espérance d'une lumière nouvelle. Cat Power est retombée sur ses pattes. Alors chavourez !


black pussycat


jeudi, décembre 20 2018

EMMA RUTH RUNDLE – On Dark Horses


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Emma est bien mimi avec sa voix chaleureuse, un peu comme une réapparition spectrale d'Alanis Morissette, elle est cependant davantage connue au sein du groupe Marriages, pourtant Emma a conquis en solo par sa douceur lunaire décroissante.


La sensibilité cotonneuse dont parfois elle semble faire flotter sa musique à la surface du dark joue de son errance subtile, surtout pour déposer des cendres rock sur de la dentelle mélodique. Avec un écrin à fleur de peau, et même avec toute ce que l'on avait pris soin d'enterrer auparavant, on est saisi.

Ainsi c'est jolie, charmant, mais on sent la finesse de la broderie latente malgré tout, pourtant on lui pardonne.

Sur cette disculpation, tu dois connaître parfois cet ennui secret qui advient quand tu attends d'être à nouveau touché en plein cœur par cet artiste qui avait su émouvoir jusqu'à remuer en toi l'indicible beauté crépusculaire, et qui n'arrive pas toujours à le reproduire malgré le fait d'enjoliver l'ensemble pour te replonger dans cette même sapidité.

Il se passe un peu cela avec ce disque. Alors il me faudra attendre et laisser filer avant d'être envahi par la romance vespérale de ce « On Dark Horses », et même d'aller agiter la magie noire de PJ Harvey, de Nick Cave, de Siouxie pour parvenir à percer les arcanes mélancoliques et fiévreuses de cet opus altérable.

Même si le crépis mural de la maison s'effondre on sait qu'en dessous furète l'envoûtement cold wave/post-rockien d'Emma et de son velouté cuprique. Tout comme on entendra en écho intime son ivresse mélancolique et la douce vénusté emprunt de fumerolle féerique de Tori Amos.

La charmeuse Emma envoûte dans le secret d'alcôve de sa musique lunaire, en étant la dépositaire de cette communauté de l'ombre qui de King Dude à Chelsea Wolfe crie pour l'introduction de la louve dans les bois maléfiques afin de perpétuer l'alchimie du rêve ténébreux.


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