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Tag - rock lunaire

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vendredi, octobre 22 2021

TSUNAMI FROM HEAVEN - Tsunami From Heaven


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L’entité bicéphale de Tsunami From Heaven a conçu une aventure post rock experimentale/ ambient / drone retranscrite dans un premier EP éponyme.

Sébastien Bédrunes et Sébastien Janjou ont passé dix années à travailler, écouter, jouer, fabriquer et produire du son, pour eux et pour d'autres. La pause covid a mis un frein à leur activité mais à proximité l'un de l'autre. L’opportunité fonde l’évènement vers la composition de 8 titres instrumentaux.

Ce qui ressort de leur EP, c'est que la résonnance est immédiate, elle transporte en son sein les territoires libres d’une musique mouvante. Elle met en évidence l’éclat palpable et la fréquence émotionnelle des deux musiciens à l’unisson, avec l’apport du batteur Étienne Ziemniak posées sur les pistes du projet plus tard. De Godspeed You! Black Emperor, Hint, « Tsunami from Heaven incarne l’expérimentation. Le mur du son, oui. Mais celui qui laisse voyager la lumière. »

Disponible sur leur page Bandcamp et le label Opposite Prod l’opus transcende son désir musical, qui est par essence, pulsionnel, instinctuel et animal. Même si l'homme a inventé l'art de la séduction pop pour le rendre acceptable, avouable et plus sensuel, de manière instinctive, intellectuelle, l’expérimentation attise les braises capables de faire émerger la lumière d’un feu primitif, qui métamorphose tout.

A l’écoute de cet E.P les images se forment et se succèdent. On ressent une puissance tellurique, une dimension parfois épique, une force naturelle, des brèches de mélancolie en quête du paradis.

Ce disque m’évoque aussi ce passage littéraire de Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979 : « Comme la lune est le miroir soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre. L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé. Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin. Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres. Il y a comme une tendre accalmie. »


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mercredi, octobre 13 2021

WOLVES IN THE THRONE ROOM - Primordial Arcana


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On va puiser dans ce septième album de WITTR la vérité naturelle !

Dans la Cascadie (province canadienne de la Colombie-Britannique et des États américains de Washington et d'Oregon) c’est fondé les frères Aaron et Nathan Weaver, pour aboutir à la création artistique et animale de Wolves In The Throne Room en 2002 à Olympia, sous l’égide prémonitoire du Cascadian Black Metal. Un black metal atmosphérique érigé vers l’immensité de Gaïa (mère nature) ; Mystique dans sa démarche, le groupe défend avant tout sa position dominante de protection avec un mélange de musique rupestre paganiste et païenne.



C’est dans ce monde aveugle et sourd, avide de remplir par du matériel le vide d’une vie, que beaucoup cherche désormais à vivre en osmose avec simplicité. La tendance en permet donc le rituel dont le duo en attise la magie, la violence primitive, l’incantation spirituelle avec « Primordial Arcana », et WITTR s’époumone ainsi dans le cœur d’une forêt musicale dense.

Chaque titre est un rituel qui fait éclore une diversité de contemplation orageuse. L’œuvre est colossale, boursouflée parfois par son intensité tapageuse, grandiloquente, qui se veut de dépasser le monde des hommes afin de l’ouvrir vers la fusion universelle, et cette authenticité crue que tout est relié. Ce disque est possédé par l’âme de la nature. Aussi belle que troublante, aussi violente, que paisible, rien ne demeure plus envoutant que le spectacle de la nature, rien de plus immense et fascinant que de vivre non pas à ses côtés, mais avec elle. C’est dans ce fondement même que c’est établi l’essor de « Primordial Arcana », un album riche de compositions et d’ambiances méditatives, pleine de noirceur majestueuse.

On retrouve aussi avec, toute la véhémence sonique de Wolves In The Throne Room et son attrait pour le black metal scandinave. Il n’y a donc plus de coloration intempestive.

Le mystère étincelant de cet opus brille d’une lumière naturelle comme un sauvage possédé par une étincelle de vie inexplicable. Cela transpire la liberté, et propage cette douce intensité qui cherche à prendre conscience d’autres choses, et en vient à vous donner une étincelle d’authenticité. Une vigueur nouvelle pleine de saveur, alors accrochez-vous à ce disque, il vous laissera entrer dans son chaos, et il vous guidera vers la magie.




mercredi, septembre 29 2021

YEAR OF NO LIGHT – Consolamentum


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Expliquer l’inextricable musicalité de Year Of No Light serait de coffrer sous placard une camisole de style musicaux à une entité sonique libertaire. Pour faire concis : La pierre angulaire de leur mouvement demeure sombre et noire, profonde et dense, subtile et homogène. Year of No Light ou YONL, est sextuor instrumental de pöst-RawkSludgy Blackgaze atmö)))sphérique de Bordeaux.



L’édifice de ce nouvel album regorge de cet appel, de ce signe distinct et instinctif, fait de songe insidieux et pulsionnel, de cavité profonde où l’on n’aperçoit jamais le fond, dont pourtant une lumière baigne dans cette obscurité naissante d’un halo gracieux et miséricordieux.

Libérant cette épopée instrumentale que la pensée épouse par des échappées de vie nocturne et solaire. On se noie dans ces ténèbres, pataugeant dans la vase et la boue, l’exil et la folie. On approuve ce culte lunaire, la vigueur primordiale de poser genou à terre devant ce cri de la nuit. Tous les doutes s’estompent quant à la capacité à YONL d’enivrer son rite du feu primitif. Cet album parle un dialecte animal, et si tu n’es pas dans cet état d’animalité tu passeras à travers. Il faut être bien ancré.e, être véritablement soi pour prendre la mesure des impulsions, de l’émulsion divagante que l’on ressent. C’est comme chercher dans les mouvements d’un océan en colère la vérité de la survie, c’est pénétrer les profondeurs de la terre pour y déterrer le pacte du corps musical envahir chaque parcelle de notre être ambiant, et y révéler ses fêlures cicatricielles qui en ornent l’édifice.

« Consolamentum » requiert une écoute approfondie. On ne peut s’hasarder vers l’épicentre de cet espace sonore. On gravite un souterrain comme un spéléologue affronte une montagne. Cela semble long et fastidieux alors que tout devient limpide. L’incertitude passe comme la pluie sur la mer d’un mouvement vague et insistant. Ne prenez garde à l’écume qui viendrait mourir contre vôtre désespoir de ne pas avoir le sens de la lecture, laissez-vous emporter par le courant en une espérance de tendresse d’entendre le crépitement jouissif d’un album incandescent.




mercredi, septembre 15 2021

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN – As The Morning Dawns We Close Our Eyes


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Le trio Néerlandais de blackgaze mélancolique/atmosphérique An Autumn For Crippled Children a sorti son neuvième album, le 21 mai 2021 via Prosthetic Records.

Depuis sa conception en 2008 le groupe a sorti 9 albums, 5 E.P et une compilation de singles, son nom provient d'une chanson des Anglais d’Ebonylake (Avant-garde Gothic/Black Metal) intitulé « An Autumn To Cripple Children » sur l’album « On the Eve of the Grimly Inventive » datant de 1999.

AAFCC transcende son blackgaze avec la délicatesse féerique pop de Smashing Pumpkins, du buvard atmosphérique d’Alcest à Mol, et d’une sauce aigre-douce dark, en guise de poésie Gothique.

L’opus s’alimente d’un mélange hypnotique de sonorités hivernales, de guitare shoegaze magnifiquement mélodique, d'une phalange de claviers de Science-fiction hypnotique, de pétales de cris à fleur de peau, délivrant un pollen de beauté émotionnelle.

Cette chair musicale se nourrit des substances rempotées dans les racines romantiques du monde obscur, fait de pureté et de vérité crue. Dans le lit des anges maudits, il bourgeonne des sensations fleur-bleue et des rêves empourprer de désir !  


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samedi, juillet 24 2021

Nick Cave & Warren Ellis – Carnage


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Depuis toujours les hommes défont les nœuds de leur existence par le biais de la création. Ils ressortent de leur antre intime la beauté pure et brute de leurs états d’âmes.

Quand les larmes ruissellent à la source de nos afflictions avec un cœur lourd, parfois il advient impossible de sortir de ce cocoon de nostalgie, regret, chagrin, colère, amour, frustration, dépendance, etc… La transformation d’une lutte s’engendrer à partir d’une œuvre, « Carnage » découle de ce postulat.

Les comparses se connaissent depuis 1993 où Ellis a rejoint le groupe de Nick Cave & The Bad Seeds. Déjà réputé pour leur bande originale de film tel que « L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » du réalisateur Andrew Dominik, « The proposition » ou encore « La route » de John Hillcoat, ainsi que la musique de productions théâtrales et sur l’édition audio du roman de Cave sorti en 2009, « The death of Bunny Munro ». Ils se retrouvent dans ce spleen, autour de 40 mn de songwriting dépouillé, offrant la dualité d’un rock aussi lunaire que funèbre, et qui apporte et transporte sa part de clarté, de salut et d’espérance.

Un minimalisme musical accentué par la présence d’un violon, flûte alto, guitare ténor, piano, harmonium, boîte à rythmes et le chant du crooner rock de Nick Cave, toujours aussi ténébreux.   Enregistrés en quelques semaines au studio londonien Soundtree, cet album suit les empreintes de l’album « Ghosteen » de Nick Cave & The Bad Seeds, et « Idiot Prayer: Nick Cave Alone at Alexandra Palace » quand  l’Australien avait été contraint d’annuler sa tournée mondiale avec les Bad Seeds, Il revisita alors son répertoire seul au piano dont est issu un film de concert et un album live. Il a été diffusé mondialement aux détenteurs de billets en ligne le 23 juillet 2020.   Pour « Carnage » les deux patriarches arrivent à sublimer la lourdeur de l’existence avec la profondeur d’une beauté légère. Leur sourire est conçu à partir des plumes d’un rock ailé. Ils prônent la révolte et la tendresse sans jamais renoncer à rêver, à désirer le monde, le futur, tout en créant. L’époque me semble prise dans une teneur où l’élévation essaye de prendre son envol, alors que les vieux réflexes du passé retiennent tout de leur racine féodale. Ces dernières années on a pu constater une part non négligeable d’apport atmosphérique dans la musique, j’y vois une nature féconde pour l’éther, le mystère, la spiritualité, et le spleen.

Nick cave et Ellis avec cet opus ramènent au poème « Élévation » de Charles Baudelaire :  

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par-delà le soleil, par-delà les éthers,

Par-delà les confins des sphères étoilées ;

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,

Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse

S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensées, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes !


   

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