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Tag - rock lunaire

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dimanche, mars 17 2019

KINK DUDE – Music To Make War To


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" Hey Dude, don't make it bad, Take a sad song and make it better, Remember to let her into your heart, Then you can start to make it better. Hey Dude, don't be afraid, You were made to go out and get her, The minute you let her under your skin, Then you begin to make it better, And anytime you feel the pain, hey Jude, Don't carry the world upon your shoulders..."


King Dude aka Thomas Jefferson Cowgill. a débuté à Seattle entre le Black Metal (Book Of Black Earth) et le Hardcore (Teen Cthulhu), puis a déposé les armes pour fonder son projet Néo Folk en 2006. On pourrait dire que King Dude est descendu du manège ascensionnel Helter Skelter, il a fui pour finir par se tailler une solide réputation de songwriter dans les veines boisées du folk rock ténébreux. Il signe un premier album Love en 2011 chez Van Records suivi de près par Burning Daylight en 2012.

Dans les denses forêts noires de l'Etheral Wave, Blues occulte et röck gothique, le Dude terrasse dans la noirceur. C'est licencieux, alangui par de subtile perversion goutteuse. Il continue avec des splits et des albums Songs Of Flesh & Blood - In The Key Of Light 2015, " Sex " 2016, avec le passé et l'avenir qui se frottent leur épaisse amertume dans des mélodies qui retentissement en nous et éclairent soudainement notre obscurité. Ainsi se libère des désirs tyranniques, faits de colère et de regret insatiable. Le king nourrit sa plainte, aiguise sa faux et consume son bûcher, il est son propre bourreau vengeur.

Ce nouvel opus, un vaste obscur objet du désir, est une nouvelle façon de faire ressusciter dans le fiel de la blessure existentielle la douceur ténébreuse du lichen mélancolique. Le chant est mâle et sombre dans le spleen. La musique vient sourdre l'obscurité jusqu'à lui donner l'apparat d'une beauté gracile. La profondeur de champ est aussi vertigineuse qu'un ciel étoilé. On ferme les paupières et laisse rentrer le désordre harmonieux du spleen.

« Music To Make War To » est un opus beaucoup plus venimeux, il temporise la danse macabre du dark rock, et parfois même la lascivité euphorique qui nous prend quand on plonge dans le crépitement des enfers.


Il ne faut jamais rien garder en momies, mais parfois on succombe vers cette certitude amoureuse qui respirait l’éternité...


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jeudi, février 28 2019

LANE – A Shiny Day


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L'enrobage cotonneux d'un shoegaze, la prophétie mélodique qui flotte dans les rêves éveillés, une falaise sonique pour vous étourdir...Heyyyyyy depuis son E.p 4 titres, Lane suit sa trajectoire météorite lunaire.

Vous retrouvez cet album sur le label Nineteen Something !

Ce magma de rock sophistiqué est un album dense et complet. Il est imparable car il épouse la résonance d'une noisy brumeuse à fendre l'air ambiant de Fugazi, les flâneries grungy à la noirceur élégiaque. Dans ce groupe la consanguinité est une osmose créatrice, une intemporalité sonique propice à l'émergence d'une collision au rock alternatif 90's/2.0's, avec le sens mélodique de Bob Mould. C'est dire !!

Les mélodies mélancoliques sont en perpétuelles impulsions, prises dans le plâtre d'une résonance émotive subtile, dans ce seuil de stridulation sombre et d'instabilité sur faille sismique. Les contrastes y sont nombreux, l'intensité est prégnante, et la chaleur omniprésente.

Lane a dépassé le caractère nostalgique de son bastion angevin, sa force de frappe et sa beauté émotive épousent toutes les formes soniques que les passionné.es de mélåncölie puissante honoreront en faisant un vœux solaire devant cette météorite lunaire.


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lundi, février 25 2019

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN – The Light Of September


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Shoegaze + black metal = blackgaze : musique à la bestialité lunaire et à la mélancolie sauvage.


Ce groupe allemand fructifie avec une aisance redoutable des qualités folles pour interpréter à son audace musicale une énergie vitale, sorte de feu sacré et divin, mariant dans ses abysses mélancoliques la torpeur et le souffle/souffre que l'on retrouve dans le milieu de la nuit, dans le creux des blessures et d'un feu de joie intense et sensitif.

Les violences émotionnelles que causent ce feu sonique reflètent à notre chaos intérieur une ouverture sensitive pleine de sagesse ancienne et d'éclat d'obus, on s'ouvre avec comme une fleur au printemps.

J'ai toujours aimé ce groupe pour la surface des choses qu'il émet et la sensation de pénétration sulfureuse qu'il soulève. Les contemplatifs me comprendront, ils connaissent la beauté du clair obscur, la sagesse de la fleur fanée, la perversion érotique de caresser une cicatrice, et le réconfort de trouver un écho à leur vibration intime.

« The Light Of September » est une lumière de transition éphémère, entre l'engourdissement estival et la décadence automnale, elle est une génératrice de métamorphose intérieure.

On peut en entendre la fantaisie expiatoire, la chaleur consolatrice, la liberté généreuse venir battre la folle résurgence du cœur battant. Les mélodies sont enlevées, elles choisissent d'emprunter ouvertement un pas de côté, un peu claudiquant, avec dans le creux de l'aine/haine une explosion souterraine ne demandant qu'à imploser. Il y aura toujours un goût âpre en bouche, une saveur d'enivrement, une intempérance ténébreuse à voir surgir les démoniaques oublis venir caracoler électriques et rageurs, pour nous soulever dans un bruit de fureur libératrice et de vertige.


Ce disque est sublimé par une élévation musicale dépossédée des amarres de l'amertume, avec le corps en apesanteur et la tête baignant dans le brasier des limbes du recueillement, avec un tel disque, tu écumes !


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dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




mercredi, janvier 9 2019

CAT POWER – Wanderer


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Charlyn Marie Marshall est une compositrice/musicienne américaine autodidacte de folk indie.

Six années après son album électronique « Sun » de 2012 pendant lesquelles elle a fui l’arène existentielle dont elle fut cette écorchée vive sur les piques addictives de la dépression, jusqu'à être mise à mort par Matador, son label depuis le début de sa carrière, elle revient avec l'opus « Wanderer ».

Consumée d'être chat noir, elle retrouve vie avec son nouveau label Domino qui lui offre l'opportunité de jouer ses ballades à la fragilité mélancolique.

Dès l'introduction a cappella du titre "Wanderer", le chat dans la gorge de Chan Marshall aka Cat Power  retrouve l'âme de son jardin secret, porteur d'une vérité spirituelle. S'ensuit une folk tendre et évasive au spleen tenace, alternant guitare et piano minimaliste vers ce sentiment spirituel de sensualité.

Cat Power donne à son pacte diabolique la fiévreuse beauté câline.

La belle chante, et tout résonne à l'intérieur. L'émotion mise à nue se débarrasse de ses démons. C'est épuré, puissant et doux à la fois.

Elle déchire le ruban de ses blessures incisives, l'on se détache doucement avec elle de tout entrave, de toutes peurs, seules les cicatrices sont encore visibles, comme un écho invraisemblable.

C’est une œuvre que l'on pressent chargée de sens avec d'étranges harmonies vocales se jumelant à un registre sombre, car Cat Power connaît la noirceur de l'addiction.

Si l'homme en noir a payé Cash ses démons, Cat Power a peut-être sept vie de rédemption, et aussi parce que la féline est une femme assagie depuis qu'elle est mère.

Elle dégaine sa rengaine tristounette pour y dévoiler la clarté de la rédemption. C'est triste, fort, sombre et le timbre de sa voix à la robe soyeuse est toujours aussi grave.


On trouve énOrmément de personnes sur le net qui reprennent dans leur chambre des chansons pop afin de les transfigurer d'une version dépouillée. La cover de « Stay » de Rihanna est Cat Powerisée par une patte de velours en une chatterie musicale. Tout aussi charmeuse en duo avec Lana del Rey sur le titre « Woman », sa tendresse possède la caresse introspective où filtrent une poésie intimiste et des impressions émotionnelles. L'unique titre le plus bankable est « Horizon » avec de l'auto-Tune dégueulasse, absolument à proscrire de cet album.


Le crépuscule a déjà consommé l'outrageuse nuitée que l'aube dévoile l'espérance d'une lumière nouvelle. Cat Power est retombée sur ses pattes. Alors chavourez !


black pussycat


jeudi, décembre 20 2018

EMMA RUTH RUNDLE – On Dark Horses


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Emma est bien mimi avec sa voix chaleureuse, un peu comme une réapparition spectrale d'Alanis Morissette, elle est cependant davantage connue au sein du groupe Marriages, pourtant Emma a conquis en solo par sa douceur lunaire décroissante.


La sensibilité cotonneuse dont parfois elle semble faire flotter sa musique à la surface du dark joue de son errance subtile, surtout pour déposer des cendres rock sur de la dentelle mélodique. Avec un écrin à fleur de peau, et même avec toute ce que l'on avait pris soin d'enterrer auparavant, on est saisi.

Ainsi c'est jolie, charmant, mais on sent la finesse de la broderie latente malgré tout, pourtant on lui pardonne.

Sur cette disculpation, tu dois connaître parfois cet ennui secret qui advient quand tu attends d'être à nouveau touché en plein cœur par cet artiste qui avait su émouvoir jusqu'à remuer en toi l'indicible beauté crépusculaire, et qui n'arrive pas toujours à le reproduire malgré le fait d'enjoliver l'ensemble pour te replonger dans cette même sapidité.

Il se passe un peu cela avec ce disque. Alors il me faudra attendre et laisser filer avant d'être envahi par la romance vespérale de ce « On Dark Horses », et même d'aller agiter la magie noire de PJ Harvey, de Nick Cave, de Siouxie pour parvenir à percer les arcanes mélancoliques et fiévreuses de cet opus altérable.

Même si le crépis mural de la maison s'effondre on sait qu'en dessous furète l'envoûtement cold wave/post-rockien d'Emma et de son velouté cuprique. Tout comme on entendra en écho intime son ivresse mélancolique et la douce vénusté emprunt de fumerolle féerique de Tori Amos.

La charmeuse Emma envoûte dans le secret d'alcôve de sa musique lunaire, en étant la dépositaire de cette communauté de l'ombre qui de King Dude à Chelsea Wolfe crie pour l'introduction de la louve dans les bois maléfiques afin de perpétuer l'alchimie du rêve ténébreux.


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dimanche, décembre 16 2018

ALICE IN CHAINS - Rainier Fog


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Le concept de noyade est toujours présent en 2018 dans la musicalité d'Alice In Chains.

La saveur lacrymale, l'immersion introspective, l'asphyxie souffreteuse, et toute cette mélancolie qui en découle personnifie le monde engloutie du groupe. Cet opus est une chimère de plus, une île qui secrète une quiétude patente, loin du tourisme existentiel, on baigne dans les eaux troublées de l'intériorisation, là où le noueux attache son amarre, où les angoisses se figent. Mais le génie du groupe est de faire reposer l'oppression en poussière filandreuse, d'aller suspendre le doute en caresse, le mal-être dans un ballet sensible d'effleurement pour en amadouer le piquant.

Si la dissonance musicale est présente elle installe une atmosphère propice à la perdition marécageuse, tout en lui conférant une vision de beauté. Parce que parmi la noirceur il y a toujours une lumière et une beauté, il suffit de lui donner corps et vie, et Alice In Chains en épouse tous les contrastes. Il est redoutable dans l'exploration des cimes ténébreuses. Son paysage sonore est toujours vallonnée de dépravation sonique, de beauté crépusculaire, de perversion insalubre, d'éclaboussure charmeuse, et s'éclaire dans cette brèche ou étincelle une myriade de couleur musicale.

Ombre et lumière, flou et clarté, brouillard et lumière, ce sixième album fait valeur de constance, d’exécution romanesque, de chaleur reposante, d'impulsion de vapeur mélodique et d'ombrage fantomatique dans la discographie du groupe, tout comme on peut lui trouver une redondance, un embarras soporifique, en fait il est lié à votre état naturel mélancolique.

Recommandation : Ce disque est à écouter au repos.


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vendredi, octobre 19 2018

DEAFHEAVEN – Ordinary Corrupt Human Love


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D'une beauté promise à l'oubli «Ordinary Corrupt Human Love » affirme son incandescence des cimes black métal atmosphérique, de post-rock et de shoegaze pop.


D'une certaine froideur mélancolique désinhibée par le contraste bestial du black metAl, les San-franciscains n'en oublient jamais leur sensibilité à fleur de peau. On en retrouve toute la grâce passionnelle avec cet opus libéré. Libéré de sa réclusion d'iconoclaste, de sa candeur souffreteuse, seul reste l'inconcevable témoignage envers l'Amour.


On oublie le dernier rêve mais on se remémore toujours le premier amour. Partant peut-être de ce postulat et influencé par le roman « La Fin d’une Liaison » écrit par Graham Greene, le disque dépose un écrin romantique, des tourments passionnels, avec un tempérament fort, trempé par le souffre rugissant de la fureur d'aimer. Une fois encore Deafheaven rugit son blackgaze, mais cette fois avec la délicatesse nacrée d'une musique impressionnisme post-rockienne.

La volupté mélancolique est vaporeuse et son empreinte virginale rejoint l'emo/black de leur album « Sunbather ».


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Si l'album semble éclater c'est qu'il laisse la pleine liberté à sa puissance émotive le soin de s'éparpiller dans une résonance mélancolique. Les styles musicaux épousent les formes de chacun, et dans un mariage sans raison gardée, seul le cœur parle et prédomine à rendre sourd et aveugle quand on ne voit plus qu'amour.

Parfois il y a de la redondance, comme une subtilité mal dégrossi, mais qu'importe, cette œuvre est parfaite pour les dreamers, seulement pour eux. Si tu n'es pas un contemplatif tu ne pourras pas rester dans le songe éternel de cet amour musical. La présence de Chelsea Wolfe sur un titre n'est pas anodine pour charmer davantage cependant.


Quand on se brûle, touché par une réalité créative, au point de prendre la foudre, intense, de se voir se consumer par les flammes passionnelles, c’est merveilleux, mais après il ne reste plus que des cendres quand tout s'est éteint. C'est l'effet de ce disque, beau et enivrant, puis que l'on oublie, comme pour mieux le laisser nous enivrer d'amour par la suite.


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dimanche, septembre 30 2018

WESS MEETS WEST – A Light Within The Fracture


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L'essentiel du rêve éveillé se situe dans le creux de cet album de post-rock aux textures électroniques.

Chaque détail paraît secondaire et pourtant il renforce chaque émotion dans un sentiment d'ouverture à l'autre, un acte compatissant de pondération pour l'équilibre des forces, de fluidité énergétique, d'amour que le groupe déploie à travers toute la gamme de son exploration sensible.

Wess Meets West est un quatuor instrumental/expérimental de New Haven dans le Connecticut, dont le troisième album studio, A Light Within The Fracture chez Hassle Records demeure une superbe pièce atmosphérique. Avec sa lumière intérieure cet album poursuit la tradition câline pour combiner des paysages sonores basés sur l'électronique, avec des éléments de rock progressif et post-rock.

Il y a un bel équilibre des courbes volubiles musicales notamment entre une texture atmosphérique soigneusement conçue et un suivi concis, bien que les éléments rock du paysage sonore semblent être incorporés dans une mesure d'amplification émotive servant à renforcer les textures au centre de l'album. Le travail de guitare en sous-couches éveille l'émotion des mélodies et des atmosphères, surtout avec la ponctuation raffinée de la musique électronique, et oui encore.

« A Light Within the Fracture » est façonné comme si sa raison d'être était d'introduire un auditeur de rock aux atmosphères électroniques d'une manière douce et naturelle.

Une construction progressive d'ajout de textures et une approche minimaliste de l'harmonie créer une atmosphère de maelstrom doux, avec le contraste évident d'émettre de l'espoir même dans les endroits/moments les plus sombres. Le liant sensitif d'apporter de la couleur et de l'émotion dans la musique par de petites subtilités musicales et le sens du petit détail anodin, mais qui à force d'écoute se découvre comme des errances orgasmiques, et habite l'écoute d'une dimension bienveillante et intime.


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mardi, septembre 18 2018

MØL - Jord


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Jamais molle et prononcé muhl, le quintette du Danemark rassemble tranquillement depuis 2014 une discographie magnifique et époustouflante.

Ce premier album épouse le royaume expansif et noirci du blackgaze.

Aaaaaaaaaah ! le voilà le soucis majeur.

J'entends fort souvent que le mélange de shoegaze rêveur/éthéré et de black metal intransigeant aboutit à un rock mainstream au final. Ce qui m'oblige à argumenter avec colère sur l'aspect dictatorial que courrouce les trolls du net et les intégristes du réel dans cette uniformisation de leur moralisme à la con.

Le blackgaze est très certainement la musique favorite des mélancoliques au cœur noir. La guimauve a une saveur torturée d'hémoglobine. C'est dans ce spleen que prend corps une musique forte et évasive, avec une émotion douce et puissamment chancelante tout à la fois.

Faisant suite à leur deux premiers EP, Møl et II, Jord étire la litote stratosphérique de l'obscurité avec la luminosité délicate du son en réverbération des guitares. La légèreté cotonneuse jointe à la noirceur profonde ajourent les persiennes de Ghost Bath et de So Hideous, épousant aussi bien la torpeur profonde de Slowdive que l'anxiété cathartique de Deafheaven.

Les chansons sont plus courtes et plus concises que ce que le blackgaze a de coutume de réaliser, pourtant elles ont un impact tout aussi viscéral. Le chanteur Kim Song possède ce ton d'hurlement strident en contrepoint dévastateur et approprié à l'orchestration luxuriante d'un post-rock comme Explosions In The Sky, là où pousse le sens de la désinhibition pop de Rolo Tomassi, ainsi qu'à travers les embruns de noisy lourde, et même vers ces moments d'accalmie câline, car telle est la nature organique, émotive et déchirante de MØL.


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