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Tag - rock lunaire

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samedi, avril 22 2017

ZENZILE - Éléments


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Zenzile ne manque pas d’Air avec sa nonchalance pointilleuse, son rétro futurisme J.M Jarre et ses envolées à la Pink Floyd, autrefois électronicien dubiste dans l’aquarium enfumé de Lee Scratch Perry, le groupe a su métamorphoser son évolution en ouvrant encore plus grandes les fenêtres pour une vue cinémascope, encore plus trip-hop qu'auparavant.

Lors de leur précédent opus, Zenzile s'est frotté à la bande-son d'un long-métrage muet « Berlin, la Symphonie d'une grande ville » (sorti en 1927), cette expérience a forgé ce goût intense pour les atmosphères. De toute façon ce groupe a toujours eu cette mainmise sur le grand angle avec le long travelling bien propre des jazzeux.

Il prolonge son accointance cinérama par une approche classieuse et élégante avec des tournures au caractère bien pensé. Cet album converge dans cette vénusté de maîtrise musicale, de mesure concrète et d’épanouissement. Leur trip-hop est Air-éré, délicat et élancé, et dans cet espace-temps contemporain qui recycle le vieux en le remettant au goût du jour, ainsi s'en trop en avoir l'air "Eléments" n'hésites pas à bousculer les anciens codes trip hopesques se reposant sur leur laurier ronflant.


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dimanche, avril 2 2017

GOAT - Requiem


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Goat est une créature rock venue de l’univers hippy sound, munit de cet esprit foutraque et libertaire lui apportant le pelage sonore d’un animal fou à poil laineux, à poil laineux, à poil laineux, à POILLLL !!!

La première écoute est assez désopilante, tant le disque apparait dans son aspect le plus extravagant, cependant, en grattant on constate avec une certaine passion folle, que ce groupe d’hurluberlus aussi fantasque soit-il, fait concevoir la primauté d’une innocence, assez caractéristique d’une désinvolture assez habile pour ne plus les voir comme un simple one shot divertissant.

(rire gras) AhAhAhA….(puis rire jaune)…ahahahah…(débridé quoi)…ahahahah…(jusqu’à ce consternant)…Ah bon ?

Et oui !

Goat inscrit dans le marbre de votre discernement virgule, que l’on peut être aliéné dans son œuvre, vivre à tambour battant dans sa camisole, et être en tout point accepté en tant que bizarrerie. Et pourtant, et pourtant comme le rappelle Charles Aznavour dans sa chanson phare ‘’Et pourtant’’ : «  Il faudra bien que je retrouve ma raison ; Mon insouciance, et mes élans de joie ; Que je parte à jamais pour échapper à toi ; Et pourtant. Et pourtant. »

Parce que au-delà de l’effet incongrue de leur étrangeté, leur singularité naissante n’est en fait qu’une somme diluvienne des attraits sonores du funk, du rock psychédélique, de l’afrobeat, du tribalisme sonique.

Et oui ! Si Goat est terriblement attractif, Goat est aussi malin que l’esprit de la bête qu’il fait ressurgir à ce carrefour où le diable avait confondu Robert Johnson avec James Brown, ou Fela Kuti je ne sais plus… Parce que ce groupe possède une façon de ritualiser le sens de la fête avec la naïveté d’un hippie qui se réveille d’une nuitée intense de trip en tout genre, et qui ne voit seulement la réverbération des paillettes en train de clignoter devant ses yeux dans un cimetière vaudou taché de sang liturgique à base de tomate concassée (certifiée bio et issue de l’économie durable).

Goat est un groupuscule pacifiste de Suède émanant de cette constellation d’illuminés qui préfère se vouer à l’amour plutôt que de soumettre au pugilat le plus béotien. C’est avec cette tolérance que le disque se promet corps et âme à l’incantation variétale et tribale afin de former une nouvelle ethnie de freaks. S’ensuit une musicalité qui tient lieu à la dévotion d’afficher sa ferveur, avec la vivacité d’enivrement que l’ivresse de l’adoration comble en offrande aux divinités de l’extase. La communion devient un étourdissement d’effusion sonore, et le groupe n’en finit plus de sa libéralité musicale avec une succession d’offrandes mélodiques, afin de rassasier son totémisme musical.

La diversité des instruments se jumelle au transfuge des styles musicaux du monde libre de la world music, avec l’ébriété de flûte indienne au sortilège aztèque à l’africanisme Fela Kutinien, jusqu’à ressouder les plaques tectoniques en une terre arable où la communion des cultures sera un nouveau monde d’espoir.

Goat est donc un entrelacement festif d’une ode à l’hallucination pure par son incantation.

Son trip est une douce folie qui n’engendre aucune aliénation et accoutumance, mais offre cependant la liberté de danser avec pureté et impudicité à l’humanité toute entière.


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lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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jeudi, janvier 26 2017

TRUE WIDOW - Avvolgere


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Adepte d’un rock « stonegaze » True Widow est un trio underground de la scène heavy psychédélique formé à Dallas en 2007.

Nota : Stonegaze c'est du stoner avec du shoegaze.

Précédemment dans leur discographie, « Circumambulation » datant de 2013 avait obstrué la pleine élévation de True Widow par sa longueur, chose que l’on ne retrouve plus dans le minimalisme troisième album d’« Avvolgere ».

La douceur affectueuse de cet album appose dans chaque titre une langoureuse tendresse, avec laquelle vous serez sensible pour vous alanguir à sa portée. Séductrice par sa justesse flottante à manier la volupté avec une lascivité prévenante, le groupe facilite dans sa faculté musicale a apporté une lenteur câline, permettant de tomber en amour avec son œuvre. Il y a une évidence à devenir sentimental à son écoute d'ailleurs.

Le band se porte à ce croisement entre Mazzy Star et The Jesus and Mary Chain, avec l'aplomb du stoner rock psychédélique. Il y a aussi ce liant d’ambiance moite et la lourdeur éthérée de My Bloody Valentine pour allonger avec de la profondeur. Dopée dans cette dose d’éther sonique l’opus est une sur-impression mélancolique de rock indé, imprégné dans le buvard de mélodies stoner et de reverb riffs shoegaziens. La mixité vocale avec Nicole Estill (basse) et DH Phillips apporte une réelle complicité à l’œuvre et est vouée à faire naître des émotions étourdissantes dans cette insistance de brumes mystiques.

« Avvolgere » détrempe la lourdeur d’une canicule sur une chape de torpeur de plomb, arrivant même à ralentir chaque mouvement sombre jusqu’à les éclairer.


mercredi, janvier 18 2017

TOUCHE AMORE – Stage Four


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La bataille contre un cancer, la relation ultime et essentielle des derniers instants, le décès d'une mère, la nostalgie, la mélancolie, la colère, toute une palette d’émotions pour laquelle il est impossible de tricher. Le chanteur  Jeremy Bolm de Touche Amore en célèbre le constat avec fulgurance et justice. À partir de quoi, plus rien ne sera comme avant.

Cet album coule de source Emocore, sa douce vérité est communicative, son charme immédiat. Car il y a des choses qui parfois laissent à l’instant la pleine capacité de les vivre avec un naturel déconcertant. C’est la qualité première de ce groupe que de précipiter la saveur de sa musique avec aisance. Alors que l’on sait très bien toutes les qualités insurmontables que cela requiert et l’absolu casse-tête d’équilibriste à disposer, pour que l’ensemble soit et advienne un feu d’artifice démentiel. Surtout au vu du contexte avec lequel on pouvait tomber dans le pathos le plus insupportable, d'autant plus que l'album est vachement moins geignard qu'à l'accoutumé.

Pour cela la formation de Los Angeles est plus mâture avec ses mélodies et moins pressante avec ses débordements fulgurants d'antan de screamo-post-hardcore, qui ne pouvaient aller au bout sans se ramasser la gueule par terre.

Désormais chaque inflexion jouissive est poussée dans tous les sens par cette musique débordante, œuvrant à la confusion des genres punk, hardcore, emo. Le processus de création est basé sur une approche instinctive, sur une question d'équilibre, laquelle trouve son angle de vie dans la pleine absorption du groupe à digérer ses émotions, innovant sans cesse en les intensifiant musicalement et simplement.

La litote musicale est étirée jusqu'à son vice le plus colossal, jusqu’à faire apparaître avec passion le cœur même d’une émotion jamais désavouée par des artifices, mais toujours libre de toute entrave, parce que sa puissance de souffle existentiel demeure ultime, percutante, et surtout naturelle.

Les récalcitrants à ce groupe devraient jeter leur mauvaise foi dans le feu insalubre de leur connerie pour profiter amplement du caractère fort de cet album, signé par le label Epitaph.

Les fans quant à eux seront conquis par sa fulgurance à manier le désordre émotionnel, avec cette aptitude à l’expression immédiate.

Pour les hésitants, ils devront passer dans ce brasier sonore et mettre à l’épreuve du feu le négatif de leur sensibilité, pour qu’à la fin, ne reste plus que le silence de leur respiration qui s’est emballée devant la folle déflagration sonique de cet album, qui vous fait comprendre que vous êtes vivant.


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« Stage Four » s’avère être un disque qui flotte dans le nœud coulant de la fatalité existentielle, avec la sensation d'y voir séjourner la bénédiction de l'humanité toute entière.


jeudi, janvier 12 2017

OPETH - Sorceress


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« Sorceress » qu’est-ce ?

Ce sont de superbes mélodies troublantes, poétisées comme des écrins de cristaux liquides qui se meuvent au gré d’atmosphères planantes, presque vespérales, dans la moiteur originelle du premier jour.

Ahhhhhhhhh l’on se sent poète et poussé par des ailes d’ange en écoutant un tel album. Faut dire que Opeth pète plus haut que son cul, il surenchérit même avec audace dans la célébration qu’il voue à son rock progressif pour hippie. Cela a de quoi faire ricaner les aigris passéistes, qu’importe, je m’absous de toute cette guéguerre pesante pour nacrer mon inconscience, et la nourrir d’une telle musique avec outrecuidance, surtout quand elle est munie par un mood Pink-Floydien folkisant à outrance l’apesanteur sensible d’une délicatesse création musicale, allons bon, comment ne pas aimer être cajolé de la sorte ?

Avec le titre «  The Seventh Sojourn » On se voit dans « Lawrence d’Arabie. », la vue est immense et l’arabisation musicale est en technicolor. Alors certes, Opeth n’a plus le même goût que jadis. Il faut se rendre à l’évidence le groupe dit Yes au progressif, et ce oui énumère les obédiences très discutables dont nous nous sommes méfiés (pour ne pas dire gaussés) jadis à l’écoute d’un album de Marillion.

Il fait donc nuit dans le passé discographique du groupe, et l’aurore du précédent opus apparaît avec encore plus de soleil dans ce nouvel opus, où l‘amour apporte des ailes de papillon à ceux qui éclos de leur chrysalide quotidienne pour une vie poétique. C’est ce que réalise Opeth, pour qui l'existence d’un tel album possède le goût salé d'une larme de bonheur qui glisse jusqu'à la commissure de tes lèvres, et fait frémir ton cœur comme le vent pousse la voile. Rooooooooh comme c'est beau !

Bref, après avoir puisé dans l'arbre de la connaissance du précédent album « Pale Communion », le groupe nous propose de croquer dans le fruit défendu.


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vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


dimanche, novembre 20 2016

DARKHER – Realms


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Darkher est une prêtresse à la spiritualité sauvage. Elle est ce souffle froid de la mélancolie profonde qui donne vie et corps à la chaleur d'une musique planante de l’au-delà !

Darkher, (Jayn H. Wissenberg) introduit sa nébuleuse dreampop-NewWwave (Cocteau Twins, Dead Can Dance) par le biais de la clarté blafarde de sa coldwave pour un dark Rock incandescent et lumineux, capable de volupté obscure avec des mélodies tristounettes pour faire vibrer l'intensité d'un morceau mélancolique, voire féerique.

Il y a dans cette musique une inspiration liturgique et médiévale aux sonorités incantatoires, voire magiques, accentuée par des paroles sombres et introspectives, qu'accompagnent une dose de tristesse propre à la dark-wave.

Même si le rêve est l’enfouissement des émotions et que l'époque en exècre l’abandon car :


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« Realms » calque dans sa part de crépuscule, l'alcôve primitif du bouleversement que la fin de la nuit provoque quand l'aurore naissante surgit.


samedi, novembre 12 2016

NOÊTA - Psykhē


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NOÊTA est composé de Ê et de Â.

Pas con hein ? Attends il y a encore plus zarbi. « Psykhē » est un premier E.P, c'est un antre bucolique pour un folk suédois aussi black, qu'ambiant, dont les thèmes de prédilections concernent la mélancolie, les rêves et les ténèbres profondément inscrits dans la nature humaine. L'ensemble est transcendé sur des enregistrements analogiques, aspirant à synthétiser une divagation à la fois contemplative et intérieure, pour une rêverie pleine de beauté sauvage et de douceur primitive.


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En trois compositions virginales le ton est posé, la douceur immense, et la cover « I Lost Something In The Hills » de la folkeuse Sibylle Baier est aussi gracieuse et vaporeuse que l'originale. Par ce fait tenace et imputrescible, cet E.P est : Formidablement cotonneux et ivre de sauvagerie ténébreuse pour traverser la dépression hivernale.


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vendredi, octobre 7 2016

BLOOD CEREMONY – Lord Of Misrule


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Un parfum de ringardise pour certain, une ode éperdue pour d’autres, Blood Ceremony est un archéologue musical, maudit.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ici ça sent le salpêtre heavy occulte, l’encens périmé, le hippie crasseux, mais libre de toute entrave.

Blood Ceremony évoque une musique du passé que l’on ingurgite tel une soupe de sorcière. Conjurant le mauvais sort d’une discographie majestueuse mais boudée, ce « Lord Of Misrule » suit la bave de crapaud heavy avec le sortilège de faire du rock-doom avec ses fragrances poppy.

Bon si c’est encore un peu concis, il y a des variations de swing pop, de rock garage, de psychédélisme qui amènent une relative évolution. Ceci dit Blood Ceremony ne sort pas non plus de son bois dormant, et la mousse de son rock occulte et le lierre de son heavy rock se sont infusés consciencieusement, de la sorte que le groupe refait encore et toujours avec la fascination qu’il a pour Jethro Tull, Led Zep, Jefferson Airplane, Black Sabbath, Coven.

Ghost a su conquérir les foules par les embruns méphistophéliques de sa pop culture, ce qui n’est pas le cas de Blood Ceremony, qui est dans une posture d’ermite en comparaison. Si vous appréciez le passé alors chaque incantation sera un pur maléfice, sinon, vous trouverez cela désuet.

Je trouve du charme à ce groupe, une rémanence subtile et une saveur archaïque qui en font tout l’envoûtement aussi. Mais cela ne signifie en rien que ce soit éteint.

Le côté rétrograde ne me gêne absolument pas, je suis convaincu par son effet caduc et je trouve que la vétusté des sonorités épousent les formes révolues, comme si ce disque avait vu le jour il y a vingt ans. Alors pourquoi aujourd’hui un tel disque voit le jour ? Peut-être que la rétention que le passé dispose demeure un ancrage plus fort qu’un avenir incertain. Toutefois le groupe détrempe et désinhibe par une forte sensation de résurrection. Peut-être qu'en réincarnant des idoles du passé, il s’envoûte d’une parure plus contemporaine dans son revival, afin de repriser les habits de fortune comme Ghost & co ont su en populariser avec une réussite conséquente.

Ce qui est avéré aussi, c’est que le groupe assume totalement son aspect démodé, et j’apprécie cette folie de ne point usurper ses intentions. Du fait, cela fait très certainement de moi un plouc, et franchement je m’en branle absur-dément. J’aime cette fantaisie hippie, la fraîcheur de son ton bucolique, tout comme la joliesse nacrée de ses ténèbres, son psychédélisme 70’s pastel, son swinging rock occulte, sa folk ésotérique des 60’s et le bleu de sa romance rupestre. Alors oui Blood Ceremony a une fois encore réalisé un album que la chaleur des flammes purificatrices anciennes en concocte toute la primauté.


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mercredi, octobre 5 2016

Dance With Forest Pooky

Insatiable, infatigable Forest Pooky, ce garçon lunaire et solaire qui est qualifié de clochard céleste, lance sans garde-barrière une tournée sur 4 continents en la jouant Phileas Fogg pour un tour du monde. Pour cette occasion il lance son nouvel E.P We´re just killing time before we die, dont il a extrait le titre Dance With Me pour un vidéo-clip concocté par David Basso.



Forest Pooky est un artiste en solo-äcoustique, mais aussi en All Star pop punk band dans Sons of Buddha avec des membres de UncommonMenFromMars, ISP, Canibal Mosquitos ; avec des gars de Second Rate & Dead Pop Club dans le groupe Napoleon Solo et son mood 90's D.C. rock ; puis pour du 90's punk rock dans Supermunk avec des membres de Not Scientists, No Guts No Glory, Sons of Buddha.


jeudi, septembre 29 2016

BIG JESUS – Oneiric


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Faut-il croire en un messie pour renouer avec l'insouciance de la vie ?

Le doute permet de ne point tergiverser à l'écoute du « Oneiric » de Big Jesus, car on fait face à un tel mur du son qui Torche sa torpeur avec le shoagaze gentillet de The Pains of Being Pure at Heart, que tout s'illumine avec cette pointe de dream pop facétieuse.

Originaire d’Atlanta et formé en 2009, Big Jesus développe un rock gorgé de fuzz qui fleure bon les 90's versus 2,0. Enregistré à Los Angeles et produit par Matt Hyde (Deftones, Slayer, Monster Magnet, Sum 41, Alkaline Trio) pour en polir la surface, cet album est surmonté de grosses guitares, de rythmique à double épaisseur et d'une surdose d’énergie molletonnée pour fans des Smashing Pumpkins et Silversun Pickups.

Même si je sais que tu connais ce contraste saisissant entre une fuzz qui dégouline un brouillard émotif et des mélodies au cœur fondant, au fond de toi tu sais très bien que tu ne vas pas résister longtemps à cet appel pour rêver durement pendant l'écoute.

La douceur heavy de leur acier sonique flotte dans cette sensation aérienne et onirique de convoler sous la blancheur immaculée de My Bloody Valentine, Deftones, Ride.

Se fondre dans la soie cotonneuse de leur musicalité apportera des ailes du désir à tes rêves les plus doux, les plus humides. La centrifugeuse de leur musique écrasante illuminera tes enceintes bouillonnantes parce que « Oneiric » est un disque de cœur tout simplement addictif, et d'une beauté à faire rougir la lune.

Éthérée et super catchy est la nouvelle révélation musicale ‘Alternative rock’.


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samedi, juillet 2 2016

EXPLOSIONS IN THE SKY – The Wilderness


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Voilà un groupe figuratif dans son post-rock, qui depuis toujours fait émerger une matière sonore aux multiples formes. Explosions In The Sky fait dans le songe, et cette fois-ci il enfarine sa musique d’éclats électroniques de l’ordre de la berceuse enfantine, ou du réveil musculaire. Comme je ne sais pas dans tel quel état d’esprit vous êtes, ni ce que vous faîtes à ce moment. Mais choisissez un des deux.

Explosions In The Sky revient nous bercer avec son sixième album, « The Wilderness » qui sort chez Bella Union. On retrouve l’expression climatique dévolue au genre avec ses sensations tout en contraste, entre contemplatives et colériques. La nouveauté et pas des moindres, c’est que les errances électros appliquent le prisme qu’a réalisé Tarwater début 2000. Pour moi il n’y a rien de nouveau. C’est aussi précieux et délicat que de la porcelaine. Je ne ferais pas preuve de condescendance à leur égard, non pas que le disque soit mauvais, mais que j’y décerne une forme de prétention orgueilleuse à choir dans ce genre de mollesse qui se touche le manche pour impressionner, et sans véritablement, jamais émouvoir.

C’est lisse, poli, on ne ressent aucune électrisation rock, ce n’est plus du tout incandescent, c’est devenu cérébral et froid comme les sons électroniques employés, c’est du art-rock contemporain. Même par effet de contraste c’est uniforme. Peut-être si vous êtes amateurs de l’artiste Jeff Cons cela peut faire son petit effet, moi ça m’a clairement ennuyé, et pourtant vous savez que je suis versatile et instable pour la culture en général.

La question qui s'impose : Est ce que je suis carrément passé à côté de ce disque ?


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Naaaaaaaaaaaaan, c'est juste que je me suis fait chier !


dimanche, juin 19 2016

ALUK TODOLO - Voix


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Ce n’est pas vous qui devez aller vers cet album, car c’est lui qui vous transperce, fait pénétrer son impétuosité musicale.

Parfois magmanesque dans sa théâtralité, ce n’est plus tout à fait du black, c’est un truc isolé entre ses pérégrinations post-rock et son trip krautrock. Indomptable par sa singularité, cette musique sauvage est possédée, et si vous ne savez pas par quoi ? Mieux vaut ne pas trop y réfléchir au risque de faire appel aux grands esprits pour en connaître la teneur en fruit défendue.

Foudroyant par sa vigueur, herculéen par sa force centrifugeuse, le trio impose son souffre pour gratter les braises de son embrasement sonique, là où tout prend corps et s’enlace dans les flammes purificatrices.

Est-ce du free-rock ? Pourquoi pas ! Il y a une somme folle de style qui s’imbrique pour donner vie, pour prendre corps, pour immerger, pour surprendre, pour suspendre les songes telluriques, pour étourdir, et puis pour redéfinir ce goût acre et fou d’une musique libre, indomptable et provocante dans son désir de liberté.

Aluk Todolo épouse à merveille cette phrase de Charles Baudelaire : “Allons au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.”


vendredi, juin 10 2016

ULVER - ATGCLVLSSCAP


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Vous savez pas quoi ? Ulver remplace aisément la place laissée vacante par Tortoise.


Parce qu'avec cet album au titre énigmatique, Ulver a conçu une musique rêveuse pour un post-rock sélénite, et cela aura de quoi vous faire décrocher la lune.

Sinon pour revenir sur terre avec la tête dans les nuages, on peut aussi émettre une filiation généreuse avec Pink Floyd, tant les errances spatiales, planantes y sont communes.

On atteint vite à travers cet aspect cotonneux, aérien, lunaire, spleenétique, une quiétude évasive dont les sinuosités musicales en permettent l’abandon.

"ATGCLVLSSCAP" est un très beau disque de contemplation, qui fait de Ulver un groupe parfait pour les méditatifs, et un ami précieux pour les songes.


jeudi, juin 2 2016

SHEARWATER - Jet Plane and Oxbow


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Shearwater est un groupe d´indie rock formé au Texas en 2001 par deux membres d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg, le leader chanteur, guitariste, clavier.

Ce 8ème album studio est confiné dans un espace-temps très codé. On y trouve l’empreinte 80’s de la préciosité de composition d’UltraVox, la romance pop de Mark Hollis de Talk Talk, un brin de noirceur à Depeche Mode, ainsi que le chant pale du style à Jay Jay Johanson, mais beaucoup moins sentencieux par contre. Il y a aussi cette élégance flottante que l'on retrouve dans le pop rock de Band Of Horses.

"Jet Plane and Oxbow" est un album flottant, doux, apprêté, étudié, nourrit pour développer plusieurs niveaux de lecture avec une production digitale qui fait un écho à la magie synthétique de l’album, avec sa minutie complexe et des arrangements somptueux. L'aide apportée par Brian Reitzell (compositeur de musique de film et percussionniste sur The Virgin Suicides, Lost in Translation, The Bling Ring, et 30 Days of Night) a apporté (transporté) littéralement tout un pan musical de Shearwater vers la stratosphère cinématographique.

"Jet Plane and Oxbow" de Shearwater est une puissante immersion mélancolique !


Une puissante immersion mélancolique


mercredi, mai 18 2016

PRISTINE – Reboot


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Il y a de la poésie chez Pristine, une sensibilité particulière, notamment avec ce mélange R&B, blues, hard rock/stoner, occult-rock, pop. Parce qu' il y a un son, un grain, une voix, une musique fusionnelle, sensible, libre et belle parce que simple et dépositaire d’une pérennité à faire vivre une musique, et tout cela forme une réussite totale.

Hey je vous assure avec le cœur sur la main qu'elle pourrait chanter de la pop sans difficulté, non mais ouaie sans dec, cette femme possède un organe vocal phénoménal, d’une justesse enivrante, et d’une attraction divine : Le spectre de Janis Joplin à Patti Smith et de la souveraineté lâche de Joss Stone.

Enfin je ne dirais pas que tout repose sur elle, mais qu’à la première écoute son fluide absorbe immédiatement. Cependant et il faut bien faire la part des choses, si elle sublime cet album c’est aussi parce qu’elle est appuyée par des musiciens qui enrobent, servent, anoblissent son grain vocal. Une oreille-orgasmique en permet la lecture, surtout avec toutes ces merveilleuses idées pétillantes remplient par de vieux souvenirs de plusieurs décennies. Nullement besoin de Viagra, mais seulement quelques musiciens norvégiens de talents, capables de jouer avec de vieux instruments originaux tels que Hammond, Farfisa, etc.,Et qui peuvent toujours se défouler avec en sculptant un impressionnant barouf vintage.

C’est vintage sans être kitsch, hein ! Comme c’est suranné sans être passéiste. C’est caractéristique de la recherche spirituelle qui tourne à faire revivre une époque perdue, c’est aussi tout le charme des seventies et de leur dimension libertaire, disposant de toute la passion pour les glissades bluesy, les allitérations heavy, une désinvolture princière, et cette flamme autour de l’idée que tout est possible. C'est vrai qu'il y a ce sentiment de blues et soul et du rock tout à la fois, et de la psyché très nostalgique pour que le groupe rejoue/renoue avec l'âme de Led Zep & Grand Funk Railroad. De cette expérience, il y a beaucoup d'inspirations, et un dérivatif à ce que Pristine ne deviendra jamais un secret d’alcôve, pour que les fans de rock ronronnent d'entendre le son de la vieille école de blues-rock joué par de jeunes musiciens.




vendredi, avril 8 2016

MYRKUR - M


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Sous prétexte que l'on est femme la société patriarcale exige de vous une soumission, et impose de vous abstenir de rugir. Honte à tous ces cons !

En tant qu'homme si tu dis cela devant un par-terre de mâles éduqués à la société patriarcale, ni une, ni deux, on te pose la question un brin taquine et machiste:

Mais qui est ce qui porte la culotte à la maison ?

Et bien je vais vous répondre le plus sincèrement. C’est ma femme, et je le dis sans honte, moi, je ne mets que des boxers.

Voilà, chaque fois je me sens obligé de remettre une couche sur le combat perpétuel des femmes à exister en tant qu'homme universel. Franchement c'est chiant, faites vous une raison une fois fois pour toute merdeeeeeeeee !


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Elle est blonde comme les blés de la Rhur, blanche comme la neige scandinave, douce comme la pureté des lacs baignant dans la quiétude nordique. Elle c’est Myrkur.

Nom profane et indivisible d’une femme, dont l’album de louve nous fait nous lover dans la chaleur crépusculaire et éthérée de son dessein musical. Elle est femme et immédiatement attise les regards noirs des mâles pour qui la pureté originelle de leur style musical se doit d'être interprété uniquement par des hommes purs.


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Myrkur est musicienne évoluant dans un style musical sombre. Son appel ensorcelant de sirène devenant sorcière maléfique applique sur nous les apparitions de centaure, licorne, paon gracile qui gambadent en toute insouciance jusqu’au petit lapin égorgé. L’ode endiablée de Myrkur figure un univers féerique avec cette puissance de contraste pour le vice absolue d’en dézinguer la fragilité par une beauté féroce, aussi neurasthénique qu’exaltante et tellurique à la fois.

C’est dans ce cadre bucolique que la parure paganiste redevient naturelle, qu’elle s’offre à sa vision légendaire...Et à sa noirceur.

Myrkur dispose du chant nordique du cygne noir. Elle est aussi belle que féroce. Sa fragilité est un leurre assourdissant. Je m’attendais à prendre de la neige carbonique sous un brouillard maléfique, je fais face à du grésil sous le clair-obscur d’aurores boréales musicales. Il y a dans ce moment-là une intense et apaisante sensation à toucher le Graal de la pureté nordique, et de sa magie noire incandescente.

Myrkur fait fondre la fonte des neiges pagan avec l’acier du black, vous voilà prévenue.


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J'ai poussé la réflexion avec le titre de son album « M », peut-être comme M le maudit, film de Fritz Lang. Je lui ai vu une correspondance. Myrkur est maudite pas des hommes qui se disent pur car elle leur fait peur avec ses pulsions musicales. Bref, vous vous ferez une idée sur la question si le cœur vous en dit...

L’homme a soif de sang, et il regarde le ciel quand il est repu. Mais ce que l’homme a le plus besoin dans sa vie, ce n’est pas de divin, mais de poésie, et Myrkur est une poétesse aux multiples charmes maléfiques, capable de faire battre/rompre le cœur des hommes, et de faire circuler leur sang jusqu'à les vider exsangues.

Myrkur déploie ses ailes séraphiques en baisant l’anathème virulent d’un black métäl onirique et végétal.


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jeudi, mars 31 2016

WITCHCRAFT - Nucleus


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Très heureux de retrouver ce groupe, tant sa musique génère en moi une multitude de sensations aussi profondes que telluriques. Et je dois dire que ce nouvel opus regorge de plusieurs mood dont l’ivresse et l’étonnement y divulguent avec perspicacité inspirée et pertinence réfléchie une œuvre ample, passionnante.

Avec "The Outcast", "Malstroem", deux titres qui détonnent de l’ensemble, nous sommes dans un mood séculaire, du Jethro Thrull spirit, le côté psyché 70’s ressort sa patine, les chansons s’étirent (même un peu trop dans le cas de « Nucleus » avec sa fin dispensable et poussive, lui aussi dans ce spirit 70's). La présence d’une flûte et ce sédiment occulte font ressortir une atmosphère vintage très chargée en consonance kitch, ( spirit à la Blood Ceremony). Je pense que ceci sera assez rédhibitoire pour de nombreux fans de la première heure, sans nul doute. Il faut dire que la première partie de l’album fait la part belle à des compositions exceptionnelles, mouvantes et charnelles, disposant à la fois d’une puissance mélodique et d’une épaisseur bienfaitrice à entendre. On peut même parler de titres catchy. Chez Witchcraft il y a toujours ce mélange de son désuet, d’une construction de morceau démodé, d’une saveur surannée, d’une mélancolie passagère, et puis une véritable tradition pour l’occultisme, le côté sombre, et cet album en honore tous les attributs du style.

Le chant de Magnus Pelander ressemble toujours à un mélange de Jim Morrison des Doors et de Jeffrey Lee Pierce du Gun Club, et puis un petit côté Bertrand Cantat dans certaines intonations, d'ailleurs " Nucleus", le titre qui donne son nom à l'album, fait penser à la fin au morceau de Noir Dez « Le zen émoi ».

Écoute après écoute, « Nucleus » n’en finit plus de divulguer son onctuosité, sa maturité, son expression type de la noirceur, une sensibilité particulière, et de l’émotion à profusion, Witchcraft maîtrise amplement son sujet, mieux il en libère la contenance en créant à sa magie sonore l’effet que produit une fable à traverser les époques pour devenir un mythe.

Ce disque deviendra mythique pour toute une génération, car c'est un disque ésotérique avec plein de messages cachés. J’en fais l’offrande au dieu des enfers !


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mardi, mars 29 2016

RED GLOVES – Night Gap


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Avec cet album Red Gloves tutoie les cimes et l’orgasme est continu. Pas un déchet, mention très bien avec les félicitations du jury, la palme d'or avec l'excellence, hey wahouuuuu j'en ai encore les poils pubiens tous retournés dîtes-donc.

Le groupe a sorti deux 45 "Twelve Headaches" ; "Lucky You !" qui faisaient déjà apparaître un énorme potentiel avec des membres de Jack and the bearded Fishermen et The Irradiates.


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Red Gloces c’est du super Emörock, fluide et tendu à la fois, œuvrant à satisfaire cette brûlure intérieure qui ne demande qu’à s’enflammer. Juvénile ? Bon hey c'est bon maintenant, les émotions n'ont pas d'age, alors basta. On peut vivre intensément à tout age, faire rissoler son cœur au rythme impulsif de pulsations émotionnelles gigantesques.

D'ailleurs le cœur de leur titre est en émoi en permanence, les réminiscences musicales que le groupe diffuse s’intègrent parfaitement à la singularité de Red Gloves. Les compositions atteignent cette plénitude que nos pensées absorbent sereinement. Ce disque est un ami et on le sait. Ce disque est un alter-égo et on le sent, et cela ne fait nul doute qu’il va devenir un refuge précieux. Parce que l’intensité reçue est une ressource inépuisable de chaleur bienfaitrice, avec laquelle on accorde l’importance capitale de s’y retrouver en toute sécurité. Cet album est rempli avec des mélodies pour lesquelles on tombe amoureux. Et le brin de mélancolie à l'intérieur de son sucre fondant nous témoigne d'une humilité qui nous rend joyeux.

Safe. Happy. Love.

On dirait un truc de hippie, et pourtant rien qu'avec ça ta vie prendra une tournure bien plus élévatrice. Red Gloves dispose de titres efficaces, hyper mélodiques, d’une saveur inégalée et inégalable. Cet album renferme en son sein tout ce que les mélomanes recherchent éperdument dans les bacs : L’existence d’écouter la vie filtrée à travers les émotions d’une pureté immortelle. Nouant des atmosphères attractives et mouvantes avec une capacité d'émouvoir instantanée, munit d'un petit côté écorché dont les épines musicales sont d’avantages mélancoliques que aigres-douce.

Il y a une évidence qui te prend aux tripes, parce que dans cette amertume de dissonances qui parfois viennent télescoper les frustrations existentielles et autres questionnements, demeure la trame névralgique des mélodies.

« Night Gap » est passé entre les mains de Brian McTernan (Converge, Cave In, Hot Water Music) et le mixage s'est serti d'une épaisseur notable. Le titre « Secret Dream » bénéficie du chant de Sylvain Bombled du groupe Cab Driver Stories, dont la récente tournée commune a dû électriser les foules, dont on imagine très bien la réverbération.

Ce que vous savez être la seule vérité absolue de votre fragile existence s’entend sur chaque titre.


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