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Tag - rock lunaire

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vendredi, juin 16 2017

NYCTALGIA – A Hint Of Eternity


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Je ne sais comment ?? mais je n’avais jamais entendu ce groupe. J’engage ici-bas que je vais remédier à cette carence en approfondissant leur discographie, même si je redoute toutefois une redondance…

Basé sur du post-rock, cet album de Nyctalgia caracole dans les nuages du septième ciel avec un ensemble d’instrument à corde, chœurs angélique féminin, ainsi qu’un piano, en plus des guitares cristallines. Il cajole par sa grâce spleenétique, par le précipice qu’il accorde à la mélancolie d’en recevoir le chagrin.

Aux trémolos violonistes répond l’affliction lacrymale et sa luminosité lunaire, confinant à un recueillement contemplatif, si cher à mon cœur. Ce post-rock instrumental et orchestral possède une immense profondeur de champ et cette caresse subtile d’effleurer par sa douceur vaporeuse l’apesanteur céleste. Il y a quelque chose ici qui tient de la beauté que l’on accorde à la nature sauvage, et qui émeut par l’harmonie somptueuse qu’elle détient. Et cet opus m’a aussi remémoré le band Islandais Sigur Rós avec cette errance délicate et indomptée. On en ressort tout étourdi, avec le cœur léger, et les joues humides parce que c’est beau à en chialer.

Parfois il est préférable de n’écouter qu’un seul album d’un groupe. Parce que maintenir avec lui cet instant précis où l’on se rencontre, demeure un moment unique avec lequel on reviendra sublimer son souvenir.

Celui-ci a agité l’émoi, et sa conservation en un temps précis où j’en ressentais le besoin a inauguré un souvenir qui ne cessera d’être une évocation d’importance désormais.

Alors que si l’on franchissait le pas d’écouter un autre album à ce moment précis, il y aura toujours ce doute inextinguible qui planera avec hésitation et obstination, jusqu’à concevoir que d’entendre ne serait-ce qu’un soupçon de rabâchage serait capable à lui seul d’atténuer toute la beauté grandiloquente absorbée la première fois en un état de félicité absolue, et que l’on nomme : Révélation.

Fatalement la curiosité apparaît comme une garce qui fait luire le verbe croire à la commissure de ses lèvres désireuses et capricieuses.

Oserai-je me dévoiler plus encore, et d’être agréablement surpris si je me penchais sur la discographie de ce groupe ? Pour le moment je laisse le doute planer, même si au fond de moi je sais déjà que mes lèvres se rapprochent toujours un peu plus du désir d’entendre la caresse musicale du groupe m’enivrer une fois encore, et d'en bouleverser les strates rêveuses.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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dimanche, mai 7 2017

SKY FLYING BY - Miscellany


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Un jour vous trouverez dans cette musicalité une poésie lunaire capable de faire refléter en vous ce qu’il y a de plus profond comme quiétude.

Mais avant d’en arriver à cet état, vous devrez admettre que l’ennui qui est le vôtre en écoutant ce disque n’est uniquement dû parce que vous disposez d’un bagage trop encombrant, qui prend trop de place, comme votre ego, et votre mémoire sélective. Sans ces poids mort vous pourriez ressentir la douce puissance de votre souffle de vie à chaque respiration. Car ce n’est qu’en ayant assimilé ce fait que cet album prend tout son sens.

Ainsi et en premier lieu, prenez conscience d’une chose anodine, mais qui est capitale pour tout le monde. Votre respiration est là, depuis votre premier souffle de vie, présente à chaque souffle, et pourtant vous n’y prêtez quasiment jamais attention, sauf quand votre cœur et vos émotions s’emballent.

Cet album n’est rien, quasiment abstrait, et pourtant il possède un souffle bien tenace qui nous raccorde à sa puissance souterraine. On en sent l’émergence explosive se renverser en un ressac puissant, et se répandre en une eau à la douceur aussi affable que son repos en apaise la constance.

Pour cela il égrène des morceaux introductifs s’étirant comme un début de jour sans fin, croissant avec la lumière naissante dans cet instant de préliminaire où naît l’émotion initiale. Nappes synthétiques musicales et voilages s’unissent pour flotter sans cesse dans une lumière opaline. Cliquetis et douceur mélangent leur lenteur afin de laisser s’épanouir la musique, câline elle se déroule, se distend dans la quiétude et rassérène notre sensation d’apaisement.


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Sky Flying By allonge sa détente avec des compositions apaisantes, n’en finissant plus de rayonner, de soulager, et d’assouvir dans l’existence un instant de sagesse et de grandeur tout à la fois dans le calme qu’il propage.

Par ce fait, et en deuxième lieu prenez conscience d’une chose qui est capitale pour tout le monde. Cavaler à en perdre l’haleine, et l’on ne sent plus que la vitesse de l’adrénaline qui nous pousse à accélérer sans cesse, vers ce mouvement perpétuel qui suggère de mener à satiété notre ego.

Alors bien souvent, « Y a-t-il une limite à cette frénésie ? » se demande t’on parfois prit dans la tenaille avec le souffle court, juste avant de tomber ?

Je suis certain aujourd’hui de m’étourdir autrement, et cela m’a pris plus de quarante ans.

Cavaler à en perdre haleine c’est aussi fuir, et le courage c’est d’affronter sans crainte. On ne peut comprendre que ce que l’on est à bien d’admettre, et pourtant si l’on cesse de comprendre pour ressentir vraiment que se passe-t-il donc ? Convenir une musique à ses goûts c’est réduire son champ des possibles, c’est atrophier sa curiosité, alors que se laisser submerger par le désordre qu’une musique est capable de bouleverser à l’intérieur de soi demeure pour un mélomane l’assouvissement le plus transcendant, et pur qu’il soit donné de vivre.

Vous serez très nombreux à vous reconnaître à ceci.

Il y a des sourires qui montent au visage spontanément, et l’on sait à cet instant que cette révélation est une introduction à notre transformation, et qu’elle se réalise en une infinie douceur. Je vous laisse à votre délicieuse mutation si vous avez fait le choix de la lenteur et de la dépossession égotique, pour vivre pleinement chaque instant, devenu alors paisiblement tumultueux.


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samedi, avril 22 2017

ZENZILE - Éléments


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Zenzile ne manque pas d’Air avec sa nonchalance pointilleuse, son rétro futurisme J.M Jarre et ses envolées à la Pink Floyd, autrefois électronicien dubiste dans l’aquarium enfumé de Lee Scratch Perry, le groupe a su métamorphoser son évolution en ouvrant encore plus grandes les fenêtres pour une vue cinémascope, encore plus trip-hop qu'auparavant.

Lors de leur précédent opus, Zenzile s'est frotté à la bande-son d'un long-métrage muet « Berlin, la Symphonie d'une grande ville » (sorti en 1927), cette expérience a forgé ce goût intense pour les atmosphères. De toute façon ce groupe a toujours eu cette mainmise sur le grand angle avec le long travelling bien propre des jazzeux.

Il prolonge son accointance cinérama par une approche classieuse et élégante avec des tournures au caractère bien pensé. Cet album converge dans cette vénusté de maîtrise musicale, de mesure concrète et d’épanouissement. Leur trip-hop est Air-éré, délicat et élancé, et dans cet espace-temps contemporain qui recycle le vieux en le remettant au goût du jour, ainsi s'en trop en avoir l'air "Eléments" n'hésites pas à bousculer les anciens codes trip hopesques se reposant sur leur laurier ronflant.


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dimanche, avril 2 2017

GOAT - Requiem


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Goat est une créature rock venue de l’univers hippy sound, munit de cet esprit foutraque et libertaire lui apportant le pelage sonore d’un animal fou à poil laineux, à poil laineux, à poil laineux, à POILLLL !!!

La première écoute est assez désopilante, tant le disque apparait dans son aspect le plus extravagant, cependant, en grattant on constate avec une certaine passion folle, que ce groupe d’hurluberlus aussi fantasque soit-il, fait concevoir la primauté d’une innocence, assez caractéristique d’une désinvolture assez habile pour ne plus les voir comme un simple one shot divertissant.

(rire gras) AhAhAhA….(puis rire jaune)…ahahahah…(débridé quoi)…ahahahah…(jusqu’à ce consternant)…Ah bon ?

Et oui !

Goat inscrit dans le marbre de votre discernement virgule, que l’on peut être aliéné dans son œuvre, vivre à tambour battant dans sa camisole, et être en tout point accepté en tant que bizarrerie. Et pourtant, et pourtant comme le rappelle Charles Aznavour dans sa chanson phare ‘’Et pourtant’’ : «  Il faudra bien que je retrouve ma raison ; Mon insouciance, et mes élans de joie ; Que je parte à jamais pour échapper à toi ; Et pourtant. Et pourtant. »

Parce que au-delà de l’effet incongrue de leur étrangeté, leur singularité naissante n’est en fait qu’une somme diluvienne des attraits sonores du funk, du rock psychédélique, de l’afrobeat, du tribalisme sonique.

Et oui ! Si Goat est terriblement attractif, Goat est aussi malin que l’esprit de la bête qu’il fait ressurgir à ce carrefour où le diable avait confondu Robert Johnson avec James Brown, ou Fela Kuti je ne sais plus… Parce que ce groupe possède une façon de ritualiser le sens de la fête avec la naïveté d’un hippie qui se réveille d’une nuitée intense de trip en tout genre, et qui ne voit seulement la réverbération des paillettes en train de clignoter devant ses yeux dans un cimetière vaudou taché de sang liturgique à base de tomate concassée (certifiée bio et issue de l’économie durable).

Goat est un groupuscule pacifiste de Suède émanant de cette constellation d’illuminés qui préfère se vouer à l’amour plutôt que de soumettre au pugilat le plus béotien. C’est avec cette tolérance que le disque se promet corps et âme à l’incantation variétale et tribale afin de former une nouvelle ethnie de freaks. S’ensuit une musicalité qui tient lieu à la dévotion d’afficher sa ferveur, avec la vivacité d’enivrement que l’ivresse de l’adoration comble en offrande aux divinités de l’extase. La communion devient un étourdissement d’effusion sonore, et le groupe n’en finit plus de sa libéralité musicale avec une succession d’offrandes mélodiques, afin de rassasier son totémisme musical.

La diversité des instruments se jumelle au transfuge des styles musicaux du monde libre de la world music, avec l’ébriété de flûte indienne au sortilège aztèque à l’africanisme Fela Kutinien, jusqu’à ressouder les plaques tectoniques en une terre arable où la communion des cultures sera un nouveau monde d’espoir.

Goat est donc un entrelacement festif d’une ode à l’hallucination pure par son incantation.

Son trip est une douce folie qui n’engendre aucune aliénation et accoutumance, mais offre cependant la liberté de danser avec pureté et impudicité à l’humanité toute entière.


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lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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jeudi, janvier 26 2017

TRUE WIDOW - Avvolgere


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Adepte d’un rock « stonegaze » True Widow est un trio underground de la scène heavy psychédélique formé à Dallas en 2007.

Nota : Stonegaze c'est du stoner avec du shoegaze.

Précédemment dans leur discographie, « Circumambulation » datant de 2013 avait obstrué la pleine élévation de True Widow par sa longueur, chose que l’on ne retrouve plus dans le minimalisme troisième album d’« Avvolgere ».

La douceur affectueuse de cet album appose dans chaque titre une langoureuse tendresse, avec laquelle vous serez sensible pour vous alanguir à sa portée. Séductrice par sa justesse flottante à manier la volupté avec une lascivité prévenante, le groupe facilite dans sa faculté musicale a apporté une lenteur câline, permettant de tomber en amour avec son œuvre. Il y a une évidence à devenir sentimental à son écoute d'ailleurs.

Le band se porte à ce croisement entre Mazzy Star et The Jesus and Mary Chain, avec l'aplomb du stoner rock psychédélique. Il y a aussi ce liant d’ambiance moite et la lourdeur éthérée de My Bloody Valentine pour allonger avec de la profondeur. Dopée dans cette dose d’éther sonique l’opus est une sur-impression mélancolique de rock indé, imprégné dans le buvard de mélodies stoner et de reverb riffs shoegaziens. La mixité vocale avec Nicole Estill (basse) et DH Phillips apporte une réelle complicité à l’œuvre et est vouée à faire naître des émotions étourdissantes dans cette insistance de brumes mystiques.

« Avvolgere » détrempe la lourdeur d’une canicule sur une chape de torpeur de plomb, arrivant même à ralentir chaque mouvement sombre jusqu’à les éclairer.


mercredi, janvier 18 2017

TOUCHE AMORE – Stage Four


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La bataille contre un cancer, la relation ultime et essentielle des derniers instants, le décès d'une mère, la nostalgie, la mélancolie, la colère, toute une palette d’émotions pour laquelle il est impossible de tricher. Le chanteur  Jeremy Bolm de Touche Amore en célèbre le constat avec fulgurance et justice. À partir de quoi, plus rien ne sera comme avant.

Cet album coule de source Emocore, sa douce vérité est communicative, son charme immédiat. Car il y a des choses qui parfois laissent à l’instant la pleine capacité de les vivre avec un naturel déconcertant. C’est la qualité première de ce groupe que de précipiter la saveur de sa musique avec aisance. Alors que l’on sait très bien toutes les qualités insurmontables que cela requiert et l’absolu casse-tête d’équilibriste à disposer, pour que l’ensemble soit et advienne un feu d’artifice démentiel. Surtout au vu du contexte avec lequel on pouvait tomber dans le pathos le plus insupportable, d'autant plus que l'album est vachement moins geignard qu'à l'accoutumé.

Pour cela la formation de Los Angeles est plus mâture avec ses mélodies et moins pressante avec ses débordements fulgurants d'antan de screamo-post-hardcore, qui ne pouvaient aller au bout sans se ramasser la gueule par terre.

Désormais chaque inflexion jouissive est poussée dans tous les sens par cette musique débordante, œuvrant à la confusion des genres punk, hardcore, emo. Le processus de création est basé sur une approche instinctive, sur une question d'équilibre, laquelle trouve son angle de vie dans la pleine absorption du groupe à digérer ses émotions, innovant sans cesse en les intensifiant musicalement et simplement.

La litote musicale est étirée jusqu'à son vice le plus colossal, jusqu’à faire apparaître avec passion le cœur même d’une émotion jamais désavouée par des artifices, mais toujours libre de toute entrave, parce que sa puissance de souffle existentiel demeure ultime, percutante, et surtout naturelle.

Les récalcitrants à ce groupe devraient jeter leur mauvaise foi dans le feu insalubre de leur connerie pour profiter amplement du caractère fort de cet album, signé par le label Epitaph.

Les fans quant à eux seront conquis par sa fulgurance à manier le désordre émotionnel, avec cette aptitude à l’expression immédiate.

Pour les hésitants, ils devront passer dans ce brasier sonore et mettre à l’épreuve du feu le négatif de leur sensibilité, pour qu’à la fin, ne reste plus que le silence de leur respiration qui s’est emballée devant la folle déflagration sonique de cet album, qui vous fait comprendre que vous êtes vivant.


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« Stage Four » s’avère être un disque qui flotte dans le nœud coulant de la fatalité existentielle, avec la sensation d'y voir séjourner la bénédiction de l'humanité toute entière.


jeudi, janvier 12 2017

OPETH - Sorceress


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« Sorceress » qu’est-ce ?

Ce sont de superbes mélodies troublantes, poétisées comme des écrins de cristaux liquides qui se meuvent au gré d’atmosphères planantes, presque vespérales, dans la moiteur originelle du premier jour.

Ahhhhhhhhh l’on se sent poète et poussé par des ailes d’ange en écoutant un tel album. Faut dire que Opeth pète plus haut que son cul, il surenchérit même avec audace dans la célébration qu’il voue à son rock progressif pour hippie. Cela a de quoi faire ricaner les aigris passéistes, qu’importe, je m’absous de toute cette guéguerre pesante pour nacrer mon inconscience, et la nourrir d’une telle musique avec outrecuidance, surtout quand elle est munie par un mood Pink-Floydien folkisant à outrance l’apesanteur sensible d’une délicatesse création musicale, allons bon, comment ne pas aimer être cajolé de la sorte ?

Avec le titre «  The Seventh Sojourn » On se voit dans « Lawrence d’Arabie. », la vue est immense et l’arabisation musicale est en technicolor. Alors certes, Opeth n’a plus le même goût que jadis. Il faut se rendre à l’évidence le groupe dit Yes au progressif, et ce oui énumère les obédiences très discutables dont nous nous sommes méfiés (pour ne pas dire gaussés) jadis à l’écoute d’un album de Marillion.

Il fait donc nuit dans le passé discographique du groupe, et l’aurore du précédent opus apparaît avec encore plus de soleil dans ce nouvel opus, où l‘amour apporte des ailes de papillon à ceux qui éclos de leur chrysalide quotidienne pour une vie poétique. C’est ce que réalise Opeth, pour qui l'existence d’un tel album possède le goût salé d'une larme de bonheur qui glisse jusqu'à la commissure de tes lèvres, et fait frémir ton cœur comme le vent pousse la voile. Rooooooooh comme c'est beau !

Bref, après avoir puisé dans l'arbre de la connaissance du précédent album « Pale Communion », le groupe nous propose de croquer dans le fruit défendu.


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vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


dimanche, novembre 20 2016

DARKHER – Realms


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Darkher est une prêtresse à la spiritualité sauvage. Elle est ce souffle froid de la mélancolie profonde qui donne vie et corps à la chaleur d'une musique planante de l’au-delà !

Darkher, (Jayn H. Wissenberg) introduit sa nébuleuse dreampop-NewWwave (Cocteau Twins, Dead Can Dance) par le biais de la clarté blafarde de sa coldwave pour un dark Rock incandescent et lumineux, capable de volupté obscure avec des mélodies tristounettes pour faire vibrer l'intensité d'un morceau mélancolique, voire féerique.

Il y a dans cette musique une inspiration liturgique et médiévale aux sonorités incantatoires, voire magiques, accentuée par des paroles sombres et introspectives, qu'accompagnent une dose de tristesse propre à la dark-wave.

Même si le rêve est l’enfouissement des émotions et que l'époque en exècre l’abandon car :


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« Realms » calque dans sa part de crépuscule, l'alcôve primitif du bouleversement que la fin de la nuit provoque quand l'aurore naissante surgit.


samedi, novembre 12 2016

NOÊTA - Psykhē


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NOÊTA est composé de Ê et de Â.

Pas con hein ? Attends il y a encore plus zarbi. « Psykhē » est un premier E.P, c'est un antre bucolique pour un folk suédois aussi black, qu'ambiant, dont les thèmes de prédilections concernent la mélancolie, les rêves et les ténèbres profondément inscrits dans la nature humaine. L'ensemble est transcendé sur des enregistrements analogiques, aspirant à synthétiser une divagation à la fois contemplative et intérieure, pour une rêverie pleine de beauté sauvage et de douceur primitive.


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En trois compositions virginales le ton est posé, la douceur immense, et la cover « I Lost Something In The Hills » de la folkeuse Sibylle Baier est aussi gracieuse et vaporeuse que l'originale. Par ce fait tenace et imputrescible, cet E.P est : Formidablement cotonneux et ivre de sauvagerie ténébreuse pour traverser la dépression hivernale.


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vendredi, octobre 7 2016

BLOOD CEREMONY – Lord Of Misrule


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Un parfum de ringardise pour certain, une ode éperdue pour d’autres, Blood Ceremony est un archéologue musical, maudit.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ici ça sent le salpêtre heavy occulte, l’encens périmé, le hippie crasseux, mais libre de toute entrave.

Blood Ceremony évoque une musique du passé que l’on ingurgite tel une soupe de sorcière. Conjurant le mauvais sort d’une discographie majestueuse mais boudée, ce « Lord Of Misrule » suit la bave de crapaud heavy avec le sortilège de faire du rock-doom avec ses fragrances poppy.

Bon si c’est encore un peu concis, il y a des variations de swing pop, de rock garage, de psychédélisme qui amènent une relative évolution. Ceci dit Blood Ceremony ne sort pas non plus de son bois dormant, et la mousse de son rock occulte et le lierre de son heavy rock se sont infusés consciencieusement, de la sorte que le groupe refait encore et toujours avec la fascination qu’il a pour Jethro Tull, Led Zep, Jefferson Airplane, Black Sabbath, Coven.

Ghost a su conquérir les foules par les embruns méphistophéliques de sa pop culture, ce qui n’est pas le cas de Blood Ceremony, qui est dans une posture d’ermite en comparaison. Si vous appréciez le passé alors chaque incantation sera un pur maléfice, sinon, vous trouverez cela désuet.

Je trouve du charme à ce groupe, une rémanence subtile et une saveur archaïque qui en font tout l’envoûtement aussi. Mais cela ne signifie en rien que ce soit éteint.

Le côté rétrograde ne me gêne absolument pas, je suis convaincu par son effet caduc et je trouve que la vétusté des sonorités épousent les formes révolues, comme si ce disque avait vu le jour il y a vingt ans. Alors pourquoi aujourd’hui un tel disque voit le jour ? Peut-être que la rétention que le passé dispose demeure un ancrage plus fort qu’un avenir incertain. Toutefois le groupe détrempe et désinhibe par une forte sensation de résurrection. Peut-être qu'en réincarnant des idoles du passé, il s’envoûte d’une parure plus contemporaine dans son revival, afin de repriser les habits de fortune comme Ghost & co ont su en populariser avec une réussite conséquente.

Ce qui est avéré aussi, c’est que le groupe assume totalement son aspect démodé, et j’apprécie cette folie de ne point usurper ses intentions. Du fait, cela fait très certainement de moi un plouc, et franchement je m’en branle absur-dément. J’aime cette fantaisie hippie, la fraîcheur de son ton bucolique, tout comme la joliesse nacrée de ses ténèbres, son psychédélisme 70’s pastel, son swinging rock occulte, sa folk ésotérique des 60’s et le bleu de sa romance rupestre. Alors oui Blood Ceremony a une fois encore réalisé un album que la chaleur des flammes purificatrices anciennes en concocte toute la primauté.


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mercredi, octobre 5 2016

Dance With Forest Pooky

Insatiable, infatigable Forest Pooky, ce garçon lunaire et solaire qui est qualifié de clochard céleste, lance sans garde-barrière une tournée sur 4 continents en la jouant Phileas Fogg pour un tour du monde. Pour cette occasion il lance son nouvel E.P We´re just killing time before we die, dont il a extrait le titre Dance With Me pour un vidéo-clip concocté par David Basso.



Forest Pooky est un artiste en solo-äcoustique, mais aussi en All Star pop punk band dans Sons of Buddha avec des membres de UncommonMenFromMars, ISP, Canibal Mosquitos ; avec des gars de Second Rate & Dead Pop Club dans le groupe Napoleon Solo et son mood 90's D.C. rock ; puis pour du 90's punk rock dans Supermunk avec des membres de Not Scientists, No Guts No Glory, Sons of Buddha.


jeudi, septembre 29 2016

BIG JESUS – Oneiric


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Faut-il croire en un messie pour renouer avec l'insouciance de la vie ?

Le doute permet de ne point tergiverser à l'écoute du « Oneiric » de Big Jesus, car on fait face à un tel mur du son qui Torche sa torpeur avec le shoagaze gentillet de The Pains of Being Pure at Heart, que tout s'illumine avec cette pointe de dream pop facétieuse.

Originaire d’Atlanta et formé en 2009, Big Jesus développe un rock gorgé de fuzz qui fleure bon les 90's versus 2,0. Enregistré à Los Angeles et produit par Matt Hyde (Deftones, Slayer, Monster Magnet, Sum 41, Alkaline Trio) pour en polir la surface, cet album est surmonté de grosses guitares, de rythmique à double épaisseur et d'une surdose d’énergie molletonnée pour fans des Smashing Pumpkins et Silversun Pickups.

Même si je sais que tu connais ce contraste saisissant entre une fuzz qui dégouline un brouillard émotif et des mélodies au cœur fondant, au fond de toi tu sais très bien que tu ne vas pas résister longtemps à cet appel pour rêver durement pendant l'écoute.

La douceur heavy de leur acier sonique flotte dans cette sensation aérienne et onirique de convoler sous la blancheur immaculée de My Bloody Valentine, Deftones, Ride.

Se fondre dans la soie cotonneuse de leur musicalité apportera des ailes du désir à tes rêves les plus doux, les plus humides. La centrifugeuse de leur musique écrasante illuminera tes enceintes bouillonnantes parce que « Oneiric » est un disque de cœur tout simplement addictif, et d'une beauté à faire rougir la lune.

Éthérée et super catchy est la nouvelle révélation musicale ‘Alternative rock’.


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samedi, juillet 2 2016

EXPLOSIONS IN THE SKY – The Wilderness


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Voilà un groupe figuratif dans son post-rock, qui depuis toujours fait émerger une matière sonore aux multiples formes. Explosions In The Sky fait dans le songe, et cette fois-ci il enfarine sa musique d’éclats électroniques de l’ordre de la berceuse enfantine, ou du réveil musculaire. Comme je ne sais pas dans tel quel état d’esprit vous êtes, ni ce que vous faîtes à ce moment. Mais choisissez un des deux.

Explosions In The Sky revient nous bercer avec son sixième album, « The Wilderness » qui sort chez Bella Union. On retrouve l’expression climatique dévolue au genre avec ses sensations tout en contraste, entre contemplatives et colériques. La nouveauté et pas des moindres, c’est que les errances électros appliquent le prisme qu’a réalisé Tarwater début 2000. Pour moi il n’y a rien de nouveau. C’est aussi précieux et délicat que de la porcelaine. Je ne ferais pas preuve de condescendance à leur égard, non pas que le disque soit mauvais, mais que j’y décerne une forme de prétention orgueilleuse à choir dans ce genre de mollesse qui se touche le manche pour impressionner, et sans véritablement, jamais émouvoir.

C’est lisse, poli, on ne ressent aucune électrisation rock, ce n’est plus du tout incandescent, c’est devenu cérébral et froid comme les sons électroniques employés, c’est du art-rock contemporain. Même par effet de contraste c’est uniforme. Peut-être si vous êtes amateurs de l’artiste Jeff Cons cela peut faire son petit effet, moi ça m’a clairement ennuyé, et pourtant vous savez que je suis versatile et instable pour la culture en général.

La question qui s'impose : Est ce que je suis carrément passé à côté de ce disque ?


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Naaaaaaaaaaaaan, c'est juste que je me suis fait chier !


dimanche, juin 19 2016

ALUK TODOLO - Voix


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Ce n’est pas vous qui devez aller vers cet album, car c’est lui qui vous transperce, fait pénétrer son impétuosité musicale.

Parfois magmanesque dans sa théâtralité, ce n’est plus tout à fait du black, c’est un truc isolé entre ses pérégrinations post-rock et son trip krautrock. Indomptable par sa singularité, cette musique sauvage est possédée, et si vous ne savez pas par quoi ? Mieux vaut ne pas trop y réfléchir au risque de faire appel aux grands esprits pour en connaître la teneur en fruit défendue.

Foudroyant par sa vigueur, herculéen par sa force centrifugeuse, le trio impose son souffre pour gratter les braises de son embrasement sonique, là où tout prend corps et s’enlace dans les flammes purificatrices.

Est-ce du free-rock ? Pourquoi pas ! Il y a une somme folle de style qui s’imbrique pour donner vie, pour prendre corps, pour immerger, pour surprendre, pour suspendre les songes telluriques, pour étourdir, et puis pour redéfinir ce goût acre et fou d’une musique libre, indomptable et provocante dans son désir de liberté.

Aluk Todolo épouse à merveille cette phrase de Charles Baudelaire : “Allons au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.”


vendredi, juin 10 2016

ULVER - ATGCLVLSSCAP


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Vous savez pas quoi ? Ulver remplace aisément la place laissée vacante par Tortoise.


Parce qu'avec cet album au titre énigmatique, Ulver a conçu une musique rêveuse pour un post-rock sélénite, et cela aura de quoi vous faire décrocher la lune.

Sinon pour revenir sur terre avec la tête dans les nuages, on peut aussi émettre une filiation généreuse avec Pink Floyd, tant les errances spatiales, planantes y sont communes.

On atteint vite à travers cet aspect cotonneux, aérien, lunaire, spleenétique, une quiétude évasive dont les sinuosités musicales en permettent l’abandon.

"ATGCLVLSSCAP" est un très beau disque de contemplation, qui fait de Ulver un groupe parfait pour les méditatifs, et un ami précieux pour les songes.


jeudi, juin 2 2016

SHEARWATER - Jet Plane and Oxbow


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Shearwater est un groupe d´indie rock formé au Texas en 2001 par deux membres d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg, le leader chanteur, guitariste, clavier.

Ce 8ème album studio est confiné dans un espace-temps très codé. On y trouve l’empreinte 80’s de la préciosité de composition d’UltraVox, la romance pop de Mark Hollis de Talk Talk, un brin de noirceur à Depeche Mode, ainsi que le chant pale du style à Jay Jay Johanson, mais beaucoup moins sentencieux par contre. Il y a aussi cette élégance flottante que l'on retrouve dans le pop rock de Band Of Horses.

"Jet Plane and Oxbow" est un album flottant, doux, apprêté, étudié, nourrit pour développer plusieurs niveaux de lecture avec une production digitale qui fait un écho à la magie synthétique de l’album, avec sa minutie complexe et des arrangements somptueux. L'aide apportée par Brian Reitzell (compositeur de musique de film et percussionniste sur The Virgin Suicides, Lost in Translation, The Bling Ring, et 30 Days of Night) a apporté (transporté) littéralement tout un pan musical de Shearwater vers la stratosphère cinématographique.

"Jet Plane and Oxbow" de Shearwater est une puissante immersion mélancolique !


Une puissante immersion mélancolique


mercredi, mai 18 2016

PRISTINE – Reboot


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Il y a de la poésie chez Pristine, une sensibilité particulière, notamment avec ce mélange R&B, blues, hard rock/stoner, occult-rock, pop. Parce qu' il y a un son, un grain, une voix, une musique fusionnelle, sensible, libre et belle parce que simple et dépositaire d’une pérennité à faire vivre une musique, et tout cela forme une réussite totale.

Hey je vous assure avec le cœur sur la main qu'elle pourrait chanter de la pop sans difficulté, non mais ouaie sans dec, cette femme possède un organe vocal phénoménal, d’une justesse enivrante, et d’une attraction divine : Le spectre de Janis Joplin à Patti Smith et de la souveraineté lâche de Joss Stone.

Enfin je ne dirais pas que tout repose sur elle, mais qu’à la première écoute son fluide absorbe immédiatement. Cependant et il faut bien faire la part des choses, si elle sublime cet album c’est aussi parce qu’elle est appuyée par des musiciens qui enrobent, servent, anoblissent son grain vocal. Une oreille-orgasmique en permet la lecture, surtout avec toutes ces merveilleuses idées pétillantes remplient par de vieux souvenirs de plusieurs décennies. Nullement besoin de Viagra, mais seulement quelques musiciens norvégiens de talents, capables de jouer avec de vieux instruments originaux tels que Hammond, Farfisa, etc.,Et qui peuvent toujours se défouler avec en sculptant un impressionnant barouf vintage.

C’est vintage sans être kitsch, hein ! Comme c’est suranné sans être passéiste. C’est caractéristique de la recherche spirituelle qui tourne à faire revivre une époque perdue, c’est aussi tout le charme des seventies et de leur dimension libertaire, disposant de toute la passion pour les glissades bluesy, les allitérations heavy, une désinvolture princière, et cette flamme autour de l’idée que tout est possible. C'est vrai qu'il y a ce sentiment de blues et soul et du rock tout à la fois, et de la psyché très nostalgique pour que le groupe rejoue/renoue avec l'âme de Led Zep & Grand Funk Railroad. De cette expérience, il y a beaucoup d'inspirations, et un dérivatif à ce que Pristine ne deviendra jamais un secret d’alcôve, pour que les fans de rock ronronnent d'entendre le son de la vieille école de blues-rock joué par de jeunes musiciens.




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