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Tag - rock lunaire

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dimanche, novembre 12 2017

MOGWAI – Every Country's Sun


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Longtemps je garderais dans mon être les mélopées câlines de Mogwai.

La première fois on attend la fin de ces longs préludes musicaux, sans admettre que le classique couplet/pont/refrain n'existera pas sur les terres écossaises. Bien entendu c'était il y a longtemps, le post-rock n'en était qu'à ses balbutiements. L'initiation se fera opaque, l'intronisation se réalise par petite touche d'infiltration dans la beauté aqueuse que distille le groupe. Le clair obscur prend différente teinte quand enfin l'assimilation devient légèreté, ainsi la révélation poétique se fait jour, et plus rien ne sera plus comme avant. Non plus rien. La perception musicale se pare d'un filtre anti-age, à l'addiction contemplative intemporelle. Mogwai est instrumental, votre imagination fera le reste. Parle si tu as des mots plus fort que le silence.

La discographie d'un groupe est jonchée de collaboration, de maturité de langage, de choix distinct, d'une époque, d'une identification, et que sais-je encore...Sur le fil du rasoir Mogwai a jalonné sa carrière d'instant suspendu. Les mélomanes funambules apprécient de prendre de la hauteur, d'épouser leur regard musical sur de vaste paysage fuyant vers des perspectives et des horizons lointains. Plus c’est haut, moins il y a d’oxygène, et plus la perte de l’équilibre est violente.

Ce neuvième album Every Country's Sun en contraste l'étendue avec un panorama post-rockien vaste, lent, capiteux, doucereux. L'apesanteur du flottement est doux, se sentir léger dans cet intermède sonique ramène à un état de sérénité libérateur. Mogwai remplit le vide, moule, coule, fond son acier avec de la plume, des perles de pluie avec des lames de feu, nuance de puissance et de profondeur, de couleur et d'élévation. Un chant vient parfois suspendre le temps, nous déraciner du cosmos de Mogwai.

Le groupe surnage dans son ouragan de sensibilité et de sensualité comme un big bang tellurique intérieur, là où la plénitude des sens est une explosion des émotions, sensations. Tout ne fait pas corps pourtant, des fêlures, des craquements, une fragmentation de la tectonique des plaques soniques depuis le départ du guitariste John Cummings, le groupe est un quatuor. Un déséquilibre que l'on entend. Même si dans la formation de Glasgow tout semble éphémère, elle folâtre dans l'ambiant mélancolique, se dépouille de tension rock cataclysmique, évapore la dream pop grisâtre, suspend le shoegaze luminescent, tout dans ces ambiances atmosphériques et cette violence sonique se dilate, se métamorphose, tout est transitoire, vulnérable, indécis. Étions-nous dans l'expérimentation ? Dans le progressisme ? Dans le diffus ? Dans le néant ? Le groupe tisse ses filaments arachnéens musicaux, il défie avec l'arme des guitares, tire des larmes et la vie flotte sans cesse avec sa force et sa fragilité. C'est peut-être en cela que Mogwai renforce sa capacité inoubliable, faire bruisser la vie dans chacune de ses pièces musicales.


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vendredi, octobre 27 2017

OUR CEASING VOICE – Free Like Tonight


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Le cœur peut battre, mais il a battu retraite à l'endroit où les fausses étapes et les impasses le conduisent.


C'est avec cette citation que l'on définit le méconnu trio autrichien Our Ceasing Voice, qui pousse avec son troisième album l'incandescence passion du gouffre dark et de la volupté angélique.

Depuis leur premier opus When The Headline Hit Home en 2011, le groupe jalonne à pas gourd une merveille musicale purificatoire, capable de délester le souffle court du poids de l'existence par une lumière secrète enivrante. Véritable diamant brut habité par une belle âme qui ne cache pas ses faiblesses That Day Last November leur second album avait ce désir capiteux en lui. Une force acérée par des atmosphères et des mélodies incantatoires de post-rock. Mais il manquait une épaisseur, une gravité certaine, avec Free Like Tonight tout prend acte et existence. C'est un accomplissement légitime après toutes les étapes de la musicalité du groupe, car il y a véritablement un souffle supérieur.

Leur post-rock est sépulcral et leur shoegaze ambiant est baroque, c'est à la fois émotionnel et mélancolique par les fréquences de beauté dark que ce rock fouette en une caresse de plume, et de cire chaude pour faire frémir en contraste avec des courants d'air glacial. Le chant crépusculaire du nouveau membre Dominik Dörfler ajoute une atmosphère de profondeur et d'affliction vraiment très sombre. C'est littéralement un atout majeur dans la nouvelle approche sensitive à la teinte noire du groupe.

Leurs chansons convoquent les passions dans des ruines, elles ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un cœur qui bat. On en jouit, on peut même en peindre la silhouette éclore du bout des songes. Ces chansons sont comme une rose en floraison dans notre fort intérieur buisson ardent. Il y a des épines partout tout autour et il est impossible d'en forcer l'éclosion. Malgré le fait d'en être absolument épris du regard, il faut en être contaminé corps et âme.

Ainsi lorsque la rose s'épanouira en vous, alors seulement vous pourrez la contempler, ressentir son pollen et finalement la connaître. Son doux venin est précieux, cette beauté pure ne doit pas être prise avec légèreté. Il y a une telle profondeur dans cette remontée des limbes qu'elle dévoile une vérité jusque là insondable. Ce n'est pas un décorum dark comme on a l'habitude de nous en vendre la pâte poussiéreuse.


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Ce disque hante par sa morsure dans les blessures assassines. On pourrait craindre la douleur de sa brûlure, il n'en est rien. C'est comme quand on touche brièvement la flamme d'une chandelle, nous ne ressentons aucune douleur. Ce n'est pas de la magie, les flammes jaunes dansent au dessus alors que le bleu du feu est la combustion, la partie la plus chaude de la flamme se trouve à la lisière entre ces deux zones. Our Ceasing Voice est la bougie éclairante, pas la flamme dans le mouroir de l'âme impure.

Écouter une musique élégiaque fait fleurir une sensation de tourment, de souffrance, d'affliction. Les personnes mélancoliques perçoivent dans ce retrait naturel un besoin automnal de faner, pour mieux se renouveler avec une vivacité printanière. Un cycle introspectif empreint de sobriété et de recueillement afin d'écouler le trop plein, se délester de l'accumulation de la souffrance, de l'anxiété, de toute cette incertitude.

Mon sang coule dans le feu de mon existence, mon cœur bat sans limite, mais si l'amour se consume pour ne plus devenir que cendre, alors la douleur sera en moi. Les larmes que l'on ne pleure pas chutent toutes en gouttelettes avec tristesse, elles viennent percer le cœur à vif et martèlent la pensée de toutes les larmes à verser. L'album est sombre et poétique, dramatique et remplit de même attachement du lierre sur les pierres, avec un sens raffiné des longueurs ouatées, d'une densité lugubre, d'atmosphères pénétrantes, atmosphériques, intimistes, de mélodies accrocheuses, où les braises crépitantes de l'enfer s'éteignent sous la pluie dépressive saturée de désespoir.

Ce disque plonge dans le même état comateux que le sublime Industrial Silence des nørvégiëns de Madrugada. Our Ceasing Voice érode, fait frémir dans ce cimetière à cœur ouvert la beauté mélancolique de son post-rock spleenétique.


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jeudi, octobre 12 2017

SLOWDIVE – Slowdive


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Le retour feutré du shoegaze de Slowdive fait partie des correspondances que l'on cajole.

La luminosité de leur musique s'ouvre telle l’Épervière frutiqueuse au tout début de l'aurore et en tout fin de journée crépusculaire avec l'Hipomée pourpre. Comme le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes, Slowdive réalise une prouesse identique avec nos émotions enfouies. Sa faculté musicale est empreint d'une délicatesse d'orfèvre, avec ce quatrième album le temps se dilate et referme avec lui , le doux parfum capiteux des réminiscences et celui de vivre le plein instant.

Slowdive c'était il y a longtemps, vingt deux ans en arrière, dans une autre vie maintenant. Ce groupe était un point lumineux dans la noirceur de l'inconnu. À la mode Shoegaze dans la première moitié des 90's, le jeune groupe est insouciant avec la tête plongée vers le sol, sans pomper l'air. Il jouait avec détachement des embruns soniques, émanation superbe et incandescente que la dream pop en fera fructifier le penchant acidulé en un temps suspendu. Puis le glas est survenu avec l'emblématique britpop et dissipa en un coup de vent médiatique les nuages shoegaziens pour la grisaille arrogante du royaume britannique.

Dans l'ère contemporaine Slowdive est une influence fertile, post-rock & blackgaze lui doivent leur co-existence. Depuis un appel d'air nostalgique qui empile le retour des Pixies, Blur, les Stone Roses, Ride, Lush, My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chains, en 2014 le groupe remet son art sur scène, puis apparaît cet album. Le band joue ses effluves mélodiques indolentes dans une torpeur ténébreuse, avec ce spleen émotif, pudique, dans une époque qui a toujours du mal à se détacher de sa dépression. On émiette chaque titre en s'enracinant à cet opus éponyme à chaque écoute. Le groupe y injecte une tristesse tranquille, et sa mélancolie écumeuse dépose sur chaque ressac émotionnel reçu une infinie quiétude.

Il y a une lumière incomparable sur cet album, celle d'une maturité que l'existence féconde avec lenteur. La brume sonique n'est plus ce parfait isolant thermique à nos anxiétés-souffrances que le groupe a édifié en un mur blanc shoegazien. C'est désormais une cachette onirique, où perle des puits de jour. Ce retour attendu délivre un engourdissement nécessaire à l'ébullition ardente que le monde presse dans sa dynamique clinquante de boule à facette. Si il te semble que c'est trop propre et fade, écoute sans rien attendre, alors le vide en toi se remplira de lumière.

Les amoureux de l'air libre apprécieront cette dépressurisation perpétuelle des anglais de Newcastle. Parce que leur cœur s’ouvre à cette voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant la bise blonde de l'aurore ! Slowdive est un bien-aimé qui sèche les pleurs, rassure la tendresse avec ses mélodies d’autrefois, et permet que l'on se verse dans sa coupe, pour voguer dans l’ivresse ! Sous sa brise légère le cœur frémit d'amour et de compassion. Le cœur s’ouvre à sa voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant le baiser noir du crépuscule !

Slowdive revient et avec lui la douceur.


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mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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dimanche, septembre 10 2017

GRANDADDY – Last Place


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Grandaddy est un vieux groupe revenu des limbes avec une émotivité innée, capable d'enjoliver une mélancolie douceâtre vers la lumière et l'expectative. Toutefois son caractère musical quelque peu intimiste risque de contraster dans une époque de zapping en tout genre, où la quête de l'émotion rapide est en tout point antagoniste avec cet album, laissant une saveur de générosité musicale, d'expérimentation douceâtre, d'apaisement rêveur.

Onze ans plus tard, voici le come-back inspiré des atours Grandaddyesques pour que les fans nostalgiques claquent des clins d’œil en signe de reconnaissance à chaque titre. En faisant preuve d'un sens plus objectif face à ce retour, je trouve et pense que c'est jolie, oui c'est cool d'entendre encore un groupe comme Grandaddy aujourd'hui, célébrant envolée harmonique pour jouissance mélodique, variation électronique pour inspiration sans limite. Oui sans limite, cela ne m’apparaît pas du tout présomptueux d'écrire cela. Ce groupe agit avec magie, dans la légèreté, élégance, bienveillance à élaborer avec méticulosité des chansons trottant avec euphorie et bonheur dans la tête.

Cette musique se déleste avec désinvolture pour distraire, elle confine dans une atmosphère amniotique, fragile, disposant d'une ambiant tout en apesanteur dans ses gènes pour vous emmitoufler d'amour, d'hésitation à voir un monde, à vous découvrir dans l'épaisseur cotonneuse de sa joliesse, et tout autant dans ses tourments sombres. Parce que dans cette mélancolie on se sent éveillé, comme épanoui à recevoir la rémission musicale tant les arrangements sont somptueux, et c'est un doux euphémisme pour argumenter sur la délicatesse du compositeur Jason Lytle, avec lequel on se sent complice de l'isolement à comprendre un monde de plus en plus artificiel, technologique, synthétique.

Cet opus capte la lumière solaire avec la sensibilité d'un enfant, enrobe avec le côté pop pastel à Weezer, la crème planante de Philip Glass, les rotations soniques et lunaires de Flotation Toy Warning, dans une sorte de space rock pop au bidouillage électro et à l'orchestration sophistiquée.

Une fois de plus Grandaddy sort un disque spleenétique unique pour les dreamers.


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mercredi, septembre 6 2017

ABSTRACT VOID – Into The Blue


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Abstract Void est le projet solo d'un gars de la planète terre qui a conçu une musique électronique triste qui fait danser. « Into The blue » est son premier opus dans lequel la synthwave y côtoie le bläck atmosphérique, où le shoegaze mélancolique révèle sa lumière au post-Rock, où la musique électro-Dark ambient pénètre sa ténébreuse torpeur au blackgaze, où le retrowave étourdie la dream Pop et manifeste le Shoegaze.

Les ambiances, harmonies, mélodies sont très bien traitées. Il y a une force centrifugeuse mélancolique à l'intérieur et sa puissance de rotation fait tourner la tête, d'autant plus que le gazier est assez malicieux pour amplifier avec des effets d'élévation. C'est vrai aussi que l'on en retrouve les atours dans pas mal de production désormais. Vous savez cette sensation de flottement, de mélodie éthérée qui vous emporte dans le confins nuageux, là où douceur et sensation de béatitude vous baignent dans sa légèreté amniotique.

Bien entendu pour cette retrowave on pense à Perturbator avec son spirit de tremolo tremens 80's, quoique son dernier opus New Model souhaite ériger une cathédrale et fini par se ramasser par son errance.

Bon ce qu'il y a de vraiment abouti et d'intéressant avec Abstract Void c'est que le beat danse sous les nappes synthétiques, que les couleurs nous apparaissent phosphorescentes, et que la dépression de contraste entre la noirceur du blackgaze et la synthwave s'accouplent merveilleusement bien.

J'ai l'impression que l'isolement des hommes entraîne cette introspection musicale qui implose littéralement en chacun de nous dans cette vie contemporaine, et de ce fait il me semble désormais que nous sommes dans le règne éphémère des contemplatifs, enfin !


jeudi, juillet 6 2017

Colour Haze – In Her Garden


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« In her Garden » est le 13ème opus de Colour Haze, groupe de stoner psyché allemand à la prestidigitation lunaire et à l'obscurité lumineuse.

Colour Haze forme ce triangle équilatéral propre au formation culte tel que Cream, The Jimi Hendrix Experience, Grand Funk Railroad, dans lequel il anoblit un heavy rock psychédélique aux influences distinctes comme allant de Led Zeppelin / Jimi Hendrix / Black Sabbath / Kyuss / Moving Targets / Cream / The Who / The Beatles / Frank Zappa / NoMeansNo / King Crimson / Humble Pie / Rolling Stones / Mudhoney / Monster magnet / Grand Funk / Calexico / Steve Cropper / Godspeed You Black Emperor / Mountain / MC 5 / Traffic / Santana / The Obsessed.

Le groupe reprend peu ou proue là où il avait les choses planer. On en retrouve la délicatesse feutrée, le botanisme musical, l'ode hippie, et une saveur Led Zeppelinesque assez hors d'age certes, mais dont les différents apesanteurs souterraines prennent leur envol intemporel dans une époque contemporaine qui recycle le vintage.

Les titres sont longs, il faut s'acclimater à cette torpeur de transe, à ce heavy blues, à ce stoner psychédélique brûlant, fiévreux, cachant dans l’interstice de son venin les atours inquiétants du sombre.

Colour Haze possède un groOve singulier, une distanciation musicale, et un sens de la rêverie bien réel. Capable de faire intervenir des cuivres pour légiférer à l'audace de son songe sonore les qualités ésotériques qui permettent de planer.

Oui Colour Haze est un groupe de doux méditatifs, aimant faire tonitruer des riffs lourds, faire s'envoler des mélodies dans les nuages et sacraliser l'ode éperdue à la passion sonique.

« In The Garden » est riche d'une flore musicale dont le terreau ancien ne fait qu’embellir la rose et ses épines.


vendredi, juin 16 2017

NYCTALGIA – A Hint Of Eternity


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Je ne sais comment ?? mais je n’avais jamais entendu ce groupe. J’engage ici-bas que je vais remédier à cette carence en approfondissant leur discographie, même si je redoute toutefois une redondance…

Basé sur du post-rock, cet album de Nyctalgia caracole dans les nuages du septième ciel avec un ensemble d’instrument à corde, chœurs angélique féminin, ainsi qu’un piano, en plus des guitares cristallines. Il cajole par sa grâce spleenétique, par le précipice qu’il accorde à la mélancolie d’en recevoir le chagrin.

Aux trémolos violonistes répond l’affliction lacrymale et sa luminosité lunaire, confinant à un recueillement contemplatif, si cher à mon cœur. Ce post-rock instrumental et orchestral possède une immense profondeur de champ et cette caresse subtile d’effleurer par sa douceur vaporeuse l’apesanteur céleste. Il y a quelque chose ici qui tient de la beauté que l’on accorde à la nature sauvage, et qui émeut par l’harmonie somptueuse qu’elle détient. Et cet opus m’a aussi remémoré le band Islandais Sigur Rós avec cette errance délicate et indomptée. On en ressort tout étourdi, avec le cœur léger, et les joues humides parce que c’est beau à en chialer.

Parfois il est préférable de n’écouter qu’un seul album d’un groupe. Parce que maintenir avec lui cet instant précis où l’on se rencontre, demeure un moment unique avec lequel on reviendra sublimer son souvenir.

Celui-ci a agité l’émoi, et sa conservation en un temps précis où j’en ressentais le besoin a inauguré un souvenir qui ne cessera d’être une évocation d’importance désormais.

Alors que si l’on franchissait le pas d’écouter un autre album à ce moment précis, il y aura toujours ce doute inextinguible qui planera avec hésitation et obstination, jusqu’à concevoir que d’entendre ne serait-ce qu’un soupçon de rabâchage serait capable à lui seul d’atténuer toute la beauté grandiloquente absorbée la première fois en un état de félicité absolue, et que l’on nomme : Révélation.

Fatalement la curiosité apparaît comme une garce qui fait luire le verbe croire à la commissure de ses lèvres désireuses et capricieuses.

Oserai-je me dévoiler plus encore, et d’être agréablement surpris si je me penchais sur la discographie de ce groupe ? Pour le moment je laisse le doute planer, même si au fond de moi je sais déjà que mes lèvres se rapprochent toujours un peu plus du désir d’entendre la caresse musicale du groupe m’enivrer une fois encore, et d'en bouleverser les strates rêveuses.


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mercredi, juin 14 2017

STORMHAVEN - Exodus


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Pétri d'une maîtrise musicale et du liberté de composition, Stormhaven est un groupe de death--prögressiste ayant sorti un premier E.P « mystical journey » en 2014. Avec « Exodus » il gravit une marche de progression assez impressionnante.

Le quatuor se compose de Zach (guitare et chant), Régis (synthétiseur et chant), Jonathan (basse) et de Quentin (batterie), pour "Exodus" il y a un triptyque « Part 1 The Emerging Ghost », « Part 2 The Crystal Gate », « Exodus Part 3 The Celestial Eye », œuvrant ainsi comme une grosse pièce sonique, il devient impérieux de sauter dans cette noirceur, et de l'entendre s'exalter de la sorte, cela confine ton cerveau dans un déchaînement tellurique, car faire face à ce bouillonnement Bläck DeAthalique, à cette frénésie krautrock exige une écoute approfondie. Munit d'influences diverses et variées allant de Dark Funeral, Dimmu Borgir, Death, Coroner, Dream Theater, Symphony X  jusqu'à l'immuable capacité sensorielle Opethienne (première période), Stormhaven a su digérer avec intelligence afin de fluidifier ses compositions avec.

La richesse musicale est présente, elle se déleste d'un surpoids technique par l'apport d'une atmosphère conséquente à la salubrité des titres. De stature assez longue, les morceaux imposent eux-mêmes une liberté de ton que le groupe rend grâce par le biais d'une luminosité conséquente, sans pour autant suspendre une noirceur absolument généreuse. Très bien produit, chaque élément est à sa place et soupèse son propre poids sans étouffer les autres, comme une composante essentielle à la représentation qu'elle sculpte.




En cinq titres d'une générosité époustouflante, le talentueux Stormhaven domine très largement son propos, sans être démonstratif, ni brouillon, ni prétentieux. La fluidité est son grand art et lui confère une envergure à part. On sent une forte exigence de restituer à sa patience la maturité de composition nécessaire pour célébrer son envergure, afin de rendre à son art la discipline musicale qui en forge la force, la grandeur.

Ce groupe conte une histoire, vous embarque dans son royaume, il partage l'intimité de son art en y restituant toute l'amplitude, la teneur, ce qui souligne ce que disait Paul Klee dans son journal : “Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible. L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”

Un disque qui va vous clouer sur place !


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dimanche, mai 7 2017

SKY FLYING BY - Miscellany


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Un jour vous trouverez dans cette musicalité une poésie lunaire capable de faire refléter en vous ce qu’il y a de plus profond comme quiétude.

Mais avant d’en arriver à cet état, vous devrez admettre que l’ennui qui est le vôtre en écoutant ce disque n’est uniquement dû parce que vous disposez d’un bagage trop encombrant, qui prend trop de place, comme votre ego, et votre mémoire sélective. Sans ces poids mort vous pourriez ressentir la douce puissance de votre souffle de vie à chaque respiration. Car ce n’est qu’en ayant assimilé ce fait que cet album prend tout son sens.

Ainsi et en premier lieu, prenez conscience d’une chose anodine, mais qui est capitale pour tout le monde. Votre respiration est là, depuis votre premier souffle de vie, présente à chaque souffle, et pourtant vous n’y prêtez quasiment jamais attention, sauf quand votre cœur et vos émotions s’emballent.

Cet album n’est rien, quasiment abstrait, et pourtant il possède un souffle bien tenace qui nous raccorde à sa puissance souterraine. On en sent l’émergence explosive se renverser en un ressac puissant, et se répandre en une eau à la douceur aussi affable que son repos en apaise la constance.

Pour cela il égrène des morceaux introductifs s’étirant comme un début de jour sans fin, croissant avec la lumière naissante dans cet instant de préliminaire où naît l’émotion initiale. Nappes synthétiques musicales et voilages s’unissent pour flotter sans cesse dans une lumière opaline. Cliquetis et douceur mélangent leur lenteur afin de laisser s’épanouir la musique, câline elle se déroule, se distend dans la quiétude et rassérène notre sensation d’apaisement.


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Sky Flying By allonge sa détente avec des compositions apaisantes, n’en finissant plus de rayonner, de soulager, et d’assouvir dans l’existence un instant de sagesse et de grandeur tout à la fois dans le calme qu’il propage.

Par ce fait, et en deuxième lieu prenez conscience d’une chose qui est capitale pour tout le monde. Cavaler à en perdre l’haleine, et l’on ne sent plus que la vitesse de l’adrénaline qui nous pousse à accélérer sans cesse, vers ce mouvement perpétuel qui suggère de mener à satiété notre ego.

Alors bien souvent, « Y a-t-il une limite à cette frénésie ? » se demande t’on parfois prit dans la tenaille avec le souffle court, juste avant de tomber ?

Je suis certain aujourd’hui de m’étourdir autrement, et cela m’a pris plus de quarante ans.

Cavaler à en perdre haleine c’est aussi fuir, et le courage c’est d’affronter sans crainte. On ne peut comprendre que ce que l’on est à bien d’admettre, et pourtant si l’on cesse de comprendre pour ressentir vraiment que se passe-t-il donc ? Convenir une musique à ses goûts c’est réduire son champ des possibles, c’est atrophier sa curiosité, alors que se laisser submerger par le désordre qu’une musique est capable de bouleverser à l’intérieur de soi demeure pour un mélomane l’assouvissement le plus transcendant, et pur qu’il soit donné de vivre.

Vous serez très nombreux à vous reconnaître à ceci.

Il y a des sourires qui montent au visage spontanément, et l’on sait à cet instant que cette révélation est une introduction à notre transformation, et qu’elle se réalise en une infinie douceur. Je vous laisse à votre délicieuse mutation si vous avez fait le choix de la lenteur et de la dépossession égotique, pour vivre pleinement chaque instant, devenu alors paisiblement tumultueux.


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samedi, avril 22 2017

ZENZILE - Éléments


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Zenzile ne manque pas d’Air avec sa nonchalance pointilleuse, son rétro futurisme J.M Jarre et ses envolées à la Pink Floyd, autrefois électronicien dubiste dans l’aquarium enfumé de Lee Scratch Perry, le groupe a su métamorphoser son évolution en ouvrant encore plus grandes les fenêtres pour une vue cinémascope, encore plus trip-hop qu'auparavant.

Lors de leur précédent opus, Zenzile s'est frotté à la bande-son d'un long-métrage muet « Berlin, la Symphonie d'une grande ville » (sorti en 1927), cette expérience a forgé ce goût intense pour les atmosphères. De toute façon ce groupe a toujours eu cette mainmise sur le grand angle avec le long travelling bien propre des jazzeux.

Il prolonge son accointance cinérama par une approche classieuse et élégante avec des tournures au caractère bien pensé. Cet album converge dans cette vénusté de maîtrise musicale, de mesure concrète et d’épanouissement. Leur trip-hop est Air-éré, délicat et élancé, et dans cet espace-temps contemporain qui recycle le vieux en le remettant au goût du jour, ainsi s'en trop en avoir l'air "Eléments" n'hésites pas à bousculer les anciens codes trip hopesques se reposant sur leur laurier ronflant.


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dimanche, avril 2 2017

GOAT - Requiem


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Goat est une créature rock venue de l’univers hippy sound, munit de cet esprit foutraque et libertaire lui apportant le pelage sonore d’un animal fou à poil laineux, à poil laineux, à poil laineux, à POILLLL !!!

La première écoute est assez désopilante, tant le disque apparait dans son aspect le plus extravagant, cependant, en grattant on constate avec une certaine passion folle, que ce groupe d’hurluberlus aussi fantasque soit-il, fait concevoir la primauté d’une innocence, assez caractéristique d’une désinvolture assez habile pour ne plus les voir comme un simple one shot divertissant.

(rire gras) AhAhAhA….(puis rire jaune)…ahahahah…(débridé quoi)…ahahahah…(jusqu’à ce consternant)…Ah bon ?

Et oui !

Goat inscrit dans le marbre de votre discernement virgule, que l’on peut être aliéné dans son œuvre, vivre à tambour battant dans sa camisole, et être en tout point accepté en tant que bizarrerie. Et pourtant, et pourtant comme le rappelle Charles Aznavour dans sa chanson phare ‘’Et pourtant’’ : «  Il faudra bien que je retrouve ma raison ; Mon insouciance, et mes élans de joie ; Que je parte à jamais pour échapper à toi ; Et pourtant. Et pourtant. »

Parce que au-delà de l’effet incongrue de leur étrangeté, leur singularité naissante n’est en fait qu’une somme diluvienne des attraits sonores du funk, du rock psychédélique, de l’afrobeat, du tribalisme sonique.

Et oui ! Si Goat est terriblement attractif, Goat est aussi malin que l’esprit de la bête qu’il fait ressurgir à ce carrefour où le diable avait confondu Robert Johnson avec James Brown, ou Fela Kuti je ne sais plus… Parce que ce groupe possède une façon de ritualiser le sens de la fête avec la naïveté d’un hippie qui se réveille d’une nuitée intense de trip en tout genre, et qui ne voit seulement la réverbération des paillettes en train de clignoter devant ses yeux dans un cimetière vaudou taché de sang liturgique à base de tomate concassée (certifiée bio et issue de l’économie durable).

Goat est un groupuscule pacifiste de Suède émanant de cette constellation d’illuminés qui préfère se vouer à l’amour plutôt que de soumettre au pugilat le plus béotien. C’est avec cette tolérance que le disque se promet corps et âme à l’incantation variétale et tribale afin de former une nouvelle ethnie de freaks. S’ensuit une musicalité qui tient lieu à la dévotion d’afficher sa ferveur, avec la vivacité d’enivrement que l’ivresse de l’adoration comble en offrande aux divinités de l’extase. La communion devient un étourdissement d’effusion sonore, et le groupe n’en finit plus de sa libéralité musicale avec une succession d’offrandes mélodiques, afin de rassasier son totémisme musical.

La diversité des instruments se jumelle au transfuge des styles musicaux du monde libre de la world music, avec l’ébriété de flûte indienne au sortilège aztèque à l’africanisme Fela Kutinien, jusqu’à ressouder les plaques tectoniques en une terre arable où la communion des cultures sera un nouveau monde d’espoir.

Goat est donc un entrelacement festif d’une ode à l’hallucination pure par son incantation.

Son trip est une douce folie qui n’engendre aucune aliénation et accoutumance, mais offre cependant la liberté de danser avec pureté et impudicité à l’humanité toute entière.


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lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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jeudi, janvier 26 2017

TRUE WIDOW - Avvolgere


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Adepte d’un rock « stonegaze » True Widow est un trio underground de la scène heavy psychédélique formé à Dallas en 2007.

Nota : Stonegaze c'est du stoner avec du shoegaze.

Précédemment dans leur discographie, « Circumambulation » datant de 2013 avait obstrué la pleine élévation de True Widow par sa longueur, chose que l’on ne retrouve plus dans le minimalisme troisième album d’« Avvolgere ».

La douceur affectueuse de cet album appose dans chaque titre une langoureuse tendresse, avec laquelle vous serez sensible pour vous alanguir à sa portée. Séductrice par sa justesse flottante à manier la volupté avec une lascivité prévenante, le groupe facilite dans sa faculté musicale a apporté une lenteur câline, permettant de tomber en amour avec son œuvre. Il y a une évidence à devenir sentimental à son écoute d'ailleurs.

Le band se porte à ce croisement entre Mazzy Star et The Jesus and Mary Chain, avec l'aplomb du stoner rock psychédélique. Il y a aussi ce liant d’ambiance moite et la lourdeur éthérée de My Bloody Valentine pour allonger avec de la profondeur. Dopée dans cette dose d’éther sonique l’opus est une sur-impression mélancolique de rock indé, imprégné dans le buvard de mélodies stoner et de reverb riffs shoegaziens. La mixité vocale avec Nicole Estill (basse) et DH Phillips apporte une réelle complicité à l’œuvre et est vouée à faire naître des émotions étourdissantes dans cette insistance de brumes mystiques.

« Avvolgere » détrempe la lourdeur d’une canicule sur une chape de torpeur de plomb, arrivant même à ralentir chaque mouvement sombre jusqu’à les éclairer.


mercredi, janvier 18 2017

TOUCHE AMORE – Stage Four


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La bataille contre un cancer, la relation ultime et essentielle des derniers instants, le décès d'une mère, la nostalgie, la mélancolie, la colère, toute une palette d’émotions pour laquelle il est impossible de tricher. Le chanteur  Jeremy Bolm de Touche Amore en célèbre le constat avec fulgurance et justice. À partir de quoi, plus rien ne sera comme avant.

Cet album coule de source Emocore, sa douce vérité est communicative, son charme immédiat. Car il y a des choses qui parfois laissent à l’instant la pleine capacité de les vivre avec un naturel déconcertant. C’est la qualité première de ce groupe que de précipiter la saveur de sa musique avec aisance. Alors que l’on sait très bien toutes les qualités insurmontables que cela requiert et l’absolu casse-tête d’équilibriste à disposer, pour que l’ensemble soit et advienne un feu d’artifice démentiel. Surtout au vu du contexte avec lequel on pouvait tomber dans le pathos le plus insupportable, d'autant plus que l'album est vachement moins geignard qu'à l'accoutumé.

Pour cela la formation de Los Angeles est plus mâture avec ses mélodies et moins pressante avec ses débordements fulgurants d'antan de screamo-post-hardcore, qui ne pouvaient aller au bout sans se ramasser la gueule par terre.

Désormais chaque inflexion jouissive est poussée dans tous les sens par cette musique débordante, œuvrant à la confusion des genres punk, hardcore, emo. Le processus de création est basé sur une approche instinctive, sur une question d'équilibre, laquelle trouve son angle de vie dans la pleine absorption du groupe à digérer ses émotions, innovant sans cesse en les intensifiant musicalement et simplement.

La litote musicale est étirée jusqu'à son vice le plus colossal, jusqu’à faire apparaître avec passion le cœur même d’une émotion jamais désavouée par des artifices, mais toujours libre de toute entrave, parce que sa puissance de souffle existentiel demeure ultime, percutante, et surtout naturelle.

Les récalcitrants à ce groupe devraient jeter leur mauvaise foi dans le feu insalubre de leur connerie pour profiter amplement du caractère fort de cet album, signé par le label Epitaph.

Les fans quant à eux seront conquis par sa fulgurance à manier le désordre émotionnel, avec cette aptitude à l’expression immédiate.

Pour les hésitants, ils devront passer dans ce brasier sonore et mettre à l’épreuve du feu le négatif de leur sensibilité, pour qu’à la fin, ne reste plus que le silence de leur respiration qui s’est emballée devant la folle déflagration sonique de cet album, qui vous fait comprendre que vous êtes vivant.


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« Stage Four » s’avère être un disque qui flotte dans le nœud coulant de la fatalité existentielle, avec la sensation d'y voir séjourner la bénédiction de l'humanité toute entière.


jeudi, janvier 12 2017

OPETH - Sorceress


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« Sorceress » qu’est-ce ?

Ce sont de superbes mélodies troublantes, poétisées comme des écrins de cristaux liquides qui se meuvent au gré d’atmosphères planantes, presque vespérales, dans la moiteur originelle du premier jour.

Ahhhhhhhhh l’on se sent poète et poussé par des ailes d’ange en écoutant un tel album. Faut dire que Opeth pète plus haut que son cul, il surenchérit même avec audace dans la célébration qu’il voue à son rock progressif pour hippie. Cela a de quoi faire ricaner les aigris passéistes, qu’importe, je m’absous de toute cette guéguerre pesante pour nacrer mon inconscience, et la nourrir d’une telle musique avec outrecuidance, surtout quand elle est munie par un mood Pink-Floydien folkisant à outrance l’apesanteur sensible d’une délicatesse création musicale, allons bon, comment ne pas aimer être cajolé de la sorte ?

Avec le titre «  The Seventh Sojourn » On se voit dans « Lawrence d’Arabie. », la vue est immense et l’arabisation musicale est en technicolor. Alors certes, Opeth n’a plus le même goût que jadis. Il faut se rendre à l’évidence le groupe dit Yes au progressif, et ce oui énumère les obédiences très discutables dont nous nous sommes méfiés (pour ne pas dire gaussés) jadis à l’écoute d’un album de Marillion.

Il fait donc nuit dans le passé discographique du groupe, et l’aurore du précédent opus apparaît avec encore plus de soleil dans ce nouvel opus, où l‘amour apporte des ailes de papillon à ceux qui éclos de leur chrysalide quotidienne pour une vie poétique. C’est ce que réalise Opeth, pour qui l'existence d’un tel album possède le goût salé d'une larme de bonheur qui glisse jusqu'à la commissure de tes lèvres, et fait frémir ton cœur comme le vent pousse la voile. Rooooooooh comme c'est beau !

Bref, après avoir puisé dans l'arbre de la connaissance du précédent album « Pale Communion », le groupe nous propose de croquer dans le fruit défendu.


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vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


samedi, juillet 6 2013

SHOCK ME


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REPORT DU HELLFEST 2013


Très chère lectrice du WallaBirZine, je reviens d'une nouvelle campagne métallique où la folie démesurée de la jeunesse européenne a su trouver au Hellfest l'endroit idéal pour résorber le temps d'un week-end festif, le verrou social qui la cadenasse dans sa prison dorée de surconsommation et d'inactivité professionnelle. Le programme était comme à l'accoutumé éclectique et passionnant, il a donc fallu faire des choix cornéliens, n'ayant toujours pas le don d'ubiquité requis pour tout voir, et vivre. Cependant, mon ami d'enfance Olivier est venu avec moi cette année (en fait chaque fois qu'il y a KISS), il a donc pu assister à des concerts que je n'ai pu voir, il vous en livre aussi sa chronique Oï-school.

Je tiens auparavant à réveiller en vous qui allait lire ce reportage subliminal, que le délit de blasphème a été abrogé en France en 1789, et que par les couilles de Satan, je compte bien en profiter...


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VENDREDI c'était GOD OF THUNDER


La renaissance de l'église catholique depuis la démission de Benoît 16 et du couronnement de François 1er n'a absolument rien changé des habitudes superstitieuses des bigots, qui bazardent de l'eau bénite sur le site du festival avant son montage. Pour leur information, le public a copieusement baptisé le lieu depuis l'an dernier avec des litres de pisse malté, de la transpiration, des sécrétions vaginales et des résidus de matières fécales, dont on vient à peine d'en divulguer la traçabilité dans la restauration rapide et l'industrie agroalimentaire des marques de références en cette année 2013, où on s'étonne encore, malgré les prévisions de ces camés d'incas, à ce que le globe terrestre tourne avec le mépris que les hommes ont de leurs congénères.


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Quand je pénétrais dans l'antre du Hellfest, la jeunesse intrépide galopait à en perdre haleine dès l'ouverture des portes du purgatoire. Je les saluais en me figeant de respect, car je savais que ces jeunes allaient tuer leurs angoisses existentielles en se prouvant à eux-mêmes qu'ils existaient, et que cette nation de musique extrême leur tient à tout jamais au corps et au cœur comme des hyènes sur un paquet de tripes chaudes.

A mon grand étonnement la scène Warzone n'est plus sous chapiteau, mais en plein air et sous un ciel menaçant de nous tomber dessus ce premier jour qui annonce l'été, la fête de la musique, et une journée promotionnelle au rayon poissonnerie du Leclerc de Clisson.

Ok, on attaque avec les basques de BERRI TXARRAK qui ont fait le choix d'envoyer leur punk rauque sans discussion, et sans réelle chance de fédérer du peu d'interaction avec le public du coup. Et en plus le combo chantait en euskara, ce qui ne facilitera pas l'adhésion d'un public, échaudé par les premières gouttes de pluie.

En conséquence le britannique chantera « Il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille » en se foutant sur son t-shirt UFO du vinaigre balsamique qu'il a confondu avec du picrate espagnol pour faire honneur au vin français.


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Mais déjà, l'appel des plaines de la scène Valley m’appelait pour BISON BC, qui a fait pleuvoir une purée de sludge death avec un son étouffant et surtout dégueulasse. Malgré ce dernier point épineux, le groupe a su tirer profit au fur et à mesure des améliorations acoustiques, pour hanter par la pression constante d'une lourdeur instrumentale et un chant death des plus caverneux. Le bassiste fracassa son instrument à la fin du rite, sous les auspices de notre ovation posthume au legs de leur démonstration, et pour le bonheur de nos organes auditifs. Dans la fosse, nous étions ravis de notre fondu de cervelle commune, car nous nous regardions tous de la façon étrange que les moines lorsqu'ils comprennent le sens profane de leur damnation choisie.

Par contre la programmation était tout en décalage sous le chapiteau Valley, quel bordel durant tout le week-end, pfiouuuuuuuut !!!


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A mon arrivée sous le double chapiteau, je remarquais que la croix de la TEMPLE qui siégeait au dessus de la scène l'an passé, avait fait la place à un pentacle. C'est un détail qui a son importance, surtout quand on regarde le décor du Hellfest sur tout le site, et qui correspond bien à un choix identitaire de sacraliser une croyance en des icônes divines fabriqués ici-bas, jusqu'à y former une unité de diverses tribus, et en démontrer une singularité qui détonne avec les autres festivals.

Le Hellfest est devenu une véritable machine de guerre, un bulldozer de corporate heavy métOl Rock, avec sa horde de fans capable de rugir à l'unisson de ce fantasque week-end où l'étrange liberté de son parc d'attraction consacre le théâtre d'hadès, et inonde les esprit de leur routine permissive à apparaître avec beaucoup moins de retenue vestimentaire. Ainsi ne voit on pas des femelles au tissu sombre et à la dentelle légère, s'allonger frivoles pour un bain de boue revigorant l'épiderme laiteux d'un corps juvénile, qui ouvre la porte de l'érotisme aux plus jeunes et la pornographique aux plus âgés.

L'élégance féminine en somme


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Sous l'arène ALTAR, le combo HOODED MENACE avait tout misé sur la cabale lourde pour opacifier et alourdir son doom death à glacer les sangs. Mais en fait, c'était plutôt chiant de mollesse, quoique assez mystique pour être dissolu cependant. Au final, le groupe a su faire de son set un chantre de la sauvagerie démoniaque et de la perversion, ce qui me semble très positif en soi.

BLACK COBRA est un duo qui a eu grand peine à élargir la limite de sa formation. Le guitariste délivra cette tension sous-jacente de sludge pâteux, juste pour apaiser et calmer l'ironie cynique de leur lâcheté à avouer le pire : Leur incapacité à trouver l'intensité suprême qui devait nous engloutir. Tant pis....


Mais, mais, mais....Amies !! Amis ! N'entends-tu pas la corne de brume de la saxe qui pétarade déjà au loin.


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Mais oui se sont bien les anglais de SAXON qui reviennent en nos terres arables pour dévaster nos ouïes.

Un premier constat s'impose d'emblée : Biff a bouffé du beef, il déborde de cette vigueur saignante que les anciens possèdent dès qu'il suçote leur pilule bleu avant la lubricité d'un coït. Par rapport à leur dernière venu sur le sol mou clissonais, le groupe est en très grande forme, leur dernier excellent album a relancé un enthousiasme au sein de l'escouade de Byford. Les musiciens sont aguerris, le job sera efficace, et sans forcer outre mesure, le groupe impose son passé et ses nouveaux titres avec la dynamique adéquate. Un grand Saxon magnifiant son art nous donna raison de bouder Negative Approach dont le set fut apparemment fort décevant.

BLACK BREATH a apposé à son death hardcore au début bien frontal pourtant, une perte de densité en cours de route, devenu perturbatrice fatale du gros potentiel de ce groupe. Je le regrette surtout pour le chanteur qui tenait le grognement lycanthrope comme jamais entendu depuis la bobine de Gilberto Martinez Solares « Le Fossoyeur de la pleine Lune » de 1960.

DEEZ NUTS a fait breaker la foule avec le peps de son HxC hip hop. C'était sûrement pas aussi imposant et massif qu'un Madball dont la dimension se prête davantage à un festival, mais de part son flow offensif, la dynamique fun, Deez Nuts aura permis d'apprécier un HxC à la cool. La vivacité australienne percera même les nuages pour réchauffer l'ambiance à grand coup de beat hargneux et de constante pression HxC, sous la bénédiction du dieu Soleil, que je chérissais de sa bénignité.


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Le groupe a aussi pu introduire sa sulfureuse danse de la douche




Sur la MAINSTAGE 2, je me hâtais d'entendre la réminiscence que TESTAMENT allait laisser au génération future, et je ne fus pas surpris outre mesure de leur grosse force de frappe. Je ne vous fais pas l'affront de vous présenter ce groupe qui maîtrise l'art courtois du thrash métAl, et qui est assez ancien dans le circuit pour être certifié comme valeur sûre. Leur dernier album en date martèle la seigneurie à laquelle le combo appartient : Celle des preux thrashers divins.

Vraiment le sieur Éric Peterson est un guitariste talentueux, mais quelle virtuosité, quelle maestria, d'autant plus appréciable en cette journée où le son partait au gré du vent. Alors des solis traités avec révérences et minuties tiraient l'ensemble du groupe vers le haut, et le chanteur Chuck Billy était en grande forme vocale lui aussi. C'était un très bon set, sans feu d'artifice, car tout s'est passé d'une façon fort simple, avec un groupe sur scène répondant à la liesse d'une sauvagerie sonique dévastatrice. Dommage par contre de ce fond de scène totalement moche, formant une espèce de mur en pierre hideux. Ce n'était qu'un décor soit, mais bon là on avait l'esprit des Monster Of Rock de 1988, époque mérovingienne.

Le public avait l'air groggy par contre des successifs uppercuts, et déjà des problèmes aiguës de fracassement de nuque abondaient au dispensaire de secours. C'était une première pour moi de les voir, et je garde en tête la finesse de leur percussion technique redoutable, qui aura fait écho à ce que j'ai pu écouter tout au long de leur discographie, et que je vous préconise d'obtenir.

Sur l'autre Mainstage, la sono passa le "It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll)" d'AC/DC pour apporter un maximum de bonheur, comme un avant goût de l'excellent support éducatif rock'n'rollien qu'est TWISTED SISTER. Car si le temps a beau pleuvoir sa funeste destinée sur les années qui passent et la stagnation discographique de ce groupe, la musique de ces dieux demeure culte et indémodable.


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Dee Snider est le boss. Frontman incroyable qui apporte un maximum de retombées émotionnelles dont on connaît le rôle fondamental pour la cohésion. Ce type est un battant, un entremetteur d'entertainment phénoménal, un héritier de la grande démonstration ricaine pour le spectacle vivant. De James Brown à Jello Biafra, Dee Snider fait partie de ces colosses qui tiennent une scène par les couilles et la mène où bon lui semble. Il est partout, omniprésent, pratiquant le fun et la bonne humeur, sa private joke sur ses cheveux était excellente. Si on ajoute à cela les hits du crew, qui vont de "The Kids Are Back" à "I Wanna Rock" vous avez la somme d'un rock'n'roll show hyper oldschool.

Ok, il y avait les mêmes ingrédients que la fois précédente, avec même des solos un poil brouillon au début, Jay et Ojeda avaient l'air en dessous, mais jay était plus frais que la fois d'avant par contre. Puis devant la capacité de Dee à pousser la foule dans l'exutoire, l'existence a pris de suite la saveur du superbe avec un tel concert. Alors Jay et Ojeda se sont sortis les doigt du cul pour se mettre dans le même enthousiasme fédérateur.


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Oui à chaque concert de Twisted Sister la foule est en délire, quémande davantage pour la frénésie jubilatoire que ce groupe est capable d'apporter. Mais pas seulement pour la nostalgie de leur musique iconique, car comme la tignasse de Snider, on est dans le vrai, le sincère, Twisted ne fait pas qu'un show usiné depuis les années 80, il sait lui aussi que le temps joue la montre, et qu'il profite tout comme nous de cette rencontre fortuite pour créer cette confusion émotionnelle qui bouscule l'espace temps.

Le public du Hellfest aime Twisted Sister et Twisted Sister est un très grand groupe de heavy métal et de scène, qui aime son public.

En épilogue de ce constat, j'affirme que si dans l'immuable univers je ne suis rien, et qu'une minuscule poussière d'ange dans le monde oppressant des humains, je continue d'aimer y vivre, et cette passion pour la vie c'est avec des instants comme cela que l'on en poursuit l'aventure, humaine et terrestre, le sourire aux lèvres.


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KREATOR a envoyé le pâté en croûte de Germanie mais l'a étalé sous le vide d'un sandwich triangle d'autoroute. C'était vite envoyé, avec ce goût truqué du groupe absent, pourtant il y avait de quoi avec un tel thrash teutonique. L'emballage de sa renommée n'aura pas suffit à gommer un set très peu vertigineux.

AGNOSTIC FRONT débuta par une intro d'Ennio Morricone comme les Ramones le faisaient en début de leur concert avec le célèbre « Ecstasy of Gold ». Ils finiront par une cover des quatre fantastiques du punk rock, comme cela la boucle était bouclée.


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Les prolétaires new-yorkais étaient attendus à Clisson, d'une part pour finir ce qu'ils avaient à peine donner en 2010, et d'autre part pour secouer les rangers punk et les baskets HxC dans la fameuse danse de la tronçonneuse.


Vinnie Stigma nous la joua à la De Niro dans taxi Driver, et malgré le fait que le combo a su souder l'acier hardcore au public du métAl, Agnostic Front dupa par son soucis d’apparaître plus sur son côté précurseur et légendaire, plutôt qu'apporter l'usufruit de son choix musical oldschool, qui aurait pu devenir un modèle d'école de vie pour la perpétuelle nouvelle génération montante.

Un set fatalement sous-exploité, qui n'avait pas la crête escomptée pour changer l'animosité haineuse de se battre au jour le jour pour inverser la fatalité, en se faisant un shoot de punk HxC skinhead dans le cerveau, et ceci, dans l'unique but d'une délivrance...


Et puis je suis allé voir SLEEP, qui a raconté des histoires à dormir debout aux gamins de la Valley pour qu'ils puissent par la suite faire de jolies cauchemars. L'hallucinante démonstration d'intensité de ce groupe m'a remémorée leur album "Dopesmoker" sur toute sa grandeur, avec une nouvelle ascension du taux de sympathie quant à la légende de leur chaudron sonique.

On a rugi de fièvre dans notre délire somatique, avec ces refoulements inénarrables pour qu'on les taise à jamais. Le sommeil fut agité par des ecchymoses rêveuses pour que nous nous relèverions avec des courbatures sous les yeux et des oreilles en sang.

Sleep nous a donné un rite de chamanisme heavy, avec la liturgie d'un onirique sable mouvant musical qui engloba les esprits dans un moment d'exception rare.


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Ne pas confondre Led Zep avec Def Lep, c'est ce que j'avais griffonné au collège sur mon cahier de texte. Ahhhhhhhh mais putain, que j'attendais depuis toujours DEF LEPPARD, la grande britannique à l'accent américouain. J'en ai tellement des heures et des heures d'écoute de ce groupe, peut être même autant que toi fan de nü métal qui a commis sa première masturbation à l'écoute du "Three Dollar Bill, Yall$" de Limp Bizkit.



11.gif Les beach boys du hard FM nous ont offert leurs nombreux hits de concours avec la saveur professionnelle du professionnel de la profession. Joe Elliott a fait sa queen tenant les rênes, les solos de Phil Collin (ne pas confondre avec Phil Collins par contre) étaient poussifs au début, beaucoup plus présentables après quelques exercices d'assouplissements il est vrai. Hey, le Phil a 50 quilles, est taillé comme un roc, il doit pousser la fonte comme un jeune homme pour obtenir cette sculpture corporelle. Rick Allen avec un bras et deux jambes a autant de punch que tous les batteurs de la Altar.Véridique !!


Il me semble que le combo a dû jouer l'intégralité de leur album Hysteria, certainement pour poursuivre leur show hyper rôdé de Las Vegas du mois de mars dernier. Le bassiste Rick Savage était en retrait, et Campbell après sa chimio était très bon, bon retour mec.

Côté show c'était succinct, juste un immense écran derrière eux, d'où est sorti un hommage tout en émotion au guitariste Steve Clark, et de la masturbation prétentieuse en l'honneur du groupe (trop longue), censée, du moins je le suppose, nous affirmer à quel point nous étions chanceux d'avoir de telles stars devant nos yeux de gueux françaouis. Le restant, c'était des images apportant une espèce d' artifices visuels aux chansons, mais sans grand intérêt, si ce n'est le fait financier de vendre un gros show avec des prestations limitées. D'ailleurs ZZTOP a fait de même le lendemain.


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Musicalement je n'ai rien à redire, Def Leppard a fait son job, il nous a ravi de son panel discographique avec la sève de ses tubes interplanétaires, et de cette extravagance de saccharose en bouche pour que nous reprenions les refrains jusqu'à en avoir des dégoulinades de sucre jusqu'aux chevilles. C'était agréable de ré-entendre ce péché mignon, que je n'avais pas écouté depuis des lustres, il est vrai aussi. Mais un concert pas inoubliable pour autant, car il m'a manqué cet aveu de sincérité faussée que possède les grands, qui apprennent la vertu de continuer à faire rêver leur public ingénue, même si ils n'en pipent pas un traître mot dans leur for intérieur. Là c'était vraiment trop visible de voir que Def Leppard avait fait son set comme on va pointer à l'usine, avec la rigueur de sa bonne conscience professionnelle.

Pour terminer cette soirée, nous avions le choix entre Six et Sick, je suis allé voir SIX FEET UNDER au groove mou. Le spirit était là, mais les gars avaient dû forcer sur de la ganja de la mort car leur death apparaissait enfumé et amorphe. Ouaie carrément comme ces gosses qui se traînent avec les yeux globuleux en salle de mathématique avec l'élan énergique d'un gastéropode.

De ce fait je me suis expatrié sous la fonte dynamique de SICK OF IT ALL pour un set millimétré...de pose. Le true oldschool de SOIA vit sur les acquis de sa démonstration de force urbaine et fédératrice, en uniformisant de génération en génération les codes, et le même message d'unité en ses valeurs oldschool.

Le spectacle donné était de qualité, nul doute, ça hurlait et gesticulait dans tous les sens, les petits jeunes exultaient en tombant la casquette et se fracassaient les uns contre les autres avec bonheur. Au fond, les vieux tapotaient du pied en remuant péniblement une tête qui avait du mal à soulever le poids de la fatigue sur une journée quasiment entière à rester debout. Sick Of It All où pas, l'intégrité première pour moi, c'était d'être frais et dans les meilleures conditions physiques et intellectuelles pour affronter le samedi, sereinement. On n'a pas demandé notre reste quand les new-yorkais sont partis et ont clôturé cette journée.


Ok maintenant c'est à toi Olivier, pour un report Skinhead qui va raser de prêt la tignasse aux métalheads :



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Je me sépare de mon compagnon le temps des contrôles à l'entrée...ça bouchonne tous ces métalleux. On se retrouve à la Warzone pour attaquer avec les basques de Berri Txarrac et ce n'est pas une mauvais nouvelle. La diaspora « survet, nuque longue – chaussure de rando » est là, fière de venir supporter les enfants du pays. L'ikurrina (drapeau basque) vole au vent, il ne pleut pas encore. Le set est un peu court mais pêchu et enivrant, du pur rock alternatif à la sauce basquaise. Ce hellfest 2013 commence bien.

On file manger un bout chez « Roule ma poule » et ses recettes turques comme son nom l'indique, et allez hop pour digérer c'est HARDCORE SUPERSTAR sur la MAINSTAGE 1, ça envoie bien mais c'est l'heure de la digestion, petite ballade et on revient pour SAXON.

Comme d'habitude c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures marmites...Et comme d'habitude ils profitent de l'arrivée massive du public pour servir un très bon set.

Petit break pour moi.


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J'hésite pour la suite, le retour d'EUROPE et son show qui conquiert les plus pessimistes ou DEEZ NUTS. Ben tant pis pour le brushing, on va se taper du HxC, et c'est bien fait, pêchu, groovy et bien servi.

Bir va voir un truc et je me cale à l'ombre, il revient...TWISTED SISTER est avancé en dernière minute. Pas de charge direction la MAINSTAGE 1, on se cale assez prêt, beaucoup de gens n'ont pas eu l'info. On attend en écoutant le groupe d'à côté et en contemplant les déguisements de certains festivaliers.


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Twisted commence et la foule est conquise d'entrée, même sans les froufrous des 80's ça reste génial, une heure de hit, partagée entre le public et nous. Tout y passe ou presque, le public chante par cœur...C'est comme à Patrick Bruel mais en mieux. Ça y est j'ai la patate et en plus je peux tranquillement filer vers AGNOSTIC FRONT sans me préoccuper de KREATOR.

On se cale à la WARZONE, à notre place attitrée bien en face. Les concerts d'une heure c'est le minimum pour voir ce que les groupes ont dans la ventre. Le show débute, c'est blindé et ça bouge bien, la nuit tombe et tout va bien. Le set est nickel, puissant et participatif.

Finalement je ne suis pas allé voir HELLOWEEN, ni SLEEP d'ailleurs, une heure de break à la Warzone à écouter de la soul et du skinhead reggae diffusé par la sono, c'était nickel et ça a bien plus après tant de brutalité. Ça danse, tout le monde est joyeux et attend ANTIFLAG.

Enfin un groupe qui assume et qui va envoyer du gras et ça ne rate pas. Du bon punk sans chichi et la foule adhère, moi aussi. Bir me quitte pour aller voir Def Leppard..Bon courage l'ami. Antiflag se termine dans la folie, je file retrouver mon camarade mais c’est blindé, je me pose en retrait, j'y vois pas trop et le son n'est pas très bon. J’attends et...Je m'endors.

Un connard me marche dessus et me réveille. Il fait super froid et il est 1h30 !!! Je file voir SICK OF IT ALL et ça me réchauffe un peu, mais pas assez...Je file à la voiture un peu avant la fin, je suis raide.


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SAMEDI c'était CREATURES OF THE NIGHT


Au réveil, il pleut. C'est de l'eau de pluie de l'eau de là-haut mais était-elle au moins béni des dieux ? On dirait même qu'ils se vengent en pleurant toutes les larmes de leur corps divin sur le sol méphistophélique du Hellfest depuis déjà trois années de suite par offense. On nous avait pourtant prévenu , le 21ème siècle serait spirituel, et tout le monde devra s'y mettre. Il faut croire, car Satan a dit : "Vous allez tous crever." et le pire c'est que ça se vérifie au fur et à mesure tout de même !


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De toute façon, pour garantir au sol Clissonais une tenue adéquate et une météo clémente, l'amicale des supporteurs du sud de ce festival a organisé un grand référendum s'inspirant en partie de la prophétie aztèque, qui requiert d'offrir le corps d'une martyre à la faucheuse pour conjurer le maléfice pluvieux. Le vote a eu lieu et c'est Maître corbeau qui a dévoilé le nom miraculeux de Madame Boutin emportant le plus de voix, comme par un hasard assez truculent en soi.

Sainte Christine, la fille aîné de l'église catholique romaine dont on apprend cette année qu'elle fornique avec son cousin, moooooooon dieuuuu jésus marie joseph...Son arbre généalogique c'est juste un tronc avec une branche pour une seule souche arrosée par de l'eau bénite alors ?!....

Bref, elle devra donc par conséquent être sacrifiée selon la coutume Inca, pour que le dieu soleil vienne répandre le feu sacré durant tout le 3ème week-end de juin 2014. Un succès d'estime pour cette femme, qui jusqu'au bout témoignera de l'indicible lien qui existe entre elle et ce festival de musique amplifiée.


Après le ptit dej, je m'étonnes de l'acoutrement de mon camarade Olivier, avec des chaussures lourdes au pied, lui reste en mode warrior, prêt à affronter cette journée grisâtre.


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Bon et si tu nous racontais ton trip en mode Rude Boy cette fois ?



Ok. Après une bonne mais courte nuit de sommeil et une douche bien méritée (la première de la journée), on s'enfile un bon petit dej pour attaquer le deuxième jour. On est parmi les premiers même si c'est parti sur les autres scènes. On va voir JUSTIN(e) et là ces petits frenchies font ça bien propre, c'est très bon, et c'est partie pour la seconde douche de la journée.

Ma matinée n’est pas chargée, je m'abrite sous le market ou je me ballade au fil des stands. Il pleut toujours. Espérons que pour THE CASUALTIES on verra le soleil. Et bien non !! Bon show mais la pluie ça freine bien enthousiasme. C'est donc sous des poncho que nous resterons jusqu'au bout et même si le set était bien (un peu court), mais c'était pas l'enfer.

Gros break pour moi, je suis vieux et j'aime mon confort, alors je file à la caisse, au sec me reposer, la soirée sera longue. C'est donc au calme dans la voiture que je pique un roupillon...Et me réveille dans un sauna...Puisque le soleil est là...En pleine gueule. Je vais faire un tour au Leclerc constater les quantités de bière astronomiques achetées et l'ambiance toujours amusante de ce lieux pendant le Hellfest.


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Allez fini de plaisanter, il est 18h00, je file rejoindre Bir pour notre opération commando...KISS. Je le retrouve à 19h00 pour ACCEPT et notre approche méthodique de la MS1.

Accept joue du Accept, c'est plaisant et ça rappelle des souvenirs. Les teutons ont une flopée de fans qui aime bien ZZTOP aussi, rude combat. PAPA ROACH débute mais hélas ce n'est pas le même public, tant pis, on s'enfonce un peu et on est pas trop mal pour le show des barbus.

Je les avais vu plus jeune et j'avais était déçu par l'attitude. Là c'était un peu mieux, mais bon, si musicalement il n'y avait rien à redire, ils étaient vieux il y a trente ans. Ils sont donc encore plus vieux aujourd'hui.

KISS approche et c'est déjà blindé. BULLET 4 MY VALENTINE n'y change rien. On va donc devoir être finaud pour toucher le Graal. Profitant de mouvement de foule et de l'ébriété de certain, on approche discrètement. Ça y est on y est, quatrième rang fluctuant et on patiente. Il est 22h30 et on a fait 50 mètres en 3h30 et pris 4 concerts dans les feuilles, mais on est bien.

YOU WANT THE BEST- YOU'VE GOT THE BEST KISSSSSSSSSSSSSSSSSS !!!


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Le rideau tombe et c'est parti. Ça démarre en trombe, les morceaux s’enchaînent, le public de tout age connaît les paroles par cœur, les tubes comme les nouveautés. C'est du grand théâtre, les iphone et appareils photo se mélangent aux mains levées et cornes de Satan. C'est un régal, même si je trouve personnellement que ça manque de gaz par rapport à leur précédent passage au Hellfest. L'émerveillement n'est pas le même et peut-être l'âge de stars, ou mon mal au pied  Aïeuuuuuuuuuuu !!!

En tout cas, ça explose, ça fume, ça pète et ça dégouline d'hémoglobine. On aura droit à des morceaux de Monster...Promo oblige et des tubes en veux-tu en voilà. Et cette fois-ci pas de « I was made for loving you ». C'est le Hellfest pas le macumba !

La tyrolienne, les papelitos , les feux d'artifices, les fesses de Paul Stanley, tout y est. You Want The Best, You Get It ! Fin du concert.

La foule s'éparpille très lentement, au vue de la masse se l'écran géant c'était impressionnant. Une partie file à côté voir KORN, nous on gicle vers BAD RELIGION.. J'ai les pieds en feu. Ouilleuuuuuuuuu !

Là aussi c'est archi blindé, le set est très énergique et l'ambiance toujours au top .Mes pieds me lâchant, je file à la voiture à un quart d'heure de la fin pour éviter la foule et ne pas nous retarder pour rentrer dormir. On est à 8 km dans les vignes dans une caravane qu'on nous loue). J'enlève enfin mes paraboots. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!! Je rentre dans la caisse..Quand Bir arrive...Il m'a mis ¼ d'heure sur 2 km, le salaud.


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Whaouuuu mec, ça c'est du Rude Boy !!!


Pour moi, débuter ce samedi, rien de tel que JUSTINE avec un punk rock débonnaire qui dispose de la présence scénique de Fernandel, avec l'humour de Kev Adams ou d'Alexandre Viallatte (tout dépend de ta génération pour cela). Justin(e), c'est de la french Punch à la gaudriole fraîche et humide, comme une canette chaude de kronenbourg. Cela m'a procuré un bien fou toutes ces lapalissades caustiques et ce punk rock classique, et en fait : Plus con que ça, tu meurs ! Et c'est un compliment.

Moins probant et malgré le caractère mystique de SURTR, leur doom linéaire n'a pas franchement décollé les rétines. L'atmosphère était bien sépulcrale, c'était cool, mais quand on ouvrait leur linceul musical, il n'y avait plus rien du Sabbath ou du Reverend Bizarre. Un manque d'envergure scénique sûrement, et puis des soucis techniques qui sont intervenus aussi. Sur disque c'est plus prégnant par contre, faut le savoir. Un groupe a revoir tout de même, car je suis certain que ces gars, et dans une salle plus petit, sont capables d'envoyer une confession de messe doom et faire apparaître l'obscurité.

Ensuite, j'ai acheté un plat végétarien, la fille m'a servi avec les yeux tout rouge. Le set commença en même temps que je débutais mon repas. UNCLE ACID & THE DEADBEATS déposa de manière cotonneuse son atmosphère psychédélique. Mon plat végétarien avait un arrière goût dont je ne peux en définir l'origine, mais ce n'était pas mauvais du tout, juste un peu étrange en bouche. Le groupe étendait le champ de sa passionnelle musique dans le contre-champ que nous nous faisions de son délire. Le chant en stéréophonie amplifiait l'ensemble. Je me sentais très léger alors que la musique était très lourde et surtout intense. Puis elle a commencé à devenir de plus en plus légère de manière paradoxale ???!! Un léger brouillard de fumée scénique permettait de soumettre à la purée sonore une concordance parfaite. Où alors c'était peut être cette fumée opaque à l'odeur bizarre autour de moi.


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A un moment, il y a eu un gars qui s'est mis à quatre patte en pleurant de rire, et qui vraisemblablement cherchait des truffes avec son nez comme un cochon des truffes. Mais après coup, je pense qu'il recherchait sa boulette de haschisch pour plonger dans un paradis artificiel, qu'il avait sur scène de toute façon.

Le trip prenait des allures de montée d'acide, car j'avais chaud et je suais, beacoup trop. Les couleurs se sont faites plus vives, la musique plus sombre, presque impérieuse. J'avais très soif, extrêmement en fait, comme si je venais de courir un marathon dans le Sahara avec des vêtements de ski. Je me crachais bien dans les mains et ravalais ma salive pour me rafraîchir mais rien n'y fit véritablement. Ce qui est assez dingue en fait, c'est qu' Uncle Acid arrivait à faire fondre la toile de tente. Ça dégoulinait comme du sirop d'érable le long des mats. Non vraiment, ce plat végétarien était tellement excellent, que j'ai tout fini en me léchant les sourcils. L'ingé son a dû augmenter le volume sonore au delà des 105 décibels par contre car j'avais les oreilles qui giclaient du pus, c'était assez étrange mais ça m'a rafraîchi du coup, c'était surtout agréable dans le cou.


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Il faut admettre qu'Uncle Acid & The Deadbeats est un groupe vraiment incroyable, il est tout de même arrivé à suspendre la rotation de la terre et les ouvertures cosmiques qui claquent leur porte comme un ado en pleine puberté. Je le sais car cette tension était vérifiable dans l'air que l'on ressentait. C'est pas phénoménal comme truc de dingue hein, sans dec ?



Ensuite, pendant que le groupe déployait sa chaude apesanteur sonique, je me suis pissé dessus avec ravissement en même temps. Quand le set a pris fin, le groupe a quitté la scène sous mes applaudissements nourris, mais muet, et je n'ai pas très bien compris pourquoi par contre ?

Le guitariste m'a regardé hurler en verlan le poème de Verlaine "Chanson d'automne ", je pense qu'il n'a pas saisi grand chose. Puis les gens se sont dissipés comme un brouillard matinal très rapidement, et comme c'est devenu clair, je me suis envolé avec mon parapluie magique parce que j'avais de nouveau faim, mais je n'ai jamais retrouvé la fille aux yeux rouges et ce plat végétarien, très bon au demeurant. Alors en désespoir de cause j'ai acheté un jus d'orange avec un goût de citronnade amer que j'ai bu d'un trait par le nez, ça piquait un peu mais c'était bon.

Cette journée prenait l'attitude d'un téléfilm de Jean-Luc Godard des années 80 mais sans les décors futuristes de Blade Runner. Je me suis assoupi contre le mat de la tente Temple quand le groupe "Equilibrium" rugissait d'enculer Thérèse de Lisieux avec un rondin de 20 de chez Bricomarché. Dans mon sommeil le sol était revêtu de chantilly et il y avait des gens autour de moi en train de me hurler de sortir sans la clef, un nain à moustache notament. Après cette séquence d'hystérie collective, je me suis réveillé sans savoir si j'avais rêvé tout ce trip, mais il m'a vraiment fallu du temps pour redescendre du set de Uncle Acid & The Deadbeats et de leurs riffs hallucinogènes.


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Franchement après ce que je venais de vivre, j'avais du mal pour une nouvelle PROCESSION. Surtout que leur epic doom à la Saint Vitus se donnait un élan péremptoire, mais avec un manque de justesse musicale très peu compatible ici-bas.

Nétant pas encore tout a fait remis du set psychotrope d'Uncle Acid & The Deadbeat, j'ai décidé d'un commun accord avec ma santé mentale, de prendre des trombes d'eau sur la gueule pour voir des pingouins keupons faire les poulets ( un gars monte sur les épaules d'un autre pour un fight avec un autre poulet ) pendant le set de CASUALTIES. Ils ont fait une cover des Ramones comme pratiquement tous les groupes de NY, mais eux ont fait en plus « Run To The Hills » de la vierge de fer comme Sid Vicious le « Comme d'habitude » de notre défunt électricien Cloclozzzzzz-couic-.

Pour me sécher, je suis retourné sous la Valley dans laquelle la magie énochienne de WITCHCRAFT était élaborée avec la préciosité du rock psyché 70's et la pureté heavy, dont l'humilité du groupe et de leur set ont approfondi l'intensité émotionnelle avec des vivacités de breaks rythmiques d'une absolue netteté. Je kiffe ce groupe. La grande classe de ce combo a percé son éclosion devant mes yeux embués par cette pétulance musicale. J'étais très émotif devant cette beauté vintage qui n'a jamais laissé passer le teint nacré des obsessions musicales que l'on retrouve, avec tous ces groupes de stoner qui Led Zepelline à outrance des lignes Maginot de gamme pentatonique. Witchcraft est arrivé à suspendre la voûte de mon amour absolu pour la musique jusqu'au bout de son paradis perdu, avec pour seule ambition, de distiller au cœur de son concert un émoi sensible que je n'oublierais jamais.


Quand le Down d'Anselmo a pris la scène, je suis resté interloqué d'une observation édifiante : « Mais heyyyyyyyyy il a repris trois fois des paupiettes le Phil depuis la dernière fois nan ? » Ohhhhh putain le lourd il s'est même fracassé ensuite le micro contre le crane, et puis que dire de cette musique grasse comme du lard, vraiment je ne sais toujours pas ce que l'on accorde à ce type et à ce tas de pue musical. Une musique sudiste ça  Mais fichtre, cela n'a absolument rien à voir avec ce que l'on conçoit en dessous de la Loire avec Francis Cabrel ou les Gold

Par contre, si tu veux une suggestion Phil, demande à Phil des Leppard un conseil diététique. Puis si tu aimes vraiment te fracasser le crane, il y a le RC Cathare, alors là écoute attentivement une chouette leçon d'entraîneur de rugby :

Pour résumer mec, un concert, ça ne se gagne pas avec la tête, ça se gagne avec les couilles !


La leçon est à retenir et prévaut de sa véracité dans le circuit de KARMA TO BURN, qui était pourtant au début en roue libre, sans le spasme spirituel qui a fait vrombir l'épaisseur magnétique de son karma tellurique. Puis le diesel s'est mis en route pour propulser le duo dans un burn-out sonique très jouissif, dans lequel la foule s'est faite littéralement écraser comme un vulgaire hérisson. Ils n'étaient que deux et pourtant ce que Black Cobra n'était pas parvenu à saisir, c'est que l'intensité musicale est plus importante que l'invocation sonore. Karma To Burn sous ses dehors de méditation stoner, ou de yoga pour motard, est une formidable bécane de psychisme qui foudroie sur place.


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Tous les mélomanes de la planète terre connaissent l'importance des trois B allemands, que sont Brahms, Beethoven et Bach, mais avant la lettre B il y a le A d' ACCEPT. J’admets qu'Accept sait envoyer le prussien spirit avec des hits tel que Balls To The Wall, et que leur set fut cool. Mais il a fallu que l'autre buse d'Anselmo vienne foutre son groin pour le final « Fast As A Shark » en marquant sa vénération aux fritz. Il est en manque de reconnaissance ce gars ? Mais enfin ce n'est pas possible autrement ??


ZZTOP a lui proposé un set très très sobre, limite foutage de gueule. Je voulais du show, je n'ai rien eu, mis à part un écran en fond, avec de jolies poupées dont le tissu doit rebuter puisque elles en sont dépourvues à chacune de leur apparition, laissant apparaître une peau bronzée et tendue, ce qui demeure très encourageant pour mettre un bikini cet été sans rougir.

D'ailleurs on se demande si cela existe vraiment des créatures de la sorte qui sont envoutées ( surexcitées) dès que quelqu'un joue de la guitare...


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Sinon le trio a certes joué avec brio, par contre il manquait un zeste de frénésie et de féerie sudiste pour customiser le chrome blues rock des barbus. Bon, ceci dit, rien qu'avec le touché de guitare de Billy Gibbons j'étais conquis. Un réel plaisir d'écouter ce gars, mais quelle classe ! Il n'a vraiment rien perdu de son doigté...Tu m'étonnes qu'après du tas de gonzesses à moitié à oilp qu'il se traîne derrière lui.

Donc ZZTOP musicalement était top, pour le show c'était ZZFLOP on n'avait rien à se foutre sous la dent, et en plus c'était trop court. Disons que c'était décevant d'être à moitié conquis par la petite cylindrée des trois poilus. Mais il y avait le matos a installé de KISS après sur la même scène, c'est peut être pour cela le peu de spectacle et d'artifices...

En attendant les super-héros du hard rock, il y avait Bullet For My Valentine qui couinait sur la scène adjacente, la durée de leur set m'a paru démesurée et triviale.

Puis KISS.....enfin.


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Je ne sais pas comment on se d'emmerde mais on arrive vraiment à s'en sortir super bien à chaque fois, car on est au troisième rang, ouaie avec les hard fans, les vrais de la kiss army, en plein dans la première ligne du bataillon de truffions, passant toute cette journée à pester de prendre du 48 de gosses sur la tronche et à pisser dans des bouteilles d'eau minérale très minéralisé, en particulier en magnésium.

La sortie de « Sonic Boom » et surtout « Monster » a creusé un fossé entre les fans du Kiss originel et la nouvelle génération qui a assimilé Eric Singer & Tommy Thayer comme des membres à part entier. Cela sera réconforté par l'omniprésence de titre du dernier et de l'avant dernier album du groupe pendant leur set. Ce que je regrette, puisque je suis de l'ancienne génération et trouve ces albums moyens.

Pour moi Kiss en concert, c'est un film muet à lui tout seul dans la représentation du mime qu'il imprime sur leur faciès maquillé. kiss c'est l'omniprésence d'un show énOrme, qui fait péter la pyrotechnie avec panache et l'entertainment rock'n'roll.


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Merde, voilà quoi nous avions enfin un vrai SHOW. Un truc de géant qui fait ouvrir les yeux, écarquiller les oreilles avec des hymnes, mais putain que ça fait du bien ce truc des 70's de dinosaure du...


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Mec c'est KISS sur scène, Gene dégueule le sang en faisant des caisses et crache du feu, Paul est insupportable d'arrogance, Tommy, merde ce gars est invisible, il personnifie le vide intersidéral, alors que ACE FRELHEY reste une comète au firmament du ressentie lunaire qu'il incarne.

Et si Éric reste un bon batteur, il possède une cabine de guenon, Peter revient chanter « Beth » que je chiale comme un gosse.

Putain mais KISS est un mythe, un rêve éveillé de fornication rock'n'rolienne, qui usurpe ces fans avec la grandiloquence d'une théâtralité excessive. N'empêche que c'est toujours de la joie face à cette immensité, de la stupéfaction face à cette démesure.

Ok, KISS c'est aussi le castorama du merch, et au fait, est ce qu'un B-B-Q Kiss existe t-il ? Parce que je prévois de faire griller des légumes cet été, alors si ça existe j'suis fan !



Le groupe a surjoué les titres de leur « Monster »....Heyyyyy mais franchement, vous voulez vraiment nous faire gober au concept foireux de l'appropriation de Tommy et d’Éric à la place d'Ace et de Peter ??? Nooooooon, sans dec ? Je vous le dis, vous pouvez leur foutre le même maquillage, les mêmes tenues, faire chanter leur chanson (Tommy qui chante « Shock me » par exemple, franchement soyons sérieux deux secondes merdeeeee), JAMAIS, vous m'entendez jamais vous ne ferait revivre l'esprit du KISS originel, c'est fini, Game Over !



Le baiser hard de KISS est fantasque quoiqu'il en soit, mais il a brillé de façon moindre qu'en 2010, parce qu'il a omis de juter son set avec des titres rétroactifs. En préférant assurer le marketing du nouvel album « monster », il a déçu ses anciens fans, le groupe passe à autre chose, suit sa route comme toujours, alors soit tu suis leur trajectoire, soit tu restes dans la nostalgie. Pas grave j'ai revu KISS en chair et en os, j'ai hurlé sur pratiquement tous les refrains, je me suis cassé la voix comme Bruel, mais que c'était fun sous ce final crépitant et majestueux, les élevant dans les cieux sous une pluie de confettis.

J'ai retrouvé mon rire d'enfant dans celui de ma petite voisine, dont le père de famille exultait de la magnificence spectaculaire qu'il a offert à sa fille avec ce concert de KISS.


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Olivier et moi quittions la mainstage pour retrouver le giron de mon adolescence avec BAD RELIGION, je n'ai pas tenu le choc et me suis engagé vers les premiers rangs à bramer le poing levé les titres que Graffin propulsait avec une calvitie de moine bénédictin. Whaouuu mec, à chaque année tu prends un coup de vieux dans la tronche rien qu'en dépiautant de visu les groupes de ta jeunesse, ça fait sentir un avant-goût des rhumatismes, la pluie aidant...

Dans la cohue je me rend compte que depuis un mois à peine je porte des lunettes, et que si je ne veux pas les exploser, va falloir que je me replie au fond à côté des vieux qui tapotent du pied avec l'allégresse d'un fan de Dick Rivers. On m'avait prévenue qu'à partir de la quarantaine la vision baisse, bon pour ma part j'ai pris un palet de hockey dans l’œil droit qui m'a fait perdre un paquet de ligne de vision, du coup je suis astigmate, mais j'ai les oreilles aguerris pour l'émotivité punk rockienne de Bad Religion, qui transforme les douleurs intimes des révoltes sociales en punk-song truffées de punch adolescent et de maturité émotive.


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Leur set est passé à une vitesse vertigineuse, enfin merde quoi ils ont joué deux morceaux ce n'est pas possible ??! Mais que c'était cool, vraiment cool, ça a fait remonter les souvenirs à la surface de l'épiderme en une larme qui coule comme ce foutu temps qui passe et nous trépasse. Nostalgie et mélancolie vont de pair, mais rien qui doit chagriner quand tu relates cette intensité émotionnelle en quelque chose de positif. Et du positif, je n'ai vu que cela avec Bad Religion.

A l'inverse, on a tellement décrié l'avarice du néo-métal capitaliste qu'il a cramé ses bois de bête à KORN par l'excès d'animosité au sein des festivaliers présent en 2008 pour la supercherie de son annulation. De retour dans la cuvette du muscadet, les gars de Bakersfield font comme ci rien ne s'étaient produit de marquant, et le public a tout gommé comme il a gobé ce manège de MusicalTV parce que c'était le style de leur génération. Normal en somme que ce public s'exalte de la sorte, nous faisons de même pour chacun de nos groupes fétiches, la différence c'est que Korn n'a pas la même importance à mes yeux, et je ne parle pas des oreilles.



DIMANCHE c'était THE DEVIL IS ME


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Le Hellfest fait couler autant d'encre que crépiter les reportages sur son incroyable ascension au sein des grands festivals de France. Maudit par l'underground bas du front qui ne souhaite pas participer à la messe car la populace y est trop nombreuse, maudit par les adorateurs du christ tout comme les autres religions pour la causticité qui s'y dégage, il n'empêche que si les habitants de Clisson étaient hostiles au départ, ils ont bien assimilé le concept du festival et son aspect mercantile pour tirer des conclusions de partenariat, comme l'hébergement chez l'habitant ( une première pour moi, à reproduire, trop cool ), ou de devenir vendeur ambulant pour l’occasion en prestation culinaire rapide, en spiritueux, en produits locaux, tout en affichant un sourire de complaisance avec tous ces personnages habillés de noir qui brament des onomatopées canines à la gloire du heAvy métOl !

Par contre le hic c'est la présence de travellers qui arrivent autour du site et des potentialités néfastes que cette horde de charognard apporte en terme de représentation auprès de la population. Sans faire une généralité et une caricature des personnes qui squattent dans le désœuvrement pour grappiller des résidus de bières de maçon ( j'ai 10 années de carrière dans la maçonnerie, alors pense bien que je connais le velouté tropical d'une bière chaude de qualité médiocre, à un prix défiant toute concurrence ), leur profil ne manquera pas de susciter des garanties auprès des personnes « anti-inflammatoires » au monde du rock'n'roll et du heavy métOl qui veulent en ternir l'image, que le public et les organisateurs du Hellfest ont su apporter comme témoignage pérenne au développement du festival, ainsi qu'à sa poursuite dans une confiance réciproque.


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Mais je sens une certaine fatigue chez mon best friend, dis moi Olivier, j'ai l'impression que ton report va être Early Reggae cette fois nan ?

Ça y est le réveil sonne. Troisième jour, la nuit a été bonne et mes pieds vont mieux. J'enfile mes sambas puisqu'il ne doit plus pleuvoir et là tel Jésus, je marche sur l'eau, MERCI ADIDAS !

Comme d'hab, début de mâtinée à la Warzone pour THE DECLINE, et les bretons le font. Ça réveille même. Pour moi, la mâtinée, comme la plupart du fest se passe à la Warzone. Petite pause et arrive TREPONEM PAL. Son indus si particulier mais ça passe bien, puis petit tour en MS2 pour PRONG. Pas mal du tout malgré l'heure matinale.

Hélas pour moi une longue attente au sanitaire me fera rater la moitié DU BAL DES ENRAGES, quand j'arrive c'est archi blindé. Je retrouve Bir à la fin au milieu d'une foule compacte. Du bon punk rock, de la reprise aussi bien choisie qu'exécutée..En gros ils seraient resté trois heures c'était la même, avis aux organisateurs.

Il est désormais temps de faire mes petits cadeaux à mes deux trésors, et ses 2h30 ne seront pas de trop pour préparer la suite. Je file à la caisse poser les poches qui m'encombre, résiste à l'appel du macdo, puis retourne sur le site. Les pâtes Thaï commencent à faire leurs effets...Nouvelle queue aux sanitaires...


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Là tout va bien, je suis enfin prêt pour aller voir les COCKNEY REJECTS qui sont le groupe que j’attends le plus sur ce fest. Les skinhead ont débarqué, avec des psychos aussi, ce petit monde a rejoint les punks et les autres déjà présent depuis plus de temps.

Et c’est parti, ça joue plus Hxc qu'avant mais les fan's de West Ham assurent et sortent leur épingle du jeu. Je sais, je ne suis pas très objectif. Enfin on s'éclate, on fait des petites bulles...C'est déjà fini mais il y a les BUZZCOCKS à la suite et l'ambiance ne retombe pas malgré l'intermède.

Du son britich, ça fait plaisir. Passons sur l'anicroche d'un abruti apo bourré qui viendra essayer de m'expliquer la vie, je me prépare à finir mon week-end à la Warzone, quand Bir vient me dire que DANZIG et GHOST sont inversés. Bon tant pis, je me fais la moitié des TOYS DOLLS et je file à la Valley pour Danzig/The Misfits. La scène est plus petite mais ça arrache. Je sus pas fan mais c'est quand même très fort, je l'avoue. La partie avec Doyle sera ma préférée, normal je suis très conservateur en fait.


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Ben voilà, la fin approche On se dirige vers la MS1 pour voir VOLBEAT. C'est pas mal du tout, varié et ça fini bien le week-end. J'ai perdu Bir en allant me chercher une redbull et je me met face à la scène de la MS2, debout au milieu des corps assis ou couchés des métalleux fatigués. Il me verra peut être, le set de Volbeat est presque terminée et Bir me saute dessus par surprise, on va finir ensemble, mon plan a marché et c'est tant mieux ! Enfin...Il y a GHOST.

Ce groupe si spécial que tout le monde voulait voir ! (Ce qui expliquerait peut être le changement avec Danzig). Et là ça commence, atmosphère sombre, théâtrale et c'est parti. Effectivement il y a du monde. Moi j'ai tenu une minute.


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Je prend les clefs de la bagnole, j'hésite entre Napalm Death et Atari Teenage Riot. N-D j'y passe devant et je ne m'arrête pas..Ce sera la voiture où j'attendais Bir, qui arrivera très vite vu que je me suis endormi de suite. La lune est pleine, il fait pas très chaud...Enfin finalement ! Mais c'est quand même sympa tout ce bordel !


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Ooooooooooh putain mec, mais ça c'est un report ExtraSKAlactite...

Ben pour ma part, dimanche j'ai débuté par le postcore d'ERYN NON DAE qui était souffreteux mais comme il se devait de l'être, surtout en restant au diapason d'une agonie à la sincérité simulée. N'étant pas friand de ce genre de musique je me suis toutefois laissé happer par leur concert, c'est dire de la tentation que le groupe a su accomplir. En parlant de tentation, je ne peux que constater que le jneus veut s'épater, et il veut épater. Son jeune age correspond à un monde encore vierge, disposant d'une vision fiévreuse d'un futur fantasmagorique. Alors il s'est cogné contre tout ce qu'il a pu obtenir d'extrême durant le week-end, il était là pour cela. Il aura même toute sa vie pour en lubrifier le souvenir ému par la suite, même si il n'en a pas du tout conscience dès à présent.

A cet effet, on distingue plusieurs sorte de jneus. Les plus distingués sont outranciers, alors que d'autres narguent par pur esprit de domination, j'apprécie cet humour, vraiment et je les salue.


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Dans ce parc attractif d'hormones qui pétillent, il y a aussi une légion de gens bourrés ou défoncés, mais pas pire que dans une féria du sud, ou un samedi soir à Tourcoing par exemple. Là, c'est plus pénible à vivre pour moi, parce que je ne me saoule pas, et que je ne me drogue pas non plus, décidément je cumule hein...En fait, je suis comme Lucifer, qui laisse les autres se détruire sous son regard ironique. Je suis uniquement là pour assister à des concerts. Cela peut laisser pantois, mais c'est mon trip.

Mais le plus extrême du fest, ce fût ce jneus qui est resté au camping, dans une chiotte bouchée par l'épandage d'excrément liquide, à écouter en boucle la démo 3 titres de son groupe de black métOl. Complètement extrême le gars !!! D'où la haie d'honneur méritante que les outranciers et les dominateurs auraient dû lui proférer avec admiration, enfin surtout si l'on suit la logique festive à son excellence...Et ben non, rien du tout...Ah ces jneus, ils n'ont vraiment plus aucun respect de rien, quand on vous dit que ça part en couille...


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...Et vraiment je m'attendais à ce que ça parte en couille en assistant à ce concert sous le Temple, mais le chanteur de LEPROUS est resté actif avec une bonne voix, c'était apparemment le leader du groupe, que je découvrais par un appel de révélation. Leur rock progressif avec synthé m'a interpellé, et cela m'a changé carrément de ce que j'écoute habituellement, même en ayant un spectre de curiosité très vaste et éclectique. Leprous a réussi à me séduire pour la qualité de ses compositions et de son interprétation : Une découverte, enfin !

Une autre révélation avec le sol de la Warzone qui provoque une sensation bizarre car il est meuble, bien sûr on ne s'y enfonce pas jusqu'au cou, mais on sent que la semelle reste souple. La Warzone est à l'écart de toutes les autres scènes, le lieu offre un espace sans réelle identité, surtout en comparaison à la chapelle Altar et au Temple. Il me semble qu'à ce niveau d'investissement de décoration, il reste un truc à créer à cet endroit, et même dans la Valley d'ailleurs.

Car juste deux portes pour ouvrir ces lieux de frénésie et de recueil, c'est mince, et inégalitaire par rapport aux autres décorations du site.


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Quand a débuté THE DECLINE, l'ambiance a viré pub rock, et le groupe a profité de cette atmosphère joviale pour incorporer à son punk rock du punch de oï et des filigranes de cette sincérité prolétaire qui dévoile son cœur contre un coin du bistrot. Vraiment cool comme concert, j'avais kiffé leur disque, là sur scène je ne suis pas du tout déçu de constater que les gaziers méritent amplement la bonne humeur générale qu'ils ont su produire. Un groupe a revoir en club, c'est certain.


Savez-vous par ailleurs que l'on ne peut convaincre quiconque en n'ayant déjà en soi l'excitation magique et extatique de la performance ultime ?

TRUCKFIGHTERS a acquis cela tel un conquérant éveillant la foudre des enfers et la fée électrique dans un même rite, notamment par son guitariste aussi agité qu'un Angus en culotte courte, et un stoner rock remplit par un excès de fuzz et une super patate, bourrant par ailleurs la dynamique d'un set fulgurant. Ce groupe exécuta un stoner qui ne frimait pas, whaouuuuuu quel bonheur !


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Pendant ce concert sous la sélénite et capiteuse scène Valley, une grande armoire allemande tenait une minuscule brune au regard impassible de la fille qui domine son sujet pornographique sur le bout de la langue. Le schleu au physique de Dolph Lungren dans Rocky 4 dépassait tel un mirador menaçant la houle de la fosse, dont les proches fourmis alentour clignaient des paupières avec effroi. Il y eut juste un malheureux qui malencontreusement alla se percuter contre ce colosse qui ne bougea pas un cil d'un centimètre, mais dont la main d'une amplitude assez énorme décolla du sol terrestre le minable corps du pauvre énergumène apeuré. La brune par contre fit tampon entre les deux, et s'enquit auprès de son mastodonte par une grimace grotesque qui amocha sérieusement sa plastique mirobolante. Le titan apparaissait du coup bien emmerdé avec un visage devenu soudainement humain, lui aussi. Le couple partit promptement pendant que le pauvre gars se releva avec peine, et déambula un temps juste devant moi, avec un visage blafard, puis décampa en claudiquant avec une odeur de caca derrière son passage.

Bon dieu de bon dieu Marty, c'est TREPONEM PAL que je vois dans la warzone !! Et BING ! Un autre coup de vieux dans la tronche à...


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Ok cool ! Donc malgré le fait que les usines débrayent depuis le passage de l'an 2000, la musique indus des 90's revient mettre de l'huile de coude dans la rotative musicale actuelle. Le set est groovy et il y a même deux danseuses qui hypnotisent les mâles, d'ailleurs sur la cover de "Mission Impossible" elles ont allumé la mèche pour faire exploser les caleçons. Ça a juté sévère car Treponem Pal ça a super bien vieilli en fait, un poil daté dans le son, mais c'est très appréciable, surtout que les gars prennent leur panard à être là, et c'était réciproque avec le public.


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Puis il a plu des poutres métalliques car PRONG était sur scène.

Vaste tour d'horizon de leur discographie qui a marqué l'histoire, avec un fond de scène à l'effigie de "Beg To Differ" qui a pu semer la confusion à tous ceux qui espéraient entendre la quasi totalité de l'album. Je chéris ce groupe, j'étais forcément comme un gamin devant eux, le set était incroyable, avec les riffs de barbare de Tommy Victor hyper chirurgicaux.

Prong étouffa le fond de ses facultés techniques dans la sauvagerie d'un bloc granitique, il nous débarrassait des attractions futiles terrestres par sa musique libératrice à la percussion aussi titanesque que le groove qu'elle actionnait, le groupe réussissait en un tour de bras à faire exploser les inhibitions de la foule dans un délire guerrier.


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Après une telle bourrasque il m'a fallu un temps de récupération propice à la réflexion, comme celle que prouver au monde que l'on existe à travers des goûts singuliers, exige une amoralité extrême pour le grotesque afin de ne pas tomber dans la voie du ridicule. Comprenez bien que sans la compréhension générale de l'assistance pour le second degré, vous passeriez pour un âne si vous aviez une veste en jean déchiré avec des patches de Motley Crüe et un ceinturon en forme de chaîne à vélo pendant le soixante troisième colloques des obstétriciens du Morbihan. Mais pendant le raout des musiques extrêmes, que neni, vous êtes en plein dans la party ! Plus l'accoutrement est fou et plus c'est dingue, alors je ne te raconte pas avec des poils...

Sur ce, j'ai donc voulu me faire tirer la MUSTACH, mais comme cela m'a rasé de près, je suis allé assez vite au BAL DES ENRAGES qui faisait salle comble.

Ces fanatiques de la guiguette pirate ont fait un carton avec cette formule best of punk rock que tout le monde en France a vu dans une salle de province. Le concept est unificateur et demeure un bon délire en soit. Il y avait donc réciprocité d'enthousiasme sur scène comme dans le public, que je jauge à 98 % de l'hexagone, c'était la rançon du succès du jour.

Très bien interprété, le set était un mix de punk rock mais avec une grosse partie de métOl pour l'occaz, et forcément avec du Metallica et du RATM. Le punk refoula du métAl et le juke-box tournait carrément au clubbing des énervés avec point levé, slam diving à gogo. De ce fait ce spectacle vivant était une très bonne carte de visite pour donner envie d'assister à leur trois heures de show !

Oui tu as bien entendu trois heures de show, mais ils sont un paquet à investir la scène d'où le spectacle défouloir.


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GRAVEYARD lui, n'a pas pu épaisseur sa sauce stoner. Cela manquait inexorablement de coffre. Le groupe a tapissé son concert par de simples oripeaux de riffs, en entretenant ses exactions blafardes tout au long d'un set filandreux, qui poussa un nombre conséquent de hellfesteurs à choir une rancœur évidente à la qualité médiocre de leur sonorité baveuse.

Chose qui ne m’apparaissait pas du tout probant avec SPIRITUAL BEGGARS et ses qualités musicales. J'étais heureux de reconnaître que j'avais raison, tant leur set fut intense, et dans tous les sens du terme. Puisque c'était constellé du talent malgré un son dégueulasse, parfois même inaudible, et une présentation du groupe qui a duré trois plombes. Théoriquement Beggars se rapproche de Led Zep avec les fondements hippie, mais surtout, il possède un feeling redoutable avec une sonorité toute en rondeur, toute en chaleur. Les filles en transe ovulaient à l'unisson, pendant que les gars s'offraient aux spasmes spirituels dans des états différents de conscience et d'exaltation. C'était très bon Spiritual Beggars, vraiment très bon.


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Je n'ai vu aucun martien au concert de SWORD. C'était juste un groupe de heavy stoner, venant claquer leurs hits sur un public acquis à sa branchitude. Je conçois indubitablement les qualités d'interprétations, la fougue de ce combo, mais musicalement je n'ai pas ressenti la soumission absolue que l'on érige dès que l'on en essuie l'exaltation. Mais le groupe va y parvenir, et j'en reste persuader, faut juste qu'il mûrisse avec le contrepoids de leur expérience/existence.

Qu'est ce qu'elle était cool par contre la vieille tata anglaise Buzzcocks, mais déjà vu un paquet de fois pour ma part, j'ai préféré aller ailleurs. Donc il y a eu DOWN, encore, avec Phil Anselmo commençant à être bourré, et devenu en quelque sorte le régional de l'étape de ce fest. Il a exécuté un pot pourri de toutes ses formations, hormis Pantera. Le groupe a pressé sa purée du sud dans une fournaise de fans en rut. C'était pas dégue. Mais mon soucis, c'est que je me suis ramassé le pénible du festival. Le gars ivre qui venait de se faire éjecter contre un poteau et qui saignait de l'arcade comme une truie que l'on vient d'égorger. J'ai compris pourquoi on l'avait envoyé paître, quand au bout de la troisième fois il est revenu me dire en s'essuyant sur mon épaule : " Je pisse tout rougeeeeeeeeeeeee t'as vuuuuuuuuuuu !!!". Pour résumer, Anselmo était cuit sur scène a faire son lourd, et moi j'avais le même mais en sang à côté de moi.


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Au fait Anselmo a piqué le truc de Dee Snider quand il fait tomber son micro après avoir fait chanter le public et affirmer à quel point ce public là était incroyable. Vraiment, ce type est un frontman rusé, il sait faire parler de lui par son omniprésence à investir les scènes, et à la fin du week-end, le public en redemandait même, et une chose encore plus folle, ce public était en train de lui quémander par un regard de miséricorde : "Hey Phil je suis là, et je veux exister dans tes yeux, car grâce à ça, je vais exister dans les yeux des autres".

Mais franchement foutez-moi la paix avec ce genre de foutaise compassionnelle, je voulais le Hellfest, le festival de l'enfer quoi, mais pas celui-là bordel...

Par contre le véritable enfer, je l'ai eu, avec ses flammes rugissantes et tout, et tout. Mais je vais te dire quelque chose, alors écoutes bien : Tu peux vivre de poisson cru comme un real norvégien, te grimer le visage en panda en te tapant le poitrail avec le regard mauvais si cela te chante, la seule question du week-end à mon sens était :

« Qui possède la foutu clef du purgatoire ? »

QUI hein ???

C'était :


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Oui, le vieux démon, qu'on avait délocalisé sous la Valley à la place de Ghost, qui du coup héritera de la lourde tâche de fermer le ban des festivités de ce concile diabolique 2013 sur une Mainstage. Je n'en connais pas la raison, je sais juste que pour le macabre Danzig j'avais une place de choix devant l'ingé son et que l’acoustique était nickel, tout comme la vision de l'ensemble.

Donc, le cacique du bûcher était face à moi, en chair, avec son heavy mortel ! Oui mesdames, j'invoque bien cet hédoniste Danzig, en couple actuellement avec Fujiko Kano, née le 18 avril 1972 à Fukuoka, japonaise d'ascendance mongole, réputée pour ses films pornographiques incluant des sodomies. Vous avez remarqué que le Monsieur est un fin connaisseur...Putain de foutre sonique j'avais l'hercule des métaux lourds musicaux et de la passion de l'horreur, remontant les limbes de sa discographie rien que pour nous en faire expurger la lave passionnelle.


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Il a surgi comme un démon imposant son émanation diabolique, avec ce sens voltairien de la préférence dans la damnation, car il était là, puissant, impérieux et tyrannique, avec cet impact du gars qui refusera le prêtre jusqu’à sa dernière heure.

Le set s'est déroulé en deux temps, une première partie avec des titres de Danzig, énOrme, vraiment quelque chose d'envoûtant, de rare et d'unique même, tant le personnage est culte et fascinant. Il harangue de son souffle un par terre d'âmes en expiation, humant l'odeur diabolique qui se dégage de son souffle infernal.

De cette lumière ténébreuse aveuglante, on entendait dans le hurlement d'un millier de tonnerres qui se sont fait entendre, l'union entre le public et le groupe enfin consumé, comme quand le souvenir se fait flamme et l'orgasme se fait cendre.


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La deuxième partie, c'est le renfort du géant Doyle bodybuildé pour une séquence Misfits horrorifique. Mieux que ce à quoi j'imaginais le shock punk heavy rock...Les hits se sont enchaînés à nous dans une séquence de bondage qui fait ressentir la perversion à chaque coup de fouet d'une lucidité érotocomateuse.

Doyle a fracassé chacune de ces guitares pour chaque morceau, en tapant dessus comme un forcené. Danzig a fait tonitrué ce rock fifties mêlant le punk à ce double cheese burger sonique. Un très bon moment, bien cool, et assez court pour ne pas gêner juste après le final de Danzig avec ses titres et ce « Mother » incandescent. Ce concert de Danzig a fait mouvoir sa puissance tellurique, crépitant nos souvenirs dans le brasier de notre émotion/nostalgie.

Le groupe découpa la foule avec sa musique d'outre-tombe qui lui sert de tronçonneuse, il confessa sa vénération pour la colère profonde, annonciatrice des maux du tréfonds des hommes.

Il aurait été blasphématoire alors de ne point obtenir de plaisir animal après cette office bestial.


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Le soir était tombé avec la même force que les ténèbres que DANZIG venait de convoquer. La froideur de la nuit passait entre nous en ricanant de délice comme des fantômes aux caresses glaciales. On attendait que tout se réchauffe avec le Elvis métAl de VOLBEAT.

Mais oui, ouiiiiiiiii avant cela bien sûr, LORDI a fait son show de freaks avec sa musique métOl classique et son spectacle d'halloween bon enfant. J'ai assisté à cela, mais vu de l'autre côté, me plaçant par avance pour les danois. Parce que je me souviens très bien qu'en 2009 Volbeat avait donné un set en milieu d'après-midi devant une foule éparse. Quatre années après, il joue à un horaire mieux adapté à son succès, et de plus, est devenu un habitué des stades. Le groupe a foutu du rock'n'roll dans le métAl délibérément, ce groupe est plus cool et plus fun que Turbonegro. Désolé d'annoncer cette révélation aux tafioles de la turbojugend.

Michael Poulsen arriva avec la banane, il jouait le gars heureux d'être présent, ne trahissant que très peu le manque d'ardeur de la foule sur l'expression de son visage. Ce public qui semblait (mis à part les premiers rangs) accuser le coup de la fatigue du week-end. Pourtant le groupe a abattu son jeu avec ces as de hits phénoménaux, tournoyant de cette coloration caoutchouteuse un nombre impressionnant de refrains catchy.


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Rob Caggiano (Anthrax,The Damned Things : Putain ce gars se cherche vraiment !!) a misé dessus pour la production du dernier album et fait partie intégrante du groupe désormais, ce n'est pas pour rien, ce super guitariste nous assène de solos saignants, mais il lui manque cette énergie rock'n'rollesque que Thomas Bredahl (ancien guitariste de Volbeat) en faisait voler l'éclat, et donc il lui manque cette représentation scénique non négligeable.

Poulsen a marqué parfois d'une limite vocale qu'il gommait de façon tartufe en s'éloignant du micro comme l'exécute les starlettes du rock comme Bono, Jagger & co.

Volbeat a fait un travail de sape avec le public du Hellfest, mais qui ne lui rendra pas la pareille, car ce public est plus métOl que rock'n'roll. Je ne préfère même pas parler de country, souvenez vous de l'année dernière avec le show de Hank Williams 3... Exemple type : Poulsen débuta le « Ring Of Fire » de l'homme en noir (Johnny Cash) à la sèche, mais il n'y a pas de répondant, du coup il ne perd pas son temps et embraya sur « Sad man's tongue » qui fait partie d'une cover de Cash que le groupe a enregistré sur «Rock the Rebel/Metal the Devil » et que le public connaît.

Mais cela ne s'arrête pas là, quand il demandait l'attention du public, le public se taisait dans un silence mutique instantanée, qui laissait un léger rictus de ricanement au coin des lèvres du chanteur danois, qui ne s'attendait pas du tout à cela. Non il n'y avait pas une saine et réelle communion selon moi. Quelque chose clochait...Je suis un fan de la première heure de ce groupe. Les hard-fans de Volbeat étaient transit d'émerveillement bien entendu, et je comprends très bien pourquoi. Au point que leur cœur a dû s'arrêter de tourner le temps de ce set, tendu comme le sourire crispé du gars qui est pris en flag par sa femme, en train de se faire sucer la bite contre un coin du bureau par une jeune stagiaire dévergondée.

Je dirais que Volbeat a fait son job comme des professionnels, il a donné mais n'a pas reçu ce qu'il méritait amplement. Je ne sais pas si le public était impressionné par l'aura rock'n'roll de ce groupe, et s'est timidement laissé porter par les événements, où si Volbeat manquait cruellement de cette audace scénique et communicative sincère qui permet de fédérer ? J'en doute, et je suis certain de la première hypothèse, tant Poulsen et sa clique affichaient une humeur conciliante et ont tout fait pour que le triomphe soit total à leur métOl western spaghetti.


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La chaleur était passé...La nuit froide venait nous surprendre dans le spectre de notre salut Satanien à attendre l'arrivée d'une pape mobile pour cueillir dans la bénédiction sacerdotale, la pieuse ironie pontificale d'un show méphistophélique. Les ouailles étaient toutes ouïes pour recevoir le corps christique du diable, venu de la bouche des enfers. ۩

Dans la constellation étoilée d'une nuit de solstice de pleine lune, le temple de nos attentes légitimes pour rire dans l'éclat musical de GHOST semblait définir notre croyance pour la couillardise du heAvy MétOl, et une spiritualité à laquelle nous aspirions pour une utopique divinité musicale.

Les anciens du Festival s'en souviendront forcément, nous avions reçu notre baptême il y a deux ans de cela avec Ghost, c'était dans la clameur étouffante d'un sacramentum inoubliable. Aujourd'hui nous communions pour la confirmation du sacrement de ce groupe, ainsi que la nôtre, qui consiste à oindre par l'huile sonique de leur dernier album «Infestissumam » la purification des ténèbres, afin de recevoir la faveur du Saint-Esprit maléfique. Ψ


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En tant que telle, le rite de cette confirmation authentifiera l'appartenance du baptisé à l'Église de Lucifer, par l'achèvement de son baptême absolue. Les novices et les plus jeunes en age, viendront pour leur communion solennelle, ou aussi intitulé profession de foi, constituer un rite de passage marquant la sortie de leur adolescence, voire de l'enfance.

Le culte s'est ouvert par le temps de l'accueil, ou aussi nommé rite d'ouverture, incluant le rite pénitentiel qui nous fait languir sous un froid sibérien. Puis Ghost débuta son office avec une intensité et une adjuration suprême telle, qu'il n'était nul besoin de hurleя pour répandre le vice de sa monumentale couillardise (info lexicale : couille + connerie = couillardise ).

Galvaniser par l'outrage sonique devenu à son absolue, nous étions pétrifiés sur place par la douceur bouillante qui émanait de la scène. Lorsque les fidèles s'acheminaient au pied du sanctuaire, ils faisaient un trône avec leur main gauche pour recevoir la sanctification papale, ainsi que le corps du sacrement belzébuthien au plus prêt de leur âme en répondant un «  ђail Satan » libérateur.


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C'est avec soin que la lumière des ténèbres et le corps sacré des mélodies prirent acte d'une imploration bénéfique pour des refrains repris en cœur. Après avoir communié ensemble à ce culte méphistophélique, ainsi qu'à la coupe de son plasma sonique, nous nous inclinions dans l'adoration et le respect mutuel. Nous étions enfin sanctifiés dans la représentation du sang démoniaque, qui circulait maintenant dans nos veines devenues flammes. Et tandis que nos lèvres, encore humides par des larmes de ferveurs proféraient des oraisons funèbres, la grâce du groupe nous jugea digne de recevoir les grands mystères infernaux en nous béatifiant de son souvenir inexpugnable.

La bonté musicale des bénédictins instrumentistes faisait de cette messe noire une œuvre de charité rock'n'roll assez truculente, et incroyablement Magik. Les mystiques du stoner et les gnostiques du doom nomment cela l'illumination me semble t'il.


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Il faut reconnaître que ce groupe pourrait choquer les grenouilles de bénitiers de consternation pour salir leur foi avec cette façon corrosive de la bafouer, si elles en prenaient connaissance. Mais diable, elles devraient plutôt se laisser pénétrer par la chaleur démoniaque que dégage ce groupe, car ne dit on pas que la musique adoucit les mœurs ! Cela aurait permis d'éviter cette haine homophobe, et la prise en otage des usagés pendant les successives protestations contre la loi du mariage pour tous.

A la question qui vous taraude l'esprit, peut-on se servir avec sarcasme de la religion pour en faire usage avec ironie ? Je vous réponds : Bien évidement, liberté d'expression faisant foi, et ce groupe en est l'exemple type. C'est pour cela que mon reportage est ratifié d'un excès superbe dans l'occultisme du heavy métOl, qui honore cette couillardise rock'n'rollienne du spectacle outrancier, histoire de composer un circle pit métaphorique dans le pentacle romancé de ce week-end maléfique au Hellfest. Ж




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Ce qui était assez dingue aussi, c'est qu'en milieu du concert la foudre divine s'est abattu pour une mise en abîme du rite avec la perte intégrale du son. Ghost jouait alors au mime et s'était tordant ! C'était le mystère tout entier de la transsubstantiation qui prenait acte, très certainement...

Sinon j'ai adoré le show et la qualité d'interprétation, c'était un geyser de ténèbres donnant l'illusion d'un précipice. ۝

Forcément il y avait cette burne d'Anselmo sur le côté, en train de boire et d’essayer de reprendre les refrains qu'il avait l'air de ne pas connaître du tout. A cet effet, le sacrement de pénitence, qui consiste à l'infidèle de reconnaître l'indélicat péché de n'avoir pas encore d'album, ou au pire de ne pas connaître le groupe, et en demande le pardon à genou, fut pratiqué tout au long de l'office par des incultes meurtris de honte.


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Ainsi, l'excommunication pour le choix du set de Napalm Death signifiait d'obtenir la malédiction d'une mort certaine dans l'année en cours, et pour Atari Teenage Riot, c'était la mort subite d'éprouver un concert bordélique.

Une mesure disciplinaire est toujours en cours si l'excommunié est passé juste pour voir à quoi cela ressemblait et à demander à recevoir les derniers sacrements tel que la confession, l'eucharistie et l'extrême-onction en se prosternant vaincu à la foi en Ghost par la supplication suivante: « Que tous soient un, comme toi, Papa Emeritus II (c'est le chanteur du groupe), tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, et pour que le monde croie que tu m'as envoyé répandre la foudre exorciste du heavy métØl à travers le monde !! »

Car dîtes le vous bien, c'est uniquement à travers la chrismation de ce show que tout membre de la confrérie Ghostique devient un prophète, et reçoit une lueur protectrice de la royale prêtrise du démon. En recevant l'onction de la part de celui qui est démoniaque, tous les fidèles, parce qu'ils sont chrismés de signes visant à sanctifier l'entertainment heavy métAl, sont appelés à agir comme témoin conscient de cette Vérité de représentation théâtrale. Ω

Ceci s'avère fondamental pour apprécier la fantaisie de ce groupe et à cet effet, même si nous n'étions pas à Stonehenge pour fêter le passage païen de l'été avec les mouvements druidiques, sataniste moderne et wiccans, Ghost en impacta l'aspect évanescent sous l'égide lunΔire d'une pleine lune superbe, que le cameraman du Hellfest avait pris soin d'en éclairer l'éclat. Bien vu mec !


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Voilà, le Hellfest 2013 s'achevait ainsi, et il m'est dorénavant certain d’affirmer que la transhumance des bêtes à cornes fera vibrer le bitume de toute la France, et de l'Europe toute entière à coups de sabot méphistophéliques, jusque dans la prairie en flamme à Clisson en 2014. La Vendée toute entière devra une fois de plus mettre genou à terre pour protéger le cloître de la bienséance à travers de successives prières célestes, même si elles seront sans grande efficacité sur la connerie de ces jeunes gens chevelus, qui ont choisis de se foutre la tête comme un champ de fraises pendant trois jours, en montrant leur cul devant la caméra du petit journal de Yann Barthès.

La viligence reste de mise malgré le statu quo des commérages antihellfest... ۞


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Ma conclusion ? C'est que dans mes veines circulent la misanthropie du quotidien, une sorte de fils teigneux qui se gonflent de colères, mais je n'en perds jamais le contrôle, et c'est bien ma vaine. La fraternité du Hellfest perturbe la culture de cette misanthropie. En sortant de la pureté de cet halo de lumière généreuse, je m'en retourne dans mes catacombes avec un sentiment magnanime envers ces fratries autonomes de personnes qui se sont éclatées et se sont amusées sans jamais faire apparaître une quelconque animosité, c'est si rare dans cette époque de compétition individualiste que je les félicite.

Alors continuez jeunes gens à brasser l'air de cet esprit libre et foutraque, festif et insubmersible, il finira bien par contaminer les autres d'un regain de liberté !☼


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