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chronique de disques

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dimanche, février 12 2017

KING DUDE – Sex


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Thomas Jefferson Cowgill a débuté son art par la noirceur du black metal avec Book of Black Earth et le hardcore de Teen Cthulhu, sans jamais trouver la formule adéquate pour dégorger son éducation. Car voilà un gars atypique issue d’un divorce, élevé au spiritisme par une mère lunaire pratiquant les incantations païennes, et par un père priant les cieux en buvant jusqu’à la lie le sang du Christ en bon chrétien américouain. Tout sera affaire d’astres pour ce dandy gothique qu’est King Dude qui enfantera comme par magie noire à un mystique « Apocalyptic Folk », un sous-genre de Johnny Cash chez les gothiques, brûlant dans l’essence de Nick Cave les restes de Death In June sous le regard fantomatique de Buddy Holly et la bienveillance de Bob Dylan.

King Dude est un projet né d’un coup de bluff, une esquisse rageuse envers une colère sourde, reposant sur une rédemption luciférienne qui épouse le charme des balades vespérales innocentes pour mieux nous crucifier à son autel caverneux. On s’accorde dans ces méandres musicaux à puiser un esprit sein à téter pour trouver l'obscurité dans l'étincelle de ce folk, et y crever de ce poids mort existentiel pour ne plus être mauvais.

Mourir c’est renaître après, et King Dude applique ce genre d’illumination remplit d’amour et de lumière que les coups tordus de la vie changent en désespoir et amertume. Sa formule de politesse pour signer son acte de pensée est tout aussi clairvoyante : “With the Love, Light and Glory of Lucifer upon us all! “- King Dude

Une fois encore le Dude nous confie les passages sombres de sa genèse avec « Sex », dont la famille Manson cristallise l'horreur satanique. Il en est question ici.

Avançant dans la pénombre blafarde, le disque déroule sa funèbre torpeur musicale avec l’aspect cadavérique du dark-rock. L’ombre de Sister Of Mercy plane dans les atours funestes de l’américain et aussi celle de Tom Waits, qui supplante même tout, et de loin. Car King Dude sait parfois faire retentir un blues lugubre, faire rutiler un vieux truc lointain qui vient de l’âme, et dans ce genre d’amertume émotionnelle qui en délivre toute la portée sépulcrale. Le côté bancal de son approche sonore (pour ne pas dire lo-fi), apporte une dimension atrabilaire, permettant d’intensifier à bon escient la face éplorée et mortifère. Maiiiis tout n’est pas tout noir dans « Sex », car cet homme sombre a la bonne idée de remettre du punk dans les esgourdes pour fluidifier la gravité de certain de ses titres. Alors il en profite pour sulfater avec un esprit bordélique de garage rock punk, et ça refout un coup de peps bienvenu ici-bas.

J’ai énormément apprécié au Hellfest 2016 sa prestation, en un instant de plénitude noire, contrastant avec la théâtralité excessive de la majorité des groupes du Hellfest. D’autant plus que j’avais moins accroché à son album « Songs of Flesh & Blood - In The Key of Light », il me manquait une épaisseur à la fois sombre et cotonneuse qui en faisait tout le charme et l’épaisseur lors du concert. Chose que je retrouve avec cet opus, bien plus fourni, malléable avec ses atmosphères que l’étaient les précédent opus. Il y a aussi un côté robotique punk à la Devo en filigrane et puis une face new wave pour apporter de la profondeur de ton à l’ensemble.

Oui King Dude a pour ainsi dire fait acte de modifier sa messe, et ceci n’est pas pour me déplaire.

Voilà un album vraiment cool, tant il regorge de différent moods, tout en restant dans la cohérence. Je pense qu’il a voulu court-circuiter cet aspect trop macabre, trop sérieux et souffreteux. Par ce fait de multiple alternance il apparaît encore plus humain avec cette diversité, tout en restant dans ce pathos qui en a fait son sceau dès que le ton s’aggrave vers les ténèbres intérieures. C’est un contrat maléfique très justement admis par la forte acuité sensitive du mal qui touche à l’émotion pure ici, car cela fait mouvoir un envoûtement de méditation et d’occultisme à la fois que l’on ressent comme une brûlure intense et pérenne à son écho.

Mon conseil : « Sex » est un disque à écouter en lisant « California Girls » de Simon Liberati.


vendredi, février 10 2017

HELLBATS – 500 Miles In The Midwest


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Pour ne jamais oublier l’homme a inventé la photographie, la littérature, le cinéma, la musique, la peinture, enfin l’art en général, puis il a jeté tout ce monde sur les routes du globe pour partager afin que chacun puisse voyager et cultiver sa différence.

L’ADN d’Hellbats est fait d’un crossover Be bop a lula Vs Hell Awaits, avec l’envie rock’n’rollienne d’assouvir ses pulsions soniques avec la morsure fatale que réserve les dignitaires assoiffés de sang à des vierges effarouchées. Leur rock est épidémique, il capte la sève des grandes branches de l’arbre de la connaissance rock’n’rollienne et éclot pour un crossover bourgeonnant en une discographie émérite.

« 5000 Miles... » retrace l’épopée du groupe aux States en 2005, 16 jours pour 14 dates en 8000km, et on peut concevoir leur voiture, une Mercury V8, comme une Delorean.

La tournée des grands ducs tels qu’Aerosmith a pu la concevoir à l’époque démesurée du rock à papa sur groupie frivole s’avère éloignée du réalisme primesautier d’Hellbats. Mais dans la crudité de leur unique tournée américaine le groupe a statufié un instantané d’authenticité que le futur fantasme et que le passé en intensifie la nostalgie.

Ce DVD sort enfin de sa malédiction avec son lot d’image fantomatique qui relie les vivants aux morts et son devoir de mémoire, ainsi qu’avec la subtilité d’évoquer les désordres de la vie et la fatalité de l’existence, en fait à tous ces instants où la communion entre les hommes est palpable.

Elek'Vins, le gars derrière la caméra virevolte à dénicher des plans, simples, libres, il est dans une relation de justesse et de recherche, on regarde avec ses yeux le galbe original et parfois désabusé de ces gars du Doubs repousser les chimères aux oubliettes. Il y a une forme d’orgueil et de compassion à visionner cette jeunesse folle ressentant la saveur inoubliable de prendre des chemins de traverse, plutôt que la routine d’une vie normale que le salarié cadenasse en vissant des boulons et consume comme un clope.

Les moyens étaient précaires et les connexions ne tissaient pas encore leur toile instantanée avec les réseaux sociaux. Ici l'aventure est totale, au point que l’indépendance d’une telle initiative aussi courageuse et libertaire qu’elle soit, s’entrave à une forme de précarisation avec comme seul moyen de survie la solidarité des différentes communautés qui soudent la coopération à la survie de chacun.

Hellbats prend la route d'Amérique avec la démangeaison des patients de la varicelle, sans penser une seconde prendre la mer avec l’ennui d’une mer calme et tout aussi bien que la fougue d’une tempête exécrable quand les emmerdes usinent autant que pendant les trente glorieuses. Contre toute logique rationnelle à cette prise de risque, aucune préméditation ne sera possible pour découvrir le charme de l’inattendu, tant que l’offrande de soumettre ses chairs créatrices devant les autres libèrent cette nudité que le spectacle stimule. La concrétisation de vivre le rock pousse les groupes underground à préférer mourir debout plutôt que coucher à ne rien faire. Ce n’est qu’en ayant ce fait que l’on peut regarder ce film avec un minimum de conscience propre à cette réalité peu commune.

En plus de la tournée, il y a une sorte de clip filmé à l’arrache démontrant la capacité D.I.Y et de sa valeur créatrice bien plus impactant émotionnellement que des grosses productions d’un clip de U2, tout simplement parce qu’Hellbats se révèle avec modestie sous un regard témoin et complice, bravant sans le savoir que la vérité n’est présente que seulement quand on l’oublie.

Espérer son rêve Amériouain est aussi aléatoire que l’espérance de vie, mais vivre son rêve est aussi puissant que de le partager. L'existence de ce DVD en est le témoignage réel.


vendredi, février 3 2017

MORS PRINCIPIUM EST – Embers Of A Dying World


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Mors Principium Est naît en 1999 à Pori en Finlande un soir estival où l’hiver regagna son logis. Leur Death Mélodique d’inspiration Dark Tranquillity, In Flames et Soilwork, abonde de tension sombre pour des compositions complexes et des ambiances noires, assez éloignées désormais du futurisme d’un disque comme « The Unborn ».  Moins thrashy et agressif que lors de leurs derniers opus, Le groupe re-calque des structures reprises et répétées de death mélodique carrées et intenses avec l’homogénéité que cela requiert pour que le disque soit et advienne un bon melodeath.

Ce death mélodique manifeste ce brin de mélancolie essentiel à la propagation vaporeuse des superbes solos aériens, et avec ce qu’il faut d’orchestrations synthétiques pour vétiller sur des atmosphères baroques. Il y a une forte corrélation mirifique entre le contraste du doux et du rêche, du vespéral (chant death) et du séraphique (voix féminine), enfin tout ce qui fait le sel et poivre du style du death mélodique. Les titres commencent généralement calmement s’ensuit un tonnerre de riffs ou de déluge de notes mélodiques que la rythmique suit avec fracas.

La production synthétique esthétise l’ensemble par une théâtralité de pacotille mais qui ne dessert pas l’œuvre dans son ensemble, et lui apporte foncièrement le caractère conforme d’un album léché par des vampires.


lundi, janvier 30 2017

ROPOPOROSE – Kernel, Foreign Moons


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« Elephant Love » leur premier opus avait su oser et surprendre par sa découverte. Son côté bricolage lo-fi, sa liberté tenace, et peut-être sa dépossession de tout acte de compromission avait permis au duo de prétendre à poursuivre l'aventure.

Il n'est pas rare que les soubresauts du collage rock indie isole plus qu'il ne fédère, les chenapans s’écharnant à manipuler à outrance dans un hermétisme qui stature vers cet état de tête à claque. Hors il n'en est rien pour ce duo. Ropoporose est arrivé à ce stade de maturité qui de garnement passe avec facilité à cette épaisseur sensitive de l'exaltation.

L'inventivité au service de la composition, la maîtrise au service de l'inventivité, tout ceci inaugure des compositions denses, folles, contrastées. Les styles rock indie se mélangent, se jugulent, s'épousent dans des formes que seuls les Barbapapas sont capables de telles contorsions. Le duo agite une féerie subtile, poétisant sur l'abstrait avec une vérité flottante jusqu'à donner vie à la beauté musicale. C'est un fait, Ropoporose est le digne rejeton des Pixies, Tortoise, Sonic Youth, Stereolab.

Leur attrait pour coloriser la mélancolie leur confère une douceur que les plus humanistes d'entre-vous en comprendront les bienfaits. Il y a une transe frénétique dans tout se désordre homogène que l'on peut y entendre les célébrations de David Byrne dans Talking Heads. Il est vrai aussi que ce disque étend le spectre des 80's et de l'avènement 2,0 à son incandescence.

Chercher l'exaltation ici et vous trouverez le noyau des lunes étrangères de Ropoporose, avec son impétuosité dessinée façon Arcade Fire à l'affabilité abrasive de PJ Harvey, sa mise en orbite satellitaire configurée de Grandaddy au Beta band.

Noisy, kraut, indie, pop, post...Le rock est passé à la moulinette rêveuse, et en plus de la profusion élastique des compositions, on le doit à la joliesse sonore de Thomas Poli (Montgomery, guitariste de Dominique A, Laetitia Sheriff), qui a permis de jalonner une empreinte singulière dans la constellation contemporaine.

Labellisé par l'excellent défricheur Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs), ce disque se devra de vous faire aimer plus que de raison à l'univers sensoriel de Ropoporose, parce que la beauté insensée et silencieuse que génère ce vacarme musical à l’intérieur de soi est saisissante.


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jeudi, janvier 26 2017

TRUE WIDOW - Avvolgere


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Adepte d’un rock « stonegaze » True Widow est un trio underground de la scène heavy psychédélique formé à Dallas en 2007.

Nota : Stonegaze c'est du stoner avec du shoegaze.

Précédemment dans leur discographie, « Circumambulation » datant de 2013 avait obstrué la pleine élévation de True Widow par sa longueur, chose que l’on ne retrouve plus dans le minimalisme troisième album d’« Avvolgere ».

La douceur affectueuse de cet album appose dans chaque titre une langoureuse tendresse, avec laquelle vous serez sensible pour vous alanguir à sa portée. Séductrice par sa justesse flottante à manier la volupté avec une lascivité prévenante, le groupe facilite dans sa faculté musicale a apporté une lenteur câline, permettant de tomber en amour avec son œuvre. Il y a une évidence à devenir sentimental à son écoute d'ailleurs.

Le band se porte à ce croisement entre Mazzy Star et The Jesus and Mary Chain, avec l'aplomb du stoner rock psychédélique. Il y a aussi ce liant d’ambiance moite et la lourdeur éthérée de My Bloody Valentine pour allonger avec de la profondeur. Dopée dans cette dose d’éther sonique l’opus est une sur-impression mélancolique de rock indé, imprégné dans le buvard de mélodies stoner et de reverb riffs shoegaziens. La mixité vocale avec Nicole Estill (basse) et DH Phillips apporte une réelle complicité à l’œuvre et est vouée à faire naître des émotions étourdissantes dans cette insistance de brumes mystiques.

« Avvolgere » détrempe la lourdeur d’une canicule sur une chape de torpeur de plomb, arrivant même à ralentir chaque mouvement sombre jusqu’à les éclairer.


mercredi, janvier 18 2017

TOUCHE AMORE – Stage Four


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La bataille contre un cancer, la relation ultime et essentielle des derniers instants, le décès d'une mère, la nostalgie, la mélancolie, la colère, toute une palette d’émotions pour laquelle il est impossible de tricher. Le chanteur  Jeremy Bolm de Touche Amore en célèbre le constat avec fulgurance et justice. À partir de quoi, plus rien ne sera comme avant.

Cet album coule de source Emocore, sa douce vérité est communicative, son charme immédiat. Car il y a des choses qui parfois laissent à l’instant la pleine capacité de les vivre avec un naturel déconcertant. C’est la qualité première de ce groupe que de précipiter la saveur de sa musique avec aisance. Alors que l’on sait très bien toutes les qualités insurmontables que cela requiert et l’absolu casse-tête d’équilibriste à disposer, pour que l’ensemble soit et advienne un feu d’artifice démentiel. Surtout au vu du contexte avec lequel on pouvait tomber dans le pathos le plus insupportable, d'autant plus que l'album est vachement moins geignard qu'à l'accoutumé.

Pour cela la formation de Los Angeles est plus mâture avec ses mélodies et moins pressante avec ses débordements fulgurants d'antan de screamo-post-hardcore, qui ne pouvaient aller au bout sans se ramasser la gueule par terre.

Désormais chaque inflexion jouissive est poussée dans tous les sens par cette musique débordante, œuvrant à la confusion des genres punk, hardcore, emo. Le processus de création est basé sur une approche instinctive, sur une question d'équilibre, laquelle trouve son angle de vie dans la pleine absorption du groupe à digérer ses émotions, innovant sans cesse en les intensifiant musicalement et simplement.

La litote musicale est étirée jusqu'à son vice le plus colossal, jusqu’à faire apparaître avec passion le cœur même d’une émotion jamais désavouée par des artifices, mais toujours libre de toute entrave, parce que sa puissance de souffle existentiel demeure ultime, percutante, et surtout naturelle.

Les récalcitrants à ce groupe devraient jeter leur mauvaise foi dans le feu insalubre de leur connerie pour profiter amplement du caractère fort de cet album, signé par le label Epitaph.

Les fans quant à eux seront conquis par sa fulgurance à manier le désordre émotionnel, avec cette aptitude à l’expression immédiate.

Pour les hésitants, ils devront passer dans ce brasier sonore et mettre à l’épreuve du feu le négatif de leur sensibilité, pour qu’à la fin, ne reste plus que le silence de leur respiration qui s’est emballée devant la folle déflagration sonique de cet album, qui vous fait comprendre que vous êtes vivant.


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« Stage Four » s’avère être un disque qui flotte dans le nœud coulant de la fatalité existentielle, avec la sensation d'y voir séjourner la bénédiction de l'humanité toute entière.


jeudi, janvier 12 2017

OPETH - Sorceress


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« Sorceress » qu’est-ce ?

Ce sont de superbes mélodies troublantes, poétisées comme des écrins de cristaux liquides qui se meuvent au gré d’atmosphères planantes, presque vespérales, dans la moiteur originelle du premier jour.

Ahhhhhhhhh l’on se sent poète et poussé par des ailes d’ange en écoutant un tel album. Faut dire que Opeth pète plus haut que son cul, il surenchérit même avec audace dans la célébration qu’il voue à son rock progressif pour hippie. Cela a de quoi faire ricaner les aigris passéistes, qu’importe, je m’absous de toute cette guéguerre pesante pour nacrer mon inconscience, et la nourrir d’une telle musique avec outrecuidance, surtout quand elle est munie par un mood Pink-Floydien folkisant à outrance l’apesanteur sensible d’une délicatesse création musicale, allons bon, comment ne pas aimer être cajolé de la sorte ?

Avec le titre «  The Seventh Sojourn » On se voit dans « Lawrence d’Arabie. », la vue est immense et l’arabisation musicale est en technicolor. Alors certes, Opeth n’a plus le même goût que jadis. Il faut se rendre à l’évidence le groupe dit Yes au progressif, et ce oui énumère les obédiences très discutables dont nous nous sommes méfiés (pour ne pas dire gaussés) jadis à l’écoute d’un album de Marillion.

Il fait donc nuit dans le passé discographique du groupe, et l’aurore du précédent opus apparaît avec encore plus de soleil dans ce nouvel opus, où l‘amour apporte des ailes de papillon à ceux qui éclos de leur chrysalide quotidienne pour une vie poétique. C’est ce que réalise Opeth, pour qui l'existence d’un tel album possède le goût salé d'une larme de bonheur qui glisse jusqu'à la commissure de tes lèvres, et fait frémir ton cœur comme le vent pousse la voile. Rooooooooh comme c'est beau !

Bref, après avoir puisé dans l'arbre de la connaissance du précédent album « Pale Communion », le groupe nous propose de croquer dans le fruit défendu.


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dimanche, janvier 8 2017

CRYSTAL VIPER – Queen Of The Witches


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Les polonais reviennent après « Possession » en 2013 avec un album suintant la mémorable ère de l'acier dont les gens de + de 40 ans en connaissent toute la valeur intrinsèque.

Pour les matheux : Dio + Doro + Iron Saviour + Manowar = Crystal Viper. Rien de moins et pas plus. A partir de quoi vous avez une idée de la somme power métOl teutonne qui façonne ce concept album dont je vous passe les détails donjon et dragon.

Le groupe n'a pas son pareil pour être aussi miséricordieux avec la doctrine du power MétOl, tant il puise depuis ces débuts en 2007 avec « The Curse of Crystal Viper » dans la substantialité qui glorifie la fratrie du métOl et de sa flamme purificatrice. L'album est donc sans saveur, juste caricatural. Pourtant, derrière ce salpêtre se dépose le sédiment imputrescible du heavy métal le plus pur, balades incluses.


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La chanteuse Marta Gabriel fait péter les vitres avec sa puissance aiguë Maidenesque, et les titres suivent la même bravoure lors de passages médiévaux, cavalcades endiablés dans le riff turgescent, mâchicoulis rythmique, c'est heavy et épique à souhait. Trois invités spéciaux se présentent dont le cofondateur de Manowar le  guitar  héros Ross The Boss, ainsi que Jeff Dunn (alias Mantas) de Venom / Venom Inc, puis au chant Steve Bettney (Saracen).

L'album a été produit par Bart Gabriel (Cirith Ungol, Mythra), et conçu par Mariusz Pietka (Burning Starr de Jack Starr, Lonewolf). La pochette de l'album a été créée par le l'artiste allemand, Andreas Marschall (Running Wild, Blind Guardian, Obituary).


mercredi, janvier 4 2017

WHISKEY MYERS – Mud


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En écoutant « Mud » je me suis dit qu’« On dirait le sud », ce sud que je reconnais alors que je suis à l’ouest de l’éden, perdu dans les affres existentiels d’un cadastre sans foi, ni loi.

Chaque personne ici-bas cherche une boussole de survie. C’est une quête souvent longue et épineuse, avec laquelle la proposition des chemins de traverse à prendre est nombreuse, et l’incertitude de se tromper fait que l’on passe son temps à marcher à côté de ses pompes pour finir par passer à côté de sa vie. La prise de risque confine souvent à ne rien faire, les plus valeureux réussiront par le vice de leur certitude par mordre la queue du serpent qui les mènera de la gloire à leur propre perte.

La vie est un voyage temporaire qui glisse sur le même rythme qu’une ballade, et les émotions que l’on découvre vous mettent à nu et vous façonnent. Durant cet accomplissement on cherche hagard quelque chose qui souvent ne viendra pas. On voudrait sans cesse retenir la nuit magique et calmer les douleurs que le temps n’efface jamais. On se subtilise à outrance pour s’accomplir en une destinée alors que l’on ne voit plus que ce que l’on veut bien voir. Ainsi on s’isole en pensant que l’on est aussi seul au monde que dans cette carcasse corporelle qui fait corps avec l’esprit, et vaille que vaille l’on continue à chercher un signe. On trace des points pour segmenter sa vie pour ne plus se perdre, et à chaque fois on revient à son point de départ, en se laissant guider par la lumière familiale qui indique tout le temps d’où l’on vient.

Il arrive fréquemment que la boue mélancolique s’immisce dans chaque commissure et vous inonde jusqu’à l’asphyxie, au point de sombrer dans cet état lamentable que la médecine occidentale la caractérise par le terme de dépression.

La boue de Whiskey Miers n’a rien à voir avec un état dépressif. Sa mélancolie est un endroit nostalgique où la tradition est un sanctuaire. Boire jusqu’à la lie à cette fontaine de jouvence vous fera sortir de cet état confédéré à bâfrer ce que l’on vous refile à becqueter comme junkfood musicale, pour préférer la légende du son sudiste.

Tu sais le sud, cet endroit éloigné du monde que le temps ne parvient pas à effacer la sauvagerie. Là-bas la vie a ce goût imputrescible d’une rivière claire qui coule le long du sablier mortel des habitants qui la peuple. Il s’y passe ce que la vie veut bien vous apporter, pas plus, ni moins.

Ce band vient du Texas et il perpétue la tradition du Country Southern Rock& Folk, « Mud », leur 4ème album studio, est produit par Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons…) avec deux titres qui sont co-signés avec Rich Robinson (guitariste des Black Crowes).

Whiskey Miers œuvre en tous sens dans cette qualité sudiste de faire perdurer ce mythe musical, de sa tranquillité traditionnelle jusqu’à son honnêteté à retranscrire la beauté simple d’une vie modeste, d’ouvrir son cœur avec la romance naturelle des hommes de caractère, de puiser sans fin dans le puits sans fond de la passion du sud éternel, d’établir un toit sur chaque titre, de mettre du bois dans le foyer des mélodies pour réchauffer les émotions. C'est toute l'Americana de ZZ Top, The Allman Brothers,  Creedence Clearwater Revival,  The Georgia Satellites,Lynyrd Skynyrd, Hank Williams Jr, Waylon Jennings...

Avec « Mud » une voix chaude vous ranime l’âme et vous parle avec sincérité, c’est un repère certain dans la brume sombre et froide qui enserre la vie. Chaque sentence résonnera en vous dans cette beauté sauvage que les hommes conservent pour affilier à chaque génération la saveur d’avoir accompli ce labeur qui tend à la raison, qui relate encore et toujours que les choses les plus simples se découvrent à soi, avec la douce sauvagerie d’être revenu de tout, et de retrouver la douceur enfantine des joies simples et réconfortantes du Home Sweet Home !



Message à la Lune :

Stéphanie, ma sœur, tu me manques tu ne peux pas savoir à quel point depuis ta disparition. J’ai tout le temps la peur au ventre de perdre ton visage à chacune de mes courtes nuits, d’oublier tout simplement d’être le dépositaire de ton existence. Cet album d’hérédité musicale et de sagesse indomptée m’a remémoré notre enfance, ta force de vivre, qui par malheur t’a quittée un soir de 19 Août 2005.

Je regarde à chaque fois la pleine lune pendant quelque instant car je suis certain que tu te caches dedans, je sais que tu fais tout pour me protéger sur terre, mais je souffre éperdument et constamment de ton absence. Tu es et restera ma boue, mon eau claire qui me lave chaque jour d’être ton petit frère.


lundi, janvier 2 2017

METALLICA – Hardwired...To The Self-destruct


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Un nouvel album de Metallica mec ! Ce n’est pas rien. Le temps s’arrête, fini la pignole, OH ! C’est sérieux maintenant. Chuttttttt car les mets appliquent le principe égalitaire de répartir de façon inné chaque angle musical qui a façonné sa carrière.

Du coup s’il te semble que tu as déjà entendu un bon paquet de riff du groupe, tu seras aussi surpris de voir à quel point ce band est génial pour faire vivre la flamme éternelle de son inventivité musicale. Car les mets savent y faire en matière de composition. Leurs titres sont progressifs dans l’âme et l’entre-jambe. Les gars gardent leur ossature identitaire et te fourguent le carburant nécessaire pour t’embrasser avec la fougue de leurs contrastes, épaisseurs, distances caractéristiques, nuances, particularités, analogies, sacres, blasphèmes, parités, accords, etc…

Ok, seulement la vérité, c’est que l’on devrait oublier le passé des Mets, pour ne se focaliser uniquement que sur ce nouvel album. Pour ensuite apprécier comme il se doit la force naturelle et centrifugeuse de ce fuselage progressiste musical ascensionnel, pour qu’enfin vous puissiez être surpris de la qualité intrinsèque de cet opus.

Oui Metallica est un monument, mais arrêtons le simulacre, tout autant le mémorial du passé que vous chérissez tant jusqu’à l’orgueil, que diable, Metallica n’est pas de marbre, il le prouve une fois encore en réalisant cette sculpture sonique efficace, habile, maligne. Cela vous ennui de ce qu’ils sont devenus avec toute cette gloire, cette manigance de vendeur d’art contemporain qui ne cesse de clignoter en faisant appel d’air. Vous ne les voyez plus en honnête artisan, pourtant les mets sont des créateurs. Ils ressassent uniquement pour ceux qui n’ont que le regard tourné vers le passé. Si c’était la première fois que tu écoutais Metallica jeune primesautier, tu te dirais quoi ?

La nouveauté réside dans le fait que les Mets se sont sortis les doigts du cul pour réaliser des compositions qui tiennent la route, le jus à 100 % Oublié Death Magnetic, le film chiadé « Through the Never », Lulu avec Lou Reed, et autres facéties, Metallica vient de livrer son white album et c'est éblouissant ! Le groupe ne doit plus rien à personne désormais. Il est affranchi de toute entrave, munit d’un D.I.Y avec lequel il assemble son équipe, son label, son studio d’enregistrement, il compose et repose toutes ses attentes sur sa liberté créatrice. Le résultat est saisissant puisque le groupe ne tergiverse plus comme avant, il va là où bon lui semble. C’est un album riche en tous sens, immaculé par la sérénité dont chaque titre est compensé par son propre équilibre.

On remarquera avant tout que le heavy est revenu foudroyer les vastes compositions d’aujourd’hui, et que de ce passé fondateur dans le heavy métOl qui a fait éclore la musique de ce groupe, Metallica garde intacte cette consistance tout comme il conserve son accroche singulière avec l’efficacité de se renouveler.

Après toutes ces années à faire vivre sa marque, à pérenniser son gagne-pain, à servir de faux-semblant sur les douloureuses séparations, à se clouer au pilori des mutations musicales pour survivre à tout, jusqu’aux mensonges, Metallica est revenu du combat chaotique contre tous ses démons, enfin libre et insoumis.


vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


mercredi, décembre 14 2016

TESTAMENT – Brotherhood Of The Snake


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Finie la pignolle, Testament est revenu avec une agressivité conséquente. Pour cela il explose le genre thrashy en un kaléidoscope sonique.

La carrière de ce groupe est longue de 30 ans de dur labeur et a récolté qu'un infime succès, mais n'efface en rien la qualité première de sa musique et de l'estime que les fans de métAl lui profèrent. « Brotherhood Of The Snake » en libère toute la saveur en conceptualisant sa trame narrative :

Le monde tourne dans une paranoïa impulsive qui donne la pleine disposition aux opportunistes d'y inoculer leur félonne vérité. Testament part de ce postulat pour donner libre court à une société secrète, La confrérie du serpent.

Toujours aussi progressiste dans sa volonté de tisser sa trame narrative par l'apport d'une musicalité décomplexée, le groupe écharpe avec une tension constante pour un album hargneux, combatif, qui marque au fer par sa dimension aliénante.

En Testament on y entend le maelstrom catchy des Mets, le heavy de Motörhead, l'exigence progressiste de Annihilator. On ne parlera pas de renouveau, ni d’expérimentation, pourtant le groupe ne ramollit pas avec l'age, ses solos sont purs, enivrants, ses rythmes changeants contrastent l'ensemble des titres de manière significatives, le chant de Chuck Billy est savoureux. Nous avons un disque avec de l'ampleur, et de la consistance, peut-être même un classique en lui donnant le temps de s’insérer en nous avec cette saveur que le temps n'en fait que bonifier sa splendeur équanime.

Il y a ici un remarquable travail de précision capable d'apparier les diverses variations millimétrées de texture sonore, et les entendre se dissoudre dans ce magma étanche. Cet album est une musique à l'âme sombre et sauvage, dont l'aspect brut et indomptable en façonne la sculpturale nature indocile, comme une voix lumineuse en soi.


jeudi, décembre 8 2016

GOJIRA – Magma


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J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie.

Certainement dû à la simple évidence d’expurger l’apparition de cette nouvelle génération génératrice d’innovation, et qui tuait l’ancienne.

J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie, à me laisser séduire par son métAl, par sa soif légitime d’hybridation et de nouveauté musicale. Avec les oreilles en feux, prisent dans la déflagration sonique que je m’étais instruite, je n’avais de yeux que pour les anciens. J’étais trop enclin à satisfaire le culte de ce passé, là où les fondamentaux fondent l’édifice, jusqu’à ne sublimer uniquement cela, à tort bien évidement.

Il m’a fallu de temps pour apprécier la masse tellurique imposante de leurs riffs « Helmetique », l’artillerie en béton brut de la musique industrielle, leur alliage métAl pour les nouvelles générations. Il y a dans Gojira une force naturelle qui ne fait pas écho à la force dite « satanique » dont on nous a montrée jadis la face obscure et théâtrale dans le métOl spectacle.

Gojira est dans une dimension poétique, brute, et puissante. Il n’y a rien de punk, ni de heavy chez lui, c’est un instantanée de pureté solide. Sa musique se lie dans le chaos de l’univers avec l’insistance de dérober en vous une éblouissante grandeur, surtout quand elle parvient à vous détacher du sol. Je veux dire par là, que Gojira vous fait entendre la musique métAl sous un nouveau jour quand on parvient à s’extraire de son passé, quand on en consent la légitimité existentielle. On s’arrache du sol, parce que le sol se dérobe, parce que l’on n’est plus au ras des ténèbres, mais en flottaison, en orbite, au-delà de la saturation. On intègre la fission métallique qui vous plaque en même temps qu’une aqueuse apesanteur, et c’est à ce moment-là que l’émotion suscitée par leur musique, donne ses fréquences soniques que lui seul est à même d’en délivrer le plein impact.

Avec le temps j’ai dénoué le lien épineux vers une sérénité d’absorption avec Gojira, pleinement conscient que leur musique aussi nouvelle dans sa légitimité, pouvait résonner en moi comme une libération. L’on en retrouve l’imprégnation en live, car sur scène Gojira est ce monstre goulu qui vous dévore tout entier. Aussi hype qu’il peut apparaître en étant ce fer de lance hexagonal, Gojira transparaît pourtant avec la grandeur et l’humilité de son ambition : Différent.

Le « Magma » de Gojira est l’aboutissement depuis toutes ces années à souder son univers avec la pierre angulaire de son édifice, tout en étant souverain de son hybridation sonique. Il apparaît ainsi indestructible, certain de sa masse, prêt à tout dévaster sur son passage par la somme d’un hybridisme turgescent.

Immaculé de sa différence et sombre par son volume sonore, « Magma » est et sera.....La clef de voûte de l'oeuvre de Gojira.


mercredi, novembre 30 2016

7 WEEKS – A Farewell To Dawn


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Le film c’est 6 ou bien 7 semaines et demie ? J’ai un doute là-dessus…Bon enfin bref peu importe…Le nouvel opus de 7 Weeks c’est Queens Of The Stone Age mais en plus profond. Ok, ok, je sais c’est assez basique comme constat, mais c’est carrément limpide pour la génération 2.0 adepte des réseaux sociaux à outrance, qui ne peut lire plus de deux phrases d’alignées sans zapper sur autre-chose…Et oui ceci est un fait établi, et apparemment irréversible, donc pour elle ce constat aussi simple soit-il, lui garantit un album d’une qualité indéniable.

Parlons désormais à la génération X.

Le trio a donc initialisé une véritable profondeur à sa musique, certainement dû à cette riche expérience ‘’ciné-concert’’ avec laquelle le groupe avait conçu la bande son, suite à une commande de la salle John Lennon de Limoges, pour le film « Dead of Night » réalisé par Bob Clark, et sorti en 1974.

Toutefois et le plus plausible, c’est que cette maturité conséquente provient aussi de l’expérience des concerts et de la vie en général, qui aiguise dans l’élaboration créatrice ce mélange explosif d’émotions enfouies que l’on s’arrache du ventre pour en expurger la quintessence de son émoi. Mais ouaie, je suis affirmatif, 7 Weeks c’est arraché les tripes pour vous offrir un opus de rock aussi ample que permettant la contemplation, aussi volubile en atmosphère, qu’apocalyptique en grosse volumétrie sonique, au point que ce disque provoquera une implosion dans votre habitat à chaque titre !


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C’est à la fois impressionnant de constater la richesse de chaque morceau, de ressentir la robustesse du son, la force des mélodies tout comme la fragilité émotionnelle vivifiante qui en résulte. Le groupe a bel et bien franchi un cap, que dis-je, une péninsule, celle d’éclaircir, d’accéder à cette résilience bénéfique pour se projeter munit d’une densité nécessaire à parfaire ses compositions.

Il y a une intensité qui porte l’ensemble, et l’évidence d’une force centrifugeuse accaparant l’ensemble pour former un maelstrom sonique des plus intenses. Cela transparaît dans chaque souffle, dans chaque note comme une évidence. Dès lors, la force de frappe est juste, catchy, précise, elle s’enrobe d’une teneur et de contrastes qui fatalement laissent comme empreinte la pleine réussite, et le bonheur insoumis de faire éclore un album en tout point impeccable.



Production fat & moderne de Francis Caste (The Black Zombie Procession, Bukowski, Kickback, Hangman’s Chair, Cowards, etc…), signé chez le label de Supuration, OverPower Records.

Si tu veux un opus de grunge, de gros rock qui tache, un album inestimable de stoner, rare, recherché, hyper catchy, de la trempe de ceux que vénèrent les mélomanes acharnés qui ont consacrés leur existence à la recherche de ce genre de graal sonique, alors tu te dois d’avoir « A Farewell To Dawn », et tu ressentiras cette euphorie folle d’aller y puiser sans cesse son nectar sensitif de manière compulsive, vitale, et ceci, jusqu’à la fin de tes jours…Que je te souhaite aussi loin que possible.


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lundi, novembre 28 2016

HELMET – Dead To The World


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Nous avons tous une part de nostalgie en nous nous reliant sans cesse à l'amertume du passé, et à ses fragrances émotionnelles qui ont façonnées ce que nous sommes devenus. Un groupe comme Helmet fait partie pour les 90's d'un instigateur principal de cette évolution.

Au lieu de reproduire une époque révolue, Helmet s'oppose à éconduire ses intentions musicales pour orienter ses compositions vers un renouvellement.

Helmet réalise une sorte de « White album » tout comme les Beatles à leur époque, un ersatz de chansons évolutives qui ne cesse de se contorsionner en nous, pour nous libérer du passé trompe l’œil que nous nous étions fabriqués pour le groupe. Helmet a cette élégance subtile de déjouer les plans opportun de relancer sa carrière par un album sinueux, et pas du tout comme celui que les vieux aigris espèrent, ou que les nouvelles générations pourraient encenser pour légitimer le retour du son raboteux, volumineux d'Helmet aka 90's, et d'y vivre l'intensité de l'époque phare du groupe comme si ils y étaient.

Les dissonances sont ici tenues par un rock indé, ce qui signifie que nous n'avons plus cette épaisseur écrasante de jadis, ni sa phase « jazz » à double tiroir. Nous perdons en nuance ce que nous gagnons en fragilité, Helmet n'est plus ce colosse monumental, il a la délicatesse d'altérer sa musique avec ce qui convient le mieux à ses choix musicaux.

Il y a de tout dans « Dead To The World », et peut-être plus encore quand nous l'aurons digéré, et puis il y a surtout ce monde qui prend fin, et qui nous dicte avec prévenance qu'il est temps pour nous de nous détourner de cette façon de faire revivre le passé, pour vivre enfin.


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dimanche, novembre 20 2016

DARKHER – Realms


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Darkher est une prêtresse à la spiritualité sauvage. Elle est ce souffle froid de la mélancolie profonde qui donne vie et corps à la chaleur d'une musique planante de l’au-delà !

Darkher, (Jayn H. Wissenberg) introduit sa nébuleuse dreampop-NewWwave (Cocteau Twins, Dead Can Dance) par le biais de la clarté blafarde de sa coldwave pour un dark Rock incandescent et lumineux, capable de volupté obscure avec des mélodies tristounettes pour faire vibrer l'intensité d'un morceau mélancolique, voire féerique.

Il y a dans cette musique une inspiration liturgique et médiévale aux sonorités incantatoires, voire magiques, accentuée par des paroles sombres et introspectives, qu'accompagnent une dose de tristesse propre à la dark-wave.

Même si le rêve est l’enfouissement des émotions et que l'époque en exècre l’abandon car :


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« Realms » calque dans sa part de crépuscule, l'alcôve primitif du bouleversement que la fin de la nuit provoque quand l'aurore naissante surgit.


samedi, novembre 12 2016

NOÊTA - Psykhē


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NOÊTA est composé de Ê et de Â.

Pas con hein ? Attends il y a encore plus zarbi. « Psykhē » est un premier E.P, c'est un antre bucolique pour un folk suédois aussi black, qu'ambiant, dont les thèmes de prédilections concernent la mélancolie, les rêves et les ténèbres profondément inscrits dans la nature humaine. L'ensemble est transcendé sur des enregistrements analogiques, aspirant à synthétiser une divagation à la fois contemplative et intérieure, pour une rêverie pleine de beauté sauvage et de douceur primitive.


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En trois compositions virginales le ton est posé, la douceur immense, et la cover « I Lost Something In The Hills » de la folkeuse Sibylle Baier est aussi gracieuse et vaporeuse que l'originale. Par ce fait tenace et imputrescible, cet E.P est : Formidablement cotonneux et ivre de sauvagerie ténébreuse pour traverser la dépression hivernale.


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jeudi, novembre 3 2016

HAUNTED - Haunted


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Haunted est un groupe Italien qui a signé son premier album sur le non moins mythique label Twin Earth Records, dont la variété de groupe heAvy-rOck-psychédéliquë-doOm de qualité n’est plus à démontrer.

Je sais très bien ce que vous allez vous dire dès que vous vous serez renseigné sur ce band : « Putain encore un groupe de doom influencé par Black Sabbath avec une femelle au chant. Froupupupupupupupupup, ouaie bon c'est bon quoi, toujours les mêmes riffs, rengaines, atmosphères, nanananana, etc.... »

Sauf que là, fini le tripatouillage en demi-teinte, fini les stéréotypes pour attirer un max de barbus à moustaches fines qui se paluche les testicules pour épater leur club de motocyclette.

Ce premier opus éponyme permet d’inoculer un venin mortel dangereusement cool. Tout y est : Atmosphères lascives pour des incantations occultes riches en destinée. La transe est languide, la mélodie est fondée sur l'épaisseur avec l'intensité de riffs en métaux lourds qui va avec pour satisfaire l'hypnose massive. Le chant funèbre sabbathien est une ode de sirène maléfique, le rythme est lourd, et la présence fantomatique d'une obscurité vénéneuse appose à l'ensemble une attraction catchy irrésistible, que même Belzébuth n'aurait espéré.

On trouve ici la perversion sonique sous sa plus dense accentuation.

Le seul hic ? Seulement 5 titres, mais bon, le voilà l'album qui réunit la crème de la crème souterraine. Bien au-delà des fréquences supérieures de l'obscur, ce groupe mystique offre au crépuscule du divin, la fleur bénie de mourir à petit feu contre sa musique.




jeudi, octobre 27 2016

ECHOES OF THE MOON - Elusion


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Echoes Of The Moon est un one band, il ne fait pas de blues garage, mais du post-black atmosphérique.

Cela peut paraître saugrenu mais non, son mentor américain, Brock, s'active en homme à tout faire dans sa grotte.

" Elusion " est la suite de l'album " Entropy " datant de 2015. Il explore les thèmes philosophiques propre à cet album et du premier opus " Esoteric " datant de 2014.

Dense, volubile, profond, cet "Elusion" dévoile toute sa sculpturale intensité par le biais de nombreux contrastes cher au blAck-métAl-atmösphérique.

Il apporte l’impression d’être entouré dans le calme d’une nature sauvage, de plonger sa marche dans la neige douce, d’entendre le crissement de chaque pas, d'humer l’air pur à plein poumon au point d’être envahi par une immensité de quiétude, puis de sentir la froideur à chaque respiration d'une présence sombre tapis dans l'ombre.

Une différence antagoniste qui souligne toujours cette sensation intense de chaud et de froid. Chaque titre est une déréliction offrant le bénéfice de s’exiler, permettant à cet isolement de devenir un cocon permettant de s’immerger totalement dans le tumultueux apaisement de sa fureur euphorique, de se noyer dans une hypocondrie musicale qui ne cache pas ses doutes existentiels, et rabat ses angoisses par une violence épidermique sonique.

C'est dans cette brûlure qu'advient la sérénité d’un repos magik qu’offre avec subtilité la musicalité d'Echoes Of The Moon...Avec en sus, une certaine forme de mélancolie empoisonnée !


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vendredi, octobre 21 2016

BLOODY HAMMERS – Lovely Sort Of Death


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Si mes souvenirs sont exacts, j'ai rencontré Bloody Hammers via un premier album émérite, « Spiritual Relics », lequel avait entériné en 2005 le salpêtre heavy/doOom avec le regard d'Alice Cooper sur Blåck Sabbath, et avec parfois un petit côté stoner à Hermano salement catchy, au point que l'ensemble était assez démoniaque comme trip.

Après une longue absence, en 2012 le groupe renaît de ses cendres pour adjoindre un grain plus hævy avec une atmosphère envoûtante, des sonorités hypnotiques de psyché rock pour un opus éponyme de rock Øccult doomesque, avec lequel on avait fait un pacte avec Satan, ouaie carrément le 666ème. C'est en 2014 avec le moyen « Under Satan’s Sun » et son doom heavy traditionnel que le bas blesse, même si munit tout de même d'une succession truculente de référence à la pellicule bis occulte, et parfois avec un zeste de musicalité gothique, histoire de souffler sur les toiles d’araignées, cela n'avait pas suffit à la déception, car cet album suivait d'un peu trop près la meute d'occultisme pour véritablement se sortir la tête du troupeau bêlant le stéréotype.

"Lovely Sort Of Death" est un opus qui reste dans le cimetière, il se déplace des ténèbres vers le prisme sombre des corbeaux, tout en étant orienté sur le rock, mais bien dark.

La voix chaude épouse à merveille la basse vrombissante, le rythme fait danser les cimetières, la guitare égrène cette mouvance cadavérique du dark-rock, et l’amertume mélancolique du synthétiseur flotte dans l’éther à travers une orchestration sèche, dépouillée, l'ensemble étant munit d’une production cossue.

Sans jamais apparaître redondant, le groupe mélange les genres, du shock-rock avec du doom, du gothic-rock avec de la dream pop, et « Lovely Sort Of Death » devient aussi ténébreux que gracieux. Anders Manga et sa compagne Devallia sont de fervents érudits, alors la maîtrise de leur conte ensorcelant embrasse avec la passion du röckDarkwAve, tout en séduisant les fans de Type Of Negative, Paradise Lost, Sisters Of Mercy, The Cure, Fields Of Nephilim, My Dying Bride.

Le très Ghostien « The reaper comes » demeure un titre d'exception dans la procession des autres chansons, et au final reflète un album bien cool, suintant le dark & l’occultisme vintage, enrobé par un son léché, et peut-être même une saveur pop pour que le plus grand nombre accède sans difficulté à son mausolée, sans se piquer les oreilles outre mesure. Puisque ce n’est pas le genre de musique gothique où tu te flagelles les veines avec des lames de rasoirs. Là c’est un peu de cire chaude sur les tétons, et cela ne va pas plus loin.



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