WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

chronique de disques

Fil des billets

dimanche, janvier 8 2017

CRYSTAL VIPER – Queen Of The Witches


CRYSTAL_VIPER___Queen_Of_The_Witches.jpg

Les polonais reviennent après « Possession » en 2013 avec un album suintant la mémorable ère de l'acier dont les gens de + de 40 ans en connaissent toute la valeur intrinsèque.

Pour les matheux : Dio + Doro + Iron Saviour + Manowar = Crystal Viper. Rien de moins et pas plus. A partir de quoi vous avez une idée de la somme power métOl teutonne qui façonne ce concept album dont je vous passe les détails donjon et dragon.

Le groupe n'a pas son pareil pour être aussi miséricordieux avec la doctrine du power MétOl, tant il puise depuis ces débuts en 2007 avec « The Curse of Crystal Viper » dans la substantialité qui glorifie la fratrie du métOl et de sa flamme purificatrice. L'album est donc sans saveur, juste caricatural. Pourtant, derrière ce salpêtre se dépose le sédiment imputrescible du heavy métal le plus pur, balades incluses.


crystal_viper.jpg

La chanteuse Marta Gabriel fait péter les vitres avec sa puissance aiguë Maidenesque, et les titres suivent la même bravoure lors de passages médiévaux, cavalcades endiablés dans le riff turgescent, mâchicoulis rythmique, c'est heavy et épique à souhait. Trois invités spéciaux se présentent dont le cofondateur de Manowar le  guitar  héros Ross The Boss, ainsi que Jeff Dunn (alias Mantas) de Venom / Venom Inc, puis au chant Steve Bettney (Saracen).

L'album a été produit par Bart Gabriel (Cirith Ungol, Mythra), et conçu par Mariusz Pietka (Burning Starr de Jack Starr, Lonewolf). La pochette de l'album a été créée par le l'artiste allemand, Andreas Marschall (Running Wild, Blind Guardian, Obituary).


mercredi, janvier 4 2017

WHISKEY MYERS – Mud


Whiskey_Myers____Mud.jpeg

En écoutant « Mud » je me suis dit qu’« On dirait le sud », ce sud que je reconnais alors que je suis à l’ouest de l’éden, perdu dans les affres existentiels d’un cadastre sans foi, ni loi.

Chaque personne ici-bas cherche une boussole de survie. C’est une quête souvent longue et épineuse, avec laquelle la proposition des chemins de traverse à prendre est nombreuse, et l’incertitude de se tromper fait que l’on passe son temps à marcher à côté de ses pompes pour finir par passer à côté de sa vie. La prise de risque confine souvent à ne rien faire, les plus valeureux réussiront par le vice de leur certitude par mordre la queue du serpent qui les mènera de la gloire à leur propre perte.

La vie est un voyage temporaire qui glisse sur le même rythme qu’une ballade, et les émotions que l’on découvre vous mettent à nu et vous façonnent. Durant cet accomplissement on cherche hagard quelque chose qui souvent ne viendra pas. On voudrait sans cesse retenir la nuit magique et calmer les douleurs que le temps n’efface jamais. On se subtilise à outrance pour s’accomplir en une destinée alors que l’on ne voit plus que ce que l’on veut bien voir. Ainsi on s’isole en pensant que l’on est aussi seul au monde que dans cette carcasse corporelle qui fait corps avec l’esprit, et vaille que vaille l’on continue à chercher un signe. On trace des points pour segmenter sa vie pour ne plus se perdre, et à chaque fois on revient à son point de départ, en se laissant guider par la lumière familiale qui indique tout le temps d’où l’on vient.

Il arrive fréquemment que la boue mélancolique s’immisce dans chaque commissure et vous inonde jusqu’à l’asphyxie, au point de sombrer dans cet état lamentable que la médecine occidentale la caractérise par le terme de dépression.

La boue de Whiskey Miers n’a rien à voir avec un état dépressif. Sa mélancolie est un endroit nostalgique où la tradition est un sanctuaire. Boire jusqu’à la lie à cette fontaine de jouvence vous fera sortir de cet état confédéré à bâfrer ce que l’on vous refile à becqueter comme junkfood musicale, pour préférer la légende du son sudiste.

Tu sais le sud, cet endroit éloigné du monde que le temps ne parvient pas à effacer la sauvagerie. Là-bas la vie a ce goût imputrescible d’une rivière claire qui coule le long du sablier mortel des habitants qui la peuple. Il s’y passe ce que la vie veut bien vous apporter, pas plus, ni moins.

Ce band vient du Texas et il perpétue la tradition du Country Southern Rock& Folk, « Mud », leur 4ème album studio, est produit par Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons…) avec deux titres qui sont co-signés avec Rich Robinson (guitariste des Black Crowes).

Whiskey Miers œuvre en tous sens dans cette qualité sudiste de faire perdurer ce mythe musical, de sa tranquillité traditionnelle jusqu’à son honnêteté à retranscrire la beauté simple d’une vie modeste, d’ouvrir son cœur avec la romance naturelle des hommes de caractère, de puiser sans fin dans le puits sans fond de la passion du sud éternel, d’établir un toit sur chaque titre, de mettre du bois dans le foyer des mélodies pour réchauffer les émotions. C'est toute l'Americana de ZZ Top, The Allman Brothers,  Creedence Clearwater Revival,  The Georgia Satellites,Lynyrd Skynyrd, Hank Williams Jr, Waylon Jennings...

Avec « Mud » une voix chaude vous ranime l’âme et vous parle avec sincérité, c’est un repère certain dans la brume sombre et froide qui enserre la vie. Chaque sentence résonnera en vous dans cette beauté sauvage que les hommes conservent pour affilier à chaque génération la saveur d’avoir accompli ce labeur qui tend à la raison, qui relate encore et toujours que les choses les plus simples se découvrent à soi, avec la douce sauvagerie d’être revenu de tout, et de retrouver la douceur enfantine des joies simples et réconfortantes du Home Sweet Home !



Message à la Lune :

Stéphanie, ma sœur, tu me manques tu ne peux pas savoir à quel point depuis ta disparition. J’ai tout le temps la peur au ventre de perdre ton visage à chacune de mes courtes nuits, d’oublier tout simplement d’être le dépositaire de ton existence. Cet album d’hérédité musicale et de sagesse indomptée m’a remémoré notre enfance, ta force de vivre, qui par malheur t’a quittée un soir de 19 Août 2005.

Je regarde à chaque fois la pleine lune pendant quelque instant car je suis certain que tu te caches dedans, je sais que tu fais tout pour me protéger sur terre, mais je souffre éperdument et constamment de ton absence. Tu es et restera ma boue, mon eau claire qui me lave chaque jour d’être ton petit frère.


lundi, janvier 2 2017

METALLICA – Hardwired...To The Self-destruct


METALLICA___Hardwired.To_The_Self-destruct.jpeg

Un nouvel album de Metallica mec ! Ce n’est pas rien. Le temps s’arrête, fini la pignole, OH ! C’est sérieux maintenant. Chuttttttt car les mets appliquent le principe égalitaire de répartir de façon inné chaque angle musical qui a façonné sa carrière.

Du coup s’il te semble que tu as déjà entendu un bon paquet de riff du groupe, tu seras aussi surpris de voir à quel point ce band est génial pour faire vivre la flamme éternelle de son inventivité musicale. Car les mets savent y faire en matière de composition. Leurs titres sont progressifs dans l’âme et l’entre-jambe. Les gars gardent leur ossature identitaire et te fourguent le carburant nécessaire pour t’embrasser avec la fougue de leurs contrastes, épaisseurs, distances caractéristiques, nuances, particularités, analogies, sacres, blasphèmes, parités, accords, etc…

Ok, seulement la vérité, c’est que l’on devrait oublier le passé des Mets, pour ne se focaliser uniquement que sur ce nouvel album. Pour ensuite apprécier comme il se doit la force naturelle et centrifugeuse de ce fuselage progressiste musical ascensionnel, pour qu’enfin vous puissiez être surpris de la qualité intrinsèque de cet opus.

Oui Metallica est un monument, mais arrêtons le simulacre, tout autant le mémorial du passé que vous chérissez tant jusqu’à l’orgueil, que diable, Metallica n’est pas de marbre, il le prouve une fois encore en réalisant cette sculpture sonique efficace, habile, maligne. Cela vous ennui de ce qu’ils sont devenus avec toute cette gloire, cette manigance de vendeur d’art contemporain qui ne cesse de clignoter en faisant appel d’air. Vous ne les voyez plus en honnête artisan, pourtant les mets sont des créateurs. Ils ressassent uniquement pour ceux qui n’ont que le regard tourné vers le passé. Si c’était la première fois que tu écoutais Metallica jeune primesautier, tu te dirais quoi ?

La nouveauté réside dans le fait que les Mets se sont sortis les doigts du cul pour réaliser des compositions qui tiennent la route, le jus à 100 % Oublié Death Magnetic, le film chiadé « Through the Never », Lulu avec Lou Reed, et autres facéties, Metallica vient de livrer son white album et c'est éblouissant ! Le groupe ne doit plus rien à personne désormais. Il est affranchi de toute entrave, munit d’un D.I.Y avec lequel il assemble son équipe, son label, son studio d’enregistrement, il compose et repose toutes ses attentes sur sa liberté créatrice. Le résultat est saisissant puisque le groupe ne tergiverse plus comme avant, il va là où bon lui semble. C’est un album riche en tous sens, immaculé par la sérénité dont chaque titre est compensé par son propre équilibre.

On remarquera avant tout que le heavy est revenu foudroyer les vastes compositions d’aujourd’hui, et que de ce passé fondateur dans le heavy métOl qui a fait éclore la musique de ce groupe, Metallica garde intacte cette consistance tout comme il conserve son accroche singulière avec l’efficacité de se renouveler.

Après toutes ces années à faire vivre sa marque, à pérenniser son gagne-pain, à servir de faux-semblant sur les douloureuses séparations, à se clouer au pilori des mutations musicales pour survivre à tout, jusqu’aux mensonges, Metallica est revenu du combat chaotique contre tous ses démons, enfin libre et insoumis.


vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


TREES_OF_ETERNITY_-_Hour_Of_The_Nightingale.jpg

“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


TREES_OF_ETERNITY_2.gif

“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


TREES_OF_ETERNITY_1.gif

“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


mercredi, décembre 14 2016

TESTAMENT – Brotherhood Of The Snake


TESTAMENT___Brotherhood_Of_The_Snake.jpg

Finie la pignolle, Testament est revenu avec une agressivité conséquente. Pour cela il explose le genre thrashy en un kaléidoscope sonique.

La carrière de ce groupe est longue de 30 ans de dur labeur et a récolté qu'un infime succès, mais n'efface en rien la qualité première de sa musique et de l'estime que les fans de métAl lui profèrent. « Brotherhood Of The Snake » en libère toute la saveur en conceptualisant sa trame narrative :

Le monde tourne dans une paranoïa impulsive qui donne la pleine disposition aux opportunistes d'y inoculer leur félonne vérité. Testament part de ce postulat pour donner libre court à une société secrète, La confrérie du serpent.

Toujours aussi progressiste dans sa volonté de tisser sa trame narrative par l'apport d'une musicalité décomplexée, le groupe écharpe avec une tension constante pour un album hargneux, combatif, qui marque au fer par sa dimension aliénante.

En Testament on y entend le maelstrom catchy des Mets, le heavy de Motörhead, l'exigence progressiste de Annihilator. On ne parlera pas de renouveau, ni d’expérimentation, pourtant le groupe ne ramollit pas avec l'age, ses solos sont purs, enivrants, ses rythmes changeants contrastent l'ensemble des titres de manière significatives, le chant de Chuck Billy est savoureux. Nous avons un disque avec de l'ampleur, et de la consistance, peut-être même un classique en lui donnant le temps de s’insérer en nous avec cette saveur que le temps n'en fait que bonifier sa splendeur équanime.

Il y a ici un remarquable travail de précision capable d'apparier les diverses variations millimétrées de texture sonore, et les entendre se dissoudre dans ce magma étanche. Cet album est une musique à l'âme sombre et sauvage, dont l'aspect brut et indomptable en façonne la sculpturale nature indocile, comme une voix lumineuse en soi.


jeudi, décembre 8 2016

GOJIRA – Magma


GOJIRA___Magma.jpg

J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie.

Certainement dû à la simple évidence d’expurger l’apparition de cette nouvelle génération génératrice d’innovation, et qui tuait l’ancienne.

J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie, à me laisser séduire par son métAl, par sa soif légitime d’hybridation et de nouveauté musicale. Avec les oreilles en feux, prisent dans la déflagration sonique que je m’étais instruite, je n’avais de yeux que pour les anciens. J’étais trop enclin à satisfaire le culte de ce passé, là où les fondamentaux fondent l’édifice, jusqu’à ne sublimer uniquement cela, à tort bien évidement.

Il m’a fallu de temps pour apprécier la masse tellurique imposante de leurs riffs « Helmetique », l’artillerie en béton brut de la musique industrielle, leur alliage métAl pour les nouvelles générations. Il y a dans Gojira une force naturelle qui ne fait pas écho à la force dite « satanique » dont on nous a montrée jadis la face obscure et théâtrale dans le métOl spectacle.

Gojira est dans une dimension poétique, brute, et puissante. Il n’y a rien de punk, ni de heavy chez lui, c’est un instantanée de pureté solide. Sa musique se lie dans le chaos de l’univers avec l’insistance de dérober en vous une éblouissante grandeur, surtout quand elle parvient à vous détacher du sol. Je veux dire par là, que Gojira vous fait entendre la musique métAl sous un nouveau jour quand on parvient à s’extraire de son passé, quand on en consent la légitimité existentielle. On s’arrache du sol, parce que le sol se dérobe, parce que l’on n’est plus au ras des ténèbres, mais en flottaison, en orbite, au-delà de la saturation. On intègre la fission métallique qui vous plaque en même temps qu’une aqueuse apesanteur, et c’est à ce moment-là que l’émotion suscitée par leur musique, donne ses fréquences soniques que lui seul est à même d’en délivrer le plein impact.

Avec le temps j’ai dénoué le lien épineux vers une sérénité d’absorption avec Gojira, pleinement conscient que leur musique aussi nouvelle dans sa légitimité, pouvait résonner en moi comme une libération. L’on en retrouve l’imprégnation en live, car sur scène Gojira est ce monstre goulu qui vous dévore tout entier. Aussi hype qu’il peut apparaître en étant ce fer de lance hexagonal, Gojira transparaît pourtant avec la grandeur et l’humilité de son ambition : Différent.

Le « Magma » de Gojira est l’aboutissement depuis toutes ces années à souder son univers avec la pierre angulaire de son édifice, tout en étant souverain de son hybridation sonique. Il apparaît ainsi indestructible, certain de sa masse, prêt à tout dévaster sur son passage par la somme d’un hybridisme turgescent.

Immaculé de sa différence et sombre par son volume sonore, « Magma » est et sera.....La clef de voûte de l'oeuvre de Gojira.


mercredi, novembre 30 2016

7 WEEKS – A Farewell To Dawn


7_WEEKS___A_Farewell_To_Dawn.jpg

Le film c’est 6 ou bien 7 semaines et demie ? J’ai un doute là-dessus…Bon enfin bref peu importe…Le nouvel opus de 7 Weeks c’est Queens Of The Stone Age mais en plus profond. Ok, ok, je sais c’est assez basique comme constat, mais c’est carrément limpide pour la génération 2.0 adepte des réseaux sociaux à outrance, qui ne peut lire plus de deux phrases d’alignées sans zapper sur autre-chose…Et oui ceci est un fait établi, et apparemment irréversible, donc pour elle ce constat aussi simple soit-il, lui garantit un album d’une qualité indéniable.

Parlons désormais à la génération X.

Le trio a donc initialisé une véritable profondeur à sa musique, certainement dû à cette riche expérience ‘’ciné-concert’’ avec laquelle le groupe avait conçu la bande son, suite à une commande de la salle John Lennon de Limoges, pour le film « Dead of Night » réalisé par Bob Clark, et sorti en 1974.

Toutefois et le plus plausible, c’est que cette maturité conséquente provient aussi de l’expérience des concerts et de la vie en général, qui aiguise dans l’élaboration créatrice ce mélange explosif d’émotions enfouies que l’on s’arrache du ventre pour en expurger la quintessence de son émoi. Mais ouaie, je suis affirmatif, 7 Weeks c’est arraché les tripes pour vous offrir un opus de rock aussi ample que permettant la contemplation, aussi volubile en atmosphère, qu’apocalyptique en grosse volumétrie sonique, au point que ce disque provoquera une implosion dans votre habitat à chaque titre !


7_WEEKS___A_Farewell_To_Dawn_2.gif

C’est à la fois impressionnant de constater la richesse de chaque morceau, de ressentir la robustesse du son, la force des mélodies tout comme la fragilité émotionnelle vivifiante qui en résulte. Le groupe a bel et bien franchi un cap, que dis-je, une péninsule, celle d’éclaircir, d’accéder à cette résilience bénéfique pour se projeter munit d’une densité nécessaire à parfaire ses compositions.

Il y a une intensité qui porte l’ensemble, et l’évidence d’une force centrifugeuse accaparant l’ensemble pour former un maelstrom sonique des plus intenses. Cela transparaît dans chaque souffle, dans chaque note comme une évidence. Dès lors, la force de frappe est juste, catchy, précise, elle s’enrobe d’une teneur et de contrastes qui fatalement laissent comme empreinte la pleine réussite, et le bonheur insoumis de faire éclore un album en tout point impeccable.



Production fat & moderne de Francis Caste (The Black Zombie Procession, Bukowski, Kickback, Hangman’s Chair, Cowards, etc…), signé chez le label de Supuration, OverPower Records.

Si tu veux un opus de grunge, de gros rock qui tache, un album inestimable de stoner, rare, recherché, hyper catchy, de la trempe de ceux que vénèrent les mélomanes acharnés qui ont consacrés leur existence à la recherche de ce genre de graal sonique, alors tu te dois d’avoir « A Farewell To Dawn », et tu ressentiras cette euphorie folle d’aller y puiser sans cesse son nectar sensitif de manière compulsive, vitale, et ceci, jusqu’à la fin de tes jours…Que je te souhaite aussi loin que possible.


7_WEEKS___A_Farewell_To_Dawn_3.gif


lundi, novembre 28 2016

HELMET – Dead To The World


HELMET___Dead_To_The_World.jpg

Nous avons tous une part de nostalgie en nous nous reliant sans cesse à l'amertume du passé, et à ses fragrances émotionnelles qui ont façonnées ce que nous sommes devenus. Un groupe comme Helmet fait partie pour les 90's d'un instigateur principal de cette évolution.

Au lieu de reproduire une époque révolue, Helmet s'oppose à éconduire ses intentions musicales pour orienter ses compositions vers un renouvellement.

Helmet réalise une sorte de « White album » tout comme les Beatles à leur époque, un ersatz de chansons évolutives qui ne cesse de se contorsionner en nous, pour nous libérer du passé trompe l’œil que nous nous étions fabriqués pour le groupe. Helmet a cette élégance subtile de déjouer les plans opportun de relancer sa carrière par un album sinueux, et pas du tout comme celui que les vieux aigris espèrent, ou que les nouvelles générations pourraient encenser pour légitimer le retour du son raboteux, volumineux d'Helmet aka 90's, et d'y vivre l'intensité de l'époque phare du groupe comme si ils y étaient.

Les dissonances sont ici tenues par un rock indé, ce qui signifie que nous n'avons plus cette épaisseur écrasante de jadis, ni sa phase « jazz » à double tiroir. Nous perdons en nuance ce que nous gagnons en fragilité, Helmet n'est plus ce colosse monumental, il a la délicatesse d'altérer sa musique avec ce qui convient le mieux à ses choix musicaux.

Il y a de tout dans « Dead To The World », et peut-être plus encore quand nous l'aurons digéré, et puis il y a surtout ce monde qui prend fin, et qui nous dicte avec prévenance qu'il est temps pour nous de nous détourner de cette façon de faire revivre le passé, pour vivre enfin.


HELMET___Dead_To_The_World_1.gif


dimanche, novembre 20 2016

DARKHER – Realms


DARKHER___Realms.jpg

Darkher est une prêtresse à la spiritualité sauvage. Elle est ce souffle froid de la mélancolie profonde qui donne vie et corps à la chaleur d'une musique planante de l’au-delà !

Darkher, (Jayn H. Wissenberg) introduit sa nébuleuse dreampop-NewWwave (Cocteau Twins, Dead Can Dance) par le biais de la clarté blafarde de sa coldwave pour un dark Rock incandescent et lumineux, capable de volupté obscure avec des mélodies tristounettes pour faire vibrer l'intensité d'un morceau mélancolique, voire féerique.

Il y a dans cette musique une inspiration liturgique et médiévale aux sonorités incantatoires, voire magiques, accentuée par des paroles sombres et introspectives, qu'accompagnent une dose de tristesse propre à la dark-wave.

Même si le rêve est l’enfouissement des émotions et que l'époque en exècre l’abandon car :


DARKHER___Realms_1.gif

« Realms » calque dans sa part de crépuscule, l'alcôve primitif du bouleversement que la fin de la nuit provoque quand l'aurore naissante surgit.


samedi, novembre 12 2016

NOÊTA - Psykhē


NOETA_-_Psykh_.jpg

NOÊTA est composé de Ê et de Â.

Pas con hein ? Attends il y a encore plus zarbi. « Psykhē » est un premier E.P, c'est un antre bucolique pour un folk suédois aussi black, qu'ambiant, dont les thèmes de prédilections concernent la mélancolie, les rêves et les ténèbres profondément inscrits dans la nature humaine. L'ensemble est transcendé sur des enregistrements analogiques, aspirant à synthétiser une divagation à la fois contemplative et intérieure, pour une rêverie pleine de beauté sauvage et de douceur primitive.


NOETA_-_2.gif

En trois compositions virginales le ton est posé, la douceur immense, et la cover « I Lost Something In The Hills » de la folkeuse Sibylle Baier est aussi gracieuse et vaporeuse que l'originale. Par ce fait tenace et imputrescible, cet E.P est : Formidablement cotonneux et ivre de sauvagerie ténébreuse pour traverser la dépression hivernale.


NOETA_-_6.gif


jeudi, novembre 3 2016

HAUNTED - Haunted


Ross Ellis 12" Gatefold 11298

Haunted est un groupe Italien qui a signé son premier album sur le non moins mythique label Twin Earth Records, dont la variété de groupe heAvy-rOck-psychédéliquë-doOm de qualité n’est plus à démontrer.

Je sais très bien ce que vous allez vous dire dès que vous vous serez renseigné sur ce band : « Putain encore un groupe de doom influencé par Black Sabbath avec une femelle au chant. Froupupupupupupupupup, ouaie bon c'est bon quoi, toujours les mêmes riffs, rengaines, atmosphères, nanananana, etc.... »

Sauf que là, fini le tripatouillage en demi-teinte, fini les stéréotypes pour attirer un max de barbus à moustaches fines qui se paluche les testicules pour épater leur club de motocyclette.

Ce premier opus éponyme permet d’inoculer un venin mortel dangereusement cool. Tout y est : Atmosphères lascives pour des incantations occultes riches en destinée. La transe est languide, la mélodie est fondée sur l'épaisseur avec l'intensité de riffs en métaux lourds qui va avec pour satisfaire l'hypnose massive. Le chant funèbre sabbathien est une ode de sirène maléfique, le rythme est lourd, et la présence fantomatique d'une obscurité vénéneuse appose à l'ensemble une attraction catchy irrésistible, que même Belzébuth n'aurait espéré.

On trouve ici la perversion sonique sous sa plus dense accentuation.

Le seul hic ? Seulement 5 titres, mais bon, le voilà l'album qui réunit la crème de la crème souterraine. Bien au-delà des fréquences supérieures de l'obscur, ce groupe mystique offre au crépuscule du divin, la fleur bénie de mourir à petit feu contre sa musique.




jeudi, octobre 27 2016

ECHOES OF THE MOON - Elusion


ECHOES_OF_THE_MOON_-_Elusion.jpg

Echoes Of The Moon est un one band, il ne fait pas de blues garage, mais du post-black atmosphérique.

Cela peut paraître saugrenu mais non, son mentor américain, Brock, s'active en homme à tout faire dans sa grotte.

" Elusion " est la suite de l'album " Entropy " datant de 2015. Il explore les thèmes philosophiques propre à cet album et du premier opus " Esoteric " datant de 2014.

Dense, volubile, profond, cet "Elusion" dévoile toute sa sculpturale intensité par le biais de nombreux contrastes cher au blAck-métAl-atmösphérique.

Il apporte l’impression d’être entouré dans le calme d’une nature sauvage, de plonger sa marche dans la neige douce, d’entendre le crissement de chaque pas, d'humer l’air pur à plein poumon au point d’être envahi par une immensité de quiétude, puis de sentir la froideur à chaque respiration d'une présence sombre tapis dans l'ombre.

Une différence antagoniste qui souligne toujours cette sensation intense de chaud et de froid. Chaque titre est une déréliction offrant le bénéfice de s’exiler, permettant à cet isolement de devenir un cocon permettant de s’immerger totalement dans le tumultueux apaisement de sa fureur euphorique, de se noyer dans une hypocondrie musicale qui ne cache pas ses doutes existentiels, et rabat ses angoisses par une violence épidermique sonique.

C'est dans cette brûlure qu'advient la sérénité d’un repos magik qu’offre avec subtilité la musicalité d'Echoes Of The Moon...Avec en sus, une certaine forme de mélancolie empoisonnée !


ECHOES_OF_THE_MOON_-_melancolie.gif


vendredi, octobre 21 2016

BLOODY HAMMERS – Lovely Sort Of Death


BLOODY_HAMMERS___Lovely_Sort_Of_Death.jpg

Si mes souvenirs sont exacts, j'ai rencontré Bloody Hammers via un premier album émérite, « Spiritual Relics », lequel avait entériné en 2005 le salpêtre heavy/doOom avec le regard d'Alice Cooper sur Blåck Sabbath, et avec parfois un petit côté stoner à Hermano salement catchy, au point que l'ensemble était assez démoniaque comme trip.

Après une longue absence, en 2012 le groupe renaît de ses cendres pour adjoindre un grain plus hævy avec une atmosphère envoûtante, des sonorités hypnotiques de psyché rock pour un opus éponyme de rock Øccult doomesque, avec lequel on avait fait un pacte avec Satan, ouaie carrément le 666ème. C'est en 2014 avec le moyen « Under Satan’s Sun » et son doom heavy traditionnel que le bas blesse, même si munit tout de même d'une succession truculente de référence à la pellicule bis occulte, et parfois avec un zeste de musicalité gothique, histoire de souffler sur les toiles d’araignées, cela n'avait pas suffit à la déception, car cet album suivait d'un peu trop près la meute d'occultisme pour véritablement se sortir la tête du troupeau bêlant le stéréotype.

"Lovely Sort Of Death" est un opus qui reste dans le cimetière, il se déplace des ténèbres vers le prisme sombre des corbeaux, tout en étant orienté sur le rock, mais bien dark.

La voix chaude épouse à merveille la basse vrombissante, le rythme fait danser les cimetières, la guitare égrène cette mouvance cadavérique du dark-rock, et l’amertume mélancolique du synthétiseur flotte dans l’éther à travers une orchestration sèche, dépouillée, l'ensemble étant munit d’une production cossue.

Sans jamais apparaître redondant, le groupe mélange les genres, du shock-rock avec du doom, du gothic-rock avec de la dream pop, et « Lovely Sort Of Death » devient aussi ténébreux que gracieux. Anders Manga et sa compagne Devallia sont de fervents érudits, alors la maîtrise de leur conte ensorcelant embrasse avec la passion du röckDarkwAve, tout en séduisant les fans de Type Of Negative, Paradise Lost, Sisters Of Mercy, The Cure, Fields Of Nephilim, My Dying Bride.

Le très Ghostien « The reaper comes » demeure un titre d'exception dans la procession des autres chansons, et au final reflète un album bien cool, suintant le dark & l’occultisme vintage, enrobé par un son léché, et peut-être même une saveur pop pour que le plus grand nombre accède sans difficulté à son mausolée, sans se piquer les oreilles outre mesure. Puisque ce n’est pas le genre de musique gothique où tu te flagelles les veines avec des lames de rasoirs. Là c’est un peu de cire chaude sur les tétons, et cela ne va pas plus loin.



samedi, octobre 15 2016

MERCYLESS – Pathetic Divinity


MERCYLESS___Pathetic_Divinity.jpg

Si la religion est amour, miséricorde et compassion, alors pourquoi en arrive-t-elle à enrôler une fratrie extrémiste dans la fatuité d’une domination radicale, avec le prêche d’une frustration et d’une malveillance impure comme guide spirituel, devenant le pivot central de son moteur à explosion haineux ?

La question mérite d'être posée depuis des siècles et des siècles nan ? A côté de cela il y a quand même des hordes de fanatiques qui épousent religieusement la musique extrême de Mercyless sans une once de haine. Pourquoi ? Mais parce que ce groupe fait acte de profanation musicale dans son absolution nécessité à manier avec loyauté le death métAl.

Pour cela Mercyless revient adjoindre les fondamentaux du style pour abasourdir et continuer de construire le culte de sa domination.

Formé en 1987 à Mulhouse ce groupe est devenu une institution avec une discographique disparate et de nombreux concerts à travers l'Europe.

Solide, épais, violent, vindicatif, colossal, généreux, loyal, « Pathetic Divinity » est un album de death orgasmique, œuvrant à foudroyer avec des compositions intenses et dévastatrices, génératrices d'une audace loyale à fendre une musique deathalique surpuissante. Cet album a été produit par Philippe Reinhalter au Psykron Studio (PUTRID OFFAL, DIVISION ALPHA…) et masterisé par Frédéric Motte au Conkrete Studio (ANATA remasters, OTARGOS, PUTRID OFFAL…), il est sorti chez le label Kaotoxin Records.


Après tous les massacres engendrés au nom d'un dieu, d'une guerre sainte, la venue de « Pathetic Divinity » est l’avènement pour que les légions de mécréants de l’enfer viennent réclamer leur due.

Bonne descente vers les géhennes !


MERCYLESS___Pathetic_Divinity_1.gif

TOUR DATES

• Nov.08 - FR - Nantes - Scène Michelet

• Nov.09 - FR - Bordeaux - Bootleg

• Nov.10 - ES - Santander - Rock Beer

• Nov.11 - ES - Sedavi (Valencia) - Paberse Matao

• Nov.12 - ES - Almeria - Brutalmeria Festival

• Nov.13 - ES - Basauri - Basauriko Txarraska Gaztetxea

• Nov.14 - FR - Toulouse - Pavillons Sauvages

• Nov.15 - FR - Décines-Charpieu (Lyon) - Warm Audio

• Nov.16 - FR - Paris - Klub


mardi, octobre 11 2016

TANPOPO CRISIS - Everything Flows


Tanpopo_Crisis_-_Everything_Flows.jpg

Le post-Black Metal c'est du screamo, sauf que dans le screamo le gars hurle en couinant qu'il a perdu sa meuf, dans le post -black métAl, il est passé à l'étape d'après où il éventre les tripes du chat de sa voisine octogénaire en hurlant sa rage. La nuance paraît relative et pourtant elle est là. Bon j'exagère un tantinet peut-être, maiiiiiiiiiiiis je suis pas loin quand même.

Tanpopo Crisis ( putain de blaze nan?), c'est un one band de grindcore/post black metal. Et oui ça existe, c'est tout pareil que le one band de rock-garage, mais en plus provocateur dans la violence.

Niveau son on pourrait s'attendre à de la bouillie, sauf qu'avec les outils techniques actuel, le son n'est plus aussi primitif et crade que du garage rock à cambouis. C'est un petit plus qui permet par ailleurs une écoute plus attentive...Ouaie encore faut-il que la muzak se prête à cela aussi. « Everything Flows » est ce genre d’œuvre autarcique que l'on se prend à apprécier quand le pessimisme noie tout en soi. C'est à la fois un truc intérieur qui remue, et quelque chose d'assez brouillon pour être soporifique et lassant, tant cela requiert d'être englouti par l'amas de souffrance et de ferraille sonique qui vous tombe dans la tronche.

C'est même assez éreintant d'aller jusqu'au bout !


TANPOPO_CRISIS_-_Everything_Flows_1.gif

On remarquera au passage que l'obsession du gars de Tanpopo Crisis s'achemine vers une nette préférence pour les asiatiques, car ça pullulent dans sa discographie. Y a t'il un lien à faire avec son blaze ( tanpopo fait penser à Pompoko nan ?)


vendredi, octobre 7 2016

BLOOD CEREMONY – Lord Of Misrule


BLOOD_CEREMONY___Lord_Of_Misrule.jpg

Un parfum de ringardise pour certain, une ode éperdue pour d’autres, Blood Ceremony est un archéologue musical, maudit.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ici ça sent le salpêtre heavy occulte, l’encens périmé, le hippie crasseux, mais libre de toute entrave.

Blood Ceremony évoque une musique du passé que l’on ingurgite tel une soupe de sorcière. Conjurant le mauvais sort d’une discographie majestueuse mais boudée, ce « Lord Of Misrule » suit la bave de crapaud heavy avec le sortilège de faire du rock-doom avec ses fragrances poppy.

Bon si c’est encore un peu concis, il y a des variations de swing pop, de rock garage, de psychédélisme qui amènent une relative évolution. Ceci dit Blood Ceremony ne sort pas non plus de son bois dormant, et la mousse de son rock occulte et le lierre de son heavy rock se sont infusés consciencieusement, de la sorte que le groupe refait encore et toujours avec la fascination qu’il a pour Jethro Tull, Led Zep, Jefferson Airplane, Black Sabbath, Coven.

Ghost a su conquérir les foules par les embruns méphistophéliques de sa pop culture, ce qui n’est pas le cas de Blood Ceremony, qui est dans une posture d’ermite en comparaison. Si vous appréciez le passé alors chaque incantation sera un pur maléfice, sinon, vous trouverez cela désuet.

Je trouve du charme à ce groupe, une rémanence subtile et une saveur archaïque qui en font tout l’envoûtement aussi. Mais cela ne signifie en rien que ce soit éteint.

Le côté rétrograde ne me gêne absolument pas, je suis convaincu par son effet caduc et je trouve que la vétusté des sonorités épousent les formes révolues, comme si ce disque avait vu le jour il y a vingt ans. Alors pourquoi aujourd’hui un tel disque voit le jour ? Peut-être que la rétention que le passé dispose demeure un ancrage plus fort qu’un avenir incertain. Toutefois le groupe détrempe et désinhibe par une forte sensation de résurrection. Peut-être qu'en réincarnant des idoles du passé, il s’envoûte d’une parure plus contemporaine dans son revival, afin de repriser les habits de fortune comme Ghost & co ont su en populariser avec une réussite conséquente.

Ce qui est avéré aussi, c’est que le groupe assume totalement son aspect démodé, et j’apprécie cette folie de ne point usurper ses intentions. Du fait, cela fait très certainement de moi un plouc, et franchement je m’en branle absur-dément. J’aime cette fantaisie hippie, la fraîcheur de son ton bucolique, tout comme la joliesse nacrée de ses ténèbres, son psychédélisme 70’s pastel, son swinging rock occulte, sa folk ésotérique des 60’s et le bleu de sa romance rupestre. Alors oui Blood Ceremony a une fois encore réalisé un album que la chaleur des flammes purificatrices anciennes en concocte toute la primauté.


BLOOD_CEREMONY.gif


lundi, octobre 3 2016

LES SOUCOUPES VIOLENTES – Dans Ta Bouche...


LES_SOUCOUPES_VIOLENTES___Dans_Ta_Bouche.jpg

Il y a quelques lunes de cela, un duo d'homme trié sur le volet à jeter l’opprobre sur la disparition de pépites musicales datant de l'ère du fluo.

Nineteen Something naquit de cette folle envie de faire resurgir des œuvres du passé pour finalement pérenniser une époque, et fatalement surligner au fluo l'histoire de groupe de musique.

On sait tous que les bonus des DVD ne valent que pour l'entremise sournoise qu'il diffuse en prétextant de louange sur la qualité indéniable de l’œuvre, et quant à votre intelligence d'esprit d'avoir acheté un tel ouvrage culturelle, Ô combien singulier et unique en son genre. Ce qui détone de la réflexion lapidaire et du ton persifleur de votre concubine et de son œil inquisiteur critique, vous rétorquant au bout de 20 secondes de visionnage : " Mais tu n'en as pas marre de regarder ces merdes ? " Commentaire sobre pour lequel je me dois de vous prévenir en toute humilité altruiste, qu'il est inutile à ce moment là de se fourvoyer dans un argumentaire détaillé, et finir par sombrer dans la controverse, surtout pour se voir priver d'un coït, apaisant la tension de ce genre de film de merde au demeurant.

Avec Les Soucoupes Violentes on ne parlera jamais d’œuvre de merde, mais bien au contraire de musique de sauvage, et carrément d'œuvre initiatique entre le rymth&blues, le rawk'n'roll, le punk rock garage, et un truc de ricain imitant les anglais avec une désinvolture frenchie.

Les Soucoupes Violentes est un vieux coucou de groupe.


Les_Soucoupes_Violentes_1.gif

Si vous ne connaissez pas, alors Les Soucoupes violentes vont vous faire décoller du plancher des vaches avec une musique sèche et nerveuse, rutilante de chrome, capable de faire un barouf de tous les diables avec ce rock'n'roll primitif qui enfonce la tête directement dans la cloison en placoplatre, tellement elle décharge des vagues, et des vagues d'énergie intensive. Ce groupe appose un Rock munit d'une solide contagion à sa déflagration sonique, surtout avec une orgue faisant rejaillir des mélodies incisives avec cette fièvre qui te cloue au lit...

...Pour la simple raison que Les Soucoupes violentes est un vieux coucou de groupe qui fonctionne plein fer encore !


Les_Soucoupes_violentes_2.gif

Depuis que j'ai 6 ans j'entends avec sarcasme que la langue française est incompatible avec le rock'n'roll d'origine anglophone, alors qu'il y a des gens formidables qui ont modelés les deux avec subtilité, ferveur et passion. Ce groupe chante en anglais et français, et c'est tout simplement la classe internationale. Un titre comme « L'indifférent » est absolument inusable, je dis bien I N U S A B L E.

Ici sont réunis le premier opus datant de 1987 « Dans Ta Bouche » des Soucoupes Violentes, ainsi que leur E.P éponyme de 1984, et la face A du 45T « Rester Au Lit » de 1988. Outre de superbes compositions avec un rock humide à la fébrilité bestiale, saturant l'espace sonore de sa décontraction à manier avec urgence et une liberté sans faille le real rock'n'roll de la rue, il y a 2 covers somptueuses, « Teach me how shimmy » des coasters, « Twistin postamn » des Marvelettes, le tout secouer par des décharges de teenage-kick.

Le label Nineteen Something mérite un soutien absolument démentiel pour faire remonter à la surface terrestre ce genre d'album introuvable jusqu'à présent, fleuron essentiel du made in D.I.Y hexagonal.

La force indéniable de ce groupe c'est d'écrire des titres uppercut avec l'approche très anglo-saxonne de faire jouir la mélodie des mots jusqu'à ce que l'ensemble jute en un orgasme sonique.

Cette sortie est un événement à ne rater pour rien au monde, vous avez une seconde chance pour dégoter un tel brûlot, alors c'est maintenant, et à 8 euros le cd, franchement allez vous faire foutre si vous l'achetez pas celui-là !

Les Soucoupes violentes : I want to believe !


Les_Soucoupes_Violentes_3.gif


jeudi, septembre 29 2016

BIG JESUS – Oneiric


BIG_JESUS___Oneiric.jpg

Faut-il croire en un messie pour renouer avec l'insouciance de la vie ?

Le doute permet de ne point tergiverser à l'écoute du « Oneiric » de Big Jesus, car on fait face à un tel mur du son qui Torche sa torpeur avec le shoagaze gentillet de The Pains of Being Pure at Heart, que tout s'illumine avec cette pointe de dream pop facétieuse.

Originaire d’Atlanta et formé en 2009, Big Jesus développe un rock gorgé de fuzz qui fleure bon les 90's versus 2,0. Enregistré à Los Angeles et produit par Matt Hyde (Deftones, Slayer, Monster Magnet, Sum 41, Alkaline Trio) pour en polir la surface, cet album est surmonté de grosses guitares, de rythmique à double épaisseur et d'une surdose d’énergie molletonnée pour fans des Smashing Pumpkins et Silversun Pickups.

Même si je sais que tu connais ce contraste saisissant entre une fuzz qui dégouline un brouillard émotif et des mélodies au cœur fondant, au fond de toi tu sais très bien que tu ne vas pas résister longtemps à cet appel pour rêver durement pendant l'écoute.

La douceur heavy de leur acier sonique flotte dans cette sensation aérienne et onirique de convoler sous la blancheur immaculée de My Bloody Valentine, Deftones, Ride.

Se fondre dans la soie cotonneuse de leur musicalité apportera des ailes du désir à tes rêves les plus doux, les plus humides. La centrifugeuse de leur musique écrasante illuminera tes enceintes bouillonnantes parce que « Oneiric » est un disque de cœur tout simplement addictif, et d'une beauté à faire rougir la lune.

Éthérée et super catchy est la nouvelle révélation musicale ‘Alternative rock’.


BIG_JESUS___Oneiric_1.gif


samedi, septembre 17 2016

WORMFOOD – L'envers


WORMFOOD___L__envers.jpg

Chef de file d'une mouvance gothique au french-flair horrifique, Wormfood a poli son cinquième opus «  L'envers » comme un diamant noir conçu dans un rituel de messe rouge.


Depuis 2011 et l'album « Posthume » Wormfood anciennement black-métal-doom-goth s'était enterré dans les catacombes de l'oubli. Puis la caresse du temps a purifié la pierre de sa nécropole, et en cette année de l'an de grâce 2016 les fantômes resurgissent avec dans leur ombre, une savoureuse œuvre noire. Laquelle n'est pas un cirque macabre, mais un Théâtre du Bizarre, érudit et esthète de l'opulence gothique.

Le groupe se compose désormais à la guitare d'Emmanuel "El Worm" Lévy (ex Carnival in Coal, Erdh), nanti au milieu des ténèbres qu'il clame au chant avec la désinvolture princière d'une ode caverneuse. Renaud Fauconnier (ex Borgia, Abstrusa Unde, Ketelo Tropo, Psy K Trip) à la guitare, Vincent Liard (Lonah, Désert Orange) en tant que bassiste, à la batterie Thomas Jacquelin (Öxxö Xööx, Lugnasad, Anus Mundi, Régiment), et Pierre le Pape (Embryonic Cells, Kim's Over Silence, Melted Space) au clavier. Il y a aussi en guest, Paul Bento (Carnivore, Type O Negative, Metal Health Association) au sitar, et Axel Wursthorndes (ex-Carnival in Coal) aux claviers, dont l’enregistrement de cet opus se fera dans son Walnut Groove Studio.

« L'envers » est un conte d'enfer !


L__envers_est_un_conte_d__enfer.gif

Une sorte d'opéra-gothicÖrock de torpeur angélique pour fable démoniaque. Doté d'un dark metal aux ambiances oppressantes de crypte glaciale, capable de vous transfuser sa sanguinaire histoire de tourmente, l'ensemble est un trip grandeur nature de noirceur globale, glauque, et inquiétante. Oui rien que pour une telle œuvre singulière le groupe va s'attirer la loyauté d'adeptes respectueux et dévoués à son idylle sonique...Ou bien alors, les fans de la comtesse Bathory.

On craque sous le charme vampirique de cet œuvre vénéneuse, où l'épiderme émotif des chansons est violacée par les blessures assassines dans le cœur même du conte. On suffoque dans ce mausolée musical comme un ver au milieu d'une charogne, face à la mise à nu de cet émoi emphatique qui grouille de nous asticoter l'âme noire sans cesse.

Le tempo est lent, l'ambiance lourde et lugubre y dépose des nappes de guitare et de clavier d'impureté poétique. Le chant susurre dans la langue de Necrorian, tout en suçant la moelle de Bram Stoker. Il suture les plaies ouvertes des textes léchés dans un encrier d’hémoglobine, embaumant de par ses fragrances de velours, des désirs inassouvis.


desirs_inassouvis.gif
Wormfood maîtrise le sens de la composition par sa connaisse de l'expérimentation sensorielle. Il en contamine la beauté plastique par son approche d'une théâtralité lugubre. Les morceaux bénéficient d'une pertinence qui œuvre à nous faire contempler cet édifice artistique inimitable et impressionnant, pour ne pas dire unique. Vous apprécierez la finesse de la lame découpant dans la chair textuelle, en décomposant chaque tableaux cauchemardesques et sulfureux avec la minutie d'une perversion outrecuidante. « L'envers » est pavé de bonnes intentions, c'est un croque-mitaine mirifique qui ouvre le cercueil cauchemardesque d'une musique idoine de Black-doom-goth à la saveur surannée, baignant dans son jus pour que tombe le rideau d'une désinhibition artistique. C'est une sorte de comédie humaine d'Honoré de Balzac vicieusement Sadienne et sanglante, immoralement intense, avec sa prestance rappelant le théâtre du Grand Guignol (1896/1963) à Paris, dans le IXe arrondissement impasse Chaptal.

Tous les gothiques se flagellent les tétons devant cette œuvre macabre, grande de perversion musicale, tout simplement sang pour sang (im)mortelle !

flagellation.gif

La production honore la voûte musicale de ce mausolée à ciel ouvert, et apporte avec la lenteur nécessaire au bon développement des différentes atmosphères funéraires, glauques, malsaines, funestes de cette luxure Baudelairienne.

L'objet est flatté d'un format DVD, magnifiquement illustrée par un livret à l'esthétique visuelle somptueuse. Je vous en conseille l'achat auprès du label Apathia Records.

Il ne fait pas un pli que le groupe sortira gagnant d'une curiosité malsaine, tant Wormfood cuisine une théâtralité gothique au petit oignon fantasmagorique, en réalisant les fantasmes goûtus pour puristes averti(e)s.

MouaAhahAhahAhahAh !!!


mouahahah.gif


vendredi, septembre 16 2016

CLASSE MANNEQUIN - ST


CLASSE_MANNEQUIN_-_ST.jpg

Quand vous chercher sur le net le groupe Classe Mannequin vous tombez immanquablement sur une photo de Vanessa Demouy ou bien de la blonde Cachou, de son vrai nom Anne-Charlotte Pontabry. Est ce dû au hasard pernicieux de l'immense mémoire active du net, ou bien y a t'il un lien direct ou indirect ?

Heyyyyy j'en sais rien. Classe Mannequin c'est la somme algébrique du math rock fougueux, du cancre noisy pop et du rock indé libertaire-solaire. Munit des membres de Tiny Scalp, Bantam Lyons, Moskou et Fairy Tales in Yoghourt, tout ce petit monde vient de Nantes, le band déclenche un premier alBoum sans titre, implosif (improbable + explosif = implosif).

Dix compositions instables, agitées du bulbe à en secouer la pulpe pour en faire remonter une volatilité chronique. Errance, égarement, déséquilibre, un triptyque en tout point frappadingue, et qui permet au groupe de faire ressurgir Talking Heads sur la route de Honey For Petzi roulant en Polvo. C'est la condensation röck indé rigoureusement mise en tension permanente, pour une désinvolture royale à manier la pop avec l'esprit insulaire des anglais. Classe Mannequin est un libertaire en puissance, capable de jongler avec des mélodies aussi douces que foldingues. Le groupe gratte avec égarement l'épicentre des terminaisons nerveuses mélodiques, jusqu'à faire craquer ses titres en une constellation de dissonance pop indé. On distingue dans le sacre de leur titre toute l'impétuosité de cette jeunesse qui semble dire happy fuck off avec la perfidie de reproduire au mot près ce qu’elle a envie de vivre. C’est vrai qu’à leur âge doré on est facilement influençable par la beauté de son insouciance, impressionnable de la puissance de son aura, alors que les vieux sont moins enclins à être empapaoutés, et parlent avec la sagesse du connard aigri et de son ennui existentiel.

Aucun lassitude ici, cet album fait défiler sa douce folie, sans amertume, avec juste la saveur faussement catchy d'induire une luminosité flottante, surtout quand votre esprit glane dessus avec ravissement l'appel de ces petites pépites mélodiques et de son tourbillon sonique.

Ce disque fortement jouissif est disponible chez le label Montpelliérain HEAD RECORDS.


CLASSE_MANNEQUIN_1.gif


- page 2 de 7 -