WALLABIRZINE

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mercredi, novembre 22 2017

DYING GIANTS – Tales Of Giants


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Il y a dans ce premier E.P du trio Toulousain Dying Giants (since in 2015) l’ensorcelante beauté venimeuse que le groupe a cannibalisé dans la vase d'Eyehategod, dans la boue sanguinolente de Conan, et dans les ténèbres rugissantes d'Acid King.

Il y a du grain dans la production, une recherche vers le brut de décoffrage, dans cette dualité du bien et du mal qui dégorge sans cesse une sobriété musicale, et lentement elle va s'éprendre en vous tel un ophidien. Le groupe déploie une belle gamme de transition, sachant acclimater ses climats et contrebalancer avec le souffle d'une densité tellurique suppurante de gröOöve.

Leur cd D.I.Y est entièrement auto produit et sans label de distribution. D'après leur bio les titres font tous références à des légendes de créatures gigantesques. Ainsi le premier titre renvoi au volcan Etna, culminant à 3 330 mètres d'altitude, il est le plus haut volcan actif d'Europe et l'un des plus actifs du monde avec presque cent éruptions au cours du xxe siècle. Le second titre fait référence à la Nébuleuse d'Orion ou bien au groupe de stoner Nebula fondé par deux anciens de Fu Manchu. Le troisième évoque me semble t'il ce passage de la mythologie grecque, entre Pasiphaé épouse de Minos (roi de Crète), dans lequel jalouse des infidélités répétées de son mari, elle lui jette un sort, le condamnant à éjaculer des bêtes venimeuses s'il couche avec d'autres femmes, provoquant ainsi leur mort. Le quatrième invoque le mont Atlas, cône volcanique éteint au nord-est du mont Pleiones dans les Pléiades, Terre Victoria, Antarctique.

Mais je peux totalement me gaufrer hein !

Dying Giants possède la particularité de joindre une transe rythmique en un mantra incandescent, et on en ressent instantanément les effets sauvages, tout comme avec parcimonie les effluves psychédéliques qui s’immiscent dans le flux ininterrompu de ce doOom Sludge instrumental. Espaçant ses atomes crochus avec maître cornu pour faire apparaître des arcs électriques de doom dans l'obscurité de leurs ténèbres, « Tales Of Giants » fait vibrer le sol par une terreuse incarnation où le festin sonique sera épais et les nappes lourdes.

Voilà bien un groupe au gros potentiel sonique que j'aimerais volontiers voir/entendre crépiter à l'Xtremefest 2018 !


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lundi, novembre 20 2017

DER WEG EINER FREIHEIT – Finisterre


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J'en ai marre d'entendre des gens cracher leur nausée, et encore plus du cynisme des gens en face d'eux gifler leur sûreté arrogante. Pendant un temps cela me faisait rire d'entendre les vieilles personnes dirent qu'elles préféraient dorénavant écouter de la douceur plutôt qu'une forme de violence perpétuelle. ( Hey cela ferait un super nom de groupe - Violence perpétüelle - ? )

Bon et bien je les comprends aujourd'hui. Je suis donc devenu vieux. J'en ai parfaitement conscience, j'en ai marre de ce monde oscillant dans le préfabriqué cliquant et la moisissure suppurante.

Les allemands de DWEF font partie de la moisissure suppurante, et ils vomissent sur la terre entière avec violence et douceur. Alors forcément la douceur est relative ici, vraiment. Disons que communément quand l'on crache de mépris, la violence reçue est pour le moins agressive, pourtant la salive du crachat elle-même est douce. Je ne sais vraiment pas si vous saisissez la nuance ? Mais bon passons...

Ce « Finisterre » jouxte cette forme ambivalence de barbarie ambiante et de splendeur brutale.

L'oscillation post-black fonctionne de manière coordonnée, elle est parfaite pour acclimater à tous les contrastes qu'alterne le groupe. La rage est vaporeuse, le rêve est fait de larmes, la beauté aussi brutale que la réalité sera colère dans l'oubli. La ligne atmosphérique est un horizon, la noirceur n'est que plus sombre quand elle est prise dans l'éclat d'une lumière, même nébuleuse.

Le groupe n'est jamais brouillon pour autant, il n’utilise pas son black comme un brouillard, il n'utilise pas son émotion comme un mouchoir. Il sait tordre, se sait tendre. De plus avec le temps il contrôle sa colère, en apaise la rancœur pour la joindre avec suffisamment de distance et en façonner ses compositions. Cette mesure est un équilibre précieux dans la fusion entre son acier sonique et son éther émotionnel.

Ce n'est pas un bout de chair froide que mastique DWEF, c'est le battement chaud et terrible de l'humanité, avec ces lambeaux d'existence aussi forte que fragile.

On n'est pas dans la glaciation austère, ni dans l'austérité brute du black, pas plus que dans le bouillonnement tellurique et serein du post-rock. Mais dans un intermédiaire qui tient lieu de vie.

“Me voici, être humain violent, blanc, noir, brun ou rouge, et il ne m'intéresse pas de savoir si j'ai hérité de cette violence ou si la société l'a engendré en moi : ce qu'il m'importe de savoir, c'est si je peux m'en libérer.” Jiddu Krishnamurti


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samedi, novembre 18 2017

Encycløpédie Müsicåle, S comme...

....Sludge : Musique coulante parfois soporifique à grosse couille qui peut se traduire aussi comme un verset éléphantesque de malström sonore.


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jeudi, novembre 16 2017

PROPHETS OF RAGE – Prophets Of Rage


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On nous a prédit un 21ème siècle spirituel, on peut dire que Madame Soleil a irradié les cieux de sa prédiction hautement religieuse, puisque on tue et meurt pour un dieu unique. Mais avant cela chacun renifle le cul de l’autre pour savoir si à l’odorat c’est la même obédience, alors ça cherche sa divinité sans cesse pour trouver sa protection avec les dents serrés de haine contre toutes les autres différences, quitte à se foutre les genoux en sang à force d’être à quatre-patte, où la main prise dans le bénitier à faire des signes de croix de bois-croix de fer, si je mens je vais en enfer à Clisson con…Et bin vlà les prophètes de la rage qui débarquent, un truc entre le mood rageur des 90’s de Rage Against The Machine et la prédication du tribun de la France Insoumise.

Alors est-ce une arnaque typique de l’ère contemporaine par des gars cachant leur rolex en jouxtant la cinquantaine, et en étant possédés par l’esprit jeune du publicitaire Jacques Séguéla ? Surtout que depuis le temps que l'on nous bassine avec le retour de R.A.T.M, et que c'était quand même aut'chose à not’époque où l'on savait aller au carton, soulever les masses dociles pour faire naître la colère. Pis la vraie colère celle qui piétonne les rues d’une foule unie et lance des parpaings de slogan contre l’establishment.

Mais ouaie, mais ouaie, on voit très bien où on en est aujourd'hui de la lutte du rap metOl...Linkin Quoi ?

Donc méfiance on en connait une chiée de groupe revenue de leur traversée du désert avec la formule magique pour empapaouter la populace nostalgique et la new generation qui n'a pas vécu sa révolution.

Ok mais Prophets Of Rage c'est quand même 80% de R.A.T.M, 70% Public Enemy, 20% Cypress Hill. Dans l'ordre c'est : Tom Morello – guitare (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Tim Commerford – basse  (Rage Against the Machine et Audioslave) ; Brad Wilk – batterrie (Rage Against the Machine et Audioslave) ;DJ Lord – platines (Public Enemy) ; Chuck D – chant (Public Enemy) ; B-Real – chant (Cypress Hill).

Il faut reconnaître que sur l'affiche ça a de la gueule et que tout cela part d'une très bonne intention, revenir fouetter le sang impur pour qu'il remonte des limbes du siècle dernier et faire tamponner de 7 à 77 ans la fibre contestataire, félicitations. Les riffs sont là, le beat est là, les lyrics sont là. Les gars ne font pas la politique de l'Autruche, ni du populisme, et rien que ça c'est déjà énOrme. Le hic c'est le message apporté avec l'ambivalence de moyen provenant à la solde du grand capital, comme disent les rouges. Si tu te demandes la légitimité d'une telle entreprise ? C'est que tu votes à droite. Si tu te demandes l'intégrité de cette lutte ? C'est que tu votes à gauche.

Surtout que depuis le temps, les formes de lutte de la génération 2.0 ne sont pas du tout les mêmes que celle de la génération X, ni même la façon d'en proclamer la teneur (du rock au rap), tout comme les moyens de communication diffèrent, on en arrive à conclure que le rap a absorbé le rock, pour ne pas dire englouti de partout.

« Quand le rock sera mort, le monde entier explosera. Il a déjà tellement perdu son essence, il a tellement été plagié qu'il survit à peine, aujourd'hui. Ça me dégoûte. Les jeunes n'ont plus le même intérêt pour le rock que les générations précédentes. C'est devenu une revendication à la mode et une identité qu'ils utilisent pour baiser et avoir une vie sociale. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que la musique les intéresse. Ils choisiront des sons et des tonalités dans une machine de réalité virtuelle. Ils les écouteront, ressentiront les mêmes choses et... ils iront faire la fête. Cette machine sera munie d'écouteurs, on pourra discuter en écoutant de la musique virtuelle, on pourra baiser, boire... Cette machine permettra de planer. La technologie aura tellement évolué. Il y aura aussi des junkies virtuels qu'on retrouvera sur leur canapé, morts d'une overdose » dixit feu Kurt Cobain.

Ainsi parlait Zarathoustra, Madame Soleil et Jacques Séguéla en même temps quand ils pointaient au PMU leur grille du quinté plus après l’apéro au pernod-ricard, suze comprise.

Depuis cette tragédie où le rock gerbe ses relents anciens dans le caniveau tel un SDF, les altermondialistes RATM sont morts sur les barricades de leur lutte intestine, la troupe Public Enemy est devenue sentinelle face à un monde vendu au ganstarap, lequel se fait les couilles en or en tirant des punchlines à balles réelles sur la jeunesse crétine. Donc tous ceux qui attendent un reboot de Ratm c'est rappé, ici le spirit est funky, avec une désobéissance funky à la Arlette Laguiller.


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Leur mouvement social c'est le rock fusion, une espèce de Prince Cool J VS Led Zep aka Urban Dance Sabbath VS Public Funkadelic Purple. Pour les lyrics c’est du Martin Luther Chomsky Moore dans le texte...Et ce super groupe a vu le jour depuis l'élection de Donald Duck Trump Moumoute 1er de l’an UN, puisque Jésus est moins célèbre que les tweets de Donald désormais.

Au Hellfest 2017 le groupe a tout de même changé les gens en torche humaine, je sais j’y étais, donc plus besoin de kamikaze, plus besoin de pétrole, plus besoin de voyante, de dieu, il ne faut que des riffs maousse costaud, un beat ultime et Unfuck The World ! On peut se souvenir à cet effet du Indignez-vous ! qui était un essai de Stéphane Hessel publié en 2010, il défendait l'idée à 93 ans selon laquelle l'indignation est le ferment de l'« esprit de résistance ».

Alors est ce que Prophets Of Rage va réussir à faire émerger un mouvement musical ? Contestataire au point de va faire un sit-in sur les restes d'occupy Wall Street ? Faire la révolution du muguet ? Du jasmin en mai prochain en balançant des caramels mous, des autocollants just do it ? Nul ne le sait, ce qui est certain c'est que les marcheurs de la république en marche font aujourd'hui marche arrière, que Donald ne Trump plus son monde, et qu'en live les gaziers de Prphets Of Rage foutent le feu avec des titres façonnés pour faire émerger une indignation rageuse. De la sorte que langue de bois et langue de pute ne pourront désunir ces vieux gars du siècle dernier venir tendre le bras avec le poing fermé sous les feux de la rampe.

« Tout ce qui se fait dans l'ombre ne vaut rien. Ce pourvoir mystérieux doit répandre la lumière jusqu'au creux de l'obscurité. Alors il n'y aura plus la brutalité du maître, ni la perfidie de l'esclave. » Louise Michel




dimanche, novembre 12 2017

MOGWAI – Every Country's Sun


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Longtemps je garderais dans mon être les mélopées câlines de Mogwai.

La première fois on attend la fin de ces longs préludes musicaux, sans admettre que le classique couplet/pont/refrain n'existera pas sur les terres écossaises. Bien entendu c'était il y a longtemps, le post-rock n'en était qu'à ses balbutiements. L'initiation se fera opaque, l'intronisation se réalise par petite touche d'infiltration dans la beauté aqueuse que distille le groupe. Le clair obscur prend différente teinte quand enfin l'assimilation devient légèreté, ainsi la révélation poétique se fait jour, et plus rien ne sera plus comme avant. Non plus rien. La perception musicale se pare d'un filtre anti-age, à l'addiction contemplative intemporelle. Mogwai est instrumental, votre imagination fera le reste. Parle si tu as des mots plus fort que le silence.

La discographie d'un groupe est jonchée de collaboration, de maturité de langage, de choix distinct, d'une époque, d'une identification, et que sais-je encore...Sur le fil du rasoir Mogwai a jalonné sa carrière d'instant suspendu. Les mélomanes funambules apprécient de prendre de la hauteur, d'épouser leur regard musical sur de vaste paysage fuyant vers des perspectives et des horizons lointains. Plus c’est haut, moins il y a d’oxygène, et plus la perte de l’équilibre est violente.

Ce neuvième album Every Country's Sun en contraste l'étendue avec un panorama post-rockien vaste, lent, capiteux, doucereux. L'apesanteur du flottement est doux, se sentir léger dans cet intermède sonique ramène à un état de sérénité libérateur. Mogwai remplit le vide, moule, coule, fond son acier avec de la plume, des perles de pluie avec des lames de feu, nuance de puissance et de profondeur, de couleur et d'élévation. Un chant vient parfois suspendre le temps, nous déraciner du cosmos de Mogwai.

Le groupe surnage dans son ouragan de sensibilité et de sensualité comme un big bang tellurique intérieur, là où la plénitude des sens est une explosion des émotions, sensations. Tout ne fait pas corps pourtant, des fêlures, des craquements, une fragmentation de la tectonique des plaques soniques depuis le départ du guitariste John Cummings, le groupe est un quatuor. Un déséquilibre que l'on entend. Même si dans la formation de Glasgow tout semble éphémère, elle folâtre dans l'ambiant mélancolique, se dépouille de tension rock cataclysmique, évapore la dream pop grisâtre, suspend le shoegaze luminescent, tout dans ces ambiances atmosphériques et cette violence sonique se dilate, se métamorphose, tout est transitoire, vulnérable, indécis. Étions-nous dans l'expérimentation ? Dans le progressisme ? Dans le diffus ? Dans le néant ? Le groupe tisse ses filaments arachnéens musicaux, il défie avec l'arme des guitares, tire des larmes et la vie flotte sans cesse avec sa force et sa fragilité. C'est peut-être en cela que Mogwai renforce sa capacité inoubliable, faire bruisser la vie dans chacune de ses pièces musicales.


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vendredi, novembre 10 2017

C'est vraiment l'automne


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mercredi, novembre 8 2017

Encycløpédie Müsicåle, P comme...

...Punk : Dilettante du rock.


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samedi, novembre 4 2017

ALL FOR NOTHING- Minds Awake/ Hearts Alive


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All For Nothing a toujours tapé dru dans la tête, là il frappe en plus dans le cœur.

La progression est nette et flagrante, les Hollandais ont un son, une épaisseur de puissance sonique, et surtout un sens mélodique indéniable désormais.

Les titres sont accrocheurs, ils gardent leur intensité initiale et propre à la puissance du HxC, ils fédèrent par l'impact vindicatif des punchlines qu'ils appliquent, si tout ceci est conventionnel, la progression provient du travail de composition et du son. Le premier est finalement un long travail d'haleine qui abouti désormais à ce que All For Nothing fournit, outre des breakdowns bien lourds, il élabore des mélodies entêtantes, capables de groover avec puissance et d'embraser. Le second est une application franche à valoriser le songwriting par un son beaucoup plus net. La sensibilité prend tout son sens car les instruments gagnent en lisibilité, la mélodie est une intensité suffisante, pas besoin de saturer l'ensemble. Les refrains sont à l'unisson collégiale du hardcore brut oldschool, l'énergie dégagée depuis toutes ces années est condensée par une approche mélodique newschool.

A4N se libère ardemment et prend pleinement possession de sa maturité, Minds Awake/ Hearts Alive se révèle comme un cinquième opus aussi offensif qu'idéaliste.


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mardi, octobre 31 2017

Joyeuse Halloween



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vendredi, octobre 27 2017

OUR CEASING VOICE – Free Like Tonight


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Le cœur peut battre, mais il a battu retraite à l'endroit où les fausses étapes et les impasses le conduisent.


C'est avec cette citation que l'on définit le méconnu trio autrichien Our Ceasing Voice, qui pousse avec son troisième album l'incandescence passion du gouffre dark et de la volupté angélique.

Depuis leur premier opus When The Headline Hit Home en 2011, le groupe jalonne à pas gourd une merveille musicale purificatoire, capable de délester le souffle court du poids de l'existence par une lumière secrète enivrante. Véritable diamant brut habité par une belle âme qui ne cache pas ses faiblesses That Day Last November leur second album avait ce désir capiteux en lui. Une force acérée par des atmosphères et des mélodies incantatoires de post-rock. Mais il manquait une épaisseur, une gravité certaine, avec Free Like Tonight tout prend acte et existence. C'est un accomplissement légitime après toutes les étapes de la musicalité du groupe, car il y a véritablement un souffle supérieur.

Leur post-rock est sépulcral et leur shoegaze ambiant est baroque, c'est à la fois émotionnel et mélancolique par les fréquences de beauté dark que ce rock fouette en une caresse de plume, et de cire chaude pour faire frémir en contraste avec des courants d'air glacial. Le chant crépusculaire du nouveau membre Dominik Dörfler ajoute une atmosphère de profondeur et d'affliction vraiment très sombre. C'est littéralement un atout majeur dans la nouvelle approche sensitive à la teinte noire du groupe.

Leurs chansons convoquent les passions dans des ruines, elles ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un cœur qui bat. On en jouit, on peut même en peindre la silhouette éclore du bout des songes. Ces chansons sont comme une rose en floraison dans notre fort intérieur buisson ardent. Il y a des épines partout tout autour et il est impossible d'en forcer l'éclosion. Malgré le fait d'en être absolument épris du regard, il faut en être contaminé corps et âme.

Ainsi lorsque la rose s'épanouira en vous, alors seulement vous pourrez la contempler, ressentir son pollen et finalement la connaître. Son doux venin est précieux, cette beauté pure ne doit pas être prise avec légèreté. Il y a une telle profondeur dans cette remontée des limbes qu'elle dévoile une vérité jusque là insondable. Ce n'est pas un décorum dark comme on a l'habitude de nous en vendre la pâte poussiéreuse.


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Ce disque hante par sa morsure dans les blessures assassines. On pourrait craindre la douleur de sa brûlure, il n'en est rien. C'est comme quand on touche brièvement la flamme d'une chandelle, nous ne ressentons aucune douleur. Ce n'est pas de la magie, les flammes jaunes dansent au dessus alors que le bleu du feu est la combustion, la partie la plus chaude de la flamme se trouve à la lisière entre ces deux zones. Our Ceasing Voice est la bougie éclairante, pas la flamme dans le mouroir de l'âme impure.

Écouter une musique élégiaque fait fleurir une sensation de tourment, de souffrance, d'affliction. Les personnes mélancoliques perçoivent dans ce retrait naturel un besoin automnal de faner, pour mieux se renouveler avec une vivacité printanière. Un cycle introspectif empreint de sobriété et de recueillement afin d'écouler le trop plein, se délester de l'accumulation de la souffrance, de l'anxiété, de toute cette incertitude.

Mon sang coule dans le feu de mon existence, mon cœur bat sans limite, mais si l'amour se consume pour ne plus devenir que cendre, alors la douleur sera en moi. Les larmes que l'on ne pleure pas chutent toutes en gouttelettes avec tristesse, elles viennent percer le cœur à vif et martèlent la pensée de toutes les larmes à verser. L'album est sombre et poétique, dramatique et remplit de même attachement du lierre sur les pierres, avec un sens raffiné des longueurs ouatées, d'une densité lugubre, d'atmosphères pénétrantes, atmosphériques, intimistes, de mélodies accrocheuses, où les braises crépitantes de l'enfer s'éteignent sous la pluie dépressive saturée de désespoir.

Ce disque plonge dans le même état comateux que le sublime Industrial Silence des nørvégiëns de Madrugada. Our Ceasing Voice érode, fait frémir dans ce cimetière à cœur ouvert la beauté mélancolique de son post-rock spleenétique.


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mercredi, octobre 25 2017

Upside Down 'Do I Still Miss You?'

Pendant l'ère des seventies libertaires Upside Down était un single interprété par Diana Ross et écrit par Nile Rodgers et Bernard Edwards du groupe Chic. Je ne sais pas si cette référence vous servira de préliminaire pour vous chauffer le pubis, mais sachez toutefois que les Madrilènes d'Upside Down ont sorti le 3 Octobre 2017 un tout nouveau single Do I Still Miss You ? , disponible aussi sur leur prochain album Scars Are Forever qui sortira le 8 Decembre sur Krod Records, label Toulousain de musique amplifiée qui fait avec le punk rock et pop punk ce que faisait Gainsbourg dans son Comic Strip, c'est à dire des SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !



lundi, octobre 23 2017

Encycløpédie Müsicåle, M comme...

....Michelle Torr : N'est absolument pas l'épouse d'une divinité de la mythologie nordique.


jeudi, octobre 19 2017

BODY COUNT – Bloodlust


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La machine est lancée et sa densité de pénétration sur les nouvelles générations risquent de provoquer une explosibilité indéniable.

Un monde qui bascule dans la ségrégation raciale, dans les inégalés des richesses, dans le clivage religieuse, le repli communautaire, il n'en fallait pas plus pour que le Bodycount se réveille et revienne de son sommeil, non pas comme une ombre, mais comme une réelle et fondatrice sédition unanime et frontale.

En 2014 le groupe lance pour son retour l'album Manslaughter, il excite et aiguise la révolte, Bloolust enfonce le clou 90's du riff métAl-HxCore d'Ernie-C motherfuckerrrrrrrrrr, et des lyrics déversant sa vindicte véritable avec la signature du grand Ice T en MC bastard. Le son est juste dopé comme un bodybuilder, la rythmique est un tonnerre tonitruant et menaçant, l'ensemble est une agression sonique pour une vendetta en bonne et due forme de Vigilante.

Désormais l'engrais fertile contemporain fertilise le champ de haine généralisée et prend racine, avec lui spoliation, aggravation, crispation, répulsion, consternation, perdition, agression... Cette matière première irascible apporte au groupe Body Count la matière première pour poser atmosphère insalubre et lourde de tension extrême comme des violences urbaines, un groOve manifeste, une accumulation de paroles agitatrices de colère et de mépris. Le justicier social Body Count est insoumis et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française et de sa propre construction, qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et les conditions de leur mise en œuvre. Tout comme le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, son Bloodlust est en une inspiration  : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Bien entendu il s'agit ici de musique, le Ice T est formaté à la société du spectacle, il sait comment distiller sa propagande mercantile. Entre Cette machine tue les fascistes la citation figurant sur la guitare de Woody Guthrie en 1941 et le spectacle qu'engendre les engagements politiques et humanitaires de Jean Bono de U2 à la TV (moins son retournement de veste spectaculaire quand son groupe a transféré aux Pays-Bas le siège de la société U2 Limited pour moins payer d'impôts en Irlande.) il y a tout un monde, une époque, et une vision différente. Où est la supercherie ? Qui est sincère (et pendant combien de temps) ?

La frontière est mince, illusoire, mais pour le cas de Body Count, la couleur de peau fait office de vérité, sa liberté de parole est fondamentale. On ne peut lui donner tord, tant elle tord le cou en filant des courbatures, surtout au...


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Pour cet opus, il y a une cover/medley « Raining In Blood / Post Mortem » de Slayer, histoire de rendre compte de l'historique de Bodycount, et de cette scission de leur spirit & sound entre Suicidal Tendencies – Public Enemy – Slayer.

Spécial Guest on n'est pas en reste avec le chant de Max Cavalera sur « Black Hoodie », Randy Blythe (Lamb Of God) sur « Walk With Me… » et un solo heavy de Dave Mustaine (Megadeth) pour Civil War.


dimanche, octobre 15 2017

Encycløpédie Müsicåle, C comme...


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...Captain Beefheart: Le précurseur de la Lo-Fi.




jeudi, octobre 12 2017

SLOWDIVE – Slowdive


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Le retour feutré du shoegaze de Slowdive fait partie des correspondances que l'on cajole.

La luminosité de leur musique s'ouvre telle l’Épervière frutiqueuse au tout début de l'aurore et en tout fin de journée crépusculaire avec l'Hipomée pourpre. Comme le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes, Slowdive réalise une prouesse identique avec nos émotions enfouies. Sa faculté musicale est empreint d'une délicatesse d'orfèvre, avec ce quatrième album le temps se dilate et referme avec lui , le doux parfum capiteux des réminiscences et celui de vivre le plein instant.

Slowdive c'était il y a longtemps, vingt deux ans en arrière, dans une autre vie maintenant. Ce groupe était un point lumineux dans la noirceur de l'inconnu. À la mode Shoegaze dans la première moitié des 90's, le jeune groupe est insouciant avec la tête plongée vers le sol, sans pomper l'air. Il jouait avec détachement des embruns soniques, émanation superbe et incandescente que la dream pop en fera fructifier le penchant acidulé en un temps suspendu. Puis le glas est survenu avec l'emblématique britpop et dissipa en un coup de vent médiatique les nuages shoegaziens pour la grisaille arrogante du royaume britannique.

Dans l'ère contemporaine Slowdive est une influence fertile, post-rock & blackgaze lui doivent leur co-existence. Depuis un appel d'air nostalgique qui empile le retour des Pixies, Blur, les Stone Roses, Ride, Lush, My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chains, en 2014 le groupe remet son art sur scène, puis apparaît cet album. Le band joue ses effluves mélodiques indolentes dans une torpeur ténébreuse, avec ce spleen émotif, pudique, dans une époque qui a toujours du mal à se détacher de sa dépression. On émiette chaque titre en s'enracinant à cet opus éponyme à chaque écoute. Le groupe y injecte une tristesse tranquille, et sa mélancolie écumeuse dépose sur chaque ressac émotionnel reçu une infinie quiétude.

Il y a une lumière incomparable sur cet album, celle d'une maturité que l'existence féconde avec lenteur. La brume sonique n'est plus ce parfait isolant thermique à nos anxiétés-souffrances que le groupe a édifié en un mur blanc shoegazien. C'est désormais une cachette onirique, où perle des puits de jour. Ce retour attendu délivre un engourdissement nécessaire à l'ébullition ardente que le monde presse dans sa dynamique clinquante de boule à facette. Si il te semble que c'est trop propre et fade, écoute sans rien attendre, alors le vide en toi se remplira de lumière.

Les amoureux de l'air libre apprécieront cette dépressurisation perpétuelle des anglais de Newcastle. Parce que leur cœur s’ouvre à cette voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant la bise blonde de l'aurore ! Slowdive est un bien-aimé qui sèche les pleurs, rassure la tendresse avec ses mélodies d’autrefois, et permet que l'on se verse dans sa coupe, pour voguer dans l’ivresse ! Sous sa brise légère le cœur frémit d'amour et de compassion. Le cœur s’ouvre à sa voix musicale comme s’ouvrent les fleurs pendant le baiser noir du crépuscule !

Slowdive revient et avec lui la douceur.


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dimanche, octobre 8 2017

OUTROSPECTION

On finissait à peine de rôtir d'un été caniculaire que le trouble automnal est arrivé cette année 2017 comme un coup de vent qui fait tournailler les feuilles dans sa farandole pessimiste.


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Ben ouaie c'est comme cela, on glisse dans ce mois pluvieux de Septembre où tout fourmille à nouveau, les préparatifs d'une nouvelle année scolaire et leur planification, et de tout un tas de truc pour préparer l'année en cours...P#tain que ça fout le cafard tout ce fatras, tout ce gris, alors que l'on a encore le bleu du ciel estival dans nos rêves de nuits chaudes.

C'était trop brusque en fait, c'est même difficile pour certain de s'acclimater à cette variation de température si soudaine. Les gorges sont prises, les nez coulent, ça fait la tronche, ça klaxonne, l'impatience et la frustration sont revenues. Les vacances sont déjà loin, noyées dans cette solution de flexibilité économique, de menaces terroristes, de compétitions sportives, et de tout ce chantage du nouvel ordre mondial, de toute cette inquiétude en un avenir morose, parfait pour exciter des terminaisons nerveuses en panique et ne faire fonctionner que le cerveau reptilien.

L'été les gens excités s'emmerdent à mourir, à la rentrée ils reviennent avec l'orgueilleuse appropriation de leur supériorité venimeuse pour harceler sur la conviction de leur réussite sociale. Comme si on en avait quelque chose à foutre.

On appelle cela le retour à la réalité après la parenthèse des congés.


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Dans la Ville de Castres un concert de punk rock est aussi rare qu'un concert de Hardcore, voire même d'un concert métAl, de stoner, de doom, de heavy, d'etc...Dans cette ville de province du sud le seul truc vraiment caractéristique c'est l'ennui qui prédomine. C'est un endroit où tu passes à côté de ta vie sans vraiment t'en rendre compte, mais comme un peu partout aussi si on y réfléchit bien.

Il s'est passé une scène dans les 80's avec des groupes de punk (Légitime Défonce, Les Malfrats, Kambrones...) et depuis cet acquis l'underground a croupi dans la désillusion de son passé. Il y a une salle subventionnée à la programmation hétéroclite mais chiante, comme partout. Cela fait des plombes que je vais sur Toulouse, pourtant dans l'ombre ça remue encore.

L'association la lune derrière la grange a proposé une soirée punk rock dans un bar où à l'adolescence j'allais sécher les cours du lycée professionnel. C'est étrange quand tu rentres dans ce genre d'endroit c'est pareil et différent. Le Bar Ô Mètre qui s’appelle maintenant, j'ai connu La Taverne, on y mangeait parfois aussi. J'étais accompagné de mon pote Junk, il avait son matériel pour figer l'instant avec des photos vraiment coOol. J'ai commandé un thé et lui un pastis, le barman était choqué comme disent les jneus.

Le président de la lune derrière la grange a dans la quarantaine, les yeux lourds de fatigue mais le regard désinvolte de celui qui a décidé d'agir plutôt que croupir. J'ai un immense respect pour ces gars de l'ombre, jamais avare à la tâche, soucieux de rêver dans l'accomplissement d'offrir à l'art sa plus belle offrande. Cela fait dix ans que cette troupe ferraille en tout sens pour faire partager, pour faire voyager. Des concerts, du théâtre, pour tout le monde, pour tous les goûts. L'éclectisme fait valeur de socle. Ce gars me fait penser à l'état d'esprit des Clash et à cette faculté de mélanger les genres pour une même lutte. Bravo et merci pour l'éclairage lunaire !


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Pendant que les enceintes du bar passe du Creedence Clearwater Revival, le boogy rock répand sa sauce americana et les vieux s'ébahissent en tapant du pied, la jeunesse picole, consulte son écran tactile, prise dans sa bulle hermétique et un semblant de relation sociale. On ne sait pas si elle s'en branle ou si c'est par timidité ? Les vieux du siècle dernier sont aussi seuls que cette jeunesse désinvolte, c'est spécial les relations sociales aujourd'hui, les codes se font par écran interposé, j'y pige rien, et en plus, j'en ai rien à foutre. Le cousin de Junk arrive et remet de l'anis dans sa gorge, Chris est un nouveau tatoueur dans la ville, le gars trimballe un physique de nounours et une trogne sympathique. Puis on est rejoint par Vincent, punker, sXe, végétalien, qui a commencé à pousser la fonte en Avril dernier pour épaissir un physique longiligne. Depuis les résultats sont là, la confiance aussi, le corps et l'esprit fonctionnent ensemble.

C'est le groupe MR GODSON qui commence à brancher les guitares pour un punk rock bipolaire. C'est vrai que l'humeur de leurs compositions est changeante, entre The Bushmen comme eux de Limoges et le punk de Circle Jerks et Dead K, tu vois ce mood distordu des 80's, assez rêche, raw, qui part dans les voies de garage, les ruelles mal famées. Le son est bizarre, les guitares faiblardes, le public participent, surtout Alex. Ça se trémousse gentiment mais sans plus. Godson claque sa zique, contourne, oblique, dérive, disperse, biaise, frictionne plusieurs entités punk. Des jeunes militaires jouent au billard dans un autre coin du bar un peu à l'écart. Avant il y avait des tables à cet endroit et un flipper, je me souviens qu'une fois dans ce bar pendant que je réglais mon repas, un groupe de fille attendait de faire de même et l'une d'elle avait une beauté qui m'a coupé le souffle. Je suis resté littéralement bouche bée, le temps s'était suspendu tout net dans ma tête, mais je ne pourrais dire combien de temps ? Ouaie c'était une beauté fatale, une belle gifle, cela je l'ai vécu une autre fois en Corse avec une italienne, je travaillais pour gagner 4 ronds dans une pizzeria pendant la saison estivale dans un camping. J'étais dans le speed du service et elle a débarqué devant moi en baragouinant un truc, j'ai rien compris, elle a continué calmement à me parler, mais je n'entendais plus rien, la sensualité de ses lèvres et ses yeux me faisaient chavirer le cœur. Puis le patron est arrivé en rigolant devant ma stupéfaction béate. Le lendemain après-midi, elle est venue avec une copine me commander une glace, un magnum à la vanille qu'elle a sucé lentement en me fixant, et je ne l'ai plus jamais revue, mais je m'en souviens encore.

Parfois il y a des instants de beauté qui te figent, c'est que tu vis/ressens l'instant présent comme nul autre. Avec le temps, la maturité on prend conscience de l'importance du moment présent, et plus que tout.

Un des guitariste de Mr Godson ressemble à Romain Boule, mais en plus jeune, et il a parfois un peu le même humour. Non pas de merde, qui a dit ça ?

Le groupe cadence son set par une amplitude sinusoïdale, mais il manque un truc. Un des bidasses vient parfois s'agiter devant la scène par saccade, les autres ne mouftent pas de leur partie de billard. Lui il vient hyper à l'aise et affiche tout le temps un large sourire, et se trémousse, puis repart. Le groupe fait son set. Il finit avec une cover d'Agnostic Front parce qu'il nous avait proposé ça et un titre de Fugazi, et qu'un gars a gueulé plus fort pour le choix des new-yorkais. Je ne sais pas si on est 50 dans ce foutu bar ? Je dirais que l'on a eu du mal a rentré dans leur univers, pas que ce soit hermétique, plutôt élastique et rêche à la fois. Comme il manquait un truc le set est passé rapidement avec cette impression de frustration.


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On papote vite fait entre nous, puis peu après c'est BEN & FIST.

Le trio prend la scène et de part sa mélancolie punk ce band à du Vulgaires Machins dans son pessimisme, du Charly Fiasco pour la déconne, et pour la filiation aussi certainement.

Dès que j'ai entendu ce groupe j'ai su qu'il allait m’accompagner, j'ai aimé à la première seconde ce détachement, cette mélancolie furibarde, cette insurrection velléitaire, et très certainement ce mélange de clairvoyance et de désespoir. Cette essence qui donne une vérité pour foutre le feu à l'intérieur.

Même si la guitare est sous-mixée, le groupe met la gomme et ça le fait. Les compositions sont bonnes, le rendu scénique est conforme au tournis du disque, c'est coOol ! À un moment le chanteur bassiste demande si l'on a des Vélibs à Castres, un gars du comptoir lui répond par la négative en rétorquant qu'ici on est des paysans. Enfin il y a le tout à l'égout quand même merde...

Deux hommes de la cinquantaine et une femme quadragénaire débarquent éméchés dans le rade. La nana se secoue le cul pour humecter le regard vicelard d'un des gars. Le groupe poursuit son set mais se regarde d'un air interloqué sur le manège en cours. La nana n'hésite pas à se frotter contre le chanteur, à occuper l'espace scénique. Elle reproduira la séquence éperdument. C'est dingue comme certaine personne arrive à s’approprier un espace afin de faire remarquer leur mal-être existentiel. Je ne peux pas dire si c'est navrant ou si c'est agaçant ? Ce que je suis certain c'est que l'alcool noie l'inhibition et dévoile la caricature parfaite de ce que la personne ressent, souhaite témoigner, mais dans la confusion, et souvent dans le ridicule. Ben & Fist continue à nous propulser son tourment punk rockien, nous on est venu exprès pour ça, Junk prend des photos un peu partout le poing levé en reprenant les refrains. TroOop dingue, j'adore ce gars, il est unique, pétri de talent, c'est un punker passionné (oxymore = 2 points) que la vie grignote de l'intérieur alors il extériorise le reflux. Il est là à prendre des photos, capter des vidéos, faire entendre l'underground pendant que Ben & Fist assure un max et casse la baraque !


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Dans le bar c'est la brume d'un lundi matin à Rouen. Les fumeurs ont trouvé la parade, ils vapotent désormais du E-liquide, du coup ça pue des arômes chimiques de pistache au goudron, de vanille à l’ammoniaque et de canard WC tout à la fois. Ils vapoteraient par le cul que l'odeur serait la même. On peut même pas les frapper de nous empester, de nous empoisonner avec leur merde, ils porteraient plainte les cons. Le génie de l'homme moderne c'est de savoir enculer son prochain, qu'importe la façon ou la manière, le but c'est d'être le premier à faire chier.

Hey un autre truc que j'ai pas encore parler de Ben & Fist c'est le chouia d’autocritique cynique parfois dans les lyrics, c'est trois fois rien, c'est surtout pas assez caustique pour être corrosif, c'est toujours sans rancœur, sans mépris, et tout juste avec ce qu'il faut pour être touchant. Le groupe manie cela avec simplicité, la musique suit cette introspection solaire comme une ombre, on en sent la douceur, la force, la mélancolie, c'est touchant parce que c'est vrai, sans parade, sans emphase, sans filtre, c'est simple parce que c'est fidèle à des punkers lunaires, pour qui le détachement est salutaire.


La vidéo est de Junk !!


Le trio balance sa sauce punk et la mayo prend. Elle s’exprime et sa remue dans tous les sens. Pour le titre Ultrafestifs il y a même eu une chenille réalisée par le public, ouaie comme dans un concert d'Ultra Vomit. Le set est à l’instinct et ça fouette l’intérieur, ça secoue avec allégresse. C'est un joyeux foutoir bordélique, même si ça mord, même si c’est explosif, ça tapote, ça tripote dans tous les sens. C’est un concert de punk rock qui révèle le feu du sang.

Le punk est un crétin déprimé qui a compris que jamais il ne pourra tricher. Sa pureté est risible dans un monde ridicule et hostile. Sa tendresse est une provocation, sa colère est son excitant. Il y en a qui ne voit la bouteille qu'à moitié pleine, d'autre à moitié vide, certain qui picole tout pour ne rien voir. Nous sommes des passagers d'un univers que nous construisons mentalement, nous sommes des solitaires que la nuit éparpillent et que la vie sublime. Ben & Fist a joué dans un rade à Castres, ville du vide ordinaire mondial, c'était sincère, direct et sans fioriture.

Dans le mélange d'un anniversaire, de désir de rencontre, de soif de tuer l'ennui, d'oublier les soucis, d'être bordeline, détaché, incompris, c'était génial d'entendre ce joyeux bordel mélancolique, cette pétarade de feux de Bengale émotionnelle crépitant dans ce mois de Septembre maussade.


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Merci à Mr Godson, Ben & Fist, le bar ô mètre, à La Lune Derrière La Grange, à Vincent, à Junk d'être ce qu'ils sont.


La vidéo est de Junk !!



mercredi, octobre 4 2017

MESSA – Belfry


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Messa est un groupe de doom Italien qui aurait pu passer inaperçu mais avec un tel souffle musical, il regorge de pépites que le doÖom affectionne dans les antiques sépultures enivrantes.

Dès l'introduction tout devient limpide, on baigne dans les profondeurs de la perversité sonore d'Electric Wizard. Puis le second titre Babalon s'ouvre à la charnelle douceur sombre d'un doom capiteux. L'opus dans son ensemble plonge dans ce venin, alternant morceau introductif et titre irrésistible.

Les compositions possèdent une épaisseur et une profondeur de grande précision. Messa pousse la virtuosité de son envoûtement par le contraste qu'il impose entre sérénité et fougue. Si le procédé existe et fonctionne depuis la nuit des temps, il faut une dose de magie pour qu'il devienne poésie, fantasme, et celui-ci est parfait pour propulser son doom dans les ténèbres.

Le rythme est lent, la basse lourde, la chanteuse libère le poison sensuel qui apporte la chaleur bestiale aux riffs afin de se mouvoir dans les ténèbres. Messa se rapproche de groupe comme Jex Thoth, Jess & The Ancient Ones, Alunah, Christian Mistress et de ce vieux démon heavy. En ce sens il consent à traduire un son vintage, une densité révolue et le charme que l'on confie au présage quand les cieux se chargent d'obscurité et grondent en faisant crépiter la nature sauvage.

Belfry est un disque crépitant du feu et qui lave par purification !


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samedi, septembre 30 2017

Encycløpédie Müsicåle, B comme...

...Bruce Springsteen : Renaud d'Amérique.




mardi, septembre 26 2017

BLOODCLOT – Up In The Arms


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La profondeur sonique d'un Danzig, le rawk'n'roll de Motörhead, la vélocité hargneuse de Minor Threat, du NYHC de Bad Brains et du crossover Cro-mags, ouaie c'est tout cela à la fois la nouvelle mouture Bloodclot.

Après l'embrouille au sein de Cro-mags, Jon Joseph refonde son premier band Bloodclot avec des membres de Biohazard, Merauder et Pro Pain, pour un album intitulé Burn Babylon Burn et très clairement typé HxC métal. Voici la suite expurgée de tout surplus gros cube, pour une lésion HxC 80's, munit d'une énergie virale, d'un vrombissement rock'n'roll et d'un héritage manifeste.

«  Up In The Arms » est l'album d'une bande de vétéran, avec John Joseph (Cro-Mags, Worlds Apart), le guitariste Todd Youth (Murphy's Law, Danzig, Warzone, Ace Frehley), l'ossature rythmique est maintenue par le contrefort du batteur Joey Castillo (Queens of the Stone Age, Wasted Youth), et du bassiste Nick Oliveri (Queens of the Stone Age, BL'AST!). Maousse costaud l'équipée sauvage de bastards nan ?

La dream team est efficace, elle soulève la fonte HxC et ne peine jamais à la tâche. Jon Joseph saupoudre ses lyrics d'évocations Krishnacore et tanträ-sXe, ainsi que d'une veine protestataire avec un tremolo vocal digne du sieur Jello Biafra. Les titres sont accrocheurs, le groupe y délivre un véritable punch, avec crochet et uppercut, l'énergie est là, c'est punk, ça va droit à l'essentiel et en 30mn c'est torché.

L'efficacité d'expression HxC promulgue une vigueur incontestable à l'ensemble. Le registre est brut et sans fioriture. Cette robustesse de vieux briscards en pleine possession de leur moyen contusionne une liberté de ton et de franchise, qui tient lieu de détonateur et de déflagration puissante.

La base de ce nouveau départ est une prise de position sur la situation du monde et de son injustice exponentielle, suivi par une vivacité d'engagement par la sentence suivante : Ne fais pas ta salope, change-le !

Bloodclot est un élément de revanche, Up In The Arms est son catalyseur et déjà un album culte.


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Alors vous voulez le changer ce putain de monde oui ou merde ?


dimanche, septembre 24 2017

DENIGRE – DéniGre


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Dénigré : Attaquer la réputation de quelqu'un, chercher à le rabaisser ; discréditer, décrier quelque chose, parler avec malveillance de quelque chose ou de quelqu'un ; calomnier : Dénigrer ses concurrents.

Dans le règne de Macron 1er le temps de cerveau disponible est saturé de propagande néolibérale, avec pour sujets principaux la concurrence et la compétitivité entrepreneuriale, le capital de la force de travail, le chevauchement des temps de vie et de travail, etc... Il n'en fallait pas plus à un groupe de Lyonnais pour créer une nouvelle force de rationalité entrepreneuriale. Ainsi DéniGre est né d'un speed-dating asocial entre Kris (Opium du Peuple, Ta Gueule), d'Aksel (Le Réparateur) et KiK (Tasmaniac).

Créer un groupe musical et attaquer de la sorte avec malveillance n'est pas anodin. La violence reçue, subie, ressortira obligatoirement sous quelque forme que ce soit chez un humain. Bien souvent l'art sert de catharsis, et l'on en trouve l'explosibilité dans le punK. Ce qui rejoint le cas de DeniGré, dont la violence est expulsée avec une féconde outrecuidance.

De son tropisme marginal le trio en a fait son pavé qu'il jette à la gueule du troupeau prompt à la servitude volontaire, à l’hégémonie d'un système apocalyptique, et à toutes ces sortes de maux qui contusionnent blessures profondes, balafres et une profusion de douleur à vie. Les textes sont très bien écrits, exubérant de justesse par un vocabulaire riche et précis, dont la poésie remplie de cynisme, de sarcasme, de désespoir et de noirceur, exhorte à la pensée avec son appel libertaire et anarchiste.

L'on peut avancer que DeniGré est un enragé dégagé, mais pas désengagé. Il sature l'espace sonique d'une folie contestataire en dix compositions. Il fait avec le punk ce que Proudhon a proclamé sur la pensée bourgeoise.

Irascible comme le screamo, hargneux comme le punk, sale comme un épais rock grunge, la bile est au niveau du gosier. La scission sonore de ce groupe jusqu’au-boutiste (qui va jusqu'au bout de ses idées sans s'occuper des conséquences) est l'antithèse de l'uniformisation marchande du monde. Ainsi ubériser sa musique pour la lustrer d'un polish poppy cela semble antinomique avec la pertinence du groupe et de la dysharmonie de son rock acerbe, surtout quand celui-ci croise les effluves soniques pour répandre le lisier de sa misanthropie avec malice. Par conséquent ce groupe vomit sous une peau de hérisson.

Musicalement ce n'est pas une épaisseur de couille supplémentaire par rapport au groupe Ta Gueule, mais une couche de noirceur, bilieuse et pessimiste, ouvertement compatible avec les lyrics sarcastiques du susmentionné Ta Gueule, mais en plus sombre.

DéniGre est une entité musicale destructrice qui vous force à réfléchir, ce qui est très ennuyeux dans une époque où l'on réduit le langage pour restreindre la pensée afin d'y introduire une novlangue pernicieuse, destinée elle même à rendre vraisemblable les mensonges, et à donner de l'apparence et de la solidité à ce qui n'est que vent.

Donc forcément DéniGre n'est pas un groupe de pop prompt à vendre du shampoing extra doux au lait d’ânesse, ce n'est pas son action. Il ne détourne pas l'attention, il l'a libère de l'oppression avec des messages subliminaux.


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