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mardi, janvier 29 2019

STORMHAVEN ITW

Ce groupe de prog death rock m'a foutu une vrai mandale avec son dernier opus ''Liquid Imagery'', il sera en concert à Toulouse le 23/02 à l'usine à musique pour interpréter l'album dans son intégralité. C'est Zach, guitariste-chanteur-compositeur qui répond à l'ITW.


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Pouvez-vous présenter le groupe, sa création en 2010, sur quelle base musicale ? Quelles sont vos envies alors ? Quel souhait aujourd'hui ? Comment apporter un regard neuf ? Se renouveler à chaque album ?

J'ai créé Stormhaven en finissant mes études en musicologie en 2010 à Toulouse. Pendant 3 ans, Régis et moi avons travaillé pour notre diplôme en jazz et, une fois cette étape passée, nous étions prêt à nous lancer dans un projet sérieux. Une fois que j'avais quelques riffs en stock, j'ai contacté un batteur (Alban) et un bassiste (Jo) qui étaient à la recherche d'un groupe.   Au début on ne savait pas exactement ce qu'on voulait. Sûrement quelque chose d'un peu technique, avec des gros riffs et des bonnes parties au clavier. Mon idéal aurait été d'avoir un chanteur/frontman type «Russell Allen» car, à l'époque, ni Régis ni moi pensions endosser ce rôle, on ne pensait pas inclure du chant guttural dans le projet.

Après quelques auditions décevantes nous avons décidé d'arrêter les recherches là et de voir ce que l'on pouvait faire nous-mêmes. Aucun de nous deux n'avait vraiment l'âme ou la personnalité du vrai frontman donc nous avons décidé de faire le job à deux, ce qui rendait la tâche bien plus atteignable.

Huit ans après la création du groupe, on est toujours en train d'écrire ,de jouer de la musique, de déconner ensemble en répète, c'est ce qu'on adore faire ! Nous sommes toujours à recherche d'endroit où nous pouvons jouer notre musique.  

Le premier EP ''Mystical Journey" date de 2014 puis l'album "Exodus" en 2016 que vous avez considéré comme le fondement de votre identité musicale pour les années à venir. Comment la définissez-vous ? (La connotation Death metal progressif semble très réductrice si l'on voulait définir votre musique). De par vos multiples influences (je suppose), mais pour épurer, Symphony X et Opeth sont est une grande influence dans votre musicalité ? Il y a du Gojira à l'intérieur de votre ADN  ?

Oui Exodus était pour nous un nouveau départ. Nous avions dû nous séparer de notre batteur (Alban) avant l'enregistrement car le niveau technique était trop élevé. C'est après quelques mois de recherches que l'on a trouvé Quentin qui ne tarda pas à enregistrer les parties sans problème. Depuis ce moment là, le line up n'a pas changé et j'espère garder l'équipe le plus longtemps possible car chacun apporte quelque chose d'unique au projet.

Pour ce qui est des influences on peut citer Symphony X, Opeth et Enslaved comme étant nos «piliers» d'inspiration. Gojira est évidemment quelque part dans notre ADN mais n'a pas une place centrale.


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Mais vous devez une grosse partie de vos fondations à Deep Purple, Cream, Hendrix et Iron Maiden ?

Oui, ce qui fédère l'équipe va être Maiden !!  On est tous fan dans le groupe. Si on a de la route à faire ou du temps à perdre avant de jouer on va se tourner vers une bonne playlist Maiden pour se motiver.   

Pendant mon adolescence j'ai écouté de nombreuses fois des lives de Deep Purple. J'ai dû acheter le fameux "Live in Japan" plusieurs fois car je le manipulais trop ! Un ami à l'époque m'avait dit que Hendrix jouait 8h de guitare par jour ! Je ne savais pas que c'était possible, j'ai admiré cette légende pour ça.  

Pour nourrir sa musique il est nécessaire de butiner le pollen d'autres groupes, d'autres musicalités ?

Evidemment ! Notre groupe est catégorisé "Death Metal Progressif" mais c'est malgré nous. On adore tellement de styles de Metal différents : le Death, le Black, le Prog (of course !), le Thrash, etc; d'autres styles aussi : Folk, Blues, rock, etc. Nous avons du mal à nous cantonner à un style d'écriture et je pense que ça ressort dans notre musique.

Est il possible pour un progressiste du metal de ne pas parler de Dream Theater et de Steven Wilson en 2018 pour définir un metal progressif complexe, profond, captivant, brillant ?

Nous avons tous écouté Dream Theater à un moment donné, les structures complexes de ce genre de groupe ont forcément forgé nos goûts, nos oreilles… Il est évident qu’un grand batteur de prog comme Portnoy a fasciné et influencé Quentin par exemple. On préfère tout de même les débuts de DT.

Steven Wilson, personnellement je l’ai découvert bien plus tard, Porcupine Tree était un peu passé à la trappe malgré moi. Mais mieux vaut tard que jamais! Je suis d’ailleurs allé voir Steven Wilson au Bikini cette semaine et le concert était grandiose et inspirant.


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Peux-tu présenter les différents membres de Stormhaven et leur passé musical ?  

(Je sais par ailleurs que tu es franco-américain, et que tu as commencé à apprendre la guitare par le blues, d’ailleurs pendant un temps dans Blue Meadows, groupe de power blues avec Quentin batteur de Stormhaven depuis 2016, dont le troisième album "Drinkin' Cheap Whiskey" est sorti en 2017.

Zack et Régis (chant/clavier/) vous vous êtes rencontrés à la fac de musique. Quelle Fac ? Qu'est ce que vous gardez de cette formation/éducation ? Est ce qu'il y a justement chez Stormhaven des éléments musicaux provenant d'autres styles que le metal/blues/folk ? (et que vous avez étudié à la fac de musique)

Régis et moi nous sommes rencontrés à la fac de musicologie Toulouse Jean Jaures où nous avons obtenus notre licence Jazz. Cela nous a appris à comprendre les structures complexes de la musique et nos donner de bonnes bases pour comprendre et composer de la musique. La musique Jazz même n’est néanmoins pas trop notre truc.

Moi j’ai également fait le conservatoire de solfège classique.

Jo n’a pris que quelques cours de basse, la passion est essentiellement son moteur. Quentin lui a fait une école privée de musique actuelle, là où j’enseigne depuis 8 ans.

Musicalement en plus du metal, du jazz et du blues il n’y a pas d’autres styles bien particuliers que nous pourrions citer précisément, les influences sont tellement diverses, on ne se pose pas vraiment cette question quand nous composons.

Vous avez la spécificité depuis « Exodus » de créer des concepts albums. D'où vous vient cette envie (cet égarement pour les non-progressistes) ?  

L'idée même d'Exodus m'est venue lorsque j'ai découvert "Crimson" de Edge Of Sanity. C'est une histoire fictive parlant d'un futur sombre et sur l'album il n'y a qu'une piste de 40 minutes. Encore une fois j'ai découvert une manière nouvelle de raconter une histoire que je ne pensais pas possible, et je trouvais ça génial. Pour entendre les riffs de fin tu es obligé d'écouter depuis le début. Avec Exodus, les autres membres du groupe ont réussi à me persuader de découper le morceau en plusieurs pistes par facilité d'écoute et de jeu live mais l'idée reste la même: il faut raconter une histoire.


  On va parler de votre nouvel album. Comment s'est passée la création ? l'enregistrement de « Liquid Imagery » ? Avec qui et où ? Êtes vous satisfaits ?  

La prochaine étape pour moi a été la découverte de "Visions" de Haken. Encore une fois un album concept où la musicalité et l'histoire se suivent à la perfection. L'un se nourrit de l'autre tout le long. Dans l'écriture de "Liquid Imagery" je voulais tout simplement produire quelque chose de similaire. Exodus a été pour moi aussi la première fois que j'enregistrais les guitares seul chez moi. Cette fois-ci j'avais un peu plus d'expérience donc j'ai su un peu mieux m'organiser. Tout d'abord nous avons enregistré les parties batterie à Dismalsound Studios.Tout les reste a été fait chez moi. Nous sommes retournés au studio pour faire le mix donc quelques mois après seulement. Le mastering a été fait par George Bokos de Grindhouse Studios à Athènes. Au final, nous sommes extrêmement fiers du résultat.


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C'est un album concept, sur les derniers instants d'un homme sur un bateau perdu en mer et qui va affronter une tempête. On pense à la nouvelle d'Ernest Hemingway « Le Vieil Homme et la Mer » et de l’homme seul face à la grandeur et la puissance de la nature, et de la condition de l’homme. Que pouvez vous en dire ? Pourquoi raconter cette histoire ?

L’histoire m’est venue au fil de l’écriture, je n’ai absolument pas cherché l’inspiration dans un livre. C’est un peu difficile d’expliquer clairement comment m’est venu ce thème. Je compose un peu à l’instinct, c’est plus en réécoutant plusieurs fois mes compos que j’arrive à me projeter quelque part et ensuite réellement construire une histoire, et bien évidemment écrire les paroles.

  Les morceaux sont moins longs que le précédent. Pourquoi ?

Avec un peu plus d’expérience j’arrive plus facilement à découper des chapitres. J’essaye aussi de me mettre à la place de l’auditeur sinon je pourrais écrire des morceaux de 15 ou 20 minutes à chaque fois, haha. C’est tout de même bien de pouvoir jouer différents morceaux et albums en live, surtout quand on a 45 minutes de set par exemple.  

Il y a du mouvement dans vos structures, les climats changent aussi, pourtant vous avez aéré tout cela comme un appel d'air. Cela me paraît crucial chez vous que votre musique ne croule pas sous le poids d'une indigestion. Pourtant vous n'avez pas l'air de vous restreindre en terme de créativité, vous étoffez sans cesse mais sans jamais asphyxier. Il y a un super dosage Stormhaven ?

Uhm...MERCI ! Quand on crée, on se projette et on espère que les auditeurs vont pouvoir se plonger facilement et intensément dans l’histoire. On fait du mieux qu’on peut en tout cas et, si la magie opère alors on est heureux.

Vous arrivez à plonger l'auditeur dans cette histoire avec une part très sombre, tout en apportant d'autres couleurs à cette noirceur, mais sans mélancolie. (Enfin pour moi du moins). A cet effet je voulais avoir votre opinion sur la façon d'apporter d'autres couleurs, est ce pour donner de l'espoir à cet homme ? Pour montrer sa lutte pour survivre ? Est ce que cette mise en abîme est une façon pour vous de donner de la voix à votre existence musicale ?

Pour moi, Stormhaven est le fait d’exploiter tout un tas d’univers musicaux, divers styles et utiliser plein d’outils. Même si une histoire se termine mal, cela ne veut pas dire qu’il faut se plonger dans une noirceur absolue, sinon on aurait peut-être fait du post black haha.

Dans Liquid, l’histoire racontée est une lutte pour survivre, il y a d’un côté une profonde envie de vivre qui est une pensée plutôt positive. D’un autre côté la fin étant inévitable, le protagoniste le sait dès le début, la fin peut donc être perçue comme une délivrance.


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Il y a de superbes solos sur ce nouvel album. Comment vous composez/construisez vos solos ? C'est inné ? Vous suivez une gamme spécifique ?

Les solos pour cet album ont été composés pendant l’enregistrement, je n’aime pas écrire des solos car je n’aime pas faire tout le temps les mêmes. Là encore c’est un peu à l’instinct selon l’humeur et le morceau.  

Vos structures progressistes sont à la fois tortueuses et délicates. Cette forme de dualité est un partie pris ? (Dualité que l'on retrouve dans le chant). Pouvez-vous l'expliquer ?

Parfois l’histoire se répète et parfois non, parfois le temps semble s’accélérer, d’autres fois être figé. L’histoire est tout en progression, la musique aussi je suppose.  

Pour le mixage et l’équilibre des compositions, quel(s) choix avez-vous fait -  ou/et concédé ?

Nous avons essayé de trouver un équilibre entre les différents instruments, ce qui n’est pas évidement. La guitare et le clavier doivent ressortir un poil plus afin de poser les ambiances. Quand on mix on écoute tellement de fois les morceaux qu’on n’est pas sûrs à 100% d’atteindre l’équilibre parfait mais on y passe énormément de temps pour que le rendu soit le mieux possible. C’est un travail d’écoute, de patience et bien entendu d’équipe, en tout cas chez Stormhaven.


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Comme vous êtes basé sur Toulouse, êtes-vous allés à la première édition du festival de Metal progressif « Very Prog Festival » le 12 et 13/10/2018 ? Si oui quel est votre meilleur concert ?

Le fait d’avoir vu des icônes telles que Portnoy, Sheehan...ça reste un moment inoubliable, l’ambiance était super pendant le concert de Sons of Apollo. Le concert de Caligula’s Horse était magique aussi.

Pour 2019 le festival se nommera Ready For Prog, vous y jouerez ?

A priori non, mais on ne lâche pas l’affaire !

Pas trop loin non plus de la ville Rose, est ce que vous connaissez le festival Rock In Opposition ? L'Xtremefest ?

Rock In Opposition ça ne me parle pas et l’Xtreme Fest oui, Quentin y a joué avec son autre groupe, Tempt Fate et nous sommes souvent festivaliers.

Je voudrais votre regard en tant que musicien progressiste sur le drone Metal dont les structures bougent à peine mais qui partage entre autre avec le metal progressiste la volumineuse durée d'un titre sans structure classique (couplet/pont/refrain) ?

Je ne connais pas assez le Drone pour t’en parler.

Quel futur pour Stormhaven ? ( C'est l'instant promotionnel)

Stormhaven sur les planches en compagnie d’Opeth ?!

Mais sinon, faire plaisir aux gens et continuer à nous faire plaisir en faisant évoluer le projet du mieux qu’on peut.

Je te remercie pour le temps que tu m'as accordé.

Un grand merci à toi.


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dimanche, janvier 27 2019

STORMHAVEN - Liquid Imagery


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Stormhaven est un quatuor de Death Prog ( et c'est très réducteur de dire cela ) formé en 2010 à Toulouse, avec trois albums au compteur, en 2014 « Mystical Journey », le magnifique « Exodus » en 2017 puis ce somptueux « Liquid imagery » en 2019 qui a été mixé par Dismalsound (Tempt Fate, Riff Tannen, Heir) et les master au Grindhouse Studios Athens ( Rotting Christ, Nightfall, Wolfheart), l'artwork est d'Above Chaos (Entropia Invictus, Melechesh, Susperia). Le son est de haute fidélité et restitue toute la noblesse de l'art de Stormhaven, alliant puissance et équilibre.

Liquid Imagery est un album concept qui narre les derniers instants d'un homme à bord d'un bateau perdu en mer et sur le point d'affronter une tempête. Faut-il y voir une corrélation avec « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway ? Ce qui est certain c'est qu'il n'y a rien de linéaire tant l'oscillation est constante. Il y a contrepoids très juste, tout est somptueusement soupesé, cela file comme de la liqueur, que ce soit de technicité, de contraste progressiste, d'émotions musicale, la variation de violence sonique et passage acoustique, de la pléthore d'atmosphères, tout est symbiose.

Avec Opeth comme Graal de création, on baigne dans un death métal prog où les claviers harmonieux se mélangent à une teneur mélancolique sur des bouleversements inaugurant une forte amplitude de sensibilité, jusqu'à basculer dans une magnitude d'évolution où le trouble d'éléments mélodiques progressifs et extrêmes s'unissent dans un tourbillon narratif passionnant.

C'est une très large palette sonique pour une diversité instrumentale captivante. La saveur de cet opus se savoure tant elle brille d'un travail d'orfèvrerie minutieuse. Ce développement musical est bien dense avec l’épaisseur d'une maturité de composition très aboutie.


Enveloppé dans la souffrance, solitaire dans la mort, l'homme est condamné par sa condition même à faire face aux vicissitudes. Il trouvera l'exaltation dans la navigation de ce Liquid imagery en jetant du lest pour se laisser porter au vent !




vendredi, janvier 25 2019

BLACK TUSK – T.C.B.T


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Depuis 2005 à Savannah, Georgia U.S.A, berceau du sludge 2.0 avec Baroness, Kylesa, Black Tusk a ravagé avec un soudage de punk Sludgy foutrement érectile sur plusieurs albums. Seulement le trio a perdu en 2014 son bassiste fondateur Jonathan Athon, et a choisi de poursuivre/recommencer avec Corey Barhorst (ex-Kylesa). Il présente ce nouvel album, avec l'apport de Chris "Scary" Adams en second guitariste sur la base d'un quatuor pour les concerts.

Il y avait une alchimie rare avec le trio, sur disque c'était flagrant mais en concert c'était carrément électrique, démentiel. J'ai acheté ce disque les yeux fermés, garant du passé, en soutien avec leur identité sonique, et toute la vigueur que j'ai emmagasiné grâce au trio en concert.

Cet opus susnommé T.C.B.T pour « Taking Care of Black Tusk, on retrouve dedans tous les fondamentaux, l'altérité graisseuse, la pugnacité punk, et cette énergie vitale, mais avec une intensité réduite, et même un manque d'audace. Black Tusk réitère sa formule Swamp Metal avec l'apport supplémentaire d'orienter sa musique avec plus d’épaisseur, notamment avec des parties claviers, mais finalement cela dessert la cause, leur identité. Je trouve que cela n'apporte pas plus, même au niveau des atmosphères. Le son est bien gras, cradingue, la rondeur des compositions baigne dans la suppuration tenace du son. Par contre il manque ce mood stoner hi energy avec l'avalanche de plomb sludgy.

Peut-être que le groupe voulait passer à autre chose, d’apporter un renouveau dans sa violence musicale, tout en essayant de garder dans son ossature sa spécificité. Mais si auparavant le squelette était suffisant et essentiel pour que l’énergie vibratoire circule comme un volcan en érection, aujourd'hui le gras se détend.

Après il faut quand même retenir pour ce disque que le groupe brûle des lipides, il y a des giclées de purée sonique bien dense, la couche de graisse est pâteuse, il y a autant de violence horrifique que de haine tenace et ceci sur la plupart des titres.

Le plus étrange c'est que plus j'écoute ce disque et davantage il se teinte d'une lumière obscure, avec une nette tendance d'acier trempé, de lave incandescente. Il y a du Dead K dans le maelstrom dégoulinant de sludge et du hardcore speedé à Exciter dedans en morceau. Le truc le plus cool c’est que les gars se partagent le chant et c'est orageux, flamboyant, turbulent, rugissant.

Je t'ai dit que c'était moins puissant que les précédents ? Oublie, c'est un nouveau parpaing dans la tronche, ouaie, ouaie direct, cherche pas tu pisses déjà du tarin gamin parce que ce disque balance !


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lundi, janvier 21 2019

ACE FREHLEY - Spaceman


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Le Spaceman réitère depuis 1978 une formule rock qu’il avait façonnée depuis ses débuts avec Kiss. Si l’originalité n’est pas de mise, la qualité et la vigueur d’Ace imposent l’intégrité de son statut d’étoile rock’n’roll.

Ça sent la poussière des seventies, c’est ringard, ce qui ne signifie nullement que ce soit mauvais. Il s’avère évident qu’en 2018 la musique du Spaceman est spatio-temporelle et spécifique à une époque.

Il joue sur la nostalgie à fond, Il déride avec les vieux briscards dans l’ombre tutélaire de ses heures de gloire, sur le fondement de sa signature, sur son ego de star déchu, sur le real rock’n’roll. Il joue à fond, ne triche pas, et c’est ce qui continue à faire vivre le mythe. Il y a un son de guitare Ace Frehley, un sens du riff, de la mélodie hard rock, des solos, un chant. Il n’y a qu’un Spaceman, et il n’y en aura qu’un sur Terre.

Il est impossible de parler d’Ace sans évoquer Kiss, surtout que le démon de Gene Simmons a collaboré sur ce disque avec deux titres, et que l’annonce d’une tournée finale de kiss serait propice à une dernière réunion hommage des membres historiques…Bref, les planètes pourraient s’aligner pour l’apothéose finale.

Cet album dignement intitulé « Spaceman » n’est pas le chant du cygne intergalactique d’un rock’n’roller, puisque les solos étoilés crépitent dans la stratosphérique galaxie du Spaceman, que les riffs moulinent la réminiscence d’une discographie rock saturée d’électricité new-yorkaise. Il y a même pour les plus érudits une cover d’Eddie Money de 1986, « I Wanna Go Back » qui est classique à la comète Frehley, tout comme une production oldschool datant de 1978 et de son premier album solo.

L'opus peut se concevoir comme une commémoration, il pérennise l’acte de foi d’un rock suranné, mais diablement vivace pour tous ceux qui ont le Spaceman comme bonne étoile.


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samedi, janvier 19 2019

Encycløpédie Müsicåle, S...comme...

...Satyricon : Idem à Mayhem mais avec la connerie dark en plus.


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jeudi, janvier 17 2019

SINSAENUM – Repulsion Of Humanity


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Comme un papillon de nuit se rapproche d'une bougie pour sa lumière, et s'embrasse aussitôt qu'il touche la flamme, Sinsaenum possède ce pouvoir lumineux de l'obscurité et de l'embrasement.

Richesse mélodique pour fureur démoniaque, déliquescence harmonique pour sensualité outrageusement bestiale et lunaire, cet opus mérite un rite noir.

La formation all-stars conduite par le bassiste de Dragonforce Frédéric Leclercq, bénéficie de l'apport de Stéphane Buriez de Loudblast, du batteur Joey Jordison (ex-Slipknot), du bassiste Heimoth (Seth) et des chanteurs Sean Zatorsky (Dååth) et en moindre mesure de celui d’Attila Csihar (Mayhem).

Ce projet complémentaire et déflagrateur pour la violence sonique qu'il appliqua dès son premier album datant de 2016 « Echoes Of The Tortured », apportait les racines d’un death metal pugnace et authentique. Ce second opus au sobriquet typique du death metal «  Repulsion For Humanity » est subtilement racé de froideur, sans fioriture pour asseoir sa puissante malice, délivrant ce jus de pue à base de fièvre rythmique, de riffs colossaux, de lyrics suintant la haine irascible, sur une bestialité de chant, une fois encore.

La production grassement organique de Floride et froidement Nordique, téléporte le son dans cette magie de putréfaction qui réveille les morts. Le visuel est réalisé par Travis Smith (Opeth, Suffocation, King Diamond, Sadus, Overkill, Ice Earth, Katatonia, Bloodbath, etc...)

Sinsaenum introduit à ses compositions inspirées une liberté de ton, avec un apport mélodique savamment soupesé, mais aussi à travers l'émergence de bribes de styles comme du thrash, une pointe de sludge, un poil de doom, pour que son album ne devienne jamais rébarbatif. Tant par des atmosphères ouatées, il dépose à chaque fois un glissement mélodique progressiste, une lumière, une couleur, une variété de contraste, tout en gardant son propos cohérent, son respect pour le death metal totalement légitime.

Le groupe a incorporé dans sa magie noire autant de puissance que de délicatesse et élabore une alchimie somptueuse d'oppression, et de violence sonique.


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mardi, janvier 15 2019

SPEED JESUS – The Giant Hack


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Le programme des réjouissances de ce début d'année est simple,

Pas la peine de commencer d'hypothétiques résolutions, je vous propose une bastonnade en règle pour détoxifier les cages à miel. Attention c'est de la violence musicale, c'est à dire qu'un tournevis cruciforme vient en profondeur récurer l'amas crasseux ingurgité nonchalamment depuis la naissance.

Le nom du groupe, Speed Jesus, appose de se gratter le bouc, mais ne me faites pas chier avec un hippie clouté sur une croix, je le préfère à l'envers et les clous sur une veste patchée, question de style.

Le groupe vient du coin des Burning et leur blast HxC est un pur décarottage sonique. Oui c'est impératif pour un maléfique premier album.

Ce Trio est composé d'ex-Gravity Slaves et de membres de Monde Merde pour un concentré de speed hardcore thrash, hyper bourrin, testostéroné à la rugosité 90's Evil HxC metallique, et chaotique.

Ne cherche pas la finesse, enfin si quand même, par exemple Government issue est-il un clin d’œil aux punkers de Washington DC ? Jerk as Fuck au Dead K ? « Hang'em All'' à Metallica ?

C'est frontalement 23 mn où tout est malsain, intrusif, et poutrement convaincant, Speed Jesus assoit sa suprématie en hurlant la fureur abrasive d'Unsane VS Kickback aka AWOL (A Way Of Life).

Pour hurler de la sorte c'est au moins une pointe de 150 dans chaque phalange ça, et je m'y connais en charpente. Donc viens checker cette coproduction Metro Beach / PP&M / Opposite / Black Out Prod. retrouverez une ITW de Gwardeath avec Speed Jesus sur le podcast Metro Beach.

Pour les fans de galette vinylique c'est ici.

Tiens-toi près avec une palette d'efferalgan 1000mg effervescent parce que ce disque va te vriller la tête...Hou, hou !


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dimanche, janvier 13 2019

ALAIN FEYDRI - Azerty Blues


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Mr Feydri est ce que l'on appelle un passionné. Non mais vraiment quoi !

Du jour où le rock lui est tombé dans les feuilles, il n'a eu de cesse de ne pas parler de l'arbre qui cache la forêt, pour justement, raconter cette forêt sous les moindres sous-bois. Si tu veux causer rock le gars en connaît la boiserie, l'essence. Or depuis qu'il écrit sur le sujet dans des magazines et fanzines Nineteen, Abus Dangereux, Wake Up, Whoa, Dig It, Australian Rock, Staccato, ainsi qu'avec les biographies des Kinks, Cramps, Flamin Groovies , des nouvelles sur les Dogs, Motörhead, et il y a un bail de cela que sa collec d'articles pullulait, alors en toute humilité (voir le sous titre), Mr Feydri décortique, dépiaute l'écorce et nous offre la sève de chaque branche de cette forêt musicale.


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Ce gratte papelard Périgourdin s'intéresse à la marge du rock, récoltant la moisson du blues au cœur de son éducation afin d'élargir jour après jour le spectre évolutif des genres soniques, jusqu'à tanner son cuir dans les bastions dur d'une musique primitive.

Feydri est un griot, un passeur d'âmes. Il sait que chaque disque a une histoire, une intensité qui lui est propre et légitime, réussir à en narrer la pertinence n'est pas donné à tout le monde. Il faut bien entendu de la passion, mais aussi un putain de feeling, et ça le möjo tu l'as où tu ne l'as pas. Lui, il l'a.

Ce pavé de 600 pages est publié chez Camion Blanc et illustré par Jack-O Leroy, ayant sévi en autre chez les Nîmois de Drive Blind, ou avec le new-yorkais Kevin K, et qui avait réalisé aussi les précédents livres d'Alain.

Après avoir lu cette anthologie des articles publiés dans La Presse En Marge (LPEM) depuis 35, et rien qu'à partir de ce moment là, oui, enfin tu pourras saisir la sensation érudite qui parcours l'échine du quidam quand il a fasse à lui un groupe qui envoie du bois.

Si vous souhaitez en connaître davantage sur ce livre et sur le bonhomme, il y a cette ITW via l'épisode #2 du podcast The Proximity Effect dirigé par Nasty Samy et orienté sur des interviews d'activistes qu'il respecte.




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vendredi, janvier 11 2019

CAFZIC N°75


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Yan est un landais stakhanoviste. Il gère une émission de radio « Electric Trouble », des concerts sur Mont-De-Marssan avec l'asso Electric Troubles Productions, notamment au Royal Electric, au Café Music, et un fanzine le Cafzic. Il œuvre toujours à parfaire une discipline philanthropique qui depuis 75 numéros file le tournis, des bouffées de chaleur et un trou à la banque. A chaque fois je suis ses empreintes avec des chroniques teintées de fougue, de clin d’œil érudit, d'altruisme, une honnêteté bienveillante, un regard pointilleux, et à chaque fois je vais sur les sites des groupes, achète leur disque.



Yan est un passeur passionné, un connaisseur généreux, un bienfaiteur de la culture underground. Quand tu as un gars de cette trempe dans ton coin, tu peux être certain qu'il va te faire remuer le bordel comme une toupie. C'est un défricheur et à cet effet le fanzine c'est un paquet d'itw, de chronique de disques en tout genre, donc beaucoup de découvertes, et souvent excellentes. Il en parle avec un amusement érudit, avec une sincérité émotionnelle, gage d'honnêteté. Des dessins croqués pour ce « Spécial Rock et couture » apportent dérision punk pour humour pounk, le bestiaire est fringant et fait planer comme un avion sans ailes, pour battre à plate couture tous les Charlélie au poil long et à la barbe fine.

Retrouver toutes les interview via la page FB du Cafzic, ainsi que la bande son de ce numéro 75, vous pouvez aussi consulter ce numéro, c'est toujours très cool à lire et intéressant.


yan


mercredi, janvier 9 2019

CAT POWER – Wanderer


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Charlyn Marie Marshall est une compositrice/musicienne américaine autodidacte de folk indie.

Six années après son album électronique « Sun » de 2012 pendant lesquelles elle a fui l’arène existentielle dont elle fut cette écorchée vive sur les piques addictives de la dépression, jusqu'à être mise à mort par Matador, son label depuis le début de sa carrière, elle revient avec l'opus « Wanderer ».

Consumée d'être chat noir, elle retrouve vie avec son nouveau label Domino qui lui offre l'opportunité de jouer ses ballades à la fragilité mélancolique.

Dès l'introduction a cappella du titre "Wanderer", le chat dans la gorge de Chan Marshall aka Cat Power  retrouve l'âme de son jardin secret, porteur d'une vérité spirituelle. S'ensuit une folk tendre et évasive au spleen tenace, alternant guitare et piano minimaliste vers ce sentiment spirituel de sensualité.

Cat Power donne à son pacte diabolique la fiévreuse beauté câline.

La belle chante, et tout résonne à l'intérieur. L'émotion mise à nue se débarrasse de ses démons. C'est épuré, puissant et doux à la fois.

Elle déchire le ruban de ses blessures incisives, l'on se détache doucement avec elle de tout entrave, de toutes peurs, seules les cicatrices sont encore visibles, comme un écho invraisemblable.

C’est une œuvre que l'on pressent chargée de sens avec d'étranges harmonies vocales se jumelant à un registre sombre, car Cat Power connaît la noirceur de l'addiction.

Si l'homme en noir a payé Cash ses démons, Cat Power a peut-être sept vie de rédemption, et aussi parce que la féline est une femme assagie depuis qu'elle est mère.

Elle dégaine sa rengaine tristounette pour y dévoiler la clarté de la rédemption. C'est triste, fort, sombre et le timbre de sa voix à la robe soyeuse est toujours aussi grave.


On trouve énOrmément de personnes sur le net qui reprennent dans leur chambre des chansons pop afin de les transfigurer d'une version dépouillée. La cover de « Stay » de Rihanna est Cat Powerisée par une patte de velours en une chatterie musicale. Tout aussi charmeuse en duo avec Lana del Rey sur le titre « Woman », sa tendresse possède la caresse introspective où filtrent une poésie intimiste et des impressions émotionnelles. L'unique titre le plus bankable est « Horizon » avec de l'auto-Tune dégueulasse, absolument à proscrire de cet album.


Le crépuscule a déjà consommé l'outrageuse nuitée que l'aube dévoile l'espérance d'une lumière nouvelle. Cat Power est retombée sur ses pattes. Alors chavourez !


black pussycat


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