WALLABIRZINE

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samedi, juillet 14 2018

MASS X


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(report du Hellfest 2018)

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Le Hellfest est devenu en un peu plus d'une décennie le propitiatoire du metAl noir et le réceptacle à spectacle de l'univers des musiques outrancières & libertaires. Ce treizième volume a cousu la ferveur sur les cœurs patchés des festivalier.ès durant un week-end ensoleillé, où la vaste gamme émotionnelle engendrée a apporté une véritable bouffée d'existence.


« J’avais l’habitude de penser que quelqu'un faisant quelque chose de bizarre était bizarre. J’ai soudain réalisé que quelqu'un qui fait quelque chose de bizarre n’était pas bizarre du tout, et c’était les personnes disant que les autres étaient bizarre eux-même étaient bizarres. » Paul McCartney


VENDREDI c'était Firepower !


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La boue sonore de FANGE comme ouverture des festivités provoqua cette injonction à libérer les bas instincts.

Le chanteur torse nu ( ex-Huata = super groupe de doom) en perpétuelle tension rageuse était au parfait diapason énergétique du groupe, et de son aura crasseuse, crayeuse, abrasive. Un set remplit de hargne électrique, de puissance tellurienne, de foudre poisseuse.

Ouaie c'était une performance extatique, flash et nucléaire !



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Premier constat en arrivant devant les Mainstages : Désormais elles sont munies de pavé, fini les tornades poussiéreuses engendrées par un pit de furieux. Les musiciens sont ravis, les cascadeurs du pit moins, oOoh les petites fiotes...

Par un effet de prestidigitation heureuse il arrive parfois qu'un groupe bénéficie de l’annulation d'un autre, j'ai trouvé néanmoins qu'il y avait une moindre affluence pour le stoner matinal/heAvy Rock de MOS GENERATOR. C'est regrettable.

Le chanteur/guitariste Tony Reed avait un shirt de Fastway avec sur son bras gauche une partie de la pochette éponyme de Black Sabbath et In the court of the Crimson King de King Crimson, l'avant bras droit était recouvert par le Killers d'Iron Maiden, je dis cela pour vous situer les influences du band. Au fur et à mesure du set le son des grattes a repris son droit fondamental à base de riffs chromés de dirigeable anglo-saxon, et les solos étaient alors cool. Le concert était groOovy avec un heAvy röck enfumé de psychose bluesy colorée et de champignon hallucinogène intraduisible dans une boule de cristal. Je trouve que ce groupe est largement meilleur sur scène que sur disque.



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Venu du pays de la congère, SONS OF OTIS, le groupe Canadien avec ses riffs pachydermiques, ses ambiances lourdes et épaisses, tel un grumeaux sonique, aura produit un set faisant jaillir une répétition indolente de metOl noir. Le contraste avec Sons Of Otis est tout le temps saisissant, pétri dans cette dualité de corpulence adipeuse et de subtilité étourdie, avec laquelle la lenteur de l'exécution dégorgeait un appel d'air capable de tout embrasser sur son passage.

Alors est ce que pour autant les enfants des fleurs des 70's allaient croire encore à la magie de la fée électrique ? Oui pour ceux dont la désinvolture cramoisie brûlait dans la même renonciation. Il me semble cependant que la génération millennials répondra avec les yeux et le kit main libre sur son écran tactile via un consortium multimédia. Comme ce gars qui avait l’air smatte (stupide en québécois), perdu dans un univers trop hermétique pour lui, au point d'afficher dans son détachement la compression expressionniste d'un vegan dans une charcuterie de montagne.


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Au Merch Officiel, le shirt de groupe est à 20 euros minimum. On pousse la vénération du public au bout du sacrifice économique. Va y avoir un gros souci les gars, le fossé se creuse inexorablement entre ceux qui ont la possibilité de vivre l'expérience Hellfest, et les autres qui sont économiquement dans l'incapacité de pourvoir aux dépenses. Si cela continue dans ce sens-là il n'y aura plus que des cadres d'entreprise, auquel cas il faudra changer la programmation. Élu meilleur festival depuis trois années d'affilées, forcément cela attire les investisseurs et les accords de partenariat ne manquent pas. Pour cette raison le festival propose plusieurs approches pour vivre l'expérience en fonction de votre revenu social, ainsi vous pouvez disposer autrement. Le concert reste le même de toute façon.

J'ai croisé un quinquagénaire avec une chemise rayé façon trader 80's et une veste kaki avec le support Hellfest en dossard, mais carrément jetlaggé au milieu des spitfires sataniques. On peut se demander si les requins du libéralisme pactisent avec le diable au corps ?

Je suis critique sur le sujet, mais si tu prends un peu de recul. Alors 20 euros le shirt c'est cher, sauf qu'aujourd'hui c'est le prix moyen sur les sites du web (hors frais de port). Effectivement il y avait longtemps que je n'avais pas voulu acheter du textile, préférant la musique au détriment de l'accoutrement.

Année après année le festival joue la carte du confort avec une ambition prononcée, pour cela il est obligé de faire appel à des partenaires, lesquels prennent part à l'édifice mais avec un retour sur investissement. On ne peut pas tout avoir.


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L’engouement du Hellfest est effectif, il se développe encore, il a totalement modifié la pratique du festival, fait bouger le cadre en proposant une vaste gamme de divertissement. Je dirais qu'il vit son age d'or. Est ce pour autant que les fidèles mélomanes disparaîtront pour ne laisser la place qu'à un public avide de vivre un one-shot ? Un public touristique juste prêt à investir une fois dans l'attraction chimérique du Hellfest parce qu'il faut le faire une fois dans sa vie, et vulgairement répondre à un shoot d'adrénaline histoire de cocher un truc audacieux dans son vécu ?

Je ne sais pas si sur la durée cela soit pérenne, mais pour le moment c'est profitons-en tant que ça dure, parce qu'avec l'âge, on connaît le goût amer de l’incertitude des plaques tectoniques existentielles, et de son éphémère densité.



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« Je déteste les garçons qui ont peur de la pisse, de la merde et du sang des règles. Je veux un mec qui me laisse lui pisser dans le nombril » et c'est Shirley Manson de Garbage qui a dit cela. J'suis pas certain que le beau gosse James Toseland y soit préparé avec la coquetterie d'un hard rock de motard croquignolesque.

TOSELAND c'était juste un set de professionnel, sans passion, sans donner envie de se jeter dessus. Manque le truc érectile qui balance la purée. Chose que l'on a pu retrouver avec les anciens des SPERMBIRDS.

Le punk'n'roll à papi a joué à décoller la crête du jeune coquelet du Hellfest. Les quadras jubilaient à l'unisson avec la gueule fendue jusqu’aux oreilles. A mille encablures de la dictature contemporaine du "cool", le groupe avait ce détachement prétendument de bon aloi, et en même temps une certaine idée de l’élégance hardcore. C'est dans ce repli d'une révolte contenue qui ne demandait qu'à s'évader que les allemands ont déployé leur plan Marshall avec des potards rugissant le fiel d'un punk hirsute et flamboyant de 35 ans d'âge, sans qu'aucune ride de ridicule ne soit venue en marquer le set.

La Warzone est aussi munie de pavé, avec une légère pente jusqu'à l'ingé son, avec une bonne vue étirée donc. Cette scène boudée pendant des années, est celle qui aujourd'hui bénéficie le plus d'attention, et c'est gavée pratiquement tout le week-end.


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Afin de pallier au rafraîchissement des corps exténués par l'effort de guerre et une température bénigne pour les sudistes mais trop caniculaire pour ceux habitant au dessus du département du Lot, deux murs d'eau ont été installés permettant aux festivalier.es de se mouiller en passant sous ces arches. Une arche dessine même des motifs dans son tableau d'eau.

Je me demande si la teinte prochaine du visuel Hellfestien prendra la tangente de la mouvance éco-responsable commune à toutes les grandes marques désormais ?

Vera-t-on prochainement des espaces davantage arborés pour pallier à l'impact gargantuesque du week-end, et par des mesures de compensation écologique ? Car dans son contexte d’urbanisation de son site et d’anthropisation dû à son développement économique accéléré, ce serait eco-friendly qu'un ensemble d’actions en faveur de l’environnement permette de contrebalancer les dommages causés. Peut-être même une action de renforcement des populations de certaines espèces en matière de protection de la biodiversité (gothique).

Il s'agit de préservation/gestion de l’événement dans le cadre du déplacement de grande envergure et de gestation de cette population. Think Green !



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L’air exempt de tout miasme, de toute infection était pur et sain, le paysage tout entier surpassait en beauté les jardins de le Notre ainsi recouvert d’une végétation dense. En attendant je profitais de l'herbe folle pour pied nu sentir les vibrations terreuses Hellfestiennes venir s’accorder au pouls de mes envies de mélomänes.

J'ai vu TESSERACT avec son concert doux, FM musicalement au point d'en être chiant, parce que rien qui pique quoi, juste un jus de fraise sur des boucles progressives de métal fondu que l'on ripoline à faire siffler par un peintre en bâtiment. Pas assez post-rockien pour les contemplatifs, pas assez progressiste pour chatouiller la prostate des matheux, pas assez lourd pour les haltérophiles de la fonte musicale, pas assez convaincant tout simplement pour les canines des djentistes.

Heyyyyy fallait-il faire comme les filles et simuler pour faire plaisir ?


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Bennnnnnnnnn nan. Par conséquence, on se prend à se poser au sol, dégustant le temps d'une pause régénératrice, indispensable, déjà, boudu que l'on se fait vieux. La paisible discipline des festivaliers me fait mouvoir sur un angle de 180 ° la bienveillance de chacun, sans savoir si elle est reliée au désintérêt du concert, à une attente quelconque, à la faculté d'une pause ?

Le commun Tu me vois cherche des ami(e)s avec une oreille sur son téléphone tout en brassant avec l'autre bras l'air...de rien...d'un con.

Je retrouve un Tu me vois à la scène Valley, et un gars tout cool se présente devant lui alors que l'autre pas cool lui sert un Qu'est-ce que tu crois que je fais avec mon bras en l'air depuis 2 heures, la circulation ?!



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Diantre, nom d'un tabernacle, de mon côté je voyais plutôt un super concert de sludge avec l'épaisseur heAvy du Québec libre, parce que c'était euphorique DOPETHRONE.


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Du pur foutre sonique, des lampées de crème électrique, OooOooh ouaie que c'était crémeux. Les titres du groupe commencent souvent de la même manière. Un peu comme une machine à vapeur qui augmente la densité de son cheminement de fer groovien, et leur formule en trio en délibère toute la rudesse, ainsi que l'ossature alchimique d'une force de feu.

Le batteur a des antécédents dans le domaine forestier pour abattre la rythmique avec autant de force boisée, c'est certain. Le groupe a embrumé le pit avec trouble, dans cette volute de weed et de profondeur sludgy, jusqu'à caresser notre imagination, notre vie sensorielle, nos représentations alors dissolues dans ce filtre à particule musicale, concassé, pulvérisé, moulu en un jus dense et céleste des agrégats d'une émotion violente.

Le final s'exécutera avec Benjamin le guitariste de Fange dans un mur de fuzz, sans pouvoir mettre un mot sur le traumatisme éprouvé.



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HARD-ONS

Les australiens ont réalisé un set de punk rock cool et opiniâtre.

Très rare dans notre hémisphère, c'est un privilège d'assister à leur concert, mais ouaie carrément Dude ! C'était d'autant plus appréciable que leur discographie bien fun est surtout totalement décomplexée, avec cette façon d'étoffer leur musique d'une multitude de sonorité, atmosphère si particulière au mood Australien. C'est de là que vient la richesse de leur singularité. Le set était vénéneux, et hérissant le poil anarchique. Passant d'un truc gras à de la bubble-gum, puis du punk-gum à de la mélasse sonique qui torche un maximum. Le chanteur effectuait avec désinvolture des petits pas de danse façon mix entre Mick Jagger et Lyxzén le chanteur de Refused (mais sous sédatif hein !!), puis avec son shirt de Green Lantern pour un aspect typique du syndrome Peter Pan. Car si tu veux voler de tes propres ailes appliques la recette de Peter : Avoir d'agréables pensées !

Parce que vous ne pouvez pas plaire à tout le monde. Vous n'êtes pas un pot de Nutella.


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En passant pas loin des Mainstages j'ai entendu The Chris Slade Timeline qui faisait une cover du « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » d'AC/DC ( l'ouverture des concerts de Twisted Sisters si tu te souviens) et c'était pas dégueu du tout. En tout cas pas mal de personnes se sont tournées vers eux à ce moment là, j'sais pas si c'est dû au fait de reconnaître un truc connu ou si ce n'était pas dégueu du tout, maintenant est ce que tu vois le questionnement philosophique que cela engendre mon cher Ray Charles ?


Bon j'avançais d'un pas libre qu'une fille seins nus suçant une chupa chups distordait le délice d'un air désinvolte en croisant ma route avec supplice, sans me retourner je songeais taciturne à la bouche gourmande de mon épouse sur mon prépuce pour faire diversion, c'est alors que je buta contre un géant, c'était Thibault du groupe Not Scientists, lequel vient de sortir « Golden Staples » leur troisième album que je recommande chaudement.

Cette première journée j'ai serré les paluches du coupain Hellfestien de l'est Guy de W.fenec, en même temps que le séant Mr.Cu ! De Kicking Records, puis le gratteux et le batteur des Killmisters dont la devise inconditionnelle « qu'importe le prix, chaque année le Hellfest est un rituel » signifiant l'importance que le festival a engendré dans la vie de nombreuses personnes. Le prix à payer est celui d'une évasion sur le réel, une richesse tant sonore que visuelle, où chaque détail apporté avec minutie fait partie intégrante d'une œuvre globale éphémère, celle de nos souvenirs immuables et émotions pendant ce week-end d'exception.

Ce qui me rappelle cette citation de Kim Fowley :« Le rock'n'roll est une explosion nucléaire de réalité dans un monde banal où plus personne n'est autorisé à être magnifique », pas mal hein ?


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On reconnaît BENIGHTED pour sa spécialité dans le domaine de la cochonaille brutale. Le groupe fut tonitruant devant une salle comble, et j'allais dire comme à son habitude. Son appel d'air deathalique était en mode tribal jam, et la fosse s'est secouée comme des clébards infestés de puces sans tiquer une seconde à se mélanger les poils des plumes, pour finir par se renifler les aisselles. Il y a eu Arno de Black Bomb A pour entonner « Cum With Disgust ».

Leur musique bestiale est comme un puits noir où se succèdent à jamais les souffrances perpétuelles qu’offre l'agressivité. Le groupe ardent embrasera comme une fournaise tous les festivaliers comme du chaume, avec vers la fin la cover « Biotech Is Godzilla » de Sepultura. Oucha ! C'était un set aiguisé.


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NORDJEVEL

Avec un mood mid tempo, une assisse relativement statique scéniquement, vous avez un concert qui mise tout sur la grandiloquence salubre du black metal. Intimement lié à l'ordre noir, le groupe s'efforça de répandre sa croyance musicale avec comme seule tactique d’agir dans l’ombre. Libre de sa représentation par des images grotesques destinées à provoquer la moquerie et le mépris, il lui plaît de se voir dépeint dans l'impénitence obstinée comme un être ridicule, repoussant, moitié animal, moitié homme. Poussant des râles et des soupirs maléfiques sur des scènes de souffrance et de destruction, on se voit plonger dans ce repaire de tout esprit impur et odieux, après avoir passé un pacte parmi le séjour des morts. Le batteur est arrivé en premier en faisant sa choupinette tête de panda scandinave, trop mimi.

Le chanteur arborait un bracelet clouté de circonstance, et là on ne parle pas de punaise pour accrocher des posters année 80's avec des femelles dorées au soleil californien et à la toison choucroutale, mais bel et bien de pointes de 150cm que l'on utilise uniquement pour la solidification des poutres d'une charpente en chêne. Un faux mouvement et le musicien à côté de vous est non-voyant, et si vous ajoutez à cela des croix inversés sur tous les membres du groupe et vous aurez les remontrances papales de François.

Le set était assez mou, en fait on ne se sentait même pas en insécurité, il n'y avait pas le feu à l'église, pas plus que du sang et de venin satanique. Sans succomber à la tentation c'était quand même efficace, le son un peu rustre et parfois brouillon apportait ce chaos rutilant propre au BM. Un gazier pleinement décontracté, arborait la tenue d’un surfer de la Creuse dans une piscine à ballon, il semblait face au groupe tel un aveugle devant des ombres chinoises. Les yeux rivés sur son téléphone il partageait uniquement le seul fait d’être au même endroit au même moment. Alors que le tonnerre sombre rugissait dans les ténèbres avec ostentation, lui s’en étonna lourdement au point de sentir l’effroi que l'on rencontre quand on se réveille vivant dans un caveau six pieds sous terre.

La performance de Nordjevel est restée bonne dans l'ensemble, du moins suffisante pour obtenir le prix du curé de Camaret.

Vous ne savez pas quoi ? Le chanteur avait un shirt tout mité, merdeeeeeeee pour un Hellfest, la majorité des groupes ont statué de l'honneur de jouer dans un tel festival, et cela ne doit pas être souvent que le groupe à l'opportunité de jouer dans un endroit de cette trempe, un minimum d'exigence vestimentaire me semble cruciale nan ? Je veux bien admettre que l'embonpoint d'un hiver froid et trop long fait craquer le tissu made in Bangladesh, mais des trous de mites un peu partout, non là vraiment c'est abusé du goût prononcé que la France dispose en matière de luxe.

Leur final ce fut « Reign In Blood » de Slayer et plutôt cool comme interprétation/vénération.



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BONGZILLA

Le fumoir de la valley était parfaitement irie pour recevoir le haschich aqueusement sonique des amerloques.


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L'incandescence d'un set lourd de sludge avec des riffs qui pendent dans l'air comme la saucisse fumée dans les fermes aveyronnaises, une noirceur de plomb, c'est certain ces gars ont écouté Black Sabbath et Saint Vitus comme des bigots, mais en fumant une plantation de weed jusqu'au Sleep intégral. On peut ajouter à leur style la graisse southern avec des dégoulinades de jus sludgy et vous avez un concert chiadé de groove pénétrant, reposant telle une balançoire. Le quatuor a garni son concert de ce genre d'incantations de gros riffs et de boucles rythmiques épaisses que l'on attise pour ne pas étouffer le feu. Par contre niveau fumée c'était un hammam dans un aquarium à rasta, kuf, kuf ! Ce qui me fait dire que Bongzilla avait sorti la grosse bébête à trip, surtout en faisant tourner leurs compositions comme des spliffs de ganja, embaumant le délire vers davantage de sauvagerie. Pendant la plongée dans le fumoir j'ai vu passer trois têtes de gland avec des casques à pastèques, on aurait dit Plageman, le super-héros du dessinateur Guillaume Bouzard : Un ballon de volley en guise de masque, une serviette de bain pour toute cape, c'est Plageman, l’homme-plage qui est  bien décidé à chasser le beauf là ou il se trouve pendant l’été. Je vous en conseille la saine lecture.



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Le Hellfest est un spectacle vivant, devenu immortel par le biais de la métamorphose qu'il a façonné dans le monde du spectacle underground, et comme amplificateur de sous-culture, l'amenant à sa popularisation. En espérant que cela n'ira jamais à la vulgarisation et au galvaudage.


Vous pouvez revoir vos cours d'anatomie : « Les filles ont des couilles, elles les ont juste un peu plus haut, c'est tout » JOAN JETT

La madame possède toujours de la gomme rock'n'roll sous le pied. Elle miaule avec sa voix chaude et ce grain rauque de chatte en chaleur. La Runaways colle sa punk-gum dans un esprit ricain, remplit de cool et de fun glam.

Je ne voulais pas en parler mais physiquement elle a fait un lifting et ressemble désormais à l'actuelle Danièle Évenou, ancienne Marie pervenche de la série TV pour ceux qui s'en souviennent. C'est con à dire mais Marie Pervenche avec une guitare, merdeeeeeeeeeeeeeee le délire.

Le set était un peu mou à la longue. Mais franchement j'étais content d'assister à un concert de Jeanne Supersonique. Elle nous a fait décoller dans sa météorite rock'n'roll et c'était l'essentiel. Même si tout n'était pas aussi énergique qu'il aurait fallu, que le classique des Arrows « I Love Rock'n'roll » reprit par le public dans une version de yoghourt Bulgare, que même la laitière aurait préféré lécher le trou du cul de Mamie Nova après le passage d'un Sénégalais dans le clapet fécal que d'entendre ce refrain.

Madame Jett 27 a assuré.


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Le gratteux aux ongles teints en noir avait glamoureusement hérissonné une coiffure en brosse de 8 cm de volume. Hey profite gars parce qu'avec la colle que tu t'es foutu dans la chevelure à 40 piges t'es dégarni. Il y avait même un sosie de Peters Sellers au clavier, trop dingue ce concert.



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DEMOLITION HAMMER a remporté le prix B.T.P. avec perte et fracas.

Le thrasheur club New-yorkais nous avait envoyé son escouade la plus redoutable datant de 1986. Lequel a construit son set en jetant les bases d'un thrash énervé, avec un concassage brut de décoffrage de la chape de plomb. L'édifice prenait forme que le pit remuait telle une bétonnière. Les jeunes apprentis pataugeaient dans leur moule-burne en se servant de la raie du cul pour faire gouttière, dû à une sudation excessive pendant ce labeur manuel. À l'autre bout du chantier, plutôt que de nourrir des controverses inutiles en termes de narcissisme photogénique, une autre jeunesse est restée comme pétrifiée avec la canne à selfie branlant le sol, à la recherche d’une source de compréhension face à la flamme sacrée du set explosif des thanatopracteurs du riffing thrashy de la grosse pomme. Il a donc plu des tonnerres de fuckin fuck fucker !



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MYSTICUM a été sans conteste le plus grand groupe du week-end. Il a joué à trois mètres au-dessus de la scène sur un étage aménagé. Même Amadou et Mariam auraient pu les voir.

Leur black est dense et à cette hauteur de vue c'est ce qui s'appelle élever le niveau pour prendre de la hauteur. Scéniquement le groupe tient quelque chose d'intéressant puisque des images blanches sur fond noir sont projetées au même rythme stroboscopique que la boite à rythme. Car le trio c'est deux guitares et une basse. C'est vrai que conceptuellement il y a de la recherche industrielle avec cette installation de strapontin king size, d'images abstraites et d'un bordel musical qui frise parfois la casse à voiture allemande pour un black Rammsteinien de froideur répétitive, oui j'ai bien dis de froideur répétitive, de quoi ? De froideur répétitive.

Donc il était préférable d'apprécier le teknival de la saucisse froide, et moi je suis SxE végé donc malgré une ouverture d'esprit large, là les gars ratissaient trop large. L'ambiance globale du truc est restée dans l'expectative, sauf pour les amateurs de son, de tuning et de RDA.



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SÓLSTAFIR

Musicalement c’est comme si Sigur Rós avait trouvé la distorsion et c'était plongé nu dans un geyser sans fond Islandais. Terriblement terrien, lunairement tellurique, entre quiétude et élévation, profondeur et puissance, le groupe donnera à son set vibratoire cette appartenance au mystère de la vie, et il ne laissera pas derrière lui un grand monument, mais davantage un sentiment d’éternité. C'est mieux.

Cette mélancolie abondait sa gamme de tourments, là où les blessures pénètrent l’éternelle sérénité, car tout naît, s’épanouit, décline et disparaît selon un cycle irrévocable où tout se renouvelle. Sólstafir a très bien intégré ceci à sa musique, il a quelque chose d'ésotérique et de parfait pour reposer la tête après tous ces heurts soniques, ainsi que fêter le solstice d'été. Car oOouaie on a enfin basculé vers la chaleur !!

Le chant a manqué de justesse par moment, et le chanteur s'est même planté au début du final. Le public a repris le thème mélodique du dernier morceau dans cette connexion bienveillante avec le groupe qui stipule une lumière qui ne revendique pas l’énergie de la communion, mais la révèle.


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EYEHATEGOD

Whaouuuuuuu le groupe a retrouvé son assise et son mojo du NOLA sound. Le set était dans la veine qui jadis a façonné le culte sludge du band, et notamment au Hellfest dont on ne compte plus les passages. Les turbulences soniques ont entraîné leur sens groovy vers cette pureté anarchique, propre à Eyehategod. ( c'est rigolo d'écrire propre quand on parle de ce groupe).

C'était bordélique, puissant, hargneusement punk, même si le groupe n'est plus de première jeunesse, sa maturité scénique et musicale contorsionne une saveur profonde. Surtout pour la dépendance de ces structures métalliques apparemment insensibles et à l'épreuve du feu et du temps. Puis quel groOove de mammouth de la part de Jimmy Bower (le guitariste), absolument sidérant de beauté, il semblait établir une vérité crue tout en érigeant les murs de son oppression. Je distingue toutefois qu'il y a moins d'affluence pour le groupe, pourtant outrageusement puissant et sauvage.

Autrefois il y avait le drapeau sudiste sur scène, à côté du breton en 2009 même,...


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...Aujourd'hui ce sont des vieux hommes sur scène, les tripes remuent, le sang tape encore, le cœur y est d'autant plus pur qu'il se délit dans la mare sludge avec la même folie opiacée que la vigueur d'un groove musical à jamais tortueux et viscéral.

J'ai vu deux italiens qui prenaient un pied monstrueux et je les comprends. Parce que ce groupe parvient à distordre la distorsion, sa musique est défoncée, cabossée par l'usure de la dépendance à l'oubli du toxico, à l'aigreur d'un mental nihiliste, à l'épouvante du cœur dans un corps en souffrance. Abandonné et replié sur lui-même, il s'avilit inévitablement. Eyehategod est une drogue dure. De son apostasie le groupe fait descendre du feu des cieux de l'amplification le culte du NOLA sound à la vue des hommes.

D'après Simone Weil qui vient à peine de rentrer au panthéon : La pureté est le pouvoir de contempler la souillure. Avec cette dégoulinade sludgy la pure mortification aura écoulé tout son jus sans modération.


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La classe de BAD RELIGION c’est quelque chose tout de même. Des cinquantenaires rutilants, des briscards du punk rock sans moustache, beaux comme des camions volés, le groupe s'est présenté avec moins de cynisme qu'à l'accoutumé, sachant que sa musique parle pour lui de la meilleure des façons. Dans le chrome mélodique d'un punk américouain coulant au rythme d'une rivière sauvage, le groupe a enchaîné les tubes avec une plume de feu pour en imprimer le rythme, sans survoler sa discographie, mais en étant survolté de la jouer à la cool.

Et c'était un super concert. Un organe vocal érodé par le papier verre et la douceur d'un milk-shake coco/vanille prenait le cœur de la scène comme claque un baiser fougueux impromptu.

Une atmosphère favorable soufflait sans cesse, rafraîchissant le corps et le mental vers un dessein pur et plein d’abandon. Dans le froissement des décibels et la contemplation de l'instant présent, elle avait le teint d'un nuage de pluie, électrique, argentée et doux. Elle semblait jouer avec l'extase cette sorte de retenue lacrymale qu'un barrage hydroélectrique maintient au firmament d'une émotion intense. Bad Religion était peut-être pour elle, tout comme pour moi, un groupe de jeunesse que les années rapportent au gré de la vie, tel un automne qu'on laisse partir en feuille jaunie et refleurir sans cesse.

J'ai vu David et Vincent de l'Xtremefest en mode groupie aussi. Hihi !!



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JUDAS PRIEST

Robbie la folle de la nuit avait sorti les lames d'acier afin d'apporter la bénédiction Heavy metOl au firmament de l'aciérie de Birmingham, et arrive toujours par la porte de derrière.


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Le heavy metal se caractérise typiquement par une réponse nihiliste aux échecs hippies et à l'industrialisation. Ozzy Osbourne se rappelait ainsi les débuts de Black Sabbath à la fin des années 1960 : « nous vivions dans une ville morne, polluée et lugubre et cela nous enrageait. Pour nous, tout le trip hippie, c’était des conneries. La seule fleur à Aston ornait une tombe. Alors on s’est dit qu’on allait foutre les boules au monde entier avec de la musique ». En étant moins sombre que le Sabbath, Judas Priest a établi une refonte de la métallurgie Heavy.

L’atmosphère menaçante qui plane sur le heavy metal dérive de son esthétique dissonante et agressive à son théâtre de fer. Ce genre adopte une politique de la terre brûlée vis-à-vis de ses racines blues et rock‘n’roll. C’est là une attitude caractéristique du heavy metal, qui semble vouloir éradiquer sa propre préhistoire musicale. La troupe anglicane de la  New wave of British heavy metal laissa à son prêtre comme toujours le soin de relire l'évangile de l'acier trempé Birminghamien. En dignitaire motarde qui ne reconnaît plus personne en Harley Davidson, Robbie émascule avec sa vibration aiguë constituant la noble matière vocale identitaire du combo, mais pas que...N'empêche que cette impulsion soumet à une pulsation constante de haute fréquence capable de briser du verre. Ainsi pilée la foule exsudait dans le jus heAvy pour se refroidir à mesure de l'avancement du show et se modeler à la dureté musicale de l'aciérie Judas Priest. Le groupe tisonnait avec le dédain de celui qui a proclamé sa vérité crue dans le giron de la plèbe touristique, rempilant avec la justesse des temps moderne une robotique scénarisation de sa carrure.

Le jurassique Judas Priest épousseta le fiel de sa sidérurgie et je pensais : « Viens, épaisse nuit, enveloppe-toi des plus sombres fumées du Hellfest. Que le ciel ne puisse pas poindre à travers le linceul de tes ténèbres rugissantes. Remplissez-moi de vos forces invisibles pleines de son et de furie, jusqu'à faire crépiter dans le feu de la joie la nuit toute entière. », Mais Robbie avait parfois du mal à déglutir la stridence nécessaire, je laissais alors la British Steel...


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...Afin de corroder vers CORROSION OF CONFORMITY

Sous la Valley on voulait du heAvy, plus gros que les stridences des 80's. On voulait un heavy concassé dans le noyau dur du spirit ricain. Ce fut une grosse claque, le concert coup de cœur du Vendredi pour oim.

Les gars avaient mis le cœur, un putain de groove vissé pied au plancher, la propulsion d'un chant rocailleux au sirop d'érable. Pas de pose, pas d'entourloupe, le quatuor a apposé intensité, émotion et puissance, du gras, du sec, du passionnel et du heavy bluesy. De ce genre là que l'on se damne pour toute une vie en connaissance de cause. Les solos pointaient un coup vers les cieux puis pénétraient les profondeurs de la nuit, de la terre, là où la fonte sonique remonte afin de se tordre, passant de lave à roc. Tel est le phénomène de superposition de ces deux courants cosmiques. Il demeure la base du désir d’étreinte génitale d'un set de cette qualité, et en ce sens, comme le fondement de l’enracinement de l’homme dans sa nature bestiale. Les boucles rythmiques de C.O .C, pareilles à une déferlante de foudre sonique électrisante, traversaient l'épicentre de la Valley jusqu'à ce que le tintamarre de l'ovation finale éteignit la vigueur musicale, comme on éteint la lumière. Clac !

Mais poursuivons la soirée si vous le voulez bien...


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...Le punk mélo/Heart emo de RISE AGAINST et son sentimentalisme efféminé, si sur papier c'est toute une romance, en live c'est tout aussi glabre. Tim McIlrath, le guitariste/chanteur possède une voix en or. C'est à dire que sa voix est l'intérêt premier pour le groupe. Musicalement/scéniquement tout est parfait, trop pop aussi, enfin, tout est relatif et c'est à chacun d'établir sa propre frontière entre le rock et la pop. Le set était cool, le pit a bougé dans le sens de la fête, du partage. Le groupe a du métier, il est américain, donc il tient son public dans le creux de sa main. Après Rise Against a des titres hyper calibrés, chiadés au possible, si ça a l'air d'aller tout seul, derrière l'équilibrage mélodique, la tension de chaque passage musical, la maîtrise scénique se travaille. Toute connaissance sur la musicalité du groupe dérive d'une expérience forte en matière mélodique, elle s'enracine par une fascination pourvue d'attraction innée, qui permet d'enjouer les illusions pop dont le sensible est porteur. C'était un concert de punk pop vraiment fun, et chaleureux d'émotion pour finir de manière radieuse cette première journée.

"Le naturel, c'est très bien, le sublime c'est tout de même mieux", Sarah Bernhardt 



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SAMEDI c'était Ofnir !


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Dehors c'est la dystopie Macronienne et sa bande hip chic de star-uppers Jupitérien, dedans c'est l'effervescence Hellfestienne, avec pour conséquence une préférence pour cet enclos hors-norme face à la platitude morne. Car le hellfest est le Helter Skelter, un manège à sensation dans la société du spectacle. Il n’est pas un disciple de la famille Manson comme certain on prétendu afin de châtier le diable.

D'année en année il est davantage, tant il offre de possibilités de se convaincre à son aura.


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BLACK RAINBOWS

Le trio de stoner Italien a joué la prédication usuelle des drogues douces à base d'un riffing psychotrope et d'une poésie évasive. Titulaire d'un zeste de gras, d'une mise en bouche bluesy à s'en faire péter la ventrèche, nous avions tout le bestiaire d'un combustible de base du moteur stoner.


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Signé chez Heavy Psych Sounds, un référent pour les spécialistes de fuzz, acid, vintage, space, heavy rock, c'est le label de Gabriele le chanteur guitariste de Black Rainbows.

Ce groupe a tout appris de Cream et de Kyuss. Il y a pas mal de solo bien appuyé dans sa sauce, et selon moi c'est toujours un plus. Il possède de bonnes atmosphères lorgnant vers le doom, avec parcimonie, et une bonne dose de psychédélisme. La formule est usité mais avec ce set elle est passée tranquille, surtout avec une bonne vibration. Alors y a t'il un baba cool frustré dans chaque fan de stoner psychédélique pour cacher un ersatz de Charles Manson épris d'une rage inextinguible ? Même si le satanisme ne fut jamais complètement refoulés par les idéaux éclairés de la contre-culture hippie, nous étions davantage avec ce band dans un délire de pipe à eau et de macramé.


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INCENDIARY

Un HxC de N/Y, un esprit touch guy de Brooklyn, un chanteur/animateur de free fight dansant avec le regard noir du gars face à la fonte de la salle de sport, déjà tu dravais sentir chez toi le cramé de l'incendiaire ?

Leur Hardcore est lourd, crépitant de mosh-part, rien de mieux pour réveiller les articulations en ce début de matinée, et aussi atténuer les éventuelles blessures de la veille. Sur scène c'est des shirt de Misery, Suffocation, Misfits et Slowdive (Chercher l'intrus). Le quintette a joué à donf la diversité d'action et le concert est vite devenu un grand hachoir à barbaque humaine. Le flow du chanteur scandait avec ténacité le groove musical. Un des deux guitaristes a galéré avec son jack pendant un titre, et avec uniquement qu'une guitare la physionomie du groupe en a pris un coup. C'est là que tu te rends bien compte de la profondeur de champs que cela nécessite. Quoiqu'il en soit le set était dur, il tapait dans le brut, stimulant des secousses que les corps ressentaient dans une implosion de violence pure, jusqu'à fondre dans cette incendiaire comme si on devait mordre dans l'électricité atomique.


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Aujourd'hui l'affrontement HxC américain est/ouest était à l'honneur avec : Hatebreed, Incendiary, Cro-mags, Madball, Turnstile, Knocked Loose à l'est ; Powerflo, Body Count, Terror à l'ouest.

Juste avant Incendiary, j'ai entendu dans le bois deux nanas réclamées « une faciale », ne me demandez pas à quoi cela consiste à cette heure matinale au milieu des gens, un truc avec de la bière certainement. Par contre, ne pensez pas outre mesure que toutes les nanas du fest sont des perverses, c'est juste que ce délire là aussi farfelu qu'il soit, au Hellfest reste un délire. Foutez la paix aux filles, ce sont les meilleures d'entre nous !

J'ai maté la fin du gagnant de Voice Of Hell : REDEMPTION

C'est un trio avec un père et ses deux fils. Les gamins avaient la banane. Ils étaient à la fois conscient de l’événement mais aussi avec cette naïveté touchante que l'enfance ne peut se résoudre à cacher. Le guitariste/chanteur doit avoir James Hetfield comme modèle, et le batteur est très certainement le plus cool de tout le week. Un groupe dont le potentiel ne demande qu'à pousser pour devenir grand, mais si il ne prend pas le melon et qu'il ne soit pas remodeler par l'industrie.


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BLOODSHOT DAWN

Déjà nous avons eu droit à un très bon soliste, un régal d'abeille pour le miel des oreilles, et leur thrash a fait ses classes dans celle de Testament. En concert c'était une férocité musicale un peu brutale et dont la gratte geignait comme une veuve à un enterrement. Les angliches ont su provoquer les ébats supersoniques avec un set de thrash Shredien n'ayant pu regarder au-delà de son angle d'attaque, ni vers d'autres genre de perspectives soniques, pour ignorer la possibilité d'une infinité d'interprétations en allant racler près de l'os, et jusqu'à partager son public en deux.


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MONOLORD c'est Electric Wizard expurgé de tout fiel, venin, graisse, érotisme macabre. C'est une version claire, poétique même, tant la densité de lourdeur est prégnante. Elle ne se salit pas derrière le psychédélisme, elle vit pleinement son feeling, elle est sereine avec ses oripeaux pourpres qu'elle agita pendant un set que l'on a entendu bouillant et reposant tout à la fois. Le public effectuait un mouvement perpétuel de balancier, faisant résonner le cœur des choses enfouies, ainsi que son corps et sa tête vers cet aqueduc magique entre Electric Wizard et Mars Red Sky.

Si selon Ozzy Osbourne « La seule magie noire qu'on ait jamais eue était une boîte de chocolats » en parlant de Black Sabbath, nous pouvons annoncer qu'une tablette entière de cacao noir a été engloutie avec les suédois de Monolord.


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GET THE SHOT

Musicalement au porte du thrash parfois mais sans la déconne. Get The Shot c'est le premier degré du hardcore, on combat avec éthique. Les canadiens expulsent virilité, loyauté et puissance dans une Warzone sous tension. Le chanteur sXe (mentionnait sur les mains) tenait une pêche d'enfer, il vaut mieux pour le Hellfest c'est certain, et leur set est devenu très vite maousse costaud. Obligeant les touch guy à sortir les haltères et le No Pain No Gain dans le pit, avec la sangle abdominale rentrée, le souffle court qui prend le pas d'une rythmique lourde à grosse couille, et à la sonorité métallique qui en faisait rutiler le big bang.

Liant à leur set une ouverture d'esprit humaniste, laquelle a été réitéré à moult reprise très clairement par le chanteur sur les vecteurs d'intégrité et de bienveillance, un doigt d'honneur fut souhaité pour l'ensemble de la Warzone contre le racisme, sexisme, et extrême droite. Le chanteur gesticulait sans cesse, souple, en contorsionniste puis droit et imposant, toisant la foule déchaînée lui imposant le silence avant de repartir vers un rythme plus enlevé encore, avec fougue. Maintenant cette capacité à chauffer le fer et à calmer pour affûter les corps aérobics, à emballer pour mettre à distance régulière, à enflammer pour l'épreuve du feu hardcore. Il a plongé dans le torrent du pit a de nombreuses reprises et le groupe sur scène jouait en fonçant tête baissée.

Au final c'était une ovation pour ce set de compet, hargneux, explosif, direct, percutant par un magnétisme inaltérable.


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Les cousins québécois Get The Shot ont fait leur preuve au Hellfest avec l'art de convaincre, une loyauté pure au HxC et à son éthique humaniste. Très cool pour l'Xtremefest en août !


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DEMILICH

Le thrash Voivod-ïde et Vektorien des Finlandais était profond, avec une multitude d'attaque frontale entre Death et Obituary. Revenu des limbes de leur séparation/reformation/séparation à n'en plus finir, que même un inconditionnel des Feux de l'amour aurait jeté l'éponge depuis, le groupe assura la dépendance à sa musicalité. Ce live semblait même réactiver un répertoire dont l’éclat a sans doute, avec le recul, galvanisé ses propres créateurs.


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  Très aimable le chanteur apportait poliment entre les morceaux des informations sur une discographie qui se résume à un seul album « Nespithe » datant de 1993, et aussi sur la création spéciale d'un t-shirt pour le Hellfest, fort moche par ailleurs.

Parfois on accorde intérêt à un visage pour une raison indéterminée, ainsi, il y avait un gars dont la tronche d'acteur studio du muet donnait l'impression grotesque de bouffer des cheveux et les poils de cul d'un lépreux, et ceci en même temps que la scission sonique de la scène en boursouflée la vision. Ses voisins, peut-être même des proches, se pétaient ostensiblement la nuque, alors que lui apportait cette impression mandibulesque d’extérioriser avec une passion saugrenue. Par contre Demilich était un peu trop statique, il est notable de le préciser car tous leurs effets provenaient essentiellement de leur musique, on peut dire que l'épanouissement ici fut mélomane.

Je pense que les groupes ont dû recevoir une demande du crew du festival pour apprendre quelques mots en Français, puisque ceci était très rare auparavant.


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MISÞYRMING

Si ce n'est que le bassiste semblait avoir un instrument trop grand pour lui, visuellement le band s'est présenté avec des chemises blanches repassées mais complètement recouvertes de sang. Devrais-je apporter d'autres preuves tangibles afin d'annoncer que le ton était donné ?

Le groupe s'est donné à fond dans l’émulsion Black Metal, exhortant le malin à prendre le diable au corps à un public qui en a pris plein les mirettes et la tronche. L'intensité était constante, on sentait, on savait qu'il se jouait ici quelque chose d'importance, avec laquelle notre mémoire allait en graver toute la pertinence. La sinuosité musicale des Islandais nécessite un envoûtement partiel mais constant, du moins en relation avec le genre d'élévation que l'on ressent devant un précipice. Il serait blessant d'émettre une relation contiguë avec le black metOl Behemothien et celui de Mgla, pourtant il y a de cela à l'intérieur du charme sombre de ces formes musicales de haute prestidigitation, du moins suffisamment pour passer pour des formes authentiques de puissance surnaturelle.


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Tel Orphée traversant le royaume d’Hadès pour délivrer Eurydice du territoire des morts, lequel parviendra à s'extraire des enfers vers la lumière du jour sans jamais se retourner vers son amour, ce qu'il fit pourtant devant la porte du chemin et éconduira à jamais son amoureuse. Comme Orphée nous étions tous obnubilés, et le sanctuaire de la Temple était purifié par le sacrifice et l'offrande de corps et d'âmes ulcérées de jouissance, car l'attrait de l'interdit est irrésistible.

Misþyrming a étoffé son souffle sonore en apportant outre sa puissance de corps, une émotion brutale, obscure et pleine d'un feu immortel. Il est probable que leur Black Metal soit exigeant par le fait qu'il est capable d'être brut, et émotionnellement polit mélodiquement. Encore fallait-il savoir polir la pierre intérieure en soi, comme angulaire à sa fascination.


Alors un truc très chiant c'est la fumée des cigarettes/cigarillos/pétos, etc...Ainsi à tous les fumeur.ses je vous souhaite de crever dans les souffrances impitoyables du crabe, qui vous rongera vos poumons crasseux. Comme cela vous savourerez comme tous non-fumeurs.es l'effroyable.


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1000 MODS

J'aime quand ça ronronne, et là ce stoner/doomy possédait ce côté félin du bourdonnement serein. Le groupe a enthousiasmé et conquis dès le premier titre expulsé avec une divine sagesse de coolitude, et vers ce carrefour de bluesmen où l'on fait l'aveu d'accorder au diable Hellfestien la saveur d'offrir à son âme un trip inaugural. Après cela le band a pu dérouler avec un super mojo pour un très gros concert. C'était pour moi une découverte, un peu dans le mood de Vista Chino, avec un heavy blues a filé le tournis à un occiput en cocotte-minute, mais éloigné du parodique des orgasmes narcissiques des versions hard rock américaines des années 1970 toutefois.

L'éclaboussure des riffs venaient gifler les culs-terreux de la Valley. Des ondes de lumière et de joie jaillissant de la foule ravie envahissaient les derniers recoins de l’espace infini. De l’atome le plus imperceptible aux mondes le plus vaste, des êtres animés par l'étincelle rockienne s’élevaient par la voie de leur beauté incomparable et de leur joie sans mélange en une communion de reconnaissance et de véritable amour.

Le final diluvien et psychédéliquement de folie a ordonné à un public conquis une ovation légitime pour les Grecs, car « Il n'y a point de génie sans un grain de folie. » selon Aristote.


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TURNSTILE

Les jeunes gars avaient la niaque, normal à cet age où la duperie hormonale vous pousse en dehors des limites du terrain de jeu. Le groupe a fait monter l'adrénaline avec leur crossover Hardcore hyper chiadé. C'était une boule de nerf et de cool qui a foutu la Warzone en ébullition et en plein zénith solaire. Souvent dans la précipitation et enthousiasme le groupe n'était pas en place, mais a gommé ce genre d'imperfection par une attitude de repli fun et de coolitude goguenarde.

Leur dernier opus est excellent, et le band en a joué une bonne partie de jambe en l'air. Les titres se sont enchaînés, déchaînés, avec une fréquence cardiaque élevé dans le pit et qui ne s'est jamais éteinte. Cette escouade multicolore de l'ohio est musicalement HxCool. J'aime les hommes libres et ces jeunes hommes sont ce que l'Amérique engendre de meilleur. La diversité de mood dans leur titre est assez génératrice de liberté créatrice pour forcer l'admiration, car c'est fluide et plein de groove. La génération qui mélange tout, car mondialisée, recycle, s'adapte à son environnement et métamorphose son indépendance.


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Elle impose sa vision vers un état de transe qui aboutit à la syncope.

Le groupe a libéré les énergies en établissant une passerelle entre urgence impitoyable et spontanéité tonitruante.

Dans ce foutoir sans nom, elle promenait son regard le long du flux disparate, semblait flotter dans le subtil avec amusement comme avec le temps où l'on pervertit ce que les aigris demandent à la jeunesse de perde : L'innocence.

Je pense avec sérieux que le chanteur a la puissance libertaire pour être un Iggy Pop jeune, pour sa ridicule extravagance rock'n'roll mais sans la défonce de l'autre au même âge.


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En plein soleil estival une quinqua s'éclatait au soleil du rap metal de la cité des anges de POWERFLO. Malgré le groove le set ne décolla pas. Le groupe est arrivé en pensant que son passé suffisait, mais il faut gagner l'estime par l'épreuve du feu passionnel comme tous les groupes. L'humilité fait souvent naufrage chez les grands de la Mainstage, ils ne donnent que trop peu souvent dans cet écueil.


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HEILUNG

Pour définir ce groupe, je dirais que c'est une folie rythmique tribale pour une polyphonie astrale invoquant les racines scandinaves primitives dans un fjord du Danemark.

Suite à Wardruna, Heilung aborde la gauloiserie Clissonaise en viking chamanique. La transe débuta et déjà la féerie clanique emplit de sa vénusté toutes les âmes pieuses de la Temple. Peau de bête, ossement, bouclier, bois ornent l'atmosphère scénique en gratifiant de la pureté d'une telle démarche artistique, linguistique runique, paléontologique.

Attention le françaouis est attaché à l'authentique si tu lui sers du gouda de cantoche il va immédiatement pleurer sur son camembert au lait cru. On ne l'a lui fait pas hein !

La musicalité de cette horde rembourre de son assonance un lichen mélodique païen manifeste, intangible. Il y a de la fierté à ouïr d'une telle prouesse musicale, il y a un travail de précision derrière le décorum. Au niveau de la texture sonore on navigue entre le mantra tibétain et le folk païen, tout en étant aussi tout-puissant qu'un haka de all black devant le XV de la rose. L'art d'accomplir quelque chose de grand, de beau et d'unique est un accomplissement que la confrérie revendique. L’envoûtement se doit d'être si puissant que cette offrande borborygmique ramène à l'immortalité d'une magie ancestrale, et que bien après certain devenu mage devineront dans l'épaisseur de la nuit les battements intempestifs mystiques que ce rite ferrugineux apportera comme intemporalité tendre autour d'une mousse dans le bocage du Dark Forest. Youpiiiiiiiii !


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Grosse attente autour de ce groupe donc parce que le public du Hellfest se passionne pour ce genre de rite païen allant de l'âge du bronze jusqu’à l'âge des Vikings, ce qui permet de vivre une expérience temporelle, boire de l'hydromel dans une corne, et peut-être de renouer avec une nature ancestrale nordique. Suivre et abdiquer devant les inclinations charnelles de cette musicalité païenne ressuscite la sorcellerie que la superstition moyenâgeuse a méprisée pendant l’inquisition contre tous hérétiques.

Le spectacle sur scène était total. Il y avait plusieurs tableaux, avec sur scène des chasseurs/ danseurs et des cueilleurs/choristes, en plus des chanteurs.ses et musiciens. Bon c'est quasiment du tribal, il y a beaucoup de percussions, pour ne pas dire uniquement. La procession est lente, il faut rentrer dans la transe, à savoir un folklore végétal et ossuaire animalier.

Moins prenant qu'à pu l'être Wardruna l'an passé, et un peu longuet même à force. Déçu ? Ouaie quand même. Si vous vous demandez si dans nos contrées nous avons une équivalence tangible, et bien c'est non, mais du moins pas d'une façon si rituelle.

Par contre on a quelque chose de mille fois plus intense et c'est MAGMA.

Nul doute que le show était intéressant pour les cultureux de chez Arte, animé pour les néoruraux paganistes du rayon bio, mais je n'ai pas ressenti une connexion tangible avec le groupe, pas plus qu'une union primitive caractéristique des forces naturelles inscrites avec un alphabet runique.

Peut-être fallait-il refaire appel à Ronnie James Dio histoire de voir apparaître des Dragons ?


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Il y avait trop de monde, les mêmes rythmiques et l'impression que la troupe de théâtreux Heilung nous avait préparé en douce les fourberies de Scapin par Odin. C'est idiot de vous dire cela, mais je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas rentré dans le trip. J'étais en condition, pied nu, bien ancré à la terre, une respiration profonde, en paix avec les astres. Je respecte Heilung pour la profondeur de leur sagesse ancestrale envers la nature mère, mais même si c'était vivant, je m'attendais à mieux certainement. C'était trop gentil, pas assez bestial, pas assez dangereux. Sans jamais éprouver une illumination avec un rite d'accomplissement qui ouvre une brèche vers le subliminal mystique.

Pas vu la couille d'un pouvoir fabuleux pourtant à la base de tout ce barnum ritualiste et traditionnel.


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MEMORIAM

En un death monolithique old school décharné à son plus simple appareil par des anciens de Bolt Thrower, on a pu gratter à l'essence d'une musique à la lourdeur béotienne.

Le groupe quémanda une soumission faite de confiance et d’admiration, ne pouvant accepter une obéissance forcée il accorda à son public une entière liberté, condition essentielle d’un service volontaire.

A côté de moi les aporétiques affirmaient leurs incertitudes quant à l'embarras de définir si le show leur était bénéfique. Le public était assez crevé de sa bringue, en plus d'être écrasé par la torpeur sonore, il tanguait dans la profondeur de Memoriam, alors que je suis quasi certain que le lendemain il n'aura pas gardé un souvenir impérissable de ce concert. Pourtant le groupe était bon, le sympathique vieux chanteur Karl Willetts avec un organe saillant a honoré, mais il manquait des solos pugnaces et une certaine consistance, et surtout une aura. Car même si le groupe est cool et muni d'une inconstatable profondeur Obituaresque, leurs incantations incessantes sont montées vers les cieux sans espoir d’un ticket de sortie, tu pouvais à cet effet ravaler ta déception.


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Alors que le groupe débattait comme un diable, j'étais pris en tenaille entre les sabots de Satån et le béret basque, puisque un groupe de basque espagnol mangeait des tapas à base de chips écrasés, de cornichons chaud et de saucisses aplaties en rigolant de leur connerie gastronomique. Ces quadras affichaient pour l'un un shirt de death metal avec une licorne dessinée par un mouflet de cinq ans, un autre avec un shirt de Mayhem au visage Corpse painturluré puis le restant débardeur de Dark Tranquility et des shirts classique de metalleux, des vrais quoi ! Pour en savoir davantage sur ce eux : Metaleuskadi


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ARKONA

Dès le premier titre le groupe a assis tout le monde, c'était trop chiant. J'ai tenu tout ce que j'ai pu, c'est à dire le même temps qu'un coït de puceau : 3mn.


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À la recherche d'une objectivité cartésienne à défaut de trouver une pensée pénétrante pourtant jugée indispensable dans pareil cas, je déjeunais seul et de manière frugale un plat que les hindous préconisent quand ils crèvent la dalle sur le sol meuble d'une campagne salement déserte. Na !


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KATAKLYSM

Le band a investi la scène en balançant la mornifle sonique d'un crossover 90's typé death metOl tabernaclien. La sauce était épaisse avec des boucles rythmiques, un groove omniprésent, des effusions rythmiques de breaks qui filaient la nuque rouge. L'édifice de la scène Altar trembla au bruit infernal de ces cavaliers de l'apocalypse du Québec.

Le groupe offrait des cadeaux de noël sonique en faisant croire qu'il tenait les rênes de l’empire du malin, contournant, contorsionnant, concomitant sans détour. La fureur sonique présente était moindre que l’horreur imaginaire fabriquée en amont du concert. Cependant l'évidence permettait d'être éberlué par ce groupe et son synchronisme quasi télépathique entre chaque musicien.


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Après les panthères blanches de Prophets of Rage, qui donc pour porter la rage au ventre lors d'une relecture épistolaire du petit livre rouge 2.0 ?

Une petite voix qui s'élève de la foule avec timidité répond : Nanard Lavilliers.

Le grand timonier outrageusement agacé : Toi tu sors, de suite chenapan.




BODY COUNT bien sûr est capable de porter les guns et ses couleurs de gang californien, maiiiiiiis pas plus. Parce que pour la révolution faudra trouver un autre porte étendard. En grand Mao qui sait tout du show, Ice T le rapetou était dans la place à faire son maître de cérémonie, avec l’usage roublard de sa parole et d'une morgue efficacité qu'il contient d’en asseoir la suprématie sans équivoque. Body Count a plaqué sa toute puissance et son groove métallique à coup de boucles rythmique insatiables, mais la distance entre son aplomb mal déguisé et son manque de pêche ont produit un set d'une vigueur monotone. Le public neo metal était fort désappointé quand la bise ne fut pas venue lui tourner la tête révolutionnaire, parce que le Body Count était venu avec des pistolets à eau.

NoOon sérieux ?


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Cela m'en avait tout l'air nan ?


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ENSLAVED

Le simulacre sur scène fait entièrement partie prenante de la société du spectacle. Un groupe sur scène est l'éternel désir, mais s'il triche il tue et étouffe le rêve. Celui qui triche ne mérite nullement qu'on lui accorde notre passion de continuer à croire en lui.

Vraiment pas en place, Enslaved a dégorgé un set sombre et trop long, cherchant en vain la lumière du jour polaire, hors le groupe septentrion commet le doute de s'afficher tel qu'il peut se concevoir et non dans la liberté prétentieuse d'être ce qu'il est. D'autant plus en demandant la bidochonnerie de la marseillaise reprit par un public de coq en patte.

Comment s’arrête le mal ? Jusqu’où ira la parodie ? La musique extrême possède-t-elle des limites ? Où se dépossède-t-elle des limites pour devenir extrême ? Vous avez deux heures, après je ramasse les copies, et gare à celui qui me fera un avion à la con.


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Faith No More qui s'électrocute sur le 380 et reste collé par le HxC bruitiste, c'est cela DEAD CROSS. Un truc sauvagement incontrôlable, délibérément foldingue, et avec ce genre de folie qu'il convient pour déboîter pendant un set remplit de nervosité, de liberté innommable et de jouissance piquante.

Toujours aussi frappadingue Patton est-il le génie du mal ?

Un bien en soi, assurément.

Il y avait dans ce set cette trempe d'ébullition gigantesque qui gicle des fluides étincelants, jusqu’à faire jaillir du metal en fusion. Des explosions en tous sens pour une musique qui échappait à tous les codes radars d'envergure pour en catapulter l'ivresse. Une telle liberté encore aujourd'hui risque l'incompréhension, pourtant le public de la Valley adhéra à cette folie spongieuse, tant elle échappait des mains. Ce fluide était en chacun une quête diamétralement irrépressible, irriguant tel un ruisseau une rivière, jusqu'à un fleuve pour certain. Pourvu de stratagèmes musicaux éblouissants, le groupe ne semblait pas être enkysté par la démesure, parce que ce groupe dadaïste démentiel contesta l’essentiel et postillonna en menteur insolent autour de sa bizarroïde musique sérielle.


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Cet incongru corticoïde sonique déploiera son extension par un traumatisme mélodique absolument virulent, ajustant son set par tant de trouvaille surréaliste et d'images kaléidoscopiques que l'on exultait en fond de scène comme des têtards devant le cul d'une libellule en chaleur.


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Je pensais que cette année c'était Bloodclot, mais nan, les scissions humaines sont incertaines, alors nous avons eu CRO-MAGS  , et pour garantir l'équité il y a aussi l'autreCRO MAGS !, ben ouaie c'est cela la scission.

M'en branle de la polémique autour de la légitimité du groupe. Jon Joseph est un bon. J'ai pris mon panard. Les hommes flammes n'étaient plus que des globules de cette espèce de sang qui coule dans le corps des villes impures, le groupe offrait comme un éclair de lucidité dans la cruauté citadine hellfestiène la vigueur imputrescible d'une rage libératrice de passion contenue.

Un Age of Quarrel en un set méthodique, vite expédié, des covers des Bad Brains, et ce jeune homme qui s'est vu oiseau, s'est pris pour un dieu et n’écouta pas ses pères. Tiens Icare est revenu se brûler les ailes du désir…

Les uns recherchaient avec empressement, les autres s'animaient avec fureur, je voyais pourtant la même étincelle dans leurs yeux, celle des passions impunément fougueuses.

Si l'esprit s'adapte graduellement à l'objet qu'il admire, il en épouse le culte et l'adoration. Mais il ne s'élève pas au-dessus de son idéal de pureté et de vérité. Le HxC crossover de Cro-Mags semble après toutes ces avaries et intempéries égocentriques un refuge sonore pour bien du monde, même si le crew New-yorkais ne déplace plus autant qu'avant, il ne s’éteint pas, parce qu'il n'existe pas de nuit qui ne finit par trouver le jour.

Une casquette vissée sur une frimousse juvénile à tache de rousseur passa légère comme une crème de pop punk saccharosée de fraise tagada sonique, le groupe termina sa consistance fureur énergétique en même temps que Medhi de Tromatized Youth est venu rugir sur scène.

Désolé mec je n'ai pas pu te voir Jeudi au Metal Corner, c'était la merde sur le trajet et vous aviez terminé quand j'avais juste fini de récupérer mon pass. J'étais dégoûté de ne pas prendre ma ration de Toxic Avenger traumatique, bisous.


Ah oui, absolument rien à voir avec précédemment mais lors de la douzième édition les filles ont subi des attouchements.


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Alors j'informe tous les abrutis incapables de contrôler leurs pulsions lubriques, les productions Marc Dorcel ont sorti une gamme de films répondant dans son intégralité à une pléthore de déviances et ceci de manière élargie, ainsi en sachant cela vous pouvez rester chez vous à réaliser ce qui vous correspond le mieux, à savoir la masturbation bande de branleurs.

« Le viagra, ils devraient le faire en suppositoire, ça doublerait le plaisir de certains. » Jean Yanne

Après cela car à pousser le bordel autant franchir un pallier supplémentaire, il y a des gros cons d'intégristes qui ont émis l'idée de faire rallonger du tissus aux femelles pour ne plus qu'elles soient importunées. En guise de réponse cette année :


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Mais foutez leur la paix !! C'est pas compliqué tout de même.


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AVENGED SEVENFOLD a étendu sa prétention stridente dans les atours de son scabreux édifice, les garçons coiffeurs attendaient la Halford, c'était dommage car elle était là hier soir.


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NEUROSIS

Alors pour être dans la franchise la plus absolue, déjà sur disque je m'emmerde, là c'est officiel c'est pareil en live. La régularité il n'y a que cela qui permet de progresser dans la vie. Je ne dis pas que peut-être lors du cadre d'une soirée étape avec un spirit davantage casanier Neurosis doit mieux passer. Je ne désespère pas encore car je reconnais l'influence notable que ce groupe a engendrée, notamment avec Will Haven, Baroness.

Tu achètes du rêve avec le ticket du Hellfest, par contre si tu es déçu par ton imagination ce n'est pas de leur faute.


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Une réflexion dont la vitesse d'action est peut-être déjà en train de passer le péage de votre conscience. Attention : On ne fait jamais demi-tour sur l'autoroute du WallaBirZine.


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DIMMU BORGIR

L'orchestre symphonique du mal a interprété son opéra rock, et c'était grandiloquent, un vrai valhalla pour fan de Pavarotti et de Thor. Je me suis surpris à me demander avec couillardise si ce n'était pas le même orchestre qui accompagne Patrick Sébastien en tournée, mais siiiiiiiiii celui du Narbonnais René Coll ?




Fin de concert. Au VIP c'était réunion de chantier, brainstorming, saturday night fever ( cocher la case inutile en fonction de vos affinités du moment ), voilà, voilà, puis comme disait Nounours à Pimprenelle « Bonne nuit les petits, et surtout pas de tâche sur les draps cette nuit hein ! »

Parce que là, oOoh fadasse, c'était un vrai trip d'acide dans le bordel.



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DIMANCHE c'était déjà la fin quoi !


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Pour chanter les louanges Hellfestiens il faut savoir écouter en mystique, parce que la musique s'élève lorsque le langage se tait, et se doit de faire entendre le mystère et rien d'autre.


Devant une nouvelle division panzer thrashy à la Altar, est ce que la piétaille allait subir les assauts gazeux ou répandre leur napalm exutoire avec la même vigueur que les grognards bonapartistes à Austerlitz ? MALKAVIAN avait une demi-heure pour atomiser un parterre de gars soumis depuis 2 jours à un régime de 105 décibels pendant 14 heures, et comme subsistance alimentaire uniquement le trio infernal bière/clope/saucisse. Si la prescription est rude, le gazier rigolait encore ce dimanche matin, preuve en est de sa vigueur guerrière devant le quintette.

On ira droit au but comme JPP, le groupe était appliqué à foncer dans le tas avec une tactique brutale entraîneuse de lourdes pertes auditives. Il devait donner et prouver qu'il n'était pas ici par un hasard fortuit. Il a donc accompli son initiation Hellfestienne avec un set combatif hyper thrashy. Le set fut donc rapide, anguleux et frontal, pour une victoire à la Pyrrhus. Le batteur munit d'un bonnet péruvien a pété la caisse claire, très certainement causé par un enthousiasme incontrôlable. M'enfin le set était aussi offensif, sans temps mort, pas le temps certainement de perdre le temps escompté, mais nous on respire comment pendant cette folie dionysiaque ? Mais c'est qu'on ne respire pas, on encaisse, et les Nantais ont avoiné à mort. Aarrrrrrg ! De plus, Malkavian a dégagé une super énergie positive, et cela fait du bien quand c’est un groupe Français, d'habitude c'est davantage le lot culturel des américains.

Pas trop vu de pingouin déguisé cette année, ou bien alors je ne fais plus cas de figure de cette manifestation costumée...C'est peut-être dû à la reproduction du même gazier anonyme à foison aussi ?


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PLEBEIAN GRANDSTAND

Torsu nu avec un regard qui veut en découdre, le groupe est sur scène et attend. Pendant 2 mn le round d'observation que dure cette confrontation entre le groupe et le public libère déjà une part de danger.

Noir, violent, brut, sans concession, leur post-black est arrivé à souder la bile obscure avec une assise extrême. Le chanteur possède une stature scénique à la Henry Rollins, bien ancré avec un mouvement de balancier, dans cette attitude entre mâle et animalité. Il enroulait son bras droit avec les fils du micro et resserra l'étreinte à cette sorte de bondage entre lui et l'amertume intrinsèque qu'il projetait sans cesse. Est-il le dominant ? Est-il le dominé ?



Il y a quelque chose de puissamment dur dans leur musique, et de fragile dans la sensation suffocante de donner au mal l'emprise de souffrir pour évacuer le mal-être. Le groupe fait mouvoir l'intériorité émotionnelle comme un véritable réceptacle d'amplification à sensation, et aussi comme un caveau de souffrance des désirs assouvis.

Les gars de Plebeian Granstand étaient tendus, s'arc-boutant à coup de fonte sonique, ils arrivaient à suspendre une épaisseur de lave fine, pareil à leur physionomie corporelle, et à la fois à faire vivre une souplesse musicale avec des lignes claires, entre tension et libération.


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Lucifer le fils de l’aurore, fier rebelle à la suprématie divine symbolise la sédition.

Brebis galeuse au sein du troupeau, le metalhead est pareil puisqu'il repousse avec dédain la sainte liturgie de la bienséance en ne se soumettant à l’ordre. Réclamant l’honneur d’être dévolu en restant à jamais égaré dans la vallée infernale avec ses goûts musicaux outranciers, il est ce destitué au goût calomnieux qui entend bien jouir de la liberté d’être.

Mais Lucifer c'est aussi un groupe. Un parallèle entre le revival seventies et Pat Benatar ouvrant le grimoire à Coven n'est pas anodin quand on suggère le nom de LUCIFER.

Huppés dans leur uniforme mamamouchi les scandinaves ont ensorcelé sans surprendre. C'était propre comme concert. Sans fioriture, sans élan ostentatoire, même si la belle voix possède un registre vocal splendide, l'échange entre le public s'est résumé à des regards doux, avec cette pudeur que les imbéciles, accoutumés à la démagogie scénique lambda, ont toujours confondu avec de la froideur. On espère après le set que le sortilège prendra un peu. J'avais trouvé The Oath sans grand intérêt, Lucifer me semble prompt a balancé un aspect gypsie heavy seventies pas dégueulasse du tout. D'ailleurs en live tu sens bien la poussière du retour à 1,21 gigawatt.


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Heyyyyyyyyyyy, cool, reviens gamin tu ne sentiras même pas l'encens en revenant !

C'est bien fait, réalisé, mais mouais pas transcendant pour autant. Leur dernier album « Lucifer II » est plutôt cool, surtout avec la présence de Nicke Andersson (The Hellacopters, Imperial State Electric, Ex-Entombed) qui était derrière les fûts et reconnaissable à sa casquette.

Johanna Sadonis a tout de même déroulé son incandescente aura, sa blondeur réverbérante, sa peau laiteuse et la chaleur d'une voix de diablesse en cœur de velours.


Voilà plusieurs années que je vois un gars enregistrer en audio les concerts, c'est Boutros Bootleg, le gars fait du street-art aussi, et c'est vraiment cool !


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AU-DESSUS

Aura-t'on la prétention d'espérer prendre de la hauteur avec ce groupe ? Et bien oui le liant musical des Lituaniens aura injecté cette sensation de trinité tension/nuance/contraste indispensable à leur post-black. Signé chez les acteurs de l'ombre, thuriféraire du sombre, le groupe a pris naissance au sein d'une espèce de nihilisme qui veut que par nature il soit colérique et haineux, puis baignant dans les plus épaisses ténèbres. Ainsi il a su clouer cette congestion palpable même avec des tempos lents, et faire cohabiter l'ivresse avec une atmosphère particulièrement sombre.

Entre rage et chagrin, Au-dessus enfanta des rêves hantés, des mélodies angoissées, ciselées et entraînantes en une mise au point énergétique, et vers une écriture torturée de litanie incandescente que Jean-Jacques Rousseau expliquait en ces termes : Le sentiment de la pitié dort dans le cœur de l'homme jusqu'à ce que le cri de la douleur vienne le réveiller.

Un seT tRèS tRoUbLaNt.


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ROTTEN SOUND

Par un effet de crépitement death grindesque, du grindcore quoi ! Les finlandais ont procédé à un concassage du cerveau en purée pour bébé. Nous sommes d'accord c'était tout le long une bastonnade avec l'apparition de grumeaux de plus en plus gros dans l'occiput. Aspiré dans une centrifugeuse, cela devient vite exténuant quand même un Dimanche à 13h30, mais une expérience riche de sens, car elle offrait un contraste saisissant sur le long, ce qui permettait de constater la dégénérescence active de la zique de Rotten Sound, et même en sachant à l'avance que cela allait chier dru.


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WARNING

C'est moi ou c'est chiant ? Pourtant le chant mélodique suit la torpeur, mais c'était lénifiant parce que toujours monocorde, sans tension, sans débauche. Une douceur qui repose certes, mais endort.


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THE GREAT OLD ONES

Monstrueux.

Il y eut d'abord l'apparition presque immédiate d'un souffle rampant et subtil, faisant remonter une audace mélancolique prête à convertir la douleur en volupté comme un baume salutaire sur les blessures profondes des cœurs navrés. On venait se blottir contre The Great Old Ones car il réchauffe. On retrouve alors goût aux joies intimes des tentations caressées, au souhait refoulé, ainsi qu'au feu passionnel qui jaillit du cœur obstiné de leur musique et apparaîtra comme écrit en lettre de feu.

Les groupes filiaux ne sont qu'étincellent en comparaison du feu premier.

The Great Old Ones est un feu premier. Il est heureux pour les contemplatifs solitaires de s’enivrer à loisir des charmes de cette musique.


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Avec son visage éperdu coulant dans le flot des corps en perpétuel mouvement de la ruche où mielleusement ses yeux se perdaient, elle apparaissait comme une reine noire que le soleil baignait de sa lumière, et elle rayonnait immobile dans le fracas du tonnerre musical.

Les voix mystérieuses et lugubres réveillaient le grand frisson, les hommes exultaient remplis d’insolence, des cris de démence dominaient le grondement des éléments sonores en proie à une folle élévation sonique, jusqu’à ce que l’agonie latente vienne faire s'échouer les vagues à l’âme d’un désespoir inexprimable et qui déferla sur le suppliant. Nos cœurs s’ouvraient à rompre la chamade, cela peut-être unique, mais une vie éternelle en soulignera les souvenirs brûlants.

Toux ceux ayant vécu cette apocalypse sonore contempleront les honneurs conférés aux fidèles. Car la scène est le sable d'une arène, celui qui meurt sur scène est un gladiateur, un lion, un martyr de son art. Le spectacle conjugue avec la vie le temps de l'existence, il traduit avec intensité la communion de nos croyances, brûle le désir en nous pour attiser les rêves. Même ce rêve une fois terminé reflète par son hallucination incantatoire ce qui perdure encore et toujours !

Tout était parfait : OVATION !


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Passage à la vitesse lumière pour changer de dimension car c'était Dark Side On The Moon avec GRAVES PLEASURES, et donc claque sur les fesses, mmmmmmmmh, coup de fouet subtil, Oooooooooooh, pour « un peu de noirceur vénéneuse qui ne fait jamais de mal » comme disait le Marquis de Sade.

Le concert était beau et sombre, Baudelairien en somme, avec Kali pour faire table rase depuis leur dernier album Motherblood. Une remarquable participation du public a retenu mon attention, mais ouiiiiiiiii, d'ailleurs je dois rattacher à cela qu'il y eu quelque titre de leur groupe précédent Beastmilk.

Dans cette flagellation de rock catchy et de poppy dark, le set aurait pu faire rougir une gothique. Tiens j'en ai vu deux dans tout le week-end, c'est dire de leur rareté désormais.


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Graves Pleasures assure sur scène comme une pluie estivale s'abat avec l'intensité de la foudre et l'épaisseur inquiétante des éléments sauvages afin d'éteindre la chaleur. Tout devient alors impétueux, rien ne retient plus la noirceur de foudroyer avec douceur dans chaque écrin de lumière entraînante. On écoutait extatique la voix du mentor Mat McNerney  (Code, Hexvessel, Dødheimsgard) résonnant au cœur du précipice. Il fallait aiguiser sa dague lacrymale sur cette pierre sonique, faire de son chagrin une violence, sans jamais émousser sa mélancolie, mais plutôt l’enfiévrer pour faire siéger la ténébreuse gifle de ce set. Qu'à la fin, le galbe ténébreux d’une beauté sauvage au cuissot gracieux et à la croupe envoûtante, munit de ce regard sibyllin que transperce une présence solaire, parcourrait la scène à la recherche d'une vérité, preuve du troublant emballement qu'elle venait de vivre.


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THE BRONX

BIM ! Grosse claque de punk rawk'n'roll de grande classe américaine, et pour un set criblé de hits, avec un public en surchauffe constante. Il y a eu un wall of death catatonique, un guitariste avec la tronche de Magnum qui a découvert en se levant que sa petite amie couchait avec Jesse Hughes des Eagles Of Deaht Metal. Le chanteur Matt Caughthran qui a pris pleinement conscience de s'éclater à donf avec une coolitude toute californienne. Un Joey Castillo (ex-Queens Of The Stone Age, Danzig, Blas’t, Bloodclot, Wasted Youth) batteur moustachu derrière les fûts qui n'a rien lâché, de bout en bout, et je ne sais pas comment il a fait à plus de 50 ans ?!? Un autre gratteux qui ressemble de très loin à Lee Ranaldo pour une osmose musicale assez incomparable tant ça a claqué en tous sens.

Un petit following aussi cool qu'arrogant s'enfonça dans le brouillard poudreux de leur speederie à rejoindre le groupe au plus près de la scène. Puis est revenu sur leurs pas comme si il revenait de faire du kayak trempe comme des soupes.

Le concert était ultra cool, un putain de Core-rock'n'roll hors norme dans notre contrée d'exception kulturelle, puisque le Johnny B Good national des gauloises sans filtre est à St Barth a nourrir les vers de coconuts.

Et ouaie car selon Didier l'embrouille, à la fin Il n'y a que Dick qui nique.

Non c'est vrai que nous n'avons pas d'équivalence, peut-être parce que le rock n'a jamais été pris au sérieux. « En 1960, tout le monde appelait son chien Dick. Quand j'ai commencé à être connu, les gens aboyaient quand ils me voyaient. » Dick Rivers en 1996

The Bronx est un super groupe, d'autant plus que j'aime leur délire avec leur Mariachi El Bronx. Donc un set grandiose vous dis-je, je kiffe ma journée, il fait beau ! Ahahahah putain c'est trop bien !


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Le retour gagnant du stoner psyché-punk libérateur de NEBULA était annoncé depuis des lunes dans la presse spécialisée suite au pressage de leur discographie et de leur reformation. Avec des solos endiablés, des riffs stoniens bluesy à s'en faire péter les varices à force de buriner frénétiquement du pied, le band nous a donné de quoi mordre la poussière de l'hypnose. Le trio a des silhouettes sorties d'un film de Gus Van Sant des 90's, un spirit de desert rock, avec le sable chaud et l'effervescence de la torpeur pour enflammer l’ensemble. Il a évaporé un volcanique set survolté par des riffs cinglant, tranchant de prêt et jamais rasoir, dégorgeant ce sang impur heavy à la caverneuse intensité.

Dans la Valley les corps suintent, et les plus vieux doivent subir des maux que l’âge avancé leur en permet la pleine fortune (et oui car en plus c’est gratuit). Ainsi et par un effet diabolique de rotation, la raideur dans la région du pubis s’est déplacée vers le bas du dos. Une contrainte de mal lombaire heureusement solutionnée par le biais d’une installation pliante avec un dossier porteur, en somme une chaise quoi ! Donc quand vous voyez des gens avec cet attirail en fond de cale, ce n’est pas pour faire chier, c’est pour éviter de trop souffrir, bien entendu sinon il y a des postures de yoga. Ce qui peut paraître extravagant de pratiquer pendant un set de thrash metOl je le reconnais volontiers, mais bon 14h00 debout devant des spectacles sataniques c’est usant pour le corps faut le savoir, et surtout après 40 ans.

Heuuuuuuuuu, je n'ai pas cet outillage, je fais du yoga.


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Si tu cherches le choc N’hésites pas 220 Volts t’aimeras ça avec Les $HERIFF, lesquels ont criblé leurs hits punk en électrocutant sur le courant alternatif une Warzone aussi pleine qu'une péripatéticienne après une nuit foutrement rentable. Les Montpelliérains ont joué à la Ramones, en enchaînant sans débander, mais avec la tranquillité sudiste et l'appel d'air du fraîchement nouveau guitariste, le nîmois Ritchie Buzz (The Last Brigade, The Dustburds) un des mecs le plus glam du territoire. Il a délibérément apporté du sang neuf dans les colts des $heriff.

C'était la panique à Daytona Beach quand la piscine à remous des corps de la Warzone se déchaîna, fanatisée à outrance pour reprendre en chœur les paroles, et que ouiiiiiiii cela fait un bien fou de chanter dans sa langue maternelle, surtout aussi excitée en s'enduisant de Mayonnaise à gogo, jusqu'à en devenir gaga devant ce concert à l'ambiance énOrme.


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Par la suite j'ai répondu plaisamment aux questions d'Alladin sur sa thèse du milieu underground, un peu comme devant un problème de mathématique à résoudre, tu commences déjà à ne pas lire correctement l’énoncé, ainsi tu comprends que ce que tu veux comprendre, et puis tu espères une bonne note, qu’à la fin c’est dans le cul lulu pour ta mauvaise interprétation. Bon pour mes trois vœux ce n'est pas encore advenu donc j'sais pas ce que tu branles mec ?!?

Le bocage du Muscadet offre toujours un ombrage et une sorte de quiétude toute relative au milieu du tumulte, de plus il me semble que ça sentait moins les pieds de cochon d'inde, qui comme chacun le sait depuis la réflexion de François Cavanna : « Quand on regarde attentivement un cochon d’Inde, on remarque : premièrement que ce n’est pas un cochon, deuxièmement qu’il n’est pas d’Inde, et qu’en définitive seul le “d ” est authentique. »

Trêve de digression, en allant vers la scène Altar, putain j'ai dû y passer tout le week-end, c'était Pantera rules & thrash or be crossover pour EXHORDER.

Il y a eu une bonne vibe surtout pour un set aussi frontal. Le riffing pugnace calcinait l'enceinte où un bûcher de feed-back s’élevait vers les cieux tandis que le chanteur tout aussi enthousiaste crachait la foudre. Fondé en 1986 à la Nouvelle-Orléans avec deux opus Slaughter in the Vatican (1990) et The Law (1992) le groupe a filé de quoi ronger son frein contre son parapet sonique et avec la faveur des ténèbres.


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Le negro spiritual satanique de ZEAL & ARDOR a cannibalisé les festivaliers. Le groupe plébiscité par les médias a surfé sa singularité musicale avec une bonne fan base. Envoûtant par son damier musical de racine noire et de metal rock alternatif blanc, sa formule emprunte dans le biais cognitif du post afin de proposer une relecture voodoo in fine. Faut avouer qu'en live c'est bien foutu, le public se laisse entraîner par la messe noire, avec le sticker « vu à la TV » c'est vrai que le sauf conduit aide forcément à se faire connaître du grand public, et la Valley est gavée. En moins d'une heure le set est balancé avec l'impression d'avoir assisté à quelque chose d'unique, même si on a déjà entendu ces sonorités, ce n'était jamais sous cet angle de vue et avec un tel mélange des genres hérétiques.


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ARCH ENEMY

Heavy teutonique + metal moderne = Fête de la permanente et du brushing Munichois. Un constat approprié pour un gars s'aspergeant le visage de bière en réalisant peut-être même sans s'en rendre compte qu'il était en train de réaliser une sorte d'oblation en faveur de la miséricorde malté des dieux du metOl germanique. Le constant libidineux c'est que Alissa White-Gluz attire les hommes comme le Docteur Moure inventeur du rouleau glu, les mouches. Musicalement parlant je ne sais pas ce que l'on peut trouver à ce groupe ?


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Les gens apprécient avec le grandiose package Hellfest qu'on lui apporte du spectacle haut en couleur. C'était valable avec Zeal & Ardor, c'était tout aussi probant avec BATUSHKA dont le concept a fait un triomphe romain.

Les Ghost du black metal ont réalisé une messe rouge. Décor, couleur, flamme, costume, tous les ingrédients nécessaires pour vamper à l'outrage. Il y avait même les frères Jacques derrière le band en formation petit chœur pour faire les choristes, et un prêtre/chanteur devant son pupitre pour une maléfique liturgie.

Visuellement c'était très statique, il y avait une circumbulation d'ensemble qui ne permettait pas de déroger au cérémonial adéquat.

(NDLR : La circumbulation c'est une façon de se déplacer au cours d'une tenue maçonnique, dans le sens prévu par le rituel.)

Les titres commençaient tous dans une lente procession qui permettra par la suite une plus ample déflagration quand tout basculait dans le BlackMetOl.


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Avec fumée au sol et bougie parfumée, ne manquait plus à mon avis qu'un bénitier pour cracher dedans. « Litourgiya » le premier opus de Batushka est chiant, enfin, si vous appréciez les cantiques ecclésiastiques pendant cinq minutes puis que cela se fondent dans du black metOl pendant l'autre moitié alors cet album pourrait vous satisfaire. J'avais maté une vidéo d'un concert sur le net et cela ne m'avait pas aussi bien capté. C'est con mais dans le cadre du Hellfest cela fonctionne. Donc oui on a un besoin réel de sortir de l'ordinaire et de spectacle dans le metal. De toute façon il sera toujours mis en scène, c’est sa tradition.

Batushka est peut-être un concept mystérieux de plus, ses saintes écritures ne sont qu’une fable, cela reste un groupe de musique qui propose un spectacle clef en main comme Alice Cooper, et comme n'importe quelle église elle fait office de rédemption dès que l'on s’investit dans sa chaire communautaire.

Je pense tout de même qu'une église diabolique de l'entertainment est née au Hellfest et ces nombreux nouveaux adeptes ont reconnu un dieu et sa foi totale en live.

Pour rester dans la piétaille catéchistique, je rappelle qu'élevée dans la christique foi du mépris du corps et d’une âme éternelle, Christine Boutin a renoncé à expulser le Hellfest hors de la terre sainte de la sœur aînée de l’église catholique romaine. L’impureté du diable a par conséquent vaincu la joute avec malice et bravoure. Mais la communauté de cœur de cette fidèle au corpus catholicité n'est pas encore à côté du père avec un anneau angélique au-dessus de la tronche. Espérons que les hérétiques Hellfestien puissent profiter encore, au cas où soudainement un cataclysme politique en vienne à trouver une solution inquisitrice.


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BARONESS

Je ne sais pas ce qui se passe sur scène pendant le soundcheck, si c'est dû à la sortie prochaine de leurs deux prochains EP, mais le groupe est en formation acoustique ? Je décide d'aller pointer carrément devant, à la barrière.

Des raisons personnelles infiniment plus obscures qui ne sauraient être de mon ressort légitime au batteur de rentrer auprès de sa famille. Dans cette circonstance inopinée le groupe concède une approche réduite et intimiste pour un concert improvisé afin de ne pas annuler sa venue.

Clapou, clapou !! (NDLR : je tape des mains)

Il arrive que le hasard modifie tout, dans ce tout qui avait tout façonné. On le pensait malléable mais pas aussi instable. Hors le bouleversement ressenti fait peau neuve, et révèle des peurs, des blessures du passé qui s'expurgent lentement. Baroness a joué dans l'intimité avec.

En duo d'abord, en trio un temps, apportant une redécouverte de leur titres, autant pour eux que pour le public. La crainte éventuelle du grondement du public électrique fut absous par une célébration tout en douceur, avec l'intensité profonde que l'on atteint quand il n'y a plus que la simplicité pour en retranscrire la fluidité, la beauté, l'urgence.

Après avoir été coupé dans son élan, le groupe a repris sa trajectoire, sans avoir perdu sa grâce, ni de sa nécessité. John Dyer Baizley expliquait posément la situation étrange et solidaire dans cette mise à nu qui laissait filer la pudeur. Dans laquelle on se livre davantage, en s'avoue des trucs intimes et en les révélant on ne fait que livrer et libérer ses craintes. Il suffit d'une phrase, et parfois même qu'un mot, qu'un son pour que votre esprit soit en lévitation dans une émotion si profonde et intense qu'on en ressent la rareté bouleversante. L'excellente guitariste, et chanteuse pour l'occasion Gina Gleason retenait ses larmes, moi je n'ai pas pu, j'ai laissé glisser le cristal salé jusqu’à l'extase.

Baroness s'est livré dans l'intimité de son art, il a reçu beaucoup d'amour, passionnément, éperdument. C'était comme un geste suspendu qui n’attendait pas forcément de résolution, et qui aurait pu rester entre son état éphémère et sera marqué au fer rouge nostalgique.

L'on souhaitait que ne cesse le concert. Alors comment appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse le cœur en émoi, nous fait regretter le temps passé et désirer quelque chose après ?

Je remercie Cédric, disquaire indépendant à Albi dans son shop Sky Valley, qui a malheureusement dû plier boutique en 2015, c'est lui qui m'a fait découvrir ce groupe, alors mec j'ai eu une pensée pour toi, j'ai saisi exactement ce que tes yeux exprimaient déjà à l'époque en parlant de ce groupe avec émotion.

La rareté de cet instant unique j'ai eu la possibilité de vivre/partager ce moment d'anthologie avec d'illustres inconnu.es. On vit parfois des moments intenses, et parfois si exceptionnels que seules les larmes sont capables d'en authentifier la pleine puissance.

Le spectacle vivant te donne vie !


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Piquant par son aspect Cool punk et rock'n'roll glam, le groupe GLUECIFER affluait des orties avec son sens du riffing pour une sortie de route rocambolesque. Il a précipité le public à faire des embardées avec lui, pour finir dans le décor, la gueule démontée, les os pétés, mais toujours en vie après une telle course-poursuite à tombeau ouvert dans le spleen d'essorer les gaz de l'histoire de ce monument sonique. Il n'y a eu personne pour monter sur les freins et faire baisser la tension, avec autant de chevaux de feu sous le capot, la succession de titres catchy n'en finissait plus d'électriser l'asphalte du pit, en pilonnant, en bouillonnant les cerveaux à cette température invivable qui enflamme même les moteurs à réaction.


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KADAVAR

Je connais bien ce bois de qualité capable d'écharper ses échardes soniques avec ce Kadavaresque stoner rock‘n’roll venant de cette région germanique où l'on reboise par une barbe et une tignasse de hippie à veste patchée. En live s'est imparable, je laisse la place à tous ceux qui n'ont pas encore étaient fouettés par ce rameau solide de kick out the jam, parce que j'ai déjà assisté à cette fulgurance et qu'il me faut garder des piles pour le soir.


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Les magiciens anglais de la vierge de fer et des pyramides du métal progressiste ont offert un spectacle pharaonique. Je n'ai pas tout vu d'IRON MAIDEN, mais il y avait là les phénomènes analogues dus à sa puissance discographie, avec toutes sortes de signes et de prodiges au décorum fastueux, et toutes les séductions de l'iniquité. Vaincu par la bête et son image puissante, Iron Maiden debout sur la mer et assis sur son trône entendait l’acclamation des louanges glorieuses, ainsi que toute l’action de grâce du peuple de l’ombre Hellfestien, avec la puissance et la force que l’on proclame aux dieux aux siècles des siècles.


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THE HELLACOPTERS était de retour, mon dieu priait pour nous pauvres pécheurs des eaux troubles du rock'n'roll...

Régénérer le high voltage originel comme on perpétue la flamme lors d'un rite initiatique, ces musiciens en connaissent l'idiome et y vont à fond de cale. Les taiseux oracles de la rock critic united foundation pointaient leur manche de pioche et creusaient dans le terril, la suie collait à la gorge et le diamant sortait ses lumières de feux de Bengale en moins de deux. Sur scène chacun grattait sa nouille avec ostentation, c'était un véritable bukkake royal de foutre sonique qui aspergeait tout le monde. Des salves bluesy-kérosène déchaînés rentraient et sortaient sans arrêt.

Ça c'est ce qui s'appelle du rock'n'roll !


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Diantre j'étais ému et bandais, déjà, encore, toujours.

Les pâles d'hélicoptère tournaient sans jamais brasser l'air mais attaquait en B-52 la double agression des guitares jumelées de l'enfer. Engrossé par une myriade de hits amniotiques, c'était vite la perte des eaux, on buvait ce drink d'hi-energy pendant que le moteur gonflé à la nitroglycérine partait toujours en trombe avec dérapage contrôlé et ce bruit aérien qui explose les cieux raw'n'roll. Une trique d'enfer j'vous dis. Une foule violentée mais consentante venait de se délivrer du stupre de son innocence perdant la vue devant l'éclat de tous ces riffs ruisselant de chrome. Une femme gironde aux bouffés de chaleur élégiaque se frottait la croupe contre la cuisse de son metalhead pendant que le brasero musical ne faisait qu'amplifier sa capacité excitatrice. Plein de scorpions lubrique transperçaient mon esprit, aiguisaient mes émotions d'un venin bestial.

Les suédois jouaient pied au plancher en gardant le Cap d'Adge dans la proue, la sauvagerie sereine tendue vers ce berceau de l'humanité antique du cul, de l’électricité statique qui provoque des arcs électrique à force de frottement, et à cet instant bénit des dieux où le coït sonique est orgasmique.

Nicke Royale aspergeait la foule de son organe vocal avec en coulisse une Johanna Sadonis emprise de vénération Luciferienne. Dregen était dans la cime des soirs jouissants et suppurait glamoureusement de sa Gibson ES-335 cette débauche rock'n'rolienne qui vous fait décoller à toute berzingue.

Ça c'est ce qui s'appelle du rock'n'roll, oOoh pitin !


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J'aime bien cette citation de Christian Bobin « La musique, ce qu'elle est : respiration. Marée. Longue caresse d'une main de sable ». Elle trouve une résonance subtile avec AMENRA, parce que le groupe a apporté son hypnose transcendantale comme commotion et comme communion, avec la fragilité transitoire de l'instant subliminal.

Sans un mot, juste avec une musicalité à l'émotion pénétrante, languide, brute, les taiseux d'Amenra ont saturé l'espace sonore et n'en restent pas moins des passionnés esthètes d'atmosphères et de saturation mouvante.

Tête baissée dans la capuche, une danse alanguie, insouciant dans la moiteur de l'air, dans la semi-obscurité, dans la pénombre du soir qui s'endormait lentement sous des oripeaux féeriques, on rêvait de lumière et c'était l'obscurité commune de tête vacillante et de corps en suspend qui était en train de suivre par un basculement lourd et prenant chaque allitération des Belges. Un rayonnement sonique éventrait la nuit et déposait en chacun un arc en ciel de radiance lunaire. Comme nombreux d'entre-nous, j'étais étourdi par l'errance de ces ondes sismiques en train de mener les âmes à la perdition, tout en prétendant les conduire dans la lave des ténèbres. On entendait des sons mystérieux chuchotant un spiritisme qui faisaient soulever la foule et non plus les tables de ouija. Amenra en prince du mal exerçait sa puissante fascination avec une musique de nuit capable de suspendre le gouffre des enfers, de ses odeurs opaques afin d'obscurcir les sens d'un goût de stupre, face au Styx.

Le public était exsangue, mordu dans les crocs d'un set draculien, les Belges avaient brûlé la chapelle de la Valley.


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Carrément groogy, je m'enfermais avec d'autres au plus près, la Temple était la plus proche.

Le soulèvement des machines Terminatorienne avait débarrassé la chapelle de sa peinture rupestre pour la métamorphose d'une discothèque eighties avec CARPENTER BRUT. L'électrowave activa les neurones juvéniles à se réveiller dans cette excitation de caféine taurinique qui pousse les jeunes à sauter partout. Merde cinq minutes auparavant je flottais dans le formol adipeux d'une musique extatique avec vertige, et là je me retrouvais dans le tintamarre dansant à me sentir rabat-joie. Mon constat est que je n'ai plus la régénérescence aussi active pour passer d'un univers musical à un autre, surtout quand le précédent n'a pas fini d'être digéré. Je n'ai pas ce filtre à particule émotionnelle juvénile qui permet de passer à autre chose, parce que la digestion se fera quelques années plus tard.

Dans ce tourment qui révèle le malaise j'étais bousculé sans cesse, l'usure du temps me rappela à son ordre, place aux jeunes et mort au con, je m'extirpais de là me sentant trop vieux et pas à ma place.

Après Perturbator, après Carpenter Brut, en 2019 vous aurez Dan Terminus pour finir la soirée et faire l'after house pop pop a jam.

Un concert qui a énOrmément plu à la nouvelle génération donc !


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La communauté metAl au sens large du terme possède un sens de l’auto-parodie, de la dérision aussi puissant que sa musique, c'est à dire que l'on ne se prend pas au sérieux mais tout ce que l'on fait on le réalise avec sincérité.

TURBONEGRO a fait couler sa flottille Turbojugend dans son backroom ascensionnel pour faire grimper à sa barre de pole dance son parodique deathpunk sarcastique et clownesque.


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Dans ce tourment qui révèle le malaise j'étais bousculé sans cesse, l'usure du temps me rappela à son ordre, place aux jeunes et mort au con, je m'extirpais de là me sentant trop vieux et pas à ma place. Meeeeeeeeeeeeerde c'est qu'ils avaient à peu près mon age là !

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NIGHTWISH

On prend un coup de marteau Manowarien quand Joey DeMaio leader emblématique a annoncé avec le suspens d’un catcheur américain la venue prochaine des warriors du metOl pour leur tournée d’adieu. On sait déjà que pour la saison 2019 Hellfestienne, en plus de Manowar, il y aura Slayer, Mass Hysteria, Dropkick Murphys et Carcass.

Oui je sais je n'ai pas parlé de HO9909, Dâlek dans le report, donc pour être franc avec vous, grand 1, petit A je ne suis pas allé, puis petit B j'avais comme une intuition d'incompréhension intergénérationnelle. Par contre on m'a rapporté que HO9909 c'était de la balle énergétique en live et que la jeunesse avait très appréciée.


Yo !

Ainsi grand 2 petit C, comme conclusion, bennnnnnnnnnnnn j'en ai rien à dire de plus quoi !


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Je déambulais sagement avec le froid au corps, m’arrêtant devant le dernier stand ouvert qui proposait des boissons chaudes, motherfucker je l’avais pas vu plus tôt celui-là, grrrrrrrrrr…Je fixais la grande artère Hellfestienne comme si c'était la dernière fois, puis partais en direction du VIP, quand le « Maniac » de Michael Sembello résonnait de flash stroboscopique et de glapissement juvénile de boule à facette.


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Voilà les derniers concerts étaient terminés, statuant de l'aboutissement du 13 ème Hellfest.

Un déplacement vers le VIP pour poursuivre les libations afin d’y rencontrer la fine fleur festive, me permis d’écluser mon thé en toute décontraction des maxillaires, afin de comprendre ce que le boss de Kicking records parvenait de manière illicite à extraire comme conversation éthylique. Sans être un visionnaire de talent capable de faire investir les marques par la façon de mettre en scène virtuellement des objets inutiles en tant qu’influenceur, je peux néanmoins vous annoncer que je connais un gars qui s’est réveillé le 25 juin avec un bon gros gourdin. Bon jusque-là rien d’anodin chez un homme, seulement la barre en question avait dû migrer de façon certaine vers la tête, avec une contrariante sensation variable selon l’âge de raison du dernier verre ingurgité.

D’autant plus certain si le trajet vers Nantes s’est soldé par l‘ouverture précipitée de la vitre arrière. Il est fort probable alors qu’un arrêt inopiné vers une station de lavage se soit employé de force sur les coups de 3H00 comme une option inévitable, et salvatrice pour la bonne image de cette entreprise sonique. Une pensée émue pour la puissante sagesse de Thibault dont l’abnégation diplomatique aura permis à la holding kicking de rentrer à l’hôtel, même si professionnellement par un effet de contamination bennnnnnnnnn tu pues du Cu! Mec.

Heyyyyy ne changez rien les gars, je vous aime !


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C'était ma dixième année consécutive au Hellfest, les noces d'étain, un metal blanc gris très malléable, merci au crew, aux bénévoles, vraiment, sincèrement, éperdument. C'est incroyablement puissant et dingue tout ce que vous accomplissez !

Au début de son règne toute la création n’a fait que clapir de goguenardise, désormais les créatures hellfestiennes jouissent du ravissement de la puissance créatrice et des mystères. Ainsi toutes nos facultés pourront se développer, tous nos talents s’épanouir. L’acquisition de connaissances nouvelles ne fatiguera pas notre esprit, ne lassera notre énergie. Les plus hautes aspirations seront satisfaites, néanmoins il y aura toujours de nouvelles hauteurs à gravir, de nouvelles merveilles à admirer, de nouvelles vérités à approfondir, mettant à réquisition toutes les facultés de l’esprit et du corps. Le chœur de louanges exécutés par milliers enflera puissant et sublime.


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Merci à Michel & Sylvie pour leur hospitalité à Monnières (je loge chez l'habitant), à mes covoitureur.es Stéphane, Mathieu et Doriane et un super big up à Roger Wessier.

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Jacques Dutronc disait que lorsqu’un peintre en bâtiment sifflait l’air de vos chansons c’était gagné. J’ai vu un routier avec une écharpe du hellfest sur son pare-brise, cela signifie donc que c’est acquis alors ?


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jeudi, juillet 12 2018

THE BREEDERS – All Nerve


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Le come-back des sisters Deal fera t’il frémir la nostalgie des quadragénaires ? C’est peu ou prou ce que l’on conçoit avec désinvolture pataude en 2018 à l’annonce d’un nouvel album des Breeders.

Après les Pixies Kim Deal déballe The Breeders pour un premier opus ‘’Pod’’ marquant, mais c’est avec la déflagration du hit ‘‘Cannonball  ’’ sur leur second Last Splash que le groupe parviendra à toucher une nimbée de fans en 1993. La suite est simple comme un prolétaire que l’on fout sous la lumière pour amuser la galerie et faire du fric avec après qu’il ait passé son adolescence à entendre sans cesse que c’était une burne. La célébrité se chargera de fournir à l’ego de quoi perdre la réalité, ou du moins de l’éviter avec le cocktail parodique du rocker : dope & alcool.

De reconquête en reconquête, depuis une re-formation dans une époque qui recycle, 2 albums cool et une tournée anniversaire pour le jubilé de l’album de Last Splash plus loin, nous en sommes là. Mais pendant que les folowers folowisent, les tweetos tweetent, est-ce que The Breeders a quelque chose à dire en 2018 ? Est ce que les quadra, quinqua et trentenaires vont lâcher leur smoothie bio menthe poivré à la papaille du Mexique pour écouter ce rock ankylosé de torpeur mélodique grungy ?

Ils seraient vraiment bête de s’en passer tant le groupe fluidifie avec un sens mélodico-tragique ce qu’il avait façonné avec race et beauté en 1993.

C’est donc avec ce même mélange d’hébétude subtile que les mélodies trouvent un angle pour se reposer dans votre esprit, puis s’épanouir au fil d’écoute toujours plus profonde, toujours plus intime.

Il n’y a que les femmes pour aller puiser à l’intérieur cette puissante douceur ravir à jamais une profondeur si câline, bienfaitrice, réparatrice. Le disque passe sans encombre les atermoiements suspicieux et ne rature pas l’image écornée du passé. Fini le temps où l’on figeait une époque à travers un disque, d’ailleurs à bien y repenser pourquoi résulter à une telle démarche sourde ? Puisque du coup le groupe était emprisonné dans un cocon d’où il ne pouvait s’extraire, et ne pouvait papillonner à sa créativité. Peut-être que The breeders l’a bien compris et appose à ses nouvelles compositions le nectar créatif de sa beauté solennelle, singulière et intemporelle.

La reformation d’illustre groupe est généralement une justification afin de ressortir du catalogue la discographie et faire des leçons de goût en imprégnant son retour dans cette forme d’édification de son aura, et de son culte. Bien souvent aussi l’album de la reformation est un prétexte à se dédouaner de morceau ancien et d’essayer tant bien que mal de réactiver une osmose naïve de jadis, qui n’a plus lieu depuis que l’ensemble du personnel s’est jeté aux ordures tous les non-dits.

Mais ce groupe revient certes avec des rides de maturité, mais il souligne surtout dans ses titres ancrés dans une énergie de sagesse, une relation très intime. Alors c’est vrai que l’on ne peut s’empêcher de regarder dans le rétro avec nostalgie apparente, mais la mélancolie des Breeders est quelque chose d’unique à vivre au présent, sans détour, rien qu’avec cette intime conviction d’être ancré avec quelqu’un que l’on connaît bien, et qui nous connaît mieux que tout. Les abîmes dans lesquels le groupe laisse des bouts de son souffle ne sont plus, les émanations du passé flottent comme la flamme d’une bougie, et sa lumière éclaire, et dévoile en nous ce qui se cachait à la surface.

C'est certain, avec ce disque il y a quelque chose de typiquement féminin de ne pas voir les choses mais de les ressentir. Alors fermez les yeux, et soyez être à l’écoute de l’autre sans le voir, et être dans la perception de l’autre sans le décrire.


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mardi, juillet 10 2018

NOT SCIENTISTS - Golden Staples


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Modifier l'angle de sa zone de confort pour en sortir, a permis au groupe de légitimement ouvrir son horizon. Les titres sont des bijoux aigre-doux, dont le sens du songwriting à la cool possède un délicat venin à l'amertume tenace.


Une subtile nouvelle orientation s'est emparée de la musicalité du groupe. En premier lieu une sonorité cristalline des guitares claires, on baigne dans le trip revival 80's, sécheresse et sobriété laissent entrer la noirceur et les blessures assassines filant un coup de fouet sur les mélodies. S'ensuit pour étoffer l’ensemble d'un même mood des lignes brunes de basse gonflantes, et une rythmique douce et saccadée. La production glucosée donne à ce « Golden Staples » une épaisseur de ton, de contraste d'atmosphère assez singulier dans leur discographie. C'est le genre de friandise acidulée pour laquelle l'addiction se révèle trop importante pour pouvoir s'en dégoûter un jour.

Sans passer par la case angulaire de la froideur du post-punk épileptique, Not Scientist s'affirme avec des effluves de fragments soniques souvent hallucinés, et qui libèrent un arôme de douceur comme nul autre. La fluidité d'un punk-rock mélodique fiévreux, hanté par une beauté diaphane, possédée d'une aura solaire éblouissant de contre-jour pop, affirme cette envie de spleen. Avec des textures ambiant au ton âpre Fugazien, la froideur emo de Naked Raygun, la délicatesse crû de Texas is the Reason, le groupe lyonnais créé en 2013 devrait plaire autant aux fans du label Manic Depression Records qu'à celui de Smalltones Records.

Not Scientists vient de sortir son meilleur album, et ce kaléidoscope musical n'est pas un filtre à style musicaux, même si du rock indé, punk rock, post-punk-hardcore, emocore, tout cela résonne de manière douceâtre et spleenétique, car cet opus possède une âme sonique unique, libérant des effluves émotives où se joue ici la philosophique différence suprême entre faire revivre et perdurer à l'infini.

"Golden Staples" est une pluie de douceur !


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Et un seul adjectif peut décrire à merveille cet album, il s'agit de « Superbe ».


dimanche, juillet 8 2018

Encycløpédie Müsicåle, M comme...

...Mireille Mathieu : Chanteuse favorite des ornithologues pacifiques.


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mercredi, juillet 4 2018

TWITCHING TONGUES - Gaining Purpose Through Passionate Hatred


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Des boursouflures Meat Loftienne dépassent du tricot de peau de ce groupe de hard-ocre, les fans sont choqués, ils ne reconnaissent plus rien de Twitching Tongues.

Heyyyyyyy faut pas exagérer les jneus, cet opus possède une approche new wave que vous ne comprenez pas.

Torturé par une noirceur outrageusement enkystée, rien n’est souple ou lisse dans ce disque, il y a des angles partout et ils sont saillants. Toi jeune, tu t'accroches à chaque contraste pour ne pas sombrer dans la lassitude, et je sais bien que tu n’as pas l’habitude de ce truc si opaque. Pour solutionner ton désespoir le paradoxe c'est qu'il va falloir te taper du Siouxie & The Banshess, des trucs froids et vipérins, et pas une compil de new wave 80’s en pensant que Enola Gay est un truc cool pour danser sur les cendres atomiques du sarcasme eighties. Ça l’est certes, mais à la base, c’est ironiquement toute l’ivresse britannique qui tient à l’intérieur comme un coussin péteur Monthy Pytonesque dans ce seul titre.

Bon allez j'ai pitié de toi, je t'explique, jeune. Twitching Tongues avait métallisé son art avec son opus précédent «  Disharmony », il adjoint en sus cette tension fiévreuse, ce truc sous-jacent colérique et orgiaque, telle une bulle de fiel arctique.

Œuvrant dans ce charme antique des sentiments exacerbés, délicats et écorchés, le groupe semble s’être adouci dans une profondeur un poil pataude. Hors il n’en est rien. Les riffs sont plus lourds qu’auparavant, c’est effectif, seulement c’est le chant qui devient le chantre des vagues mélancoliques au spleen new wave, et apporte à la lourdeur musicale cette sorte de brutalité soignée, de sécheresse féconde.

Cet opus électrise des mélodies venimeuses et torturées au souffle lourd rythmique, jusqu’à pulser les riffs à la contraction qui évite au chant les écueils de l'emphase comme de la scansion artificielle.

Il est évident pour ceux qui n’ont saisi la magie corrosive de cet album, qu’entendre les choses différemment ou entendre des choses qui perturbent n’est pas la même chose. Différemment et il y a quiproquo, ce qui s’avère cocasse et litigieux selon ce que les deux parties perçoivent autrement. Qui perturbe c’est davantage dans l’idée que l’on se fait d’un Gilbert Montagné importuné lors d’une représentation pécuniaire, en entendant le vol d’un essaim de mouches à merde autour de lui. Cet aveugle donnera ainsi l’impression assez cocasse d’essayer de les gober, avec la bouche tout le temps ouverte et de les faire fuir en tapant des mains, dodelinant par un mouvement de balancier latéral lors d’un étrange ballet aliénant.

Mais ce n’est pas un souci vital si tu ne sais si cela te perturbe le tube digestif ou bien si tu n'as rien compris au point d'affirmer avec la main sur le pubis que tu n’as pas aimé ce disque. De mon côté c'est tout juste si j’arrive à concevoir dans l’absolue le fait que tu ne pourras jamais apprécier la morsure de la beauté un soir de lune claire.

Ah oui, il y a aussi dans ce disque un slow new wave que l’empire britannique avait jadis la clef mélodique pour hébéter le françaouis, avec le support d’une orchestration dithyrambique. L’ignare peut prompt à ce genre de sarabande a déjà gommé le groupe d’un next virtuel. Le sage connaît la saveur que réserve la patiente avec la musique, surtout quand elle arrive à pénétrer dans le nœud émotionnel pour y germer de charme. Twitching Tongues a conçu un disque trop pénétrant, du moins si l’on se borne à ne percevoir en lui qu’une recette efficace et passéiste de l’émocore, et non une forte plénitude dans sa noirceur.

S’il vous vient l’envie d’écouter cet album, laissez réverbérer l’obscurité en vous.


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dimanche, juillet 1 2018

C'est l'été


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jeudi, juin 28 2018

L'Xtreme castagne Ô mètre de la Lune !


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En l'an de grâce 2018, un 16 juin anodin pendant la marche mondiale éco-responsable des vendeurs de voitures d'occasion, l'association Castraise La Lune Derrière Les Granges entame les dernières manifestations de sa semaine chamboule tout. Ce soir-là c'était une Xtreme before party co-organisé avec Pollux, cela se passait au Bar O mètre, lieu incontournable des concerts de la ville championne de France de rugby en top 14. Yessssss papa !!

Avec Junk et oim on est arrivé devant le rade, frais comme des gardons. À tous ceux qui n'ont jamais vu la queue d'un requin dans la Méditerranée, au WallaBirZine on a vu arriver un aileron à Castres et réalisé une ITW sur le vif. Il se nomme Terror Shark, vient de Montpellier et il est vraiment très fun !



Mais c'est quand même les Albigeois de HypocondriaX qui ont ouvert le ban.

Les mecs étaient venus avec la décontraction princière du manège à Pollux, plus communément réputé dans le nord du Tarn par le terme savant de Zguenitude. Le quatuor a fourni un set caractéristique de leur syndrome HxC punk, avec une libération excessive et manifeste de symptôme contondant. Les gaziers nous ont assénés une piqûre de rappel de tous les antidotes qui font rugir le pit. Presque sans temps mort, HypocondriaX a posé son rythme de combat, intègre, sincère, spontané.



C'est toujours un coOol moment ce groupe en live, si vous avez la possibilité d'aller les voir, n'hésitez plus, leur sauce punk 90's/HxC oldschool vaut le coup de coude dans les côtes flottantes. D'ailleurs les jeunes ont pris une baffe !


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Vous pouvez, si ce n’est déjà fait, en apprendre davantage sur ce groupe via l’itw visible sur la chaîne WallaBirZine.

Puis ce fut le tour de force des Mazamétains de Black Mountain Bastards.

C’est que là mes agneaux, le mood avait changé pour un mélange de hardcore thrashy pour fans de Municipal Waste et Terror. Cela signifie que la force obscure de la Montagne noire coule dans les compositions du groupe, et a renversé le pit dans une collusion de corps. Pendant que le groupe envoyait le fer et le bois avec l'acier et les métaux lourds de son super mélange, le public dansait uniquement en parlant avec les mains, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Je fais un aparté, oui je préviens, je digresse. Donc, d'habitude quand je vais dans une agglomération conséquente pour assister à un concert dans un rade, le public semble blasé/rassasié par la multitude d'offres proposées. De plus son attitude n'est pas encline à désobéir au code en vigueur pour briller en société du paraître. Heyyyy ce n’est pas une critique, c’est juste une constatation. Si tu pousses vers la cambrousse, tu devrais rencontrer un public beaucoup plus timoré face à l'audace. Il est tangible et notable que les paysans sont des taiseux, assujettis à dissimuler leur émotion. Mais parfois dans certaine province reculée de la civilisation citadine il en est autrement, et l’on n’a pas encore l’explication ?!?

Parfois donc, il semblerait que les codes ont disparu, et que les taciturnes n'en sont pas, puisqu'ils deviennent émancipés au point d'éprouver une totale liberté pour faire mouvoir leur corps élastique, ou pas d'ailleurs. Enfin, on ne voit pas autant d'indépendance désinvolte, de sauvagerie effrontée, et d'anarchique liberté que dans ce genre de lieu ou le terme de blasé ne convient guère. C'est assez amusant et finalement rare pour être mentionné. Hors à Castres et cela fait déjà plusieurs fois que je m'en rends compte, le public de paysans compte très souvent ce genre de fadas prêt et prompt à savourer le temps présent jusqu'à la dernière goutte. Bien entendu et j'en fais partie, il y en a pour tous les goûts, et les gentils taciturnes qui tapotent du pied existent. Mais devant la bousculade et les contorsions corporelles de la Saturday night fever Castraise, tout cela ne dénoterait nullement pendant un spectacle de danse contemporaine.

Black Mountain Bastards a débroussaillé le pit, lui donnant cet aspect brut, viril et copieux, un peu pareil qu'en ovalie, mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).



Le fait d'armes du soir : (et ce qui ne veut pas dire qu'il y en a de la sorte à chaque fois de cet acabit)

Au début, il est dû à un véhicule imposant qui s’est octroyé la possibilité de pousser la jeunesse punk HxC disposée entre le parking et le devant du trottoir du bar. Un homme d’âge mûr est sorti du véhicule et apposa avec toupet son point de vue en sortant des remontrances de goujat. Un gamin encore tout retourné par le fait d'avoir pu être écrasé lui a rétorqué son imprudence, le grossier personnage l’a de suite bousculé, à partir de quoi la situation dégénéra quelque peu avec un langage dont je ne peux en inventorier la teneur par pure pudibonderie.

Le monsieur est un polynésien ou un autochtone de Nouvelle-Calédonie (désolé mais je confonds les 2) de 130 kg, en face c'est un poids super-légers de 20 piges, Gnnééééééééééé ! Un rapport de force que la maréchaussée n'a pas jugé bon d'interpréter à bon escient en embarquant le gamin pour une déposition en bonne et due forme. Gnnééééééééééé ! Quoiqu'il en soi et contre toute attente, le gamin a balancé une praline sur le tarin et péter un verre sur la nuque du gros, lequel n'a pas bronché, sans émettre une goutte de sang, rien, nada, prout, un véritable châtaigner le gonze. À toi on te fait cela et tu pisses rouge jusqu'à remplir les caves vigneronnes de la coopérative de St Chinian.

Que peut-on dire de l’impertinence de cet incident fortuit : Tout d’abord que c’est un fait rare, et puis que c’est désolant, car il fait subir au chef de l’établissement du bar ainsi qu'aux associations organisatrices de concert, une image écornée de l'ambiance fun & coOol qu'elles essayent avec abnégation d'apporter. Connaissant votre esprit affranchi et la vigueur de votre intelligence bienveillante, je ne doute pas un instant que lors d'un prochain raout à Castres, cette anecdote insolite n'aura plus lieu d'être, ou si ce n’est comme un étrange et mauvais souvenir.

Ce qui sans transition nous amène au bord de l'eau de Palavas les flots.


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"Interdire la baignade ? Mais, vous n'y pensez pas ! Nous sommes en pleine saison touristique..." 

On ne dira jamais qu'un set de Terror Shark est bon enfant. Premièrement les enfants sont déjà couchés quand il joue, et que secondo si tu fous ton gosse à la flotte du pit il va avoir besoin de Cousteau pour aller le remonter du fin fond des eaux troubles.

Le squale terrifiant est un trio adoubé par un fun crossover à la trinité abréviatrice S.O.D / M.O.D / D.R.I. Si tu connais alors tu as pigé dans quel foutoir sans nom la baignade du soir a fini avec fessé hardcore, poilade thrashy, et un crossover à la camaraderie effrontée, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Même si à Montpellier ces derniers temps ils ont du mal à cicatriser encore avec la vaseline qui dégouline le long des cuisses depuis la finale. Ouchhhhhhhhhhhh !!!

Quoiqu'il en soi Terror Shark avait la dentition affûtée et le cuir épais, comme quand il a joué au festival de l'Xtremefest en 2017, et par deux fois même, dont une dans la fameuse The X Cage, répondant à la réplique de Hooper dans le classique ‘’Les Dents de la Mer’’: "Le requin va mettre votre cage en bouillie".

Ébouriffant concert pour les uns, voire les Huns même, tant on ne sut réellement dans quel heurt soniques nous étions tombés. Ce qui est certain c'est que ce fut un joyeux bordel. Si le public s'est écharpé, c'était dans le respect du pit conforme à la Mosher Team des garrigues, et pour un set à la Beach Boys « Fun, Fun, Fun ! » aka le grand requin blanc « Gniak Gniak Gniak ! »


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Merci à l'équipe (rincée après toute une semaine et une année de travail) de La Lune Derrière Les Granges, à la Pollux society pour le Zguen-style Xtremement festif, à Hyponcondriax, B.M.B, Terror Shark pour les concerts, et aux ami.es du sud tarnais pour l'ambiance, comme la sosie de Mado la niçoise, mais avec la tchache d’une paybassolle de Narbonne, Vincent Big Jim qui a encore pris du volume musculaire, Raph et ses mains qui sentent le lait pour bébé, Rachid et son perfecto de biker pour Vespa, le tatoueur qui aime Shelter (tu avais raison « The Purpose, the Passion » est un excellent album), Chris l’autre tatoueur qui est parti avec Sharky le requin gonflable de Terror Shark, et puis le réalisateur/monteur/technicien/créateur de la partie Vidéo du WBZ, le majestueux Junk cacahuète & jus d'orange !

CiaO))) & bisous de la montagne noire.


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mardi, juin 26 2018

HOT SNAKES – Jericho Sirens


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Chaque année on cherche derechef ce putain d'album qui sera à même de nous faire frisonner tout le corps. On sait qu'il existe quelque part. Même si on s'y prépare, le jour J on en tremble encore bien des jours après. Il arrive parfois que l'on en vienne à s'en réveiller la nuit, parcouru dans l'échine par une vibration qui sera inscrit au plus profond de notre indivisible être de chair et de sang.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

À San Diego Hot Snakes a dégauchi son punk rock rêche avec le rabot de la spontanéité garage, là où des riffs écorchés empestaient la poudre à ébullition. Tout avait l'air d'advenir de cet art du rafistolage et du culte au rock and roll fougueux.

John Reis (guitare) et Rick Froberg (chant et guitare) ayant formé auparavant Pitchfork, puis Drive Like Jehu, avec en parallèle à cette même époque, Reis avait même fondé Rocket From The Crypt tout de même.

Je sais bien, oui je sais. Plein cul de la pop qui lisse tout sur son passage. Il te faut l'essence primaire du rock and roll, son énergie, sa puissance sa fureur. Un truc fracassant qui n’hésitera jamais au grabuge et à la force de la désinvolture. Cette chose bancale et mal foutu qui te glisse entre les doigts pour te pénétrer dans la tête comme un coup qui t’éteint d'un coup d'un seul, et sera capable à la fois de te réanimer à jamais de ta torpeur avec cette sensation de survie.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

« Jericho Sirens  est le quatrième opus en 14 années. Le vécu est là, palpable et sensible. Sub Pop, le fameux label de Seattle a signé le band.

Heyyyyyyy tu veux entendre quoi de plus pour cet album ?

Ok ! C'est comme un instantané Stoogien à dégorger du raw avec la plasticité physique d'un corps musical élastique, tout est électrifié par des riffs de foudre sur des mélopées martiennes, et riffing au mercurochrome. La pulsion virile d'une rythmique vibre de toutes ses peaux de bête primitive. Les vétérans saignent leurs compositions dans un flot ininterrompu de guitares ravageuses à la foudre électrique, et tout se contamine dans ce rock de convulsion d'Iguane raide et dénudé, criblé d'écorces teigneuses de vocaux intempestifs. C'est dans l’ivresse de la saturation que la propulsion d'un tempo saccadé, et un son lancinant, vrillent les tympans dans ce fiel intensif et menaçant.

Put#n mais tu vas entendre l'excitation frénétique de ces putains de trompettes maintenant ?


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vendredi, juin 22 2018

MONSTER MAGNET - Mindfucker


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Avec Monster Magnet une multitude de questions primordiales affluent sans cesse : Est-ce que ce groupe se colle au réfrigérateur comme n'importe quel magnet ? Y a t-il un monstre sous le capot depuis la stagnation satellitaire du groupe ? Est-ce que Dave Wyndorf a fini ses ablutions de voix réclamant avec ironie la légalisation des drogues dures ?

Mais faisons fi de toutes ces considérations légitimes car dès le premier titre cela commence par « Oh my God », Bigrëeeeeeeeee du coup est ce que le chanteur fait vœux de repentance ?

Et bien si le gars du New-Jersey fait amende honorable, il ne peut tout de même pas se détacher de ses racines de peyotl qu’il a inhalé en mâchant avec un whisky coca, sinon les fans ne comprendraient pas à quoi cela servirait d’écouter les élucubrations du Monster Magnet si derrière il n’y avait pas une histoire de soupape en drogue ?

Parce que Monster Magnet pour le définir musicalement, c’est un gang motorisé de MC5 Stoogissant sur l’asphalte intergalactique un space rock où Hawkwind rêve de nuit torride avec Black Sabbath, et sous l’œil narquois de la caméra Warholienne du Velvet underground. Grosso mode quoi !

Du grunge ? Nan, du rock des seventies avec l’alliage spatio-temporel des 90’s plutôt. L’ère moderne ne figure nullement, mais comme c’est un trip spatial, tu peux tout imaginer. D’ailleurs je t’en conseille l’escalade ébullition.

Avec son sens du riffing emprunté à Ace Frelhey, de ces abracadantesques histoires de songes, et toujours cette brumeuse atmosphère fuzzienne de garageux psychédélique bravant le fiel hallucinatoire d’un Sky Saxon (The Seeds), Monster Magnet délire dans son cosmos en paix avec ses démons. Ainsi son transbordement sonique évoque bien des délires musicaux.

L’on sait la ligne qu’il suit, elle pique un peu aux narines, et on peut même calculer sa trajectoire de météorite solaire, parce que le vieux capitaine erre dans l’espace lunaire sans autre but que de dériver sans cesse vers cet ailleurs hallucinatoire dont il recherche l’ivresse, et la quête depuis le commencement de son big-bang musical.

Dave Wyndorf rayonne donc toujours, car c’est une personne éclairée ayant reçu la lumière et la beauté tout en étant en mesure de la transmettre. Son groupe en reçoit la bénédiction saturnienne, précipitant des sensations suprêmes d’essence sonique, de matrice à l’énigme immense, comme un langage qui ne dit rien et qui dit tout de la tectonique des plaques soniques. Ses sonorités punk sont salies avec de la poussière d’étoiles sablonneuses. C’est en cela que Monster Magnet appose sa spiritualité à travers tout le cosmos telle une supernova.

Mais peut-être qu’elle est déjà morte, et le temps que l’extinction de sa luminosité nous parvienne, on voit encore l’étincellement qui équivaut au même temps que le refroidissement du canon du fusil, c'est-à-dire un certain temps, et dans ce jet d’incertitude, autant coller votre attraction terrestre dans les astres électriques de Monster Magnet...En attendant.


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jeudi, juin 21 2018

Yoga Day 2018


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dimanche, juin 17 2018

Encycløpédie Müsicåle, M comme...

Maracas : Accessoire enfantin que maîtrise à merveille les femmes à forte poitrine, avec un sourire candide quand elles l'exercent excentriquement.


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jeudi, juin 14 2018

TRIBULATION – Down Below


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Depuis 15 ans les Suédois de Tribulation ont rongé leur os et coutumes dans de nombreux styles musicaux, du death au thrash, prog, dark, vers cette recherche du temps perdu Proustien certainement, bref…Du côté de chez Satan, ces ‘’Children Of The Night’’ sont enfin reconnues par le peuple des ténèbres.


Dès lors, les glameux du black metAl reviennent avec la même outrecuidance qu'on leur connaît. De la sorte qu'ils prédominent dans l’art de satisfaire les désirs enfouies que l’on doit au diabolique. Ce nouvel album intitulé ‘’Down Below’’ appose des compositions vermeilles coagulantes de vice, et déverse cette teneur méphistophélique que l’on entend quand le démon a pris possession de votre corps. Il est à noter à cet effet la participation diabolique de l’organiste Anna Von Hausswolf sur le titre « Purgatorio ».

Il y a beaucoup de tension dans les attraits soniques et ténébreux de cet opus, avec parfois une légère tendance de musique électronique, de torpeur heavy seventies Ghostien, et même une face obscure obligatoire avec des mélodies accrocheuses.

La nostalgie mélancolique envers cette foi méphistophélique souligne l’art du grotesque par la sublimation de ses effets passéistes, et dans cette vérité idéale pour les sentiments propres à une pensée noire. C'est perceptible dans ce liant cher au stoïcisme comme avec le titre étincelant ‘’No tears no fears’’, et l'on peut l'entendre aussi comme une vérité crue qui dévore sans flétrir à travers le titre ‘’ No rain no flowers ‘’.

Il pousse pourtant dans cette pépinière un abîme d'images défiant avec superbe cette célébration Ô consonance Black Métal, avec une pincée du death de Opeth à ses débuts. Tout comme derrière la froideur d’un death rock inaugural se découvre un mood horrifique, il est indéniable alors d’en entendre la profondeur avec des similitudes d’atmosphères à la Tim Burton.

Relier dans cet espace-temps les perspectives de la félicité seventies heavy et le nacre lugubre du métal noir, réverbère une cohérence harmonieuse à cet album et souligne enfin que Tribulation ne cherche plus, car il s’est trouvé, enfin.


Certes, il est indéniable que d’autres groupes professent un ton plus doctement ambitieux que Tribulation, mais leur musique leur est pour ainsi dire étrangère. Ils font de la musique pour pouvoir en vivre non pour se connaître, se reconnaître ou pour se rencontrer. Alors que Tribulation est étrange et secret par l’entremise sournoise qu’il dévoile sans fard là où se cachent vilement les ténèbres.

Nous entrons en lice au milieu des cris de châtiment qui hantent les déplorations des enfers, pourtant il se cache quelque chose de plus mystérieux dans l'obscurité, on le sent, on le sait, et avec la même subtilité secrète la pochette reflète des ombres féminines vivaces dans la matière peinte. Il est certain que dans sa noirceur le groupe réussit à apporter de la lumière, certainement lunaire, et donc féminine.

Ce disque aussi bestial que sensuel mérite une plus ample écoute approfondie, il se découvre un soir de pleine lune avec l’adoration vénéneuse que porte au folklore les fétichistes des disques vinyles.


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mardi, juin 12 2018

CHRISTOPHE SOURICE – La Crise


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Christophe, chanteur et batteur au sein de la fratrie Sourice, laquelle est l'entité paternelle des Thugs plus commune pour les amertumiens de musique amplifiée, revient avec un 7 pouces, soit 18 cm de plaisir audacieusement sonique.

En 2001 il avait sorti sous le speudo Droom Mix un album éponyme chez le label Bordelais Vicious Circle, suite à la séparation du trio angevin. Suite à un désistement en 2015 indépendant de la volonté de l'auteur Thugsien, le 45 « La crise » n'avait pu sortir, le label Slow Death répare la fuite avec l'apport du jeune label Nineteen Something.

« Le mot de trop » et « La crise » baignent dans le power rock avec une acrimonie contenue, teintée d'un cynisme nonchalant. On retrouve le charme du mur du son Thugsien, ce ton pastel pop, le punk rock mélancolique, la dureté rageuse désinvolte, l'explosion sonique, le sens de l'accroche d'un songwriting aux mélodies imparables.

« Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante » disait Friedrich Nietzsche, et Christophe Sourice a bien saisi la nuance avec son 2 titres de comète bouleversante.


dimanche, juin 10 2018

CHERIBIBI N°10


Mise en page 1

Plus qu'un objet d'art, Chéribibi N°10 demeure sans conteste un mouvement de lecture éducative de culture populaire.

Depuis l'An Pébre le Chéribibi usine dans son coin à la force de la faucille et du marteau de prolo. Il boulègue sans cesse.

Le magazine révolutionnaire proche de ses convictions au point de les porter comme étendard à l'émancipation, ouvre à chaque numéro son grenier et exhume un exutoire culturel détonnant. Sa légitimité culturelle «de classe»  le distingue par une approche sociale proche du macadam, et l'éloigne des idées reçues du communicant 2.0.

Parce que si aujourd’hui l’époque est à la table ronde et à la détente avec des diplomates à la diction en cul de poule mouillée, qui ont pris le pas sur les hommes d’action, apparemment ils ne connaissent pas le Raoul du fanzinat, parce que Daniel (pas Darc hein !), soit Dani le rouge, le vrai ! Pas celui qui tourne sa veste comme un boomerang...Il avoine encore contre le sac à patate à la salle. Il sait faire marcher la phrase à coups de latte, mais sans l'engruner, il ne mascagne pas.

En sachant tout ceci, il ne fait pas un pli qu'ils seraient tous trapanel à tchaoupiner un pardon les cons… Et au garde-à-vous, per bézé  !

Il est donc nécessaire que les écoles de France soit désormais équipées dans leur Centre de Documentation et d'Information d'exemplaires Chéribibesques. C'est un devoir absolu si l'on ne souhaite plus avoir des adultes avec des chemises vichy et petit pull sur les épaules pendant les soirées estivales, merde y a la Suisse pour cela.

Chéribibi milite pour la joie de vivre sans écueil, il exhume dans son langage bien distinct une érudition alternative. Le ton n'est pas celui du rogaton de bourgeoise mal emmanchée où l'on va t'escagasser avec la pègue d'une cagole.

Le ton est gouailleur, ça jacte le margoulin du titi parisien, manque c'est vrai la tchatche impénitente du maquignon du sud à mon goût, mais bon personne n'est parfait...hé !!


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Ami.es ce fanzine n'est pas là pour t'ensuquer avec des fadaises pour vendre de la glace à un eskimo, ou te saoûler avec des cagades. Ce number 10 va grailler un plein plâtras de culture à t'en faire péter la sous-ventrière grâce à un beau plat de résistance, mijoté aux petits oignons et copieusement arrosé de picoles et de flacons de raide à la gloire de :

Martine Beswick & Caroline Munro, Jack Arnold & L’Étrange Créature du Lac Noir, la merveilleuse aventure du porno 3D, jujitsuffragettes, Jean-Pierre Lecompte, Very Boxe Trip, Dirty Old Town, Stiff Little Fingers, Archie Shepp, The Coup, Beat-Man, Rhoda Dakar, Crabs, Carl Dawkins, John King, GJ Arnaud…ITW, chroniques, nouvelles, catch, insoumission, découverte, passion, réflexion, curiosité, réverbération, plaisir, avec du relief et une paire de cluques 3D comme la dernière séance de Monsieur Eddy, tout cela dans 132 pages d'action et d'aventure avec le lettrage de Strange en une.



Tu veux quand un récapitulatif exhaustif ?

CHERIBIBIS (cinéma populaire)

Page 4:   Causerie avec Martine Beswick & Caroline Munro : Le choc des étoiles !

Page 35: Les Belles Histoires De l’Oncle Popaul : Jack Arnold & L’Étrange Créature Du Lac Noir : Enfile tes lunettes, y’a piscine !

Page 104: Le Petit Pervers Du Peuple : La merveilleuse aventure du porno 3D : Garde tes lunettes, y’a branlette !

CHERIBIBAFFES (pugilat populaire)

Page 13: Jujitsuffragettes ! : Fais gaffe flicard, on a des tatami(e)s féministes

Page 58: Causerie avec Jean-Pierre Lecompte : Catcheur du coeur

Page 68: Chéribiboxe : Very Boxe Trip : Mike Tyson et ses copains se mettent bien

CHERIBIBEAT (musique populaire)

Page 18: Chanson Populaire : Dirty Old Town : Gardez votre ville propre !

Page 20: Causerie avec Stiff Little Fingers : Deux doigts coupe-faim

Page 24: Chroniques skeuds : Y’en a des biens…

Page 26: Causerie avec Archie Shepp : Wild saxophone !

Page 32: Causerie avec The Coup : Rap & revanche (de classe)

Page 54: Causerie avec Beat-Man : Les révérends sont-ils tous des monstres ?

Page 74: Causerie avec Rhoda Dakar : Invasion of The Bodysnatchers !

Page 94: Reggaemotion : Super Reggae : Les Jamaïcains lisent trop de bandes dessinées

Page 98: Du Son Des Oubliettes : Crabs !: Les psychos font monter la mayo

Page 101: Causerie avec Carl Dawkins : Mr Satisfaction fait la conversation

CHERIBIBLI (littérature populaire)

Pages 4 & 129: Verminax, le gredin de l’ombre : Notre grand feuilleton BD toujours et encore à suivre (diantre, quel suspens !)

Page 22: Silent Movie : Seth Tobocman strikes back !

Page 34: Bébert l’as du hold-up en 3D

Page 78: Chérie Noire : Les lettres de mamie (Granny’s letters)

Une nouvelle inédite du King ! : Page 84: Causerie avec John King : On a tapé le carton (rouge) avec le roi d’la jungle.

Pages 95 & 128: Chroniques kinbous & revues de presse alternative : Copinage abusé & autopromo éhontée

Page 107: Le Papelard C’est Bonnard : Rue des Maléfices : Paris est magique ? Nan, Enculééééééééééééé !

Page 108: Causerie avec GJ Arnaud : La littérature de gare a sa locomotive !

Page 116: Bibillustr’ : Jean-Jacques de Grave : Un linograveur belge qui taille dans le vif

Page 122: Théâtre Populaire : Causerie avec Oscar Castro qui mijote son Chili à Ivry

Page 126: Les Hérauts Du Peuple Sont Immortels : Salut Hafed !

Page 130: Abonnez-vous s’il vous plaît : Fais pas ta pince, aboule l’artiche !

Le tout pour 8 euros, à ce prix là anticapitaliste c'est une offrande.

Ouaie tu vas te faire embuquer tout couffle et t'y as pas fini d'être espanté, parce que Chéribibi t’en met plein les branchies, alors prépare l'aïoli c'est un numéro de cabourdas !


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jeudi, juin 7 2018

Le Manège enchanté de Pollux


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▲ Pollux/Xtremefest

Comme dans le cinéma où tout le monde remercie Claude Berri, en Occitanie, tous ceux intéressé.es par les musiques amplifiées remercie Pollux. Pas le clébard hein, les fadas albigeois avec au menu de cette ITW, High Voltage & Let's zguen !



La soirée avait lieu dans la belle salle de l'Athanor, où jadis les successives vagues de concert de punk sont venues éduquer dans le tumulte de leur ressac passionnel et respectif une kyrielle de personne. On a zguené ( tiens, mon ordi me conseille guenon à la place de zguené, c'est quoi cette singerie syntaxique mon ami ? ).

Bref, oOouaie on a zguené à tous les rythmes, par tous les temps que la multitude punk rockienne du soir abondait en déversant des litres et des litres d'énergie, de propulsion rageuse, de désinhibition festive, de mélancolie combative, et de toute cette sorte de pulsion et de sensation généreuse avec laquelle l'accoutumance fait corps à cœur. Les groupes ayant cet esprit similaire aux Beatles, enfants de la classe moyenne ayant connu les difficultés de leur condition sociale au point de fédérer vers le plus grand nombre l'attention nécessaire pour émouvoir avec simplicité et compassion, avec toutefois en plus il est vrai, la résolution de cracher à outrance sur toute sorte de sujet épineux, mais Ô combien réfutable pour recomposer le monde pendant le linceul d'une nuit d'interprétation audacieuse d'après concert. Mais si, mais si, tu sais, c'est le genre de soirée qui fixe une ligne Maginot au milieu du cortex cérébral. Ah ?! On me dit dans l'oreillette qu'il est possible que se soit davantage dû à l'alcool, je vous laisse juge, promis juré craché.

Transition subtile pour vous parler coutume punk, puisque vous savez forcément que l'on postillonne plus qu'on n'articule en concert. Il faut dire que le tumulte général oblige à interpréter chaque titre avec perte et fracas auditif. On crache ainsi sur le mépris de la hiérarchie et des divinités, afin d'éliminer la distance et même la distinction entre les musiciens et le public, un thème central de l'éthique du punk. Ceci dans une atmosphère de provocation réciproque qui génère parfois des réactions intenses. Si en 77 il était de coutume de cracher sur les artistes punk, désormais il y a plus de glaviot dans le public de vieux de la tournée des idoles d'âge Tendre que de crachat de jeunes dans un concert de punk, non mais vraiment quelle époque hein ? Sauf que le 11 mai 2018 à Albi dans le Tarn, sur scène nous avons eu droit a une débauche de voltige de mollards telle, que même un dromadaire avec une dysfonction des glandes salivaires n'obtient que trop rarement quand une touriste 2.0 fait un Xème selfie sur son dos à Ourzazate.

Serge Lama n'aurait pas fait mieux, promis, juré, craché !!


▲Justin(e) (punk rock / Treillieres)

De la méthode globale à la méthode inclusive Justin(e) est de toutes les campagnes et surtout celle de Treillières située dans la vallée du Gesvres, affluent de l'Erdre, à 14 km au nord de Nantes. Pour cette ITW il fallait être aussi compréhensible pour nos internautes agriculteurs de Lozère que succinct avec les questions. L'évidence pourtant c'est qu'on questionne Justin(e) en pesant ses mots, même si selon eux le langage ne traduit pas la pensée, il m'apparaissait essentiel de parvenir à traduire au mieux l'enveloppe globale du groupe. Et encore nous n'avons pas évoqué le Rhinocéros d'Eugène Ionesco, La Métamorphose de Franz Kafka Ibrahim, pas plus que le psychiatre et essayiste Frantz Fanon. Si tu ne piges rien, achète toi un dictionnaire, ou bien demande à maître Capello une explication de texte en appelant le "06 72 43 58 15".



On ne retiendra pas uniquement que cela parce que ce serait con, et que ces gars tendres sont punk, mais il arrive parfois que l'incongru d'une situation déborde et persiste jusqu'à vous coller au gâteau basque comme le sparadrap du professeur Tournesol dans Vol 714 pour Sydney. Olivier le guitariste de Justin(e) en a fait les frais, et aura passé une soirée inoubliable à coup sûr. On peut annoncer avec exactitude maintenant qu'il sait ce que cela signifie être roué de malchance.

Alors que les frères d'armes Charly Fiasco avait promis comme à l'accoutumé un set dont ils ont le génie de la mise en scène impromptue, et bien comme Gérard Depardiuuuuuu dans la Chèvre est convaincu que son compère Pierre Richard sera le poissard que choisira le garde pour le passer à tabac, ce soir là c'est le Gégé de Justin(e) qui s'est payé la tuile, enfin les tuiles plutôt, et même carrément le toit quoi, soyons honnête ! Nous le remercions très sincèrement pour ce superbe moment cocasse, d'ailleurs, on pouvait l'entendre crisser des dents, et pourtant le niveau sonore moyen à l'intérieur de l'établissement était conformément à 105 dB (A) et le niveau de crête à 12 cm.

Je pense très sincèrement que j'apprécie le set des punkers françaouis pour ce genre de fiasco suprême (Charly je le rappelle). Nous nous souviendrons aussi de ce concert pour la prestation fougueuse que le quatuor a imposée, peut-être pour essayer un peu d'inverser la fatalité (accident n°7), avec une prestance mêlant énergie, passion et exaltation qui déborde de partout, peuplée par une insurrection géniale. Chez Justin(e) si la fougue de leur propos demeure anarchiquement libertaire, ça joue carré avec la rigueur du pas militaire. Mais cela reste un joyeux bordel avec au final les copains qui montent sur scène pour faire la chenille, et il y avait le feu partout, c'était la fête des fous ; Laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï-laï...

Forcément on est absolument partisan de cette impertinence nous éloignant de cette "bonne grosse vie de merde", alors merci et bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao, Quest'è il fiore del partigiano, Morto per la libertà !


▲Charly Fiasco (Punk Rock et Savoir Vivre / Castelginest)

La caricature de ce groupe c'est d'essayer de faire au mieux et d'arriver souvent au pire ne tient pas une seconde quand on pratique en concert la décontraction Charly Fiasco. Le savoir vivre de ces punkers est légendaire, d'ailleurs leur discographie en atteste le propos avec brio. Alors si vous souhaitez un petit excès de folie ordinaire plongez dans cette discussion, vous aurez des réponses réjouissantes à la vie au pluriel, au bruit du silence, à la diagonale du vide, et vous apprendrez avec regret aussi que Black Pigeon n'a plus de plume.



Un concert de Charly Fiasco est tout le temps différent, parce que ce groupe est extraordinairement dans la réalité de la folie ordinaire. Romain Boule ne porte plus de bandana mais la moustache, ce n'est jamais le même bassiste, il se passe toujours un inattendu à ce cet exutoire pour névrosé, il y a autant d'agitation burlesque que d'énergie positive, et ce qu'il y a de certain, c'est que le bonheur communicatif que le groupe libère est réciproque avec cette profondeur d'ajuster avec sagesse une désinvolture tout en exprimant une contestation franche. Outre Charly Fiasco j'en ai profité pour évoquer le groupe Lame Shot dans lequel plusieurs protagonistes de Charly jouent, mais nous n'avons pas évoqué les refrains de pop punk qui ont la coutume d'être uniquement à base de voyelle, notamment le O, mais jamais, Ô grand jamais le Y, pas plus que le U.

Avec le recul je pense que j'aurais dû leur demander si lors d'une composition prochaine ils leur sembleraient raisonnable de conjurer le sort avec uniquement des consommes ?


▲The Decline (Punk Folk Rock / Rennes)

La classe prolétaire colle dans leurs compositions comme la bière un lendemain de fête. The Decline joue du punk/pub rock avec des cicatrices indélébiles et met tout son cœur à l'ouvrage pour que tu reprennes en chœur la chaleur humaine de leur musique. C'est avec ces embruns fraternels que cette ITW dévoile un groupe parlant le langage de la rue et qui largue les amarres.



Un concert c'est un instant de vérité pour communier à travers l’émergence émotionnelle spontanée, on peut bien en parler après, seul le moment vécu demeure indélébile dans le feu passionnel de notre émoi. The Decline a souqué ferme à travers la houle du pit afin de lever ses hymnes prolétaires dans les yeux brillants d'un public chavirant.

On va regretter ce groupe, vraiment.


▲The HypocondriaX (Ségala Hardcore / Cagnac les mines)

On ne rencontre pas le noyau dur du Ségala avec désinvolture, parce que derrière ces gaziers plus de 20 ans de punk dégorge du corrosif. Leur premier E.P est suffisamment explicite pour être une nouvelle véritable explosion sonique dans laquelle le quatuor prend un plaisir à manier le punk HxC. Est ce que ces vétérans devenus enfin adultes écoutent du jazz qui craque  ? Gim le hurleur a t'il un lien de parenté avec Maître Gims ? HypocondriaX est ce que c'est contagieux ?



Leur esprit HxC représente leur influence street & punk rock, à savoir, une exigence brute pour une coolitude scénique. Le groupe envoie ces titres sans filtre, il n'y a pas un chargé de com pour leur dire comment se placer et quoi dire, les 4 coupiiiiiiiiiins transpirent sur scène la même sueur, et leur set injecte une franchise indéniable, forcément c'est l'essence du HxC.

HypocondriaX n'est pas un malade imaginaire, ce serait davantage le docteur qui va te frictionner de ta léthargie.


▲Ben & Fist (Socialement en deçà / Festivement au dessus)

Le WBZ a déjà dialogué avec Ben & Fist il y a peu, toutefois ce trio facétieux qui avance avec indifférence et joie, mérite amplement un deuxième aparté pour une itw deprestivement parfaite pour remuer les zygomatiques !



On était en train de réaliser une itw avec des membres de Pollux quand on a entendu Ben & Fist qui commençait à jouer, et Junk et moi on s'est regardés en une seconde pour lire dans les yeux de l'autre que nous n'aurions pas la possibilité de filmer comme on le souhaitait le set de ces excellents garnements. Mais pendant que je rentrais le matériel dans la pièce, je ne savais pas que Junk était en train de filmer, ce mec devrait avoir une statue au musée Grévin.

Je n'ai vu que la fin, j'espère que vous vous êtes bien éclaté veinard.es !


▲Rooliano & Shak (Acoustic & Love / Kraken Paradise)

Le cocon que partage un chanteur de folk est une indiscrétion émotive, souvent développée par des thèmes liées à des blessures profondes et des bonheurs éphémères toujours mémorables. La communion de deux folkeux permet de doubler la mise, et pour deux garnements qui jouent dans Charly Fiasco, Bias, Dirty Fonzy, c'est aussi la délicatesse d'épouser la chaleur de la folk avec un esprit de punk rocker afin de rapprocher l'intime avec le partage. Rooliano & Shak en expliquent la démarche avec une belle complicité.



Le duo a joué entre les sets sur scène, juste à côté du bar sur une petite scène, au milieu des soiffards, du malt et de la biguine acoustique. Rooliano & Shak ont l'habitude de ce zouk, et ils adoptent leur set en fonction du lieu et de l'atmosphère. Quand ils jouent dans un salon avec une ambiance plus cosy l'interprétation n'est pas la même par exemple.

Donc là dans la mêlée albigeoise c'était plus gras que d'hab et foutrement plus punk rock, pile dans le mood du soir, heyyyy cool !!!



Le bilan pour l'aventure vidéo du WBZ est positif, j'ai eu du mal à me relire en ITW en m'apercevant après la dernière que je n'avais pas mis mes lunettes de vue, tellement prit dans la conversation et l'envie de pouvoir faire ressortir pour chaque groupe la caractéristique singulière de chacun. On s'est foutu quand même la rate au court-bouillon avec 7 ITW dans la même soirée, donc impossible de filmer la totalité de tous les concerts, on le regrette mais ne n'avons pas le don d'ubiquité. Junk a assuré à bête et vous pouvez le féliciter dès que vous le verrez.

Suivez la chaîne WallaBirZine, il y a tous les concerts de cette soirée, et en plus on vous promet de faire mieux, voire pire la prochaine fois !


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lundi, juin 4 2018

TWO TONE CLUB – Don’t Look Back


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The Two Tone Club est un club de qualité, très select au niveau de ses choix musicaux, il est ouvert à toutes et à tous, et c'est le meilleur club, assurément !!

TTC débute sa carrière en 1999 à Montbéliard sur les cendres des ex-Gangsters All Star. Munit d’un spirit 60’s early reggae rocksteady beat des Skatalites, du mood 80’s two tone avec le brassage de The Selecters, l’union de The Specials, le cocktail de The Beat, et avec le sens groOvy et l’élégance racée de The Aggrolites. Il a dans ses hanches des concerts à travers toute l’Europe, avec les meilleurs du genre, et fait que TTC est depuis un pilier en la matière.

Un changement de line up en 2016 propulse un nouveau chemin des possibles. Dix ans après l’excellent « Now Is The Time » produit par l’ex-Aggrolites Brian Dixon, et toujours édité par le label des Productions Impossible Records, avec son titre à la Oasis, « Don’t Look Back » produit par Tony Platt, connu pour ses collaborations variées avec Bob Marley, Aswad,   AC/DC, Motörhead, Gary Moore ou Buddy Guy, affranchit littéralement le groupe. Les guitares sont saillantes ou prompte à vous enlacer de groove, les cuivres satinés par une patine de couleurs luxuriantes, les claviers passionnés par un sens pointilleux de la chaleur, et la rythmique est carrément magnétique. TTC est un orchestre à skanker 14 compositions variées, prêtes pour Clasher une attitude fédératrice punk, avec ce truc si Specials de Coventry.

La musicalité de TTC c’est aussi un sirop doux, fin, pour un raffinement sonore Motownisé. Parfois c’est sec et expurgé au point d’assimilé la classe de Stax avec. C’est dans tous les cas une osmose entre le son original et sa plasticité sonore, l'exigence contemporaine avec le marbre ancien. Avec sa musicalité de mutation eighties, sur le long terme, Two Tone Club est parvenu à se libérer de son admiration pour sublimer sa propre esthétique musicale. On le perçoit finement avec les chorus de sax ou de trompette toujours justes, minimalistes et clinquant d’une patte gracieuse. La justesse et un équilibre des forces mélodiques, harmoniques, pondèrent la frénésie qui se cache derrière. Ce constant est flagrant dans l’intégralité de ce joyau.

On retrouve l'ensemble du mood de TTC, avec une distinction de stabilité et de plénitude dans chaque titre, bénéficiant de succulents instrumentaux, et même northern soul sur « I’m Not Safe With Your Love » le 7’ bonus dans la version vinyle.

The Two Tone Club est un club de qualité, très select au niveau de ses choix musicaux, ouvert à toutes et à tous, et c'est définitivement le meilleur club munit d'un swing phénoménal !!


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dimanche, juin 3 2018

N'iiiiiiiiiiiiiiiiiinculéééé ils l'ont fait !!! ; )


photo.jpg (Photo : Junk et Junkette du département Vidéo du WBZ)


Contre toute attente, les bouseux ont déjoué tous les pronostics, les statistiques et autres prédictions de spécialistes et d'une logique à pognon, en gagnant le planchot de Brennus ce 2 juin 2018, et à Castres cette nuit c'était la Mongolie comme depuis les quarts de finale.


Le rugby des champs a foutu une branlée à celui des villes, avec l'art et la manière d'une profondeur humaine et collective qui a tout balayée, réalisant les douze travaux d'Hercule en homme de caractère comme un péplum à la maciste, ce Castres Olympique est un vaillant champion représentant le prolétariat local. Pourquoi ? Ecoute Daniel :


David a donc torché Goliath parce que face à des mercenaires, la petite équipe du C.O a puisé la force, l'envie, le courage, la pugnacité, l'abnégation dans les fondamentaux de l'ovalie. Écoutez parce que l'histoire est belle, la dramaturgie rare et unique, qu'elle remet le sport dans son jus de lutteur et de guerrier, dans ce sens de l'effort et au mérite : No pain No gain !

Montpellier a fini premier en saison régulière sous l’appellation journalistique orgueilleuse de Terminator, Castres s'est arraché pour terminer sixième, poussant vers les barrages, renversant les montagnes qu'on leur avait prédit infranchissables.

Terminator il meurt dans chaque superproduction, hé con !

Les héraultais n'ont pas saisi l’opportunité avec une équipe essentiellement composée d'étranger qui se fout de gagner un bout de bois, alors qu'en face les gars ont chialé depuis leur enfance en rêvant un jour de soulever le bouclier de Brennus, pour les copains, pour une ville, pour une région, pour le sud-ouest, avec la détermination et le courage, avec le cœur, les tripes et les couilles, les dents toujours serrés, dur au mal.

Tu peux pas comprendre ce que représente la dimension émotionnelle du Brennus, c'est comme si ce foutu bouclier était un totem, et le rituel pour le toucher n'était que la pleine réalisation de ton combat que tu portes en toi jour après jour.

Si il y a des hommes qui jouent au rugby, hier à Castres on a vu se transcender des mâles prêt à mourir sur le terrain l'un pour l'autre, crevant l'écran, dans cette vaillance propre aux valeurs viriles et humbles du rugby, et à ce moment là, quand vient la victoire, vous n'avez plus de voix, juste les bras collés au cieux dans le tintamarre d'un parterre bleu et blanc.

C'était incroyable de l'avoir penser, c'était surprenant de l'avoir dit, c'était juste énOrme de l'avoir accompli ! Le rugby de terroir "la villageoise" a tout vendangé, maintenant reste plus qu'à fêter avec les copains.



jeudi, mai 31 2018

Encycløpédie Müsicåle, T comme..

Triangle : Instrument très technique, dont le niveau d'étude pour en pratiquer la mesure requiert des années d'abnégations et de sacrifices suprêmes.


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lundi, mai 28 2018

LANE – TEACHING NO TO PRAY


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Juste avant que l'an 2000 puisse étourdir religieusement les fidèles en manquent de repère vers la détonation de leur extrémisme, les Thugs avaient fait acte de cessation sur le compte à rebours de leur destinée. Si le mythique groupe était à l'abstraction musicale ce que la peinture de Pollock et Rothko fut en terme de vertige, un manque flagrant de spiritualité sonique s'est fait audible dans le bruit de fond du début du 21ème siècle.

On a souvent considéré dans l'underground les fans des Thugs comme des étudiants proprets, appréciant la fluidité progressive d'un shoegaze/noisy. Pas assez sale, pas assez rock'n'roll, pas assez venimeux, le mur blanc d'élévation musicale semblait trop haut certainement pour les rockers bas du front.

Depuis Seattle sur invitation de Sub Pop en 2008 puis par le Non-Reform Tour, la re-formation des Thugs aura permis de faire découvrir le groupe le temps de quelques dates aux nouvelles générations. Les frères Sourice, Eric (guitare/chant) et Pierre-Yves (basse) se joignent à un autre Sourice, Félix de son prénom et fiston de ce dernier, avec les frères Belin, Étienne et Camille pour la formation de LANE. Twenty Something le label qui réédite les groupes d'hier aura permis de ressouder cet alliage des métaux lourds émotifs, puisque les Thugs (Sourice) et Daria (Belin) fusionnent désormais en Love And Noise Experiment. Le label Nineteen Something naît de cette distinction.

TEACHING NO TO PRAY est direct, empli d'une sincère émotion, d'une authenticité intacte. Entre constat de puissance et volonté d'agir dans une tenace mélancolie sonique et une noise touchante, la musique rageuse et explosive pénètre avec force. C'est un EP 4 titres de speed pop shoegaze transpercé de riffs de guitares lourdes, dopés au cocktail d'ambiances appuyées par moments, et plus légères à d'autres, mais toujours avec un son brut de décoffrage, qui ondule entre un rock poignant emplit d'incursions pop fréquentes et de hautes giclées blanches avec le "pied au plancher".

TEACHING NO TO PRAY érige son mur du son d'Angers comme il suspend des larmes de sang musicale, et ce, jusqu'à ce que son émo-rageuse devienne foudre sonique.


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vendredi, mai 25 2018

La journée de la fête des voisins


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J'entretiens de très bons rapports de courtoisie avec mon voisinage, en garantissant suffisamment de retenue pour ne pas émettre un quelconque attachement réciproque, et avec une distance raisonnable pour que chacun dispose à loisir de sa singularité libertaire.

Nos échanges sont donc simplement épistolaires, puisque je vais signer le livre de condoléance quand l'un d'eux décède.


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