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Tag - Dark

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dimanche, juin 16 2019

OPIUM DREAM ESTATE - Dark Shines


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Opium Dream Estate est un affranchi qui s'éclaire à la bougie avec un Dark néofolk en provenance de Paris, composé de Sébastyén D. (chant, guitare), Guillaume Jannin (basse, choeurs), Flora Gousset (claviers, choeurs) et Vincent Fauvet (batterie, percussions).

Expurgé par un minimalisme assez froid de prime abord, le trouble se dissipe par un gothic blues vapoté par une ambiant crépusculaire. Le quatuor appose une réclusion, comme si sa musique douce et sauvage à la fois était venue avec le vent d'une contrée lointaine. On imagine alors un western capiteux en pleine houle psychédélique, sobre, et écorché de noirceur stagnante.

On y voit l'apparition spectrale du passage vénérien des Doors, la beauté crépusculaire de Nick Cave, la chaleur vaporeuse de Death In June, l'éther du Floyd, l’abîme de Tom Waïts, la conquête de l'ouest de 16 Horsepower. On est dans le songe du réalisateur Jim Jarmush, une estampe de clair-obscur, les méandres de la transe à traverser le Styx, avec la sensation d'un dimanche soir pluvieux, ou l'on mélancolise de ne pas être un noctambule à la capacité sociale adapté pour capter le rire étouffé d'une nymphe, d’une main tendue, d’un regard sibyllin entre une braguette ouverte, un verre de porto et le lancement d'une chenille sur la piste de danse tout à la fois.

Bienheureux l'inadapté à ce monde cynique qui suivra l'empreinte d'un chemin de traverse fait de fureur et de bile, de beauté sombre et de caresse subtile, avec « Dark Shines » il puisera à la source d'une eau purificatrice.


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dimanche, juin 2 2019

HAROLD MARTINEZ – The Grim Reaper


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« Nous sommes entre-nous comme des morts » Louis Calaferte.


The Grim Reaper est une œuvre testamentaire, un rendez-vous au carrefour de ce diable de blues.

Le duo Harold Martinez recueille dans son puits sans fond la joliesse de rendre voix et corps à la douleur. C'est un choc dense de l'entendre avec autant de saveur, de douceur.

La magie incantatoire vocale rappelle la noirceur de Nick Cave avec le tremolo des lamentations du dark blues, et ce chant de reconnaissance que les écorchés vifs gravent dans leur propre chair.

Le disque est habité d'une folk envoûtante, avec l'ombre de Tom Waïts. Il y a des d'arrangements qui s'offrent à la subtilité par une chaleur parfaite, comme une arme lacrymale cachée par une étoffe voluptueuse. L’ensemble est chargé d'électricité émotionnelle pour une pluie salée de cendre purificatrice.

On traverse les ténèbres de ce disque et l'obscurité qui va avec comme un refuge, un repli amer où l'on contemple la rage du désespoir dans le crépitement de feu que l'on sent battre en forgeant le fer intérieur. Il y a des moments d'ivresses, de plénitude et de vertige. Puis le vide surgit de nulle part, dans un noir où l'encre des agitations lointaines murmure que tout s'est asséché et qu'il faut vivre avec ce goût de poison mortel à pleine bouche.

Ce disque est une offrande, une voix dans la nuit où se déchire les oriflammes des morts dans un western crépusculaire.


« Ce que l'on croit quitter ne nous quitte. On ne quitte pas, on s'éloigne.» Louis Calaferte.


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jeudi, avril 11 2019

MLADA FRONTA – No Trepassing


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J'ai connu Mlada Fronta avec le label de musique Parametric nous n'étions pas encore à l'an 2000. C'était beaucoup plus indus, rêche musicalement dans l'esprit, et carrément avant-gardiste, notamment l'album « Dioxydes » en 2005. S'en est suivi une lente gestation musicale jusqu'à 2014. Je me souviens que comme lui, M83 était de Cannes, et qu'il y avait chez les deux une vénéneuse mélancolique, mais plus froide chez Mlada Fronta.

Je ne vous cache pas que j'avais perdu de vue ce groupe, enfin il est tout seul au commande, Rémy. Il a pris un virage synthwave/darksynth et le résultat est d'une fluidité vraiment cool. Cet album est un hommage au slasher movie des 80's.

''No Trepassing'' conjugue à merveille là ou beaucoup de french-toucheur font de l’esbroufe en y plaçant un visuel occulte. Rémy a vingt pige de maîtrise, d'expérimentation et une culture pour en découdre. C'est ce qu'il magnifie depuis l'orée de 2014 avec l'opus Night Run .

Je ne sais pas pourquoi j'apprécie cette musique électronique avec autant de facilité, je la sens plus limpide et libre. Ce qui semble un peu fou c'est que pas mal de personnes du black metAl écoutent de la synthwave, et si vous vous posez la question, il y a dans cette musicalité les versants euphoriques de la mélancolie et de la dangerosité du dark. N'oublions pas que la génération X a vécu l'origine de la musique électronique et même du rap. Culturellement elle a grandi dans la vision fantasmée de l'an 2000, et dans les 80's fluorescentes. C'est en nous et pour toujours. Ce disque est pourtant intergénérationnel, il fait un appel d'air nostalgique et filial. Bourré d'une énergie rythmique et de mélodie aussi fiévreuse que trépidante, l'album est et demeure vraiment aussi cool à consommer que profond à consumer.

Vous trouverez des CD de Mlada Fronta par le biais de Music Fear Satan, et trouverez la musique du futur des 80's versus 2.0.


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jeudi, avril 4 2019

HUATA –  Lux Initiatrix Terrae


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Huata n'a jamais conçu le même disque.

C'est quand même assez balèze dans le doom.

Fondé dans les bas-fonds sépulcraux du post-Electric Wizard, le groupe a depuis foncièrement rebouté l'ensemble de ses disposions musicales.

Ce nouvel opus "Lux Initiatrix Terrae" possède à la fois la verticalité d'une cathédrale, l'apesanteur sonique d'une cérémonie de ventre-bleu protestante Pink Flyodienne, l’onctuosité planante de Mars Red Sky, d'une nimbée spectrale de caresse post-rock islandaise...Et même de cette douceur des profondeurs de descendre dans les profondeurs éthérées de l'obscurité de Year of No Light.

Ceux.lles qui ont cru voir le groupe comme une bande de moines bénédictins à la solde de Belzébuth ne verront dans cet album qu'un bain de clocher doOom pieusement rectiligne dans son cheminement musical, avançant pas à pas feutrés dans les délices d'une ornementation gigantesque. Mais comment ne pas voir les oripeaux fantomatiques de l'orgue et ces longues colonnes baroques, cette résurgence divine de cantiques maléfiques, jouxtant dans chaque titre le murmure du diable et de son précipice ?

Le disque grandit en vous avec cette luminosité teintée de vestige, de vertige. C'est une histoire de S-F, de conte horrifique tout à la fois...Peut-être de funéraille mélodramatique offerte comme le ravissement que les gothiques éprouvent devant un linceul capiteux.


C'est un grand disque Belzébuthien, oniriquement subliminal, cérémonieusement languide, lumineusement spectral.


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dimanche, mars 17 2019

KINK DUDE – Music To Make War To


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" Hey Dude, don't make it bad, Take a sad song and make it better, Remember to let her into your heart, Then you can start to make it better. Hey Dude, don't be afraid, You were made to go out and get her, The minute you let her under your skin, Then you begin to make it better, And anytime you feel the pain, hey Jude, Don't carry the world upon your shoulders..."


King Dude aka Thomas Jefferson Cowgill. a débuté à Seattle entre le Black Metal (Book Of Black Earth) et le Hardcore (Teen Cthulhu), puis a déposé les armes pour fonder son projet Néo Folk en 2006. On pourrait dire que King Dude est descendu du manège ascensionnel Helter Skelter, il a fui pour finir par se tailler une solide réputation de songwriter dans les veines boisées du folk rock ténébreux. Il signe un premier album Love en 2011 chez Van Records suivi de près par Burning Daylight en 2012.

Dans les denses forêts noires de l'Etheral Wave, Blues occulte et röck gothique, le Dude terrasse dans la noirceur. C'est licencieux, alangui par de subtile perversion goutteuse. Il continue avec des splits et des albums Songs Of Flesh & Blood - In The Key Of Light 2015, " Sex " 2016, avec le passé et l'avenir qui se frottent leur épaisse amertume dans des mélodies qui retentissement en nous et éclairent soudainement notre obscurité. Ainsi se libère des désirs tyranniques, faits de colère et de regret insatiable. Le king nourrit sa plainte, aiguise sa faux et consume son bûcher, il est son propre bourreau vengeur.

Ce nouvel opus, un vaste obscur objet du désir, est une nouvelle façon de faire ressusciter dans le fiel de la blessure existentielle la douceur ténébreuse du lichen mélancolique. Le chant est mâle et sombre dans le spleen. La musique vient sourdre l'obscurité jusqu'à lui donner l'apparat d'une beauté gracile. La profondeur de champ est aussi vertigineuse qu'un ciel étoilé. On ferme les paupières et laisse rentrer le désordre harmonieux du spleen.

« Music To Make War To » est un opus beaucoup plus venimeux, il temporise la danse macabre du dark rock, et parfois même la lascivité euphorique qui nous prend quand on plonge dans le crépitement des enfers.


Il ne faut jamais rien garder en momies, mais parfois on succombe vers cette certitude amoureuse qui respirait l’éternité...


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