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samedi, avril 25 2020

REGARDE LES HOMMES TOMBER - Ascension


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Le sacrifice ascensionnel sied si bien qu'il procure dans la solitude de douces larmes et de violentes jouissances mélancoliques . 

Je ne sais pas ce qu’il y a de plus épanouissant à la fin, le fait de savoir que l’on va mourir un jour, que rien ne s’arrêtera pour autant, ou de tout oublier parfois ? C'est dans cette forme d'inconnu que la vie impose sa gravité à l'heure des choix que chacun effectue pour se réaliser. Nous gravissons tous.tes notre montagne souvent dans le mythe de Sisyphe. Mais qu'importe, nous gravissons...Et le précipice est à chaque pallier de plus en plus haut. Regarde Les Hommes Tomber est le conteur de cette vérité de cordée.

La profondeur d'une musique qu’un homme voue à son culte ne correspond pas à la mesure de son érection (entendre par altitude). Ce n’est pas la taille érectile en soi de cette passion qui importe, mais l’intensité pérenne de sa ferveur. Il est en fortement question avec cet album, soupesant une foi en quelque chose qui érige et vous soulève, vous plaque et vous submerge de sa forme abyssale.

Au fond du gouffre de cet opus regorge cet amas de récif tranchant, entaché de ces poids qui ne se nomment que dans le sang versé. A la fois informe et sombre rendant poisseux toutes pensées sans même connaître la nature exacte de ce qui alourdit l’élan vital de sa force de propagation sonique, ce récif corallien est asphyxié de pesanteur comme la beauté de ce monde, et il sait asseoir une atmosphère dans le terreau spleenétique de sa puissance obscure pour en vous affranchir tout à la fois.

On traverse cette nuit fleuve dont les âmes sont étranglées depuis longtemps par l'amer sans rien connaître de cette formule magique que la mélancolie lunaire révèle entre les branches mortes, comme un fruit du printemps s'ouvre. Cet album que l'on arraisonne lorsque le commencement du terrible que nous supportons encore vient à rugir, nous appâte par ses tensions et son souffle distinct. On en vient ivre de ciel ombrageux et de vertige sensoriel profond à nous accroupir à sa sentence. Si nous l'admirons après tant de crépuscule inassouvie c'est qu'il dédaigne indifférent de nous détruire. Alors ne cachez pas vos cicatrices, elles font de vous qui vous êtes.

Enregistré par Francis Caste (Hangman's Chair, Black Zombie Procession, Klone, Loudblast, Ovtrenoir, Svart Crown...), lequel a libéré le joug pour un Black Metal moderne, progressiste de muraille sombre, et de tension palpable à l'agressivité émotionnelle dans tout ce qu'elle possède de retranchement et de libération.

« Ascension » est une merveilleuse lumière au noir clocher.


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jeudi, janvier 9 2020

CALABRESE – Flee The Light


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Prince du horror punk, le trio Calabrese de New-York revient hanter nos nuits avec un album cousu dans l'écrin satiné des Misfits, The Cult, Bauhaus.

Comme les Ramones, Bobby Calabrese, Jimmy Calabrese, et Davey Calabrese ont le goût du savoir-faire punk-gum autour du culte de la représentation. Le groupe met en perspective toute la parodie Horror punk par une vision du show. Le real rock'n'roll n'est jamais loin d'eux non plus, et capable de vous foutre des Cramps.

Paranormal, vampirisme, et autres joyeusetés macabres, Calabrese est le genre de groupe qui fête Halloween toute l'année et à ciel ouvert. L'ambiance musicale est maligne et regorge de son aspect propre au cinoche de série B à Z, tout en étant davantage accès vers la Hammer Film Productions (société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934).

« Fell The Light » est catchy en soi, bien entendu, les titres claquent, toutefois il s'en dégage une atmosphère gothique bien particulière. C'est drôlement bien foutu, l'impression de prendre le train fantôme, c'est à la fois cool et saisissant de charme surannée.

Sans en faire des caisses, ce nouvel album est caractéristique de la saveur pur jus de Calabrese, avec une morsure plus venimeuse qu'à l'accoutumée pour sa faculté romantique de la mort, de sa luxure rock'n'roll, et de sa claque punk en rossant des fesses rougies d’extase gothique.


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dimanche, juin 16 2019

OPIUM DREAM ESTATE - Dark Shines


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Opium Dream Estate est un affranchi qui s'éclaire à la bougie avec un Dark néofolk en provenance de Paris, composé de Sébastyén D. (chant, guitare), Guillaume Jannin (basse, choeurs), Flora Gousset (claviers, choeurs) et Vincent Fauvet (batterie, percussions).

Expurgé par un minimalisme assez froid de prime abord, le trouble se dissipe par un gothic blues vapoté par une ambiant crépusculaire. Le quatuor appose une réclusion, comme si sa musique douce et sauvage à la fois était venue avec le vent d'une contrée lointaine. On imagine alors un western capiteux en pleine houle psychédélique, sobre, et écorché de noirceur stagnante.

On y voit l'apparition spectrale du passage vénérien des Doors, la beauté crépusculaire de Nick Cave, la chaleur vaporeuse de Death In June, l'éther du Floyd, l’abîme de Tom Waïts, la conquête de l'ouest de 16 Horsepower. On est dans le songe du réalisateur Jim Jarmush, une estampe de clair-obscur, les méandres de la transe à traverser le Styx, avec la sensation d'un dimanche soir pluvieux, ou l'on mélancolise de ne pas être un noctambule à la capacité sociale adapté pour capter le rire étouffé d'une nymphe, d’une main tendue, d’un regard sibyllin entre une braguette ouverte, un verre de porto et le lancement d'une chenille sur la piste de danse tout à la fois.

Bienheureux l'inadapté à ce monde cynique qui suivra l'empreinte d'un chemin de traverse fait de fureur et de bile, de beauté sombre et de caresse subtile, avec « Dark Shines » il puisera à la source d'une eau purificatrice.


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dimanche, juin 2 2019

HAROLD MARTINEZ – The Grim Reaper


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« Nous sommes entre-nous comme des morts » Louis Calaferte.


The Grim Reaper est une œuvre testamentaire, un rendez-vous au carrefour de ce diable de blues.

Le duo Harold Martinez recueille dans son puits sans fond la joliesse de rendre voix et corps à la douleur. C'est un choc dense de l'entendre avec autant de saveur, de douceur.

La magie incantatoire vocale rappelle la noirceur de Nick Cave avec le tremolo des lamentations du dark blues, et ce chant de reconnaissance que les écorchés vifs gravent dans leur propre chair.

Le disque est habité d'une folk envoûtante, avec l'ombre de Tom Waïts. Il y a des d'arrangements qui s'offrent à la subtilité par une chaleur parfaite, comme une arme lacrymale cachée par une étoffe voluptueuse. L’ensemble est chargé d'électricité émotionnelle pour une pluie salée de cendre purificatrice.

On traverse les ténèbres de ce disque et l'obscurité qui va avec comme un refuge, un repli amer où l'on contemple la rage du désespoir dans le crépitement de feu que l'on sent battre en forgeant le fer intérieur. Il y a des moments d'ivresses, de plénitude et de vertige. Puis le vide surgit de nulle part, dans un noir où l'encre des agitations lointaines murmure que tout s'est asséché et qu'il faut vivre avec ce goût de poison mortel à pleine bouche.

Ce disque est une offrande, une voix dans la nuit où se déchire les oriflammes des morts dans un western crépusculaire.


« Ce que l'on croit quitter ne nous quitte. On ne quitte pas, on s'éloigne.» Louis Calaferte.


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jeudi, avril 11 2019

MLADA FRONTA – No Trepassing


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J'ai connu Mlada Fronta avec le label de musique Parametric nous n'étions pas encore à l'an 2000. C'était beaucoup plus indus, rêche musicalement dans l'esprit, et carrément avant-gardiste, notamment l'album « Dioxydes » en 2005. S'en est suivi une lente gestation musicale jusqu'à 2014. Je me souviens que comme lui, M83 était de Cannes, et qu'il y avait chez les deux une vénéneuse mélancolique, mais plus froide chez Mlada Fronta.

Je ne vous cache pas que j'avais perdu de vue ce groupe, enfin il est tout seul au commande, Rémy. Il a pris un virage synthwave/darksynth et le résultat est d'une fluidité vraiment cool. Cet album est un hommage au slasher movie des 80's.

''No Trepassing'' conjugue à merveille là ou beaucoup de french-toucheur font de l’esbroufe en y plaçant un visuel occulte. Rémy a vingt pige de maîtrise, d'expérimentation et une culture pour en découdre. C'est ce qu'il magnifie depuis l'orée de 2014 avec l'opus Night Run .

Je ne sais pas pourquoi j'apprécie cette musique électronique avec autant de facilité, je la sens plus limpide et libre. Ce qui semble un peu fou c'est que pas mal de personnes du black metAl écoutent de la synthwave, et si vous vous posez la question, il y a dans cette musicalité les versants euphoriques de la mélancolie et de la dangerosité du dark. N'oublions pas que la génération X a vécu l'origine de la musique électronique et même du rap. Culturellement elle a grandi dans la vision fantasmée de l'an 2000, et dans les 80's fluorescentes. C'est en nous et pour toujours. Ce disque est pourtant intergénérationnel, il fait un appel d'air nostalgique et filial. Bourré d'une énergie rythmique et de mélodie aussi fiévreuse que trépidante, l'album est et demeure vraiment aussi cool à consommer que profond à consumer.

Vous trouverez des CD de Mlada Fronta par le biais de Music Fear Satan, et trouverez la musique du futur des 80's versus 2.0.


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