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Tag - Dark

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dimanche, février 12 2017

KING DUDE – Sex


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Thomas Jefferson Cowgill a débuté son art par la noirceur du black metal avec Book of Black Earth et le hardcore de Teen Cthulhu, sans jamais trouver la formule adéquate pour dégorger son éducation. Car voilà un gars atypique issue d’un divorce, élevé au spiritisme par une mère lunaire pratiquant les incantations païennes, et par un père priant les cieux en buvant jusqu’à la lie le sang du Christ en bon chrétien américouain. Tout sera affaire d’astres pour ce dandy gothique qu’est King Dude qui enfantera comme par magie noire à un mystique « Apocalyptic Folk », un sous-genre de Johnny Cash chez les gothiques, brûlant dans l’essence de Nick Cave les restes de Death In June sous le regard fantomatique de Buddy Holly et la bienveillance de Bob Dylan.

King Dude est un projet né d’un coup de bluff, une esquisse rageuse envers une colère sourde, reposant sur une rédemption luciférienne qui épouse le charme des balades vespérales innocentes pour mieux nous crucifier à son autel caverneux. On s’accorde dans ces méandres musicaux à puiser un esprit sein à téter pour trouver l'obscurité dans l'étincelle de ce folk, et y crever de ce poids mort existentiel pour ne plus être mauvais.

Mourir c’est renaître après, et King Dude applique ce genre d’illumination remplit d’amour et de lumière que les coups tordus de la vie changent en désespoir et amertume. Sa formule de politesse pour signer son acte de pensée est tout aussi clairvoyante : “With the Love, Light and Glory of Lucifer upon us all! “- King Dude

Une fois encore le Dude nous confie les passages sombres de sa genèse avec « Sex », dont la famille Manson cristallise l'horreur satanique. Il en est question ici.

Avançant dans la pénombre blafarde, le disque déroule sa funèbre torpeur musicale avec l’aspect cadavérique du dark-rock. L’ombre de Sister Of Mercy plane dans les atours funestes de l’américain et aussi celle de Tom Waits, qui supplante même tout, et de loin. Car King Dude sait parfois faire retentir un blues lugubre, faire rutiler un vieux truc lointain qui vient de l’âme, et dans ce genre d’amertume émotionnelle qui en délivre toute la portée sépulcrale. Le côté bancal de son approche sonore (pour ne pas dire lo-fi), apporte une dimension atrabilaire, permettant d’intensifier à bon escient la face éplorée et mortifère. Maiiiis tout n’est pas tout noir dans « Sex », car cet homme sombre a la bonne idée de remettre du punk dans les esgourdes pour fluidifier la gravité de certain de ses titres. Alors il en profite pour sulfater avec un esprit bordélique de garage rock punk, et ça refout un coup de peps bienvenu ici-bas.

J’ai énormément apprécié au Hellfest 2016 sa prestation, en un instant de plénitude noire, contrastant avec la théâtralité excessive de la majorité des groupes du Hellfest. D’autant plus que j’avais moins accroché à son album « Songs of Flesh & Blood - In The Key of Light », il me manquait une épaisseur à la fois sombre et cotonneuse qui en faisait tout le charme et l’épaisseur lors du concert. Chose que je retrouve avec cet opus, bien plus fourni, malléable avec ses atmosphères que l’étaient les précédent opus. Il y a aussi un côté robotique punk à la Devo en filigrane et puis une face new wave pour apporter de la profondeur de ton à l’ensemble.

Oui King Dude a pour ainsi dire fait acte de modifier sa messe, et ceci n’est pas pour me déplaire.

Voilà un album vraiment cool, tant il regorge de différent moods, tout en restant dans la cohérence. Je pense qu’il a voulu court-circuiter cet aspect trop macabre, trop sérieux et souffreteux. Par ce fait de multiple alternance il apparaît encore plus humain avec cette diversité, tout en restant dans ce pathos qui en a fait son sceau dès que le ton s’aggrave vers les ténèbres intérieures. C’est un contrat maléfique très justement admis par la forte acuité sensitive du mal qui touche à l’émotion pure ici, car cela fait mouvoir un envoûtement de méditation et d’occultisme à la fois que l’on ressent comme une brûlure intense et pérenne à son écho.

Mon conseil : « Sex » est un disque à écouter en lisant « California Girls » de Simon Liberati.


vendredi, décembre 16 2016

TREES OF ETERNITY - Hour Of The Nightingale


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“La femme est l'être le plus parfait entre les créatures; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.” Honoré de Balzac

D'après les lettres de noblesse que le metal gothic se charge d'en imposer la lecture pour sa façon de déposer des plumes d'ange avec la flamme purificatrice du guerrier nordique, Trees Of Eternity en élève la douceur volcanique avec son premier opus.

Le groupe est né de la coopération entre le guitariste Juha Raivio (SWALLOW THE SUN) et la chanteuse Aleah Stanbridge (qui avait collaborée aux derniers opus de SWALLOW THE SUN et AMORPHIS).

La particularité de cet album réside dans sa sortie à titre posthume puisque Aleah Stanbridge est décédée le 18 avril 2016 dernier d’un cancer. Forcément l'écoute n'est plus la même, car elle se charge d'une torpeur mélancolique très forte.

Plus qu'un hommage, ce disque est en lui-même source d'une caresse profonde avec laquelle nous cherchons entre le Soleil et la Lune le signe qui démontre qu'elle est au paradis, tant le poids suprême de l’obscurité renferme avec lui la brillance du rayonnement vocal de la belle reine défunte.


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“Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend.” Arthur Rimbaud

Son chant est « capable de changer le jour en la nuit la plus sombre, ou changer l’obscurité en une lumière aveuglante avec un seul mot ou murmure. » dixit Juha Raivio à son propos.

Leur musique est souvent décrite comme une mélancolie down-tempo avec l'angélisme d'une voix féminine fantomatique, et se rapproche par accointance du métal symphonique pour ce contraste de force masculine et de douceur féminine. Le cœur de leur mélopée mélancolique est véritablement noir (un doom vespéral) et brisé (mélancolique), mais à chaque fois résonne cette voix d’ange qui transperce l’obscurité comme une flèche enflammée.

Les autres musiciens participant à l’album sont les guitariste et bassiste Fredrik Norrman et Mattias Norrman (OCTOBER TIDE, ex-KATATONIA) et le batteur Kai Hahto(WINTERSUN, NIGHTWISH, ex-SWALLOW THE SUN). Les chanteurs Mick Moss (ANTIMATTER) et Nick Holmes (PARADISE LOST) apparaissent chacun sur une chanson.

Juha Raivio concluait à propos d’Aleah « Je n’ai jamais rencontré une personne et un musicien plus connectée avec l’essence-même de l’émotion absolue et l’âme de chaque note et mot qu’elle a écrit ou chanté. Elle voulait que sa musique et ses paroles soient à cent-dix pour cent honnêtes et sincères, absolument rien en dessous n’aurait convenu. La musique était sa religion et passion, une porte vers son âme et au-delà. Il n’y aura jamais d’autre compositrice comme elle ou voix comme la sienne. »


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“Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.” Charles Baudelaire


dimanche, novembre 20 2016

DARKHER – Realms


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Darkher est une prêtresse à la spiritualité sauvage. Elle est ce souffle froid de la mélancolie profonde qui donne vie et corps à la chaleur d'une musique planante de l’au-delà !

Darkher, (Jayn H. Wissenberg) introduit sa nébuleuse dreampop-NewWwave (Cocteau Twins, Dead Can Dance) par le biais de la clarté blafarde de sa coldwave pour un dark Rock incandescent et lumineux, capable de volupté obscure avec des mélodies tristounettes pour faire vibrer l'intensité d'un morceau mélancolique, voire féerique.

Il y a dans cette musique une inspiration liturgique et médiévale aux sonorités incantatoires, voire magiques, accentuée par des paroles sombres et introspectives, qu'accompagnent une dose de tristesse propre à la dark-wave.

Même si le rêve est l’enfouissement des émotions et que l'époque en exècre l’abandon car :


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« Realms » calque dans sa part de crépuscule, l'alcôve primitif du bouleversement que la fin de la nuit provoque quand l'aurore naissante surgit.


vendredi, octobre 21 2016

BLOODY HAMMERS – Lovely Sort Of Death


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Si mes souvenirs sont exacts, j'ai rencontré Bloody Hammers via un premier album émérite, « Spiritual Relics », lequel avait entériné en 2005 le salpêtre heavy/doOom avec le regard d'Alice Cooper sur Blåck Sabbath, et avec parfois un petit côté stoner à Hermano salement catchy, au point que l'ensemble était assez démoniaque comme trip.

Après une longue absence, en 2012 le groupe renaît de ses cendres pour adjoindre un grain plus hævy avec une atmosphère envoûtante, des sonorités hypnotiques de psyché rock pour un opus éponyme de rock Øccult doomesque, avec lequel on avait fait un pacte avec Satan, ouaie carrément le 666ème. C'est en 2014 avec le moyen « Under Satan’s Sun » et son doom heavy traditionnel que le bas blesse, même si munit tout de même d'une succession truculente de référence à la pellicule bis occulte, et parfois avec un zeste de musicalité gothique, histoire de souffler sur les toiles d’araignées, cela n'avait pas suffit à la déception, car cet album suivait d'un peu trop près la meute d'occultisme pour véritablement se sortir la tête du troupeau bêlant le stéréotype.

"Lovely Sort Of Death" est un opus qui reste dans le cimetière, il se déplace des ténèbres vers le prisme sombre des corbeaux, tout en étant orienté sur le rock, mais bien dark.

La voix chaude épouse à merveille la basse vrombissante, le rythme fait danser les cimetières, la guitare égrène cette mouvance cadavérique du dark-rock, et l’amertume mélancolique du synthétiseur flotte dans l’éther à travers une orchestration sèche, dépouillée, l'ensemble étant munit d’une production cossue.

Sans jamais apparaître redondant, le groupe mélange les genres, du shock-rock avec du doom, du gothic-rock avec de la dream pop, et « Lovely Sort Of Death » devient aussi ténébreux que gracieux. Anders Manga et sa compagne Devallia sont de fervents érudits, alors la maîtrise de leur conte ensorcelant embrasse avec la passion du röckDarkwAve, tout en séduisant les fans de Type Of Negative, Paradise Lost, Sisters Of Mercy, The Cure, Fields Of Nephilim, My Dying Bride.

Le très Ghostien « The reaper comes » demeure un titre d'exception dans la procession des autres chansons, et au final reflète un album bien cool, suintant le dark & l’occultisme vintage, enrobé par un son léché, et peut-être même une saveur pop pour que le plus grand nombre accède sans difficulté à son mausolée, sans se piquer les oreilles outre mesure. Puisque ce n’est pas le genre de musique gothique où tu te flagelles les veines avec des lames de rasoirs. Là c’est un peu de cire chaude sur les tétons, et cela ne va pas plus loin.



samedi, septembre 17 2016

WORMFOOD – L'envers


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Chef de file d'une mouvance gothique au french-flair horrifique, Wormfood a poli son cinquième opus «  L'envers » comme un diamant noir conçu dans un rituel de messe rouge.


Depuis 2011 et l'album « Posthume » Wormfood anciennement black-métal-doom-goth s'était enterré dans les catacombes de l'oubli. Puis la caresse du temps a purifié la pierre de sa nécropole, et en cette année de l'an de grâce 2016 les fantômes resurgissent avec dans leur ombre, une savoureuse œuvre noire. Laquelle n'est pas un cirque macabre, mais un Théâtre du Bizarre, érudit et esthète de l'opulence gothique.

Le groupe se compose désormais à la guitare d'Emmanuel "El Worm" Lévy (ex Carnival in Coal, Erdh), nanti au milieu des ténèbres qu'il clame au chant avec la désinvolture princière d'une ode caverneuse. Renaud Fauconnier (ex Borgia, Abstrusa Unde, Ketelo Tropo, Psy K Trip) à la guitare, Vincent Liard (Lonah, Désert Orange) en tant que bassiste, à la batterie Thomas Jacquelin (Öxxö Xööx, Lugnasad, Anus Mundi, Régiment), et Pierre le Pape (Embryonic Cells, Kim's Over Silence, Melted Space) au clavier. Il y a aussi en guest, Paul Bento (Carnivore, Type O Negative, Metal Health Association) au sitar, et Axel Wursthorndes (ex-Carnival in Coal) aux claviers, dont l’enregistrement de cet opus se fera dans son Walnut Groove Studio.

« L'envers » est un conte d'enfer !


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Une sorte d'opéra-gothicÖrock de torpeur angélique pour fable démoniaque. Doté d'un dark metal aux ambiances oppressantes de crypte glaciale, capable de vous transfuser sa sanguinaire histoire de tourmente, l'ensemble est un trip grandeur nature de noirceur globale, glauque, et inquiétante. Oui rien que pour une telle œuvre singulière le groupe va s'attirer la loyauté d'adeptes respectueux et dévoués à son idylle sonique...Ou bien alors, les fans de la comtesse Bathory.

On craque sous le charme vampirique de cet œuvre vénéneuse, où l'épiderme émotif des chansons est violacée par les blessures assassines dans le cœur même du conte. On suffoque dans ce mausolée musical comme un ver au milieu d'une charogne, face à la mise à nu de cet émoi emphatique qui grouille de nous asticoter l'âme noire sans cesse.

Le tempo est lent, l'ambiance lourde et lugubre y dépose des nappes de guitare et de clavier d'impureté poétique. Le chant susurre dans la langue de Necrorian, tout en suçant la moelle de Bram Stoker. Il suture les plaies ouvertes des textes léchés dans un encrier d’hémoglobine, embaumant de par ses fragrances de velours, des désirs inassouvis.


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Wormfood maîtrise le sens de la composition par sa connaisse de l'expérimentation sensorielle. Il en contamine la beauté plastique par son approche d'une théâtralité lugubre. Les morceaux bénéficient d'une pertinence qui œuvre à nous faire contempler cet édifice artistique inimitable et impressionnant, pour ne pas dire unique. Vous apprécierez la finesse de la lame découpant dans la chair textuelle, en décomposant chaque tableaux cauchemardesques et sulfureux avec la minutie d'une perversion outrecuidante. « L'envers » est pavé de bonnes intentions, c'est un croque-mitaine mirifique qui ouvre le cercueil cauchemardesque d'une musique idoine de Black-doom-goth à la saveur surannée, baignant dans son jus pour que tombe le rideau d'une désinhibition artistique. C'est une sorte de comédie humaine d'Honoré de Balzac vicieusement Sadienne et sanglante, immoralement intense, avec sa prestance rappelant le théâtre du Grand Guignol (1896/1963) à Paris, dans le IXe arrondissement impasse Chaptal.

Tous les gothiques se flagellent les tétons devant cette œuvre macabre, grande de perversion musicale, tout simplement sang pour sang (im)mortelle !

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La production honore la voûte musicale de ce mausolée à ciel ouvert, et apporte avec la lenteur nécessaire au bon développement des différentes atmosphères funéraires, glauques, malsaines, funestes de cette luxure Baudelairienne.

L'objet est flatté d'un format DVD, magnifiquement illustrée par un livret à l'esthétique visuelle somptueuse. Je vous en conseille l'achat auprès du label Apathia Records.

Il ne fait pas un pli que le groupe sortira gagnant d'une curiosité malsaine, tant Wormfood cuisine une théâtralité gothique au petit oignon fantasmagorique, en réalisant les fantasmes goûtus pour puristes averti(e)s.

MouaAhahAhahAhahAh !!!


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lundi, mai 2 2016

ABYSMAL GRIEF – Strange Rites Of Evil


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Si Lux Interior était encore en vie, il serait vampire et ferait exactement le même groupe que Abysmal Grief.

Proposant une musique aussi tendu qu’un œuf de Pâques, le groupe dispose du subterfuge anticlérical pour moissonner son champ d’action...Je serais toutefois peiné d’apprendre que cette information ait eu une incidence fâcheuse sur votre sommeil réparateur.


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Les transalpins procèdent à l’incantation occulte avec les ombres de leurs frères de sang Mortuary Drape, The Black, Death SS.

Le groupe existe depuis les 90’s et se promène depuis dans un cimetière avec le triptyque : deuil, tristesse, obscurité.

Oh oui tout tourne autour du thème de la mort. Les atmosphères crépusculaires sont plus proches de la hammer que d’un giallo..Mais les émotions… restent noires.


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C’est à la fois kitch pour cette ambiance de kermesse diabolique, un brin baroque avec des chœurs sataniques (à la place des chants grégoriens) et avec la prédominence de l’orgue à Dracula. La procession est dOöminatoire, la rythmique suit le pas processionnaire de ce rituel ? Funérailles ? Sacrifice ? Ou peut-être bien carrément des trois.

Le band n’est pas un profane, car outre un rapprochement avec la musicalité de Candlemass, on pourrait l’affilié avec Dani Filth, tant l’ambiance gothique surannée est séduisante et dépravée. On pense aussi à la sécheresse de Christian Death, et à sa tragédie passionnelle.

Si religieusement blasphématoire dans les sentiments qu'il invoque, on pénètre cet album comme dans la brume sombre du Styx, convoquant les obscurités mortuaires et fantomatiques d’une musique excentrique.

Chose pour le moins équivoque dans le saugrenu, on remarquera la présence d'un clavecin sur le titre « Dressed In Black Cloaks ».

Saluons donc cette audace de ré-ouvrir le cercueil d'un instrument décédé avec la grandeur ampoulée de circonstance qu'il convient d'apporter.


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Pendant l'écoute je me disais que tout le monde a vécu une tragédie dans sa vie, qu'importe la gravité, seul importe l'influence à laquelle elle s'est gravée dans nos mémoires. Un ami d'enfance avait, tout minot, attaché son petit chat à l'arrière de sa bicyclette avec des tendeurs pour le promener. Il ne s'est rendu compte qu'assez tardivement qu'il transbahutait la carcasse d'un chaton qu'il avait étouffé.

La tragédie humaine remplit un bon nombre d'albums, et malgré la cruauté à laquelle l'homme y puise sans cesse dedans pour en ébahir son succès, j'en viens toujours à me demander si avec le poids de la raison qui est la mienne, je ne devrais pas parfois mentionner le fait que c'est outrageant d'en constater l'effroi, avec le même sarcasme que l'on en accuse le diable ?


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Voilà c'est un très bon album au demeurant dont je vous en conseille l’étude, avec un chant qui tremblote de la glotte comme les bougies d’un chandelier par le souffle d’un défunt atrabilaire. Je ne saurais cependant prétendre que la grande attractivité de ce groupe tient en tout et pour tout dans ce recueil démodé, théâtral et quasi caricatural, au point de s’en moquer parfois avec un ricanement persifleur, pour finalement satisfaire la tentation suprême d’y échoir avec félicité et croyance.

Appeler le 18 !


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vendredi, avril 8 2016

MYRKUR - M


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Sous prétexte que l'on est femme la société patriarcale exige de vous une soumission, et impose de vous abstenir de rugir. Honte à tous ces cons !

En tant qu'homme si tu dis cela devant un par-terre de mâles éduqués à la société patriarcale, ni une, ni deux, on te pose la question un brin taquine et machiste:

Mais qui est ce qui porte la culotte à la maison ?

Et bien je vais vous répondre le plus sincèrement. C’est ma femme, et je le dis sans honte, moi, je ne mets que des boxers.

Voilà, chaque fois je me sens obligé de remettre une couche sur le combat perpétuel des femmes à exister en tant qu'homme universel. Franchement c'est chiant, faites vous une raison une fois fois pour toute merdeeeeeeeee !


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Elle est blonde comme les blés de la Rhur, blanche comme la neige scandinave, douce comme la pureté des lacs baignant dans la quiétude nordique. Elle c’est Myrkur.

Nom profane et indivisible d’une femme, dont l’album de louve nous fait nous lover dans la chaleur crépusculaire et éthérée de son dessein musical. Elle est femme et immédiatement attise les regards noirs des mâles pour qui la pureté originelle de leur style musical se doit d'être interprété uniquement par des hommes purs.


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Myrkur est musicienne évoluant dans un style musical sombre. Son appel ensorcelant de sirène devenant sorcière maléfique applique sur nous les apparitions de centaure, licorne, paon gracile qui gambadent en toute insouciance jusqu’au petit lapin égorgé. L’ode endiablée de Myrkur figure un univers féerique avec cette puissance de contraste pour le vice absolue d’en dézinguer la fragilité par une beauté féroce, aussi neurasthénique qu’exaltante et tellurique à la fois.

C’est dans ce cadre bucolique que la parure paganiste redevient naturelle, qu’elle s’offre à sa vision légendaire...Et à sa noirceur.

Myrkur dispose du chant nordique du cygne noir. Elle est aussi belle que féroce. Sa fragilité est un leurre assourdissant. Je m’attendais à prendre de la neige carbonique sous un brouillard maléfique, je fais face à du grésil sous le clair-obscur d’aurores boréales musicales. Il y a dans ce moment-là une intense et apaisante sensation à toucher le Graal de la pureté nordique, et de sa magie noire incandescente.

Myrkur fait fondre la fonte des neiges pagan avec l’acier du black, vous voilà prévenue.


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J'ai poussé la réflexion avec le titre de son album « M », peut-être comme M le maudit, film de Fritz Lang. Je lui ai vu une correspondance. Myrkur est maudite pas des hommes qui se disent pur car elle leur fait peur avec ses pulsions musicales. Bref, vous vous ferez une idée sur la question si le cœur vous en dit...

L’homme a soif de sang, et il regarde le ciel quand il est repu. Mais ce que l’homme a le plus besoin dans sa vie, ce n’est pas de divin, mais de poésie, et Myrkur est une poétesse aux multiples charmes maléfiques, capable de faire battre/rompre le cœur des hommes, et de faire circuler leur sang jusqu'à les vider exsangues.

Myrkur déploie ses ailes séraphiques en baisant l’anathème virulent d’un black métäl onirique et végétal.


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