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Tag - Dark

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samedi, novembre 13 2021

THE FUNERAL WAREHOUSE - Hours & Days


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The Funeral Warehouse est un trio post-punk/indie rock parisien. À l'initiative de ce projet il y a le chanteur/guitariste Sébastien Defiolle pour agiter les fantômes de la cold wave britannique de la fin des 70's.

Le duo prend corps avec le bassiste Aurélien Jobard avec un supplément d’âme shoegaze et la batterie de Rodolphe Goujet, c'est ainsi que le wall of sound de The Funeral Warehouse a pris feu, racine et  vie. Formé en 2010, le groupe a sorti des ep's en téléchargement libre, "Hourglass & Waterlilies" et "Behind The Wall" ainsi qu'un maxi. Il est influencé par The Cure, BRMC, Joy Division, Virgin Prunes, Interpol, Fields of the Nephilim, A Place To Bury Stranger, et leur premier album, « Hours & Days » via le label Icy Cold Records en forme toute la voute goth.

Mélancolie musicale, torpeur stratosphérique, affliction mélodique, spleen Baudelairien, atmosphère nostalgique, les climats perpétuent la face ténébreuse, languide et sensuelle de la cold, sans jamais refroidir l’essence du shoegaze, et avec cette intention de faire germer dans leur champ musical comme « La fleur est un cri de couleur dans le champ du bonheur ».


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mercredi, octobre 13 2021

WOLVES IN THE THRONE ROOM - Primordial Arcana


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On va puiser dans ce septième album de WITTR la vérité naturelle !

Dans la Cascadie (province canadienne de la Colombie-Britannique et des États américains de Washington et d'Oregon) c’est fondé les frères Aaron et Nathan Weaver, pour aboutir à la création artistique et animale de Wolves In The Throne Room en 2002 à Olympia, sous l’égide prémonitoire du Cascadian Black Metal. Un black metal atmosphérique érigé vers l’immensité de Gaïa (mère nature) ; Mystique dans sa démarche, le groupe défend avant tout sa position dominante de protection avec un mélange de musique rupestre paganiste et païenne.



C’est dans ce monde aveugle et sourd, avide de remplir par du matériel le vide d’une vie, que beaucoup cherche désormais à vivre en osmose avec simplicité. La tendance en permet donc le rituel dont le duo en attise la magie, la violence primitive, l’incantation spirituelle avec « Primordial Arcana », et WITTR s’époumone ainsi dans le cœur d’une forêt musicale dense.

Chaque titre est un rituel qui fait éclore une diversité de contemplation orageuse. L’œuvre est colossale, boursouflée parfois par son intensité tapageuse, grandiloquente, qui se veut de dépasser le monde des hommes afin de l’ouvrir vers la fusion universelle, et cette authenticité crue que tout est relié. Ce disque est possédé par l’âme de la nature. Aussi belle que troublante, aussi violente, que paisible, rien ne demeure plus envoutant que le spectacle de la nature, rien de plus immense et fascinant que de vivre non pas à ses côtés, mais avec elle. C’est dans ce fondement même que c’est établi l’essor de « Primordial Arcana », un album riche de compositions et d’ambiances méditatives, pleine de noirceur majestueuse.

On retrouve aussi avec, toute la véhémence sonique de Wolves In The Throne Room et son attrait pour le black metal scandinave. Il n’y a donc plus de coloration intempestive.

Le mystère étincelant de cet opus brille d’une lumière naturelle comme un sauvage possédé par une étincelle de vie inexplicable. Cela transpire la liberté, et propage cette douce intensité qui cherche à prendre conscience d’autres choses, et en vient à vous donner une étincelle d’authenticité. Une vigueur nouvelle pleine de saveur, alors accrochez-vous à ce disque, il vous laissera entrer dans son chaos, et il vous guidera vers la magie.




mardi, septembre 28 2021

KFR - Pure Evil


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« Pure Evil » est le nouvel album de KFR, one man act piloté par Maxime Taccardi, stakhanoviste français réputé pour sa féconde créativité artistique dans le domaine de l’obscur. Sa musique est à rapprocher de son art visuel. Ses peintures sanglantes sont pénétrées par l’invraisemblable et sa musique en poursuit l’échappée.

Intrigué par le folklore diabolique de l'Islam, des histoires de Dajjal et d'Iblis. L’abrégé phonétique K.F.R ( prononcez Kāfir ) signifie en arabe « mécréant ». L'art de Maxime Taccardi porte un attrait pour les mystères et la part sombre de l'humanité. Il a été publié par Heavy Music Artworks, il a sorti plusieurs albums via des projets comme GRIIM, SATURNIAN TEMPEL, KFR, DE VERMIS MYSTERIIS…

Je souffre du pressentiment de ne trouver la lumière dans cet opus, comme une âme attend sa résurrection.

Ici il n’y aura rien de plus que le purgatoire.

Lentement tout le murmure pernicieux d’un son raw black metal qui lacère, et de ces atmosphères gothiques, électroniques, sataniques toutes proviennent des ténèbres qui puent.

La déviance est totale. Le disque est enivré de blasphèmes. KFR cultive le salpêtre et le soufre des « Fleurs du mal » de Baudelaire.

Quand on parvient à reconnaître l'inacceptable, on fait rentrer la discorde dans sa propre chair.

KFR manie le fer dans la chair, lui donne résurrection dans le sang. L’art est une catharsis.

KFR c’est de la rumination maudite intrusive, qui s’agitera comme posttraumatique. Le mélomane fait face aux émotions extrêmes.

KFR doit être vu comme un Art total.

“Il y a des regards si durs et si noirs qu'ils vous donnent l'impression d'être déjà dans la tombe…”

Les paroles de sa discographie sont axées sur l'occultisme, avec une vision philosophique liée à Sartre, Bataille, Schopenhauer, Nietzsche, Baudelaire. Le gazier est droit, pas pleurnichard. Il fait bloc pour transcender sa matière intime en création originelle. Il a écrit un livre « The Book of Demons » principalement avec son sang, dans lequel ses poèmes sont affichés parmi ses illustrations. Le sang est un moyen de donner vie à ses tableaux, il n’y a rien de suicidaire, il utilise la douleur comme une impulsion créatrice, pour se sentir vivant et en diffuser ses visions, et peut-être aussi pour marquer ses origines Libanaise et Italienne (son sang).

« Pure Evil » est une musique malaisante, noire, avec ce son raw black, venu des fournaises et de la saleté, pour vous coller une abondance de déviance sonique, de débauche funeste, d’énurésie. Pourtant cette violence fascine. Le maudit est partout. Tout le temps. Il creuse chaque sillon d’un malin plaisir. Nous voilà en captivité, dans cette geôle à écouter les murmures pernicieux d’un black metal inquisiteur.

Connecté à la tabula rasa (concept philosophique selon lequel l'esprit humain naîtrait vierge et serait marqué, formé, impressionné de sa sensibilité par la seule expérience). Cette philosophie de la création par la destruction, permet un effacement pour créer quelque chose de nouveau, voire de plus profond, d’intime.

De cet opus on retient la nuit, sous la forme d’une grisaille, bruit et fureur permanente, qui semblent insondables. Le berger tombera dans la crevasse où l’attend les flammes de l’extrême.

Parce que tout crépite, surgit du tréfonds, vous enlace d’un bras véloce, claque la porte, et vous entraine dans les bas-fonds. Vers ce mélange de tripes encore chaudes et d’odeur de putréfaction.

Retenez tout de même que dans le coin le plus sombre c’est aussi l’endroit où l’on capte le mieux la lumière. Parce qu’agiter les émois de l’intime est aussi une forme d’excavation lumineuse, malgré le froid, malgré la faim, malgré la peur et les doutes, la vérité crue est une chaleur qui diffuse de par son abandon la probité d’un cœur ouvert.

Finalement, la différence de cet album constitue une de nos plus grandes richesses, car il nous apprend à cultiver dans l’âtre artistique de la terreur pour nous faire évoluer.

Si le groupe Mutiilation reste le terreau fertile de ses racines black metal, sa principale influence musicale est Conrad Schnitzler, il apprécie également Klaus Schulze, Pierre Henry, Philip Glass, Chu Ishikawa, la musique, vraiment ritualiste. Musicalement, l’opus passe du black metal au dark ambient funèbre.

"Si vous regardez longtemps dans un abîme, l'abîme vous regarde aussi." Nietzsche

KFR expurge le fiel de ses démons, tant pis si c’est cru, bestial, parait froid et morbide, il y a dans cet audace inhumaine toutes les écueils de l’humain, les vices cachés, les profondeurs maléfiques, les attraits peu glorieux, et pourtant qui fondent l’ensemble d’un édifice dont « Pure Evil » en porte la croix…à l’envers !

Il peint avec sa musique les hallucinations, visions, délires, égarements, bizarreries, angoisses, détresses, tourments, obsessions, tentations, peines, anomalies, extravagances, que l’homme isolé, l’homme révolté (Albert Camus) renverse comme puissance de son omniprésence avec rage et passion dans la représentation de sa propre psyché.

Ce n’est pas de la galéjade, c’est du cru. Ce n’est pas de la provocation, c’est de l’intime.

Vous trouverez ce disque chez Impure Wedding Productions

KFR est solitaire mais unique, sauvage mais pas primitif, pur mais pas immaculé, bizarre mais pas esseulé, radical et nihiliste: « "Pure Evil" sortira dans le cadre de l'édition spéciale de mon troisième livre, Le livre des démons. K.F.R a toujours été sous le radar, critiqué et moqué, mais je n'en ai jamais rien donné car j'enregistre de la musique pour exorciser mes propres démons. Je me moque complètement de la scène black metal et de la scène metal en général, rien qu’une bande de chattes. Je n'appartiens à aucune communauté, je ne veux pas faire partie d'un groupe, je suis un loup solitaire et j'ai toujours été comme ça. Les groupes sont un signe de faiblesse, de toute façon vous affrontez votre propre mort tout seul quoi qu'il arrive... Après une décennie dans l'ombre, je suis toujours là, et pas une âme n'a osé me dire de la merde en face, ça en dit long sur internet, les guerriers et toutes ces conneries. Ceux qui savent, savent, les autres peuvent se faire foutre. »


mercredi, septembre 1 2021

TRIBULATION – Where The Gloom Becomes Sound


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Il existe pléthore de groupe portant l’attribut de Tribulation, du chili en passant par l’Irlande, celui qui nous concerne a été créé en 2004 en Suède sur les cendres du combo Hazard avec l’E.P « Putrid Rebirth » qui posa les bases de leur son death / black oldschool.

L’album « The Horror » en 2009 via le label Pulverised Records a inscrit la filiation du Death oldschool made in Suède (Grave, Unleashed etc.) avec ce soupçon de Black Metal qui marqua une différence notable. Ce que « The Formulas Of Death » opus de 2013 en a suivi la mouvance similaire. C’est tout de même avec « The Children Of The Night » que le potentiel de Tribulation a vraiment pris son essor, tant musicalement que visuellement. Les gars sont arrivés en glam pour une noirceur gothic-black-deathtalique. Suivra les E.P Melancholia et Lady Death puis l’opus « Down Below » afin d’entériner et de sceller le pacte sanglant.

Selon le dictionnaire Larousse, Tribulation signifie :  Suite d'aventures plus ou moins désagréables, de revers, d'obstacles surmontés : ‘’Vous n'êtes pas au bout de vos tribulations’’

Et bien je vais vous dire, et c’est tant mieux. Parce que Tribulation a procédé à du changement, du moins à une orientation musicale.


verre dark à moitié plein

Avec ce nouvel album intitulé « Where The Gloom Becomes Sound », Tribulation est proche des accointances arrondies de Ghost pour la farce catchy.

Tribulation se donne de l’air pur, contribue à élargie son auditoire, sans jamais galvauder sa musique. Il y a une aisance à joindre une harmonisation des sonorités et mélodies qui devraient largement contribuer à une meilleure assimilation. 

Disons-le simplement, c’est super bien foutu, alléchant de sang impur versé sur une dague de coolitude spleenétique. Sous une forme déclamatoire le chant vient de cette sépulture qui ouvre sur un livre de conte, où ampleurs et résonances forment le contre-champ parfait d’une relecture dans un temple gothique. 

Boire dans ce calice maléfique, avec le cou dégoulinant de cette beauté sépulcrale gorgée d’hémoglobine insolente, est somptueusement bénéfique à toutes et tous celles et ceux dont le taux de spleen s’élève dans la canopée du monde souterrain.

Le titre « Lethe » au piano renvoie à ce genre d’intermède capiteux que les groupes de blackgaze comme Deafheaven et Ghostbath en ont imprimé le sceau. On retient de cette nuit séraphique le maléfice ténébreux d’un opus majestueux, dont « Where The Gloom Becomes Sound » baigne dans l'incantation florissante d’une magie scintillante d’obscurité, faite de dentelle et de noirceur incandescente, comme si tout devait retourner à l’obscurité.


 
verre dark est à moitié vide


jeudi, octobre 22 2020

An Autumn For Crippled Children - All fell silent, everything went quiet


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« Notre ombre n'éteint pas le feu. » Paul Eluard

Crée en 2009 les Néerlandais font tonner le firmament soyeux d'un ciel orageux en guise de musique.

Leurs orages font écho à leur propre chaos intérieur, permettant l’émergence délicieuse des sensations du corps qui s'évanouissent dans l'oubli d'incomparable douceur.

Débutant dans les offrandes du Black, le groupe a entrepris sa chrysalide vers des contrées tout aussi équivoques de noirceur. Cependant les atours ont pris à chaque album un aspect capiteux, dont ce « All fell silent, everything went quiet » bénéficie avec de plus ample convulsion new wave, de par son mélange de froideur sombre et d'exaltation embrasée.

L'opus déroule sa capeline, sa sanguinaire mélopée de soie vermeil jusqu' à l'opprobre de ce mélange musicale pour les Trve , fait de New Wave + Post-Rock + Shoegaze + Black Metal = Blackgaze. Si vous êtes adepte de la contemplation, vous vous lierez à cette forme de douceur, de force et d'extase.

La puissance de feu des ténèbres avec la douceur macabre du dark, voilà qui résume bien les cris des catacombes, le choc thermique de l'amertume et de la délivrance, la voilure vers les eaux saumâtres, le pèlerinage dans une forêt obscure, le gouffre qui fait place à la rédemption. L’onirisme est transfiguré dans un requiem bestial, l'obscurité est ressuscitée dans l'embrasement d'une aurore blafarde, le féerique est agité dans la magie crépusculaire. Chaque titre est un frisson ardent, un écueil perdu dans un océan de shoegaze spleenétique.

An Autumn For Crippled Children surnage dans le tréfonds ténébreux qui s'éteint peu à peu, comme le roseau il ne ploie nullement pendant la tempête, chaque titre possède sa propre distance, son glas mélancolique, son agonie, sa beauté sombre : Un album dont la présence est silencieusement agissante.

Emil Cioran « dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter »