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dimanche, février 19 2017

THE BLACK ZOMBIE PROCESSION – IV : Heca-tomb


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Alors que certains se posent la sempiternelle question de savoir si l’on peut rire de tout, d’autres plus affranchis se vautrent dans les viscères avec la joie non contenu du cochon pataugeant dans la fange la plus excrémenteuse.

BZP vient de signer son œuvre la plus perverse, suppurant d’un pue sanguinolent à l’audace inventive la plus jouissive qu’il soit, pour des siècles et des siècles !


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Animés par une curiosité insatiable pour la sous-culture, les gaziers de BZP possèdent une érudition aussi importante que la passion outrecuidante qui en anime l’essor. Preuve si il en est de leur discographie imposant son hétérogénéité avec différents groupes et styles musicaux, leurs fanzines, podcast, etc…Ils ont poussé le vice jusqu’à y consacrer leur vie toute entière. Ce sont des créateurs pur-jus au même titre que Von Frankenstein, et des pur-sang Draculien mais façon cannibale.


La créativité demeure l’art culturel qui repousse les limites de l’impossible, et impulse à l’inhibition de s’ouvrir comme le boucher éventre un petit bovin tout mimi tout plein. Pour cela BZP a ébahi un six titres turgescent d’hémoglobine, il est lourd, dur, rapide, saillant, et le groupe a eu la morbidité joviale de fournir une histoire immorale qui accompagne l’album dans le carnage, écrite par Zaroff, un auteur de la série Trash éditions, dont la pestilence prose recouvre avec aisance des charniers entiers de barbaque humaine. Je ne spolierais rien sur le récit édité par Zone 52, juste que la collaboration entre l'écrivain et le groupe est aussi étroite qu’une vierge, et aussi profonde qu’une hardeuse qui vient de prendre des bites colossales dans tous les trous disponibles. Le livre est une commande et défini les influences du groupe, en cristallise l'esprit décadent, tout comme le mood et l'épaisseur horrifique.


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Ne vous y trompez pas, BZP fait dans le splatter-gore sonique, sa putréfaction musicale est aussi violente que burlesque. On saigne des oreilles dans cet amas de cruauté en même temps que sa démesure est divertissante. Tout est fait en XXL, la brutalité est barbare, la rage est un courroux au bras vengeur, la puissance de feu est en excès sur tous les fronts, la frénésie est un déchaînement de bestialité, et chaque assaut est d’une férocité malveillante.

Heca-tomb est une infection musicale capable d’une altération de l’esprit tant l’ébranlement subi est à la hauteur de l’ensevelissement ressenti. Alors ferez-vous partie de ces indignés qui accuseront cette masse d’agressivité de verser de la lave dans le brasier de la dégénérescence ? Ou bien alors de ceux qui vont savourer cette putréfaction culturelle ébranler toute leur carcasse ?


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Je l'ai déjà dit mais The Black Zombie Procession est un putain de groupe crossover par excellence !

Leur crossover est l’aboutissement digestif de la somme culturelle ingurgitée par les membres qui composent le groupe. Le malin plaisir pour eux c'est de créer des ponts entre tous les éléments culturels, et que tout s’imbrique, s'unifie dans une révolution qui tourneboule la tête tellement c'est vaste, mouvant, fluctuant, et vivifiant.

Vous voulez jouer avec eux ? Avec cet album, devinez à qui ils tendent des clins d’œil, de qui ils s’inspirent, avec qui ils parlent à l’envers pour invoquer les esprits maléfiques, etc…Pour les réponses vous pouvez écouter l'épisode #62 du podcast Now it's Dark qui revient avec des commentaires sirupeux sur ce mini album, le roman, les influences et tout le processus de création.

Vraiment passionnant et attractif c'est un bonus de fanboys que le groupe en réitère la formule, puisqu’il avait fait de même avec leur précédent album « Vol. III : The Joys of Being Black at Heart  » sur DVD en sus de l'album.


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Ici les lyrics doivent autant à Cannibal Corpse qu’à Unsane, qu’à la série littéraire Gore la plus craspec qu'aux œuvres de la Hammer et à celle grand-guignolesque de la cinéphilie populaire. Le chant d’Elie regorge de cette putridité horrifique précipitant un taux de vilenie absolument propre à la violence graphique de la pochette, dessiné par Andrei Bouzikov (Toxic Holocaust, Ghoul, Skeleton Witch, etc.) et Paskal Millet (The Meteors) pour l'illustration du livret intérieur.

Ce disque est conçu pour les vrais fans de musique.

Les riffs de Nasty Samy dégorgent du thrash et du HxC directement de la tronçonneuse à Leatherface, de la manchette à Jason, du couteau de Maniac Cop, mais oui, tous ont pris possession du guitariste, pas un seul boogeyman ne sera écarté de cette mission destructrice. La section rythmique n’est pas en reste, elle abreuve sa violence pure dans une aliénation de tapage nocturne pour que vous ne puissiez plus fermer les yeux de la nuit. C'est-à-dire que la basse ferraille de l’acier qu’elle transforme en bombe à napalm, pendant que la batterie propulse des obus à un rythme très soutenu.

Et vous pensez encore y survivre ?


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Pénétrer dans l’orifice du splatter-gore requiert une pugnacité tenace pour affronter une innommable dépravation. Ça pue, ça couine, ça suppure et ça larde du viscère lourd et sanguinolent. La déviation sonique en corrélation avec la perversion littéraire trouvent ici un épanouissement à sa mesure, à sa démesure.

L’œuvre la plus immature est en fait la plus réfléchie et spontanée du groupe, celle qui a demandée d’ajourer par différentes strates musicales pour une écoute brute et brutale, accessible et intraitable, évidente et anormale, lumineuse et sombre, divertissante et dangereuse, lucide et douteuse, obscure et singulière.

Cet aspect trashy vous pousse à des sensations animales et intuitives, et carrément au régressif.


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La version LP est proposée par Les Productions Impossible Rds, le pack (CD+Roman) est fortement conseillé et est disponible sur le site Nasty Merch.

* En concert :

22 février : BESANCON (LES PDZ) + Cadaveric Allegiance

23 février : NANCY (LA MACHINE) + Whales At The Crossroads + Sick but not dead

24 février : STRASBOURG (LA MAISON BLEUE) + Mercyless 

25 février : HERICOURT (LE CATERING CAFE) + White Butchery + The Hateful Three

27 février : PARIS (GLAZART) + Doyle (ex Misfits)


Est-ce que Bzp a poussé l’avilissement à saturation ?

Point du tout, par contre il a fait preuve d’une audace dans l’immondice cul-turel en proposant non pas la 3D, mais les 3B qui font écarquiller les yeux (Beast, Blood, Boob), et surtout avec l’obscénité bravache de savourer sa souillure discographique dans le panthéon de son œuvre avec orgueil. Oui il y a de quoi être fier dans toute cette flétrissure artistique de rendre les honneurs passionnels à tous ceux qui ont contaminé ce qui fait corps avec l’esprit de BZP : La liberté épanouissante de raconter la saleté immorale par le biais d’une pure violence assourdissante.


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jeudi, mai 12 2016

ZONE 52 - N°3


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LE zine crossover par excellence revient foutre sa verve sur le tatamis foutraque avec un très gros numéro sur la firme cinématographique Cannon.

Heyyyyyyyyy je mentirais effrontément en affirmant que je ne connais pas le bastion Cannon. J’appartiens à la génération VHS, et donc le cours de gym de deux heures du mercredi matin en 4ème B avec le même professeur de sport que celui du petit spirou (le gros gras qui te file un ballon rond et fume dans un coin sans s'occuper de toi pendant 2 heures), il a été passé à visionner des Films de ninja, de héros américouain chez un pote qui habitait juste à côté du stade. Hé ouaie, sportif un jour, sportif toujours.

Notre présence étant obligatoire pendant les sessions d’examens uniquement, ce qui correspondait à une présence par trimestre, le catalogue Cannon a été copieusement visionné pendant cette période. Mais mis à part deux, trois films, je n’ai jamais vraiment apprécié le caractère caricatural de cette propagande maccarthyste-reaganienne, ou plutôt devrais-je dire que je ne m'étais pas mis au niveau d'une éventuelle sous-lecture à plusieurs graduations et double langage. Un navet étant à cette époque un navet de premier degré, je n'avais pas le recul nécessaire ni la frontale assez développée pour absorber l'ensemble et en saisir la lumière. Alors qu'il fallait avoir au moins du 666°degré de ceinture noire troisième dan pour en saliver toute l'épaisseur requise.

Encore aujourd'hui je souffre éperdument de ne point trouver un déterminant positif à affirmer pour la carrière complète de Chuck Norris, si ce n’est celui de ridicule.

Bon pour ce qu'il s'agit d'actions nous étions rassasiés.....Ah flûte j'ai sans cesse des rémanences qui reviennent, donc on va continuer un peu dans les souvenirs Over The Top, hein...


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Pour moi le héros des States demeure Sly, ce « petit » qui s'affirme et se réalise à force de courage et du coup de pouce du destin, en réfléchissant l'allégorie du rêve américain que l'Européen s'imagine. L’esthète des 80’s c'est Sylvester : Taillé dans le roc de la grosse pomme avec l’élégance racé transalpine et le regard de Droopy.

Alors en comparaison un gars moustachu foutu comme un menuisier avec une mitraillette, du nom de Chuck, noOon mais allo quoi le Walker, Texas Ranger ?!?

Franchement Bruce Lee lui arrache les poils du torse dans la fureur du dragon lors de sa première vrai apparition au cinoche, vous auriez pu vous doute qu’à partir de là, ce gars ne serait jamais crédible. Mais pour Cannon bien au contraire, la firme a eu le nez de trouver des moustachus Bronsoniens pour impacter dans l'esprit collectif à quoi correspondait le touch guy 80's. Depuis le touch guy s'est efféminé(e) en hipster et à revêtu(e) une pilosité plus fournie, oui ils nous barbent.

Donc les films Cannon j’en ai vu une chiée, et je dois reconnaître qu’à travers les argumentations diverses de ce numéro je retrouve avec nostalgie les mêmes séquelles. C’est amusant pour un peu j’irai presque en revoir. Nan mais sérieux, le Cobra était bien cool ! Bon ceci dit, dans mes souvenirs nous ne nous contentions pas de cette firme pendant le collège, mais aussi de ceux côté rideau épais pour adulte, et donc plus intellectuel à côté de Cannon, hé forcément. Entre J-C Van Damne le philosophe et Brigitte Lahaie la psychanalyste sexologue, le choix était vraiment kafkaïen, mais bon nous parvenions au compromis de voir les deux en 2h00…C’est vrai en vitesse accélérée lors de passage plus poussif….Et il n’en manquait pas chez le Belge.

En tout cas ce numéro en élabore un compte-rendu très librement ouvert d’esprit pour en narrer les principes fondateurs, tout comme les précipices.


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...Un ami avait tellement apprécié les ninjas qu’il avait fabriqué un centre d’entrainement pour ninja dans la grange inutilisée de sa grand-mère. Carrément. Un véritable parcours du combattant entre botte de paille + pétard = FIRE...Coup de bâton + lancer d’étoiles ninja réelles = Hôpital. Donc les jackass et autres merdaillons ricains de division honneur de la cascade ils peuvent tous aller se pignoler la quenelle petit jean, c’est bon, mange z’en, hein…Nous étions Bébel (celui de René château) en spécial commando dans toute l’Indonésie, et ce n’est pas le trouffion Norris et ses ballades chez le Viet-Cong qui allaient nous exciter le poireau c’est bon, mange z’en aussi, hein…

Après les visionnages toutes ces images nous avaient tellement stimulées (et je ne parle pas que pour Brigitte Laraie), on roulait des mécaniques au collège en rejouant des scènes de combat sur des êtres inférieurs (oui il y en avait, notamment en sixième et cinquième), et on balançait des dialogues de ouf que nous seuls étions à même de comprendre (et oui déjà à l'époque).

A ce moment là, nous étions devenus des hommes, des vrais, avec des testicules mec ! Et les petits bras et autres gay-friendly s'écartaient devant notre passage.


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Bref, je conserve comme de nombreuses personnes un attachement nostalgique de cet épi phénomène cinématographique, parce que mon adolescence est arrivée à ce moment. Alors il est certain que mes enfants trouveront dans 20 ans que les films de la firme Marvel avaient une signature exceptionnelle, au même titre que Cannon aujourd’hui…

La firme Cannon faisait des films absolument dingues et elle en assumait les dérives parce qu’elle savait faire titiller l’instinct primitif, reptilien en garnissant son portefeuille. Elle a misé sur le poker du rêve américain et perdu son pactole, mais au final elle y a libellé le sceau de son artifice principal : Divertir.

Dans ce troisième opus, Jérémy Grima et sa bande aiguille sur plusieurs sillons pour en subtiliser le divertissement subliminal, tout en relativisant in fine sur la teneur bas du front, cocasse, loufoque, parodique, grotesque, douteuse, abracadabrantesque, régressive de cette firme.

En remettant tout dans le contexte de l’époque, j’avais visionné cela en dilettante, alors vous pouvez faire confiance à ces experts pour donner une vision beaucoup plus intéressantes que mes souvenirs pubères. D'autant plus que par rapport à de nombreux fanzines, je trouve que Zone 52 fait preuve d'un réel sens d'analyse objective, avec une pointe subtile de singularité humoristique toujours plaisante et assumée.

Avec 140 pages, Format A5 / noir et blanc, pour une somme toute modique, ce troisième numéro est carrément Aware et approuvé par Chuck ! !


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Au sommaire de ce numéro 3 :

CINE ZONE :

  • Dossier "Invasion Cannon" de plus de 80 pages : 3 interviews (Damien Granger, Sam Firstenberg, Hari Ryatt) et 40 films 100% Cannon chroniqués !

Plongée en apnée dans l'univers délirant de cette boite de production qui a donné un gros coup de pied dans la fourmilière de la série B pendant les années 80.

  • Hommage à Christopher Lee. (respect)

ZIC ZONE :

  • A Fistful of Soundtracks : Chroniques de BOs de films spécial Cannon, crac boum hue !!!


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  • Depuis des Lustres : Les disques qu'on n'a pas écouté... depuis des lustres ( et ça ne sent pas trop la poussière en plus)
  • Metal Zone : 2 disques piqués dans la discothèque idéale du genre.
  • Respect yourself : plongée dans la Soul Music américaine. (génial article)

GIG ZONE :

  • Sunn O))) en concert à Londres. (gloire à toi Michel Jovet)

BOOK ZONE :

  • Chroniques (22/11/63, Total Recall, The Jaws log, Gros Livre d'Enfer)
  • Interview Christophe Siebert, l'auteur, entre autres, de "Nuit Noire" et de "La Place du Mort".

GAME ZONE :

  • Life is Strange (à partir de 40 si tu es encore un gamer c'est que tu as raté ta vie)

FANZONE :

  • Aperçu de la filmo de Russ Meyer par "Toutes les Couleurs du Bis"
  • Les derniers zines qui nous ont tapé dans l'œil (heyyyyyy il manque le WallaBirZine, le suc névralgique et sans contexte - il y a un jeu de mot là.)