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La scène ukrainienne bénéficie de groupe reconnue comme Astrofaes, Nokturnal Mortum ou Drudhk, ainsi White Ward originaire d'Odessa en prolonge l’insolente stature. Après 5 ans de demos, splits et EP, voici le premier album 6 titres pour 40 minutes de post-black avant-gardiste, parce qu’avec la présence d’un saxophone au sein de ce sextet on a franchi un cap, que dis-je une péninsule.

Soyons clair et sans méprise, ce disque n’est pas un enfumage, il crée une perturbation dont le trouble se dissipe tout aussi rapidement qu’un orage estival.

Par conséquent ce n’est pas du free jazz black metal, pas du tout, car il n’y a pas de free jazz. Un groupe comme Shining ( From °Norway°) dispose du free-jazz avec sa fusion sonique, mais pas White Ward.

Le groupe explore en progressiste les méandres de l’intensité du black metål. Sa mélancolie ambiante vient du post-black. White Ward se charge de bouleverser le style vers une mutation déjà entreprise depuis que le public black s’est élargi vers d’autres sphères stylistiques. Ainsi il ne fait que poursuivre l’évolution de la post-génération en intégrant les diverses variations tant au niveau des instruments que des atmØsphères. Par ce fait il ne sera guère surprenant pour un mélomane d’attiser sa curiosité avec un tel disque. De faire télescoper la maturation qu’il a intégrée dans les connexions de sa culture.



Des empreintes jazzy, oui il y a. L’on peut introduire cet aspect comme le groupe Morphine dans les 90’s et la lave des Stooges dans les 80’s. Le saxophone se fond dans les flammes et devient cette volute chaude, inhérente à la singularité du groupe. C’est véritablement un plus, cela métamorphose leur atmosphère, la musicalité, l’élément est très bien intégré, il lave par incandescence de son volcan sonique l’âpreté froide du black vers une musicalité bouillante et surtout douce. C’est certainement cette douceur que l’on entend souvent avec les groupes atmosphériques qui ici fait office d’apaisement. Par contre c’est très propre, surement trop pour les amateurs de raw et là c’est même certain, et également pour tous ceux dont le black est une amertume en bouche. Cet ajout est parfois aussi une union entre la partie vocale et le saxophone, alors pour l’image cela rappelle Jimi Hendrix et sa guitare si vous vous imaginez le délire. Mais le sax n’ingère pas la totalité de sa seule présence, cela reste du post-black ténébreux, avec cette capiteuse curiosité ineffable il est vrai.

On baigne avec Futility Report dans cette perdition éthérée de ces dernières années où Ulver nage en toute aise, d’ailleurs il y a une cover des Norvégiens, et dans le bouillonnement du spleen de Deafheaven.


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