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Turnstile est reconnu pour sa fusion hardcore des nineties dans le microcosme du HxC, depuis son éclosion et sa signature dans l'émulation musicale du groupe Universal, Roadrunner Records espère un retour sur investissement correspondant à un taux de progression de 2,5%. Est ce que le groupe va tromper pour autant son monde dans la volubilité musicale ?

En guise de réponse concise les amerloques turnstilisent leurs nouvelles compositions d'une robe 90's, ainsi les couleurs chamarrées ondoient sous le charme coloré du pessimisme grungien et du punk indé.

Passionnant pour sa qualité polymorphe, les coreux vont encore détester ce groupe qui crossovise pour fixer des compositions kaléidoscopiques sur le mur des lamentations orthodoxes, et en libérer l’interaction passionnelle. De ce fait il y a une diversité du sens des ellipses soniques, un choquant sens de la contorsion.

Les kids de Baltimore jouent à saute mouton noir avec l'énergie de Bad Brains, l'émotion de Snapcase et concocte un HxC hybride avec des sons plus variés, une prise de risques plus marquée et une musique plusaudible.

Du relief et de l'éclat, de l'éclatement multiforme, protéiforme même, branché dans la prise de Beck aka The Breeders en saine Jane's Addiction, brossé dans le sens du poil déjantée de Blur, il n'y a aucune cohérence artistique, aucune cohésion, tout va dans tous les sens sans jamais se prendre au sérieux.

On se connecte à une basse tout en groOve, dévoyant la part mélodique de son gouffre à émotion, tout à une rythmique lourde déposant des variations et des breaks mid-tempo. Les vocaux débridés alternent souplesse et rugosité, et si le riffing est basique, il est sous-couvert d'une approche reverbétique et maelstromesque. Cette élasticité pop distille électricité cheap pour repeindre la tête à l'acide.

Ici pas de fioritures, juste de l’énergie brute, et juste ce qu’il faut de sens mélodique pour que ce soit bien plus puissant que n’importe quel brûlot punk. C'est un album de rockcore lourd et efficace avec lequel on n'a pas fini d'ébouriffer le cyclone à délire avec cette surdose de désinvolture décalée.

Ce deuxième album mouve un précaire de contrastes stylistiques avec un sens de l'économie du langage que son aspect brut confine à une ascèse trippante. De tels arguments m’avaient ébranlé sans m’avoir jamais convaincu en première écoute. Je ne trouvais de réponse tout en sachant qu’il devait y en avoir une pour répondre à mon cœur. Mais à partir de la seconde écoute, là mes enfants ça a twisté sévère de la saccharose lourde et acide, diligemment digéré par la Génération Y dans sa nutrition fourre-tout discographique.

Un disque qui sans t'en douter une seconde, jeune, va te péter à la gueule, mais oui ce groupe est fun !


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