THE_BLACK_NOODLE_PROJECT___Divided_We_Fall.jpg

Bienheureux de retrouver un nouvel opus de The Black Noodle Project.

Le tandem de compositeur Jérémie Grima (guitares, claviers et chant) et Sébastien Bourdeux (guitares) a réalisé avec ce nouvel opus un spatial post-progressif à décrocher le satellite Lunaire. Leur précédent « Ghosts & Memories » datant de 2013 m’avait déjà bien arrimé dans ses douceurs rêveuses, depuis, le line up a changé et c'est avec l'aide notoire de Tommy Rizzitelli (batterie) et Frédéric Motte (basse) que The Black Noodle Project a pu lancer sa comète sonique dans la voie lactée des mélomanes amoureux des univers célestes.

« Divided We Fall » poursuit cette même quête d’absolue contemplation inhérente à leur musicalité rêveuse.

Caractéristique fondamentale à l'ensemble de leurs songes, la guitare est une nécessité directrice à l’envol planant du groupe. Les plages synthétiques se consacrent elles, à faire immerger les atmosphères, permettant de déployer par la suite un thème précipitant des variations mélodiques vers cet envol mélodieux et divin que la guitare témoigne. Délicatesse et volupté mélancolique se joignent à l’écrin de douceur et y confortent une mansuétude musicale. La plupart des titres restent instrumentaux et tous cajolent les oreilles. La nouveauté réside dans le chant, beaucoup plus présent. Ce qui engendre à la place des sensations instrumentales avec lesquelles nous puisâmes dans notre fort intérieur la capacité rêveuse, une direction, puisque les mots en donnent le chemin. Quant à la partie vocale, on en sent la fragilité, et ceci apporte aux mots une sensation de vulnérabilité, avec un point de vérité symptomatique de la tendresse musicale.

Si le floyd n’est jamais loin des terres brumeuses et éthérées de The Black Noodle Project, l’on peut aisément projeter toutes sortes de référence cinématographique quand on sait la passion que témoigne Jérémie pour la musique de film (des fragments de dialogues se font entendre par ailleurs…). Tout comme la musicalité aérienne avec des groupes comme Monkey3, Alcest, le rock prog douceâtre faisant émerger cette mer de quiétude propre à l’évanescence sensitive.

La précision de chaque note file le tournis, ça te touche en profondeur, tu sens une élévation, quelque chose de doux et de flottant dans cette musique, est ce un soulagement ? Du réconfort ? De l'enchantement ? Une protection comme un talisman musical ? Ce qui est certain c'est cette béatitude sereine à la fin de l'écoute.

Pour ce sixième opus les planètes de la composition se sont alignées, au lieu de plaquer des strates de mélodies et de sons en progheadbanger, le groupe a mélangé ses titres avec de la poussière d'étoiles filantes, par laquelle ce rock-atmosphérique tient à un ensemble de Porcupine Tree/Anathema/Riverside, mais et surtout il est et demeure pas moins qu’un nouveau voyage reposant dans l’alcôve vaporeuse d’un groupe passionné par l’alchimie du rêve, lui apposant une forme d'immensité.


THE_BLACK_NOODLE_PROJECT_-_Divided_We_Fall_1.gif