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vendredi, mai 19 2017

ARNO DE CEA & The CLOCKWORK WIZARDS - Flash Freezing The Sun


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Aloha,

Arno De Cea & The clockwork Wizards est un groupe de surf music formé en 2008 sur la French West Coast par des musiciens issus de formations Surf, Noise et Garage (The Irradiates, Stef & Arno, The Taikonauts, Antena Tres, Shunatao, Les Complications…).

Avec trois albums, « Bug Terminal », « Surf It Up », « Aloha From Cestas » (c'est l'album solo du guitariste Arno De Cea en 2003 ), un 45 tours « Bronco Royal 7" » et une Split K7 avec Demon Vendetta à leur actif pour les labels Productions de L’Impossible, Calico Records et Slime Records, on retrouve également le groupe sur les compilations “Monsters of Surf” (Ding Dong Records, USA) et “L’Appel de la Musique Surf” (Productions de L’Impossible).

L'agitateur et créateur du groupe c'est Arno, et il y a du génie chez cet homme de l’Atlantique, ainsi qu'une grandeur océanique a terrassé les fonds musicaux.

Étrillant le rêche pour lisser sa planche de salut avant de se suspendre au-dessus du vide, il descend le mur du son à coup de mélodies sauvages. Arno de Cea est une créature surfique, qui a secrété une surf-music comme l'ossature d'un squelette calcaire arborescent, susnommé de pointes traîtresses du corail par Cousteau, et qui sert de scalpel musical pour  le 4nd album du combo de la côte d'argent.

« Flash Freezing The Sun » est un disque venu d'ailleurs, et l'on cherche dans cet OVNI musical les spéculations folles permettant d'en traduire l'emportement.

Alors est-ce que l'envahisseur a été crée par la main de l'homme ? Son courroux robotique a t-il diligenté une expropriation des codes terrestres par le biais de son expansion ? Parce que les compositions élaborent ce que pourrait être le futur de la surf, jusqu'à envisager l'hypothèse d'une mutation nouvelle ou différente, inaugurant une évolution à cette anticipation.


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Arno puise son inspiration dans le réel noisy/post-röck-Punk Hardcore le plus vaste afin de faire télescoper l'ensemble, formant une caractéristique considérable de la Surf-fiction.

Le mode de narration de la Surf-fiction permet de dégager des traits majeurs pour se reconnaître dans le genre :

- L’expansion de la pensée parasitaire qui va se représenter dans notre esprit: Dès que cela commence une question inaugurale prend tout son sens : « Mais bordel que se passe-t-il ? » Cette fiction spéculative présente une situation brutale que les idées maîtresses de la composition en bâtissent le genre.

- La distanciation : nous devons être soumis à l'incertitude face à une œuvre de Surf-fiction, c’est une perte de repères afin de pénétrer dans un monde inhabituel que nous percevons mal.

- La compréhension : nous avons à reconstruire ce monde imaginaire à partir des indices donnés par son créateur tels que les spéculations surfiques portés sous un angle différent et frontalement assourdissant de délice sonique.

- La référence à une culture commune : le vocabulaire et les thèmes de la Surf-fiction forgent une culture familière et reconnaissable pour créer un lien d’intimité avec le surfeur venu d'horizon distinct.

Tout ceci formant un Incredible Söund !


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Ainsi le vintage est noyé dans les fréquences souterraines, le guitariste brutalise l'orthodoxie et décharge une noise assourdissante. La si féline ExoOotica se désaltère la croupe dans le brasier bestial que le trio fulmine sans cesse. Cette surf music franchit la vague ultime, glisse sur un tsunami d'hédonisme sonique à une vitesse vertigineuse de satisfaction et de sensation fulgurante. Avec les potards à fond la caisse, le disque casse les codes, brise les ossuaires musicaux et emplâtre les gueules cassées de l'île de pâques.

Avis aux automates ! Ce disque totalement paranormal parlera à tous les autonomes de la société civile pour qui la brutalité surfique a des nuances que ce groupe déchaîne avec contraste.

GOOD TRIP !


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jeudi, avril 20 2017

DEMON VENDETTA/ARNO DE CEA & THE CLOCKWORK WIZARDS – Sergent Surf - Split Tape 


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Aloha les z'amiiii(e)s des profondeurs océaniques de la Surfffffffffff-müsic,

Les vengeurs de Demon Vendetta et l'explosif Arno De Cea ont surfé la vague de la vénération pour sculpter à leur retour sur la plage un split en format K7, et le résultat est chaud bouillant !!


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Ceci étant bien entendu en édition limitée collector, avec un poster offert (illustration de Mathieu FreakCity) et un coupon/code pour chopper les mp3 gratos. (7€), vous le trouverez via ce merch..

Ce « split tape » honore John and the Nighriders, Shadowy Men on a Shadowy Planet, The Surfaris, Link Wray, The astronauts, The Trademarks, The surftones. Des classiques repris lors des tournées de chacun et restaurés ici avec intégrité et plénitude, un split vraiment très très cool que l'on peut aisément rentrer dans la case plaisir d'offrir ou bien joie de recevoir.

De quoi se prélasser avec les oreilles en feu, en attendant la vague estivale !!


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mardi, novembre 8 2016

§ AQUAWILDSURFING §


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Aussi lointain qu’est apparue la vie sur terre, nous venons tous de la mer. C'est une révélation assourdissante pour les témoins de Jéhovah, mais pas des plus déplaisantes pour les passionnés de Poséidon.

D’ailleurs n’avez-vous jamais eu la sensation d’exister plus intensément quand votre corps flotte ? Et bien oui moi aussi, et c’est encore plus probant quand vous nagez tout nu. Saviez-vous que la seule différence entre un homme et une femme nu dans un bain, tient en tout et pour tout à cette sensation plaisante qui arrive inopinément quand l’homme expulse dans l’eau, en faisant remonter des bulles de pet gazeux qui lui chatouillent les testicules ? Mais je ne vais pas dépenser votre temps de cerveau disponible à philosopher sur la matière aqueuse, puisque cet énoncé tout aussi étonnant et pompeux qu’il soit, va me permettre d’éclabousser vos éventuelles retenues quant à la surf-music.

Parce qu'il y a une saveur surannée dans le son et les mélodies de la surf, qui est tout à la fois sauvage et intemporelle.


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L’histoire est simple et limpide comme la quiétude de l’eau dans un lac de montagne. Je quitte mes pénates tarnaises pour me recueillir dans un rade Toulousain. Le premier band à faire suer le pit pour qu’il se désaltère avec des binouzes c’était LEMMY FUCKERS. Un trio basse, guitare x 2, plus boite à rythme. Oï, oï, et aïeeeuuuuuuuuuuu, car c’était Lemmy chez les cocos pour le bal des agités.

Il y avait un quadragénaire à côté de oim qui pensait venir voir un groupe de reprise de Motörhead tout bonnement, je t’explique pas la gueule qu’il tirait le gazier. Parce que les Lemmy Fuckers c’est du punk qui crachouille son pus de pounK. Le groupe a bazardé des covers des bérus, OTH, Dead K pour donner envie de passer des vacances au Cambodge. Enfin, il manquait le « If the Kids are United » des Sham 69 tout de même... Puis quand même last but not least, le groupe a joué « Overkill » de Motörhead, mais versus les béruriers noirs dans un squat. Bin oauie, Oooooooooooh faut pas exagérer tout de même, c’est des punks élevés sous la mère sex pistols.

Pendant ce temps de noce pOunk, je prenais un thé sous le regard étonné de l’assistance du comptoir plus prompte à la libation maltée, voire anisée même. Pendant ce set, il y avait surtout des punks à crête, heureux comme des coqs-en-patte pour reprendre les refrains tout en pogotant, pogotant, stoin, stoin. Je me faisais chié à loisir, non pas que le groupe soit mauvais, mais que je n’avais pas une once envie de me faire griller l’audition avec une musique pour ami des rats des villes. Nann pas envie du tout, mais bon, le thé était bon et on me regardait comme un truc bizarre venu d’ailleurs, au point que dans le regard de la barwomen je distinguais qu’elle n’en revenait toujours pas d’avoir servi une telle collation à cette heure avancée où le punk se frictionne plus communément les épaules, la tête, alouette, je te plumerai, ah,ah,ah,ah…


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Il y avait des gens dehors qui commençaient à se refroidir les articulations car le froid faisait son apparition automnale, la jeunesse de la rue profitait de se remplir les poumons avant de rentrer dans le ravelin. Pour paraphraser le barman quant à la prestation des Lemmy Fuckers : « C'était bien les 80's ». Le band prit dans son enthousiasme a clôturé avec un final interminable qui raclait sur le temps des surfers bisontins, mon thé était fini, le barman regardait l’heure en espérant que la soirée se terminerait dans la légalité, une punkette au cul d’enfer sortait pour retrouver de l’air pur avec la moue mutine de l'arrogance de sa vingtaine.

Le bar le Ravelin possède un cadre sympa, dont l'agencement rappelle celui de l'Autan, mais en plus petit encore. Au détour du comptoir j'ai bavardé avec Rémi "RAMIREZ" le batteur du groupe The Branlarians et sur leur avenir suite au décès cet été de leur saxophoniste et chanteur Julien Youl. Il m'a confié que le band allait continuer, et peut-être avec une formation de 2 guitaristes. Pour le moment c'est avec La semaine du SKA à Tolosa que la mobilisation est totale.

Leur association DTC (créer pour le Rock'n'stock festival) est à la base de l'ensemble de cette superbe semaine pour vous faire déhancher avec le sourire aux lèvres sur du rocksteady-beat et du ska.

Ma présence du soir, je la devais toutefois à Hawaii Samuraï, trio surfique de l'est, qui prouvera qu'il fait exactement l'inverse de ses initiales avec un set explosif, où il était l'heure à la fureur et au tumulte de donner toute leur résonance.


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A tous ceux qui hurlent dans la nuit profonde que le vrai rock'n'roll n'est plus, je leur tends la reddition en vinyle de l'album « The Octopus Incident », avec lequel le combo avait réunit des covers, du live, d'ailleurs on y entend du saxophone, chose que nous n'entendrons pas dans le Ravelin, puisque nous avons la formation de 2004, avec guitare, basse, batterie. Rendez-vous compte que ce trio a proféré des insolations surfiques avec des concerts par centaine dans toute la France et dans le reste de l'Europe (Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Hollande). Le groupe a joué avec Dick Dale (Usa), Jon Spencer Blues Explosion (Usa), Bob Log III (Usa), Sonny Vincent (Usa), Speedbuggy (Usa), Custom Made Scare (Usa), the Darlingtons (Usa), the Pipelines (Suede), Washigton Dead Cats, Uncomonmenfrommars, Neurotic Swingers, Cowboys from Outer Space, Hellsuckers, the Juanitos, Jerry Spider Gang, Weak, the Hatepinks, Gomm, Bikini Machine, Holy Curse, Hellbats, Chewbacca All star, Sparkling Bombs, Second Rate, Surfin' Matadors, El Ray (Danemark), the Manikins (Suede), Los Banditos (Allemagne), Leopauld Kraus (Allemagne) et bien d'autres...Avec 3 albums, des splits ep (45t) et une poignée de titres sur des compilations et samplers sous le coude, les 3 Ninjas de Honolulu Besac City prouvent encore et toujours que le surf rock instrumental a de beau jours devant lui. Chose que nous leur devons par l'activité outrancière de leur félonne saturation sonique. Jadis le groupe surfait sans fin, effrontément, superbement. Mais voilà, que l'histoire rebondissait dans les strates profondes de sables mouvants lorsque subitement est apparu la dissolution après The Final Assault Tour en 2005. Égarés dans la vallée infernale nous étions devenus ces crabes que l'on voit déambuler sans but dans le silence maritime.

L'océan de solitude nous faisait face et le regret semblait éternel.


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Puis par cet effet de magie noire que réserve la vie terrestre est survenu la réhabilitation du vinyle, ce qui avait suscité au label « Les productions de l'impossible » de sortir le premier opus « Let There Be Surf » d'Hawaii Samuraï. Ceci avait permit au trio de waxer son surf avec quelques dates en début d'année 2012, mais uniquement à l'Est. Aucun passage dans la brique toulousaine bordel de chiasse à merde. Après 13 années d'eau calme à patauger dans la Garonne, le trouble n’est plus de mise, Hawaii Samuraï est de retour, la vague perpétuelle menace d'être gigantesque et de tout engloutir sur son passage. On raconte dans les vestiaires de l'ovalie que les guerriers maoris du rugby se font dessus dès que l'on agite les légendaires vengeurs de la plage venus des îles hantées du pacifique. Il est vrai que toutes ces histoires de créatures ensorceleuses, de monstres maléfiques, peuplés d'aventures exotiques sont l’apanage de ce groupe et de son pur surf rock cryptique emprunt de riffs nostalgiques, façon Dick Dale, Trashmen, Surfaris, Revelaires, Man or astro man.


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Au merch des surfeurs, il y avait le sieur Gwardeath, un peu fatigué de cette fin de tournée, mais toujours aussi agile quand à sa répartie sur les domaines culturels en tout genre. Par monts et par vaux, cet homme d'une sagesse conforme à l'encolure libertaire, sillonne le vaste monde en ayant toujours ce regard espiègle, absurde et parfois mélancolique, il vous rend grâce d'en lire le contenu via ses contributions périodiques, épisodiques, mensuelles dans de multiples chroniques virtuelles et papiers de haute qualité.

Hawaii Samuraï s'est présenté à nous en empruntant un look symptomatique de la somme de crossover que propose leur surf intergalactique. Dick Den's avait enrôlé une cagoule comme un indépendantiste, Buenax camouflait son regard avec le masque de Green Hornet et Nasty Samy en bandeau noir autour de la tête. Pour fédérer et afficher les mêmes couleurs  il y avait la veste sans manche avec dossard libellé à l’effigie du band, rappelant par la même occasion l'autre groupe de surf de Nasty Samy, Demon Vendetta.

Si dans l'espace personne ne vous entendra hurler, au fond de l'océan guère plus, et le cosmos corallien d'Hawaii Samuraï réserve l'incongruité subliminale d’apparitions fantasques.


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Le groupe arrosait sa surf-music dans l'essence du rock garage afin d'enflammer avec un esprit de punker dans l'âme. Leur set était constitué de compos originales et de reprises diverses et variées, de Link Wray à Dead Kennedys, en passant par the Tornadoes, Bobby Fuller, et des génériques de Spiderman, Batman, Buffy contre les vampires !La zique d'Hawaii est une force de la nature, sa déflagration sonique est bestiale. Si on ajoute à cela une sensualité spectrale, un érotisme abyssal, il est évident que le concert du soir allait nous déposséder de nos angoisses, par la multitude de ses résonances et j'en constatais les effets par les cris d'orgasmes que le public a poussé. Avec ce groupe, le twist a le goût du sang séché.

Nasty Samy donnait dans ce calme apparent d'un volcan qui ne demande qu'à exploser, Dick Den's apposait à son reflet l'élégance racé de la surf music et de sa folie perpétuelle, Buenax a distillé le carburant nécessaire pour faire chavirer l'ensemble dans un tsunami sonique. Le groupe a offert une dédicace à Lucas Trouble avec le titre « Haunted Orbital Station ». Pour rappel historique, ce fut un homme de l'ombre dans la production d'Hawaii Samuraï, et qui en a longtemps façonné le son, puis il y eu aussi une dédicace pour the gypsy master, le sieur Django Reinhardt.


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Si, si.

Cette surpuissance surannée que l'on entend est en fait légitime de leur passion. Rejeton légitime de la maquerelle Poison Ivy et de Man or astro man, Hawaii Samurai a fait rutiler l’histoire du rock et son venin carnassier pour un final primitif et progressiste. Dans le tohu-bohu du ressac surpuissant des sonorités aiguës qui n'en finissaient plus d'exalter en nous des vagues d'euphorie jubilatoire qu'offrent la surf quand vous vous retrouvez à boire son bouillant magma surfique, qu'à la toute fin, nous trouvions dans le macadam une plage de sable fin douce et soyeuse, avec son goût salé dans les discours de bienséance de procrastinateurs, qui invoquent le destin sans pitié de leur infortune pour s' exonérer de leur futilité et de leurs fautes quant aux mauvaises décisions prises. Oui, il faut bien l'avouer ici-bas, Hawaii Samurai offre en plus de tout le reste, la possibilité aux formes les plus larvaires de l'existence de se désoxygéner en aspirant son aqueuse décompression musicale.

Mais souvenez-vous d'une chose capitale en ce qui les concerne : Only HAWAII SAMURAI are pure cryptic and voodoo instrumental surf-punk, & Ultimate Surf Abomination !


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dimanche, janvier 31 2016

THE SILICON - Tiki Tohua


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Voici un groupe de surf possédé par la pénombre fantomatique des Shadows & la Western-spaghetti morriconiene, il est certain que ce disque ne fera pas avancer le style, mais que vous parveniez à glisser dans le tube surfique à tout blinde, oui. Car c’est tellement bien aiguisé, bien réalisé, bien interprété que cela réveille le mémoriel nostalgique pour des mélodies qui se marient avec des styles divers et variés, des temps anciens et démodés.

The Silicon est russe et vient de Minsk, son répertoire à base de surf sixties, où rumba, twist et autres jerk se déhanchent avec désinvolture, témoignent d'une réelle propension à celui conçu par The Shadows. Hank Marvin, mythique guitariste britannique, est librement une inspiration ici.

J’ai adoré cet album, vraiment, j'ai passé un très bon moment, et j'assume amplement ma ringardise si cette surf à la papa est prise uniquement pour te replonger dans le bain bouillonnant de sonorités vintages & kitschs.

Le seul reproche à faire au groupe c'est que cet album n'est disponible que dans un format digital, et là le bas blesse.


mardi, janvier 19 2016

ARNO DE CEA & THE CLOCKWORK WIZARDS - Bug Terminal


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Aloha !

Pareil à un grain de sable que l'impermanence de la vie peut souffler au gré de son alizé, ce disque est versatile au possible. Amatrices, amateurs de Surf-Music à papa, ce disque ne fait pas mal, ne fait pas de mal, il régénère voilà tout.


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Cestas, Côte d'argent, Aquitaine, pendant que le vent marin brise l'écume le long des plages océanes en ce doux hiver printanier d’été indien, que tout baigne dans l'azur serai-je tenté effrontément de stipuler...


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...Et bien le nouvel album d'Arno De Cea fracasse la surf-music sur les ressacs noisy-rOck/émöcore[powerOck\PunkRock...

Diantre, foutre, bordel, saperlipopette, qui a annoncé avec certitude que la surf music n’était qu’une musique de cire des sixties ? Hein ? Il peut vraiment fermer sa gueule celui-là, c’est sûr. Surtout dans notre hexagone qui pullule de groupe qui ont fait muter la surf vers une modernité tapageuse. D’ailleurs Arno De Cea, guitariste de son état, et même guitariste intenable en concert (à la limite de l’épileptique) n’en finit plus de sortir des albums explosifs, avec ce grain de folie libertaire qui témoigne d’une réelle faculté à botter le cul de l’orthodoxie, là ou d’autres bottent communément en touche.

La sauvagerie de ce nouvel opus est à mettre au diapason de son énergie et de sa brutalité Daikaiju. Mais pas que. Bien sûr mais pas que, et c’est la grande faculté d’Arno De Cea & the Clockwork Wizards, de proposer une variation de mood pour un même esprit libéré, désengagé des codes et autres stéréotypes en vigueur de la surf-music. Heyyy cela ne signifie nullement que ce groupe chie sur tout le reste, bien au contraire, ce n’est pas parce que l’on est progressiste que l’on vitupère les conservateurs.

L'album est d'une fluidité exemplaire, tantôt fougueux, puis câlin, une main de fer dans un gant de velours. Le chef du label des Productions de l’Impossible avait annoncé la couleur : 11 titres estampillés Brutal Surf Music où les clichés Surf sont digérés  et dynamisés  par  un traitement Noise Rock.

Après tu peux déblatérer à loisir, mais une fois sur la platine, c’est concret, carré, convexe, coupant, glissant, surfique, diabolique, ahurissant, psychédélique, menaçant, cool, funny, doOömesque, captivant, explosif, dynamitant, hyper mélodique, attendrissant, ettttt la liste est longue car jamais, je dis bien J A M A I S tu ne t’ennuies avec ce disque.

Car tu auras beau te le passer en long, en large et en travers, à chaque fois tu y fais une découverte, d’une nouvelle variation, un nouvel éclairage, une nouvelle lumière, sensation, émotion...Eeet la liste est longue car jamais, je dis bien J A M A I S tu ne t’ennuies avec ce disque. Oui je me répète mais il faut que ça rentre.

« Bug Terminal » ressemble au spectacle lumineux qui perce les nuages grecs en plongeant dans la mer, donnant au ciel les atours solaires d'être béni par les dieux de l'olympe, et plus prosaïquement là, par Poséidon.

Bon Surf et N'a wè pi ta !



samedi, décembre 19 2015

SMOCKER WAVES


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Vague après vague la fumée s’insinuait en moi, m’asphyxiant toujours un peu plus dans une respiration saccadée d’asthmatique en peine, pourtant je ne pouvais décrocher de là, pris dans les tubes aqueux du surf des Irradiates, yeah !


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Dimanche 13 Décembre 2015 la nuit recouvre son voile noctambule, il est 19h15 et je pars de la casbah en direction de la capitale de Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon. J’ai préparé un carton spécial avec plein de goodies et des fanzines du WBZ pour les hommes de l’Est, avec l’espoir qu’ils apprécieront l’attention portée.

20h15 - J’écoute les résultats électoraux en apprenant que le FN l’a eu dans le cul, et profond même.


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Je ricane intérieurement face à la déconfiture des nombreux énergumènes qui dans la semaine m’avaient brutalisés avec l’insolence de leur jubilation quand on résultat du premier tour et de son défouloir intolérant. Je poursuivais heureux ma route vers la ville rose, toujours en zone libre donc. Sortir un dimanche soir d’élection régionale pour aller entendre le pouls rugissant d’une musique de sauvage n’est pas à l’apanage du quidam vulgaris. Je travaille le lendemain bien entendu et dès la première heure…Hey on donne à sa vie le sens qu’on lui souhaite, il faut juste tout assumer derrière.

La soirée se déroule aux Pavillons Sauvages, lieu associatif pour jeune trentenaire désinhibé face à l’existence pénitentiaire du citoyen lambda. La bâtisse se compose d’un bar puis d’une salle concert.

20h30 - Mais où est cette foutu salle ? Bordel de merde serais-je tenté d’ajouter…Je tourne visiblement autour selon les rappels de ma mémoire visuelle, en ayant au préalable enregistré la situation de la salle avec l’aide d’internet quelques heures auparavant. Là je n’ai ni portable, ni GPS, total oldschool. Mais en passant devant ce qui doit être la rue exacte je repère une crinière blonde, détail indubitable qui provient d’un spécimen rare de la région Bourgogne Franche-Comté, elle aussi en zone libre. D’ailleurs la plaque d’immatriculation du 25 me souligne que je suis dans le vrai. Putain c’est bien Macst, bassiste des Irradiates de son état, qui blablate au téléphone cellulaire. Il m’indique que la salle est juste derrière lui. Oôoh bonheur, j’y suis enfin.

Premier constant : Pas d’éclairage, pas de panneau, aucune indication, rien. Juste une bâtisse anodine, personne devant, c’est la première fois que j’y viens. A l’intérieur la faune est semblable à celle qui anime les MJC, le look est défait, la cigarette se roule, les colories tournent autour d’une neutralité que n’apprécierait pas du tout Mr Benetton, et l’ambiance est joviale, quoique un tantinet discrète. Pendant que le public s’agglutine autour du débit de boisson en augmentant les bénéfices de Maître Kanter et le chiffre d’affaires des négociants de malt, je discute avec Macst, Buanax, le batteur, et puis Dick Den’s guitariste. Chacun s‘enquit du passé/présent/futur avec courtoisie. Les gars me délivrent la quintessence de leur accent des montagnes frontalières de la Suisse, je leur sers celui chantant du méridional, en somme on est ravis de se revoir. Ma présence repose en ce soir uniquement sur la venue dans le midi du groupe THE IRRADIATES.


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Cet orchestre atomique de surf music déploie depuis de successives lunes la profondeur des romans d’Edgar Alan Poe tout comme la texture vampirique et versatile des films de S-F, de série Z, etc…Liée à une culture générale ahurissante et tentaculaire.

Pour les présentations d’usages: Dick "Den's" Irradiates (cosmic and raw guitar, backing vocals); Arno DeCea (brutal surf guitar); Macst Irradiates (supersonic bass and vocals); Buanax Irradiates (interstellar drums and chemical effects). Membre honorable de la Scientific Surf Rock Research, le band a sorti en 2014 leur dernier album intitulé « Revenge Of The Plants », produit par Jim Monroe (Adolescents, Bomboras, Ghastly Ones, C.J. Ramone…), dont je vous en conseille l’étude. Ce soir le groupe vient fleurir ce projet botanique et sonore en explorant/explosant les cerveaux toulousains…Ce qu’il fit brillamment.

Pour les news glanées pendant mon inquisitoire journalistique : The Irradiates avait rendez-vous le lendemain pour explorer le Swampland, studio analogique de Lo' Spider, afin d’enregistrer un E.P. Enfin tout reste indécis, à définir, la ligne de composition, le format, etc…Arno DeCea a fourni de la matière et une composition, donc wait & see…

L’autre groupe de Macst et de Buanax, RED GLOVES doit sortir leur premier album "Night Gap" courant janvier…J’ai le t-shirt avant l’album et c’est une première ! Une tournée en Mars avec le trio CAB DRIVER STORIES doit suivre, cela va se caler sous peu, on en reparle en temps et en heure pas de soucis, ce qui est certain c’est que cela sera cool & fun ! Red Gloves a sorti 2 E.p 45 tours, si vous ne les avez pas je ne sais pas ce que vous foutez ??? Vraiment. C’est très bon, dans le spirit de Samian et l'empreinte mélo des 90's avec un must de power rock.


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4 bands sont à l’affiche du soir.

21h00 - Le premier groupe va jouer à côté du bar, et c’est un one band : Kkscheissekrakra. Oooooh punaise il y avait un indice, la fin du nom finit phonétiquement par cracra, ouille ouille ouille ma couille ! Ce que l'on peut être con parfois...

Si vous ne connaissez pas la définition du one band, c’est un gars avec une guitare désaccordée qui joue un voodoo-blues hypnotique avec une grosse caisse qu’il actionne lui-même comme unique rythmique. Bien entendu ceci c’est dans le meilleur des cas.

Notre discussion s’arrêtera là puisque le son est bien au-dessus de la normale, le gars baragouine des onomatopées que le son brouillon émanant des enceintes en restitue toute la tentative d’apprentissage. Suite à cela et bien oui mes chères amies je me suis clairement posé la question : Est-ce que cet artiste est en train de réaliser un happening d’art contemporain lo-fi ? La dégaine d’esprits libres siégeant ici me suggérait vivement que c’était plus que plausible, puisque le public a collaboré activement à la propagation du délire chatterton-beuglement-dislocation-salmigondis, sans que cela n’occasionne aucune séquelle auditive, ni de dysfonction cérébrale. Tout paraissait normal dans l’anormalité, et comme ceci se rapprochait de la définition de l’art contemporain j’ai pensé que c’en en était, de l’art contemporain.


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J’avais tout de même la sensation persistante d’avoir un caillou pointu dans la chaussure, et que l’on me souffle sans cesse une mauvaise haleine dans les narines à la fois, je suis sorti tellement je me sentais vieux pour supporter cette cacophonie. Quand c’est mes gosses qui réalisent ce genre, je compatis avec insouciance parce que ce sont mes enfants, celui-là je ne le reconnais pas.

Non mais sapristi ce gonze avait-il déjà pratiqué d’un quelconque instrument avec lequel il se servait comme le ferait une nageuse de danse synchronisée quand elle pratique le lancer du marteau ? Merde, même son accordeur semblait désaccordé !!

C pô grave, le gars fournit à son set la crasse nécessaire à son capharnaüm, et le public écoute, participe, semble ravi. Attendez, ce n’est pas que je sois contre ce style musical, d’ailleurs ce n’est pas du tout évident de monter sur scène tout seul, et de pratiquer ce genre, j’en ai conscience et respecte, car il faut bien comprendre que le gars doit absolument te faire rentrer dans son mood pour t’enrober dans sa transe. Très peu y parvienne, car on doit ressentir une atmosphère vraiment spéciale pour se laisser porter par les saccades répétitives et toute l’émulsion climatique qui va avec. Personnellement je n’ai pas apprécié, la seule chose importante que je retiens, c’est qu’il y a bel et bien un truc après le lo-fi dorénavant.


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21H35 – Alors que nous papotions effrontément et de manière légitime sur l’univers tridimensionnel des compositions des Irradiates, le trio  The Grave Diggers  est venu honorer l’égo de Dick Den’s en lui avouant reprendre des classiques des Hawaii Samuraï, l’ancien groupe de surf de Dick, Buanax et Nasty Samy. Ce groupe a su véritablement influencer un grand nombre je m’en aperçois à chaque fois…Tiens je vous file une exclusivité WBZ internationale : Hawaii Samuraï va sortir leur « The Octopus Incident ? » en version vinyle sur le label Les Productions de l’Impossible, qui était uniquement dispo en format CD jusqu’à lors, et le promouvoir par une reformation en concert courant Novembre 2016 à travers l'hexagone. Mais chuuuuut cette information ne doit pas filtrer, je compte sur vous hein ; )

Quoi ? Aaaaah oui c'est vrai, c'est écrit en gras, et alors ? Vous n'êtes pas obligés de le crier sur tous les toits non plus de votre côté, je compte sur vous hein ; ) , non mais vraiment quoi !

Le deuxième groupe c’est un duo. Bravo, la logique est respectée. Ben oui après un one band, tu fous un duo, CQFD. Sheriff Mouloud en est le patronyme, c’est du rock garage avec des déguisements de mexicain (costume skeleton, casque de catcheur). Ça tape au cortex avec une rythmique binaire, le chant vocifère dans une sonorité conforme au style, la guitare libère la sauvagerie, jusque dans la wild-zone du public enchanté, qui trémoussera du croupion dans cette sarabande endiablée. Attendez, ce n’est pas que je sois contre ce style musical, d’ailleurs ce n’est pas du tout évident de monter sur scène rien qu’à deux, et de pratiquer ce genre, car il faut bien comprendre que les gars doivent absolument te faire rentrer dans leur mood pour t’enrober dans leur transe.

Ouaie bis repetita placent sed perseverare diabolicum est = aucun plaisir en eux, mais continuer à tromper est répétée deux fois.


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Non mais en fait il me manque un truc plus cryptique pour que j’apprécie réellement, il me semble aussi que d’après le nom du band, des thèmes orientaux auraient pu être incorporés à leur sauce mexicaine pour pimenter l’ensemble. Là il y aurait eu de l’originalité orientale à la place de ces stéréotypes.

Troisième groupe…Ah non pardon, il y avait un truc avant, une sorte de démonstration. Je ne sais pas si c’est réellement le terme qui convient, peu importe…. Soudain, un gars dont on ne sait d’où ?!? C’est installé du côté du bar. Il a branché une boite à rythme, du genre marteau woody-woodpecker, et avec une guitare a molesté son instrument en créant de la dissonance. C’était un mélange de musique industrielle pour le rythme brut de décoffrage, des gammes de shred et des riffs de grindcore pour la guitare. Le son était horrible on en entendait rien, cela tenait de l’expérimentation bruitiste et du happening une nouvelle fois. Le gars a joué dix minutes, mais c’était déjà beaucoup trop. J’ai fini dehors à me geler plutôt que de subir cette nouvelle épreuve de torture sonore.

Je dois convenir en toute aise que jusque à présent la liberté d’enfumer le monde prend plusieurs niveaux de lecture dans l’enceinte de cette maison de quartier incongrue. Premièrement on laisse libre cours à ce que chacun puisse s’épanouir dans la libre expression de son art brut, voire même primitif, et dans la limite des compétences techniques et d’une sensibilité primesautière. Alors oui c’est une chance de défendre l’émancipation artistique j’en ai bien conscience, mais c’est aussi un grand malheur pour tous ceux qui doivent subir la médiocrité.

Deuxièmement, les gens fument à l’intérieur.


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Donc si mes propos critiques paraissent cyniques, il n’en est rien, je m’explique. Premièrement mes parents ont un vieux clairon tout cabossé que mon père conserve par nostalgie de l’époque où dans le village natal existait des associations pour éduquer la jeunesse au sport et à la culture. Quand je souffle dedans cela émet le son d’un éléphant ayant une gastro-entérite, et c’est rigolo, mais dix secondes. Est-ce pour autant que les encouragements maternel et paternel sont assez constructifs pour que je me produise aux pavillons sauvages ? Pour passer pour un hurluberlu oui, mais pour passer pour un musicien non.

Deuxièmement, il est prouvé que le tabagisme passif est aussi nocif que pour celui qui a délibérément choisi de développer des cellules cancéreuses. Malheureusement le passif doit tolérer l’intolérable égoïsme et dédain du fumeur. Est-ce à dire que la salle les pavillons sauvages est connue (reconnue) pour être le lieu unique où les fumeurs accèdent au Graal de fumer où ils veulent.

Je pense que par soucis de faire le moins de tapage possible et préserver une attente cordiale auprès de l’environnement voisin, le public de fumeur a décidé d’un commun accord avec ses principes de liberté de rester dans la salle et d’offrir au non-fumeur la possibilité d’écouter la musique à travers les murs extérieurs, et dans le froid. Chose que j’ai effectué par ailleurs dans ma voiture quand le son tonitruant de la musique m’exaspérait en tout point.


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Le célèbre Dick Den’s s’est même étonné que je ne fume pas, ne me drogue pas, ne bois pas d’alcool, que je n’ai pas de vice en somme. Maaaaaaaaais je m'insurge, bien sûr que j'ai des vices : J’ai Satan et une relation sexuelle épanouie avec mon épouse à base de perversion monogame depuis 20 ans, hé !

22h45 - Je papote un peu avec Arno DeCea, il me confirme que le festival de Surf en Italie, le Summer Joe Festival vaut le coup d’être vécu, et que son rayonnement international est une super vitrine promotionnelle. J’achète les yeux fermés son nouvel album ainsi qu’un peu de merch dans le bac des surfeurs bisontins. Oui je soutiens la scène, faut le faire vivre le petit commerce de proximité en cette approche de fêtes de fin d’année, cela permettra d’acheter des stères de bois pour se chauffer. Car comme chacun le sait ça caille à l’est, ça gèle à l’est, il y fait froid mais le cœur est chaud.

23h00 - Le troisième groupe s’appelle Zeus, à l'origine c'est un dieu grec, le cas présent c’est un duo italien de drum & bass noisy. Le public a apprécié les allitérations soniques et les divers mouvements saccadés des transalpins, ainsi que la teneur épileptique de leur musak. Il faut dire que dans l’hexagone pullule ce genre de sonorités bravaches, dont les noms de groupe et les délires visuels et musicaux prévalent dans la démarche cinématographique du réalisateur Quentin Dupieu ( Papier Tigre, Cheveu, Pneu, Oiseaux-Tempête, Chevreuil,etc...). Mais j’ai dû décrocher quand la fumée était devenue trop importante à mes yeux ( pourtant munies de lunette), me réfugiant même dans la voiture par la seule force de cette musique éprouvante, et ne voyant plus que cette unique solution de repli. Dès que je n’attendais plus le morcellement syncopé j’ouvrais la vitre, mais dès que recommençait le hachis sonique, je continuais ma méditation avec patience.

Au bout d’une durée relative le set s’est terminé, j’avais la sérénité qui exige à la sagesse le soin de garantir une bonne tenue en société, mais pendant que The Irradiates se préparait sur scène, l’ami du BTP (Bâtiment et Travaux Public), oui le shredeur avec la boite à rythme, est revenu encore plus enthousiaste, en ayant gagné en confiance après son passage antérieur, pour nous asséner l’occiput avec l’application frivole que ressent le désinvolte quand sa famille l’encourage à poursuivre ses élucubrations sonores, et même si c’est inaudible. « Vas-y mon chéri c’est super ! ».


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Du coup le gars s’est abandonné littéralement à son Art de la démonstration. Attention il y un A majuscule à art, parce qu’il nous a tout donnés, à la limite du tapping cette fois-ci.

Heeeey mais pas besoin d’un tel boucan mon cher ami, sais-tu que Guy Béart munit en tout et pour tout d’une guitare sèche et de textes filandreux était tout aussi chiant ?




23H50 – « Sous les pavés, la plage »…Voilà il est pratiquement minuit, et enfin on va entendre glisser de la musique.


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Dans la Surf Area The Irradiates commence pour un set incisif, percutant, munit d’une variété outrecuidante de variations, de couleurs musicales volubiles, de contrastes, avec son lot de valeurs anciennes, de respect du cahier des charges, de l’effronterie à créer de la dynamique, une impulsion, de créer un monde, son monde, une singularité bienfaitrice, bref le combo compile et capitalise musicien et artiste tout à la fois. Arno DeCea gigote comme un dément, Dick Den’s a des démangeaisons pour venir sans cesse dans la fosse se confronter au public. Le groupe joue trois/quatre titres d’affilés puis Dick ausculte la température de la salle, et dispose d’un bagout scientifique pour développer les thèses savantes de leur dernier opus. Le public est pantois, coi, cuit. Son regard se veut hypnotique et la modulation de sa voix est à la limite de la ventriloquie. Arno DeCea appose des figures libres et des contorsions de yogi tout en balançant des lignes de structure surf-noise-rock. Il saute à cloche pied avec la guitare sous la jambe tout en jouant ce que nos amis musiciens amateurs du soir seront incapables de réaliser assis. Macst essaye en vain de rester en vie prit dans la tenaille énergique des deux guitaristes. Le grand blond n’a toujours pas de chaussures noires, et avec sa basse il apporte ses volutes rondes que la salle prend dans les esgourdes avec ravissement. Buanax martèle, caresse les fûts selon les variations épidermiques et fait tintinnabuler ses cymbales dans le rythme de fou furieux que le groupe est en train d’imposer. Leurs plantes carnivores dévorent.


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La fumée est de plus en plus épaisse, oui mes amies je suis resté autant de temps que j’ai pu en apnée, et Jacques Mailhol peut bien aller se faire enculer car je suis certain de l’avoir battu à plate couture le cachalot du grand bleu.

Pas grave car avec un calme shaolin je continue de respirer dans mon sweat, j’ai les yeux qui me brûlent et c’est très désagréable, mais pour ce groupe, pour la qualité tant humaine, que musicale je reste jusqu’à la dernière seconde de leur concert. The Irradiates est un super groupe de surf music, une fois de plus j’en ai la confirmation.

Ce quatuor agresse, défend, émancipe un style musical trop souvent minaudé et adoubé par la poussière roots. Je vous conseille l’ensemble de leur discographie et surtout d’aller les écouter, les voir, et entendre crépiter leur surf en concert.

Au fond de la salle une mention adhésive contre une vitre à proximité de l’ingé-son signale qu’il est formellement interdit de pratiquer du surf ici !? Bizarre que dans une salle émancipée par la théologie du tabac il y ait un interdit liberticide. Pour rappel : « Il est interdit d’interdire. »

Merci aux personnels des Pavillons Sauvages, aux Irradiates de me contaminer sans cesse, et à bientôt pour une nouvelle mission !


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