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On commence l'année par un disque de 2017 c'est dire si le WBZ est de son temps...

Nouvel ovni des transalpins qui restent dans la même mouvance magmatique-slüdge pour invoquer la symbolique de l'infini avec 8.

L'écoute d'un album d'Ufomammut est toujours un plongeon dans les abysses soniques. L'aqueuse méditation qu'engendre une telle musique est souvent constellée par une myriade d'effets psychotropes avec laquelle d'étranges images subliminales apparaissent.

Lors des derniers opus le chant est devenu une matière sonore prépondérante à la stabulation sonique du groupe. On en retrouve les psalmodies ésotériques se répandant dans tous les interstices des nouvelles compositions, elles apportent un éclat supplémentaire, ainsi qu'une spécificité propre à la spongieuse capacité évocatoire que le groupe diffuse avec mystification.

Force et intensité forment depuis toujours une dualité au spectre sonore d'Ufomammut, souvent noyé dans un maelstrom fangeux dont on a peine à s'extraire, tant la linéarité se métamorphose en transe, et souvent quand on se laisse envahir par une extase puissamment flottante.

Le trio a toujours su maîtriser ses atmosphères psychotropes, lui donner de quoi fantasmer. On en retrouve toute l'ampleur et l'élévation avec ce 8, ainsi que ces illuminations soniques paranormales. Comme de coutume il y a des titres ronflants, toujours aussi longs, interminables, mais dégageant une telle intensité qu'une fois encore on se fait baiser à écouter cet utopique liant magique aux anticipations des films de S-F, approfondissant une sauce épaisse à l'amertume divinatoire.

Ce 8 est une bouillie parcourue par le corps magnétique de Monster Magnet, le space cake d'Hawkwind, révélant apparition de strate harmonique, suspension temporelle, lestage tellurique, hallucination contemplative.

Si dans l'espace personne ne vous entendra hurler, dans celui d'Ufomammut la pression est  éreintante, effrayante, intrigante et solidement incandescente.


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