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Tag - Sludgeeeeeeee

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jeudi, septembre 12 2019

ASSOMPTION LITURGIQUE SLUDGY


revenir des limbes

Il y avait un bail que je n'avais pas assisté à une descente d'organe sonique en mode détente et épanouissement magique. En ce 20 Août je cherche comme chaque année le recueillement, c'est une journée particulièrement chargée d'émotion et d'ombre pour moi. Je sais que l'affiche de cette programmation organisée par l'association bienfaitrice Noiser, va me projeter entre les deux mondes. Pourquoi donc ? Parce que Dopethrone parle le langage que l'obscurité des vivants dégorge dans la félicité orgiaque, et que Eyehategod prolonge dans son rite les élongations volcaniques que les morts-vivants libèrent dans l'extase Sludge.

Tout ceci renferme un degré de mystère supplémentaire à mon trouble.

Vous attendez un nivellement par le bas, et vous avez raison gardée, ce soir-là c'était les ténèbres vrombissantes, le cachot des géhennes, avec la lourde et incommensurable puissance du tréfonds. Du lourd, de la fonte et de l'acier sur un coulis de magma épais, oui, du Sludge avec du groOove, et à chaque fois aucun palier de décompression, ni de sas d'écoutille. Juste l'alignement des planètes en phase avec le mystère du bas, dans cette incarnation d'une métempsycose musicale transcendante, qui donne le goût de la nuit crépusculaire dans l'antre du mystère lunaire aux hommes et femmes de la troisième dimension, dont certains.nes s'éclairent parfois à la bougie de la cinquième.


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Sans brûler les étapes, ni de cierge, c'est la première fois que j'accède au Connexion Live, l'endroit me paraît cool. Plusieurs atmosphères et ambiances sont possibles et permettent d'élargir leur audience et la fréquentation du lieu. Ce soir c'était DOPETHRONE pour ouvrir le bal. Lequel a vomi par le trou de balle de Belzébuth la fonte dégoulinante d’un sludge à l’impureté fourbu. Les Canadiens ont une discographie vraiment malfaisante, chaque disque s’inscrit dans une évolution de limace doom. Pourtant à chaque lampée ingurgitée la saveur en bouche est tenace et se lie avec une formidable attraction de groove.   Il est un peu plus de 20h30 quand Dopethrone entame les hostilités, on sent que le groupe va rendre gorge dans son brasier sonique. Effectivement le coulis éclabousse, se dilue de manière joyeuse dans l’occiput du pit jusqu’à inonder le moindre fragment de cerveau reptilien. Imbibé et désinhibé avec ce mortier fermenté, le public n’aura de cesse de batifoler. Sur scène, d’habitude en trio, il y a une chanteuse dont le visage tatoué et des dreadlock fétichise vers une émanation tribale.

D’ailleurs le suc de leur musique est gorgé avec cette teneur païenne de s’offrir à la terre mère, un peu dans le même esprit que le groupe Sleep, lequel extrapole davantage vers la S-F à Lovecraft. Dopethrone est heavy et bluesy aussi, mais sombre, gras, et lourd.


éducation
  La calcination de leur set appose une déliquescence musicale propice à sulfater de la colle en guise de trompe l’œil. Les riffs sont lourds, la rythmique par contre était en deçà du précipice escompté.

La chanteuse s’est étonnée qu’en se jetant de scène personne ne soit venue la maintenir. Hey cocotte si tu sautes pendant que les bestiaux se frottent les côtes flottantes, il y a un risque majeur que tu passes entre les mailles du filet du pit pour te vautrer la tronche. C’est exactement ce qui s’est passé. Tabernacle, je suis 33 ans et je aime baguette fromage plus tard le cuir chevelu en sang, la dame se prête volontiers à la diffraction sonique avec retenue scénique, mais pas vocale. Ce qui s'avère judicieux.

Échauffé et pas échaudé, le public se soumet à cette bouillie d’érable sans moufter, la cuisse ferme et les coudes arqués, la musique, elle, semble tomber de haut, ça dégouline lentement, très lentement, et ça pèse le poids d’un caribou trépassé. Le chant s’égosille au papier verre. Bon trip, bon set, le groupe rend les armes et les enceintes fument un épais jus de sludge, parfait contrepoids aux acouphènes pour se sortir de la mélasse !


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« Music is the mediator between the spiritual and the sensual life. » Ludwig van Beethoven


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Le plat de résistance est conséquent :

EYEHATEGOD


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J'ai un lien spécifique avec ce groupe de NOLA. Je vous somme de l'écouter.

Musicalement, leur teneur sonique coïncide par fragrance à un mélange de poissonnerie et de vaseline dans des vestiaires rugbystiques. Et non cela n’a rien à voir avec les festivités estivales chez les libertins du Cap d’Adge. Même si ça pue, que ça suinte, il y a de l’épaisseur et une tension permanente, c’est solide et si c’est fluide, le choc reste dur en termes de commotion cérébrale.

La vibration sonique vous disperse une gamme de rayon sludge incompressible. La bile dégouline lentement comme du magma et lave par une épuration musicale remplit de groOove intensif.

La provocation du groupe réagit aux stimulus punks comme pourrait le suggérer cet aphorisme : « praise the lord and pass the ammunition ». Le nihilisme est omniprésent, la rage, la douleur, l'affliction, tout est fort, irascible et douloureux comme dans le grunge...Crasse punk (Crass – Negative Approch), lenteur heavy (Black Sabbath - Melvins), décadence sonore (Black Flag), blues distordu (Laughing Hyenas), southern (Lynyrd Skynyrd).

EᵪHᵪG c'est Down To Earth Motherfucken Post Amplification Blues, et au hasard de la vie...


au hasard de la vie

Les paroles sont un venin, la musique en est sa propagation venimeuse, sa liberté de propagation tient au premier amendement Américain sur la liberté d'expression.

Au niveau de l'image du combo il y a la figure de la vierge, et on peut se poser la question, cette image de la madone, est-ce une résurgence meurtrie de leur souffrance sur terre ? L'immaculée conception est-elle une figure de soumission (la Trinité chrétienne : le Père, le Fils et le saint Esprit fait preuve d'un patriarcat puissant face à la figure céleste et maternelle de la vierge Marie) comme a pu l'être les membres d'Eyehategod avec les drogues dures ?


Madonna NOLA

L'idée d'une mère restée vierge constitue un fantasme qui remue profondément notre inconscient et notre imagination, et même Freudienne (avec l'effroi que suscite chez l'enfant l'idée et l'image qu'il est né d'un coït de ses parents). Ironie d'athée ?

Le sarcasme et l’insolence d’Eyehategod est aussi spirituel que mystérieux avec ses subtilités dans son chaos...Et tout tend vers l'épuration (pénitence), l'évacuation (expiation), la libération (rédemption). Les larmes de colère ont le sentiment de la salive haineuse puis se métamorphosent en une émotion de salut.


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L’ossature instrumentale du groupe est recentré désormais sur une formule trio, il n’y a plus de second guitariste. Est-ce que la nature même de leur musique s’en trouve imputée ? Nan. Tout simplement parce que la cohésion basse/batterie/guitare est unie, confédérée (bim 2 points Sudiste) en une osmose sonique des plus volcanique.

Pour rappel le batteur Aaron Hill, a été agressé par 4 personnes à Guadalajara alors qu'il effectuait le trajet entre l'hôtel et la salle de concert où il devait se produire avec le groupe. Légèrement blessé à l'arme blanche et dépouillé de ses biens, le concert a été annulé. Mais il est présent à cette tournée. Le chanteur Mike Williams a une santé précaire, et il est toujours vivant, son chant se gorge d’une parure vomitive vagissante toujours aussi parfaite. C’est le venin du groupe, sa partie instrumental(e).

Le guitariste Jimmy Bower est génial. Tout en souplesse pour accroître la densité profonde de ses riffs surpuissants. Ce gars est à la coOol, munit d’une gestuelle agile et élastique en concert avec des mimiques sur son visage dont les yeux parlent la compassion exaltante de prendre son pied à jouer une musique vibratoire. La boule à Z et sans un poil, c’est Stigma Bower, une version oi HxC de la weed du Nola Sound. Quelques semaines après il arrêtera la tournée, incommodant le groupe a cherché un guitariste pour finir le tour en éclopé dans leur vide intersidéral. Ouaie c'est la déprime, et la scoumoune est avec eux ! Mais ils ne peuvent pas faire autrement en fait, c'est aussi dans leur adn toute cette merde qui leur arrive sur le coin de la tronche. Ils ont réussi à en faire battre le fer de leur musique, existence avec.


déprime

La nature est cruelle, l’homme en fait partie intégrante, pourquoi ne voulez-vous pas que l’humanité ait une part de cruauté. Eyehategod en révèle l’obscurité tapageuse par un calibre maligne de grosseur sonique, tempérée sans cesse par une électrisation de breaks salvateurs. Tout cela sent l’ecchymose ardente, la torpeur opiacée, une pleine légalisation d’émotions, de sensations ensevelies sous le déni, d’extraction sentimentale, d’évacuation cathartique. Les larsens forment la stridence du bousculement incessant de vos pensées bientôt abattu par le groove d’une musique indolente à la convulsion apaisante.

 ‘’A m'en donné’’ en pays de l’ovalie, ça fourre sévère devant le pit et la table de l'ingé son, laquelle prend un coup qui éteint l'éclairage, le gars à la console est en mode stupeur, puis vénère, le groupe continue dans l'obscurité, métaphore sublime de leur folie musicale, et de l'atmosphère générale de leur musak. Bien entendu tout est revenu à la normale.

La paire Mike Williams/Jimmy Bower seule rescapée du combo depuis 1988, se pare d’une amitié attractive en rapport avec leur synergie musicale. C'est quelque chose de prégnant dans leur regard, même les vannes sont douces entre eux.

Le dernier concert du batteur Joey Lacaze (RIP) avait lieu à Toulouse, avec Noiser, j’y étais déjà à l’époque, six ans plus tard je retrouve un groupe qui s’est retrouvé sur les bases consensuelles de la pleine réalisation vibratoire, incantatoire, sans plus de déboire que de s’offrir à nu, avec toujours la conformité d’une réalisation en live toujours aussi intense. Je me souviens qu’en rentrant chez moi, c’était la pleine Lune, et qu'à l’aurore les 2 astres Lune & Soleil apparaissaient l’un face à l’autre, c’était comme une offrande d’énergie, propice au plein accomplissement subtil.


éclipse

Quand je rentre cette fois-ci, une brume vaporeuse voile le ciel, mais j’entrevois la Lune dans son ¾ de volume, elle est orange puis le long du trajet elle passe d’ocre au blanc à l’arrivée chez oim. Il se passe toujours quelque chose de magique pendant un concert d’Eyehategod, et dîtes-vous qu’après cette vibration agit sur vous et dans l’univers. Je dis cela en passant peut-être pour fada, mais je sens au plus profond de moi que ce n’est pas ma raison que vous mettez en doute, mais l’abîme de votre unité avec l’univers, vous-même, et celle qui vous unit à Eyehategod.  

Un concert d’Eyehategod est un lieu de culte. Une intensité de recueillement bouillonnant en gestation depuis les premières blessures assassines vécues en chacun. Le groupe ne fait que bousculer la vase provenant du son de NOLA, pour que tout remonte à la surface de ces choses trop enfouies, et vous révèle avec force la teneur intime de l’être que vous êtes vraiment. Il éclot en vous par la suite une fleur de lotus si vous en faîtes rugir l’évolution en tout.  

Or, dans ce tout il n’est rien de plus vivace et sage que vous soyez en rendez-vous avec vous-même, dans cette part très réduite de ce que vous êtes au plus profond, et ouvert à l’univers tout entier.   

Ce report est dédié à ma sœur, avec tout mon amour !


sortir de sous-terre


mercredi, juillet 10 2019

DOPETHRONE – Transcanadian Anger


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Dopethrone est un trio Sludge / Doom de Montréal formé en 2008 par Vyk (Basse), Thomas Polychuck (Batterie) et Vincent Houde (Guitare / Chant). Leurs albums : « Demonsmoke » en 2009 qui parait en autoproduction, « Dark Foil » 2011, « III » 2012, « Holchelaga » 2015, puis un split Dopethrone / Fister et l'EP 1312 en 2016.

Le groupe réalise le même album que le précédent et sans lasser, cas rare. Munit par un putain de groOove, d'une lourdeur à triple épaisseur de riffs, d'une rythmique de bûcheron, d'un chant granuleux et vomitif. Si tu cherches de la légèreté c'est carrément pas ici. Puisque c'est sludgy et gras. Le trio canadien dépose le punk dans une mare opiacée du sud américain (genre Eyehategod) et métamorphose le doom sépulcral en blues pour psychotrope misanthrope.

On retient le GroOove, la densité poisseuse, les relents explosif de punk, et le même tintamarre qu'un puits sans fond.

À savourer en secouant la tête comme un possédé du diable et en crachant comme un lama. Attention c'est un disque surpuissant !


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vendredi, janvier 25 2019

BLACK TUSK – T.C.B.T


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Depuis 2005 à Savannah, Georgia U.S.A, berceau du sludge 2.0 avec Baroness, Kylesa, Black Tusk a ravagé avec un soudage de punk Sludgy foutrement érectile sur plusieurs albums. Seulement le trio a perdu en 2014 son bassiste fondateur Jonathan Athon, et a choisi de poursuivre/recommencer avec Corey Barhorst (ex-Kylesa). Il présente ce nouvel album, avec l'apport de Chris "Scary" Adams en second guitariste sur la base d'un quatuor pour les concerts.

Il y avait une alchimie rare avec le trio, sur disque c'était flagrant mais en concert c'était carrément électrique, démentiel. J'ai acheté ce disque les yeux fermés, garant du passé, en soutien avec leur identité sonique, et toute la vigueur que j'ai emmagasiné grâce au trio en concert.

Cet opus susnommé T.C.B.T pour « Taking Care of Black Tusk, on retrouve dedans tous les fondamentaux, l'altérité graisseuse, la pugnacité punk, et cette énergie vitale, mais avec une intensité réduite, et même un manque d'audace. Black Tusk réitère sa formule Swamp Metal avec l'apport supplémentaire d'orienter sa musique avec plus d’épaisseur, notamment avec des parties claviers, mais finalement cela dessert la cause, leur identité. Je trouve que cela n'apporte pas plus, même au niveau des atmosphères. Le son est bien gras, cradingue, la rondeur des compositions baigne dans la suppuration tenace du son. Par contre il manque ce mood stoner hi energy avec l'avalanche de plomb sludgy.

Peut-être que le groupe voulait passer à autre chose, d’apporter un renouveau dans sa violence musicale, tout en essayant de garder dans son ossature sa spécificité. Mais si auparavant le squelette était suffisant et essentiel pour que l’énergie vibratoire circule comme un volcan en érection, aujourd'hui le gras se détend.

Après il faut quand même retenir pour ce disque que le groupe brûle des lipides, il y a des giclées de purée sonique bien dense, la couche de graisse est pâteuse, il y a autant de violence horrifique que de haine tenace et ceci sur la plupart des titres.

Le plus étrange c'est que plus j'écoute ce disque et davantage il se teinte d'une lumière obscure, avec une nette tendance d'acier trempé, de lave incandescente. Il y a du Dead K dans le maelstrom dégoulinant de sludge et du hardcore speedé à Exciter dedans en morceau. Le truc le plus cool c’est que les gars se partagent le chant et c'est orageux, flamboyant, turbulent, rugissant.

Je t'ai dit que c'était moins puissant que les précédents ? Oublie, c'est un nouveau parpaing dans la tronche, ouaie, ouaie direct, cherche pas tu pisses déjà du tarin gamin parce que ce disque balance !


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mercredi, août 1 2018

YOB – Our Raw Heart


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Ne jamais confondre Yob avec Yop, parce que si mon second ce boit comme du petit lait, mon premier en 1996 sous l’impulsion de Mike Scheidt (Guitare / Chant) est dans l'Oregon le berceau malsain d'un Heavy / Doom squameux.

Si en 2006 le trio a jeté l'éponge pour essayer les plâtres, il est revenu des limbes en 2009 avec un cinquième album, et depuis fait croupir sa musicalité avec fougue et mysticisme ambiant  à travers le filtre d' un doom progressif hypnotique.


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Suivants la voie ombrageuse des grondements Neurosiens, Yob téléporte son doom rugueux à la lisière du prog' par un climat lourd, pesant, suffocant, et va tout crasseux à l'orée du sludge imposer son bouillon d'incantations par des atmosphères lugubres. La lumière passe difficilement dans cet enfer fangeux, il y grouille toute sorte d'étrangetés soniques oppressantes, lourdes de sens, de cris rauques, idoines de ces saveurs diluviennes où l'on ploie sous le poids du déluge marécageux.

Mis à part le très beau Soundgarden Beauty In Falling Leaves, le tout venant restant patauge dans sa fange heavy crapuleuse avec la présence charismatique du démon, et la lassitude mortifère que l'on consent quand l'ambiance est plombée par l'ennui.


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mercredi, novembre 22 2017

DYING GIANTS – Tales Of Giants


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Il y a dans ce premier E.P du trio Toulousain Dying Giants (since in 2015) l’ensorcelante beauté venimeuse que le groupe a cannibalisé dans la vase d'Eyehategod, dans la boue sanguinolente de Conan, et dans les ténèbres rugissantes d'Acid King.

Il y a du grain dans la production, une recherche vers le brut de décoffrage, dans cette dualité du bien et du mal qui dégorge sans cesse une sobriété musicale, et lentement elle va s'éprendre en vous tel un ophidien. Le groupe déploie une belle gamme de transition, sachant acclimater ses climats et contrebalancer avec le souffle d'une densité tellurique suppurante de gröOöve.

Leur cd D.I.Y est entièrement auto produit et sans label de distribution. D'après leur bio les titres font tous références à des légendes de créatures gigantesques. Ainsi le premier titre renvoi au volcan Etna, culminant à 3 330 mètres d'altitude, il est le plus haut volcan actif d'Europe et l'un des plus actifs du monde avec presque cent éruptions au cours du xxe siècle. Le second titre fait référence à la Nébuleuse d'Orion ou bien au groupe de stoner Nebula fondé par deux anciens de Fu Manchu. Le troisième évoque me semble t'il ce passage de la mythologie grecque, entre Pasiphaé épouse de Minos (roi de Crète), dans lequel jalouse des infidélités répétées de son mari, elle lui jette un sort, le condamnant à éjaculer des bêtes venimeuses s'il couche avec d'autres femmes, provoquant ainsi leur mort. Le quatrième invoque le mont Atlas, cône volcanique éteint au nord-est du mont Pleiones dans les Pléiades, Terre Victoria, Antarctique.

Mais je peux totalement me gaufrer hein !

Dying Giants possède la particularité de joindre une transe rythmique en un mantra incandescent, et on en ressent instantanément les effets sauvages, tout comme avec parcimonie les effluves psychédéliques qui s’immiscent dans le flux ininterrompu de ce doOom Sludge instrumental. Espaçant ses atomes crochus avec maître cornu pour faire apparaître des arcs électriques de doom dans l'obscurité de leurs ténèbres, « Tales Of Giants » fait vibrer le sol par une terreuse incarnation où le festin sonique sera épais et les nappes lourdes.

Voilà bien un groupe au gros potentiel sonique que j'aimerais volontiers voir/entendre crépiter à l'Xtremefest 2018 !


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