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Une nouvelle soirée organisée par l'asso La Lune Derrière Les Granges ce 12/11/2021, et pour cette soirée je dirais derrière le Gange...

C'est aux ateliers que les concerts ont lieu. L'équipe de ce lieu associatif fuse l'hospitalité dans le fondement de leur sociabilité fédératrice. Le lieu est toujours aussi beau, cool, le parquet toujours aussi souple, et les groupes ont eu le même brasier sonore que leur intention musicale.

SKULL SODA débute c'est sa première scène depuis 2 ans, nouveau bassiste et un guitariste avec un tympan percé pour l'occasion.

Le quatuor Toulousain-gascon entame de la plus belle des revanches, avec la fibre de sortir du gouffre des envies leur musique émotive. Leur fibre musicale varie du post-hardcore à l'emo, du punk rock mélo au power rock. Antoine Lanau, le guitariste chanteur est aussi graphiste et il a apposé sur des dessins l'essence du festival Xtremefest. Son chant parvient à développer l'empreinte sensible de leur musique. Côté chœur l'association des deux guitaristes renforcent l'épicentre de cette densité émotionnelle. J'ai toujours apprécié ce groupe, il a su trouver son identité, percé le cœur de son enrobage pour aller dans ces profondeurs de volupté où se détermine chaque parcelle de violence et de douceur. Ce contraste valorise leur palette sonore aussi. Ouaie un chouette concert, le nouveau bassiste affirme avec la rythmique une ossature déterminante, et vers ce décollage où les variations mélodiques se jugulent à de légères dissonances.

L'emocore de Skull Soda trouve toujours le chemin de toucher votre cœur, il suit les trajectoires musicales d'un Save The Day, American Football.

Quand HYPOCONDRIAX déroule son set hardcore remplit d'énergie positive, il est désormais ce quintette propulsant les valeurs fraternelles avec la vigueur originelle du HxC. Un retour aux bases, fondations, aux fondamentaux !


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Leur nouveau guitariste c'est ce vieux pote qui gravite depuis l'école élémentaire, il est muni d'un curriculum vitæ qui affiche : guitariste chanteur du groupe Dirty Fonzy. Le gazier a pris son panard a joué collé serré avec un hardcore frontal. HypocondriaX a remis les pendules à l'heure d'été, bonne humeur, énergie, bourrasque de riffs, rythmique à double propulsion, chant combatif et fédérateur. Le seul regret, c'est que cette soirée n'est pas rencontrée davantage de public. C'est comme cela...Heureusement qu'il y a les Albigeois dans le Tarn.

Tout est une question de réseau, de communauté, et de nos jours élargir sa circonférence demande une diplomatie adaptée à chaque personne, requiert très certainement un apprentissage éducatif pour apporter une curiosité aux nouvelles générations. Une explication du moins. Le rock se meurt d'être pris dans l'étau de sa temporalité, les vagues musicales passent à chaque décennie en inventant un nouveau style pour chaque génération, il est un marqueur de temps pour changer le monde, ou du moins évolue selon l'objet physique. Les années 60's font référence au 45 Tours, les 70'-80's au 33 Tours et K7, les 90's au CD, les 2000's au téléchargement pirate et à la dématérialisation de la musique, à partir de 2010 c'est le retour de l'objet mais juste pour les nostalgiques. Avec le temps on se ressource toujours avec ce qui nous a fondé.

Nous vieillissons toutes et tous, emportant le terreau de nos terres d'exil et cette nostalgie existentielle, nous voudrions partager cette lumière, mais le temps n'a pas d'attache, il creuse le sillon à réinventant une nouvelle source, une nouvelle lumière, angle de vue, comme avec chaque mouvement. Pourtant tous ces styles musicaux ont su se renouveler, et garder dans leur giron leur essence, leur élixir, philtre de jouvence...

Oui mais voilà, le constat est limpide, on se retrouve à chaque concert avec les mêmes personnes. L'équation est simple : Nous sommes de plus en plus nombreux, chacun est différent, ce qui avait valeur d'union disparaît au fur et à mesure du panel d'intérêt croissant. Cette agitation multiple divise, amplifie les ségrégations et fait crever à petit feu les restes vivaces d’un passé qui semble suranné. Et à la fois, ce qui est paradoxal, c'est que les festivals rameutent chaque année le temps d'un week-end une fraternité de réjouissance commune. Pourquoi ne pas pousser davantage avec les concerts tout au long de l'année alors ?

Ah, autre chose qui a son importance, les gens n'ont plus le temps. Ils ont a profusion des sources de divertissements, et le confort moderne les maintient dans un état végétatif. Ils lisent le résumé, le titre d'un article et la conclusion quand cela leur convient, écoute 1mn une nouvelle chanson, regarde le teaser d'un film, regarde des vidéos d'une minute sur TikTok, mais cela leur prend des heures et des heures de tout visionner. C'est un nivellement vers le bas. C'est le Lapin pressé d'Alice aux pays des merveilles.

Après je sais que depuis le 100 mots de cette chronique les 3/4 des personnes ont zappé, rien à foutre. Parce que si j'en avais quelque chose à faire il y aurait très longtemps que j'aurais stoppé. Et toutes les personnes qui font vivre le courant alternatif le font par passion.

Je pense que les jeunes auraient dû être présent pour le set du dernier groupe, DARJEELING OPIUM.

Cet inconnu au bataillon du soir, est un OVNI.


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Le genre de groupe que tu aimes détester tout autant qu'il te fascine. C'est un quatuor de Montpellier.

Musicalement il jongle avec les styles, son truc c'est la fusion. Mais pas comme tu l'entends des 90's. OK bon oui il y en a des morceaux dedans, mais c'est comme si Franck Zappa faisait une fusion de grincore.

Dès le premier morceau on se demande si le groupe a fini ses balances où est ce que le show a vraiment commencé ? Mais ouaie c'est le bordel sur scène, un chaos généreux, théâtral. Merde mais c'est quoi ce gars qui hurle sans arrêt. Oui tu as bien lu, je ne me demande pas c'est qui mais quoi. Je me dis qu'il va bien finir par gerber à force d'imiter Dani de Cradle Of Filth  et Karl Willetts de Bolt Thrower. Mais non.

Le volume sonore est exagérément trop fort, j'ai oublié les bouchons, j'en ai marre de faire des concerts en me protégeant de tout, tous. Nous allons finir habiller comme des CRS, leur ressembler, et obéir, obéir, O B E Y !

Le mec est carrément en train de me percer les tympans en gueulant. Sa tessiture vocale est magique, il passe du growl au cri suraigu

Je trouve finalement que ce groupe exhorte tout ce qu'il y en a lui, il l'expulse de manière frontale, c'est un fait, ce qui paraît décousu au début prend tout son sens quand on capte bien le groove. Car leur muzak est pétri de groOove. Ce truc lourd et dense qui fait remuer. Si le chanteur semble théâtralisé sa prestation, parfois tu as l'impression que c'est Jim Carrey qui éclate la discographie de Black Bomb A en version grind. Pareil avec le recul je pense qu'il a besoin de cette expression pour pousser la densité de sa performance au niveau de l'intensité de leur musique.

D'ailleurs le chanteur a signifié au bout de trois morceaux d'une voix fluette pour le coup : «  C'est cool vous restez, d'habitude les gens ne supportent ce que l'on fait ! »

La fuite est le premier geste de survie et de repli face à l'inconnu. Darjeeling Opium pousse les limites du genre punk hardcore vers la scission grind et la fusion libertaire, tu prends ceci dans la gueule où tu rentres chez toi voir un gars en train de chier sur le trottoir, quoique tu peux assister à cela à Castres...Si, si, c'est possible j'ai déjà vu.

Le monde est soluble dans l'instant, pourtant on en arrive à retenir des fragments de pureté que l'on chéri comme un totem intérieur. Nous n'avons pas le don d'ubiquité, vous ne pourrez pas tout voir, assister à tout, mais soutenir un lieu, des groupes, des associations qui se bougent pour faire vivre l'intensité des fragments de pureté demeurent bien plus important que des vidéos sur les réseaux sociaux. Bougez vous, sortez de votre zone de confort, venez frottez votre existence pour vous embraser !

L'embrasement c'est ce qui sort de scène à chaque concert, un feu, un braiser qui ne s'éteint pas, c'est vrai, c'est pur, intense et une fois que vous y avait goûté, la Vie n'est plus une évocation.

Retrouvez toutes les photos de junk sur notre page FB, merci à la Lune, aux Ateliers, à Skull Soda, HypocondriaX, Darjeeling Opium, aux ami.es qui ont fait le déplacement..Junk et oim nous vous informons avec nos moyens, notre passion, nous ne ferons pas votre effort de vous lever le fion par contre.


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