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Voilà un groupe qui fait bouger !!

Le combo fait pénétrer insidieusement son venin par l’ensemble d’un rock mouvant, où du post-rock jusqu’au heavy post-punk.

Une veine mélancolique, une énergie juvénile, la splendeur désinvolte, la sincérité émotionnelle, Savages agite par contraste ses effets jouissifs par une musique vénéneuse, active, pétulante, sémillante, libérée, épanouie, rayonnante, espiègle, et nuancée par de légère strate ombragé, langoureuse, nostalgique, sensuelle.

Une pointe de folie Pixies, un zeste d’espièglerie Warpaint, un soupçon de prestance Pretenders, de brouillard sonic Youthien, d’instabilité robotique Talking Heads, d’insouciance Pavement, de frivolité mélancolique à Kate Bush, d’effronterie Siouxie & The Banshes, c’est en somme les 80’s et les 90’s qui se télescopent pour vivifier le passage 2000’s de l’art pop et du rock arty.

La rétention émotive ne peut rester calme bien longtemps face à l’afflux ténébreux et nerveux du quatuor anglais. Ces femmes crèvent littéralement leur musique à coup de tension épileptique Joy Division, et la flamboyance agitée du chant de Beth n’en finit plus d’haranguer par une succession de phrases répétitives un mantra sec et tendu jusqu’à l’os, rendu émotionnel par la succession exponentielle d’une tension. Pourtant l’album en lui-même est tempéré, aussi sensitif, primitif, explosif, qu’intense, Savages lui apporte la densité rythmique sombre, une guitare noisy, un chant envoûtant, pour une constellation obscure et profonde à chevaucher les désordres de la nuit, et les désirs du jour.


Savages post punk frénétique