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Tag - Rock bourrut

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dimanche, septembre 16 2018

ITW Opium du Peuple


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C'est assez saugrenu de faire une ITW où d'emblée on ne sait si ce sera conceptuel, abstrait ou salement punk ? ODP est une communauté de garnement découvrant l'alternative du théâtre de rue, l'ironie du punk, et la masturbation.

Toujours incompris jamais parodié, Opium du Peuple est une véritable exception culturelle. Réalisée pendant l'Xtremefest 2018 dans les conditions du direct d'un interville entre Carcassonne et Béziers, cette ITW permet d'entendre avec le plaisir outrancier d'un chat qui ronronne, les explications du tournage de leur premier film et de la conception du dernier opus d'ODP.

Il est évident que je vous conseille le visionnage de leur film 7 salopards visible gratuitement, ne vous faîtes pas chier à l'acheter, où alors par un pur esprit de charité chrétienne, puisque le groupe pète dans la soie et se torche avec des dollars du Turkménistan. Je suppute qu'il ne restera pas éternellement gratos et que si vous l'idée saugrenue vous venez d'adopter une démarche conciliable avec le groupe en guise de soutien, vous opterez pour un achat qui permettra au moins de changer la litière des Opiumettes.

Mais attention vous devez le regarder dans une tenue conforme à l'esprit de Opium Du Peuple, et ceci est impératif pour apprécier l'arôme qualitatif de l'objet cinéphile en question.

Pour l'accoutrement rudimentaire souhaité et qui respecte au cordeau les 50 règles d'or du relooking :

- Pour couvre-chef : Un bob de compétition anisé.

- En guise d'apparat : Un marcel de couleur blanche.

- Pour cacher ce sexe que je ne saurais voir : Un slip panthère.

- Afin d'éviter un rhube karabiné: Des chaussettes blanches et donc assorties au marcel (merci Christina)

Pour finir par la chausse, deux options s'offrent à vous:

- Si vous êtes tissu : des espadrilles, attention la couleur noire n'est possible uniquement si il s'agit d'un polar. Dans le cas présent un rose ou un mauve sera raccord.

- Si vous êtes davantage attiré.es par la matière plastoc : Des méduses brillantes, des tongs à paillettes, voire des crocs scintillantes (chaussures mulets).


Pour la ripaille avec des mets de qualités selon la cuisine des mousquetaires :


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Le repas sera lourd et gras, essentiellement à base de cochonnaille et de friture.

Si vous êtes végétarien/lien.ne : Des tomates, des oignons, des graines de courges et des aubergines cuites dans 200cl d'huile d'olive et 3 litres d'huile de sésame se prêteront volontiers au grand raout culinaire, ne pas oublier de saucer toute l'huile avec un pain de campagne.

- Un cubi de vin de table Gaillacois, rouge ou rosé selon votre convenance. Si vous êtes sXe, un jus de raisin bio AOC Gaillacois fera l'affaire.

Le dessert sera un gâteau dont on se passe de toute délicatesse gustative, et avec lequel on retrouve toute la traduction du sud-ouest dans son appellation de bourre-couillon.



Réalisation : Cédric "Undergang" Gleyal / URIPROD

Scénario et dialogues : Opium du peuple et Cédric Gleyal.

Attention : Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, on n'est pas au théÂtreeuuuu ce soir.


Projet annexe de membre de ODP divers et varié, quoique un tantinet différent, voire même dissonant quand l'envie d'échappatoire se fait fort et bruyant.

TA GUEULE : C'est le véritable nom du groupe, aucune insulte de ma part je tenais à le notifier.

DENIGRE : Le dernier en date, tout aussi tapageur que son cousin Ta Gueule, avec une variante de noirceur plus épaisse.

LES IDIOTS : Il n'est point utile d'en signaler davantage, rien que le nom porte en lui toute la lumière, ah si, c'est un duo.


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mercredi, septembre 5 2018

NOTHING MORE - Game Of Truth


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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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lundi, août 13 2018

THE CAVEMEN - Nuke Earth


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Des gifles de basse, un chant éructant le vice par tous les pores, des giclées de riffs et puis une grosse claque de rythmique derrière les fesses, voilà, on s'attache vite à ce disque qui fait mal là où cela fait du bien.

Le groupe punk néo-zélandais The Cavemen est de retour et "prêt à boire, à se battre, à baiser pour jouer un putain de rock'n'roll", « Nuke Earth » est leur troisième album. Juste avant il y avait eu la réédition de leur premier album de 2015, sorti en janvier.

‘’Nuke Earth’’ capture le feu brut d'un groupe de punk démontrant une progression avec une écriture primitive. Des accords puissants de Hi Energy graisseux sur un chant déchirant de frénésie, l’ensemble étant soutenu avec un son très nostalgique provenant d’un local à refoulement, ou comme dans un concert au Sunset Strip dans les années 1970, avant qu'il ne prenne un tournant pour le glam rock des 80's.

Le casting musical est comme le son, tout aussi crasseux qu’un mix de The Germs, The Sex Pistols et Circle Jerks, voire Elvis et Chuck Berry mâchant une barre de dynamite outrageusement explosive avec MotörFuckin’head. C’est une débauche de sauvagerie d’hydrocarbure, de malt et de sécrétions vaginales.

Leur garage punk est chaotique, énergique, salement groOovy, menant la danse avec une déchéance rawk’n’roll.

‘’Nuke Earth’’ est un disque qui rejette, ou plutôt embrase tout ce qui est attendu dans le punk afin de faire frétiller le son original/originel s'inscrivant parfaitement dans la clandestinité underground de l'ère dorée du punk, tout en sonnant incroyablement unique dans la modernité d'aujourd'hui, puisqu’il apparaît comme un retour aux fondamentaux.

Avec ces hommes des cavernes, Peterpan Speedrock est un noctambule devenu adulte, qui renifle sous les jupes des filles dans une grotte transformée en turne malfamée, et où l’on torche le rock’n’roll entre deux silex pour trouver la lumière du jour.

YEAH !


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mercredi, août 1 2018

YOB – Our Raw Heart


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Ne jamais confondre Yob avec Yop, parce que si mon second ce boit comme du petit lait, mon premier en 1996 sous l’impulsion de Mike Scheidt (Guitare / Chant) est dans l'Oregon le berceau malsain d'un Heavy / Doom squameux.

Si en 2006 le trio a jeté l'éponge pour essayer les plâtres, il est revenu des limbes en 2009 avec un cinquième album, et depuis fait croupir sa musicalité avec fougue et mysticisme ambiant  à travers le filtre d' un doom progressif hypnotique.


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Suivants la voie ombrageuse des grondements Neurosiens, Yob téléporte son doom rugueux à la lisière du prog' par un climat lourd, pesant, suffocant, et va tout crasseux à l'orée du sludge imposer son bouillon d'incantations par des atmosphères lugubres. La lumière passe difficilement dans cet enfer fangeux, il y grouille toute sorte d'étrangetés soniques oppressantes, lourdes de sens, de cris rauques, idoines de ces saveurs diluviennes où l'on ploie sous le poids du déluge marécageux.

Mis à part le très beau Soundgarden Beauty In Falling Leaves, le tout venant restant patauge dans sa fange heavy crapuleuse avec la présence charismatique du démon, et la lassitude mortifère que l'on consent quand l'ambiance est plombée par l'ennui.


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mercredi, juillet 25 2018

BLACKWATER HOLYLIGHT – Blackwater Holylight


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Un voile éthéré s’abat tout ankylosé sur des sonorités punk/garage/rock dégoulinant de heavy-fuzz.

La suavité d’un chant choral mène la torpeur lunaire vers le doom décroissant.

Sapristi ce groupe de femelle de Portland métamorphose l’ivresse du corps à corps vers celui du cœur à cœur diaphane.

Aussi épris par ce groupe que tout autant délaissé, et je ne saurais vous en soumettre l’exacte vérité... Séduit par l’atmosphère savoureuse, sucrée par une félinité engourdie transportant chaque titre dans un trip psychédélique, ce que parfois un piano vient en affirmer le délire. On pense très souvent à un mélange The Breeders & The Doors, puis The Cure sur le Pink Floyd de Syd Barrett, de Janes Addiction avec Dead Meadow, de Bardo Pond et Chelsea Wolfe. Autant vous l’affirmer, cet opus témoigne d’un venin étourdissant. Son dard mélodique s’immisce lentement, il se propage dans une tension moite de chaleur et d’humidité vénérienne. La beauté réside dans cette indolence sauvage de grunge pop doomy.

Le quatuor façonne de manière sommaire ses atmosphères, son approche leste et lente lui confère le temps de poser pierre après pierre un bruissement aqueux, de faire crépiter une étendue de procession mélodique, de léviter ses compositions avec un envoûtement vespéral, de brumasser des bouffées de chaleur sonique jusqu’à cette ivresse fuzzique. Il est impératif de sentir le souffle de ce disque et d’en ressentir toute la persévérance fantasmagorique, son calme absolue et la nécessité d’être bouleversé par son audace adoucissante, sa sensibilité, sa vulnérabilité, ses déclinaisons de chœur toujours complétées par un fuzz profond de psychédélisme lourd, et immersif, en contraste avec un sens de la structure légère.

Le groupe se libère du segmentant couplet pont refrain, fait tourbillonner son hallucinogène sens capiteux en même temps que son shoegaze délicate, son goth obsédant, son wooziness folkie, de temps en temps, ou tout en même temps. Sans être gêné de s'éloigner, ni trop stéréotypé des méandres langoureux de la new wave, le charme opère à cœur ouvert, c’est vrai.

Les contemplatifs viendront plonger dans ce bain bouillonnant, dans cette étuve amoureuse de spleen, de caresse subtile, et de douceur absolue. Mais Blackwater Holylight déleste à lui cette façon créer de grands fragments de paysages sonores mélancoliques brumeux, et d’immenses rayons ensoleillés dans cette litanie mélancolique post-rockienne, qu’on en vient parfois à délaisser, comme par paresse.


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jeudi, juillet 12 2018

THE BREEDERS – All Nerve


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Le come-back des sisters Deal fera t’il frémir la nostalgie des quadragénaires ? C’est peu ou prou ce que l’on conçoit avec désinvolture pataude en 2018 à l’annonce d’un nouvel album des Breeders.

Après les Pixies Kim Deal déballe The Breeders pour un premier opus ‘’Pod’’ marquant, mais c’est avec la déflagration du hit ‘‘Cannonball  ’’ sur leur second Last Splash que le groupe parviendra à toucher une nimbée de fans en 1993. La suite est simple comme un prolétaire que l’on fout sous la lumière pour amuser la galerie et faire du fric avec après qu’il ait passé son adolescence à entendre sans cesse que c’était une burne. La célébrité se chargera de fournir à l’ego de quoi perdre la réalité, ou du moins de l’éviter avec le cocktail parodique du rocker : dope & alcool.

De reconquête en reconquête, depuis une re-formation dans une époque qui recycle, 2 albums cool et une tournée anniversaire pour le jubilé de l’album de Last Splash plus loin, nous en sommes là. Mais pendant que les folowers folowisent, les tweetos tweetent, est-ce que The Breeders a quelque chose à dire en 2018 ? Est ce que les quadra, quinqua et trentenaires vont lâcher leur smoothie bio menthe poivré à la papaille du Mexique pour écouter ce rock ankylosé de torpeur mélodique grungy ?

Ils seraient vraiment bête de s’en passer tant le groupe fluidifie avec un sens mélodico-tragique ce qu’il avait façonné avec race et beauté en 1993.

C’est donc avec ce même mélange d’hébétude subtile que les mélodies trouvent un angle pour se reposer dans votre esprit, puis s’épanouir au fil d’écoute toujours plus profonde, toujours plus intime.

Il n’y a que les femmes pour aller puiser à l’intérieur cette puissante douceur ravir à jamais une profondeur si câline, bienfaitrice, réparatrice. Le disque passe sans encombre les atermoiements suspicieux et ne rature pas l’image écornée du passé. Fini le temps où l’on figeait une époque à travers un disque, d’ailleurs à bien y repenser pourquoi résulter à une telle démarche sourde ? Puisque du coup le groupe était emprisonné dans un cocon d’où il ne pouvait s’extraire, et ne pouvait papillonner à sa créativité. Peut-être que The breeders l’a bien compris et appose à ses nouvelles compositions le nectar créatif de sa beauté solennelle, singulière et intemporelle.

La reformation d’illustre groupe est généralement une justification afin de ressortir du catalogue la discographie et faire des leçons de goût en imprégnant son retour dans cette forme d’édification de son aura, et de son culte. Bien souvent aussi l’album de la reformation est un prétexte à se dédouaner de morceau ancien et d’essayer tant bien que mal de réactiver une osmose naïve de jadis, qui n’a plus lieu depuis que l’ensemble du personnel s’est jeté aux ordures tous les non-dits.

Mais ce groupe revient certes avec des rides de maturité, mais il souligne surtout dans ses titres ancrés dans une énergie de sagesse, une relation très intime. Alors c’est vrai que l’on ne peut s’empêcher de regarder dans le rétro avec nostalgie apparente, mais la mélancolie des Breeders est quelque chose d’unique à vivre au présent, sans détour, rien qu’avec cette intime conviction d’être ancré avec quelqu’un que l’on connaît bien, et qui nous connaît mieux que tout. Les abîmes dans lesquels le groupe laisse des bouts de son souffle ne sont plus, les émanations du passé flottent comme la flamme d’une bougie, et sa lumière éclaire, et dévoile en nous ce qui se cachait à la surface.

C'est certain, avec ce disque il y a quelque chose de typiquement féminin de ne pas voir les choses mais de les ressentir. Alors fermez les yeux, et soyez être à l’écoute de l’autre sans le voir, et être dans la perception de l’autre sans le décrire.


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mardi, juillet 10 2018

NOT SCIENTISTS - Golden Staples


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Modifier l'angle de sa zone de confort pour en sortir, a permis au groupe de légitimement ouvrir son horizon. Les titres sont des bijoux aigre-doux, dont le sens du songwriting à la cool possède un délicat venin à l'amertume tenace.


Une subtile nouvelle orientation s'est emparée de la musicalité du groupe. En premier lieu une sonorité cristalline des guitares claires, on baigne dans le trip revival 80's, sécheresse et sobriété laissent entrer la noirceur et les blessures assassines filant un coup de fouet sur les mélodies. S'ensuit pour étoffer l’ensemble d'un même mood des lignes brunes de basse gonflantes, et une rythmique douce et saccadée. La production glucosée donne à ce « Golden Staples » une épaisseur de ton, de contraste d'atmosphère assez singulier dans leur discographie. C'est le genre de friandise acidulée pour laquelle l'addiction se révèle trop importante pour pouvoir s'en dégoûter un jour.

Sans passer par la case angulaire de la froideur du post-punk épileptique, Not Scientist s'affirme avec des effluves de fragments soniques souvent hallucinés, et qui libèrent un arôme de douceur comme nul autre. La fluidité d'un punk-rock mélodique fiévreux, hanté par une beauté diaphane, possédée d'une aura solaire éblouissant de contre-jour pop, affirme cette envie de spleen. Avec des textures ambiant au ton âpre Fugazien, la froideur emo de Naked Raygun, la délicatesse crû de Texas is the Reason, le groupe lyonnais créé en 2013 devrait plaire autant aux fans du label Manic Depression Records qu'à celui de Smalltones Records.

Not Scientists vient de sortir son meilleur album, et ce kaléidoscope musical n'est pas un filtre à style musicaux, même si du rock indé, punk rock, post-punk-hardcore, emocore, tout cela résonne de manière douceâtre et spleenétique, car cet opus possède une âme sonique unique, libérant des effluves émotives où se joue ici la philosophique différence suprême entre faire revivre et perdurer à l'infini.

"Golden Staples" est une pluie de douceur !


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Et un seul adjectif peut décrire à merveille cet album, il s'agit de « Superbe ».


mardi, juin 26 2018

HOT SNAKES – Jericho Sirens


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Chaque année on cherche derechef ce putain d'album qui sera à même de nous faire frisonner tout le corps. On sait qu'il existe quelque part. Même si on s'y prépare, le jour J on en tremble encore bien des jours après. Il arrive parfois que l'on en vienne à s'en réveiller la nuit, parcouru dans l'échine par une vibration qui sera inscrit au plus profond de notre indivisible être de chair et de sang.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

À San Diego Hot Snakes a dégauchi son punk rock rêche avec le rabot de la spontanéité garage, là où des riffs écorchés empestaient la poudre à ébullition. Tout avait l'air d'advenir de cet art du rafistolage et du culte au rock and roll fougueux.

John Reis (guitare) et Rick Froberg (chant et guitare) ayant formé auparavant Pitchfork, puis Drive Like Jehu, avec en parallèle à cette même époque, Reis avait même fondé Rocket From The Crypt tout de même.

Je sais bien, oui je sais. Plein cul de la pop qui lisse tout sur son passage. Il te faut l'essence primaire du rock and roll, son énergie, sa puissance sa fureur. Un truc fracassant qui n’hésitera jamais au grabuge et à la force de la désinvolture. Cette chose bancale et mal foutu qui te glisse entre les doigts pour te pénétrer dans la tête comme un coup qui t’éteint d'un coup d'un seul, et sera capable à la fois de te réanimer à jamais de ta torpeur avec cette sensation de survie.

Les trompettes de Jericho sonnent et toi tu ne les entends pas ?

« Jericho Sirens  est le quatrième opus en 14 années. Le vécu est là, palpable et sensible. Sub Pop, le fameux label de Seattle a signé le band.

Heyyyyyyy tu veux entendre quoi de plus pour cet album ?

Ok ! C'est comme un instantané Stoogien à dégorger du raw avec la plasticité physique d'un corps musical élastique, tout est électrifié par des riffs de foudre sur des mélopées martiennes, et riffing au mercurochrome. La pulsion virile d'une rythmique vibre de toutes ses peaux de bête primitive. Les vétérans saignent leurs compositions dans un flot ininterrompu de guitares ravageuses à la foudre électrique, et tout se contamine dans ce rock de convulsion d'Iguane raide et dénudé, criblé d'écorces teigneuses de vocaux intempestifs. C'est dans l’ivresse de la saturation que la propulsion d'un tempo saccadé, et un son lancinant, vrillent les tympans dans ce fiel intensif et menaçant.

Put#n mais tu vas entendre l'excitation frénétique de ces putains de trompettes maintenant ?


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vendredi, juin 22 2018

MONSTER MAGNET - Mindfucker


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Avec Monster Magnet une multitude de questions primordiales affluent sans cesse : Est-ce que ce groupe se colle au réfrigérateur comme n'importe quel magnet ? Y a t-il un monstre sous le capot depuis la stagnation satellitaire du groupe ? Est-ce que Dave Wyndorf a fini ses ablutions de voix réclamant avec ironie la légalisation des drogues dures ?

Mais faisons fi de toutes ces considérations légitimes car dès le premier titre cela commence par « Oh my God », Bigrëeeeeeeeee du coup est ce que le chanteur fait vœux de repentance ?

Et bien si le gars du New-Jersey fait amende honorable, il ne peut tout de même pas se détacher de ses racines de peyotl qu’il a inhalé en mâchant avec un whisky coca, sinon les fans ne comprendraient pas à quoi cela servirait d’écouter les élucubrations du Monster Magnet si derrière il n’y avait pas une histoire de soupape en drogue ?

Parce que Monster Magnet pour le définir musicalement, c’est un gang motorisé de MC5 Stoogissant sur l’asphalte intergalactique un space rock où Hawkwind rêve de nuit torride avec Black Sabbath, et sous l’œil narquois de la caméra Warholienne du Velvet underground. Grosso mode quoi !

Du grunge ? Nan, du rock des seventies avec l’alliage spatio-temporel des 90’s plutôt. L’ère moderne ne figure nullement, mais comme c’est un trip spatial, tu peux tout imaginer. D’ailleurs je t’en conseille l’escalade ébullition.

Avec son sens du riffing emprunté à Ace Frelhey, de ces abracadantesques histoires de songes, et toujours cette brumeuse atmosphère fuzzienne de garageux psychédélique bravant le fiel hallucinatoire d’un Sky Saxon (The Seeds), Monster Magnet délire dans son cosmos en paix avec ses démons. Ainsi son transbordement sonique évoque bien des délires musicaux.

L’on sait la ligne qu’il suit, elle pique un peu aux narines, et on peut même calculer sa trajectoire de météorite solaire, parce que le vieux capitaine erre dans l’espace lunaire sans autre but que de dériver sans cesse vers cet ailleurs hallucinatoire dont il recherche l’ivresse, et la quête depuis le commencement de son big-bang musical.

Dave Wyndorf rayonne donc toujours, car c’est une personne éclairée ayant reçu la lumière et la beauté tout en étant en mesure de la transmettre. Son groupe en reçoit la bénédiction saturnienne, précipitant des sensations suprêmes d’essence sonique, de matrice à l’énigme immense, comme un langage qui ne dit rien et qui dit tout de la tectonique des plaques soniques. Ses sonorités punk sont salies avec de la poussière d’étoiles sablonneuses. C’est en cela que Monster Magnet appose sa spiritualité à travers tout le cosmos telle une supernova.

Mais peut-être qu’elle est déjà morte, et le temps que l’extinction de sa luminosité nous parvienne, on voit encore l’étincellement qui équivaut au même temps que le refroidissement du canon du fusil, c'est-à-dire un certain temps, et dans ce jet d’incertitude, autant coller votre attraction terrestre dans les astres électriques de Monster Magnet...En attendant.


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jeudi, juin 14 2018

TRIBULATION – Down Below


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Depuis 15 ans les Suédois de Tribulation ont rongé leur os et coutumes dans de nombreux styles musicaux, du death au thrash, prog, dark, vers cette recherche du temps perdu Proustien certainement, bref…Du côté de chez Satan, ces ‘’Children Of The Night’’ sont enfin reconnues par le peuple des ténèbres.


Dès lors, les glameux du black metAl reviennent avec la même outrecuidance qu'on leur connaît. De la sorte qu'ils prédominent dans l’art de satisfaire les désirs enfouies que l’on doit au diabolique. Ce nouvel album intitulé ‘’Down Below’’ appose des compositions vermeilles coagulantes de vice, et déverse cette teneur méphistophélique que l’on entend quand le démon a pris possession de votre corps. Il est à noter à cet effet la participation diabolique de l’organiste Anna Von Hausswolf sur le titre « Purgatorio ».

Il y a beaucoup de tension dans les attraits soniques et ténébreux de cet opus, avec parfois une légère tendance de musique électronique, de torpeur heavy seventies Ghostien, et même une face obscure obligatoire avec des mélodies accrocheuses.

La nostalgie mélancolique envers cette foi méphistophélique souligne l’art du grotesque par la sublimation de ses effets passéistes, et dans cette vérité idéale pour les sentiments propres à une pensée noire. C'est perceptible dans ce liant cher au stoïcisme comme avec le titre étincelant ‘’No tears no fears’’, et l'on peut l'entendre aussi comme une vérité crue qui dévore sans flétrir à travers le titre ‘’ No rain no flowers ‘’.

Il pousse pourtant dans cette pépinière un abîme d'images défiant avec superbe cette célébration Ô consonance Black Métal, avec une pincée du death de Opeth à ses débuts. Tout comme derrière la froideur d’un death rock inaugural se découvre un mood horrifique, il est indéniable alors d’en entendre la profondeur avec des similitudes d’atmosphères à la Tim Burton.

Relier dans cet espace-temps les perspectives de la félicité seventies heavy et le nacre lugubre du métal noir, réverbère une cohérence harmonieuse à cet album et souligne enfin que Tribulation ne cherche plus, car il s’est trouvé, enfin.


Certes, il est indéniable que d’autres groupes professent un ton plus doctement ambitieux que Tribulation, mais leur musique leur est pour ainsi dire étrangère. Ils font de la musique pour pouvoir en vivre non pour se connaître, se reconnaître ou pour se rencontrer. Alors que Tribulation est étrange et secret par l’entremise sournoise qu’il dévoile sans fard là où se cachent vilement les ténèbres.

Nous entrons en lice au milieu des cris de châtiment qui hantent les déplorations des enfers, pourtant il se cache quelque chose de plus mystérieux dans l'obscurité, on le sent, on le sait, et avec la même subtilité secrète la pochette reflète des ombres féminines vivaces dans la matière peinte. Il est certain que dans sa noirceur le groupe réussit à apporter de la lumière, certainement lunaire, et donc féminine.

Ce disque aussi bestial que sensuel mérite une plus ample écoute approfondie, il se découvre un soir de pleine lune avec l’adoration vénéneuse que porte au folklore les fétichistes des disques vinyles.


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