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C'est une maîtresse d'école qui demande aux enfants de se présenter.

- Albert, qu'est ce que qu'elle fait ta maman ?

- Ma maman, elle est puéricultrice.

- Très bien. Et toi, Patrick, que fait ta maman ?

- Ma maman, elle est morte.

- Oh, pardon, mais je... je voulais dire, que faisait-elle avant ?

- Avant, elle faisait AAR...ARHHH ARGGHH.



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Mettre en lumière toute la poésie noire de cette soirée, méritait amplement de glisser le verbe dans une plaisanterie de mauvais goût. Enfin, mauvais goût..Tout est relatif, chacun sait que je suis hors d’état de nuire au bien savoir depuis fort longtemps, et que mes camarades de corps pour l'annihilation sauvage présent à St Sulpice, connaissent exactement l'incompréhension qu'attise en biais le fan d'Eddy De Preto, si il assistait à ce genre de cérémonie œcuménique salement mortelle. Parce que pendant cette fameuse nuit du 21 Avril le verrou de l'enfer a sauté, et c'était à la vie à la mort pour le death metAl le plus saillant, putride et ostentatoire qui soit.

On doit remercier pour cela en premier lieu l’organisation générale de l'association Profusion, tous les bénévoles, et tout particulièrement Loran organisateur et leader du groupe de black death Necrocult.

Ainsi les soutenir correctement et pourquoi pas les amener au niveau supérieur me semble être la moindre des choses, pour que la quatorzième édition advienne une référence pour ce genre d'exhibition bestiale. Alors abstiens-toi de creuser la poussière en essayant de trouver ta place alors que chaque seconde qui passe est enlevé à ton crédit de vie, mais sacre l'homme qui t'épargnera la souffrance des pierres dans la pureté diluvienne et maudite du Deåth Metäl.


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Le premier groupe a investir la scène avec un son de guitare pareil à des lames de rasoir ce fut IRON FLESH.

Crée en 2017 autour d'une solide réputation dans le milieu underground avec son instigateur Julien Helwin (Otargos, Mithras), l'homme fait partie des musiciens aux tribulations ordinaires chère au dévouement de la vérité deathalique. Il connaissait déjà la très bonne réputation d'Une Nuit En Enfer, puisque deux ans auparavant il était batteur pour le show d'Agressor.

Avec sa restauration d'exception, une ambiance saine et cool, une salle parfaite pour ce genre de rencontre, la soirée est magistrale. Sans compter sur un public de connaisseur, avide d'en prendre plein la gueule, sans avoir le côté blasé du citadin, sans parler d'un égocentrisme sur-dilaté et méprisant quand il en vient à snober le groupe sur scène, il n'y a rien de tout cela dans Une Nuit En Enfer (Peut-être un peu de surdité après une telle débauche de décibel maléfique, il faut bien le reconnaître). Cette date est donc à marquer dans vos agendas respectifs car il se passe quelque chose de spécial, déjà parce que ce genre d'affiche ne court pas les sentiers battus dans ce territoire agricole, et que l'esbroufe du frimeur, les poseurs adeptes du simulacre, et autres acabits dans la simulation n'ont guère de passion ici-bas.


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Mais ouaie, d'ailleurs hey, selon le modéré chanteur Maxime Le Forestier, qui n'était pas prédestiné à être garde-champêtre comme son nom pourrait l'affirmer, « Être né quelque part, pour celui qui est né c'est toujours un hasard ». Alors vivre dans un territoire excentré de l'agitation, dans cet ordinaire de  la décentralisation territoriale tel que le proclame le langage du communicant, n'est pas une tare, puisque la candeur d'assister à un événement reste toujours un événement d'exception.

Mais reprenons l’histoire...Le but de Julien Helwin était de créer un groupe de death metal oldschool, dans la veine des groupes des 90's et en esthète sonore des cimetières de Göteborg où l'on entend les ossements s'entrechoquer avec ostentation. Il occupe le poste de guitariste rythmique ( est gaucher comme Hendrix, Iommi, John McEnroe) et possède un chant rocailleux d'outre-tombe en plus d'un visage rappelant celui de Michael Hutchence le pendu d'INXS...The devil inside, The devil inside, Every single one of us the devil inside.

Leur premier EP « Worship The Necrogod » enregistré en mars 2017 au Heldscalla studio avait établi à la horde les fondements d'une déflagration sonore maléfique et dérangeante. Pour compléter le line-up Julien a été rejoint par Sylver à la guitare ( Death Lab, Agressor, Ad patres ) qui rassasie aussi parfois le chant avec un souffle fétide, Seb Lalanne à la basse (The Great Old Ones ) et Guilhem à la batterie ( Strynn, Allegiance ).


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Frileux au départ puis baignant dans son jus à coup de crépitations, accélérations et des breaks dévastateurs de death'n'roll munit de beaucoup d'atmosphères dans chaque titre, Iron Flesh a su trouver cette intensité des profondeurs qui soulignera une écriture musicale allant expurger le jus macabre. Allant des viscères à Death aux tendons d'Obituary, et jusqu'aux rognons d'Entombed, avec parfois une profondeur de doom munit d'un rythme plus lent, plus pesant et mélodique, capable de démontrer une noirceur bienfaitrice. Sans faire étalage d'un sens très expressif sur scène, Iron Flesh sculpta sa musique à travers une gamme de contraste, dont on en retrouve toute la dimension dans leur second EP "Scourge of Demonic incantation" sorti le 7 avril 2018 avec cinq nouveaux morceaux, chaudement recommandable. À la fin il y eut un clin d’œil thrashy avec la cover "Troops of doom" de Sepultura, qui scellera le set un peu sèchement il est vrai. Parfois le groupe reprend aussi « Zombie Ritual » de Death dans son set.

Quand on ouvre une scène, on peut se mettre à la place du groupe, se disant qu'il n'est pas attendu, et que le public n'est pas vraiment là pour lui, mais vaille que vaille, comme il a l'opportunité de jouer, et bien il donnera tout de son art. Iron Flesh a exactement fait cela. Même si je pense qu'il était attendu, et que le public pas encore échaudé par le houblon n'a pas manqué d'être rempli de cette putridité sonique saignante dont en très bon gourmet necromaniac il s'en est pourléché les cages à miel. Ce qui en soi correspond à cette citation de Michel Bakounine, et devrait être invoquée par tous les groupes qui se demandent encore une fois sur scène si cela en vaut encore la peine :

"Mieux vaut un instant de vie véritable que des années vécues dans un silence de mort." 


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Le 2ème band c'était FALL OF SERAPHS. Crée début 2014 des cendres encore fumantes d'Offending par son batteur Vincent. Le quintet de Chevanceaux composé d'ex Withdrawn, Ad Patres, Ossuaire, Acarus Sarcopt, Malhkebre manie aussi bien le Death Floridien avec un sens tabassé du tempo élevé et blasts ravageurs, que le VADER retro satanas Polonais.

F.O.S tabasse dans le sens du poil, c'est un fait, la rythmique s'est empressée de souder dans son ossuaire une stabilité musicale pour un death metal qui growl avec un groove putride vraiment coOol et profond. Ohéééééééééééééééééé,échoooooooooooooooo, mais c'est vrai fichtre on ne voit pas le fond ?!?

En Poitou Charente comme on dit, ça rentre de partout, et dans ce taux de pénétration active, le pit était en formation tas de pue gaulois et en mode de chauffe pogotomisé ( expression qui signifie se situer entre être lobotomisé et pratiquer le pogo).

Le groupe sait pour autant fluidifier les hostilités par une épaisseur de contraste thrashy, si, si. Justement pile dans ce mauvais esprit typique de Malevolent Creation, avec riffs speedés dans un fouillis macabre, descente lugubre avec le poids d'un corps mort impossible à remonter à la surface des ténèbres, en plus d'une densité dans l'accumulation des changements de fréquences soniques. Mais ouaie carrément dans ce désordre deathalique qui mène le corps et l'esprit dans une no-zone de survie permanente, surtout avec des superbes solis. Leur EP Destroyer Of Worlds en propage toute l'incantation dans une maestria à te vriller la tronche, ce qui t'oblige à foutre un genou à terre.


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Écharpant le fiel d'une ambiance acariâtre et ténébreusement furibarde proche du thrasheur punk, la peuplade dans le pit rougissait à vue d’œil dans sa sarabande endiablée. Les femelles se mêlaient à la mêlée dans un climat de camaraderie propre à l'ovalie, ou dans celle d'un suffocant atelier de découpe. Outre un set sans faille et sans une once de fléchissement de la part de F.O.S, le band s'est carrément foutu le public de son côté, et même avec une sonorisation un poil faiblarde, comme pour les premiers groupes au vue de celle de Mercyless en comparaison. D'ailleurs je regretterais toujours ce choix différentiel, parce que je conçois que chacun mérite la même qualité, c'est mon côté Lénine ça.

Visuellement le chanteur avec cartouchière et un shirt de King Diamond pour un des guitaristes, déjà ça impose un état d'esprit net et brutal. Puis le bassiste teigneux qui harangue la foule n'est pas pour déplaire non plus à cet esprit offensif qui pousse les combattants à se mettre une branlée dans les côtes flottantes, avec la joie virile du mâle contusionné dans les yeux d'une demoiselle éprise par une sorte de compassion grivoise.


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Troisième band à surgir d'outre-tombe, c'était RITUALIZATION et son sens des prouesses techniques.

Since in 2006, un trois titres K7 en 2007 "Rehearsal Tape 2007", "The Abduction Mass" rééditée en LP par Iron Bonehead avec la cover Black Messiah d'Archgoat Cover, un split avec Temple Of Baal, l’EP "Beyond the Shrines of Shattered Bones", puis l'opus "Sacraments to the Sons of the Abyss" en 2017 histoire de faire surgir de l'ordre un mélange thrash death black venimeux !


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Déjà venu en 2011 dans cette nuit en enfer Tarnaise, les bordelais ont blacklisté leur death dans cette fréquence morbide pas du tout sclérosé, surtout avec le chant caverneux de Messire Warchangel dont les yeux révulsés apposent une vision quelque peu démente au set. Entre charcuterie sonore et trépanation deathalique, mais ouaie c'était d'enfer. Bon un poil poussif parfois, mais il faut reconnaître la puissance explosive avec des riffs hypnotisant de ferveur brutale, apportant des biais cognitifs à un public groggy. C'était à la fois épais, féru d'électrochoc macabres, emplit de vociférations haineuses assoiffées de blasts, oui je pense que l'on peut noter des Orléanais sans faire la fine bouche le cul pincé par la démence, que la mention maître boucher artisan leur convient à merveille.


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Surtout avec cette forte inclusion dans les esgourdes à te foutre le tournis sans cesse. Et si par malheur vous aviez la vision écarquillée sur les doigts des musiciens vous en étiez hallucinés. D'ailleurs après un tel set tu peux être certain que pas un des musiciens à manche (inclus le bassiste) ne joueront à la veuve poignet, c'est impossible, les gars speedent le gourdin avec la dextérité d'un violoniste sous cocaïne les deux pieds dans un caveau poisseux.

Dans un style d'allitérations qui en deviennent très vite spectrales, de part l'afflux incessant de prendre dans l'occiput une effervescence d'acier trempé, Ritualization est un sulfureux rite en concert, c'est tendu quoi !


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Quatrième et dernier groupe, le clou du spectacle en sorte, et pas des moindres, je parle bien de celui qui te fixe à jamais sur l'incandescence de brûler sur le bûcher avec la puissance d'un rire infernal en guise de rédemption, était dû à l'envergure inexpugnable et corruptrice de MERCYLESS.


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Je fais partie de cette génération qui a connu Mercyless par le biais des albums « Cold » et « Sure To Be Pure », fondamentalement deux opus symptomatiques des 90's, et par extension, d'une époque où les changements rencontrés par le grunge avaient remanié l'évolution musicale de tous les musiciens. J'insiste sur ce fait car tous les musiciens de la fratrie metal ont connu ce changement et dû y faire face. Non pas pour survivre, mais poursuivre une maturation normale de tous musiciens et d'une époque, ou soit de stopper l'aventure puisque les goûts avaient diamétralement plongé dans l'obscurité le death, ou mettre sur pause comme ce fut le cas de Mercyless.


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Bien entendu la découverte postérieurement de leur death oldschool a su trouver chez moi les penchants caverneux émotifs dont témoigne tous fans de death pur et dur. Au point d'essayer d'approfondir le tombeau discographique sans cesse. Et ouaie j'avais bien un radio K7 pendant l'époque bénie des échanges de cassette, mais fallait-il encore obtenir l'adresse d'un gars de je ne sais d'où ? qui pourrait métamorphoser l'ignorance et le repli géographique vers l'ouverture de la boite à pandore. Mis à part la sodomie de se faire extorquer du fric sans jamais rien recevoir de comestible si ce n'est une K7 pirate d'un concert enregistré dans des chiottes publiques. J'ai mis fin assez tôt à cet illusion auditive pour me consacrer à la lapidation de l'argent de poche des pourboires fièrement obtenu pendant les bonnes œuvres de collaboration dans le restaurant de mes parents, afin de dégoter la purulence de disque via un disquaire généraliste de la ville la plus proche de mon bled. C'est là que tu peux rigoler en te bidonnant la ventrèche ami de Mulhouse. Quand je dis ville c'est un euphémisme pour ne pas à nouveau passer pour un bouseux de province. Bien entendu ce que l'on ne dit jamais c'est qu'il était très difficile jadis d'avoir des informations, des disques, d’assister à des concerts, et quand vous en aviez c'était trois plombes après la fin des hostilités publiques. La réactivité du web, l'approvisionnement, la découverte n'a rien avoir avec ce qu'on vécu tous les groupes initiaux.


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À ce propos, quand je suis arrivé dans la salle j'ai pris soin d'afficher le poster du livre « Enjoy The Violence » en plus de l'intitulé du 4ème de couv et du lien vers le site du livre (validé Jérémie). C'est un pavé conséquent et essentiel pour tous les mélomanes avides d'en apprendre toujours plus sur les strates diverses et variées des cultures alternatives. Le livre retrace tel une bible la cartographie caractéristique de l'essence de l'époque mi-80's/mi-90's de la scène hexagonale dans les domaines thrash/death. Bien entendu c'est chaudement recommandable, au point que vous pouvez l'acheter les yeux fermés et avec les mirettes bien ouvertes tel un.e noctambule lecteur/trice tellement vous allez adorer vivre/revivre l'intensité émergente d'un genre que le public d'Une Nuit En Enfer idolâtre, sacralise, raffole, vénère, excite...Jusqu'à plus soif...

...Plus soif ? Enfin si quand même au bout d'un moment les gars tombent comme des mouches tellement ils sont torchés, et quand je dis cela je sais que tu sais qui je vise pour avoir essayé de me traduire ta philosophie éthylique de haute volée, en mentionnant dans la même conversation le groupe Alsacien Crusher, les vertus de Lamartine, l'authenticité d'une kanterbräu et l'anarchie tout à la fois. Du moins c'est ce que j'ai crû comprendre dans le flot baveux des nombreuses ellipses choucroutales.

Du coup on reste du côté de l'est puisque à Mulhouse on ne joue pas que du blues, la preuve en est avec MERCYLESS, un des patriarches fier à bras d'une rotative inexpugnable de chaleur sonique et de beauté formelle pour un death ostensiblement envoûtant. Similaire à un bon vin de 31 ans d'age pour la teneur de sa maturité et de la pugnacité d'un Max Otero en diable (Leader charismatique du groupe).


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Le set fut sombre, comme LE métal noir précieux avec lequel on revient boire à la source cet élixir de jouvence d'une musique qui n'aura de cesse de pousser la violence au bout de la chaîne alimentaire. Dire que l'on a pris cher me semble aussi doux que l'excitation gastronomique de mon épouse devant l'arôme hindou d'un agneau rogan josh, alors que crénom d'un bouc on aura morflé les ténèbres avec tout l'aplomb d'une rythmique brutale à l'efficacité redoutable, avec des riffs rapides à la parenthèse épique et aiguisés à la bestialité séquentielle, puis sous le crépuscule renfort d'un chant guttural conçu par et pour le mal. C'est dans cette débauche de violence brute à la pureté démoniaque que la luminosité lugubre aux saignées tragiques démontrera toute la fulgurance de ce grand groupe, de sa dimension musicale qui ouvre les portes de la nécropole death, et de la musicalité nihiliste comme terre de contraste extrême, jusqu'à sa saveur impitoyable.

Le set était exigeant dans sa félicité de crypte, et irréprochable pour ne jouer à outrance la carte de la nostalgie. Mercyless a fait pleuvoir sur un pit furibard les catacombes deathaliques dans un règne autoritaire et à la fois magnanime. Bienheureux de faire trembler les murs et les corps dans le supplice délicieux d'une discographie purement excitante, le groupe nous a bouffés tel une crudité pendant un apéritif croque-morts. Les femelles levaient les poings vers les cieux putrides en guise de fraternité hurlante, pendant que la bave dégoulinante des jeunes hommes tombait à force de s'en foutre une pleine trempe, et en faisant remonter des enfers ce fumet qui pue la chaussette de vestiaire. Oui nous étions à une éternité des plastifications modernes d'auto-tune/pro-Tools ou Cubase & co qui dégueulent le même train-train musical. On était dans le vrai, exactement à cet endroit que maître cornu daigne venir y poser ses sabots afin d’échanger le sang avec ses semblables.

La vieille garde n'a rien perdue de sa gloire dans cette nuit où l'enfer avait pour thème principal la résurrection du corps musical de la faucheuse :

Away is the sun

Endless the night

Mankind's massacra

Intelligence is dead .......UHHHH !


Traduction littérale d'une treizième super nuit en enfer en somme !!


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