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Tag - Pop rock

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dimanche, juillet 14 2019

MORRISSEY – California Son


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Douze réinterprétations de chansons par le divin Morrissey, conçues la plupart par des humanistes ayant croisé leurs convictions pendant les élucubrations californiennes hippies.

Cela donne :

« Morning Starship » de Jobriath le factieux du glam, mort du sida en 1983 : Le Moz lui apporte une élégance racée, coutumière de l'impérialisme vocal et tendancieuse à la musicalité prodigieuse de Morrissey.

« Don’t Interrupt the Sorrow » de Joni Mitchell : La version du Moz est moins apathique et blafarde puisqu’il y a davantage d'éclat pétillant et de distinction propre au raffinement de Paul weller (The Jam, The Style Council), autre grandeur Britannique.

« Only a Pawn in Their Game » de Bob Dylan : Le major Moz utilise l'élan du vétéran avec un cabotinage en règle, bien loin de la candeur révolutionnaire et partisane du Dylan folkeux sur la mort du militant noir Medgar Evers, assassiné le 12 juin 1963 dans le Mississippi par le suprémaciste de la race blanche Byron De La Beckwith. « Suffer the Little Children » de la folkeuse Buffy Sainte-Marie, canadienne et activiste sociale, et fervente lutteuse de la cause amérindienne. L'originale est chiante, la relecture l'est tout autant.

« Days of Decision » de Phil Ochs, un autre idéaliste du folk qui a fait le choix de se donner la mort plutôt que de vivre dans un monde opposé à ses convictions. Le Moz lui donne le prestige d'une tendresse émouvante par un hommage subtil.

« It’s Over », attention joyau, ben oui c'est un titre de Roy Orbison. Morrissey cajole, enrobe l'ensemble de sucre fin avec l'appel angélique et d’une sensualité latine. On frise le too much et alors c'est le Moz, il faut qu'il y ait du frou-frou, du rose fuchsia, que ça dégouline d'un coulis sirupeux...Et là ça ruisselle de cette saveur désuète, grotesque et touchante. Un must d'élégance.

« Wedding Bell Blues » de Laura Nyro, une chanson rythm & blues de 1966, repris avec succès par The 5th Dimension en 1969, l'année du Summer Of Love. Pour cette version il est accompagné par Billy Joe Armstrong de Green Day dans un étalage vintage de music-hall parodique. Il se sont fait une frivolité, pour le plaisirrrrrrrrrrrr.

« Loneliness Remembers What Happiness Forgets » titre élégant de Dionne Warwick de 1970, élevée par les lettres de noblesse ringarde de l'immense Burt Bacharach et d'une soul music grandiloquente, revu et corrigé dans cette interprétation comme si Charlie Oleg l'organiste de Tournez Manège avait eu la possibilité de réaliser les arrangements en regardant sous la jupe d'Evelyne Leclerc.

« Lady Willpower » de Gary Puckett & Union Gap de 1968, gare à Gary, chanteur qui a connu un succès avec les tubes « Woman woman », « Young girl », « Over you, Lady Willpower », et dont l'enrobage doucereux est une parfaite pâte gluante à gonzesse, mais en 1968. Une sorte de Tom Jones vraiment plus cool avec moins d'esbroufe typée Las Vegas, capable de chanter avec un verre de scotch dans une main et de pointer les étoiles avec emphase vocale. C'est totalement la came du Moz pour exprimer sa romance désuète en cartonnant à fond dans le démodé. Il assume à 200% ce kitsch, toi tu auras peut-être plus de difficulté si on entend ce titre dans tes écouteurs au milieu de la populace un mercredi matin dans la rame du métro.

« When You Close Your Eyes » de Carly Simon datant de 1972 est une chanson folk dans l'esprit de Joni Mitchel, c'est une romance sur la possibilité d'une île comme le suggère Michel Houllebecq et les errances que l'on accorde à un rêve en fait. Bref, Carly propose un sachet de soupe en poudre, le Moz lui donne la poudre aux yeux de perlimpinpin angélique, cela reste lancinant et ennuyeux.

« Lenny’s Tune » de Tim Hardin folkeux de la scène Greenwich Village, le titre date de 1968, le Moz lui applique un aplomb tragique et l'emporte sur l'original juste accompagné par un piano. On sent davantage les nœuds bouleversants, et le questionnement que les paroles dégagent. Une vrai alchimie et intensité se dégagent dans ce que le Moz sait rendre de beau et de pur.

« Some Say I Got Devil », chanson de 1971 de la folkeuse Melanie dont la préciosité vocale âpre était dû à une franchise qui fait tout son charme. L'élégance racée du Moz en épouse toute la forme dans son exercice de style.


Le disque prévaut pour sa largesse évocatrice et historique à refaire vivre des chansons venues d'un temps dissolue, avec en sus des arrangements soignés, et puis la grandeur émotionnelle de Morrissey, dissoute dans la mièvrerie, l'emphase des dorures désuètes, le ringard, le Moz dans toute sa splendeur expiatoire quoi !




lundi, juin 10 2019

Lamp of the Universe - * Align in the Fourth Dimension *


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Je pensais que c'était des Allemands trempant leur plume acide dans celle de Syd Barett tout en ayant un regard éperdu vers l'Inde, mais non, du tout, il s'agit d'un gazier de Nouvelle Zélande.

C'est un projet solo, débuté en 1999 par Craig Williamson, le gars a très certainement écouté le folk acide et patraque du Beta-Band, le psychédélisme bluesy en prenant du LSD pour y voir apparaître l'envol du Jefferson Airplane, des éléments de space-rock et une large palette de livre sur la voie cosmique.

Ouaie il faut le voir comme un original, un ermite, un marabout de la contorsion tibétaine, un solitaire né du summer of love, le gars est tout cela à la fois. Il est inoffensif, dans son trip à base de chanvre bio à circuit court, c'est affectueux, cosmique et assez chiant. Ce style musical est destiné à étendre la conscience mais vers où ?

Mais qu'est que j'en sais ?

Avec ce disque de Lamp Of The Universe tu voyages plus loin qu’avec Alice au pays des merveilles, c’est carrément la moustache du guide du routard qui te pousse sur le pubis et Desireless qui passe en rotation radio devant tes pupilles dilatées.

Pour en savoir davantage sa discographie est dense : « The Cosmic Union » 2001 , Ep « Echo in Light » 2002, « Heru » 2006, « Earth, Spirit and Sky »2006, Ep 2 titres « Arc of Ascent »2007 pour une heure de muzac, « Acid Mantra » 2009, « Transcendence » 2013, «  The Inner Light of Revelation » 2015.


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dimanche, mai 26 2019

HEAVY HEART – Love Against Capture


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Faut il avoir un cœur d’artichaut pour apprécier Heavy Heart ?

Je ne sais pas. Chacun est différent, ce que je vois et que tout le monde peut voir sera perçu/vécu différemment.

Pourtant il me semble impératif de ne pas nuancer cet apport essentiel que l'on ressent fortement à l'écoute de cet album. Puisque les (nos) choses enfouies tremblent à l'intérieur en une résonance subtile et profonde.

C'est une harmonie de couleur douce, une chaleur mélancolique, une grenadine sur le cœur, c'est certain. Mais comment ces quatre jeunes hommes ont réussit à varier ces variations émotives en une musique fiévreuse, intense ? Qu'importe comment tu nommes, pop punk, punk rock, emo, là n'est pas l'importance, puisque c'est une explosion de caramel. Dur et tendre.

Introspection, ferveur, intensité, tout est harmonie autour de mélodies parfaites, c'est troublant de lésions et de fissures, la lumière y pénètre, elle s'imprègne mélancolique et revient virevolter, légère, insoumise. Il n'y a rien de trop, tout est mesuré avec fluidité, simplicité, sa teneur est bouleversante car d'une netteté naturelle.

Le monde manque de joie, de douceur, de sensations, « Love Against Capture » en exsude la joliesse mélodique, vaporisant une harmonie capiteuse, en sécrète la magie par une pureté impétueuse.

Heavy Heart est un coup d'éclair sonique, il fait vibrer longtemps à l'intérieur, tout ressort débordant de vie, et relie à l'essentiel.


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dimanche, novembre 25 2018

VODUN - Ascend


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Un premier EP « Eat Up the Sun » en 2013 en préliminaire, un album « Possession » en 2016 pour étourdir, un set au Hellfest 2017 me permettait de constater que « Vodun y prêchait la musique noire pour chapelle blanche avec un mood The Bellrays aka Slo Burn VS Captain Beefheart. Dans ce concert de haute volée la formation en trio permettait d'étendre son punch, surtout avec le duo de griot grrrl en la personne d'une batteuse pugnace, et d'une chanteuse possédée par un grain vocal gospellien et d'un sens instinctif des percussions. La chaleur d'Afrique subsaharienne rendait le culte vaudou en corrélation avec un mélange d'insolation et de bestialité. L'ensemble a su trouver le ruisseau de feu qui mène le cortex à célébrer l’inattendu brasier qu’offrait un tel set démoniaque, jusqu'à ce croisement maudit où le diable marchande l'âme du voyageur mélomane avec cette eau de feu sonique. » Ouaie je me cite, carrément, mû et imbu par une expertise à la Delon, Nasty Samy & co.

1/ Présentation de la tribu

Derrière le doux patronyme de guerrière Ogoun coexiste la batteuse qui fait office de mentor, enfin plutôt de gourou, la possession de son jeu à la rythmique traditionnelle africaine et à la frappe ancrée à la terre des ténèbres lui confèrent cette assisse folle à la Ginger Baker du trio Cream.

The Marassa cache sous un nom féminin le seul gars de la troupe, il officie à la gratte, avec des nuances libertaires au rituel africa jungle stoner.

Vodun sacralise la tradition du shock rock, de sa théâtralité à son jeu d'interprète, on s'immerge totalement dans leur univers, porté par le chant d'Oya, tigresse de velours toutes griffes dehors attenant à la puissance féline de la Queen Beyoncé avec la moiteur exotique pop et un tribalisme funk stonien.

2/ Rapport d'expertise abracadabrante

Le métissage endiablé apporte au trio londonien de Vodun cette singularité d'ébène et d'ivoire, de fièvre capiteuse faisant ronronner le voodoo child sur fond de heavy rock, tout en lui conférant une posture de missionnaire où Fela Kuti jouerait avec Uncle Acid & the Deadbeats.

Ce sens du métissage ethnique se prévaut d'une production soignée, permettant de joindre au Stoner créole, africanisme doomesque, heavy pop, soul funkadélique un contraste de couleur musicale progressiste. Ainsi par cet enlacement de sorcellerie Vodun invoque le feu de la terre mère pour conjurer les foudres du père stellaire dans un ritualisme vaudou cosmique, et ceci jusqu'au psychédélisme sonique.

Notez dans vos Iphone-smartphone que le titre « New Doom » se distingue par la présence caractéristique au chant de Chris Georgiadis de Turbowolf, dont on retrouve la réciprocité vocale sur l'album « The Free Life » de Turbowolf avec la chanson Very Bad et la présence de Chantal Brown ( aka Oya ).

En guise de mixité contemporaine, avec son grain davantage pop räwk cet opus mêle Sly And The Family Stone aka The Destiny Child !


Un disque de sauvage


samedi, novembre 17 2018

PAUL McCARTNEY – Egypt Station


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Y a t'il un intérêt quelconque à écouter un nouvel album de Macca en 2018 ?

Pour moi oui.


Paul est resté ouvert au monde, je ne sais pas si il donne à entendre ce que l'on attend de lui, en fait je m'en fous. Je sais qu'il est sincère, rien ne me le justifie, à part mon intuition et surtout mon cœur. Il parle à mon cœur plus qu'à ma tête, et ceci est une preuve irréfutable de sa force.

Macca est un compositeur génial, il a derrière lui une carrière longue pour en attester de la stature et en façonner la cyclothymie. Des Beatles au Wings, Paul est un père fondateur, une divinité créatrice, l'impérissable Macca est un artiste solaire à l'euphorie légère, sa pop vacille dans la complaisance mélancolique quand la saveur du soir se cache vers le crépuscule lunaire étincelant. Il pianote une élégance démodée par le givre d'une époque austère et fait apparaître les fantômes de l'amour dans chaque soupir. Pour les érudits chaque titre offre une relecture de toute sa discographie, la production applique avec justesse la saveur de chaque élément qui le compose. L'artwork est superbe, c'est même lui qui en a conçu une grosse partie. C'est aussi enfantin que les collages de Manu Chao dans ces albums solo.

Acteur principal d'un lyrisme rock et d'une pop pacifique, ce velouté musical n'est pas une soupe en sachet pour vieux hippie et jeune hipster. La magie musicale fait partie du charme mélodique, parce que ce mélodiste funambule au dessus du vide existentiel vous ramène les pieds sur terre avec le repos de l'âme torturée, et les yeux clos.

On a les yeux fermés parce que l'on baigne dans la confiance, la sérénité, et qu'il ne nous arrivera rien de mal avec lui. C'est un instant de quiétude, de pause sur l'agitation permanente d'un monde fou, illusoire. Il y a du beau chez Macca. Il caresse avec prévenance et le cœur libre est engourdi de gratitude. On découvre une atmosphère particulière, reposante, câline, le raffinement est une poésie et non une politesse cynique.


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Dès le début un titre comme « I Don't Know » donne dans cet écrin de sensibilité unique et superbe, un brin suranné mais absolument reconnaissable de l'empreinte Mc Cartney, et donc vers cette stature intemporelle. C'est la magie de Macca, même démodé on traverse l'espace temps avec sa musique. L'orchestration de chaque titre est un univers à lui tout seul. Le mood change avec délicatesse, car tout se fait en douceur. Chaque élément est une harmonie, il y a cette recherche pointilleuse pour exprimer avec simplicité le cœur des choses enfouies. Il épouse les formes d'une musicalité trendy car le bonhomme a une oreille musicale qui fleure l'air du temps sans en gommer l'héritage permanent, ni en déteindre le fond par une superficialité.

Macca est et reste un enfant dans l'âme, il joue avec beauté, mélodise avec clarté, harmonise en douceur.

Je pourrais en parler pendant des heures tellement cet homme m'émeut, mais à quoi bon parler, il est préférable de l'écouter, puis de respirer son existence avec prévenance et béatitude.

Voilà c'est tout.

Oui c'est tout ce qu'il vous faut en fait, pas plus. « Egypt Station » est une futilité fleurit d'amour tout le reste devient grossier. Selon l'écrivain Okakura Kakuzō Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal. Il comprit l'utilité de l'inutile.




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