WALLABIRZINE

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Pop rock

Fil des billets

vendredi, novembre 15 2019

VvvV - The Wreck


VvvV_-_The_Wreck.jpg

Confectionner comme une cathédrale de sons électronique, dont la procession sombre fera écho à votre noirceur céleste, l'ardeur de ce duo fait de l'obscurité une lumière dans le crépuscule.

Composé de Bardou-Jacquet et du Mage, ils en constellent le mythe par des mélopées pour un sous genre musical s'intitulant le Front Wave. Ceci se cristallise avec du verre pillé, de l’huile et autour d’une arcane, comme ce qu'un martyr en flagelle le désir secret et inexpugnable. Dans leur arachnéenne toile picturale s’entremêle la rugueuse Indus, Krautrock épais, Dub monacal, New-Wäve altière et fragile tout à la fois, post-punk spartiate, Cold-Wave dominatrice, Shoegaze au psychédélisme tranchant, Space Raw cosmique pour une divulgation électronique messianique.

L’édifice n’est pas hautain d’enrobage présomptueux. Il est tout en relief. C’est sa force, sa densité de pénétration, la musique électronique en permet l’usufruit. Elle libère des frontières des genres, elle est cette bulle de feu toujours créatrice d’un nouveau monde, pionnière de sa propre exégèse musicale dont le sens, la portée sont obscurs.

Paysage sombre sans employer un seul trompe l'oeil !


VvvV_-_The_Wreck_1.gif

Impact de légèreté fractale et de désir de grandiloquence, le duo joue sur des synthés analogiques branchés sur des amplificateurs puissants. VvvV est un groupe de rock novateur, il agite dans sa tourmente un concentré de nébuleuse musicalité en joignant dans sa culture XXL les profondeurs soniques de la musique électronique avec un angle de vue à 360°. L’inconnu n’est pas un gouffre, c’est une voie d’indépendance.

Signé la main dans le sang avec les labels Metro Beach records / A tant rêver du Roi Records, « The Wreck » donne sa part de magie pour un prodigieux équilibre, avec son incantation phénoménale qui en confère l’ensorcellement autour de ses paysages clairs sans employer un seul artifice !


VvvV_-_The_Wreck_2.gif


mercredi, novembre 13 2019

THE SENSE


pluie.gif

10 Novembre 2019, on rentre dans cette phase où le jour est aussi court qu'un sourire un lundi matin. Il fait nuit à 18h00, il fait froid, tout fait chier, et pourtant il y a encore des gens pour rempiler à contre-courant et organiser des concerts de rock dans une ville de province lambda, avec ses places en granit et sa population anesthésiée à l'ordre en marche.

Qu'est-ce que qui peut pousser les gens à sortir de leur zone de confort dominicale pour fendre l'air de leur monotonie afin d'aller se déchirer la gueule sur des riffs électriques ? La folie d'échapper à l'amertume du quotidien certainement ou/et la passion de se fendre par passion à cette musique rock qui échappe à toute vertu.

Le bar Jean-Jaurès à Castres fait partie de la résistance et l'organisation La Lune Derrière Les Granges en est son escouade en mission. La radio étudiante Radiom et le WallaBirZine sont les thuriféraires de cette soirée.

Ah ouaip il y a aussi autre-chose à cette date clef, la phase lunaire est bientôt dans sa plénitude nouvelle, les astres nous montrent la voie lactée et le premier groupe LAIT FRAISE possède le sens d'une argumentation hallucinatoire pour en expurger le trip.

Au WBZ on est un trio SxE, mais côté trip tout se passe dans notre expérience du moment, c'est assez difficile à expliquer comme cela, surtout si tu es persuadé.es qu'une drogue, un palliatif, une addiction médicamenteuse, etc...Est capable de te soutenir, de te porter, de t'ouvrir des portes. Je vais te faire une confidence et tu fais bien sûr ce que tu veux de ta vie et de ton corps, mais avec les drogues tu te gourres complètement. Il n'y a que ton cœur et ton esprit qui sont capables de te réaliser. Même la souffrance affecte moins nos sens que l'imagination. Perso, la méditation est une libération plus qu'un refuge, et l'épaisseur d'existence que je puise à chaque accomplissement me rapproche davantage d'être tout entier relier à la réalité intérieure. Oui c'est étrange mais avec les yeux fermés et recentré dans soi, on ouvre les yeux sur autre-chose de moins palpable, où il y a moins d'illusion finalement. Tout ceci pour vous dire que Lait Fraise est très certainement attiré par les auvents délicieux de la musique psychotrope.

Oh pinaise DU Rock Psyché ?


oh_pinaise_rock_psyche.gif

Un usage récréatif de Lait Fraise ne vous mènera pas à votre perte, pas seulement parce que le Lait n'avait tourné vers une indigestion psychédélique, mais surtout et avant tout parce que le trio sait faire vivre le mythe d'un rock en pleine montée de sève. Le groupe se présente à nous comme à l'entrée de cette porte ascensionnelle chamanique, où l'on peut entendre l'écho de l'année 1967 avec le « The End » du roi lézard issu du premier album de The Doors, en même temps que « Lucifer Sam » des Pink Floyd sur leur premier opus The Piper at the Gates of Dawn avec Wright/Waters/Barret pour la composition.

Oui je sais cela te paraît être trop exagéré soudainement, mais reprend un shot d’ayahuasca, tu entendras le serpent de la terre mère te siffler que ta planète bleue est à l'aube de son extinction si tu ne me crois pas.

“Le sens de toute chose réside peut-être dans l'absence de sens.”

LAIT FRAISE quel nom étrange et trop modéré à côté de leur musique. Le batteur et le bassiste jouent dans le stoner band FOREST OF BEARS et cela s'entend dans les nouvelles compositions de Lait Fraise. Il y a une densité supérieure à ce que le groupe auparavant alors duo pratiquait comme granulométrie musicale. On entend vraiment une profondeur que le stoner dans son exploration psychédélique possède comme sens du blues et du trip. Lait Fraise explore le voile caché du psychédélisme dans le mood de Vanilla Fudge et des Pink Fairies, avec cette densité de buvard d'acide animé qu'un psychédélisme tantrique pratique librement. Lait Fraise inverse le sens de l’énergie cosmique des hippies, tou va vers un son de reverb et un foutoir brut. Le chanteur est habité par l'ange blond déchu Cobain, et est électrisé des spasmes de T.Y Segal. Le groupe remonte à la source du rock garage aussi, The Seeds, The Electric Prunes, Count Five, The Standells, The Kingsmen, Paul Revere and the Raiders ou The Chocolate Watchband. Link Wray, Hasil Adkins.

Oh pinaise DU Rock Garage ?


oh_putain_rock_garage.gif

Le rock garage c'est du rythm & blues joué par des blancs avides de rock'n'roll sauvage et punk dans l'âme. Pour moi Lait Fraise c'est Thee Oh Sees forniquant avec les Sonics dans le brouillard des Seeds, avec la guitare déconstruite noisy de Sonic Youth, tout en méditant sur Fu Manchu.

Lait Fraise te plonge dans cette « A Savage Journey to the Heart of the American Dream » du roman d'Hunter S. Thompson, pendant ce rêve hallucinatoire de chimie ou vers ce cri primal que le rock a fait jaillir de la source chamanique, tout dépend de là où tu te t'ouvres en temps qu'âme.


ITW LAIT FRAISE 10-11-2019 CASTRES




**************************************************************************


“ Perdre le nord pour les gens du Sud n'a pas de sens ! ”


42.gif

Pendant l'entracte, c'était DJ Sheitan Provincial, un apôtre du groupe HYSTERIE qui a projeté la marche du punk oï avec la froideur joviale d'une paire de rangers sur le macadam.

Juste avant l'anfractuosité émotionnelle de Young Harts, je voudrais signaler que le nombreux public insoumis aux vicissitudes du capitalisme mondialisé du soir, était libertaire dans son système de forces parallèles et de sens contraires. Il était disparate, cool, heureux d'être là, chacun a pu participer comme il l'entendait.

Un concert de rock est une traversée des ombres de l'intime, c'est comme un diamant perdu dans la boue que l'on recherche dans tout ce fatras d'explosion sonique. Young Harts est chargé des fêlures de l'humanité, il ressent, palpe, réinjecte ses intentions de désirs dans les charbons ardents d'une musique émotionnelle. Chez eux la mélodie est souvent plus importante que le sens qu'elle dévoile en premier lieu. Nombreux.ses sont ceux qui ont trouvés le diamant pendant leur set. Même si en vieillissant nous pervertissons le sens des vérités fondamentales qu'un enfant possède de façon innée, c'est avec le cœur ouvert que Young Harts a caressé, soulevé le public.

L'humain a soif de beauté pour l'apaiser, même si elle n'est pas la symétrie parfaite du désir publicitaire que l'on te vend pour acheter un SUV. Comme l'a souligné Arthur Rimbaud : “Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.” Le groupe va puiser dans son obscurité pour y trouver la lumière, dans cette explosion qui éclaire notre abîme de temps en temps. Leurs chansons sont faites de cette fluidité de composition, de subtilité émotionnelle que l'on retrouve dans Samiam, Hot Water Music, Against Me ! C'est rare, et cette puissante rareté est encore plus visible en concert. Il y a des groupes qui arrivent à explorer cette intériorité, et nombreux sont ceux & celles qui s’y adonnent sans savoir où, ni comment y parvenir, même par les stratagèmes des poncifs que le rock regorge jusqu’à sa caricature, ils te font y croire mais tu ressens, tu sais que c’est faux.

Souvent on se demande si le mal de vivre c'est la même chose que le mal d'aimer ? Et toute l'incompréhension que l'on porte en soi tourne autour de ce genre de doutes et de peurs, c'est normal de se sentir vulnérable, et il faut l'être, c'est impératif car la musique ne peut vous atteindre sinon. Young Harts en élucide la magie éphémère et expiatoire, sans jamais sombrer dans la fatalité du bonheur factice.

ITW YOUNG HARTS + "FIGURE OUT THIS" LIVE 10-11-2019 CASTRES



Ce n'était pas qu'un chouette concert cool, cela faisait partie de ces instants où la vie courante est absente, ou l'on ne fait plus partie du monde de farce et attrape rêve, mais de notre propre réalité existentielle à palper l'incandescence d'une vérité sensible. Le premier album des Clermontois « Thruth Fades » est très réussi, et leur bassiste joue aussi dans le groupe de new wave Octobre/Novembre, et c'est tip top comme musak cendreuse et éthérée, ça claque sévère dans un mood précieux et électrique à Ultravox.


**************************************************************************

Le jour se lève à peine en ce 11 Novembre de rite funéraire, le réveil se passe avec le picotement de mescaline de Lait Fraise dans les yeux, et le cœur ouvert par la grâce de Young Harts. Ce n'est pas que l'on s'en fout de cette tragique fin de la grande guerre où les poilus croupissent de crachats cyniques sous les oriflammes bombées d'une légion de gradés et de cravatés ministériels, on se dit bien que des hommes sont tombés sous le joug d'une aliénation mortifère, et on respire leur souffle et leur colère tout comme leur mort stupide en libérant la même vibration reçue hier soir, parce que l'on sait au fond de toi que cette sensation de vérité est la meilleure voie à suivre.


8.gif


mardi, novembre 5 2019

THE HALLINGTONS – Hexed


THE_HALLINGTONS___Hexed.png

Il n'y a pas que des skieurs de fond qui écoutent du black MetOl en Norvège, il y a aussi des fans des Ramones, Screeching Weasel, dont l'application scrupuleuse à jouer de la punk-gum en est la preuve éternelle, comme la neige sur le sommet de l’Himalaya.

The hallingtons est un super trio de pop-punk-rock'n'roll d'Oslø, chaque titre est une friandise à mâcher toute la journée, c'est un éclat de couleur rose bonbon, avec une coOolitude de riff glissant sur toutes vos emmerdes passées et à venir. La simplicité musicale se découvre une profondeur cachée quand on prend vraiment le temps de la découvrir et de l’écouter. "Hexed" c'est 6 titres rapides pour un EP en forme d'apéro ramonesque très entraînant, signé chez le label Monster Zero Records, c'est imparable comme ensoleillement.

Cet album contribue à notre bien-être, il occasionne une meilleure oxygénation, favorise la synthèse de la vitamine D, réduit la pression artérielle, booste notre système immunitaire, favorise la poussée des cheveux même après quarante ans, apaise la fatigue occulaire, réduit le risque d’ostéoporose et surtout il nous donne bonne mine.

Oscar Wilde a raison d'argumenter qu'il : « est impossible de rendre les gens bons par décret parlementaire », par contre si vous aimez toutes les formes de pop punk élastiques, le rayonnement permanent d'une musique solaire comme Queers, Teenage Bottlerocket, Lame Shot, alors vous allez vraiment kiffer The Hallingtons.


jeudi, septembre 26 2019

VOLBEAT – Rewind Replay Rebound


VOLBEAT___Rewind_Replay_Rebound.jpg

Volbeat a su trouver dans son mix de röckabmetAl une recette efficace et catchy. Surfant depuis leur début sur cette autoroute, les Danois prouvent avec cet opus qu'ils font de la soupe en sachet rock FM pop, mais qu'ils la font super bien.

La patte Volbeat est reconnaissable entre mille, jusqu'à longtemps le groupe avait cette capacité de capter le rock'n'roll rupestre avec l'épaisseur du heavy, le rockab de contre-bande avec le musc du metOl. Puis au fur et à mesure du succès, a commencé à fendre de moins en moins de bois, pour gominer son bordel vers quelque chose de plus accessible, de radio friendly quoi ! Mais toujours sans trop vouloir l'admettre.


Avec "Rewind Replay Rebound" c'est toujours aussi Cash, ça Presley les coconuts avec le vent de la saturation rock metäl derrière, mais avec ce disque, l'avancé c'est le coming-out poppy qui est fait.

Et ben là, quand c'est assumé de la sorte, qu'il n'y a plus d’embarras relatif, c'est sacrément bien foutu. C'est catchy, aussi lisse qu'une chatte 2.0, ça turlutte sévère de la pop jusqu'à la crème. Ah oui ! Je dis Bravo à Volbeat.



Toutes leurs chansons sont des trucs ricains à fredonner partout, dans la cuisine en préparant un ragoût de topinambour au tofu, en sifflant devant un écrou et une clef à pipe, sous la douche en tenant le pommeau comme si c'était le micro du chanteur/guitariste et leader Michael Poulsen. À la salle de sport c'est pas mal aussi. En fait c'est le genre de chanson indispensable pour satisfaire son quotidien et qui te met de bonne humeur. Heureusement que cela existe des groupes que cela, on est d'accord. Ce groupe en fluidifie l'existence avec la sagesse de vous occuper l'occiput tout simplement.

C'est du réchauffé que l'on sent arriver de loin, mais avec lequel on tape du pied sans moufter. Un truc de stadiste aussi c'est clair. Les U2 du metOl ? Nan pas quand même.

Il y a toujours eu du featuring dans un album de Volbeat, celui-ci ne déroge pas à la règle, avec Gary Holt (Exodus, Slayer) pour Cheapside Sloggers et Neil Fallon de Clutch avec le titre Die To Live.

Oui cet album est cool, c'est une joliesse musicale, simple, belle de part sa résonance hors de portée des emmerdes. Puis les solos de Rob Caggiano (ex Anthrax) sont très très efficaces, géniaux même avec juste ce qu'il faut. Le son est gigantesque, heyyyyy il y a des remontées financières derrière le bordel Volbeat vous pouvez en être certain.

C'est tellement opérationnel, agissant. Ce disque est un moteur à explosion en même temps qu'un Jukebox à tubes.

Volbeat fait de la soupe en sachet, et c'est les meilleurs à faire cette merde, assurément !




dimanche, juillet 14 2019

MORRISSEY – California Son


MORRISSEY___California_Son.jpg

Douze réinterprétations de chansons par le divin Morrissey, conçues la plupart par des humanistes ayant croisé leurs convictions pendant les élucubrations californiennes hippies.

Cela donne :

« Morning Starship » de Jobriath le factieux du glam, mort du sida en 1983 : Le Moz lui apporte une élégance racée, coutumière de l'impérialisme vocal et tendancieuse à la musicalité prodigieuse de Morrissey.

« Don’t Interrupt the Sorrow » de Joni Mitchell : La version du Moz est moins apathique et blafarde puisqu’il y a davantage d'éclat pétillant et de distinction propre au raffinement de Paul weller (The Jam, The Style Council), autre grandeur Britannique.

« Only a Pawn in Their Game » de Bob Dylan : Le major Moz utilise l'élan du vétéran avec un cabotinage en règle, bien loin de la candeur révolutionnaire et partisane du Dylan folkeux sur la mort du militant noir Medgar Evers, assassiné le 12 juin 1963 dans le Mississippi par le suprémaciste de la race blanche Byron De La Beckwith. « Suffer the Little Children » de la folkeuse Buffy Sainte-Marie, canadienne et activiste sociale, et fervente lutteuse de la cause amérindienne. L'originale est chiante, la relecture l'est tout autant.

« Days of Decision » de Phil Ochs, un autre idéaliste du folk qui a fait le choix de se donner la mort plutôt que de vivre dans un monde opposé à ses convictions. Le Moz lui donne le prestige d'une tendresse émouvante par un hommage subtil.

« It’s Over », attention joyau, ben oui c'est un titre de Roy Orbison. Morrissey cajole, enrobe l'ensemble de sucre fin avec l'appel angélique et d’une sensualité latine. On frise le too much et alors c'est le Moz, il faut qu'il y ait du frou-frou, du rose fuchsia, que ça dégouline d'un coulis sirupeux...Et là ça ruisselle de cette saveur désuète, grotesque et touchante. Un must d'élégance.

« Wedding Bell Blues » de Laura Nyro, une chanson rythm & blues de 1966, repris avec succès par The 5th Dimension en 1969, l'année du Summer Of Love. Pour cette version il est accompagné par Billy Joe Armstrong de Green Day dans un étalage vintage de music-hall parodique. Il se sont fait une frivolité, pour le plaisirrrrrrrrrrrr.

« Loneliness Remembers What Happiness Forgets » titre élégant de Dionne Warwick de 1970, élevée par les lettres de noblesse ringarde de l'immense Burt Bacharach et d'une soul music grandiloquente, revu et corrigé dans cette interprétation comme si Charlie Oleg l'organiste de Tournez Manège avait eu la possibilité de réaliser les arrangements en regardant sous la jupe d'Evelyne Leclerc.

« Lady Willpower » de Gary Puckett & Union Gap de 1968, gare à Gary, chanteur qui a connu un succès avec les tubes « Woman woman », « Young girl », « Over you, Lady Willpower », et dont l'enrobage doucereux est une parfaite pâte gluante à gonzesse, mais en 1968. Une sorte de Tom Jones vraiment plus cool avec moins d'esbroufe typée Las Vegas, capable de chanter avec un verre de scotch dans une main et de pointer les étoiles avec emphase vocale. C'est totalement la came du Moz pour exprimer sa romance désuète en cartonnant à fond dans le démodé. Il assume à 200% ce kitsch, toi tu auras peut-être plus de difficulté si on entend ce titre dans tes écouteurs au milieu de la populace un mercredi matin dans la rame du métro.

« When You Close Your Eyes » de Carly Simon datant de 1972 est une chanson folk dans l'esprit de Joni Mitchel, c'est une romance sur la possibilité d'une île comme le suggère Michel Houllebecq et les errances que l'on accorde à un rêve en fait. Bref, Carly propose un sachet de soupe en poudre, le Moz lui donne la poudre aux yeux de perlimpinpin angélique, cela reste lancinant et ennuyeux.

« Lenny’s Tune » de Tim Hardin folkeux de la scène Greenwich Village, le titre date de 1968, le Moz lui applique un aplomb tragique et l'emporte sur l'original juste accompagné par un piano. On sent davantage les nœuds bouleversants, et le questionnement que les paroles dégagent. Une vrai alchimie et intensité se dégagent dans ce que le Moz sait rendre de beau et de pur.

« Some Say I Got Devil », chanson de 1971 de la folkeuse Melanie dont la préciosité vocale âpre était dû à une franchise qui fait tout son charme. L'élégance racée du Moz en épouse toute la forme dans son exercice de style.


Le disque prévaut pour sa largesse évocatrice et historique à refaire vivre des chansons venues d'un temps dissolue, avec en sus des arrangements soignés, et puis la grandeur émotionnelle de Morrissey, dissoute dans la mièvrerie, l'emphase des dorures désuètes, le ringard, le Moz dans toute sa splendeur expiatoire quoi !




- page 1 de 3