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Yo Bro,

La seconde soirée de la Lune calling #40 a démontré l’impermanence d‘une situation et de son affluence.

La veille, lors de La génuflexion Hardcore de Jim Carrey nous démontrions une insuffisance dans le public. Ce samedi 13 novembre la soirée au Jean-Jaurès rameute une communauté Toulousaine pour le concert du soir. A l’extérieur ça tchatche, clope et picole, derrière le comptoir ça jongle avec en fond sonore de quoi mélanger de la tequila avec du houblon. L’ambiance est martelée de rouge et ‘’faucillée’’ de compagnonnage, on traverse le bar pour se rendre au fond, derrière un rideau les Albigeois de GET REAL ont investi la scène.

Ce groupe existe depuis septembre 2018, tu noteras que depuis mars 2019 c’est nuit et brouillard pour la culture, donc en très peu de temps et de lumière Get Real est parvenu à se hisser avec l’attraction d’une force centrifugeuse en guise de musique. Dès l’entame de leur set, le groupe a su capter l’attention, non pas pour contrôler les masses, mais pour apporter au public la dépendance nécessaire pour participer comme il l’entend dans le pit. Le Hardcore est une musique puissante et fédératrice, à gorge déployée le groupe a démontré sa capacité d’action, le public était en état de commotion, il  a ramassé les titres de leur EP et premier opus "Deprived of Everything" en pleine face. C’était Wall Of Jericho puissance 10 !

Au WallaBirZine nous sommes toujours impressionnés par les prestations de ce groupe, nous les suivons depuis le tout début, et nous avons pu mesurer la nette progression, pallier après pallier, sans brûler les étapes Get Real devient plus fort. Leur musique possède un taux de pénétration et une densité forte, une nouvelle fois leur set fut une branlée !

Le groupe a fait du public un origami, il l’a plié au fur et à mesure avec son intensité de jeu, toujours plus exponentielle.


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Le deuxième groupe c’était avec le quatuor ONE BURNING MATCH.

Quand tu passes après Get Real, tu te dois de te remonter les manches à coup sûr, et c’est ce que le groupe a accompli, captant lui aussi tout le public pour déverser son hardcore explosif. Les Clermontois fondent leur HxC avec le fiel sonique du stoner’n’roll, typé selon moi avec un groupe comme Black Tusk. Le chanteur guitariste avait bouffé la rage, il distillait un courant ascendant avec lequel il poussait les potards et son groupe vers la liesse générale. Grosse patate dans le foie avec ce set également, cela a transpiré d’une réelle et belle énergie, l’écume hardcore de One Burning Match est une propulsion à l’essence sanguine, il vous transperce d’une ardeur incandescente.

Leurs titres possèdent cette inclusion émancipatrice, munit d’un son transversal et avec lequel on plonge direct dans la torpeur déchaînée.

   
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On rejoint la communauté du rock alternatif, comme les tribus anciennes de la Mano, des Négresses, des Bérus, ils sont une chiée sur scène. Il y avait huit zozos, dont trois insoumis au chant munit de cagoule. KRAV BOCA est dans le bar Jean-Jaurès comme s’il était à scander directement dans la rue. La température déjà à un niveau bien au-dessus de la normale de saison, est montée d’un cran en moins de deux.

Le rap est le langage universel qui excelle et rassemble, il soulève les foules quand sa fusion musicale et ses textes en braillent le fracas fédérateur. Avec Krav Boca c’est et ce fut le cas. Le public était jeune, il abordait le set comme on saborde les rives de la convenance pour retourner le bar dans une clameur venue des luttes de la rue. Attisée par la houle du groupe, le public a donné son corps en débordant du cadre, tous solidaires pour une nuit apache. Krav Boca alimentait sa force en interaction avec le pit, à coup de canette vide aussi, mais surtout pour attiser cette revanche libératrice qui fait lever les bras et crier à l’euphorie.



La jubilation trouvait ses armes d’attaque dans la folie que répandait Krav Boca, groupe militant pour l’humanisme fédérateur. Le set s’est terminé par une dernière salutation avec la cover des Béruriers Noirs « Salut à Toi ».  

Émancipation, affranchissement ou damnation pour le punk ? Dans un concert de punk rock hardcore metal on ne te demandera pas de voter, d’éliminer quelqu’un, de te mettre en compétition, mais, juste d’être, là.

Les politiques, ou autres manias du pouvoir, avant de tuer l’autre dans leur gouvernance, ont étranglé en eux toute conscience collective, juste pour ce gain de domination instinctif du lion qui rugit à l’appel de la gloire. Les trois concerts ont eu cette générosité de l’existence qui fait passer le collectif avant l’individuel, sans jamais oublier l’individu.e.

 

Merci à La Lune derrière les Granges, au bar le Jean-Jaurès, Get Real, One Burning Match, Krav Boca, au public venu nombreux, il y avait belle lurette ( vu l'expression ça date) que l'on n'avait pas connu une telle effervescence, c’était chaud patate et vraiment coOol ; )

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