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Juste avant que l'an 2000 puisse étourdir religieusement les fidèles en manquent de repère vers la détonation de leur extrémisme, les Thugs avaient fait acte de cessation sur le compte à rebours de leur destinée. Si le mythique groupe était à l'abstraction musicale ce que la peinture de Pollock et Rothko fut en terme de vertige, un manque flagrant de spiritualité sonique s'est fait audible dans le bruit de fond du début du 21ème siècle.

On a souvent considéré dans l'underground les fans des Thugs comme des étudiants proprets, appréciant la fluidité progressive d'un shoegaze/noisy. Pas assez sale, pas assez rock'n'roll, pas assez venimeux, le mur blanc d'élévation musicale semblait trop haut certainement pour les rockers bas du front.

Depuis Seattle sur invitation de Sub Pop en 2008 puis par le Non-Reform Tour, la re-formation des Thugs aura permis de faire découvrir le groupe le temps de quelques dates aux nouvelles générations. Les frères Sourice, Eric (guitare/chant) et Pierre-Yves (basse) se joignent à un autre Sourice, Félix de son prénom et fiston de ce dernier, avec les frères Belin, Étienne et Camille pour la formation de LANE. Twenty Something le label qui réédite les groupes d'hier aura permis de ressouder cet alliage des métaux lourds émotifs, puisque les Thugs (Sourice) et Daria (Belin) fusionnent désormais en Love And Noise Experiment. Le label Nineteen Something naît de cette distinction.

TEACHING NO TO PRAY est direct, empli d'une sincère émotion, d'une authenticité intacte. Entre constat de puissance et volonté d'agir dans une tenace mélancolie sonique et une noise touchante, la musique rageuse et explosive pénètre avec force. C'est un EP 4 titres de speed pop shoegaze transpercé de riffs de guitares lourdes, dopés au cocktail d'ambiances appuyées par moments, et plus légères à d'autres, mais toujours avec un son brut de décoffrage, qui ondule entre un rock poignant emplit d'incursions pop fréquentes et de hautes giclées blanches avec le "pied au plancher".

TEACHING NO TO PRAY érige son mur du son d'Angers comme il suspend des larmes de sang musicale, et ce, jusqu'à ce que son émo-rageuse devienne foudre sonique.


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