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Tag - La Lune Derrière Les Granges

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mardi, novembre 16 2021

PUMP UP THE VOLUME ON FIRE


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Yo Bro,

La seconde soirée de la Lune calling #40 a démontré l’impermanence d‘une situation et de son affluence.

La veille, lors de La génuflexion Hardcore de Jim Carrey nous démontrions une insuffisance dans le public. Ce samedi 13 novembre la soirée au Jean-Jaurès rameute une communauté Toulousaine pour le concert du soir. A l’extérieur ça tchatche, clope et picole, derrière le comptoir ça jongle avec en fond sonore de quoi mélanger de la tequila avec du houblon. L’ambiance est martelée de rouge et ‘’faucillée’’ de compagnonnage, on traverse le bar pour se rendre au fond, derrière un rideau les Albigeois de GET REAL ont investi la scène.

Ce groupe existe depuis septembre 2018, tu noteras que depuis mars 2019 c’est nuit et brouillard pour la culture, donc en très peu de temps et de lumière Get Real est parvenu à se hisser avec l’attraction d’une force centrifugeuse en guise de musique. Dès l’entame de leur set, le groupe a su capter l’attention, non pas pour contrôler les masses, mais pour apporter au public la dépendance nécessaire pour participer comme il l’entend dans le pit. Le Hardcore est une musique puissante et fédératrice, à gorge déployée le groupe a démontré sa capacité d’action, le public était en état de commotion, il  a ramassé les titres de leur EP et premier opus "Deprived of Everything" en pleine face. C’était Wall Of Jericho puissance 10 !

Au WallaBirZine nous sommes toujours impressionnés par les prestations de ce groupe, nous les suivons depuis le tout début, et nous avons pu mesurer la nette progression, pallier après pallier, sans brûler les étapes Get Real devient plus fort. Leur musique possède un taux de pénétration et une densité forte, une nouvelle fois leur set fut une branlée !

Le groupe a fait du public un origami, il l’a plié au fur et à mesure avec son intensité de jeu, toujours plus exponentielle.


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Le deuxième groupe c’était avec le quatuor ONE BURNING MATCH.

Quand tu passes après Get Real, tu te dois de te remonter les manches à coup sûr, et c’est ce que le groupe a accompli, captant lui aussi tout le public pour déverser son hardcore explosif. Les Clermontois fondent leur HxC avec le fiel sonique du stoner’n’roll, typé selon moi avec un groupe comme Black Tusk. Le chanteur guitariste avait bouffé la rage, il distillait un courant ascendant avec lequel il poussait les potards et son groupe vers la liesse générale. Grosse patate dans le foie avec ce set également, cela a transpiré d’une réelle et belle énergie, l’écume hardcore de One Burning Match est une propulsion à l’essence sanguine, il vous transperce d’une ardeur incandescente.

Leurs titres possèdent cette inclusion émancipatrice, munit d’un son transversal et avec lequel on plonge direct dans la torpeur déchaînée.

   
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On rejoint la communauté du rock alternatif, comme les tribus anciennes de la Mano, des Négresses, des Bérus, ils sont une chiée sur scène. Il y avait huit zozos, dont trois insoumis au chant munit de cagoule. KRAV BOCA est dans le bar Jean-Jaurès comme s’il était à scander directement dans la rue. La température déjà à un niveau bien au-dessus de la normale de saison, est montée d’un cran en moins de deux.

Le rap est le langage universel qui excelle et rassemble, il soulève les foules quand sa fusion musicale et ses textes en braillent le fracas fédérateur. Avec Krav Boca c’est et ce fut le cas. Le public était jeune, il abordait le set comme on saborde les rives de la convenance pour retourner le bar dans une clameur venue des luttes de la rue. Attisée par la houle du groupe, le public a donné son corps en débordant du cadre, tous solidaires pour une nuit apache. Krav Boca alimentait sa force en interaction avec le pit, à coup de canette vide aussi, mais surtout pour attiser cette revanche libératrice qui fait lever les bras et crier à l’euphorie.



La jubilation trouvait ses armes d’attaque dans la folie que répandait Krav Boca, groupe militant pour l’humanisme fédérateur. Le set s’est terminé par une dernière salutation avec la cover des Béruriers Noirs « Salut à Toi ».  

Émancipation, affranchissement ou damnation pour le punk ? Dans un concert de punk rock hardcore metal on ne te demandera pas de voter, d’éliminer quelqu’un, de te mettre en compétition, mais, juste d’être, là.

Les politiques, ou autres manias du pouvoir, avant de tuer l’autre dans leur gouvernance, ont étranglé en eux toute conscience collective, juste pour ce gain de domination instinctif du lion qui rugit à l’appel de la gloire. Les trois concerts ont eu cette générosité de l’existence qui fait passer le collectif avant l’individuel, sans jamais oublier l’individu.e.

 

Merci à La Lune derrière les Granges, au bar le Jean-Jaurès, Get Real, One Burning Match, Krav Boca, au public venu nombreux, il y avait belle lurette ( vu l'expression ça date) que l'on n'avait pas connu une telle effervescence, c’était chaud patate et vraiment coOol ; )

Retrouvez les photos de la soirée de Junk Cacahuète sur notre page FB et les vidéos sur notre page YT.


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mercredi, mars 3 2021

Rock Bandits, saké et brocoli


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L'époque est d'une tristesse insondable. On s'imagine toutes et tous reprendre une vie active, pleine de sociabilisation physique, et de jeter dans les oubliettes ce passage à vide.

Le séisme épidémique aura ravagé jusqu'à la dernière parcelle de dégoût et d'exaspération. la contagion covid 19 a ligaturé toute initiative culturelle en un état de mouroir. Ce n'est plus une séparation à l'amiable, avec une disparition entre parenthèse. Le manque est palpable, la crispation est tenace, elle inonde pour les acteurs de la culture une frustration et un schisme bien évident. La récente disposition pour les festivals 2021 et manifestations culturelles dans les musiques amplifiées ne laisse aucune tergiversation, ni arrangement, c'est dans les heures sombres que tu sauras trouver ton allié.

On connaît la chanson Thatcherienne "TINA", son refrain "there is no alternative" et son manque absolu de souplesse. Pour moins dépendre de cette confiscation culturelle et apporter de la résistance solidaire à l'alternative, pour donner un second souffle, une ligne de vie, vous pouvez compter dans le sud Tarnais sur l'enthousiasme fédérateur d'association comme La Lune Derrière Les Granges, la radio étudiante Radiom, le WallaBirZine, la disponibilité bienveillante des Ateliers.

Pour nous l'alternative guide notre évolution, notre émancipation humaine et culturelle. Elle vivifie cet élan de transmettre, de donner, de partager, de fédérer autour de la répartition. Nous étions des aiguilleurs du ciel le Samedi 27 Février 2021 à Castres, ville morte à partir du couvre-feu des 18h00, car il y avait deux groupes pour vous ouvrir les artères culturelles, coOooooool


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La soirée avait son antenne sur la planète virtuelle, unique solution afin de permettre d'enduire les cortex d'une échappatoire à Netflix, la procrastination, les substances illicites, les jeux de société, concours de cuisine, la masturbation.

A 17h00 je laisse mon fils aîné chez des amis pour la soirée et nuit, je lui indique que je laisserai mon téléphone allumé si jamais il a un problème d'asthme. 17H10 je suis dans l'enceinte des Ateliers, 22 rue Mérigonde 81100 Castres.

Nous sommes toutes et tous masqué.es, gélifié.es hydroalcooliquement, l'impression d'être dans un colloque d'orthodontiste, mais bon, la routine quoi. Je ne sais pas vous, mais j'ai de plus en plus de mal à supporter le masque, une sensation de suffocation permanente. On fait avec...Avons nous le choix ? Nan.

Hey, le seul truc que l'on va finir par choper à force d'être comprimé.es dans un repli acariâtre, ce n'est pas le covid, mais bel et bien le syndrome de Gilles de la Tourette.

17h20 Les Ateliers est un lieu unique, hyper cool, on se sent bien là-bas, entre la chaleur humaine qui y siège la même dose d'énergie positive que toutes les initiatives favorisant les circuits courts (restaurant, épicerie) et l'économie circulaire (Recyclerie), l'endroit possède une belle âme à part entière. Olivier de l'asso La Lune m’accueille et me donne le programme de la soirée en fonction de ma contribution, de ce fait la collaboration me prête à la rencontre avec Hoggins de Radiom qui est déjà avec son comparse Nico dans le feu de l'action.

Radiom est une radio étudiante de l'agglomération Castres - Mazamet, Tarn, elle commence à émettre en 2007,  son rayonnement radiophonique fonctionne par alternance entre diffusion FM et streaming Internet, autour de thématiques étudiantes.


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La transmission culturelle underground c'est cool, dense, volubile, et c'est autant de volonté que d'abnégation. Cravacher pour vous offrir le meilleur dans une soirée c'est aussi un engagement avec des principes de vie que l'on retrouve chez Radiom, tout comme La Lune Derrière Les Granges.

Je pense que pour obtenir un gramme de gratitude il faut des années d’efforts quand tu es dans une alcôve. Tu ne fais pas cela pour briller, non. Tu fais cela parce que tu te sens fécond de générer une résistance utile, tu te réalises.

18h00 Je discute avec les membres de Death Proof Bastards pendant que l'ossature scénique et le soundcheck (réglage et l'équilibrage de toutes les sources d'un concert) se mettent en place.

19h00 Arrive la première interview du soir avec Oshawa Sharks. Les gars ont passé physiquement le seuil de l’âge mûr, pourtant leur rock trame cette liberté de ton et de saveur tenace que l'orée juvénile en libère l’effervescence. On a aucun mal à imaginer que ce groupe a très certainement mordu à l’hameçon au croisement où le diable troquait au 20 siècle et appose une demande de soul crowdfunding dans le 21ème.

Leur rock est rempli de ces strates musicales où l’humain s’adonne à déchirer son cœur et son âme pour le donner en pâture à d’autres humains, et laisser éclore dans cette intense vibration que chacun ressent dans le tapage du rock’n’roll.

19h30 Après plus d'un an sans concert, quand leur set débute face caméra en live-stream, et presque seul face à eux-mêmes, les quinquagénaires grattent le pourtour de leur adolescence timide, à partir du second titre, la fluidité reprend les termes d’un concert qui n’en finira pas de s’intensifier. C’est à partir de là que j’entends enfin toute la panoplie de leur musique et de ses atours soniques.

Dans cette densité musicale saillante, une affiliation est palpable avec le punk garage des Japonais The Michelle Elephant Gun. Vous pouvez saké cette passion furibarde car c'est la même intensité que nos requins, mais pas que...Et c’est là qu’est le délice de ce groupe, cette propension à élargir leur musique. Du rock US au punk anglais, du rock garage Australien à la soul, dans tout ce firmament d’hybridation musicale, Oshawa Sharks en libelle la puissance, la vigueur, l’insouciance et la crépitation. Ils sont quatre sur scène et l’apport d’un second guitariste et claviériste apporte indubitablement de nouvelles couleurs à leur musique.

On ressent bien que les gars s’éclatent à fond. Enfiiiiiiiiiiiiiin ils peuvent faire éclater les tours de leur bolide chromé, bien vintage. Quand il passe à toute berzingue tu le prends plein fer avec délectation. On s'éclate les nageoires comme un petit squale ! (bim 13 points au scrabble)


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20h15 Le groupe agite cette vigueur rawk que draine le rock garage, je retiens surtout ce contraste permanent et intemporel que leur musique mélange avec la teinte sucrée de la soul. Oshawa Sharks aura pulvérisé les microbes covidien mais surtout soulever les cœurs.

Les membres de la Lune sont tous affairés à parfaire le concert.

L’aboutissement de toutes ces années d’apprentissage sur le vif, à se remettre en question en permanence, apporte une légitimité à La Lune Derrière Les Granges. Et ce n’est pas le genre à s’asseoir sur leurs acquis, ni à émettre une quelconque prétention. C’est des endurants, tout vient de la sueur, dans cette loyauté, fidélité, dévotion, modestie, simplicité, et les groupes qui ont participé à leurs noces, connaissent les bonnes conditions, et le gage humaniste de cette association. Et dans ce cadre-là bien précis, c’était du caviar. Avec le magnifique lieu des Ateliers et leur hospitalité, toute la lumière médiatique de Radiom avec sa puissance de feu radiophonique, le live stream pour en transmettre le direct sur les ondes virtuelles, toute cette force accouplée à toutes les compétences, c’était une réussite pour chacune et chacun de participer à une telle aventure humaine et culturelle.

Notre existence en démontre toute la valeur, le sens et la vérité, surtout en ce moment de privation, nous avons besoin d’extase, de sens commun et de sociabilisation.

Alors que la plupart de la population se terrent comme des lombrics six pieds sous terre, il se trame dans l'intervalle de la soirée, un autre groupe dont la profondeur de ton invoque maître cornu. Dois-je rappeler que nous sommes pile un soir de pleine Lune ! Rien n’est anodin, pas plus que le fruit du hasard, la magie convergera à rendre force à Death Proof Bastards.


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20h40 Le chanteur en digne maître de cérémonies terrorise de sa jugulaire endiablée un grain vocal grumeleux. Le guitariste déploie des riffs de mammouth, ce qu’amplifient la basse et la batterie par une densité d’épaisseur doomy. Le théâtre est dressé, il sera dense, compact et à la fois, il restera toujours une part de mystère, de sable psychédélique pour en fluidifier les atmosphères, les contrastes.

Le spectacle sera au rendez-vous pour désinhiber dans ce maelstrom sonique toutes les vertus cathartiques.

La résonance de leur limon sonique libère cette échappatoire où le sable stoner nous glisse des doigts pour inonder la tête de chimères, d'images spectrales et d'un égarement nocturne licencieux. L'apport pour pratiquement chaque titre d'un séquenceur permet de joindre des samples, de colorer d'atmosphères, de peintre un horizon cinématographique intense. Le set prend une épaisseur psychédélique, la trame narrative brille sur nos cauchemars comme des grains de sel dans nos bouches.

Il y a le plomb malsain d'Entombed et de Down, la brisure alcaline de Led Zeppelin et Deep Purple, le peyotl du Monster Magnet et le psyché du Mushroom River Band. De temps en temps des nuages sablonneux et un solo interstellaire donnent un répit aux contempteurs de pleine lune.

22h30 Avec davantage de concert dans les mains, il ne fera nul doute que le groupe saura élargir sa gamme, son trip sonore et visuel ainsi que sa part d’improvisation, en lui permettant de faire tourner des boucles d’atmosphères, de sensations flottantes, d’intensifier ses parties explosives, et ses nuits incantatoires. On a fini la soirée par une interview copieuse sans compteur Geiger pour éclaircir la tornade Tarantinesque Death Proof Bastards.

23h30 Je pars dans la nuit avec une feuille d'autorisation dérogatoire durant les horaires du couvre-feu, et remercie La lune, les Ateliers, Radiom et les groupes pour cette belle soirée lunaire.

Vous pouvez retrouver l'ensemble de cette soirée très cool, itw et concert sur Radiom


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Epilogue

Mon téléphone sonna à 2h45, un ami de mon aîné m'interpelle pour m'annoncer que mon fils n'est pas bien, qu’il a du mal à respirer, j'arrive sur les lieux sans feuille dérogatoire bien entendu ( fuck da police dude ! ) il est allongé sur un lit, son teint est livide.

je me dis qu'il manque d'oxygénation. Je lui prends la main, la tapote pour le stimuler, et lui demande comment il se sent. Là j'ai trois onomatopées, pas plus. Je sens que mes baskets glissent sur une matière visqueuse, il y a du vomi par terre, et sur un côté de la couette. Je me rapproche du visage de mon fils, il empeste l'alcool. Rien à voir avec de l'asthme.

Je le relève, il est complètement pété, les yeux qui roulent dans tous les sens, il a du mal à se tenir debout, il capte que dalle. Je demande à un de ces amis "qu'est ce que vous avez pris comme substances ?"

De l'alcool

combien ?

un autre copain qui ne peut rien cacher : beaucoup

c'est à dire ?

Il a bu 5 bières et trois vodka pomme...

Bon je me contente de cette réponse. Je me dis qu'en plus de la pomme de terre dans la base de la vodka si il rajoute le fruit en plus, le jour où il me présente sa petite copine, déjà ce ne sera pas une poire, et si elle s'appelle pomme, c'est la bonne.

Je le ramène (c'est toujours moi qui fait Sam, je suis sXe), le couche sur le côté en lui indiquant le côté où il y a le seau même s'il ne comprend rien. Je surveille son sommeil et continu pendant ce temps ma lecture du Damnés de Chuck Palahniuk : « Satan es-tu là, c'est moi Madison. Si je puis me permettre encore un aveu, je n’ai jamais été douée pour passer des examens. Crois-moi je ne suis pas en train de rejeter la faute sur quelqu’un d'autre, mais j'ai horreur de cette ambiance de jeu télévisé qui règne généralement lors des moments déterminants de nos existences..."»

Heyyyyyyyyy, j'espère que dans la bulle d'une soirée comme celle-ci vous avez pu sortir de votre marasme covidien, parce que moi c'est un gros oui !


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vendredi, octobre 30 2020

La cigarette du condamné n'était pas un pétard mouillé avant l'heure du couvre-feu Tarnais

« KAAAAAAAAAAAAAAAAAAAMÉ HAMÉ HA !!! »


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whaouuu le titre est en rime, aussi long qu'un cigare cubain, mais assez énigmatique pour attiser ta curiosité…Bon tu sais quoi ? On aurait pu s'ouvrir les veines, mais on a préféré aller rugir en concert. Donc c'était le dernier avant les heures sombres du couvre-feu imposé.

...Et depuis on est reconfiné.es...Avec le retour au télétravail pour certain.nes...


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Bref, d'emblée il était stipulé par un avertisseur sonore et visuel : PORT DU MASQUE OBLIGATOIRE !!!

Ohé quoi ! On est habitué.e à l’imposition liberticide microbienne, tout le monde hausse désormais les épaules en disant d'un air blasé « c’est comme cela, faut s’y résoudre en attendant des jours meilleurs ». On se protège et on protège les autres en guise d’humanité, na ! Après tu peux râler, car tu sais que c'est chiant une trépanation quotidienne...Oui c’est ce truc qui se passe quand tu uses ton moteur dans le bruit moqueur des arrêts prétentieux de l'exode quotidienne, avec lequel tu conjugues le verbe on use, on s'use...et d'autres finissent même à la suze, au joint de beuh, au thé vert, etc..D'ailleurs tu peux changer le verbe user par râler, même si ça ne change rien, à rien. Tu vis masqué.e. c’est un fait, et c’est carnaval tous les jours. Si la majorité ne joue pas le jeu de l’oie, c’est retour à la case départ. Tu peux rager, balancer ta haine sur les réseaux sociaux...Heureusement tout le monde ne traverse pas la vie dans une rage caféinée, parce que toute chose est en quête de ses limites.

Dans les lieux d'aisance du monde de l'art on libère cette rage cathartique, boule de pue venimeuse, où angoisse, peur et joie s’accommodent au délire de l’artiste. Je sais je me répète sans fin, pourtant je sais que la fée électrique applique à ouvrir le syndrome de Peter-Pan à chacun.ne !


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La Lune Derrière Les Granges est une association superbe, accomplie, dont les membres sont de divin.es créatures humanistes. Si, si ! Pour le Vendredi 23 Octobre au Bar Jean Jaures (Bd Clémenceau, 81100 CASTRES) à partir de 19h31 pour un PaF LiBre, en partenariat avec l'association Toulousaine Stereo Toxicologist, il y avait une soirée de rock avec 2 groupes trio…Pas Tryo, nooOoon surtout pas malheureux. La date du Samedi a été effacée, reconduite, annulée ?!? La tergiversation est de mise dans ce genre de situation exceptionnelle...

D'emblée il était stipulé par un avertisseur sonore et visuel : Le premier concert débutera à 20h01 pétantes !!! Ne soyez pas en retard !

J’arrive à l’heure.

Le premier groupe c’était PADDANG

Le trio ne cherche pas dans son brassage ethnique à trouver sa voie, il vient, a grandi avec la mondialisation qui a ingurgitée une pléthore de style de sons, et de saveur pour en créer sa propre incantation. De ce fait tu vas forcement trouver chez eux un titre qui te conviendra...pop rock Anglais des 2000’s, garage psyché ricain, Stöner-afröbeat, rock’n’roll-shoegaze, un fourre-tout dans un melting-pot progressiste. On se perd un peu parfois, mais comme les gars sont heureux de jouer, on participe avec joie dans le bain écumeux, remuant, déluré, sémillant des ondes positives de Paddang. Une quadragénaire poseuse et bien éméchée est venue outrageusement frotter son corps comme dans une danse de boite à strip-tease, cherchant à ce que la lumière soit sur elle pour qu’on la remarque au cas où…Alors qu’elle prenait toute la place. Le contraire absolu du punk rock. La nana cherchait très certainement de la chaleur humaine dans la nuit de sa Vie, un bras ami aurait suffit, ou même une épaule. Elle était chiante mais pathétique, donc assimilable à ce que l’on ait de l’apathie pour elle.

Paddang joue à franchir de manière progressive les adages du gros rock à moustache avec une exploration cursive dans une pléthore de style. La jungle est épaisse, leur musique ne se dédouane d’aucune frontière, et la lisière de leur musique ne semble pas offrir de limite à leur escapade. Comme le disait si bien Michel "L'uniformité, c'est la mort. La diversité, c'est la vie." sacré Michel Bakounine quand même...


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Bon pour finir dans la fusion des genres, c’était avec le trio DSK Princess

On baignera dans les vapeurs du rock fusion des 90’s, avec plus de gros rock que de funk toutefois. D’emblée j’ai une perception critique devant le chanteur, torse nu munit d’une redingote (gasp !), et qui cabotine comme un acteur dans Robocop III, sauf que sa conviction est telle que le job est fait avec aisance et maestria, donc on ravale bien vite cette délation sans fondement. Ce gars a un putain d'organe...vocal ! Il s'en sert comme Zach de la Rocha avec la prestation de l'iguane du Punk rock Iggy. Prétentieux et superbe tout à la fois, avec cette ricaine prestance rock’n’roll d’une diva punk. Cool.

Côté instrumental c'est le duo guitare/batterie et ces deux-là se connaissent très bien. Au début de chauffe ces deux garnements nous font du Colour Haze bien doomy stoner. Pour moi les 2 devraient créer un band entre Danko Jones et Unida pour faire hennir les chevaux du plaisir Rawk'n'Stöner !

L’assistance quasiment féminine folâtre dans une danse fertile en déhanchement tout au long du set. Le volume sonore est excessif, purée comme ça fait du bien, justement je voulais avoir les oreilles en sang, elles ont sifflé toute la nuit, les coquines. Pendant que le chanteur pose le flow, le batteur fouette ce que le guitariste éperonne. Puis pendant que le batteur moleste, le chanteur prend la pause devant le soli du guitar hero dans sa pose emblématique. Les filles s’éclatent les ovaires entre-elles, les garçons regardent le choc thermique dans le psychédélisme pastel d’une soirée défouloir. Car juste avant de crever sous le foutu joug du silencieux couvre-feu, nous étions une poignée dans le fer de lancement rock'n'rollien, et déjà sur orbite à tourner dans les sphères enivrantes du spectacle Vivant. Oui bien Vivant mes ami.es.

DSK Princess raccordera les branchements électrisants d’obédience rock en fusion, et carrément en scission sur certain morceaux même, car en live les gars manient la surtension épileptique à son point d’apoplexie groOovy le plus haut.

Pour cette soirée profane, c’était donc deux groupes à la mutation musicale protéiforme, ayant la capacité de faire des connexions, d’ouvrir des espaces mentaux afin de raviver la mémoire des sensations dans ce rituel primitif au räwk (Rock).

MERCI à toutes et tous de nous faire battre l'existence dans le lien universel et vibratoire de l'art musical dans sa pleine transcendance !

Bisous, que la force soit avec vous..Allez on re-disparaît !


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jeudi, mars 12 2020

Le marbre mélancolique et le rabot géant


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Je ne sais pas pour vous ? Mais il se passe toujours un évènement important dans ma vie pendant la période de pleine Lune.

Quel qu’en soit le guide, la destinée ne repose jamais sur des acquis, suppositions, désirs, comme les hommes le font par devoir ou superstition, elle acte un passage intuitif que tu le veuilles ou non. Ce n'est donc pas un hasard si je me retrouve à 21h00 au bar le Jean Jaurès à Castres dans une soirée organisée par La Lune Derrière Les Granges.

Depuis peu ma vie a pris un tournant, je suis obligé de l'évoquer car ma perception en est obligatoirement corrompue, ou animée, et ce qui fait sens dans la matière de votre Vie, c'est votre sincérité émotionnelle de l'instant.

J'arrive avec une dose mélancolique, même si j'ai passé le repas en famille chez junk cacahouète & jus d’orange, j’ai au fond de mon antre une façon étrangère de faire émerger mon comportement face à la vie, au point de la concevoir entre parenthèse parfois. J’ai le froid sur moi, j’apparais donc froid, mais je suis un être doux, alors il se dégage cet analogue contraste puissant que tous les groupes ont divulgué avec la nécessité de le transmettre sans se dévoyer, ni d’en altérer le sens aigu. C’est à partir de cette éthique de sincérité absolue que l’on est à même de donner, de créer et de s’accomplir. Quand tu façonnes une musique extrême tout cela renvoie à de multiples sens, selon la sensibilité et l’expérience de la vie de chacun à un moment donné.

Ton évolution suit ta propre musique vibratoire, celle que tu écoutes en ce moment même, et inversement.


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Le bar le Jean-Jaurès, j'apprécie ce troquet, vraiment. On s’y sent chez soi immédiatement, sa simplicité fait corps avec son esprit familial, sa vertu intrinsèque d’apporter, autant que de joindre à l’échange social et culturel sa pleine dimension émancipatrice. Puis c'est toujours bon de retrouver les forçats de La Lune derrière les granges, toujours là pour les autres, une abnégation de chaque instant. J'avais juste 2 euros dans les poches à filer dans le béret de la quête, j'étais mal, et à la fois je sais que je donnerais davantage la prochaine fois.

Aussi rassurant c’est de revoir à peu de choses près des visages dans ces soirées concerts, c'est d’autant plus réconfortant quand tu sens chez toi un malaise. Je n’avais pas trop envie de parler, juste d’être imprégné par le goût cendreux d’une interaction musicale. Ce soir il y avait trois groupes dans un registre assez casse-gueule. Ce n’est ni trop violent, mais assez rugueux pour étriller les oreilles qui ne sont pas éduquées au rabot sonique. Je trouve courageux de proposer ce genre musical, ce n’est pas rien d'ouvrir les consciences afin d'émerveiller à l’aspérité.

On m'a toujours dit de faire simple quand j'écris sinon personne ne suit, n’essuie les plâtres. Je ne force personne à me lire, si tu le fais c’est que tu dois le savoir (haussement d’épaules). C'est pareil avec cette musique. Il y a des choses au fond de toi qui se trament, et c’est ta destinée qui les fait Vivre, t’en apporte le sens.

Au début face à l’inconnu, il est évident que la majorité hésite.

L’hésitation est un jugement de peur devant la nature de choses moins connue, alambiquée, parce que l’on n’a pas les codes pour les déchiffrer, leur donner du sens. C'est idiot de dire ça, déjà parce que vous vous fixez une limite, puis vous réduisez votre champ des possibles, et surtout, avant de donner du sens, il faudrait faire sens (sentiment, sensation, sans limite, faire corps à sang pour sang).

Je te rappelle à cet effet la maxime patriotique : « impossible n’est pas Français », c’est orgueilleux hein ? ça l’est, n’en tiens pas compte donc, ce n’est pas là qu’il te faut aller. Inutile de chercher, cela viendra à toi parce que tu y es prêt. La compréhension apparait comme un révélateur.

Parfois tu portes en toi une profondeur émotionnelle si explosive que chaque respiration contamine en toi une fatigue généralisée. Si tu rajoutes à cela le fait que la veille tu as eu un sommeil très furtif, et pour faire simple, on va dire que ce soir-là j'étais épuisé. J'avais le marbre mélancolique de celui qui saigne à travers l'impact que le monde lui apporte, quand on sait lui faire découvrir la beauté et qu'on évince son élan.


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Je fais confiance à l’univers, de ce fait quand AALBORG c'est pointé sur scène j'avais autant besoin de tempête purgatoire pour m’éloigner, que d'une épaisseur de réconfort.

Le groupe est tout nouveau, concomitant à soi des membres d’Untitled With Drums. Le quatuor symbiose un noise post-rock atmosphérique. Parfois certains débuts de chanson m'ont fait penser à Alcest, les mélodies déconstruites me rappellent le style de l'album "Remué " de Dominique A, et surtout les thématiques du guitariste Olivier Mellano.

Pour le moment il n'y a pas de possibilité d'entendre leur musique, mais un premier album est annoncé pour Automne 2020. Je ne sais pas le nom de la chanson, mais celle que le groupe a interprété en 3ème était sublime. Tout faisait corps entre chaque musicien, et la lente procession musicale prenait tout son sens, tant en profondeur qu'en rayonnement subtil. Je pense même que c'est cette intensité reçue qui a rejailli chez moi le lendemain de manière solaire, elle m’a fait penser à un instant d’harmonie totale de ma vie...Aalborg ou Ålborg (prononcé /ɔlbɔr) est aussi une ville du Danemark. Elle est le chef-lieu de la commune homonyme de la région du Jutland du Nord. Incroyable non ? Enfin merde, c’est jolie une commune qui porte le nom d’homonyme. Pour les Clermontois, l’unique procédé homonyme avec leur contraste musical est cette forme aboutie de créer adoucissement post-rock et affermissement létal noisy. Il y a de l’hypnose aussi dans leur interprétation. Je n’ai pas plus de réponse à vous apporter quant au mystère musical d’Aalborg, et je pense même qu’il en soit ainsi. Divulguer les tours de magie c’est perdre le bénéfice du charme.


magie

Le second groupe c’était UNTITLED WITH DRUMS.

Il y a peu j’ai chroniqué leur disque "Hollow", et de ce fait j’étais pour ainsi dire en contact, d’ailleurs ma présence repose avant tout sur leur présence. Tout est une question de présence de toute façon…J’ai discuté avec le claviériste sur le canapé à proximité de la scène, nous étions à l’aise comme dans une série TV pour trentenaire. J’apprends ainsi que le choix avéré d’enregistrer en Suisse avec Serge Moratel (Years Of No Light, Knut, Merzbow) était une évidence, mais que les difficultés de contrainte d'organisation auraient pu diriger le groupe vers Amaury Sauvé (Birds In Row, Totorro, Vesperine, et l’excellent premier album de Quentin Sauvé « Whatever It Takes Deluxe »), et à cet instant très précis je me demande à cet effet la tournure dont aurait pu rendre leur album « Hollow ». J’ai cela en tête quand le groupe débute son set, ce qui n’interfère en rien, puisque le groupe ‘’vient à peine de sortir son album, et qu’il est toujours de Clermont-Ferrand’’ ce sera le gimmick du bassiste chanteur entre les morceaux.

De manière souple et fielleuse les guitares apportent leur saveur de buvard vaporeux avec lequel regorge une rythmique lapidatrice de sommation. Dans ce cataclysme sonique où pourvoie un post-hardcore décousu et intense, le contraste explose le plafond de verre de la véracité conformiste. Les progressions ne sont jamais latentes, la torpeur est adroite, elle guide les atmosphères à apporter la profondeur nécessaire, notamment avec les lignes cristallines d’une des guitares, et les embruns du clavier. La soupape de décompression intervient quand la rage vient à point nommée suspendre l’ensemble, pendant l’estampe musicale qui regorge en son sein d'une propension post-Hardcore libératoire de frustration émotionnelle. Une manière noble de limer la musique sans se limiter de la polir de ses urgences illimitées. Si le rendu scénique est contrit pour y évoluer par un espace restreint, ne reste pas moins que chaque membre est habité. D’ailleurs ceci est un constat valable pour l’ensemble des groupes. Ce qui souligne à merveille cette soirée : Habité.e par quelque chose qui nous dépasse tous.tes.

Quand le set prend fin, untlited With Drums est un peu moins de Clermont-ferrand puisqu’il a été adoubé par Castres dans un fiévreux souvenir.


colorisation sonique

Dernier knock-out du soir avec le combo LAKS, signifiant ‘’Truite’’ en Norvégien.

Décidément ce soir la Scandinavie était à l’honneur, il faisait même un froid de gueux, je le sais je suis rentré à bicyclette.

Suite à l’arrêt du groupe Lindberg, deux de ses membres éviscèrent à l’aide d’un rabot noise les fêlures boisées que Metz, Hot Snakes et Fugazi ont sculpté jadis. Le trio est composé de deux guitares et d’un batteur. Le son est aiguisé à la rugosité. Les titres de l’ensemble dégorgent un côté punk très incisif, rêche et mordant. Un des guitaristes portent un t-shirt d’At The Drive In, ce n’est pas anodin en soi, puisque la bataille fait rage pendant le set. Il y a une légion d’escalades de riffs qui décochent les uppercuts, le batteur dynamise d’une frappe ultra puissante, l’acrimonie est générale, et pourtant pendant cet afflux de nervosité, il y a du catchy en filigrane et il explose par paquet.

J’ai la tête prise dans l’étau de cette compression musicale, dans tout ce trop-plein, de tous ces élans d’aspérité, de callosité riffique, de saillie vocale, d’émotions, tout s’imbrique et ce mouvement me comble, m’impose sa saturation d’hyperbole de sensations. Tout se bouscule, tout bascule dans les méandres capricieux de l’existence tout à la fois aussi, remue-méninge agile, remue-ménage fragile.


électrisation rebondissante

Il n’y aura pas de symbolique ce soir, c’était comme un baptême du feu avec comme flamme rugissante trois groupes esthètes de leur propre matière sonore, prêt à surprendre l’apothéose sonique dans le fiel contondant d’une présence habitée.

Étions nous si proches les uns des autres pour entendre le rugissant que cela à provoquer en chacun ? Je le pense encore.

Ma fatigue avait atteint sa limite, j’étais éteint et animé d’atteindre ce que les méditatifs nomment d’illumination spectrale. Parce que si vous ne l’aviez pas encore compris, le spectre sonore du soir n’avait comme unique limite, sa propre ferveur ignifugée, et une intégrité incorruptible de jouer sa subtilité, terrassante, et étrangement aussi belle que difforme.

Merci à toute l’équipe du Jean-Jaurès, sans contexte le bar le plus coOol de Castres, l’asso La Lune Derrière Les Granges, Laks, Untlited With Drums, Aalborg, les personnes présentes, et pas présentes non plus, parce que l’on pense toujours à nos fantômes naissants dans l’absolu de nos existences…


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