WALLABIRZINE

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Tag - La Lune Derrière Les Granges

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mercredi, novembre 13 2019

THE SENSE


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10 Novembre 2019, on rentre dans cette phase où le jour est aussi court qu'un sourire un lundi matin. Il fait nuit à 18h00, il fait froid, tout fait chier, et pourtant il y a encore des gens pour rempiler à contre-courant et organiser des concerts de rock dans une ville de province lambda, avec ses places en granit et sa population anesthésiée à l'ordre en marche.

Qu'est-ce que qui peut pousser les gens à sortir de leur zone de confort dominicale pour fendre l'air de leur monotonie afin d'aller se déchirer la gueule sur des riffs électriques ? La folie d'échapper à l'amertume du quotidien certainement ou/et la passion de se fendre par passion à cette musique rock qui échappe à toute vertu.

Le bar Jean-Jaurès à Castres fait partie de la résistance et l'organisation La Lune Derrière Les Granges en est son escouade en mission. La radio étudiante Radiom et le WallaBirZine sont les thuriféraires de cette soirée.

Ah ouaip il y a aussi autre-chose à cette date clef, la phase lunaire est bientôt dans sa plénitude nouvelle, les astres nous montrent la voie lactée et le premier groupe LAIT FRAISE possède le sens d'une argumentation hallucinatoire pour en expurger le trip.

Au WBZ on est un trio SxE, mais côté trip tout se passe dans notre expérience du moment, c'est assez difficile à expliquer comme cela, surtout si tu es persuadé.es qu'une drogue, un palliatif, une addiction médicamenteuse, etc...Est capable de te soutenir, de te porter, de t'ouvrir des portes. Je vais te faire une confidence et tu fais bien sûr ce que tu veux de ta vie et de ton corps, mais avec les drogues tu te gourres complètement. Il n'y a que ton cœur et ton esprit qui sont capables de te réaliser. Même la souffrance affecte moins nos sens que l'imagination. Perso, la méditation est une libération plus qu'un refuge, et l'épaisseur d'existence que je puise à chaque accomplissement me rapproche davantage d'être tout entier relier à la réalité intérieure. Oui c'est étrange mais avec les yeux fermés et recentré dans soi, on ouvre les yeux sur autre-chose de moins palpable, où il y a moins d'illusion finalement. Tout ceci pour vous dire que Lait Fraise est très certainement attiré par les auvents délicieux de la musique psychotrope.

Oh pinaise DU Rock Psyché ?


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Un usage récréatif de Lait Fraise ne vous mènera pas à votre perte, pas seulement parce que le Lait n'avait tourné vers une indigestion psychédélique, mais surtout et avant tout parce que le trio sait faire vivre le mythe d'un rock en pleine montée de sève. Le groupe se présente à nous comme à l'entrée de cette porte ascensionnelle chamanique, où l'on peut entendre l'écho de l'année 1967 avec le « The End » du roi lézard issu du premier album de The Doors, en même temps que « Lucifer Sam » des Pink Floyd sur leur premier opus The Piper at the Gates of Dawn avec Wright/Waters/Barret pour la composition.

Oui je sais cela te paraît être trop exagéré soudainement, mais reprend un shot d’ayahuasca, tu entendras le serpent de la terre mère te siffler que ta planète bleue est à l'aube de son extinction si tu ne me crois pas.

“Le sens de toute chose réside peut-être dans l'absence de sens.”

LAIT FRAISE quel nom étrange et trop modéré à côté de leur musique. Le batteur et le bassiste jouent dans le stoner band FOREST OF BEARS et cela s'entend dans les nouvelles compositions de Lait Fraise. Il y a une densité supérieure à ce que le groupe auparavant alors duo pratiquait comme granulométrie musicale. On entend vraiment une profondeur que le stoner dans son exploration psychédélique possède comme sens du blues et du trip. Lait Fraise explore le voile caché du psychédélisme dans le mood de Vanilla Fudge et des Pink Fairies, avec cette densité de buvard d'acide animé qu'un psychédélisme tantrique pratique librement. Lait Fraise inverse le sens de l’énergie cosmique des hippies, tou va vers un son de reverb et un foutoir brut. Le chanteur est habité par l'ange blond déchu Cobain, et est électrisé des spasmes de T.Y Segal. Le groupe remonte à la source du rock garage aussi, The Seeds, The Electric Prunes, Count Five, The Standells, The Kingsmen, Paul Revere and the Raiders ou The Chocolate Watchband. Link Wray, Hasil Adkins.

Oh pinaise DU Rock Garage ?


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Le rock garage c'est du rythm & blues joué par des blancs avides de rock'n'roll sauvage et punk dans l'âme. Pour moi Lait Fraise c'est Thee Oh Sees forniquant avec les Sonics dans le brouillard des Seeds, avec la guitare déconstruite noisy de Sonic Youth, tout en méditant sur Fu Manchu.

Lait Fraise te plonge dans cette « A Savage Journey to the Heart of the American Dream » du roman d'Hunter S. Thompson, pendant ce rêve hallucinatoire de chimie ou vers ce cri primal que le rock a fait jaillir de la source chamanique, tout dépend de là où tu te t'ouvres en temps qu'âme.


ITW LAIT FRAISE 10-11-2019 CASTRES




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“ Perdre le nord pour les gens du Sud n'a pas de sens ! ”


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Pendant l'entracte, c'était DJ Sheitan Provincial, un apôtre du groupe HYSTERIE qui a projeté la marche du punk oï avec la froideur joviale d'une paire de rangers sur le macadam.

Juste avant l'anfractuosité émotionnelle de Young Harts, je voudrais signaler que le nombreux public insoumis aux vicissitudes du capitalisme mondialisé du soir, était libertaire dans son système de forces parallèles et de sens contraires. Il était disparate, cool, heureux d'être là, chacun a pu participer comme il l'entendait.

Un concert de rock est une traversée des ombres de l'intime, c'est comme un diamant perdu dans la boue que l'on recherche dans tout ce fatras d'explosion sonique. Young Harts est chargé des fêlures de l'humanité, il ressent, palpe, réinjecte ses intentions de désirs dans les charbons ardents d'une musique émotionnelle. Chez eux la mélodie est souvent plus importante que le sens qu'elle dévoile en premier lieu. Nombreux.ses sont ceux qui ont trouvés le diamant pendant leur set. Même si en vieillissant nous pervertissons le sens des vérités fondamentales qu'un enfant possède de façon innée, c'est avec le cœur ouvert que Young Harts a caressé, soulevé le public.

L'humain a soif de beauté pour l'apaiser, même si elle n'est pas la symétrie parfaite du désir publicitaire que l'on te vend pour acheter un SUV. Comme l'a souligné Arthur Rimbaud : “Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.” Le groupe va puiser dans son obscurité pour y trouver la lumière, dans cette explosion qui éclaire notre abîme de temps en temps. Leurs chansons sont faites de cette fluidité de composition, de subtilité émotionnelle que l'on retrouve dans Samiam, Hot Water Music, Against Me ! C'est rare, et cette puissante rareté est encore plus visible en concert. Il y a des groupes qui arrivent à explorer cette intériorité, et nombreux sont ceux & celles qui s’y adonnent sans savoir où, ni comment y parvenir, même par les stratagèmes des poncifs que le rock regorge jusqu’à sa caricature, ils te font y croire mais tu ressens, tu sais que c’est faux.

Souvent on se demande si le mal de vivre c'est la même chose que le mal d'aimer ? Et toute l'incompréhension que l'on porte en soi tourne autour de ce genre de doutes et de peurs, c'est normal de se sentir vulnérable, et il faut l'être, c'est impératif car la musique ne peut vous atteindre sinon. Young Harts en élucide la magie éphémère et expiatoire, sans jamais sombrer dans la fatalité du bonheur factice.

ITW YOUNG HARTS + "FIGURE OUT THIS" LIVE 10-11-2019 CASTRES



Ce n'était pas qu'un chouette concert cool, cela faisait partie de ces instants où la vie courante est absente, ou l'on ne fait plus partie du monde de farce et attrape rêve, mais de notre propre réalité existentielle à palper l'incandescence d'une vérité sensible. Le premier album des Clermontois « Thruth Fades » est très réussi, et leur bassiste joue aussi dans le groupe de new wave Octobre/Novembre, et c'est tip top comme musak cendreuse et éthérée, ça claque sévère dans un mood précieux et électrique à Ultravox.


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Le jour se lève à peine en ce 11 Novembre de rite funéraire, le réveil se passe avec le picotement de mescaline de Lait Fraise dans les yeux, et le cœur ouvert par la grâce de Young Harts. Ce n'est pas que l'on s'en fout de cette tragique fin de la grande guerre où les poilus croupissent de crachats cyniques sous les oriflammes bombées d'une légion de gradés et de cravatés ministériels, on se dit bien que des hommes sont tombés sous le joug d'une aliénation mortifère, et on respire leur souffle et leur colère tout comme leur mort stupide en libérant la même vibration reçue hier soir, parce que l'on sait au fond de toi que cette sensation de vérité est la meilleure voie à suivre.


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jeudi, octobre 10 2019

REBUT DE LA SOCIÉTÉ


rien à perdre

Être un rebut de la société c’est voir la vie avec un goût d'inachevée, une amertume que la frustration renforce en une abomination existentielle face à la rigueur du solipsisme des grands prédateurs de l'ordre de la domination. Ou bien c’est de s’en foutre sans avoir l’effronterie de la revanche, ou de la commisération du désespoir. C'est à vous de voir !

Quand tu t'éloignes des métropoles, bien après les ronds-points de contestation jaune fluo, tu es en province, dans cet entre-deux bâtard où l'ennuie conjugue avec merveille une passion pour le désordre et la complétude de vivre à rebours. Tu donnes au mot désuet toute sa saveur. À deux pas de la nature son appel renforce ta capacité à être certain de ton choix de vie de loser impénitent.

Pendant que le pays est géré comme une start-up, qui selon les reportages télévisuels apporte au salarié start-upiste de miser sa vie valorisante en jouant au baby-foot afin de démontrer la valorisation à la cool de l’existence en entreprise 2.0, pendant que le prolo au RSA joue au baby-foot en misant sur le mauvais cheval au PMU ; Être un rebut de la société c'est faire le choix d'aller jouer en Province plutôt que dans un bar de métropole.

Parce que l'underground est partout, et que ouaie ‘’faut bien croûter’’ comme dirait le salarié d’un équarrissoir maculé de sang impur devant le comité associatif L214, dont le militantisme à but non lucratif sert la cause animale.

Cette soirée triolisme nichée dans l'underground s’est déroulée à Castres, ville de garnison provinciale dont le bonjour des habitants est capital afin de vanter les mérites touristiques de cette ville du sud Tarnais.

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Le premier c’est GARDEN PARTY RIOT, un groupe très récent puisque son inclusion sonique date de 2018.



Du heavy de Soundgardern, aux extrapolations de Queen Of The Stone Age, avec le groove ricain d'Audioslave, tout dans leur style musical fait référence aux sonorités mouvantes des 90’s. Le bassiste portait pour l'occaz une chemise à carreau de bûcheron, hey si ça ce n’est pas une identité marquée grungy…Le groupe n'ira pas vers le stoner pour ne pas se fermer les portes, parce que si ce trio s’est trouvé humainement et musicalement, leur formulation sonique compose à l'inspiration du moment et pas dans le mood contemporain. Rester authentique à leur acuité de composition demeure essentiel, et cela s’en ressent dans leur musique. Les textes viennent sur un mot, comme une image fugace mais qui a pour effet de stabiliser la mélodie. C'est un instantané de vécu sur la complexité de la vie, de son errance. La musique en délibère la profondeur de champ.

A la question : faut-il souffrir du mal de vivre pour jouer du grunge ? Forcément Garden Party Riot répond que « Ça peut aider », de toute façon le groupe se rapproche par le son vers l’envergure de ce style musical et de son mouvement de dépressurisation par l’apport d’un gros son et d’un heavy punk libérateur et propagateur d’angoisses. Le chanteur/guitariste ressemble à un sparte du péplum « 300 » de Zack Snyder, sorti en 2007 et tiré du roman graphique de Frank Miller et Lynn Varley, Il a même conçu une guitare conçue avec son père, dont la forme rappelle une Jazzmatser, munit d’une sonorité très chaude qui renforce la profondeur de leur musique.

Leur set est vraiment coOol, tant le trio éperonne cette excitation nostalgique tout en égrenant une sensibilité singulière, et de ce mélange sonique que le groupe Elder de Boston, dans le Massachusetts, pratique avec un sens équivoque de l’errance pour lancer des passerelles de rock. Cela ramène au temps où il y avait une épaisseur de vie dans les désordres existentiels et les maux. On accroche à leur démarche musicale, d’autant plus pour ceux et celles ayant vécu la décante 90’s.

Sans être un agaçant teenageur boutonneux copiant mal ses idoles...


agaçant teenager boutonneux

...Parce que le groupe sait étendre atmosphère et fluidité par une interprétation qui ne souffre d’aucune instabilité, pas même qu’une once de stéréotype malveillant ou pathétique.

Le groupe fait 2 covers, il reprend le classique de Nirvana « Breed », et surtout The Beatles « Helter Skelter » en y apportant un côté brit pop façon the Ash et une légère brume fuzzique shoegaze à The Jesus And Mary Chain. D’ailleurs ce côté rock psyché aux embruns Soudgardien est habile chez eux, parce qu’il apparait par intermittence.

Garden Party Riot a une américanisation musicale très forte, il n’en reste pas moins une insulaire attraction psyché Anglaise. Si les Beatles avaient été Polonais on en aurait jamais entendu parler, on est d’accord, et il est impossible de faire du rock sans une note Anglaise dedans, on est d’accord aussi.


**un couple de punk a entamé un paso-doble de punk pendant leur set, c'était soit pathétique, soit saisissant de constater qu'à part se foutre des coups dans les côtes flottantes dans une époque où l'appel téléphonique vers le 39.19 c'est enfin démocratisé, le mâle punk entretient avec SOS Femme Violence Conjugale, une attitude d'égalité libertaire assez peu compatible avec les nuances de l’hashtag ‘’me too’’. Deux adultes consentants s’étreignant de manière robuste et pataude sur une musique rock au son volumineux dans un bar de province, possède une légitime tendresse à mes yeux.**


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Selon la sentence de l'envieux guitariste Eric Clapton "quand on joue comme un pied on finit avec les dents"...


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...Ce qui précède la mienne puisque l'on dit très souvent que Jimi Hendrix jouait de la guitare comme jamais, mais on n'a jamais su qui était ce fameux jamais, le saviez-vous ? Nan ? Cette introduction inopinée a le mérite de vous faire pénétrer dans le saugrenu et de vous fermer le clapet. TA GUEULE ouvrira la sienne à l'heure où l'Espagne dîne de soupe froide et de Serrano conçu par des bestiaux nourris à l’OGM.

Autre précipice d’absurdité contemporaine cacatoèsant une jubilation de malice d’envergure, le trio Ta Gueule dispose d’un arsenal d’ironie pure à déverser comme du napalm contemporain lors de tweet impulsif. C’est vrai, cette époque est irrésistible de connerie à l’état pur. La planète est une boule déréglée en fusion permanente, et les hommes sont des suicidaires qui en allume la mèche en étant mort de rire.


c'est le bordel

Comment après cela ne pas apprécier Ta Gueule comme un substitut à la couillardise ambiante ?

Un léger tremolo vocal à la julien Clerc dans un chant criard permet après une castration de heavy punk goulue et saillante, de faire saigner sans équivoque les oreilles d’un public punk d’une circonscription reculée, voire de jeter au sol un épileptique lors d’une crise conventionnelle. Le bassiste est un homonyme physique d’Alban Ivanof l’humouriste, et dispose de cette capacité à balancer des galéjades avec la valseuse décontraction testiculaire d’un bon pote. Le batteur distribue les taloches rythmiques dans un nanard de Terence Hill & Bud Spencer comme « Attention, on va s'fâcher ! »

À écouter, Ta Gueule c'est laisser jouer ton gosse de 6 ans souffler dans un préservatif usagé, en live c’est de s'asperger les yeux de bombe lacrymogène en mastiquant de la coca Péruvienne et du piment de Cayenne. Le sens de la vulve-garisation du spectacle vivant en tant que manifestation subliminale est ici maintenu à son niveau le plus incandescent.

Ce n'est pas qu'ils s'en branlent, c'est qu'ils n'en n'ont rien à foutre, et ce n'est pas pareil. Ce groupe est engagé, engagé à faire marrer en se désengageant d'un quelconque résultat probant en matière d’idolâtrie, même si je les suppose assez insolents pour en jouer à leur guise.


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Est-ce que ce groupe fait réfléchir pour autant en propulsant les bases consensuelles de l'ironie et en jetant en pâture des jeux de mots en guise de jeux de pistes, comme on laisse s’égarer sous les tables en françafrique des valises pleines de biftons pour piller les sols de terre rare ? Ouaie la phrase était longue, mais Ta Gueule, parce que ce groupe c'est d'abord un exutoire, l’inverse de l’anesthésie, la pensée arrive par fulgurance. C'est euphorisant d'entendre ce punk harakiri déboutonner la ceinture de chasteté d'une époque moralisatrice, tout en fonçant tête baissée à rendre gorge l'humour noir et le heavy punk en étant aussi attachiant !

Ta gueule a joué à côté d'une pièce avec une TV diffusant les résultats du monde de l'ovalie, c’est trop balèze comme sarcasme.

Ta gueule puise dans les fondements de la scatologie une partie de sa liberté d’action. Il vitupère (comme un aspic asthmatique), flagelle (par des vents ascendants), engueule & invective (avec inventivité), apostrophe (pas l’émission de Pivot hein ?), jure (en crachant avec les doigts croisés dans le dos). De plus il chante en français, on se sent comme Roger Couderc devant un match de l’équipe de France de rugby contre les Anglais.

C’est un humour sale bête et méchant comme le visuel de Topor (le poing dans la tronche et relatif à leur premier album).



Sur scène le groupe se tient, c'est-à-dire que l’on est pas dans un peep-show de Gogol 1er à G.G Alin, c'est des punkers maniant leur art musical avec bravoure et branlitude. Le groupe présente son happening décomplexé de cynisme et de coming-out ironique avec un héritage musical donnant une mastication acide et grasse du heAvy furibard rock’n’roll au punk hardcore.  Le groupe n’est pas issue de la prohibition du grind. Dans ses désordres triviaux ils s’en rapprochent certes, mais dans un abattoir échangiste de morceaux de chair avide de violence lubrique.

Ta Gueule c’est la recherche d’une vérité crue dans l’outrance laideur du réel et de la désinhibition de sa violence. Alors ça couine, hurle, dépiaute, ulcère et dégage les bronches tout autant qu’excite les muqueuses. En parlant d'humidification des muqueuses ; Hey, savez-vous comment on sait qu’une femme simule ? C’est quand elle vous regarde l’attirail pour vous annoncer toute émoustillée : « Ohhhhh mon dieu mais elle est bien trop grosse, cela ne rentrera jamais ! » alors que cela fait vingt ans que vous êtes ensemble à pratiquer des coïts réguliers.


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Donc voilà, TA GUEULE c'est tout ça à la fois et ça fait du bien !

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‘’En religion l'avenir est derrière nous, en art le présent est éternel’’ - c’est ce que je me suis dit devant le set Maroc'n'punk'ska de Zwe. Parce que oui, dès que quelque chose vient d’un pays arabe, immédiatement et sans faire d’amalgame notre premier réflexe en Occident s’est de :

1/ s’échapper

2/ se cacher

3/ Alerter

Bien entendu nous n’avons rien fait de tel, parce que la soirée s’est superposée à un épisode de strip-tease (émission TV sur FR3 dans les 90’s) et en a transfiguré l’enrobage surréaliste.

ZWM est un trio de punk’n'roll de casbah avec son métissage de débrouillardise, pour un set détendu à la Méditerranéenne.



Il y a beaucoup de répartie qui fuse entre les titres, c’est un stand-up de punker, le chanteur/guitariste y est pour beaucoup, il improvise selon sa décomplexion houblonesque. Musicalement parlant il témoigne ce croisement entre Rachid Taha et Mick Jones des Clash. Côté look il avait des chaussures méduses plastique au pied tout de même, complètement extrême comme relaxation, mais typique d’une aisance Méditerranéenne cheik this sound. Les Marocains jouent juste, et à l’arrache. C'est-à-dire qu’ils jouent bien punk. On entendait davantage le bassiste que le guitariste, c’est leur côté NOFX je pense.

Zwm est frais et fou, comme une folie ordinaire dans une province ringarde mais pas encore blasé de tout. C'est sa force principale en étant les Ramones du Maghreb, sa complétude aspiration à perpétuer avec trois rien le rock’n’roll, qui malgré les turpitudes de son immolation en stéréotype, de sa stagnation nostalgique, n’en finit plus de répandre sa provocation, son phrasé explosif, sa réinsertion loin du boogalow traditionel du Maroc comme le chaâbi. Oui il y a des punkers au Maghreb.


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Pendant l'éclosion du rock'n'roll en Occidant il n'y avait rien d'autre pour capter la jeunesse et sa fondamentale révolte d'hormones. Ce bouleversement sociétal a imposé à toute une jeunesse de se pisser dessus d'émotions, de libérer des alcôves de la convenance l'ordre du monde. Les filles hurlaient, les garçons étaient violents, chacun se jetait sur les groupes pour attraper leur aura, jusqu'à boire dans cet élixir de jouvence éternel. Aujourd'hui chaque personne se pense comme un dieu, maître d'une nimbée de followers. Ainsi il y a des personnes avec l’envie impétueuse et disproportionnée de se faire remarquer, de valoriser son narcissisme.

Tiphanie est donc montée sur scène en fin de set pour danser et chanter en faisant des vocalises à Björk, comme si elle était dans un centre aéré. Zwe a terminé son concert dans cet imbroglio musical. C’était un set foutraque, conçu pour répandre le désordre permanent qui règne pendant leur set, cette instabilité chronique à déborder du cadre, même celui pourtant relativement autonome, affranchi, émancipé du punk.

On notera parfois dans leur musique des accents vers un ska enjoué, apportant les réjouissances festives que le public attend après des hectolitres de bière tiède. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les mélodies du ska, rocksteady, soulignent cette affection pour les airs populaires dont la bonhomie est conforme au caractère affable et social que requiert ce style musical. Cependant, les reprises de groupe de ska font souvent penser à des reprises de Charlie Oleg, cet animateur organiste de l’émission TV « Tournez Manège », chantre du speed-dating avant l’avènement 2.0 du virtuel des réseaux de rencontre.


Merci à La Lune Derrière Les Granges, au Bar O mètre, Garden Party Riot, Ta Gueule, Zwe, Tiphanie, au couple punk, à Big Jim Tonic, et à tous ceux ayant assisté à cette soirée coOol et surréaliste.


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mercredi, mai 22 2019

SWEET & ROUGH


Marcher dans la nature m'apporte plus de satiété que l'ivresse d'achats impulsifs pour combler un vide dans une ville.

Se promener c'est végéter sa contemplation avec dynamisme. Flâner c'est vivre avec tendresse pour y cueillir des traits d'esprits.

Tout est une question de lumière et d'énergie.


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Je ne sais pas pourquoi on s'éloigne de sa véritable nature d'ailleurs ? Quel sens cela a-t-il, si ce n'est de se retrouver un beau jour fasse à soi-même et de se sourire pour s'avouer consterné.e « ah ! enfin de retour, merde, mais qu'est ce qui t'as pris ? »

L'association La Lune Derrière Les Granges s'est associée avec Les Cabrols-Ecovivial pour une soirée électronique à l'éclectisme musical. Intitulé Full MooN ExospheriC Party cela signifiait qu'à 23:11:36 soit on se changeait en loup-garou, soit on allait fusionner avec la nuit opaline l’apparence d’un charme spirituel.

Si tu habites une grande agglomération par choix de vie, tu ne vas rien comprendre à la fantaisie de verdure qui anime les Cabrols. La nature est bien faite, elle est sauvage et reconnaissante avec eux, là-bas ils.elles connaissent le goût de la terre, l'humain est un terreau, l'arbre un complice. Ils.elles butinent à l'absolu en étant dépouillé.es de cynisme. Sachant que chacun et tout constitue un élément de la nature, ils.elles ont la main verte et les yeux dans les étoiles filantes.

Ce n'est guère étonnant que La Lune Derrière Les Granges vient y dévoiler l'écueil musical. Tant il y a une corrélation de filiations entre les deux.

Cette soirée était très spéciale, comme si nous appartenions à une société secrète, où la liaison holistique était à son point culminant. Par Holistique j’entends à considérer les phénomènes d'un être ou d'ensemble comme faisant partie de la totalité dans laquelle ils s’inscrivent, comme but à atteindre.



Chacun évolue avec l'empreinte musicale qu'il a entendu. C'est comme une marque indélébile. Le.la passionné.e va pêcher autour de l’inattendu avec espérance rien que pour percevoir au loin la magie fortuite d'une nouvelle rencontre musicale. Au diable les coïncidences, elles n'existent pas, car rien n'est dû au hasard.

On reflète comme une luciole dès que le cœur s'emballe à travers les filaments précieux que la musique a tout fait vibrer à l'intérieur de soi. On connaît cette accélération que la vie témoigne quand les papillons électriques s'agitent dans le bas-ventre. Ce genre de commotion émotionnelle qui ne fait que grandir, qu’agrandir l'épaisseur molletonnée de nos secrets sensibles. Cet instant éternel a même ponctué ton existence. Cette incandescence est un instant magique, et si l'on tente toujours de revenir à cette seconde d'éternité, c’est parce que l’on respire l'air qu'une chanson a déposé par fragrance sur notre cœur. On en ressent la flamme, et jamais elle ne vacille. Après on fait appel à l'imagination, à la mélancolie afin de toujours sublimer l’intensité de cette lumière éphémère. C'est aussi beau que tragique.


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Est-ce que l'on arrive pour autant à voir à l'intérieur d'une personne à travers ses goûts musicaux ?

Si une personne vient vers toi pour partager un instant musical en particulier pour elle, c'est une fenêtre dans une dimension parallèle qui s'ouvre. C'est une brèche à travers deux personnes qui s'illuminent. Il ne faut jamais prendre cela à la légère, car au plus profond de soi il y a la traduction fondamentale de nos émotions, de nos sensations les plus pures. On est percé à vif, à nu, ne compte pas tricher, ni reculer, il te faudra te résoudre à l'évidence. Pour un mélomane c'est la traduction parfaite entre deux âmes sœurs.

Connaître une personne à travers ses goûts musicaux, c'est la virginité d'une empreinte dans la neige fraîche. Ce qui nous attire dans une chanson, un album, un groupe, c'est une infinité de choses intimes, mises bout à bout c'est le dessein de notre rayonnement sur terre et dans l'infinie. Parfois on aime un disque en silence, comme un secret. Le charme est omniprésent, sa magie enchanteresse. Puis on partage avec une personne ce secret d'alcôve (en fait on partage avec un être dans sa totalité = holistique) et c'est un fracas de douceur.

Dans ces secondes d'hésitations palpables et de révélation gracieuse, il y a cette incertitude de lâcheté dont on ne sait si c'est un venin que l'on a idéalisé et qui se retourne comme une gifle par la peur que l'autre n'apprécie avec la même intensité, où le bonheur de vivre et d'être compris, accepté, aimé à travers l’œuvre. Cet amour est une sorte de rêve à deux, une constitution l'un à l'autre du monde entier.

Il existe des liens qui unissent les êtres et les dépassent, et la musique en permet la reposante intimité affective, la recherche d’absolue.


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Des milliards de particules flottent dans l'inconnu, comme tout un chacun. On nage dans l'immensité à tâtons, nous naissons à chaque seconde de notre existence et l'on se cache de cette vérité en échafaudant toute une dramaturgie imaginative dans l'espoir de combler les vides.

L'homme ne croit que ce qu'il voit, les femmes ressentent.

On veut voir, sentir et vibrer à l'unisson de tous nos sens, être est un besoin intense de percevoir et de reconnaître. L'émotion est quelque chose d'aussi fugace que passionnel, on ne résiste pas à cette envie insatiable de flotter au diapason de notre destinée.

« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

Cette phrase du Petit Prince de St Exupéry fait indéniablement partie de mon être tout entier, j'y puise une acuité fusionnelle avec tous les messages, les signes, les énergies autour de moi. J'ai fui l'esprit cartésien pour ressentir.

Retrouver ma vraie nature, ma musique intérieure, sentir la brillance solaire avec le calme de l'océan.


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La musique électronique a joué à l'émergente apparition d'images subliminales et de sonorités faites pour onduler en nous, et pour que nous ayons la grâce d'en donner au corps la pleine libération. Faire danse avec soi s'est faire corps avec son être. La musique électronique est faite de chorégraphie rêveuse, une sorte de nuages ​​de souffle formés en mots rythmiques et en mélodies accrocheuses.

On rêve de beauté sonore, on songe afin de s'abandonner à ce sens sacré. On plonge avec délice et on respire sous l'eau lunaire en apnée. Le programme de la soirée était sélénite, on savait que l'on allait être bouleversé.es par les émanations fluides du trio Öly, traversé.es par les arcs en ciel ténébreux et explosifs de Bruit, et que nous allions prolonger dans la magie blanche de la pleine Lune squameuse avec l'évanescence d'une belle soirée en perspective…Elle était unique et bien au-delà, si l’on actait sa présence à l’instant présent.


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La définition d'Endorphine = Substance produite par certaines cellules du système nerveux central et ayant des propriétés analgésiques semblables à celles de la morphine.

Endorphine, c'était le premier à s'offrir sur la scène, avec comme explication dixit La Lune Derrière Les Granges :  Un set en cours de préparation qui verra l'intense lumière de la lune pour la première fois à l'occasion de notre FulL MooN.

Un set en cours de préparation c'est ce que j'ai entendu. Il y a certainement un truc derrière cette musique ambiant, mais je ne suis pas rentré dans leur trip. Cela a manqué de gestation, d’intuition, on a effleuré les sens, je pense que le duo ne s'est pas accompli, le temps à de la saveur, ce n'est donc qu'une question de pratique pour aboutir à sa propre réalisation. Patience…


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Le trip hop a eu sa séquence à l'orée des 90's jusqu'en 2000's. Grandiloquente musicalité électronique, parfait mariage de raison entre les longs travellings d'ambiant, hip hop et house/dub, une pointe de rock, de funk, de soul, et un soupçon de jazz. Quand tu disais que tu écoutais ce style de musique cela faisait classe, parce que les couleurs y étaient élégantes, précieuses, souvent oniriques, et surtout elles mettaient en relation fille et garçon. Le rythme downtempo permettait de se laisser imprégner, le chant était capiteux.


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Une fille du soleil est venue à moi pour me faire découvrir Öly et me découvrir.

« La créature à trois têtes vous emportera au cœur d’une expérience pure et immersive. »

Cette phrase énigmatique du groupe annonce en soi une vérité cristalline. Öly se définit pratiquant une pop trip hop, sensuelle et puissante à la fois, forte d'un potentiel émotionnel. Ce que l'on sent immédiatement à travers le trio c'est leur connexion issue d'une même vibration. Chacun possède sa singularité et est complémentaire des autres. Le charme est là. Il se diffuse dans sa complexité et totalité holistique, met à jour les reliefs, à nu l'émotion, ajoure les perspectives de chaque individualité musicale.

Je retrouve la migration ancienne du trip hop avec cet éclectisme, parfait dénominateur commun pour t'amener vers des images d'envie de bleu nuit et de rayon de soleil opaque.


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On fait souvent référence à une notion de rock pour le trip hop, dans ce cas précis il y a une veine pop qui l'éloigne du rock, et la rapproche du hip hop.

Le chant chaud et profond de Laura poétise comme une Beth Orton soul dans un monde imaginaire, fort et fragile à la fois. Laura possède une solide base vocale, elle est franco-britannique et une aisance à manier l'anglais. Il y a beaucoup de complicité entre eux sur scène, cette vibration se lie avec sincérité, pureté et simplicité.

Öly ne va pas dans l'obscurité, dans le dub de Massive Attack, il est aérien, avec des harmoniques soul/hip hop/jazzy et un groove inhérent à ce que tous les apports vocaux et rythmiques beatbox de Robin (ex-batteur dans B.r.e.f, groupe déjanté de rock jazz metal) apportent cette mixité hip hop World (Bumcello). Thomas au violoncelle en contamine l'empreinte par une élégante moiteur lyrique.

La mélodie est apportée par chacun tout autant que la rythmique, ce qui signifie que sur une même chanson chacun est une intonation à la ponctuation musicale, est aussi le frissonnement, la convulsion qui créer le mouvement, et c’est d'autant plus renforcé pour une formation en trio. Dans leur musicalité s'agite la drum & bass languide, le nujazz aérien, cela réverbère le punch du hip pop. C’est une unité avec laquelle on se laisser griser comme un chat par le crépuscule pâle. Les contrastes sont fluides, ils permettent un accès direct à la propagation de l'émotion, tout cela vous englobe dans une netteté de ton et de couleurs. C'est la cinématographie champ/contre-champ du trip hop, offrant plusieurs angles de vue pour une sensation panoramique sur votre sensibilité.


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Le trio est mystique, il est connecté à ses aurores boréales musicales, Björk, Sigur Ros, dans cette new age fuyante, sa chaleur atmosphérique, sa torpeur virevoltante, son énergie.

Öly est solaire. On sent que le groupe nous touche profondément avec quelque chose qui le brûle à l'intérieur, c'est beau et pur, fort et doux. Cela tient de la puissance féminine.

On se sait baigner par une chaleur bienfaitrice, que ce soit avec la folk tendre de cute et son groOove câlin, ou par « Sweet & Rough » et sa beauté polymorphe, sa tendresse déchirante, ses parties nébuleuses. C'est une chanson parfaite au magnétisme aussi puissant que le Glory Box de Portishead.

C'est avec David Mascunan que le groupe a figé son idéal/son identité sonore (Sylvain Chauveau, Encre aka Yann Tambour, Arca) dont on retrouve l'intensité capiteuse dans la réalisation de leur E.P que je vous conseille assidûment.

Öly est astre musical en devenir où surgit une pétulance unique qui tient de l'extase trip hop. C’est à savourer en concert puisque tout prend corps et sens, allez-y vous y réchauffer le cœur et l'âme en toute confiance.




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L'agitation individualiste abreuve les désirs de se montrer sous son meilleur jour à chaque instant. C'est un miroir de glace, il fige et congèle, puisque chacun y projette ses obsessions par déni de tout ce qu'il n'a pas guéri.

La vie est peut-être ailleurs, sur un autre rythme, une autre échelle et tu l’as oublié.

Cette phrase du groupe Bruit le détermine entièrement.


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Bruit est un quartet climatique débarrassé des coercitions de style musicaux. Dans son étendue sonique il y a une mobilisation d’énergie collective, de puissance tellurique. Ce n’est pas pour autant une musique si abstraite, même si le groupe étire cette notion d’espace et de temps sur les intervalles et les cycles. Il applique la synesthésie (composition florale sonique où plusieurs sens se confondent)

Le groupe est resté un bon moment dans son studio à donner vie et corps à ses prémisses, avec la recherche de manipuler une éprouvette qui transplante le cœur onirique d'ornementation de musique classique, d'odyssée post-rockienne et doomgaze, et de composantes électroniques. Le groupe embrase et embrasse dans ses filaments soniques ce genre d'ondulations instrumentales, d'atmosphères cyclothymiques et de progressions qui crescendo mène à l'absolue.

Selon ses membres fondateurs ''c'est une musique de niche instrumentale qui parle à tout le monde'‘, pourtant il n'y a pas d'images qui apparaissent mais une fluidité d'énergie.

Ce groupe parle texture sonore et de composition de son dont l'importance est fondamentale au traitement sonore, à la forme et au fond. D'ailleurs le quatuor est plus tatillon sur le son que sur le style employé. Remplir l'espace gravitationnel, par une succession de pallier, permet au mélomane de se poser la question essentielle à leur encontre : mais jusqu'où vont-ils aller ? Jusqu'à quelle hauteur explosive ? La réponse est l’infini. Le trop c'est le message politique de Bruit.

En live, il pleut des trombes d'eau purificatrice d'où émerge l'émotion d'eau salé à l'intérieur de nous, parce que l'on est traversé par l'air climatique de cette musique. Le corps devient une glaise, éponge les doutes qui ruissellent et fait apparaître la beauté charnelle d'un bruit sonique au grand jour de la nuit la plus ténébreuse.


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L’A.D.N du projet est leur EP "Monolith" sorti le 7 octobre 2018 chez Elusive Sound. (Dont le répertoire de groupe hallucinant est à l’image du label, avec entre autre Blankenberge, TRNA, Silent Whales Become A° Dream, Blank, Au Revoir…)

Leur éthique c'est Agir. Prendre conscience de chaque élément musical et lui conférer l'aboutissement tellurique, la propension mélodique, l'expansion de son intensité, le déploiement harmonique. Le long format de leur titre est un message essentiel, et même existentiel, surtout dans notre ère contemporaine où tout doit être immédiat, furtif, obéissant à une impulsivité maligne. Bruit est une ode à la contemplation, à la réflexion sensitive et tout cela mène inexorablement à agir, en soi, à faire disparaître les barrières que l'on s'est figé, à désobéir à la prédisposition inéluctable des marchands de sommeil.

Bruit est l'essence du vertige.

En concert tout est démultiplié, grand, puissant, dans l'agitation permanente du cosmos jusqu'à sa plus fine particule où tout se connecte sans fin et forme le tout, dans cette infinité de molécules soniques agissantes où l'on additionne des médiums.



Bruit remplit l'espace sonore et l'intime, le cheminement entre les deux est la chair musicale du groupe. L'infiniment grand des contrastes entre les contrastes réduit l'émotion à sa plus simple densité, de la sorte qu’elle permet d'accéder à une pureté.

Entre expérimentation mentale et impulsion électrique le groupe se définit par une démarche globale et pour des gens qui choisissent leur destinée, leur existence. Bruit distingue une différence entre la création et l'écoute, il brode les fils de son édification pour que ceux et celles qui écouteront se reconnaissance dans les structures, et cette élévation où vous êtes une ouverture à travers laquelle l'univers se regarde et s'explore.



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Cette soirée était une célébration magique, l'éclosion parfaite des énergies d’une puissance inimaginable, où l'on plonge son regard dans l'existence lunaire et solaire en même temps.


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samedi, mai 4 2019

LE DESERTEUR


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J'ai raison d'avoir tort, sincèrement, c'est mon instinct qui me fixe la limite à la raison d'être étrange et étranger à la fois.

La phrase apparaît comme énigmatique au premier coup d’œil mais comme accroche pour poursuivre votre lecture, vous avouerez que c'est efficace.

Quand j'arrive à l'intersection du café le Palmarium donnant sur la nouvelle place en granit, commune mondialement à toutes les villes désormais, un écran à l'extérieur indique que le Stade Toulousain a battu d'un point le Castres Olympique. Cette information anodine semble capitale dans les rapports humains de cette bourgade refaite à neuf, c’est pour cela que je vous l’indique. Je m'avance vers le Bar O mètre, le lieu du concert, et vers Olivier de l'asso La Lune Derrière Les Granges en train de finir une discussion téléphonique, je m’enquiers de prendre de ses nouvelles et des dernières soirées de la Lune. Nous mettons de l'espoir dans la présence du public tant il nous semble impensable de rater cette affiche.

Ahahahah ! Nous étions ces deux nigauds sur une petit place en train d'échanger de l'espérance, afin de se raccrocher à une constellation oubliée devant le vacarme d'un monde toupie branché au réseau narcissique. Il me semble même que l'on dit que c'est cocasse comme comique de situation.

Je me demande, tu vois, vu de loin, comme ça, tu ne connais pas, quand tu passes et que tu entends du punk rock, ou un truc affilié, tu ne t'es jamais demandé pourquoi ces gens hurlent à s'en péter la voix ? Pourquoi ils te semblent qu'ils font du bruit et pas la musique que t'entends à la radio ? Pourquoi dans ton bled il ne se passe rien qui passe à la télé ? Sur Internet ?

Attends, heyyyyyyyyy, qui n'a jamais entendu parler du WallaBirZine ?


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C'est bien ce qui me semblait.

Passons à la soirée proprement dite, enfin proprement...Le jeune trio *** BONELESS pratique le punk rock avec l'attitude des anciens. Ça joue à la sincérité, c'est à dire à fond comme dans le garage à répétition, avec comme unique dessein électrique d'en foutre plein les murs.



Finalement c'est devenu assez rare des jeunes pois sauteurs jouant du punk, et encore plus de s'en foutre pleinement si leur set n'a pas le niveau linéaire conforme à l'auto-Tune. Boneless en concert c'est l'insouciance de vivre vite et mourir de rire afin de profiter de chaque seconde, sans la main mise sur quoi que ce soit. Le groupe est à la fois nonchalant et bourré d'énergie juvénile.

Boneless n'a pas de style, juste l'envie, la fougue, l’énergie d'être différent. De choquer sans vraiment s'en rendre compte, un truc entre NOFX (prononcé noʊεfεks) et Sex Pistols. D'être bancal et libre de chanter à côté de la plaque. De cracher, de vitupérer, de hurler. Qu'importe l'interprétation, son côté rêche et foutraque est la marque d'une ambivalence de notre ère contemporaine où tout doit être accompli, calculé, contrôlé, dans une éradication de pureté. Boneless est dépravé, il est punk, dans sa définition de lutte, il invective comme les amateurs de fête de la musique chaque 21 juin, mais dans une ruelle sombre, et ceci toute l'année dans chaque rade qui lui prêtera de quoi salir les murs.

Leur dernier morceau a fini entre le MC5 et les Stooges dans une espèce de magma sonique gargantuesque. Tu vois il puise partout où il y a du rêche et de la révolte.

Nox le guitariste est Straight-Edge, c'est rare en Occitanie, son fanzine s'appelle Better Than A Fanzine un clin d’œil au band Better Than a Thousand de Ray Cappo (Youth Of Today, Shelter) il participe à deux organisations de concerts sur Toulouse, Caps & Dogs et La Fête Est Finie. Un bon gars quoi !


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Pourquoi je me sens isolé des autres et de leur modèle de vie, d'intérêts ?

Si chacun est libre de ses choix, on peut généreusement admettre qu'il y en a pas mal qui sont imposés, et le pire c'est que tu dois faire avec, bien souvent. Quand c'est trop souvent il faut bifurquer sinon tu te fais éventrer, bouffer tout cru. Je pense que la culture alternative est un système parallèle. De survie au départ, on en devient vite addictif, ce n'est pas le fait que l'on a réglé tous les problèmes, mais on en a déplacé assez, surtout les plus exigeants par une mesure reposante, et avec des personnes qui comprennent une bonne part de ce que tu ressens, qui tu es, et vers quoi tu tentes d'aller.

Il ne faut pas fonder toute son espérance dessus parce que l'on est pratiquement certain d'être déçu. Il n'y aura pas de miracle. Ne s'attendre à rien est un bon stratagème pour affronter sereinement la vie, mais elle devient vite monotone. Il manque ce désir que l'imagination active à travers la perception que l'on se fait, que l'on fonde pour y voir immerger la douceur, une acidité, une amertume, la violence d'une émotion que le cœur a interprétée. Même si dans la quasi-totalité des cas on se plante, qu'il est bon de se faire du bien. Parce que l'on cherche à - être bien, et par extension à être quelqu'un de bien. Personne ne souhaite être mauvais, d'ailleurs.

Je vous souhaite des désirs électriques, même enfouies, parfois même trop intime pour les divulguer parce que c’est trop fort, parce que l'on est timide, parce que trop de lumière vous aveugle. On est tous différents et on interprète tous différemment.

Quand il advient impossible de se représenter, et peut-être même d'être atteint, on ne peut atteindre personne. Les concerts sont des espaces de liberté et de rencontre commune. Il devient impératif que la jeunesse sorte de son isolement virtuel, et que les gens sortent de ce qui leur est imposé. Vous n'avez pas besoin de briller, juste d'être là et d'être qui vous êtes. De participer à votre façon, il n'y aura pas de jugement. J’ai déjà écrit ça, cela doit être du morse, une bouteille à l’amer stagnant avec les détritus plastiques polluant l’autre côté du monde.

Le concert était à prix libre, mais le public de Castres a préféré fêter la défaite, ailleurs. Je ne comprends pas comment on fait pour ne pas vibrer avec ce genre de musique, avec ces groupes humainement adorables ? La question est en suspens depuis toujours en fait. Dois-je encore plus m'isoler du jour contemporain puisque j'ai de moins en moins d'affinité avec lui ?

Le souci majeur c'est que je ressens cet éloignement comme la menace sociétale qui pèse de plus en plus sur la répulsion commune. On assiste démuni et secrètement peiné à l'avarie sans que l'on puisse interagir. Je ne peux pas, ne veux pas imposer quoi que ce soit, encore moins par une réflexion de contrainte. Il m'a toujours semblé que le dialogue était un parfait moteur d’éclaircissement, à la seule condition de trouver des interlocuteurs.rices capables de faire la part du chemin vers la réconciliation.

Je peux comprendre que l'on n'apprécie pas ce style musical, surtout dans l'hexagone, il n'a jamais bénéficié d'une réelle mise en lumière, certainement même caricaturé par une esthétique d'écorchés vifs avec canette à la main. Ce qui est assez cynique c'est que la plupart des fondements existentiels de cette communauté commencent à franchir les barrières de la normalité, mais maquillés différemment par d'autres qui ont eu la délicatesse narcissique de le prendre à leur compte, comme toujours.

Du coup on te condamne à être un rabat-joie, incapable de se connecter à la life, au game !


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Le WallaBirZine est une alcôve dans un univers parallèle, avec pour unique but de mettre une lumière sur une alternative. De là, on peut y voir l'autre monde s’enivrer de désirs matériels pour faire râler son voisin par excès de rage compétitive, constater que sa jeunesse se dématérialise parce qu'elle ne veut plus participer à la catastrophe annoncée depuis plus de vingt ans au moins. Son repli est dans le virtuel, elle communique ainsi et certains l'on très bien compris. La drogue est toujours aussi dure, remporte un maximum, et en plus elle est légale cette fois.

Je comprends que l'on ne puisse plus aimer dans ce monde, ou moins aimer. Mais rien ne peut m'empêcher d'aimer ce que j'aime. Je ne suis pas présomptueux, je sais entendre les éclairs noirs blanchir le cœur des choses enfouies à travers une musique que vous devriez apprendre à écouter. Ce que l’on perd comme insouciance, légèreté et désinvolture après la vingtaine se métamorphose en sagesse, clarté, et mélancolie.

Je ne suis pas quelque de beau, je me sais bon. Je ne sais pas séduire, je sais juste aimer. J'ai trouvé une utilité dans l'autre Galaxie alternative, si tu arrives par hasard ici je te souhaite la bienvenue, de te mettre à ton aise, et si l'on vient à croiser notre regard un jour, saches que le mien sera doux, profond et chaud, comme le Méditerranéen que je suis, et que je ne cesserais d'être. Je te dis cela si tu as besoin de quelque chose à quoi te rattraper pour me définir. Parce que j’ai l’amère sensation qu’il faut se définir désormais pour pouvoir se rapprocher les uns des autres. Montrer des intentions légitimes afin que chacun dans sa communauté respective appose la rencontre pour sortir de sa zone de confort.


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Puis la force sensible d’HEAVY HEART a pris la scène, comme mon cœur.


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J'ai toujours trouvé ce groupe touchant, il se dégage de leur musique une vulnérabilité émotive assez forte pour que vous posiez un genou à terre. Mais ceci c'est quelqu'un qui a déjà lu les romans de Raymond Carver qui vous écris cela, une personne qui est déjà tombé amoureux à plusieurs reprises rien qu'avec le flottement de cheveu derrière une nuque de fille. Je ne sais pas si on peut se comprendre, si vous pouvez être saisi par le tremblement que le corps transmet comme fragilité quand il se sait vaincu par une émotion folle.

J'en retrouve la transcription à travers la clarté dorée de la musique profonde et légère de ce groupe, aussi mélancolique et lumineuse à la fois. Cette musique ne fait pas que suggérer en moi un trouble. Elle me met en émoi face à sa beauté réelle ou imaginaire. Heavy Heart est un catalyseur émotionnel dont le besoin de s'éprendre à sa douceur, à sa force pour chaque mélomane tombé.e l'obligera de se prendre pour Indiana Jones afin de trouver un substitut musical.

Je vais même vous annoncer la terrible vérité, il n'y en a pas.

Troisième fois et troisième petite mort après leur set, je ne serais plus jamais le même après, je le sais, je revis dans la plénitude.


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Tu te rappelles du pamphlet que j’ai écrit au paragraphe précédent ? Ce n’était pas l'apitoiement du désespéré, c'était le déserteur qui te parlait.

Celles et ceux qui désirent reprendre du pouvoir sur leur vie devraient écouter THE ATTENDANTS . En matière musicale le groupe accorde la voie du post-hardcore monstrueusement bien à son incandescent album « Monster Chronicles ». Le trio est aussi coOol et pénétré en interview qu'une AG à Treillières, et ça c'est balèze.



Le groupe installe un sentimentalisme de reconnaissance nostalgique à travers les ricochets de son punk post-hardcore. Les zab ont conséquemment fait office d’ouverture chez eux, et aussi dingue c’est que dans leur musique il y a des allitérations des Burning Heads, enfin je trouve. The Attendants a interprété des titres de leur nouvel split Ep avec Heavy Heart.

Les canaris du punk rock se sont réunis autour d'un EP sans titre et d'une tournée propice à transfigurer un concentré sonique d’énergie vitale. C'est un disque de soutien aux caisses anti-répression du Grand-Ouest qui a été édité en 200 exemplaires au mois d'avril 2019, il se compose de trois titres par groupe, The Attendants dans la langue de Boris Vian en version post-HxC punk, et Heavy Heart dans le creux émotionnel intensif. Rencontre comme au temps de Michel Polac autour de ce projet généreux et combatif avant leur concert au Bar O mètre, organisé avec La Lune Derrière Les Granges.



Le trio a libéré l’axe post-punk de ses brisures soniques par un aspect que le punk rock ramène à une vérité crue. C’était frontal, savoureux, électrique, emporté.

La meilleure interprétation que l'on peut donner reste celle avec laquelle on se délaisse de tout pour en vivre intensément. C’était caractéristique du concert de The Attendants. Le groupe a joué serrer, sans retenue, avec une sincérité extraordinairement naturelle. Faisant fi de tout, si ce n’est d’être présent et donner le meilleur de lui-même.


Je sais au fond de moi que ce report ce n'est pas le genre de discours qui porte, parce que ce qui est important aujourd'hui c'est d'être là où il faut être vu. Le marché de l'économie est saturé de vice, la ligne occupée par des paroles de mots perdus au détour d'une publicité. Alors il faut que ça luise et reluire comme une barquette de frite bien grasse, parce que c'est toujours les meilleurs qui gagnent. Tu sais ce que c'est la gagne ? T'as déjà perdu alors.

Être vu ne t’empêchera pas de disparaître.

Le problème c'est que l’on n’arrive pas à vendre ce genre de soirée comme un produit accessible, à alimenter la curiosité, à donner l'envie de se déplacer. On pense que l'on est cool mais le cool est devenu une tendance de plus, un rien inutile enrobé dans un package étudié mais totalement expurgé de sa signification première, de sa pureté initiale.

Il faudrait que l'on se foute de cette situation, et que l'on continue notre délire comme on l'a toujours fait, intégré à notre mode de pensée, sans se soucier de rien, de quoi, avec qui. Aller de l'avant, avancer en ayant fait le pas de côté. Une chose est certaine rien ne se passera comme tu l'imagines. Tout arrive comme prévue, parce que quoiqu'il advienne, certaines choses doivent se produire.

Il n'y aura pas de victoire, il n'y a que le temps qui file, inexorablement, tu le sais, tu le sens, quand tu as fini de monter (grandir) c'est déjà la descente. Alors les mots se bousculent davantage pour exprimer les doutes et les regrets, les peines et l'espace restreint qui te gomme au fur et à mesure que tu te sens vieillir.

L'espoir s’assombrit uniquement si tu le souhaites, il n'y a pas de défaite, ce n'était qu'un concert de punk rock...Mais foutrement coOol. Il y en avait pour tous les goûts, mais il n'y avait pas grand monde, cette saveur est amère avec le recul, même si par l'inverse de grand monde, il n'y avait que des petits gens inconnus, il y avait nous, libre et commun, aimant sur la même vibration, pour une soirée lunaire, après la défaite de l'équipe de la ville, dans un coin du midi, loin de là où il faut être vu, mais pas entendu.



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jeudi, janvier 31 2019

Résonance Indélébile


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Longtemps le temps nous traverse et fait entendre en chacun de soi le murmure secret vers la quête de notre présence sur terre. Mais seriez-vous davantage disposer à entendre le murmure acoustique d'un jeudi soir dans la province de Castres ?

Il est vingt heures au café Jean-Jaurès, le zinc s'illumine de binouze crémeuse, d'un p’tit blanc sec qui donne le rouge aux filles. Les conversations s'allongent d'une pimpante agitation fraternelle sous l’œil hospitalier du cafetier. Personne n'a encore pour l'heure sombré dans cet état éthylique et fini avec une rythmique free jazz dans la tête.

Comme toute personne préférant regarder les autres plutôt que participer par principe à l'installation fallacieuse d'un tour de piste séducteur, je constate qu’il y a dans ce café une approche avec laquelle on trouve le luxe d'être serein. On n'y sent pas l'équanimité hypocrite d'un jugement masturbatoire, pas plus que la violence miséreuse des addictions compensatrices. En deux concerts chaque groupe m'a annoncé exactement la même constatation, ce lieu a quelque chose d'atypique et de cool, c'est parfait pour des concerts.

Je trouve que la bibliothèque offre un refuge cotonneux, que la décoration à la fois spartiate et conviviale, notamment avec les peintures africaines de Tony Chessa dispose d'une nostalgie accueillante vers cet esprit troquet, bistrot social, commune à l'échange que connaissent bien les personnes nées au 20ième siècle. La citation de Jean-Jaurès sur un mur : « C'est au fond qu'il n'y a qu'une seule race : l'humanité » semble paraphraser l'esprit de ce café avec celle du taulier.

L’unique et irremplaçable La Lune Derrière Les Granges organise cette soirée placée sous le calme de l’acoustique avec Mauvaise Pioche et Intenable, sachant qu'il y a endogamie musicale autour des membres avec le groupe Nina's School, et Intenable aussi.

La dernière fois que j'ai utilisé l'expression « Mauvaise Pioche » je suis tombé sur le pouilleux au jeu de carte, et autant te dire que ça remonte à un bail que le proprio à déserter depuis plus de vingt piges.

Mauvaise Pioche est le projet solo d'Anthony que vous connaissez certainement comme bassiste dans Guerilla Poubelle. Son approche de l'acoustique n'est pas commune à celle des sixties du Greenwich Village, et pas plus qu'à celle estivale du noceur de plage. Il est seul sur scène, dans cette mise à nu intimidante et à la fois si libératrice dans son paradoxe, parce qu'elle offre le risque de ne plus s'estomper dans un groupe, mais permet de se révéler. Jusqu'à faire disparaître cet autre que l'on a surpris à s'inventer, parce qu'il faut bien rêver à être autre-chose, que le réel et virtuel imposent la dualité contemporaine, parfois même pour définir l’image que l’on reflète par les autres, et aussi afin de satisfaire cet ego, si fort, si tenace.

L'équipe de la salle Lo Bolegason est présente pour un apéro-tapas, sur une table le merch des deux comparses séjourne, dehors c'est café clope ou clope bière, qu'importe les lézardes pourvues qu'elles fassent un minimum effet.

Anthony entame son set acoustique, je mets entre guillemet en fait car ce futé a choisi de rattacher à son chant et à sa guitare, des pré-enregistrements instrumentaux via son téléphone portable. Ainsi si visuellement il est seul sur scène, la technologie le réconforte d'un équilibre rythmique, d’atmosphères propices à une acclimatation musicale, en fonction de l'intonation des différents morceaux. L'orientation générale est typée punk rock, pop punk, rock indé...De ce mélange cosmopolite, représentatif d'un happy-end fluorescent, d'une harmonie de doute et de craquelure amère. Anthony jalonne à sa musique des mélodies de serpentins entaillés d'éclat. Un peu comme une tablette de chocolat noir avec des amandes, c'est consistant au départ, ça fond en bouche, ça craque sous la dent, et tu as la stimulation de la sérotonine contre le stress et l'anxiété. Il interprétera en majorité des titres de son album « Premier Tirage », avec deux nouveaux inédits. Sa télécaster accuse les stigmates d'un bidouillage au scotch et c'est raccord avec cet esprit bricolage indépendant. Ses pieds suivent les contorsions mouvantes de son jeu de guitare sec, de son chant et la ligne de vie musicale que libère son téléphone.

Les riffs illustrent une dramaturgie punker avec sa longue liste d'adversité et de sinuosité bravache. Son chant granuleux se gorge d'une pigmentation émotionnelle, et d'une liberté de ton proche de celle qu'enfant on jalousait au personnage de Mark Twain, Tom Sawyer. Le temps dévore le regret, ou l'amplifie, qu'importe, on retrouve de la joie dans l'agonie. Il y a cette joie enfantine à l'intérieur des doutes de l'homme, de cet homme.

Pendant que Junk cacahouète & jus d’orange filme, Delphine Gabet fige l'instant présent avec son regard unique de photographe, quelques personnes se sont avancées devant, certaines désinhibées émettent une parole que l'alcool a libéré à la faveur d'une errance nocturne. Il y a cette femme un peu pompette, elle s'adresse à Anthony sans retenue, les mots lui glissent de son esprit embué à la forme faussement prétentieuse, mais dont le fond est bienveillant. Elle s'agite sans prise à l'étourderie, sans remords, elle titube sur ses mots et vacille avec générosité et affection. C'est à la fois amusant et pathétique.

Mauvaise Pioche creuse dans les atours de son intimité profonde de quoi soulever autant le limon du punker que sa joyeuseté. Il suffit de suivre les empreintes des astres vides et des bribes de poussières pour vagabonder dans ce chemin de traverse à la segmentation épineuse, où le gars sur scène dépiaute son mal-être, sa parole, sa vision, mais toujours avec la fraîcheur d'une espièglerie attachante.



Seules les bêtes sortent la nuit. C'est à la fois une résistance à l'incarcération du quotidien, et une désobéissance félonne, une désinvolture princière. A vingt ans, on craint le ridicule mais on aime l'excès, on abhorre la solitude, mais on s'isole par son zèle. Au-delà de la trentaine l'expérience prouve que l'horizon est inaccessible. Passé quarante...Pfffffff...Laisse tomber !

L'artiste puise en lui la force de sortir ce qui lui brûle à l'intérieur, ce qui à la fois le contamine et le nourri. Il est souvent difficile de mettre les mots adéquats sur ce que tes émotions expriment, alors magnifier son art c'est lui apporter l'exacte émotion. Cette sorte de révélation que l’autre encaisse dans l’ombre d’un spot en concert, avec l’effervescence émotionnelle qui pétille dans le ventre, et jusqu’à en avoir les jambes flageolant sur du coton transparent. Il faut manier, sculpter son art seul pour en entendre tonner la sommation sensible. Mais aucun homme sur terre n’est parvenu à réaliser seul, personne, jamais. S'entourer des bonnes personnes c'est comme un bastingage quand on tient la barre du navire. Intenable est sur scène en duo, Kévin à la guitare/chant et un violoncelliste/chœurs de punk, nommé Raw Man.

Intenable est à la base un trio de punk rock dont les maux précipitent avec une justesse mélodique ce que la plaie pessimiste des mots fendille comme vase excédentaire. C'est le deuxième concert de cette tournée, entamé la veille à Toulouse grâce à l'organisation HEY Bitches (girl raw pöwer,Organisation de concerts Pâtisserie Photographie Calligraphie Organisation de mariages / Fête de... ).

Si la formule tâtonne encore, parce que l’on ne sent pas l'osmose, je suis certain qu'elle arrivera, car pour autant chacun ne s'isole pas dans sa partie. Il s'agit juste de réglage que la scène égrène au fil des concerts. Kévin tient à son art, il en porte les lésions, la cicatrisation, un faux pas et tu touches à son être. Expliquer la trame narrative des titres fait partie du processus de liaison qui relie comme une cordée, l’auteur à l’auditrice.eur, c'est important dans le cadre d'une atmosphère plus intime, où tu dois recueillir le public sous ton aile naturiste. Prendre son envol nécessite un rapport de confiance quand tu fais face au précipice. Parce que même dans le noir complet il y a toujours une fissure où la lumière pénètre, où l'on peut teindre sa douleur d'un arc en ciel de délice. Intenable joue à cela, il laisse filtrer la lumière, à toi de la voir.



La guitare folk fut une arme dans les sixties, mais depuis que la protestation est humanitaire il y a un étourdissement dans cette oppression, on ne sait plus où en est la contre-culture, si elle est cette zone à défendre bio, facile et interchangeable dans la communication du marketing 2.0, cette haie naturelle à l'art du combat et à la résistance, où ce quartier populaire qui survie face à la médiocrité populiste où marine sa récupération avec les dents serrées ?

Traduire en folk ce que l'électricité du punk rock ouvre comme brèche à défendre est un genre de nervure boisée qui offre parfois la complicité soyeuse d'une danse. C'est lors de la Cover de Nina's School en trio avec Anthony que cet échange se produisit. C'est arrivé comme cela...Les femmes dansent, souvent, tout le temps, elles n'ont pas peur du ridicule, d'ailleurs pourquoi fendre le ridicule quand les corps sculptent ce que les mots ne permettent de faire avec autant de souplesse et de grâce ? J'aime les femmes pour leur audace à s'amuser, à libérer le contraste que la tension de l'homme cogne avec son arrogante masculinité.

Intenable finit son set l'esprit tranquille. C'est dans cette résonance indélébile que le punk rock renforce l'acuité sensorielle que chacun transbahute au fond de soi, comme un appel d'air à pouvoir ressentir librement, cet ensemble, ce tout, fragile et intense, cet animal qui vit à l’intérieur de soi.

La soirée était coOol, intime, tendrement velouteuse, merci à La Lune Derrière Les Granges, au Café Jean-Jaurès, à Intenable et Mauvaise Pioche.

Quand on sort de cette bulle on retrouve l'étrange diction du noctambule qui soulève bien des errances au rabat-joie straigh-edge.


sXe

Les noceurs m'ennuient éperdument avec leur bon-vivre, leur saoulerie du vivre ensemble, la mondanité à petit canapé et apéritif festif. Rien que le mot festif me file la nausée de toute façon. Tourner les serviettes je suis contre. Surtout en fin de repas, quand les miettes, les morceaux du repas et tous les germes se répandent sur l’ensemble des convives...On atteint le summum de la festivité à ce moment-là nan ? Autant lécher directement la cuvette d'une personne atteinte de gastro-entérite si vous voulez partager le vivre ensemble microbien.

Heyyyyyyyyyy j'aime le titre « Musique » de France Gall pour encaisser son « Faisons taire les mélancoliques, avec notre propre rythmique et notre joie. », mais bon chacun son truc, si ton trip c'est la picole et la clope, le mien c'est un livre et un thé.

Il pleuviote, les manteaux épais et les écharpes douces doivent garantir protection face à la viscosité hivernale. Je rentre vers mes pénates, les lumières de la ville s'éloignent et je m'enfonce dans l'épaisse nuitée périphérique avec le satin du « Naima » de Coltrane, et j’ai même pas mal à la tête.

Retrouver les vidéos via la chaîne WBZ, les photos via la page FB WBZ.

CiaO)))

XXX

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