WALLABIRZINE

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Tag - La Lune Derrière Les Granges

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mardi, novembre 13 2018

Crooked Rain & Last Splash On Earth


modernité oldschool

Le modernisme du WBZ n'étant plus à prouver, il permet d'aller cueillir au plus près de l'action !

A proximité de Castres, un peu à l'écart des villages alentours, les Cabrols est une ancienne ferme appartenant à la même famille depuis plus d'un siècle. Aujourd'hui c'est une tanière roots où cohabite des personnes ayant fait le choix de réguler leur vie au diapason de la nature. L’équipée sauvage du WallaBirZine s'est retrouvée dans ce lieu pour la célébration d'une date co-organisée avec La Lune Derrière Les Granges.

Le WallaBirZine section vidéo c'est désormais Bir, Junk cacahuète & jus d’orange, puis le petit dernier Vincent bandana Gym Tonic.


Cette délocalisation était une première pour beaucoup dans le coin.

C'est une façon d'arborer la culture punk rock ailleurs que dans son intraveineuse liée au macadam. L'approche est différente parce que le lieu est différent. Il faut sortir de la ville, faire cette démarche, changer ses habitudes. C'est voir d'autres personnes, vivre quelque chose de connu mais autrement, puisque devenu différent, de par l'appréhension d'un jugement hâtif antérieur, et finalement si proche d'un ressenti commun quand on est traversé par vivre au même moment quelque chose d'intense et de similaire.

Le renforcement communautaire isole toujours un peu plus à s’asseoir dans sa zone de confort. Tant il est criant de vérité que s'entourer uniquement avec des personnes partageant la même philosophie de vie, des goûts similaires, conforte vers ce sentiment de protection, de reconnaissance.

Je trouve la démarche vraiment cool, parce que déjà la cambrousse repose de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins. Cela pousse les gens à adopter une nouvelle démarche, pique la curiosité, aiguise les sens, cette nouveauté peut se concevoir aussi comme un besoin de renouer avec un agencement universel.


« L'humanité est une suite discontinue d'hommes libres qu'isole irrémédiablement leur subjectivité. » Simone de Beauvoir


Les Cabrols – écovivial c'est une démarche agroécologique en une interaction écologique entre agriculture, agronomie, social et culturel. Les résidents ont recrée ce lieu avec l'intention légitime de partager, d’échanger, d'harmoniser. L'aménagement d'une grange en salle culturelle est symptomatique de cet état d'esprit, et la coopération avec La Lune Derrière Les Granges fait valoir des valeurs communes de manière indubitable. A noter aussi la présence d'une délégation du crew de L'Xtremefest.

Pendant que les groupes se restauraient dans la cuisine d'antan, il était évident d'obtenir un éclairage sur cette initiative et les gens des Cabrols.





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Suite à l'annulation du groupe Not Scientist, c'est LA PYRALE au pied-levée qui a débuté la soirée.

La Pyrale du buis est une espèce de lépidoptères originaire d'Extrême-Orient devenu invasive depuis les années 2000 en Europe. C'est aussi un duo qui vient de sortir un E.P éponyme 6 titres. Sur la page bandcamp du label Ascèse Records j'avais trouvé leur musique un peu maniérée, alors qu'en live je suis agréablement surpris de voir émerger et prédominer des éléments post-rock et de rock anguleux avec une ampleur déterminante. Il y avait aussi beaucoup d'extases autour de ces sensations vaporeuses entendues par cette musique charnue et même sensuelle. Une boite à rythme, des éléments de musiques électroniques et deux guitaristes. Le décor paraît sommaire, pourtant La Pyrale impose sa liberté de ton. Il en émane des atmosphères éparses, granuleuses, permettant d'apporter contraste et tension, là où se joue l'attraction, l'hypnose, et vers cet état de symbiose ambiant capable de révéler la beauté des forces naturelles.





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Déclamer de la poésie misanthropique sur des mélo-beats synthétiques bouillonnantes c'est avoir le sang froid aussi chaud qu'une verge en érection devant une femme en chaleur.

Dans la pièce à vivre de la turne des Cabrols trois barbus me font face, c'est Michel Thor (chant/guitare), Balkany Kordy (machine) et Louis De Funeste (machine) du groupe HYSTERIE. Rencontre conviviale au plus près de l'os musical d'un trio bouffé par le ver luisant de la cold indus.



Dans la grange le froid de la nuit s'est emparé de nous glacer les os, de plus c'est avec HYSTERIE que nous devons nous réchauffer.

Convoquant le spectre vipérin d'Alan Vega de Suicide et son minimalisme, la face grège du béton brut du «  seul contre tous » de Gaspar Noé, la sinueuse musicalité électro danse sous le cloître lunaire et fait vibrer les corps par des remous vibratoires répétitifs. Bestialité rythmique robotique, séquence orgiaque de bouffée de chaleur expiatoire, la chair musicale d'Hystérie résonne dans la glaciation cold indus tout autant que dans la pétulante électrowave. Des riffs de guitares sinueux et ambiant transfigurent l'ensemble. Le chant hurlé déclame, il scande dans le froid sépulcral de la grange en un cri primal, vomissant les boyaux irascibles de l’indicible.

Le public danse sur les cendres chaudes du nihilisme d'Hystérie comme Adjani dans possession le film d'Andrzej Żuławski : Tecktonic des plaques soniques.


Tecktonic

Le groupe questionne en posant sa violence cathartique. Est ce que Michel Thor est un agitateur véritable ou un personnage habité dans sa vérité ? Cette question est venue se percuter sans que j'en résolve un semblant de réponse.

Je me suis demandé si l'équation artistique de ce groupe au départ de leur existence était : sang froid électro + rap = slam-froid hystérique ?



Je pense que le proto-punk a dû jouer de courant alternatif dans son rôle de dynamo. Dans sa veine évolutive il est certain que la noirceur psychotique est devenu une transe corrosive, et qu'elle s'est engouffrée dans la brèche pour une constellation de torsion sonique et de souffre épileptique. Souvent affilié à Metal Urbain et au Béru pour la cassure musicale du premier et la protestation du second, je trouve davantage de consanguinité musicale avec le nihilisme du groupe Programme, formé en 1997 composé d'Arnaud Michniak (ex-Diabologum) (textes, musiques) et de Damien Bétous (musiques, programmations). Ainsi qu'avec le rap de Nonstop de Fredo Roman en spoken words sur des textes surréalistes et haineux et des instrumentations hip-hop agressives et bruitistes. Dont le dernier album date de 2009 et s'intitulait « J'ai Rien Compris Mais Je Suis D'Accord ».

Le dernier titre joué s'est détaché du reste de leur set en étant davantage rock dans sa composition, avec un Pink Floyd époque Syd Barret, des riffs doom en son clair, un Public Image Ltd au psychédélisme électronique catatonique.

Il n'y a pas de frénésie synthpunk chez Hystérie, il y a une violence sourde et froide, un appel névrotique à expurger le fiel et à faire trémousser les particules élémentaires.



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Connaissez-vous l'histoire d'amour entre une tronçonneuse et une plume ?

Un entretien capiteux était indispensable pour en comprendre la nature, parce que BITPART façonne une noise pop mélodique avec une musique inique ayant la banane du Velvet, le rabot à fer de Sonic Youth,  la désinvolte sophistication douceâtre de Yo La Tengo.



BITPART (2010) est un trio né des cendres de Fat Beavers (début 2009) dont le nom est une référence à la chanson des Lemonheads..

« I want a bit part in your life ; Rehearsing all the time »

« Je veux un peu de ta vie ; Répéter tout le temps »

Guitare Fender mustang, chemise à carreau, converse colorée, c'est parti pour un set rocailleux Sebadoh/Pavement sound et de douceur sucrée dans un mood à la Deerhoof. Bien cool évidement, un truc 90's, absolument pas lisse, il faut saigner de l'oreille pour ressentir le sucre mélodique, et il y en a.


« Une vie humaine paraît presque toujours incomplète. Elle est comme un fragment isolé dans un long message dont elle ne nous livre qu'une faible partie, souvent indéchiffrable. » Julien Green


La mélodie sonique de Bitpart est similaire, elle paraît incomplète, isolée, indéchiffrable, et pourtant quand elle se découvre tout devient clair. Le groupe préfère l'authenticité, la spontanéité...Tout en optant pour une recherche pondérée tant mélodique que rythmique. C'est à la fois un rock lo-fi tendu et dissonant comme Pavement/Lemonheads, et des structures mélodiques ouatées comme The Breeders. C'est une musique âpre, raboteuse, hirsute, et à la fois avec toujours l'insouciance d'une révolte permanente.

Le groupe a une discographie qui en suit la liberté, et a réalisé pas mal de collaboration avec des split E.P ( Joyride, Ghost Trap, Blanche Beach ) en fonction des opportunités et des affinités. Je vous conseille d'aller visionner la chaîne youtube de Bitpart très bien fournie avec des séquences de leurs tournées, ainsi qu'une série intitulée drawings & noises absolument magnifique.





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MARY BELL c'est une convulsion du rock alternatif dans un mood de Riot Grrl griffé par le Tigre et dans l'agitation permanente du proto-punks des Stooges. Un moyen d'extraire frustration et violence pour tout traduire en art sonique.

Rencontre spontanée dans le décor terrien de la ferme des Cabrols lors de la soirée du 26/10/2018, avec une luminosité assortie à la couleur des fauteuils et un chat qui vomit.



Pendant que les garçons repassent l'ossature rythmique avec douceur, les filles cassent la vaisselle sonique, secoue les cloisons musicales et exaltent en chipie.

Ça couine en furie un chant éraillé, la guitare libère le suc gastrique fuzzien sur des mélodies papier verre, la basse se colle aux courbes pendant que la batterie trépigne à l'ampleur du chant. Il y a de l'espièglerie dans ce retour enfantin au désordre, à manier avec liberté l’innocence et le désenchantement tout à la fois. De cette grogne sauvage de l’existence on a vu le saut éperdu d'un rock riot Grrl, avec son ersatz de venin subliminal et la même dose d'absurdité folle que les Melvins parfois, peut-être par le regard du groupe sur l'aberration du monde ? Parce que Mary Bell est en colère et à trouver le moyen d'extraire la frustration et de la traduire dans son art électrique.



Etant donné son goût pour l'esthétique ésotérique j'ai oublié de mentionner à Mary Bell l'existence du livre « Paris occulte : alchimistes de l'ombre, spirites inspirés, mages sulfureux, traqueurs de fantômes et astrologues visionnaires » de Bertrand Matot.

Rendez-vous compte qu'au milieu du XIXe siècle la fascination pour les sciences occultes prend une ampleur inédite puisque dans les salons de la bonne société on faisait danser les tables pour communiquer avec l'au-delà et les fantômes. Alors que dans notre 21ième siècle ce qui est regrettable c'est que l'on ne fait plus que tourner les serviettes.


La soirée s'est terminée sur cette bourrasque musicale et le froid automnal, cela ne nous a pas fait oublier qu'il faut toujours rester au plus prêt de son excitation enfantine, seule capable d'être toujours émerveillé par le syndrome de Peter Pan.

Merci à l’hospitalité de la ferme Les Cabrols, à l'organisation de La Lune Derrière Les Granges, à tous les groupes, et à toutes les personnes du public pour cette soirée.


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jeudi, juin 28 2018

L'Xtreme castagne Ô mètre de la Lune !


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En l'an de grâce 2018, un 16 juin anodin pendant la marche mondiale éco-responsable des vendeurs de voitures d'occasion, l'association Castraise La Lune Derrière Les Granges entame les dernières manifestations de sa semaine chamboule tout. Ce soir-là c'était une Xtreme before party co-organisé avec Pollux, cela se passait au Bar O mètre, lieu incontournable des concerts de la ville championne de France de rugby en top 14. Yessssss papa !!

Avec Junk et oim on est arrivé devant le rade, frais comme des gardons. À tous ceux qui n'ont jamais vu la queue d'un requin dans la Méditerranée, au WallaBirZine on a vu arriver un aileron à Castres et réalisé une ITW sur le vif. Il se nomme Terror Shark, vient de Montpellier et il est vraiment très fun !



Mais c'est quand même les Albigeois de HypocondriaX qui ont ouvert le ban.

Les mecs étaient venus avec la décontraction princière du manège à Pollux, plus communément réputé dans le nord du Tarn par le terme savant de Zguenitude. Le quatuor a fourni un set caractéristique de leur syndrome HxC punk, avec une libération excessive et manifeste de symptôme contondant. Les gaziers nous ont assénés une piqûre de rappel de tous les antidotes qui font rugir le pit. Presque sans temps mort, HypocondriaX a posé son rythme de combat, intègre, sincère, spontané.



C'est toujours un coOol moment ce groupe en live, si vous avez la possibilité d'aller les voir, n'hésitez plus, leur sauce punk 90's/HxC oldschool vaut le coup de coude dans les côtes flottantes. D'ailleurs les jeunes ont pris une baffe !


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Vous pouvez, si ce n’est déjà fait, en apprendre davantage sur ce groupe via l’itw visible sur la chaîne WallaBirZine.

Puis ce fut le tour de force des Mazamétains de Black Mountain Bastards.

C’est que là mes agneaux, le mood avait changé pour un mélange de hardcore thrashy pour fans de Municipal Waste et Terror. Cela signifie que la force obscure de la Montagne noire coule dans les compositions du groupe, et a renversé le pit dans une collusion de corps. Pendant que le groupe envoyait le fer et le bois avec l'acier et les métaux lourds de son super mélange, le public dansait uniquement en parlant avec les mains, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Je fais un aparté, oui je préviens, je digresse. Donc, d'habitude quand je vais dans une agglomération conséquente pour assister à un concert dans un rade, le public semble blasé/rassasié par la multitude d'offres proposées. De plus son attitude n'est pas encline à désobéir au code en vigueur pour briller en société du paraître. Heyyyy ce n’est pas une critique, c’est juste une constatation. Si tu pousses vers la cambrousse, tu devrais rencontrer un public beaucoup plus timoré face à l'audace. Il est tangible et notable que les paysans sont des taiseux, assujettis à dissimuler leur émotion. Mais parfois dans certaine province reculée de la civilisation citadine il en est autrement, et l’on n’a pas encore l’explication ?!?

Parfois donc, il semblerait que les codes ont disparu, et que les taciturnes n'en sont pas, puisqu'ils deviennent émancipés au point d'éprouver une totale liberté pour faire mouvoir leur corps élastique, ou pas d'ailleurs. Enfin, on ne voit pas autant d'indépendance désinvolte, de sauvagerie effrontée, et d'anarchique liberté que dans ce genre de lieu ou le terme de blasé ne convient guère. C'est assez amusant et finalement rare pour être mentionné. Hors à Castres et cela fait déjà plusieurs fois que je m'en rends compte, le public de paysans compte très souvent ce genre de fadas prêt et prompt à savourer le temps présent jusqu'à la dernière goutte. Bien entendu et j'en fais partie, il y en a pour tous les goûts, et les gentils taciturnes qui tapotent du pied existent. Mais devant la bousculade et les contorsions corporelles de la Saturday night fever Castraise, tout cela ne dénoterait nullement pendant un spectacle de danse contemporaine.

Black Mountain Bastards a débroussaillé le pit, lui donnant cet aspect brut, viril et copieux, un peu pareil qu'en ovalie, mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).



Le fait d'armes du soir : (et ce qui ne veut pas dire qu'il y en a de la sorte à chaque fois de cet acabit)

Au début, il est dû à un véhicule imposant qui s’est octroyé la possibilité de pousser la jeunesse punk HxC disposée entre le parking et le devant du trottoir du bar. Un homme d’âge mûr est sorti du véhicule et apposa avec toupet son point de vue en sortant des remontrances de goujat. Un gamin encore tout retourné par le fait d'avoir pu être écrasé lui a rétorqué son imprudence, le grossier personnage l’a de suite bousculé, à partir de quoi la situation dégénéra quelque peu avec un langage dont je ne peux en inventorier la teneur par pure pudibonderie.

Le monsieur est un polynésien ou un autochtone de Nouvelle-Calédonie (désolé mais je confonds les 2) de 130 kg, en face c'est un poids super-légers de 20 piges, Gnnééééééééééé ! Un rapport de force que la maréchaussée n'a pas jugé bon d'interpréter à bon escient en embarquant le gamin pour une déposition en bonne et due forme. Gnnééééééééééé ! Quoiqu'il en soi et contre toute attente, le gamin a balancé une praline sur le tarin et péter un verre sur la nuque du gros, lequel n'a pas bronché, sans émettre une goutte de sang, rien, nada, prout, un véritable châtaigner le gonze. À toi on te fait cela et tu pisses rouge jusqu'à remplir les caves vigneronnes de la coopérative de St Chinian.

Que peut-on dire de l’impertinence de cet incident fortuit : Tout d’abord que c’est un fait rare, et puis que c’est désolant, car il fait subir au chef de l’établissement du bar ainsi qu'aux associations organisatrices de concert, une image écornée de l'ambiance fun & coOol qu'elles essayent avec abnégation d'apporter. Connaissant votre esprit affranchi et la vigueur de votre intelligence bienveillante, je ne doute pas un instant que lors d'un prochain raout à Castres, cette anecdote insolite n'aura plus lieu d'être, ou si ce n’est comme un étrange et mauvais souvenir.

Ce qui sans transition nous amène au bord de l'eau de Palavas les flots.


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"Interdire la baignade ? Mais, vous n'y pensez pas ! Nous sommes en pleine saison touristique..." 

On ne dira jamais qu'un set de Terror Shark est bon enfant. Premièrement les enfants sont déjà couchés quand il joue, et que secondo si tu fous ton gosse à la flotte du pit il va avoir besoin de Cousteau pour aller le remonter du fin fond des eaux troubles.

Le squale terrifiant est un trio adoubé par un fun crossover à la trinité abréviatrice S.O.D / M.O.D / D.R.I. Si tu connais alors tu as pigé dans quel foutoir sans nom la baignade du soir a fini avec fessé hardcore, poilade thrashy, et un crossover à la camaraderie effrontée, un peu pareil qu'en ovalie mais sans l'olive = ballon (pour les néophytes).

Même si à Montpellier ces derniers temps ils ont du mal à cicatriser encore avec la vaseline qui dégouline le long des cuisses depuis la finale. Ouchhhhhhhhhhhh !!!

Quoiqu'il en soi Terror Shark avait la dentition affûtée et le cuir épais, comme quand il a joué au festival de l'Xtremefest en 2017, et par deux fois même, dont une dans la fameuse The X Cage, répondant à la réplique de Hooper dans le classique ‘’Les Dents de la Mer’’: "Le requin va mettre votre cage en bouillie".

Ébouriffant concert pour les uns, voire les Huns même, tant on ne sut réellement dans quel heurt soniques nous étions tombés. Ce qui est certain c'est que ce fut un joyeux bordel. Si le public s'est écharpé, c'était dans le respect du pit conforme à la Mosher Team des garrigues, et pour un set à la Beach Boys « Fun, Fun, Fun ! » aka le grand requin blanc « Gniak Gniak Gniak ! »


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Merci à l'équipe (rincée après toute une semaine et une année de travail) de La Lune Derrière Les Granges, à la Pollux society pour le Zguen-style Xtremement festif, à Hyponcondriax, B.M.B, Terror Shark pour les concerts, et aux ami.es du sud tarnais pour l'ambiance, comme la sosie de Mado la niçoise, mais avec la tchache d’une paybassolle de Narbonne, Vincent Big Jim qui a encore pris du volume musculaire, Raph et ses mains qui sentent le lait pour bébé, Rachid et son perfecto de biker pour Vespa, le tatoueur qui aime Shelter (tu avais raison « The Purpose, the Passion » est un excellent album), Chris l’autre tatoueur qui est parti avec Sharky le requin gonflable de Terror Shark, et puis le réalisateur/monteur/technicien/créateur de la partie Vidéo du WBZ, le majestueux Junk cacahuète & jus d'orange !

CiaO))) & bisous de la montagne noire.


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vendredi, mai 4 2018

L'aventure de l’ordinaire dans le vidéogame

C'était une soirée placée sous le signe numérologie du 3, avec trois groupes en formation trio pour une trinité idoine au proverbe jamais deux sans trois.


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Autre sujet et plus délicat dont ce webzine a dû en faire le constat, puisque au vu de la passion que nourrisse la plupart des gens pour la lecture, le WallaBirZine vous propose la vision de plusieurs vidéos relatant des entretiens et la soirée du 14 Avril 2018 organisée par La Lune Derrière La Grange au Bar O Mètre à Castres, afin de permettre une lecture aussi facile à ingurgiter que de la junk-food.

Vous aviez eu l’opportunité d'une première vidéo énigmatique bidouillée avec la spontanéité d'une équipée sauvage. Nous vous offrons une série de quatre ITW digne d'un reportage de Cousteau, oui en immersion totale dans les bas-fonds, puis sans tuba et sans masque en plus, c'est dire si l'apnégation dont nous avons pour la discipline underground ne souffre d’aucune contestation. On remercie chaleureusement tous les groupes et l'Assos de La Lune.


# LA LUNE DERRIERE LES GRANGES

Ne jamais promettre la Lune est une contrevérité à Castres, la preuve en est que depuis que l'association La Lune Derrière Les Granges promeut la culture sous toutes ces formes, la fée électrique est revenue dans la montagne noire afin d'hérisser les poils du pubis, foutre du plomb riffique dans les bars, et frictionner l'imagination de chacun.

Si chacun de nous est une lune avec une face cachée que personne ne voit, le WallaBirZine a décidé de mettre en lumière cette association à travers son guide spirituel. Ahhh oui, et puis n'oublies surtout pas que si tu vises la pleine Lune, derrière tu atteins les étoiles.



# Enlòc

Des groupes de punk rock qui défendent les minorités silencieuses c'est assez répandu, et Enlòc en fait intégralement partie, par contre il n'exclue pas la langue Occitane, et ça c'est peu commun finalement. Les gaziers viennent de l'Aveyron, un terroir roquefortant le monde avec le meilleur fromage moisi de la planète. Le chant est en français, anglais, occitan, et la zique un mélange de Nofx et Charlie Fiasco. Ah! et ouaie, chose vitale il n'y a pas de biniou !

Depuis le 1er janvier 2016 la carte reconfigurée des régions  forme pour le cas de l’Occitanie une réplique parfaite de l'époque Cathare, tu en viens à te demander si il était bien nécessaire à Simon De Monfort une telle débauche de massacre pour revenir ainsi ? Combatif, Enlòc a fourni un set avec la sève pugnace que l'on pratique pendant la castagne, il a ouvert le bal populaire et aussi l'interview des orchestres du soir. Comme avec tous les autres groupes la rencontre c'est passée tranquillement, on a tcharé/discuté à la coOol, ba pla !

Un truc vraiment fun c'est que le groupe finit son concert avec un rock psyché et du coup tu es réellement pris au dépourvu. Par la suite j'ai demandé si c'était une nouvelle orientation musicale, en fait il cherchait quelque chose pour conclure de différent et l'effet aussi surprenant qu'il apparaît s'intègre parfaitement. Du zouk ? Non là mec t'exagères...

Autre chose, j'avais oublié de mettre en propos un sujet qui m’est apparu important, du coup on l'a fait en fin de soirée. Parce que du parla patois de Massilia pour les amateurs de pastissade au poulet basquaise d'Eskorbuto à Kortatu et Negu Gorriak, il y a une question outrecuidante sur la représentativité du langage via le côté régionaliste, autonome, indépendantiste, nationaliste. Enfin tu vois le bordel c’est comme la guerre au proche orient, une difficulté à exhorter chaque différence d'appréciation sans faire d’amalgame.




# Ben & Fist

Dans la carabistouille jupitérienne actuelle, un groupe comme Ben & Fist évoque une soirée étape dans le gîte rural de la Fistinière pour celui qui est en marche dans la profondeur de sa destinée, hors il n'en est rien, du moins pas à ma connaissance. Les trois mousquetaires du punk rock sont deux gascons, l'autre avec son jeu de main est batteur Toulousain. Voilà pour une présentation sommaire, car ils étaient déjà venus jouer des coudes dans le Bar O mètre le 30 septembre 2017, pile une semaine avant la sortie de l'opus Au pire, on se sera bien marré, à ranger entre le premier E.P de Jean Louis Murat « Suicidez-vous le peuple est mort » et le 17,5cm « La Salsa Du démon » de l’orchestre du Splendid.

Derrière ce second album emprunt d'une sagesse désinvolte, se trouve néanmoins la pensée positive, devenue à la mode ces derniers temps. Ce précepte permet à chacun de prendre référence sur ce qu’il convient d’adopter en toute situation, et avec le sourire qui plus est. Dans le sud nous avons aussi une citation référence pour prendre les choses en main, dans une attitude foncièrement positive et lors d'événements fortuits tels qu’ils se présentent. Mais à la place du keep calm anglo-saxon un peu rêche, nous avons un ‘’Va chier à la vigne’’ un tantinet plus explicite. C'est avec cet état d'esprit propre à la sudisterie profonde que nous avons retrouvé Ben & Fist, aussi jovial en interview que pendant leur concert. Le trio, outre sa pugnacité à travers ses titres d'une plasticité mélodique fantastique, nous a offert une cover de Nofx Juice Head (merci Vincent), devenu selon la traduction littérale propre à l'Auscitain cul sec , mais sans le délire à la Licence IV tout de même. Le trio s'appliquera sans détour à donner autant de décontraction que de couillardise à son concert, et tout ceci en prônant leur fameux sens déprestif, dont vous aurez pris connaissance avec la limpidité d'une canette de 33 export vide lors de l'itw qui suit...




# Guerilla Poubelle

On aura beau foutre le feu à une benne à déchet pour protester contre un système vicié par essence, il ne se passera rien de plus qu'une odeur de plastique cramé et un enfumage métaphorique concret. Pour assouvir votre amertume je ne saurais trop vous conseiller le support de Guerilla Poubelle toutefois.

Le groupe revenait de Toulon. Il avait dû faire un détour par Nîmes pour l'achat d'une tête d'ampli basse neuve, et poser l'ancienne à Montpellier. C'était la dernière interview à réaliser sur la terrasse du Bar O Mètre. Il faisait un froid de gueux saperlipopette, le pire c'est que le lendemain j'étais en tenue réglementaire printanière short/t-shirt.

L'attrait émancipateur que procure un concert de punk rock se teinte d'une ardeur légitime pour que l'énergie circule, mais aussi et comme l'a si bien remarqué Till, le guitariste/chanteur, d'une sorte d'intrusion pour ceux et celles qui vivent cette énergie d'une façon différente. Ce point d'attention est significatif de l'approche punk rock de Guerilla Poubelle, tout droit venu de cet ancrage humaniste sur celui/celle dont le repli, la timidité, l'invisibilité l’éloigne un temps de cette vie imposée en perpétuelle compétition. Sans que cela soit vu d'une manière moralisatrice, le groupe évoque pleinement cette souffrance sourde qui n'a plus écho dans le dépotoir énigmatique de cette guerre sans fin contre la connerie universelle.

Juste avant que les orchestres aillent se restaurer, Guerilla Poubelle est donc passé à table pour le WBZ, tout aussi décontracté que les gaziers du sud-ouest, avec Till et son chat enroué dans la gorge, le batteur Paul Péchenart, qui a un homonyme, son père, lequel en 1973 a monté les Dogs avec Dominique Laboubée, Michel Gross et François Camuzeaux, puis enfin le spontané Anthony Sanchis, qui ne pouvait se douter une seconde que la tête d'ampli neuve ne teindrait pas le choc absorbé par l’effervescence Castraise.