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Huata n'a jamais conçu le même disque.

C'est quand même assez balèze dans le doom.

Fondé dans les bas-fonds sépulcraux du post-Electric Wizard, le groupe a depuis foncièrement rebouté l'ensemble de ses disposions musicales.

Ce nouvel opus "Lux Initiatrix Terrae" possède à la fois la verticalité d'une cathédrale, l'apesanteur sonique d'une cérémonie de ventre-bleu protestante Pink Flyodienne, l’onctuosité planante de Mars Red Sky, d'une nimbée spectrale de caresse post-rock islandaise...Et même de cette douceur des profondeurs de descendre dans les profondeurs éthérées de l'obscurité de Year of No Light.

Ceux.lles qui ont cru voir le groupe comme une bande de moines bénédictins à la solde de Belzébuth ne verront dans cet album qu'un bain de clocher doOom pieusement rectiligne dans son cheminement musical, avançant pas à pas feutrés dans les délices d'une ornementation gigantesque. Mais comment ne pas voir les oripeaux fantomatiques de l'orgue et ces longues colonnes baroques, cette résurgence divine de cantiques maléfiques, jouxtant dans chaque titre le murmure du diable et de son précipice ?

Le disque grandit en vous avec cette luminosité teintée de vestige, de vertige. C'est une histoire de S-F, de conte horrifique tout à la fois...Peut-être de funéraille mélodramatique offerte comme le ravissement que les gothiques éprouvent devant un linceul capiteux.


C'est un grand disque Belzébuthien, oniriquement subliminal, cérémonieusement languide, lumineusement spectral.


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