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Une lumière dans le haut brouillard existentiel, un phare dans les nuits hasardeuses de moiteur angoissante, un réflecteur à intensité sonique, un projecteur à particule fine émotionnelle qui s'immisce en vous pour y consumer la flamme du punk rock. Hot Water Music est le nom d'une nouvelle de Charles Bukowski et surtout un groupe primordial, capable de vous faire aimer l'agonie terrestre, avec sa chaleur mélancolique, son émouvante beauté, son amour inconditionnel pour la tragédie humaine, son opposition à la politique manipulatrice, et tout le temps sur une musicalité qui va direct au cœur, sombre, puissante, épaississante comme la douceur maternelle, chauffante comme l’estime paternelle, c'est un choc et une source intarissable de félicité.

Puisant à la racine de leur début discographique pour ce disque, le groupe déploie un punk rock catchy, efficace, émotionnel, avec son lot de condensation, de surtension, et d'embellie revigorante. Car c’est revigorant de se rechercher avec ces vieux punkers. On y trouve la nostalgie et ce que l’on est à présent. Empruntant la voie punk de Bad Religion et post-HxC de Fugazi, de l'emocore de Jawbreaker à Miltown, ce Light It Up est criblé de compositions de hautes qualités.

Des d'hymnes rageuses post-HxC des débuts ne subsistent finalement que la rage d'exister à travers une émotion brute et libératrice. L’album est plus abrasif que son prédécesseur Exister, il fait une belle part dans sa filiation à être garant du flambeau discographique du groupe, à savoir passionné et intègre.

Le chant éraillé de Chuck Ragan, remplit de cette virilité musquée des bois et de ce mood Hemingwayien de l’écrivain. La sincérité combative du combo est représentative de son énergie, de sa maîtrise du songwriting, de sa maturité de mélange d'essence sonique afin de créer la combustion nécessaire à l'embrasement émotionnel...Se juxtapose ainsi à l’aboutissement de leur pochette, leur maison brûle et notre corps à cœur avec eux aussi !

Tous ceux qui aujourd'hui font la moue en écoutant ce disque avec un bof, bof comme réaction de jugement hâtif, dans quelques années les mêmes lanceront guilleret sur ce même album : putain c'était la belle époque , j'en suis certain, j'ai déjà vécu ce passage à maintes reprises...