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J'en ai marre d'entendre des gens cracher leur nausée, et encore plus du cynisme des gens en face d'eux gifler leur sûreté arrogante. Pendant un temps cela me faisait rire d'entendre les vieilles personnes dirent qu'elles préféraient dorénavant écouter de la douceur plutôt qu'une forme de violence perpétuelle. ( Hey cela ferait un super nom de groupe - Violence perpétüelle - ? )

Bon et bien je les comprends aujourd'hui. Je suis donc devenu vieux. J'en ai parfaitement conscience, j'en ai marre de ce monde oscillant dans le préfabriqué cliquant et la moisissure suppurante.

Les allemands de DWEF font partie de la moisissure suppurante, et ils vomissent sur la terre entière avec violence et douceur. Alors forcément la douceur est relative ici, vraiment. Disons que communément quand l'on crache de mépris, la violence reçue est pour le moins agressive, pourtant la salive du crachat elle-même est douce. Je ne sais vraiment pas si vous saisissez la nuance ? Mais bon passons...

Ce « Finisterre » jouxte cette forme ambivalence de barbarie ambiante et de splendeur brutale.

L'oscillation post-black fonctionne de manière coordonnée, elle est parfaite pour acclimater à tous les contrastes qu'alterne le groupe. La rage est vaporeuse, le rêve est fait de larmes, la beauté aussi brutale que la réalité sera colère dans l'oubli. La ligne atmosphérique est un horizon, la noirceur n'est que plus sombre quand elle est prise dans l'éclat d'une lumière, même nébuleuse.

Le groupe n'est jamais brouillon pour autant, il n’utilise pas son black comme un brouillard, il n'utilise pas son émotion comme un mouchoir. Il sait tordre, se sait tendre. De plus avec le temps il contrôle sa colère, en apaise la rancœur pour la joindre avec suffisamment de distance et en façonner ses compositions. Cette mesure est un équilibre précieux dans la fusion entre son acier sonique et son éther émotionnel.

Ce n'est pas un bout de chair froide que mastique DWEF, c'est le battement chaud et terrible de l'humanité, avec ces lambeaux d'existence aussi forte que fragile.

On n'est pas dans la glaciation austère, ni dans l'austérité brute du black, pas plus que dans le bouillonnement tellurique et serein du post-rock. Mais dans un intermédiaire qui tient lieu de vie.

“Me voici, être humain violent, blanc, noir, brun ou rouge, et il ne m'intéresse pas de savoir si j'ai hérité de cette violence ou si la société l'a engendré en moi : ce qu'il m'importe de savoir, c'est si je peux m'en libérer.” Jiddu Krishnamurti


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