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Une nouvelle perforation sonique de brutal death old school des maîtres en la matière est toujours reçue par une prosternation dans le WBZ. On ne prend jamais avec légèreté un opus de Cannibal Corpse et une étude complète est obligatoire.

La qualité sonore est bien présente, c'est une véritable explosion sonique qui transparaît pendant 45 mn, le travail d'Erik Rutan symbiose avec intérêt à la corrosion du son old school. Il s'en dégage des atmosphères parfaites à l'univers gore du quintet floridien, et en libère la barbarie, et je ne vous parle même pas de l’agressivité tourbillonnante qui s'impose comme un typhon et entrechoque les neurones du cerveau en compote pour bébé.

Niveau lourdeur, on est servi avec une bonne épaisseur de graisse, histoire de passer l'hiver dessus bien au chaud et rembourré avec cette matière huileuse. Les solis sont tour à tour véloces et rapides à la Slayer, ou tout aussi incisif qu'à la Deicide. Les breaks rythmiques se font amples et ouvrent les séquences morbides comme on éventre avec une tronçonneuse de précision une carcasse molle remplit de victuaille pour viandard. Le groupe et il me semble que c'est devenu tendance, est revenu à ses fondamentaux, parce que les ébats qui allongent la durée de leurs séquences d’abattages finalement tout le monde s'en branle, ce que l'on attend et entend c'est la fureur sonique venir tout écraser sur son passage (le plus étroit possible le passage bien entendu).

On ne peut pas dire que l'évolution du groupe fut exemplaire depuis leur début, Cannibal Corpse c'est un peu le AC/DC du brutal, tu sais ce que tu vas prendre dans les ratiches à l'avance et quand ça arrive enfin, tu as beau faire le fanfaron mais au lieu d'avancer vers la percussion avec la bravoure d’un légionnaire sur une chèvre tu recules tellement tu prends cher dans ta gueule.

Cannibal Corpse a toujours élevé le débat au niveau des viscères, son art visuel n'est plus à débattre depuis fort longtemps, et sa dimension musicale remplit les enceintes avec une contamination élégiaque. Si bon nombre de groupes contemporains recopient l'original avec une technicité exemplaire, jamais ils ne pourront atteindre ce rang royal que les floridiens ont atteint, très certainement parce que depuis plus de vingt ans ce groupe demeure à jamais comme celui qui a poussé le refoulement bien au-delà de la dépravation, de l’agressivité, et de la violence pure.

De l'insoutenable à l'inconcevable Cannibal Corpse en est le maître incontesté, aucune nouveauté, rien que du brut, du brutal, point final.


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