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Tag - Ben Fist

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vendredi, mai 4 2018

L'aventure de l’ordinaire dans le vidéogame

C'était une soirée placée sous le signe numérologie du 3, avec trois groupes en formation trio pour une trinité idoine au proverbe jamais deux sans trois.


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Autre sujet et plus délicat dont ce webzine a dû en faire le constat, puisque au vu de la passion que nourrisse la plupart des gens pour la lecture, le WallaBirZine vous propose la vision de plusieurs vidéos relatant des entretiens et la soirée du 14 Avril 2018 organisée par La Lune Derrière La Grange au Bar O Mètre à Castres, afin de permettre une lecture aussi facile à ingurgiter que de la junk-food.

Vous aviez eu l’opportunité d'une première vidéo énigmatique bidouillée avec la spontanéité d'une équipée sauvage. Nous vous offrons une série de quatre ITW digne d'un reportage de Cousteau, oui en immersion totale dans les bas-fonds, puis sans tuba et sans masque en plus, c'est dire si l'apnégation dont nous avons pour la discipline underground ne souffre d’aucune contestation. On remercie chaleureusement tous les groupes et l'Assos de La Lune.


# LA LUNE DERRIERE LES GRANGES

Ne jamais promettre la Lune est une contrevérité à Castres, la preuve en est que depuis que l'association La Lune Derrière Les Granges promeut la culture sous toutes ces formes, la fée électrique est revenue dans la montagne noire afin d'hérisser les poils du pubis, foutre du plomb riffique dans les bars, et frictionner l'imagination de chacun.

Si chacun de nous est une lune avec une face cachée que personne ne voit, le WallaBirZine a décidé de mettre en lumière cette association à travers son guide spirituel. Ahhh oui, et puis n'oublies surtout pas que si tu vises la pleine Lune, derrière tu atteins les étoiles.



# Enlòc

Des groupes de punk rock qui défendent les minorités silencieuses c'est assez répandu, et Enlòc en fait intégralement partie, par contre il n'exclue pas la langue Occitane, et ça c'est peu commun finalement. Les gaziers viennent de l'Aveyron, un terroir roquefortant le monde avec le meilleur fromage moisi de la planète. Le chant est en français, anglais, occitan, et la zique un mélange de Nofx et Charlie Fiasco. Ah! et ouaie, chose vitale il n'y a pas de biniou !

Depuis le 1er janvier 2016 la carte reconfigurée des régions  forme pour le cas de l’Occitanie une réplique parfaite de l'époque Cathare, tu en viens à te demander si il était bien nécessaire à Simon De Monfort une telle débauche de massacre pour revenir ainsi ? Combatif, Enlòc a fourni un set avec la sève pugnace que l'on pratique pendant la castagne, il a ouvert le bal populaire et aussi l'interview des orchestres du soir. Comme avec tous les autres groupes la rencontre c'est passée tranquillement, on a tcharé/discuté à la coOol, ba pla !

Un truc vraiment fun c'est que le groupe finit son concert avec un rock psyché et du coup tu es réellement pris au dépourvu. Par la suite j'ai demandé si c'était une nouvelle orientation musicale, en fait il cherchait quelque chose pour conclure de différent et l'effet aussi surprenant qu'il apparaît s'intègre parfaitement. Du zouk ? Non là mec t'exagères...

Autre chose, j'avais oublié de mettre en propos un sujet qui m’est apparu important, du coup on l'a fait en fin de soirée. Parce que du parla patois de Massilia pour les amateurs de pastissade au poulet basquaise d'Eskorbuto à Kortatu et Negu Gorriak, il y a une question outrecuidante sur la représentativité du langage via le côté régionaliste, autonome, indépendantiste, nationaliste. Enfin tu vois le bordel c’est comme la guerre au proche orient, une difficulté à exhorter chaque différence d'appréciation sans faire d’amalgame.




# Ben & Fist

Dans la carabistouille jupitérienne actuelle, un groupe comme Ben & Fist évoque une soirée étape dans le gîte rural de la Fistinière pour celui qui est en marche dans la profondeur de sa destinée, hors il n'en est rien, du moins pas à ma connaissance. Les trois mousquetaires du punk rock sont deux gascons, l'autre avec son jeu de main est batteur Toulousain. Voilà pour une présentation sommaire, car ils étaient déjà venus jouer des coudes dans le Bar O mètre le 30 septembre 2017, pile une semaine avant la sortie de l'opus Au pire, on se sera bien marré, à ranger entre le premier E.P de Jean Louis Murat « Suicidez-vous le peuple est mort » et le 17,5cm « La Salsa Du démon » de l’orchestre du Splendid.

Derrière ce second album emprunt d'une sagesse désinvolte, se trouve néanmoins la pensée positive, devenue à la mode ces derniers temps. Ce précepte permet à chacun de prendre référence sur ce qu’il convient d’adopter en toute situation, et avec le sourire qui plus est. Dans le sud nous avons aussi une citation référence pour prendre les choses en main, dans une attitude foncièrement positive et lors d'événements fortuits tels qu’ils se présentent. Mais à la place du keep calm anglo-saxon un peu rêche, nous avons un ‘’Va chier à la vigne’’ un tantinet plus explicite. C'est avec cet état d'esprit propre à la sudisterie profonde que nous avons retrouvé Ben & Fist, aussi jovial en interview que pendant leur concert. Le trio, outre sa pugnacité à travers ses titres d'une plasticité mélodique fantastique, nous a offert une cover de Nofx Juice Head (merci Vincent), devenu selon la traduction littérale propre à l'Auscitain cul sec , mais sans le délire à la Licence IV tout de même. Le trio s'appliquera sans détour à donner autant de décontraction que de couillardise à son concert, et tout ceci en prônant leur fameux sens déprestif, dont vous aurez pris connaissance avec la limpidité d'une canette de 33 export vide lors de l'itw qui suit...




# Guerilla Poubelle

On aura beau foutre le feu à une benne à déchet pour protester contre un système vicié par essence, il ne se passera rien de plus qu'une odeur de plastique cramé et un enfumage métaphorique concret. Pour assouvir votre amertume je ne saurais trop vous conseiller le support de Guerilla Poubelle toutefois.

Le groupe revenait de Toulon. Il avait dû faire un détour par Nîmes pour l'achat d'une tête d'ampli basse neuve, et poser l'ancienne à Montpellier. C'était la dernière interview à réaliser sur la terrasse du Bar O Mètre. Il faisait un froid de gueux saperlipopette, le pire c'est que le lendemain j'étais en tenue réglementaire printanière short/t-shirt.

L'attrait émancipateur que procure un concert de punk rock se teinte d'une ardeur légitime pour que l'énergie circule, mais aussi et comme l'a si bien remarqué Till, le guitariste/chanteur, d'une sorte d'intrusion pour ceux et celles qui vivent cette énergie d'une façon différente. Ce point d'attention est significatif de l'approche punk rock de Guerilla Poubelle, tout droit venu de cet ancrage humaniste sur celui/celle dont le repli, la timidité, l'invisibilité l’éloigne un temps de cette vie imposée en perpétuelle compétition. Sans que cela soit vu d'une manière moralisatrice, le groupe évoque pleinement cette souffrance sourde qui n'a plus écho dans le dépotoir énigmatique de cette guerre sans fin contre la connerie universelle.

Juste avant que les orchestres aillent se restaurer, Guerilla Poubelle est donc passé à table pour le WBZ, tout aussi décontracté que les gaziers du sud-ouest, avec Till et son chat enroué dans la gorge, le batteur Paul Péchenart, qui a un homonyme, son père, lequel en 1973 a monté les Dogs avec Dominique Laboubée, Michel Gross et François Camuzeaux, puis enfin le spontané Anthony Sanchis, qui ne pouvait se douter une seconde que la tête d'ampli neuve ne teindrait pas le choc absorbé par l’effervescence Castraise.




dimanche, octobre 8 2017

OUTROSPECTION

On finissait à peine de rôtir d'un été caniculaire que le trouble automnal est arrivé cette année 2017 comme un coup de vent qui fait tournailler les feuilles dans sa farandole pessimiste.


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Ben ouaie c'est comme cela, on glisse dans ce mois pluvieux de Septembre où tout fourmille à nouveau, les préparatifs d'une nouvelle année scolaire et leur planification, et de tout un tas de truc pour préparer l'année en cours...P#tain que ça fout le cafard tout ce fatras, tout ce gris, alors que l'on a encore le bleu du ciel estival dans nos rêves de nuits chaudes.

C'était trop brusque en fait, c'est même difficile pour certain de s'acclimater à cette variation de température si soudaine. Les gorges sont prises, les nez coulent, ça fait la tronche, ça klaxonne, l'impatience et la frustration sont revenues. Les vacances sont déjà loin, noyées dans cette solution de flexibilité économique, de menaces terroristes, de compétitions sportives, et de tout ce chantage du nouvel ordre mondial, de toute cette inquiétude en un avenir morose, parfait pour exciter des terminaisons nerveuses en panique et ne faire fonctionner que le cerveau reptilien.

L'été les gens excités s'emmerdent à mourir, à la rentrée ils reviennent avec l'orgueilleuse appropriation de leur supériorité venimeuse pour harceler sur la conviction de leur réussite sociale. Comme si on en avait quelque chose à foutre.

On appelle cela le retour à la réalité après la parenthèse des congés.


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Dans la Ville de Castres un concert de punk rock est aussi rare qu'un concert de Hardcore, voire même d'un concert métAl, de stoner, de doom, de heavy, d'etc...Dans cette ville de province du sud le seul truc vraiment caractéristique c'est l'ennui qui prédomine. C'est un endroit où tu passes à côté de ta vie sans vraiment t'en rendre compte, mais comme un peu partout aussi si on y réfléchit bien.

Il s'est passé une scène dans les 80's avec des groupes de punk (Légitime Défonce, Les Malfrats, Kambrones...) et depuis cet acquis l'underground a croupi dans la désillusion de son passé. Il y a une salle subventionnée à la programmation hétéroclite mais chiante, comme partout. Cela fait des plombes que je vais sur Toulouse, pourtant dans l'ombre ça remue encore.

L'association la lune derrière la grange a proposé une soirée punk rock dans un bar où à l'adolescence j'allais sécher les cours du lycée professionnel. C'est étrange quand tu rentres dans ce genre d'endroit c'est pareil et différent. Le Bar Ô Mètre qui s’appelle maintenant, j'ai connu La Taverne, on y mangeait parfois aussi. J'étais accompagné de mon pote Junk, il avait son matériel pour figer l'instant avec des photos vraiment coOol. J'ai commandé un thé et lui un pastis, le barman était choqué comme disent les jneus.

Le président de la lune derrière la grange a dans la quarantaine, les yeux lourds de fatigue mais le regard désinvolte de celui qui a décidé d'agir plutôt que croupir. J'ai un immense respect pour ces gars de l'ombre, jamais avare à la tâche, soucieux de rêver dans l'accomplissement d'offrir à l'art sa plus belle offrande. Cela fait dix ans que cette troupe ferraille en tout sens pour faire partager, pour faire voyager. Des concerts, du théâtre, pour tout le monde, pour tous les goûts. L'éclectisme fait valeur de socle. Ce gars me fait penser à l'état d'esprit des Clash et à cette faculté de mélanger les genres pour une même lutte. Bravo et merci pour l'éclairage lunaire !


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Pendant que les enceintes du bar passe du Creedence Clearwater Revival, le boogy rock répand sa sauce americana et les vieux s'ébahissent en tapant du pied, la jeunesse picole, consulte son écran tactile, prise dans sa bulle hermétique et un semblant de relation sociale. On ne sait pas si elle s'en branle ou si c'est par timidité ? Les vieux du siècle dernier sont aussi seuls que cette jeunesse désinvolte, c'est spécial les relations sociales aujourd'hui, les codes se font par écran interposé, j'y pige rien, et en plus, j'en ai rien à foutre. Le cousin de Junk arrive et remet de l'anis dans sa gorge, Chris est un nouveau tatoueur dans la ville, le gars trimballe un physique de nounours et une trogne sympathique. Puis on est rejoint par Vincent, punker, sXe, végétalien, qui a commencé à pousser la fonte en Avril dernier pour épaissir un physique longiligne. Depuis les résultats sont là, la confiance aussi, le corps et l'esprit fonctionnent ensemble.

C'est le groupe MR GODSON qui commence à brancher les guitares pour un punk rock bipolaire. C'est vrai que l'humeur de leurs compositions est changeante, entre The Bushmen comme eux de Limoges et le punk de Circle Jerks et Dead K, tu vois ce mood distordu des 80's, assez rêche, raw, qui part dans les voies de garage, les ruelles mal famées. Le son est bizarre, les guitares faiblardes, le public participent, surtout Alex. Ça se trémousse gentiment mais sans plus. Godson claque sa zique, contourne, oblique, dérive, disperse, biaise, frictionne plusieurs entités punk. Des jeunes militaires jouent au billard dans un autre coin du bar un peu à l'écart. Avant il y avait des tables à cet endroit et un flipper, je me souviens qu'une fois dans ce bar pendant que je réglais mon repas, un groupe de fille attendait de faire de même et l'une d'elle avait une beauté qui m'a coupé le souffle. Je suis resté littéralement bouche bée, le temps s'était suspendu tout net dans ma tête, mais je ne pourrais dire combien de temps ? Ouaie c'était une beauté fatale, une belle gifle, cela je l'ai vécu une autre fois en Corse avec une italienne, je travaillais pour gagner 4 ronds dans une pizzeria pendant la saison estivale dans un camping. J'étais dans le speed du service et elle a débarqué devant moi en baragouinant un truc, j'ai rien compris, elle a continué calmement à me parler, mais je n'entendais plus rien, la sensualité de ses lèvres et ses yeux me faisaient chavirer le cœur. Puis le patron est arrivé en rigolant devant ma stupéfaction béate. Le lendemain après-midi, elle est venue avec une copine me commander une glace, un magnum à la vanille qu'elle a sucé lentement en me fixant, et je ne l'ai plus jamais revue, mais je m'en souviens encore.

Parfois il y a des instants de beauté qui te figent, c'est que tu vis/ressens l'instant présent comme nul autre. Avec le temps, la maturité on prend conscience de l'importance du moment présent, et plus que tout.

Un des guitariste de Mr Godson ressemble à Romain Boule, mais en plus jeune, et il a parfois un peu le même humour. Non pas de merde, qui a dit ça ?

Le groupe cadence son set par une amplitude sinusoïdale, mais il manque un truc. Un des bidasses vient parfois s'agiter devant la scène par saccade, les autres ne mouftent pas de leur partie de billard. Lui il vient hyper à l'aise et affiche tout le temps un large sourire, et se trémousse, puis repart. Le groupe fait son set. Il finit avec une cover d'Agnostic Front parce qu'il nous avait proposé ça et un titre de Fugazi, et qu'un gars a gueulé plus fort pour le choix des new-yorkais. Je ne sais pas si on est 50 dans ce foutu bar ? Je dirais que l'on a eu du mal a rentré dans leur univers, pas que ce soit hermétique, plutôt élastique et rêche à la fois. Comme il manquait un truc le set est passé rapidement avec cette impression de frustration.


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On papote vite fait entre nous, puis peu après c'est BEN & FIST.

Le trio prend la scène et de part sa mélancolie punk ce band à du Vulgaires Machins dans son pessimisme, du Charly Fiasco pour la déconne, et pour la filiation aussi certainement.

Dès que j'ai entendu ce groupe j'ai su qu'il allait m’accompagner, j'ai aimé à la première seconde ce détachement, cette mélancolie furibarde, cette insurrection velléitaire, et très certainement ce mélange de clairvoyance et de désespoir. Cette essence qui donne une vérité pour foutre le feu à l'intérieur.

Même si la guitare est sous-mixée, le groupe met la gomme et ça le fait. Les compositions sont bonnes, le rendu scénique est conforme au tournis du disque, c'est coOol ! À un moment le chanteur bassiste demande si l'on a des Vélibs à Castres, un gars du comptoir lui répond par la négative en rétorquant qu'ici on est des paysans. Enfin il y a le tout à l'égout quand même merde...

Deux hommes de la cinquantaine et une femme quadragénaire débarquent éméchés dans le rade. La nana se secoue le cul pour humecter le regard vicelard d'un des gars. Le groupe poursuit son set mais se regarde d'un air interloqué sur le manège en cours. La nana n'hésite pas à se frotter contre le chanteur, à occuper l'espace scénique. Elle reproduira la séquence éperdument. C'est dingue comme certaine personne arrive à s’approprier un espace afin de faire remarquer leur mal-être existentiel. Je ne peux pas dire si c'est navrant ou si c'est agaçant ? Ce que je suis certain c'est que l'alcool noie l'inhibition et dévoile la caricature parfaite de ce que la personne ressent, souhaite témoigner, mais dans la confusion, et souvent dans le ridicule. Ben & Fist continue à nous propulser son tourment punk rockien, nous on est venu exprès pour ça, Junk prend des photos un peu partout le poing levé en reprenant les refrains. TroOop dingue, j'adore ce gars, il est unique, pétri de talent, c'est un punker passionné (oxymore = 2 points) que la vie grignote de l'intérieur alors il extériorise le reflux. Il est là à prendre des photos, capter des vidéos, faire entendre l'underground pendant que Ben & Fist assure un max et casse la baraque !


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Dans le bar c'est la brume d'un lundi matin à Rouen. Les fumeurs ont trouvé la parade, ils vapotent désormais du E-liquide, du coup ça pue des arômes chimiques de pistache au goudron, de vanille à l’ammoniaque et de canard WC tout à la fois. Ils vapoteraient par le cul que l'odeur serait la même. On peut même pas les frapper de nous empester, de nous empoisonner avec leur merde, ils porteraient plainte les cons. Le génie de l'homme moderne c'est de savoir enculer son prochain, qu'importe la façon ou la manière, le but c'est d'être le premier à faire chier.

Hey un autre truc que j'ai pas encore parler de Ben & Fist c'est le chouia d’autocritique cynique parfois dans les lyrics, c'est trois fois rien, c'est surtout pas assez caustique pour être corrosif, c'est toujours sans rancœur, sans mépris, et tout juste avec ce qu'il faut pour être touchant. Le groupe manie cela avec simplicité, la musique suit cette introspection solaire comme une ombre, on en sent la douceur, la force, la mélancolie, c'est touchant parce que c'est vrai, sans parade, sans emphase, sans filtre, c'est simple parce que c'est fidèle à des punkers lunaires, pour qui le détachement est salutaire.


La vidéo est de Junk !!


Le trio balance sa sauce punk et la mayo prend. Elle s’exprime et sa remue dans tous les sens. Pour le titre Ultrafestifs il y a même eu une chenille réalisée par le public, ouaie comme dans un concert d'Ultra Vomit. Le set est à l’instinct et ça fouette l’intérieur, ça secoue avec allégresse. C'est un joyeux foutoir bordélique, même si ça mord, même si c’est explosif, ça tapote, ça tripote dans tous les sens. C’est un concert de punk rock qui révèle le feu du sang.

Le punk est un crétin déprimé qui a compris que jamais il ne pourra tricher. Sa pureté est risible dans un monde ridicule et hostile. Sa tendresse est une provocation, sa colère est son excitant. Il y en a qui ne voit la bouteille qu'à moitié pleine, d'autre à moitié vide, certain qui picole tout pour ne rien voir. Nous sommes des passagers d'un univers que nous construisons mentalement, nous sommes des solitaires que la nuit éparpillent et que la vie sublime. Ben & Fist a joué dans un rade à Castres, ville du vide ordinaire mondial, c'était sincère, direct et sans fioriture.

Dans le mélange d'un anniversaire, de désir de rencontre, de soif de tuer l'ennui, d'oublier les soucis, d'être bordeline, détaché, incompris, c'était génial d'entendre ce joyeux bordel mélancolique, cette pétarade de feux de Bengale émotionnelle crépitant dans ce mois de Septembre maussade.


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Merci à Mr Godson, Ben & Fist, le bar ô mètre, à La Lune Derrière La Grange, à Vincent, à Junk d'être ce qu'ils sont.


La vidéo est de Junk !!