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Ce quintette se nomme « à terre », dès l'entame du premier titre, c'est « Tous aux abris!  » que l'on se dit. Diantre, il y avait longtemps que je n'avais ressenti une telle érection sonique survoler l'ensemble de tout ce que je peux écouter. Et pour tout vous avouer, j'ingurgite pas mal, tous styles confondus.

C'est Yan du fanzine le Cafzic » qui m'a filé le tuyau, le groupe est des Landes, oui comme Gojira. Si les volcans ont crevé en Auvergne, c'est dans la densité forestière des Landes qu'il se passe un trouble fondamental avec l'assisse terrestre. Un ancrage dans les tréfonds pour asseoir une telle vigueur tellurique. Ce groupe en exprime tout le potentiel dans son premier E.P, judicieusement intitulé « Notre Ciel Noir », sa lourdeur jointe celle des Bordelais de Year Of No Light, sa torpeur jouxte celle des Belges d'Amenra, et le fiel se superpose à celui des Américains de Converge. Quand tu affiches les stigmates d'un tel trio, tu ressens un magma fiévreux, explosif, chargé d'une lave d'obscurité à la capacité de se répandre en un venin expiatoire.

Ce disque vient planter ses crocs dans la plaie de nos doutes, peurs, hésitations, échecs, désert existentiel, abandon, comme si les cinq blessures de l'âme étaient résumé en 3 titres distincts, instinctifs, capable de nous faire expirer tout le fiel de l'intimité.

On se laisse suspendre à l’orée de cette forêt dense où les plantes referment derrière vous leur ombre courroucée, on avance pas à pas dans la noirceur de l'âme avec ce post-hardcore qui se fond en nous comme dans une nuit qui étire son feu à travers des cris, et à l'unisson de notre propre abandon.


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