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Tag - 8.6 Crew

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dimanche, juin 10 2018

CHERIBIBI N°10


Mise en page 1

Plus qu'un objet d'art, Chéribibi N°10 demeure sans conteste un mouvement de lecture éducative de culture populaire.

Depuis l'An Pébre le Chéribibi usine dans son coin à la force de la faucille et du marteau de prolo. Il boulègue sans cesse.

Le magazine révolutionnaire proche de ses convictions au point de les porter comme étendard à l'émancipation, ouvre à chaque numéro son grenier et exhume un exutoire culturel détonnant. Sa légitimité culturelle «de classe»  le distingue par une approche sociale proche du macadam, et l'éloigne des idées reçues du communicant 2.0.

Parce que si aujourd’hui l’époque est à la table ronde et à la détente avec des diplomates à la diction en cul de poule mouillée, qui ont pris le pas sur les hommes d’action, apparemment ils ne connaissent pas le Raoul du fanzinat, parce que Daniel (pas Darc hein !), soit Dani le rouge, le vrai ! Pas celui qui tourne sa veste comme un boomerang...Il avoine encore contre le sac à patate à la salle. Il sait faire marcher la phrase à coups de latte, mais sans l'engruner, il ne mascagne pas.

En sachant tout ceci, il ne fait pas un pli qu'ils seraient tous trapanel à tchaoupiner un pardon les cons… Et au garde-à-vous, per bézé  !

Il est donc nécessaire que les écoles de France soit désormais équipées dans leur Centre de Documentation et d'Information d'exemplaires Chéribibesques. C'est un devoir absolu si l'on ne souhaite plus avoir des adultes avec des chemises vichy et petit pull sur les épaules pendant les soirées estivales, merde y a la Suisse pour cela.

Chéribibi milite pour la joie de vivre sans écueil, il exhume dans son langage bien distinct une érudition alternative. Le ton n'est pas celui du rogaton de bourgeoise mal emmanchée où l'on va t'escagasser avec la pègue d'une cagole.

Le ton est gouailleur, ça jacte le margoulin du titi parisien, manque c'est vrai la tchatche impénitente du maquignon du sud à mon goût, mais bon personne n'est parfait...hé !!


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Ami.es ce fanzine n'est pas là pour t'ensuquer avec des fadaises pour vendre de la glace à un eskimo, ou te saoûler avec des cagades. Ce number 10 va grailler un plein plâtras de culture à t'en faire péter la sous-ventrière grâce à un beau plat de résistance, mijoté aux petits oignons et copieusement arrosé de picoles et de flacons de raide à la gloire de :

Martine Beswick & Caroline Munro, Jack Arnold & L’Étrange Créature du Lac Noir, la merveilleuse aventure du porno 3D, jujitsuffragettes, Jean-Pierre Lecompte, Very Boxe Trip, Dirty Old Town, Stiff Little Fingers, Archie Shepp, The Coup, Beat-Man, Rhoda Dakar, Crabs, Carl Dawkins, John King, GJ Arnaud…ITW, chroniques, nouvelles, catch, insoumission, découverte, passion, réflexion, curiosité, réverbération, plaisir, avec du relief et une paire de cluques 3D comme la dernière séance de Monsieur Eddy, tout cela dans 132 pages d'action et d'aventure avec le lettrage de Strange en une.



Tu veux quand un récapitulatif exhaustif ?

CHERIBIBIS (cinéma populaire)

Page 4:   Causerie avec Martine Beswick & Caroline Munro : Le choc des étoiles !

Page 35: Les Belles Histoires De l’Oncle Popaul : Jack Arnold & L’Étrange Créature Du Lac Noir : Enfile tes lunettes, y’a piscine !

Page 104: Le Petit Pervers Du Peuple : La merveilleuse aventure du porno 3D : Garde tes lunettes, y’a branlette !

CHERIBIBAFFES (pugilat populaire)

Page 13: Jujitsuffragettes ! : Fais gaffe flicard, on a des tatami(e)s féministes

Page 58: Causerie avec Jean-Pierre Lecompte : Catcheur du coeur

Page 68: Chéribiboxe : Very Boxe Trip : Mike Tyson et ses copains se mettent bien

CHERIBIBEAT (musique populaire)

Page 18: Chanson Populaire : Dirty Old Town : Gardez votre ville propre !

Page 20: Causerie avec Stiff Little Fingers : Deux doigts coupe-faim

Page 24: Chroniques skeuds : Y’en a des biens…

Page 26: Causerie avec Archie Shepp : Wild saxophone !

Page 32: Causerie avec The Coup : Rap & revanche (de classe)

Page 54: Causerie avec Beat-Man : Les révérends sont-ils tous des monstres ?

Page 74: Causerie avec Rhoda Dakar : Invasion of The Bodysnatchers !

Page 94: Reggaemotion : Super Reggae : Les Jamaïcains lisent trop de bandes dessinées

Page 98: Du Son Des Oubliettes : Crabs !: Les psychos font monter la mayo

Page 101: Causerie avec Carl Dawkins : Mr Satisfaction fait la conversation

CHERIBIBLI (littérature populaire)

Pages 4 & 129: Verminax, le gredin de l’ombre : Notre grand feuilleton BD toujours et encore à suivre (diantre, quel suspens !)

Page 22: Silent Movie : Seth Tobocman strikes back !

Page 34: Bébert l’as du hold-up en 3D

Page 78: Chérie Noire : Les lettres de mamie (Granny’s letters)

Une nouvelle inédite du King ! : Page 84: Causerie avec John King : On a tapé le carton (rouge) avec le roi d’la jungle.

Pages 95 & 128: Chroniques kinbous & revues de presse alternative : Copinage abusé & autopromo éhontée

Page 107: Le Papelard C’est Bonnard : Rue des Maléfices : Paris est magique ? Nan, Enculééééééééééééé !

Page 108: Causerie avec GJ Arnaud : La littérature de gare a sa locomotive !

Page 116: Bibillustr’ : Jean-Jacques de Grave : Un linograveur belge qui taille dans le vif

Page 122: Théâtre Populaire : Causerie avec Oscar Castro qui mijote son Chili à Ivry

Page 126: Les Hérauts Du Peuple Sont Immortels : Salut Hafed !

Page 130: Abonnez-vous s’il vous plaît : Fais pas ta pince, aboule l’artiche !

Le tout pour 8 euros, à ce prix là anticapitaliste c'est une offrande.

Ouaie tu vas te faire embuquer tout couffle et t'y as pas fini d'être espanté, parce que Chéribibi t’en met plein les branchies, alors prépare l'aïoli c'est un numéro de cabourdas !


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lundi, mars 13 2017

8°6 CREW – Working Class Reggae


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« Working Class Hero » chantait le grand blond avec des bottines pailletées pendant les seventies, mais depuis la mondialisation, les Patrick Bateman sacralisent l’époque bling-bling et l’avidité de la réussite économique. Alors de sans culottes à sans couilles, il s'est passé le temps d'une publicité de lessive qui a assoupli les esprits. De supplicié à tortionnaire, les écrous de sûreté ont sauté avec le même principe fondateur pour tout remettre dans l'ordre pyramidal. Chaque jour il y a la plèbe qui se fait lyncher sur la place publique. La populace jalouse a détourné son regard sans honte pour que le sang coule sans interruption de programme, et coagule avec une jalousie haineuse comme unique monnaie de survie. De ce fait, la working Class est au chomdu, remplacée par la déshumanisation du tertiaire.


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Mais alors, à qui s’adresse ce disque ?

8°6 Crew débute en quatuor au milieu des années 90 en banlieue Parisienne avec de la oi, puis vers le ska & co…En 1999 sort leur premier album « Bad Bad Reggae » publié par les Allemands de Mad Butcher Records, en 2001 c’est le maxi-ep « Ménil’ Express » sorti sur Big 8 Records. S’ensuit une période de latence pendant laquelle les divers membres en profitent pour s’exprimer dans d’autres groupes comme Ya Basta, Happy Kolo, Acapulco Gold, Upten. Après un gig à Genève en 2008 l’équipe se retrouve et leur second album, « Old Reggae Friends », sort en 2010 sur le label nantais UVPR (Une Vie Pour Rien) et sur Mass Prod. Le troisième album « Working Class Reggae » (chez UVPR), bénéficiera en plus d’une édition allemande chez Grover Records (cd et vinyle + cd).

À qui s’adresse ce disque ? À tous ceux qui aiment danser sous la chaleur du Ska, Two Tone, Rocksteady, et vas-y que ça caracole dans la tête et secoue les hanches, et ouaie il n’y a pas à dire cet album est constellé de titres catchy. Le groupe a relevé son niveau, en tout point. Tout est hyper bien travaillé, chaque idée retenue calibre comme il se doit les nouvelles compositions vers la cime. Sans faire étalage d’une démonstration ronflante, 8.6 Crew parvient à nous en foutre plein la vue, et tout ceci est dû à l’art minutieux de la simplicité. Voilà en quoi le groupe a gagné comme maturité essentielle, et cela va droit au cœur et à la tête, car la musique danse sur les mots et les chansons restent en tête à danser sans cesse.

Ce n’est pas de la magie, c’est un sens inégalable de l’équilibre des forces. C’est un disque de grand frère munit d’une indicible mélancolie, génératrice de relier les générations entre-elles, pour les reconnecter au réel, au combat de rue, avec cette faculté et cette maîtrise d’allier au plaisir mélodique la beauté éducative de raconter simplement une chanson avec la ferveur de l’érudit, avec la flamme du passionné, avec la décontraction de l’insolent, avec le béguin du sentimental.

Captivant, passionnant, frénétique, enthousiasmant, attachant, sympathique, boxant, stimulant, anachronique, gagnant cet aspect mélodramatique de la vie en un point névralgique que tend à merveille toute bonne chanson. Munit de référence basique et d’une éthique prolétaire qui fait vivre le ballon, cette clique donne douze titres qui critique et éloigne le chimérique, décortique tout un pan esthétique de la culture à damier sur l’échiquier politique par son constat de désillusion.

La pratique polyphonique des cuivres fait reluire une douce saveur que propulse la rythmique. Le chant a lui aussi gagné en assurance, et légitime l’aboutissement dithyrambique qui en résulte.

8.6 Crew vient de sortir cet album indispensable et fédérateur que le rock réalisait quand le métissage n’était pas galvaudé comme pilleur, mais plutôt comme repère et dynamo du courant alternatif, au point d’incarner le jalon des LSD, The Clash, The Spécials, etc…Il est à noter qu’il y a en toute fin une relecture dub de certain titre.

Après « Bad Bad Reggae » et « Old Reggae Friends », « Working Class Reggae » possède une cohésion et influence qui lui confère une véritable harmonie, identifiable comme faisant partie intégrante des albums qui comptent dans une vie, et pour les générations qui suivent.


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