Couv-n3-moyen.jpg

LE zine crossover par excellence revient foutre sa verve sur le tatamis foutraque avec un très gros numéro sur la firme cinématographique Cannon.

Heyyyyyyyyy je mentirais effrontément en affirmant que je ne connais pas le bastion Cannon. J’appartiens à la génération VHS, et donc le cours de gym de deux heures du mercredi matin en 4ème B avec le même professeur de sport que celui du petit spirou (le gros gras qui te file un ballon rond et fume dans un coin sans s'occuper de toi pendant 2 heures), il a été passé à visionner des Films de ninja, de héros américouain chez un pote qui habitait juste à côté du stade. Hé ouaie, sportif un jour, sportif toujours.

Notre présence étant obligatoire pendant les sessions d’examens uniquement, ce qui correspondait à une présence par trimestre, le catalogue Cannon a été copieusement visionné pendant cette période. Mais mis à part deux, trois films, je n’ai jamais vraiment apprécié le caractère caricatural de cette propagande maccarthyste-reaganienne, ou plutôt devrais-je dire que je ne m'étais pas mis au niveau d'une éventuelle sous-lecture à plusieurs graduations et double langage. Un navet étant à cette époque un navet de premier degré, je n'avais pas le recul nécessaire ni la frontale assez développée pour absorber l'ensemble et en saisir la lumière. Alors qu'il fallait avoir au moins du 666°degré de ceinture noire troisième dan pour en saliver toute l'épaisseur requise.

Encore aujourd'hui je souffre éperdument de ne point trouver un déterminant positif à affirmer pour la carrière complète de Chuck Norris, si ce n’est celui de ridicule.

Bon pour ce qu'il s'agit d'actions nous étions rassasiés.....Ah flûte j'ai sans cesse des rémanences qui reviennent, donc on va continuer un peu dans les souvenirs Over The Top, hein...


9.gif

Pour moi le héros des States demeure Sly, ce « petit » qui s'affirme et se réalise à force de courage et du coup de pouce du destin, en réfléchissant l'allégorie du rêve américain que l'Européen s'imagine. L’esthète des 80’s c'est Sylvester : Taillé dans le roc de la grosse pomme avec l’élégance racé transalpine et le regard de Droopy.

Alors en comparaison un gars moustachu foutu comme un menuisier avec une mitraillette, du nom de Chuck, noOon mais allo quoi le Walker, Texas Ranger ?!?

Franchement Bruce Lee lui arrache les poils du torse dans la fureur du dragon lors de sa première vrai apparition au cinoche, vous auriez pu vous doute qu’à partir de là, ce gars ne serait jamais crédible. Mais pour Cannon bien au contraire, la firme a eu le nez de trouver des moustachus Bronsoniens pour impacter dans l'esprit collectif à quoi correspondait le touch guy 80's. Depuis le touch guy s'est efféminé(e) en hipster et à revêtu(e) une pilosité plus fournie, oui ils nous barbent.

Donc les films Cannon j’en ai vu une chiée, et je dois reconnaître qu’à travers les argumentations diverses de ce numéro je retrouve avec nostalgie les mêmes séquelles. C’est amusant pour un peu j’irai presque en revoir. Nan mais sérieux, le Cobra était bien cool ! Bon ceci dit, dans mes souvenirs nous ne nous contentions pas de cette firme pendant le collège, mais aussi de ceux côté rideau épais pour adulte, et donc plus intellectuel à côté de Cannon, hé forcément. Entre J-C Van Damne le philosophe et Brigitte Lahaie la psychanalyste sexologue, le choix était vraiment kafkaïen, mais bon nous parvenions au compromis de voir les deux en 2h00…C’est vrai en vitesse accélérée lors de passage plus poussif….Et il n’en manquait pas chez le Belge.

En tout cas ce numéro en élabore un compte-rendu très librement ouvert d’esprit pour en narrer les principes fondateurs, tout comme les précipices.


200.gif

...Un ami avait tellement apprécié les ninjas qu’il avait fabriqué un centre d’entrainement pour ninja dans la grange inutilisée de sa grand-mère. Carrément. Un véritable parcours du combattant entre botte de paille + pétard = FIRE...Coup de bâton + lancer d’étoiles ninja réelles = Hôpital. Donc les jackass et autres merdaillons ricains de division honneur de la cascade ils peuvent tous aller se pignoler la quenelle petit jean, c’est bon, mange z’en, hein…Nous étions Bébel (celui de René château) en spécial commando dans toute l’Indonésie, et ce n’est pas le trouffion Norris et ses ballades chez le Viet-Cong qui allaient nous exciter le poireau c’est bon, mange z’en aussi, hein…

Après les visionnages toutes ces images nous avaient tellement stimulées (et je ne parle pas que pour Brigitte Laraie), on roulait des mécaniques au collège en rejouant des scènes de combat sur des êtres inférieurs (oui il y en avait, notamment en sixième et cinquième), et on balançait des dialogues de ouf que nous seuls étions à même de comprendre (et oui déjà à l'époque).

A ce moment là, nous étions devenus des hommes, des vrais, avec des testicules mec ! Et les petits bras et autres gay-friendly s'écartaient devant notre passage.


es_tu_gay.gif

Bref, je conserve comme de nombreuses personnes un attachement nostalgique de cet épi phénomène cinématographique, parce que mon adolescence est arrivée à ce moment. Alors il est certain que mes enfants trouveront dans 20 ans que les films de la firme Marvel avaient une signature exceptionnelle, au même titre que Cannon aujourd’hui…

La firme Cannon faisait des films absolument dingues et elle en assumait les dérives parce qu’elle savait faire titiller l’instinct primitif, reptilien en garnissant son portefeuille. Elle a misé sur le poker du rêve américain et perdu son pactole, mais au final elle y a libellé le sceau de son artifice principal : Divertir.

Dans ce troisième opus, Jérémy Grima et sa bande aiguille sur plusieurs sillons pour en subtiliser le divertissement subliminal, tout en relativisant in fine sur la teneur bas du front, cocasse, loufoque, parodique, grotesque, douteuse, abracadabrantesque, régressive de cette firme.

En remettant tout dans le contexte de l’époque, j’avais visionné cela en dilettante, alors vous pouvez faire confiance à ces experts pour donner une vision beaucoup plus intéressantes que mes souvenirs pubères. D'autant plus que par rapport à de nombreux fanzines, je trouve que Zone 52 fait preuve d'un réel sens d'analyse objective, avec une pointe subtile de singularité humoristique toujours plaisante et assumée.

Avec 140 pages, Format A5 / noir et blanc, pour une somme toute modique, ce troisième numéro est carrément Aware et approuvé par Chuck ! !


giphy.gif

Au sommaire de ce numéro 3 :

CINE ZONE :

  • Dossier "Invasion Cannon" de plus de 80 pages : 3 interviews (Damien Granger, Sam Firstenberg, Hari Ryatt) et 40 films 100% Cannon chroniqués !

Plongée en apnée dans l'univers délirant de cette boite de production qui a donné un gros coup de pied dans la fourmilière de la série B pendant les années 80.

  • Hommage à Christopher Lee. (respect)

ZIC ZONE :

  • A Fistful of Soundtracks : Chroniques de BOs de films spécial Cannon, crac boum hue !!!


Gif-3.gif

  • Depuis des Lustres : Les disques qu'on n'a pas écouté... depuis des lustres ( et ça ne sent pas trop la poussière en plus)
  • Metal Zone : 2 disques piqués dans la discothèque idéale du genre.
  • Respect yourself : plongée dans la Soul Music américaine. (génial article)

GIG ZONE :

  • Sunn O))) en concert à Londres. (gloire à toi Michel Jovet)

BOOK ZONE :

  • Chroniques (22/11/63, Total Recall, The Jaws log, Gros Livre d'Enfer)
  • Interview Christophe Siebert, l'auteur, entre autres, de "Nuit Noire" et de "La Place du Mort".

GAME ZONE :

  • Life is Strange (à partir de 40 si tu es encore un gamer c'est que tu as raté ta vie)

FANZONE :

  • Aperçu de la filmo de Russ Meyer par "Toutes les Couleurs du Bis"
  • Les derniers zines qui nous ont tapé dans l'œil (heyyyyyy il manque le WallaBirZine, le suc névralgique et sans contexte - il y a un jeu de mot là.)