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Chef de file d'une mouvance gothique au french-flair horrifique, Wormfood a poli son cinquième opus «  L'envers » comme un diamant noir conçu dans un rituel de messe rouge.


Depuis 2011 et l'album « Posthume » Wormfood anciennement black-métal-doom-goth s'était enterré dans les catacombes de l'oubli. Puis la caresse du temps a purifié la pierre de sa nécropole, et en cette année de l'an de grâce 2016 les fantômes resurgissent avec dans leur ombre, une savoureuse œuvre noire. Laquelle n'est pas un cirque macabre, mais un Théâtre du Bizarre, érudit et esthète de l'opulence gothique.

Le groupe se compose désormais à la guitare d'Emmanuel "El Worm" Lévy (ex Carnival in Coal, Erdh), nanti au milieu des ténèbres qu'il clame au chant avec la désinvolture princière d'une ode caverneuse. Renaud Fauconnier (ex Borgia, Abstrusa Unde, Ketelo Tropo, Psy K Trip) à la guitare, Vincent Liard (Lonah, Désert Orange) en tant que bassiste, à la batterie Thomas Jacquelin (Öxxö Xööx, Lugnasad, Anus Mundi, Régiment), et Pierre le Pape (Embryonic Cells, Kim's Over Silence, Melted Space) au clavier. Il y a aussi en guest, Paul Bento (Carnivore, Type O Negative, Metal Health Association) au sitar, et Axel Wursthorndes (ex-Carnival in Coal) aux claviers, dont l’enregistrement de cet opus se fera dans son Walnut Groove Studio.

« L'envers » est un conte d'enfer !


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Une sorte d'opéra-gothicÖrock de torpeur angélique pour fable démoniaque. Doté d'un dark metal aux ambiances oppressantes de crypte glaciale, capable de vous transfuser sa sanguinaire histoire de tourmente, l'ensemble est un trip grandeur nature de noirceur globale, glauque, et inquiétante. Oui rien que pour une telle œuvre singulière le groupe va s'attirer la loyauté d'adeptes respectueux et dévoués à son idylle sonique...Ou bien alors, les fans de la comtesse Bathory.

On craque sous le charme vampirique de cet œuvre vénéneuse, où l'épiderme émotif des chansons est violacée par les blessures assassines dans le cœur même du conte. On suffoque dans ce mausolée musical comme un ver au milieu d'une charogne, face à la mise à nu de cet émoi emphatique qui grouille de nous asticoter l'âme noire sans cesse.

Le tempo est lent, l'ambiance lourde et lugubre y dépose des nappes de guitare et de clavier d'impureté poétique. Le chant susurre dans la langue de Necrorian, tout en suçant la moelle de Bram Stoker. Il suture les plaies ouvertes des textes léchés dans un encrier d’hémoglobine, embaumant de par ses fragrances de velours, des désirs inassouvis.


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Wormfood maîtrise le sens de la composition par sa connaisse de l'expérimentation sensorielle. Il en contamine la beauté plastique par son approche d'une théâtralité lugubre. Les morceaux bénéficient d'une pertinence qui œuvre à nous faire contempler cet édifice artistique inimitable et impressionnant, pour ne pas dire unique. Vous apprécierez la finesse de la lame découpant dans la chair textuelle, en décomposant chaque tableaux cauchemardesques et sulfureux avec la minutie d'une perversion outrecuidante. « L'envers » est pavé de bonnes intentions, c'est un croque-mitaine mirifique qui ouvre le cercueil cauchemardesque d'une musique idoine de Black-doom-goth à la saveur surannée, baignant dans son jus pour que tombe le rideau d'une désinhibition artistique. C'est une sorte de comédie humaine d'Honoré de Balzac vicieusement Sadienne et sanglante, immoralement intense, avec sa prestance rappelant le théâtre du Grand Guignol (1896/1963) à Paris, dans le IXe arrondissement impasse Chaptal.

Tous les gothiques se flagellent les tétons devant cette œuvre macabre, grande de perversion musicale, tout simplement sang pour sang (im)mortelle !

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La production honore la voûte musicale de ce mausolée à ciel ouvert, et apporte avec la lenteur nécessaire au bon développement des différentes atmosphères funéraires, glauques, malsaines, funestes de cette luxure Baudelairienne.

L'objet est flatté d'un format DVD, magnifiquement illustrée par un livret à l'esthétique visuelle somptueuse. Je vous en conseille l'achat auprès du label Apathia Records.

Il ne fait pas un pli que le groupe sortira gagnant d'une curiosité malsaine, tant Wormfood cuisine une théâtralité gothique au petit oignon fantasmagorique, en réalisant les fantasmes goûtus pour puristes averti(e)s.

MouaAhahAhahAhahAh !!!


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