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Un premier EP « Eat Up the Sun » en 2013 en préliminaire, un album « Possession » en 2016 pour étourdir, un set au Hellfest 2017 me permettait de constater que « Vodun y prêchait la musique noire pour chapelle blanche avec un mood The Bellrays aka Slo Burn VS Captain Beefheart. Dans ce concert de haute volée la formation en trio permettait d'étendre son punch, surtout avec le duo de griot grrrl en la personne d'une batteuse pugnace, et d'une chanteuse possédée par un grain vocal gospellien et d'un sens instinctif des percussions. La chaleur d'Afrique subsaharienne rendait le culte vaudou en corrélation avec un mélange d'insolation et de bestialité. L'ensemble a su trouver le ruisseau de feu qui mène le cortex à célébrer l’inattendu brasier qu’offrait un tel set démoniaque, jusqu'à ce croisement maudit où le diable marchande l'âme du voyageur mélomane avec cette eau de feu sonique. » Ouaie je me cite, carrément, mû et imbu par une expertise à la Delon, Nasty Samy & co.

1/ Présentation de la tribu

Derrière le doux patronyme de guerrière Ogoun coexiste la batteuse qui fait office de mentor, enfin plutôt de gourou, la possession de son jeu à la rythmique traditionnelle africaine et à la frappe ancrée à la terre des ténèbres lui confèrent cette assisse folle à la Ginger Baker du trio Cream.

The Marassa cache sous un nom féminin le seul gars de la troupe, il officie à la gratte, avec des nuances libertaires au rituel africa jungle stoner.

Vodun sacralise la tradition du shock rock, de sa théâtralité à son jeu d'interprète, on s'immerge totalement dans leur univers, porté par le chant d'Oya, tigresse de velours toutes griffes dehors attenant à la puissance féline de la Queen Beyoncé avec la moiteur exotique pop et un tribalisme funk stonien.

2/ Rapport d'expertise abracadabrante

Le métissage endiablé apporte au trio londonien de Vodun cette singularité d'ébène et d'ivoire, de fièvre capiteuse faisant ronronner le voodoo child sur fond de heavy rock, tout en lui conférant une posture de missionnaire où Fela Kuti jouerait avec Uncle Acid & the Deadbeats.

Ce sens du métissage ethnique se prévaut d'une production soignée, permettant de joindre au Stoner créole, africanisme doomesque, heavy pop, soul funkadélique un contraste de couleur musicale progressiste. Ainsi par cet enlacement de sorcellerie Vodun invoque le feu de la terre mère pour conjurer les foudres du père stellaire dans un ritualisme vaudou cosmique, et ceci jusqu'au psychédélisme sonique.

Notez dans vos Iphone-smartphone que le titre « New Doom » se distingue par la présence caractéristique au chant de Chris Georgiadis de Turbowolf, dont on retrouve la réciprocité vocale sur l'album « The Free Life » de Turbowolf avec la chanson Very Bad et la présence de Chantal Brown ( aka Oya ).

En guise de mixité contemporaine, avec son grain davantage pop räwk cet opus mêle Sly And The Family Stone aka The Destiny Child !


Un disque de sauvage