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Ceux qui se souviennent du choc que The Bellrays a eu sur leur effervescence intérieure sauront reconnaître en Vodun la turbulence excitatrice ad hoc.

Sa formule en trio va logiquement à l’essentiel, et Vodun fait très forte impression d’emblée, et la suite de son album inflige une correction régénératrice. Puisque ce disque est une boule de feu, et ça force de caractère débride l'attraction qu'elle attise jusqu'à son ébullition sensorielle, voilà ce qui caractérise en premier lieu « Possession ». La suite est une formidable propagation de feu de joie.

Leur gros rock bluesy, ou stoner heavy, comme il vous plaira, agite à coups de mouvements agiles cette agitation éruptive tentatrice. Mais ce groupe a l’étrangeté sculpturale d’offrir un mélange abouti à chacune de ses compositions. Comme si Bobby Wowack faisait une jam avec Unsane, Jimi Hendrick avec Fu Manchu, Fela Kuti avec Saint Vitus, Franck Zappa avec The Bellrays, et on peut continuer ad vitaem eternam avec ça. Oui Vodun arrive avec un mur du son blanc et la puissance d’un black power à faire rugir les décibels et l’étincelle originelle du rock. Le tumulte fait jour par l’embrasement nerveux d’éléments cataclysmiques, tel bruitiste, grungy, et toujours progressifs. Tout prend corps et feu dans cet embrassement tellurique, où l’on retrouve la folie The Bellrays des débuts avec son côté punk incandescent à la Black Flag et son stupre soul heavy rock, oOoui mais pas que...

Déterminé à saturer l’espace sonore par un exotisme divin remplit de distorsion foudroyante, de la soul funky avec du hardcore punk, du heavy stoner doom au prog noisy, du white noise au black sound, de l’indé chamanique au garage psyché, les styles musicaux sont englobés et digérés à bon escient par le filtre de compositions qui en ressortent toutes grandies. Des passages vaporeux et délicats permettent par la suite de détendre la ceinture, d’être dans cette fièvre capiteuse que la soul convulse dans ses sécrétions sexuelles, dans cette offrande charnelle à la rémission des corps. Il y a une putain de patate dans ce choc que l’insolite apparaît comme en symbiose avec l’ensemble. De la sorte que l'expérimental peut éventuellement s’appliquer ici, mais uniquement pour les mélomanes qui écoutent moins de 4h00 de musique par jour.

Je préviens, cela n’est jamais trop car les effets sont mesurés, il y a une justesse qui s’adapte à sa puissance de feu, à son approche de la transe, car ce disque est envoûtant, et agite une étrangeté voodoo indubitable. La séduction maligne est un écho à la beauté saline qui nous éperonne tout le corps. Sa convulsion, son émulsion sonique dardent un venin dont vous aurez peine à trouver un breuvage à sa contamination.

Il y a de la sorcellerie sur ses lèvres, des tentacules rythmiques qui vous agrippent, des mélodies avec une odeur de soufre sonique inaugural. C’est en soi une très forte, puissante et magnifique « Possession » excessivement recommandable par le magnétisme qu'elle applique.

Racheter votre karma voodoo avec Vodun !


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