SKY_FLYING_BY_-_Miscellany.jpg

Un jour vous trouverez dans cette musicalité une poésie lunaire capable de faire refléter en vous ce qu’il y a de plus profond comme quiétude.

Mais avant d’en arriver à cet état, vous devrez admettre que l’ennui qui est le vôtre en écoutant ce disque n’est uniquement dû parce que vous disposez d’un bagage trop encombrant, qui prend trop de place, comme votre ego, et votre mémoire sélective. Sans ces poids mort vous pourriez ressentir la douce puissance de votre souffle de vie à chaque respiration. Car ce n’est qu’en ayant assimilé ce fait que cet album prend tout son sens.

Ainsi et en premier lieu, prenez conscience d’une chose anodine, mais qui est capitale pour tout le monde. Votre respiration est là, depuis votre premier souffle de vie, présente à chaque souffle, et pourtant vous n’y prêtez quasiment jamais attention, sauf quand votre cœur et vos émotions s’emballent.

Cet album n’est rien, quasiment abstrait, et pourtant il possède un souffle bien tenace qui nous raccorde à sa puissance souterraine. On en sent l’émergence explosive se renverser en un ressac puissant, et se répandre en une eau à la douceur aussi affable que son repos en apaise la constance.

Pour cela il égrène des morceaux introductifs s’étirant comme un début de jour sans fin, croissant avec la lumière naissante dans cet instant de préliminaire où naît l’émotion initiale. Nappes synthétiques musicales et voilages s’unissent pour flotter sans cesse dans une lumière opaline. Cliquetis et douceur mélangent leur lenteur afin de laisser s’épanouir la musique, câline elle se déroule, se distend dans la quiétude et rassérène notre sensation d’apaisement.


SKY_FLYING_BY_1.gif

Sky Flying By allonge sa détente avec des compositions apaisantes, n’en finissant plus de rayonner, de soulager, et d’assouvir dans l’existence un instant de sagesse et de grandeur tout à la fois dans le calme qu’il propage.

Par ce fait, et en deuxième lieu prenez conscience d’une chose qui est capitale pour tout le monde. Cavaler à en perdre l’haleine, et l’on ne sent plus que la vitesse de l’adrénaline qui nous pousse à accélérer sans cesse, vers ce mouvement perpétuel qui suggère de mener à satiété notre ego.

Alors bien souvent, « Y a-t-il une limite à cette frénésie ? » se demande t’on parfois prit dans la tenaille avec le souffle court, juste avant de tomber ?

Je suis certain aujourd’hui de m’étourdir autrement, et cela m’a pris plus de quarante ans.

Cavaler à en perdre haleine c’est aussi fuir, et le courage c’est d’affronter sans crainte. On ne peut comprendre que ce que l’on est à bien d’admettre, et pourtant si l’on cesse de comprendre pour ressentir vraiment que se passe-t-il donc ? Convenir une musique à ses goûts c’est réduire son champ des possibles, c’est atrophier sa curiosité, alors que se laisser submerger par le désordre qu’une musique est capable de bouleverser à l’intérieur de soi demeure pour un mélomane l’assouvissement le plus transcendant, et pur qu’il soit donné de vivre.

Vous serez très nombreux à vous reconnaître à ceci.

Il y a des sourires qui montent au visage spontanément, et l’on sait à cet instant que cette révélation est une introduction à notre transformation, et qu’elle se réalise en une infinie douceur. Je vous laisse à votre délicieuse mutation si vous avez fait le choix de la lenteur et de la dépossession égotique, pour vivre pleinement chaque instant, devenu alors paisiblement tumultueux.


SKY_FLYING_BY_2.gif