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L’instigateur de Quicksand c’est Walter Schreifels. Il a débuté dans le hardcore Youth crew avec Youth of Today et Gorilla Biscuits en tant que guitariste et compositeur. Il formera par la suite le groupe Moondog avec de nouvelles orientations musicales qui mutera sous l’appellation Quicksand en 1990. En plein cœur de l’implosion grunge et post-hardcore les albums « Slip » et « Manic Compression » font figure de culte et exerceront une influence notable sur le post-hardcore.

Fatigué de ne pas aboutir à des projets qui décollent, et maintenu par la pression constante comme le souhaitaient ses labels, le groupe ne parvient pas à se populariser et Quicksand se saborde, Walter formera Rival Schools, groupe indie-rock. Après une reformation et un album envoutant, c’est en 2017 sous la forme d’un trio que Walter Schreifels, Alan Cage et Sergio Vega inaugurent une nouvelle ère pour Quicksand.

Walter Schreifels demeure l’un des auteurs-compositeurs les plus sous-estimés de sa génération.

Ce renouveau Quicksand marque une orientation progressive de sa musique, avec un suc mélodique gracieux. Il faut un filtre à pop pour accéder aux allitérations. La face abrupte gomme le lissage pour pénétrer dans une brèche rêche, et saillante, mais une fois à l’intérieur pourtant, c’est doux.

C’est le côté mordant et capiteux d’un Jane’s Addiction avec la tendresse du groupe Filter. Cette sinuosité musicale est en proie à une intention cérébrale capable d’appliquer dans le corps musical des ondulations rêveuses, vénéneuses, troublantes et disparates. Comme le choc d’un rock indie hardcore à la fois contemplatif et tourmenté, magnifiant ce qu’un groupe comme Embrace pris sous le feu d’une électrisation à Hüsker Dü pourrait accomplir. Peut-être que ces références ne vous parle guère, si c’est le cas, veuillez procéder à un revival 90’s.

Ce nouvel album typé post-grunge a ici une corrélation plus prégnante que l’était leur troisième album « Interiors » en 2017. « Distant Polulations » est produit par Will Yip (Nothing, Code Orange, Circa Survive, Caspian, La Dispute, Turnstile...) mixé par Josh Wilbur (A Day to Remember, Parkway Drive, Lamb of God, Megadeth, Hatebreed…). Si à la première écoute on s’y emmerde parfois, à chaque nouvelle écoute, c’est une vague différente que l’on prend dans un océan de béatitude.

Le groupe offre les harmonies de Nada Surf avec la vase incandescente de nirvana sur le coulis de Jawbox, et c’est remarquable pour qui sait prendre le temps de laisser venir cette musique abordable et indomptable.