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Y a t'il un intérêt quelconque à écouter un nouvel album de Macca en 2018 ?

Pour moi oui.


Paul est resté ouvert au monde, je ne sais pas si il donne à entendre ce que l'on attend de lui, en fait je m'en fous. Je sais qu'il est sincère, rien ne me le justifie, à part mon intuition et surtout mon cœur. Il parle à mon cœur plus qu'à ma tête, et ceci est une preuve irréfutable de sa force.

Macca est un compositeur génial, il a derrière lui une carrière longue pour en attester de la stature et en façonner la cyclothymie. Des Beatles au Wings, Paul est un père fondateur, une divinité créatrice, l'impérissable Macca est un artiste solaire à l'euphorie légère, sa pop vacille dans la complaisance mélancolique quand la saveur du soir se cache vers le crépuscule lunaire étincelant. Il pianote une élégance démodée par le givre d'une époque austère et fait apparaître les fantômes de l'amour dans chaque soupir. Pour les érudits chaque titre offre une relecture de toute sa discographie, la production applique avec justesse la saveur de chaque élément qui le compose. L'artwork est superbe, c'est même lui qui en a conçu une grosse partie. C'est aussi enfantin que les collages de Manu Chao dans ces albums solo.

Acteur principal d'un lyrisme rock et d'une pop pacifique, ce velouté musical n'est pas une soupe en sachet pour vieux hippie et jeune hipster. La magie musicale fait partie du charme mélodique, parce que ce mélodiste funambule au dessus du vide existentiel vous ramène les pieds sur terre avec le repos de l'âme torturée, et les yeux clos.

On a les yeux fermés parce que l'on baigne dans la confiance, la sérénité, et qu'il ne nous arrivera rien de mal avec lui. C'est un instant de quiétude, de pause sur l'agitation permanente d'un monde fou, illusoire. Il y a du beau chez Macca. Il caresse avec prévenance et le cœur libre est engourdi de gratitude. On découvre une atmosphère particulière, reposante, câline, le raffinement est une poésie et non une politesse cynique.


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Dès le début un titre comme « I Don't Know » donne dans cet écrin de sensibilité unique et superbe, un brin suranné mais absolument reconnaissable de l'empreinte Mc Cartney, et donc vers cette stature intemporelle. C'est la magie de Macca, même démodé on traverse l'espace temps avec sa musique. L'orchestration de chaque titre est un univers à lui tout seul. Le mood change avec délicatesse, car tout se fait en douceur. Chaque élément est une harmonie, il y a cette recherche pointilleuse pour exprimer avec simplicité le cœur des choses enfouies. Il épouse les formes d'une musicalité trendy car le bonhomme a une oreille musicale qui fleure l'air du temps sans en gommer l'héritage permanent, ni en déteindre le fond par une superficialité.

Macca est et reste un enfant dans l'âme, il joue avec beauté, mélodise avec clarté, harmonise en douceur.

Je pourrais en parler pendant des heures tellement cet homme m'émeut, mais à quoi bon parler, il est préférable de l'écouter, puis de respirer son existence avec prévenance et béatitude.

Voilà c'est tout.

Oui c'est tout ce qu'il vous faut en fait, pas plus. « Egypt Station » est une futilité fleurit d'amour tout le reste devient grossier. Selon l'écrivain Okakura Kakuzō Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal. Il comprit l'utilité de l'inutile.