PARCE_QUE_CA_NOUS_PLAIT___20_Nouvelles_Electriques_Autour_d__OTH.jpg

Ce livre est un hommage littéraire, une fabuleuse radiographie fictive qui tient compte de l’environnement social, de l’urgence primitive du punk, et surtout, last but not least, du legs qu’OTH a électrisé dans le langage commun propre à tous les Arapahos du macadam, les iroquois des années cannibales.

Une relecture des albums des mythiques Montpelliérains est disponible depuis que la maison Kicking Records en a réédité (sacralisé) les objets (les totems).

J’en profite aussi pour à nouveau communiquer sur une accointance vinylique avec la maison Nineteen Something, avec le choix de réactualiser la discographie de groupe devenu depuis inaccessible, tel que les Rats, Les Soucoupes Violentes, Les Thugs, City Kids, Scuba Driveers, Garlic Frog Diet, Sixpack, etc....Ce label est géré par Eric Sourice des Thugs et Franck ‘’Violence’’ Frejnick du fanzine Slow Death, du mag Punk Rawk, lequel a réalisé la pochette de ce livre.

Pour les jeunes du 21ième siècle n’ayant connu la période alternative, OTH est une abréviation de plus, alors que pour les personnes du siècle dernier, il en sera tout autrement.   Ce livre s’inscrit dans une démarche à laquelle on peut se demander si c’est pour ressusciter, ranimer, rajeunir, bouleverser, rétablir ? Ou plus subtilement peut-être, faire muer la jeunesse 2.0 en rapetou et guérir les plaies ouvertes des vieux jeunes.

Dans les 80 ‘s, le peuple de la rue était punk alternatif, ce n’était pas une vague musicale pour acheter du tissu, ni quelque chose de vague comme genre à une vie d’errance. Dès qu’OTH était inscrit au marqueur sur les sacs U.S kaki du collège au lycée vous saviez à quel punk vous aviez affaire.

Le groupe originaire du sud est cette communarde distillant la clameur des problèmes sociaux caractéristiques des villes du pourtour méditerranéen. Même avec un bleu azuréen, la banlieue grise émiettait dans la vérole de l’ennuie cette façon de s’extirper dans le maquis explosif d’OTH, et chaque inadapté y voyait le conglomérat d'un cri de révolte partout où il se trouvait.

J’ai trouvé pertinent de demander à un camarade de lutte alternative la place qu’occupe OTH ? Sachant qu’à trois heures de la capitale du Languedoc-Roussillon de l’humoriste  et accessoirement député trépassé George Frêche, tarnais de naissance, on est à Castres, ville où le bastion de punk a eu son rôle de dynamo pendant le brasier sonore des 80's/90's. C’est Xavier qui en parle avec les réminiscences d’une Légitime Défonce.



Les bouquins biographiques sur le rock foisonnent, ceux avec un langage similaire au punk sont rares. On retrouve cette créativité fulgurante opiacée par l’ivresse de son insurrection dans ce livre. Il n'est pas un truc recyclé/lessivé de toute substance marginale. Que ce soit en mode anticipation, passé rétroactif, les textes expurgent des expressions soniques et nucléaires qui ne tombent jamais en électricité statique.

C’est édité par le manager des Sheriff sur Kicking Book, il y a Metro Beach de Gwardeath pour la promo qui laisse son poinçon littéraire sur une nouvelle, et que vous pouvez retrouver toutes les aventures sur son podcast, chaudement recommandable.  

Avec ce livre on revoit danser les squelettes mordorés d’un monde hors-la-loi, en se demandant mais où est le danger aujourd’hui dans la musique ? Parce que la détonation sonique de cette époque phare avait ce goût de sang à force de serrer la mâchoire, et fonctionnait comme une lumière dans la nuit.

On y parle le margoulin dans une surimpression émotive sur l’art primitif des Montpelliérains, en insufflant une éjaculation d’adrénaline dans ces périphériques péripéties. C’est nerveux, frontal et sanguin, normal ça vient du midi.

En loucedé chaque rédacteur imprime sa griffe littéraire, son mordant capiteux, qu’ils viennent de la presse musicale, du polar, du booking, fanzinat, etc…Tous ont dans les veines l’hémoglobine qui torpille pour l’intraveineuse du punk d’OTH, et on ne voit, ne sent que cela, partout, tout le temps. Dans chaque fréquence électrique, dans chaque souvenir tendu, et tu auras beau émettre un doute quant à la réelle signification de cet hommage. S’adonner au rite de passage préhistorique d’une écriture mordue par le venin du rock, dans ces excursions plumitives en désertion factice, il résonne dans chaque nouvelle l’épicentre cendreux d’une époque qui apparaît aujourd’hui sulfureusement libertaire.

Alors pourquoi une série de nouvelles pour un dépôt de gerbe à OTH ?

« Parce que ça nous plaît » en est la plus intense déclaration instantanée, qui colle comme un larsen  aux amplis que le groupe à cramer.