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Très heureux de retrouver ce trio, qui plus est avec un album de cette trempe, jouissant sans détour d’un punk hardcore crépitant de saveur mélodique émotionnelle, intense.  

Nothing More c’est une saveur de trente âge, une qualité de maturation qui permet de créer des titres où le fond et la forme se joignent en osmose. Je pense que cet opus est le fruit intense d’une lente création, qu’il récompense les graines semées depuis l’éclosion du groupe, à cet effet on savait leurs racines profondes, on en connaissait la saveur, il est temps d’en récolter le fruit juteux au goût inimitable avec cet album.


Dès le premier titre on rentre dans un mood plein de confiance, on se sait chez soi. Il y a de l’épaisseur, le cuir est dur, la peau est tannée, le vernis est craquelée. Nothing More accueille avec le recul de son expérience musicale vers ce sentiment de toucher au plus près de ses intentions, de ses convictions. Ces nouveaux titres en disséminent le contraste à travers une vaste gamme de breaks rythmiques, de riffs aiguisés/catchy/rondement coOol, et une perpétuelle vague émotionnelle dont le chant en bouleverse la portée. D’ailleurs dans le son, dans la composition structurelle, on entend des accointances power rock de Bob Mould jusqu’au Moz.

Il y a dans cet opus un arôme bien particulier, faisant ressurgir une qualité ancienne, un sens bien appointé du contraste, apportant du caractère, sans jamais être acariâtre, déjouant tous les atours simplistes tout en restant facile. Il y a une évidence à désobéir au code de la superficialité, à être léger et subtil à la fois, à être pur, distinct, toujours mordant, avec un côté extraordinairement modeste et indivisible. Nothing More a atteint cette exigence qui fait de la simplicité une expression qui mène à l’extase.  

De plus on peut parler de concept album, puisque il y a un sujet principal qui tourne dans notre ère de réalité virtuelle et de faux-semblant, vers le désir subliminal. Ce disque est une aventure à vivre, une métaphore tout à la fois du programme Tron désinhibé à l'intérieur de la matrice, du système d'exploitation OS1 comme dans le film Her, une projection de désir pour remplir le temps de cerveau disponible vers une addiction carcérale.

Nothing More défait le lit de l'ironie à la sauce punk pour cela, à partir de quoi on sait que ce disque est plus qu'un disque.

L'artwork dessiné est tout aussi fabuleux à l'intérieur, très épuré pourtant, et que dire de la pochette avec ce penseur de Rodin effondré, attaché par des félins que des mains maléfiques manipulent à sa guise, et le logo du groupe en fond, c'est assez explicite.

"Le plus redoutable des ennemis est l'ennemi qu'on ne voit pas." Jon Snow (Game Of Thrones)

C’est mon meilleur album de la rentrée, et surtout de toutes les prochaines rentrées, je sais qu’avec lui c’est un nouveau départ et un grain de mélancolie tout à la fois, similaire dans son affect au mois de Septembre.

Vous trouverez cette pépite très chaude chez : Chanmax records


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