photo.jpg (Photo : Junk et Junkette du département Vidéo du WBZ)


Contre toute attente, les bouseux ont déjoué tous les pronostics, les statistiques et autres prédictions de spécialistes et d'une logique à pognon, en gagnant le planchot de Brennus ce 2 juin 2018, et à Castres cette nuit c'était la Mongolie comme depuis les quarts de finale.


Le rugby des champs a foutu une branlée à celui des villes, avec l'art et la manière d'une profondeur humaine et collective qui a tout balayée, réalisant les douze travaux d'Hercule en homme de caractère comme un péplum à la maciste, ce Castres Olympique est un vaillant champion représentant le prolétariat local. Pourquoi ? Ecoute Daniel :


David a donc torché Goliath parce que face à des mercenaires, la petite équipe du C.O a puisé la force, l'envie, le courage, la pugnacité, l'abnégation dans les fondamentaux de l'ovalie. Écoutez parce que l'histoire est belle, la dramaturgie rare et unique, qu'elle remet le sport dans son jus de lutteur et de guerrier, dans ce sens de l'effort et au mérite : No pain No gain !

Montpellier a fini premier en saison régulière sous l’appellation journalistique orgueilleuse de Terminator, Castres s'est arraché pour terminer sixième, poussant vers les barrages, renversant les montagnes qu'on leur avait prédit infranchissables.

Terminator il meurt dans chaque superproduction, hé con !

Les héraultais n'ont pas saisi l’opportunité avec une équipe essentiellement composée d'étranger qui se fout de gagner un bout de bois, alors qu'en face les gars ont chialé depuis leur enfance en rêvant un jour de soulever le bouclier de Brennus, pour les copains, pour une ville, pour une région, pour le sud-ouest, avec la détermination et le courage, avec le cœur, les tripes et les couilles, les dents toujours serrés, dur au mal.

Tu peux pas comprendre ce que représente la dimension émotionnelle du Brennus, c'est comme si ce foutu bouclier était un totem, et le rituel pour le toucher n'était que la pleine réalisation de ton combat que tu portes en toi jour après jour.

Si il y a des hommes qui jouent au rugby, hier à Castres on a vu se transcender des mâles prêt à mourir sur le terrain l'un pour l'autre, crevant l'écran, dans cette vaillance propre aux valeurs viriles et humbles du rugby, et à ce moment là, quand vient la victoire, vous n'avez plus de voix, juste les bras collés au cieux dans le tintamarre d'un parterre bleu et blanc.

C'était incroyable de l'avoir penser, c'était surprenant de l'avoir dit, c'était juste énOrme de l'avoir accompli ! Le rugby de terroir "la villageoise" a tout vendangé, maintenant reste plus qu'à fêter avec les copains.