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Si tu es blonde à belle gueule d'ange et que tu décides de jouer du black atmosphérique-Pagan new age, et bien tu vas en chier ta race.

C'est ce qui est arrivé à la Danoise Myrkur (signifiant ténèbres en V.O)  devant une communauté black metOl soudée à satisfaire son hégémonie phallique-nihiliste avec un mépris digne d'un taliban.

On ne sait pas vraiment ce qui a contrit l'animosité pourtant déjà naturelle des moralistes des cavernes vikings, si c'est le fait qu'elle soit femme, où l'aide des éminences Kristoffer Rygg de Ulver et Teloch de Mayhem en tant que guitariste studio pour son premier album « M » ? Sauf qu'elle ne s'est pas démontée et a vaillamment poursuivie sa voie. Nous lui en sommes gré.

« Mareridt » est un concept album dont chaque composition traduit une terreur nocturne. Dans cette sublimation où cauchemar, songe, illusion se joignent à l'émotion et l'intuition, se forme un conte.

Le conte est un voyage, une épopée apportant du sens à l'imaginaire, il est intemporel et universel, il traduit les questionnements par métaphore en créant morale et légende, tout en servant de base éducative. C'était peut-être la meilleure réponse pour éclairer les hommes à la musique de Myrkur, l’enchanteresse.

Le conte porte en lui une force émotionnelle, philosophique puissante. Son caractère hybride et polymorphe possède les caractéristiques que l'on retrouve dans cet opus. De la sorte que la musicalité traditionalisme scandinave et folklorique se joint à une hybridation sonore suffisamment gracieuse pour en être séduit après plusieurs écoutes. Dans les passages les plus vaporeux on pense à Chelsea Wolfe pour la torpeur dark, avec parfois même Elysian Fields pour l'indolence, ainsi qu'un soupçon de Tori Amos, Kate Bush, Cocteau Twins pour le côté vaporeux, féminin, opalin, avec cette légèreté des profondeurs et le sens profond pour dévoiler avec finesse.


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Quand la Valkyrie devient Hel ou Hela, la déesse des morts dans la mythologie nordique, c'est le black naturaliste et mystérieux de Wolves In The Throne Room sous un coulis de Darkthrone qui se narre. Ainsi s’ordonne la poésie des bois, le maléfice de la forêt, et on en suit la Sága, on suit cette déesse des contes et des légendes de la mythologie nordique 2.0 avec une forme de fascination, tant les mystères féminins nous semblent ( à nous les mâles) aussi mystérieux que profond depuis toujours.

Myrkur est donc Akka, un esprit féminin du chamanisme, et son culte se généralise sous forme d'incantations et de rituels en concert. Magie ancienne, fragilité de la beauté, force tellurique, on se sent ancré à une force primaire et à l'évanescence naturelle du temps. Ce qui demeure étrange, c'est que Myrkur exerce une attraction et un ennui à la fois, proche de cet esprit de la forêt qui hante et pour lequel on ne croit pas. La belle et la bête communiquent à l'unisson avec possessivité sur des compositions sombres, magiques pour ne pas dire féerique, là où résonne dans la nuit les énigmes intrigantes du il était une fois...dans un pays loin d'ici...

Suite à l'écoute de Mareridt j'ai rêvé à une sorte de ‘’terreur nocturne’’ pour le black metalleux qui a craché des pierres d'insultes et de mort sur cette femme libre et possédée par l'odeur envoûtante de l'indépendance créatrice, je vous en donne lecture :

« Il désirait une relation animale alors il violenta sa chatte avec mépris pour qu'elle devienne chienne. Seulement quand il crut possible de devenir assez bestial pour assurer sa domination, il se retrouva nez à nez avec une chienne de garde, qui lui sortit trois remarques assassines de but en blanc qui eurent pour effet dissuasif de le faire débander, et de clore tout espoir dans cette relation où il perdait d'avance le monopole de l'autorité et de la domination. Quand il partit désarçonné, elle souriait passive avec la délicatesse d'une lionne. »


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