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Avec Monster Magnet une multitude de questions primordiales affluent sans cesse : Est-ce que ce groupe se colle au réfrigérateur comme n'importe quel magnet ? Y a t-il un monstre sous le capot depuis la stagnation satellitaire du groupe ? Est-ce que Dave Wyndorf a fini ses ablutions de voix réclamant avec ironie la légalisation des drogues dures ?

Mais faisons fi de toutes ces considérations légitimes car dès le premier titre cela commence par « Oh my God », Bigrëeeeeeeeee du coup est ce que le chanteur fait vœux de repentance ?

Et bien si le gars du New-Jersey fait amende honorable, il ne peut tout de même pas se détacher de ses racines de peyotl qu’il a inhalé en mâchant avec un whisky coca, sinon les fans ne comprendraient pas à quoi cela servirait d’écouter les élucubrations du Monster Magnet si derrière il n’y avait pas une histoire de soupape en drogue ?

Parce que Monster Magnet pour le définir musicalement, c’est un gang motorisé de MC5 Stoogissant sur l’asphalte intergalactique un space rock où Hawkwind rêve de nuit torride avec Black Sabbath, et sous l’œil narquois de la caméra Warholienne du Velvet underground. Grosso mode quoi !

Du grunge ? Nan, du rock des seventies avec l’alliage spatio-temporel des 90’s plutôt. L’ère moderne ne figure nullement, mais comme c’est un trip spatial, tu peux tout imaginer. D’ailleurs je t’en conseille l’escalade ébullition.

Avec son sens du riffing emprunté à Ace Frelhey, de ces abracadantesques histoires de songes, et toujours cette brumeuse atmosphère fuzzienne de garageux psychédélique bravant le fiel hallucinatoire d’un Sky Saxon (The Seeds), Monster Magnet délire dans son cosmos en paix avec ses démons. Ainsi son transbordement sonique évoque bien des délires musicaux.

L’on sait la ligne qu’il suit, elle pique un peu aux narines, et on peut même calculer sa trajectoire de météorite solaire, parce que le vieux capitaine erre dans l’espace lunaire sans autre but que de dériver sans cesse vers cet ailleurs hallucinatoire dont il recherche l’ivresse, et la quête depuis le commencement de son big-bang musical.

Dave Wyndorf rayonne donc toujours, car c’est une personne éclairée ayant reçu la lumière et la beauté tout en étant en mesure de la transmettre. Son groupe en reçoit la bénédiction saturnienne, précipitant des sensations suprêmes d’essence sonique, de matrice à l’énigme immense, comme un langage qui ne dit rien et qui dit tout de la tectonique des plaques soniques. Ses sonorités punk sont salies avec de la poussière d’étoiles sablonneuses. C’est en cela que Monster Magnet appose sa spiritualité à travers tout le cosmos telle une supernova.

Mais peut-être qu’elle est déjà morte, et le temps que l’extinction de sa luminosité nous parvienne, on voit encore l’étincellement qui équivaut au même temps que le refroidissement du canon du fusil, c'est-à-dire un certain temps, et dans ce jet d’incertitude, autant coller votre attraction terrestre dans les astres électriques de Monster Magnet...En attendant.


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